Chapitre 19 : Le Bal de tous les périls


Les garçons en quatrième année qui partageaient un dortoir dans la tour des Gryffondor eurent droit à un réveil en sursaut en ce matin de Noël. En entendant le cri perçant poussé par Ryan, Harry avait attrapé sa baguette par réflexe et avait déjà un charme du Bouclier au bord des lèvres. Sa panique s'estompa en même temps que le brouillard du sommeil lorsqu'il reconnut la petite silhouette qui se tenait au pied du lit de son frère. À cet instant, son cœur rata un battement sous la stupeur.

Dobby se tenait là, en chair et en os, à quelques mètres de lui. L'elfe de maison se confondait en excuses pour avoir involontairement fait peur au Survivant. Il portait en guise de chapeau un cache-théière auquel étaient épinglés toutes sortes de badges aux couleurs brillantes. Sur son torse nu se trouvait une cravate ornée de fers à cheval et il portait ce qui ressemblait à une culotte de football pour enfant. Comme à l'accoutumée, il avait des chaussettes dépareillées dont une noire. Harry connaissait bien cette chaussette noire, même si elle n'était pas la sienne en ce monde, elle appartenait à Ryan.

Il s'en voulut instantanément d'avoir oublié l'ancien elfe de maison des Malefoy, qui avait pourtant été son ami. Il ne se rappelait que trop bien de tout ce que l'elfe avait fait pour lui et sacrifié aussi, jusqu'à sa propre vie. De là où il venait, Dobby était mort dans ses bras et Harry l'avait enterré de ses propres mains.

Tandis que Ron, Dean, Seamus et Neville se précipitaient pour découvrir leurs cadeaux de Noël, Harry n'avait d'yeux que pour l'elfe de maison. C'est avec un certain attendrissement qu'il regarda l'elfe offrir à Ryan une paire de chaussettes dépareillées qu'il avait cousu lui-même tandis que le Survivant lui donnait en retour l'une de ses paires de chaussettes ordinaires attrapées à la hâte dans sa valise. Ron revint ensuite vers eux et offrit une de ses paires de chaussettes à l'elfe, ainsi qu'un pull tricoté par sa mère.

Harry savait que l'elfe allait bientôt s'en aller pour retourner aux cuisines mais il ne pouvait pas laisser passer cette opportunité.

- Bonjour Dobby, l'interpela-t-il depuis son côté du dortoir.

- Oh bonjour monsieur, s'exclama l'elfe en le fixant de ses grands yeux verts avant de se rapprocher de lui. Dobby est ravi de rencontrer le frère de Ryan Potter.

- Moi aussi, je suis heureux de faire ta connaissance, Dobby. Est-ce que je peux aussi t'offrir quelque chose ?

Ouvrant l'un des compartiments de son coffre à sept serrures, Harry attrapa quelque chose avant de se tourner vers Dobby. Le petit être ouvrit plus grand encore ses yeux globuleux lorsqu'il réalisa ce que le Gryffondor tenait entre ses mains. Il lui donna d'abord une paire de petits gants en laine d'un bleu vif qu'il avait initialement achetés pour Rose, avant que Remus ne lui glisse qu'elle préférait le rouge.

- Il peut faire froid l'hiver, ils te tiendront chaud si tu dois travailler dehors ou si tu veux te promener dans le parc.

Dobby les enfila avec un regard émerveillé. Harry lui donna ensuite son écharpe aux couleurs de Gryffondor, qu'il enroula délicatement autour de son cou. Enfin, il sortit un journal placé dans le plus sécurisé des compartiments de son coffre et après un instant d'hésitation, il déchira soigneusement l'une des pages avant de la tendre à l'elfe de maison.

- Ce n'est pas grand-chose mais j'aimerais que tu l'acceptes, en signe de ma gratitude.

Dobby contempla longuement le morceau de papier, sur lequel figurait un dessin fait à la main, visiblement au crayon de papier. Il montrait un elfe de maison qui lui ressemblait comme deux gouttes d'eau, à l'exception près qu'il affichait une expression déterminée que Dobby n'avait jamais vue sur son propre visage lorsqu'il lui était arrivé de regarder son reflet. L'elfe ne portait pas une taie d'oreiller ou un autre linge en guise de tenue. A la place, il était vêtu d'un short semblable à celui qu'il portait actuellement et d'un pull qui ressemblait beaucoup à celui que venait de lui offrir l'ami aux cheveux roux de Ryan Potter. Il portait également des chaussettes aux motifs différents dont une chaussette sombre qui ressemblait à celle grâce à laquelle Ryan Potter l'avait libéré.

Dobby croyait discerner une silhouette humaine aux cheveux sombres derrière l'elfe de maison, comme s'il protégeait l'être humain mais sa forme était trop indistincte pour le reconnaître. En guise de paysage, l'elfe de maison se trouvait au milieu d'une plage, près de la mer. On distinguait une petite maison au loin.

Les mots suivants étaient écrits sous le dessin : Mon ami, parti trop tôt mais libre pour toujours.

L'elfe de maison resta de longs instants devant le dessin, son petit cœur enserré par un mélange d'émotions qu'il ne comprenait pas. Il avait envie de pleurer et de sourire à la fois, il était fier et triste à la fois. Dobby ne comprenait pas mais il ressentait quelque chose de très fort, presque aussi fort que le jour où Ryan Potter l'avait libéré du joug de Lucius Malefoy.

- Merci, monsieur Harry Potter, déclara l'elfe en levant ses grands yeux verts, brillants d'émotion, vers le frère de Ryan Potter.

- Non, merci à toi, Dobby. Merci d'être là, murmura le sorcier d'une voix chargée d'émotion mais si basse que seules les oreilles de l'elfe l'entendirent.

Harry referma soigneusement son coffre avant de rejoindre la salle de bain, ne jetant pas un œil ni à sa pile de cadeau, ni aux autres occupants de la pièce. Seamus, Ron et Dean étaient tellement occupés à se montrer leurs cadeaux respectifs qu'ils n'avaient pas vu la discussion entre Harry et l'elfe.

En revanche, Ryan et Neville les avaient regardés et le Survivant n'essayait même pas de cacher sa perplexité. Pourquoi son frère s'était-il montré si généreux à l'égard de Dobby s'il ne l'avait jamais rencontré ? Était-ce parce qu'il savait à quel point l'elfe de maison avait souffert chez les Malefoy ? Ou bien y avait-il autre chose ?


Albus Dumbledore avait délégué à Minerva une majeure partie des préparatifs du dîner et du bal de ce soir. D'ordinaire, le directeur de Poudlard aurait pris une part plus active mais les gobelins continuaient de faire de sa vie un cauchemar administratif au niveau du monde magique britannique et de la Confédération internationale des mages et sorciers. Pis encore, le « vainqueur de Grindelwald » devait désormais face à une enquête officielle du conseil d'administration de Poudlard, initiée par Narcissa Malefoy, qui avait récemment récupéré le poste de son mari. Les gobelins devaient aussi lui apporter un soutien juridique à en croire l'épaisseur du dossier qu'elle avait distribué à l'ensemble du conseil d'administration, avec une copie adressée au ministère de la magie.

L'ancien professeur de métamorphose ne savait pas qui leur avait parlé mais les éléments faisaient état à la fois de la façon dont un cerbère avait été gardé dans l'enceinte de l'école quelques années plus tôt ainsi que le cas compliqué du professeur Quirrell mais aussi les faits plus récents liés à l'organisation du tournoi des trois sorciers et en particulier les défaillances respectives du directeur et du ministère de la magie pour ne pas avoir pu empêcher deux adolescents de quatorze ans d'avoir leurs noms placés dans la Coupe de Feu.

Toutes ces préoccupations prenaient tant de temps au professeur qu'il peinait à se concentrer sur d'autres problématiques des plus intrigantes. Harry Potter avait utilisé de la magie élémentaire très ancienne, qu'Albus lui-même n'avait commencé à étudier qu'assez tard dans sa vie, faute d'avoir réussi à trouver quelqu'un pour la lui enseigner plus tôt. Non seulement le jeune Gryffondor y avait recouru mais il avait manié deux éléments, l'eau puis la foudre, ce qui était prodigieux pour un élève de son âge.

Ôtant ses lunettes en demi-lune de son nez crochu pour les nettoyer, le président-sorcier du Magenmagot devait reconnaître qu'il ne savait pas quoi penser d'Harry. Le garçon s'était rapproché de son frère ainsi que des autres champions, dans une démonstration de fair-play et de camaraderie qui faisait défaut à certains représentants de leurs pays respectifs, les britanniques tout particulièrement. Harry avait bon fond, Albus ne pouvait guère le nier, même s'il n'était pas simple à gérer. Le Gryffondor opposait une résistance de tous les diables à ses parents et par extension, à Albus. Il donnait aussi des cheveux blancs à Minerva mais sans enfreindre le règlement pour autant. En toute honnêteté, le directeur commençait à se demander si la manière dont le garçon encourageait la mixité entre maisons n'était pas plus efficace que la politique compétitive qu'il avait initiée dans les années qui avaient suivi son accession à la tête de l'école. Après tout, le jeune Drago semblait s'être quelque peu écarté du chemin de son père au contact d'Harry.

Albus n'était cependant pas rassuré par l'influence croissante des gobelins sur le frère de Ryan. Pis encore, il avait remarqué la présence de Charlus lors de la première épreuve du tournoi et le patriarche Potter s'était débrouillé pour se faire inviter au bal de ce soir. Charlus Potter n'était pas un mage noir, loin s'en faut mais à l'instar des gobelins, il n'était pas quelqu'un qui portait le directeur de Poudlard dans son cœur au point qu'Albus craignait un rapprochement entre le petit-fils et son grand-père.

Enfin, il se pencherait sur cette question demain, l'heure du dîner se rapprochait à grands pas. Tandis qu'il quittait sa chaise, les yeux bleus du vieux sorcier se posèrent sur son fidèle compagnon, qui dormait paisiblement sur son perchoir. Fumseck allait bientôt entamer sa combustion, mieux valait ne pas le déranger.

Tout occupé à vérifier qu'il était convenablement habillé et coiffé pour l'occasion, Dumbledore ne remarqua pas la façon dont certains de ses instruments se mirent à bouger de façon chaotique. Il n'aperçut pas non plus un second phénix identique à Fumseck passer brièvement devant l'une des fenêtres de son bureau avant de prendre son envol.


Se contemplant une dernière fois devant le miroir, Ryan remercia intérieurement sa mère d'avoir choisi une robe de soirée pour sorcier qui soit élégante mais aussi relativement sobre, majoritairement noire avec des liserés pourpres plutôt que celle intégralement rouge vif et or que son père lui avait proposée. Le jeune Potter était peut-être un Gryffondor mais cela ne voulait pas dire qu'il voulait être une mascotte ambulante, en particulier ce soir où il co-représentait Poudlard avec Harry.

Laissant Ron se dépêtrer avec sa propre robe quelque peu… passée de mode, le Survivant descendit rejoindre sa cavalière dans la salle commune des Gryffondor. Il resta un instant le souffle coupé lorsqu'il l'aperçut, peut-être parce que c'était la première fois qu'il la voyait ainsi habillée et si jolie.

Kate était vêtue d'une robe de soirée bleu nuit en satin, ornementée de lisérés dorés. Elle portait à son cou un collier en or incrusté de pierres bleues qui mettaient en valeur ses yeux.

- Salut Ryan, l'accueillit-elle avec un sourire. Tu es élégant ce soir.

- Mm… merci, toi aussi, tu es très… très jolie avec cette robe, la complimenta Ryan, surpris d'avoir la bouche aussi sèche.

- C'est gentil, répondit-elle avant de jeter un œil vers l'escalier. Est-ce que tu as vu Harry ?

Le Gryffondor fut surpris de ressentir une pointe de jalousie à l'évocation de son frère mais il se reprit vite. La question était tout à fait légitime après tout, ils étaient amis depuis longtemps.

- Oui, il est parti assez tôt. Je crois qu'il devait accueillir des invités qui viennent spécialement pour ce soir. Il m'a dit que je le verrai directement au dîner.

- Oh, allons-y alors. Ron ne vient pas ?

- Il arrive, il finit d'ajuster sa robe, expliqua Ryan avec une grimace.

En arrivant devant les grandes portes de chaîne de l'entrée, ils croisèrent Hermione, qui était magnifique dans sa robe bleu pervenche et avec ses cheveux lisses et soyeux, qui avaient été élégamment relevés sur sa nuque. Le Gryffondor comprenait tout à fait qu'elle ait voulu garder le secret sur son cavalier lorsqu'il aperçut Viktor Krum. Lorsqu'il capta leurs regards, le Survivant leur adressa un sourire et un signe de la main.

- Les champions, par ici, s'il vous plaît, appela le professeur McGonagall.

Ils se rapprochèrent d'Hermione et de Viktor qui étaient les premiers arrivés. Fleur fit son entrée un instant après, elle aussi éblouissante dans sa robe de satin argenté. Elle était accompagnée par Roger Davies, le capitaine de l'équipe de Quidditch de Serdaigle, qui semblait faire son possible pour ne pas se perdre dans sa contemplation de sa cavalière. Pour sa défense, Ryan ressentait aussi l'attraction exercée par la sorcière française mais il s'y était un peu habitué à force de la côtoyer.

- Quelqu'un a vu l'autre monsieur Potter ? Demanda la directrice de Gryffondor en fronçant les sourcils.

- Ah, le voilà on dirrrait, répondit Viktor en indiquant les portes d'entrée.

En effet, c'était bien Harry qui venait d'entrer. Son frère avait choisi une robe de sorcier vert bouteille qui s'accordait bien avec ses yeux. Ses cheveux étaient soigneusement coiffés, d'une manière qui lui rappelait un peu leur père. L'aspect le plus saisissant de son arrivée ne résidait pas dans sa tenue mais dans sa cavalière, qui était belle et bien réelle.

Il s'agissait d'une magnifique jeune femme dont les longs cheveux d'un bleu pâle étaient coiffés en ce qui ressemblait à deux longues couettes bouclées. Elle avait des yeux d'un bleu tout aussi pâle, et d'une telle intensité que le Survivant eut un frisson lorsqu'il croisa son regard. Elle était revêtue d'une longue robe bouffante noire d'inspiration victorienne, dont les courtes manches cousues avec des lacets noirs. Sa robe était ornée de roses d'un rouge profond et de liserés de la même couleur. Ses gants et ses chaussures étaient également noirs, en contraste avec la dentelle blanche qui ornait le bas de sa robe. Le Gryffondor remarqua qu'elle tenait un parapluie à la main, qui ressemblait beaucoup à celui qu'Harry avait utilisé face au Magyar à pointes.

- Vous pourriez faire un effort pour être ponctuel, monsieur Potter, remarqua le professeur McGonagall avec une once d'exaspération.

- Dans ce cas, vous pourriez mieux éduquer l'énergumène qui vous sert de concierge, répliqua la cavalière d'Harry sur un ton cassant. Lorsqu'il nous a arrêtés en chemin, j'ai proposé à Harry de l'étrangler pour être à l'heure mais il a insisté pour que nous le persuadions que je n'étais pas une intruse. Vous autres humains êtes toujours aussi malpolis.

L'enseignante resta interloquée par la répartie de la jeune femme et Harry profita de ce moment de répit pour aller de l'avant en adressant à McGonagall un sourire d'excuse. Tandis qu'ils se mettaient en rang par couples derrière la directrice des Gryffondor, Ryan se demanda ce qu'elle voulait dire par « vous autres humains ». Peut-être avait-elle voulu désigner les sorciers britanniques ?


Harry poursuivit sa prière intérieure, ne faisant guère attention aux murs de la grande salle recouverts d'un givre argenté, ni aux centaines de guirlandes de gui et de lierre qui s'entrecroisaient sous le plafond qui avait été constellé d'étoiles pour l'occasion. Il prenait avant tout garde à ne pas trébucher et à garder un œil sur sa cavalière.

Comme il s'y était attendu, les longues tables des quatre maisons avaient été remplacées par une centaine de petites tables rondes, capables d'accueillir chacune une douzaine de personnes. Il prit place à la grande table ronde qui se trouvait au bout de la salle et à laquelle les juges étaient déjà assis, en prenant le plus grand soin à se tenir éloigné de ces derniers. Ainsi, il s'agit au milieu des sièges du côté vide de la table. La petite fée de la pluie prit naturellement place à sa droite mais il fut surpris par la rapidité et le naturel avec lequel Fleur s'installa sur la chaise située à sa gauche. Roger Davies s'assit à côté de Fleur avant qu'Hermione et Viktor ne prennent les dernières places situées à sa gauche. Kate s'assit à la droite de la petite fée de la pluie et Ryan s'assit à côté d'elle, grimaçant en réalisant qu'il était aussi assis à côté de Percy Weasley qui se fit un plaisir de lui parler de son travail « très important » au ministère.

- Bonsoir et bienvenue à Poudlard, mademoiselle, déclara Dumbledore à l'attention de la petite fée de la pluie. Harry a gardé le secret de votre venue jusqu'au bout, nous ignorons d'ailleurs jusqu'à votre nom et le lieu d'où vous venez. Je m'appelle Albus Dumbledore, je suis le directeur de cette école.

Il se passa encore quelques secondes avant que la petite fée de la pluie ne daigne lever les yeux du menu pour les fixer avec mépris sur le directeur de Poudlard.

- Bonsoir, Albus Dumbledore, répondit-elle en détachant chaque syllabe. Vous pouvez m'appeler Ame Warashi. Je viens d'un lieu que vous ne connaissez pas et où vous ne pourrez jamais vous rendre.

- C'est très loin d'ici et très difficile d'accès, compléta Harry avant de boire une gorgée de bièraubeurre.

- Comment vous vous êtes rencontrés ? Demanda Kate d'un ton empreint de curiosité.

- Nous nous trouvions tous les deux dans la boutique mais le patron remplaçant était occupé avec un client, expliqua la petite fée de la pluie. Harry m'a préparé du thé, il était pas mal.

- C'était l'été dernier ? Pressa la Gryffondor dont la curiosité était apparente.

- Je n'ai pas votre notion du temps, répondit la petite fée de la pluie en haussant les épaules avant de commander un thé à voix haute.

- C'était un jour de pluie, compléta Harry avec un sourire.

Ses yeux verts croisèrent le regard amusé de l'Ame Warashi. Il s'agissait évidemment d'un jour de pluie puisqu'il pleuvait à chaque fois qu'elle venait à la boutique, ce n'était pas la petite fée de la pluie pour rien. Harry se rappelait l'avoir trouvée assise sur un caillebotis, vêtue d'une robe entièrement noire. Elle lui avait exprimé de façon assez évidente son mépris à l'égard des humains mais elle avait apprécié son thé. Étrangement, il l'avait revue plusieurs fois par la suite, lors de ses visites à la boutique. Eut-il été plus égocentrique, il aurait supposé qu'elle guettait ses venues mais il n'imaginait pas que ça puisse être le cas. Pourtant, Kimihiro avait coutume de dire qu'il n'y avait pas de coïncidence en ce monde, tout est inéluctable.

- Et cette boutique, se trouve-t-elle aussi dans un lieu inaccessible ? L'interrogea Fleur avec intérêt.

- Tout le monde ne peut pas y entrer. Seuls peuvent entrer ceux qui en ont vraiment besoin, répondit simplement Ame Warashi avant de boire une gorgée de liquide fumant. Mm, il est plutôt bon, ce thé.

- Tu avais donc vraiment besoin d'y entrer, Harry, remarqua Fleur d'un air nonchalant avant de commander un plat à voix haute.

- Oui, je pouvais y obtenir quelque chose impossible à trouver ailleurs. Il s'avère que je m'y suis aussi fait des amis, déclara Harry avec un sourire avant de lever son verre à l'attention de la petite fée de la pluie.

La fin du dîner n'arriva pas assez tôt. Il avait eu l'impression d'être scruté au microscope par Dumbledore tout au long du repas et ni Kate ni Fleur ne l'avaient aidé avec leurs questions incessantes posées à la petite fée de la pluie. Heureusement que l'Ame Warashi était avare en détails et qu'elle n'avait pas la notion humaine du temps. Autrement, il aurait dû expliquer comment ils s'étaient techniquement rencontrés des années plus tôt, et pourquoi il avait un corps plus âgé à ce moment-là.

Le directeur de Poudlard s'était levé et avait déplacé les tables vers les murs d'un geste de la main, afin de dégager un espace qui servirait de piste de dance. Il fit ensuite apparaître une estrade sur laquelle se trouvaient déjà des instruments de musique. Les Bizarr'Sisters ne tardèrent pas à entrer en scène, sous les applaudissements nourris des convives. Harry observa une silhouette qui ressemblait à son grand-père échanger quelques mots avec l'une des artistes avant qu'elle ne monte sur l'estrade. Les membres du groupe discutèrent quelques instants à voix basse avant de prendre leurs instruments respectifs.

A la place de la musique d'ouverture dont il avait l'habitude, Harry eut la surprise d'entendre une mélodie et des paroles qui n'étaient pas originaires du monde sorcier.

Time, it needs time to win back your love again

I will be there, I will be there

Il aurait reconnu la chanson Still Loving You du groupe Scorpions entre mille mais il ne s'était pas du tout attendu à ce que son grand-père la connaisse et encore moins qu'il la demande aux Bizarr'sisters pour ouvrir le bal. Le slow était plutôt le bienvenu et la petite fée de la pluie ne semblait pas la détester. Elle ne manifestait aucune gêne à danser si près de lui et comme à son habitude, elle n'avait aucun mal à soutenir son regard.

- J'imagine que ce n'est pas parce que je te manquais que tu as traversé les dimensions pour me voir, n'est-ce pas ? Demanda Harry à voix basse.

- Pas uniquement, non, même si j'apprécie ta compagnie. Tu n'es pas si mal, pour un humain.

Harry sourit malgré lui, c'était tout à fait le genre de la petite fée de la pluie de le complimenter de cette façon. Il attendit patiemment, bougeant lentement au rythme de la musique, ses mains sur la taille de l'Ame Warashi tandis qu'elle avait posé les siennes sur ses épaules.

- Je suis là à cause de la Zashiki Warashi, finit-elle par répondre en le fixant du regard.

La Zashiki Warashi était un autre esprit de la nature, qui vivait dans les montagnes. Particulièrement pure, elle ne pouvait vivre que dans des lieux tout aussi immaculés. Hélas, ce genre d'endroits libres de toute pollution et de toute présence humaine se faisaient de plus en plus rare. Cette pollution agissait comme un poison pour la Zashiki Warashi, dont même la petite fée de la pluie ne parvenait pas à la protéger.

Kimihiro lui avait partagé ses inquiétudes concernant cet esprit, qu'il affectionnait beaucoup. Ce poison était en train de la transformer en shuka, un être qui devenait le fondement d'un maléfice lorsqu'il finissait par accepter que la souillure prenne possession de son corps. Cette transformation était inéluctable si la Zashiki Warashi demeurait là où elle se trouvait.

- Kimihiro m'en a parlé. Il m'a dit aussi qu'il avait trouvé une solution temporaire, pour au moins ralentir la vitesse de progression du mal qui la ronge.

- Oui, le patron remplaçant m'a fourni une cage qui a cet effet mais son état ne s'améliore pas pour autant.

- Que puis-je faire pour t'aider ? Kimihiro est beaucoup plus érudit que moi sur le monde des esprits. Ma spécialité réside davantage dans la magie humaine.

- Kimihiro Watanuki fait son possible pour l'aider mais il ne peut quitter la boutique autrement qu'en rêve et le temps presse. Je ne pourrai pas éternellement protéger la Zashiki Warashi de ceux qui convoitent ce qu'ils pourront obtenir d'elle une fois qu'elle serait devenue shuka. Voilà pourquoi j'ai pris le risque de venir te voir. Tu n'as pas les mêmes pouvoirs que le patron remplaçant et tu connais la magie de l'âme mieux que personne.

If we'd go again, all the way from the start

I would try to change the things that killed our love

Cela correspondait tout à fait à ce que lui avait dit son ami. Toutes sortes de créatures étaient intéressées par un shuka parce que celui-ci ne pouvait pas refuser d'exaucer le vœu de son propriétaire. Le patron de la boutique de souhaits était très attaché à la Zashiki Warashi et avait déjà risqué sa vie pour la sauver par le passé. Harry l'avait rencontrée une fois et gardait le souvenir d'une fille timide aux longs cheveux noirs et aux yeux bruns, qui manifestait une grande affection à l'égard de Watanuki. Tant par égard pour lui que pour la petite fée de la pluie, Harry ne souhaitait pas l'abandonner à ce triste sort.

- Il faudrait que je puisse l'examiner pour déterminer si je suis en mesure de l'aider. Je suppose que tu l'as amenée avec toi ? Lui demanda Harry dans un murmure.

En dépit de l'Assurdiato qu'il avait jeté aux alentours pour éviter que des danseurs proches d'eux n'écoutent leur conversation, le jeune Potter préférait ne pas prendre de risque. Le maléfice développé par Severus était efficace mais le Gryffondor avait appris il y a déjà longtemps qu'aucun sort n'était parfait.

- Oui, elle est avec les trois autres humains qui ont voyagé avec nous. Je leur ai demandé de veiller sur elle pendant mon absence, le patron remplaçant avait confiance en eux.

Harry avait aussi toute confiance en Shaolan, Fye et Kurogane. Cela dit, sa tâche allait se trouver encore plus compliquée maintenant que les trois voyageurs étaient arrivés avec non pas un mais deux esprits de la nature de classe supérieure… Enfin, cela ne servait à rien de revenir sur le passé.

I'm still loving you

I need your love

I'm still loving you

La chanson touchait bientôt à sa fin et il voyait Fleur qui l'observait du coin de l'œil. Nul doute qu'elle ne tarderait pas à réclamer la danse qu'il lui avait promise. Il concentra de nouveau son attention sur la petite fée de la pluie avant de hocher la tête en signe d'acquiescement.

- Nous irons la voir ensemble après minuit et je ferai tout mon possible pour l'aider.

- Je te remercie, dit-elle avec un air un peu gêné qui ne lui était guère coutumier. Que voudras-tu comme contrepartie ?

- Je ne suis pas Kimihiro, je n'ai pas besoin de contrepartie tu sais… mais si je devais en demander une, peut-être une autre danse avant que la fête ne se termine ? J'ai promis à une amie de danser avec elle ce soir.

- Soit. Je vais m'éclipser pour voir comment elle se porte et je reviendrai ensuite.

- Sois prudente, Dumbledore m'a l'air occupé pour le moment mais les portraits sont ses yeux et ses oreilles dans l'école.

- Une petite douche froide les dissuadera de m'espionner de trop près, répondit la petite fée de la pluie avec un sourire carnassier. A tout à l'heure, Harry.

La chanson se termina et la petite fée de la pluie quitta la piste de danse sans se retourner. Harry ne remarqua pas que quelqu'un lui avait emboîté le pas.


Fleur avait attendu la dernière note avant de s'excuser poliment mais fermement auprès de Roger. Le Serdaigle n'était pas méchant et honnêtement, il n'était pas un des garçons de son âge les plus faibles à son charme de vélane mais sa résistance n'était pas non plus exceptionnelle, notamment parce qu'il ne semblait pas avoir envie de résister. Avec le temps, elle avait appris que tous les garçons sensibles à son pouvoir n'étaient pas faibles d'esprit mais pour certains, il était plus facile de se laisser succomber à l'admiration plutôt que de la combattre, tout comme d'autres préféraient rester à la surface des choses plutôt que de creuser en profondeur.

L'élève de Beauxbâtons décida de prendre exemple sur le mystérieux sorcier qui avait demandé une chanson et alla trouver le groupe pour leur en demander une aussi. Ce n'est pas qu'elle n'aimait pas le répertoire des Bizarr'sisters mais elle voulait une chanson bien spécifique pour cette danse avec Harry.

Elle fut agréablement surprise de découvrir le Gryffondor se diriger vers elle. Visiblement, non seulement elle avait réussi à capter son regard précédemment mais il avait accepté de lui réserver cette danse-là. Elle espérait bien sûr ne pas s'arrêter à une seule danse, la nuit était encore jeune après tout mais si elle ne devait en avoir qu'une, elle ne manquerait pas cette opportunité.

- Me voici, comme promis, Fleur, glissa Harry avec une touche d'amusement.

- Tu m'en vois ravie et charmée, Harry, répondit-elle avant de se rapprocher de lui.

Les premières notes de la chanson Frozen de Madonna résonnèrent dans la grande salle.

You only see what your eyes want to see

How can life be what you want it to be?

You're frozen when your heart's not open

Elle n'avait pas besoin de forcer le sourire qui naquit sur ses lèvres. Le jeune Potter dansait plutôt bien, ce qui n'était pas pour lui déplaire mais ce qui comptait le plus, c'était la façon dont ses yeux émeraude étaient fixés sur les siens et le fait qu'ils soient attentifs et alertes plutôt que perdus dans l'idolâtrie. Était-ce triste qu'un adolescent de quatorze ans soit plus résistant à ses charmes que la plupart des élèves qui avaient deux voire trois ans de plus que lui ? En cet instant, elle s'en fichait. Elle avait ses bras autour du cou d'Harry Potter et elle comptait savourer pleinement ce moment d'intimité. Comme à son habitude, le Gryffondor la prit complètement par surprise lorsqu'il rouvrit la bouche.

- Cette chanson est une bonne allégorie de ton don et de la prison dans laquelle il t'enferme, n'est-ce pas ? Les gens voient ce qu'ils ont envie de voir mais pas qui tu es réellement, c'est ça ? Lui demanda-t-il d'un ton quelque peu mélancolique.

Voilà une autre raison pour laquelle elle appréciait sa compagnie plus que de tout autre élève de Poudlard. Il comprenait, elle ne savait pas comment ni pourquoi mais il comprenait que loin d'être un paradis, son don représentait parfois une malédiction. Oui, cela pouvait être utile de susciter l'admiration des hommes mais comment trouver l'âme sœur ou même simplement une amitié durable sans pouvoir déterminer la sincérité de leurs sentiments ? Sans pouvoir être sûre qu'ils respectaient sa personnalité, qu'ils appréciaient d'être avec elle, Fleur, et pas juste avec la jolie fille au charme de vélane qui leur donnait l'impression d'être sur un petit nuage ?

- C'est vrai, Harry mais n'est-ce pas également vrai pour toi ? Les gens te voient aussi tel qu'ils ont envie de voir et tu ne laisses personne voir qui tu es vraiment. Je vais jouer franc-jeu avec toi, je ne suis pas en quête d'un trophée, Harry. Je veux apprendre à te connaître, si tu es prêt à me laisser faire et que tu puisses me connaître en retour. Cela m'est égal que tu ne sois pas d'ici, déclara-t-elle avec conviction.

Love is a bird, she needs to fly

Let all the hurt inside of you die

You're frozen when your heart's not open

Harry la regarda longuement tandis qu'ils continuaient de danser au rythme de la musique. Fleur avait été claire, elle ne voulait pas qu'il se méprenne sur ses intentions ou qu'il pense qu'elle cherchait à le manipuler. Elle désirait gagner le tournoi bien sûr mais pas en trichant, cela n'aurait aucun sens, et pas en le blessant non plus.

En attendant, elle profitait d'être proche de lui et de partager cet instant, seuls tous les deux au milieu des autres.

Lorsqu'il reprit la parole, sa voix était un murmure empli d'émotion.

- Cette solitude ne me quitte jamais mais je ne peux pas faire autrement que de garder une certaine distance. Je vois tous ces gens autour de moi, certains dont j'ai été très proche, certains que j'ai affronté. Ce matin, j'ai revu un elfe de maison qui ne me connaissait pas. Pourtant moi, je le connaissais, c'était mon ami et il est mort pour moi sans que je ne puisse rien faire pour le sauver.

Fleur n'arrivait pas à détourner les yeux de son regard émeraude, elle était comme hypnotisée par son intensité.

- Je t'ai connue aussi, Fleur ou plutôt j'ai rencontré d'autres Fleur. Tu es à la fois semblable et différente mais tu as la même âme, le même potentiel. Je sais que tu es une sorcière formidable, courageuse et loyale. Je serais heureux d'apprendre à mieux te connaître mais tu dois savoir qu'au final, je ne suis que de passage. Je ne sais pas si ce sera dans quelques mois, quelques années ou quelques décennies mais un jour, je devrai partir et quitter ce monde pour ne jamais y revenir. Tant que ma tâche ne sera pas accomplie, mon odyssée sera sans fin et crois-moi, ce n'est pas aussi épique qu'il n'y paraît…

Il retroussa quelque peu l'une des manches de sa robe et elle aperçut des marques sur son poignet, des marques de lacération qu'on retrouvait généralement sur des personnes qui avaient tenté de s'ôter la vie. Fleur aurait menti si elle avait dit qu'elle n'éprouvait aucune appréhension suite à ce qu'Harry venait de lui apprendre mais sa soif d'en savoir plus, de le connaître mieux, prévalait. Elle était Française et ses ancêtres n'avaient jamais baissé la tête face à l'adversité.

- Je garderai tes secrets, je suis prête à m'y engager par magie si tu le souhaites. Puisque tu connais déjà des choses sur moi, ce n'est que tout naturel que j'en apprenne plus sur toi… On ne m'effraie pas si facilement, Harry, lui répondit-elle avec un sourire empli de conviction.

- Je ne m'attendais pas à une autre réponse mais je tenais à ce que tu fasses ton choix en connaissance de cause. Je ne pourrai pas tout te dire, il n'y a pas que ma propre sécurité qui soit en jeu mais je m'efforcerai d'être le plus ouvert possible.

- Très bien, alors commençons par une question simple : qui es-tu ?

- Qui suis-je… je ne sais pas si j'appellerais ça une question simple. Là où j'ai vécu ma première vie, mon nom était Harry James Potter, connu comme le Survivant, chef temporaire d'un groupe de résistance opposé à Voldemort et agneau sacrificiel d'Albus Dumbledore. Fils unique de parents assassinés, époux d'une femme assassinée, père de deux enfants que j'ai tout sacrifié pour tenter de sauver. Je suis celui-qui-a-échoué, non pas à vaincre Voldemort mais à accorder assez de valeur à son monde pour le sauver.

If I could melt your heart

Il déposa un baiser sur sa joue et murmura trois derniers mots à son oreille avant de quitter la piste de danse. Ce n'est qu'après qu'il ait disparu au milieu de la foule que Fleur réalisa qu'elle pleurait, même si elle ne comprenait pas pourquoi. Cela n'avait pas de sens et pourtant ses trois derniers mots l'avaient atteinte en plein cœur.

Victoire et Louis.


Ryan s'était frayé un passage à travers la foule, esquivant notamment Cédric Diggory qui dansait avec Cho Chang ou encore Neville qui dansait avec une élève de troisième année qu'il avait souvent vue en compagnie de son frère. Le Gryffondor fut davantage surpris de reconnaître Susan Bones au bras de Drago Malefoy mais après ce qu'il avait entendu ce soir, ce n'était que le cadet de ses soucis. Il ne devait surtout pas perdre de vue son objectif : suivre la cavalière d'Harry et découvrir où elle se rendait.

Bien sûr, le Survivant s'en voulait d'avoir laissé Kathleen assise à l'une des tables mais celle-ci n'avait pas semblé plus gênée que ça. La fille de Sirius l'avait même encouragé à poursuivre la dénommée Ame Warashi. Pour autant, elle avait refusé de l'accompagner dans sa filature lorsqu'il le lui avait proposé. La raison en était aussi blessante qu'elle était évidente : les yeux de Kate n'avaient pas ou peu quitté Harry de toute la soirée.

Le Gryffondor mit tant bien que mal sa frustration de côté et se mit à monter les marches à la suite de la cavalière d'Harry. Il n'en revenait d'ailleurs toujours pas qu'il ait choisi quelqu'un de complètement extérieur à l'événement. Il s'était attendu à ce que sa cavalière soit plutôt une élève de Beauxbâtons ou Durmstrang. Très honnêtement, Ryan avait même cru qu'il s'agissait de Fleur Delacour jusqu'à ce qu'il aperçoive la championne de Beauxbâtons en compagnie de Roger Davies.

Essayant de reprendre son souffle après avoir déjà grimpé quatre étages, Ryan se mit à admirer l'endurance de la cavalière d'Harry qui continuait inlassablement son ascension sans manifester le moindre effort. Cette dénommée Ame Warashi était étrange, pas tant par sa tenue mais par sa façon de s'exprimer et par son regard. Le Survivant n'arrivait pas à mettre des mots sur ce qu'elle lui inspirait mais quand elle leur parlait, il avait l'impression d'avoir en face de lui un gobelin ou un centaure ! A plusieurs reprises, elle avait évoqué les êtres humains comme s'ils n'appartenaient pas à la même espèce, c'était complètement insensé.

Et puis cette histoire de boutique le laissait complètement perplexe. Le propre d'un commerce ne consistait-t-il pas à accueillir un maximum de clients ? Il existait bien sûr des boutiques de luxe dans lesquels les clients étaient triés sur le volet mais cela ne semblait pas être le cas pour celle-ci, ne serait-ce que du fait qu'Harry vivait chez les Dursley avec peu de moyens financiers jusqu'à l'été dernier. Pourtant, son frère s'était trahi sur un point. Il leur avait dit avoir obtenu dans cette fameuse boutique quelque chose qu'il lui était impossible de trouver ailleurs et surtout, il avait mentionné des amis. A ce stade, il redoutait que cette « boutique » puisse être une sorte de mafia ou d'organisation à laquelle Ame Warashi et lui appartiendraient.

Ryan commençait à être à bout de souffle lorsqu'il arriva au septième étage. Où pouvait-elle bien se rendre ?

Tournant la tête à droite et à gauche, il regretta de ne pas avoir pris sa cape d'invisibilité avec lui. Ce fut sa dernière pensée avant d'être frappé par un rayon de lumière rouge. Puis tout devint noir.


Note de l'auteur : Cela va de soi mais je ne possède pas les droits des chansons Still Loving You de Scorpions et Frozen de Madonna, dont j'ai utilisé certaines des paroles.