Thème : WW2, souvenir, histoire, passé

TW : traumatisme, WW2, racisme

Time Line : Inazuma Eleven

Personnages : Hidetoshi Nakata, Ichinose Kazuya (Erik Eagle)


[...]

Nakata avait toujours aimé l'histoire.

Il était d'avis que, sans passé, le futur ne pouvait pas être construit. Sans passé, il n'y avait plus aucune base pour construire notre avenir.

Et cette culture lui était chère. Pour lui chaque cours, chaque livre d'histoire, chaque documentaire était un moyen d'accroître ces connaissances. Un moyen d'éviter de refaire les mêmes erreurs.

Le jeune homme était passionné par toutes les époques, sans exception, chaque page de l'histoire l'intéressait.

Cependant, une partie de l'histoire de l'humanité l'avait toujours déstabilisé.

-Aujourd'hui nous commenceront le chapitre de la deuxième guerre mondiale, sortez une feuille ainsi que votre manuel d'histoire.

La deuxième guerre mondiale.

C'était une guerre comme une autre au fond, excepté le nombre de mort qu'elle a entraîné. C'était une guerre planétaire, mondiale, comme l'avait été la guerre de 7 ans de 1756 jusqu'en 1763.

Alors pourquoi est-ce-que cela le déstabilisait tant ?

-Monsieur Ichinose ! Cessez de rêvasser et concentrez vous sur le cours !

Kazuya fit une grimace en entendant son nom de famille être écorché par son professeur d'histoire. Mais au fond, il commençait à y être habitué.

L'école en Amérique était très bien, il mentirait en disant le contraire. Pourtant, malgré toutes ces années passées sur le territoire américain, il ne s'habituerait jamais à ce genre de chose.

Ce fut la sonnerie annonçant la fin des cours qui sortit finalement le brun de ses pensées.

Le professeur soupira, remit ses lunettes, et aboya une phrase que la moitié des élèves n'entendirent même pas, bien trop occupés à ranger leur affaire et parler entre eux.

-Pour le prochain cours, nous étudierons les événements de Pearl Harbor, ainsi que les événements de Hiroshima et Nagasaki.

Ichinose aurait aimé ne pas entendre cette phrase, comme le reste de ces camarades de classe.

Mais malheureusement, ça n'avait pas été le cas.

Il eut soudain comme l'impression d'être seul, au milieu d'une salle pleine d'élèves. Il ne voyait même plus ses amis Mark et Dylan. Seul le bruit des feuilles frétillant au contact du vent semblait l'atteindre.

Il se sentait seul. Il ne s'était plus senti aussi différent de ses camarades depuis très longtemps.

Il avait vécu si longtemps ici. Pourtant, en cet instant précis, il n'avait jamais eut aussi honte de ses origines.

Ou était-ce réellement de la honte ?

Il n'en savait rien. Il ne savait même pas comment réagir par rapport à cela.

Comment devait-il réagir, en sachant que c'était son propre pays d'origine qui avait sauvagement bombardé une base et tué des milliers de personnes ? Personnes qui appartenaient au même pays que ces camarades de classe.

Comment devait-il réagir en pensant au fait qu'en retour, des milliers d'innocents avaient été tués par les soldats du pays d'origine de ses camarades de classe ?

Kazuya reposa sa tête contre une de ses mains, et soupira.

Pourquoi se sentait-il si mal par rapport à ça ? Si perdu ? Si seul ? Ce n'était qu'une page du passé, rien de plus, rien de moins.

Rien de plus, rien de moins.

Il avait décidé de rentrer seul ce jour-là, ce qui avait étonné Paolo, qui était toujours habitué à rentrer des cours avec son capitaine.

Pourtant, Hide avait besoin d'être seul. Le cours d'histoire ne lui sortait plus du crâne.

Chaque pas qu'il faisait, à chaque fois qu'il foulait le sol, il avait l'impression d'entendre sans cesse un mot. Ce mot.

L'axe.

L'axe.

L'axe.

Le brun s'arrêta et soupira, en levant les yeux au ciel. Il était italien, bien qu'il soit né au Japon. Pourtant, depuis ce matin, il avait l'étrange impression de n'avoir aucunes de ces deux nationalités. De ne vouloir être d'aucunes de ces deux nationalités

Il avait l'impression d'être perdu. Au milieu d'une mer aux vagues barbares. Chaque goutte d'eau rappelant un passage de l'histoire de la deuxième guerre mondiale.

Son histoire. L'histoire de ses deux pays.

Il se souvenait de chaque regard posé sur lui durant le cours d'histoire, dès que son professeur mentionnait le Japon. L'axe Rome-Berlin-Tokyo.

Cette foutue axe.

Nakata donna un coup de pied rageur dans un caillou, avant de soupirer.

Ses propres arrières grands-parents étaient des fidèles, adepte de ce nouveau Japon, qui se dressait fièrement aux côtés du troisième Reich ainsi que du royaume d'Italie.

Il avait honte. Il avait mal. Hide se rappelait que son arrière grand père paternel était décédé lors du bombardement de la ville de Nagasaki.

En y pensant, il ressentait une certaine douleur. Un pincement, qui vous noue l'estomac, vous donne la boule à la gorge. Un mélange de honte, de regret, de chagrin.

Comme si ces émotions n'étaient pas les siennes. Mais celle d'un peuple, d'un pays, d'une nation.

Hide s'arrêta finalement de marcher et fixa le sol. Il était déstabilisé. Il était perdu, en colère, dégoûté, sans même qu'il ne comprenne pourquoi.

Il venait de découvrir cette face cachée de l'histoire. Celle où le lecteur du livre de l'histoire de l'homme était directement lié à un événement.

Celle où le lecteur n'était plus un lecteur, mais l'acteur d'une tragédie passées.

Ces deux jeunes hommes étaient à l'autre bout du monde, loin de leur chère et tendre terre natale, loin de leurs souvenirs, des souvenirs de leur famille, des souvenirs des actions passées, des actions commises par leur propre peuple.

Au final, peu importait ce qu'ils pensaient, peu importait d'ailleurs à quel point ils se torturaient l'esprit avec ces souvenirs, qui n'étaient même les leurs. Ces souvenirs étaient hors du temps, une part d'eux, qui ne les quitterait jamais.

Certaines choses étaient plus fortes, plus complexes que les pages passées de l'humanité. Les souvenirs des conflits de jadis en faisaient partie. Ils étaient hors des pages froides d'un livre d'histoire, hors d'un cours banal. Ils étaient réelles, ils n'était pas le résultat d'un récit de guerre.

Les souvenirs de cette époque n'étaient au fond que le récit des guerres de l'âme de ces soldats tombés, de ces familles déchirées, de ces peuples souillés.

[...]