Chapitre 7 : La Grand'Rue Sorcière

Regulus réfléchissait alors qu'il observait Harry dormir paisiblement dans le lit. Ils étaient des sorciers. De plus, Harry était un enfant Potter, même s'il se doutait qu'il avait été renié d'une certaine manière. Sinon comment expliquer qu'il ait été envoyé vivre auprès de ces horribles Moldus ? Il allait l'adopter. Il n'avait rien d'autres à faire. Vu la notoriété des Potter, avec leur précieux Survivant – qui ne l'était peut-être pas en réalité –, s'il envoyait Harry dans une famille Sang-Pur pour y être élevé, ils pourraient être utilisé et avoir une vie malheureuse et exposée dans les médias. Il ne souhaitait pas cela pour lui. Il était conscient que sa vie n'était pas beaucoup mieux, qu'elle était même dangereuse, mais elle avait le confort de l'anonymat le plus total.

Ils iraient à Gringott's le lendemain pour régler tout cela. Harry James Potter disparaîtrait pour ne plus laisser qu'Harry Regulus Black. Enfin, si Harry acceptait bien sûr. Il lui demanderait s'il acceptait qu'il devienne son père. Il lui caressa les cheveux avec douceur avant de se coucher dans le canapé au fond de la pièce.

A l'annonce de la nouvelle, le lendemain matin, Harry avait arboré un magnifique sourire et était venu se loger dans ses bras, heureux.

« Si mes vrais parents ne veulent pas de moi, je n'ai plus à penser à eux comme 'papa' et 'maman' ! Oui, je veux bien être ton fils ! »

« Merveilleux, Harry, » murmura Regulus avec un sourire sincère.

« Est-ce que ça veut dire que je peux t'appeler 'papa' ? »

« Oui, tu peux. »

« Merci ... Papa, » fit alors Harry en serrant son nouveau père encore plus fort.

« De rien, mon petit bonhomme. De rien. »

Ils déjeunèrent tranquillement avant que Regulus ne les guide à nouveau à travers la tempête de neige qui s'était déclarée sur la région de Moscou. Il pénétra dans un petit magasin moldu vendant des antiquités et il avança calmement en direction de l'autre sortie, saluant la vendeuse d'un signe de tête.

« Où sommes-nous, Papa ? » demanda Harry en regardant les magasins aux devantures étranges.

« Bienvenue dans la Grand'Rue sorcière, Harry, » lui répondit Regulus avec un sourire. « C'est dans ce genre de rue que nous, sorciers, achetons nos grimoires, nos chaudrons et nos baguettes magiques mais aussi beaucoup, beaucoup d'autres choses en fonction de nos besoins. »

« Tu me feras voir ? »

« Je te montrerai tout, Harry, en temps voulu. Et pour certaines choses, quand tu seras prêt. Je te le promets. En attendant, nous devons aller à la banque Gringott's. »

« On peut regarder un peu sur le chemin ? »

« Bien sûr. Et si tu as des questions, n'hésite pas à les poser, d'accord ? »

« D'accord. »

Ils parcoururent la rue et Regulus lui présenta chaque échoppe, ce qu'on y vendait et en quoi cela pouvait être intéressant. Il lui parla donc de l'apothicaire et des potions, lâchant une anecdote sur son ancien amant et son don pour cette discipline, parla de la librairie et de tous les livres que l'on pouvait y acheter. Il apprit dès lors qu'Harry adorait lire et apprendre, lui confirmant l'idée qu'il avait eu qu'il s'agissait d'un petit Serdaigle. Quel dommage qu'il ne l'emmènerait pas à Poudlard. Là-bas, il était trop connu à cause de son passé de Mangemort mais aussi parce qu'il savait de source sûre que Severus y travaillait.

Il soupira avant de sourire à nouveau tout en lui parlant toujours de magie. Quant il commença à voir les colonnes de marbre blanc de la banque Gringott's, il commença à lui dire des choses sur les créatures magiques et arriva rapidement aux Gobelins. Il lui parla ensuite de la banque sorcière, de leurs règles, de quelques lois gobelines, vantant au passage leur don pour la forge et la création d'armes et de bijoux d'une qualité presque inestimable.

Ils arrivèrent finalement devant les marches de la banque et Regulus le mena dans le vestibule où il le laissa lire la mise en garde en lui ordonnant de ne jamais – au grand jamais – braver l'interdit qui y était sous-entendu. Puis, ils pénétrèrent dans le grand hall même de l'établissement et se dirigèrent vers une file pour attendre leur tour. Ils ne durent pas patienter très longtemps.

« Bonjour, je souhaiterais m'entretenir avec le Gobelin Urnok, » demanda Regulus d'une voix polie mais ferme.

« Il n'est pas en service ici mais ... en Angleterre, » lui informa le guichetier sans lever les yeux de son parchemin. « Pouvons-nous vous proposer un autre conseiller ? »

« Je ne parlerais qu'auprès du Gobelin Urnok, Maître Gobelin, » réfuta doucement le sorcier. « Je suis disposé à attendre le temps qu'il faudra pour le rencontrer. Je ne suis pas pressé. »

La créature releva son regard luisant d'intelligence vers Regulus et reconnut le port noble des vieilles familles. Il vit aussi au regard dur que l'homme n'était pas quelqu'un qu'on pouvait contrarier par un refus. Considérant le fait qu'il avait été poli – fait étonnant pour le Gobelin puisque les sorciers les dénigraient la plupart du temps, en particulier en Angleterre –, il accéda à la demande de l'inconnu et envoya un message pour faire quérir le conseiller demandé.

« Suivez-moi, » dit-il à l'adresse de l'homme et de son jeune compagnon de voyage. « Je vais vous conduire dans un salon privé. »

Regulus et Harry le suivirent d'un pas tranquille et ils quittèrent le luxueux hall de la banque pour parcourir des galeries creusées à même la roche. Le petit glissa sur de la caillasse, risquant de tomber dans le vide. L'Assassin remercia ses réflexes vifs et le rattrapa avant de le soulever. Il était peut-être un peu grand pour être encore porté mais Harry n'avait jamais eu ce genre d'attention et il le savait. Et le sorcier se sentait plus rassuré ainsi. Le petit ne glisserait plus ainsi.

Harry serra ses bras autour du coup de Regulus glissa sa tête dans son cou en fermant les yeux, heureux. Il avait un papa dorénavant. Un papa qui l'aimait et qui voulait l'adopter. Il avait un sourire éblouissant rien qu'à cette idée et se serrait encore plus contre Regulus.

Ils arrivèrent au bout d'une dizaine de minutes de marche dans un petit salon tout aussi luxueux que le grand hall, tout de marbre et de dorure, avec des fauteuils confortables. Regulus s'installa sur l'un d'eux sans lâcher Harry. Ils patientèrent ainsi longtemps, le sorcier continuant de parler du monde magique décrivant de nombreuses autres créatures à la demande du garçon avec plaisir. Un vieux Gobelin se présenta à eux une heure plus tard et écarquilla les yeux.

« Mr Black ? » s'exclama-t-il, sous le choc. « Mais nous croyions... »

« A ma mort ? » sourit le sorcier en se relevant. « Si même les Gobelins y ont cru, alors c'est que j'ai réussi mon coup. Ravi de vous revoir Maître Urnok. »

Il reprit la main d'Harry et ils suivirent le Gobelin jusque dans un petit bureau richement décoré.

« Que puis-je pour vous, Mr Black ? » demanda Urnok après qu'ils se furent installés.