Chapitre 18 : Retrouvailles Cinglantes

« Harry, attends ! » fit Regulus en voyant son fils partir, blessé et en colère. « Eh merde ! » Il chercha à se redresser mais Severus l'en empêcha. « Lâche-moi Severus ! »

« Même pas en rêve, » fit froidement l'homme en noir en le repoussant contre les oreillers

« Il faut l'arrêter ! »

« Vu comment je me suis fait désarmer et presque tuer par ce garnement, je ne prendrais pas le risque d'aller le chercher. Il sait se défendre. »

« Pas contre McNair ! »

Severus fronça les sourcils.

« Quoi, McNair ? C'est lui qui t'a mis dans cet état ? »

« Oui ! Il est le Bourreau ! Si Harry va faire ce que je pense qu'il va faire, il va se faire tuer ! »

« Je pense au contraire que ton fils ira très bien, Reg', » rassura le Maître des Potions. « Quinze ans et il a réussi à me briser le bras, me mettre à terre et me tuer, s'il n'avait pas arrêté sa lame. »

« Ca ne m'étonne même pas. Mais le Bourreau est connu pour être impitoyable. Harry est encore trop jeune et surtout trop en colère pour être efficace contre lui ! »

Regulus réfléchit rapidement avant de chercher son téléphone.

« Ma veste ! Où est ma veste ? »

« En bas, dans le salon. »

« Il y a mon téléphone dedans. »

« Ton gamin l'a utilisé pour... »

« Maudit garnement ! » jura Regulus en se passant une main bandée sur le visage.

« Je vais le chercher, » fit directement Severus en voyant la colère et l'inquiétude dans les yeux de son ancien amant.

La sécurité du gamin était plus importante que ses explications. Il descendit en cuisine et récupéra le petit appareil moldu. Il le tendit au blessé qui pianota rapidement un numéro.

« Bordel ! Décroche Harry ! »

Regulus réessaya deux fois avant de grogner de frustration et de composer un nouveau numéro. Ca, c'est sûr, Harry allait déguster. Il entendit une tonalité avant d'avoir une réponse.

« Hotel Continental de Londres. »

« Ici, Black. Est-ce que vous pourriez informer mon fils qu'il doit être prudent. Il se pourrait qu'il y ait des ennuis à l'intérieur du Continental. »

« Même en dépit du règlement ? »

« Ce serait bien possible. Dites-lui de me rappeler au plus vite. »

« Oui, Mr Black, je lui transmettrai le message moi-même. »

« Merci. »

Regulus soupira alors qu'il rejetait la tension en arrière. Si le Concierge ne lui avait rien dit, c'était qu'Harry n'était pas encore arrivé au Continental. C'était une bonne chose.

« Cela ira pour ton fils ? »

« Oui, je crois. Surtout que maintenant, l'Hôtel sera sur le qui-vive. »

« Bien. Tu as des explications à me donner. »

« Sérieux, Severus ?! Maintenant ?! »

« Tu n'es pas en état d'aller où que ce soit alors oui, maintenant ! » fit le Maître des Potions avec le regard flamboyant. « Quatorze ans, Regulus ! Quatorze ans à croire que tu étais mort ! Et cette nuit, ton gamin vient à ma porte et demande mon aide pour te sauver ! Alors tu as intérêt à avoir une excellente explication ! » L'Assassin grogna. « Ce n'est pas négociable. »

« Tu n'as vraiment pas changé ... Tête de mule ! »

« Je prends ça pour un compliment. »

« Laisse-moi m'en griller une et manger un bout et tu sauras tout, » soupira-t-il.

« T'en griller une ? »

« Une cigarette, Sev ! Tu devrais être familier à ce genre de choses ... »

« Pas dans ma chambre, » refusa le Maître des Potions, les lèvres pincées.

« Parce que tu crois que je vais rester dans ce lit toute la journée ? Rêve ! J'ai déjà été dans un bien plus piteux état que ça ! »

« Tu étais presque mort ! »

« Et grâce à des soins magiques, je suis presque comme neuf ! Alors maintenant, si tu ne veux pas un coup de poing dans la figure, laisse-moi sortir de ce lit ! »

Les deux hommes se fusillèrent du regard pendant deux longues minutes, le visage grave, avant que finalement Severus ne cède en soupirant.

« Au moindre problème, tu retournes dans ce lit à coups de pied au cul ! »

« Pas si je t'en donne avant, » ricana Regulus en se levant et testant doucement ses muscles. « Surtout que j'ai l'impression d'être assez en forme pour te mettre KO, si l'envie m'en prend. »

« Je ne t'en laisserais pas l'occasion ! » siffla Severus.

« Oui, comme tu n'en as pas laissé l'occasion à mon fils et qu'il t'a presque tué..., » continua l'Assassin, amusé, alors qu'il sortait de la chambre sous le regard noir de son ancien amant.

Regulus retrouva cette vieille maison qu'il connaissait bien et retourna à ses vieux repères. Il récupéra son paquet de cigarettes et son briquet et ouvrit directement une fenêtre pour fumer. La première bouffée fut un délice, le faisant fermer les yeux quelques secondes. Ici, il savait qu'il pouvait être parfaitement à l'aise, en sécurité. Il ne craignait pas Severus et il savait que ce dernier l'aimait trop pour lui faire du tort. Même après tout ce temps... Sinon, il l'aurait laissé mourir.

En même temps qu'il se détendait légèrement, il se concentra sur Raven afin de savoir exactement où est-ce qu'il était et le ramener au Continental pour garder un oeil sur Harry et réagir en cas d'urgence. Avec McNair, mieux valait jouer la prudence.

« Alors ? » demanda Severus en préparant du thé, faisant rouvrir les yeux de l'Assassin.

« Tu n'as rien de plus fort ? »

« Il n'est même pas sept heures du matin ! »

« Mais avec ce que j'ai à te dire, tu pourrais bien avoir besoin d'un bon whisky purfeu vieil Odgen. Si pas deux... »

« C'est si terrible que ça ? »

« Terrible n'est pas le mot que j'emploierai, non ..., » fit pensivement Regulus.

Il posa son regard argent sur Severus et l'analysa rapidement. Il portait toujours les mêmes robes noires que dans son souvenir. Mais il était plus sec et plus froid. Il l'avait toujours été mais là, c'était plus frappant. Ses cheveux semblaient être sales, recouverts d'une épaisse couche de graisse. Il devait sans doute passer sa vie au-dessus de chaudrons maintenant qu'il n'était plus là pour l'en écarter quelques heures. Il avait le teint pâle et cireux et il avait la tête de quand ils sortaient d'une réunion de Mangemorts.

« Tu as vieilli, » nota-t-il.

« Toi aussi, tu n'es plus tout jeune, je te ferais remarquer, » répliqua le Maître des Potions en lui apportant un thé.

Regulus retint une grimace. Il aurait préféré du café à ce compte-là. Fichus anglais !

« Maintenant dis-moi où est-ce que tu as disparu et pourquoi. »

Regulus but lentement son thé tout en observant l'homme assis en face de lui. Il soupira et s'installa à son tour dans le canapé.

« Il n'y a pas de manière douce de le dire alors tu vas m'écouter jusqu'au bout sans m'interrompre. » Severus hocha la tête pour dire qu'il avait compris. « J'ai fait le mort parce que j'ai découvert le secret du Seigneur des Ténèbres et lui ait volé un artefact. Je suis allé vivre dans le monde moldu en tant que tueur à gage. Je suis resté sept ans en Angleterre avant de déménager en Russie où j'habite toujours. Je voyage beaucoup en fonction de mon travail. Et j'ai été blessé hier dans le cadre de ce travail. »

Il pouvait voir la surprise sur le visage de Severus. Ce qui était en réalité que les yeux un peu plus écarquillés que d'habitude et les lèvres légèrement entrouvertes. L'homme se reprit rapidement et se passa une main sur le visage.

« Et ton fils ? »

« Il mène cette vie avec moi. Il est au courant de tout et nous travaillons souvent de concert. »

« Et cela ne lui pose aucun problème ? »

« Non. »

« Ce gosse a à peine quinze ans ! »

« Je sais ! Et crois-moi quand je te dis que j'ai tout fait pour lui éviter ça ! »

« Vraiment ? Entraîner un enfant pour qu'il devienne une machine à tuer, laisse-moi en douter ! »

« Tu ne sais pas ce qu'il a vécu ! Tu ne sais rien du tout de notre vie, Severus ! Je t'interdis de nous juger ! »

« Alors explique-moi mieux que ça ! »

« Tu vas vite déchanter quand je t'aurais tout raconté. »

« Je déteste le mensonge et tu le sais ! »

« Alors dis-moi, que sais-tu réellement des Potter ? » siffla Regulus, le regard dangereux. « Histoire que je les descende de leur piédestal ! »