Bonjour à toutes et à tous ! On se retrouve aujourd'hui pour le cinquante-troisième chapitre de SAMLP !
.
Zackos : Tu vas être content, il y a du Sirius/Remus dans ce chapitre, et pas qu'un peu XD Ce n'est pas de ma faute si Théo est dans cet état, c'est lui qui se met toujours dans des situations compliquées, je n'y peux rien XD Oui, bon, j'essaie de me dédouaner comme je peux XD Je n'ai pas réfléchi, pour Charlie, mais je pense qu'il va vraiment être asexuel, oui x) Alors il me semble que j'avais déjà fait des allusions très implicites quant au fait que des hommes pouvaient tomber enceints mais je n'en suis pas sûre XD Pour ce qui est de l'éveil sensuel, ça concerne deux couples mais davantage l'un que l'autre :) Et une de tes propositions est juste XD Bon, pour le réveil, ça paraît évident, en effet XD Mais pourquoi Sirius et Remus pour les explications ? XD Sur quoi pourraient-ils bien s'expliquer ? XD Bon, ils sont concernés, oui, mais ils ne vont pas s'expliquer entre eux x) Il y a plusieurs explications, en fait :) Je te laisse découvrir ça XD
Butterfly Fictions : Heureuse de te revoir ! =) «Bravo à moi», mais XD Je comprends parfaitement que tu n'aies pas eu le temps de reviewer avant, et les transports c'est bien pratique pour se tenir à jour dans les fics qu'on lit XD A moins que ce soient les fics qu'on lit qui sont bien pratiques pour passer le temps dans les transports … XD Chapitre 50 : contente que tu aies aimé l'annonce des couples ! Comme tu l'as vu, Sirius et Severus ont appris pour Draco et Harry dans le chapitre suivant XD La soirée avec l'action vérité aura lieu peu avant les BUSE, je pense :) Ce que prépare Dumbledore pour l'année prochaine est révélé dans ce chapitre :D Je pense que c'est nécessaire que Remus dise ce genre de choses à Harry, lui qui n'a jamais su ce qu'était une famille *-* Chapitre 51 : oui, toutes les cicatrices de sa relation avec Adrian ne sont pas refermées pour Harry :/ Ravie que le moment entre Harry, Sirius et Remus t'ait plu, c'était clairement un moment familial, effectivement *-* Bonne question pour la personne qu'a reconnue Théo en premier ! Il n'échappera pas à cette question lors de l'action vérité, c'est sûr XD La discussion entre Draco et Ginny était primordiale, il y avait trop de non-dits entre eux, maintenant tout est apaisé, ils vont pouvoir se diriger calmement vers une relation plus amicale =) Il va y avoir d'autres moments entre Théo et Justin, promis =) Le procès a été dur pour tout le monde, mais c'était nécessaire :/ Difficile de répondre à la question concernant le lien entre Harry et Théo XD Chapitre 52 : je suis trop contente que tu aimes la relation entre Sirius, Remus et Severus ! Mon souci a toujours été de tout rendre cohérent, donc ça me rassure beaucoup que ça ait été le cas pour l'amitié entre ces trois personnages *-* Tu viens de me faire penser que je dois inclure une scène où Harry parle de son enfance à Draco XD J'ai beaucoup trop de choses à caser avant la fin du tome, il va faire 150 chapitres et 3 000 000 de mots à ce rythme XD Justin a peur des représailles s'il dénonce Parker et Milligan :/ Et à raison :/ Ravie que les retrouvailles entre Olivier et George t'aient plu ! Pour l'excuse de Fred, je n'en ai aucune idée XD Je lui laisse carte blanche XD Terry sait quoi faire pour raisonner Hermione, même si pour ça il doit se moquer d'elle XD La bande est très soudée, oui, et ça va continuer comme ça ! Ils vont avoir des occasions de prouver que la bande est unie *-* Même s'il passe beaucoup de temps avec la bande, Terry est toujours là pour ses meilleurs amis =) Aaaah tu es très perspicace quant au titre du chapitre ! Pas grave pour la review à rallonge, ça me fait toujours autant plaisir ! =)
.
Merci pour ces retours et merci à tous ceux qui continuent à lire cette histoire ! Je vous laisse avec le nouveau chapitre et je vous souhaite une agréable lecture !
.
Warning : ce chapitre contient une scène sexuellement explicite.
.
.
53 – Éveil sensuel, réveil et explications
.
.
(mardi 12/03) POV Sirius
.
- Bon, je vais y aller sinon je vais être en retard... En plus, Remus m'attend.
Sirius était tout seul avec ses copies mais se parler à lui-même le motivait davantage à se bouger. Il était convié à une réunion à dix-sept heures avec les autres professeurs et il devait rejoindre Remus dans sa salle de classe pour qu'ils y aillent ensemble. Sirius avait fini les cours une heure plus tôt et avait décidé d'attendre la réunion en corrigeant ses copies dans sa propre salle. Mais l'heure tournait et il fallait vraiment qu'il se dépêche. Il rangea donc ses affaires pêle-mêle dans sa mallette, quitta sa salle et monta au sixième étage pour se rendre à celle de Remus. Lorsqu'il arriva, les élèves étaient en train de sortir. Une fois tous partis, il entra et ferma la porte derrière lui. Il se dirigea vers Remus et l'enlaça en l'embrassant. Il sentit Remus sourire contre ses lèvres avant qu'il ne réponde au baiser. Sirius descendit ses mains vers le postérieur de son compagnon mais celui-lui stoppa sa progression en posant ses mains sur les siennes.
- On n'a pas le temps, protesta gentiment Remus. Et on pourrait se faire surprendre.
- Pourquoi j'ai fermé la porte, à ton avis ? Et puis on n'aura qu'à dire à Dumbledore que nous avons été retardés... Un accident dans un couloir, c'est vite arrivé...
- Ce ne serait pas très sérieux. Tu sais très bien que je n'aime pas être en retard, surtout si je n'ai pas d'excuse valable. Tu peux bien attendre une ou deux heures, non ? Ça fait presque deux mois qu'on n'a rien fait, on n'est plus à ça près...
Sirius capitula.
- D'accord, allons-y.
Remus et lui s'en allèrent et se rendirent à la salle des professeurs. Leurs collègues étaient déjà tous là. Ils s'excusèrent de leur léger retard et s'installèrent. Sirius se retrouva entre Remus et Severus.
- Bonjour à tous et merci d'être venus, commença Dumbledore. Je vous ai réunis ce soir pour vous parler d'une idée qui aura pour but de mieux lutter contre le fléau des potions illégales que nous ne parvenons pas à endiguer.
- Raté, murmura Severus.
Sirius réprima un sourire. Remus et Severus lui avaient fait part de la petite discussion qu'ils avaient eue juste après le transfert au sujet de cette réunion. Remus avait songé que Dumbledore souhaitait leur annoncer si le concept de binômes de travail allait continuer ou non l'année suivante tandis que Severus, lui, avait pensé que le directeur voulait que les élèves changent une fois par mois de salle commune et de dortoir. Cela aurait été très difficile à gérer mais Severus avait dit que cela ne ferait pas peur au directeur et qu'il fallait s'attendre à tout venant de lui. Sirius était plutôt soulagé que la réunion ait pour objet les trafics de potions droguées. C'était un sujet encore plus important que les relations entre les maisons.
- Je ne remets pourtant pas en cause le travail qui est effectué, aussi bien par les professeurs que par les préfets, car les rondes ont tout de même donné de bons résultats. Mais cela n'est pas suffisant. Et je crois que cela vient d'un manque de moyens. Il faudrait que deux rondes soient menées en même temps dans le château. Et ce, tous les jours. Pour cela, il faudrait davantage d'effectifs. Seulement, il n'y a pas de postes à créer, je ne peux donc pas augmenter le nombre de professeurs. Il ne reste donc qu'une solution et c'est celle que j'ai décidé d'essayer, à savoir de doubler le nombre de préfets.
Un silence suivit cette annonce. Ce fut Aurora qui le brisa au bout de quelques minutes :
- Excusez-moi, professeur, mais le statut de préfet n'est-il pas censé être un privilège ? Ne risque-t-il pas de perdre de sa valeur si davantage d'élèves peuvent l'acquérir ?
- Les nouveaux préfets seront choisis sur la base des mêmes critères que les préfets précédents. Ils seront donc tout aussi méritants. Et le processus sera le même que celui de d'habitude. Il n'y a rien qui change, en soi, mis à part le fait que, normalement, c'est dans deux ans que les nouveaux préfets auraient dû être choisis. Mais vu les circonstances actuelles, il me semblait important d'accélérer les choses. Avec seize préfets en poste, davantage de rondes pourraient être effectuées simultanément. Et pour ce qui est de la valeur de ce privilège, elle ne diminuera pas pour autant. Ce serait juste plus équitable. Car il y a chaque année des élèves qui mériteraient de devenir préfets et qui ne le peuvent pas car ce n'est pas l'année des recrutements. Ce n'est pas très juste pour eux. Je verrai dans un an si les préfets actuels garderont leur poste lors de leur septième année. Normalement, il n'y a que deux préfets-en-chef dans cette promotion mais si besoin est, nous passerons à vingt-quatre préfets. Mais nous y reviendrons plus tard. Il faut d'abord voir si, avec seize préfets, les choses se passent bien et si cela aide à lutter contre le fléau des potions qui sévit dans les couloirs. Est-ce que vous seriez tous prêts à désigner de nouveaux préfets et à faire les démarches adéquates jusqu'à la fin de l'année ?
Des hésitations se firent clairement ressentir parmi les professeurs. Dumbledore s'en aperçut mais ne sembla pas déçu par le peu d'engouement que suscitait son idée. C'était comme s'il s'y attendait, ce qui était sûrement le cas.
- Je comprends que vous puissiez être perplexes face à ce projet. Si vous avez des questions, posez-les, cela apaisera probablement certaines craintes. Oui, Pomona ?
- Je m'inquiète surtout pour l'organisation des rondes. C'est déjà compliqué de concilier les emplois du temps de huit élèves avec les entraînements de Quidditch, alors avec seize élèves...
- Au contraire, ce sera plus facile de trouver quatre élèves disponibles à dix-sept heures, puisqu'il y aura plus de choix. Ils seront en binôme et on essaiera de faire en sorte que parmi les quatre préfets, il y ait un élève par maison. Si ce n'est pas possible, ce n'est pas bien grave, il peut très bien y avoir par exemple deux Poufsouffle, un Gryffondor et un Serpentard. Les deux Poufsouffle devront juste ne pas être dans le même binôme. D'autres questions ? Oui, Remus ?
- Est-ce que des rondes pourront être effectuées plus tôt dans la journée ? Car la plupart des trafics que nous n'arrivons pas à démanteler ont sûrement lieu en-dehors des rondes. Les dealers peuvent très bien vendre leurs potions à leurs clients lorsqu'ils sont libres en même temps en pleine journée. Par exemple, le lundi de dix heures à onze heures ou le jeudi de quatorze heures à quinze heures. Il n'y a pas de rondes à ce moment-là. Et les dealers le savent parfaitement et il y a de grandes chances qu'ils en profitent.
- Vous avez raison, concéda Dumbledore. Mais ce sont des horaires où il est impossible de trouver deux professeurs ou deux préfets qui n'ont pas cours. Après, avec huit préfets de plus, ce sera peut-être davantage faisable... J'étudierai cette éventualité. Quoi qu'il en soit, il n'y aura aucun problème concernant l'organisation des rondes à dix-sept heures. Tout sera sous contrôle. Soyez rassurés à ce sujet. Êtes-vous plus favorables à cette idée, à présent ?
Cette fois, plusieurs «oui» se firent entendre. Peu à peu, tous les professeurs acquiescèrent.
- Bien, comme je vous l'ai dit, tout se passera comme d'habitude. Chaque directeur de maison devra désigner trois garçons et trois filles qui, selon lui, sont les plus aptes à devenir préfets. Vous aurez trois semaines pour dresser une liste. Nous nous reverrons le mardi deux avril pour en discuter. Tous les professeurs seront conviés afin qu'ils puissent donner leur avis sur les élèves choisis. S'il y a des divergences d'opinions sur l'un d'entre eux, nous en parlerons ensemble et si besoin, cet élève sera remplacé par un autre. Une fois les listes validées, les directeurs de maison devront convoquer les élèves concernés pour leur apprendre qu'ils font partie des élèves pressentis pour devenir préfets. Ils pourront refuser s'ils n'en ont pas envie ou s'ils ne se sentent pas prêts. Dans ce cas, il faudra parler avec eux pour voir s'il y a moyen qu'ils changent d'avis. Ça peut juste être une question de peur qui peut vite passer en leur disant ce qu'il faut. Mais vous ne devrez pas trop insister pour autant. Étant donné que la réunion pendant laquelle les listes seront étudiées aura lieu pendant les vacances, vous aurez deux semaines à partir de la rentrée pour convoquer vos six élèves. Ceux qui auront accepté de tenter l'expérience devront alors passer un test écrit basé sur le règlement. C'est primordial pour un préfet de bien le connaître. Puis les candidats seront soumis à une série de tests qui les mettront dans toutes sortes de situations dans lesquelles ils pourraient se retrouver en tant que préfet. Ce sera le moyen de voir s'ils réagiraient de la bonne façon. Ils sauront évidemment qu'ils seront confrontés à ce genre d'épreuves mais ils ne sauront pas en revanche quand elles arriveront. Ils seront vraiment dans des conditions réelles, car s'ils deviennent préfets, ils ne sauront pas à l'avance sur quel type de méfaits ils tomberont durant leurs rondes. Là, ce sera pareil. Ils doivent être pris au dépourvu pour qu'ils réagissent le plus naturellement possible. Ils passeront cinq tests de ce genre, puis il y aura un entretien entre chaque candidat et son directeur de maison. Est-ce que tout est clair ? Je demande ça pour Sirius et Remus qui feront cela pour la première fois.
Sirius releva brusquement la tête.
- Parce que c'est moi qui vais devoir m'en occuper ?! s'exclama-t-il.
- Oui, vous deviendrez bientôt l'unique directeur des Serdaigle, il faut donc que vous vous fassiez la main sur chacune de vos fonctions. C'est l'un des exercices les plus durs, mais vous vous en sortirez haut la main, tout comme Remus. Vous ne serez pas seuls, vos collègues seront là pour vous aider et vous conseiller. Filius, Pomona, Minerva et Severus sont de grands habitués, ils sauront vous guider et vous rassurer.
Sirius hocha la tête, un peu moins inquiet.
- Est-ce qu'il y a des questions ? Non ? Bien, vous pouvez y aller.
Sirius ne se fit pas prier et se leva en même temps que Remus. Ils quittèrent la salle des professeurs et rentrèrent à leurs appartements. Sirius s'affala sans aucune grâce sur une chaise.
- Je vais démissionner, lâcha-t-il, démoralisé.
- Ne dis pas ça, je suis sûr que tu vas adorer cet exercice. Tu es très proche de tes élèves, tu fais très attention à eux et tu les observes beaucoup. Ça ne devrait pas être compliqué pour toi de savoir qui aurait l'âme d'un préfet... Je suis même persuadé que tu as déjà des noms.
- Je sais surtout qui ne fera pas partie de la liste, plaisanta Sirius. Mais oui, en effet, j'ai rapidement eu des noms en tête. C'est assez facile, en fait. Le choix est assez restreint. Parmi dix élèves, il faut en choisir six, c'est vite fait. Mais je vais quand-même y réfléchir à tête reposée. Il n'est pas question de se précipiter. Il y a plein de paramètres à prendre en compte.
- Eh bah tu vois, ça n'a pas l'air si compliqué que ça. Mais tu as raison, nous y réfléchirons plus tard. Tu avais des projets pour nous deux, je crois...
Sirius sourit alors que Remus venait derrière lui et passait ses mains sous sa chemise.
- Tu n'as pas oublié, constata Sirius, amusé.
- Oh non, j'en ai trop envie pour ça... C'est juste que tout à l'heure, on n'avait vraiment pas assez de temps pour faire quoi que ce soit. Mais là, nous avons toute la soirée devant nous...
- Alors allons dans un endroit plus approprié, dit Sirius en se levant.
Remus acquiesça et ils se rendirent tous deux dans leur chambre. Ils enlevèrent leurs chaussures et s'allongèrent sur le lit, Remus surplombant Sirius. Ils s'embrassèrent et se caressèrent fébrilement à même la peau, comme pour récupérer deux mois de frustration. Les chemises furent bientôt de trop et rejoignirent les chaussures sur le sol. Ils purent ainsi faire voyager leurs mains plus librement sur le torse de l'autre tout en partageant un baiser à la fois tendre et passionné. Sirius gémit lorsque ses tétons furent triturés par les doigts experts de Remus, devenant rapidement durs et sensibles. Cela faisait trop longtemps qu'il n'avait pas été touché de la sorte. Il entreprit de faire subir le même sort aux tétons de Remus qui sembla beaucoup apprécier le traitement. Il se désintéressa des deux bouts de chair de Sirius et promena ses mains sur chaque parcelle de peau qui lui était offerte. Sirius fit de même et osa aventurer une de ses mains vers le pantalon de Remus qu'il déboutonna. Il effleura la bosse qui déformait le caleçon et récolta un gémissement étouffé par le baiser qu'ils étaient toujours en train de partager. Sirius dut le rompre pour débarrasser Remus de son pantalon. Il en profita pour ôter le sien également. Il se rallongea et Remus se coucha presque sur lui, faisant se rencontrer leurs sexes à travers leurs caleçons. Ils gémirent de concert, électrisés par cette sensation qu'ils n'avaient plus connue depuis un moment. Remus s'attaqua au cou de Sirius et bougea activement des hanches, leur arrachant à tous deux de forts gémissements de plaisir. Sirius accompagna autant qu'il put les mouvements de Remus mais il était assez limité par le poids de son compagnon sur lui. De plus, il commençait à être frustré par cette satanée barrière de tissu qui les empêchait de sentir pleinement leurs sexes l'un contre l'autre. Remus devait lui aussi s'impatienter car il libéra Sirius de son caleçon avant d'enlever le sien et de surplomber de nouveau Sirius. Leurs érections purent enfin se toucher directement et ils soupirèrent ensemble de soulagement. Sirius se laissa complètement aller mais il se crispa soudain quand les mains de Remus descendirent vers ses fesses. Il attrapa les poignets de son amant et le regarda dans les yeux.
- Attends, je ne sais pas ce que tu comptes faire mais... on ne va pas s'unir aujourd'hui ? demanda-t-il, inquiet.
- Bien sûr que non, répondit Remus, l'air choqué. Ça fait deux mois qu'on ne s'est pas retrouvés de façon intime, je ne vais pas te sauter dessus dès la reprise de notre activité sexuelle...
Rassuré, Sirius desserra ses doigts autour des poignets de Remus.
- Désolé, j'ai pris peur quand tu as voulu atteindre mes fesses...
- Non, c'est moi qui suis désolé, je ne voulais pas t'effrayer... Je souhaitais simplement accentuer les mouvements de frictions, se justifia Remus. Et puis j'avais l'intention de t'habituer progressivement à la pénétration en te faisant d'abord découvrir ce plaisir avec mes doigts.
- Oh... Ça fait moins peur, d'un coup.
- Tu veux qu'on essaie aujourd'hui ? proposa Remus.
Sirius hésita. Cela faisait un moment qu'il avait envie de tenter l'expérience mais il trouvait ça trop gênant de se faire pénétrer, ne serait-ce que par un seul doigt. Cet endroit était une sortie, pour lui, et non une entrée. Mais il se dit qu'il allait de toute façon s'unir avec Remus un jour ou l'autre et que cela ne serait pas gênant mais normal puisque c'était dans l'ordre des choses qu'il reçoive Remus en lui. Il choisit donc de passer outre sa gêne et de prendre son courage à deux mains.
- Oui, mais pas tout de suite. Je voudrais d'abord te soulager. Ça m'aiderait à me détendre, je crois. Et j'en ai envie.
Remus sourit.
- Comme tu veux. Mais on peut se soulager ensemble avant de passer aux choses sérieuses...
- Non, je...
Sirius s'interrompit, ne sachant comment formuler sa pensée. S'il n'était pas du tout prêt à recevoir le sexe de Remus en lui, il se sentait néanmoins prêt à essayer de l'avoir en bouche. Remus lui avait plusieurs fois donné ce plaisir et si cela lui avait fait bizarre au début que ce soit un homme qui lui fasse une fellation, il avait vite envoyé valser toutes ses interrogations tellement le plaisir avait été intense. Mais il n'avait pas encore voulu le faire lui-même et Remus ne le lui avait jamais demandé. Sirius n'avait connu que des filles et c'était donc troublant pour lui de faire avec Remus tout ce qu'il avait bien pu faire avec ces filles. Les fellations en faisaient partie. Remus savait tout ça et il laissait Sirius aller à son rythme. Il ne le forçait jamais à rien. Mais là, Sirius avait envie de quelque chose et il n'arrivait pas à le dire à Remus. Il décida alors d'y aller franco :
- Je veux te faire venir avec ma bouche.
Remus haussa les sourcils, l'air surpris.
- Tu es sûr ?
- Oui.
- Mais tu n'es pas obligé...
- Je sais, mais j'en ai vraiment envie. Je te demande juste de ne pas m'en vouloir si c'est nul. Je vais faire de mon mieux, c'est promis.
- Ne te mets pas la pression, ça doit être un moment agréable pour toi aussi, dit doucement Remus. Il faut que tu y prennes du plaisir, sinon ça ne sert à rien.
- Oh... Je ne pensais pas que c'était possible d'avoir du plaisir en faisant ça...
- Il faut que ce soit totalement consenti, que tu en aies vraiment envie, que tu sois détendu et que tu ne te poses pas trop de questions. Il ne faut pas croire tout ce qu'on peut entendre ou lire à ce sujet. Personne ne doit se forcer à faire ça s'il n'en a pas envie ou s'il n'aime pas ça. Personne ne doit faire ça pour faire plaisir à son compagnon. Et ledit compagnon n'a pas à faire culpabiliser son copain ou sa copine si il ou elle refuse de lui faire une fellation. Et ça vaut pour toute autre pratique sexuelle.
Sirius acquiesça.
- Je vais voir si j'aime ça alors, mais j'en ai envie, donc je pars sur une bonne base, plaisanta-t-il. Tu peux t'allonger ? Ça m'intimidera moins, je crois...
- À tes ordres !
Remus se mit sur le dos, exposant sa virilité fièrement dressée. Sirius se plaça de part et d'autre des jambes de Remus et commença par lécher le gland. Il découvrit un goût légèrement salé qui n'était pas désagréable. Il fit glisser sa langue le long du pieu de chair avant de revenir vers le gland qu'il suçota. Il entendit Remus gémir et s'enhardit en prenant le gland en bouche. Les mains de Remus se posèrent aussitôt dans ses cheveux mais sans tirer ou exercer une quelconque pression. Comprenant qu'il donnait du plaisir à son compagnon, Sirius voulut lui en procurer davantage en prenant plus de longueur en bouche. Il se mit à faire aller et venir ses lèvres autour du membre et compléta ce qu'il ne pouvait pas prendre avec sa main. Il utilisa son autre main pour malaxer les bourses de Remus, ce qui sembla beaucoup lui plaire puisqu'il poussa un long gémissement. Sirius apprécia lui aussi ce qu'il était en train de faire. Il mettait du coeur à l'ouvrage et souhaitait plus que tout procurer un max de plaisir à Remus. Il ressentit le désir, le besoin de l'avoir le plus loin possible et essaya alors de le prendre plus profondément. Il força pour enfoncer davantage le membre de Remus dans sa bouche mais il eut un haut-le-cœur et les larmes lui vinrent aux yeux. Il renonça malgré lui et se contenta de sa main pour masturber la base du sexe de Remus. Il accéléra les mouvements, aussi bien avec sa bouche qu'avec sa main et pétrit avec plus de vigueur les bourses pleines. Remus gémit sourdement.
- Oh bon sang Sirius... C'est trop bon...
Encouragé, Sirius mit encore plus d'ardeur et intensifia le rythme de sa fellation. Il sentit le membre grossir et tressauter et, cette fois, Remus tira ses cheveux en arrière.
- Sirius, retire-toi...
Sirius obéit et se décala juste à temps pour ne pas se faire asperger par la semence de Remus. Il eut un bon réflexe car son amant jouit dans un cri dès qu'il lâcha son sexe. Sirius l'avait vraiment mené au bord et il était fier de lui avoir donné autant de plaisir. Il embrassa Remus qui avait l'air vidé et apaisé mais qui répondit au baiser de Sirius en insinuant doucement sa langue dans sa bouche. Ils se câlinèrent et s'embrassèrent un moment, jusqu'à ce que la main de Remus vienne effleurer le sexe de Sirius. Son érection était tombée lors de la fellation mais quelques caresses suffirent à faire revenir l'excitation. Remus stoppa cependant vite les va-et-vient, faisant grogner Sirius.
- Remus...
- Il me semble que tu étais d'accord pour une autre expérience. Tu peux changer d'avis, évidemment, mais si tu es toujours partant, je préfère que tu ne jouisses pas tout de suite.
- Oh... oui, bien sûr. J'ai toujours envie d'essayer, même si ça me fait un peu peur.
- Je vais être le plus doux possible, je te le promets, assura Remus. Tu vas ressentir une petite gêne, ça risque de tirer avec un deuxième doigt mais je vais tout faire pour que tu aies du plaisir.
- Je te fais confiance, affirma Sirius.
- Bien, allonge-toi et écarte un peu les jambes.
Sirius obtempéra, se coucha et laissa Remus s'installer entre ses jambes. Il le vit prendre sa baguette et faire apparaître du gel sur ses doigts. Le stress monta en lui mais il se força à rester calme. Remus l'y aida en reprenant son sexe en main tandis qu'un doigt vint caresser la raie de ses fesses. Il trouva ça bizarre mais pas désagréable. Le doigt descendit lentement jusqu'à arriver près de son anneau de chair. Il l'effleura, faisant frissonner Sirius. Il traça le contour avant de revenir le toucher, cette fois de façon plus franche. Sirius sentit son anus se contracter non pas de peur, mais d'envie.
- Tu es prêt ? lui demanda Remus.
- Oui, tu peux y aller.
- D'accord, reste détendu et essaie de ne pas te crisper. Je vais rajouter un peu de lubrifiant.
Remus fit ce qu'il dit et posa de nouveau son doigt contre l'intimité de Sirius. Il le massa gentiment, puis il appuya doucement mais fermement. Sirius sentit son anus s'ouvrir petit à petit et grimaça à cause de l'étirement. Ce n'était pas douloureux mais ce n'était pas agréable non plus.
- Ça va ? s'inquiéta Remus.
- Ouais, c'est étrange...
- Mais tu n'as pas mal ?
- Non, ça tire juste un peu.
- C'est normal, dit Remus en souriant.
Il avança son visage vers celui de Sirius et unit leurs lèvres dans un tendre baiser. Sirius fondit sous la douceur du geste et répondit au baiser de son compagnon. Il se détendit sans s'en rendre compte et ne fut pas gêné par le doigt qui se retira et se renfonça. Après plusieurs va-et-vient, Sirius se mit à apprécier cette présence en lui. Le doigt frottait agréablement contre ses chairs qui étaient bien plus sensibles qu'il ne l'aurait cru. À un moment, Sirius eut l'impression que Remus fouillait à l'intérieur de lui avec son doigt. Il voulut lui signaler que son intimité n'était pas un tiroir mais il put seulement crier lorsque le doigt toucha quelque chose en lui qui lui envoya une déferlante de plaisir dans tout le corps. Il mit du temps à s'en remettre, ne s'étant pas du tout attendu à ça. Il rouvrit les yeux qu'il ne se souvenait pas d'avoir fermés et tomba sur le regard à la fois tendre et amusé de Remus.
- Mon doigt vient de faire connaissance avec ta prostate, lui apprit-il. Ça peut te procurer beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup de plaisir.
- Je n'en doute pas une seule seconde, répondit Sirius, rêveur. J'en avais déjà entendu parler mais je ne pensais pas que ce serait aussi fort...
- Et encore, tu n'as rien vu. Est-ce que tu serais d'accord pour que j'ajoute un deuxième doigt ?
- Ça va faire mal ?
- Ça va tirer mais ça ne va pas durer longtemps, le plaisir va vite revenir. Je vais tout faire pour.
- Dans ce cas je veux bien.
Sirius vit Remus reprendre sa baguette et lancer une fois de plus le sort de lubrification. Quelques secondes plus tard, un deuxième doigt se présenta contre son intimité. Il se crispa malgré lui mais se détendit lorsque Remus caressa de nouveau son sexe. Il attendit que Sirius soit complètement relaxé pour insérer doucement son doigt. L'étirement douloureux fit gémir Sirius mais la main de Remus sur son sexe l'aida à le supporter. Le doigt entra entièrement en lui et s'immobilisa. Sirius se sentait étrangement rempli par ces deux doigts et il avait l'impression qu'ils étiraient à outrance son anus. Il n'était pas sûr de pouvoir s'y habituer mais comme s'il avait entendu ses pensées, Remus entreprit de le distraire en l'embrassant avant de dévier ses lèvres vers son cou qu'il mordilla gentiment. Sa main continuait à masturber Sirius qui ne sut bientôt plus où donner de la tête entre les attentions sur son sexe et les baisers de Remus dans son cou. Il se décontracta totalement et il gémit lorsque les deux doigts frottèrent contre ses chairs en se retirant et en se rengainant. Ils effectuèrent plusieurs va-et-vient puis ils changèrent légèrement d'angle de pénétration. Ils s'enfoncèrent d'un coup et firent crier Sirius en touchant de plein fouet sa prostate. Remus sourit dans son cou et répéta son geste. Sirius cria plus fort et se cambra en agrippant fort le drap sous lui. Il n'eut pas le temps de s'en remettre car Remus adopta rapidement un rythme soutenu avec ses doigts qui percutèrent la glande sensible de Sirius lors de chaque va-et-vient. Il se perdit complètement dans le plaisir et sentit qu'il allait bientôt jouir. Remus dut s'en douter car il accéléra les mouvements de sa main sur son sexe et ceux de ses doigts à l'intérieur de lui. Il s'appliqua également à faire un suçon dans le cou de Sirius qui poussa un long gémissement de plaisir avant de crier lorsque les deux intrus touchèrent une fois de plus sa prostate. Il n'en pouvait plus, c'était trop, il allait jouir... Remus intensifia davantage la cadence de sa main et de ses doigts et malmena une zone érogène dans le cou de Sirius. Celui-ci commença à se contracter par à-coups et il jouit brusquement quand les doigts cognèrent une dernière fois contre sa prostate. L'orgasme le terrassa et il se sentit clairement partir dans un autre monde. Il mit plusieurs minutes à revenir à lui et crut presque avoir perdu connaissance tellement le plaisir l'avait emporté loin. Il n'avait jamais connu ça avant.
- Tu es de retour parmi nous ?
Il leva les yeux vers Remus qui le regardait de nouveau avec un air doux et amusé.
- Je crois, oui, dit Sirius d'une voix éraillée. Je ne pensais pas avoir un orgasme pareil... Tu m'as fait découvrir un tout autre monde.
- Je voulais que ta première expérience de ce côté-là soit réussie, confia tendrement Remus. Je sais que tu redoutes le moment où on s'unira mais je te promets que je ferai mon maximum pour que ça se passe le mieux possible pour toi. Je ne veux que ton bonheur. Je...
Remus s'interrompit, mais Sirius devina facilement les mots qui n'avaient pas pu sortir. Lui-même avait plusieurs fois voulu les dire à Remus depuis le transfert mais ni l'un ni l'autre n'avaient encore réussi à le faire. Ne voulant pas laisser un malaise s'installer, Sirius s'empara des lèvres de Remus et l'embrassa en essayant de faire passer dans le baiser tout l'amour qu'il ressentait pour lui. Il sut qu'il avait réussi à la façon dont Remus répondit à son baiser. Et il le lui confirma lorsqu'il l'entraîna dans un câlin rempli d'amour et de tendresse. Sirius exhala un soupir de bien-être. Il adorait ce genre de moment. Ils n'avaient pas besoin de mots pour se prouver qu'ils s'aimaient. Les gestes, les regards, les sourires le disaient pour eux. Mais ils savaient que le lien les pousserait bientôt à se le dire. Ils attendaient juste le bon moment. Pour l'instant, ils profitaient pleinement de chaque minute passée ensemble et ils étaient très heureux comme ça.
.
.
(mercredi 13/03) POV Pansy
.
Pansy sortit démoralisée de l'infirmerie. Elle était allée voir Théo juste après le dîner et elle était restée une heure avec lui. Elle lui avait déjà rendu visite trois jours plus tôt mais cela restait dur de le voir comme ça. Il lui manquait terriblement. Ça avait toujours été Draco, Blaise, lui et elle. Ils avaient toujours été quatre, et ce, bien avant leur entrée à Poudlard. Là, ils n'étaient plus que trois et ça se faisait clairement sentir. Elle en voulait à Nott d'être responsable de l'état de Théo. Il avait été sauvé de justesse après avoir ingéré le poison à la fin du procès mais il était toujours dans le coma à Sainte-Mangouste. Pansy espérait qu'il s'en sortirait pour qu'il puisse passer le restant de ses jours à Azkaban. Il fallait qu'il paie pour ce qu'il avait fait. Même si elle savait qu'il ne regretterait rien. Elle s'efforça de penser à autre chose alors qu'elle se rendait à la salle sur demande où elle avait rendez-vous avec Ron. C'était devenu leur endroit préféré pour se retrouver en amoureux. Cette salle était vraiment pratique. Elle était reconnaissante envers Harry et Draco de l'avoir fait connaître à toute la bande en y organisant la soirée une semaine plus tôt. Elle avait cru comprendre que Blaise et Ginny étaient déjà au courant de son existence et qu'ils l'utilisaient sûrement puisqu'ils n'avaient eu besoin de personne pour y entrer. Mais les autres, à savoir Théo, Justin, Terry et Hermione avaient semblé aussi surpris que Ron et elle. Pansy se demandait si, depuis la fête, Terry et Hermione se servaient aussi de cette salle pour se voir. Elle se promit de poser la question à l'un ou l'autre lors de l'action vérité. Elle ignorait qui serait le plus gêné entre les deux. Et ça ne l'aidait pas à faire son choix. Mais elle avait le temps d'y réfléchir.
Lorsqu'elle déboucha sur le couloir de la tapisserie de Barnabas le Follet, Ron était déjà là.
- Je suis en retard ? s'inquiéta-t-elle.
- Non, pas du tout, je viens d'arriver, l'informa Ron en souriant.
Ils s'embrassèrent et entrèrent dans la salle sur demande. Ils s'installèrent sur la couverture douce et moelleuse qu'ils avaient matérialisée dès leur premier rendez-vous. Il y avait aussi des coussins et des plaids aux couleurs et aux motifs variés. Pansy s'emmitoufla dans un des plaids et se blottit tout contre Ron.
- Ouh là, toi, ça ne va pas, devina-t-il en lui caressant les cheveux.
- Non. Je suis déprimée.
- Tu reviens de l'infirmerie ? demanda doucement Ron.
Pansy hocha la tête.
- Il vaudrait peut-être mieux que tu évites d'y aller si c'est trop dur pour toi...
- Je sais, mais je n'arrive pas à m'y résoudre, soupira Pansy. J'aurais l'impression de l'abandonner. Il a besoin qu'on lui parle. Il a besoin de monde auprès de lui. Je ne peux pas le laisser tomber. Je dois être forte pour lui. Même si c'est dur.
- Je comprends. Fais comme tu le sens, alors. Mais Théo ne t'en voudra pas si tu ne vas plus le voir. Il n'est peut-être pas en mesure de s'en rendre compte. Mais il n'y a pas que lui qui est à l'origine de ta déprime ?
- Oui... et non. L'ambiance est morose quand je suis avec Draco et Blaise. Théo leur manque à eux aussi. Et quand on est tous ensemble, je vois bien que Harry et Hermione dépriment également. Tu as dû le remarquer. Du coup, je ne suis pas très attentive lors des entraînements de Quidditch et j'ai été plus que nulle lors de celui d'aujourd'hui. Graham a demandé à me voir après le debrief, j'ai cru qu'il allait m'engueuler, je lui ai dit que ce n'était pas la peine, que je savais que j'avais été nulle, je me suis excusée et je lui ai dit qu'il pouvait me virer s'il le voulait et que je l'encourageais même à le faire car c'était ce qui pouvait arriver de mieux à l'équipe. Il n'a pas pu en placer une et quand je me suis arrêtée, il m'a dit qu'en fait, il souhaitait simplement savoir comment j'allais. Je me suis senti un peu idiote. J'ai été franche, je lui ai dit que ce n'était pas la joie mais je lui ai promis que j'allais faire des efforts et que j'allais essayer d'oublier mes soucis lors des entraînements. Car tu avais raison, il n'y a pas que Théo. J'ai reçu une lettre ce matin de mon père qui m'apprenait que ma mère avait été admise à Sainte-Mangouste avant-hier. Elle avait de très fortes douleurs abdominales, comme si elle était sur le point de faire une fausse couche. Elle en a déjà fait quatre avant de m'avoir, elle a eu un bébé mort-né au terme de sa troisième grossesse et j'ai moi-même été un bébé prématuré puisque je suis née à six mois et demi de grossesse. La grossesse actuelle était censée être sans risques mais ce qui lui est arrivé avant-hier n'a rien à voir avec les problèmes qu'elle a eus lors des six précédentes grossesses. C'est quelque chose de plus courant mais qu'il faut surveiller de très près. Le bébé n'est pas encore viable, elle doit donc rester alitée pour éviter qu'il naisse trop vite. Mais c'est davantage une précaution car apparemment, il n'y a pas de quoi s'inquiéter. Le bébé va bien et ma mère aussi. Mais ce genre de douleurs ne doivent pas être pris à la légère, surtout à ce stade de la grossesse. Ma mère va donc rester deux semaines à Sainte-Mangouste pour voir comment ça évolue et elle pourra rentrer si tout va bien. Du coup, je vais passer les vacances de Pâques à Poudlard. Ça vaudra mieux pour tout le monde. Ma mère ne sera pas là au début des vacances et elle aura besoin de calme à la maison. Et en étant à Poudlard, je vais être un peu plus motivée à travailler et il le faut. Car comme si je n'avais déjà pas assez d'ennuis comme ça, mes notes sont en chute libre. Je dois me reprendre. Donc voilà, c'est un peu compliqué en ce moment. Il n'y a rien qui va à part dans notre couple. Tu n'as pas intérêt à me quitter sinon je me jette du haut de la tour d'astronomie.
Ron se mit à rire.
- Je n'en avais pas l'intention ! Je compte bien rester près de toi et t'aider à surmonter cette période difficile.
- Merci, dit Pansy, touchée. Tu rentres pour les vacances, toi ?
- Non, je reste ici avec Fred, George et Ginny. Les jumeaux disent que les vacances risquent d'être tendues pour Ginny et moi si on rentre. Ils ne nous ont pas dit pourquoi mais Ginny semble être au courant de quelque chose. Je ne sais pas ce qui se trame mais ça m'inquiète un peu. Les jumeaux ont l'air sérieux et préoccupés depuis quelques temps et ça ne leur ressemble pas du tout. Je sens qu'ils cachent et préparent un truc mais impossible de savoir quoi. Mais si j'ai bien compris, c'est quelque chose qui va faire criser nos parents. Surtout notre mère. Je n'ai aucune envie de passer les vacances dans une atmosphère à couper au couteau. C'est donc sans regrets que je reste à Poudlard.
- Ce sera mieux pour toi aussi, en effet. J'espère que ça va aller avec les jumeaux. En tout cas, quoi qu'il arrive, on sera ensemble et ça, c'est cool.
- Je crois que je ne t'aurais pas abandonnée même si j'avais pu rentrer chez moi, avoua Ron. Surtout si je savais que ça n'allait pas fort pour toi...
- Ooooh, tu es trop mignon, s'attendrit Pansy.
Elle s'installa sur les jambes de Ron et l'entraîna dans un long baiser auquel il répondit aussitôt. Sa langue vint chercher sa jumelle tandis que ses mains voyageaient dans le dos de Pansy. Elle-même caressait les cheveux de Ron qu'elle aimait tout particulièrement. Estimant que Ron et elle seraient plus à l'aise contre une surface plane, elle fit basculer son petit-ami pour qu'il se retrouve sur le dos. Cela n'eut pas l'air de le déranger puisqu'il attira Pansy tout contre lui. Elle fut alors complètement allongée sur lui et cela ne la gêna absolument pas. Bien au contraire. Cela lui plut même beaucoup. Elle aimait sentir le corps ferme de Ron contre le sien. Elle aimait sentir la chaleur qui émanait de lui. Elle aimait sentir ses mains lui caresser le dos. Ils n'avaient jamais été aussi proches, et encore moins dans cette position, mais cela lui sembla naturel. Ils continuèrent à s'embrasser et à se câliner pendant de longues minutes jusqu'à ce que Pansy commence à être frustrée par la robe de sorcier de Ron qui n'était pas pratique pour caresser son petit-ami comme elle le voulait. Elle-même ne sentait pas les mains de Ron autant qu'elle le souhaiterait. Elle entreprit donc de dégrafer la robe de sorcier de Ron qui comprit son intention et s'en débarrassa sans pour autant rompre le baiser. Un exploit. Ce garçon était doué. Il porta ses doigts aux agrafes de la robe de Pansy qui le sentit hésiter. Elle dut séparer leurs lèvres pour lui murmurer qu'il pouvait la lui enlever. Il ne se fit pas prier et lui retira sa robe. Ils purent ainsi ressentir davantage les attentions qu'ils s'apportaient. Pansy découvrit un torse encore plus ferme qu'elle ne le pensait à travers le pull de son petit-ami et elle apprécia encore plus les mains de celui-ci dans son dos. Leur baiser devint de plus en plus passionné, si bien que Pansy sentit la chaleur monter doucement en elle. Son coeur battait plus vite, son bas-ventre se réchauffait et sa tête lui tournait un peu. C'était assez déroutant, elle n'avait jamais connu ça, mais c'était aussi et surtout délicieusement bon. Une des mains de Ron quitta son dos pour se poser dans ses cheveux tandis que l'autre descendit vers le bas de ses reins. Elle frémit lorsque les doigts de Ron glissèrent sous son pull et elle frissonna lorsqu'ils s'infiltrèrent sous sa chemise et qu'ils frôlèrent la peau nue de son dos. C'était la première fois que Ron passait outre la barrière des vêtements et elle trouvait ça très agréable. Elle eut encore plus chaud en sentant les doigts de son petit-ami remonter le long de son dos et elle aurait pu rester des heures ainsi mais tout s'arrêta quand deux choses se produisirent en même temps. Alors que les doigts de Ron rencontrèrent le soutien-gorge de Pansy, celle-ci perçut quelque chose de dur contre son bas-ventre. Ils se détachèrent aussitôt l'un de l'autre, rompant par la même occasion le baiser.
- On s'est un peu trop laissés emballer, je crois, dit Pansy, gênée, tout en remettant correctement sa chemise.
- Je crois aussi, renchérit Ron en attrapant sa robe de sorcier. Je suis désolé, j'aurais dû me retenir...
- Si je t'ai laissé faire, c'est que j'aimais ce que tu me faisais, déclara logiquement Pansy. C'est juste que je ne m'attendais pas à ce que ça te fasse autant d'effet...
- Et moi je ne m'attendais pas à sentir ce truc dans ton dos...
- Excuse-moi d'être une fille, plaisanta Pansy. Mais je comprends que ça puisse surprendre. Ça a été pareil pour moi. Ce sera sûrement moins perturbant la prochaine fois.
- Tu n'es pas contre l'idée de recommencer ?
- Non, pas du tout. Je te l'ai dit, j'ai vraiment aimé. Après, si tu préfères qu'on en reste là...
- Non, non, au contraire, s'empressa Ron de répondre. Je veux simplement qu'on aille à ton rythme. Ou au nôtre, puisqu'on a visiblement le même...
- Ça prouve qu'on est faits pour être ensemble, s'amusa Pansy.
Ron sourit et attira doucement Pansy à lui. Ils s'embrassèrent de nouveau mais bien plus tendrement que précédemment. Ron gardait cependant une certaine distance entre eux, ce qui fit comprendre à Pansy que l'excitation n'était pas redescendue. Ron le lui confirma en séparant leurs lèvres avec un air contrit.
- Je vais devoir y aller, dit-il à regret.
- Vas-y, tu n'as pas vraiment d'autre choix, fit gentiment remarquer Pansy.
Ron rougit, déposa un dernier baiser sur les lèvres de sa petite-amie et s'en alla. Pansy demeura un moment songeuse avant de se décider à quitter elle aussi la salle sur demande. N'ayant pas envie de se promener, elle descendit les sept étages et prit la direction de sa salle commune. Bon, elle devait tout de même traverser presque tout le château. Mais elle emprunta le chemin le plus court. Arrivée près des cachots, elle entendit des voix qui provenaient de l'un d'entre eux. Cela ressemblait fort à une dispute. Cela lui rappela la fois où elle avait surpris Greengrass et son ex petite-amie en train de s'embrasser. Elle avait d'abord cru qu'il s'agissait là aussi d'une querelle avant de les trouver en plein baiser. Sauf que là, il y avait une voix de garçon et une voix de fille. Et elle avait bien l'impression de reconnaître une fois de plus la voix de Greengrass. Elle n'allait pas faire que ça de lui demander d'aller se disputer ailleurs, que ce soit avec une ex ou avec quelqu'un d'autre ! Les cachots n'étaient pas faits pour ça, surtout à vingt-et-une heures ! Ce n'était pourtant pas du genre de Greengrass de transgresser le règlement... Peut-être avait-elle été emmenée dans ce cachot sans avoir eu son mot à dire ? Le malaise gagna Pansy à cette idée. C'était fort possible. Dans tous les cas, elle devait agir. La ronde des professeurs n'allait pas tarder à commencer et si c'était le professeur Snape qui était de garde ce soir-là, il n'allait pas apprécier de voir deux élèves dans un cachot, peu importe la maison à laquelle ils appartenaient. Pansy se dirigea donc vers le cachot d'où venaient les voix. Elle poussa la porte et découvrit Greengrass en compagnie de Murray Ashby, un Serpentard de sixième année. Il se retourna aussitôt et fusilla Pansy du regard.
- Qu'est-ce que tu fais là, toi ? cracha-t-il.
- C'est plutôt à vous que je devrais poser la question. Il est vingt-et-une heures, Ashby. C'est l'heure du couvre-feu pour les première, deuxième, sixième et septième année. Et il se trouve que tu es un sixième année. Tu n'as donc rien à faire là. Personne n'a le droit d'utiliser les cachots en-dehors des cours, sauf avec l'autorisation du professeur Snape. En avez-vous une ?
- Non, avoua Greengrass.
- Tu cherches les ennuis, toi, l'accusa Ashby. Tu aurais très bien pu faire croire que oui.
- Elle est honnête, contrairement à toi, lâcha Pansy. Allez, dégage, je vais faire comme si je n'avais rien vu. Et prie pour ne croiser aucun professeur.
Ashby jeta un regard mauvais à Pansy, puis un regard menaçant à Greengrass avant de s'en aller en claquant la porte du cachot derrière lui. Pansy se tourna vers sa camarade.
- Qu'est-ce que tu faisais ici avec Ashby ?
- Il m'a emmenée ici car il voulait qu'on soit tranquilles pour discuter.
- Qu'il pense au sort d'insonorisation la prochaine fois, alors, ironisa Pansy. Surtout s'il sent que ça va virer à la Pimentine... Parce que bon, désolée de te le dire, mais vous n'étiez pas très discrets. Il ne t'a pas entraînée de force ici, j'espère ?
Greengrass haussa les épaules.
- Ça n'a pas d'importance.
Pansy fronça les sourcils.
- Bien sûr que si. Il n'a pas à t'emmener où que ce soit si tu n'en as pas envie.
- C'est mon fiancé, Pansy. S'il veut qu'on aille quelque part, je dois le suivre.
Pansy écarquilla les yeux.
- Tu es sérieuse ?! Tu crois vraiment ce que tu dis ?!
- Oui.
- Mais... On n'est plus au seizième siècle ! Tu es libre de faire ce que tu veux ! Si tu n'as pas envie de parler à ton fiancé, c'est ton droit ! Et ça peut se comprendre vu la façon dont il te traite ! Tu as conscience, au moins, que ce n'est pas normal qu'il te parle comme il le fait ?
- Ce n'est pas la question. C'est comme ça et puis c'est tout. Si ça ne me plaît pas, c'est pareil.
Pansy fut choquée par les mots de Greengrass. Elle savait que les mariages d'intérêts entre Sang-Pur n'avaient souvent rien de romantique puisqu'il n'y avait pas d'amour, mais elle pensait qu'à l'aube du vingt-et-unième siècle, il y avait un minimum de respect mutuel entre les époux... Or, il n'y en avait clairement pas dans le comportement d'Ashby envers Greengrass. Cette dernière ne pouvait pas se marier avec un type pareil, il lui fallait quel... Elle s'interrompit brusquement dans ses pensées. Elle venait de se rappeler d'un détail important.
- Mais tu aimes les filles, murmura-t-elle. Tu ne peux pas te marier avec un homme...
- C'est ce que je vais pourtant devoir faire.
Pansy regarda longuement sa camarade.
- Tu sembles résignée, finit-elle par dire, atterrée. Tu as l'air d'avoir accepté ton destin et décidé de faire avec.
- Parce que c'est le cas. Mes parents ont toujours su que Draco et moi n'avions aucune envie de nous marier l'un à l'autre mais ils n'en ont jamais tenu compte. Ils ne pensaient qu'à l'intérêt et aux profits que ce mariage représentait. Il a fallu que le père de Draco parte en cavale pour que le mariage soit annulé. Sans cela, il aurait eu lieu, peu importe ce que Draco et moi en pensions. Mes parents m'ont trouvé un autre fiancé et il n'y a pas de raison pour qu'ils m'écoutent s'ils ne l'ont pas fait lorsque je leur disais que je ne voulais pas me marier avec Draco. Je n'ai donc pas d'autre choix que d'accepter ce mariage, même si je n'en ai pas envie. Mais je sais bien que je ne vais pas pouvoir m'y résoudre. Je vais devoir m'enfuir mais il faut que j'attende d'être majeure pour cela. J'ai un peu moins d'un an à patienter. Ça va être long mais je dois tenir jusque-là.
Greengrass se tut et rougit. Elle semblait gênée de s'être autant confiée. Elle évita le regard de Pansy qui, elle, était sous le choc. Elle réalisa pleinement à quel point elle s'était trompée sur Greengrass. Elle l'avait compris lorsqu'elles avaient discuté ensemble quelques semaines plus tôt mais là, c'était vraiment flagrant. Elle se rendait compte que Greengrass avait vraiment souffert de devoir se marier avec Draco alors qu'elle n'en avait jamais eu envie. Et qu'elle souffrait actuellement de sa situation. Pansy eut de la peine pour elle. Elle s'en voulut de nouveau de l'avoir mal jugée. Greengrass n'était pas du tout la fille qu'elle croyait. Elle était douce, sensible et sincère. Elle préférait que quelqu'un se fasse de fausses idées sur elle plutôt que lui dire la vérité et s'attirer sa pitié. Elle aimait sûrement Draco, oui, mais pas de la manière dont Pansy pensait. Elle était attirée par les filles alors que Pansy avait toujours cru qu'elle était folle amoureuse de Draco. Et elle se faisait visiblement harceler par son fiancé qui était très intéressé par ce mariage contrairement à elle. Elle allait devoir s'unir et faire sa vie avec cet individu qu'elle ne pourrait jamais aimer. Elle avait déjà dû renoncer à une histoire d'amour qui aurait peut-être pu durer bien au-delà de Poudlard. Pansy se demanda alors comment sa camarade faisait pour tenir dans de telles conditions. Elle voyait bien depuis la rentrée qu'elle avait l'air complètement déprimé et elle comprenait désormais mieux pourquoi. Elle avait apparemment décidé de se résigner à supporter ce calvaire jusqu'à sa majorité, après laquelle elle s'enfuirait afin d'échapper à ce mariage. Mais où irait-elle ? Pansy hésita avant de lui poser la question :
- As-tu quelqu'un pour t'accueillir ?
- Non, mais je trouverai bien quelque chose. Quitte à changer de pays. Quitte à changer d'apparence. Quitte à changer d'identité. Je subviendrai à mes besoins en faisant des petits boulots par-ci par-là. La précarité ne me fait pas peur. Je préfère ça plutôt que de me marier avec un homme riche qui ne me respectera pas et à qui je devrai donner un héritier contre mon gré.
Un silence suivit ces mots. Pansy était sonnée par ce que venait de lui dire Greengrass. Tout cela la dépassait et la chamboulait fortement. Ses parents l'avaient toujours protégée de ce genre de facettes du monde des Sang-Pur mais ils ne lui avaient jamais caché leur existence. Jusque-là, elle n'avait donc jamais vraiment eu conscience de ce qu'impliquaient les mariages arrangés, Draco n'en ayant que très rarement parlé lorsqu'il avait été concerné par cette tradition. Là, elle découvrait pleinement combien ces unions forcées pouvaient affecter de façon négative les fiancés qui ne voulaient pas se marier avec la personne qui leur était promise. Cette dure réalité frappait Pansy qui ne pouvait pas se faire à l'idée qu'une fille de son âge doive s'exiler pour échapper à un mariage d'intérêts. Elle ne voyait pourtant pas d'autre solution. Et cela la peinait beaucoup car après avoir passé quatre ans et demi à la haïr, Pansy souhaitait à présent aider sa camarade. Elle était peut-être dans l'incapacité de faire quoi que ce soit de concret mais elle pouvait au moins lui offrir son amitié... Et c'était bien ce qu'elle comptait faire.
- Je suis sûre qu'il y a un moyen un peu moins drastique de te sortir de cette situation, dit-elle d'une voix assurée. J'ignore encore lequel mais on le trouvera. J'en suis persuadée. En attendant, la seule chose que je puisse faire, c'est être là pour t'écouter si tu en as besoin. Je sais que je n'ai jamais été très sympa envers toi, que j'ai même été carrément odieuse mais je veux me rattraper. Ça n'effacera pas tout ce que j'ai pu te dire, j'aimerais faire plus, mais...
- Ce sera déjà beaucoup, coupa Greengrass, l'air très émue. Je n'ai jamais eu personne à qui parler. Je m'entends avec plein de monde, surtout avec des élèves de sixième et de septième année mais ce ne sont pas vraiment des amis à qui je peux me confier. Mais tu n'es pas obligée de te forcer à être ma confidente pour t'excuser d'avoir été désagréable avec moi... Le simple fait que tu me croies au sujet de Draco me suffit.
- J'y tiens, insista Pansy. Et ça ne me dérange pas du tout. Tu l'auras peut-être remarqué mais je n'ai jamais eu d'amies filles. J'ai toujours été entourée de garçons. Je suis fille unique et je suis sûre que ma mère va avoir un petit garçon. Évidemment, que ce soit un garçon ou une fille ne changera rien à l'amour que je lui porterai mais tout ça pour dire que je manque cruellement de présence féminine dans mon entourage. Et j'ai vraiment envie de t'aider.
Greengrass sourit.
- C'est gentil. Si tu veux vraiment me faire plaisir, je ne te demande qu'une seule chose.
- Laquelle ?
- Arrêter de m'appeler Greengrass. J'ai un prénom, comme tout le monde. Après, si tu ne l'aimes pas, ce n'est pas grave, tu peux m'en trouver un autre, je m'adapterai.
Pansy secoua la tête, amusée.
- Non, ce ne sera pas nécessaire. C'est juste un réflexe que je vais devoir oublier.
- Tu y arriveras, j'en suis sûre, dit Daphné d'un ton gentiment moqueur. Bon, on ferait mieux de s'en aller. On risque de se faire attraper si les professeurs de ronde ce soir viennent vérifier les cachots. Même si tu es préfète, on n'a pas le droit d'y être.
Pansy acquiesça et sortit du cachot avec Daphné. Heureusement, il n'y avait aucun professeur dans les parages. Elles se rendirent à leur salle commune et montèrent directement à leur dortoir. Elles se souhaitèrent bonne nuit et se séparèrent. Pansy passa à travers ses rideaux, prit son sac et se mit au lit. Elle avait un devoir individuel de métamorphose à rendre le surlendemain et il lui restait encore une partie du sujet à traiter. Elle se plongea dedans et fut tellement concentrée qu'elle ne vit pas le temps passer. Ce ne fut que lorsqu'elle commença à bâiller qu'elle regarda l'heure. Elle écarquilla les yeux en voyant qu'il était plus d'une heure du matin. Elle décida de se coucher, même si elle n'était pas spécialement fatiguée. Pourtant, à peine eut-elle fermé les yeux qu'elle sombra dans un profond sommeil récupérateur.
.
.
(vendredi 15/03) POV Théo
.
Théo était désorienté. Tout était flou, que ce soit autour de lui ou dans son esprit. Il ne voyait pas ce qu'il fixait et ne sentait pas la surface sur laquelle il était allongé. C'était comme s'il était en apesanteur sans pouvoir bouger. Il arrivait juste à cligner les yeux et remuer légèrement les doigts. Il n'avait pas la notion du temps qui passait et n'avait pas vraiment de phases de sommeil et de phases d'éveil, bien qu'il y avait des moments où il avait l'impression que son esprit se mettait de lui-même en repos. La seule chose dont il était conscient, c'étaient les voix qu'il entendait. C'était grâce à elles qu'il savait où il était, quel jour on était, si c'était le matin, si c'était l'après-midi, si c'était le soir... Il n'avait pas la notion de tout ça mais il comprenait ce qu'on lui disait. Il voudrait le dire, le hurler à ses visiteurs qui se demandaient tous s'il les entendait, si ça servait à quelque chose qu'ils lui parlent mais il ne pouvait pas. Car cela signifierait revenir dans le monde réel et il n'était pas prêt pour ça. Enfin, ce n'était pas vraiment ça. Son esprit, lui, était prêt. Il s'était suffisamment reposé et avait tout remis en ordre. Il avait beaucoup travaillé pour cela, ayant été très affecté et très chamboulé par tout ce qui s'était passé lors du procès. Mais là, ça allait mieux, même s'il restait un peu fragile, ce qui était tout à fait normal. Le problème, c'était la magie de Théo. Il sentait qu'elle était bloquée en lui et c'était à cause de cela qu'il était dans cet état léthargique. Les émotions qu'il avait subies avaient été beaucoup, beaucoup, beaucoup trop fortes pour lui et son trouble magique avait inévitablement fait des ravages. Comme pour se protéger, sa magie s'était gelée dans son corps. Et elle avait besoin d'aide pour pouvoir circuler de nouveau. Mais Théo ignorait si c'était possible. Il ne connaissait pas de remède pour cela. Son trouble magique était une affection rare, qui se soignait et se guérissait en étant diagnostiqué à temps, ce qui n'avait pas été son cas. Peut-être était-ce un trouble trop méconnu pour qu'une solution existe afin de le sortir de cet état... Peut-être était-il voué à rester ainsi jusqu'à ce que quelque chose l'emporte... Cette pensée le démoralisa. Il ne pouvait pas s'y résoudre. Il s'en était toujours sorti. Même lorsqu'il avait été dans des états bien plus critiques que celui-là. Il allait bien, en soi. Il était conscient, il n'avait mal nulle part... C'était juste sa magie qui faisait des siennes. Il se consolait néanmoins en se disant qu'il n'avait pas non plus la notion de l'ennui. Il était heureux quand il avait de la visite, et quand il était seul, il pouvait mettre son esprit en mode pause dès qu'il le voulait.
Il était surpris du nombre de visites qu'il recevait. Toute la bande était venue le voir. Cela le touchait énormément. Plusieurs d'entre eux avaient craqué mais il ne leur en voulait pas du tout. Il imaginait bien que c'était difficile de le voir comme ça. Justin, Hermione et Pansy avaient notamment pleuré durant leur première visite. Blaise, lui, semblait déprimé et fatigué. Il restait près de lui une ou deux heures mais ne parlait pas beaucoup. Théo se doutait bien que c'était justement par peur de craquer. Mais sa seule présence lui suffisait. Harry et Draco, eux, avaient failli pleurer mais s'étaient retenus. Et pour ce qui était du reste de la bande, ils avaient tous semblé à court de mots avant de trouver un sujet de discussion qui leur était propre. Tous ses visiteurs avaient sûrement reçu la consigne de lui parler un maximum et c'était une bonne idée. Cela lui permettait de rester conscient.
Le professeur Snape venait le voir quotidiennement, prenait ses constantes et lui faisait passer tout un tas d'examens. Il pensait que c'étaient à la fois son esprit et sa magie qui étaient à l'origine de son état. C'était effectivement le cas avant. Maintenant, il n'y avait que sa magie qui était responsable. Mais son directeur de maison n'avait pas encore envisagé cette éventualité. Il parlait pourtant de son trouble magique mais il était focalisé sur le fait que son esprit était également en cause. Ce qui était totalement compréhensible. Sauf que Théo, lui, savait que son esprit était désormais hors de cause. Si seulement il pouvait le dire... Il s'apprêtait à laisser son esprit se reposer lorsqu'il entendit la voix de Harry. Il aurait souri s'il avait pu. Quelques secondes plus tard, le Gryffondor arriva près de lui.
- Coucou, c'est moi ! J'ai dû batailler pour pouvoir venir te voir une petite heure. Je voulais profiter du creux que j'avais entre la fin des cours et le dîner pour te rendre une petite visite mais ton borné de médicomage voulait absolument t'examiner dans une demie-heure. Il peut bien attendre un peu, quand-même ! J'ai réussi à obtenir gain de cause mais il m'a clairement dit que je devais te laisser à dix-huit heures trente pile, sinon il me virera à coups de pied aux fesses. J'aurais préféré partir à dix-neuf heures comme je l'avais prévu mais il vaut mieux que j'obéisse. Je tiens à mon postérieur, vois-tu. Et puis il suffit que le professeur Snape aille se plaindre de moi auprès de mon parrain et de mon directeur de maison pour que j'aie tout le monde sur le dos... Ils s'entendent comme larrons en foire, maintenant. On croirait rêver. Mais je suis content pour eux. C'est une bonne chose qu'il n'y ait plus de tensions entre eux. Bon, sinon, tu n'as pas raté grand-chose aujourd'hui. En métamorphose, on a continué à s'entraîner sur le sort qu'on a appris mercredi, en sortilèges on a continué à s'exercer sur celui qu'on a vu mardi, et en potions c'était le deuxième cours sur la potion qu'on a commencé à voir la semaine d'avant. Rien de neuf, quoi. Et je sais que Draco et Hermione t'ont déjà parlé en long, en large et en travers de ces sorts et de cette potion. Moi, j'ai trop la flemme. Je suis fatigué. La semaine a été dure. On pense tous beaucoup à toi, tu sais. Tu nous manques. Le professeur Snape dit que tu ne resteras pas éternellement dans cet état mais quand je te vois, j'arrive à en douter. Franchement, ce n'était pas la peine de chercher à ce qu'on devienne amis si c'est pour me lâcher une fois qu'on est super proches...
Harry soupira.
- Excuse-moi, je ne voulais pas te faire de reproches. La fatigue me fait dire n'importe quoi. Je sais que ce n'est pas de ta faute et que tu n'y es pour rien. Mais j'ai l'impression que je vais te perdre, toi aussi, et je ne pourrais pas le supporter. Tu es devenu tellement important pour moi... Je t'accusais à l'instant d'avoir fait en sorte qu'on se rapproche mais je l'ai voulu aussi. Il s'est passé quelque chose quand on s'est vus sur le Chemin de Traverse. À ce moment-là, j'étais encore hostile à l'idée de me faire des amis chez les Serpentard, surtout qu'Adrian venait de me faire du rentre-dedans de façon très peu subtile. Mais j'étais déjà tombé sous son charme et toi... j'ai senti que tu n'étais pas comme les autres. Je n'avais jamais eu d'ennuis avec toi, alors que tu faisais partie de la bande de Draco. Tu étais tellement discret que je te voyais à peine, en fait. Et je regrette de ne pas t'avoir remarqué plus tôt. J'aime tellement notre relation que je trouve vraiment ça dommage qu'on ait attendu cette année pour devenir amis alors que ça fait quatre ans qu'on se voit tous les jours, même si on n'avait jamais fait attention l'un à l'autre. Mais ce qui compte, c'est qu'aujourd'hui on soit amis. Et j'aimerais qu'on le reste longtemps. Mais pour ça, il faut que tu reviennes parmi nous. D'après le professeur Snape, tu sortiras de ton état de choc quand ton esprit aura suffisamment récupéré. Alors qu'il se dépêche. Car neuf jours, c'est déjà long. Je voudrais tant pouvoir t'aider... Tu m'as sauvé il y a trois mois et là c'est toi qui a besoin d'aide et je ne peux rien faire... C'est juste horrible...
Théo sentit la tête de Harry se poser sur son torse. Il l'avait écouté sans pouvoir dire quoi que ce soit alors qu'il aurait voulu lui répondre plus d'une fois... Quelque chose de mouillé traversa soudain le haut du fin pyjama qu'il portait. Il comprit que Harry pleurait et son coeur se serra douloureusement à cette pensée. Cela le surprit. Jusque-là, tout son corps était insensible, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur. Il ne ressentait ni la faim, ni la soif, ni le froid, ni la chaleur... Était-ce un signe ? Allait-il retrouver sa mobilité ? Harry n'avait évidemment aucune idée de ce qui se passait dans son corps et continuait à pleurer silencieusement. Sa tête vint se loger dans le cou de Théo tandis que ses doigts glissèrent timidement vers ceux de la main droite de l'alité. Ils entourèrent délicatement le poignet de Théo qui apprécia beaucoup ce contact. C'était doux et hésitant, comme si Harry avait peur de le briser ou qu'il n'osait pas lui prendre la main par pudeur ou pour ne pas le brusquer. C'était peut-être les deux à la fois. Mais il le faisait quand-même et Théo en était ravi. Il avait besoin de ce genre de geste. La présence et les câlins de Harry lui faisaient du bien et l'apaisaient. Il se demandait si cela pouvait avoir un impact sur sa magie quand une douce chaleur et de légers picotements envahirent son poignet à l'endroit où les doigts de Harry le tenaient. Il écarquilla les yeux sans savoir si c'était une chose qu'il était capable de faire avant puisqu'il n'avait pas encore essayé. La chaleur ainsi que les fourmillements gagnèrent en intensité sans que cela ne devienne désagréable pour autant. C'était même plutôt le contraire. La chaleur se propagea dans ses veines et réchauffa sa magie qui put alors se remettre lentement à circuler. Un soulagement sans nom fit presque soupirer Théo. Il bougea ses doigts sans le vouloir et se rendit compte qu'il le faisait avec beaucoup plus d'aisance qu'avant. Il le refit mais de son plein gré cette fois, ce que dut sentir Harry puisqu'il leva brusquement la tête. Théo tourna les yeux vers lui et vit le choc dans le regard émeraude du Gryffondor. Avant qu'il ne puisse dire le moindre mot, une voix s'éleva, les faisant tous deux sursauter :
- M. Potter, éloignez-vous tout de suite de M. Nott !
Harry obéit aussitôt, au grand regret de Théo qui fut d'un coup privé de la chaleur réconfortante de son ange gardien.
- Attendez-moi derrière la porte de l'infirmerie, ordonna froidement le professeur Snape. J'examine M. Nott et ensuite je m'occupe de vous.
Théo perçut de l'incompréhension et de la peur dans les yeux de Harry. Il eut de la peine pour lui. Il était lui-même surpris par le ton sur lequel le professeur Snape s'était adressé à Harry. À l'entendre, le Gryffondor avait fait quelque chose de mal alors qu'il avait juste sauvé Théo... Celui-ci trouvait la réaction de son directeur de maison complètement disproportionnée. Il aurait voulu défendre Harry mais il se dit que ce n'était peut-être pas le moment de se la ramener alors qu'il venait tout juste de sortir de son état léthargique... Il resta donc sagement à sa place et remercia du regard Harry qui lui sourit avec tendresse avant de s'en aller. Théo reporta son attention sur le professeur Snape qui avait l'air dépassé par la situation.
- Comment vous sentez-vous ? Est-ce que vous pouvez parler ?
- Oui, dit Théo pour essayer.
Sa voix lui parut un peu rauque. Mais après neuf jours sans parler, c'était sans doute normal.
- Est-ce que vous avez mal quelque part ?
- Non.
- Vous sentez-vous étourdi ?
- Un peu.
- Vous sentez-vous nauséeux ?
- Non.
- Vous sentez-vous fatigué ?
- Légèrement.
- Avez-vous chaud ? Froid ?
- Ni l'un ni l'autre. Mais j'étais mieux quand Harry était là. Il me réchauffait.
- Nous y reviendrons plus tard. Je suis surpris par votre lucidité. Vous n'avez pas l'air de quelqu'un qui a passé neuf jours en état de choc.
- J'étais conscient, indiqua Théo. J'entendais et je comprenais tout ce qu'on me disait. Je voulais le dire mais je n'y arrivais pas. D'abord parce que je n'étais pas prêt à revenir dans le monde réel, puis parce que j'étais incapable de faire quoi que ce soit. Ma magie était bloquée en moi et m'empêchait de faire le moindre geste.
- Je vois. Tout est plus clair, maintenant. Si je saisis bien, cela fait plusieurs jours que vous étiez prêt à revenir parmi nous ? Vous étiez pleinement conscient, vous étiez parfaitement lucide, vous étiez en capacité de penser mais vous ne pouviez ni bouger, ni parler ?
- C'est ça. J'étais déjà revenu, en fait.
- Ça a été bien plus rapide que je ne le pensais.
- C'était pourtant possible que je revienne vite. Vous disiez que cela pouvait arriver à tout moment. Que nul ne pouvait prédire quand je sortirais de mon état de choc. Que ça dépendait des personnes.
- Ah oui, vous entendiez vraiment tout.
- Oui. C'était davantage ma magie qui était en cause que mon esprit. Et plus particulièrement mon trouble magique.
- J'y avais bien pensé mais je ne m'étais pas imaginé qu'il avait pu avoir un tel impact sur vous et sur votre magie... C'est pourtant logique. Vous avez emmagasiné beaucoup trop de fortes émotions en trop peu de temps. Et c'est justement suite à de fortes émotions que votre trouble se manifeste. Mais de là à bloquer toute votre magie... Bon, le principal, c'est que vous soyez de nouveau parmi nous.
- Oui, et je ne comprends pas ce qui s'est passé. Ma magie s'est remise à circuler d'un coup...
- Je vous expliquerai cela plus tard. Je dois d'abord avoir une discussion avec M. Potter. Mais avant cela, je vais vous examiner et vous faire effectuer tout un tas de tests.
Théo acquiesça et laissa le professeur Snape l'ausculter. Il lui prit sa tension et son pouls, écouta sa respiration, lui préleva un peu de sang, lança tout un tas de sorts... Puis il vérifia ses réflexes. Théo était un peu lent mais son médicomage le rassura en lui disant que c'était normal puisqu'il venait de passer neuf jours dans un état léthargique. Il manipula ensuite quasiment toutes les parties du corps de Théo, à savoir son cou, ses doigts, ses poignets, ses coudes, ses épaules, son dos, ses genoux, ses chevilles, ses orteils... Tout ce qui était susceptible de bouger ou de se plier fut passé au peigne fin afin de voir si tout allait bien. C'était notamment important pour les doigts et des orteils qui étaient plus à même de s'ankyloser. Heureusement, tous les tests furent satisfaisants.
- Très bien, votre motricité est parfaite. Vous allez cependant devoir attendre un peu avant de vous lever. Vous ferez des exercices de kinémagie pendant deux ou trois jours pour assouplir vos bras et vos jambes et pour leur faire reprendre du muscle. Sans cela, quand vous voudrez vous lever, vous allez vous retrouver par terre car vos jambes ne pourront pas vous porter. Vos muscles sont à la fois trop faibles et trop raides. Mais ça aussi, c'est normal. Vous allez donc rester au moins une semaine à l'infirmerie, le temps de vous remettre à tous les niveaux. Vous aurez des potions à prendre mais ça, vous vous en doutez sûrement. De plus, vous devez vous réhabituer à manger. Vous ne l'avez pas fait pendant neuf jours, vous étiez nourri autrement et il faut donc que vous mangiez de nouveau de vous-même. Tout cela se fera durant le reste de votre séjour. Est-ce que tout est bien clair ?
- Oui. Et... pour les cours ?
- Vous ne perdez pas de temps, constata le professeur Snape. Cela ne devrait même plus m'étonner. Vous allez d'abord vous reposer un ou deux jours puis vous pourrez rattraper les cours. Vos amis les ont recopiés pour vous, vous aurez juste à les lire.
- Ils sont adorables. Les vacances sont bien la semaine prochaine ?
- En effet.
- Je vais devoir attendre la rentrée pour retourner en cours, alors... Mais je vais manquer les BUSE blancs !
- Vous les rattraperez pendant les vacances. J'imagine que cela ne vous posera pas de problèmes ?
Théo rougit.
- Non, tant que je peux passer les examens que je vais rater... Mais j'ai aussi des devoirs à rendre !
- Chaque chose en son temps, apaisa le professeur Snape. Pour l'instant, vous devez vous reposer. Je ne vous fais pas manger étant donné que vous avez reçu vos apports nutritionnels il y a une heure. Nous verrons cela demain matin. Je vais vous laisser. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, Mme Pomfrey s'occupera de vous.
- D'accord.
Le professeur Snape souhaita un bon repos à Théo puis il s'en alla. Théo s'allongea, ferma les yeux et sombra très vite dans un sommeil bienfaiteur.
.
.
POV Severus
.
Ce fut les mâchoires serrées que Severus sortit de l'infirmerie. Il avait contenu sa colère pour s'occuper de Théo qui n'avait rien fait de mal mais maintenant qu'il allait voir Harry, il n'était pas sûr de pouvoir se retenir bien longtemps. Il était vraiment furieux. Il n'arrivait pas à croire que Harry ait pu faire une chose pareille. C'était de l'inconscience pure et simple. Jamais il n'aurait dû faire ça. Il avait de la chance que ça se soit bien passé. Sinon... Severus n'osait même pas l'imaginer. Toujours était-il qu'il était très en colère. Ce fut donc un regard dur qu'il posa sur Harry qui l'attendait derrière la porte de l'infirmerie, comme il le lui avait demandé.
- Suivez-moi, intima-t-il d'une voix froide.
Harry obéit, l'air perdu et inquiet. Severus l'entraîna jusqu'à son bureau. Il lui ordonna de s'asseoir et s'installa en face de lui.
- Pouvez-vous me dire ce qui vous a pris ?! demanda-t-il d'emblée.
- Je ne vois pas de quoi vous voulez parler, dit calmement Harry.
- Ne faites pas l'innocent ! Vous savez très bien ce à quoi je fais allusion !
- Non, justement ! Je ne comprends pas ce que vous me reprochez !
- C'est encore pire que ce que je croyais, alors ! Soit vous vous êtes lancé là-dedans sans savoir ce que vous faisiez, soit vous étiez parfaitement conscient des risques que vous preniez et vous vous en fichiez totalement ! Ce n'est pas parce que vous avez visiblement sauvé M. Nott que cela enlève à la gravité de vos actes !
- Mais je n'ai rien fait de mal ! s'énerva Harry.
- Baissez d'un ton ! siffla Severus.
- Non, j'ai le droit de me défendre ! Surtout quand vous m'accusez à tort !
- Cessez de nier ! Vous n'allez quand-même pas me dire que c'est par l'opération du Saint-Esprit que votre magie s'est retrouvée dans les veines de M. Nott ! Je vous ai vu, vous aviez vos doigts autour de son poignet ! Et c'est exactement comme ça qu'on procède à un transfert magique ! Sauf que ce n'est pas quelque chose qu'un adolescent de quinze ans est autorisé à faire sans être accompagné par un adulte ! C'est un acte sérieux, vous n'aviez pas le droit de décider de faire ça tout seul ! Ça aurait pu très mal se passer ! Vous avez eu une chance inouïe que ça n'ait pas été le cas ! Mais ça n'excuse rien pour autant ! C'est grave, ce que vous avez fait ! Vous auriez pu mettre M. Nott en danger et vous aussi par la même occasion ! Ce n'est pas parce que le transfert entre votre parrain et votre directeur de maison a été un succès alors que ça avait une chance sur deux de très mal finir que ça allait forcément être pareil pour M. Nott et vous ! Surtout que ce n'était pas du tout le même genre de transfert ! S'ils vous en ont parlé, ce n'était pas pour que vous ayez l'idée de faire comme eux ! Je pensais que vous aviez plus de jugeote que cela ! Et que vous étiez plus mature et plus responsable !
Severus se tut, légèrement essoufflé. Il n'avait plus l'habitude de s'emporter ainsi. Harry le regardait, surpris et choqué.
- Sirius et Remus ont fait un transfert qui aurait pu mal se passer ? répéta-t-il lentement.
Severus se sentit soudain mal à l'aise en comprenant que Harry n'était pas au courant. Il ne pouvait pas aussi bien jouer la comédie. Il avait pâli et il avait l'air trop choqué pour ça.
- Oui mais ils n'avaient pas le choix et là n'est pas la question, répliqua Severus d'une voix ferme. Je pensais que c'était par leur biais que vous aviez eu connaissance de l'existence des transferts mais je me suis apparemment trompé. Comment avez-vous donc appris qu'il était possible de procéder à un transfert magique pour sauver quelqu'un ?
- Je n'en savais rien du tout, répondit Harry.
- Cessez de me prendre pour un idiot ! Vous avez effectué un transfert magique, vous étiez obligé de savoir comment il fallait s'y prendre !
- Mais non, pas du tout ! Je n'en avais jamais entendu parler avant ! Je ne savais pas que ce genre de choses existaient !
- Arrêtez de mentir ! Je veux la vérité !
- MAIS JE N'ARRÊTE PAS DE VOUS LA DIRE ! PERSONNE NE M'A JAMAIS PARLÉ DE ÇA ET JE N'AI MÊME PAS EU CONSCIENCE D'AVOIR FAIT UN TRANSFERT AVEC THÉO ! JE N'AURAIS JAMAIS FAIT UNE CHOSE PAREILLE EN SACHANT QUE C'ÉTAIT RISQUÉ ! IL EST L'UNE DES PERSONNES AUXQUELLES JE TIENS LE PLUS, JE NE SUPPORTERAIS PAS DE LE PERDRE, ALORS JAMAIS JE NE L'AURAIS MIS EN DANGER ! CROYEZ-MOI AU MOINS UNE FOIS DANS VOTRE VIE AU LIEU DE M'ACCUSER TOUT DE SUITE DE MENTIR !
Ces mots transpercèrent Severus comme l'auraient fait une centaine de flèches. Des flashs vinrent envahir sa mémoire. Il revit toutes les fois en début d'année où il avait refusé de croire Harry.
.
Vendredi 08/09
- Pouvez-vous m'expliquer ceci, M. Potter ?
- Quoi donc, professeur ? demanda Potter.
- Ne me prenez pas pour un idiot. Comment cela se fait-il que votre potion ait la bonne couleur ?
- Je ne voudrais pas m'avancer, mais je dirais peut-être... parce que je l'ai réussie ?
- C'est impossible. En quatre ans, vous n'avez jamais réussi une quelconque potion. Du moins, vous n'avez jamais obtenu un résultat qui vaille un Optimal. Alors dites-moi comment vous vous y êtes pris.
- J'ai utilisé mon cerveau, comme tout le monde, répliqua Potter.
- Ne vous moquez pas de moi ! J'exige la vérité, M. Potter !
- Mais je viens de vous la dire !
- Vous êtes vraiment en train d'essayer de me faire croire que vous êtes soudain devenu un génie des potions ? Alors que vous avez toujours été l'un des pires élèves de votre promotion jusqu'à présent ? Vous n'êtes absolument pas crédible, alors arrêtez de mentir et dites-moi la vérité ! Qui vous a aidé ?
- Personne.
- Alors qui vous a donné un échantillon de sa potion ?
- Personne. Cet échantillon est à moi et je l'ai fait tout seul !
- Bien, puisque vous ne semblez pas décidé à me dire la vérité, vous avez gagné une retenue ce soir ici-même à vingt heures. Vu que vous serez seul, vous allez rater votre potion et j'aurai la preuve que vous avez triché durant ce cours, même si je ne saurai pas qui vous a aidé. Sortez, maintenant. J'ai une classe qui attend.
.
Vendredi 29/09
- M. POTTER SORTEZ IMMÉDIATEMENT DE VOTRE CACHETTE !
Potter obéit à contrecoeur.
- Vous ne pouvez donc pas vous en empêcher ! Tout Poudlard parle déjà de vous mais vous devez quand-même vous faire repérer en plein cours ! Qu'avez-vous mis dans votre chaudron pour qu'il explose ?!
- Rien du tout ! répondit Potter avec véhémence. Quelqu'un a lancé une pierre dans mon chaudron et ce quelqu'un c'est la même personne qui a envoyé un de ses camarades à l'infirmerie !
- Je vous conseille de baisser d'un ton, M. Potter ! Avez-vous une preuve de ce que vous avancez ?
- Non, admit Potter du bout des lèvres. Mais je l'ai vu !
- Je crains que cette excuse ne soit pas suffisante, dit Severus d'une voix doucereuse. Dégradation de matériel et trouble pendant le cours. Voilà qui vous vaudra une soirée de retenue, M. Potter.
.
Samedi 28/10
- Merci d'être venu, Severus, dit poliment Lupin.
- Je n'ai pas que ça à faire alors passons au vif du sujet.
- Asseyons-nous tous d'abord, alors.
Severus s'installa avec réticence sur une chaise.
- Que vouliez-vous me dire ? s'enquit-il sèchement.
Lupin échangea un regard avec Black avant qu'il ne prenne la parole :
- Sirius et moi avons eu connaissance de ce qui se passe avec Harry depuis le début de l'année. Nous savons que tu lui as donné plusieurs retenues injustifiées, que tu l'as accusé plusieurs fois d'avoir triché alors que tu n'avais pas de preuves et que tu t'acharnes sur lui en cours. Je tiens à préciser que ce n'est pas Harry qui nous l'a dit en premier, mais certains de ses camarades. Et pas forcément ceux que tu crois. Nous ne donnerons pas de noms car nous ne voulons pas que tu t'acharnes sur eux à leur tour. Est-ce que tu reconnais tout cela ?
- J'ai donné plusieurs retenues à Potter, oui, mais de façon totalement justifiée.
- Ah oui ? Tu trouves ça justifié, toi, de donner une retenue à un élève simplement parce qu'il a réussi sa potion ? lâcha Lupin, visiblement indigné.
- Potter ne se serait pas retrouvé en retenue s'il n'avait pas triché, répliqua Severus.
- Qui te dit qu'il a triché ? As-tu des preuves pour affirmer cela ?
- Je n'ai pas de preuves concrètes, non, mais je n'en ai pas besoin pour savoir qu'il n'a pas réussi ces potions de lui-même.
- Pourquoi cela ? riposta Black.
Severus eut un sourire mauvais.
- Ça se voit que tu as raté les quatre premières années de ton filleul à Poudlard, dit-il d'une voix doucereuse. Un vrai parent ne me poserait pas cette question. Un vrai parent saurait que Potter a toujours été d'une nullité affligeante en potions.
- Retire tout de suite ce que tu viens de dire, siffla Black. Si Harry a eu de mauvaises notes dans ta matière durant quatre ans, c'est parce que tu as tout fait pour le dégoûter des potions ! Tu n'arrêtes pas de le comparer à son père alors que Harry n'a rien à voir avec James ! Il m'a fallu un an pour le comprendre, toi tu en as eu quatre et tu es toujours incapable de t'en rendre compte ! Harry n'est pas l'élève que James a été ! Harry ne s'amuse pas à lancer des sorts aux Serpentard avec ses amis comme James et moi avons pu le faire ! Il a même réussi à sympathiser avec son binôme alors que ça faisait quatre ans qu'ils se haïssaient ! C'est même lui qui a fait des efforts en premier ! Si Harry te répondait en cours, c'est parce que tu le cherchais et que tu le poussais à bout ! On ne récolte que ce que l'on sème, Servilus !
Un long silence suivit les paroles de Black. Severus était choqué mais il reprit vite contenance :
- Cela ne m'explique pas pourquoi Potter serait soudain devenu un génie en potions, ironisa-t-il. L'année dernière il me rendait des échantillons qui valaient un Piètre ou un Désolant et à la rentrée, ses potions valaient soudain un Effort Exceptionnel ou un Optimal. Excuse-moi de me poser des questions !
- Nous avons déjà eu cette discussion, Severus, répondit Lupin. Nous t'avons dit que Harry s'était entraîné durant l'été.
- Je n'étais pas là pour le voir.
- Alors crois-nous sur parole, bon sang ! s'énerva Black. Je veux bien que tu doutes de moi parce que je suis le parrain de Harry mais là c'est Remus qui te le dit, et tu sais très bien que Remus est quelqu'un d'impartial ! Il ne te dirait jamais que Harry s'est entraîné durant une partie de l'été si ce n'était pas vrai ! Il ne fait preuve d'aucun favoritisme envers Harry, tu peux demander confirmation auprès de tous ses camarades ! Je sais que cela peut te sembler bizarre que Harry ait pris goût à ta matière pendant les vacances mais il a souhaité s'améliorer dans l'espoir d'avoir enfin une année tranquille ! Il pensait naïvement que tu arrêterais de t'en prendre à lui en cours s'il devenait bon, sauf que c'est tout le contraire qui s'est produit puisque tu refuses de voir qu'il est réellement devenu bon ! Il a tenu bon pendant un mois face à tes injustices mais à un moment il en a eu assez de voir que ses efforts n'avaient servi à rien et il a décidé de redevenir nul pour que tu cesses de l'accuser de tricher et pour que tu le laisses tranquille une bonne fois pour toutes !
.
Tous ces flashs passèrent en mode accéléré dans la mémoire de Severus. C'était il y a six ou sept mois, il pensait que ce temps était révolu mais il s'était visiblement trompé. Il n'apprenait donc jamais de ses erreurs. Le principal reproche que Harry lui avait fait au début de l'année, c'était de ne jamais le croire, de ne jamais lui accorder le bénéfice du doute, de toujours l'accuser de mentir... Et là que tout s'était calmé entre eux et qu'ils se faisaient mutuellement confiance, Severus répétait la même erreur... Il refusait de croire Harry sans lui laisser une chance de s'expliquer... Il remettait sa parole en cause alors qu'il avait cru sans hésiter chaque mot que Harry lui avait dit durant les trois mois de thérapie qui venaient de passer... Comment Harry pouvait-il continuer à lui faire confiance si Severus lui retirait la sienne à la moindre occasion ? Pourquoi était-il donc aussi bête ? Pourquoi fallait-il toujours qu'il blesse Harry ? C'était bien l'une des dernières choses qu'il souhaitait faire. Et c'était pourtant ce qu'il venait de faire. Il le voyait dans les yeux brillants de larmes de Harry. Après s'être énervé, il avait repris son souffle tandis que Severus se faisait submerger par ses souvenirs. À présent, ils se regardaient sans savoir quoi dire. Ce fut cependant Harry qui réagit le premier :
- Je suis désolé pour ce qui s'est passé avec Théo. Je n'ai jamais voulu faire ce transfert avec lui. Je ne sais pas comment il a pu avoir lieu mais je n'y suis pour rien. Maintenant, que vous me croyez ou pas, je m'en fiche. Je suis juste déçu de réaliser que vous n'avez pas changé. Je pensais avoir trouvé quelqu'un de confiance, à qui je pouvais parler sans avoir peur de ne pas être cru. Mais vous n'êtes pas mieux que la psychomage à qui j'ai eu à faire durant l'été. Sauf que vous, vous me faites croire que vous avez confiance en moi pour mieux me planter un couteau dans le dos ensuite. Ce n'est pas mieux. Ça ne sert donc plus à rien que je vienne aux séances de thérapie. Je ne veux plus rien avoir à faire avec vous. Je vous demande juste de ne pas vous remettre à vous acharner sur moi en cours et de laisser mon couple tranquille. Je ne veux pas que Draco pâtisse de nos tensions. Il n'a rien fait. Sur, ce, au revoir.
Harry se leva et se dirigea vers la porte. Severus le regarda faire, impuissant. Non, il ne pouvait pas le laisser partir. Il devait le retenir. Il fallait qu'il s'excuse, qu'il le raisonne, qu'il le convainque de ne pas abandonner la thérapie... Il en avait encore besoin. Et Severus s'était trop attaché à Harry pour supporter de le voir lui tourner le dos. Il devait à tout prix l'empêcher de s'en aller. Et il devait faire vite car Harry était sur le point d'ouvrir la porte. Il ne réfléchit donc pas et fit la première chose qui lui vint à l'esprit :
- Non, Harry, attendez !
Harry se figea avant de se retourner lentement.
- Revenez, s'il vous plaît, dit doucement Severus.
Harry sembla hésiter. Il ne savait visiblement pas s'il devait partir ou s'il devait répondre à l'appel de Severus. Il était tout près de la porte mais dos à celle-ci.
- Je vous crois, annonça Severus. Je ne douterai plus jamais de vous, je vous le promets. Je ne vous dis pas ça uniquement pour que vous restiez. Je suis sincère. J'ai compris mon erreur, je la regrette et je ne la referai plus. S'il vous plaît, revenez et nous discuterons calmement. Je vous laisserai vous expliquer et nous essaierons ensemble de comprendre ce qui s'est passé.
Ces mots suffirent à convaincre Harry. Il s'avança et se rassit sur sa chaise. Severus soupira malgré lui et se prit la tête entre les mains. Il se sentait craquer et devait absolument se reprendre. Mais ça commençait à faire trop. Il accumulait tout depuis plusieurs mois, entre Harry, Draco, Théo, Sirius, Remus, Miss Chang, Miss Johnson... Ses nerfs étaient mis à rude épreuve et il était fatigué. En trois mois, il avait failli perdre Draco, Théo et Harry. Sans compter Sirius qui était devenu son patient à distance. Il n'aurait vraiment pas supporté de redevenir en froid avec Harry. Pas après tout ce qu'ils avaient traversé depuis le début de la thérapie. Et puis Théo qui se réveillait de son choc comme ça, sans que personne ne sache comment... Non, c'était trop. Il crispa ses poings autour de ses cheveux pour ne pas se laisser aller.
- Professeur ?
Severus releva brusquement la tête. Il croisa le regard inquiet de Harry.
- Je suis désolé, je ne pensais pas ce que j'ai dit à l'instant... Je ne voulais pas vous faire de la peine... Enfin si, je le voulais sur le moment mais plus maintenant... Je regrette ce que j'ai dit. J'ai été blessé par le fait que vous ne vouliez pas me croire mais avec le recul, je me dis que vous aviez peut-être vos raisons... Si j'étais à votre place, j'aurais sûrement réagi de la même façon... Je ne connais rien à ces histoires de transfert, mais ça doit être compliqué à croire que quelqu'un ait pu en faire un sans s'être renseigné avant... Ce n'est pas étonnant que vous ayez refusé de me croire. Ça doit vraiment paraître invraisemblable...
Les mots de Harry laissèrent Severus sans voix. Dix minutes auparavant, Harry lui hurlait dessus et lui disait qu'il ne voulait plus jamais lui parler et là, il s'excusait, penaud, il se mettait à sa place, il le comprenait et il analysait plus que bien la situation... Severus s'en voulut encore plus d'avoir eu un comportement aussi odieux envers lui. Harry était beaucoup plus mature et responsable qu'il l'avait cru un bref instant. Il ne méritait pas la gentillesse de Harry.
- Vous n'avez pas à vous excuser, dit-il d'un ton las. J'aurais dû rester calme et envisager le fait que vous puissiez dire la vérité.
- Mais ce n'est peut-être pas possible, normalement, de faire un transfert magique sans le savoir...
- Oui mais vous n'êtes pas quelqu'un de normal, Harry. Je suis désolé de vous dire ça, j'aurais aimé ne pas avoir à le faire, car je sais que vous souhaitez ardemment être un adolescent normal mais il faut se rendre à l'évidence. Vous n'êtes pas comme les autres. Et j'aurais dû en tenir compte. J'aurais dû m'en souvenir. Je vous crois maintenant pleinement quand vous dites que vous avez procédé à ce transfert sans le savoir. Si Remus et Sirius ne vous en ont pas parlé, vous pouviez difficilement en avoir connaissance autrement... À part en faisant des recherches mais je doute fortement que vous soyez tombé dessus par hasard puisque c'était la première fois que vous en entendiez parler quand j'ai évoqué ce concept...
- En effet. Vous m'avez appris l'existence de ce genre de transferts. Mais du coup, comment ai-je pu en faire un avec Théo si je ne savais pas que ça existait ?
- C'est exactement ce que je me demande. Vous aviez déjà vos doigts sur le poignet de Théo quand je suis arrivé. J'ai aussitôt senti une puissante présence magique et j'ai très vite compris ce qui était en train de se produire. Mais je ne pouvais rien faire pour stopper le processus. Et même si j'avais pu, je ne l'aurais pas fait. Ça aurait été beaucoup trop dangereux. J'ai attendu que ça se dissipe pour intervenir. Le transfert était fait mais si Théo avait rejeté votre magie, vous auriez pu être gravement blessé. Normalement, quand c'est fait de façon réfléchie, en toute connaissance de cause et par une personne qui sait ce qu'elle fait, c'est sans aucun danger. Mais uniquement quand le transfert a lieu dans les veines. Heureusement, c'est à travers le poignet de Théo que le transfert s'est effectué. Si ça avait été sur son coeur que vous auriez posé vos doigts, je n'ose même pas imaginer ce qui aurait pu se passer.
- C'était ma tête, au début, qui occupait cette place. Je ne sais pas pourquoi mais j'ai ensuite voulu la décaler vers le creux de son cou. Quant à mes doigts... j'ai simplement eu envie de tenir son poignet. J'ai hésité, parce que ce n'est pas rien, comme geste. Je lui tenais à moitié la main. Mais j'étais loin de m'imaginer que ça allait avoir cet effet-là...
- Vous n'avez vraiment rien senti ? Pas même un peu de chaleur ou de légers picotements ?
- Non, lâcha Harry, dépité. J'aurais dû ?
- Normalement, oui. Mais j'en viens à me demander si ce n'est pas un type de transfert inconnu que vous avez effectué.
- Genre, un transfert... instinctif ?
Cette suggestion surprit Severus.
- Tout à fait, murmura-t-il, songeur. Je n'y avais pas pensé. Cela expliquerait pourquoi vous n'avez pas eu besoin d'apprendre comment il fallait procéder. Mais ça m'étonnerait que ce type de transfert existe. Je suis spécialisé dans les troubles, maladies et autres cas rares en médicomagie, j'ai fait de nombreuses recherches et je ne suis jamais tombé sur un témoignage évoquant un transfert de type instinctif.
- Mais si ce n'est pas ça, c'est forcément quelque chose que vous n'aviez jamais rencontré avant, fit remarquer Harry. Quelque chose qui n'est pas connu de la magimédicomagie. Et dans ce cas on peut chercher longtemps comme ça, on peut faire mille et une hypothèses sans pouvoir les valider vu que ça n'a jamais été vérifié avant... Ça restera un mystère, jusqu'à ce qu'un deuxième cas soit détecté.
- Il ne faut pas être aussi défaitiste, mais je comprends votre raisonnement. Je vais chercher de mon côté et je vous tiendrai au courant si j'ai des résultats probants. J'en informerai également Théo, bien entendu. Il est tout aussi concerné que vous. Avant de vous laisser partir, j'aimerais savoir comment vous vous sentez. Le transfert a peut-être eu des effets sur vous. Êtes-vous fatigué ?
- Non, pas du tout.
- Vous sentez-vous faible ?
- Non plus.
- Avez-vous la tête qui tourne ?
- Non.
- Avez-vous une sensation étrange, peu importe laquelle ?
- Non. Je me sens parfaitement bien.
- Rien à signaler, alors ?
- Pas à ma connaissance.
- Bon, c'est rassurant. Mais si vous commencez à vous sentir mal, si vous avez la moindre douleur, le moindre vertige, venez tout de suite me voir.
Severus grimaça en réalisant ce qu'il venait de dire.
- Enfin, vous faites comme vous voulez.
Harry soupira.
- Je vous ai dit que je ne pensais pas les mots que j'ai pu prononcer sous le coup de la colère. Je ne veux pas arrêter la thérapie. J'ai encore des choses à extérioriser et je ne peux le faire qu'avec vous. Je sais que vous ne m'accuserez plus de mentir, à l'avenir. Vous avez compris votre erreur et vous ne la reproduirez plus. Vous ne m'avez pas accusé parce que je suis Harry. Vous m'avez accusé parce que, dans les faits, c'était quasiment impossible que je puisse dire la vérité. Vous auriez réagi de la même façon avec n'importe qui d'autre. Vous vous en êtes juste pris à moi en tant que Harry sur la fin parce que vous étiez sous tension. Mais je ne vous en veux pas pour ça. Je crois avoir deviné que ce n'est pas facile pour vous en ce moment. Vous étiez inquiet au sujet de Théo, vous ne saviez pas quoi faire pour l'aider, vous aviez vos cours, vous aviez les séances de thérapie avec Cho, Angelina et moi... Ça doit être épuisant, à force. Mais si vous êtes d'accord, je veux bien que vous restiez mon psychomage et mon médicomage. J'essaierai de ne pas vous donner trop de travail, c'est promis.
Severus sourit.
- Je ne vous demande pas de me ménager, Harry. Je ne veux pas que vous vous empêchiez de venir me voir si vous avez besoin de moi. Au contraire, j'aimerais que vous puissiez compter sur moi à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit.
- Je retiens, affirma Harry. Merci beaucoup, professeur. Juste, avant de m'en aller... Quand pourrai-je voir Théo ?
- Après-demain, mais pas plus d'une heure. Il doit se reposer pendant deux ou trois jours, donc il ne faut pas que les visites durent trop longtemps.
- D'accord, je comprends. Si je viens en début d'après-midi, ça va ?
- C'est parfait, assura Severus.
- Bien, je viendrai vers quatorze heures, dans ce cas.
- Je vais éviter de le dire à Théo sinon il va vous attendre avec un peu trop d'impatience. Est-ce que vous avez autre chose à me dire ou à me demander ?
- Non, c'est bon.
- Vous pouvez y aller, alors.
Harry acquiesça, se leva et se dirigea de nouveau vers la porte. Au moment où il posait la main sur la poignée, il se retourna.
- J'aime bien la façon dont vous m'appelez. C'est plus naturel quand on se voit dans un cadre autre que scolaire. Vous me connaissez beaucoup trop maintenant pour me considérer uniquement comme un élève ou comme un patient. Sans compter que je suis le petit-ami de votre filleul. Il était temps, en fait. Bonne soirée, professeur.
Harry tourna les talons et s'en alla. Severus resta un moment sans bouger. Harry venait de lui donner implicitement l'autorisation de l'appeler par son prénom. Chose que Severus avait faite la première fois sans réfléchir, sur un coup de tête, et qu'il avait ensuite continué à faire consciemment et le plus naturellement du monde. Harry avait raison. C'était plus naturel ainsi. Le principal argument pour Severus, c'était Draco. Il sentait que Harry allait longtemps faire partie de la vie de son filleul, alors il devait tout faire pour que Harry se sente accepté. Il allait inévitablement intégrer un jour ou l'autre la famille que Severus et Draco formaient. Tout comme Draco allait intégrer la famille que Harry formait avec Sirius et Remus. Pour cela, il fallait que tout le monde se rapproche. Mais Severus ne se faisait pas de soucis. Ils étaient sur la bonne voie.
.
.
POV Harry
.
Après être sorti du bureau de son médicomage, Harry prit la direction des appartements de Sirius et de Remus. Une sérieuse discussion s'imposait. Il se sentait trahi. Comment avaient-ils pu procéder à un transfert magique qui aurait pu les tuer sans lui en avoir parlé ?! Avaient-ils seulement pensé à lui ?! Était-ce donc ça qui avait mis Sirius dans cet état ? Si oui, Harry comprenait mieux à présent pourquoi Remus ne voulait rien lui dire ! Il avait honte, tout simplement ! Il n'assumait pas son erreur ! Et il avait peur de la réaction de Harry ! Heureusement qu'il avait trouvé un moyen de sauver Sirius... Ils y réfléchiraient peut-être à deux fois la prochaine fois avant de faire un truc aussi dangereux ! Mais qu'est-ce qui leur avait pris, nom d'un troll ?! Ce fut donc particulièrement énervé que Harry arriva devant les appartements de son parrain et de son directeur de maison. Il était plus de vingt-et-une heures, il avait manqué le dîner mais il s'en fichait. Il avait besoin d'explications. Il tambourina à la porte et fut vite accueilli par un Remus affolé.
- Harry ? C'est toi ? Quelque chose ne va pas ?
- Je dois vous parler, à Sirius et à toi, lâcha Harry. Ou, plutôt, vous devez me parler.
Remus fronça les sourcils. Il ne semblait pas comprendre ce qui se passait mais il fit entrer Harry et l'emmena au salon. Sirius y était assis en train de corriger ses copies. Lorsqu'il leva les yeux, il parut étonné de voir Harry.
- Tiens, que fais-tu là ?
- J'aimerais que vous me disiez la vérité. Ça vous arrive souvent de faire des choses dangereuses qui peuvent vous tuer sans d'abord penser à m'en parler ?! Si j'étais redevenu orphelin, qu'est-ce qui se serait passé ? Je serais retourné chez les Dursley ? Super, vous en avez d'autres des preuves d'amour comme ça à me donner ? Vous ne vous êtes pas dit que je méritais d'être informé avant que vous ne fassiez quoi que ce soit ? Vous ne vous êtes pas dit que vous étiez la seule famille qui me restait et que j'avais besoin de vous ? Vous ne vous êtes pas dit que je vous aimais, tout simplement, et que je n'avais peut-être pas envie que vous fassiez une chose pareille ?
Harry avait les larmes aux yeux en finissant sa tirade. Sirius et Remus se regardèrent, l'air surpris. Ce fut Remus qui prit la parole :
- Tu es au courant pour le transfert ?
- Oui. Mais je ne sais rien à part que ça aurait pu très mal se passer. Je n'arrive pas à croire que vous ayez pu faire ça sans me prévenir... Vu l'état dans lequel ça a mis Sirius, j'espère que l'envie vous est passée de tester des trucs aussi dangereux !
- Non, Harry, attends, je crois que tu as mal compris, là, dit calmement Remus. On n'a rien testé du tout. Ce n'est pas le transfert qui a mis Sirius dans cet état. Il l'a au contraire sauvé. Et j'ai été obligé de recourir à ce moyen. Je n'ai pas eu le choix. Je n'ai même pas pu demander l'avis à Sirius. Je l'ai fait contre son gré. C'était ça ou... Il était vraiment sur le fil. Je ne pouvais pas t'en parler avant car Sirius était en plein déni. Nous étions en froid. Je devais attendre que tout soit réglé pour t'en parler. Mais il fallait trouver le bon moment à partir de là. Comme nous te l'avons dit, ce n'est pas un sujet dont on pouvait discuter entre deux cours. Il y a trop de choses à t'expliquer et avoir cette discussion impliquait de t'annoncer quelque chose qui pourrait beaucoup te déstabiliser. Nous comptions avoir cette conversation très bientôt mais elle va finalement avoir lieu maintenant. Assis-toi, s'il te plaît.
Harry obéit et s'installa en face de Sirius.
- Comme tu le sais, je suis un loup-garou, reprit Remus. Et j'aime les hommes. Autant dire que les loups-garous gay, ça ne court pas les rues. Les loups-garous ont, à un moment ou à un autre, envie de fonder une famille. Sauf que c'est assez difficile pour eux d'avoir de longues relations. Rares sont les personnes qui veulent bien faire leur vie avec un loup-garou. Ils doivent donc trouver quelqu'un en qui ils ont pleinement confiance pour avoir un enfant. Et il faut que la personne en question soit d'accord, évidemment. Il y a donc déjà des obstacles dans la conception d'un enfant pour n'importe quel loup-garou. Mais il y en a encore plus lorsque le loup-garou est gay. Il doit trouver un homme qui est du même bord. Et tout comme avec une femme, il faut qu'il se sente pleinement en confiance avec cet homme pour fonder une famille. C'est là que les choses se compliquent. Tous les hommes gay ne sont pas voués à accepter de porter un enfant. C'est pourquoi certains loups-garous gay ont un compagnon attitré quelque part dans le monde. Seuls ceux qui croient profondément en l'amour sont concernés. Ce qui est mon cas. Normalement, c'est quand l'envie d'avoir un enfant se fait sentir chez le loup-garou qu'il découvre son compagnon. C'est donc souvent quelqu'un qu'il connaît déjà, puisqu'il doit y avoir une relation de confiance. Pour ma part, j'ai toujours eu envie de devenir père. Seulement, trouver mon compagnon a été très compliqué pour moi. Jusqu'à peu, je ne savais même pas que j'en avais un. Je n'étais pas au courant de ces histoires de compagnons attitrés. Enfin, si, j'en avais déjà entendu parler, mais je croyais que ce n'étaient que des légendes. J'ai dû attendre trente-six ans pour savoir que j'étais lié à quelqu'un. Alors que ça faisait vingt-cinq ans que je connaissais mon compagnon. Mais je n'ai pas pu ressentir le lien avant car jusqu'à vingt-et-un ans, je n'étais pas prêt à avoir un enfant. À Poudlard, j'étais trop jeune et après les ASPIC, il a fallu s'engager dans la guerre contre Voldemort. Beaucoup de personnes ont fait le choix d'avoir un enfant très vite car nul ne savait de quoi était fait le lendemain mais moi, je ne voulais pas fonder une famille sans être sûr de pouvoir voir mon enfant grandir. Lorsque Voldemort a disparu, j'aurais pu vouloir assouvir mon désir de paternité mais je n'ai pas pu. Je n'ai jamais trouvé un homme que j'aimais suffisamment et en qui j'avais assez confiance pour faire un enfant. Parce que sans le savoir, j'avais un compagnon quelque part et il était hors de portée puisqu'il était à Azkaban. J'ai dû attendre treize ans après son emprisonnement pour le revoir.
Harry écarquilla les yeux. Il venait de comprendre qui était le compagnon de Remus. Mais ce n'était pas possible...
- Nous sommes dès lors restés en contact et huit mois plus tard, il m'a proposé de venir habiter avec lui afin qu'on rattrape le temps perdu et aussi pour que je quitte ma maison pourrie. Il m'a fallu un peu de temps mais j'ai fini par accepter. Nous avons vite retrouvé notre complicité d'antan et durant l'été, les premiers troubles sont apparus. Mais c'était très léger et nous les avons cachés l'un à l'autre. Le fait que tu étais là nous a sûrement aidés à faire comme si de rien n'était.
Remus fit une pause. Harry en profita pour essayer de se remettre de tout ce qu'il venait d'entendre. Il avait surtout retenu une information et pas des moindres. Comme Remus ne lui avait pas dévoilé clairement le nom de son compagnon, il décida de le faire lui-même :
- Vous êtes donc liés, Sirius et toi ? Mais... comment est-ce possible ? Sirius aime les femmes !
- Il était libre d'avoir n'importe quelle orientation sexuelle jusqu'à ce qu'il soit conscient d'être lié à quelqu'un. Tu dois savoir qu'on ne choisit pas d'être hétéro, gay, bi, asexuel, pansexuel ou que sais-je encore, même si on peut décider d'avoir toutes sortes d'expériences. Eh bien Sirius n'a pas choisi d'être hétéro et d'être lié à un homme. Mais nous avons commencé à être attirés l'un par l'autre avant d'avoir eu conscience du lien. On ne comprenait pas ce qui nous arrivait. On a d'abord nié ce qui se passait entre nous alors qu'on s'était embrassés plusieurs fois, puis on a cédé à nos envies. C'était au tout début de ta convalescence. On était perdus et déprimés et on ne voulait plus se prendre la tête au sujet de cette relation à laquelle on ne comprenait rien. On acceptait donc notre attirance mais on refusait d'admettre nos sentiments. Ça a duré un moment comme ça. Jusqu'à ce que je réalise qu'il y avait plus qu'une simple attirance. Dans le même temps, je sentais le loup en moi agir à ma place en présence de Sirius dans certaines situations. Il me poussait à faire des choses contre mon gré mais je réussissais heureusement à me contrôler. J'avais quand-même peur pour Sirius, surtout à l'approche de la pleine lune, et j'ai alors décidé de demander d'autres appartements où j'habiterais durant cette période. Pour cela, j'ai voulu aller parler à Dumbledore mais c'est avec Severus que j'ai finalement eu une discussion. C'est lui qui m'a ouvert les yeux, qui m'a annoncé que Sirius et moi étions liés et qui m'a tout expliqué sur cette histoire de compagnon attitré. Ça a été un choc, je ne m'attendais pas du tout à cela. Il a donc fallu que je mette Sirius au courant. Sauf que ce n'était pas quelque chose de facile à dire. Comment annoncer à son meilleur ami que nous sommes liés pour toujours ? J'ai fini par le lui dire quand l'occasion s'est présentée et il n'a pas voulu y croire. Il a rejeté le lien. On s'est disputés et il est parti en claquant la porte. Je n'ai jamais autant souffert qu'à ce moment-là. Le loup sentait que Sirius l'avait repoussé et il m'a fait hurler ma rage et mon désespoir. Moi je savais que ce lien était bien réel. Je le sentais au plus profond de moi. Mais il n'en était pas de même pour Sirius. Du moins, c'était ce que je pensais.
Remus se tut de nouveau, laissant la parole à Sirius.
- J'étais dans le déni complet. Je ne voulais pas de ce lien alors j'ai refusé d'y croire. J'ai préféré faire passer Remus pour un idiot qui gobait tout ce que Severus lui disait. Quand je suis parti, je suis allé boire un coup avec quelqu'un. J'assume ce que j'ai fait et je vais te dire la vérité pour que tu saches ce qui s'est passé de mon côté dans l'acceptation du lien. Et comme ça risque fort de se reproduire, il vaut mieux que tu sois au courant. C'est quelque chose que Remus et moi avons pleinement intégré et que tu dois accepter aussi. Si tu avais été un enfant, je ne t'en aurais pas parlé, mais tu n'en es plus un. J'ai donc trompé Remus en ayant une aventure avec cet homme avec qui j'ai fait la tournée des bars. Et Remus m'avait justement expliqué que les infidélités entre un loup-garou et son compagnon ne pouvaient survenir qu'après une forte dispute. Seulement, à ce moment-là, je ne voulais croire à rien de tout ça. Mais une fois la tromperie passée, j'ai soudain réalisé ce que je venais de faire et je me suis enfui. Je me suis réfugié dans mon bureau et j'ai commencé à me sentir mal en me rendant compte que j'avais trompé Remus. J'ai alors repensé à ce qu'il m'avait dit au sujet des infidélités. Ça m'a troublé. Mais je me suis dit que ce n'était qu'un hasard. J'ai essayé de m'en persuader mais je ne pouvais pas m'empêcher de me dire que c'était quand-même gros comme coïncidence. Je ne savais plus quoi penser, si bien que j'ai fait une crise d'angoisse. Ça faisait un moment que je n'en avais pas eu. D'habitude, j'arrivais à les faire passer assez vite. Mais là, j'ai eu beaucoup de mal à me calmer. Ça aurait dû me faire réfléchir. Mais je me suis endormi dès que la crise est passée. C'était le début du calvaire que j'ai subi et auquel tu as assisté. Je m'étais mis dans de sales draps en rejetant le lien. J'étais voué à souffrir tant que je refusais d'y croire. Je devais juste l'accepter pour aller mieux. Mais j'en étais incapable. J'avais des raisons de ne pas vouloir ce lien. Mais je ne voulais pas les partager avec Remus qui cherchait à tout prix à me faire changer d'avis sur ce maudit lien. Il était devenu un peu comme un ennemi pour moi. Nous avons eu une autre dispute mais cette fois, je n'ai pas trompé Remus alors que je lui avais fait comprendre que j'allais le faire. Je suis rentré le lendemain matin et on s'est réconciliés. Mais je refusais toujours le lien. Et mon état en pâtissait de plus en plus.
Sirius conclut sa tirade sur ces mots. Remus prit le relais :
- Je voyais Sirius dépérir de jour en jour et je ne savais pas quoi faire pour l'aider. Tu t'en étais aussi aperçu, tu étais venu me voir et j'avais réussi cette fois à te rassurer en te disant que j'allais en parler à Severus. C'est ce que j'ai fini par faire. J'étais vraiment désespéré, Sirius n'allait pas bien du tout et j'avais peur pour lui. Je me suis donc tourné vers Severus. C'est là qu'il m'a parlé du transfert. Il m'a présenté ça comme un moyen de dernier recours. J'avais déjà entendu parler des transferts normaux mais là, il s'agissait d'un autre type de transfert. Un transfert beaucoup plus dangereux. Dans le cas d'un transfert normal, on insuffle de la magie dans la veine de la personne. Là, c'était dans le coeur de Sirius que j'allais devoir injecter ma magie. C'était bien plus délicat et bien plus risqué. Il y avait une chance sur deux pour que ça se passe bien. Si Sirius acceptait ma magie, il serait sauvé et cela le pousserait à accepter également le lien. Si, en revanche, il rejetait ma magie, il me repousserait avec une puissante onde magique qui me propulserait violemment en arrière. J'allais inévitablement me fracasser contre un mur. J'avais très peu de chances de m'en sortir et c'était ça qui rendait ce type de transfert aussi dangereux. Sirius, lui, ne risquait rien à ce moment-là. Mais si ça ratait, il ne serait pas guéri et il n'y aurait plus aucun espoir pour lui. Je n'avais donc pas le choix. Il n'y avait que ce moyen pour le sauver. Je devais le faire. Et je l'ai fait. Severus m'avait dit que je le sentirais quand ce serait le moment. Et c'était vrai. En rentrant des cours, j'ai découvert Sirius plus mal que jamais sur le canapé. J'ai su à cet instant précis que l'heure du transfert était arrivée. L'état de Sirius avait au moins un avantage, c'était qu'il ne pouvait rien faire pour m'empêcher de procéder au transfert, à part me rejeter s'il refusait ma magie. Je me suis senti coupable d'en profiter mais je ne pouvais pas faire autrement. Il n'y avait pas d'autre solution. J'ai donc fait le transfert, Sirius m'a repoussé à un moment mais c'était avant que ma magie pénètre en lui. J'ai juste dû recommencer le processus. Pas depuis le début, heureusement. Cette fois, il m'a laissé faire et quand ma magie a atteint son coeur, il ne m'a pas rejeté. Il a accepté le transfert. Une fois celui-ci réalisé, Sirius s'est évanoui. Enfin, c'était ce que je pensais. J'ai appelé Severus à la rescousse, il a examiné Sirius et après avoir joué avec mes nerfs, il m'a annoncé que Sirius s'était simplement endormi et qu'il allait bien. Il était officiellement sauvé et Severus a prescrit au moins quatre jours de repos. Mais comme tu le sais, Sirius a eu besoin de plus de temps que cela pour se remettre. Voilà, tu connais maintenant toute l'histoire. On a juste passé certaines choses sous silence pour le confort de chacun d'entre nous.
Harry rougit en saisissant très bien ce que voulait dire Remus par-là. Il trouvait qu'il avait déjà eu un peu trop de détails à son goût mais cela avait été nécessaire pour qu'il comprenne bien tout. Outre sa gêne, il était sous le choc de tout ce qu'il venait d'apprendre. Il comprenait mieux pourquoi Remus et Sirius avaient voulu attendre le bon moment pour lui parler. Il y avait effectivement beaucoup de choses à dire et à expliquer. Et puis, surtout, ils venaient de lui avouer qu'ils étaient unis par un lien et qu'ils étaient en couple... Enfin, c'était ce qu'il imaginait. N'étant pas vraiment sûr, il préféra poser la question :
- Mais du coup... vous êtes ensemble ? demanda-t-il d'une voix timide et hésitante.
- Oui. C'est tout récent, nous ne sommes donc pas encore totalement à l'aise mais nous sommes bien en couple, confirma Sirius. Nous espérons que ça ne te choque pas trop...
- Je ne sais pas si je suis choqué, dit honnêtement Harry. Je... ça fait bizarre. Je ne m'attendais pas du tout à tout ça. Pour moi, vous êtes amis. L'un est mon parrain, l'autre est le meilleur ami de mon parrain et mon directeur de maison. Ils vivent ensemble et s'occupent tous deux de moi à part égale. C'est comme ça que je vous vois. Comme deux amis d'enfance qui m'élèvent ensemble. Savoir que vous n'êtes plus seulement amis mais en couple, ça fait vraiment bizarre. Je crois que je vais avoir besoin d'un peu de temps pour m'y faire. Mais je tiens à ce que vous sachiez que ça ne me dérange pas et que j'accepte à cent pour cent votre couple. Si vous êtes heureux ensemble, alors tant mieux. C'est le plus important.
- Nos relations se sont complètement apaisées depuis que j'ai accepté le lien, révéla Sirius. Avant, il y avait des tensions et on n'assumait pas nos sentiments. Aujourd'hui, tout n'est que complicité, rires et douceur. Il reste encore deux choses à faire mais ça viendra en temps voulu. On apprivoise petit à petit notre lien et nous aussi, on doit se faire à notre relation. Mais en ce qui te concerne, tout ça ne change pas grand-chose. Nous sommes toujours les mêmes personnes pour toi. Sauf que Remus est maintenant plus légitime à s'occuper de toi. Mais on discutera de cela un peu plus tard.
- Si Remus pouvait avoir ma garde au même titre que toi, ça me ferait extrêmement plaisir, déclara Harry. En fait, je crois que je commence déjà à aimer le fait que vous soyez ensemble. Au moins, à présent, nous sommes une vraie famille. Et ça, ça n'a pas de prix. Mais j'ai quand-même besoin d'un temps d'adaptation.
- Évidemment. Nous te laisserons tout le temps nécessaire. Est-ce que tu as des questions à ce sujet ou préfères-tu ne plus en parler pour aujourd'hui ? interrogea Remus.
- Il y a quelque chose qui m'inquiète, oui, avoua Harry.
- Nous t'écoutons, l'encouragea Remus.
- Je sais que vous n'y êtes pour rien et que vous n'y pouvez rien mais... j'ai cru comprendre que les relations entre professeurs étaient interdites. En soi, vous pouvez très bien cacher la vôtre mais si ça vient à se savoir...
Sirius et Remus échangèrent un regard.
- Nous n'y avons pas encore vraiment réfléchi, admit Sirius. Nous transgressions déjà le règlement avant de découvrir notre lien puisque nous entretenions une relation. Nous ne nous sommes jamais fait attraper, sauf par Severus qui s'est rapidement douté de quelque chose. Mais si vraiment notre relation arrive aux oreilles de Dumbledore, nous lui dirons la vérité. Comme tu l'as si bien dit, nous n'y pouvons rien si le loup de Remus m'a choisi comme son compagnon. Nous sommes soumis à ce lien. Nous n'avons rien décidé. Dumbledore ne peut donc pas considérer ça comme une faute grave et nous renvoyer et il peut encore moins nous faire du chantage en nous demandant de choisir entre notre couple ou notre poste...
- Et s'il le fait malgré tout ?
- Eh bien je pense que nous aurons le soutien de bon nombre de nos collègues, prévit Sirius. Si nous n'aurons pas réussi à convaincre Dumbledore, Severus saura mieux lui expliquer les choses. Mais je ne pense pas qu'il y ait des raisons de s'en faire.
Harry acquiesça, un peu rassuré.
- J'espère que tout se passera bien.
- Je te l'ai dit : les collègues ne laisseront pas Dumbledore nous renvoyer comme ça. Ils feront bloc s'il le faut.
- Je leur fais confiance, alors. J'ai une autre question, mais je ne sais pas si je peux la poser...
- Essaie, et nous verrons, dit gentiment Remus. Nous te cacherons le moins de choses possibles. Et je pense que tu dois savoir ce que tu peux nous demander ou non.
Harry hocha de nouveau la tête.
- Je voulais savoir pourquoi Sirius refusait le lien. Tu as évoqué des raisons que tu n'avais pas voulu partager avec Remus...
- Tu es vraiment attentif, admira Sirius. Je considérais ce lien comme une entrave à ma liberté. Cela ne faisait qu'un an que j'étais officiellement libre. Après douze années passées à Azkaban et un an et demi passé en cavale, je pouvais enfin mener ma vie comme je l'entendais. Je commençais à peine à en profiter et voilà qu'une histoire de lien me tombait dessus et me dictait avec qui je devais passer ma vie, me marier et avoir des enfants... Je ne voulais pas qu'on choisisse à ma place. Je voulais être libre de sortir avec la personne que je désirais. Et ce lien m'en empêchait. C'est tout ce que je voyais et c'est pour ça que je le rejetais. Je me sentais comme prisonnier de ce lien. Et c'est vrai, en quelque sorte. Mais il m'a uni pour toujours à la personne qui est faite pour moi et qui est la seule avec qui je peux être pleinement heureux. C'est ça qu'il faut voir. Ce lien agit pour le bonheur du loup-garou et de son compagnon. Je l'ai compris et j'ai accepté de renoncer à la partie de la liberté dont me prive le lien. Remus l'a accepté aussi mais lui, c'était déjà le cas depuis un moment. Tout va donc pour le mieux aujourd'hui. As-tu d'autres questions ?
- Oui, mais elles arrivent au compte-goutte, plaisanta Harry. Quand j'en pose une, je crois que c'est la dernière mais une autre me vient vite à l'esprit. Ça concerne mes amis. Est-ce qu'il y en a à qui je peux dire la vérité ?
- Oh... C'est une bonne question, ça. Je pense que tu peux le dire à ceux dont tu es le plus proche.
- C'est-à-dire Draco, Théo, Hermione, Ron et Ginny ?
- Ça me semble être une limite raisonnable.
- D'accord, je leur en parlerai si l'occasion se présente. Je crois que je n'ai pas d'autres questions.
- Bien, c'est à mon tour de t'en poser une, alors, indiqua Sirius. Ce sera la seule, normalement. Tu as débarqué ici en étant au courant pour le transfert. Mais comment en as-tu eu connaissance ?
- Ah... Ce serait un peu long à expliquer. Je vais essayer d'être bref. À la fin des cours, je suis allé à l'infirmerie pour voir Théo. Je lui ai parlé et à un moment, j'ai craqué, j'ai posé ma tête sur son torse et j'ai entouré son poignet de mes doigts. Je voulais simplement avoir un léger contact avec lui. Au bout de quelques minutes, je l'ai senti bouger ses doigts. Ça m'a surpris, j'ai relevé la tête et je l'ai vu tourner les yeux vers moi. J'étais choqué, je ne m'y attendais pas et je n'ai pas vraiment eu le temps de m'en remettre car le professeur Snape m'a soudain hurlé de m'éloigner de Théo. Il m'a donné cet ordre comme si j'étais en train d'agresser Théo avec ma baguette ou avec un couteau... J'ai trouvé ça complètement disproportionné mais j'ai quand-même obéi. Je n'avais pas très envie de parlementer avec le professeur Snape vu la façon dont il me parlait. Il m'a demandé de sortir et m'a dit qu'il allait s'occuper de moi après avoir examiné Théo. Ça n'inspirait pas du tout confiance. J'ai patienté près d'une heure avant que le professeur Snape ne sorte à son tour de l'infirmerie. Il m'a entraîné sans un mot jusqu'à son bureau. Je ne faisais pas le fier. J'ignorais ce que j'avais fait de mal mais je sentais bien qu'il était très en colère. À peine sommes-nous arrivés qu'il a commencé à m'invectiver. Je lui ai dit que je ne voyais pas de quoi il voulait parler, il m'a ordonné de cesser faire l'innocent, je lui ai dit que je ne comprenais pas ce qu'il me reprochait, il s'est entêté, je me suis énervé, il m'a remis à ma place et il m'a accusé d'avoir fait un transfert magique avec Théo. Il est parti dans un délire où il m'a fait tout un tas de reproches et où il m'a notamment dit que ce n'était pas parce que mon parrain et mon directeur de maison avaient fait un transfert magique qui s'était bien passé alors que ça avait une chance sur deux de mal se finir que ça allait forcément être pareil si j'essayais avec Théo. J'étais sous le choc car je n'étais évidemment pas au courant de cette histoire. Et c'est bien la seule chose qu'il a bien voulu croire sur le moment. Je devais avoir l'air vraiment trop choqué pour qu'il puisse m'accuser de faire semblant. Mais il continuait à croire que je connaissais l'existence des transferts alors que ce n'était pas le cas. Il avait compris que vous ne m'aviez rien dit et il a alors voulu savoir comment j'avais appris qu'on pouvait avoir recours à un transfert pour sauver quelqu'un. J'ai eu beau lui dire que je ne savais pas, il refusait de me croire. Il m'a dit d'arrêter de mentir, il a exigé la vérité, j'ai fini par m'énerver et je lui ai hurlé dessus en lui demandant de me croire pour une fois au lieu de m'accuser aussitôt de mentir. Ça a eu l'effet d'un électrochoc sur lui. Il s'est passé un long moment avant que je ne reprenne la parole. Je lui ai dit entre autres qu'il m'avait encore plus déçu que la soit-disant psychomage que j'avais vue pendant l'été et que ça ne servait à rien qu'on continue la thérapie s'il ne me faisait pas confiance. J'ai voulu m'en aller mais il a su me retenir. Je me suis rassis et j'ai vu qu'il était au bout du rouleau. Toute ma colère s'est envolée car j'ai compris que c'était la fatigue qui l'avait poussé à se montrer aussi blessant. On s'est expliqués, on s'est excusés et on a essayé de comprendre ce qui a bien pu se passer pour que j'aie pu procéder à un transfert sans le vouloir. J'ai pensé à une hypothèse qui tiendrait la route selon le professeur Snape mais il n'y a aucun moyen de savoir si c'est ça ou non. Donc on n'a pas vraiment avancé. Il a ensuite vérifié si j'allais bien en me posant plusieurs questions, j'ai dû le rassurer sur le fait que je ne pensais pas ce que j'avais dit et que je voulais continuer la thérapie et il m'a laissé partir. Voilà, je vous ai tout raconté alors qu'à la base, je devais être bref mais je pense que c'était important que vous sachiez tout cela. Je sais que j'ai pris des risques en vous disant tout à cause du comportement hostile qu'a eu le professeur Snape mais je ne veux pas que vous lui en vouliez. Il était vraiment à bout, il se serait conduit de la même manière avec n'importe quel autre élève. Tout va bien entre nous, il n'y a aucune rancœur. Ça nous a même été bénéfique après-coup.
- D'accord, nous ne lui en tiendrons pas rigueur, c'est promis, assura Sirius. Il faut quand-même que j'aille le voir mais pour deux autres raisons. Je dois lui dire que tu sais désormais tout et j'aimerais en savoir plus sur cette histoire de transfert avec Théo. Ça m'inquiète un peu que tu aies pu en faire un sans le vouloir.
Harry fut ému par l'initiative de Sirius. Il agissait comme un vrai parent et ça le touchait beaucoup. Mais il réalisa soudain qu'il devait être super tard.
- Attends, tu ne vas pas aller le voir tout de suite, j'espère ?!
Sirius avait dû oublier l'heure, lui aussi, car il grimaça.
- Je n'y avais pas pensé. Mais je suis sûr qu'il n'est pas couché et qu'il s'attend à recevoir ma visite ou celle de Remus. Il est... ah oui, quand-même. Presque minuit. Je vais y aller et je verrai bien. Vu que le couvre-feu est largement passé, il vaut mieux que tu restes dormir ici. On pourrait très bien te ramener à ta salle commune mais tu as une chambre ici, ce serait bête de ne pas en profiter. Surtout que tu y as laissé des affaires pour éviter d'avoir à faire ton sac si tu venais passer le week-end avec nous... Après, si tu préfères rejoindre ton dortoir, je peux t'y accompagner avant de me rendre chez Severus.
- Non, ça me ferait plaisir de passer la nuit ici, affirma Harry. Mais il y a juste un petit souci. Avec tout ça, je n'ai pas eu le temps de manger. J'aurais dû aller dîner en sortant de l'infirmerie mais il y a eu un léger imprévu... J'aurais très bien pu aller manger pendant que le professeur Snape s'occupait de Théo, vu le temps qu'il a mis, mais je devais l'attendre et je ne savais pas quand il allait sortir... Je voudrais donc manger avant d'aller me coucher.
- Mais il fallait le dire plus tôt ! s'exclama Sirius. Je vais te préparer à manger tout de suite.
- Non, laisse, je vais le faire, déclara Remus. Va voir Severus, tu ne réussiras pas à dormir tant que tu ne lui auras pas parlé. Je m'occupe de Harry.
- D'accord, merci. Tu es un amour.
Sirius serra brièvement la main de Remus, ébouriffa les cheveux de Harry et s'en alla.
- Quelle soirée, soupira Remus.
- Je suis désolé, je n'aurais pas dû débarquer comme ça à plus de vingt-et-une heures...
- Non, ne t'excuse pas, intima Remus d'un voix douce mais ferme. Tu as bien fait. Ça nous a permis d'avoir cette discussion que Sirius et moi n'arrêtions pas de repousser. Et nous sommes heureux de t'avoir avec nous cette nuit. C'était prévu que tu passes un week-end ici peu après que tu aies repris les cours mais avec tout ce qui s'est passé, ça n'a pas pu se faire. Là, on a une occasion, donc on va en profiter. Allez, je vais faire réchauffer le plat de ce soir.
Harry acquiesça et remercia Remus qui lui sourit avant de s'éclipser. Il revint quelques minutes plus tard avec une assiette de côtelettes d'agneau accompagnées d'une purée de patates douces. Harry se régala et mangea avec appétit. Il discuta un peu avec Remus qui lui raconta une anecdote sur Sirius qui avait trouvé un briquet dans un couloir du château, qui avait voulu apprendre à s'en servir et qui n'avait réussi qu'à mettre le feu à la nappe blanche mise le matin-même. L'histoire fit beaucoup rire Harry qui s'imaginait très bien la scène. Remus lui raconta ensuite une autre histoire qui passionna tout autant Harry mais il n'eut pas le loisir de l'écouter en entier car le sommeil le rattrapa. Il ne se sentit pas s'endormir mais lorsqu'il se réveilla brièvement dans la nuit, il était dans son lit sans avoir le souvenir de s'être couché. Il se dit vaguement que c'était bizarre mais il était trop épuisé pour se poser des questions et il retrouva bien vite les bras de Morphée.
.
.
Voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu =) De plus en plus étrange, ce lien entre Harry et Théo, hein ? XD Sur ce, je vous dis à dimanche pour le prochain chapitre qui s'intitulera «Stress et début d'examens blancs». Passez une bonne semaine, prenez soin de vous et bisous tout le monde !
