Thème : Mort, acceptation, maladie

TW : mort, maladie

Timeline : Inazuma Eleven

Personnage : Erik Eagle


C'était une de ces fameuses soirées, où le coeur du magicien du terrain n'allait pas bien. Son coeur ne battait pas correctement, sa respiration était sifflante, irrégulière. Il regardait d'un air vide par la fenêtre, essayant de penser à autre chose, le temps que ça passe.

Cela faisait désormais 6 ans que l'opération qui aurait dû le soigner avait eut lieu. Mais cette opération ne l'aura finalement jamais soigné. Au contraire, depuis ce jour, tout s'est aggravé.

Son coeur avait commencé à ne plus battre correctement, à ne plus pomper de sang correctement. Et sans coeur en bonne santé, impossible de continuer à jouer au football.

Tout était allé si vite. En quelques mois, les aller-retours à l'hôpital se sont multipliés, devenant de plus en plus fréquents. On lui interdisait de toucher un ballon, ce qui le rendait fou. Il désobéissait, évidemment, s'échappant parfois durant la nuit pour jouer dans la cour de l'hôpital, seul au clair de lune.

Il perdait peu à peu ce plaisir de jouer au football, pour laisser place à un sentiment de rage, de haine, de passion et de fureur mélangés.

Il ne jouait plus au football, maintenant, il devenait le football. Chaque frappe dans un ballon lui faisait du mal, mais le libérait par la même occasion.

Cependant, à force de désobéir et de continuer à jouer au football, la nouvelle tomba finalement un jour.

Le coeur était trop endommagé. Et il lâcherait définitivement lorsqu'Erik aura dans la vingtaine. Le condamnant ainsi par la même occasion.

Le coup de grâce. Voilà ce que c'était. Tout son entourage n'y croyait pas, personne n'y croyait.

Le phœnix allait finalement s'éteindre à jamais ?

Inutile de préciser que Raimon, ainsi que les Licornes, ne s'en sont jamais remis. Ils ne se remettront sans doute jamais de la nouvelle. Silvia en pleure encore, sans arriver à s'arrêter. Le monde du football en pleurait.

Si Erik s'éteignait, c'était un des piliers du football qui s'effondrerait.

Et c'était ainsi tout avait commencé. C'était ainsi qu'Erik avait découvert ce sentiment.

La rage.

Il avait été en colère, plus d'une fois même. Mais la rage, pure et dure, il ne l'avait jamais connu avant ça. La rage qui anime un coeur, qui fait brûler les veines, qui fait gronder nos sens. La rage, qui finalement a pris peu à peu la place du vrai Erik.

Il avait appris à vivre avec cette rage désormais. Avant, il ressemblait à un chien enragé, maintenant, il avait simplement une expression neutre, vide, sans émotion.

Les yeux noir du milieu de terrain s'étaient définitivement éteins. Plus jamais ils ne brilleraient d'un autre éclat que la rage.

Il y'a quelques années, Erik aurait été incapable de rester en place, en se laissant lentement mourir. Il voulait vivre, même si pour cela, il devait sacrifier tout ce qu'il avait. Tout ce qu'il possédait. Même si il devait se retrouver seul au monde; il voulait vivre.

Mais maintenant, c'était devenu tristement normal. Il était simplement couché sur son lit d'hôpital, à attendre que ça passe. Pensant à sa vie, qui lui avait complètement échappé, sans qu'il ne puisse rien faire.

Instinctivement, il posa une main sur son coeur. Erik sentait son coeur battre, irrégulièrement, mais il le sentait battre. Comme toujours alimenté par cette rage, cette haine, qui demeurait présente, sans même que le brun n'en soit affecté.

Le milieu de terrain lança un regard vers le ciel, légèrement rosé par le couché de soleil. Et comme d'habitude, il se perdit dans le vaste étendue de bleu rosé qu'offrait le ciel.

Il pensait à ce qu'il aurait aimé faire. À ce qu'il avait préféré laisser de côté, pour faire souffrir le moins de gens possible. Il pensait à ses rêves perdus. Il pensait à toutes les fois où les médecines pensaient que c'était la fin, qu'Erik ne se réveillerait plus. Il pensait à toutes les fois où il avait croisé la mort, sans jamais pourtant partir avec elle.

Il pensait au fait que désormais, il avait 20 ans.

Un léger sourire se dessina sur ces fines lèvres. Il y'a quelques années, il craignait cet âge fatidique. Il le craignait comme la vie craint la mort. Hors maintenant, c'était simplement une vérité, un fait qui ne le lâchait plus.

Maintenant qu'il y pensait, qu'était au fond tout ces rêves perdus ? Des choses qu'il n'aurait sûrement jamais pu réaliser.

Affronter les plus grands joueurs du monde. Affronter les petits prodiges du football.

Affronter à nouveau Mark Evans. Son grand ami de toujours. Il aurait aimé revoir cette passion brûlantes dans ses prunelles sombres.

Gagner le FFI avec Bobby, Mark, et Dylan. Rendre l'Amérique fière, faire de cette nation une nation importante dans l'histoire du football.

Épouser Silvia. Avec laquelle il avait préféré couper les ponts il y'a un an, en voyant son état de santé se dégrader. Il avait ainsi perdu pour la deuxième fois la fille qu'il aimait, et c'était à nouveau, entièrement de sa faute.

Perdu dans ses pensées, le brun ne remarqua même pas son coeur qui s'emballait de plus en plus. Il lui manquait de plus en plus d'air, mais Erik s'en moquait. Cela faisait longtemps qu'il s'en moquait. C'est pour cela qu'il n'y prêta pas attention.

Ses yeux noirs se posèrent sur un ballon de foot, qui se trouvait au milieu de la cour, attendant patiemment qu'un enfant vienne jouer avec.

Le sourire d'Erik se figea, et ses yeux se plissèrent lentement. Il releva lentement la tête, et regarda le ciel, avant de murmurer lentement quelque chose.

-J'arrive...

Et sans même s'en rendre compte, Erik ferma les yeux, pour la dernière fois. Son coeur s'arrêta de battre, désormais à jamais. Il le savait, ce n'était qu'une question de temps avant que ça n'arrive. C'était pour cela qu'il s'était éteint avec le sourire.

C'était pour cela, que ce feu s'était éteint de manière si paisible.

Il avait simplement rejoins la mort, comme une vieille amie.

[...]