Bonjour à tous, voici le premier Drabble de ce recueil !
C'était la première fois que je participais à la créa du mois, et il s'agit donc du "drabble 2". Tous les sujets sont numérotés, et j'ai pensé que vous donner le nombre serait un assez bon indicateur de la fréquence à laquelle je participe (même si techniquement, il y a la date aussi).
J'espère que ça vous plaira ! J'ai pas vraiment l'habitude des histoires courtes haha...
J'ai écrit cet OS en un weekend, ce qui est assez rapide pour moi haha (surtout que j'en ai écrit la plupart le Samedi matin).
Petites précisions avant de commencer :
Cette histoire se passe dans un UA fantastique (même si l'aspect 'magie' n'est pas très présent) que j'ai inventé pour un projet de future fanfic qui s'appelle "la chaleur des Akateqs" (légèrement inspiré de l'UA fantastique officiel).
Il n'est pas nécessaire d'être familier avec l'univers pour comprendre l'histoire haha !
Je reste à votre disposition si vous avez la moindre question concernant l'univers ou autre chose :)
Informations :
Ship : / (je l'ai écrit en pensant "KamiJiro", mais y a rien de concret, et on peut aussi y voir du Shinso/Kyoka)
Personnages : Kyoka Jiro, Hizashi Yamada (Present Mic), Eri, Shinso Hitoshi, Denki Kaminari
Univers : Alternatif Fantastique ; "La Chaleur des Akateqs"
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Instructions :
Thème : "Peux-tu m'entendre ?"
Liste à placer : Chant, sourd, renaissance, murmure, doute
Longueur recommandée : ~ 1 000 mots (x) (je suis à 1.4 K)
Autres : Interprétation libre
Bonne lecture !
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Peux-tu m'entendre ?
《 Plus fort chérie ! Personne ne va t'entendre si tu n'y mets pas plus d'intensité. 》
Maître Hizashi est sûrement le meilleur vocaliste du temple, on raconte que ses prières résonnent dans les couloirs comme l'appel des sirènes, et qu'on peut l'entendre jusque dans la vallée. Kyoka est loin d'avoir ce don, mais elle fait de son mieux pour que ses maîtres soient fiers d'elle. Ce n'est pas qu'elle n'aime pas chanter, loin de là. Depuis qu'elle a été recueillie, Kyoka attend d'être assez âgée pour pouvoir partager elle aussi ses prières. Elle s'entraînait en secret dans les jardins, là où il n'y a ni murs ni plafonds pour diffuser les voix, près de la grande fontaine dont le bruissement masquait ses fausses notes.
La voix de Kyoka est toute petite, et même dans la salle d'entraînement où l'acoustique est censée être parfaite, maître Hizashi a du mal à comprendre son chant minuscule. Quand l'heure est terminée, il lui donne des exercices à faire dans la journée avant de la libérer.
《 Tu feras mieux la prochaine fois. 》 dit-il, mais Kyoka a du mal à le croire.
Les jardins, l'odeur paisible de la sauge multicolore et du thym en fleurs, que la brise apporte doucement jusqu'à sa gorge pour la desserrer, c'est toujours l'endroit préféré de Kyoka, comme beaucoup de ses frères et sœurs, qui en apprécient le charme sourd. Au temple, on passe sa journée à prier, et quand on ne prie pas, on écoute le chant de nos frères, maîtres et sœurs que les murs diffusent religieusement. Tous viennent ici reposer leurs oreilles et leur esprit. On peut entendre, si on se concentre assez, la grande fontaine centrale qui coule sans arrêt, et les nombreuses abeilles qui ont commencé à butiner bien tôt, cette année.
Ses pas la mènent vers un coin qu'elle croyait isolé, où un petit banc de pierre solitaire attend qu'on veuille s'y assoir pour méditer. Un ricanement résonne doucement, c'est sa petite sœur, bien cachée dans les hauts bosquets de sauge blanche.
《 Qu'est-ce que tu fais là, petite fripouille ? 》
Eri est trop jeune pour prier, ses cordes vocales ne sont pas encore bien développées, alors à part ses quelques cours de solfège et de maîtrise, elle a beaucoup de temps libre pour s'amuser avec les autres enfants. Cependant, Eri est une petite timide d'une maturité surprenante. Souvent, elle préfère rester avec ses grands frères et sœurs que de passer du temps avec les autres de son âge.
《 Ne dis pas à grand frère Shinso que je suis là, sinon c'est de la triche. Ah ! Chut, il arrive ! 》Et la voilà invisible à nouveau, plus le moindre ricanement ne s'entend, si Kyoka ne savait pas qu'elle était là, elle ne l'aurait pas remarquée.
Shinso est légèrement plus âgé que Kyoka, les garçons muent à l'adolescence, et la nouvelle voix de l'adolescent a été comme une renaissance pour lui, qui était un enfant si silencieux. Il ne prie que depuis quelques années, mais on dit déjà que sa voix est si envoûtante qu'il peut commander n'importe quoi à n'importe qui. Il se serait bien passé de ce don, il n'aime pas trop attirer l'attention sur lui. Kyoka aimerait bien avoir sa voix, mais elle elle ne muera jamais, alors elle continue de travailler.
Le jeune garçon vient s'assoir à ses côtés en soupirant. Apparemment, il cherche une petite sœur polissonne aux longs cheveux blancs et qui se cacherait dans les jardins ; Kyoka n'a rien vu, rien entendu.
《 Ah, c'est dommage... J'aurai juré avoir entendu sa voix par ici. C'était peut être toi. 》
Kyoka hausse les épaules et continue de mentir : 《 Oui, sûrement. Je m'entraîne à faire des imitations, c'est un des exercices que m'a donné Maître Hizashi. 》
Personne n'est dupe mais ils se prennent au jeu. À la mention de Maître Hizashi, Shinso semble se souvenir de quelque chose.
《 Tu n'as pas encore rencontré les étrangers ? Ils sont très drôles, tu devrais aller les voir. Il y en a deux qui viennent de la ville, et les deux autres, je ne sais pas trop... Ils sont arrivés tout à l'heure, tu devais encore être en cours. 》
Ce n'est pas tous les jours que le temple accueille des étrangers, encore moins des citadins, alors Kyoka partage l'enthousiasme de son frère, même si elle essaie de ne pas le montrer. Elle prend congé pour se diriger vers le hall. Pas qu'elle avoue être intriguée.
Les étrangers étaient des imbéciles. Ils parlaient fort pour ne rien dire, trois garçons et une jeune fille qui devaient avoir entre l'âge de Kyoka et celui de Shinso. Kyoka triturait ses longues boucles d'oreille en les observant silencieusement, dissimulée derrière une colonne. C'étaient des voyageurs qui aimeraient passer la nuit sur place, et le temple était ravi de les accueillir.
Deux d'entre eux étaient probablement des dragons, ils avaient les cheveux colorés et des petites cornes sur le front. La jeune fille avait la peau et la crinière doucement rosées, et son homologue plus bourru, avait des cheveux assez longs et rouges, qui semblaient piquants comme des ronces. Tous les deux avaient un regard enflammé et joyeusement idiot. Les deux autres garçons étaient blonds, l'un avait l'air méchant et le teint rouge, et le dernier semblait encore plus bête que les autres s'amusant naïvement avec les dragons.
L'un d'eux tourna la tête. Il l'a vue ! Qu'est censée faire Kyoka ? Elle n'avait pas prévu de parler avec les étrangers, seulement les regarder de loin pour savoir si ils avaient l'air dangereux ou pas. Il y a des bruits de pas. Il vient par là. Le cœur de Kyoka s'emballe alors elle s'en va. Non non non. Elle n'a pas le temps de faire copain-copain avec des imbéciles, elle a des exercices à faire après tout.
Après une petite course à travers les couloirs, Kyoka a finalement trouvé refuge près de la grande fontaine. Elle s'assoit pour reprendre son souffle, et décide de s'installer là pour ses exercices. Inspire, expire, elle détache la petite mandoline qu'elle porte toujours dans le dos pour l'accompagner.
《 La. 》
La voix de Kyoka est douce et claire et se perd dans le vacarme de la fontaine, mais c'est tant mieux. Ici, elle n'a pas à se soucier de qui peut l'écouter, parce que personne ne l'entend.
《 Hé ! Tu es la fille aux boucles d'oreilles ! 》Fait une voix un peu nasillarde qui vient de juste à côté, et fait taire Kyoka en sursaut. C'est le garçon blond, celui qui avait l'air plus débile mais moins méchant que les autres.
《 J'aime bien ta voix. Wow ! Tu joues d'un instrument aussi ? La classe. Comment tu t'appelles ? Moi c'est Kaminari Denki, je viens de la cité dans la vallée, et toi, tu t'appelles comment ? 》
Kyoka répond dans un murmure timide, et Denki n'arrête pas de la complimenter, c'est un peu embarrassant mais pas désagréable.
《 Dis, pourquoi tu t'es enfuie quand je suis venu te voir tout à l'heure ? Je fais si peur que ça ? 》Ses grands yeux dorés sont fixés dans ceux de Kyoka, qui essaie de ne pas perdre ses moyens face au sympathique étranger.
《 Parce que tu avais l'air débile. Et que j'avais d'autres choses à faire. 》
Denki semble un peu blessé, mais il balaye la douleur du revers de la main.
《 Ouais, je le suis sans doute. 》
Il hausse les épaules comme si ça n'avait pas d'importance, mais Kyoka entend bien la pointe de tristesse au fond de sa gorge. Elle a beau être cassante, au fond elle ne le pense pas. Pas vraiment. Elle n'a pas envie de le voir triste, se dit-elle.
Ça lui rappelle un morceau, tout ça... Peut être que ça pourrait remonter le moral à son interlocuteur ? Elle recommence à gratter, mais avant de chanter, elle propose doucement :
《 Si tu aimes ma voix, tu peux rester écouter un moment, j'imagine. Je m'appelle Kyoka. 》
Le regard de son nouvel ami s'éclaire soudain, et elle sait qu'elle vient de faire un bon mouvement.
...
FIN
