Chapitre 2 : Le Coeur de l'Assassin
Regulus grogna en s'effondrant sur le sol de sa cave. Il venait de rater son transplanage. Au moins, il ne s'était pas désartibulé. Il avait la main plaquée contre son flanc pour retenir un maximum son sang de sortir de la plaie.
Il inspira profondément et se releva en ignorant la douleur qui lui traversait les côtes. Il ouvrit son placard à potions et sortit directement une potion de régénération sanguine et une autre contre la douleur. Il les avala cul-sec avant de sortir quelques onguents et sa baguette pour soigner ses blessures.
Il regretta une fois de plus de ne pas avoir les compétences de Severus, ou même Severus lui-même, car ses propres préparations n'étaient pas de la meilleure qualité. Il resterait blessé quelques jours mais au moins ce ne serait que quelques plaies mineures et des ecchymoses. Mais c'était toujours mieux que les soins moldus, même si le médecin du marché noir était excellent dans son domaine pour seulement quelques pièces d'or. Il restait hélas qu'un Moldu.
Il termina ses soins et avisa ses stocks. Il devrait bientôt se refaire un baume et des potions contre la douleur... Il allait devoir pour cela aller sur le Chemin de Traverse. Heureusement qu'il gagnait bien sa vie dans le monde moldu, il n'avait qu'à passer à Gringott's changer quelques livres en galions et faire ses courses. Il ne touchait donc jamais aux coffres des Black. Il restait invisible, considéré comme mort. C'était l'idée.
Il irait en semaine ...
Il monta au rez-de-chaussée et partit prendre une douche pour enlever tout le sang qu'il avait perdu et mit ses vêtements à laver après les avoir réparés d'un coup de baguette. Il grimaça légèrement en avisant les hématomes qui commençaient à apparaître sur sa peau hâlée. Ce qui aurait du être une simple mission d'assassinat avait tourné en combat vengeur avec les gardes du corps de la cible avant qu'il ne puisse s'enfuir. Cela avait été rude. Heureusement qu'il n'avait jamais laissé son adresse et qu'il se laissait contacter uniquement au moyen de l'Hotel... Il ne ramenait jamais les ennuis dans son sanctuaire, près d'Harry. Jamais.
Il sortit des glaçons de son congélateur et les emballa dans un essuie avant de l'appliquer consciencieusement sur son entrejambe. Une garce avait vraiment bien visé et il était persuadé qu'elle avait été adepte de ce sport que les Moldus appelaient football ! Il resta immobile ainsi un petit moment, le temps qu'il se sente un peu mieux. La potion contre la douleur commença peu à peu à faire son effet.
En pensant à Harry, il se concentra quelques instants, comme tous les jours, sur son Ombr'Lune et ce dernier vola jusque la maison d'en face pour veiller un peu sur l'enfant. Ce dernier, maintenant âgé de six ans, était assis devant une niche, à l'abri du soleil sous un jeune saule. Il semblait pâle et affamé.
Regulus avait vu les Dursley partirent en vacances deux jours plus tôt, laissant Harry seul pour une semaine dehors. Heureusement, c'était l'été et il prévoyait du bon temps, il n'aurait pas froid. Il aurait bien aimé le ramener chez lui mais ce n'était pas une bonne idée au vu de son travail, son mode de vie. Il ne voulait pas qu'il perde son innocence si tôt. Il ne se le pardonnerait pas. Il vivait déjà pas une vie heureuse auprès de sa famille, il ne pouvait pas lui prendre non plus son innocence.
En revenant à lui, il posa l'essuie et la glace semi-fondue sur le plan de travail et se dirigea vers le frigo et ses placards. Il prépara quelques sandwichs au jambon et d'autres au chocolat et sortit une bouteille de jus de citrouille bien fraîche. Il mit le tout dans un petit sac et sortit de la maison.
Il vit immédiatement le petit se tendre à son approche, méfiant. Il lui fit un petit sourire rassurant.
« Salut, petit, » dit-il avec bonne humeur. « Belle journée, hein ? »
L'enfant hocha simplement la tête mais ne répondit pas.
« Je m'appelle Reg, » fit Regulus. « Et toi ? »
« Harry. »
« Tu as faim, Harry ? »
Ce dernier ne répondit pas mais baissa la tête. L'Assassin se força à garder le sourire alors qu'il sentait la colère contre ces maudits Moldus monter d'un cran. Il savait qu'ils l'avaient conditionné mais au point de baisser la tête alors que quelqu'un lui posait une simple question concernant quelque chose d'aussi élémentaire et indispensable que la nourriture !
Il sortit son sac en plastique de sous sa veste sombre et le présenta devant l'enfant.
« Tu en veux ? Moi, je n'ai pas très faim. Je ne pourrais pas tout manger tout seul. »
Il vit l'enfant hésiter alors qu'il lui tendait un sandwich au chocolat. Harry tendit timidement une main et s'en empara. Il lui jetait des regards en coin, craintif, alors qu'il mordait dans le pain. Regulus en fit autant dans un sandwich au jambon. Il se concentra sur son corbeau et le fit revenir auprès de lui. Harry sursauta en voyant l'oiseau se poser sur la main de Regulus.
« Ne crains rien, il n'est pas dangereux. Il est juste un peu curieux. »
« Comment il s'appelle ? » demanda l'enfant.
L'Assassin sourit à la curiosité. Il n'était pas totalement soumis et pouvait encore être émerveillé.
« Je l'ai appelé Raven. C'est mon ami. »
« Moi, j'ai pas d'ami. »
« Si tu veux, il peut aussi être ton ami. »
« Je préfère pas, » fit Harry au bout d'un instant, malheureux.
« Pourquoi ? Tout le monde a droit à avoir un ami. Surtout les enfants. »
« Moi non. » Regulus releva un sourcil. « Parce que je suis un monstre. »
Nouvelle colère. Pourtant il l'entendait depuis longtemps par le biais de Raven.
« Qui t'a dit cela ? » demanda-t-il néanmoins.
« Mon oncle et ma tante. »
« Ce sont eux les monstres alors car un enfant est le symbole même de l'innocence, de la gentillesse et de la bonté. Enfin, quand il est bien éduqué. »
« Alors moi, je ne le suis pas... »
« Tu me sembles pourtant être un petit garçon très bien, » répliqua doucement Regulus avec un sourire alors qu'il le voyait ouvrir la bouteille.
« Qu'est-ce que c'est ? » demanda Harry, surpris par le goût.
« Du jus de citrouille. »
« C'est bon ! »
L'Assassin lui sourit doucement et l'encouragea à se resservir. Harry avait vraiment besoin de manger. Maintenant qu'il le voyait de prêt, il pouvait dire qu'il était vraiment sous-alimenté. Pas la moindre graisse, pas un gramme. Il n'avait que la peau sur les os. Si nécessaire, il pouvait toujours se refaire à manger pour lui. Il se sentait mal d'avoir de la nourriture et lui presque aucune.
« Harry, je ne suis pas souvent chez moi mais ... si jamais tu as besoin de quelque chose comme de la nourriture ou de l'aide, un conseil peut-être et que je suis là, tu peux venir demander. D'accord ? »
Il le vit hocher doucement la tête mais il pouvait deviner que l'enfant n'était pas convaincu qu'il serait aidé. Les adultes l'avaient déjà déçus, le pauvre petit. Il lui ébouriffa doucement les cheveux. Harry se tendit sous le geste avant de se détendre légèrement et d'offrir un sourire timide à Regulus.
Regulus sourit à son tour et laissa son corbeau s'avancer un peu, tel un oiseau curieux.
« Tu peux le caresser, si tu veux, » sourit-il.
Harry tendit une main timide vers Raven et lui caressa les plumes. Le corbeau se laissa faire en croassant doucement de plaisir avant de monter sur la main d'un petit bond. Il piqua dans le pain, sous l'impulsion de Regulus pour amuser l'enfant.
« Et oui, il est un petit chenapan, » rit-il doucement.
Le garçon rit aussi.
Regulus resta avec le garçon jusque tard dans l'après-midi et ils discutèrent de sujets simples. Harry était d'un naturel curieux une fois la méfiance écartée. Il posait beaucoup de questions et aimait de toute évidence apprendre. Il deviendrait peut-être un Serdaigle en allant à Poudlard. Si toutefois son oncle ne réprimait pas ce trait de caractère en 'dressant' son neveu.
Il repartit au soir, regrettant de ne pas pouvoir lui demander de venir dormir chez lui pour ne pas paraître pour un pédophile ou n'importe quoi d'autres. Les rumeurs allaient vite et comme Vernon Dursley semblait avoir un peu de pouvoir du haut de son petit monde du mal, autant voir ce qu'il pouvait vraiment faire contre lui, pour l'écraser sans le tuer, et ainsi préserver Harry.
Mais jusqu'à présent, il trouvait très peu d'informations et par conséquent des solutions pour le filleul de son frère.
