Thème : Drame, réflexion, dilemme
TW : Délire, Operation, mort
Timeline : Inazuma Eleven
Personnage : Erik Eagle
[...]
Erik ouvrit soudainement les yeux, et se redressa brusquement. Il cligna des yeux et mît un certain temps à y voir clair. Il se trouvait dans un immense champ, assis près d'un grand chêne. Le brun releva les yeux, l'air perdu. Que faisait-il ici ? Et où était-il ? Le milieu de terrain ne comprenait plus rien. Il semblait complètement perdu au milieu de nul part. Erik commença malgré tout à avancer, cherchant désespérément quelqu'un. Il ne pouvait pas être seul, enfin, il se souviendrait quand même si il était venu roupiller sous un chêne !
Le brun continua de marcher, pendant ce qui lui avait semblé être une éternité. Tout le perturbait ici. Il n'avait même pas chaud, et pourtant le soleil lui tapait dans le dos depuis qu'il avait commencé à marcher. De plus, il semblait n'y avoir aucun vent, ni oxygène.
Et si Dylan l'avait saoulé ? Ou encore pire, drogué ? Cette idée émergea d'un coup dans son esprit. Ça expliquerait pourquoi il n'arrive pas à identifier où il est. Peut-être que rien autour de lui n'était réel ! Et connaissant l'abruti qui servait d'attaquant vedette à son équipe, il aurait été capable de lui faire ça.
Cependant, Erik sortit brusquement de ses pensées lorsqu'il heurta quelque chose. Il fit un pas en arrière et ferma les yeux sous le choc. En les rouvrant, le milieu de terrain aperçu un petit garçon, d'une tête de moins que lui, assis sur le sol. Erik cligna des yeux et s'approcha du jeune garçon.
-Eh ça va petit ? Je suis désolé je ne t'avais pas...
Le brun s'arrêta net en voyant le visage du garçon. Des cheveux bruns, montés en pointe sur un côté et des yeux noirs, brillants de passion. Erik se trouvait devant une jeune version de lui même. Une version de lui même, qu'il ne connaissait que trop bien. Bouche bée, et incapable de formuler le moindre mot, il se contenta de fixer le petit garçon, qui le regardait d'un air vide. Il ne voulait pas regarder le bas de son corps. Il savait déjà ce qui l'attendait en regardant là. Malheureusement, il sentit son regard glisser sur les jambes du garçon, sans même qu'il ne le veuille.
Son sang se glaça. Les deux jambes du petit brun étaient toutes deux bandées, et semblaient faibles, maigres. Erik sentit son souffle se couper. Sa tête commença alors à tourner, et il se mit à haleter bruyamment. Il recula, en rampant au sol, sentant sa tête tourner, et bourdonner. Il n'arrivait plus à penser clairement, ses sens étaient en feu, et son souffle était saccadé. L'autre Erik, lui, se contenta de regarder d'un air vide son double plus âgé, sans prononcé un mot.
-Putain...putain...je dois être en train de délirer c'est pas possible...
Erik se releva, et sentit son estomac se tordre et sa tête fumer. Qu'est-ce qui était en train de lui arriver ?
-Tu sais, c'est à cause de ton comportement qu'on en est toujours là.
Le brun ouvrit grand les yeux et se retourna. Son double le regardait, toujours avec ce même air vide, et froid. Erik entrouvrit sa bouche, comme si il voulait lui répondre, mais rien ne sortit. Il n'arrivait toujours pas à réfléchir correctement, n'y à parler. Pourtant lorsqu'il vit son double se détourner, il s'écria.
-A-Attends !
-Quoi ?
Le milieu de terrain déglutit, et prit son courage à deux mains pour réussir à lui demander qu'est-ce qu'il se passait.
-Qu'est-ce qu'il m'arrive ? Où est-ce que je suis ? E-et...qu'est-ce toi tu fais là ?
Le petit brun le regarda d'un air fatigué, comme si les réponses à ses questions lui semblaient évidentes.
-On est...enfin...tu es coincé dans ta tête, Erik. Et ceux depuis trop longtemps.
Le petit garçon détourna le regard et observa les champs dorés d'un air perdu.
-Et moi...je suis la preuve que tu n'arrives toujours pas à faire la paix avec ton passé. Tu es en plein coma, Erik. Tu viens de te faire opérer, et tu ne t'es toujours réveillé. Et ce parce que tu n'arrives ni à accepter ce qui t'es arrivé, ni à faire la paix avec toi même.
Le monde semblait s'écrouler pour le milieu de terrain. Tout lui revenait en tête. Son dernier match, son match contre Inazuma Japon, son départ de Liocott pour retourner en Amérique, et sa fameuse opération, qui devait le libérer définitivement des séquelles de son accident. Mais si il se trouvait ici en ce moment, avec son double de lui même enfant, et qu'il était dans le coma, comment s'était finalement passée son opération ?
-Attends, qu'est-ce que ça veut dire ? Comment ça, je suis dans le coma ? Mon opération...a raté ?
Le petit brun le regarda, d'un air vide de tout émotions, ce qui glaça le sang d'Erik.
-Non...Mais elle n'a pas réussi entièrement non plus. Normalement, tu devrais être capable de te rejouer au football, en ayant plus jamais à te soucier de ton accident. Seulement, tu ne t'es jamais réveillé, alors que ça fait près d'une semaine que ton opération a eut lieu. Et ça a un lien avec ma présence ici. Erik, si tu n'es pas capable d'accepter ton passé, si tu n'es pas capable de m'accepter moi, tu ne sortiras jamais d'ici. Accepte le fait, que le phœnix s'est un jour brisé les ailes. Accepte le fait, que tu as fait souffrir Sylvia en te faisant passer pour mort, même si tu le regrettes. Accepte le fait, que le magicien du terrain, ne pourra pas toujours briller sur le terrain. Accepte simplement le fait, que tu es humain.
Erik resta figé devant le petit garçon. Ces paroles restaient coincés dans sa tête, et repassaient en boucle, ne voulant plus le lâcher. Il avait raison, il le savait. Le milieu de terrain savait, au fond de lui, qu'il n'arrivait pas à tourner la page, et accepter ce qu'il lui était arrivé. Mais il n'avait jamais pensé que ça finirait ainsi, bloqué dans sa propre tête, coupé du monde extérieur.
Il sentit soudainement des larmes venir rougir ses yeux noirs. Et sans même s'en rendre compte, il commença à pleurer, silencieusement. Ses membres tremblaient comme des feuilles, et il s'écroula au sol.
-Désolé...Je suis désolé...
Son double le regarda silencieusement.
-Je le sais bien ça. Mais le fait d'être désolé ne t'aidera pas à avancer, tu sais ? Fait honneur à ton surnom, et renaît de tes cendres, Erik Eagle.
Le milieu de terrain releva ses yeux embrumés de larmes, et observa le petit garçon. Il ferma les yeux, et inspira un grand coup. Il avait l'impression de revoir sa vie défiler devant ses yeux. Son enfance, sa rencontre avec les Raimon, son retour en Amérique et le FFI. Il ne voulait pas que ce soit les dernières choses qu'il ait vécu. Il voulait continuer à vivre, il voulait continuer à se battre. Il voulait s'envoler à nouveau, tel le phœnix qu'il était, et qu'il restera. Oui, il voulait se relever, et continuer à vivre. Avec ses expériences, bonnes...comme mauvaises.
-Ç-ça y est...je crois que j'ai réussi...
Erik rouvrit les yeux, un sourire au lèvre, qui se fana immédiatement, en voyant que le petit garçon avait disparu.
-Je te félicite. Bonne chance pour la suite...
Le milieu de terrain se retourna brusquement et aperçu le petit brun, au loin, sur une petit colline, un sourire sincère aux lèvres. Erik eut comme l'impression que le petit garçon était accompagné d'une paire d'ailes, mais il n'eut pas plus de temps de l'observer, car son champ de vision s'assombrit soudainement. Comme si tout disparaissait. Le brun ouvrit la bouche pour hurler, mais aucun son ne sortit. Il était à nouveau plongé dans le noir, froid et isolé de tout.
.
.
.
.
-Docteur !
.
.
.
.
-Docteur venez vite il se réveille !
Erik ouvrit lentement les yeux, avant de les refermer, étant aveuglé par la vive lumière l'entourant. Il était sûr d'avoir reconnu la voix de son capitaine, Mark. Mais avant qu'il ne puisse vraiment comprendre ce qui lui arrivait, il sentit deux bras fébriles l'enlacer. Le brun ouvrit grand les yeux, et aperçu Sylvia, pleurant à chaude larme contre son épaule.
-Oh mon dieu Erik j'ai eut tellement peur !
Erik cligna des yeux, complètement sous le choc, et incapable de réaliser ce qui était en train de lui arriver.
-Eh bah mon vieux...tu nous as fait une sacrée frayeur !
Le milieu de terrain reconnu Dylan qui le regardait avec un grand sourire. Erik reconnu aussi Bobby qui le regardait, les larmes aux yeux. Il avait donc réussi ? Sans vraiment s'en rendre compte, il passa ses bras autour des épaules de Sylvia, et la serra contre lui, avant de sourire. Il avait réussi...
Au loin, sur une branche, non loin de la fenêtre donnant sur la chambre d'Erik, on pouvait distinguer un petit garçon, aux cheveux bruns, qui regardait d'un air satisfait la chambre d'hôpital. Un petit sourire abordait son visage pâle, et un regard brillant accompagné ses yeux noirs. Soudain, une forte bourrasque secoua l'arbre, et le petit garçon disparut, en laissant une petite plume rouge, sur la branche d'un grand chêne.
[...]
