Chapitre 16 : A armes égales
Ryan Potter courait dans les couloirs de Poudlard avec son Nimbus 2000 à la main en dépit des remontrances de Rusard qui ne se déplaçait pas assez vite pour le rattraper. Le Gryffondor avait besoin de comprendre ce qu'avait vécu son frère et il avait besoin de lui parler. Plusieurs jours s'étaient écoulés depuis l'audience qui avait opposé Harry à leurs parents devant le Magenmagot et il n'avait pas eu la moindre opportunité !
Ce n'était pas comme si Harry l'évitait. Son frère lui disait bonjour dans les couloirs et lui adressait volontiers la parole en cours ou lorsqu'il mangeait à la table des Gryffondor. Le problème, c'était que Ryan ne pouvait pas lui parler de ce sujet devant tout le monde, c'était une affaire privée. Au début, il avait pensé à attendre le soir, dans leur dortoir mais soit ils n'étaient pas seuls – Neville se trouvant régulièrement en compagnie d'Harry – soit ce dernier était tout simplement introuvable !
C'était bien sûr en partie de sa faute, il n'avait jamais été proche de lui, même si leurs relations étaient plus cordiales depuis leur sélection pour le Tournoi des Trois Sorciers.
Le Survivant avait grandi sous les regards des autres et sous les feux de leurs questions aussi incessantes que déplacées. Il avait appris à y répondre poliment, à sourire quand il le fallait mais aussi à ne pas se laisser marcher sur les pieds. Pour autant, il n'avait jamais eu honte de sa famille avant cette audience. Sa grand-mère avait accompli un noble et terrible sacrifice pour le protéger et ses parents avaient toujours eu une conduite qui lui était apparue comme exemplaire, dans leur vie privée comme en public.
Son monde avait basculé lorsqu'il avait découvert les sévices que son frère avait subis chez Vernon et Pétunia Dursley. Le Gryffondor avait eu des nausées à la lecture des quelques pages de l'instruction qu'il était parvenu à déchiffrer par-dessus l'épaule de sa mère. Il avait enfin compris pourquoi Harry s'était comporté avec leurs parents comme il l'avait fait le soir de la finale de la Coupe du Monde de Quidditch ainsi que la raison pour laquelle il s'était battu bec et ongles pour ne pas être placé sous leur tutelle. Comment faire confiance à des parents qui l'avaient placé depuis sa plus tendre enfance chez des monstres ?
L'adolescent avait bien évidemment demandé des explications à ses parents après l'audience mais aucun des deux n'avait semblé en mesure de lui répondre. Ce n'était d'ailleurs pas par peur de sa réaction face à la vérité. Non, c'était pour la bonne et simple raison qu'ils n'étaient jamais allés vérifier les conditions de vie d'Harry chez eux ! Tout comme lui, Hermione en avait été horrifiée lorsqu'ils en avaient parlé. Le pire était sans doute le fait que ce soit le professeur Dumbledore qui leur ait suggéré de placer son frère chez ces monstres ! Le directeur de Poudlard était pourtant censé être le parangon du camp progressiste et réformateur du monde sorcier, un modèle de droiture et de probité… quelle désillusion !
Cela ne diminuait hélas en rien son propre sentiment de culpabilité. Les premières années à Poudlard, Ryan s'était montré assez indifférent envers ce frère qui sortait de nulle part et au sujet duquel il savait si peu de choses. Il ne pouvait évidemment pas nier leur lien de parenté, au vu de la ressemblance frappante entre lui et leur père mais sans ses yeux verts, il aurait volontiers supposé qu'il fût né d'une aventure de son père plutôt que de l'union heureuse de ses parents. Avec le temps, il en était venu à considérer que le garçon était peut-être simplement médiocre et que ses parents l'avaient mis à l'écart soit parce qu'ils le supposaient cracmol ou parce qu'ils craignaient qu'il ne soit blessé par le feu des projecteurs.
Après tout, ils n'avaient strictement rien en commun à leur entrée à Poudlard, sinon leur patronyme. Harry ne connaissait que le monde moldu, il ne savait même pas qu'il avait un frère et encore moins une sœur ! Ryan avait cru que le garçon cherchait à se distancier de ses parents biologiques mais il comprenait aujourd'hui qu'Harry n'avait tout simplement jamais eu la possibilité d'apprendre d'où il venait. Les Dursley ne lui avaient jamais rien dit !
Bien sûr, au cours de l'été dernier, le Gryffondor avait été jaloux de voir son frère remplacer Viktor Krum lors de la finale de la Coupe du monde. Son frère méconnu, qui n'avait jamais semblé ni spécialement doué sur un balai, ni assez intéressé par le sport pour prétendre intégrer l'équipe de leur maison, était apparu revêtu de l'uniforme de l'équipe de Bulgarie et avait permis aux Bulgares d'éviter la défaite face à l'Irlande ! Si cela ne suffisait pas, il s'était montré désagréable vis-à-vis de leurs parents !
Il se sentait stupide et cruel aujourd'hui d'avoir ressenti cela, maintenant qu'il savait ce que son frère avait vécu. C'était une des raisons pour lesquelles Ryan voulait tant lui parler seul à seul. Le Gryffondor souhaitait s'excuser et savoir s'il pouvait reconstruire un lien avec son frère.
Ce n'était toutefois pas l'unique raison. Au cours du procès, quelque chose avait gêné le jeune Potter sans qu'il ait réussi à mettre le doigt dessus sur le moment. Ce n'était qu'après coup, en discutant avec Hermione de ses impressions, que la lumière s'était faite. Ryan avait régulièrement regardé en direction d'Harry et celui-ci avait manifesté peu d'émotions, même quand les moments les plus durs de son enfance avaient été abordés. D'un côté, il se disait que c'était peut-être un mécanisme de défense mais de l'autre, il se demandait s'il était vraiment possible de ne rien montrer ? Ou était-ce parce qu'il n'éprouvait plus rien vis-à-vis de ces événements ? Était-il devenu à ce point anesthésié après tout ce qu'il avait vécu ou bien avait-il besoin de soutien moral sans savoir comment l'exprimer ?
Il était seul avec ses pensées dans leur dortoir de la Tour de Gryffondor, pour la simple raison que la plupart de ses compagnons de chambre avaient profité de la sortie à Pré-au-Lard. C'était une activité que le Survivant préférait éviter, à la fois parce qu'il ne souhaitait pas affronter les regards emplis de méfiance et de réprobation que lui lançaient des camarades de Poufsouffle, de Serdaigle et même quelques-uns de Gryffondor ! D'une manière similaire à sa deuxième année d'études à Poudlard, il était passé du statut de « héros sans peur et sans reproche » à celui de paria qu'il fallait mieux ne pas approcher… à la différence près qu'il avait l'impression aujourd'hui de l'avoir mérité.
Et puis il l'avait aperçu par la fenêtre. Virevoltant dans différentes directions, il avait ralenti suffisamment longtemps pour qu'il reconnaisse le visage d'Harry. Voilà pourquoi Ryan avait empoigné son balai et quitté la tour de Gryffondor pour partir à sa poursuite. C'était sa chance de pouvoir lui parler !
Désormais à l'extérieur du bâtiment, Ryan enjamba son balai et s'élança dans les airs avec l'habileté affinée en près de dix années passées à voler. Un balai miniature avait d'ailleurs été un des premiers cadeaux que lui avait offert son parrain Sirius, lorsqu'il été bébé. Il vola en direction d'Harry et ce dernier sembla le remarquer puisqu'il adressa un signe de la main, que le Survivant interpréta comme une invitation à le suivre… mais où ?
Harry ne prit pas la peine de l'attendre et s'élança en direction de la forêt interdite. Ryan corrigea sa trajectoire mais pour une raison qui lui échappait, il ne semblait pas parvenir à le rattraper. Par Merlin, sur quel genre de balai pouvait-il bien voler pour arriver à distancer son Nimbus 2000 ? Se penchant en avant pour gagner un maximum de vélocité, Ryan fit son possible pour ne pas le perdre de vue.
Après avoir surgi des flammes vertes d'une cheminée, Sirius Black s'étira en laissant échapper un bâillement sonore. C'est à peine s'il se retint de se métamorphoser en chien pour se rouler en boule et faire la sieste. Depuis la perquisition menée chez les Malefoy et l'arrestation de Lucius qui s'en était suivie, le département de la Justice Magique avait mis les bouchées doubles pour procéder aux arrestations de tous les associés Mangemorts que le blond platine avait listé dans son journal.
Certains s'étaient avérés plutôt faciles à écrouer, tels que Crabbe, Goyle ou encore Macnair. Arrêtés sans grande difficulté, ceux-là étaient passés aux aveux sous la pression lorsque les Aurors les avaient travaillés au corps avec des éléments très précis issus du journal de ce cher Lucius.
D'autres ne leur avaient pas facilité la tâche et risquaient de s'en sortir comme la dernière fois, à l'image de Nott et Yaxley. Ces deux fils de détraqueurs s'étaient présentés d'eux-mêmes avec leurs avocats au Bureau des Aurors et après plusieurs heures de pourparlers, ils étaient ressortis après avoir payé chacun une caution exorbitante.
Fort heureusement, il leur restait une proie qui leur avait fait le plaisir de prendre la fuite, ce qui constituait en soi un aveu de culpabilité… Avery. C'était lui que l'animagus traquait en compagnie de James depuis trois jours mais le serpent semblait toujours avoir un coup d'avance ! Suspectant une taupe quelque part au département, les deux Maraudeurs avaient choisi de poursuivre l'enquête en petit comité avec l'accord de Rufus Scrimgeour. Le chef du Bureau des Aurors s'était montré clair : ils avaient les coudées franches mais ils avaient intérêt à lui apporter des résultats.
En dépit du manque de sommeil, Patmol préférait se plonger dans son travail plutôt que de rentrer chez lui, où il aurait passé le plus clair de son temps à ressasser les ennuis dans lesquels il s'était fourré. Les avocats d'Harry n'avaient pas attendu longtemps pour requérir une audience avec les siens et la discussion qui s'était engagée n'avait rien de plaisant. Ce fichu gobelin, Gornuk, s'était montré particulièrement féroce dans les négociations.
La bonne nouvelle, c'était que les avocats de son filleul étaient prêts à régler l'affaire à l'amiable. Cela éviterait à Sirius toute possibilité d'être envoyé en prison si un tribunal, gobelin ou sorcier, venait à le reconnaître coupable de mise en danger de la vie d'Harry pour avoir mis son nom dans la Coupe de Feu sans son accord. La mauvaise nouvelle, c'était le montant outrancier qu'ils demandaient en dommages et intérêts !
Ce n'était pas tant qu'ils étaient pauvres. La famille Black possédait une fortune confortable que Sirius s'était bien gardé de dilapider, bien au contraire. Son épouse Diana et lui travaillant comme Aurors au ministère de la Magie, ils gagnaient tous les deux bien leur vie et alimentaient le coffre familial plutôt que le vidaient. Pour autant, les trois millions de Gallions réclamés par les avocats d'Harry n'avaient rien d'une petite somme !
Il était encore en train de maugréer sur ce satané gobelin avare quand James le percuta dans le dos à sa sortie de la cheminée, les faisant tomber tous les deux par terre.
- Patmol ! Tu pourrais faire un peu attention ! S'exclama James en se massant les lombaires.
- Désolé Cornedrue, j'avais la tête ailleurs…
James n'avait pas l'air en meilleure forme que lui, avec des cernes bien sombres sous les yeux mais il avait ses propres raisons de ne pas vouloir rentrer chez lui. Après l'audience au Magenmagot et les révélations sur l'enfance d'Harry qui en avaient découlé, les époux Potter avaient fait face à une tempête médiatique comme ils n'en avaient pas connu depuis la chute de Voldemort, à la différence près que les journalistes n'avaient pas été tendres. Rita Skeeter qui incarnait ce que la presse britannique pouvait faire de pire, n'avait pas manqué de pondre un article sulfureux à leur sujet. Elle y peignait un portrait particulièrement sombre de James et Lily, qui les faisaient passer pour des tortionnaires d'enfants et des soutiens de moldus anti-sorciers de la pire espèce.
- Regarde, je crois qu'il est là, chuchota James qui regardait par la fenêtre avec ses multiplettes.
Hardingham, le petit village rural du Breckland, région de l'Est de l'Angleterre, où ils se trouvaient actuellement était très calme. Les maisons à l'abandon n'y manquaient pas, et c'était justement par les fenêtres de l'une d'entre elles qu'ils observaient un homme vêtu d'un épais manteau et d'un bonnet en train de marcher dans la rue adjacente. Leur informateur leur avait parlé de la maison en face de celle qu'ils occupaient actuellement comme un vieux repère de Mangemorts et un des rares à ne pas avoir été perquisitionné dans les années 70. Selon ce bon vieux Mondingus, Avery devait transiter par cette maison avant de prendre un bateau pour le continent.
A leur grande surprise, après l'entrée de l'homme dans la maison d'en face, une seconde silhouette plus petite s'y rendit, emmitouflée dans une cape dont la capuche dissimulait le visage. Signalant à Scrimgeour qu'ils allaient avoir besoin de renforts, Sirius emboîta ensuite le pas à James pour activer des barrières anti-transplanage et anti-portoloin sur la zone. Les renforts mettraient deux à trois minutes à arriver mais les Maraudeurs décidèrent de se rapprocher.
Sirius bénit intérieurement sa femme pour lui avoir fait prendre une cape d'invisibilité dans ses affaires, il n'aurait jamais eu la place de se cacher avec James sous la sienne. Agissant en deux temps, James s'assura de murer silencieusement la porte arrière pendant que Sirius surveillait la porte de devant. Patmol confirma à son ami que les deux hommes étaient bien dans la maison, leurs silhouettes étant visibles via la faible lumière qui s'en échappait.
Lorsque les escouades d'Aurors et de tireurs de baguettes d'élite arrivèrent discrètement près d'eux, ils passèrent à l'action et défoncèrent la porte sur laquelle ils avaient préalablement jeté un sortilège d'insonorisation.
Figurant parmi les premiers à pénétrer dans la maison, Sirius manqua de peu d'être touché en pleine poitrine par un sortilège enflammé d'Avery. L'animagus lui lança un sortilège de stupéfixion que le Mangemort esquiva de justesse. En revanche, il n'eut pas le temps de réagir avant que le maléfice du Bloque-jambes de James ne le percute en plein tibia. Les six Stupéfix simultanés qui s'en suivirent laissèrent le Mangemort complètement immobile.
Quelle ne fut la surprise de Sirius en reconnaissant l'autre personne présente dans la pièce. Ce satané rat de Queudver avait montré le bout de son sale nez !
Grognant de colère, Sirius se jeta sur le côté lorsque Peter lui jeta un maléfice explosif et l'Auror répliqua par un sortilège de découpe. Il n'atteignit pas directement le Mangemort mais il déchira le large sac en cuir qu'il portait en bandoulière, déversant une partie de son contenu sur le sol. Le traître glapit avec un air terrifié avant de commencer à se métamorphoser.
- Oh non, pas cette fois ! Hurla Sirius en jetant un sortilège pour inverser la transformation dans sa direction.
Hélas, le sortilège le rata de peu. Un autre Auror fut plus chanceux, son propre sortilège de découpe taillant profondément l'épaule de Queudver mais sans l'empêcher pour autant de terminer sa métamorphose. Une fois sous sa forme de rongeur, il détala vers un petit trou dans le mur sans que les autres sorts lancés sur lui ne parviennent à l'atteindre.
Cornedrue ne se priva cependant pas pour lancer un puissant Incendio par l'entrée du trou mais au vu de sa chance insolente, Black doutait que cela suffise à tuer Peter. La vermine avait la vie dure.
Pendant que leurs collègues procédaient à l'arrestation d'Avery, Sirius se pencha sur les documents que Pettigrow avait laissé tomber par inadvertance. Prenant la précaution de mettre des gants, il prit en main deux ouvrages de magie noire, dont un semblait consacré aux potions. Son sang se glaça lorsqu'il saisit des feuilles volantes issues d'un cahier que son sort avait dû en partie découper.
- James !
Lorsque Cornedrue se fut rapproché, il lui montra les articles de journaux qui y étaient collés et qui avaient tous un point en commun : Ryan. L'un des plus récents mentionnait d'ailleurs sa participation au Tournoi des Trois Sorciers. Un simple échange de regards suffit pour qu'ils fassent silencieusement le même constat : d'une manière ou d'une autre, Peter était sans doute mêlé à la participation forcée de Ryan à la compétition et ce n'était certainement pas pour son bien.
Remus fut surpris de ne pas être plus nerveux que cela mais il se rendit compte que les présences de Mary et de Winky le rassuraient quelque peu. L'elfe de maison, désormais au service d'Harry, servait des rafraîchissements à la vingtaine d'invités qu'ils accueillaient dans la large tente magique qui avait été installée à leur intention.
Lorsqu'il avait signé son contrat de travail, le lycanthrope était devenu directeur général délégué de la Camelot Community Corporation, dite C3, la société mère qui contrôlait les différentes structures créées par Harry. Le jeune Potter n'avait d'ailleurs pas menti concernant sa rémunération, les gobelins lui ayant fait visiter son nouveau coffre de haute sécurité dans les profondeurs de Gringotts après la signature.
L'île où ils se trouvaient était une propriété gobeline depuis plus de six siècles mais son paysage laissait entrevoir peu de structures à la surface, les gobelins ayant préféré creuser des espaces souterrains. Toutefois, plusieurs bâtiments étaient désormais en construction et ils formeraient d'ici la rentrée prochaine l'école qu'Harry comptait ouvrir aux enfants magiques qui voudraient y étudier.
Pour l'heure, Lupin devait se contenter de la tente mise à sa disposition, qui était heureusement beaucoup plus grande à l'intérieur qu'à l'extérieur. Lorsque tous les invités furent servis, il les invita à gagner la vingtaine de chaises installées en arc de cercle devant lui et il prit place à son tour sur celle installée en face d'eux à son attention.
- Merci à toutes et à tous d'être venus. Je m'appelle Remus Lupin. Certains d'entre vous ont peut-être entendu parler de moi par vos enfants, j'ai enseigné à Poudlard la Défense Contre les Forces du Mal l'année dernière.
- Notre fille Hermione nous a dit beaucoup de bien de vos cours, M. Lupin, déclara un homme aux cheveux bruns qui devait être M. Granger.
- Mes fils aussi ont beaucoup aimé votre cours. Apparemment vous étiez le meilleur professeur qu'ils aient jamais eu dans cette matière, renchérit un autre homme aux cheveux châtains avec un sourire.
Remus sourit malgré lui, ravi que ses élèves aient apprécié ses cours. C'était une chose de l'entendre de la bouche des enfants de ses amis, comme Ryan ou Kathleen, et c'en était une autre de l'apprendre par les parents d'autres élèves. Se sentant déjà plus à l'aise, le Maraudeur prit naturellement un ton diplomate et pédagogue.
- Vous êtes ici parce que vous êtes les parents non-magiques de jeunes sorcières et sorciers, qui étudient pour certains à Poudlard. Je sais que le professeur McGonagall est venue vous voir en personne lorsque le premier de vos enfants sorciers a fêté ses onze ans mais je suis également conscient que ses explications sur le monde magique, bien que tout à fait exactes, étaient aussi succinctes, déclara-t-il en laissant ensuite un temps de pause, pour écouter leurs questions.
- Est-ce que vous nous proposez de nous en dire davantage sur le monde magique ? Demanda la femme aux cheveux bruns et aux yeux verts assise à la gauche de M. Granger, probablement son épouse.
- Dans un premier temps, tout à fait. Je répondrai d'abord à vos questions puis pour ceux que cela intéresse, je vous donnerai des éléments sur l'histoire des sorciers, sur les lois du monde sorcier britannique et sur les possibilités de carrière de vos enfants dans le monde magique.
- Et ensuite ? Demanda une dame aux cheveux roux et au tailleur impeccable avec un sourire levé.
- Ensuite, cela dépendra de vous. Je suis ici par la volonté d'un élève de Poudlard qui souhaite mettre les enfants issues de familles non magiques sur un pied d'égalité, en termes de connaissances, en vue de faciliter leur intégration dans le monde sorcier. Il souhaitait également que leurs parents, c'est-à-dire vous, puissiez davantage comprendre l'univers dans lequel ils évoluent pour entretenir le lien qui vous unit à eux et pouvoir jouer plus aisément votre rôle de soutien et de guide pour le futur de vos enfants, expliqua Remus.
Tandis que les parents d'élèves discutaient entre eux à voix basse, Lupin songea que certains de ses camarades Gryffondor auraient en effet apprécié à son époque de pouvoir bénéficier de ce type d'accompagnement. Bien sûr, il ne leur avait pas encore annoncé exactement le projet d'Harry de fonder une sorte d'école primaire pour enfants sorciers, issus de familles magiques comme non magiques. Cela viendrait en son temps mais à sa connaissance, les parents présents ici avaient déjà tous leurs enfants scolarisés à Poudlard. Pour les parents moldus d'enfants de moins de onze ans, ils n'avaient pas encore de solution mais Ragnok lui avait laissé entendre qu'Harry travaillait là-dessus.
Les questions commencèrent ensuite à fuser et Remus y répondit calmement pour la plupart, sauf lorsqu'elles concernaient certaines dispositions réglementaires pour lesquelles Mary prit la relève. Sans surprise, ils s'inquiétaient pour la plupart des carrières qui pouvaient s'offrir à leur progéniture, des dangers auxquels ils étaient exposés à Poudlard et des possibilités pour eux se concilier ou non leur vie dans le monde sorcier et dans le monde moldu.
Mme Granger fut toutefois la première à mettre le doigt sur un sujet sensible.
- M. Lupin, notre fille nous a parlé d'une forme de racisme manifesté par des sorciers dits « de sang-pur » par rapport à ceux ayant un ou deux parents non magiques, ou « moldus » comme le veut le terme sorcier. Nous savons que cela a fait l'objet d'une guerre parallèle à la seconde guerre mondiale dans les années 40 et d'une quasi-guerre civile dans les années 70. Où en sont les choses aujourd'hui ?
- Je ne vais pas vous mentir, Madame…
- Granger, Helen Granger. Voici mon époux John.
- Enchanté, M. et Mme Granger. Je ne vais pas vous mentir, cette discrimination existe encore aujourd'hui, tant envers les personnes non sorciers, les sorciers qui leur sont apparentés et les autres êtres intelligents, comme les gobelins, les vélanes, les centaures, les géants…
- …et les loups-garous aussi, n'est-ce pas ? Demanda Helen Granger avec un sourire triste.
- Eux aussi, reconnut Remus en remerciant silencieusement la mère d'Hermione de ne pas l'avoir personnellement identifié comme tel, bien qu'il supposât qu'elle était au courant de son affliction.
- Pouvons-nous faire quoi que ce soit pour changer les choses ? Demanda l'homme aux cheveux châtains. Je ne voudrais pas que mes garçons aient d'ennuis, ce sont de bons petits gars.
- Nous avons quelques idées que nous souhaiterions expérimenter. Si vous avez un peu de temps à nous accorder, que diriez-vous de nous parler du monde non magique et en particulier de vos métiers ?
Remus avait trouvé l'idée d'Harry à ce sujet aussi simple que très intéressante et tandis qu'il prenait sa plume, il espérait qu'elle soit fructueuse. L'homme aux cheveux châtains, M. Creevey, fut le premier à se prêter au jeu. Avec entrain, il se mit à lui parler de sa carrière de laitier et des personnes qu'il rencontrait tous les jours en faisant sa tournée ainsi que de sa passion pour la photographie.
Fleur entendit le sifflement du balai dans l'air avant de voir le jeune Potter surgir dans son champ de vision. A la vitesse où il arrivait, la Française crut sincèrement qu'il allait percuter le sol sans parvenir à s'arrêter mais à sa grande surprise, il ralentit en faisant une sorte de looping avant d'atterrir gracieusement près d'eux. Une seconde silhouette suivit un instant plus tard et Ryan Potter toucha le sol avec autant de maîtrise qu'Harry.
Il fallut quelques instants au quatrième champion pour se rendre compte que son frère et lui n'étaient pas les seuls dans la clairière.
- Que faites-vous ici ? Demanda Ryan en mettant son balai contre son épaule.
- Nous vous attendions, répondit simplement Viktor en se levant de la souche sur laquelle il était assis.
- Harry voulait nous montrer quelque chose à tous les trois, compléta Fleur avec un sourire amical.
Le Survivant lui rendit son sourire avant de jeter un regard interrogateur à son frère. Harry consulta la montre qu'il portait à son poignet gauche avant de porter son attention sur celui-ci, à qui il adressa un sourire d'excuse.
- Désolé de ne pas t'avoir attendu quand je t'ai fait signe mais tu avais l'air bien parti donc j'ai pensé que tu n'aurais aucun mal à me suivre.
- Je ne dirais pas ça, tu étais tellement rapide que j'arrivais à peine à te garder dans mon champ de vision. Est-ce que c'est un Éclair de Feu que tu tiens ?
- Oui, c'est un cadeau de Viktor, expliqua Harry en faisant un signe gracieux de la tête en direction du champion bulgare.
- Tu nous as perrrmis de gagner, Harry. Mon pays t'en est reconnaissant et mon équipe tout particulièrement. Notre coach était d'accord avec notre décision, confirma Viktor en sortant un vif d'or usé de sa poche.
Fleur avait tendance à oublier qu'Harry avait remplacé Viktor lors de la finale de la coupe du monde, bien qu'elle l'ait lu dans les journaux à l'époque. La Française avait mené sa petite enquête sur le moins connu des frères Potter – en tout cas jusqu'à l'été dernier – depuis son arrivée à Poudlard et force était de reconnaître que les élèves n'avaient pas eu grand-chose à en dire. Jusqu'à cette rentrée, il était un élève discret et plutôt studieux mais qui ne semblait avoir guère d'amis proches, à l'exception peut-être de Kathleen Black.
Juste après l'Examen des Baguettes, la Française n'avait pas résisté à la tentation d'aller trouver le fabricant anglais de baguettes, M. Ollivander pour l'interroger au sujet de la baguette d'Harry. Celui-ci lui avait fait une réponse qui l'avait laissée songeuse : la baguette qu'il m'a fait examiner est des plus ordinaires, Mademoiselle Delacour mais le sorcier qui la manie ? Ha ! Ha ! Monsieur Potter devrait nous réserver quelques surprises pendant cette compétition, j'espère juste qu'il ne partira pas trop vite. Ce n'est pas tous les jours qu'on croise un voyageur.
Le vieil homme n'avait guère voulu lui en dire davantage mais le dernier terme l'avait intrigué. Des gens qui voyageaient étaient courants aujourd'hui, que ce soit par des moyens de transport sorciers ou moldus. De plus, de ce qu'elle avait lu dans la presse locale suite à l'audience entre ses parents et lui, Harry ne semblait pas avoir eu spécialement l'occasion de voyager avec ses tuteurs moldus.
Lorsqu'elle reprit le cours de la conversation, Harry semblait essayer d'apaiser son frère.
- Ecoute, je comprends que tu as envie que nous parlions tous les deux et je te promets que nous prendrons le temps dans les prochains jours… mais ce que j'ai à vous montrer est vraiment important, pour nous quatre et notre fenêtre d'opportunité est réduite. Est-ce que ça peut attendre demain ?
- D'accord, concéda Ryan en soutenant le regard d'Harry mais je te rappellerai ta promesse demain.
- C'est entendu ! Ne perdons pas de temps, la nuit est presque tombée. Fleur, Viktor, est-ce que vous avez pu prendre des lanternes ?
Pour toute réponse, la jeune femme et son homologue bulgare brandirent chacun une lanterne. Harry plongea sa main dans son sac à dos et en sortit deux, avant d'en tendre une à Ryan.
- Ouvrrre-nous la voix, commenta succinctement Viktor avec un léger sourire après avoir allumé sa lanterne.
Fleur alluma également la sienne et remarqua véritablement à quel point la nuit était tombée rapidement sur les bois. De nuit, la forêt avait un aspect sinistre qui ne donnait guère envie de s'y attarder. L'élève de Beauxbâtons comprit instantanément l'avantage des lanternes, qui leur permettait de pouvoir utiliser leurs baguettes indépendamment tout en continuant à éclairer les alentours, ce qui aurait été beaucoup plus difficile avec un Lumos.
Tandis que Ryan et Viktor entamaient une discussion sur la nouvelle saison de Quidditch, Fleur accéléra légèrement son allure pour rattraper Harry qui les guidait, quelques pas plus en avant.
- Ce que tu veux nous montrer, c'est lié à la première tâche, n'est-ce pas ? Sais-tu déjà ce quoi il s'agit ? Demanda la Française avec curiosité.
- C'est exact. Quant à la nature de la première tâche, je n'en connais qu'un des aspects mais c'est sans doute le plus important.
- Comment l'as-tu découvert ? Je croyais que les élèves de Poudlard n'avaient pas le droit de se rendre dans la forêt interdite.
- En théorie, non mais certains bravent quand même l'interdit en espérant de pas être découverts par les professeurs. En ce qui me concerne, c'est en survolant les environs que j'ai remarqué la surprise qu'ils avaient en réserve pour nous. Tu comprendras quand tu la verras de tes propres yeux.
Fleur acquiesça silencieusement tout en songeant que si la « surprise » en question pouvait être aperçue depuis les airs, il devait sans doute s'agir de quelque chose de très imposant. Puisqu'ils étaient suffisamment éloignés des deux autres champions, la Française décida d'en profiter pour interroger Harry sur l'autre sujet qui l'intéressait.
- Je ne crois pas que nous ayons eu le temps d'en discuter depuis… de quoi M. Ollivander voulait-il te parler lors de l'Examen des Baguettes ?
Harry parut surpris par sa question. S'il croyait qu'elle avait oublié cet élément, il se trompait lourdement. Le jeune Potter était l'une des personnes les plus intéressantes qu'elle avait rencontrées depuis son arrivée sur le sol britannique et elle comptait bien percer ses secrets.
Fleur n'aurait pas su dire pourquoi elle était aussi curieuse, peut-être était-ce parce qu'il donnait l'impression d'être complètement immunisé vis-à-vis de ses pouvoirs ? Ou bien était-ce parce que dans ses raisonnements et dans son attitude, il ne semblait pas du tout avoir quatorze ans ? La Française s'était d'ailleurs demandée s'il s'agissait d'un imposteur, il existait après tout des potions comme le polynectar qui pouvaient changer l'apparence d'une personne. Toutefois, pour l'avoir observé attentivement pendant de longues périodes, notamment pendant les repas, elle l'avait déjà vu passer plus d'une heure sans boire autre chose que l'eau claire d'une carafe. Elle ne pouvait pas en dire autant de certains professeurs, comme le fameux M. Maugrey, qui semblait passer la majorité de son temps les lèvres collées à sa flasque…
- Il avait remarqué quelque chose par rapport à l'usage que je fais de ma baguette et il voulait en discuter, ce n'était rien d'important, répondit l'élève de Poudlard avec un sourire.
- Oh, quelque chose en rapport avec ton activité de voyageur ?
A en juger par son expression interloquée, elle avait visé juste ! Son père lui avait appris à bien utiliser les cartes qu'elle avait en main et l'art du bluff était une technique dont Antoine Delacour était passé maître dans l'arène politique française. Fleur attendit patiemment la réponse de l'adolescent en regardant nonchalamment le paysage alentours, comme si elle savait déjà ce qu'elle allait lui dire.
- Je ne pensais pas que M. Ollivander serait aussi bavard à ce sujet, commenta Harry en passant une main dans ses cheveux noirs d'un air embarrassé. Oui, c'est lié à ma condition. La baguette est utilisable mais pas idéale, c'est pour ça que j'en ai une autre.
Une autre baguette ? Oh, cela devait être celle qu'elle avait aperçue dissimulée dans sa manche lors de l'Examen des Baguettes. Elle se demanda de quelle condition il s'agissait mais ne laissa rien paraître sur son visage, se contentant d'esquisser un sourire avant de lancer un second hameçon.
- Il ne faut pas lui en vouloir, il semblait vraiment jovial. Après tout, il reconnaissait lui-même que ce n'est pas tous les jours qu'il pouvait rencontrer une personne aussi extraordinaire ! S'exclama Fleur dans un chuchotement complice.
- Ah, je veux bien le croire… Fleur, est-ce que je peux compter sur ta discrétion à ce sujet ? Les voyages inter-dimensionnels ne sont pas réglementés par la loi magique puisqu'ils sont considérés comme quasiment impossibles mais je préférerais ne pas l'ébruiter.
Voyage inter-dimensionnel ? Heureusement que la jeune femme avait la tête tournée vers la forêt, sinon Harry aurait vu son visage trahir brièvement sa surprise. La fille aînée d'Antoine Delacour fit cependant de son mieux pour se contrôler et elle afficha un masque de parfaite sérénité lorsqu'elle lui fit face.
- Bien évidemment mais mon silence a un prix, Harry… Déclara-t-elle avec un sourire malicieux avant de rassurer l'adolescent. Je souhaiterais simplement que tu me parles des autres lieux que tu as visités, si tu le veux bien.
- Bien sûr, même si Mokona pourrait t'en dire davantage que moi à ce sujet. J'ai visité des réalités assez similaires les unes aux autres alors qu'il a vu des mondes aussi fascinants que diversifiés avec ses compagnons.
- Ses compagnons ? Il y a d'autres voyageurs ? Demanda Fleur avec curiosité.
- Bien sûr. Nous ne sommes pas très nombreux et nous n'utilisons pas tous les mêmes méthodes mais j'en connais plusieurs.
Fleur se demanda pourquoi Harry venait brusquement de s'arrêter. Lorsqu'elle suivit son regard, elle réalisa la raison de cet arrêt et ses yeux s'écarquillèrent de surprise.
Depuis là où ils se trouvaient, elle pouvait apercevoir quatre énormes dragons qui se dressaient sur leurs pattes arrière à l'intérieur d'un enclos fermé par d'épaisses planches de bois. Semblant plus féroces les uns que les autres, la jeune Delacour était hypnotisée par les flammes rougeoyantes qu'ils crachaient. Elle entendit vaguement les échos des discussions des dragonologistes qui essayaient tant bien que mal de les maîtriser. Elle crut reconnaître un Vert gallois et un Suédois à museau court mais elle ne connaissait pas les deux autres.
- Des dragons… ils vont vraiment nous obliger à les affronter ? Demanda Ryan en déglutissant non sans difficulté.
- Cela m'étonnerait, répondit Harry en secouant la tête. Outre le fait que tuer un dragon adulte est extrêmement difficile, ce serait aussi en violation de plusieurs traités internationaux. Je pense plutôt à une épreuve d'adresse mais ça sera tout de même très difficile.
- Le Magyar à pointes sera le pirrre, déclara Viktor en regardant le dragon aux écailles noires avec intensité. Outrrre sa queue très dangereuse, il peut souffler ses flammes plus loin que les autres dragons.
- Vous les avez étudiés à Durmstrang ? Demanda Fleur.
- Oui, ils viennent d'Hongrie mais certains sont déjà arrivés jusqu'en Bulgarie.
Ils restèrent de longues minutes à observer les dragons à distance et à essayer d'entendre les bribes de conversation avant de reconnaître qu'ils n'apprendraient rien de plus à ce stade. Ils commencèrent à rebrousser chemin. Fleur était plongée dans ses pensées mais elle ne savait pas si elle était davantage surprise par les dragons ou par le secret d'Harry. La perspective d'affronter la créature l'inquiétait peu, elle avait déjà sa petite idée quant à la façon dont elle pourrait la gérer. Par contre, ce qu'elle venait d'apprendre la rendait d'autant plus curieuse.
- Attention, chuchota Harry en l'attirant vers lui par la main derrière un arbre.
Revenant à la réalité, elle le laissa faire et observa deux hautes silhouettes qui marchaient dans le sens opposé au leur, en direction des dragons. L'une d'entre elles était indubitablement Madame Maxime, qui avait l'air assez coquette et l'autre était, à sa connaissance, l'un des professeurs de Poudlard. Si sa mémoire ne lui faisait pas défaut, c'était un Monsieur Hagrotte, non Hagrid. Il s'occupait des soins aux créatures magiques.
Ce n'est qu'après qu'ils eurent disparus qu'elle remarqua à quel point elle était proche d'Harry. L'arbre derrière lequel ils s'étaient abrités étant peu large, ils étaient presque enlacés. Pour autant, le Gryffondor ne semblait toujours pas réagir à ses pouvoirs passifs de séduction. En était-il complètement immunisé ?
Il s'écarta ensuite et s'excusa pour son geste avant de leur faire remarquer qu'ils étaient presque arrivés à la lisière de la forêt.
- Je vous propose de se séparer ici. Vous êtes assez près du carrosse de Beauxbâtons et du navire de Durmstrang. Ryan et moi allons utiliser nos balais pour retourner directement dans la Tour de Gryffondor, j'ai demandé à un elfe de maison de laisser une fenêtre ouverte à notre intention. Nous sommes tous à égalité désormais. Il ne nous reste plus qu'à nous préparer à toutes les éventualités… Bonne nuit les amis !
Sans plus attendre, Harry enfourcha son balai et partit comme un éclair. Ryan parut pris au dépourvu et après un bref au revoir, il imita son frère et décolla à une vitesse presque aussi fulgurante. Viktor esquissa un sourire et secoua la tête.
- Mon père me l'avait pourrrtant dit, ils sont fous ces anglais.
- Sans doute mais intéressants également. Je ne regrette pas d'être venue ici, confessa Fleur avec un sourire.
- Moi non plus. C'est l'occasion de me mesurrrer à Harry, même si j'aurais préféré le faire sur un terrain de Quidditch. Bonne nuit, Fleur, lui dit le Bulgare avec un hochement de tête avant de commencer à s'éloigner.
- Bonne nuit Viktor, répondit la championne de Beauxbâtons avant de faire de même.
Tandis qu'elle regagnait le carrosse, la jeune Delacour ne put s'empêcher de se demander comment Harry allait affronter cette première épreuve et si elle aurait la chance de rencontrer certains de ses amis voyageurs. Même une fois dans sa chambre, ces pensées hantaient d'ailleurs toujours son esprit lorsque le sommeil finit par l'engloutir.
