Plop bonjour !

Cet OS a été écrit à l'occasion de l'Event de la Saint Valentin 2022 du Forum Francophone de My Hero Academia. Un thème est donné chaque jour du 14 au 20 février ^^

Le thème pour cet OS est "S'habiller pour l'occasion", bonne lecture !

DISCLAIMER : Aucun personnage ne m'appartient


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Tu te défais de ton costume qui porte encore son odeur, un parfum solaire de myosotis et de soucis. Tu le roules en boule et le jette au fond de ton placard ; il est encore humide de ses larmes qui coulent, coulent et oxydent ton âme.

Ta compagne est restée digne malgré ses pleurs, malgré sa douleur. Tu ne la mérites pas, tu le sais depuis la première fois que tu as croisé son regard, à quoi t'attendais-tu ? Une autre fin n'était pas envisageable. Tu as essayé pourtant de lui annoncer de la meilleure manière possible qu'il n'y aurait plus de « nous deux ». Tu as choisi ton costume le plus sobre, tu as choisi le restaurant le plus discret.

Inko était une erreur.

Tu lui as brisé le cœur.

Peut-être bien ta plus grande.

Tu t'es brisé le cœur.

Mille regrets amers dansent sur ta langue. Mais jamais celui de l'avoir rencontrée, de l'avoir aimée, si fort que tu te sens cassé sans elle, de l'avoir étreinte de longues nuits en quête de tendresse.

Tu as le cœur en miettes, mais tu recommencerais sans hésiter cette erreur. Dix fois, cent fois, mille fois, pour le même résultat. Tu l'aimes trop pour rester auprès d'elle. Tu l'aimes trop pour supporter qu'elle meure à cause de toi.

Tu as refusé de dessiner une cible sur son cœur, alors tu l'as détruit.

Tu abîmes tout ce que tu touches. Tu le sais pourtant bien. Tu es un homme de l'ombre avec du sang sur les mains ; Inko est une femme lumineuse que tu as obscurci en lui promettant quelque chose que tu savais ne pas être réalisable.

Ce n'était pas destiné à durer. Jamais.

Tu n'étais pas censé l'aimer. Jamais.

Tu t'affales sur le canapé, un verre d'alcool en main. Il est temps de refermer ce chapitre. Il est temps d'enterrer définitivement Kagero Okuta pour retrouver ton pseudonyme de criminel. Il est temps de songer que peut-être tu aurais pu amener un peu de lumière dans ta vie.

Inko n'aurait pas pu accepter Giran. Elle n'aurait pas pu accepter tes ténèbres.

Et tes démons dansent sur les débris de ton affection alors que tu bois pour l'oublier. Le bourbon brûle, brûle, te réduit en cendres. Tu ne pleures pas. Tu n'éteins pas l'incendie ainsi, tu préfères souffrir, autant qu'Inko. Ton cœur suinte et flambe, réchauffe ton âme gelée maintenant que ton soleil a disparu.

Lorsque la nuit partira, il faudra bien te relever et faire comme si de rien n'était. Mais pour l'instant, tu peux sombrer, te noyer dans cet alcool sombre qui tangue dans son cœur de cristal. Oublie, oublie, oublie. Son sourire, son rire, son odeur, sa douceur, sa joie de vivre. Si tu gardes ces précieux souvenirs, alors ils reviendront se planter dans ta poitrine quand tu t'y attendras le moins.

Oublie, oublie, oublie.

Un jour, tu as voulu l'épouser pour la garder tout à toi.

Un rêve, qu'une gorgée d'alcool emporte au fond de toi.

Oublie, oublie, oublie.

Si tu la gardes en mémoire, ça te tuera.

Si tu la gardes en mémoire, tu deviendras faible et ça la tuera.

Du sang, partout, sur les murs, en éclaboussures, sur le sol, en flaque ; tes ennemis n'auront que l'embarras du choix. Tu as sa vie dans tes mains.

Alors tu la protégeras de toutes tes forces. Même si cela signifie être seul, désespérément seul dans cette maison trop grande, trop vide, où tu as pensé peut-être un jour entendre des rires d'enfant, parce que tu craches à la figure de ce gouvernement qui voudrait te retirer ce droit.

Le prix est élevé. Son cœur brisé contre son cœur qui bat.

Pourvu qu'elle s'en remette. Pourvu qu'elle t'oublie. Pourvu qu'elle passe à autre chose, qu'elle retrouve son sourire et soit heureuse. Loin de toi. Loin des morts que tu essaimes dans ton sillage. Loin de la noirceur du monde et de ses lois.

Tu ne lui as offert que du désespoir et demain, tu porteras peut-être dans la poche plaquée contre ton cœur, sûrement... non, assurément, un chrysanthème pour faire le deuil de tes souvenirs.

L'odeur de myosotis et de soucis restera dans le secret de ton âme.

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(Et un jour, tu menaceras un gamin d'une arme, tu entendras Inko hurler et tu réaliseras trop tard qu'elle n'a jamais voulu t'oublier, avancer, qu'elle a porté un bout de toi. La balle partira avant)

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