Me voici de retour pour un nouveau défi du Poney : « La Communauté est sur le départ, mais l'anneau est introuvable ».

Bonne lecture !

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— Monsieur Frodon, est-ce que tout va bien ?

Frodon leva vers Sam un regard empli de panique. Il aurait voulu mentir, mais ils avaient vécu trop de choses pour que cela fut possible.

— Non, Sam, non. Cela ne va pas du tout. Je ne le retrouve plus. Dire que je l'ai toujours avec moi ! Je crois que je l'ai perdu…

— De quoi parlez-vous, monsieur Frodon ?

— De quoi je ? De l'anneau, pardi, de l'anneau ! De quoi pourrais-je bien parler d'autre ?

Sam recula, comme s'il avait été frappé. Frodon se laissa tomber sur le lit, une main recouvrant son visage.

— Pardon, je ne voulais pas.

— Ce n'est rien, c'est une grosse responsabilité que vous portez. Allons, gardez courage, je vais vous aider à chercher !

Pourtant, une demi-heure plus tard, même Sam dut admettre que l'anneau était introuvable. Frodon se tirait les cheveux de détresse, incapable de se concentrer sur quoi que ce soit. La voix de Sam pénétra difficilement dans le brouillard qui l'entourait. Il tourna la tête vers lui, pour voir le jardinier occupé à réarranger un bouquet tout en prenant bien garde à ne pas croiser son regard.

— Je me disais… Je ne suis pas du genre à porter des jugements à la va-vite, même si je me pique d'être plutôt bon juge, mais…

— Qu'essayes-tu de me dire ?

Sam abandonna le vase et se tourna enfin vers lui, triturant ses doigts.

— C'est cet Homme, ce Boromir. Vous l'avez vu comme moi. Agressif, hautain. De la hargne dans les yeux et de la colère dans la voix. De la mauvaise graine, à n'en pas douter. Ne croyez-vous pas qu'il soit possible qu'il ait ?

Frodon voulu répondre qu'une telle chose était impensable, mais il referma la bouche avant d'avoir parlé. Cela pourrait-il être possible ? Ne pas vouloir croire et qu'une chose ne soit pas, il y avait un monde entre les deux.

Un poing qui s'abattît contre la porte les fit sursauter tous les deux.

— Allons, allons, vous en faites une tête ! Je sais bien que ces Elfes sont de piètres hôtes, mais tout de même, les chambres ne sont pas si inconfortables que cela.

— Maître Gimli ! Implora Frodon.

Il était trop tard pour reculer, aussi, Frodon le mit dans la confidence. La réaction du Nain ne se fit pas attendre.

— Ça c'est trop fort, explosa-t-il. Je suis sûr que c'est un coup de cet Elfe-là, ce Vertefeuille.

— Ne pensez-vous pas que cela puisse plutôt être sieur Boromir ? Contra Sam.

— Non, non, non, les Elfes sont retors, ne l'oubliez jamais !

— Qu'ouïe-je, maître Nain ? Et que diriez-vous d'un peuple toujours prêt à colporter les pires ignominies sur un autre ?

Puis, s'adressant à Frodon :

— Je n'ai pu m'empêcher d'entendre votre conversation. D'un autre côté, discuter avec un Nain, c'est prendre le risque que le pays tout entier entende votre discussion. L'on dit que la plupart du temps, le coupable revient toujours sur les lieux de son crime et voilà que le sieur Gimli s'est présenté à vous. Je ne chercherais pas plus loin si j'étais vous : à peine arrivé, et déjà il tente de vous lancer sur une piste risible.

Frodon soutint leur regard à tous les deux et secoua la tête.

— Je ne puis vous imaginer, l'un comme l'autre coupable d'une telle bassesse.

— Ha ah ! Exulta Sam. Nous en revenons à ce que je disais. Ce Boromir est le coupable le plus plausible.

— Et de quoi m'accusez-vous si facilement, monsieur le jardinier ?

Les yeux de Sam jetaient des éclairs au nouvel arrivant, mais il ne se démonta pas pour autant. Frodon aurait voulu lui intimer l'ordre de se taire, mais il était trop tard.

— Je dis, monsieur, que sans vergogne aucune, vous avez dépouillé monsieur Frodon de l'anneau, pour le garder rien que pour vous.

Boromir laissa éclater un rire incrédule.

— Vraiment ? Vous me croyez capable d'une telle vilenie ? Sachez que si d'aventure j'aurais voulu m'emparer de cette arme, je ne l'aurais pas subtilisée, mais simplement demandée à votre ami. Une décision a été prise lors du Conseil, je saurai m'y tenir. En revanche, vous oubliez qu'avec un tel artefact, votre compagnon de voyage, qui se dit si peu intéressé par l'avenir du Gondor, pourrait redorer son blason et ceindre une couronne…

— Qui lui revient de droit, interjeta Legolas.

Boromir lui jeta un regard dédaigneux.

— Le Gondor n'a nul besoin d'un roi. C'est de forces pour maintenir nos troupes dont nous avons besoin. Jamais nous n'accepterons quelqu'un qui n'est rien et qui se présenterait en terrain conquis.

— Vous m'en voyez bien aise. Et puisque je n'ai nulle intention de « m'emparer » d'un royaume, d'autant plus qui ne veut pas de moi, nous allons dans la même direction. Dites-moi, Frodon, avez-vous déjà demandé à vos amis s'ils n'auraient pas croisé l'anneau ? Merry et Pippin sont de charmants compagnons, mais cela ne m'étonnerait pas qu'ils vous aient emprunter l'anneau sans vous demander la permission.

— Je m'insurge ! À la délation ! À l'insulte !

— Psst, n'en fait pas trop non plus Pippin. On y a pensé tout de même.

— Oui, mais tu m'as convaincu de ne pas le faire. Donc j'ai le droit d'être outré par ces accusations dénuées de tout fondement. Moi je dis, il faudrait plutôt regarder du côté du Magicien.

— Lorsque monsieur Peregrin aura fini de se draper dans sa dignité et que vous aurez fini de vous dresser les uns contre les autres, vous apprendrez, Frodon qu'Elrond m'envoie vous faire dire que vous avez oublié l'anneau sur la table du Conseil. Si vous voulez bien m'excuser…

Le silence qui suivit le départ de Gandalf était assez épais pour être coupé au couteau. Frodon se racla la gorge, un vrai coup de tonnerre.

— Toutes mes excuses pour le dérangement. Euh… Je reviens tout de suite, mettez-vous à votre aise.