Bon, vous l'aurez compris avec le long disclaimer, je me suis fait plaisir.

Bonne lecture quand même ! (oh, et c'est pas bêta-lu donc je m'excuse s'il y a des erreurs!)


Il sent un frisson parcourir sa colonne vertébrale en même temps qu'une sueur froide coule sur sa tempe.

Il triture ses mains moites, jusque-là sagement posées sur ses genoux. Il tire et tord ses doigts avec plus d'agitation qu'il ne l'aurait pensé, presque au point de se faire mal.

Il ferme les yeux.

Prend une profonde inspiration.

Il se rappelle des choses qui comptent. Lézard. Deux tapotements sur l'extérieur de sa cuisse droite, en tournant légèrement son corps, pour qu'elle voie.

Et, si c'est vraiment trop insupportable, s'il n'y arrive pas, il peut juste aller la voir. Lui dire qu'il veut partir.

Larxène ne lui a jamais dénié le droit de changer d'avis.

C'est marrant. Juste la pensée articulée de son nom dans sa tête fait naître une chaleur frémissante dans le creux de son ventre.

Un sourire lui échappe. Il s'accoude au bar, appuie son menton contre le creux de sa main et laisse la paix que lui inspire Larxène l'envahir.

C'était son idée de venir ici. D'ailleurs, si elle n'est pas dehors en train de fumer, elle doit être installée sur un tabouret autour de la haute table ronde derrière lui.

Il a envie de se retourner pour vérifier, mais il fait montre de toute la discipline dont il est capable pour s'en empêcher.

"L'idée c'est que tu fasse comme si je n'étais pas là, mon cœur." Elle lui avait dit, le satin de sa voix douce aussi riche qu'un amer chocolat noir, alors qu'elle ajustait délicatement l'accessoire qu'elle voulait qu'il porte. "L'idée, c'est de te mettre dans une situation dans laquelle tu ne seras pas à l'aise –".

Là, elle a marqué une pause, posé son menton sur l'épaule de Xaldin, une de ses mains parfaitement manucurées se glissant jusqu'à sa mâchoire depuis derrière lui. Elle avait saisi son menton et l'avait fait se regarder dans le miroir devant lequel ils étaient installées.

Les yeux bleus de Xaldin avaient d'abord parcouru avec anxiété son propre torse, exposé dans le reflet du miroir. Il n'arrivait pas à imaginer qu'elle puisse cacher le harnais en cuir qui orne ses pectoraux, ses côtes et s'enroule autour de la partie la plus basse de sa gorge juste au-dessus de ses clavicules.

La panique commence à l'envahir petit à petit.

Le harnais n'est pas trop serré. Juste assez pour qu'il sente le cuir mordre légèrement dans sa chair, mais la sensation n'est pas assez cuisante pour lui faire mal, juste assez pour allumer ses sens et embraser sa peau.

Larxène voit la peur sur son visage, entend sa respiration qui s'accélère, alors elle appuie sa poitrine contre son dos et croise ses poignets sous son menton pour pouvoir poser ses mains en corolle autour du visage de Xaldin, qui laisse juste échapper une expiration tremblante.

"Mais, ne t'inquiète pas, mon cœur. J'aurai toujours le contrôle, et je m'assurerai toujours que tu es en sécurité."

Après, elle l'avait aidé à attacher ses dreads dans un chignon un peu négligé, la plupart dégringolant sur ses larges épaules, et puis elle l'avait retourné pour qu'il lui fasse face, et elle avait embrassé sa bouche et avait murmuré quelques louanges encourageantes dans le creux de son oreille.

Il prend une nouvelle inspiration.

Essaie désespérément de ne pas penser au cuir qui se colle contre son corps sous les fringues que Larxène lui a choisi.

Le harnais, ça va – fin, il est presque sûr qu'il ne se voit pas trop, quoi. Le collier par contre ? Le lourd collier en cuir qui se presse contre la colonne puissante de sa gorge, juste sous sa pomme d'Adam ?

Y'a pas moyen que le col roulé beige que Larxène a choisi puisse le cacher. Le tissu côtelé est juste assez épais pour que le harnais puisse à peine être deviné, mais assez fin pour exposer ses muscles de la manière qu'elle aime.

Ça l'angoisse.

Le col roulé n'est pas très haut, s'il fait pas gaffe, le cuir noir du collier dépasse et il a vraiment pas envie.

C'est privé, ce qui se passe sous ses vêtements beaucoup trop bien choisis à son goût, ce soir. Intime.

Ça le change du jog' gris qu'il portait sans doute un peu trop bas sur les hanches et des tee-shirts blancs trop grands qui noyaient son torse pourtant bien développé quand il a connu Larxène.

C'est elle qui avait insisté pour refaire sa garde-robe. Soit disant qu'elle voulait le gâter, un peu.

Xaldin ressent un total de zéro regret de l'avoir laissé faire. Elle a le sens du style, sa Larxène ; même lui il se trouve canon quand elle l'habille.

Et maintenant, alors qu'il garde sa bière à peine entamée dans une main, il sent le regard bleu-vert parcourir les muscles de son dos, qu'il sait qu'elle aime tant et un nouveau frisson le parcourir.

"Larxène, j'te jure, je sais pas si j'vais y arriver." Il avait dit juste avant qu'ils ne sortent, pendant qu'elle se maquillait.

Elle avait interrompu le mouvement de sa main qui tenait délicatement son mascara, lui avait jeté un regard, puis un sourire avant de se concentrer de nouveau sur son reflet pour finir d'appliquer le mascara sur ses cils.

Elle cligne des yeux dans le miroir, elle s'en est tellement rapprochée que son nez le touche presque et qu'elle louche un peu en vérifiant que c'est bien symétrique.

En temps normal, ça aurait fait rire Xaldin, mais ce soir, l'anxiété lui tord trop le ventre pour qu'il arrive même à sourire.

Elle finit son inspection, satisfaite, et se tourne vers Xaldin.

Il s'attend à ce qu'elle ait l'air dur, déçu peut-être. Mais il n'y a que tendresse sur ses traits.

Un sourire rassurant étire le rouge foncé de ses lèvres. Elle s'approche doucement, se hisse sur la pointe des pieds pour encadrer de ses mains le visage de Xaldin.

Elle parle doucement, comme elle le ferait à un animal blessé pour ne pas l'effrayer.

"Xaldin. Regarde moi." Son ton s'était très légèrement durci, alors, et elle avait attrapé la mâchoire du plus grand pour lui faire lever les yeux du sol. "Xaldin, mon cœur. Je suis ta Dominante, pas ta tortionnaire."

Les larmes lui avaient monté aux yeux sans qu'il puisse les en empêcher. Elle avait resserré son emprise sur sa mâchoire.

"Hey. Tout va bien, bébé." De nouveau toute la tendresse du monde, il boit sa voix comme un assoiffé dans le désert. "On n'est pas obligés de faire quoi que ce soit. On peut rester à la maison tranquille, se mettre en pyjama comme des larves, se servir un verre de vin, ou une bouteille, et regarder The Exorcist pour la soixantième fois ?"

Un immense soupir rassuré lui échappe. Le seul fait que l'option existe, et qu'elle ne soit pas en colère, remplit ses poumons d'un air plus respirable, d'un coup.

Il esquisse un sourire un peu tremblant quand il dit finalement qu'il veut essayer. Elle le récompense avec un baiser brûlant, ses ongles parfaitement manucurés griffant légèrement les muscles saillants de son torse, accrochant juste légèrement le téton droit, celui qui est percé.

Elle a un sourire un peu carnassier quand elle s'écarte et que sa voix est d'un coup plus grave et plus luxuriante quand elle susurre un "good boy" qui touche en plein dans le petit truc qu'il a pour les langues étrangères, qu'il sent comme une fourmilière juste au dessus de son estomac, et lui fait échapper un léger gémissement.

Elle tire sur une dreadlock en s'éloignant de lui et il se mord la lèvre en regardant sa Dominante s'éloigner de lui comme si elle ne venait pas d'assassiner sa libido en genre – 43 secondes.

Et maintenant, il est assis au bar d'un troquet lambda, beaucoup plus classe que ce qu'il avait l'habitude de fréquenter à l'époque où il portait son jogging gris pour une raison qui n'était pas le plaisir de Larxène.

Toute sa personne est la marque de sa possession. Il porte les fringues qu'elle a choisies, un harnais et un collier qu'elle lui a mis elle-même. C'est elle qui a attaché ses cheveux, lavé son corps avec douceur et en utilisant le gel douche qui a sa préférence.

Elle avait marqué sa peau, juste sous le collier, là où son cou rejoint son épaule, elle avait laissé une trace rouge, piquante de douleur qui envoyait des frissons dans le corps du soumis à chaque fois que le cuir la frôlait.

Et elle. Elle était assise derrière lui.

Sûre de sa possession. Fière.

Elle exhibait sa chose, laquelle, consentante, facilitante, excitée à l'idée de plaire sa Maîtresse, se montrait docilement à qui voulait bien voir, cachant sa soumission sous des vêtements qui lui allaient trop bien, et des flirts avec celles qui, intrépides, l'approchaient malgré le regard de Larxène qu'il sentait presque incessamment caresser son dos.

Alors qu'il discutait tranquillement avec une jolie femme qui essayait à chaque occasion de pousser son décolleté contre lui et de le toucher dès qu'elle pouvait – Oh, ça amuse beaucoup Xaldin. Cette femme pourrait être la plus jolie femme du monde, elle n'a aucune chance face à sa Domme. Aucune.

Larxène justement, s'approche. Il le sent. Il entend les claquements de ses talons aiguilles, sent son parfum. Elle s'accoude près de lui au bar pour commander une nouvelle pinte.

Son coude touche celui de Xaldin, qui n'essaie même pas de se concentrer pour écouter la fille qui glousse en essayant de le coller et dont il a oublié le nom.

Larxène l'ignore royalement, mais elle sourit au barman et, en récupérant son verre, avant de se tourner pour retourner à sa table, elle caresse le dos de Xaldin.

C'est discret. N'importe qui penserait qu'elle n'a fait que se retourner, mais le soumis sait, lui, que ce contact est un encouragement, un compliment caché, à fleur de peau et de sensibilité.

Il est tenté d'ignorer la jeune femme qui essayait toujours désespérément s'accrocher à son bras pour se jeter à genoux au pieds de la femme qu'il aime.

Il la regarde. Il la fixe.

Les gloussements et les tentatives de flirt indécents de l'autre ne suffisent pas à lui faire détourner les yeux. Elle a le regard perdu dans le vague, quelque part au-dessus de sa pinte.

Mais elle le regarde brièvement, et le sourire sur ses lèvres n'est rien de moins que salace.

Xaldin connaît ce sourire. Il le connaît bien.

C'est le sourire qui dit "Good boy ! Tellement obéissant, mon joli soumis".

Sans jamais quitter son regard, elle sort son paquet de cigarettes de sa poche et le met bien en évidence, sur sa table.

Elle en porte une à ses lèvres, passe ses mains dans ses cheveux blonds pour les plaquer un peu mieux contre son crâne.

Un pied au sol, l'autre sur le haut tabouret, la barre coincée entre son talon et l'avant de sa chaussure.

Même s'il le voulait, Xaldin ne peut pas détourner les yeux. Elle se cambre de manière presque exagérée, en accentuant le galbe de ses longues jambes, la cigarette toujours pendante aux lèvres et Xaldin sait qu'il est perdu à jamais.

Sans s'inquiéter du flirt à sa gauche, il suit la belle blonde dehors, en attrapant le paquet de cigarettes qu'elle a laissé sur la table.

Il la trouve dehors, debout près d'une des quelques rares tables de la terrasse. Une jolie main délicate tient le dos d'une chaise et elle hausse un sourcil en voyant Xaldin resté planté devant la porte du bar à la fixer.

Il se ressaisit en tirant légèrement sur le collier qui serre un tout petit peu trop son cou et en secouant vaguement la tête.

Au moins, le message est clair.

Il s'approche, s'assoit sur la chaise près de laquelle elle se tient.

Elle ne bouge pas, se tient même encore plus droite – plus grande.

Un sourire satisfait au coin des lèvres, elle tend son briquet à Xaldin avant de se pencher légèrement en avant, comme un défi.

Un frisson traverse encore Xaldin, qui sent le feu dans son ventre. Il n'a qu'une envie, se jeter à genoux et vénérer, adorer sa Dominante avec abandon.

Il se contente d'allumer fébrilement sa cigarette et d'inspirer profondément lorsqu'elle lui souffle la fumée au visage.

Xaldin a les idées un peu embrumées, un peu lentes. Il a l'impression de nager dans du coton.

Tout ce qui compte, c'est le sourire satisfait sur Son visage.

Rien d'autre n'a d'importance.

Que Madame soit satisfaite de lui, heureuse, et il passera le reste de sa vie à la vénérer.

Il sent son regard se détendre, il perd toute concentration, et il voit un peu flou. Il respire lentement, aussi – trop lentement ?

Il pense qu'il va potentiellement s'évanouir d'ici peu.

La panique l'envahit très très lentement, il sent son cœur s'accélérer, il sent les larmes lui monter aux yeux.

Et puis, d'un coup, le visage de Larxène tout près du sien. Trop près du sien, elle louche un peu, comme quand elle met son mascara.

Il pense qu'elle lui parle, il n'est pas sûr.

Elle le touche, il sent ses mains sur ses épaules. Elle lui a toujours dit qu'elle aime beaucoup ses épaules. Parce qu'elles sont larges et musclées et Larxène adore le fait qu'il soit balèze.

Elle l'embrasse doucement.

Il l'entend de nouveau, même si c'est pas aussi clair que ça ne devrait l'être.

"Xaldin?"

Sa voix est un peu inquiète. Il hoche vaguement la tête.

Elle prend son visage entre ses mains doucement, et puis elle parle lentement, délibérément – ça le calme un petit peu.

"Est-ce que tu te rappelles de ton safeword, mon cœur ?"

Il a envie de rire. Il se rappelle même pas de son propre nom.

Elle rit. Il a dû dire ça à voix haute.

Safeword, safeword … Il le sait, il l'a sur le bout de la langue.

Pour l'instant, il n'y a que Son nom, qui tourne dans sa tête en boucle, comme une prière.

Il ouvre la bouche, pour essayer de dire exactement ça, mais aucun son ne sort. Il n'arrive pas à parler.

L'angoisse redouble d'intensité.

Sa respiration devient erratique et il n'entend plus que son sang battre dans ses tempes.

Xaldin connaît cette sensation. Le subdrop.

La simulation de trop pour une personne soumise qui la fait sombrer dans un endroit étrange, obscur, où se mélangent culpabilité, dégoût de soi-même et exaltation.

Il n'a pas souvent expérimenté le subdrop. Seulement les rares fois où Larxène a testé les limites de son masochisme, notamment.

Il se sent – …

Non, il ne sent rien du tout parce qu'il n'a plus l'impression d'exister. Il a oublié son propre nom. Son safeword, "lézard", ne sortira pas parce qu'il est incapable d'extraire le moindre son de sa gorge.

Il n'existe plus. Il n'est plus un individu. Et ça n'a aucune importance, tout ce qui compte – c'est Elle.

Il n'est plus qu'une extension d'elle et il ne compte pas et elle pourrait le tuer de ses propres mains et il lui dirait merci.

Il se déteste. Qu'un gars aussi grand, de sa carrure, aime se faire dominer le remplit de honte et de fierté dans un mélange étourdissant que son cerveau n'arrive pas à démêler.

Il sait qu'il tremble de partout, et il sait qu'il sanglote contre le ventre de Larxène. Mais il ne le sent pas.

Il est totalement détaché de la réalité.

Son corps n'existe plus.

Son cœur n'existe plus.

Ni son cerveau non plus.

Il sait - vaguement – que Larxène lui parle à l'oreille. Continue de lui demander de dire son safeword.

Il est confus. Il ne comprend pas et ça le frustre. Elle connaît le mot ! Pourquoi elle veut qu'il le dise ? Il arrive pas à parler ! Les mots sont perdus !

Ses yeux sont très mouillés. C'est désagréable parce que ses cils collent, mais les larmes toujours plus grosses, toujours plus lourdes, continuent.

Larxène lui met sa cigarette dans la bouche. Elle la tient pour lui, pour pas qu'il se brûle.

Il prend une inspiration tremblante, et la fumée qui remplit ses poumons le calme un peu.

Larxène continue de lui murmurer des mots doux, des compliments et des encouragements, penchée au-dessus de lui tandis qu'il essuie ses larmes contre le ventre de sa Dominante.

Sa respiration se calme, petit à petit.

Il est bien, là, ses bras baraqués passés autour des hanches de sa blonde.

Il lève la tête vers elle, sans la lâcher, et lui offre un sourire tout humide de larmes.

Elle rit.

Son sourire est éblouissant quand elle pose une main sur la joue de Xaldin et qu'elle lui parle avec son anglais parfait, celui du boulot, pour lui accorder un "Good boy" tellement plein de tendresse que, pour une fois, ça n'a même pas (trop) d'effet sur sa libido.

Les mains parfaitement manucurées caressent ses dreads, ne s'éloignent de sa tête que pour tenir la cigarette presque finie et couverte de rouge à lèvres foncé.

Xaldin prend une dernière profonde inspiration, en fermant les yeux un instant, pour ensuite ne plus jamais lâcher son regard.

"Lézard, Maîtresse."

Larxène se penche et l'embrasse langoureusement.

"Very good boy, sweetheart."


Ouais, Xaldin a un fétiche pour les langues parce que moi aussi, yay !

Y'a pas trop de trucs en anglais normalement et j'ai la giga flemme de faire les trads, mais j'espère que ça le fera !

N'hésitez pas si vous avez des questions, et merci de m'avoir lue si vous l'avez fait !