Thème : Amour, réflexion, réconfort

TW : Alcool, homophobie

Timeline : Inazuma Eleven

Personnages : Edgar Partinus, Thiago Tores


[...]

Edgar n'avait honnêtement aucune idée de pourquoi il était ici. Pourquoi buvait-il cette immonde chose déjà ? Ah oui, à cause de l'alcool.

Il sentait son coeur vibrer aux rythmes de la légère musique qui tournait dans le bar ouvert sur la plage.

Il voulait se vider la tête, oublier. Philippe lui avait donc conseillé de venir ici.

Il en avait marre. Marre de voir tout le monde si heureux, si heureux à deux. Alors que lui était seul.

Et ça, il ne me supportait plus. Le fait de ne pas être en couple, Edgar l'aurait bien supporté en temps normal. De plus, trouver une petite amie, n'avait jamais été un problème pour lui. Donc si il le voulait, il aurait très bien pu se trouver une copine au milieu de ses fans.

Tout du moins, l'image qu'il donnait aux autres de lui-même aurait pu le faire. Mais au fond de lui, il se sentait incapable de faire une telle chose. Pourtant, le masque qu'il portait en permanence le forçait presque à agir ainsi.

À force de porter un masque, on finit par devenir le masque.

Du moins, c'est ce qu'Edgar n'arrêtait pas de se dire. Tandis que son cœur, son vrai cœur, semblait crier le contraire.

Son vrai coeur n'était encore que celui d'un enfant, un cœur innocent, curieux, gentil, ne cherchant qu'à être aimé.

Il n'était en rien celui d'un être vicieux, prêt à tout pour gagner et ramener la coupe à sa patrie, à sa famille.

Edgar eut un sourire triste, et dégoûté en pensant à sa famille. C'était à cause d'eux, qu'il était comme ça maintenant. À cause de leur bourrage de crâne, dès son plus jeune âge. Il devait être le meilleur, il devait être parfait, tel le digne successeur de la famille Partinus. Il devait toujours être le meilleur en cours, être le meilleur en tout. Il devait se tenir droit, et regarder les gens de haut.

« Tu es un Partinus, pas n'importe quel stupide enfant des bas quartiers, Edgar. »

C'est ce que lui répétait sans cesse sa mère. Le mépris de ses parents envers les gens n'étaient pas normal, mais il s'en est rendu compte bien trop tard.

Trop tard pour l'enfant traumatisé qu'il était désormais.

Les yeux vides de l'attaquant anglais fixèrent le verre d'alcool qu'il tenait dans sa main. Il divaguait complètement, Edgar en avait bien conscience. Ses pensées n'étaient plus clair. Ou alors elles l'étaient peut-être trop.

Il n'était pas venu à la base pour repenser à sa vie, pour repenser à ce qui lui arriverait une fois rentré en Angleterre. Toutes ces pensées s'étaient rajoutées sans même qu'il ne le veuille. Tout ce qu'il voulait au début, en prenant ces verres d'alcool, c'était oublié la chose, la personne qui faisait vibrer son cœur.

Et qui malheureusement, n'était pas une fille.

Sa main se resserra autour du verre, tandis qu'Edgar fronçait légèrement les sourcils. Pourquoi était-ce si dur ? Pourquoi était-ce si dur de l'oublier ?

Pourquoi lui ? Pourquoi donc ce grossier personnage ? Pourquoi devait-il en plus être un homme ? Pourquoi ?

Pourquoi il avait dû tomber amoureux de Thiago Torres ?

Il le détestait. Il ne pouvait tout simplement pas le voir. Il était grossier, vulgaire, arrogant, impulsif, alors, pourquoi ?

Il se répugnait en se l'avouant mais, au fil du tournoi, il avait appris à apprécier et à aimer beaucoup de côtés chez Thiago. Il aimait énormément la confiance qu'il avait en lui et en ses coéquipiers, il aimait son calme qu'il pouvait avoir en cas de situation délicate, il aimait sa cuisine qui était si savoureuse, il aimait se perdre dans ses beaux yeux rouges...

Edgar n'en pouvait plus. Sa tête bourdonnait. Elle lui faisait mal. Et il était persuadé que ce n'était pas qu'à cause de l'alcool.

Il était stupide. Stupide d'aimer quelqu'un comme lui. Du moins, c'est ce qu'il se forçait à penser. Il avait peur honnêtement. Peur d'une simple chose. Si banale, mais pourtant si persistante.

Comment avouer à ses parents qu'il était bisexuel ?

Eux qui voulaient toujours d'un enfant parfait. Il se souvenait encore, de la fois où il avait regardé The true man show avec son père, et qu'il avait eut la mauvaise idée de dire qu'il trouvait le personnage principal beau lorsqu'il était sorti de sa maison, habillé de beau costume.

Il se souvenait des deux yeux bleus glacés de son père qui s'étaient posés sur lui, après avoir dit ça. Il n'avait que 10 ans, il n'avait pas compris pas ce qu'il avait fait de mal. Et il avait encore moins compris pourquoi son père l'avait frappé, juste après, comme il le faisait lorsqu'Edgar commettait une erreur.

Plus il se perdait dans ses pensées, plus il sentait son coeur s'accélérer, et la peur lui nouer le ventre. Il ne distinguait plus vraiment les formes autour de lui. Il était trop perdu dans ses pensées pour ça.

C'était d'ailleurs sûrement pour cela qu'il ne l'avait pas entendu venir. Et qu'il fut plus que surpris de le voir s'assoir à ses côtés, sans même le regarder.

Le bleuté cligna des yeux. Devait-il dire quelque chose ? Ou simplement le saluer ? Pourquoi devrait-il se pointer ici, alors qu'il voulait justement l'oublier ?

-Serveur, une pression s'il vous plaît.

Il ne lui lançait même pas un regard, ses deux yeux rouges sangs fixant simplement le bar d'un air vide.

-Je suis étonné de te voir ici, le British...

Edgar sursauta presque lorsque l'argentin se mit à parler. Il était tellement surpris - ou bien c'était l'alcool qui lui jouait des tours - qu'il ne tiqua même pas en entendant « le British » alors qu'en temps normal, il détestait ce surnom.

-...et je vois que tu es encore moins bavard que d'habitude.

-Qu'est-ce que tu fais là, Torres ?

Wow. Il avait réussi à sortir une phrase d'un coup. L'alcool ne l'avait peut-être pas encore tellement atteint finalement.

-Je peux te poser la même question. Je ne t'ai jamais vu ici.

-Et le fait que, peut-être, je sois déjà venu des soirs où tu n'étais pas là n'a pas effleuré ton brillant esprit ?

Edgar se maudissait pour dire ces choses. Mais il ne pouvait pas son empêcher, le masque était là.

-Non. Je viens chaque soir ici. Donc je t'aurais forcément vu...

Fit-il en prenant une grosse gorgée de bière. Le bleuté fut surpris par le faible volume sonore de l'argentin, qui d'habitude avait tendance à crier pour tout et n'importe quoi.

De plus, cela l'intriguait. Savoir qu'il venait si souvent ici l'intriguait.

Le regard rouge du défenseur fixait d'un air vide son verre. Avant de lancer un regard à l'attaquant, qui détourna immédiatement le regard, les joues légèrement rougies.

-Et donc, pourquoi tu es ici ? J'ai cru comprendre que se bourrer la gueule n'était pourtant pas une activité courante chez vous.

Edgar se figea.

-Qu'est-ce qui te fais croire que je suis venu ici pour me saouler ?

Thiago le regarda puis fit un signe de la tête pour montrer les quelques verres vidés par l'attaquant anglais.

Edgar ferma les yeux, et soupira. L'alcool avait peut-être déjà un petit effet sur lui.

-Pourquoi tu veux savoir ça, Torres.

Là, ce fut au tour de l'argentin de paraître surpris. Il fronça les sourcils et se mit à réfléchir, cherchant quoi dire.

-Eh bien...c'est normal de s'inquiéter en te voyant comme ça, non ?

Edgar se tourna vers le défenseur, qui le regardait droit dans les yeux. Sans même sans rendre compte, les deux joueurs se perdirent dans les yeux de l'un et de l'autre, sans bouger, ni parler.

Mais le bleuté finit par briser se contact, les joues légèrement rougies, et de se racler la gorge.

-...j'essaie simplement d'oublier.

-D'oublier quoi ?

Edgar voulait jurer - ce qui prouverait définitivement qu'il était saoul - mais ne le fit pas, et se contenta de soupirer.

-Quelque chose que je ressens.

Pourquoi était en train de lui raconter tout ça ? Mystère. Pourtant il se sentait étrangement bien en lui parlant.

-On ne devrait jamais essayer d'oublier quelque chose que l'on ressent, tu sais ? Même si je dois avouer que je suis ici pour la même raison.

Encore une fois, Edgar fut surpris. Il lança un regard étonné au défenseur, qui fixait son verre presque vide.

-Tu-

-Tu sais quoi, ça m'a fait plaisir de te voir, le British. Je crois que pour une fois, je ne vais pas reprendre un verre après celui là...

Il vida son verre d'une traite, et se releva avant de commencer à partir. Instinctivement, Edgar fit de même.

-Thiago, attends !

Edgar ne sût même pas pourquoi il fit cela, mais il approcha ses lèvres de celles du défenseur, jusqu'à les toucher.

Appeler cela un baiser serait exagéré. C'était plutôt un contact, une légère pression.

Le bleuté recula, cette fois-ci complètement rouge - n'étant pas aidé par l'alcool qu'il avait ingéré - et n'osa pas regarder Thiago.

-Donc, toi aussi ?

Edgar, étonné, releva les yeux, pour finalement voir l'argentin sourire.

-Comment ç-

Pourtant, avant que l'attaquant ne puisse finir sa phrase, le défenseur pressa ses lèvres contre celles l'anglais.

Edgar se figea, incapable de bouger. Il n'était clairement pas en train de réaliser ce qui se passait, il en avait bien conscience. Mais ses muscles tendus finirent par se détendre, tandis qu'il fermait les yeux.

Le baiser ne fut par long, mais n'en était pas moins satisfaisant. Lorsque Thiago recula, il offrit un petit sourire narquois à l'attaquant, avant de partir.

-À bientôt, le British.

Edgar avait l'impression de flotter. Ou de planer, c'était difficile à décrire. Toutes ses peurs par rapport à son retour chez lui semblaient s'être envolées, évaporées. Il avait simplement ce petit sourire niais collé sur le visage.

-À bientôt, Torres.

[...]