Chapitre 7 : Le Festin
Deux options s'étaient imposées au jeune Potter lorsqu'il avait quitté le train. Il aurait pu essayer de passer inaperçu, comme l'avait fait son prédécesseur en rasant les murs de Poudlard et en se faisant le plus petit possible mais… il avait rejeté cette idée parce que d'une part, ce n'était pas du tout son style, et parce que d'autre part, son rôle dans la victoire de la Bulgarie lors de la Finale ainsi que son implication dans les « morts tragiques » de deux Mangemorts l'assuraient d'être de toutes manières dans le collimateur du vieux directeur et de ses adorateurs aveugles.
Voilà pourquoi il s'était résigné à embrasser la deuxième option, qui se résumait à l'exact opposé de la première : se faire remarquer par un acte qui n'allait sans doute pas passer inaperçu aux yeux de Dumbledore, ni des autres professeurs présents.
Ce qu'il y avait de bien concernant ce plan, c'était qu'il n'avait même pas eu besoin d'enfreindre le règlement pour le mettre à exécution. Ce qu'il faisait n'était certes pas habituel, et n'arrivait pour ainsi dire jamais mais cela demeurait malgré tout on ne peut plus légal.
- Euh… Harry ? Tu es sûr qu'on devrait s'asseoir ici ?
Le Gryffondor fut sorti de ses pensées par la voix de son condisciple. Le garçon aux cheveux châtains avait l'air visiblement mal à l'aise si l'on en croyait la manière dont il se dandinait sur sa chaise, et probablement à cause des regards mi-étonnés, mi-curieux des personnes qui les entouraient.
- Hm, sachant que nous nous trouvons hors de portée du regard massacreur de Rogue et en bien meilleure compagnie qu'à notre emplacement habituel, je trouve qu'on est bien mieux ici. Répondit Harry en haussant simplement les épaules.
- C'est vrai mais… est-ce qu'on a le droit ? Je n'ai pas trop envie d'avoir d'ennuis avec le professeur McGonagall, surtout dès le premier jour… Répondit le jeune Londubat dont les épaules s'étaient quelque peu affaissées.
Harry ne se souvenait que trop bien de la façon dont la Directrice des Gryffondor l'avait souvent sermonné et si elle croyait agir pour son propre bien, elle faisait en réalité plus de mal que de bien. Si Rogue incarnait la plus grande peur de Neville, le professeur de Métamorphose se posait dans un rôle semblable à celui de sa grand-mère, à savoir celui d'une femme qu'il estimait beaucoup mais dont la moindre réprimande broyait le peu d'estime de soi que possédait l'adolescent.
Laissant échapper un léger soupir, Potter posa une main sur son épaule avant de reprendre la parole d'une voix plus sérieuse et plus douce.
- Nous n'enfreignons aucune règle, Nev. Le choipeau insiste toujours sur l'unité entre les maisons et c'est exactement le principe que nous sommes en train d'appliquer.
- Merci, Harry. Répondit l'autre Gryffondor d'une voix soulagée avant de porter son gobelet de jus de citrouille à ses lèvres.
Le jeune Potter acquiesça simplement mais ne put s'empêcher s'ajouter d'une voix malicieuse.
- En plus, cela nous donnera l'occasion d'écouter Luna nous raconter plus en détails cette fascinante histoire sur les penchants sadomasochistes de Fudge.
Neville, qui avait été en train de boire son jus de citrouille pour se donner du courage, manqua de s'étrangler en entendant les dernières paroles de son condisciple. Harry eut même besoin de lui donner de grandes tapes dans le dos pour éviter qu'il ne s'étouffe.
- Respire, Neville. Je t'assure que si tu es choqué par ça, tu n'es pas au bout de tes peines.
- C'est vrai. Papa a écrit un article très détaillé sur les… conseils que lui apporte régulièrement Lucius Malefoy en la matière. Certaines rumeurs disent même qu'ils organisent souvent des événements particuliers ensemble. Intervint Luna.
- De quel genre ? Demanda le jeune Londubat en haussant un sourcil en signe de curiosité.
- Je ne connais pas vraiment les détails mais papa m'a expliqué que cela impliquait toutes sortes d'accessoires et qu'ils étaient même plusieurs à participer. Il m'a aussi dit que je comprendrais plus tard…
- C'est vrai ? Demanda une voix à côté d'eux.
Les trois amis se tournèrent en direction du nouvel intervenant, qui n'était autre que Cho Chang. D'après ce que lui avait révélé Luna, l'attrapeuse de Serdaigle était plutôt gentille à son égard, et contrairement à d'autres filles de sa maison, elle ne se moquait pas d'elle. La bleu et bronze avait également mentionné que la jolie asiatique ne faisait pas non plus partie de la cour de Shirley mais aussi qu'elle était protégée d'éventuelles répercussions grâce au soutien des membres de l'équipe de Quidditch, ainsi que par l'amitié qu'elle entretenait avec Cédric Diggory, l'un des préfets de Poufsouffle.
Si Harry avait été attiré par Cho à cet âge dans son monde d'origine, il fut agréablement surpris de constater qu'elle ne lui évoquait pas de pareils sentiments ici. Il ne tarda toutefois pas à lui répondre sur un ton enjoué, un sourire flottant toujours sur ses lèvres.
- Et bien, c'est un fait établi que Lucius Malefoy passe beaucoup de temps en compagnie du Ministre. Fudge l'avait même invité avec sa famille dans la loge officielle pour la finale de la Coupe du Monde.
- Tu as assisté à la finale ? L'interrogea Cho d'une voix excitée, sa passion pour le Quidditch refaisant soudainement surface.
- En fait, ce n'est pas tout à fait ça… Bredouilla-t-il, tout en cherchant la meilleure manière d'expliquer la situation sans attirer trop d'attention sur lui.
Malheureusement, Neville ne lui laissa pas le temps de trouver une excuse valable et prit la parole à son tour, un grand sourire aux lèvres, tout en brandissant un ancien exemplaire de la Gazette du Sorcier qu'il venait de sortir de sa poche.
- Il n'y a pas seulement assisté, il y a même participé !
La Serdaigle prit l'article en question et le dévora des yeux. Ce dernier montrait une photo d'Harry en train d'effectuer sa vrille avant de remonter en chandelle, le vif d'or serré dans son poing levé. La mâchoire de Cho paraissait littéralement sur le point de se décrocher tandis qu'elle parcourait rapidement le texte d'un air fébrile, avant de finalement reporter son attention sur Harry.
Son visage dépeignait une telle émotion qu'on avait l'impression qu'elle venait d'être présentée à Merlin en personne.
- Tu as non seulement remplacé Viktor Krum mais tu as en plus attrapé le vif d'or et gagné le match… S'exclama d'une voix tremblante.
- En résumé… oui. Viktor m'avait demandé de faire partie de l'équipe de réserve, juste au cas où il lui arriverait un accident pendant le match… et son intuition s'est révélée juste.
- Parce que tu connais aussi personnellement Krum ? Intervint un autre Serdaigle, apparemment élève de sixième année.
- Oui, je l'avais rencontré un peu moins d'une semaine avant la finale.
Le Serdaigle se présenta alors comme étant Roger Davies, le capitaine de l'équipe de Quidditch de sa maison. L'adolescent aux cheveux bruns avait des yeux brillants d'étoiles et arborait un large sourire tandis qu'il écoutait Harry lui raconter le match en détails, ainsi que sa récente amitié avec le joueur professionnel.
Deux autres bleu et bronze s'étaient agglutinés derrière Cho et lui pour observer les scènes diffusées par les multiplettes qu'un ami d'Harry avait utilisées pour enregistrer la rencontre depuis les stands. Bien sûr, le Gryffondor s'était abstenu de mentionner que l'ami en question était un redoutable guerrier gobelin à la retraite mais ce n'était pas comme si ce détail était d'une importance capitale après tout…
Il était sur le point de poser une question à Luna lorsqu'une ombre se profila derrière lui, le faisant se retourner sur son siège pour faire face au nouveau venu.
Etrangement, il ne fut pas tellement surpris de voir le professeur McGonagall, vêtue de ses habituelles robes vert émeraude, se tenir devant lui. Ses lunettes carrées ne dissimulaient pas le regard perçant qu'elle lui adressait, ainsi que l'air de désapprobation silencieuse qui était souvent visible sur ses traits ridés par le temps.
- M. Potter, M. Londubat, est-ce que je peux savoir ce que vous faites à la table des Serdaigle plutôt qu'à celle des Gryffondor ?
Pour sa défense, si Neville se laissa glisser quelque peu sur sa chaise en voyant l'enseignante les fixer tous deux avec sévérité, il n'émit pas le moindre son et s'abstint même de trembler. Néanmoins, il était loin d'exhiber le comportement absolument décontracté qu'était celui du jeune Potter en cet instant.
- Bien sûr. Nous avons décidé de tenir compagnie à notre amie Luna. Répondit le Gryffondor d'une voix respectueuse mais dont le calme désarçonna sa directrice de maison.
- Cela me dit peut-être pourquoi vous êtes assis ici mais pas pourquoi vous avez enfreint le règlement, M. Potter.
Le sourire qu'esquissa Harry ne rassura pas le moins du monde l'enseignante. En effet, elle avait trop souvent vu cette expression sur le visage de son père lorsque celui-ci venait d'accomplir une farce particulièrement impressionnante pour ne pas se méfier.
- Sauf votre respect, professeur, c'est là que vous vous trompez. Nous n'enfreignons aucune règle en nous asseyant à une autre table que celle de notre maison, à partir du moment où nous y avons été invités par l'un des membres de la maison en question.
Dire que McGonagall se retrouvait sans voix aurait été un euphémisme. Cela faisait presque quatre décennies qu'elle enseignait à Poudlard mais c'était la première fois depuis près de vingt ans qu'un élève la reprenait sur le règlement… et le fait que les derniers en date n'étaient autres que les redoutables Maraudeurs ne la surprenait guère.
S'éclaircissant la voix pour reprendre contenance, le professeur de Métamorphose reprit d'une voix moins stricte.
- C'est toutefois très rare que les élèves usent d'un tel droit.
- En effet, professeur. Contrairement au choipeau qui prône l'unité entre les maisons, les autres professeurs et vous-mêmes avez davantage tendance à encourager la confrontation entre les maisons à travers le Quidditch et vos cours respectifs, perpétuant ainsi des siècles de sectarisme.
La discussion entre Harry et McGonagall avait attiré l'attention d'un certain nombre de Serdaigle et plusieurs d'entre eux laissèrent échapper des exclamations stupéfiées face aux paroles de l'adolescent, avant de laisser place à des murmures approbateurs pour la plupart d'entre eux. Si les bleu et bronze se mêlaient rarement des querelles entre maisons, surtout celle qui opposait continuellement Serpentard à Gryffondor, ils s'étaient souvent demandé pourquoi les enseignants ne faisaient rien pour y remédier.
Minerva ne s'était vraisemblablement pas attendue à de tels arguments non plus, surtout venant de la part du jeune Potter. Ce dernier s'était montré très timide pendant ses précédentes années à Poudlard et ce brusque changement lui donnait presque l'impression de se retrouver face à un individu totalement différent. Il y avait une flamme dans les yeux du Gryffondor, une flamme de courage et de détermination qu'elle n'avait jusqu'alors jamais vu dans ses yeux émeraude.
- Je suis désolée que vous ayez eu cette impression, M. Potter. Il est vrai que nous encourageons parfois la compétition entre les maisons dans le but d'améliorer leurs performances scolaires mais il n'a jamais été dans nos intentions de monter les élèves des différentes maisons les uns contre les autres.
Harry parut réfléchir un instant à ce qu'elle venait de lui exposer, quand son regard croisa de nouveau le sien, la flamme n'ayant que gagné en intensité.
- Alors je suppose qu'il est également accidentel que le professeur Rogue prenne un plaisir à rabaisser et punir les Gryffondor pendant et hors de ses cours tandis que ses Serpentard trouvent toujours grâce à ses yeux ? Neville et moi avons suffisamment souffert de ses remarques incessantes, des points déduits de notre maison et des détentions attribuées pour des motifs souvent futiles pour que vous puissiez réfuter la vérité.
Minerva eut l'impression qu'un objet venait de se coincer dans sa gorge. Comme il lui paraissait à la fois étrange et presque poétique d'entendre les mots qu'elle avait elle-même si souvent adressés à Albus sortir de la bouche d'un de ses lions… et bien sûr, elle se trouvait bien en peine de réfuter une opinion qu'elle partageait intérieurement de tout son cœur mais qu'elle ne pouvait décemment pas admettre en public.
- Le professeur Rogue ne fait pas toujours preuve d'impartialité à l'égard de ses élèves mais c'est un maître des potions plus que compétent et un membre honorable de cette institution.
Loin d'être découragé par les propos de McGonagall, le jeune Potter parut bien en peine de se retenir de rire. Croisant les bras d'un air toujours aussi détendu, Harry se contenta de lui répondre sur un ton léger, qui contrastait avec le tranchant de ses paroles.
- J'en conclus donc que les autres professeurs et vous-mêmes cautionnez la manière inqualifiable dont il a révélé l'état de santé du professeur Lupin alors qu'il lui avait été expressément interdit de le mentionner ?
A bien y regarder, Minerva n'avait plus tant l'impression de se retrouver face à James Potter mais davantage à Lily Evans. La brillante sorcière née-moldue avait questionné ses opinions sur certains sujets à de nombreuses reprises et l'enseignante ressentait le même genre de malaise à répondre à ses questions qu'à celles de son fils, tant celles-ci étaient pertinentes et, hélas, touchaient à des sujets qu'elle aurait préféré enterrer.
Malgré tout, et même contre sa propre opinion, elle s'efforça de défendre son collègue qu'elle n'appréciait pourtant guère, et par extension, le point de vue du Directeur. C'étaient en effet les raisons et excuses d'Albus que l'adolescent se montrait en train de démanteler, les unes après les autres, de manière posée et méthodique.
- Je ne cautionne pas son acte mais il existe une certaine… animosité entre le professeur Rogue et le professeur Lupin, qui est sans doute la cause de l'erreur commise par mon collègue.
- Oh, vous parlez de la haine viscérale que le professeur Rogue entretient à l'égard de James Potter, Sirius Black et le professeur Lupin depuis l'époque où ils étaient étudiants ? Je suis bien sûr au courant, professeur, puisqu'elle est la raison première de la haine qu'il me porte également depuis le premier jour où j'ai mis les pieds ici.
Minerva ne put s'empêcher d'admirer l'ingéniosité de son élève. Alors qu'elle était venue sermonner les deux Gryffondor pour les faire revenir à leur table, c'était elle qui faisait l'objet de remontrances et elles s'avéraient d'autant plus difficile à écouter qu'elles ne reflétaient qu'une vérité des plus affligeantes.
Voyant que leur discussion avait attiré l'attention de la plupart des Serdaigle et même des Poufsouffle et des Serpentard l'écoutaient désormais, les Gryffondor se trouvant trop loin pour pouvoir les entendre.
- Nous rediscuterons de tout cela un peu plus tard, M. Potter. En attendant, vous pouvez demeurer à cette table mais j'espère vous voir de retour à votre table lors du petit-déjeuner demain.
- En ce qui me concerne, j'ai souvent espéré voir la justice prévaloir dans le monde sorcier mais cela n'a presque jamais été le cas jusqu'ici. Par conséquent, ne soyez pas surprise si vos espoirs s'avèrent aussi déçus que les miens, professeur.
Cette fois-ci, l'enseignante n'arriva pas à masquer sa surprise face à la répartie du jeune Potter. Le pire, c'était sans doute qu'elle pouvait lire dans ses yeux que ce n'était pas une simple réplique lancée pour l'énerver. Non, il pensait chaque mot de ce qu'il venait de dire et elle ne serait pas surprise de le voir assis de nouveau à la table des bleu et bronze le lendemain matin.
Faisant volte-face, elle se dirigea d'un pas assuré vers la porte pour accueillir les élèves de première année qui n'allaient sans doute pas tarder à arriver et les mener jusqu'à l'antichambre où ils attendraient avant d'être répartis.
Toutefois, elle ne pouvait s'empêcher de tourner et retourner les mots du Gryffondor dans sa tête. Cela avait sans doute été la plus longue conversation qu'ils avaient eue jusque là et elle s'était avérée aussi intéressante que déconcertante. C'est peut-être pourquoi elle choisit ses mots différemment lorsqu'elle accueillir les nouveaux élèves, mettant davantage l'accent sur l'importance de l'unité entre les maisons que sur l'esprit de compétition.
Après tout, peut-être était-il temps pour elle d'agir pleinement selon ses devoirs de directrice-adjointe plutôt que de continuer d'obéir aveuglément aux désirs d'Albus ? Pour le bien de ses élèves, et sans doute aussi pour sa propre conscience, elle était certainement prête à le faire.
Harry écoutait Neville et Luna discuter de l'importance des plantes magiques pour certaines créatures magiques herbivores d'une oreille distraite tandis qu'il observait la table des professeurs, ou tout du moins la partie qu'il apercevait, avec attention.
Bien évidemment, Hagrid n'était pas encore de retour puisqu'il devait être en train d'acheminer les premières années jusqu'au château en passant par le lac. Le nouveau professeur de Soins aux Créatures Magiques semblait tenir à son autre rôle de garde-chasse et quelque part, Harry le comprenait. Il occupait ce poste depuis des décennies et il s'était sans doute habitué à accueillir lui-même les enfants incertains et effrayés à la gare pour les rassurer à son sujet. Même si le demi-géant était impressionnant par sa taille, il n'en restait pas moins une personne profondément gentille et dont le cœur était au moins aussi grand que lui.
Néanmoins, Hagrid n'était pas le seul manquant. McGonagall s'était elle aussi absentée, afin d'accueillir au château les jeunes élèves et les préparer à la répartition.
S'il ne se trompait pas, Maugrey ou plus exactement le faux Maugrey ferait bientôt son apparition. Après tout, d'après ce qu'il avait pu voir avec la libération de Winky, le comportement de Croupton Sr et les rapports d'enquête sur lesquels il avait pu mettre la fin à Gringotts, la situation lui paraissait assez similaire à celle qui s'était déroulée dans son monde d'origine.
Toutefois, les portes de la Grande Salle ne tardèrent pas à s'ouvrir et la Directrice des Gryffondor fit son entrée, suivie d'une file d'élèves de première années tous plus trempés les uns que les autres. Comme d'habitude, elle installa le choipeau sur le tabouret et ce dernier entama sa chanson.
Voici un peu plus de mille ans
Lorsque j'étais jeune et fringuant
Vivaient quatre illustres sorciers
Dont les noms nous sont familiers :
Le hardi Gryffondor habitait dans la plaine,
Poufsouffle la gentille vivait dans les chênes,
Serdaigle la loyale régnait sur les sommets,
Serpentard le rusé préférait les marais.
Ils avaient un espoir, un souhait et un rêve,
Le projet audacieux d'éduquer les élèves,
Ainsi naquit Poudlard
Sous leurs quatre étendards.
Chacun montra très vite
Sa vertu favorite
Et en fit le blason
De sa propre maison.
Aux yeux de Gryffondor, il fallait à tout âge
Montrer par-dessus tout la vertu de courage,
La passion de Serdaigle envers l'intelligence
Animait son amour des bienfaits de la science
Poufsouffle avait le goût du travail acharné,
Tous ceux de sa maison y étaient destinés,
Serpentard, assoiffé de pouvoir et d'action,
Recherchait en chacun le feu de l'ambition.
Ainsi, tout au long de leur vie,
Ils choisirent leurs favoris,
Mais qui pourrait les remplacer
Quand la mort viendrait les chercher ?
Gryffondor eut l'idée parfaite
De me déloger de sa tête
Les quatre sorciers aussitôt
Me firent le don d'un cerveau
Pour que je puisse sans erreur
Voir tout au fond de votre cœur
Et décider avec raison
Ce que sera votre maison.
Après les applaudissements, la répartition commença comme à son habitude par ordre alphabétique. Les uns après les autres, garçons et filles étaient accueillis par leurs maisons respectives, souvent sous les cris et les applaudissements des leurs, et parfois avec les moqueries des autres maisons.
Son regard se posa brièvement sur le professeur McGonagall, qui annonçait toujours les noms mais à en juger par son expression songeuse, ses arguments avaient fait mouche. Il ne lui restait plus qu'à voir si l'enseignante changerait son comportement par la suite ou si elle demeurerait volontairement sous la coupe de Dumbledore.
Après une brève allocution du directeur en question, les différents plats et boissons apparurent sur les différentes tables. Harry mangea avec appétit, ne se souvenant que trop bien des instructions concernant les potions nutritives, à savoir de manger correctement et surtout à sa faim s'il voulait qu'elles marchent à leur pleine capacité… et si le Gryffondor n'était plus aussi maigre qu'il y a un mois, ses capacités physiques n'étaient pas encore bien brillantes.
Une fois les derniers desserts engloutis, Dumbledore se leva à nouveau, probablement pour annoncer le rétablissement du Tournoi des Trois Sorciers cette année. C'est d'ailleurs pourquoi il posa l'exemplaire du Chicaneur que lui avait prêté Luna sur ses genoux et parcourut tranquillement les articles des yeux tandis que le Directeur faisait son discours.
L'annonce de Dumbledore avait tellement surexcité les élèves qu'ils discutaient encore du Tournoi des Trois Sorciers dans le dortoir qu'ils occupaient dans la Tour des Gryffondor. Néanmoins, la fatigue les rattrapa bientôt, aidée naturellement par un léger sortilège de sommeil jeté silencieusement par Harry.
En effet, il avait fallu que le jeune Potter attende que ses camarades de maison soient assoupis pour subtiliser la cape d'invisibilité de Ryan et se rendre jusqu'au septième étage, face à une tapisserie qu'il aurait reconnu entre mille.
Une fois à l'intérieur de la Salle sur Demande, le Gryffondor prit tout d'abord le temps de chercher le diadème de Serdaigle, qu'il ne mit heureusement pas longtemps à trouver. Sachant qu'il n'avait pas accès à l'épée de Gryffondor pour le moment, il s'estima chanceux d'avoir pensé à prendre avec lui plusieurs flacons remplis de venin de basilic.
La substance hautement magique et surtout extrêmement nocive fit très bien son travail, éliminant l'horcruxe et ne laissant à la place du magnifique diadème qu'un morceau de métal à peine reconnaissable comme le précieux artefact d'un des Fondateurs.
Aussi étrange que cela puisse paraître, ce n'était que la tâche la plus facile de sa soirée. En effet, il lui fallut ensuite plus d'une heure pour modifier subtilement la Carte du Maraudeur de Ryan, qu'il avait également « empruntée » dans sa malle. Grâce à ses changements, il pourrait quasiment contrôler ce qu'il verrait avec l'aide de sa propre carte, aussi bien pour remplacer certains noms par d'autres que pour faire totalement disparaître une personne s'il le souhaitait.
Il avait été sur le point de quitter la pièce pour aller prendre une nuit de sommeil bien méritée lorsqu'un cercle de lumière se dessina sur le sol face à lui.
Dégainant sa baguette par réflexe, il fut surpris de reconnaître le cercle magique en question mais ne baissa pas sa garde pour autant.
Le cercle fut bientôt surmonté d'une sphère de lumière, dans laquelle il crut apercevoir quelque chose de semblable à des ailes. Il lui fallut néanmoins détourner un instant le regard tant l'intensité de la lumière devenait aveuglante.
Lorsqu'il retourna son attention sur l'endroit où s'était trouvé le cercle de lumière quelques secondes auparavant, le sorcier eut bien du mal à dissimuler l'expression de surprise sur son visage.
Face à lui se trouvait une créature de forme sphérique, dont la taille ne devait pas dépasser les cinquante centimètres. Il avait un pelage d'une blancheur immaculé, et deux paires de pattes plutôt courtes, qui lui donnaient des airs de lapin. Ses oreilles étaient fines et longues, au point de presque toucher le sol, tandis que ses yeux semblaient fermés. Il portait un rubis sphérique au milieu du front et une boucle d'oreille rouge sur l'oreille droite.
- Puu ! S'exclama la créature avant de lui sauter dessus.
Seuls ses réflexes d'attrapeur lui permirent d'empêcher la collision, lui permettant d'attraper la créature comme s'il s'agissait d'une balle de volley-ball.
- Mokona ?
