Note de l'auteur : Certains l'auront sans doute déjà remarqué en lisant ce chapitre mais les faits cités vers la fin découlent directement du One Shot « L'Ombre de Clow » que j'ai publié il y a quelques mois. Il n'est pas nécessaire de l'avoir lu mais les fans de XXXHolic pourraient apprécier.
Chapitre 8 : Discussion animée
Professeur de Métamorphose depuis près de quarante ans, Minerva s'était persuadée qu'après tout ce temps, et plus particulièrement depuis l'époque des fameux Maraudeurs, plus rien ne pourrait la surprendre dans le comportement de ses élèves. Certes, les jumeaux Weasley lui mettaient parfois des bâtons dans les roues mais leurs farces étaient sans commune mesure avec les cataclysmes que Sirius et James avaient pu être en mesure de réaliser en leur temps.
Bien sûr, elle avait naturellement craint ce que pourrait lui réserver la progéniture de ses deux élèves les plus indomptables mais à sa grande surprise, ces derniers s'étaient avérés beaucoup plus calmes. Certes, Ryan avait voulu marcher dans les traces de son père mais avec la jeune Hermione Granger pour tempérer ses ardeurs et Ronald Weasley pour orienter sa soif d'action sur le Quidditch, le jeune Potter n'avait pas eu le temps ou l'énergie de s'employer à ressusciter l'esprit des Maraudeurs.
Quant à son frère, Harry, il s'était montré jusqu'ici assez effacé. Son comportement de la veille était par conséquent en totale opposition avec celui qu'il avait eu par le passé. Ou plus exactement, elle avait l'impression que quelque chose s'était éveillé chez lui. Minerva avait entendu des rumeurs impliquant des gobelins mais elle n'y avait pas accordé grande importance.
Toutefois, le Gryffondor avait soulevé des questions qui la laissaient quelque peu mal à l'aise. Rares étaient les élèves qui avaient osé remettre en question les traditions de l'école et plus rares encore étaient ceux qui avaient les moyens de défendre logiquement leurs arguments.
L'un des rôles principaux de Minerva, en tant que Directrice-adjointe, consistait malheureusement à maintenir l'ordre et la cohésion… et par extension, à appliquer les décisions du professeur Dumbledore de manière pratique. Le fait que le jeune Potter ait peut-être posé les bases d'une remise en question totale du système des Fondateurs constituait un problème des plus épineux pour l'enseignante qui partageait d'ailleurs certaines de ses opinions.
Ce qui l'inquiétait d'autant plus, c'était que l'adolescent n'avait apparemment pas écouté son conseil de la veille. En effet, ce matin-même, elle ne l'avait pas aperçu à la table des Gryffondor, ni même à celle des Serdaigle mais à celle des Poufsouffle ! L'élève de quatrième année discutait tranquillement avec Cédric Diggory, ainsi qu'avec ses amis Neville Londubat et Luna Lovegood qui y étaient également présents mais, si cela ne suffisait pas, Cho Chang s'était également jointe à eux.
Les maisons Serdaigle et Poufsouffle n'auraient sans doute pas grand mal à se mélanger et peut-être même se joindraient à eux des Gryffondor et, pourquoi pas, des Serpentard…
Minerva ne put s'empêcher d'imaginer l'expression de Severus qui s'étranglerait probablement avec son jus de citrouille en voyant ses vert et argent en train de discuter joyeusement avec des Gryffondor et des Poufsouffle sans se soucier le moins du monde de la pureté de leur sang.
Néanmoins, tout cela n'appartenait encore qu'au registre de l'utopie et elle doutait que le phénomène prenne une telle ampleur. Le problème reposait surtout dans l'idée qu'Albus lui était toujours apparu comme opposé à la mixité entre les maisons. Dans sa logique, les élèves de Gryffondor, Serdaigle et même Poufsouffle seraient peut-être plus facilement tentés de rejoindre les rangs des Mangemorts si certains des Serpentards tissaient des liens avec eux…
McGonagall devait avouer qu'elle ne comprenait pas vraiment cette logique, d'une part parce qu'il y avait déjà des mangemorts reconnus qui n'avaient pas appartenu à Serpentard, comme c'était le cas, à sa grande honte, de Peter Pettigrow mais aussi d'autre part en raison de l'influence positive que pourrait avoir cette mixité sur les mœurs très… puristes de certains élèves de sang pur.
Malgré tout, elle avait demandé à l'un des préfets de Gryffondor de prévenir le jeune Potter pour l'informer qu'elle souhaitait s'entretenir avec lui dans son bureau. Tout ce qu'elle espérait, c'était que l'attitude quelque peu rebelle de son élève ne soit qu'une passade et qu'il puisse redevenir l'élève timide et calme qu'il était auparavant.
Après tout, ce n'était pas comme s'il était devenu une toute autre personne du jour au lendemain, n'est-ce pas ?
Neville manipulait son bubobulb avec une grande délicatesse, sous le regard approbateur du professeur Chourave. La Botanique était sans doute la seule matière où il se sentait complètement à l'aise et même si sa grand-mère aurait préféré qu'il excelle en Métamorphose, elle l'avait laissé remettre en état la vieille serre de son défunt grand-père.
Tout en recueillant le pus de la plante dans un flacon, l'adolescent ne put s'empêcher de songer à la manière dont les choses avaient changé pour lui en l'espace d'une seule journée. Harry avait toujours été gentil à son égard, même s'il se montrait parfois encore plus timide que lui, mais il passait la plupart de son temps avec Kathleen Black. Quelque chose avait dû changer au cours de l'été pour qu'il semble couper les ponts avec elle… au profit de Luna et de lui-même.
L'héritier des Londubat devait reconnaître qu'il s'était rapidement lié d'amitié avec la Serdaigle. Cette dernière appréciait les créatures magiques avec la même ferveur qu'il démontrait envers ses plantes. Il se souvenait que son grand-père lui avait dit un jour, alors qu'il n'était encore qu'un enfant, que les gens capables d'empathie envers les plantes ou les animaux magiques étaient souvent des personnes au grand cœur.
Son regard se tourna brièvement vers le trio d'or. Ryan écrasait littéralement la plante entre ses mains et c'était un miracle qu'il ne se soit pas encore fait asperger de pus. Hermione et Ron avaient pris leurs distances mais cela ne les empêchait pas de bavarder à voix basse, s'interrogeant probablement sur la raison pour laquelle le Survivant était d'aussi mauvaise humeur.
Contrairement à eux, le garçon aux cheveux bruns avait sa petite idée sur la question. Il lui était apparu que Ryan perdait tout contrôle dès que quelqu'un faisait référence à Harry… et sachant qu'il avait participé à la finale de la Coupe du Monde de Quidditch, les gens parlaient beaucoup de lui dans les couloirs et même dans la salle commune des rouge et or.
Neville ne savait pas si l'amitié qu'il commençait à développer avec Harry durerait longtemps ou bien s'il finirait par retourner vers la jeune Black mais tout ce qui comptait à ses yeux, c'était qu'il lui avait donné sa chance. Non seulement le jeune Potter l'avait invité à s'asseoir à côté de lui mais il l'attendait le matin pour se rendre dans la Grande Salle. Leurs discussions étaient toujours ouvertes et jamais Harry n'avait paru ennuyé lorsque le jeune Londubat lui parlait de sa passion pour les plantes ou de la vie pour le moins monotone qu'il menait avec sa grand-mère.
Harry était devenu son ami, visiblement sans arrière-pensée, et c'était principalement pour cette raison qu'il ferait son possible pour l'aider et le protéger, même s'il devait pour cela se confronter au Survivant.
Tandis qu'il cheminait dans les couloirs en direction du bureau de McGonagall, Harry ne put s'empêcher de se mordre la lèvre inférieure pour tenter de calmer la colère qui grondait en lui, et qui était à la fois dirigée contre Mokona, contre l'enseignante et surtout, contre lui-même.
Lorsqu'il s'était levé ce matin, le Gryffondor avait eu l'intention d'obéir - au moins en apparence - au professeur McGonagall en s'asseyant à sa table, comme le voulait la soi-disant « tradition ». Hélas, il avait fallu qu'il croise Cho Chang sur le chemin de la Grande Salle, qui se trouvait alors en compagnie de Cédric Diggory.
Cependant, à la suite d'une conversation des plus animées, où les mots « Quidditch », « finale » et « génial » étaient ressortis plusieurs fois, il s'était finalement retrouvé en compagnie de Luna et Neville… à la table des Poufsouffle.
Apparemment, les jaune et noir avaient surpris la discussion – ou plus exactement la confrontation verbale – qui avait opposé Potter à la directrice-adjointe. Et bien évidemment, ils avaient profité de l'amitié entre leur préfet et la jeune Chang pour obtenir davantage de détails.
Les arguments du Gryffondor paraissaient avoir fait réfléchir les Poufsouffle, et plus précisément ceux concernant la rivalité entre les différentes maisons et le traitement injuste dont souffraient certains élèves à cause de Rogue.
Cela n'avait toutefois pas été le sujet principal de conversation à leur table, ni chez les élèves des autres maisons d'ailleurs. En effet, les mots « Tournoi des Trois Sorciers » étaient sur toutes les lèvres et ceux qui ne spéculaient pas sur les épreuves auxquelles seraient soumis les champions, réfléchissaient déjà à différents moyens d'intégrer malgré tout la compétition, et ce sans avoir bien sûr atteint leur majorité.
Pour sa part, Harry avait bien d'autres préoccupations en tête que ce tournoi qui avait déjà failli lui coûter la vie par le passé.
En effet, le Mokona blanc était arrivé dans cette dimension la veille au soir, ce qui constituait à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle de son point de vue.
En effet, durant l'une des interminables discussions qu'ils avaient souvent partagé autour d'une excellente bouteille de saké, Watanuki lui avait expliqué que les deux Mokona avaient été créés par Clow Reed et Yuko Ichihara, deux des plus puissants sorciers d'Asie, tous deux malheureusement disparus depuis.
La nature des deux créatures n'était pas très claire, si ce n'est qu'elle était clairement unique. Néanmoins, cela ne signifiait pas qu'ils étaient identiques en tout point. Même si hormis leur couleur, leur apparence était exactement la même, il n'en allait pas de même de leurs pouvoirs.
Le Mokona blanc était doté du pouvoir de traverser les différentes dimensions, ce qui expliquait d'ailleurs comment il avait pu se rendre ici. Ce n'était en revanche pas le cas du Mokona noir, qui pouvait quant à lui voir les esprits.
L'intérêt principal de ces deux créatures résidait dans leur capacité d'établir une communication visuelle et verbale entre les deux dimensions où ils se trouvaient respectivement. Dans le cas présent, c'était sans doute le moyen trouvé par Watanuki pour rester en contact.
Le mauvais côté de sa venue résidait davantage dans la… personnalité du Mokona blanc. S'il partageait avec son double un sens de l'humour assez particulier et une passion des plus déraisonnables pour les fêtes et autres occasions de boire du saké, il s'avérait aussi beaucoup plus… enthousiaste et hyperactif que l'autre.
Avec sa tendance prononcée pour les gaffes en tout genre et son incapacité intrinsèque à rester en place, Harry allait sûrement avoir un mal fou à garder son existence secrète dans l'école. Rien que la veille, il lui avait fallu ligoter et bâillonner la boule de poils avant de l'enfermer dans un compartiment de son coffre à sept serrures pour qu'il s'arrête enfin de parler…
Hélas, à la longue liste de ses préoccupations matinales s'ajoutait son entrevue imminente avec McGonagall, qui l'avait sans doute aperçu à la table des Poufsouffle ce matin. Sa directrice de maison avait cependant eu la présence d'esprit d'envoyer un préfet le quérir plutôt que de venir le chercher elle-même, sans doute pour éviter que les événements ne prennent une tournure similaire à ceux du festin.
Et c'est ainsi que d'une rentrée qui aurait dû s'avérer sans histoire, il avait – encore – réussi à rendre les choses beaucoup plus compliquées qu'elles n'auraient dû l'être.
- Asseyez-vous, M. Potter. Lui demanda-t-elle, après qu'il eut refermé la porte derrière lui.
Une fois qu'il se fut exécuté, l'enseignante reprit la parole de cette voix à la fois calme et autoritaire qui lui conférait en général tant de prestance vis-à-vis de ses élèves.
- Je pense que vous savez pourquoi je vous ai fait venir, M. Potter ?
- Bien sûr, professeur. Vous allez probablement tenter de me dissuader d'approfondir les liens que j'ai commencé à forger avec des élèves de Serdaigle et de Poufsouffle, ainsi que me demander gentiment mais fermement de laisser les adultes s'occuper de gérer les failles de cet établissement ?
Minerva fut estomaquée non seulement par la nature des paroles qu'elle venait entendre de la bouche du jeune Potter mais aussi et surtout par le ton clairement désabusé avec lequel il les avait prononcés.
De son côté, Harry regrettait quelque peu d'avoir parlé aussi franchement mais ayant peu dormi la nuit précédente à cause de Mokona et aussi à cause de l'influence des horcruxes, il se savait d'une humeur exécrable. Malheureusement pour elle, ce serait le professeur de Métamorphose qui en ferait les frais.
- Je ne l'aurais certainement pas formulé de la sorte, M. Potter, le réprimanda-t-elle gentiment, mais vous devez quand même reconnaître que ce comportement ne vous ressemble pas.
- Oh… par conséquent, vous vous attendiez à ce que je reste le petit garçon craintif et timide que j'étais à mon arrivée ? Pardonnez-moi si je vous offense, professeur mais mon changement d'attitude n'est pas de votre ressort tant qu'il n'affecte pas mes notes. Répondit simplement le Gryffondor d'une voix clairement ironique.
Posant ses coudes sur son bureau avant de joindre ses mains, Minerva gardait une expression neutre qui contrastait avec ce qu'elle ressentait réellement. La flamme qu'elle avait entrevue dans les yeux de l'adolescent la veille n'avait donc rien d'une illusion. Quelque chose avait changé au plus profond d'Harry Potter mais elle ne savait pas encore quoi.
- S'est-il passé quelque chose d'inhabituel pendant l'été, M. Potter ?
- Qu'entendez-vous par « inhabituel », professeur ?
A ce rythme là, leur conversation n'allait certainement pas être des plus plaisantes. Ce n'était pas comme si Minerva pouvait simplement le sermonner pour l'obliger à parler. Non, la résolution du garçon paraissait forte et la briser prendrait plus de temps et d'effort qu'elle ne pouvait en investir pour le moment. Peut-être était-il temps de recourir à une méthode plus… subtile ?
Adoucissant quelque peu l'expression de son visage, McGonagall poursuivit d'un ton plus affable.
- Je crois savoir que votre oncle et votre tante n'ont pas toujours été des plus tendres avec vous. Est-ce que la situation s'est aggravée ?
Elle s'était attendue à voir un grand nombre d'émotions différentes sur le visage du jeune Potter, telles que la honte, la peur, la colère mais certainement pas ce sourire amusé qui venait de fleurir sur ses lèvres.
- Pas tout à fait. Pour être tout à fait honnête, c'est leur situation à eux qui s'est quelque peu… aggravée, professeur. S'exclama-t-il simplement d'un ton léger.
- Que voulez-vous dire ? J'espère que vous n'avez pas utilisé la magie sur eux… Demanda-t-elle, en laissant planer la menace d'une sanction à la fin de sa phrase.
- Voyons professeur, vous pensez bien que le Ministère m'aurait déjà jeté dans une cellule à Azkaban si j'avais utilisé la magie sur eux. Après tout, nous savons tous deux combien le monde sorcier est prompt à accuser les innocents et si réticent à juger les coupables… votre « honorable » collègue en est le parfait exemple.
Non seulement cette conversation n'allait nulle part mais en plus, l'enseignante commençait à avoir peur de ce qu'elle allait peut-être apprendre de la bouche de son jeune élève. Minerva ne savait pas grand-chose des Dursley, sinon qu'ils n'aimaient pas beaucoup la magie et avaient des manières des plus détestables. Pourtant, Albus lui avait confié la nécessité qui s'était imposée à James et Lily de confier leur fils à Pétunia pour privilégier l'éducation de Ryan, un choix qu'elle n'avait d'ailleurs pas vraiment compris…
… mais quand avait-elle seulement compris une seule des étranges décisions de Dumbledore ? Souvent, ses prises de position s'avéraient compréhensibles de manière rétroactive mais dans le cas présent, il n'y avait toujours pas l'ombre d'une explication en vue.
- Qu'est-il arrivé à vos tuteurs, M. Potter ? Lui demanda-t-elle le plus calmement possible.
- Ils ont été jugés pour leurs crimes devant un tribunal gobelin, professeur. Répondit l'adolescent comme s'il venait d'énoncer une liste de courses.
Il fallut plusieurs secondes à l'enseignante pour réaliser la portée de ce qu'il venait de dire. Les gobelins ne se mêlaient pour ainsi dire jamais des affaires des sorciers, à moins que ceux-ci ne portent atteinte à leurs intérêts. Et encore, même dans ces cas-là, ils devaient passer par le Ministère…
- Qu'avez-vous fait ? Les gobelins ne peuvent pas intervenir dans ce genre d'affaires, à moins que…
- Oui, professeur. J'ai demandé la nationalité gobeline et je l'ai obtenue. En conséquence, les gobelins avaient toute latitude pour juger les crimes commis envers l'un des leurs.
- Mais… de quels crimes parlez-vous ? Laissa-t-elle échapper d'une voix blanche.
- Enfin, professeur… vous ne vous rappelez pas ? Je parle de ceux sur lesquels votre cher mentor et directeur a si gracieusement fermé les yeux pendant toutes ces années… le « placard sous l'escalier » qui figurait sur ma lettre d'admission ne vous a donc pas mis la puce à l'oreille ?
La voix du jeune Potter était devenue glaciale dans sa dernière tirade mais cela serait sans comparaison avec la froideur du regard émeraude qu'il lui adressait. Puis sans ajouter d'autre mot, il se leva de son siège et fit face à son interlocutrice avant de reprendre.
- Je ne vais pas vous faire perdre davantage votre temps, professeur. Pour faire simple, vous pouvez considérer que l'agneau qui vous obéissait au doigt jusqu'ici a été égorgé par votre complaisance à détourner le regard. Je ne vais ni renier mes opinions et encore moins abandonner mes amis pour vous ou pour le professeur Dumbledore et je vous mets au défi de trouver l'article du règlement que je suis supposé enfreindre.
Il se détourna d'elle et se dirigea vers la porte, qu'il referma silencieusement derrière lui, laissant sans le savoir une Minerva McGonagall dans un état de confusion et de honte qu'elle n'avait pas expérimenté depuis des décennies.
Comme à son habitude, Kate ne prêtait pas particulièrement attention au cours du professeur Binns. Certes, elle avait tendance à ne prendre que de rares notes en Histoire de la Magie et ne comptait pas particulièrement réussir l'examen de cette matière mais aujourd'hui, elle n'écoutait pas le moindre mot de la tirade que déclamait le fantôme d'une voix monotone.
Non, ses pensées étaient accaparées par un jeune sorcier aux cheveux noirs et au regard émeraude des plus perçants.
Elle n'avait pu s'empêcher d'écouter, comme beaucoup d'autres, la discussion agitée que le Gryffondor avait eue avec sa directrice de maison la veille, au cours du festin. De la même manière qu'à la Coupe du Monde, la façon dont Harry s'était exprimé l'avait prise par surprise tant il avait paru sûr de lui. C'était comme si le jeune Potter avait adopté une personnalité à l'exact opposé de celle qu'il avait jadis…
… et cela ne la rassurait guère.
L'élève de troisième année n'en avait parlé à personne, pas même à sa mère qui était pourtant sa confidente la plus proche avec Remus, mais elle commençait à se poser des questions au sujet d'Harry.
Voilà pourquoi elle écrivait toutes les théories plus ou moins plausibles qui lui passaient par la tête pour expliquer ce changement radical d'attitude. Jusqu'ici, elle avait songé que l'adolescent pouvait s'être retrouvé sous le contrôle des gobelins, que ce soit par l'intermédiaire d'une potion ou d'un sortilège quelconque.
Cependant, si cette hypothèse était la bonne, cela voudrait dire que ce n'était que temporaire mais aussi que les gobelins devraient se trouver en contact régulier avec Harry, pour lui administrer de nouveau la potion ou bien le sort utilisé. La jeune femme devrait par conséquent observer les moindres faits et gestes du Gryffondor, et ce pendant une période plus ou moins longue…
Une autre hypothèse s'était imposée à elle : Le Harry qui était revenu des vacances d'été n'était pas le même que celui qui l'avait quittée en mauvais termes au terme de l'année scolaire précédente.
Ce cas de figure impliquait que quelqu'un ait enlevé son ami et utilise par exemple du polynectar pour prendre son apparence. Cela expliquerait pourquoi la personnalité d'Harry avait changé du tout au tout. Là encore, il y avait un moyen de vérifier sa supposition. En effet, la potion en question ne faisait effet que pendant une heure. Si jamais il n'avalait aucun liquide d'aucune sorte pendant au moins une heure, alors elle exclurait cette idée du champ des possibilités.
Malheureusement, il y avait encore un autre cas de figure possible…
Harry avait pu changer de lui-même.
Avec tout ce qu'il avait subi auprès des Dursley, et la manière dont elle l'avait repoussé l'année précédente, il n'était pas impossible que le garçon ait décidé de prendre des mesures drastiques pour ne pas sombrer dans le désespoir le plus complet. Voilà comment il en serait venu à tenter ce pari des plus risqués auprès des gobelins, considérant peut-être qu'il n'avait plus rien à perdre. Après cela, les gobelins avaient pu l'endoctriner d'une manière ou d'un autre pour s'assurer qu'il ne retournerait pas auprès de son ancienne famille ou de ses anciens amis.
Cela n'incluait visiblement pas de lui faire couper toutes relations avec des sorciers, si l'on en croyait la manière dont il s'était rapproché de Neville Londubat et de Luna Lovegood.
Laissant échapper un léger soupir de frustration, la jeune femme jeta sa plume sur son bureau et passa une main dans ses longs cheveux sombres. Si ses premières hypothèses s'avéraient exactes, elle avait toutes les chances de pouvoir renouer des liens avec son ami mais si c'était la dernière…
Non, il ne fallait mieux pas y penser. Ses parents ne lui avaient pas appris à abandonner si facilement. Elle était une Black et foi de fille de Maraudeur, elle ferait tout ce qui était en son pouvoir pour réparer ses erreurs…
… que son ami le veuille ou non.
Une semaine s'était écoulée depuis le désastre de la Coupe du Monde de Quidditch et comme il leur avait promis, Albus Dumbledore avait invité James et son épouse à venir prendre une tasse de thé dans son bureau pour discuter des étonnantes révélations dont leur avait fait part leur jeune Harry.
Le vieux sorcier devait reconnaître qu'il n'avait pas du tout prévu que le timide Gryffondor se dresserait contre ses parents de la sorte. Certes, il ne l'avait pas surveillé aussi régulièrement ou attentivement que son célèbre frère mais il n'en était pas moins surpris.
Le directeur de Poudlard n'eut toutefois pas le temps de poursuivre son raisonnement car des flammes vertes ne tardèrent pas à s'embraser dans sa cheminée, avant que n'en émergent deux personnes vêtues de longues capes sombres.
James Potter portait une opulente robe de sorcier rouge vif, sur laquelle les silhouettes de deux lions étaient représentées par du fil d'or. Sa cape était d'un rouge plus sombre et comportait les armoiries des Potter dans son dos. C'était une manière des plus ostentatoires de témoigner de sa nature de Gryffondor mais Dumbledore avait parfaitement conscience que l'ancien préfet-en-chef n'avait jamais été un homme particulièrement subtile.
Lily était revêtue d'une robe vert sombre, qui s'accordait à merveille avec ses yeux émeraude tandis que sa cape était anthracite. Bien qu'étant aussi une ancienne Gryffondor, la jeune femme n'avait jamais été du genre à étaler la fortune dont elle jouissait désormais en tant qu'épouse d'une des plus grandes familles sorcières de Grande-Bretagne.
- J'espère que nous ne sommes pas trop en retard, professeur. Nous avons dû faire venir Remus pour garder Rose. S'excusa poliment la jeune femme.
- Pas du tout, mes enfants ! Je venais tout juste de finir de remplir quelques dossiers pour le Magenmagot. Asseyez-vous, je vous en prie.
Le couple prit place en face du vieux sorcier, qui leur proposa alors des sorbets au citron que tous deux déclinèrent. Etrangement, ses friandises n'avaient jamais eu beaucoup de succès auprès de ses élèves mais cela ne l'avait jamais vraiment gêné. Après tout, cela en laissait plus pour lui.
- Professeur, j'ai conscience que votre temps est très précieux mais… nous ne pouvions pas attendre plus longtemps. Déclara James, tout en passant une main dans ses cheveux noirs.
Il était rare de voir le Maraudeur aussi mal à l'aise. En effet, la dernière fois où il avait vu l'ancien Gryffondor aussi gêné, cela avait été la nuit où Severus Rogue avait manqué d'être tué par la faute de Sirius, dans la Cabane Hurlante. James possédait un tempérament très impulsif, typiquement Gryffondor comme l'aurait dit son maître des potions, mais il était également capable de reconnaître ses erreurs et de s'en repentir.
- Je comprends tout à fait. Il m'a fallu plus de temps que je ne l'aurais pensé pour rassembler un maximum d'informations. Je dois dire que les gobelins ne m'ont pas facilité la tâche.
Ce qui n'était pas peu dire car en tant que Président-Sorcier du Magenmagot et Manitou Suprême de la Confédération Internationale des Mages et Sorciers, il disposait d'une certaine autorité pour tout ce qui concernait les affaires juridiques en Grande-Bretagne. Caressant sa longue barbe blanche d'un air pensif, il ne tarda pas à poursuivre d'une voix douce et quelque peu attristée.
- Le jeune Harry ne mentait pas en vous disant qu'il avait « assuré ses arrières ». L'autorité des Dursley a été contestée devant un tribunal gobelin qui les a également reconnus coupables de maltraitance/ Vous l'ignorez peut-être mais c'est un crime très grave chez les gobelins de s'en prendre à un enfant…
Voyant que ses paroles n'apaisaient guère ses deux protégés, le directeur poursuivit d'un ton égal.
- Je sais qu'ils ont été condamnés mais j'ignore la nature de leur peine ou la durée de celle-ci. Mon autorité en tant que tuteur magique a également été révoquée au profit de Ragnok, le président de la branche britannique de Gringotts. En d'autres termes, il n'est rien de moins que le plus puissant gobelin de Grande-Bretagne.
- Une minute, Albus. Comment les gobelins ont-ils été en mesure de vous retirer la tutelle d'Harry sans que vous en soyez informé ? Ou même sans que le Magenmagot ait été consulté ? S'étonna Cornedrue.
Dumbledore laissa échapper un léger soupir, conscient que s'il avait prêté davantage d'attention à la situation, il se serait peut-être rendu compte que quelque chose clochait. Passant une main sur son front ridé par le temps et les écrasantes responsabilités qui lui incombaient, le vieux sorcier entreprit de répondre à la question des plus pertinentes qui venait de lui être posée.
- C'est là où le génie du jeune Harry devient presque palpable. En venant de lui-même demander la nationalité gobeline, il se soumettait du même coup à leurs lois… ce qui signifie que toute affaire le concernant pouvait être traitée en priorité devant la justice des gobelins. C'est une clause datant d'un de nos plus vieux traités passés avec les gobelins, à l'époque où de nombreux sorciers faisaient partie intégrante de leur nation, et que personne n'a cherché à contester… Cette pratique avait été quasiment abandonnée de nos jours alors pourquoi s'en serait-on soucié ?
- Mais n'y a-t-il aucun recours possible devant le Magenmagot ? Intervint Lily, dont l'expression était clairement inquiète.
L'éclat qui brillait habituellement dans les yeux bleus du directeur se ralluma quelque peu derrière ses lunettes en demi-lune et il ne tarda pas à adresser un sourire confiant à la mère de famille.
- Dès l'instant où j'ai commencé à faire la lumière sur cette affaire, j'ai cherché différents moyens d'y remédier. Fort heureusement, il existe un autre traité passé avec les gobelins –et encore en vigueur aujourd'hui – qui prévoit qu'en cas de litige entre les justices sorcière et gobeline, un procès en appel peut avoir lieu devant le Magenmagot au grand complet si le Président-Sorcier en fait la demande.
- C'est une excellente nouvelle ! S'exclama James, dont le visage s'était éclairé d'un sourire rassuré.
- Quand ce procès pourra-t-il avoir lieu, professeur ? L'interrogea alors son épouse, dont les yeux exprimaient un espoir retrouvé.
Joignant ses mains tout en affichant un air contrit, l'ancien professeur de Métamorphose avait conscience qu'il lui fallait maintenant leur expliquer cette petite… difficulté.
- C'est là que réside le seul inconvénient de cette procédure… Voyez-vous, elle prend un certain temps à mettre en place. Il faut que les représentants sorciers se mettent en relation avec leurs homologues gobelins et il y a toutes sortes de protocoles à respecter sous peine de faire échouer toute l'opération… Même en usant de ma position, je ne peux malheureusement accélérer que la partie sorcière de ces négociations…
- Albus, l'interrompit Lily d'une voix plus ferme, combien de temps ?
Le directeur lâcha un nouveau soupir avant de leur fournir une réponse plus tangible.
- Au moins quatre mois, c'est-à-dire vers la fin janvier ou plus réalistement, début janvier. Je suis navré de vous apporter cette bien triste nouvelle mais avec la tenue du Tournoi des Trois Sorciers, le Ministère ne considère pas le cas de votre fils comme une priorité… et les gobelins semblent vouloir faire tout ce qui est en leur pouvoir pour repousser l'audience le plus tard possible.
Les époux Potter restèrent sans voix en apprenant qu'ils ne pourraient pas contester la décision des gobelins avant plusieurs mois. Ayant été habitué à user de sa fortune et de sa notoriété en tant qu'Auror émérite et père du Survivant pour arriver rapidement à ses fins, James avait presque oublié ce que le mot « refus » voulait dire.
- Est-ce que nous pourrons au moins venir le voir avant cette date ? Demanda finalement Lily.
- J'ai bien peur que non. Les gobelins ont âprement négocié les différents aspects de la vie du jeune M. Potter avant son audience et il a été convenu que vous ne devriez pas chercher à le rencontrer ou à l'influencer de quelque manière que ce soit, sous peine de voir vos droits révoqués définitivement. Répondit Albus d'une voix profondément attristée.
Le Maraudeur ne reprit pas la parole mais il n'en serra pas moins ses poings jusqu'à ce que ses jointures en deviennent blanches. Il revoyait encore la manière dont les gardes gobelins l'avaient défié le jour de la finale de la Coupe du Monde. Nul doute qu'Harry avait été endoctriné ou ensorcelé par ces infâmes créatures qui ne pensaient qu'à l'argent. Peut-être avaient-ils pensé qu'en mettant son fils de leur côté, ils pourraient mettre la main sur sa fortune…
… mais James ne l'entendait pas de cette oreille. Il n'était pas dans les habitudes des Potter de baisser les bras et il ne comptait pas être le premier de sa lignée à le faire. Pour une fois, l'Auror prendrait son mal en patience et s'assurerait que tout soit prêt pour l'audience devant le Magenmagot. Après tout, il était dans son bon droit et la noble assemblée ne verrait aucun inconvénient à rendre l'enfance à la famille de sorciers à laquelle il appartenait.
Oui, il allait faire payer les gobelins très cher pour leur insolence. Personne, pas même Vous-Savez-Qui ne défiait les Potter sans en subir les conséquences.
La journée avait été assez éprouvante pour le jeune Potter, tant sur le plan physique que sur le plan émotionnel. Certes, sa dispute avec McGonagall n'avait rien arrangé mais entre les Scroutts à pétard d'Hagrid qui avaient essayé de le piquer avec leurs dards et les prédictions toujours plus farfelues de Trelawney, il n'avait plus qu'une seule envie : prendre un repos bien mérité.
Hélas, il ne pouvait pas encore s'y résoudre. A la place, il se rendit le plus discrètement possible jusqu'au septième étage, et plus exactement, dans la Salle sur Demande. Sortant délicatement Mokona du sac sans fond qu'il avait pris avec lui, il fut ravi de constater que le petit être à fourrure s'était endormi. En revanche, il fut davantage surpris de voir le rubis s'illuminer sur son front avant d'émettre un rayon lumineux, semblable à une projection de cinéma…
… à la différence près que ce qu'il voyait sur le mur devant lui n'était pas un enregistrement mais bel et bien des images en temps réel, qui provenaient d'une autre dimension.
- Bonsoir Harry.
Avachi sur son canapé de la même manière qu'il l'avait trouvé dans l'une des pièces de sa boutique, Kimihiro Watanuki adressait un sourire amical à son interlocuteur tout en portant de temps à autres une pipe en argent finement ouvragée jusqu'à ses lèvres. Les volutes de fumée qui s'en dégageaient serpentaient verticalement dans la pièce où il se trouvait avant de s'évaporer.
- Bonsoir Kimihiro. Je me doutais que tu m'avais envoyé Mokona pour résoudre nos petits problèmes de connexion mais était-ce vraiment nécessaire ? L'interrogea le Gryffondor, qui se sentait éreinté d'avance à l'idée de devoir s'occuper de la créature survoltée.
- Je crains bien que oui. J'ai reçu la visite d'une personne des plus inhabituelles il y a peu de temps… Est-ce que le nom d'Eriol Hiiragizawa te serait familier ?
- Eriol Hiiragizawa ?
Le jeune Potter ferma ses paupières un court instant, utilisant l'occlumencie pour rechercher dans ses souvenirs une éventuelle mention à cette personne mais il ne trouva rien qui y soit relié de près ou de loin.
- Non, ce nom ne me dit rien. De qui s'agit-il ?
- Apparemment, il était la réincarnation de Clow Reed et il se trouvait en possession d'une partie des pouvoirs et des souvenirs de ce dernier… mais il était sur le point de les perdre lorsqu'il a pu finalement entrer dans la boutique.
- Oh… C'est vraiment dommage. J'aurais eu tellement de questions à lui poser… et puis, il aurait peut-être pu nous aider à retrouver Yuko. Se lamenta Harry en passant une main dans ses cheveux noirs.
- Certes… mais ce n'est pas pour cela que j'ai cherché à tout prix à te contacter. Eriol a laissé une clé derrière lui, la clé d'un coffre contenant une partie des recherches menées par Clow de son vivant.
L'espoir se ralluma dans le cœur d'Harry lorsqu'il entendit les dernières paroles de Watanuki. Il avait cherché toutes les informations possibles sur la magie de Clow Reed pendant des années et dans bien des dimensions différentes mais son savoir n'était malgré tout que fragmentaire et bien loin du niveau du célèbre sorcier d'Orient. Ce n'était qu'en étudiant certains des artefacts magiques laissés derrière lui, comme ses fameuses Cartes de Clow ou encore le bâton magique laissé par Reed à l'attention de Sakura Kinomoto, la nouvelle maîtresse des cartes.
Rien que l'idée de pouvoir lire des notes écrites de la main de Clow en personne suffit à lui redonner courage et à lui faire oublier la pénible journée qu'il venait de passer.
- Qu'as-tu découvert ? L'interrogea Harry, clairement curieux du contenu des recherches de Clow.
- Rien, malheureusement. Il y a beaucoup de pages mais elles sont toutes blanches, comme si elles avaient été ensorcelées par un sortilège de très haut niveau. C'est une magie que je ne pense pas être en mesure de briser sans risquer de faire disparaître le contenu des pages en question. Seule la première mentionnait une inscription mais je n'ai pas été en mesure de la déchiffrer. Rétorqua le jeune homme aux yeux vairons tout en réajustant ses lunettes sur son nez.
Watanuki tendit alors un épais dossier au mokona noir, qui l'aspira sans autre forme de procès. Les yeux d'Harry s'écarquillèrent lorsqu'il vit le même dossier ressortir par la bouche ouverte du mokona blanc, toujours endormi, avant d'atterrir juste en face de lui.
Posant le dossier en face de lui en le manipulant avec le plus grand soin, il constata qu'effectivement toutes les pages étaient d'une blancheur immaculée, à l'exception de la toute première. Sur celle-ci figuraient des signes serpentins qui formaient une ligne et qu'il fut surpris de reconnaître comme étant du Fourchelang. A sa connaissance, seul Salazar Serpentard avait jamais écrit en Fourchelang, ses descendants n'usant généralement que de la forme verbale de cette langue.
- Que dit cette phrase ? L'interrogea le Japonais en croisant les bras, sa tête légèrement penchée sur le côté.
- C'est très bizarre… Il est écrit : « Les mots n'apparaitront qu'en présence du Sceau de Salomon ».
- Le Sceau de Salomon ? J'en ai déjà entendu parler… mais n'a-t-il pas disparu depuis plus de deux mille ans ?
- C'est tout ce que je sais à son sujet aussi… mais où et comment suis-je censé pouvoir le trouver ?
- Je l'ignore, Harry mais il ne fait aucun doute que tu étais destiné à recevoir ces notes, et dans ce monde précis si je me fie au timing établi par Clow… ce qui signifie que le sceau doit se trouver dans la dimension où tu trouves.
- Génial ! Tu as conscience que je dois retrouver un minuscule objet perdu depuis des millénaires sans la moindre indication concernant l'endroit où il pourrait se trouver ? Je suis peut-être un sorcier mais je ne fais pas encore de miracles ! S'exclama Harry, clairement exaspéré par la situation.
- Ne t'en fais pas pour ça, je suis sûr qu'en cherchant un peu, tu finiras par trouver des indices à ce sujet. Eriol m'a fait part d'autre chose avant de perdre complètement ses souvenirs.
Harry haussa un sourcil en signe de curiosité mais garda le silence, en attendant que son ami l'éclaire sur les autres confidences faites par la réincarnation de Clow. Le sérieux et l'inquiétude qu'il pouvait lire dans les yeux vairons de Watanuki ne le rassuraient guère.
- Il savait, Harry. Ce n'était pas très clair mais je pense que Clow Reed avait vu que tu arriverais dans un monde différent des autres, une dimension dans laquelle tu avais un jumeau. Je ne sais pas ce qu'il a cherché à te transmettre mais cela est visiblement en rapport avec la distorsion créée par le vœu de Shaolan, auquel je dois indirectement mon existence. Il y a aussi un rapport avec les origines de Clow mais je n'en sais pas plus.
- Et les amis de cet Eriol ? Tu n'as pas cherché à les contacter pour en savoir plus ?
Le gérant de la boutique se contenta de secouer la tête en signe de réponse négative avant de s'exprimer à voix haute.
- Toutes les affaires lui appartenant qui étaient liées de près ou de loin au monde occulte sont tombées en poussière. J'ai essayé de retrouver ses familiers mais jusqu'ici, aucune trace d'eux ne subsiste. J'ai même essayé de me renseigner auprès de la nouvelle maîtresse des cartes mais il semblerait qu'elle en sache encore moins que nous au sujet de Clow… C'est une impasse.
- C'est impossible… Il doit bien y avoir quelque chose d'autre ! Un indice, ou quelque chose dans ce goût là !
- J'ai inspecté très minutieusement le coffre et la clé mais une fois le contenu retiré, toute la magie qui s'y trouvait s'est évaporée. Et il n'a rien laissé d'autre, à part… ceci.
Harry vit alors Kimihiro jeter un autre objet à Mokona, beaucoup plus petit, qui ne tarda pas à arriver ensuite dans sa dimension. Ce n'est qu'au moment où il le prit en main qu'il réalisa ce dont il s'agissait.
Le jeune Potter contempla pendant plusieurs secondes la minuscule clé d'or qui se trouvait dans la paume de sa main et dont l'une des extrémités se terminait par un cercle gravé en forme de soleil… mais le soleil en question était brisé en son centre. Le Gryffondor expira finalement, n'ayant même pas été conscient qu'il avait retenu son souffle.
- Cet objet… est-ce que c'est vraiment…
- Le sceau de Clow ? Oui, effectivement. Toutefois, ce n'est pas le sceau de Salomon, j'ai vérifié. Clow a fabriqué son sceau dans sa jeunesse et il est compréhensible qu'il se soit brisé lors de la disparition définitive de son possesseur.
- Incroyable… J'avais trouvé le sceau du livre de Clow intéressant mais celui-ci est à la fois semblable et tellement différent.
Un sourire amusé fleurit sur les lèvres de Watanuki tandis qu'il observait la curiosité presque enfantine avec laquelle Harry fait tourner le sceau entre ses mains pour le regarder sous tous les angles.
- Je vais te laisser à tes recherches, je sens qu'un client vient d'entrer dans la boutique. N'hésite pas à me contacter si tu as du nouveau.
- Pas de soucis. Tâche d'être prudent vis-à-vis de la compensation pour tes services. Domeki et Kohane ne seraient pas très heureux d'avoir à te ramasser encore à la petite cuillère…
Mais Watanuki avait déjà fait cesser la connexion, ne souhaitant visiblement pas écouter les recommandations de son ami. Harry ne lui en tint pas rigueur, sachant que le Japonais ferait de son mieux pour ne pas retomber de nouveau malade.
En tous les cas, cette rentrée avait été plus riche en événements qu'il ne l'aurait songé mais au moins, le bilan n'était pas complètement négatif. Certes, Voldemort devait sans doute rôder quelque part dehors en compagnie de Queudver et si les choses étaient comme dans son monde alors son professeur de Défense Contre les Forces du Mal n'était autre qu'un Mangemort sous polynectar… sans parler du fait que Dumbledore devait conspirer pour le ramener dans le « droit chemin », à savoir sous l'autorité de James et Lily.
Néanmoins, tout cela ne suffisait pas à lui faire perdre sa bonne humeur. Clow lui avait enfin donné une chance de marcher sur ses traces et de découvrir non seulement les mystères de sa magie mais aussi ceux de ses origines.
Qu'aurait-il pu demander de plus ?
