Je ne possède ni la licence, ni les personnages de Fire Emblem. Ceci est un One shot sur une relation Claude / F!Byleth, que je me suis amusé à écrire il y a des mois, j'espère qu'elle est appréciable. Prenez soin de vous.

Un instant de paix, dans le tumulte causé par le dernier mois. Le bal célébrant la fondation du monastère ne pouvait pas mieux tomber, alors que tous ici n'avaient en tête que le massacre perpétré par Solon et le chevalier macabre au village de Remire. Les étudiants étaient anxieux, mais la coupe du héron blanc du début du mois, et ce bal enfin leur permirent de respirer.

Les dorures dont avait été parée la salle de bal rendait la scène aussi chaleureuse, qu'enivrante. La musique douce, jouée par la chorale qui s'était entraînée à leur art aussi durement que les élèves à la guerre, émerveillaient tous les auditeurs. La professeure de la maison des Cerfs d'Or, Byleth, regardait tout ceci sans se mettre en avant, c'était le moment de ses chers élèves, pas le sien. Elle avait l'occasion de manger les mets commandés par l'église, qui n'avait pas lésiné sur les moyens, et admirer les jeunes adultes et adolescents s'amuser et danser de tout leur saoul.

Tous avaient grandi à leur manière durant cette année, dans toutes les maisons, aidés par leurs professeurs et camarades. Chaque classe avait accompli leurs missions respectives aux ordres de l'église, et chaque élève s'était amélioré. Ici, les tensions extérieures entre les trois différents territoires étaient oubliés, au point où l'on pouvait voir la future impératrice Edelgard, et le futur roi Dimitri danser côte à côte, sans se soucier de l'autre, mais ne se haïssant pas. Il était même possible parfois de les voir engager une conversation cordiale, bien que chacun était sujet à ce que Byleth appelait intérieurement « Les chaînes de la bourgeoisie ». Tous les deux trop raides, trop sérieux et impérieux. Ces deux seigneurs ont une aura bien différente de celui dont elle a la garde, le turbulent et mystérieux Claude, qui venait justement d'entrer dans le champ de vision de sa professeure.

« Vous ne pensiez tout de même pas échapper à une danse, Professeure ? Vous êtes devenue une idole pour beaucoup, et en tant que seigneur, je me dois de vous demander humblement vôtre première danse. » Il avait dans son sourire un rictus d'amusement, et dans son regard perturbant, une profondeur intense, à laquelle il fallait s'habituer. Le jeune homme tendit sa main, dans l'attente qu'elle soit prise.

« Échapper au Seigneur et maître de la maison du Cerf d'Or est au delà de mes capacités je le crains, j'accepte donc vôtre invitation, mais ne m'en veuillez pas si je vous marche sur les pieds, la danse n'est pas mon fort. » Il aurait été incroyable, 8 mois auparavant, d'entendre un sarcasme de sa part. La piste de danse leur fit une place. Byleth se rendit compte que tout en continuant la danse, tous les couples leur lançaient des regards intrigués. Était-elle réellement devenue une idole comme le pense Claude ?

« Se faire marcher dessus par une dame si charmante n'a rien d'une honte ! Mais vous sous-estimez certainement vos talents. »

Claude prit l'ascendant, une main dans la sienne, l'autre sur sa hanche. Il n'y avait pas besoin de talent pour danser avec cet homme. Ses pas étaient graciles, son corps imposait un rythme qui se coordonnait avec la musique. Il était difficile pour Byleth de lâcher le regard déstabilisant du jeune homme qui la fixait sans lubricité. Ce n'était pas la première fois qu'un subtil jeu de séduction se déroulait entre eux, mais jamais il n'avait eu l'air si direct.

« J'ai rarement eu une partenaire me suivant avec tant de grâce, et vous vous pensiez sans talent ? Si vous ne vous êtes pas entraînée, alors vous êtes dotée d'un talent naturel. »

« J'espère que vous ne comparez pas toutes les partenaires de danse que vous avez eu entre elles, savez vous que c'est inconvenant ? » Répondit-elle avec ironie, et sans réelle jalousie.

« Bien sûr que je le sais. Comment savoir si ma partenaire est capable de me supporter, si je ne suis pas inconvenant ? Même si ce n'est que le temps d'une danse, il m'est arrivé d'en faire fuir plus d'une... Serez-vous parmi elles ? »

Avant la réponse, le rythme de la musique s'accéléra. Ce ne fut pas Claude qui mena la danse. Apprenant vite des pas de son partenaire, la professeure se mit à le guider à son tour. De leurs corps dansant, oubliant le reste du monde, ils échangeaient dans un discours qu'eux seuls pouvaient comprendre.

« Si je n'ai jamais fuis les bandits et les démons, je suis certaine d'être capable de vous supporter, mon Seigneur. »

Leurs visages étaient si radieux qu'ils en étaient éblouissants. Claude souriait, sans les ombres qui se dissimulent d'habitude dans ses yeux. Byleth étirait en réponse ses lèvres, d'une manière inhabituelle.

« Je ne devrais avoir de l'attention que pour vous ce soir, chère professeure, mais je vous invite à vous décaler de quelques pas sur nôtre gauche... » La curiosité la prenant, Byleth continua de guider, mais suivant l'instruction du jeune homme. « Nous devrions être à la meilleure position pour admirer un scène amusante, regardez du côté de nôtre diva nationale, dame Manuela... »

Sur la même piste de danse, où tout le monde admirait les couples formés par les seigneurs, tout le monde avait oublié les autres danseurs. Mais le regard averti de Claude, toujours en quête de mystère et d'intérêt, n'avait pas pu passer à côté des deux autres professeurs les plus connus du monastère, Manuela et Hanneman, qui dansaient maladroitement.

Tant par l'incapacité du vieux chercheur, que par l'ébriété de la diva qui s'était déjà attaquée aux différents alcools disséminés sur le buffet, leur danse était d'un comique certain.

« Manuela, vôtre chant est magnifique, mais vous dansez comme une perdrix unijambiste ! » Fustigea le vieil homme en supportant un coup de talon sur son pied.

« V-Vous pouvez parler, si j'avais voulu danser avec un poteau, j'aurais... Donné un spectacle bien meilleur et indécent ! Mais mes poteaux ont le mérite de ne pas me bassiner avec leurs emblèmes ! »

« Je parle d'emblèmes pour ne pas vous entendre râler sur le dernier amant qui a fui vôtre chambre infâme ! »

« Infâme ?! Elle ne pue pas le café et le vieux décomposé, ma chambre ! »

Leur dispute avait reprit l'attention que les seigneurs avaient volé, surtout au moment où une sublime gifle se heurta à la joue d'Hanneman.

« Danser avec vous est plus agréable que traire une vache qui chie ! » Déclara sans classe la diva alcoolisée.

« Avec vôtre grâce, vous pourriez rivaliser avec les éléphants qu'on trouve en Brighid, vieille pie ! »

Le couple se sépara, sur un grommellement d'Hanneman, et un doigt d'honneur de Manuela.

Continuant leur danse en observant à la fois, Claude et Byleth restèrent silencieux le temps que les deux soient hors de portée... Puis se mirent à rire. Un fou rire libérateur, dont ils avaient bien besoin. Leur danse avait perdu le rythme mais peu importait. Oublier le temps, les problèmes, et s'amuser à la manière des enfants était le but même de cette soirée dédiée à la fondation de ce monastère qui avait eu le mérite de réunir les différents territoires en un seul lieu neutre. Bien que ne désirant pas se séparer, la danse ne pouvait durer indéfiniment. Claude lui fit un baise main armé de son sourire désarmant, et la quitta.

Byleth eut-elle l'occasion de se reposer dans la foule, et de se faire oublier ? Comment, après un tel coup d'éclat ? Tous les élèves de sa classe voulaient un tour de piste avec elle, comme pour la remercier pour cette année passée à leurs côtés. Et, trop gentille pour refuser, elle leur accorda.

Plus d'une heure passa sans repos. Mais dès qu'elle en eut enfin l'occasion, la professeure s'éclipsa enfin, respirant l'air froid de cette fin d'année.

« Tu as du t'amuser dis, avec tous ces chenapans qui t'ont donné l'occasion de danser. Je ne pensais pas que tu te plierais à leur demande, mais tu bouges bien ! Ah, si j'avais un corps, j'aurais dansé toute la nuit... » Déclara dans son esprit la jeune fille qui la hantait, Sothis, dont le nom était commun à celui de la déesse.

« Avoir un corps c'est aussi ressentir la fatigue, tu sais ? Mais avant ça, j'aimerais me rendre à un endroit particulier, surtout aujourd'hui... »

« La tour de la déesse ? Cet endroit m'attire aussi aujourd'hui, et il ne devrait y avoir personne à cette heure... à moins qu'on ne surprenne un couple, ce qui serait encore plus amusant. »

Ses pas la guidèrent à l'endroit désiré, bercé par la lueur de la lune, silencieux et vide de toute vie. Une douce nostalgie s'emparait d'elle, à ce moment. Et nul doute que Sothis ressentait la même, car elle ne pouvait pas venir de la courte vie de l'ex-mercenaire. Byleth ferma les yeux, pour profiter de l'instant. Inspira un grand coup.

« C'est donc ici que vous aviez disparue, Professeure ? Peut-être attendez-vous que la légende se réalise ? Une âme sœur pourrait se montrer à vos yeux ici-même, un jour si symbolique. »

La voix de Claude, amusée, perturba ses méditations. Le jeune homme était appuyé contre la porte de la tour, son regard perçant dévorait sa professeure du regard, avec une modération moindre que durant la danse du bal.

« Vous, parmi tous les hommes, croyez à ces histoires d'âme sœur, Claude ? » Répondit-elle.

« Je n'y crois pas, et j'espère que ces légendes ne sont que de vils mensonges inventés par des conteurs aussi alcoolisés que nôtre chère Manuela. Imaginez un monde où nous serions destiné à une seule et même personne, décidée par une sorte de destin cruel, qui ne prendrait même pas la peine d'informer chaque être vivant de qui est son âme sœur ? Une vraie dystopie, si vous voulez mon avis. »

Il avait toujours le mot pour répondre à n'importe quelle saillie, ce jeune homme dont le charme était difficile à résister. Il entra dans la tour, et vint appuyer son dos contre un mur, sans détourner le regard de sa professeure, les bras croisés. Elle, étira ses muscles endoloris par les nombreuses danses, puis soupira.

« Vous ne m'avez pas aidé là bas. J'espérais échapper aux danses de tous mes élèves, et certains sont vraiment balourds. Raphaël, est aussi gentil que mauvais danseur, et Léonie est une brute qui prenait nôtre danse pour un vrai duel de déhanché ! » Claude se mit à rire lentement, son regard était redevenu légèrement sombre. Comme si la fête s'était estompée en lui, bien qu'il s'efforçait de penser aux danses du bal.

« Nous voulions tous vous remercier. Sans vous, nous n'aurions pas supporté le dernier mois. Le village de Remire... Hilda m'a confié en faire des cauchemars. Léonie est étrange depuis ce moment, Ignatz relis sans cesse les rapports pour trouver où nous avons fait une erreur... Et moi, je ne peux m'empêcher de penser aux mystères qui se cachent derrière tout ça. Qui est ce Solon ? Et l'Empereur des flammes qui semble diriger cette opération. Le chevalier macabre qui les accompagne est tout aussi mystérieux. Mais le pire des mystères est : Pourquoi ? Si c'est pour renverser l'ordre établi, il leur faudra plus que ça. Leur cause est aussi obscure que leur magie. Mais dans tout ça, c'est vous qui nous donnez le courage d'y faire face. »

« Je sais que nous n'avons pas eu l'occasion de nous pencher sur les mystères qui entourent le monastère, ni nos ennemis durant ce mois, mais j'aimerais que ça continue pour au moins ce soir. C'est le délai que je me suis fixé. Tout le monde en a besoin. Même toi, Claude. Je sais que tu n'as pas arrêté, durant ton temps libre, de faire des recherches... Respire un coup, ce soir si possible. Remets à demain tes questionnements. S'il le faut, je peux t'en donner l'ordre, jusqu'à la fin de l'année j'en ai le droit, jeune homme. »

Il pouffa de rire, et sembla se résigner.

« Si c'est un ordre de ma très chère Professeure. Vous avez changé vous savez ? Je vous prenais pour une marionnette amusante à manipuler au début de l'année, je vous l'avoue. Puis, vous êtes devenue une professeure assidue. Une femme sur qui compter sur le champ de bataille. Puis un modèle... Vous avez l'air insensible, mais vous le devenez de moins en moins. Au bal, c'est la première fois que je vous ai entendu rire. Mais plus encore que tout ça, vous êtes un mystère. Je ne sais rien de vous, et ce soir, ce ne sont pas les mystères du monde, ou du monastère qui me hantent réellement. Qui êtes-vous vraiment, Professeure ? Rarement une personne m'aura tant intriguée... »

Claude s'était approchée. Byleth n'avait pas reculé. La tension de la danse, redescendue grâce au comique des autres professeurs, était remontée à un niveau jamais égalé.

Il prit toutes les précautions pour s'assurer que son rapprochement était désiré. Ses mains sur les hanches de sa professeure ne furent pas rejetées. Claude ne s'était jamais senti aussi intimidé, en observant ce visage qui lui retournait ses regards désarmants.

Ça fait cet effet là ? Pensa-t-il. Je comprends que certains me haïssent.

Leurs visages s'approchèrent ensuite... Claude s'attendait à un baiser, mais les lèvres de la professeure ne vinrent jamais se heurter aux siennes. Il senti sa joue se coller à la sienne, puis un souffle sur son oreille provoquant un frisson.

« Si je t'offrais tous mes mystères ce soir, dans cette tour, tu perdrais tout intérêt pour moi, jeune homme. Continue de chercher après mes secrets, je te les dévoilerais lorsque j'aurais décidé que tu as assez cherché. » Puis, ses lèvres se déposèrent sur la joue du jeune homme, ébahi. Frustré. Et plus que tout, intéressé à un niveau supérieur par cette femme.

Elle s'éloigna à reculons, un sourire plus amusé que jamais.

« Je crois que je vous... » Les mots se coincèrent dans sa gorge. « J'aime vous détester, professeure. » Elle émit un rire très perspicace.

« J'aime que tu me détestes, si ça veut dire que tu me poursuivras aussi loin que je pourrais m'enfuir. »

Il n'eut pas le temps de répondre, qu'elle avait disparu.

Planté au milieu de la lueur éthérée de la lune rebondissant sur les murs de la tour de la déesse, le jeune et futur seigneur de l'alliance de Leicester prit une importante décision. Quel que soit son avenir, quels que soient les mystères et les dangers auxquels il devra faire face, ce sera à côté de cette femme qu'il les affrontera.