Coucou ! Je publie avec un petit jour de retard étant donné les circonstances.
J'ai dû quitter mon appart, trouver un job cet été, travailler comme une malade avec une moyenne de 55h/semaine. J'ai cru que j'allais en mourir et ne plus jamais pouvoir écrire avec mes mains abîmées, honnêtement.
Je ne parle même pas du fait que cette année j'ai officiellement un an de plus que Vincent (aouch, quand je pense que j'ai craqué pour lui quand j'en avais cinq.). Tristeeeeeeeeeesse ! Je ne m'étais jamais imaginé voir ce jour arriver. Le temps passe trop vite quand on y pense.
Du coup avec l'âge j'ai réussi à avoir une nouvelle perspective sur la relation Angie-Vincent, et je pense que c'est plus intéressant.
Pour ceux qui me suivent sur twitter je suis actuellement sans logement mais je devrais enfin pouvoir retrouver un peu de stabilité et une maison en novembre.
Je passe tout de suite au RAR et je vous remercie comme toujours de me lire :
Eclipse1995 : Franchement, je pense la même chose. Bien sûr que le 15 avait des qualités, mais je n'ai pas du tout aimé la direction qu'ont pris les choses et j'ai essayé d'être objective, même encore aujourd'hui je suis une grosse joueuse de jeux vidéo et j'aime toujours autant découvrir de nouvelles choses. Mais le progrès ne fait pas que des bonnes choses. Je crains vachement pour le remake d'FF7.
Haha ! C'est marrant parce qu'en écrivant le passage du barrage qui cède, j'ai cherché sur internet le scénario le plus probable. Je ne suis pas l'auteur la plus parfaite ou logique, mais j'essaie ! Je suis contente que tu aies remarqué ce détail XD. Je pense quand même (encore une fois, selon ma logique) que si Angie était une déesse de la magie, ça aurait cédé sur les côtés, mais bon, en toute logique, ce n'est qu'une pauvre débutante donc en fonction de la forme du barrage de glace, ça brise en son milieu bien sûr. Merci pour ce moment de satisfaction.
Une sortie de Yuffie par voie naturelle aurait été très intéressante XD. J'ai rejoué au jeu il n'y a pas si longtemps et je me suis souvenue pourquoi j'avais donné le mauvais rôle à Yuffie : quand on va dans son village et qu'elle vole, puis redonne toutes les matérias, tout revient en bordel. Quand on est joueur ET maniaque, ça fait pas du tout plaisir. Je ne me souvenais honnêtement pas de tous mes placements et j'y avais réfléchi des heures. Ça fait chier, voilà c'est tout, Yuffie, je te choisis ! XD
Et non, c'est pas une blague. C'est la raison principale des retards de ces deux derniers chapitres c'est que j'hésitais vachement à le faire vraiment. Finalement, j'ai écouté mon instinct, et me suis demandé ce qui serait le plus intéressant en tant qu'auteur, et je pense que c'est important de réaliser que j'ai grandi, qu'on a tous grandi depuis la 1ère fois que j'ai publié et que l'histoire, mon investissement et le monde apocalyptique que j'ai dessiné est tout ce qu'il y a de plus sérieux, comme le jeu lui-même d'ailleurs (nous passerons sous silence la résurrection récurrente de Tseng et Rufus au lieu d'Aeris –oui, moi aussi j'ai du faire de la thérapie après ça).
Tu te trompes pas, il était content. Dans ce chapitre et les suivants, on explore à fond le point de vue de Vincent sur les choses. J'ai presque fini le suivant d'ailleurs, je n'attends que d'être posée pour finir. Même le 17 est en très bonne voie !
Ah c'est sûr que même en tant qu'auteur Tifa c'est le perso génial couteau suisse. Je ne sais pas ce que je ferais sans elle. Dans le jeu aussi et quand j'ai grandi ça a été un perso très important pour moi, d'où le fait qu'on la voit plus que Cloud. En vrai j'aimais bien Cloud avant mais je sais pas pourquoi, dans le film ils ont réussi à le rendre barbant et chiant AF, en plus du fait qu'on voit que lui alors qu'un FF c'est avant tout une aventure à plusieurs, chose qui a été remises à l'honneur dans le 15. Va savoir !
Mdr, j'ai pas pu m'empêcher de visualiser Tifa en train de chanter Jénovah hahah ! Tu as un humour décapant ! Ça me donne envie de faire des bloopers de mon histoire avec toute tes idées !
Non c'est mort, elle peut pas respirer sans être observée. Comme tu le disais c'est assez toxique et si elle n'avait pas eu le même genre de vie avant (garde du corps, caméras) elle se serait sûrement rendu compte du problème. C'est un élément clef de l'histoire aussi, observer le désir de liberté d'Angie et regarder si elle va tendre la main pour l'atteindre et accéder à son indépendance. D'un autre côté, je pense qu'on est tous d'accord pour dire que pour l'instant elle ne peut pas se défendre seule.
Hmmm bague au doigt, ça serait cool en vrai, mais c'est pas prêt d'arriver pour Vincent. Pour rappel, il est cruellement conscient de son âge. (Je suis étonnée que ça ne choque personne d'ailleurs.) Quand j'ai commencé à écrire d'ailleurs, à 11 ans, 16 ans me paraissait un bon âge. Maintenant, HA ! Surtout quand je vois les jeunes de 16 ans d'aujourd'hui. 16 ans c'est jeune pour Vincent quand même. Mais la seconde ou elle devient adulte je pense…PAH ! XD
Oui, comme tu le sais, je ne peux pas retirer Séphiroth, ça serait comme retirer tout le piquant. Quant à savoir qui est cette ombre…ha-ha !
Je te laisse aussi à mon pavé et le chapitre, et je te dis à très bientôt ^^ !
Lys9191 : Hey ! Merci pour ta review ! Oui, j'avais déjà sauvé Yuffie dans la 1ère version mais celle-là diffère comme tu le vois, j'ai décidé de tuer Tseng. Dur décision, mais je pense que c'était un coup de pouce nécessaire. J'espère que tu trouves cette version au moins tout aussi intéressante en tout cas, et ça me fait plaisir de te revoir.
Au plaisir de te relire également !
CupCakeCult II (lol, ce pseudo c'est comme lire une de tes évolutions : this is not even my final form !) : J'arrive également 20 ans après que j'ai commencé et fini le jeu (quasiment) et je me dis qu'il serait plus que temps que je la finisse cette fic, même si je ne pourrais jamais me passer de l'écrire, c'est triste.
Ah, l'hydre d'Hercule. En toute honnêteté, à 11 ans, c'était clairement mon inspiration pour cette scène. (Je n'ai rien inventé, je saaaaaaais ! *pose le dos de la main sur le front*).
Je suis pas peu fière que la mort de Tseng aie surpris tout le monde mais que tout le monde comprenne cette scène. Je me sens accomplie en tant qu'auteur et être humain.
T'aime pas Elena par contre ? Moi elle me faisait rire, j'avais de la compassion pour elle, et perso, je trouve Tseng assez craquant aussi. L'histoire du crush sur son supérieur a son charme (je me souviens plus du nombre de fic Tseng-Elena que j'ai lu d'ailleurs. J'avais même envisagé en écrire une à une époque, et dans la 1ère version d'Angie ils étaient ensemble d'ailleurs. Oh mon dieu, qu'ai-je fait ?)
C'est très sombre, mais nécessaire selon moi, et les choses sont mises à plat pour les lecteurs aussi je trouve, en mode –hey, c'est un monde post-apocalyptique en fait.
C'est vrai ? J'avoue que c'est important mais malheureusement, entre le fait qu'on essaie de les séparer et que Yuffie peut pas la voir en peinture, même au scénario ce n'est pas prévu pour tout de suite, donc je préfère pas te laisser attendre en vain je ne sais combien de temps. Elle va arriver, mais dans trèèèès longtemps avec d'autres révélations !
Pas faux, Angie n'a pas assez de recul. Elle est du genre try hardeuse, notamment sur les jeux vidéos, alors commencer au lvl 1 alors que tout le monde est 90 ça lui fait pas plaisir. Mais c'est une bosseuse et une stratégiste grâce aux jeux, donc elle va vite progresser sans que ce soit inhumain non plus. Elle reste fragile toute sa vie et il y a un gros manque de temps et un retard à rattraper. En comparaison, Tifa est un tank.
MDR ! Vincent qui rouille en fantomas, coincé sur sa chaise toute sa vie, t'imagines ? Ahahaha ! Comme je disais à Eclipse, vous me donnez tellement d'idées, il faut absolument que j'écrives des bloopers de ma fic et FF7 !
Et bon annif Vincent !
Chapitre-15
Une vieille connaissance
(Music : Lovely de Billie Eilish)
Il me tend un verre d'eau, que je bois lentement après notre repas, dans la salle à manger. Il y avait un comptoir de bar, derrière nous, et nous sommes seuls assis à une longue table métallique, comme tout ce qui compose ce vaisseau d'ailleurs. Il y a de grandes fenêtres sur le côté gauche qui donnent sur la ville et un espace salon avec trois fauteuils placés en carré.
Autrement, le décor est complètement dénudé.
Un autre silence s'étire. Je suis toujours en plein deuil, incapable de tenir une vraie conversation. Il finit par tousser, observant le moindre de mes gestes. Après un moment de délibération, il finit par parler :
-M'en veux-tu vraiment...pour...
-...Pour la combinaison ?
Silence. Il fronce les sourcils, clairement confus.
-Que... pour hier ? questionne-t-il en rectifiant.
-...Hier ? Je questionne, tout aussi perdue.
-Non, attends- que veux-tu dire par « combinaison » ? questionne-t-il, complètement incrédule.
-Rien, j'assure rapidement. D'ailleurs, comment m'as-tu retrouvé hier ?
-Comme je le disais, ta survie résulte sans aucun doute d'un deus ex machina, sermonne-t-il. Quand le rempart s'est brisé, j'ai immédiatement essayé de voler jusqu'à toi et contenir l'eau avec Glacier. Le Léviathan a été vaincu peu après.
Il baisse les yeux et soupire, la main serrée autour de son propre verre.
-J'ai mis des minutes à vous retrouver, plaqués contre le rempart de glace par le courant. Lorsque j'ai réussi à vous éloigner sur la plage, quand l'eau s'est retirée complètement, je n'ai eu que très peu de temps pour t'examiner. Mais...
Il fait une pause, l'ambiance devenue lourde.
-Vous étiez deux à ne pas respirer. Et...je ne pouvais en sauver qu'un seul.
Nouveau silence.
Il avait dû faire un choix. Et il m'avait choisi moi. Je me rappelle alors le regard étrange que Rufus lui avait envoyé, sûrement en rapport.
-S'il y a une personne responsable de sa mort, c'est moi. J'aurais peut-être pu le sauver. Mais...il fallait que je t'aide-
-Non. J'aurais dû partir à l'abri avec les autres. J'ai été stupide. J'ai mis tous ceux qui étaient avec moi en danger. J'ai crû que je pouvais faire quelque chose. Je...C'est moi qui t'ai forcé à faire un choix.
J'essuie rapidement des larmes qui se remettent à couler seules sur mes joues à une vitesse qui me surprend moi-même. Mes yeux ont à peine le temps de brûler.
-Je suis la seule responsable de la mort de Tseng.
-...Tu as été courageuse. Stupide, mais courageuse. Sans ton intervention, les choses auraient pu très mal tourner...nous n'avons essuyé que très peu de pertes, et surtout des dégâts matériels. Si la vague avait dépassé les premières bâtisses...
La suite allait sans dire.
-J'ai quand même...été stupide.
Nous arrêtons de parler un moment, durant lequel je tourne la tête pour essayer de garder un tant soit peu contenance le temps de me calmer.
Tseng avait l'air tellement heureux, dans mon rêve. Serait-il déçu de nous voir ainsi ? À le voir, personne n'aurait dit que la mort était une expérience horrible et regrettable. À ce moment, je songe au fait que seuls les vivants souffrent et font souffrir.
Hier…
-J'ai réfléchi à autre chose, dis-je soudainement en triturant mon verre. Quelque chose sans importance.
Vincent attend la suite, les bras ramenés sur ses jambes croisées.
-...Peut-on considérer qu'il s'agissait de mon premier baiser, finalement ?
L'ex-Turk s'étrangle presque dans un toussotement embarrassé, tant il semble surpris au point qu'il s'étouffe sur sa propre salive, bouche cachée derrière son poing enfermé, et met maintenant un point d'honneur à regarder partout sauf dans ma direction.
-Je ne suis pas sûr...que...
-Je sais que ce n'est pas réciproque. Mais...je préfère que ce soit toi qui l'ai, finalement, plutôt qu'un autre débile prépubère envahi par les hormones qui n'en vaut pas la peine.
Il n'ose pas répondre et me lance un regard estomaqué que je ne peux totalement identifier.
-...Emh... ?
-C'était un baiser pour me ramener à la vie, après tout. Digne d'un conte de fée. Je ne pouvais pas rêver mieux comme première occasion. Il manquait ma participation bien sûr, mais…, je commente d'un ton ironique.
Je lâche enfin un mince sourire, même s'il est toujours teinté de tristesse, et le sniper comprend enfin que je suis en train de l'embêter.
-Tu n'arrêtes jamais.
-Attention. Si tu m'embêtes à nouveau, en revanche, je plaide le détournement de mineur. Tu as déjà eu les yeux qui se sont baladés dangereusement une fois...
-Tu n'as aucun honneur, souffle-t-il, le regard sombre sur le côté et les bras croisés. C'était un accident et tu le sais pertinemment. Tu ne t'es jamais vue danser. S'il existait un détournement de majeur, tu serais probablement la première concernée.
Je ne peux m'empêcher de rougir. Il n'a pas pu remarquer quoique ce soit, n'est-ce pas ? Vincent ne me considère même pas capable d'avoir ce genre de pensée ni même en âge d'avoir des relations amoureuses. Et puis, est-ce ma faute s'il a choisi cette combinaison ? S'il possède cette gueule d'ange et cette voix boostée à la testostérone ? Vincent a clairement été créé pour détourner autant les mineures que les femmes mariées, si on demandait mon avis.
-M-moi, te détourner ? Pff, comme si. Je n'ai fait que te complimenter en disant la vérité. Ensuite, je poursuis avec un rire nerveux, c'est impossible : tu es aussi frigide que ton alter ego. Et pour finir, dans ton cas, on devrait même plutôt parler de détournement sénile nécrophile.
Il me lance un regard noir, les lèvres pincées en une ligne très fine, furibond. J'essaie de contenir mon rire derrière une main, me mordant les lèvres. Il fulmine alors, expirant par son nez, mais ne tente rien à mon égard.
-Je te préfère triste, grogne-t-il.
...
-Tu es sûre de toi ?
J'hoche vigoureusement la tête en enfilant le masque, les cheveux ramassés en chignon haut. Vincent s'approche et vérifie d'une main distraite que le masque est bien mis. Un bruit d'air m'indique que mon visage est complètement isolé. Puis il appuie longtemps sur un bouton près de mon oreille. Je remarque distraitement que son long nez touche presque la vitre de son masque.
-Est-ce que tu m'entends ? résonne sa voix à travers le masque, à côté de mon oreille gauche.
-Oui, très bien.
-Restez pas trop longtemps, conseille Cid à côté de nous.
Vincent se retourne, prêt à quitter le cockpit, et me distrait momentanément de mon objectif, affublé de cette même maudite combinaison.
-Attends, je demande.
Essayant de taire les battements grandissants de mon cœur, je m'approche des vitres du cockpit complètement englouties et tend une main vers la glace. Après une longue concentration, du Lifestream s'étend de ma main à mes pieds, provoquant la surprise des deux hommes. À l'endroit où ma main l'atteint, l'énergie se répand jusqu'à former une masse ovale lumineuse. Je plonge une main à l'intérieur, et assez sûrement, je ressens l'eau tiède de l'océan qui nous entoure autour d'elle.
Je tends alors une main à Vincent, qui se rapproche après une courte observation et la saisit. Je la serre fermement, et il doit constater qu'elle tremble. Il la serre en retour. Les battements de mon cœur sont si assourdissants que j'entends à peine ma respiration paniquée à travers mon masque.
-Détends-toi, détends-toi, détends-toi, je répète en murmurant.
Je ne veux pas y aller. Je ne veux pas y retourner. La sensation douloureuse d'étouffer dans l'eau est encore si présente à mon esprit. Mais soudain, l'image de Tseng se rappelle à moi. Son visage inquiet. Son corps inerte. Son sourire bienveillant.
Prenant une grande inspiration, complètement mortifiée, je ferme les yeux et me jette la tête la première, Vincent à ma suite.
L'eau me réceptionne, et d'une seconde à l'autre je passe de la température tiède aérienne du cockpit à celle étouffante de l'eau. J'ouvre les yeux. Nous sommes à plusieurs mètres de la surface, je dirais environ deux mètres, et tout autour de nous, de l'eau bleu et des profondeurs à l'infini. Vincent me tient toujours la main, observant nos environs alors que je bats doucement des jambes et d'un bras, et résiste à l'envie de monter à la surface.
À ce point, ma respiration est presque erratique. Je me souviens encore de la sensation de balayement provoqué par la gerbe d'eau crachée par le rempart brisé hier, la violence avec laquelle elle nous a heurté. On ne voit pas au loin, on ne voit pas le fond, on ne voit pas la plage. De l'eau à perte de vue, du danger pouvant venir de partout.
Je sens quelque chose tirer soudainement sur mon bras légèrement.
-Je suis là, résonne soudain la voix de Vincent dans le masque en serrant mon bras cette fois.
Je me retourne vers lui. Il n'est pas serein, mais il me regarde droit dans les yeux pour m'intimer au calme. Même le fait de respirer dans l'eau me rappelle combien me trouver ici n'est pas naturel. Mais je me force à affronter mon environnement. À le subir, en me rappelant pourquoi je suis là.
-À la plage, je demande, la voix tremblante.
Et à pas de course, si possible. Il me lâche le bras, et passe devant moi pour me montrer la direction, mais reste à moins d'un mètre de moi, alors que nos bras reposent à nos côtés et que nos jambes battent pour nous emmener vers le bord, tête en avant. Je me rappelle avec désespoir que le vaisseau flotte très éloigné de la baie à présent, par mesure de sécurité, et qu'il nous faudra sûrement plusieurs minutes pour l'atteindre.
Brusquement, je m'arrête lorsqu'un vrombissement et des vibrations nous atteignent. Je m'éloigne alors de la surface, là d'où provient la source, et cogne Vincent dans ma panique, qui attrapa rapidement mes épaules.
-Attention, tu as failli te téléporter, explique-t-il en regardant avec moi la surface.
En quelques secondes, le bruit nous atteint et je devine le dessous d'un bateau à moteur en direction du vaisseau passant au-dessus de nous. Mon rythme cardiaque atteint des sommets.
-Continue et concentre-toi uniquement sur ta phobie. S'il y a quoique ce soit, Cid nous préviendra.
Mais mon cœur ne ralentit pas. Je reprends ma nage et l'ancien Turk me talonne aussitôt après m'avoir lâché. Vincent se place alors parfois sur le côté sur le trajet qui reste, pour m'observer, sa queue de cheval flottant élégamment. Hmph, bien sûr, même sa nage est élégante comparé à la mienne, sans même parler de ses formes.
-Au fait, pour répondre à ta question : je ne t'en veux pas, pour hier.
Il me lance un regard interrogatif, mais embarrassé. Mince, j'avais même du mal à parler. J'étais essoufflée.
Il m'a d'ailleurs fallu un moment pour comprendre ce dont il parlait.
-Non, il n'y a vraiment qu'une chose pour laquelle je t'en veux vraiment : c'est cette combinaison.
-La combinaison ? demande-t-il, vraiment confus.
-Oui, la combinaison. Vraiment, Vincent ? C'est ça que tu as choisi ? Est-ce que tu as vu tes groupies se rassembler et se multiplier de jour en jour ? Cette combinaison est un scandale. Elle ne laisse absolument aucune place à l'imagination !
Il fronce un sourcil, puis essaie promptement de m'interrompre :
-Attends, Angelina-
-N'essaie pas de me faire croire le contraire, je ne suis pas aveugle. Si encore ce n'était que moi. Mais tu es vraiment à damner. Et extrêmement distrayant.
Je commence à faire la brasse en voyant le fond sablé apparaître enfin, me faisant sursauter.
-An-
-Tu te souviens de la fois où ma tête a heurté le pied du ponton pendant que je nageais an arrière ? Je l'interromps. Et bien c'était entièrement de ta faute.
-Ahem, toussote une voix.
Je m'arrête de nager. Complètement mortifiée. Vincent s'arrête aussi, silencieux, l'air également embêté par la situation.
-Oh non...dîtes-moi que ce n'est pas vrai...Qui d'autre est relié à ce masque ? je questionne, plaquant une main sur la vitre.
-Moi, résonne la voix de Cid, celle de tout à l'heure.
-Euh..., hésite Cloud. Moi...
Je soupire bruyamment, fermant les yeux, avant de reprendre ma nage avec un nouvel entrain, bras près du corps, les yeux droit devant. Leur degré de technologie n'a aucune courbe de croissance logique. Rapidement, j'ai à nouveau pied. Je me mets alors debout pour marcher jusqu'à la plage et sortir de l'eau au fur et à mesure, ignorant le courant des vagues qui s'échouent et me balancent.
Je retire prestement le masque dès que mon buste est hors de l'eau et le tourne vers moi.
-Nous n'avons jamais eu cette conversation, je m'exclame alors vers l'objet.
Puis me tourne vers Vincent en continuant à marcher, les genoux hauts, le masque au bout du bras. Il me lançait un regard blasé, immobile, les lèvres pincées, le masque à son cou, les cheveux dégoulinants. Je soupire à nouveau.
-Ce n'était pas un détournement, je précise, mais une plainte. Tout du moins, une tentative...Au fond, je te déteste, finis-je à défaut de trouver autre chose à dire.
Très agacé, il me prend brusquement le masque des mains et appuie longuement sur le bouton se trouvant sur le côté avant de me le jeter. Je le rattrape maladroitement sur la poitrine.
J'entends vaguement un rire provenant de son masque, même à cette distance.
-Nous ne sommes.pas.ensemble, lance-t-il furibond avant d'éteindre son propre micro à son cou.
Il m'envoie ensuite un regard sombre, les poings serrés.
-Parfois, tu es vraiment futile, commente-t-il.
Il n'a peut-être pas tort. Je soupire en me retournant pour sortir définitivement de l'eau, décidément totalement distraite de ma phobie de l'eau par cette situation. J'entends Vincent me talonner, presque silencieusement malgré son poids. La situation est si grotesque que mon sentiment de victoire sur ma phobie est pour ainsi dire inexistant.
Lorsque je lève les yeux, je constate la présence de nombreux gens ramassant les débris, déchets et autres matériaux sur la plage et le front de mer. Certains se retournent vers nous lorsque nous sortons de l'eau, pensant sur nous leur regard. Je croise les bras par sécurité sur mon buste, et portant mon regard plus loin, je croise alors celui de Reno qui avance vers nous, fendant une foule. Il est talonné par deux personnes que je ne reconnais pas, mais qui le suivent de toute évidence de près.
Vincent remarque également aussitôt sa présence et se place à moins d'un mètre de moi, la moitié de son corps devant le mien. Mon cœur se serre douloureusement à la vue du Turk, me rappelant encore parfaitement les récents évènements, et ma main se serre tout aussi étroitement sur le devant de la combinaison. Je suffoque presque. Mais je me force à garder un visage impassible. Je suis la moins bien positionnée pour avoir l'air endeuillée, étant donné que tout était de ma faute.
-Angie. Vincent, salue-t-il une fois à notre hauteur après avoir sauté du muret.
Je constate aussitôt l'étonnante agilité de la jeune femme qui saute également, presque féline. L'homme avec elle, plus âgé, descend plus prudemment mais avec tout autant de professionnalisme, habillé d'un costume noir élégant mais qui ne semble pas dater d'hier. Il doit avoir entre cinquante et soixante ans, la peau légèrement basanée, les cheveux châtains foncés chocolat de la même couleur que ses yeux ramenés vaguement derrière ses oreilles, exceptée une mèche se baladant sur le côté.
-Reno, lance en retour Vincent, son timbre toujours aussi grave.
Mais son regard est fixé intensément sur l'homme aux côtés de Reno, comme s'il n'en croyait pas ses yeux.
-Aaah, Vincent, tu n'as vraiment pas pris une ride ! s'exclame chaleureusement l'homme avec une longue cicatrice lui barrant la joue. Toujours aussi bel homme.
Son sourire est très avenant mais son attitude réservée. Mais je sens l'amitié couver lourdement entre eux, étant donné le regard qu'ils échangent.
-Je ne pensais plus jamais te revoir. Je n'en avais pas le loisir même lorsque j'ai appris tes dernières circonstances. Mais je suis soulagé chaque fois que je te sais sain et sauf.
-Veld...
J'écarquille les yeux et prend une inspiration de surprise. Veld ?!
Verdot, de son nom d'origine, tend une main que Vincent serre très franchement. Son ancien collègue l'entoure avec son autre main, prouvant encore la confiance qui existe entre eux. Ils sont presque de taille égale, Vincent étant toujours étonnamment plus grand et élancé. Il sourit presque d'ailleurs. Son expression est grave et ouverte à la fois, et il a largement baissé sa garde.
-Je vois qu'il est inutile de faire les présentations, glisse Reno en fourrant ses mains dans ses poches.
Il a un air fatigué et abattu, beaucoup moins désinvolte que d'habitude. Mon cœur se serre à nouveau lorsqu'il pose des yeux inquisiteurs sur moi.
-Bien sûr que si, contredit aussitôt vivement Veld.
Il semble mettre un point d'honneur à essayer d'élever l'ambiance lourde qui nous étreint. Il s'écarte légèrement et énonce un vaste geste d'ouverture vers la jeune femme, très impassible mais le visage doux. Il a un air extrêmement fier alors que celle-ci s'avance pour se présenter.
-Vincent, laisse-moi te présenter ma fille je te prie, dit-il avec un sourire aimant.
-Elfé, lance ma voix subjuguée avant que je ne puisse l'arrêter.
C'est Elfé !
Les regards se tournent vers moi et je me tasse inutilement sur moi-même dans l'espoir de les éviter.
Elle est tout simplement magnifique. Plus grande que moi, peut-être de la même taille que Cloud. Le visage lisse, les cheveux châtains en un dégradé désordonné qui commence à descendre sa nuque, les yeux vert forêt incroyablement vif et l'expression réservée. Etant donné ses vêtements un peu larges, je ne peux distinguer avec précision sa silhouette, mais je me doute déjà qu'elle est mince et musclée. Après tout, c'est la jeune fille qui jadis était capable de rivaliser un moment avec Séphiroth, ce qui n'est pas un mince exploit.
Un katana caché dans un long fourreau trône à sa hanche, sur lequel elle laisse un bras reposer nonchalamment sur la garde.
-Felicia maintenant, rectifie-t-elle d'une voix aussi douce que son expression.
-Oui, c'est vrai, pardon, je balbutie.
Je me sens rougir alors que je toussote dans mon poing fermé.
Verdot n'est pas seulement un ancien Turk, c'était l'ancien partenaire de Vincent avant qu'il ne soit assigné au projet JENOVA. Veld devient plus tard le chef des Turks, et quelques années encore après le mentor de Tseng, à qui il reprochait souvent sa compassion avant son professionnalisme. Après son départ, beaucoup d'autres Turks se sont également dispersés pour poursuivre une vie sans Shinra, mais d'autres n'ont pas hésité à revenir prêter main forte avec Veld lorsque le météore allait s'écraser sur Midgar il y a deux ans.
Elfé était alors une jeune fille amnésique, recueillie et élevée par des membres du groupe écologiste et terroriste AVALANCHE. Se sentant reconnaissante, elle prend plus tard sa tête et se met à combattre Shinra et les réactors Mako avec passion. Sans le savoir, elle a dans son bras une matéria brisée puissante qui lui donne de la force mais qui lui prend en retour son énergie vitale, ce qui l'amène inexorablement à une mort précoce. Elle est d'ailleurs si puissante que Shinra a du à un moment envoyer Séphiroth l'affronter pour la contenir lors d'une contre-attaque.
En résumé, Verdot la croyait morte avec sa femme après un incident à Kalm qu'on disait provoqué par sa propre négligence après une mauvaise décision. Mais ce n'était que pour le rendre coupable. Hojo a expérimenté sur les survivants, dont Elfé, pendant des années, sans rien lui dire. Ce qui l'a rendu redoutable, même s'il l'a considéré un échec.
Elfé et Verdot se rencontrent enfin à Corel, lors d'une attaque terroriste d'AVALANCHE. Il la reconnait, elle retrouve la mémoire, mais tombe dans un coma mortel provoqué par la matéria pendant trois ans.
Aidés de Vincent, tiré momentanément de son sommeil en raison de son amitié pour Veld, les Turks de l'époque retrouvent l'autre moitié de matéria dans le manoir Nibelheim, qui est en fait une matéria d'invocation dangereuse pour le porteur : Zirconiade.
Fuhito, l'ancien compagnon d'Elfé depuis avant AVALANCHE, la trahit pour invoquer à travers elle. Les Turks tuent l'invocation, et séparent la matéria entre eux lorsqu'ils quittent Shinra. Elfé, redevenue Felicia, et Veld sont enfin réunis après ces péripéties, mais acculés par Shinra. Tseng prend alors un risque et prétend les tuer pour leur permettre de fuir et vivre une vie heureuse dans l'anonymat, secret que seul les derniers Turks et Rufus savent.
Mais Veld n'est jamais resté bien loin des Turks et de Tseng et a continué à apporter son soutien quand il le pouvait.
Vincent et elle échangent une poignée de main respectueuse, et je sens Vincent poser des yeux paternels mais aussi extrêmement curieux sur elle, probablement étonné de voir son ancien collègue du même âge que lui déjà père d'une enfant aussi âgée et capable. Et peut-être un peu triste, si je ne m'abuse ? Probablement triste de ne pas avoir de famille à lui présenter aussi après tout ce temps...
-Et tu es la fameuse...
Elle laisse délibérément une pause pour me laisser me présenter, comme pour rappeler à son père qu'elle était une grande fille capable de se débrouiller seule.
-Angelina Anderson, dis-je d'une voix quasi robotique.
Elle me présente sa main gantée, que je serre timidement. Elle la serre avec précaution d'une force très mesurée, comme pour ne pas m'effrayer, et me lance un sourire doux et avenant, qui agit comme un baume après tout ce qui s'est passé récemment. Mue par un automatisme humain, je lui réponds maladroitement par un mince sourire.
Tout le monde a observé avec une grande attention notre échange. Veld ne perd pas non plus un instant pour s'avancer et présenter sa main, que je serre également avec professionnalisme. Il l'entoure également et me gratifie du même regard couvant que Vincent a lancé à sa fille, accompagné d'un sourire accueillant.
-La prunelle de tes yeux, j'ai entendu dire, lance l'ancien Turk en m'observant.
C'était adressé à Vincent. Ce dernier toussote d'embarras en regardant ailleurs, comme chaque fois qu'il est gêné, comme sous le feu des projecteurs.
Veld laisse tomber son sourire en même temps que ma main et aborde alors un visage grave qui sied davantage à tout ce qui nous entoure.
-Reno m'a appelé un peu en catastrophe, après les évènements d'hier.
Reno a l'air aussitôt alerté par sa phrase, comme prêt à le contredire, mais se contente de faire la moue pour le laisser continuer.
-Depuis quelques années, j'agis avec ma fille dans l'ombre pour apporter mon soutien, mais après la perte de Tseng...
Il laisse traîner sa voix, signe qu'il s'agit également pour lui d'une lourde perte.
-J'ai décidé de reprendre la tête des Turks, et conclu que vous nous feriez probablement plus confiance en cas de soucis si je revenais. Il est évident que nous avons tous à y gagner, de nous serrer les coudes.
Vincent cligne des yeux, l'air sérieux.
-Exact, confirme-t-il.
-On a également une proposition, ajoute Reno.
Veld pose une main affectueuse dans le dos de sa fille.
-Ma fille, Felicia, s'est proposé pour surveiller également Angelina, telle une garde rapprochée, mais féminine. Elle pourrait également faire le lien entre nous. Un lien de confiance.
Vincent aborde un air étonné. En ce qui me concerne, je suis clairement flattée par toute l'attention que je peux susciter. Jamais je n'en avais autant eu de toute ma vie, même si les raisons qui l'ont provoqué sont des plus mauvaises. J'avais l'habitude d'être un moineau en cage dont on attendait même pas de chant, alors qu'on regarde aujourd'hui mon plumage, c'est incongru.
Vincent n'a pas l'air d'apprécier l'intrusion.
-...Je ne suis pas sûr que...
-Vincent, j'interviens. Tu ne le sais peut-être pas...mais Felicia était à la tête d'AVALANCHE juste avant Barret, avant de partir vivre avec son père. C'est une guerrière accomplie, capable de rivaliser avec Séphiroth. Vous devriez sérieusement y réfléchir. Ses talents vous seraient d'un recours inespéré, plus que je ne le suis en ce moment.
Il me lance vaguement un regard avant de toiser Elfé sous un nouvel œil.
-Sans oublier que c'est une fille, ce qui pourrait régler certains désagréments que provoque une garde rapprochée, je ne peux m'empêcher d'ajouter. Et au fond, tu es humain. Tu as toujours besoin de manger, boire et dormir. Les autres auront aussi besoin de toi de temps à autre. C'est une alternative tout à fait recommandable, j'argumente.
-Alors tu sais vraiment des choses, commente Felicia les sourcils relevés.
Nous nous tournons à nouveau vers elle. J'essaie de me tasser quelque peu derrière Vincent, intimidée par elle. Ce dernier pose alors distraitement une main sur mes cheveux à mon approche, l'air d'y songer, avant de la retirer rapidement, comme revenu à lui.
-J'apprécie énormément l'attention, Veld. Evidemment, c'est une solution amiable tout à fait acceptable. Je ne peux donner aucune réponse seul, alors j'en parlerais aux autres dès notre retour, mais je suis persuadé qu'ils la trouveront aussi bienvenue que moi.
Veld hoche alors la tête.
-Mais, Veld…ta seule fille ? questionne Vincent avec une inquiétude qu'il ne cache pas. Tu dois savoir qu'Angelina est une cible proéminente en ce moment. Rester à ses côtés…en comporte tous les risques.
Cette fois, Felicia s'avance, la main sur la garde, l'air déterminé en le fixant dans les yeux.
-Comme Angelina l'a dit, je suis très capable. Je ne serais en aucun cas un poids pour vos épaules. Je connais les risques que j'encoure, mais je refuse de laisser la planète périr sans rien faire. Je sens que c'est là qu'est ma place, là où je peux faire une différence au sein de ma propre équipe. AVALANCHE sera toujours ma famille.
Veld couve alors sa fille d'un regard fier mais inquiet alors qu'un sourie se glisse doucement sur ses lèvres.
-Nous courrons tous un risque, Vincent. Nous avons tous un rôle à jouer dans cette guerre, et c'est le rôle qu'a choisi ma fille. J'ai peur pour elle, mais elle a certainement le droit de se battre pour son propre avenir, et que devient-il si chaque pièce ne joue pas à son plein potentiel ?
Personne ne voulait l'imaginer, bien sûr. Je lance un regard admiratif à Felicia, le dos droit et la stature combative.
-Je ne peux donc pas le lui refuser, exactement comme tu ne pourrais laisser ta place de chevalier à un autre.
-…Très juste, admet Vincent d'un ton las.
Leur inquiétude n'en était pas allégée pour autant, mais une sorte de compréhension s'est installée dans le groupe.
-Alors c'est décidé. Venez nous trouver quand vous voulez, quand vous en aurez discuté. Et, euh...j'imagine que tu ne caches pas de PHS quelque part là-dessous.
Reno lève les yeux au ciel. Vincent toussote. Je ne peux m'empêcher de laisser glisser un sourire amusé que je tente de cacher en détournant le visage.
-Je peux retenir sans problème.
Tandis que Vincent et Veld finissent leur discussion et retrouvailles, Reno se tourne vers moi, l'air scrutateur.
-Est-ce que ça va, depuis hier ? Je vois que tu as le courage de retourner dans l'eau.
-Il le fallait. Il fallait que je m'en débarrasse.
Mes joints blanchissent sur le masque que je tiens sous mes bras croisés.
-Il faut que je te dise...
Je baisse les yeux. Je lui raconte alors ce que j'avais vu la veille, et mon rêve. Felicia se tourne vers ses aînés pour nous laisser un peu d'intimité. Reno avait les yeux écarquillés alors qu'il m'écoutait.
-Il avait l'air...content, lorsqu'il s'est retourné, je conclus.
Reno laisse échapper un rictus amer, suivi d'une insulte pour son ancien supérieur.
-Il ose...Pfft. Ouais...Il sourit parce qu'il sait dans quel merdier on est encore.
Je lui lance un regard confus, les sourcils froncés la main sur ma poitrine douloureuse. Le jeune Turk se rapproche alors d'un pas.
-Je suis désolée...pour Elena.
-T'en fais pas, ok ? Je connais ce visage. On t'en veut pas, tu sais, glisse-t-il plus bas.
Il emmêle ma frange humide avant de baisser sa main pour prendre mon menton et caresser ma mâchoire du pouce.
Une ombre passe soudainement devant mon visage, me faisant sursauter, et Reno lance un regard blasé à Vincent la seconde d'après, le contact a disparu.
-On y va, déclare froidement le brun.
Il me saisit le bras de la main droite, sur le point de se retourner.
-Angie, lance Reno pour me retenir. Si tu as d'autres « nouvelles », ou que tu as besoin de parler, on est là.
Il ajoute à ça un mince sourire et malgré son air fatigué, je peux dire qu'il est évidemment toujours craquant.
-Merci, je réponds rapidement avant que Vincent ne me traîne plus loin vers le ponton. À plus tard, je lance alors à Veld et Felicia.
Ils saluent tous les deux d'une main avec un sourire compatissant.
-Attends, Vincent.
Nos pas s'arrêtent dans le sable. Il me lance un regard interrogatif, mais je le sens toujours tendu.
Je devine que le bateau qui est passé au-dessus de nous tout à l'heure appartient sûrement à l'un d'entre nous, puisque le ponton a été en grande majorité détruit et que Cid a sciemment posé le vaisseau au loin dans la baie pour limiter une intrusion, après s'être assuré qu'il n'y avait pas d'autre présence que la nôtre.
-Je peux nous ramener au vaisseau. Ou du moins essayer. Il faut que je m'entraîne.
Vincent hoche la tête négativement.
-Pas devant tout le monde.
-...Oui, tu as raison. À la nage, du coup ?
-Chaque chose à son rythme, Angie. Tu étais encore en train de te noyer hier, et il vaut mieux rentrer rapidement pour limiter les risques d'exposition.
Vincent m'amène jusqu'au port, où un bateau à moteur nous attend. Nous faisons le trajet retour en silence, et nous arrêtons près du cockpit, où le sniper balance une corde depuis le bateau à la rembarre du ponton. On peut dire que la séance de natation s'est vite écourtée avec cette nouvelle, et Vincent n'est pas du tout rassuré à l'idée de me laisser à l'air libre et vulnérable. Toujours en silence, il élance son bras vers moi en un geste d'invitation. Il semble doux et précautionneux. Je m'approche et il entoure alors mon buste solidement avant de nous ramener en un saut sur le petit ponton au-dessus du cockpit.
Je m'éloigne rapidement, rougissante, la sensation de son flanc musclé et la dureté de sa hanche encore très imprimé sur ma peau. Il attache la corde derrière moi avant de m'accompagner à l'intérieur, totalement ignorant de son charme scandaleux.
...
Vincent's POV (Music : Snow in Summer Piano Version de Nier)
-...et il est reparti de l'autre côté, tu ne trouves pas ça ridicule ?
Les notes continuent de s'enchainer. Un nouveau coup de tonnerre retentit, quelques secondes à peine après un éclat de lumière qui m'aveugle quelque peu. Je tente d'ignorer tous les éléments nuisibles à ma concentration, comme le métal qui grince à l'impact des vagues agitées, la pluie qui se fracasse contre les parois, l'eau qui heurte la structure...
-Vincent ?
Je plisse les yeux, sirotant mon thé, puis me fige lorsqu'à travers tout le boucan j'arrive à nouveau à entendre la suite de notes bouleversantes, comme un glas à travers tout le vaisseau.
J'entends vaguement Yuffie soupirer longuement, et je me retiens de lui envoyer un regard sévère, puis me souviens enfin de reposer ma tasse, regardant toujours droit devant moi, les oreilles aux aguets.
Tifa glousse.
-...je te jure il m'énerve, j'entends d'une oreille. Chaque fois qu'elle est dans cette salle il est comme ça ! On peut même plus parler même lorsqu'elle est pas là !
-Yuffie, coupe ma voix dans l'air tendu de la salle à manger.
Elle se lève brusquement, faisant grincer la chaise en métal sur le sol également métallique, me faisant instantanément grimacer. Je lui envoie aussitôt un regard bien senti, auquel elle répond par une expression mi-agacée, mi-attristée, avant de fondre par la porte.
Tifa passe furtivement devant moi récupérer le verre de la jeune Wutaïenne avant de repasser faire la vaisselle derrière le comptoir. Maintenant que je n'ai plus le bavardage incessant de Yuffie à quelques centimètres de moi, j'arrive à entendre beaucoup plus clairement le piano un étage au-dessus, au côté opposé après les escaliers.
-Elle est jalouse, tu le sais ça ?
-Hm ? je réponds distraitement.
-Yuffie. Tu lui fais de la peine.
Je me force à me concentrer sur le sujet que Tifa vient d'aborder pour laisser le piano pleurant en bruit de fond.
-Il y a des mois, je lui ai juste dis que j'étais prêt à essayer d'envisager un avenir. Je n'ai jamais laissé entendre quoique ce soit d'autre. De plus, les choses ont changé. Geostigma est arrivé. Angelina requiert toute notre attention.
Le bruit de vaisselle s'arrête alors que je reprends une gorgée.
-Elle aussi souffre, je rappelle d'un ton absent.
-Pas parce que tu n'as pas de sentiments pour elle.
Je lui envoie un regard interrogatif et dissuasif à la fois.
-Tu lui en as déjà parlé ? Parce qu'à ton anniversaire, on aurait dit-
Puis décide finalement de me lever d'un bloc en emportant ma tasse.
-Pour la dernière fois, je n'ai pas d'affection de la sorte pour Angelina, j'assure d'un ton sans équivoque en passant à sa hauteur.
-Mais, Vincent ! s'exclame-t-elle en quittant le comptoir pour se placer près de la sortie, m'arrêtant. Tu l'aimes, pas vrai ?! Tout le monde le voit !
-Je ne l'aime pas, je réponds avec insistance. Elle a seize ans !
Ma voix est étonnamment coupante et véhémente, même à mes oreilles, même placide.
Elle semble intimidée un instant, le verre crissant sous sa poigne, avant qu'elle ne reparle à nouveau, à mon grand dam, l'air vaincu. Et triste, un visage que je connais bien.
-On ne choisit pas, Vincent.
Je pince les lèvres, partant d'un pas cadencé. Et seuls ceux qui associent l'amour et la peine ont ce visage, semble-t-il.
(Music : Grandma de Nier Piano Collections)
La musique déchirante accompagne mes pas alors que j'arpente les couloirs et les escaliers me menant à la salle de musique. Le piano à queue fait partie des trésors que nous avons réussi à trouver dans les endroits abandonnés ou les refuges que les survivants avaient réussi à créer avant que nous les trouvions.
Au début, nous avions de la place, et Cloud a crû offrir un objet de réconfort à Tifa. Au début. Mais au fur et à mesure que les mois passaient, et la destruction avec eux...Tifa a cessé de jouer l'espoir.
La porte de la salle de musique s'ouvre, et le regard vert de Felicia accroche aussitôt le mien près de la porte coulissante, sa main sur la garde de son katana, légèrement retiré de son fourreau. Bien qu'il n'y avait pas de danger immédiat, son corps est tendu et son expression sérieuse...elle semble prête à réagir à tout instant. Je suis satisfait.
Cela fait trois jours qu'AVALANCHE avait pris la décision difficile mais unanime d'accepter la proposition des Turks et la présence de Felicia. La présence de Veld, notre passé commun et l'ancienne dévotion de Felicia pour l'organisation des années auparavant ayant beaucoup joués. Elle veille donc sur Angelina la nuit et une bonne partie de la matinée, me permettant ainsi de seconder le groupe plus activement. Dormir n'étant pas encore une option pour moi.
Tifa a commencé à entraîner la jeune Cetra au combat au corps à corps et au renforcement musculaire, et malgré son apparente tristesse suite à la dernière bataille, et sa constitution naturellement fragile, elle a fait montre d'une motivation sans pareil. Lorsqu'elle succombe enfin à la fatigue physique, Tifa la laisse vaquer à ses occupations, qui se résume à jouer du piano depuis qu'elle en a entendu parler, jusqu'à ce que l'épuisement mental la gagne aussi.
Felicia se penche légèrement vers moi alors que je me poste à côté d'elle pour observer notre protégée, signe qu'elle souhaite parler en privé.
-Je sais que je suis nouvelle mais…Elle n'a rien mangé depuis hier soir, chuchote-t-elle en regardant toujours la jeune fille. Je commence à être inquiète. Elle dort mal. Elle ne demande rien. Et elle est très bonne pour inventer des excuses.
J'essaie de garder un visage impassible alors que mes yeux passent en revue sa silhouette avec attention. Elle s'assit presque sur le côté, probablement à cause d'une courbature. Elle a à peine minci, mais c'est à surveiller puisqu'elle n'est déjà pas très épaisse de nature. Un peu plus pâle. Non. Angelina a surtout un visage atterré.
-Je pensais que ça allait mieux depuis qu'elle jouait, je demande.
-...ça empêche le débordement. Mais ça ne semble pas soulager suffisamment à cette intensité. Je lui parlerais bien, mais on ne se connait pas assez.
Je soupire brièvement à travers mon nez. Même si j'envoyais Tifa, il n'y aurait rien à dire de plus. Les raisons sont très claires. Le problème vient du fait qu'elle refuserait toute aide.
Je coule un regard vers la fille de Veld. Sans avoir à ordonner quoique ce soit, elle hoche et quitte discrètement la salle. Intelligente et agréable.
La musique est incroyablement belle, mélancolique et délicate. Coulant, s'envolant, envoûtant sans accroc. Je la regarde jouer un moment, ses doigts appuyant sur les touches comme si c'était une seconde nature, avec une confiance qu'elle ne fait que prétendre la plupart du temps, sa peau claire, ses yeux turquoises et ses cheveux blonds contrastant en tout point avec le piano noir. La musique incite à penser qu'elle se sent seule. Je m'avance dans la pièce, alors qu'Angelina finit, puis conclut en s'avachissant et en posant la tête en travers de son bras sur la devanture du piano, juste à côté du présentoir élégant censé tenir les partitions.
La prunelle de mes yeux.
Fin du Chapitre-15
La musique que j'ai suggéré est très belle au fait ! Je vous la conseille vraiment. Même moi quand je la joue j'ai plein d'émotions qui me montent *A* !
Bon, en vrai, je suis un peu déçue, il se passe beaucoup plus de choses dans le chapitre suivant, et comme c'est l'annif de Vincent, en général j'aime bien publier deux chapitres à la fois, mais étant donné la vie que je mène en ce moment, je me retrouve beaucoup à écrire dans les transports et non tranquille installée à un bureau avec de la musique comme avant :/. J'ai pas fini le 16 du coup. Je suis tristesse.
Juste par curiosité, il y en a qui sont sur twitter ? Voire même il y en a qui aimerait un instagram sur cette fic ou mes élucubrations d'auteur ? Surtout quand je ne peux pas écrire, ça me semble être une bonne idée pour rester en contact ^^.
À vous de me dire !
