DISCLAIMER:

Cette fanfiction est basée sur le monde merveilleux d'Harry Potter, propriété de J. K. Rowling. La plupart des personnages, lieux, etc. lui appartiennent.

Cette histoire est la traduction française de Living without Danger, deuxième volet de la fabuleuse série Dangerverse, écrite par la talentueuse Whydoyouneedtoknow. J'ai obtenu l'accord de l'autrice pour publier cette traduction.


Chapitre 3: Ce que tu mérites


La fin de semaine était chaude et ensoleillée, ce que Harry trouvait décidément cruel de la part de l'univers. Pourquoi devait-il faire si beau à l'extérieur alors qu'il était coincé à l'intérieur à faire ses devoirs?

« Si tu ne perdais pas autant de temps à te plaindre au sujet des devoirs, ça ne te prendrait pas aussi longtemps. » dit Hermione. « Franchement, Harry, tu es pire que Meghan. »

Il reçu plus de sympathie de Drago et Ron, à qui cela démangeait aussi de se retrouver dehors en cette magnifique journée, et qui avaient tous deux des difficultés similaires avec le devoir de McGonagall.

« Je ne comprends juste rien à la métamorphose. » dit Drago avec un soupir exaspéré.

« Nous n'avons eu qu'un seul cours, Drago, donne une chance à cette matière. » dit Hermione d'un ton sensé. « Tu pourrais aimer ça au bout d'un moment. »

« Je ne veux pas lui donner une chance. C'est énervant, et ça ne fait aucun sens. Donne-moi plutôt des potions, n'importe quand. C'est clair – tu suis les étapes, tu atteins le résultat escompté—et tu obtiens le même résultat chaque fois. Ce genre de choses- » Drago frappa sur ses notes de métamorphose, « va dans toutes les directions en même temps. Je n'aime pas ça. »

« Que tu aimes ça ou pas, nous devons le faire quand même. » dit Harry en trempant sa plume dans l'encrier. « Allez, si nous travaillons bien nous devrions avoir terminé pour le souper. »

Avec l'aide d'Hermione, les garçons finirent effectivement leurs essais juste avant le souper, bien que Harry suspectait que Ron avait écrit plus gros volontairement pour remplir plus de parchemin (les essais de Poudlard étaient mesurés pieds et en pouces plutôt qu'en pages, puisqu'ils étaient écrits sur des rouleaux de parchemin). Néanmoins, il n'allait pas aborder le sujet avec son ami; il n'avait aucune envie de démarrer une querelle et se rendre misérable à nouveau, maintenant qu'une partie de sa tristesse d'être loin de la maison l'avait quitté.

Dimanche fut glorieux. Libres pour le moment des ombres imminentes des travaux scolaires, les louveteaux jouèrent dehors toute la journée, courant, sautant et riant, ennuyant Hagrid jusqu'à ce qu'il menace de les cuisiner pour le souper. Lorsqu'ils retournèrent à la salle commune de Gryffondor après avoir mangé leur propre souper, une nouvelle notice était apparue au tableau d'affichage.

« Des leçons de vol? » dit Ron d'un ton incrédule en la lisant. « Qui ne sait pas voler? »

« Les nés-moldus. » répondit Hermione d'un ton évident. « Ils auraient trouvé l'idée de voler sur un balai ridicule avant d'apprendre l'existence du monde magique et de Poudlard. »

« Je me demande si on peut faire un test pour en être exclus? » dit rapidement Drago, coupant ce que Ron était sur le point de dire. « Tu devrais vraiment en être exclu, Harry, tu n'as pas besoin de leçon de vol. Tu peux faire des choses sur ton balai que même Patmol n'arrive pas à faire. »

Harry sourit, acceptant le compliment. Pour la première fois depuis son arrivée à Poudlard, le nom de son parrain ne provoqua pas un horrible serrement dans sa poitrine.

Peut-être que je m'habitue à être ici.

Il regarda le bas de l'avis et fit la grimace. « Tu as manqué une partie, Ron. » dit-il en pointant la ligne qu'il avait remarqué. « Regarde avec qui nous serons. »

« Madame Bibine, qui veux-tu que ce soit d'autre? » demanda Drago.

« Non, je veux dire quelle autre maison. »

« Oh non, » dit Hermione d'un ton malheureux. « Pas- »

« Serpentard. » grommela Ron. « Juste ce dont on avait besoin. Ils vont probablement essayer d'ensorceler les balais ou quelque chose du genre. »

« Les balais? » demanda Neville qui venait de descendre du dortoir des garçons. « Quels balais? »

« Nous avons une leçon de vol jeudi. » dit Harry.

« De vol? » Neville pâlit un peu. « Je ne suis jamais monté sur un balai avant. Grand-Mère n'a jamais voulu. »

« Ne t'inquiète pas, Neville, tu t'en sortiras très bien. » dit Hermione d'un ton rassurant. « Il ne faut simplement pas que tu paniques. »

Harry pensait que sa sœur était un peu trop optimiste. Neville avait plus d'accidents que toutes les personnes qu'Harry avait déjà rencontré, même les deux pieds sur le sol. Harry n'aimait pas penser à ce que sa propension naturelle pour les accidents et les désastres allaient donner lorsqu'il serait assis sur ce qui se résumait à un large javelot lancé à toute vitesse à dix pieds du sol. Mais Neville sourit et eut l'air rassuré, alors Harry n'allait pas éclater sa bulle.

La semaine se passa sensiblement comme la précédente. Les leçons étaient différentes, bien sûr, et les devoirs un petit peu plus difficiles, mais Harry sentait qu'il commençait à prendre le pouls des choses. Il savait maintenant qu'il devait écouter avec une grande attention le professeur Flitwick, dont la voix avait tendance à devenir aiguë et inaudible lorsqu'il était excité, et il avait abandonné d'essayer d'écouter le professeur Binns, le fantôme qui enseignait l'histoire de la magie, décidant à la place d'étudier à partir des notes ultraprécises d'Hermione.

Le cours de défense contre les forces du mal du jeudi matin fut intéressant, comme le professeur Lockhart l'avait promis, mais pas comme Harry l'avait espéré.

« Tout le monde, sortez votre copie d'Une année avec le Yéti. » demanda Lockhart. « Et tournez jusqu'à la page 126. Vous voyez ici une représentation de moi, en vaillante bataille contre l'abominable homme des neiges de l'Himalaya. »

Ron glissa sur sa chaise pour cacher le fait qu'il essayait de ne pas rire. Le Lockhart de l'image avait des muscles trois fois plus gros que l'homme qui se trouvait devant eux, et se tenait triomphalement au-dessus d'une créature blanche et poilue à l'aspect pitoyable qu'Harry supposait représentait le yéti. Peu importe à quel point l'image était ridicule, en revanche, elle était tout de même plus facile à regarder que l'expression d'amoureuse transie sur le visage d'Hermione tandis qu'elle écoutait Lockhart avec ravissement.

« Toutefois, cette simple œuvre artistique ne peut partager l'excitation et le danger de mon combat féroce avec la créature. Non plus, en vérité, que les mots ne le peuvent. Une telle bataille doit être vue, et vécue, pour le croire. » Lockhart se pencha derrière son bureau et ramassa ce qui semblait être un tas de chiffons blancs. « Mr. Potter, pourriez-vous venir à l'avant de la classe, je vous prie? »

Harry se leva et avança, avec le sentiment d'avancer vers un danger imminent, bien qu'il n'arrivait pas à articuler pourquoi.

Lockhart lui fit un sourire béat. « C'est ton jour de chance, Harry. Tu pourras démontrer à tous tes camarades les procédures et la méthode exacte que j'ai utilisé pour vaincre le Yéti de Tibul Bankur. Allez, enlève tes robes, et habille-toi rapidement, pour que nous ayons le temps de faire toute la bataille. »

Harry accepta le tas de chiffons que Lockhart lui déposa sans cérémonie dans les bras. De près, il pu constater que ce n'était pas un tas de chiffons, mais un costume – un costume de fourrure blanche, du genre qu'un Moldu porterait à une fête costumée.

« Tu peux te changer dans mon bureau, si tu es timide. » dit Lockhart d'un ton joyeux. « Ne nous fais pas attendre trop longtemps, en revanche, la connaissance n'attend pour aucun homme… ou yéti… »

Il ricana à sa propre blague. Personne d'autre ne rit.


« Tu étais bien, mon pote. » dit Ron à un Harry enragé lorsqu'ils quittèrent la salle de classe à la fin du cours. Harry lui lança un regard noir et il rougit. « Je veux dire, aussi bien que possible… je veux dire… »

« Ron. » dit Hermione. « Tais-toi. »

« Leçon de vol cet après-midi. » dit Drago, comme s'il se parlait à lui-même. « Ce sera bien de remonter sur un balai. »

Harry pensa au fait de voler, à la glorieuse liberté qu'il ressentait lorsqu'il était dans les airs, et une partie de la frustration et de l'embarras qu'il ressentait disparu.

« Fred et George disent que les balais de l'école sont terribles, par contre. » dit Ron. « certains tirent à gauche ou se mettent à vibrer lorsqu'on monte trop haut, et George jure qu'il en a déjà eu un qui ne faisait que se retourner chaque fois qu'il tentait d'aller plus vite qu'un bébé qui rampe. Il a finalement abandonné et volé la tête en bas durant tout le cours – il s'est presque évanoui lorsqu'il est descendu de balai. »

Tout le monde rit, et Harry se sentit un peu mieux.

Le cours de vol se déroulait à 15h30, sur le terrain opposé à la Forêt Interdite. Les Serpentard étaient déjà là lorsque les Gryffondors arrivèrent, étrangement répartis entre les vingt balais qui étaient déposés sur le sol. Harry suspectait qu'ils avaient jeté un coup d'œil et choisi les meilleurs.

Une ombre tomba sur Harry. Il leva les yeux.

Madame Bibine volait en cercles au-dessus d'eux, se préparant à atterrir. « Qu'est-ce que vous attendez? » aboya-t-elle avant même d'avoir posé les pieds au sol. « Mettez-vous chacun à la gauche d'un balai. Allez, dépêchez-vous! »

Harry choisi le balai le plus près de lui et lui jeta un coup d'œil. Il était vieux et pas en très bon état, certaines des brindilles partaient dans tous les sens – avec envie il pensa à son propre Nimbus 1000, dans le placard à balai de la Tanière.

« Tendez la main droite au-dessus du balai. » Ordonna Madame Bibine, « et dites : Debout ! »

« Debout ! » crièrent les élèves à l'unisson.

Le balais d'Harry, comme il s'en attendait, lui sauta dans la main. Hermione eut besoin de deux essais, et Neville dût finalement se pencher et ramasser le sien.

« Pathétique, Londubat. » ricana Theodore Nott depuis sa place en face de Neville. « Même Dursley peut faire mieux que ça. Pas vrai, Dursley? »

Dudley Dursley eut l'air surpris d'être mentionné, mais opina.

« Montre-lui. » ordonna Nott. « Fais venir le balai à toi. »

« D'accord. Regarde, Londubat. » Dudley leva la main au-dessus de son balai. « Debout, balai! Debout! »

Le balai fit un petit saut sans enthousiasme et retomba. Harry ne fut pas surpris—Dudley avait plutôt l'air de douter que le balai lui répondrait, et, bien sûr, cela voulait dire qu'il ne répondrait pas, Harry le savait. Après tout, on pouvait dire des mots magiques et secouer sa baguette tant qu'on le voulait, si on n'avait pas la volonté que quelque chose se passe, il ne se passerait rien.

« Oh, allez, Dursley. » aboya Nott. « Il faut que tu le pense vraiment. Comme ça. » Il laissa tomber son balai au sol. « Debout. » dit-il sèchement, et le balai lui sauta dans la main. « Tu vois? Bien sûr, ça te prendra un peu plus de temps pour y arriver, tu es né-moldu, mais tu peux quand même battre Londubat – quelle pathétique excuse de sang-pur. »

Neville rougit et se détourna. Harry était sur le point de dire quelque chose qu'il allait certainement regretter, mais Madame Bibine était en train de faire le tour de la classe pour leur montrer comment monter leur balai correctement et elle arriva à lui avant qu'il n'ait eu le temps de parler.

Après quelques explications techniques, Madame bibine se tint devant la classe, qui étaient tous en position et attendaient son signal. « À mon coup de sifflet, vous donnez un coup de pied par terre pour vous lancer. Frappez fort. » dit-elle.

« Tu n'y arriveras jamais, Londubat. » siffla Nott.

« Vous tiendrez vos balais bien droits, vous vous élèverez d'un ou deux mètres et vous reviendrez immédiatement au sol en vous penchant légèrement en avant. »

« Tu seras cloué au sol toute ta vie. »

« À mon coup de sifflet. »

« Tu es pathétique. »

« Trois… »

« Bébé. »

« Deux… »

« Cracmol. »

Neville perdit contrôle de lui-même et frappa du pied très fort. Il s'éleva dans les airs comme un bouchon de champagne, faisant crier quelques filles.

« Redescends, mon garçon! » ordonna madame Bibine, mais Neville n'arrivait visiblement pas à contrôler son balai. Hermione porta les deux mains à sa bouche alors qu'il s'élevait de plus en plus haut. Il était à environ vingt pieds maintenant – quarante – soixante - Harry vit son visage, blanc et effrayé, regarder le sol s'éloigner—

Sans prendre une réelle décision consciente, Harry enfourcha son balai et décolla. « Potter! » entendit-il crier madame Bibine, comme dans un rêve. « Que croyez-vous être en train de faire? »

Harry pensa que c'était plutôt évident – il sauvait Neville. Il monta aussi vite qu'il le pouvait et arriva juste à temps pour attraper le poignet de Neville alors que l'autre garçon perdait l'équilibre et commençait à glisser de son balai. Le poids inattendu manqua de faire tomber Harry aussi, mais il arriva à retenir Neville – il ne savait pas combien de temps il arriverait à rester sur son balai dans cet équilibre précaire—

Madame Bibine fut soudainement sur leurs flancs, retenant Neville de l'autre côté. « Bien joué, Potter. » dit-elle, en lui lançant un regard inquisiteur de ses yeux jaunes comme ceux d'un faucon. « Ne refaites jamais ça ou vous serez renvoyé. Dirigeons-nous vers le sol, Londubat. »

Neville acquiesça et attrapa son balai. Puis il regarda vers le sol, et Harry vit ses yeux s'agrandir et son visage pâlir. Presque sans avertissement, ses yeux roulèrent vers l'arrière et il s'effondra. Madame Bibine le rattrapa alors qu'il tanguait dangereusement sur le côté. « Peur des hauteurs. » dit-elle avec une note de dédain dans la voix.

Quelque chose de scintillant tomba de la poche de Neville. Harry le vit et le temps sembla ralentir.

La grand-mère de Neville lui a envoyé ça, je ne peux pas le laisser se briser…

Harry plongea, poursuivant la boule en fonçant vers le sol, sachant presque instinctivement à quelle vitesse il allait (très vite) et à quel point il se rapprochait du sol (de plus en plus à chaque seconde) – des filles poussèrent des cris stridents tout près, mais il les ignora pour ne pas être déconcentré - il tendit la main et réussit à attraper la boule juste à temps pour pouvoir redresser le manche de son balai et atterrir en douceur sur la pelouse, en tenant le Rapeltout au creux de son poing, entendant la classe commencer à applaudir –

« HARRY POTTER! »

Il sursauta et se retourna, toujours sur son balai. Ce ton de voix ne pouvait appartenir qu'à une seule personne.

Le professeur McGonagall courrait presque – non, pas presque, elle courrait vraiment – vers eux. Harry ne l'avait jamais vu courir avant. Il sentit sa gorge se serrer sous la panique.

Je voulais voir la maison, mais pas comme ça.

« Suivez-moi. » dit-elle lorsqu'elle l'atteignit. Son visage était de marbre, et elle fit un brusque signe de tête vers madame Bibine, qui venait d'atterrir, un Neville inconscient dans les bras. Harry remit rapidement le Rapeltout à Hermione et suivit le professeur McGonagall vers le château.

Je me demande à quel point j'ai des ennuis. Probablement beaucoup. Je ne serai probablement pas renvoyé, mais je vais sans doute faire perdre des tas de points à Gryffondor et récolter beaucoup de retenues… de la copie, ou faire le ménage de son bureau, ou des devoirs supplémentaires, ou quelque chose… et elle va écrire à la Meute, et je devrais endurer un des sermons de Lunard sur le fait de suivre les consignes et ne pas être téméraire et imprudent…

Harry grimaça. C'est presque pire qu'un mois de retenues.

Ils étaient maintenant à l'intérieur, grimpant les escaliers de marbre, et le professeur McGonagall ne lui avait toujours rien dit. Ils se dirigeaient vers la salle de Sortilèges, pensa Harry, et il se demanda follement durant quelques secondes si elle allait demander au professeur Flitwick de lui jeter un sort afin qu'il ne puisse plus s'approcher d'un balai – mais non, si elle avait voulu faire quelque chose comme ça, elle l'aurait fait elle-même…

« Excusez-moi, professeur Flitwick, puis-je emprunter Dubois quelques instants? »

« Bien sûr. » couina la voix du professeur Flitwick. « Allez-y, Dubois. »

Dubois?

Comme dans, Dubois, le capitaine de l'équipe de Quidditch de Gryffondor?

Harry jeta un regard vers Dubois. Il savait que l'adolescent jouait comme gardien, et il en avait la carrure – de longs bras et des épaules fortes…

Il détourna rapidement le regard lorsque les yeux de Dubois se posèrent sur lui. Il me lance probablement le fameux regard "c'est le célèbre Harry Potter" en fixant ma cicatrice. J'aimerais vraiment que les gens arrêtent de faire ça…

Le professeur McGonagall tourna dans une salle de classe vide et en chassa Peeves, l'esprit frappeur du château, sans ménagement. Harry esquiva l'esprit malin alors qu'il passait tout près de sa tête, et un mouvement de baguette du professeur McGonagall referma la porte derrière lui.

« Potter, voici Olivier Dubois. » dit-elle. « Dubois, je vous ai trouvé un attrapeur. »

Le visage de Dubois s'éclaira. « Professeur—vraiment? »

« Oh, oui. » dit le professeur McGonagall avec un hochement de tête ferme. « Sa famille m'avait dit à quel point il était doué sur un balai, mais, bien honnêtement, je ne les croyais pas avant de voir ce qu'il vient tout juste de faire. »

Harry la fixa. De toutes les possibilités de ce qui pourrait lui arriver, en voilà une qu'il n'avait pas considéré. « Mais, professeur- »

« Je sais, Potter, les premières années ne sont pas autorisées à posséder leur propre balai. Nous devrons trouver une solution pour contourner cette règle. Un talent comme le vôtre ne doit pas être gâché. Il a attrapé une chose de la taille d'un vif d'or à main nue après un plongeon de cinquante pieds. » dit-elle à Dubois, qui eut l'air de vouloir demander à quelqu'un de le pincer, sauf qu'il ne voulait pas se réveiller. « Exactement ce dont nous avons besoin – Je n'ai pas pu regarder Severus Rogue dans les yeux durant des semaines après ce match contre Serpentard, pourquoi Weasley a-t-il dû aller se blesser lors des tests d'entrée de cette réserve de dragons juste avant le match final, je ne le saurai jamais… »

« Tu as juste la bonne carrure pour un attrapeur, en plus. » dit Dubois en le regardant des pieds à la tête. « Je n'ai rien contre Charlie Weasley, bien sûr, il était excellent, mais il était un peu plus carré que ce que j'aime chez un attrapeur – tu seras parfait, Potter, léger et rapide, parfait pour attraper le vif d'or… »

Des feux d'artifices semblèrent éclater dans la tête d'Harry. Il devait se retenir de toutes ses forces pour ne pas sourire comme un idiot.

« Je m'occuperai de contacter votre famille pour vous obtenir accès à un balai, Potter. » dit le professeur McGonagall, obtenant à nouveau l'entière attention d'Harry. « Votre canaille de parrain me devra maintenant une faveur. »

Harry avait très envie de rire à cette description de Sirius, mais n'était pas certain si c'était une bonne idée en face de sa directrice de maison.

« Vous serez, bien évidemment, dispensé de leçons de vol à partir de maintenant. » continua le professeur McGonagall. « Et je veux vous voir vous entrainer et vous appliquer, ou je pourrais bien changer d'idée et vous punir après tout. » Son sourire se fit nostalgique. « Votre père aurait été très fier de vous, aujourd'hui. Et votre mère, elle, aurait sans doute été très agacée. »


« Tu as désobéi à un ainé, et tu es récompensé pour ça? » demanda Siss. « Mon œuf, j'ai l'impression que les humains ne font pas de sens, parfois. »

Harry rit. « Je peux vivre avec un peu de non-sens, si ça veut dire que je peux jouer au Quidditch. »

« Oui, je peux entendre la joie dans ta voix. M'emmèneras-tu avec toi lorsque tu iras voler? Je me suis toujours demandé ce que ça faisait de planer comme les oiseaux. »

« Aussitôt que je reçois mon balai, c'est promis. » Harry s'assit sur son lit au son de pas précipités qui approchaient du dortoir.

« Harry, est-ce que ça va? »

« C'était génial, Harry! »

« As-tu été renvoyé? »

« Combien de retenues as-tu reçues? »

« Est-ce qu'elle va écrire à la Meute? »

« Qu'est-ce qui s'est passé? » termina Hermione dans le silence soudain. « Tu as l'air… heureux. »

« Est-ce qu'il y a quelqu'un d'autre proche? » demanda Harry en regardant derrière eux.

« Non, tous les autres sont à la Grande salle pour le souper. » dit Drago. « Allez, Harry, crache le morceau. »

« Vous n'avez pas le droit de le dire à personne. » les avertit Harry. « C'est un secret jusqu'à quelque part en novembre. »

« Arrête de nous faire languir et dis-nous, à la fin! » explosa Ron.

« Je suis le nouvel attrapeur de Gryffondor. »

Le silence se fit.

Je souhaiterais vraiment avoir une caméra. Hermione, Drago et Ron étaient côte à côte, portant tous la même expression d'incrédulité, bouche bée.

« Attrapeur? » dit finalement Ron d'un ton abasourdi. « Mais les premières années ne jouent jamais- »

« Je sais. » sourit Harry. « Je suis le plus jeune joueur depuis un siècle. Selon Dubois, en tout cas. »

« Mais si tu ne peux pas avoir ton propre balai- » commença Hermione.

« McGonagall m'a dit de ne pas m'en inquiéter, qu'elle trouverait une solution avec la Meute. » Harry se gratta la tête en réfléchissant. « Elle a aussi dit que Patmol lui devra une faveur maintenant, mais je ne vois pas vraiment pourquoi… »

« Oh, Harry, tu es si innocent. » dit Hermione avec pitié. « Ne sais-tu pas que Patmol rêve de te voir jouer dans l'équipe de Gryffondor depuis des années? Toute la Meute le souhaite, en fait. Et maintenant, te voilà dans l'équipe, un an plus tôt que prévu – et c'est grâce à McGonagall. Elle va probablement collecter en faisant venir Patmol pour qu'il donne un cours ou une conférence. »

Ron eut l'air incrédule. « Sans offense, Hermione, mais de quoi pourrait-il parler? »

« Compétences pratiques de défense. » dit rapidement Hermione. « Il était auror avant tout ça. Il pourrait l'être encore – Madame Bones du département de la Justice magique l'a contacté à ce sujet – mais il préfère continuer -»

« À faire autre chose. » l'interrompit fermement Drago. C'était la première fois qu'il parlait depuis la révélation d'Harry, et Harry réalisa qu'il ne savait pas ce que son frère pensait de sa soudaine nomination dans l'équipe de Quidditch…

« Eh bien, s'il faisait une présentation, j'irais. » dit Ron.

« Que quelqu'un appelle la Gazette des Sorciers, » dit Hermione, faisant semblant de s'évanouir sur le lit de Harry. « Ronald Weasley veut faire quelque chose de relié à l'école. »

« Oh, tais-toi. » aboya Ron. « Juste parce que je ne suis pas un super cerveau comme toi- »

« J'obtiens quelques scores parfaits sur des devoirs et soudainement je suis un super cerveau? »

« Non, tu l'es depuis des années. Maintenant tu es simplement quelque part où ça parait. »

Harry attrapa le regard de Drago et fit un signe de tête vers un coin éloigné de la pièce, loin du chamaillage de Ron et Hermione. Drago acquiesça et le suivit.

« Drago, est-ce que tu es fâché contre moi? » demanda Harry d'un ton incertain. « Je ne l'ai pas demandé, je te le jure, et je sais que nous avons toujours dit qu'on entrerait dans l'équipe ensemble, mais c'est seulement un an et - »

« Harry, tais-toi. » Drago regardait par la fenêtre. « Je—je ne sais pas vraiment comment je me sens. » confessa-t-il. « Je suis heureux pour toi, vraiment, mais je suis aussi vraiment, vraiment jaloux. Mais je pense que ça partira bientôt. Ne t'en fais pas, je ne vais pas arrêter de te parler ou quoi que ce soit. Mais je… je ne peux pas m'empêcher de souhaiter que ça m'inclut aussi. »

« Je le souhaiterais aussi. » dit Harry, et il le pensait. Le Quidditch ne serait pas pareil sans Drago, ni, non plus, sans Ron. Depuis qu'il avait rencontré le rouquin, ses rêves de Poudlard avaient inclus Ron dans tout, comme si c'était une évidence. Il avait toujours su qu'il ne partagerait pas le Quidditch avec Neenie – Hermione, se corrigea-t-il mentalement. Je suis aussi bien d'apprendre à ne même pas penser à l'autre nom ou je le dirai sans y penser en public et elle me fera la peau ensuite. Mais les autres garçons avaient toujours figuré dans son imagination, Drago crânant avec le souaffle comme il adorait le faire, Ron –

Harry réalisa qu'il ne savait pas quelle position préférait Ron. Il changeait beaucoup de place dans leurs parties amicales plutôt que de conserver une position préférée comme Harry et Drago le faisaient. Il allait poser la question lorsque son estomac gronda, et il se rappela qu'il était l'heure de manger. « Quelqu'un d'autre a faim? » demanda-t-il à la place.

« Je suis affamé. » dit rapidement Ron. « Et il y a de la tourte au steak et aux rognons ce soir, je l'ai senti en passant. Le dernier à la Grande Salle est un balai cassé! »


« Comment peux-tu manger ça? » demanda Ron à Drago, qui attaquait un large bol de crème glacée au beurre d'arachides et au fudge.

« J'aime le contraste. Le mélange du sucré et du salé, c'est ça qui la rend délicieuse. »

« Oh, alors tu aimes le sucré et le salé ensemble. »

« C'est ce que je viens de dire. »

« Je vais t'aider, alors. » Avant que Drago ait pu réaliser ce que son ami faisait, Ron avait ramassé la salière et salé la crème glacée de Drago.

« Oh, c'est dégoûtant. » Drago prit une cuillerée de la crème glacée ruinée et la déposa sur la tarte aux pommes de Ron. « Voyons voir si tu aimes ça. »

Ron allait répliquer avec son gobelet de jus de citrouille quand Hermione lui lança un raisin sec sur le nez. « Oh, pourquoi tu m'attaques? »

« Si tu attaques un louveteau, tu les attaque tous. » dit Harry, ajoutant un morceau de sa tarte à la mélasse sur le bordel dans l'assiette de Ron. « Neenie – Hermione, pardon – est-ce que je peux les avoir si tu ne les mange pas? »

« Sers-toi. Tu sais que je déteste les raisins secs. »

« Alors pourquoi mange-tu des biscuits avoine et raisins? » demanda Ron.

« Parce que le biscuit à l'avoine est vraiment bon lorsqu'on enlève les raisins. »

« Salut, Potter. » dit une voix qu'Harry n'était pas intéressé à entendre pour le moment.

« Salut, Nott. » répondit-il poliment néanmoins, regardant le Serpentard, flanqué comme toujours de Crabbe et Goyle.

« Qu'est-ce qui se passe, ta famille n'as pas pu venir te chercher encore? » ricana Nott. « Ou seraient-ils indisponibles ce soir? »

« Je ne sais pas de quoi tu parles. » dit froidement Harry.

« Oh, je suis sûr que non. » Nott se rapprocha. « C'était très malin de leur part de garder ça hors des journaux. On ne peut pas laisser les autorités savoir quel genre de personne élève Harry Potter. C'est illégal, tu sais. »

À côté de lui, Hermione émit un faible son et tapota ses doigts sur la table. Harry jeta un coup d'œil sur ses doigts et vit qu'elle avait fait le signal Maraudeur pour "J'ai compris".

« Je ne comprends toujours pas de quoi tu parles. » Harry dirigea sa question à Nott et Hermione.

« Voudrais-tu que je t'explique? » dit Nott, sonnant comme s'il parlait à un gamin de cinq ans qui demandait pourquoi le ciel est bleu.

« Oui, je pense que j'aimerais beaucoup. »

« Pas ici, en revanche. » dit Nott, regardant autour d'eux. « Trop… d'indésirables. » Ses yeux se posèrent sur Ron. « Rejoins-moi à minuit dans la salle des trophées. J'expliquerai alors. »

« Et si je ne viens pas? »

« Pourquoi ne viendrais-tu pas? »

« C'est contre le règlement d'être hors de nos dortoirs aussi tard. Je pourrais avoir des ennuis. »

« Moi aussi. »

« Fait un serment sorcier. » dit soudainement Drago. « Jure que tu seras là. »

« Oh, si tu insistes. » dit Nott. Il leva sa main droite. « Moi, Theodore Nott, jure d'être dans la salle des trophées ce soir à minuit, sur mon honneur en tant que sorcier. Content maintenant, Black? »

« Oui. Très. »

« À ce soir, Potter. » Nott tourna les talons et retourna à sa table.

« Est-ce que l'un de vous voudrais bien m'expliquer pourquoi vous me forcez à enfreindre le règlement de l'école? » demanda Harry.

Hermione se tortilla inconfortablement et regarda Drago.

« Harry, si nous étions à la maison, nous ferions une tanière ce soir. » dit Drago. « N'est-ce pas? » demanda-t-il à Hermione.

Hermione opina.

Harry conta les jours dans sa tête et réalisa que la pleine lune était effectivement ce soir. Il haussa les épaules. « Et alors? » demanda-t-il. Il ne voyait pas ce que ça dérangeait si Nott savait qu'ils dormaient parfois tous dans la même pièce.

« Harry, pourquoi est-ce qu'on fait une tanière? » demanda Hermione d'un ton plein de sous-entendus. Ses yeux se posèrent sur Ron, et elle commença à dessiner des formes dans les miettes de son assiette. Une série de croissant, vit Harry, devenant progressivement de plus en plus gras, jusqu'à ce qu'un cercle complet soit formé…

« Vous pensez qu'il sait pour Lunard. » dit Harry en comprenant soudainement.

Drago acquiesça, le visage sombre. « Il doit. C'est la seule raison qu'il aurait de dire des choses comme ça. »

« Comment aurait-il su? »

« Son père lui a probablement dit. » dit Hermione en émiettant le biscuit qu'elle tenait en main.

« Et comment l'a su son père, alors? »

« De la même manière que Lucius Malefoy. » dit Drago d'un ton amer.

Harry grogna un peu. « Queudver. »

« Vous savez, je ne comprends pas un mot de ce que vous dites. » dit Ron un peu plaintivement. « Si vous voulez que je parte, vous n'avez qu'à le dire. »

« Non, ça va. » dit Harry en se frottant le front. « Désolé, Ron, c'était impoli. »

« Pouvez-vous me dire ce qui se passe? »

« Nott sait un secret à notre sujet. » dit Hermione en choisissant soigneusement ses mots. « Ce n'est pas un problème pour nous, mais ça pourrait causer des problèmes si d'autre personnes le savaient. »

« Qu'est-ce qu'il me veut, vous croyez? » demanda Harry.

« Probablement te faire chanter. » dit Drago. « Te faire faire quelque chose ou lui donner quelque chose. »

« Ou t'attirer des ennuis. » dit Hermione. « Si Rusard t'attrapait hors du lit si tard, tu aurais beaucoup d'ennuis. Et après que tu aies déjà brisé une règle aujourd'hui – Je sais que McGonagall a laissé passer, mais elle pourrait le regretter si tu brises une autre règle le même soir… »

« Mais je dois y aller, » dit Harry. « Ce serment… »

« Ne lie que Nott. » l'interrompt Drago en souriant. « Tu n'as rien juré, Harry. Tu n'as pas à aller où que ce soit. »

« Mais j'ai dit que j'irais. » objecta Harry.

« Non, tu ne l'as pas dit. » dit Hermione. « Nott a seulement pensé que tu l'avais dit. Tu n'as rien accepté, Harry. Tu n'as pas besoin d'y aller. »

« Mais… » Harry regarda Ron, son dernier espoir pour comprendre ce qu'il essayait d'expliquer.

« Dis-moi si c'est vrai. » dit Ron, regardant Drago et Hermione. « Ils ne sont jamais d'accord sur rien. »

« Presque jamais. »

« Alors, quand ils sont du même avis, c'est probablement important, pas vrai? »

« Vrai. »

« Et ils sont tous les deux d'accords pour dire que tu ne devrais pas aller rencontrer Nott ce soir. »

Harry soupira. « D'accord, trois contre un. Vous gagnez. Je n'irai pas. »

« Il allait probablement te piéger de toute façon. » dit Hermione alors qu'ils quittaient la Grande Salle. « Emmener Rusard avec lui ou quelque chose du genre. »

Harry s'arrêta, frappé par une idée. « Il sera furieux si je ne me présente pas. » dit-il. « Il pourrait essayer de se venger. »

Drago grimaça. « Je n'y avais pas pensé. Qu'est-ce qu'on devrait faire? »

« Le prendre à son propre jeu. » dit Harry, sentant un sourire se former sur son visage. « Il a fait le serment d'être là ce soir. Et si le professeur McGonagall se trouvait justement à passer par-là alors qu'il y est? »

« Des points en moins pour Serpentard… » chantonna Ron en souriant.

Les quatre amis coururent dans les escaliers de marbre en direction du bureau du professeur McGonagall.


Harry n'arrivait pas à dormir ce soir-là. Même avec Siss et son lion en peluche bordés avec lui, le vide de son lit le dérangeait. Il s'ennuyait de la riche chaleur de la Tanière, la proximité, l'odeur, la sensation et les sons d'autres êtres au sang chaud autour de lui. Ses sens lui semblaient anormalement acérés, capable de tout entendre, depuis les respirations tranquilles de Dean et Seamus aux ronflements aigus de Neville et à celui, plus grave, de Ron—

Harry fronça les sourcils. Il manquait quelque chose. Le rythme de respiration de sommeil de Drago, qu'il connaissait comme le fond de sa poche, était absent.

Si nous ne pouvons pas dormir tous les deux, Neenie ne peut probablement pas non plus.

Prenant une décision, il roula hors du lit.

« Mon œuf, où vas-tu? » demanda Siss, endormie.

« Je vais descendre mes draps et dormir près du feu. Veux-tu venir? »

« Il fera froid ici sans toi. Je viendrai. »

Harry souleva le serpent de son oreiller, la déposa sur son épaule, et commença à défaire son lit aussi silencieusement qu'il le pouvait. La tête de Drago apparut entre ses rideaux de lit.

« Tanière dans la salle commune. » dit Harry dans un souffle. Drago opina et disparut. Des bruits de draps sortirent de derrière ses rideaux.

« Harry? » demanda une voix endormie. Il se tourna pour voir Ron, assis dans son lit, le regardant avec de petits yeux endormis dans la lumière brillante de la pleine lune qui entrait par les fenêtres du dortoir. « Qu'est-ce que tu fais? »

« Nous allons dormir dans la salle commune. Tu peux venir si tu veux. »

« Pourquoi? »

« C'est juste quelque chose qu'on fait à la maison. »

Ron regarda Drago sortir de son lit, un amas de draps sous le bras. « Je viens. » dit-il finalement. « Est-ce que je devrais emporter mes draps et mes oreillers? »

« Oui, nous en aurons besoin. »

Ron retira les draps de son lit avec une rapide efficacité. « Maman nous fait défaire et refaire nos lits à la maison, lorsqu'elle fait le lavage. » expliqua-t-il aux garçons alors qu'ils descendaient l'escalier. « Ça lui fait moins de travail. »

Une tête brune et échevelée apparue d'un amas de couvertures devant la cheminée lorsque les garçons s'approchèrent. « J'attends depuis des siècles. Qu'est-ce qui vous a pris tant de temps? »

« Il a fallu y penser avant. » dit Harry, laissant tomber ses draps aux côtés d'Hermione. « Pourquoi est-ce que tu n'es pas venue nous chercher? »

Hermione bailla. « Je serais venue dans quelques minutes. » dit-elle d'un ton endormi. « Mais maintenant je n'ai plus à le faire. »

Là, sur le plancher de la salle commune de Gryffondor, ils apprirent à Ron comment bâtir une Tanière, et s'y glissèrent, restant un peu plus loin les uns des autres qu'ils ne l'auraient fait à la maison, par respect pour le nouvel arrivant, qui pourrait être inconfortable avec leurs façons de faire au début.

Mais il apprendra. Il sera membre de la Meute. Harry en était certain. Un jour, il dormira emmêlé avec nous et ne trouvera pas ça étrange du tout. Ce jour-là – cette nuit-là—il fera vraiment partie de la Meute.

« Soyez les bienvenus, tous, à cette nuit de Tanière. » dit Drago, inaugurant la soirée avec les mots traditionnels du Beta. « Nous sommes une Meute maintenant. Meute ensemble. »

« Meute pour toujours. » répondirent Harry et Hermione, et Ron une seconde plus tard d'une voix incertaine.

« Qui racontera une histoire? » demanda Hermione, tenant le rôle de la femelle alpha, puisqu'elle était la seule fille du groupe. « Qui nous rappellera ce que signifie être une Meute? »

« Non. » dit Harry avec regret, puisqu'il adorait les histoires des soirs de Tanière. Mais il était tard et ils avaient un cours de potion en matinée. « Pas d'histoire ce soir. Il est trop tard. Nous devons dormir. »

Tout le monde acquiesça.

« Il faudra se lever tôt, en plus. » dit Ron en frappant son oreiller pour lui donner forme. « Pour ramasser tout ça avant que les autres nous voient. » Il avait évidement été surpris de voir Hermione les attendre, mais avait accepté sa participation dans le pyjama-party improvisé de bonne grâce. Et il avait raison, réalisa Harry. Ils n'avaient pas besoin d'être à la source des rumeurs que causerait le fait d'être trouvé endormis devant la cheminée avec une fille.

« Je vous souhaite bonne nuit et de beaux rêves, alors. » dit Harry, entendant dans sa tête la voix de Lunard disant la même chose, ou celle de Danger parlant pour lui. « Que cette nuit nous apporte à tous le repos, et que nous nous réveillions plus forts demain grâce à elle. »

« Ainsi soit-il. » répondirent les autres.

La Meute.

Ma Meute. Je suis un alpha, maintenant.

Et je ne dois jamais l'oublier.

Ce que je fais les affecte tous.

Harry se retourna et regarda les flammes. Des pensées au sujet de Lunard et Danger l'envahirent, prenant des directions intéressantes.

Ils peuvent appeler le feu. Le feu leur obéit et les sert. Comme il servait Godric Gryffondor et ses enfants. Et Danger tient ses pouvoirs des Fondateurs…

Une voix rêveuse apparu dans sa tête, les mots embrouillés par le temps ou l'oubli. Un mot se présenta à lui : merci.

« Merci, Godric. » murmura Harry sur le bord du sommeil.

Ses yeux se fermèrent. Il ne vit pas l'effet que ses mots avaient eu.

Mais il y avait eu un effet. La gratitude avait toujours un effet.

Toutefois, cet effet était rarement aussi visible…