Je ne possède ni la licence ni les personnages de Fire Emblem. Voici une romance Edelgard / Lysithea, deux personnages que j'affectionne. J'espère qu'elle vous plaira, prenez soin de vous.

L'odeur de thé à la pomme emplissait les pièces. Edelgard, en chemisette blanche, faisait couler le délicieux liquide dans deux tasses, un sourire mélancolique sur les lèvres. Dans son lit, la masse informe des couvertures sur mit à bouger, et geindre. Sa voix à moitié endormie fit sourire la future impératrice d'Adrestia. Sans un mot, elle plaça le service à thé et les gateaux sur une table roulante, et l'amena près du lit. Puis, d'un baiser sur le front, elle réveilla l'endormie.

« Debout, Lysithea. » Il était rare d'entendre sa voix aussi tendre. Lysithea arrêta de geindre, pour ouvrir ses yeux lourds. À la vue d'Edelgard, tout revint en mémoire de la jeune fille, qui sentait la rougeur lui monter au nez. Elle cachait son corps sous la couverture, alors qu'Edelgard s'installait à ses côtés dans le lit.

« O-On a vraiment... Hier, c'était... » Elle se racla la gorge, cherchant ses mots. L'intelligente Lysithea n'arrivait à rien. Edelgard eut un rire profondément amusée, mais d'une retenue impériale.

« Oui, hier, on a... » Elle laissa le silence répondre à cette question, en avançant une des sucreries préférées de ssa partenaire.

Avec une certaine pudeur, la plus jeune élève du monastère s'assit, la couverture relevée au dessus de sa poitrine naissante.

« C'était une mauvaise idée, Edelgard. Je suis de la maison Ordélia, vu nôtre passé... On s'est laissées emportées. »

Sans se laisser décontenancer, la future impératrice but une gorgée de son thé, le sourire toujours figé sur ses lèvres, le regard quelque peu mélancolique.

« Je ne me laisse jamais emporter. Tout ce que nous avons fait, je l'ai réfléchi. Je dirais que j'ai laissé mes sentiments prendre le pas sur ma raison d'un certain point de vue. Égoïstement, j'ai désiré passer une nuit en ta compagnie, alors que j'ai trop de choses à faire ou à penser. La luxure ne devrait pas faire partie de ma vie, mais je ne peux empêcher mon cœur de battre pour toi. »

Edelgard se rendait-elle compte que ses mots faisaient battre le cœur de sa partenaire ? Que ses joues en devenaient rouges ? Lysithea était, malgré son apparence froide et juvénile, une simple adolescente rêvant d'amour. Et l'amour, elle l'avait connu cette nuit. Dans les baisers échangés, sur les doigts habiles de l'impératrice, dans le soulagement ressenti, et la nuit sans rêve, aussi douce que la sucrerie la plus sucrée qu'elle ait goûtée.
Parlant de sucreries, elle en avala une, puis la fit passer par un peu de thé.

« Je ne regrette rien. » Déclara Lysithea en prenant son courage à deux mains. « Je n'ai jamais été autant compris par quelqu'un d'autre. Mais tu vas devenir impératrice... »

« Je sais. Nos destins pourraient nous séparer. Tu fais partie de l'alliance, l'avenir est incertain... Et je n'ai pas passé cette nuit avec toi pour amener la maison Ordelia à la botte de l'Empire. » La résignation transpirait de sa voix. L'amour, était une chose trop futile pour l'impératrice d'Adrestia.

« Ce n'est pas ça ! Si... » L'impensable ne sorti pas de ses lèvres, mais le silence fut équivoque. « Je veux être à tes côtés. Ce n'est pas de... Politique internationale que je parlais. Mais de toi, personnellement. En plus de devoir fonder une dynastie, tu ne peux pas vivre avec quelqu'un comme moi, incapable de t'offrir des enfants, et dont la durée de vie est limitée. Dépasser la quarantaine serait déjà un miracle, alors pourquoi voudrais-tu passer ta vie avec moi ? »

La surprise se fit paraître sur le beau visage d'Edelgard. Elle n'avait même pas pensé à ce genre de considérations... Futiles ? L'impératrice était souvent prise dans ses complots, ses rêves de grandeur, et son ultime objectif d'amener un monde libéré des chaînes des emblèmes. Craindre que sa partenaire ne vive pas assez longtemps, ou ne lui accorde pas d'héritiers ? Ses lèvres se formèrent en un sourire, qui se transforma en un rire. Lysithea rougit, pensant avoir dit une grosse bêtise, se sentant même stupide. Dans un élan d'affection, Edelgard attrapa la tête de sa compagne et la colla contre son cou tenant fermement son thé. L'impératrice était si affectueuse en privé, ce qu'elle cachait au monde entier.

« Penses-tu que ma vie sera longue ? » Demanda-t-elle rhétoriquement, sans gravité. « Mon rêve, comme tu le sais, est de libérer le monde des chaînes que nous imposent les emblèmes. Toi, comme moi, avons été privés d'une partie de nos vies à cause d'eux, et des ambitions de la bourgeoisie. Combien de personnes sont privées d'avenir car sans emblème ? Combien d'autres meurent à cause d'expériences affreuses ? Je ne suis pas du genre rêveuse sans ambition. Ce que je pense, je l'accomplirais... Penses-tu que je peux accomplir mon rêve dans la paix... ? » La question, cette fois, était grave, et attendait une réponse. Les lèvres de Lysithea tremblèrent.

« Non. Mais il y a peut être des moyens... »

« J'y ai pensé. Repensé. Sans cesse. Je profite de nôtre vie au monastère, car lorsqu'elle sera finie, le bonheur ne nous sera peut être plus permis. Les compromis sont possibles mais si minces. Si nôtre professeur ne nous rejoins pas, qu'adviendra-t-il de mon objectif ? Et si toi, tu ne me rejoins pas, que deviendrais-je ? » Se confier ainsi était risqué, pour Edelgard. Lysithea n'était pas une confidente potentiellement fiable, mais elle avait choisi de croire en celle qu'elle avait assez aimé pour partager la couche et son cœur.

« Je ne peux répondre que pour moi. » Elle regarda l'impératrice dans les yeux, et étira son cou pour déposer un baiser sur ses lèvres, plus doux que les sulfureux échanges de la veille. « Je serais là. J'ai peur des implications de mes mots, mais je serais à tes côtés. Je travaillerais dur pour te soutenir, Edelgard, je ferais de ton rêve une réalité, car c'est le mien aussi. Que des enfants soient privés d'une longue vie pour les intérêts de la bourgeoisie m'écoeure. Pas tant pour moi, mourir jeune ne me dérange pas. Je m'y suis habituée. Mais voir d'autres souffrir me terrifie, et je veux utiliser toute ma courte vie pour avancer vers la paix... » Son petit corps tremblait contre celui, altier, de sa partenaire et compagne. Ses mains se réchauffaient sur le thé, qu'elle buvait par toute petite gorgée, craignant que l'instant se finisse. « Restons dans la chambre encore un moment, s'il te plaît... » Une supplique presque larmoyante. Lysithea avait, hélas, rarement été très heureuse. Ce moment, ne durerait pas éternellement, mais elle en redoutait la fin, comme tout dans sa vie.

« Je n'en avais pas l'intention. » Elle laissa s'installer un silence durant une partie de leur petit déjeuner, pour profiter de l'instant présent, puis fini sa tasse, avec dépit. Elle s'en servit une autre, pour prolonger l'instant. « Tu sais, je te vois toujours courir, apprendre, t'améliorer. Tu cours après le temps. Tu ne profites jamais vraiment, car tu ne fais que penser au moment où les choses se termineront. Sauf hier soir. Hier, j'ai su te faire profiter de l'instant présent, je t'ai fait oublier nôtre condition, nos rôles, et tu as été toi même pendant toute une nuit. La femme que je désire épouser. »

Bien que leur relation ait eu l'air officielle d'après leurs derniers échanges, entendre parler d'épousaille mit bouche bée la jeune étudiante.

« J'accepterais de t'épouser, si on nous en donnait le droit... » Murmura-t-elle avec supplice.

« Je prendrais ce droit. » L'air impérial d'Edelgard ressortait dans toute sa splendeur. « Je te l'ai dit hier : Je prends ce que je désire. Je te désire, tout comme ce mariage. Nos opposants devront se plier à mon ordre, et se réjouir de nos épousailles. Ils seront une occasion de fête, d'amour et d'allégresse, dans un monde dans lequel ça sera devenu bien trop rare. Mais je dois te demander d'être patiente, et de ne pas courir après le temps, en m'attendant. L'acceptes-tu, Lysithea ? »

Le cœur battant, les yeux brillants, la jeune étudiante acquiesça vivement.

« Je t'attendrais. Je serais là, et je deviendrais ton impératrice. Nôtre rêve deviendra réalité, ensemble... »

Aucune des deux ne connaissaient vraiment l'implication des événements à venir. Edelgard en avait une mince idée, et connaissait la voie gorgée de sang qui l'attendait. Et sa compagne, Lysithea, souffrit de cette voie, mais ne failli pas à sa promesse. Lorsque ce fut nécessaire, elle était présente, aux côtés de l'impératrice. La soutenant. Leur rêve était une voie complexe, nécessitant des sacrifices, mais ensemble, elles pouvaient déplacer les montagnes que le monde dirigé par les emblèmes avait placé sur leur chemin.