Cela faisait un moment que je n'avais rien posté sur les Elder Scrolls et, mine de rien, Bordeciel me manquait car pour l'instant je me concentre sur l'écriture d'une histoire qui se passe dans la province de Morrowind et que j'ai bientôt fini mais j'avais cette idée d'OS qui ne me quittait pas donc voilà ! J'écris aussi cet OS parce que le clan Volkihar est, à mon avis, bien plus charismatique et intéressant que la Garde de l'Aube. Cela me démangeait d'écrire quelque chose sur ce clan de vampires du coup…
Le seigneur du clan Volkihar
Ce meurtre était une mise en scène. Hrisskar en était convaincu et connaissait déjà les responsables : les vampires du clan Volkihar.
Il n'avait pas été là quand ceux-ci avaient attaqué le Bastion des Vigiles. De garde au Cristal de Stendarr, il avait appris le sort tragique de ses camarades par Tolan qui se rendait au fort de la Garde de l'Aube pour demander son aide à Isran. Quelques jours plus tard, un message envoyé par Isran informait les Vigiles de la tour que Tolan avait été tué par ces mêmes vampires.
Certains, désespérés et apeurés, avaient renoncé à leurs robes et leurs sorts de soins pour se munir d'arbalètes et d'armures lourdes en rejoignant la Garde l'Aube. Hrisskar n'avait été de ceux-là : il réprouvait Isran pour le peu de considération que celui-ci portait aux Vigiles de Stendarr et ne comptait pas offrir la victoire à ces vampires de malheur en céder à la peur.
Il n'en était pas moins conscient que, en l'état actuel des choses, il n'avait aucune chance de venger ses amis morts injustement. Alors il s'était lancé à la recherche de quoi que ce soit qui pourrait l'aider et après des mois à parcourir Bordeciel de fond en combe, il était entré en possession d'un artefact inespéré : Aubéclat, la lame de lumière de Méridia qui pourfendait les morts-vivants. Bien que cela le répugnait de devoir se servir d'une arme appartenant à un Prince Daedra, il ne pouvait nier l'efficacité d'Aubéclat et il serait bien idiot de refuser de s'en servir. Stendarr comprendrait certainement ça et lui pardonnerait cette faiblesse.
Il avait eu l'occasion d'éprouver la puissance d'Aubéclat sur un groupe de draugr et, enhardi par sa victoire d'une facilité déconcertante, était allé faire part de sa découverte à Isran. Le repère du clan Volkihar était bien connu des membres de la Garde de l'Aube alors Hrisskar voulait porter un coup fatal à ces vampires par un assaut décisif sur leur château mais Isran n'avait rien voulu entendre, prétendant que ce serait du suicide, même avec un artefact daedrique comme Aubéclat.
Furieux, Hrisskar était retourné au Cristal de Stendarr où il avait appris que Tyranus était parti pour Markarth afin d'enquêter sur une maison hantée qu'il pensait être le théâtre de rituels daedriques. Sauf que Tyranus avait fait l'erreur de s'y rendre seul alors qu'une des règles des Vigiles de Stendarr était de toujours agir au moins à deux lors de missions – bien trop étaient morts en essayant de jouer aux héros solitaires.
Il avait donc décidé de le rejoindre mais à peine était-il arrivé à Markarth que la terrible nouvelle lui était parvenue : Tyranus était mort. Son corps avait été retrouvé devant la maison hantée mais personne n'avait osé y entrer pour savoir ce qui s'était passé.
Il se passait de drôles de choses à Markarth. Hrisskar l'avait ressenti en mettant les pieds dans la nécropole. Il voulait alors s'assurer que le prêtre qui s'y trouvait ait appliqué les rituels de la Loi d'Arkay sur le corps de Tyranus pour protéger celui-ci de la malveillance nécromancienne mais n'avait rencontré personne. Apparemment, Verelus, en charge de la nécropole, avait disparu depuis de nombreuses semaines déjà…
Il s'était renseigné partout où il pouvait sur ce qui s'était arrivé à Tyranus ou Verelus mais n'avait reçu que des regards noirs et suspicieux – il crut même, lors d'un passage aux Galeries, sentir des yeux luisants dans l'obscurité le suivre du regard. Il eut une impression similaire quand il se décida à pénétrer dans la maison hantée et crut sentir sur lui le souffle glacial d'une puissante entité daedrique. Il était aussitôt ressorti car son instinct lui criait qu'il courait un grand danger s'il décidait de rester une seconde de plus dans cet endroit maudit.
Hrisskar avait dû se rendre à l'évidence : Markarth était un traquenard, une ville en perdition soumise aux Daedra. Il ne pouvait pas l'affirmer parce qu'il n'en avait pas les preuves mais il était convaincu que vampires et adorateurs daedriques rôdaient dans les rues de pierre et que, seul, il ne pouvait rien faire.
Le soir même, il pliait bagages et s'apprêtait à quitter la Cité de Pierre quand l'incident se produisit. Il sortait tout juste de l'auberge du Sang d'Argent, à l'heure où les marchands fermaient leurs étales et que tous s'apprêtaient à boire hydromel et vin à la taverne quand un cri retentit.
Une Nordique sortit précipitamment d'un bâtiment en face, pourchassée par un membre de la Garde de l'Aube avec un poignard en main. Hrisskar n'eut pas le temps de réagir que la pauvre femme fit l'erreur de trébucher sur les marches, permettant à son agresseur de l'attraper par l'épaule et de lui trancher la gorge. Des cris d'effroi retentirent de toutes parts mais alors que les passants s'enfuyaient dans un désordre total, le Vigile de Stendarr garda les yeux rivés sur l'assassin. Il le vit s'accroupir devant le corps de la victime et fut certain de le voir glisser quelque chose dans la poche de la robe de la Nordique avant qu'il range son arme et lève les mains en signe de reddition quand les gardes accoururent et le menacèrent de leurs épées.
Il ne protesta pas le moins du monde lorsqu'ils l'emmenèrent pendant que les habitants se rassemblèrent près du corps de la victime, que deux gardes s'apprêtèrent à porter jusqu'à la nécropole.
« Attendez ! s'exclama Hrisskar. Il a glissé quelque chose dans les poches de cette femme. Vérifiez ! »
L'un d'eux s'exécuta et trouva une lettre qu'il lut à haute voix sous la lueur d'une torche :
« ''Citoyens de Markarth. La femme sans vie qui gît devant vous est suspectée d'être une créature de la nuit. Pour ce crime, la sentence des Gardes de l'Aube est sans appel : la mort. Que cela serve de leçon à tous les hommes et toutes les femmes qui possèdent des pouvoirs impies, et à ceux et celles qui les protègent. Nous nous surveillons !'' C'est signé : la Garde de l'Aube. »
À peine finit-il de parler que des exclamations outrées et énervées s'élevèrent dans la foule comme une grogne populaire :
« Maudits Gardes de l'Aube ! Pour qui se prennent-ils, à tuer dans nos rues ?
— Ils croyaient que Lisbet était un vampire ? Pff, ils sont complètement fou !
— Ils l'ont exécuté sans la moindre preuve… pauvre femme.
— Il faut que le Jarl fasse quelque chose. Hors de question que ce crime reste impuni ! »
Hrisskar se recula prudemment, pensif. Il n'imaginait pas qu'Isran puisse ordonner une exécution aussi sommaire et injustifiée mais alors que venait-il de se passer ? Était-ce un Garde de l'Aube trop zélé qui venait de faire justice lui-même ou autre chose ?
Étonnamment, il ne se sentit plus aussi pressé que ça de quitter Markarth…
. . .
Hrisskar logea une nuit supplémentaire à l'auberge afin de pouvoir interroger le meurtrier le lendemain mais lorsqu'il se présenta pour lui parler, on l'informa qu'il n'était plus à Markarth.
« Comment ça, il n'est plus là ? s'indigna Hrisskar. Il s'est enfui et vous n'avez rien vu ?
— Il ne s'est pas évadé, se défendit piteusement le garde qui faisait face à son courroux. Il a payé sa caution et a donc été libéré. »
Il n'en revenait pas et, au fond de lui, trouvait cette histoire de plus en plus louche. Markarth était réputée pour son traitement odieux des criminels qui finissaient tous dans les mines et ce qu'ils soient des assassins, des voleurs ou même simplement soupçonnés d'un crime sans preuve concrète de leur culpabilité.
Jamais ce Garde de l'Aube coupable de meurtre n'aurait dû pouvoir s'en sortir en payant sa caution…
Maintenant qu'il était en liberté, Hrisskar ne pouvait plus l'interroger alors il se rendit vers le seul capable de tirer cette affaire au clair et retourna à la Brèche pour rendre une petite visite à Isran.
Le silence qui l'accueillit en pénétrant dans le Fort de la Garde de l'Aube l'intrigua, d'autant plus qu'il n'avait vu aucun sentinelle en approchant mais, en passant près des dortoirs, entendit des gémissements et vit Gunmar, Sorine et Celann alités et en piteux états. Il trouva Isran assis seul à une table, accablé et maussade. Jamais l'ancien Vigile ne lui avait paru aussi las.
« Que s'est-il passé ici ? demanda-t-il en approchant.
— Humph, vous ne le devinez pas ? rétorqua sèchement le Rougegarde. Nous avons été attaqués, voilà ce qui s'est passé !
— Par qui ?
— D'après vous ? »
Isran lui jeta un regard noir et croisa les bras.
« Que voulez-vous, Nordique ? Si vous êtes ici pour me parler de votre idée stupide de prendre d'assaut le château, partez avant que je ne décide de vous assommer pour votre imbécilité.
— Je ne suis pas là pour ça. Les rumeurs ne devraient pas tarder à arriver jusqu'à Faillaise mais je suis ici pour vous en parler en personne. Un des vôtres a assassiné une innocente à Markarth.
— Quoi ? Vous délirez, mon garçon.
— Je l'ai vu de mes propres yeux. »
Il détailla la scène à laquelle il avait assisté aussi précisément que possible et termina par la fuite du criminel alors qu'il voulait l'interroger.
« C'est pour ça que je suis venu ici. Je veux savoir si c'est vous qui avez donné cet ordre.
— Comment osez-vous m'accuser d'une telle chose ? grogna Isran avec indignation en se levant, tapant du poing sur la table. La Garde de l'Aube n'est pas une confrérie d'assassins ni une cour de château ! Nous sommes des chasseurs de vampires. L'auriez-vous oublié ?
— Pas le moins du monde. En vérité, je ne crois pas à cette histoire d'assassinat de rue. Je pense que quelqu'un essaye de nuire à la réputation de votre ordre.
— Cela ne fait aucun doute, tout comme l'identité de ceux derrière cette mascarade.
— Vous pensez que ce sont les vampires les responsables, c'est ça ?
— Qui d'autre ça pourrait être ? »
Ils se dévisagèrent en silence. Hrisskar réalisa que le Rougegarde n'allait rien dire de plus et s'empressa donc d'ajouter :
« Hé bien ? Que faisons-nous, à présent ?
— Ce que nous faisons ? répéta Isran. Il n'y a pas de ''nous'' qui tienne. Que croyez-vous que ça change, mon garçon ? Que nous allons prendre les armes pour les éradiquer une bonne fois pour toutes ? Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, la Garde de l'Aube a été réduite à peau de chagrin ces derniers temps. »
Il posa ses mains sur ses hanches et soupira avec lassitude.
« Nos ennemis sont devenus trop puissants depuis qu'un nouveau seigneur est à leur tête. Celui-ci est bien déterminé à se débarrasser de nous et à ce rythme, il va y parvenir. Nous devons être plus vigilants si nous ne voulons pas être exterminés.
— Un nouveau seigneur ? Comment ça ?
— Humph, c'est vrai que vous les Vigiles n'êtes pas au courant. Mes éclaireurs qui surveillent le château m'ont informé que le seigneur Harkon, qui dirigeait le clan Volkihar depuis sa fondation, a été tué par un membre de sa cour. Celui-ci a été élevé au rang de seigneur du clan Volkihar et se montre bien plus rusé que son prédécesseur. Harkon se moquait bien des chasseurs de vampires à ses trousses mais son successeur voit clairement en la Garde de l'Aube une menace dont il veut se débarrasser par tous les moyens.
— N'y-a-t-il rien qu'on puisse faire contre lui ?
— Ce n'est pas si simple ! Il est fort probable qu'il soit en possession de l'Arc d'Auri-El et même si ce n'est pas le cas, ça n'en demeure pas moins un puissant vampire. Nous n'avons rien pu faire contre lui quand il est venu ici.
— Parce qu'il est venu en personne ici ? Comment le savez-vous ?
— À vous d'en juger : pensez-vous qu'entendre ces monstres sanguinaires appeler l'un d'entre eux ''seigneur'' ou ''maître'' suffise ?
— Dans ce cas, il faut prévenir les châtelleries alentours de qui c'est.
— Il n'est pas possible de l'identifier : il était sous sa forme vampirique quand lui et les siens ont attaqués.
— Donc nous ne savons pas qui est ce nouveau seigneur vampire et en plus il veut éradiquer tous ceux qui menacent son clan…
— C'est la situation dans laquelle nous sommes, oui. »
Hrisskar opina de la tête avec raideur. Au final, la situation n'avait pas tant évolué que ça depuis que la Garde de l'Aube avait été refondée : comme les Vigiles n'avaient rien réussi à faire en représailles pour le massacre commis au Bastion, Isran n'attaquerait pas le clan Volkihar pour venger ses camarades tués par ces vampires…
C'était une décision censée et sage… mais pas du tout à son goût.
« Je vois, dit-il en tournant les talons. Merci de m'avoir accordé de votre temps, Isran.
— Pas si vite ! Où allez-vous d'un pas si décidé ?
— Faire ce que vous vouliez que fassent les Vigiles de Stendarr : agir concrètement ! »
. . .
Après réflexion, Hrisskar reconnut que ce ne fut peut-être pas la meilleure idée de sa vie. Partir seul jusqu'au château du clan Volkihar pour y tuer tous les vampires qu'il y croiserait… c'était une histoire digne d'un roman mais, dans les faits, il s'agissait plutôt d'un plan suicide.
Néanmoins, hors de question de faire demi-tour. Armé d'Aubéclat et protégé par la bénédiction de Stendarr, il se lancerait dans cet assaut héroïque en emportant le plus de vampires avec lui dans la tombe – de préférence ce fameux nouveau seigneur. Il ferait ainsi payer le massacre de ses compagnons d'armes au Bastion et réparerait l'honneur bafoué de l'ordre qu'il servait : que plus personne n'ose accuser les Vigiles de Stendarr d'être inefficaces après ça !
Le temps était blafard et grisâtre lorsqu'il arriva face à la Mer Fantôme, dont la teinte sombre semblait se confondre avec l'horizon terne et ses vagues, sans être déchaînées, annonçaient aux assez braves ou inconscients pour tenter de la traverser qu'ils le feraient à leur risques et périls. Il en fallait néanmoins plus pour effrayer un Nordique dévoué à la lutte contre les Abominations. Après avoir trouvé une barque près d'un repère de contrebandiers, Hrisskar se lança à l'eau et rama en direction du nord-ouest.
Après ce qui lui sembla des heures à avancer vers l'inconnu dans une épaisse brume froide où il manqua de fracasser sa barbe en bois contre des blocs de glaces qui flottaient à la surface de l'eau, il sentit qu'il toucha au but en voyant apparaître à travers le brouillard le château du clan Volkihar.
Il en resta interdit : jamais il n'avait vu d'édifice de la sorte. Même le Palais Bleu ou l'Académie de Fortdhiver faisaient pâle figure en comparaison de ce château, bien que sa pierre uniforme et grise lui donnait des allures sinistres qui n'invitaient guère à s'en approcher. Il ne faisait aucun doute que toute la population d'un village comme Rorikbourg ou Pondragon pourrait loger dans un tel château – voir même peut-être tous les habitants d'Épervine ou de Morthal !
Hrisskar était si fasciné par l'architecture imposante du château qu'il en oubliait de regarder devant lui et manqua de tomber à la renverse quand sa barque s'arrêta brusquement et qu'il entendit le bruit distinct du bois s'entrechoquer contre des rochers.
Il avait atteint la terre ferme. Il grimaça, espérant que personne n'ait entendu son arrivée fracassante, sinon ses projets d'infiltration tombaient à l'eau avant même d'avoir commencé.
Il sauta hors de la barque et la tira le plus doucement possible sur le rivage jusqu'à être certain qu'elle ne serait pas emportée par la marée. Il alla ensuite se cacher dans une tour de guet visiblement abandonnée et, par les meurtrières, observa l'entrée du château. Les grilles étaient relevées mais ce qui s'apparentait à une sentinelle surveillait le pont, bien que dans posture étrange : le mage – car tout indiquait qu'il s'agissait d'un mage : il revêtait une robe grisâtre et était dépourvu d'armes – lui tournait le dos, contemplant la Mer Fantôme en s'appuyant contre le garde-corps de pierre.
Hrisskar regretta de ne pas avoir d'arbalète – ou même la moindre compétence utile en tir à distance. Il redescendit en silence les escaliers de la tour et en sortit aussi discrètement que possible en sortant Aubéclat de son fourreau. À pas de loups, il se dirigea vers la sentinelle en espérant que celle-ci ne se retourne pas et ne l'entende pas s'approcher.
C'était fonder trop d'espoirs en ses talents de discrétion…
« Il y a quelqu'un ? »
Il se figea lorsque le mage se retourna. Son coeur tambourinait dans sa poitrine alors qu'il se demandait comment allait réagir la sentinelle : allait-elle donner l'alerte ou essayer de l'arrêter par elle-même ?
« Est-ce vous, mon seigneur ? »
Quelque chose n'allait pas : le mage regardait dans sa direction mais ne le regardait pas lui. Ses yeux gris pâles, presque blancs, semblaient troubles alors qu'ils fixaient l'horizon. Hrisskar comprit donc qu'il ne s'agissait pas d'une sentinelle puisque cet homme était visiblement aveugle.
Les vampires pouvaient-ils même être aveugles ? Il n'avait jamais entendu dire qu'ils pouvaient subir les effets de la cécité. Cela voulait sans doute dire que homme n'était pas un vampire lui-même mais un esclave du clan Volkihar, son esprit envoûté et soumis aux sortilèges de manipulation mentale de ces maudites créatures de la nuit.
D'un geste hésitant, Hrisskar tendit sa lame vers lui.
« Pas un geste, vieillard. »
Le mage ne sursauta pas, pas plus qu'il ne tressaillit. Il se contenta de pivoter légèrement dans la direction d'où provenait la voix et attendit, stoïque.
Hrisskar se sentit pris de pitié pour lui. Ce n'était pas un vampire mais une victime de ceux-ci, un esclave obligé de leur prêter allégeance et de les servir. Dans son cas, la mort serait une libération et son âme serait peut-être sauvée des tréfonds de l'Oblivion mais Hrisskar ne pouvait se résoudre à tuer un innocent, qui plus est désarmé.
« Qui êtes-vous ? finit par demander l'homme. Êtes-vous venu voir le seigneur Garoh ?
— Garoh ? Est-ce le nom de votre maître ?
— Bien sûr ! Ne m'avez-vous pas entendu l'appeler le seigneur Garoh ? Il n'y a qu'un seigneur dans ce château et c'est lui.
— Est-il là en ce moment ?
— Oui.
— Bien. Dites-moi maintenant : y'a-t-il un autre passage pour entrer ?
— Hé bien, il y a celui qui mène aux jardins mais… attendez ! Nul visiteur n'est censé passer par là. Pourquoi voudriez-vous le faire ?
— Euh… »
Hrisskar bégaya, réfléchissant à toute allure à une excuse pour justifier de sa présence ici.
« Vous n'avez pas été invité par le seigneur Garoh, n'est-ce pas ? devina l'homme alors que sa voix devenait de plus en plus pressante. Que venez-vous faire ici ? Que voulez-vous du clan Volkihar ? »
Hrisskar jeta un coup d'œil paniqué vers les grilles. À ce rythme là, cet aveugle allait ameuter le château, bon sang !
« Vous êtes avec ces chasseurs de vampires, c'est ça ? Vous voulez tuer notre seigneur !
— Pour l'amour des Neuf, taisez-vous ! »
L'imbécile ne voulait rien entendre alors, paniqué, Hrisskar l'assomma du pommeau de son épée mais il était déjà trop tard : il entendit des éclats de voix derrière les grandes portes en chênes, qui commencèrent à bouger.
Il jura et se mit à courir vers sa barque. Derrière lui se fit entendre le grincement des chaînes qui permettaient de lever la grille, suivi de voix qui grognaient des ordres mais il ne se retourna pas pour voir où en était la progression de ses ennemis.
Il se figea néanmoins lorsque le ciel se mit à rugir et que l'obscurité tomba sur l'île. Stupéfait, il leva la tête et sentit son coeur s'arrêter en voyant haut dans le ciel le soleil désormais rouge sang autour duquel d'infâmes nuages noirs tournoyaient. Il n'en crut pas ses yeux et, l'espace d'un instant, se demanda si ce n'était pas une Porte d'Oblivion qui venait d'apparaître au dessus de lui. Ses jambes flagellèrent et une sueur froide coula le long de son cou. Il était paralysé de peur.
Ce fut les cris derrière lui qui le firent reprendre ses esprits et il se remit à courir vers a barque mais aussitôt, une nuée noire de chauve-souris passa au dessus de sa tête et se métamorphosa entre lui et son seul espoir de fuir cette île, sous la forme d'un Nordique blond et barbu aux yeux rouges. Il afficha un sourire carnassier et siffla d'une voix suave et sadique :
« Où donc court la vermine ? »
Hrisskar tira Aubéclat de son fourreau, surprenant le vampire qui eut un mouvement de recul avant de se reprendre.
« Ha ! Pensez-vous vraiment que votre pathétique couteau brillant aura raison de tout notre clan ? Vous êtes bien stupide si vous le croyez. »
Il jeta un coup d'œil par dessus l'épaule de Hrisskar, qui se retourna et sentit ses espoirs s'envoler en remarquant tous les vampires qui l'entouraient alors. À peine parviendrait-il à en tuer un avec Aubéclat que les autres lui arracheraient le coeur hors de sa poitrine…
Il remarqua notamment la présence, en retrait, de deux vampires. Une femme aux cheveux noirs, les bras croisés, le fixait avec un air intrigué comme si elle ne comprenait pas par quel audace quelqu'un serait venu jusqu'ici avec l'intention de les exterminer. Son compagnon, à la carrure plus imposante mais au visage caché sous une capuche, tenait dans sa main gantée un arc blanc duquel émanait une douce lumière argenté. Même s'il ne l'avait jamais vu de sa vie, il reconnaissait cette arme : l'arc d'Auri-El, le dieu des Elfes. Isran n'avait donc pas menti : le clan Volkihar était entré en possession de cet artefact unique et surpuissant… et celui qui le tenait ne pouvait être que le seigneur Garoh.
Abattu, Hrisskar ferma les yeux et laissa tomber son épée.
Il était mort.
. . .
Hrisskar pensait qu'il serait aussitôt tué par le clan Volkihar mais, à sa surprise, ce ne fut pas le cas : encadré de deux vampires, on le fit attendre devant les imposantes portes du château après que tous soient entrés parce qu'il avait l'honneur, lui avait-on dit, de se voir accordé une audience avec le seigneur Garoh. Il ne comprenait pas ce que ces vampires attendaient de lui, pourquoi ils prenaient la peine de le laisser en vie alors qu'ils le tueraient plus tard. Sans doute était-ce une de leurs fantaisies sadiques acquissent au fil du temps parce qu'une vie de château pouvait être ennuyeuse après des siècles…
Le soleil avait repris depuis longtemps son éclat d'or dans un ciel nuageux et grisâtre quand, enfin, on le fit passer les portes et quitter le vent si froid de la Mer Fantôme qui lui transperçait la peau malgré son sang nordique.
L'intérieur du château n'était pas comme s'il s'imaginait être un repère de dangereux vampires. Certes, il peinait à voir où il menait les pieds tant la lumière manquait en ces lieux où même les torches se faisaient rares mais il n'y avait pas d'affreuses odeurs cadavériques et de charognes qui traînaient au sol dans la grande salle des banquets – bien qu'il s'efforça de ne pas regarder le contenu des assiettes disposées sur les tables car il en devinait le contenu et cette simple pensée lui donnait envie de vomir.
Les vampires n'étaient pas attablés mais se tenaient debout à côté de leur siège respectif. Seul l'un d'entre d'eux était paresseusement affalé sur son trône à l'autre bout de la salle : le seigneur Garoh. Il était très différent de ce qu'imaginait Hrisskar : c'était un Elfe Noir à la peau d'un vert sombre et aux cheveux roux attachés en une haute queue de cheval. Il se frottait distraitement la barbe en fixant son prisonnier de ses yeux jaunes dépourvus d'iris et de pupilles.
Ce seigneur était donc un elfe… c'était assez ironique compte tenu du fait que les Volkihar étaient connus comme un antique clan nordique.
« Un Nordique… pourquoi cela ne me surprend pas ? demanda le seigneur Garoh avec un sourire en coin. Il n'y a qu'un Nordique pour être aussi téméraire et inconscient. »
Un grognement se fit entendre sur la table à la droite de Hrisskar, rapidement étouffé lorsque le seigneur Garoh porta un regard agacé sur le coupable et siffla :
« Silence, Orthjolf ! »
Le seigneur Garoh inspira et reprit son calme alors qu'il s'adressa de nouveau à son prisonnier :
« Vous êtes avec la Garde de l'Aube, je présume. C'est ce Rougegarde qui vous envoie en représailles de notre attaque, n'est-ce pas ?
— Je suis venu ici de ma propre initiative.
— Vraiment ? Une décision que vous ne tarderez pas à regretter alors. Qu'espériez-vous obtenir en venant seul ici ?
— Vous faire la peau, à vous et vos semblables.
— Des propos audacieux, je vous l'accorde. C'était avec cette épée que vous comptiez y parvenir ? »
Il fit un geste de la main et l'aveugle que Hrisskar avait croisé plus tôt s'avança. Il tenait, dans ses mains voilées par un drap blanc, Aubéclat qu'il posa délicatement sur la table en face de son seigneur.
Hrisskar se réjouit à l'effet que l'épée exerça sur les vampires : à sa simple vue, certains se reculèrent et ceux qui essayaient de garder la face la fixaient avec une certaine appréhension.
« Je vous suis reconnaissant d'avoir amené jusqu'à nous une des armes les plus dangereuses à notre encontre, continua le seigneur Garoh. Dommage pour vous qu'elle ne vous ai pas servi à abattre le moindre vampire. Je suis presque tenté de vous laisser repartir de suite afin que vous alliez risquer votre vie pour en obtenir une autre et nous la ramener docilement. Vous êtes vraiment un drôle de spécimen, vous savez ? »
Il se leva et claqua des doigts. Deux vampires s'approchèrent de Hrisskar et l'empoignèrent par les épaules tandis que le seigneur Garoh termina par ces mots :
« En attendant que je décide de votre sort… appréciez donc l'hospitalité du clan Volkihar, Nordique. »
Alors qu'il fut emmené, Hrisskar entendit distinctement quelqu'un s'exclamer avec agacement :
« Qu'est-ce que cela signifie, Garan ? Pourquoi laisse-t-on ce Nordique en vie ? J'exige de parler au seigneur Garoh ! Où est-il ?
— Notre seigneur n'a pas à se justifier auprès de toi, Orthjolf. Tâche de ne pas oublier quelle est ta place. »
Hrisskar fronça les sourcils, confus. Il sentait qu'on venait de lui jouer un mauvais tour…
. . .
Après avoir traversé des couloirs labyrinthiques, Hrisskar fut jeté dans d'obscurs cachots dans les profondeurs du château. Dès que les vampires furent sortis, son premier réflexe fut de jeter un sort sur la porte pour essayer de la faire sauter mais l'explosion de feu ne provoqua pas le moindre dégât contre celle-ci.
Il jura et frappa du poing contre la porte, plus pour évacuer sa colère que dans l'espoir qu'elle cède sous la force de ses coups.
« Vous vous épuiserez pour rien à essayer de sortir de là, mon ami. »
Hrisskar sursauta. Il vit à travers les barreaux, dans la cellule à côté de la sienne, une silhouette assise par terre, adossée contre le mur. Son visage était partiellement cachée par une capuche en cuir mais la robe noire et rouge qu'il portait – la même que certains des vampires là-haut – dévoilait ses mains aux poils noirs et ses griffes pointues.
Un homme-chat. Ce château était décidément plein de surprises…
L'inconnu leva lentement la tête et bien que son visage resta dissimulé, Hrisskar distingua deux yeux brillant dans l'obscurité le fixer.
« Cette robe… commenta le Khajiit. Soit vous vous amusez à lancer des sorts à l'Académie, soit vous êtes un Vigile de Stendarr. »
Hrisskar n'aima pas le ton sur lequel il le dit et croisa les bras en signe de mécontentement en rétorquant :
« Cela pose-t-il problème que je sois au service de Stendarr, dieu des Hommes ?
— Bien sûr que non, dit aussitôt son interlocuteur en souriant, dévoilant ses crocs. Je pensais juste qu'il n'y en avait plus en Bordeciel depuis… l'incident du bastion. N'aviez-vous pas tous été massacrés là-bas ?
— Il est vrai que nous sommes moins nombreux depuis cette tragédie mais les Vigiles de Stendarr sont toujours actifs.
— Je vois… »
Il fronça les sourcils. Quelque chose lui déplaisait dans l'attitude de ce Khajiit mais il ne saurait dire quoi. Était-ce sa voix à la fois suave et persifleuse pourtant si commune aux hommes-chats ou la façon dont ses yeux aux teintes rougeâtres luisaient dans l'obscurité et le fixaient comme un animal affamé devant une proie à portée de main ?
Peut-être s'inquiétait-il pour rien : il n'avait jamais vraiment apprécié les natifs d'Elsweyr. Ils étaient trop fourbes à ses yeux et quand bien même les préceptes de Stendarr exigeaient de lui qu'il ne les discrimine pas à cause des rumeurs concernant leur race, il préférait se tenir à l'écart des marchands khajiit qui s'installaient en bordure des villes ou qu'il croisait sur les routes de Bordeciel. Par précaution…
« Vous savez qui je suis mais j'ignore toujours qui vous êtes.
— Je ne suis guère qu'une âme errante qui eut la malchance de rôder trop près du domaine des suceurs de sang mais puisque nous sommes désormais des compagnons d'infortune, sachez que je me nomme Baan Dar.
— Drôle de nom.
— C'est un noble nom parmi les miens. Quel est le vôtre ?
— Je m'appelle Hrisskar et comme vous le savez, je suis un Vigile de Stendarr.
— Que fait un Vigile de Stendarr ici ? »
Hrisskar soupira. Il espérait que le Khajiit s'en tienne à leurs présentations et le laisse tranquille mais apparemment, c'était trop demandé. Il s'appuya nonchalamment contre la porte de la cellule, sans jamais quitter des yeux son interlocuteur.
« D'après vous ? répliqua-t-il plutôt froidement, agacé par toutes ces questions.
— Vous êtes venu pour éliminer le clan Volkihar.
— Humph. Comment avez-vous deviné ?
— C'est audacieux de votre part… stupide et inconsidéré mais audacieux. »
Allait-il devoir supporter cet homme-chat et ses commentaires horripilants tout le temps qu'il resterait enfermé dans cette cellule ? Que les Neuf lui viennent en aide pour supporter cette épreuve alors !
« Je me passerais de votre avis. Vous n'êtes pas en droit de me juger.
— Oh mais ce n'était pas une critique, assura Baan Dar. J'essaye juste de comprendre. Êtes-vous un des ces héros du Nord au coeur vaillant capables d'affronter un dragon sans trembler ?
— Un dragon ? Sans façon. J'en ai croisé un, une fois. Quand bien même il ne m'a pas vu, j'ai cru ma derrière heure venue. Quelle chance aurais-je eu contre lui ? Je ne suis qu'un homme et certainement pas un Enfant de Dragon ou un Nordique capable d'utiliser le Thu'um comme Ulfric Sombrage.
— Je suis confus. Vous ne pensez pas être capable d'abattre un serpent volant qui crache du feu mais vous vous croyiez assez fort pour vaincre un clan de vampires à vous tout seul ? Par quel miracle y seriez-vous arrivé ?
— Me prenez-vous pour un imbécile ? Je pensais que la puissance d'Aubéclat suffirait à les vaincre… mais j'ai réalisé trop tard mon erreur. Même avec un tel artefact en ma possession, je n'avais aucune chance face à tout un clan…
— Que c'est étonnant, venant d'un Nordique…
— Taisez-vous, pour l'amour de Talos ! »
Les Divins entendirent ses prières et le Khajiit se tut, à son grand bonheur. Il était déjà assez dans le pétrin pour qu'un homme-chat se permette de donner son avis à ce sujet.
Il s'allongea maladroitement sur la paille au sol qui servait de lit et fixa les pierres sombres du plafond, songeant à un moyen de se sortir de là. Sans qu'il ne le réalise, le poids des derniers évènements lui tomba dessus comme une tonne de briques et dès qu'il ferma les yeux, l'épuisement le plongea dans l'inconscient.
Quand bien même il sentit son esprit dérivé, des années au service des Vigiles de Stendarr permirent à Hrisskar de rester sur ses gardes même dans le plus profond des sommeils. Ainsi, à travers sa torpeur, il crut distinguer des éclats de voix non loin de sa cellule. Une femme et un homme parlaient.
« Je ne trouve pas ça très amusant, Garoh… Êtes-vous sûr qu'il ne soupçonne rien à vos manigances ?
— Ayez confiance en moi, Sérana. Vous ai-je déjà déçu ? De plus, c'est un Nordique. Comment voulez-vous qu'il se doute de quoi que ce soit ?
— Je suis une Nordique, je vous rappelle.
— Ainsi que la meilleure de votre race, mon amie. Vous savez bien que vous n'êtes pas au même niveau que ces… barbares. »
La femme soupira et d'un ton plus doux ajouta :
« D'accord… Faites comme bon vous semble mais ne venez pas vous plaindre si ça tourne mal.
— Tout se passera bien. Avez-vous fait ce que je vous ai demandé ?
— Oui. Les rumeurs ont été répandues. Vingalmo ou Orthjolf ne devraient pas tarder à passer à l'action.
— Parfait. Sur ce, vous devriez partir avant que notre invité se réveille. »
Des pas feutrés furent la dernière chose qu'entendit Hrisskar avant de replonger dans un profond sommeil.
. . .
« Réveillez-vous, mon ami. »
Hrisskar se réveilla en sursaut, envahi par une terrible sensation d'oppression qui disparut aussitôt qu'il ouvrit les yeux. Il se redressa en grognant, les muscles endoloris et courbaturés d'avoir dormi sur un pitoyable lit de paille.
Un ricanement attira son attention.
« Les Vigiles de Stendarr ont la réputation de voyager beaucoup. N'avez-vous pas l'habitude de dormir à la belle étoile, à même le sol ? se moqua Baan Dar.
— Nous disposons en général de sacs de couchage, rétorqua le Nordique en lui jetant un regard noir. Et l'herbe et la terre sont bien moins raides que la pierre froide d'un château. Pour quelle raison m'avez-vous réveiller ? On va m'exécuter ?
— Oh non ! Rien de si terrible… enfin, ça dépend du point de vue je suppose.
— Arrêtez de tourner autour du pot et parlez ! Que se passe-t-il ?
— Vous allez avoir un problème. »
La voix du Khajiit était désormais dépourvu de la moindre trace d'amusement. Hrisskar n'était pas certain de préférer ça à son attitude moqueuse…
« Quel genre de problèmes ?
— Hé bien, disons que votre présence n'est pas sans intérêts pour certains membres de la cour. L'un d'eux devrait venir vous rendre une petite visite d'un instant à l'autre.
— Pourquoi donc ? Que me veut-il ?
— Je l'ignore mais je dirais qu'il vous demandera votre aide pour se débarrasser de certains… gêneurs. En échange, il est fort probable qu'il vous assure que vous pourrez vous enfuir d'ici. Voilà pourquoi je vous ai réveillé : pour vous mettre en garde contre lui. »
Mal à l'aise, Hrisskar croisa les bras. Il n'aimait pas ça : dans quoi s'embarquait-il ?
« Vous pensez qu'il me tuera quand j'aurais fait ce qu'il me demande ?
— Cela ne fait aucun doute. Les vampires n'aiment pas laisser leurs proies vivre, surtout quand ils n'ont que du mépris pour elles.
— Mais ai-je vraiment le choix ? Je ne veux tuer personne mais…
— Oh mais n'ayez crainte : vous aurez le choix. »
Il ne s'attendait pas à cette réponse et dévisagea le Khajiit qui, décidément, semblait en savoir beaucoup pour un simple prisonnier…
« Comment ?
— Il vous suffira de le provoquer en duel. Ce n'est pas la meilleure des solutions mais c'est la seule que vous aurez. »
Hrisskar laissa échapper un rire narquois.
« Mais bien sûr ! Vous en avez d'autres, d'idées ridicules du même genre ? Vous allez me faire croire que les vampires perpétuent les traditions nordiques concernant les duels à mort pour l'honneur ?
— Les vampires n'aiment pas que leur honneur soit attaqué et leur supériorité remise en question, surtout pas par des êtres qu'ils considèrent comme du bétail. D'autant plus que si mes soupçons sont avérés, celui qui viendra requérir votre aide est un Nordique. Il acceptera, je vous le garantie. »
Le Vigile de Stendarr soupira et passa une main dans ses cheveux, pensif. Il n'avait aucun moyen de se sortir de cette situation, n'est-ce pas ? Cela ne lui plaisait guère mais il ne tenait pas à subir le même sort que ses regrettés camarades réduits en charpies par ces monstres de la nuit. De plus, tuer un vampire n'était pas vraiment un crime de toute façon…
« Supposons qu'il accepte ce duel… et que je l'emporte. Qu'adviendra-t-il de moi ?
— Vous pouvez imposer votre condition en cas de victoire, en l'occurrence d'être libre de quitter cette île. La décision finale dépendra du seigneur Garoh mais il devrait accepter…
— Comment savez-vous ça ?
— Je suis enfermé ici depuis assez longtemps pour comprendre comment fonctionne la politique au sein de la cour du clan Volkihar. De plus, les Khajiit ont l'ouïe fine… »
Il n'aimait vraiment pas ça : son instinct lui criait au coup monté mais il avait les pieds et les poings liés dans cette affaire.
Le silence se fit dans les geôles. Hrisskar s'assit sur son lit de fortune et attendit que se présente le fameux visiteur mentionné par Baan Dar, priant Stendarr de le guider et lui permettre de s'en sortir. Après une éternité, une épaisse porte fut poussée et des bruits de pas effrénés se firent entendre jusqu'à ce qu'une ombre apparaisse devant sa porte. Hrisskar se redressa et, instinctivement, posa sa main à sa hanche vers son fourreau avant de se rappeler qu'Aubéclat lui avait été enlevée.
Il se rappelait de ce vampire en costume rouge : c'était celui qui s'était interposé entre lui et son seul moyen de s'enfuir de cette île. Le Nordique, comme le prédisait le Khajiit…
En tout cas, il ne paraissait pas ravi d'être là mais se força à effacer l'hostilité de son visage et adressa ce qui s'apparentait à un sourire amical à Hrisskar – qui n'en était que moins rassuré.
« Alors, vous appréciez notre hospitalité ? Un trou miteux, grouillant de rats… je suis sûr que ça vous plairait de sortir de là, pas vrai ?
— J'aimerais être partout sauf ici, confirma froidement Hrisskar. Mais je ne vois pas en quoi c'est votre problème. Qui êtes-vous ? »
Le sourire de ce vampire se fit carnassier.
« Je suis Orthjolf, membre éminent de la cour du clan Volkihar… et futur seigneur de ce château.
— Humph… Je croyais que le seigneur Garoh venait à peine de prendre ses fonctions. Il va vous les remettre ?
— De gré ou de force, oui. Vous m'aiderez à y parvenir, d'ailleurs.
— Vous êtes fou. Comme si j'allais aider un vampire.
— Vous le ferez ! »
Hrisskar ne put s'empêcher de sursauter au coup brusque qu'Orthholf donna contre la porte de sa cellule mais celui-ci regagna aussitôt son sang-froid et reprit plus calmement, d'un ton faussement familier :
« Allons… Écoutez-moi jusqu'au bout. Je suis un vampire mais je reste avant tout un Nordique, comme vous. Nous devons nous entraider entre natifs de Bordeciel, surtout avec tous ces satanés elfes qui envahissent notre province. L'un d'entre eux me pose de sérieux problèmes : Vingalmo. Il essaye de prendre le contrôle du clan lui aussi, mais c'est un être pathétique et fourbe. Les Volkihar ont toujours été un clan nordique et je tiens à ce qu'il le reste. Vous comprenez ? »
Hrisskar hocha la tête, à la grande satisfaction de son interlocuteur.
« Je savais que vous me comprendriez, mon frère. Alors écoutez : je vous libère discrètement d'ici en vous remettant Aubéclat et avec… vous allez tuer Vingalmo dans son sommeil. Je me charge de faire diversion et, une fois que vous l'aurez assassiné, il ne vous restera plus qu'à vous enfuir par la cour arrière du château, de passer par les jardins jusqu'à rejoindre votre barque qui est toujours au quai. Il n'y jamais personne là-bas, donc vous ne risquerez pas d'être vu. Alors qu'en dites-vous ? Vous acceptez mon offre ? »
Hrisskar fit mine de réfléchir à la proposition avant de secouer la tête et de déclarer d'un ton direct :
« Non.
— … Non ? »
Orthjolf cligna des yeux, incrédule. Puis la colère assombrit ses traits et il lui jeta un regard noir en criant :
« Vous refusez ? Êtes-vous complètement stupide ? Je vous offre une porte de sortie sur un plateau d'argent et vous osez refuser la main que je vous tend ? Je vous conseille de revenir sur votre décision, sinon vous ne ressortirez jamais vivant d'ici ! »
C'était le moment ou jamais…
« Parce que vous allez me tuer, c'est ça ? rétorqua Hrisskar en essayant de garder sa voix contrôlée et d'ignorer combien son coeur battait la chamade. Vous ne me faites pas peur.
— Vous dites ça pour vous rassurer, se moqua Orthjolf. Vous commencez à m'agacer, vous savez ?
— Non, pas du tout. En fait, je suis certain que je pourrais vous vaincre sans difficulté dans un duel.
— Un simple Mortel tel que vous n'a aucune chance face à un vampire, surtout pas face à moi. Dès que l'ordre sera donné de vous tuer, je me ferai un plaisir de vous faire souffrir. Vous supplierez pour votre vie…
— C'est comme ça que vous prouverez que vous êtes plus fort que moi ? Ce n'est pas digne d'un Nordique, si vous voulez mon avis.
— Je ne le veux pas. Taisez-vous avant que je ne vous arrache la langue.
— Ce ne sont pas des menaces très honorables pour un fier Homme du Nord.
— JE VOUS AI DIT DE VOUS TAIRE ! »
Il frappa la porte avec tant de force que Hrisskar craignit que celle-ci cède. Heureusement, elle ne le fit pas. Orthjolf s'approcha le plus possible des barreaux et siffla :
« Vous cherchez à mourir, c'est ça ? Je réaliserai votre souhait si vous continuez de m'énerver.
— Êtes-vous sourd ? répliqua Hrisskar, agacé. Je vous ai dit que vous ne me faisiez pas peur alors gardez vos menaces pour vous. Un véritable Nordique ne se contenterait pas de parler dans le vide : il agirait.
— Vous me suppliez donc de venir vous tuer ?
— Parce que vous trouveriez ça honorable de venir m'égorger dans ma cellule alors je suis impuissant à me défendre ? Vous n'avez rien d'un Nordique.
— Taisez-vous ! »
Orthjolf bondit en arrière comme s'il avait été brûlé et se mit à faire les cents pas devant sa cellule, incapable de contenir sa colère alors qu'il grommela :
« Que ferait un vrai Nordique, selon vous ?
— Il se battrait. »
Le vampire s'arrêta et le dévisagea, ricanant.
« Me battre ? Contre vous ?
— Oui. Je réclame un duel. C'est de cette manière que meurt un vrai Nordique : au combat. Si vous en êtes vraiment un, vous accepterez ma requête et me laisserez mourir comme je le souhaite. Dans un duel… contre vous. »
Orthjolf le scruta sans rien dire, les mains jointes dans le dos.
« Faites attention à ce que vous demandez, fit-il par dire, d'un ton dangereux. Quand vous serez mort… je me ferai un plaisir de ranimer votre cadavre pour que votre âme ne parte pas pour Sovngarde. »
Il sourit avec malveillance et continua :
« Elle me sera à jamais soumise et je me délecterai de vos cris de souffrances et de vos vaines supplications implorant ma clémence pour que je mette fin à vos tourments. C'est clair ? »
Hrisskar déglutit. C'était un sort bien pire que la mort qui l'attendait s'il perdait mais de toute façon, il ne doutait pas que c'était ce à quoi le destinait ces vampires depuis le début.
« Je suis prêt à courir le risque. Je n'ai rien à perdre avec ce duel.
— Humph. Dans ce cas, c'est d'accord. Vous payerez pour votre audace, sale vermine. »
Le vampire fit volte-face et commença à s'éloigner, pestant à voix basse contre l'absence du seigneur Garoh, qu'il devait informer de cet accord.
« Attendez ! s'écria Hrisskar. Je veux imposer mes conditions en cas de victoire.
— Ha ! Vous pensez vraiment avoir une chance ? Vous êtes encore plus idiot que je le pensais mais allez-y, dites-moi ce que vous voulez en retour.
— Ma liberté. Le droit de quitter cet endroit sans qu'aucun vampire me poursuive et m'arrête. »
Orthjolf y songea un instant et opina, un sourire moqueur aux lèvres.
« C'est d'accord, mais ça n'arrivera pas… »
Sur ce, il quitta les geôles. Hrisskar l'écouta s'éloigner et s'appuya contre le mur, laissant redescendre sa tension. Il ne croyait vraiment pas qu'il s'en sortirait.
« Beau travail, mon ami… »
Hrisskar sursauta et réalisa que pendant tout cet échange, Baan Dar n'avait pas dit un seul mot, ni même fait remarquer sa présence…
. . .
C'était une erreur, une monstrueuse erreur mais il était trop tard pour revenir sur sa décision. Il était au pied du mur et devait y faire face.
Malgré son sang nordique, Hrisskar tremblait sous l'assaut féroce du vent mais au fond de lui il avait conscience que c'était plus la peur qu'il ressentait que le temps terrible de Bordeciel le responsable des frissons qui le parcouraient.
Devant lui, le château Volkihar dominait l'horizon de son allure ténébreuse et intimidante qui lui faisait regretter d'avoir eu l'idée inconsidéré de l'attaquer. Derrière lui, les vagues déchaînées venaient se fracasser contre la grève et il les entendait distinctement s'entrechoquer contre sa barque en bois toujours là.
Il était si proche de la liberté… mais à la moindre tentative d'évasion, les dizaines de vampires debout devant les portes du château se jetteraient sur lui et il serait mort avant même de comprendre ce qu'il lui arrivait.
Sortir victorieux de ce duel était son seul échappatoire.
Il serra fermement la poignée d'Aubéclat – il peinait encore à croire que cet artefact unique lui ait été rendu par ces vampires qui, décidément, la détestaient au point d'être prêts à s'en séparer et la voir disparaître –, essayant de cacher combien ses mains tremblaient mais si son adversaire le remarqua, il ne fit aucun commentaire et se contentait de le regarder avec arrogance, dans une posture presque bestiale, en faisant des moulinets avec sa hache.
Hrisskar savait que ces vampires – des vampires de sang-purs, issus d'une lignée offerte par Molag Bal en personne – pouvaient se transformer en des monstres horribles, des bêtes encore plus abominables que les pires des daedra qui se terraient dans les Plans d'Oblivion. Orthjolf allait-il se transformer en l'un d'entre eux ? Dans ce cas, ce duel serait fini avant même de commencer…
Le tonnerre frappa au dessus de leur tête mais ce n'était pas un orage qui s'abattait sur eux : le soleil se nimba de rouge, encerclé de nuages noirs comme la nuit.
Hrisskar se sentit de nouveau oppressé et terrassé par un horrible sentiment d'effroi. Il jeta un coup d'œil vers le pont de pierre, vers la silhouette encapuchonnée du seigneur Garoh, qui tenait dans sa main l'arc d'Auri-El. C'était lui qui venait de provoquer cet enfer dans le ciel. Isran avait raison : le clan Volkihar était plus dangereux que tout ce qu'ils avaient imaginé. Ils ignoraient tout des pouvoirs que possédait cet artefact elfique de légende…
Sans surprise, il vit se tenir fièrement au côté de son seigneur l'Elfe Noir qui s'était fait passé pour lui tantôt. Hrisskar ne s'en étonnait pas : il avait compris qu'on s'était joué de lui. Cet elfe devait être son bras droit ou son conseiller le plus proche, placé sur le trône de la salle des banquets pour que l'identité du seigneur Garoh ne soit pas révélée – bien qu'il ne comprenait pas pourquoi ce fameux seigneur tenait tant à dissimuler qui il était…
Il jura dans sa barbe, énervé par toute cette mascarade. En face, Orthjolf prit ça pour autre chose et dit moqueusement :
« Surpris ? Il faut bien ce soit un duel équitable. Les vampires sont plus sensibles au soleil, même lorsque celui-ci est caché derrière des nuages. Je n'allais pas partir défavorable à cause de ça. »
Hrisskar ne daigna pas répondre, préférant adresser un prière aux Neuf pour qu'ils le portent vers la victoire.
Orthjolf fut le premier à attaquer. Il se lança sur lui avec la rage d'un berserker, sa hache dressée en l'air. Hrisskar se jeta sur le côté pour l'esquiver et essaya de lui donner un coup mais la pointe de son épée loupa son adversaire d'un bon pied. Le vampire se retourna et fondit de nouveau sur lui. Hrisskar para de justesse son coup mais ressentit le fracas du métal dans tous ses os et grimaça – une épée ordinaire aurait probablement cédée sous la force portée par Orthjolf.
Dans un geste que lui même reconnaissait comme audacieux – et quelque peu inconsidéré – Hrisskar se laissa emporté par le coup d'Orthjolf et, au moment où celui-ci allait le déséquilibrer assez pour le faire tomber, se mit hors de portée. Le vampire, entraîné par son élan, tituba en avant. Hrisskar en profita pour lui donner un solide coup de pied dans les côtes et réussit cette fois-ci à le frapper dans le dos avec la lame d'Aubéclat.
Orthjolf laissa échapper un cri de douleur quand l'épée le trancha et que la lumière qui en jaillissait, d'une énergie trop pure pour un vampire parce qu'elle provenait de l'Ætherius, lui brûla le dos. Il lâcha sa hache et tomba à genoux mais se releva aussitôt, son visage tordu de rage. Il se précipita vers Hrisskar, qui tendit sa main gauche de laquelle émana des filaments d'or. Ceux-ci stoppèrent net son agresseur, qui se débattit lorsque les halos arcanique du Toucher apaisant, guérissant les Mortels mais blessant les morts-vivants, se mirent à l'envelopper.
Hrisskar profita de cette distraction pour se jeter sur Orthjolf et le transpercer en plein coeur du bout d'Aubéclat. Les deux Nordiques se dévisagèrent avant que Hrisskar pousse un peu plus loin la lame dans le corps de son adversaire, qui cracha un filet de sang. Le vampire eut un soubresaut mais son visage se figea lorsque Hrisskar ôta d'un coup sec Aubéclat et se recula. Orthjolf tituba en arrière avant de tomber et de ne plus bouger, ses yeux vides rivés vers le soleil rouge qu'il ne voyait plus.
Il fallut un certain temps à Hrisskar pour réaliser ce qui venait de se passer. Il abaissa son épée et poussa un long soupir de soulagement en fermant brièvement les yeux. Il l'avait emporté…
Des applaudissement virent l'interrompre. Il releva précipitamment Aubéclat en voyant s'approcher trois silhouettes, alors que tous les autres vampires rentraient au château.
« C'était un beau duel, mon ami. »
Le seigneur Garoh frappait distraitement dans ses mains gantées en avançant vers lui, accompagné de l'Elfe Noir et de la dame aux cheveux d'ébène. Sa capuche luttait contre le vent qui dominait l'île et en faisant attention Hrisskar parvient à avoir un bref aperçu de son visage.
Il jura dans sa barbe mais garda pour lui les insultes qui lui venaient à l'esprit et s'inclina respectueusement, sans jamais le quitter des yeux.
« Merci, seigneur Garoh… ou devrais-je dire Baan Dar ? »
Le seigneur vampire ricana et abaissa sa capuche, dévoilant son visage. Hrisskar pesta en reconnaissant le Khajiit qu'il avait côtoyé dans les geôles. Il savait que ce satané matou cachait quelque chose… et cela expliquait pourquoi il faisait profil bas lors de la visite d'Orthjolf. Hrisskar n'avait pas peur des Khajiit d'habitude mais avec sa fourrure noire comme la nuit et ses yeux rouges aux pupilles perçantes, le seigneur Garoh dégageait une aura qui lui donnait envie de prendre les jambes à son cou et de s'éloigner le plus possible de lui.
Il serra avec force la poignée d'Aubéclat, se demandant ce qui le retenait de planter la lame de lumière dans la gorge de ce maudit homme-chat.
« Baan Dar n'était qu'un nom d'emprunt, déclara le seigneur Garoh, se délectant de combien le Nordique en face de lui fulminait. Je pensais que vous le devineriez tout de suite mais vous avez mis bien du temps à comprendre. Vous êtes plutôt long à la détente, n'est-ce pas ?
— Allez crever dans l'Oblivion ! Vous vous êtes servi de moi, cracha Hrisskar avec rancune.
— En effet. C'était très divertissant d'ailleurs. Vous les Nordiques êtes si simples à duper… »
La femme à sa gauche fit mine de tousser. Le Khajiit lui sourit et ajouta d'une voix suave :
« Sauf vous, ma chère. Cela va de soi. »
Ce devait être la fameuse Sérana avec qui il parlait dans les cachots, pendant que Hrisskar somnolait.
« Et vous ? demanda-t-il à l'attention de l'Elfe Noir. Qui êtes-vous ?
— Je suis Garan Marethi, intendant de la cour.
— Et mon plus fidèle allié dans ce nid de vipères, ajouta le seigneur Garoh. Je me doutais qu'un de mes conseillers complotait contre moi. Vingalmo était la cible d'Orthjold mais ensuite, il aurait essayé de se débarrasser de moi car je ne suis pas exactement le genre de seigneur qui doit diriger un clan nordique selon lui.
— Alors que nous avons vu ce que cela donnait quand c'était un Nordique qui le dirigeait et ce n'était pas vraiment fameux, ajouta Sérana avec une moue dégoûtée en croisant les bras.
— Voyons, mon amie. Il ne faut pas parler ainsi de votre défunt père… même si je suis d'accord avec vous. Vous avez mes remerciements, Vigile de Stendarr. Grâce à vous, je me suis débarrassé d'Orthjolf sans que cela ne me porte préjudice à ma cour. Vous avez tous mes remerciements pour ça.
— Gardez-les, rétorqua sèchement Hrisskar. Je ne veux pas de votre reconnaissance. Nous avions tout de même un marché. Suis-je libre de partir ?
— Bien sûr. Je tiens toujours mes promesses. Vous pouvez vous en aller et même garder l'épée de Méridia. Je vous conseille néanmoins de ne pas réapparaître dans les environs. Si un des miens vous croise dans la châtellerie d'Haafingar… hé bien disons que vous rejoindrez Sovngarde plus tôt que prévu. »
Hrisskar lui adressa un regard noir auquel le Khajiit resta insensible mais ne répliqua pas et se recula lentement sans jamais les quitter des yeux. Autant il voudrait tous les tuer, libérer Tamriel de leur présence infâme, autant il savait que c'était sa seule occasion de sortir vivant d'ici.
Dès qu'il se considéra à assez bonne distance d'eux, il tourna les talons et couru à toute allure vers la barque, la poussant aussi vite que possible dans l'eau. Il sauta dedans et se mit à ramer de toutes ses forces quand il entendit le seigneur Garoh l'appeler et fit volte-face, Aubéclat tendue devant lui. Le Khajiit n'avait pas bouger d'un pouce et se contentait de l'observer partir, les mains jointes dans le dos.
Le seigneur Garoh sourit, laissant apparaître ses crocs et s'écria avec gaieté, sa voix disparaissant presque sous le souffle du vent :
« Passez donc le bonjour à Isran de ma part, qu'il ne cesse de maudire le jour où il m'a envoyé à la Crypte de Sombreval ! »
Sur ces dernières paroles, il éclata de rire. Ce fut la dernière chose qu'entendit Hrisskar avant que le château du clan Volkihar disparaisse derrière une épaisse brume…
J'ai récemment fait la quête du Prince Daedra Namira, que je n'avais jamais faite auparavant parce que je me doutais de son contenu et… c'est bien ce que je craignais. C'est vraiment dans ce genre de quêtes que je regrette qu'on ne puisse pas s'opposer aux Princes Daedra – par exemple en rejoignant les Vigiles de Stendarr… Bethesda, pourquoi ça ne vous est pas venu à l'esprit d'en faire une faction jouable, bon sang ! – parce que j'ai eu l'envie folle de la faire foirer du début à la fin. La première chose que j'ai faite en finissant cette quête, c'est tuer tout le monde présent à ce banquet sordide.
Quelle ne fut pas ma surprise en découvrant que Lisbet était une cannibale ! Dire que j'avais fait sa quête concernant la statue de Dibella parce que j'avais de la peine pour elle… Je l'ai tuée sans le moindre état d'âme, comme Hogni. Mon seul regret les concernant, c'est que j'aurais préféré les assassiner pour le compte du clan Volkihar dans la quête où il faut commettre un meurtre en se faisant passer pour un membre de la Garde de l'Aube. Je ne savais pas qu'ils étaient associés à Namira à ce moment : je les prenais pour des citoyens modèles et sans histoire… Je vous avoue donc que plus je passe du temps à Markarth à découvrir tous les détails de la ville et de ses habitants, moins j'ai envie d'y rester. En comparaison, Faillaise c'est vraiment paisible malgré la présence de la Guilde des Voleurs et des Roncenoir.
Oui, je sais, ça n'a pas beaucoup de rapport avec cet OS mais ça m'a pas mal inspiré les scènes du début. Pour le reste… disons que ça me faisait rire l'idée que le nouveau seigneur du clan Volkihar soit un Khajiit – je trouve ça assez classe, un Khajiit vampire. Et bien sûr, il était hors de question que j'écrive sur un membre de la Garde de l'Aube plutôt qu'un Vigile de Stendarr.
