Bonjour mes amours,

Voici les dernières lignes de Failles à travers l'épilogue.

Merci à Damelith d'avoir été là jusqu'au bout.
Merci à vous.


Épilogue.

"When that sun goes down

Hope you raise your cup

I wish that I could witness

All you joy and all your pain

But until my moment comes, I'll say (…)

.

I owned every second that this world could give (...)

Yeah, with every broken bone

I swear I lived."

.

I lived, OneRepublic.

« Quand la nuit tombe

J'espère que tu lèves ton verre

Je fais le vœux d'être témoin

De toutes tes joies et de toutes peines

Mais d'ici là, je peux dire (…)

.

Que je profite de chaque seconde (…)

Oui, avec tous mes malheurs aussi

Je jure que j'ai vécu. »

J'ai vécu, OneRepublic.


Harry et Drago se trouvaient à l'aéroport avec Narcisse et Lily. La jeune femme était la seule à porter une valise, bien évidemment miniaturisée, et semblait en proie à un mélange d'excitation et d'angoisse, à l'image de ses pères.

Harry était l'excité. Il voyait sa grande fille, à présent âgée de dix-huit ans, s'envoler vers de nouvelles aventures. Il vivait presque ce départ par procuration mais, surtout, ce qu'il ne lui disait pas, c'était qu'elle l'aidait à réécrire sa propre histoire. Quand Harry s'était envolé pour le Canada au même âge, trente-cinq ans auparavant, les circonstances étaient alors bien différentes. Il fuyait l'après-guerre et ses démons. Lily, elle, partait vivre sa vie d'adulescente.

Drago vivait la situation de manière bien différente. Déjà, Lily était son bébé, qu'il avait eu du mal à voir grandir. Ensuite, pour ne rien arranger, elle partait pour rejoindre son petit-ami, qu'elle avait rencontré sur l'Internet moldu il y avait deux ans de cela. Lui étudiait en deuxième année de médicomagie tropicale, elle allait commencer des études de magizoologiste pour se spécialiser en magientomologie par la suite. Autant dire que Drago ne voyait pas tout cela d'un très bon œil, persuadé qu'il ne reverrait plus jamais sa petite fille.

Ils suivirent les couloirs fléchés vers la zone C, où était prévu son premier Portoloin. Elle aurait ainsi trois Portoloins différents jusqu'à arriver à Alice Springs, dans la partie nord de l'Australie.

Ils arrivèrent finalement dans la zone d'attente, dans laquelle ils allaient patienter pour les quatre prochaines heures. Teddy viendrait les rejoindre plus tard, quand il aurait terminé son shift.

Drago s'assit en se prenant le front dans les mains, en plein craquage. Harry voulut venir à son secours, mais Lily fut plus rapide que lui. Elle s'accroupit et posa ses paumes sur ses genoux.

« Papa, regarde-moi », l'enjoignit-elle.

Harry et Narcisse observèrent la scène, légèrement à l'écart.

« Je suis une adulte maintenant », lui dit-elle d'un ton ferme mais doux. « Je vole de mes propres ailes. »

« Je saaaais mais... »

Il avait des trémolos dans la voix.

« Tu vas être fort, Papounet. Tu as géré quand j'ai commencé Poudlard, tu vas gérer maintenant que je commence Alice Springs High School, O.K. ? »

Drago secoua la tête. Harry était à la fois attendri et atterré. Il redevenait un enfant quand il s'agissait de Lily, qui aurait pu le mener par le bout du nez si elle l'avait voulu. Heureusement, c'était une Gryffondor plutôt sage, un peu comme Hermione, mais en moins Miss-je-sais-tout. Simplement très bien dans ses baskets.

« Comment je vais te protéger des garçons si tu t'en vas aussi loin ? » gémit Drago.

« Allons bon, je pense que je ne t'ai pas demandé ton avis quand j'étais à Poudlard. Est-ce que j'ai manqué à mes devoirs d'étudiante ? Est-ce qu'il m'est arrivé des horreurs ? »

« Non mais... »

« Mais rien, Papa. Tu vas simplement profiter de ta vie de jeune cinquantenaire et tu viendras me voir quand tu prendras tes congés. »

Drago grimaça de douleur. Il brisait symboliquement et définitivement le cordon ombilical ce jour-là, et c'était douloureux. Bien plus qu'en 2026.

« T'inquiètes pas, je te protégerai des araignées », le taquina-t-elle avec un clin d'œil.

Drago resta étrangement silencieux pendant les heures qui suivirent. Harry lui jetait de temps à autre des coups d'œil, tout comme il gardait une oreille distraite sur la conversation de leurs enfants qui portaient sur la prochaine coupe du monde de Quidditch, celle de 2034. Ce serait la première fois que Narcisse allait disputer un championnat aussi important. Ce serait donc également la première fois que Harry et Drago soutiendraient la même équipe, celle des Caerphilly Catapults, avec une attention toute particulière pour le jeune gardien de but.

Alors que l'esprit de Harry divaguait vers la coupe du monde de 1994, Teddy fit son apparition. Et il n'était pas venu seul : Mara, son épouse, et Bénédicte, leur petite fille qu'ils avaient adoptée deux ans auparavant. Sans trop d'étonnement pour Harry, Teddy avait préféré donné sa chance à un enfant jusque-là privé de famille.

Harry accueillit aussitôt son aîné en le prenant dans ses bras.

« Comment tu vas mon grand ? »

« Ça va, je craignais juste de ne pas arriver à temps pour dire au revoir. Oh, c'est pas la forme pour Drago. »

« Pas trop, non. »

Ils purent ainsi tous enlacer une dernière fois Lily, qui quitta le territoire britannique dans un mélange de larmes et de joie.

Lorsqu'ils rentrèrent à la maison après le décollage, Drago partit s'isoler dans la chambre, et Harry le laissa gérer ses émotions. Il l'y rejoignit pour la nuit, et Drago lisait, à demi-plongé dans la pénombre. C'était un livre de Christian Bobin, La plus que vive. Un livre qu'il avait lu plus d'une fois depuis qu'ils vivaient ensemble, autrement dit un paquet d'années. Ça arrivait à chaque fois qu'il avait besoin de trouver du sens dans son existence.

Harry se glissa sous la couette et il entendit Drago poser son livre sur la table de nuit, avant d'enrouler son bras autour de lui, le serrant étroitement. Il avait définitivement besoin de réconfort.

« Tout est désordre. Les cheveux. Le lit. Les mots. La vie. Le cœur. » Jack Kerouac

FIN.


Je vous dis à très vite pour les notes de fin.

Flux énergétique de scarabée sur vous,
Cailean