Chapitre 13 : L'Examen des baguettes
Harry eut le temps de discuter quelques minutes avant Fleur et Viktor avant que Ryan ne fasse irruption dans la pièce. Plus important encore, il avait griffonné un message sur un morceau de parchemin qu'il avait discrètement remis à Mokona pour que ce dernier le transmette à Cédric avec instruction de le faire partir par hibou pour Gringotts le plus tôt possible. Après tout, il ignorait combien de temps les champions seraient retenus cette fois-ci et il souhaitait que Ragnok soit mis au courant le plus vite possible.
Il ne s'écoula que quelques instants avant que Ludo Verpey n'entre dans la pièce. Le chef du département des sports magiques avait l'air aux anges tandis qu'il s'adressait à eux.
- Extraordinaire ! Tout bonnement extraordinaire ! Quatre champions pour le Tournoi des Trois Sorciers, avec deux frères dont l'un d'entre eux est Ryan Potter !
- Extraordinaire comme vous dites… surtout compte-tenu de la limite d'âge et des précautions que vous étiez censés avoir prises, rétorqua Harry sans le moindre amusement.
- C'est vrai, comment est-ce possible ? Je n'ai pas mis mon nom dans la coupe ! Renchérit Ryan, émettant pour la première fois un avis semblable à son jumeau.
Verpey parut déconcerté par les attitudes des deux Gryffondor. Était-il réellement stupide au point de ne pas réaliser qu'un adolescent ne souhaitait participer dans une compétition qui pourrait lui coûter la vie ? Dans le cas de Ryan, Harry supposait que son indignation venait davantage du fait qu'on ait mis son nom sans son accord. Au petit-déjeuner, il l'avait d'ailleurs entendu dire qu'il regrettait de ne pas pouvoir participer à cause de la limite d'âge.
- Nous sommes tous très étonnés, répondit Ludo Verpey en esquissant un léger sourire. Comme vous le savez, la règle de l'âge minimum n'a été instaurée que cette année, par mesure de sécurité. Comme vos noms sont sortis de la Coupe… Je pense qu'à ce stade, il n'est plus possible de reculer. Après tout, c'est dans le règlement, vous devrez faire de votre mieux…
L'ancienne star de Quidditch n'eut pas le temps d'en dire davantage avant que la porte ne s'ouvre avec fracas. Harry regarda défiler le professeur Dumbledore, Barty Croupton Sr., Karkaroff, Madame Maxime et enfin les professeurs McGonagall et Rogue. L'élève adressa un hochement de tête respectueux à l'égard de ces derniers. Madame Maxime avait l'air tout particulièrement remontée.
- Dumbledore ! Pouvez-vous me dire ce que signifie cette plaisanterie ? Demanda-t-elle d'un ton impérieux.
- J'aimerais aussi le savoir, ajouta Karkaroff avec un sourire figé.
- Excusez-moi, les interrompit Harry d'un ton neutre mais d'une voix assez forte, qui fit se retourner les regards vers lui.
L'adolescent joignit les mains en signe d'apaisement, préférant halter la dispute à venir entre les trois directeurs d'écoles.
- Le professeur Dumbledore et les employés du ministère présents dans l'école ont clairement fait preuve de négligence, commença Harry sans prendre de gants. Je compte d'ailleurs porter cette action en justice sur le plan individuel. Je ne tiens pas le corps enseignant responsable dans son ensemble, nos directeurs de maison s'étant également plaints du manque d'action du professeur Dumbledore.
Les professeurs McGonagall et Rogue eurent l'air surpris qu'il soit au courant de cette information. Harry se voyait mal leur dire qu'il avait entendu le professeur Chourave se plaindre à voix haute du « comportement inqualifiable d'Albus » auprès de Madame Pomfresh lorsqu'il avait fait un tour rapide à l'infirmerie dans la journée pour prendre un remède contre sa migraine. Toutefois, il ne souhaitait pas non plus aliéner les deux autres écoles.
- En tant qu'élève de l'école, je suis sincèrement désolé de cette situation qui amène Poudlard à avoir techniquement deux champions. La seule consolation que je peux vous apporter, c'est que Ryan et moi sommes tous deux beaucoup plus jeunes que Viktor et Fleur. Je ne dis pas que cela compense l'absence d'un second champion pour chacune de vos écoles mais les choses auraient été bien pires si nous avions eu un voire deux champions majeurs dans cette configuration.
Karkaroff n'avait pas perdu son sourire glacé mais Madame Maxime semblait désormais plus pensive que furieuse. Harry sentit une main se poser sur son épaule et il constata que Fleur était venue se positionner à sa droite, ses yeux azurés fixant sa directrice.
- Madame Maxime, je ne sais pas ce qu'il en est pour Ryan Potter mais en ce qui concerne Harry, je peux attester que son nom a été mis par l'Auror Black contre sa volonté.
- Je peux également le confirrrmer, renchérit Viktor venu se placer à la gauche d'Harry.
La demi-géante acquiesça simplement de la tête, son expression légèrement adoucie tandis que le directeur de Durmstrang semblait avoir avalé une couleuvre après avoir assisté au soutien de son élève.
- Il reste cependant une inconnue, reprit Harry après quelques secondes de silence. Compte-tenu du tirage, j'ai clairement été choisi comme champion de Poudlard, et je parle d'un point de vue strictement technique, ajouta-t-il en voyant le visage rouge de colère de Ryan. En théorie, la Coupe de Feu aurait dû s'éteindre après que mon nom en soit sorti. Comment est-il possible que l'artefact ait sélectionné un quatrième champion alors qu'il n'y a que trois écoles ?
- C'est bien ce que je voudrais savoir, grogna une voix non loin de la porte.
Alastor Maugrey fit son entrée dans la pièce en claudiquant, le claquement de sa jambe de bois clairement audible dans le silence environnant. Avec le recul, Harry put apprécier à quel point Barty Croupton Jr. avait bien appris son rôle, sa démarche étant réellement fidèle à celle de l'ancien Auror.
- La personne qui a fait ça a réussi à tromper la vigilance d'un objet d'une grande puissance magique ! Reprit « Fol'œil ». Il faudrait au moins un très puissant sortilège de Confusion pour embrouiller la Coupe de Feu au point de lui faire oublier que seules trois écoles sont censées participer au tournoi… Je pense qu'on a dû soumettre la candidature de Potter sous le nom d'une quatrième école, pour faire croire qu'il était le seul dans sa catégorie.
Harry resta en retrait du débat houleux qui s'en suivit entre le faux professeur de Défense contre les forces du mal et Karkaroff. A bien y regarder, la haine de « Fol'œil » était réelle et avec le recul, le Gryffondor savait tout à fait à quoi l'attribuer. Le professeur Dumbledore parvint finalement à calmer le jeu et du même coup à imposer sa vision des choses… à un détail près.
- Professeur, vous indiquiez à Madame Maxime que vous étiez ouvert à une autre solution… Pourquoi ne pas attendre le verdict de la justice magique avant d'être certain que Ryan et moi devions concourir ? Demanda Harry avec un ton presque innocent.
- Que veux-tu dire, Harry ? S'enquit le vieux sorcier en levant un sourcil.
- Je ne peux pas parler au nom de Ryan, ni de la famille Potter mais en mon nom propre, je compte bien demander la révision du jugement de la Coupe de Feu, au titre de mon absence de consentement pour ma participation au Tournoi et à l'infraction des règles sur la participation des mineurs. Par conséquent, il est tout à fait possible que Poudlard n'ait qu'un seul champion d'ici le début de la compétition, expliqua le Gryffondor d'un ton patient.
- Vous ne souhaitiez pas du tout participer ? Demanda Madame Maxime d'une voix où perçait sa curiosité.
- Pour être tout à fait honnête, non, Madame. En dehors des révisions pour mes BUSE en vue de l'année prochaine, j'ai un procès très important à préparer pour le début d'année prochaine, à l'encontre du professeur Dumbledore et de ma famille biologique. Croyez-moi, et Viktor ici présent en est témoin, participer à la finale de la Coupe du Monde de Quidditch m'a largement suffi, confia l'adolescent avec un sourire aux lèvres.
- C'était un beau match et une belle victoirrre pour mon pays grâce à toi ! S'exclama Viktor avant de partir d'un grand rire.
Cette réponse parut autant surprendre Madame Maxime que Karkaroff et bien évidemment, elle suscita une expression désapprobatrice sur le visage du directeur de Poudlard. Nul doute que le professeur Dumbledore ne souhaitait pas que cette affaire soit connue du grand public et encore moins à l'international mais Harry allait suivre son exemple et ne lui faire aucun cadeau. Le Gryffondor ne croyait pas vraiment en ses chances d'éviter de participer au tournoi mais s'il pouvait utiliser le comportement irresponsable de Sirius contre Dumbledore et les Potter afin de gagner son procès, il n'allait pas se gêner pour le faire !
Le reste fut relativement calme, Ludo Verpey et Barty Croupton Sr. se contentant de leur donner les informations relatives à la première tâche, qui aurait lieu le 24 novembre. Les règles n'étaient guère différentes par rapport à ce qu'Harry connaissait : pas d'aide de leurs professeurs, pas d'autre équipement que leur baguette magique et pas d'examens de fin d'année.
Ryan aurait dû être heureux. Il avait été choisi comme champion de Poudlard… certes, co-champion mais champion tout de même ! Lorsqu'il était arrivé dans la salle commune de Gryffondor, il avait été accueillir sous les cris, les applaudissements et les sifflets enthousiastes de ses pairs ! Fred et George avaient été parmi les premiers à se précipiter et Angelina l'avait même embrassé sur la joue en le félicitant d'avoir été choisi ! Il ne sut pas le temps qu'il passa à manger des gâteaux et à boire du jus de citrouille avec ses amis mais lorsqu'il monta finalement dans leur dortoir, Neville et Ron étaient déjà couchés. L'amateur de botanique soufflait doucement mais le rouquin ne ronflait pas comme d'habitude. Après que son regard se fut habitué à la pénombre, le jeune Potter se rendit compte que les yeux de son ami étaient grands ouverts.
- Où étais-tu ? Demanda Ryan.
- Ah tiens, salut, répliqua Ron avec un sourire crispé. Félicitations.
- Merci, répondit simplement le Gryffondor aux yeux noisette en haussant un sourcil.
L'adolescent aux cheveux auburn n'était pas dupe, il y avait quelque chose de bizarre dans le sourire de Ron. Il en eut d'ailleurs le cœur net quand ce dernier lui demanda s'il avait utilisé sa cape d'invisibilité pour passer la limite d'âge.
- Bien sûr que non, la cape ne m'aurait pas permis de passer la ligne, rétorqua Ryan d'un ton exaspéré devant la bêtise de la question.
- Ah bon ? Je pensais que tu aurais pu me dire si tu avais utilisé la cape… Elle est suffisamment grande pour nous cacher tous les deux, non ? Mais tu as trouvé un autre moyen, on dirait…
Le Gryffondor commençait à voir où le benjamin des frères Weasley voulait en venir. Il croisa les bras et fixa Ron du regard avant de répondre.
- Ecoute Ron, je suis content d'être champion mais je n'ai pas déposé mon nom dans la Coupe de Feu. Quelqu'un a dû le faire à ma place.
- Pourquoi quelqu'un aurait fait ça ?
C'était bien la question qu'il tournait et retournait dans sa tête depuis que son nom avait été prononcé par le professeur Dumbledore. Le professeur Maugrey avait avancé des hypothèses assez inquiétantes pendant sa dispute avec le directeur de Durmstrang, en insinuant que quelqu'un avait mis son nom dans la Coupe de Feu pour essayer de le tuer. Ryan avait bien du mal à le croire, qui voudrait sa mort ? Voldemort peut-être mais n'était-il pas loin d'ici ? Un frisson le parcourut en repensant au cauchemar qu'il avait fait de lui et de Peter Pettigrow.
La peur laissa bientôt le pas à la colère quand Ron commença à lui dire qu'il pouvait lui dire la vérité, insinuant sans la moindre subtilité que Ryan avait mis son nom dans la Coupe.
- Puisque je te dis que je n'ai pas mis mon nom dans cette satanée Coupe ! Répéta-t-il avec colère.
- C'est ça, rétorqua Weasley d'un ton sceptique. Pourtant ce matin, tu disais que si tu avais voulu le faire, tu serais descendu la nuit pour que personne ne te voie… Je ne suis pas complètement idiot.
- Parfois, on le croirait pourtant !
Sans plus un mot, Ryan se dirigea d'un pas impérieux vers son lit et tiré d'un coup sec les rideaux de son baldaquin.
- Tu as raison d'aller te coucher, Ryan. J'imagine que tu devras te lever tôt demain pour une séance photos ou quelque chose dans ce goût-là, n'est-ce pas ?
Il fallut tout son sang-froid au Gryffondor pour ne pas lui hurler de la fermer mais il se mordit la lèvre inférieure à la place. Il avait cru que Ron le croirait, n'était-il pas son meilleur ami après tout ? Hermione le croirait, elle… et il était sûr que ses parents aussi.
Se tournant d'un côté puis de l'autre dans son lit, il essaya de se rassurer en se disant que c'était sûrement Patmol qui avait mis son nom dans la Coupe de Feu comme il l'avait fait avec Harry. Oui, c'était sûrement ça.
Avant que le sommeil ne l'emporte, il songea qu'il n'avait pas vu Harry dans son lit. Il n'eut cependant pas le courage de vérifier avant que ses yeux ne se ferment.
Harry passa l'intégralité de la nuit dans la Salle sur demande, alternant entre la pratique des huit mouvements appris auprès de Maître Thorin et l'écriture sur de longues liasses de parchemins où il posait en détail ses idées. Il ne sut pas à quelle heure il s'effondra d'épuisement sur le lit que la pièce avait fait apparaître pour qu'il se repose.
- Et bien, on dirait que la nuit a été rude ! S'exclama une voix amusée.
Lorsqu'il parvint à ouvrir un œil, le jeune Potter aperçut la silhouette à moitié avachie de Kimihiro, qui le regardait avec un amusement non dissimulé. Le sorcier était revêtu d'un kimono bleu nuit orné de papillons dorés et tenait dans sa main sa pipe ouvragée sans l'avoir allumée, pour une fois. Son ami de longue date se trouvait toujours dans sa propre dimension, son image lui étant projetée grâce au rubis de Mokona.
- Salut Kimihiro. Pour une fois que c'est moi qui fais la grasse matinée…
- Tu avais surtout besoin d'évacuer ta frustration de ce que Mokona m'a raconté. Tiens, ça te fera du bien.
De la bouche grande ouverte de Mokona jaillit une lumière qui laissa bientôt apparaître un paquet enrubanné. Otant le tissu, le jeune Potter eut la surprise de découvrir un bentō des plus copieux. Ne s'étant pas rendu compte auparavant à quel point il était affamé, Harry attrapa la baguette et dévora davantage qu'il ne dégusta le plat envoyé par Watanuki. Laissant échapper un son de contentement, le Gryffondor n'avait eu besoin que d'une bouchée pour savoir que le Japonais l'avait préparé lui-même, la cuisine faisant partie de ses nombreux talents. Faisant honneur au repas, le sorcier britannique n'en laissa pas une miette.
- N'y aurait-il pas une petite bouteille de saké en accompagnement pour faire descendre tout ça ? Demanda Harry d'un ton taquin.
- Tu es presque un aussi grand buveur que Yuko… hélas mon cher, le corps où tu te trouves actuellement est mineur. Tu serais dans de beaux draps si on te découvrait ivre dans les couloirs de l'école, tu ne crois pas ? Rétorqua Kimihiro avec un sourire gentiment moqueur en se servant lui-même une coupelle de saké.
- Rabat-joie… répliqua Harry avec un sourire plus amusé qu'autre chose.
Le Gryffondor se redressa à moitié sur le lit, ses cheveux noirs ébouriffés dans tous les sens. Il adressa un petit signe de la main à Maru et Moro qui venaient de faire leur apparition à côté de Watanuki et qui lui adressaient de grands sourires.
- As-tu découvert quelque chose sur l'emplacement du sceau de Salomon ? Demanda Kimihiro avec curiosité.
- En dehors qu'il est introuvable ? Pas grand-chose, non. J'en suis venu à rechercher une certaine « épée de Galaad » mais qui me mène sur des pistes rocambolesques.
- Oh ? Qu'est-ce qui peut bien te rendre dubitatif à ce point ?
- Il y a des chances pour qu'elle soit arrivée dans la famille Potter de ce monde… auquel cas elle se trouve peut-être dans les rares lieux dans lesquels je n'ai vraiment aucune envie d'aller, comme leur maison, ou dans lesquels je ne peux carrément pas mettre les pieds, s'il s'agit de leur coffre à Gringotts…
Kimihiro ne chercha pas à retenir son éclat de rire et le jeune Potter sourit malgré lui. Toutefois, ses recherches ne l'avaient pas toutes menées vers des impasses. Son sourire se fit plus énigmatique lorsqu'il sortit un petit objet en or de sa poche.
- Le sceau de Clow ? Demanda le sorcier des dimensions, en plissant des sourcils pour essayer de l'apercevoir de loin.
- Oui, je l'ai attentivement étudié depuis que tu me l'as envoyé. Même brisé, cette clé reste un magnifique artefact. Quand on sait ce que la baguette de Sakura est capable de faire… Honnêtement, je ne suis pas capable d'en créer un aujourd'hui mais si nous arrivons à révéler le contenu des recherches de Clow, cela deviendrait peut-être du domaine du possible.
- Mm, il te reste donc à trouver le sceau de Salomon et avant cela, cette fameuse épée… Je n'ai pas de nouveaux indices mais si cela peut t'aider, j'ai des volontaires pour t'aider dans tes recherches.
- Des volontaires ? Répéta Harry, peu rassuré par le sourire malicieux de Watanuki.
- Oh, tu les connais bien. Ils devraient arriver prochainement mais tu sais comment sont les voyages dimensionnels, ça peut prendre quelques jours ou quelques semaines… mais ils sont en route.
- Kimihiro, commença Harry d'un ton inquiet, tu ne vas pas faire venir ces trois-là, n'est-ce pas ? Je les apprécie, tu le sais mais le ninja est incapable de voyager dans un monde sans provoquer une catastrophe !
- Ah, je crois qu'un client vient d'entrer dans la boutique, je vais devoir te laisser, répondit simplement Kimihiro comme s'il ne l'avait pas entendu avant de mettre fin à la connexion.
Formidable ! Non seulement il se retrouvait embarqué contre son gré dans le Tournoi des Trois Sorcier mais en plus, il devrait gérer trois visiteurs dimensionnels supplémentaires… Bien sûr, leur expérience lui serait sûrement bien utile mais il craignait qu'ils ne lui compliquent fortement la tâche pour ce qui relevait de maintenir sa couverture.
- Mokona est heureux ! Shaolan, Kurogane et Fye vont venir ! Puu ! S'exclama la petite boule de poils blanche qui s'était mise à sauter dans tous les sens.
- C'est vrai que ce sera bon de les revoir, concéda finalement Harry avec un petit sourire en se résolvant à les voir venir.
Et puis, peut-être que Kurogane lui ferait le plaisir de botter le derrière de Voldemort ? Avec son katana, le Gryffondor était sûr qu'il pourrait le découper en tranches façon sashimi.
Dans la petite salle de classe où ils avaient été introduits par Ludo Verpey, Fleur discutait avec Viktor de leurs hypothèses respectives au sujet de la première épreuve du Tournoi quand la porte s'ouvrit pour laisser entrer les deux autres champions. Harry avait l'air égal à lui-même et il leur adressa un grand sourire et un geste de la main avant de venir vers eux. Ryan Potter en revanche avait une tête à faire peur, son visage rougi et ses traits crispés par une colère à peine contenue. Le Survivant faisait les cent pas comme s'il essayait de se calmer sans vraiment y parvenir.
- Que lui est-il arrivé ? Demanda l'élève de Beauxbâtons à voix basse quand Harry se fut suffisamment rapproché.
- Oh, il a juste du mal à supporter les remarques du professeur Rogue. Ils… ne s'entendent pas bien tous les deux, pour rester poli, expliqua le Gryffondor avec une grimace.
- Harrry, sais-tu qui est la dame là-bas ?
Une sorcière habillée d'une robe dans les tons rose foncé était en grande discussion avec le chef du département des sports magiques. Ses cheveux étaient coiffés d'une façon assez compliqué, avec des boucles étrangement rigides en contraste avec la mâchoire assez large de son visage. Elle avait quelque chose d'un requin dans son sourire et ses ongles de cinq centimètres venaient renforcer cette image de prédateur.
- Il s'agit de Rita Skeeter, elle travaille comme journaliste pour la Gazette du Sorcier. Je vous conseille de choisir très attentivement vos mots quand vous discutez avec elle, elle est réputée pour, disons les interpréter de la façon la plus sensationnelle possible. Elle utilise d'ailleurs une plume à papote pour ses interviews.
- Je déteste ce genrrre de jourrrnaliste, commenta Viktor avec un accent plus prononcé encore que d'ordinaire, signe aussi flagrant de son irritation que ses sourcils froncés.
- Je garderai mes distances par précaution, déclara simplement Fleur qui avait remarqué la façon dont le photographe la regardait du coin de l'œil.
La jeune femme aux cheveux blonds eut pour la première fois l'occasion de réellement comparer les frères Potter. Ryan était plus grand qu'Harry d'un ou deux centimètres. Le premier avait des cheveux d'un roux sombre qui lui arrivaient presque jusqu'en bas du cou et des yeux noisette tandis que le second possédait des cheveux noirs de jais coupés relativement courts et des iris d'un vert émeraude. Au premier regard, ils ne partageaient rien en commun. Le premier manifestait de l'impatience tandis que le second paraissait placide, presque immobile et pourtant ses coups d'œil réguliers laissaient entrevoir qu'il était parfaitement conscient de son environnement. En effet, Harry s'était positionné près de Viktor et d'elle mais à y regarder de plus près, il pouvait contempler toutes les personnes présentes dans la pièce de là où il se trouvait, de même qu'il gardait un œil sur l'unique porte de la petite salle de classe.
Fleur manqua de sursauter quand la voix tonitruante de Ludo Verpey résonna dans la pièce.
- Ah le voilà ! Le champion numéro quatre ! Viens, Ryan, viens… N'aie crainte, il s'agit simplement de la cérémonie de l'Examen des Baguettes. Les autres membres du jury devraient arriver d'un moment à l'autre.
- L'Examen des Baguettes ? Répéta Ryan, d'un ton curieux.
Verpey expliqua qu'il s'agissait pour le jury de vérifier que les baguettes des champions étaient en parfait état de fonctionnement, ce qui était d'autant plus important que leurs baguettes étaient leur seul accessoire autorisé pour les tâches. L'expert qui procéderait aux vérifications était avec le professeur Dumbledore et tous deux les rejoindraient prochainement. Après l'Examen, une photo collective serait prise des champions. Le directeur du département des sports magiques introduisit ensuite la fameuse Rita Skeeter, qui projetait justement d'écrire un article sur le Tournoi des Trois Sorciers dans la Gazette du Sorcier. Dès l'instant où elle ouvrit la bouche, la sorcière aux lunettes à la monture incrustée de pierres précieuses lui parut antipathique. Il se dégageait d'elle un air de charognard qui lui rappelait certains journalistes français qu'elle avait eu le déplaisir de rencontrer lors de galas organisés par son père.
- Est-ce que je pourrais demander quelques petites choses à Ryan avant de commencer ? Demanda la journaliste à Ludo Verpey, sans détourner son regard du Survivant. Après tout, c'est le plus jeune champion, ça ajouterait un peu de couleur…
- Mais bien sûr ! S'exclama Verpey d'un ton jovial. Si Ryan n'y voit pas d'objection ?
- Je ne donne pas d'interview en l'absence de mes parents, répondit simplement Ryan d'un ton qui laissait entendre qu'il avait l'habitude de donner ce genre de réponse.
- Hélas, ils ne sont pas là… reprit Skeeter, visiblement peu décidée à lâcher le morceau. Pourquoi ne pas faire une exception ?
Ryan parut pris au dépourvu par cette réponse de Skeeter. Fleur supposa qu'il ne devait jamais s'être retrouvé dans ce genre de situation auparavant. Après tout, les journalistes ne devaient pas être souvent admis dans l'enceinte de Poudlard. A la grande surprise de la Française, ce fut Harry qui se porta au secours de son frère.
- Le parrain de Ryan, l'Auror Sirius Black, se trouve dans le château. Pourquoi ne pas le solliciter après que l'Examen pour savoir s'il est d'accord ? Proposa Harry d'un ton qui se voulait conciliant.
- Oui ! C'est une excellente idée ! Renchérit Ryan, qui sauta sur l'opportunité prodiguée par son frère.
- Soit… nous verrons après l'Examen des baguettes, concéda la reporter aux lèvres pincées avant de s'éloigner d'eux.
Harry commença à se détourner mais Ryan le retint par la manche gauche de sa robe de sorcier. Fleur remarqua le mouvement furtif dans la manche droite, qui cachait visiblement un holster sophistiqué puisqu'elle entraperçut la silhouette d'une baguette entre les doigts du Gryffondor mais qui disparût presque aussitôt lorsqu'il s'avéra évident que Ryan souhaitait simplement lui parler. La Française avait rarement vu des sorciers en porter quotidiennement, en dehors de son oncle Edmond qui travaillait au bureau des Aurors Français.
- Harry, commença Ryan d'un ton incertain, je… merci pour ce que tu as dit.
- Ce n'est rien, répondit le sorcier aux yeux verts d'un ton neutre mais dépourvu d'animosité.
- Je voudrais te parler après l'Examen, si tu as un moment… bredouilla l'attrapeur de l'équipe de Gryffondor.
- On peut aménager un moment pour discuter mais tu devrais aller voir ton parrain au préalable pour éviter les problèmes avec elle, répliqua Harry en désignant Skeeter d'un mouvement de tête.
- Je sais, je le ferai en premier. C'était juste… Tu sais que je n'ai pas…
- Je sais que tu n'as pas mis ton nom dans la Coupe de Feu, ni demandé à quelqu'un d'autre de le faire. Je te crois, expliqua Harry comme si c'était la chose la plus naturelle du monde.
Fleur aurait eu du mal à décrire les émotions qui se succédèrent sur le visage du Survivant et pourtant, elle se targuait d'être plutôt douée en la matière. Elle eut l'impression qu'il était à la fois surpris et ému, peut-être parce que peu de personnes avaient cru en sa parole depuis que son nom était sorti de la Coupe de Feu. Ryan ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais il n'en eut pas le temps, la porte s'étant ouverte pour laisser entrer les trois directeurs d'école, M. Croupton et un homme assez âgé aux grands yeux pâles qui devait être l'examinateur.
- Je vous présente M. Ollivander, dit Dumbledore en s'adressant aux quatre élèves après s'être assis à la table où prirent place les juges. Il va vérifier que vos baguettes magiques sont en bon état de fonctionnement avant le tournoi.
- Mademoiselle Delacour, pourriez-vous venir la première ? Demanda le dénommé Ollivander en s'avançant dans l'espace libre au milieu de la place.
Fleur s'exécuta et lui tendit sa baguette. Le vieil homme la fit tourner entre ses longs doigts et en fit jaillir des étincelles rose et or.
- Oui, dit-il à voix basse. Vingt-trois centimètres trois quarts, très rigide, bois de rose avec à l'intérieur… oh mais oui…
- Un cheveu de Vélane, confirma Fleur. Il appartenait à ma grand-mère.
La jeune femme ne commenta pas lorsque le vieil homme, qui semblait exercer comme fabricant de baguette, lui indiqua que les cheveux de Vélane donnaient aux baguettes un mauvais caractère. La sienne l'avait toujours fidèlement servie mais peut-être leur lien était-il facilité par la parenté qui la liait à sa grand-mère. Elle esquissa un sourire lorsqu'il fit jaillir un bouquet de fleurs avec sa baguette avant de le lui offrir. Elle inhala le parfum des fleurs en cédant la place à Viktor. Sa baguette était semble-t-il une création de Gregorovitch. Faite en vois de charme avec un nerf de cœur de dragon, Ollivander l'utilisa pour faire jaillir une volée de petits oiseaux qui s'échappèrent par la fenêtre ouverte.
Ryan tendit ensuite sa baguette au vieil homme.
- Aaaah, oui, je m'en souviens très bien.
Étrangement, le fabricant de baguettes l'examina longuement mais ne commenta pas verbalement ses caractéristiques, se contentant de faire jaillir une fontaine de vin avant de la rendre au Survivant. Il invita ensuite Harry à s'avancer.
Fleur remarqua avec étonnement qu'il ne lui donna pas la baguette cachée dans son holster mais une autre qui se trouvait dans la poche de sa robe.
- Saule et crin de licorne, c'est aussi l'une des miennes mais il y a quelque chose… M. Potter, pourriez-vous la prendre et jeter un sort simple ?
Le vieil homme posa ses yeux pâles sur le garçon qui soutint son regard lorsqu'il récupéra sa baguette. Le Gryffondor utilisa verbalement un sortilège de lévitation qui fit flotter doucement une liasse de parchemins de Rita Skeeter. Le fabricant de baguettes pencha légèrement sa tête sur le côté, d'un air songeur.
- Elle est en bon état de fonctionnement. Albus, pourrais-je parler un instant à M. Potter ?
- Bien sûr, Garrick.
Fleur les regarda s'isoler plus loin dans la pièce et continua à les observer. Elle était trop loin pour les entendre ou pour lire sur leurs lèvres mais elle crut réellement voir Harry lui tendre quelque chose qui surprit beaucoup le fabricant de baguettes avant qu'il ne laisse échapper une expression de ravissement. L'échange fut bref et le fabricant de baguettes s'éclipsa ensuite.
- Merci à tous, déclara ensuite Dumbledore. Vous pouvez retourner en classe à présent, ou peut-être devriez-vous aller directement dîner ? Après tout, les cours sont sur le point de se terminer…
- Les photos, Dumbledore, les photos ! S'écria Ludo Verpey de sa voix si forte qu'elle en était profondément désagréable aux oreilles de Fleur. Les juge set les champions ensemble. Qu'est-ce que vous en pensez, Rita ?
La journaliste acquiesça puis recommanda de prendre successivement des photos de groupe puis des photos individuelles. Tout le long, elle n'avait pas quitté Ryan Potter du regard. La séance de pose lui parût durer un temps interminable et aucun des quatre champions ne semblait apprécier l'exercice. Voyant Harry s'esquiver après une photo individuelle, Fleur décida de le suivre pour échapper au photographe qui semblait vouloir la prendre en photo un nombre incalculable de fois. Elle fut retenue par Madame Maxime qui souhaitait lui donner brièvement des nouvelles de ses parents et le temps qu'elle rejoigne le couloir, Harry avait disparu.
