Chapitre 20 : Chasse au Harry

En arrivant à l'Hôtel Continental de Londres, Harry fut immédiatement apostrophé par le Concierge. Il soupira en entendant qu'il s'agissait d'un message de son père mais il l'écouta malgré tout. Et heureusement ! Bien que sans laisser d'informations, cela sentait déjà les emmerdes ! Il prit une chambre et alla s'isoler dans cette dernière pour contacter son père. Par texto. Il ne voulait pas lui parler.

'?'

'Prends garde au Bourreau. Sorcier. Mangemort. Très dangereux.'

'Okay. C.204. Bon rétab. Bonne nuit.'

'Bonne nuit, Harry. Je t'aime, mon fils.'

Harry soupira et rangea son téléphone dans sa poche de veste. Il verrouilla la porte et, pour faire bonne mesure, la bloqua avec une chaise, le dossier sous la poignée. Il partit ensuite se doucher avant de se reposer après sa longue nuit. Glissant sa baguette sous son oreiller, il s'endormit rapidement, laissant son Ombr'Lune sur la table de nuit. Même endormie, Shiskha pouvait percevoir les vibrations relativement loin et le réveiller dans l'instant.

Il se réveilla quelques heures plus tard en grognant et pestant contre son père dont l'Ombr'Lune donnait des coups de bec à la fenêtre. Il s'empara de son téléphone afin de lui dire sa façon de penser quand il avisa qu'il avait deux nouveaux messages.

'Bourreau au Continental ! Prudence !'

'C. 205.'

Que le Bourreau – qui avait presque réussi à tuer son père durant la nuit – soit dans la chambre voisine ne rassurait pas vraiment Harry. Surtout avec les dernières informations qu'il avait à son sujet. Combattre un assassin moldu, c'était simple. Prendre Severus Snape par surprise avait été tout aussi simple car l'homme ne s'attendait à rien de sa part. Mais le Bourreau ... Il savait qui il était au minimum dans le monde moldu. Zmeya... Et s'il était un tant soit peu intelligent, après avoir affronté le Fantôme avec la magie, il aurait sauté à la déduction qu'Harry était également un sorcier. Et dans ce domaine-là, l'adolescent ne se leurrait pas, il était loin d'être un sorcier accompli !

Prudence étant mère de Sûreté, il remballa toutes ses affaires et descendit sans attirer l'attention sur lui-même. Il repéra le Bourreau et en resta très éloigné alors qu'il rendait sa clef et saluait le Concierge comme s'il ne l'avait pas vu. Il sortit de l'Hôtel et marcha rapidement. Comme il s'y attendait, le Bourreau le suivit. Il eut un frémissement entre peur et excitation. Une petite partie de chasse. Aujourd'hui, il était la proie. Cela lui changerait. Il descendit dans le métro.

xXxXxXx

Regulus tendit immédiatement la main à son téléphone quand ce dernier vibra.

'Chasse au Harry. Ligne Rouge.'

'Station ?'

'Woodford. 7 min.'

« Sev! Il faut que je bouge absolument ! Harry a des ennuis ! »

« Je t'accompagne, » fit directement le Maître des Potions en sortant de la cuisine tandis que l'Assassin enfilait déjà sa veste.

« Et ton statut de Mangemort ? McNair va te reconnaître ! »

« Pas si je prends du Polynectar. »

« Tu en as ? »

« Quelques doses, oui. »

« Super ! Avanti ! »

« Et dans une langue plus commune ? »

« L'Italien est une langue commune, » soupira Regulus. « Allez, on bouge. »

Les deux sorciers sortirent et Regulus nota rapidement la nouvelle apparence de son ancien amant. Un petit brun aux yeux bleus d'une vingtaine d'années vêtu de simples habits moldus. Cela détonnait comparé au grand homme austère vêtu de longues et épaisses robes noires lui donnant l'allure d'une chauve-souris.

« Nous allons où ? »

« Woodford. Il y a un parc pas loin de là. Je pense savoir ce qu'Harry a en tête. »

« C'est-à-dire ? »

« Forte chance qu'on l'attendait pour le suivre. Alors il joue l'appât. »

« Et je suppose que McNair est le pêcheur. »

« J'aurais plutôt dit le poisson et nous les pêcheurs, » corrigea doucement Regulus alors qu'il attrapait le bras de Severus. « Ne t'inquiète pas. Je sais ce que je fais. »

« Et ton fils ? »

« Tu serais étonné du nombre de personnes qu'il a déjà tuées. »

Severus écarquilla les yeux de surprise. L'Assassin ne lui laissa pas le temps de répliquer qu'il transplana. Il les fit apparaître derrière un bosquet du petit parc qui ne payait pas de mine. Ils y restèrent dissimulés et Regulus se concentra sur Raven pour suivre la progression de son fils et son poursuivant et se fit remarquer par Harry, croassant deux fois pour lui faire comprendre qu'il était prêt. Les lèvres de l'adolescent s'étirèrent légèrement en un sourire avant que son visage redevienne impassible.

Harry s'installa sur un banc et sortit son téléphone, paraissant calme et détendu. Mais en réalité, il était attentif à son poursuivant. Il le gardait à l'oeil grâce à Shiska. Le Bourreau avançait nonchalamment dans le parc et vint s'installer à côté de lui.

« Zmeya, » salua-t-il cordialement.

« Dois-je m'inquiéter que le Bourreau vienne me voir ? » demanda l'adolescent avec innocence alors qu'il posait son regard vert strié d'argent sur l'homme.

« Cela dépend. Tu travailles ? »

« Vous savez que je suis free-lance. »

« Cela ne répond pas à ma question. »

« Et je n'ai aucune obligation d'y répondre. Vous savez par hasard où est le Fantôme ? Je devais le rejoindre ici. Mais comme il ne répond pas à mes messages... Peut-être a-t-il eu un imprévu ... Il y a eu du grabuge dernièrement ? »

« Un peu, » avoua l'homme. « Mais je n'ai pas vu ton père. »

Le Bourreau mentait. Harry le savait et l'odeur qui s'échappait de cet homme le lui confirmait. Shiska le percevait en sortant par intermittence sa langue bifide. Harry soupira.

« Je suppose que je vais devoir attendre... » Il s'installa plus confortablement sur le banc de bois. « Et non, je ne travailles pas. Rien n'attire mon regard dans les contrats et je ne sais pas sur quoi mon père bosse actuellement. Je devais le rejoindre pour ça justement. Mais j'avais un partiel à faire avant. »

« Cela a été un succès ? »

« J'ai eu la plus haute distinction en effet, » sourit Harry.

Tout en gardant son visage désinvolte, il guidait mentalement Shiskha afin de la placer à un endroit où elle pourrait être dangereuse pour l'homme. Ce dernier ne se doutait de rien.

« Si tu veux, je t'aide à retrouver ton père..., » proposa le Bourreau.

« Qu'y gagneriez-vous ? » demanda l'adolescent un sourcil relevé.

« Qu'est-ce qui te fait croire que je vais ou veux y gagner quelque chose ? »

« On ne fait jamais rien sans rien. Et on m'a toujours dit de ne jamais être redevable à quelqu'un sans avoir une excellente raison de l'être. Le silence momentané de mon père n'est pas une raison suffisante. »

« Et si ton père est en danger ? S'il vient à mourir ? »

« On sait pour quoi on a signé, non ? Ce sont les risques du métier. » Harry haussa des épaules en soupirant. « Mais une chose est sûre, si jamais il vient un jour à être assassiné, d'une manière ou d'une autre, si le responsable ne meurt pas dans la foulée, je le pourchasserais et lui ferais regretter son geste. »

« Je croyais que le Fantôme ne faisait jamais rien par vengeance. »

« C'est exact. Mais je ne suis pas le Fantôme. Je suis Zmeya. Et au grand dam de mon père, je suis de nature vengeresse. »

A peine eut-il dit cela que Shiskha attaquait à la gorge, injectant son venin dans le sang de sa victime. Le Bourreau se redressa d'un bond et fit quelques pas avant de s'effondrer, paralysé. Harry se redressa plus lentement et épousseta sa veste avant de s'agenouiller devant l'homme et de lui attraper le visage entre les mains.

« Et j'use de tous les stratagèmes possibles et inimaginables pour arriver à mes fins, » ajouta-t-il, la voix glaciale. « Même le mensonge. Tu peux sortir, Papa. Le voilà ton Mangemort. Complètement paralysé pour les trois prochaines heures au terme desquelles il mourra. Une agonie lente et douloureuse, j'en ai peur, » ajouta-t-il avec un sourire narquois en direction du Bourreau. « On ne touche pas à ma famille ! »

Regulus et Severus – sous polynectar – sortirent du bosquet où ils étaient cachés et se rapprochèrent. L'Assassin posa une main sur l'épaule de son fils qui caressait doucement son Ombr'Lune.

« Harry, je suis désolé. »

« On en parlera plus tard, » fit l'adolescent, le regard flamboyant. « Tire ce que tu peux de cet homme tant qu'il est encore en vie ! »

Il s'éloigna de quelques pas et attendit que son père prenne une décision. Il avisa quelques instants le jeune brun avant de comprendre que c'était un camouflage. Rien que la manière dont il regardait son père et comment ce dernier s'adressait à lui était éloquent. Il s'agissait de Severus Snape.

« Je peux le ramener chez toi ? » demanda Regulus à son ex.

« Tu es sûr qu'il va mourir ? »

« Avec Harry ? Certain. Pour ce qui est des poisons, en particulier celui de Shiskha, il ne ment jamais. »

« Il restera paralysé ? »

« Jusqu'à la fin, oui, » confirma Harry. « Il ne peut déjà plus bouger ni parler. Progressivement il perdra son sens de la vue, puis l'ouïe. Il ne sera plus que douleur au moment où il mourra. »

« Vous en êtes sûr, jeune homme ? »

« Moi, je le suis, » répondit Regulus avec une grimace. « Parce que je suis une fois rentré dans l'esprit d'une des victimes de Shiskha pour récupérer des réponses. Ils souffrent vraiment. Et dans le cas de McNair, il ne l'a pas volé ! »