Bonjour à toutes et à tous ! On se retrouve aujourd'hui pour le cinquante-cinquième chapitre de SAMLP !

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Zackos : J'adore l'origine de cette expression x) Je ne suis pas allée aussi loin dans l'histoire du troisième allèle de Harry XD Il n'y a pas de «maman magie», mais c'est une théorie très intéressante ! Comme si la magie était une personne à part entière… Je ne pourrais pas écrire là-dessus mais des auteurs en feraient une bonne fic ! Pour le rendez-vous avec le généticomage, il n'y aura pas besoin d'attendre longtemps, rassure-toi ! Pour ce que j'ai prévu, ça a intérêt à ce que ça aille vite, sinon ça ne va pas le faire XD En effet, le choixpeau magique ne fait jamais rien par hasard XD J'ai déjà ressenti ça, oui, mais pas en sentiment amoureux, c'était surtout amical ou familial, et c'est tellement fort que tu souhaiterais presque ne pas connaître cette intensité, mais en même temps, tu ne peux pas regretter de connaître ce sentiment … C'est compliqué XD C'est comme ça que je vois les choses, en tout cas XD Je comprends mieux pourquoi tu aimes cette fic, ce n'était pas prévu à la base qu'il y en ait autant, mais c'est vrai qu'il y a énormément de psychologie, donc c'est normal que ça te touche :) C'est extrêmement dur, tout ce que tu as traversé, j'espère que ça va aller de mieux en mieux au fil du temps, même si, comme tu le dis, on n'en sort jamais totalement :/ Mais garder espoir et rester positif, c'est important pour aller mieux, même si c'est beaucoup plus difficile à dire qu'à faire :) Le kiné ça peut vraiment être d'une très grande aide, ça ne règle pas tout mais ça a son utilité ! Ravie que ça aille mieux, la motivation, c'est hyper important, ça commence par là, faut se lancer et ensuite, persévérer =) Et être entouré, tenir bon, ne pas flancher quand on est déçus par les résultats … Je vais m'arrêter là sinon je vais faire ma Severus (j'ai essayé de lui trouver un équivalent féminin mais je n'ai pas d'idées XD) Désolée pour la partie Quidditch, c'est du baratin de capitaine, s'il y a des lecteurs que ça perd, passez, ce sera réexpliqué plus tard XD Non, en effet, le chapitre est sur la période des examens blancs mais il y a plein de choses autour, ce n'est pas uniquement centré sur les examens :) Pour Lucius et Narcissa, il en est question dans les chapitres qui suivent =)

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Merci Zackos pour cette review et merci à tous ceux qui continuent à suivre cette histoire ! Je vous laisse avec ce nouveau chapitre et je vous souhaite une agréable lecture !

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55 – Fin d'examens blancs

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(mercredi 20/03) POV Blaise

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- J'espère que l'examen de botanique sera facile, soupira Pansy. J'ai besoin de remonter un peu mes notes. J'ai plutôt bien géré en métamorphose mais je n'ai pas trop réussi l'histoire de la magie et la Défense Contre les Forces du Mal.

- J'ai été très moyen dans ces trois matières, grimaça Blaise. Mais le plus dur est passé, je pense. Il reste les matières les plus faciles, à mon sens. Mais bon, tout est relatif. On ne passe que l'écrit, pour l'instant. Si on croit avoir raté la métamorphose et les potions, par exemple, on pourra essayer de se rattraper lors de la pratique. C'est ce que je compte faire pour la métamorphose.

- Et moi pour la Défense Contre les Forces du Mal, renchérit Pansy. Et toi, Draco ?

- Je n'ai pas l'impression d'avoir raté quoi que ce soit, pour le moment. Mais j'aimerais bien viser un Optimal en métamorphose, et je ne pense pas avoir suffisamment réussi la théorie pour ça, alors je vais tenter de faire mieux en pratique. Pareil pour la Défense Contre les Forces du Mal. Sauf que là, je vise plutôt un Effort Exceptionnel.

- Ne te mets pas trop la pression, conseilla Pansy. Ce n'est pas bon pour toi.

- Ne t'en fais pas, je reste raisonnable. Bon, on ferait mieux d'y aller.

Blaise et Pansy acquiescèrent et se levèrent. Ils quittèrent la Grande Salle, sortirent du château et se rendirent aux serres. Harry, Ron et Hermione étaient déjà là et discutaient ensemble. Blaise, Draco et Pansy restèrent à l'écart, les laissant passer un moment seuls entre eux. Tout comme eux, les trois Gryffondor avaient rarement l'occasion de se retrouver rien que tous les trois. Ils ne s'en plaignaient pas, et les trois Serpentard non plus, mais lorsqu'ils pouvaient être seuls, ils en profitaient.

Le professeur Chourave arriva très vite, mettant ainsi fin aux bavardages. Tout le monde s'installa et attendit la distribution des sujets. Une fois le sien en sa possession, Blaise le retourna et le lut. Il fut satisfait de voir qu'il portait sur une des plantes sur lesquelles il avait pris le plus de notes. Il écrivait généralement beaucoup en botanique puisque c'était une matière très importante pour lui mais cette plante l'avait beaucoup inspiré. Il fit d'abord son brouillon sur lequel il nota tout ce qui lui venait en tête. Il ne cherchait pas à organiser au début, préférant mettre tout en vrac le plus vite possible afin de ne rien oublier. Son brouillon fut très fourni, mais aussi très désordonné. C'était toujours comme ça. Mais il arrivait à s'y retrouver et c'était le principal. Il rédigea ensuite son devoir en essayant de le rendre le plus fluide possible. C'était sa plus grande difficulté mais il faisait de son mieux pour y remédier. Lorsqu'il relut sa copie après avoir écrit le dernier mot, il vit bien que ce n'était pas aussi harmonieux qu'il l'aurait souhaité mais cela ne l'empêcherait pas d'avoir une bonne note. Il terminait de relire quand le professeur Chourave annonça la fin de l'examen. Il fut l'un des derniers à mettre son devoir sur le bureau et à quitter la serre. Il rejoignit Draco et Pansy qui l'attendaient et il rentra au château avec eux. Ils montèrent au premier étage, ayant cours d'histoire de la magie. Ils entrèrent juste avant que la porte ne se referme. Blaise s'assit à côté de Kellah, son binôme de travail. Il sortit ses affaires et fut étonné de voir un bout de parchemin rouge au fond de son sac. Ce n'était pas à lui puisqu'il n'avait pas de parchemin de cette couleur. Intrigué, il prit le bout de papier et le déplia.

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«Tu ferais mieux de faire attention à ta copine, Zabini. Elle cède un peu trop vite aux avances qu'on lui fait.»

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Le mot n'était pas signé. Et Blaise ne reconnaissait pas l'écriture. Il n'avait aucune idée de la façon dont il avait pu atterrir dans son sac, ni de l'identité de la personne qui avait pu le lui envoyer. Mais ce qui était sûr, c'était que celui ou celle qui était derrière ce mot ne lui voulait clairement pas du bien. Tenter de lui faire croire que Ginny le trompait n'était clairement pas une bonne intention. Car, évidemment, il ne croyait pas du tout à ce message. Il avait confiance en Ginny et il savait qu'elle n'irait jamais voir ailleurs. Mais cela ne lui disait pas qui avait bien pu lui écrire ce mot. Était-ce quelqu'un qui voulait tester sa confiance envers Ginny ? Quelqu'un qui voulait les faire rompre ? Une fille amoureuse de lui ? Un garçon amoureux de Ginny ? Quelqu'un qui avait un grief envers l'un d'entre eux et qui se vengeait en essayant de faire exploser leur couple ? Un pari débile qui consistait à voir jusqu'à quel point leur relation était solide ? Il y avait trop d'hypothèses possibles et pas assez d'éléments. Blaise ne savait pas quoi en penser et cela le chiffonnait. Il ne se sentait pas en sécurité à l'idée qu'un élève en ait après Ginny ou lui sans qu'ils ne sachent qui c'était. Devait-il en parler à Ginny ? Il ne voulait pas l'inquiéter inutilement... Après tout, il s'en faisait peut-être pour rien. Ça pouvait juste être une mauvaise blague. Il avait envie d'en faire part à ses amis mais il craignait qu'ils aient tous une vision différente des choses et qu'il ne soit pas plus avancé après leur en avoir parlé. Merlin il ne savait pas quoi faire...

- Blaise, ça va ?

La voix de Kellah le sortit brusquement de sa rêverie. Il tourna la tête vers sa camarade et lui sourit.

- Oui, j'étais juste perdu dans mes pensées. J'ai raté quelque chose d'important ?

- Non, le professeur Manley nous rappelait juste où nous nous étions arrêtés lors du dernier cours. Mais il va bientôt passer au cours d'aujourd'hui.

- Oui, je vais me concentrer.

Blaise reporta son attention sur le cours et nota ce que le professeur Manley était en train de dire. Il parvint à rester focalisé sur le cours et oublia pendant trois quarts d'heure toutes les questions qu'il se posait. Mais elles revinrent en force quand le professeur Manley les libéra. Son esprit n'étant plus occupé, il se laissait de nouveau peupler par les questions qui l'avaient envahi au début du cours. Ce fut donc plongé dans ses pensées que Blaise quitta la salle d'histoire de la magie, si bien qu'il passa devant ses amis sans les voir. Il sursauta lorsqu'une main lui attrapa le bras. Il fit aussitôt volte-face et vit que c'était Pansy.

- Tu vas bien ? s'inquiéta-t-elle.

- Mais oui, s'agaça Blaise. Qu'est-ce que vous avez tous à me demander ça ?!

Pansy haussa les sourcils.

- Excuse-moi, je ne pouvais pas deviner que quelqu'un d'autre s'était préoccupé de tes états d'âme, lâcha-t-elle. Mais si nous sommes plusieurs à le faire, c'est qu'on estime que tu ne vas peut-être pas aussi bien que ce que tu veux bien nous faire croire. Mais on se fait sûrement des idées, hein.

Blaise s'en voulut d'avoir envoyé bouler sa meilleure amie.

- Pardon, je ne voulais pas t'agresser comme ça. J'ai des petits soucis mais je ne sais pas si ce serait judicieux que je vous en parle. Vous connaissant, vous allez tous me conseiller un truc différent... Et j'ai besoin de tout sauf ça.

- Tu peux toujours nous en parler mais sans tenir compte de ce qu'on te proposera.. Et puis qui sait, avec un peu de chance, on se mettra tous d'accord.

- C'est toujours beau d'espérer, plaisanta Blaise. Je vous en parlerai après les cours.

- D'accord. Bon, on ferait mieux d'aller manger.

Pansy héla Draco qui était en train de discuter avec Harry, Ron, Hermione, Terry et Justin. Les six membres de la bande rejoignirent Pansy et Blaise et ils se rendirent tous ensemble à la Grande Salle. Une fois arrivés, ils se séparèrent pour s'asseoir à leurs tables respectives. Au cours du repas, Blaise put compter sur Pansy pour lui changer les idées. Ce n'était pas sa première intention mais elle posa une question à Draco qui éveilla la curiosité de Blaise.

- Dis donc, c'est quand que vous officialisez, Harry et toi ?

- Bientôt, répondit Draco. On attend juste que Théo et Justin soient prêts à le faire aussi. Mais pour ça, il faut que Théo sorte de l'infirmerie. Car, à la base, on devait officialiser nos couples ensemble. On avait dit qu'on le ferait après le procès, mais avec ce qui s'est passé...

- Théo n'aura peut-être pas envie de s'attirer les regards de tout le monde et de potentiels ennuis dès qu'il sera de retour dans le château, grimaça Blaise. Or, c'est ce qui l'attend quand il s'affichera avec Justin.

- Je pense au contraire qu'il voudra se débarrasser au plus vite de ce secret afin que les choses soient claires et qu'il puisse se montrer librement avec Justin, argumenta Draco. Il n'aura plus envie de se cacher. Et puis c'est justement pour qu'il attire le moins d'attention possible que Harry et moi avons décidé d'officialiser en même temps que Justin et lui. Ça avait plutôt bien marché quand Harry avait fait son coming-out peu après celui de Théo.

- C'était pour ça qu'il s'était affiché avec Adrian ? s'étonna Pansy.

- Oui. Ils étaient déjà proches à ce moment-là. Rappelle-toi, Harry avait été le seul à pouvoir passer les rideaux de Théo juste après le cours de soins aux créatures magiques.

- C'est vrai. À mon avis, c'est l'ange gardien de Théo. Ou un truc dans le genre. En tout cas, j'ai hâte que vous puissiez tous vivre votre amour au grand jour. Quand on est au courant de votre relation, on voit bien que Harry et toi avez souvent envie de vous embrasser ou de vous prendre par la main. Et c'est frustrant de vous voir vous comporter comme de simples binômes de travail. Et c'est pareil pour Justin et Théo.

- Je pense qu'il y en a qui se doutent de quelque chose pour Harry et Draco, avoua Blaise. Désolé de te le dire, Draco, mais vous n'êtes vraiment pas discrets. Vous vous dévorez littéralement du regard et vous vous souriez avec trop de tendresse pour de simples amis. Mais perso, j'ai un peu peur pour Justin quand Théo et lui assumeront leur relation. Car il fera par la même occasion son coming-out. Harry et Théo ont déjà fait le leur et tout le monde se doute que Draco est gay depuis qu'il est monté au dortoir de Thomas en pleine fête du Nouvel An. Draco ne fera que confirmer les rumeurs. Mais aux dernières nouvelles, Justin, lui, est censé être hétéro. C'est lui qui attirera tous les regards quand il s'affichera avec Théo.

- S'il décide de se montrer publiquement avec Théo, il le fera en toute connaissance de cause, assura Draco. Il sera conscient des risques qu'il prendra. De toute façon, quoi qu'il arrive, nous serons tous là pour les soutenir.

- J'espère que ça se passera bien, dit Blaise. Je trouve ça nul que vous deviez autant stresser à l'idée de vous afficher avec votre petit-ami. Déjà que ce n'est pas facile en temps normal de se montrer en couple dans l'école, alors quand il s'agit de deux garçons ou de deux filles, ça doit être encore plus compliqué...

- Vous aviez plutôt été épargnés par les moqueries et les remarques, Ginny et toi, fit rappeler Pansy. Pareil pour Ron et moi. Mais je crois que les gens ne savaient pas trop si on était vraiment en couple ou si c'était un pari ou un truc comme ça. C'est pour ça qu'ils nous ont laissés tranquille. Mais Ginny et toi avez eu de la chance de ne pas vous être fait embêter. Avec les frères qu'elle a...

Blaise se sentit soudain mal à l'aise. Jusqu'à quelques heures auparavant, il avait été effectivement épargné avec Ginny. Mais ce n'était plus le cas depuis qu'il avait reçu ce fameux mot dans son sac. Il était heureux avec Ginny et voilà que quelqu'un venait semer le trouble dans leur relation... Cela le tourmentait beaucoup. Il eut envie d'en parler là, tout de suite, maintenant à ses deux amis. Mais ce n'était pas le bon moment. Mieux valait attendre la fin des cours. L'après-midi allait être long...

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Le temps passa plus vite que ce que Blaise avait pensé. Il avait eu une séance de travail très productive avec Kellah de treize heures à quinze heures, puis il avait eu son cours de métamorphose et de potions. Il venait tout juste de quitter le cachot et se rendait actuellement à sa salle commune avec Draco et Pansy. Ils y arrivèrent quelques minutes plus tard et s'installèrent dans un coin isolé. Draco avait su par Pansy que Blaise avait quelque chose à leur dire et ce fut lui qui insonorisa leur espace.

- Alors, qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui te chafouine depuis la fin de la matinée ?

- J'ai reçu un drôle de mot, annonça Blaise. Ça vient de nulle part alors je ne sais pas quoi en penser.

Il fouilla dans son sac et en sortit le mot qu'il tendit à Draco et Pansy. Ils le lurent et haussèrent les sourcils.

- Étrange, comme mot, commenta Draco. On dirait que c'est fait pour te faire peur. C'est anonyme et ça ressemble fort à une mise en garde.

- C'est comme ça que je l'ai pris aussi. Mais ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi quelqu'un s'amuserait à m'envoyer un message pareil. Pour moi, ça ne fait aucun doute que c'est faux. Ginny n'est pas du genre à se laisser séduire aussi facilement. J'en sais quelque chose. Et puis, surtout, elle sort avec moi. Elle est droite, elle est fidèle, elle n'irait pas me tromper. Il y a forcément une volonté de nuire derrière ce message. Mais j'ignore qui aurait pu me l'écrire. J'ai pensé à plein d'hypothèses et elles sont toutes aussi plausibles les unes que les autres.

Blaise fit part à ses amis de toutes les éventualités auxquelles il avait songé.

- J'avoue que ça pourrait être tout ça à la fois, admit Draco. Si on savait au moins si c'est un garçon ou une fille qui t'a adressé ce message, ça éliminerait déjà des pistes...

- Pas forcément, objecta Pansy. Une fille peut très bien être amoureuse de Ginny. Ou un garçon de Blaise. Et n'importe qui pourrait avoir envie de se venger ou de faire un pari.

Blaise poussa un soupir à fendre l'âme.

- Je n'avais pas pensé à ça... Ça rend les choses encore plus compliquées.

- Il n'y a personne qui tourne autour de toi, en ce moment ? s'enquit Draco. Il n'y a pas une fille – ou un garçon – qui semble s'intéresser d'un peu trop près à toi ?

- Non, lâcha Blaise, dérouté. Mais même si c'était le cas, je ne suis pas sûr que je le verrais puisque je n'ai d'yeux que pour Ginny... Je ne fais pas vraiment attention au regard des autres sur moi.

- Mais il n'y aurait pas quelqu'un qui essaierait de se rapprocher de toi ? insista Draco.

- Non, ou alors je ne m'en suis pas aperçu.

- C'est peut-être un garçon ou une fille qui rôde autour de Ginny, alors, supposa Pansy.

- Vous croyez que je devrais lui en parler ? Ou dois-je plutôt mener mon enquête seul de mon côté ?

Draco et Pansy semblèrent hésiter.

- Je pense qu'il vaut mieux attendre de voir comment les choses évoluent. Ça se trouve, c'était juste une farce et la personne va s'arrêter là. Par contre, si ça recommence, il faudrait que tu lui en parles. Vous êtes un couple, s'il y a un problème, vous devez en parler.

- Je suis d'accord avec Pansy. Mais avant, essaie quand-même de voir s'il y a quelqu'un qui tourne autour de toi ou de Ginny.

- Sans tomber dans la paranoïa non plus, précisa Pansy. Ce n'est pas parce qu'un garçon discute avec Ginny que c'est forcément lui qui t'a envoyé ce mot. Pareil si une fille vient t'aborder. Ne tire pas de conclusions trop hâtives.

Blaise se retrouva un peu dépassé par tous les conseils de ses amis. Il n'était pas sûr de pouvoir tous les suivre. Pansy dut le voir car elle lui sourit :

- Sinon, fais comme tu le sens. Oublie tout ce qu'on vient de dire. Après, si ça te prend vraiment la tête, tu peux en parler avec notre directeur de maison. Il est là pour ce genre de choses.

- Mais je ne vais pas aller discuter de ma vie amoureuse avec lui, protesta Blaise.

- Tu ne serais pas le premier, répliqua Pansy. Le rôle d'un directeur de maison n'est pas uniquement d'accompagner les élèves dans leur scolarité, de les aider s'ils ont de mauvaises notes ou s'ils se font embêter ou de les punir lorsqu'ils font des bêtises. Ils peuvent aussi les écouter pour plein d'autres choses. Et puis là, tu as quand-même reçu un mot anonyme. Tu te demandes ce que tu dois faire et le professeur Snape peut très bien te conseiller. Tu n'es pas obligé d'entrer dans les détails en étalant ta vie amoureuse. Tu peux juste lui demander si tu dois ignorer ce mot, si tu dois essayer de savoir qui te l'a envoyé, si tu dois en parler à ta petite-amie...

Blaise considéra les propos de Pansy.

- Je vais y réfléchir, finit-il par dire. Je vais déjà voir si cette personne se manifeste de nouveau dans les jours qui viennent.

- Oui, tu aviseras ensuite, approuva Pansy.

- Est-ce que je dois malgré tout tâter le terrain avec Ginny afin de savoir si un garçon la drague en ce moment ?

- Tu peux, mais fais-le discrètement. N'aborde pas frontalement le sujet. Ne lui pose pas directement la question.

- Je n'y comptais pas. Merci pour tous vos conseils.

- De rien, on est là pour ça, rappela Draco. Mais évite de te prendre trop la tête avec ça. Peu importe qui se cache derrière ce message, cette personne ne mérite pas qu'on s'intéresse à elle. Ça doit être ce qu'elle recherche. Il ne faut pas lui donner ce plaisir.

Blaise acquiesça. Désirant changer de sujet, il orienta la discussion vers les derniers examens qu'ils devaient passer. Ils allèrent manger une heure plus tard, Blaise ayant rendez-vous avec Ginny à dix-neuf heures.

Une fois avoir fini de dîner, Blaise quitta la Grande Salle et attendit Ginny. Celle-ci le rejoignit peu de temps après. Elle était vive, souriante et énergique, comme toujours. Elle embrassa longuement Blaise, comme toujours. Elle avait un doux parfum floral, comme toujours. Elle avait l'air de bonne humeur, comme toujours. Rien n'indiquait qu'elle se faisait courtiser par une autre personne que son petit-ami. Blaise chassa ces pensées de son esprit et répondit langoureusement au baiser de sa bien-aimée. Il la serra tout contre lui et approfondit autant qu'il put le baiser. Il avait besoin de se rassurer dans cette étreinte et cet échange buccal aussi passionnés qu'amoureux. Il avait besoin de sentir qu'il était le seul que Ginny aimait et désirait. Il avait besoin de se prouver qu'il n'y avait personne d'autre entre eux, que ce soit de près ou de loin. Il mit alors tout l'amour dont il était capable dans le baiser. Ginny le laissa faire volontiers et rompit le baiser au bout d'un moment.

- On ferait mieux d'aller à la salle sur demande, suggéra-t-elle en souriant.

- Oui, tu as raison. J'avais presque oublié qu'on était tout près de la Grande Salle, avoua Blaise.

Ginny et lui se dirigèrent vers les escaliers et montèrent jusqu'au septième étage. Ils entrèrent dans la salle sur demande que Blaise fit apparaître et s'installèrent dans leur canapé aux couleurs de leurs deux maisons. Blaise s'assit tandis que Ginny s'allongea en posant sa tête sur les genoux de Blaise qui se mit aussitôt à lui caresser les cheveux.

- Ça s'est bien passé, ton examen ? demanda Ginny.

- Oui, je suis plutôt satisfait de ce que j'ai fait. Ça rattrape un peu ce que j'ai rendu en histoire de la magie et en Défense Contre les Forces du Mal.

- Oh, tu penses avoir raté ces deux matières ?

- Peut-être pas raté, mais je n'ai pas brillé. Si je m'en sors avec la moyenne en histoire de la magie, ce sera déjà très bien. Mais je m'en fiche de la note que je vais avoir. Par contre, ça m'embête un peu plus pour la Défense Contre les Forces du Mal. Je dois avoir un Effort Exceptionnel aux BUSE pour pouvoir poursuivre cette matière l'année prochaine.

- Tu en as besoin pour les ASPIC ?

- Oui. La même note est requise aux ASPIC pour être accepté en formation de médicomage.

- C'est assez logique. Il faut s'y connaître pour pouvoir soigner quelqu'un qui aura été blessé par une créature ou un objet dangereux...

- Tout à fait. Il faut être au point sur tout ce qui peut s'apparenter à la Défense Contre les Forces du Mal.

- Et quelles sont les autres notes requises ?

- Un Optimal en sortilèges, en potions et en botanique et un Effort Exceptionnel en métamorphose et en soins aux créatures magiques.

Ginny écarquilla les yeux.

- Sérieux ?! Mais il y a une pression de dingue !

- La formation de médicomage n'est pas accessible à tout le monde. Seuls les meilleurs sont pris. Ça ne suffit pas forcément d'avoir les notes requises. Ils les regardent en détail. Tu peux très bien avoir tes trois Optimal et tes trois Effort Exceptionnel mais être refusé parce que la personne avec qui tu es en ballottage a eu un seize en métamorphose alors que tu as eu un quatorze, par exemple. Il faut vraiment essayer d'avoir les meilleures notes possibles.

- Je savais que la sélection pour cette formation était rude et exigeante mais je ne pensais pas qu'elle l'était à ce point, murmura Ginny. Est-ce que ces six matières sont importantes pour tous les métiers liés à la médicomagie ?

Blaise haussa un sourcil.

- Pourquoi ? Tu aimerais travailler là-dedans ?

- Je n'ai pas dit ça. Mais je ne sais pas encore ce que je veux faire, alors tout est possible. Je pourrais très bien être intéressée par l'addictomagie, tiens.

- Les soins aux créatures magiques ne te seront d'aucune utilité pour ça, déclara Blaise, amusé. Je ne sais pas vraiment quelles notes il faut obtenir pour intégrer cette formation mais la botanique et les potions doivent être très importantes.

- Et pour la formation de vétérimage ?

- Sortilèges, botanique, potions et soins aux créatures magiques. Ça doit être la même chose pour la formation de magizoologiste.

- Et pour celle de kinémage ?

- Sortilèges, botanique, potions.

- Nutrimage ?

- Alors là, bonne question. Botanique et potions, ça, c'est sûr. Sortilèges aussi, je pense. Après, je ne vois pas l'utilité des autres matières.

- Cette formation doit être assez accessible, alors. Et pour devenir psychomage ?

- Je dirais les mêmes matières.

- Assez facile d'accès aussi, alors. Mais il doit falloir certaines capacités. En fait, ce sont surtout les formations de médicomage, de vétérimage et de magizoologiste qui sont difficiles à intégrer. Mais je suis sûre que tu auras les notes nécessaires pour la formation de médicomage.

- J'ai deux ans pour m'y préparer. Mais c'est gentil de croire en moi. Tu es adorable. Mais bon, tu me sur-estimes peut-être un peu trop.

- Non, je sais que tu en es capable. Tu es travailleur et tu rêves depuis toujours d'être médicomage. Alors tu te donneras tous les moyens pour y arriver. Et je serai là pour te soutenir.

Blaise sourit, touché.

- Tu es vraiment trop mignonne. J'ai de la chance de t'avoir. Beaucoup de garçons doivent espérer quelque chose avec toi... Tu dois en recevoir, des propositions...

- C'était surtout le cas avant. J'en reçois moins depuis que je sors avec toi. Mais quand ça arrive, je dis au garçon que je ne suis pas intéressée parce que je suis déjà en couple et que j'aime mon petit-ami. Ça suffit souvent pour qu'il n'insiste pas.

Blaise resta un moment sans répondre. Il ne s'attendait pas à une telle réponse. À la base, il voulait juste savoir s'il y avait un garçon qui tournait autour de Ginny actuellement. Et voilà qu'il apprenait que c'était chose courante et qu'un certain nombre de garçons avaient déjà tenté de la séduire... Ce n'était pas fait pour le rassurer.

- Tu dis que tu reçois moins de demandes depuis qu'on sort ensemble mais ça veut dire qu'il y en a qui essaient quand-même, releva Blaise, irrité. Ils sont gonflés, franchement. On ne drague pas une fille qui a déjà quelqu'un !

- Je suis d'accord. Mais comme je te l'ai dit, ils insistent rarement.

- Encore heureux ! Manquerait plus que ça...

Ginny leva un regard inquiet vers Blaise.

- Tu n'es pas jaloux, j'espère ? Il n'y a pas de raison, il n'y a que toi que j'aime, je n'irais jamais voir ailleurs...

- Je sais, assura Blaise d'une voix douce. Mais c'est désagréable de savoir qu'il y a plein de garçons qui essaient de me voler ma petite-amie... Il n'y a pas de respect, quoi. Je ne veux pas dire par-là que je te considère comme ma propriété, car c'est faux, tu es un être humain, tu n'appartiens à personne d'autre qu'à toi-même, mais je trouve ça limite d'aller draguer une fille qui est déjà en couple... Il n'y a aucune morale. Et puis pour qui ils te prennent, sérieux ? Ils croient vraiment que tu vas accepter de sortir avec deux garçons à la fois ?

- Ils s'en fichent. Ils ne doivent même pas en tenir compte. Mais parlons d'autre chose, veux-tu ? Je comprends que tu sois irrité à l'idée qu'on me tourne autour mais je ne peux rien faire pour changer ça. Ce n'est pas comme si je cherchais à attirer les mecs... Je ne vais pas clamer haut et fort que j'ai déjà un petit-ami et que ça me suffit amplement...

Blaise se mit à rire.

- On va éviter d'en arriver là ! De toute façon, à un moment, ils finiront bien par se lasser. Tu auras fait le tour des garçons de Poudlard et ils ne viendront pas t'embêter une deuxième fois. Bon, sinon, ta journée s'est bien passée ?

- Oui, ça a été. J'ai eu un Optimal à mon devoir sur table d'histoire de la magie, je suis contente. J'ai bien avancé avec Simon sur nos devoirs en début d'après-midi et on a fait un bon entraînement avec l'équipe.

- Tu as tout réussi, quoi. Aussi bien toute seule qu'en binôme ou qu'avec ton équipe. Tu es trop forte.

Ginny rougit sous le regard amusé et attendri de Blaise.

- J'ai des facilités, c'est tout.

- Non, tu travailles énormément et ça paie. Et tu es aussi très intelligente.

- Si je l'étais tant que ça, je serais allée à Serdaigle.

- Oh non, ça aurait été impossible. Tu n'as pas le caractère de cette maison. Tu es trop Gryffondor. Et c'est comme ça qu'on t'aime.

- Tu es mignon, dit Ginny en souriant. En vrai, je ne m'imagine pas autre part qu'à Gryffondor. Mais ça doit être cool d'être à Serdaigle, cette année. Ils ont deux directeurs de maison. Si l'un ne peut pas les recevoir, ils peuvent compter sur l'autre...

- J'avoue que c'est pratique. Mais tu n'as pas à te plaindre de ton directeur de maison. Il est génial. Enfin, je dis ça car je l'aime bien en tant que prof, mais j'imagine qu'il est tout aussi bien en tant que directeur de maison...

- Oh oui, je confirme. Mais... non, rien.

- Ah non, je veux savoir !

- Non mais avec la discussion qu'on vient d'avoir, je n'ose pas te le dire. Tu vas te faire des idées.

- Je te promets que non. Allez, dis-moi...

Ginny hésita puis se lança :

- Le professeur Lupin m'observe un peu trop en ce moment. J'ai l'impression qu'il scrute chacun de mes faits et gestes. Comme si... comme s'il enquêtait sur moi.

- C'est étrange, commenta Blaise, perplexe. Peut-être qu'il a une idée de formation pour toi et qu'il essaie de voir si elle te conviendrait avant de t'en parler...

- Peut-être, répéta Ginny, l'air peu convaincue. Mais je crois que je n'étais pas censée m'apercevoir qu'il me fixait. Car il est très discret. C'est vraiment très infime, son soudain intérêt pour moi. C'est juste son regard qui traîne légèrement plus longtemps sur moi. Ça se voit à peine mais je l'ai aussitôt remarqué. C'est assez déstabilisant.

- Tu sais très bien analyser les gens, c'est sûrement pour ça que tu as pu voir ce changement à peine perceptible. Mais je ne pense pas que tu doives t'inquiéter. Si le professeur Lupin te scrute comme ça, c'est qu'il doit avoir une raison. Ça se trouve, il prépare quelque chose pendant les vacances qui aura lieu à la rentrée et il a pensé à toi... Mais dans tous les cas, tu n'as pas de quoi t'en faire.

Ginny acquiesça. Elle se redressa et embrassa Blaise avant de reprendre sa place initiale. Puis ils se mirent à parler des vacances à venir. Blaise oublia totalement le mot qu'il avait reçu plus tôt dans la journée et profita pleinement de ce moment passé avec sa bien-aimée.

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(jeudi 21/03) POV Sirius

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- Moony ?

- Oui ?

- T'es sûr que ça ne te dérange pas que je te prenne ton heure avec les cinquième année ?

- Non, je te l'ai déjà dit.

- Mais on n'a pas fait comme on avait dit... Normalement, tu devais me céder une heure et je devais faire de même pour toi.

- Oui mais c'était plus pratique pour moi et pour les cinquième année de m'arranger avec Bathsheda. La plupart des options ont été sacrifiées cette semaine car c'était moins handicapant pour les élèves de rater une heure de runes, de divination ou de soins aux créatures magiques. Et les professeurs ont été très compréhensifs. Toi, tu n'as pas de chance, les cinquième année n'ont jamais sortilèges après une option. Et tu n'as pas de double cours avec eux. Tu n'avais donc pas d'autre choix que de piquer une heure à un de tes collègues. Et comme on en avait déjà parlé... Mais je pourrai me rattraper avec les ASPIC blancs. Il me semble que le mardi, j'ai les septième année juste après toi.

- En effet. Je te les prêterai de quatorze à quinze heures.

- Merci bien. C'est bien qu'on en parle maintenant, les APSIC blancs ont lieu une semaine après les vacances. D'ailleurs, pas trop stressé à l'idée de faire passer les BUSE blancs ?

- Si, un peu, mais je stresse pour eux, pas pour moi. Je ne pourrai pas aider ceux qui auront du mal et ça va me faire de la peine de les voir désespérer face à leur copie...

- Dis-toi que ce ne sont que les BUSE blancs. Ils réviseront davantage pour les vraies BUSE. Bon, tu ferais mieux d'y aller. Les troisième année vont t'attendre.

- C'est fou comme tu connais limite mieux mon emploi du temps que moi, s'étonna Sirius.

- Mais je connais tout de toi, voyons, répondit Remus, l'air mutin. Je suis même celui qui te connaît le mieux.

Tout en disant cela, Remus se rapprocha de Sirius, jusqu'à arriver tout près de lui. Il se pencha à son oreille et lui chuchota :

- Et je compte bien te le prouver ce soir.

Sirius frissonna en sentant le souffle de Remus sur son oreille. Il dut se retenir pour ne pas se jeter sur lui et le pousser vers le canapé. Il n'avait pas le temps mais les mots de son compagnon avaient éveillé le désir en lui. Heureusement, il n'était pas un animal et cela n'avait pas suffi à le faire réagir. Il aurait eu l'air mignon face à ses troisième année...

- Tu ne perds rien pour attendre, grogna-t-il à l'attention de Remus. Allez, j'y vais. À ce soir.

Sirius prit sa mallette, quitta les appartements et se rendit à sa salle de classe. Il fit entrer ses élèves qui étaient déjà là et commença le cours lorsqu'ils furent tous installés. Il ne vit pas le temps passer alors que le cours dura deux heures. Il libéra trop vite les troisième année à son goût. Ils sortirent et laissèrent leur place aux cinquième année. Certains d'entre eux avaient l'air aussi stressé que Sirius. C'était le premier examen qu'il faisait passer et il y avait tout un tas de choses qu'il devait éviter de faire. Comme, par exemple, demander à ses élèves s'ils y arrivaient. Il ne le faisait jamais lors des devoirs sur table mais là ce n'était pas pareil. C'était un examen. Un examen blanc, certes, mais un examen quand-même. Mais ce qu'il devait surtout éviter, c'était de regarder Harry. Il se doutait bien qu'il allait être tenté de vérifier toutes les deux minutes s'il s'en sortait mais il devait s'en empêcher. Il attendit que tout le monde soit assis, puis il distribua les sujets. Une fois le dernier élève servi, il déclara qu'ils avaient deux heures et il retourna à son bureau. Il prit les copies des quatrième année dans son sac et commença à les corriger. Au bout d'une heure, il avait relevé plusieurs fois la tête et avait été ravi de voir que tous les élèves étaient à fond dans l'examen. Dix minutes plus tard, il passa de nouveau en revue la classe et constata que plusieurs élèves semblaient avoir terminé. Ce fut le cas de plus en plus de personnes, ce qui ne l'étonnait pas du tout. Quand on connaissait bien son cours, on pouvait facilement avoir un Optimal même en n'ayant passé qu'une heure sur l'examen. Il voyait Hermione écrire frénétiquement sans s'arrêter mais qu'elle rédige quatre-vingt centimètres ou deux mètres de parchemin, il ne pourrait pas lui mettre plus qu'Optimal. Il avait réussi à ne pas observer Harry trop souvent mais à chaque fois que son regard s'était posé sur lui, il était en train d'écrire, ce qui avait plutôt tendance à rassurer Sirius. Harry avait un très bon niveau en sortilèges et n'avait eu que des Effort Exceptionnel et des Optimal depuis le début de l'année. Sirius était persuadé que son filleul pouvait avoir la note la plus élevée aux BUSE. Mais il ne voulait pas lui mettre la pression. Si Harry avait un Effort Exceptionnel aux Buse, ce serait déjà très bien. Sirius le vit arrêter d'écrire vingt minutes avant la fin de l'examen. Bon nombre de ses camarades avaient également posé leur plume. Durant le dernier quart d'heure, Sirius se prépara à retenir Harry quand il libérerait la classe. Il devait lui parler des vacances et n'avait plus beaucoup de temps pour le faire. Si Harry acceptait de passer une partie des vacances au Square et qu'il préférait que ce soit la première semaine, Sirius allait devoir s'organiser rapidement avec Remus et Severus. Car il devait aussi demander à Harry s'il serait d'accord pour faire des recherches sur son anomalie génétique pendant les vacances. Il avait plein de choses à voir avec lui et il fallait vraiment qu'il le fasse au plus vite. À dix-sept heures pile, il mit fin à l'examen :

- C'est terminé, venez déposer votre copie et vous pourrez y aller.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Les élèves posèrent leurs parchemins sur le bureau de Sirius et quittèrent la salle de classe en bavardant. Harry fut l'un des derniers à donner sa copie.

- Harry, tu peux rester là, s'il te plaît ? Je dois te parler.

Harry mit son devoir sur la pile tout en regardant Sirius d'un air inquiet. Celui-ci le vit et s'empressa de le rassurer :

- Tu n'as rien fait de mal, j'ai juste plusieurs choses à te dire et à te demander. Assis-toi, s'il te plaît.

Harry obéit et s'installa en face de Sirius.

- Je ne vais pas tourner autour du pot. Je souhaitais savoir si ça te plairait de passer une semaine au Square pendant les vacances.

Harry sembla pris de court par la question.

- Euh... je n'y ai pas du tout réfléchi, avoua-t-il. Je pensais rester à Poudlard...

- Si c'est ce que tu veux, il n'y a pas de problèmes, on reste là. C'est juste une proposition.

- Tu en as envie, toi ?

- Ce n'est pas mon avis qui compte. Mais je crois que ça nous ferait du bien. Après tout ce qui s'est passé depuis le début de l'année, ça pourrait t'être bénéfique de t'éloigner un peu de Poudlard. On se retrouverait tous les trois pendant une semaine, loin de tout, et je pense que c'est ce dont nous avons besoin. Mais si tu ne veux pas, je comprendrais.

- C'est plus compliqué que ça. J'ai très envie de passer une semaine au Square rien qu'avec Remus et toi mais ça veut dire que je vais être séparé de Draco pendant tout ce temps... Et puis je vais à peine avoir le temps de profiter de Théo qui sortira tout juste de l'infirmerie...

- Il doit sortir samedi, je crois ?

- Normalement, oui.

- Eh bien on n'a qu'à rentrer au Square samedi prochain, comme ça, tu vas avoir une semaine pour voir Théo. Quant à Draco, tu seras séparé de lui bien plus longtemps durant les grandes vacances. Ce serait un bon moyen de t'y habituer à l'avance. Et ce sera pareil pour lui. Il ne faudrait pas que la séparation soit trop brutale.

Harry baissa les yeux. Sirius se sentit horrible de vouloir l'arracher à son petit-ami. Mais c'était pour le bien de Harry. Il ne voulait pas que l'été soit trop dur à vivre pour lui car il n'aurait pas l'habitude d'être séparé de Draco... Il préférait préparer les choses en douceur.

- Harry, ce n'est pas de gaieté de coeur que je t'éloigne de Draco. C'est pour que vous vous habituiez à être loin l'un de l'autre.

- Je sais, dit Harry avec un petit sourire. Et c'est gentil de ta part d'y avoir pensé. Tu en as parlé avec le professeur Snape, j'imagine ?

- Oui, on s'est mis d'accord là-dessus quand je suis allé le voir après la longue discussion qu'on avait eue, Remus, toi et moi, à propos du transfert. Et on s'est dit que Draco pourrait venir passer une ou deux semaines au Square pendant les vacances d'été. On pourrait aussi inviter tes amis. Ça n'a pas pu se faire l'été dernier mais on peut se rattraper cette année.

Surpris, Harry mit quelques secondes avant de réagir :

- Ça ne vous dérangerait pas ? demanda-t-il d'une petite voix.

- Bien sûr que non, cela nous ferait même plaisir. Un peu de jeunesse au Square ne fera pas de mal, bien au contraire ! Il faut juste que les principaux concernés soient d'accord.

- Je leur en parlerai, affirma Harry. Je crois que Ron et Ginny seront plus qu'heureux. Et ça fera du bien à Hermione de passer quelques jours dans une maison sorcière. Elle était déjà allée au Terrier mais ce n'était pas pareil. Ce ne sera pas la même ambiance. Ce sera vraiment différent. Je ne pense pas que Théo sera à l'aise à l'idée de venir chez des gens qu'il connaît peu, mais est-ce que je pourrai me rendre deux ou trois fois sur le Chemin de Traverse pour aller le voir ?

- Oui, bien sûr. Le week-end sera sûrement plus approprié.

Harry fronça les sourcils.

- Pourquoi ?

- Je ne peux pas trop t'en dire, mais si tu poses la question à Théo, je suis sûr qu'il te répondra. Je te demanderai juste de faire attention quand tu seras avec lui. Entre l'explosion qui a été causée par la rencontre entre vos deux magies et le transfert qui s'est produit involontairement, je ne suis pas très rassuré de vous savoir ensemble. Je ne suis même pas sûr que ce soit une bonne idée que je te laisse aller le voir pendant l'été. Je t'ai dit oui mais...

- Tu ne vas quand-même pas revenir sur ce que tu viens de dire ?! protesta Harry.

Sirius fut pris dans un dilemme. Il avait peur qu'il y ait une autre catastrophe entre Harry et Théo s'il les laissait passer une journée ensemble mais il voyait bien que Harry prendrait très mal le fait qu'il lui interdise d'aller voir son ami... Comme il l'avait dit à Severus, Sirius avait pensé pouvoir gérer une éventuelle déprime de Harry mais là, il n'en était plus tout à fait sûr. De plus, il réalisa qu'il ne supporterait pas de voir Harry en pleine dépression, même si c'était pour son bien. Et puis, au fond de lui, il sentit qu'il n'y avait pas de danger. C'était une intime conviction qu'il serait bien incapable d'expliquer. Il avait la bizarre impression que Harry et Théo sortiraient indemnes ou presque de tout ce qui pourrait leur arriver. Car ils avaient beau provoquer malgré eux des situations très périlleuses, ils s'en tiraient sans dommages à part un choc ou des bleus. Sirius changea alors d'avis par rapport à ce qu'il avait décidé lors de sa discussion avec Severus.

- Non, tu pourras aller voir Théo, assura-t-il. Mais reste prudent quand-même.

- Promis, dit Harry en levant les yeux au ciel.

Sirius ne put s'empêcher de sourire. Harry avait beau avoir une vie un peu trop mouvementée pour un garçon de son âge, il restait un adolescent comme les autres qui s'agaçait quand on lui disait de faire attention.

- Avant de te libérer, j'aimerais te parler d'autre chose. Toujours lors de la conversation que j'ai eue avec Severus le soir où tu es venu nous voir, Remus et moi, en furie, il m'a fait part de quelque chose à ton sujet. Il m'a dit que tu avais une anomalie génétique qui faisait que tu avais trois allèles au lieu de deux. Il voulait m'en parler avant mais il n'en avait pas eu le temps. Et ce n'était pas comme si c'était un truc grave. C'est juste...

- Étrange, compléta Harry.

- C'est ça. Tu avais dit à Severus que tu souhaitais savoir d'où ça venait. Est-ce toujours le cas ?

- Oui, même si j'avoue que ça m'était complètement sorti de la tête, admit Harry.

- Est-ce que tu voudrais qu'on s'en occupe pendant l'une des deux semaines de vacances ?

- Euh... oui mais plutôt quand on sera à Poudlard. Ça ne sert à rien d'aller au Square si je passe mon temps à faire des examens ou des trucs dans le genre...

- Nous sommes bien d'accord. On verra donc ça durant la première semaine des vacances. D'après ce que j'ai compris, tu devras aller voir un généticomage à Sainte-Mangouste avec Severus.

- Il pourra forcément savoir d'où vient cette anomalie ?

- Je ne sais pas, mais c'est la personne la mieux placée, en tout cas.

- D'accord, j'ai hâte de le rencontrer. J'espère qu'il réussira à résoudre ce mystère...

- Ça prendra sûrement du temps. Tu vas devoir faire des tests et les résultats n'arriveront pas tout de suite, je pense.

- Pas grave, j'attendrai le temps qu'il faudra. Je vais avoir d'autres choses à penser, de toute façon.

- Ça, c'est sûr. Les trois mois qui suivent vont passer très vite. Tu auras à peine le temps de dire ouf que les BUSE seront déjà là. Mais tu seras prêt. Vous y serez préparés, notamment avec les examens blancs. D'ailleurs, ça s'est bien passé, jusque-là ?

- Franchement, oui. Il y a juste en histoire de la magie où je ne vais pas avoir une note faramineuse. Sinon, j'ai bien réussi la Défense Contre les Forces du Mal et les sortilèges. Et je m'en suis bien sorti en botanique et en métamorphose. Ne restent plus que les potions et je crois que c'est l'examen qui me stresse le plus avec la métamorphose. Mais ce n'est pas le même stress. J'aimerais continuer la métamorphose l'année prochaine et, pour cela, il faut un Effort Exceptionnel aux BUSE. C'est à ma portée mais la métamorphose est une matière où je dois énormément travailler pour avoir cette note. Ça ne vient pas tout seul comme c'est le cas en sortilèges pour ma part. J'ai donc le stress de devoir me donner à fond pour avoir le résultat espéré. Pour ce qui est des potions, c'est un peu pareil dans le sens où les bonnes notes n'arrivent pas facilement. Mais contrairement à la métamorphose, je dois juste beaucoup me concentrer. J'intègre aisément les connaissances en théorie, ce qui n'est pas le cas en métamorphose. Ce n'est donc pas vraiment l'examen de demain qui me stresse mais celui d'après les vacances. C'est-à-dire l'examen pratique. Je sais que je suis largement capable d'avoir un Effort Exceptionnel qui est la note requise aux BUSE mais j'aimerais avoir un Optimal. C'est presque une obligation pour moi. J'ai tellement sué pour arriver à mon niveau actuel que je ne pourrais pas me contenter d'un Effort Exceptionnel. Ce ne serait pas à la hauteur de ce que je peux faire. Depuis que le professeur Snape a reconnu mes progrès, j'ai eu plein d'Optimal. Et lors du test qu'il m'avait fait faire, il m'avait même dit que la potion que j'avais réussie était du niveau de fin de cinquième année ou début de sixième année. Ce serait donc vraiment idiot de me satisfaire d'un Effort Exceptionnel aux BUSE alors que je suis capable de réaliser une potion un peu plus complexe... Je te dis tout ça car je ne veux pas que tu penses que c'est du perfectionnisme. Je tiens simplement à être fidèle à mes capacités.

- Et tu as bien raison, approuva Sirius. Tant que ça ne devient pas une obsession, je t'encourage dans cette voie. Mais même si tu as un Effort Exceptionnel aux BUSE, je serai fier de toi. Je sais que tu auras fait de ton mieux et c'est le principal. Bon, si tu n'as rien à me dire ou à me demander, tu peux y aller.

Harry acquiesça et se leva. Il souhaita une bonne soirée à Sirius et s'en alla. Préférant travailler dans ses appartements plutôt que dans sa salle de classe, Sirius commença à ranger ses affaires. À peine eut-il pris sa mallette que quelqu'un frappa à la porte.

- Entrez, dit-il, intrigué.

La porte s'ouvrit sur Justin Finch-Fletchley.

- Excusez-moi de vous déranger, vous partiez peut-être...

- Oui mais je ne suis pas pressé. J'espère que tu n'attends pas depuis la fin des cours pour venir me voir ?

- Euh... si, avoua Justin. Mais comme vous vouliez parler à Harry, j'ai attendu dehors.

- Désolé si le temps t'a paru long, mais être le professeur de son filleul qui a une fâcheuse tendance à s'attirer toutes sortes de problèmes sans pour autant les chercher, ce n'est pas de tout repos. C'est même un métier à temps plein. Mais c'est le meilleur des métiers. Bon, installe-toi et dis-moi ce qui t'amène.

Justin s'assit sur la chaise occupée précédemment par Harry et se lança :

- Un élève de Poufsouffle de première année m'a demandé de l'aider en sortilèges et j'aurais besoin d'une salle de classe pour pouvoir l'entraîner. Vu que vous êtes notre professeur de sortilèges, je me suis dit que c'était à vous que je devais m'adresser...

- En effet, mieux vaut aller voir le professeur concerné plutôt que son directeur ou sa directrice de maison. Quel est cet élève qui est venu quérir ton aide ?

- Alex Powell.

Sirius haussa les sourcils.

- Ce garçon a engagé le dialogue avec toi ?

- Il est venu me voir mais c'est moi qui ai dû lui parler en premier. Il n'osait pas trop.

- Ça ne m'étonne pas, et c'est pour ça que je suis surpris qu'il t'ait abordé. C'est un élève très timide, il n'est pas du genre à aller vers les autres.

- Il avait vraiment besoin d'aide, je pense. Ça a dû l'emporter sur sa timidité. Mais vous qui êtes son professeur, justement, est-ce que vous avez remarqué qu'il avait des difficultés ?

- C'est assez compliqué à dire. Il n'a aucune confiance en lui, alors évidemment, ça le limite dans ce qu'il fait. Il ne réussit sûrement pas aussi bien qu'il le devrait. Mais pourquoi s'est-il tourné vers toi ?

- Il a demandé à plusieurs personnes avant mais elles ont toutes refusé car elles n'avaient pas assez de temps. Un élève lui a conseillé de s'adresser à moi parce que j'étais en binôme avec quelqu'un de très doué et que je devais avoir profité de son expérience. Ce qui n'est pas faux, en soi. J'ai toujours été assez bon en sortilèges mais j'ai fait de nombreux progrès grâce à Théo. Alex a suivi le conseil qu'on lui a donné et il est venu vers moi.

- D'accord, je comprends mieux. Il a dû être soulagé que tu acceptes après les refus qu'il a essuyés. Mais te sens-tu apte à l'aider ? Tu as largement les capacités nécessaires en terme de connaissances et de maîtrise des sortilèges mais il n'y a pas que ça, il faut aussi savoir enseigner. Et ça ne doit pas empiéter sur tes propres études.

- Je vais être relativement libre pendant les vacances. Comme je n'avais pas de séance de travail en binôme depuis deux semaines, j'ai pu m'avancer sur les devoirs individuels et j'ai fait presque tous ceux qui sont à rendre pour la semaine de la rentrée. Je n'ai donc quasiment plus rien à faire à part réviser. Et comme Théo devra rattraper les examens de cette semaine, on ne pourra pas beaucoup se voir. Même si on n'a pas vraiment de raison de se retrouver puisqu'il n'y a pas de séance de travail durant les vacances... Bref, j'ai vraiment tout mon temps pour aider Alex.

- Bien, je te donne donc la permission d'utiliser cette salle pour aider ton camarade. J'ai juste besoin de savoir quand auront lieu précisément vos séances.

- Nous n'avons pas encore choisi de jours, d'heures et de fréquence mais je lui poserai la question si j'arrive à le croiser. Je devrais réussir à le voir avant le cours de sortilèges de demain, normalement.

- Viens me voir à la fin du cours si tu as pu lui parler. Tu me diras quels créneaux vous aurez retenus et je pourrai te donner l'autorisation écrite d'utiliser la salle de sortilèges.

- D'accord, merci beaucoup, professeur. Passez une bonne soirée.

Justin se leva, salua Sirius et quitta la salle de classe. Sirius resta un moment pensif puis il se remit à ranger ses affaires. Alors qu'il bouclait sa mallette, il se dit qu'il devrait peut-être aller voir Théo. Il y avait déjà pensé mais il n'avait pas trop osé. Pourtant, il serait logique qu'il lui rende visite. Théo était quand-même impliqué dans un transfert qui concernait également son filleul... En tant que tuteur de Harry qui avait entraîné sans le vouloir Théo dans un transfert qui aurait pu mal tourner, il se devait de s'assurer de lui-même que Théo allait bien. C'était la moindre des choses. Fort de cette pensée, il n'hésita donc pas plus longtemps, sortit à son tour de sa salle de classe et se rendit à l'infirmerie. Il fut accueilli quelques minutes plus tard par Poppy.

- Bonjour, Sirius, que puis-je pour vous ?

- Je souhaiterais voir Théodore Nott, si possible.

- Vous pouvez, oui. Mais pas plus d'une heure car ça va être l'heure du dîner. Son lit se trouve tout au fond, c'est le dernier de la rangée.

- D'accord, merci, Poppy.

Sirius s'éloigna et se dirigea vers les paravents que lui avait indiqués Poppy. Une fois arrivé devant, il se figea, soudain empli d'appréhension. Il ignorait si Théo allait apprécier de recevoir sa visite. Et si ça le gênait ? Et s'il lui disait qu'il ferait mieux d'aller s'occuper de son filleul et de lui apprendre des choses qui l'empêcheraient de se mettre en danger lui-même ainsi qu'un de ses camarades ? Il se ressaisit en secouant la tête. Non, Théo n'était pas comme ça. Il ouvrit doucement les paravents et ne fut pas étonné de voir Théo en train d'étudier. Il ne devait faire que ça de ses journées. Il dut sentir une présence car il leva la tête. La surprise se lut sur son visage.

- Bonjour, Théo, comment vas-tu ? Je ne te dérange pas, j'espère ?

- Bonjour, professeur. Vous ne me dérangez pas du tout. J'ai lu tous les cours que j'avais à rattraper et je les relis pour m'occuper.

- Pense à lever un peu le pied. Même si tu dois bientôt sortir, il faut que tu te reposes.

- Je me restreins déjà parce que le professeur Snape me le demande. Je ne travaille pas plus que ce qui m'est autorisé, je vous le promets.

Sirius sourit.

- Je te crois. C'est bientôt l'heure de manger, de toute façon.

- C'est pour me dire ça que vous êtes venu ? s'étonna Théo.

Il semblait vraiment penser que c'était le motif de la visite de Sirius. Il ne posait pas la question d'un ton ironique, agressif, ennuyé ou agacé mais d'un ton tellement sincère, surpris et innocent que c'en était presque déstabilisant. Il avait cependant raison : Sirius n'était pas censé lui dire ce qu'il devait faire à l'infirmerie. Poppy et Severus étaient là pour ça.

- Non, je voulais juste savoir comment tu allais. Et je voulais aussi m'excuser. J'aurais dû parler plus tôt à Harry des transferts. C'était prévu que je le fasse, en plus. Mais je n'ai pas arrêté de repousser, repousser, repousser, et... tu en as payé les frais. Si j'avais eu cette discussion à temps avec Harry, il ne se serait pas mis dans une situation de transfert sans le vouloir. Je sais que ça t'a permis de sortir de ton état de léthargie, mais ça aurait pu mal se passer.

- Ça n'aurait rien changé du tout, professeur, répliqua fermement Théo. Harry avait parfaitement le droit de me tenir le poignet, même en connaissant l'existence des transferts. Car ce n'est pas juste en touchant mon poignet que le transfert aurait dû avoir lieu. Il faut le vouloir et être concentré pour en faire un, normalement. Or, Harry n'avait absolument pas l'intention de procéder à un transfert. Il n'a même rien ressenti du tout, contrairement à moi. Il n'était pas conscient de ce qu'il faisait. Ce n'était pas un transfert comme les autres. C'était... instinctif.

Sirius acquiesça distraitement. Les paroles de Théo l'avaient bien rassuré. Il se sentait un peu moins coupable. Et il était soulagé de voir par lui-même que Théo allait bien. Ni lui, ni Harry n'avaient été négativement impactés par le transfert. C'était même plutôt l'inverse pour Théo. Tout allait pour le mieux. Sirius sourit de nouveau à Théo.

- C'est un peu compliqué à concevoir pour quelqu'un d'extérieur mais je pense avoir compris. Quoi qu'il en soit, je suis ravi de constater que tu vas bien. Tu as dit que tu avais lu tous tes cours mais as-tu réussi à tout comprendre ?

- Oui, j'ai des cours très complets, ça aide beaucoup. Je vais juste devoir apprendre et m'exercer tout seul sur les sorts vus en sortilèges, en Défense Contre les Forces du Mal et en métamorphose. Et je vais devoir me contenter d'une seule séance pour m'entraîner sur la potion que mes camarades ont apprise la semaine dernière, puisque ce sera la troisième séance lors de la semaine de la rentrée.

- Si tu en parles avec ton directeur de maison, il pourra réunir les professeurs concernés et on fera en sorte de te consacrer une à deux heures chacun pendant les vacances pour t'aider à t'exercer sur ces sorts et cette potion. Je pense qu'une heure sera suffisante pour les sortilèges, la métamorphose et la Défense Contre les Forces du Mal. Il faudra peut-être un peu plus de temps pour la potion. On ne fait pas ça pour tous les élèves qui ont été absents mais toi, tu auras raté deux semaines et demi de cours, ce n'est pas rien, il faut qu'on t'accompagna au moins dans la pratique. Discute de tout ça avec ton directeur de maison, d'accord ?

Théo hocha la tête.

- Avant de te laisser, j'ai quelque chose à te dire. J'ai parlé avec Harry à la fin du cours et une chose en entraînant une autre, il m'a demandé s'il pourrait venir te voir sur le Chemin de Traverse durant les vacances d'été. Je lui ai fait comprendre que le week-end serait peut-être plus approprié pour toi mais je n'ai pas précisé pourquoi. Il va sûrement te poser la question et je l'ai d'ailleurs encouragé à le faire. Je pense que tu peux lui en parler. Il n'essaiera pas de t'en dissuader et il ne répétera rien à personne. Ça te fera du bien d'avoir un de tes amis au courant. Tu pourras te confier à quelqu'un à ce sujet. Et puis Harry sera ravi de t'écouter. Après, tu fais comme tu veux. C'est juste un conseil que je te donne.

- Je vais y réfléchir, promit Théo. Mais je pense que je vais vous écouter.

- Bien. Je te le recommande vivement. Allez, je ne vais pas te déranger plus longtemps, passe une bonne soirée, repose-toi bien et sois en forme pour les rattrapages.

Sirius sourit une dernière fois à Théo et s'en alla. Il quitta l'infirmerie après avoir échangé quelques mots avec Poppy puis il prit le chemin de ses appartements. Il sentit la fatigue lui tomber dessus au fur et à mesure qu'il avançait. Il avait eu une journée assez épuisante. Normalement, le jeudi était sa journée la plus courte. Il commençait à dix heures et finissait à seize heures. Là, il avait commencé à la même heure que d'habitude mais il avait terminé une heure plus tard. De plus, il avait surveillé son tout premier examen. À la fin de celui-ci, il avait discuté avec Harry, puis avec Justin, et il était ensuite allé voir Théo. Résultat, il était presque dix-neuf heures et il n'allait pas pouvoir se reposer tout de suite puisqu'il devait encore dîner dans la Grande Salle. Il voulait juste déposer sa mallette avant de s'y rendre. Une fois ceci fait, il sortit de ses appartements et alla manger tout en gardant un oeil sur les Serdaigle. Remus et lui restèrent jusqu'à vingt heures puis ils rentrèrent. Éreinté, Sirius s'affala sans aucune grâce sur le canapé.. Un poids de chaque côté de ses jambes lui signifia vite que Remus l'avait rejoint. Des lèvres se posèrent dans son cou, le faisant faiblement gémir.

- Remus, on peut remettre ça à une autre fois ? Je suis crevé, là...

- Oh, pardon. Tu as eu une dure journée ?

Sirius se mit sur le dos et raconta sa fin de journée à Remus.

- Ah oui, je comprends mieux pourquoi tu es tout raplapla... Mais ça, c'est parce que tu ne comptes pas tes heures auprès de tes élèves. Je ne vais pas te le reprocher car je suis pareil. Mais peut-être à un degré moindre que toi.

- Tu trouves que je m'investis trop ? s'inquiéta Sirius.

- Je n'ai pas dit ça, mais ça explique en partie pourquoi tu es aussi fatigué. Ce qui est drôle, c'est que tu t'es occupé de trois élèves qui appartiennent tous à une maison différente, sauf celle dont tu es le directeur.

Sirius resta bloqué quelques secondes avant de réaliser que Remus avait raison.

- Misère, j'ai tout faux... Enfin bon, parmi ces trois élèves, il y a quand-même mon filleul. Qu'il soit à Gryffondor, Serdaigle ou Serpentard n'a aucune importance. Mais c'est vrai que je leur ai consacré deux heures et qu'il n'y a pas un seul Serdaigle dans l'histoire. Ils m'ont épuisé, en tout cas.

- Je pense que dans ta fatigue, il y a aussi le fait que les vacances arrivent. Inconsciemment, tu t'es déjà mis en mode repos.

- Je vais en avoir besoin ce soir pour affronter la dernière journée de cours...

- Dans ce cas, je vais te laisser te reposer.

- Tu ne m'en veux pas ?

- T'en vouloir ? De quoi ? demanda Remus, surpris.

- Ben... ce midi, tu m'as bien fait comprendre que tu avais des projets pour nous ce soir...

- Oui mais tu n'es pas en état, alors on oublie, dit gentiment Remus.

- Mais ça ne va pas trop te frustrer ? Ton loup va supporter que je me refuse à toi ?

- On n'est pas encore dans la semaine qui précède la pleine lune. Et c'est lorsque tu refusais le lien et qu'on avait un moment intime qu'il pouvait me pousser à me montrer agressif. Il est beaucoup plus calme depuis le transfert et ton acceptation du lien qui en a découlé. Là, il attend l'union mais le fait qu'on aille toujours un peu plus loin dans nos activités sexuelles l'aide à patienter.

- Encore quelques jours et on le fera, murmura Sirius.

Remus et lui avaient convenu qu'ils s'uniraient au début des vacances. Sirius se sentait prêt depuis une semaine mais ils s'étaient dit qu'il valait mieux attendre les vacances. Au moins, si Sirius avait mal le lendemain, il ne serait pas dérangé avec les cours. Ils auraient aimé ne pas avoir à choisir un moment précis pour le faire mais ils étaient obligés de s'unir assez rapidement s'ils souhaitaient faire leur première fois pendant les congés. Car à partir du jeudi de la première semaine, Remus entrerait dans les sept jours qui précédaient la pleine lune, sa libido augmentait de façon considérable durant cette période et il avait besoin de rapports plus brusques que d'habitude. Ce n'étaient pas du tout des conditions idéales pour une première fois et Remus ne voulait surtout pas blesser Sirius. Comme la pleine lune avait lieu quatre jours avant la rentrée, Remus ne serait pas en état de faire quoi que ce soit jusqu'à la fin des vacances. Ils avaient donc dû décider de s'unir au début de leurs congés. Sirius appréhendait autant qu'il avait hâte. Il avait évidemment peur d'avoir mal mais il désirait ardemment s'unir avec Remus.

- Évitons d'y penser pour le moment, dit celui-ci en se levant du canapé. Je vais travailler un peu. Je peux aller dans la chambre si tu veux rester ici pour te reposer.

- Non, je préfère m'occuper. Si je me repose maintenant, je vais directement faire ma nuit et je vais me réveiller à trois heures du matin... Il vaut mieux que je résiste jusqu'à vingt-et-une heures.

- Si tu t'écroules de fatigue sur la table, je te porterai jusqu'au lit comme le prince charmant que je suis.

- Ça donnerait presque envie de faire semblant de m'endormir sur la table, s'amusa Sirius. Mais ça devrait aller. Je vais travailler, moi aussi, ça retiendra mon attention.

Sirius se leva à son tour et s'assit à table. Il prit sa mallette qu'il avait posée au pied de sa chaise et en sortit les devoirs des sixième année. Il avait plein de copies à corriger et il souhaitait s'avancer au maximum. C'étaient les vacances le lendemain et il comptait bien en profiter le plus possible.

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(vendredi 22/03) POV Severus

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Alors que Severus venait de quitter la Grande Salle, il fut retenu par quelqu'un qui l'appela.

- Severus !

Il se retourna et vit que c'était Sirius.

- Oui ?

- Je dois te parler. À propos de Harry, des vacances et... enfin tout ça, quoi.

- D'accord, allons dans ma salle de classe, si tu veux bien.

Sirius acquiesça et emboîta le pas à Severus. Ils se rendirent au cachot où Severus avait cours une heure plus tard.

- Je t'écoute, dit Severus.

- Harry souhaite passer la deuxième semaine des vacances au Square. Et il préfère qu'on s'occupe de son anomalie génétique lors de la première semaine. Il serait aussi d'accord pour que Draco vienne passer une ou deux semaines au Square mais ça, tu devais t'en douter.

- En effet. Merci pour toutes ces informations. Comment a-t-il réagi au fait de passer une semaine loin de Draco ?

- Ça a été le premier problème qu'il a soulevé. Il était un peu réticent à cause de ça mais j'ai réussi à le convaincre en lui disant que cela allait le préparer en douceur à être séparé de Draco pendant une grande partie de l'été. Il va juste falloir trouver de quoi l'occuper pour l'empêcher de penser à Draco. Mais j'ai de la peine pour eux. Ne pas pouvoir se voir pendant un mois et demi, ça va être dur...

- Ils pourront toujours s'écrire. Et on les laissera peut-être passer une ou deux journées ensemble sur le Chemin de Traverse. Après, il se peut qu'il ait encore des séances de thérapie arrivé aux vacances d'été. Je pensais qu'on aurait terminé bien avant ça mais il y a beaucoup plus de choses à traiter que ce que je croyais. Et il aura sûrement besoin d'un suivi régulier même quand on aura tout déblayé. Ce qui veut dire qu'on devra se voir au moins une fois par semaine durant l'été. Les séances auront probablement lieu à treize heures et ne dureront pas plus de deux heures. Avec ton accord, il pourra passer le reste de la journée avec Draco. Je le renverrai chez toi à l'heure du dîner.

- Ça me semble parfait, approuva Sirius. Et ça fera très plaisir à Harry. Il appréhendera déjà moins les grandes vacances s'il a la certitude de pouvoir voir Draco assez souvent. Mais encore faut-il qu'il soit encore en thérapie à ce moment-là...

- Il y a de grandes chances, tu peux me croire. Et ce n'est pas lui qui s'en plaindra. Mais puisqu'on en parle, pendant les vacances de Pâques, il n'y aura pas d'interruption des séances. On continuera à se voir deux fois par semaine. Tu t'en doutais sûrement mais je préférais le préciser quand-même.

- Tu as raison, mieux vaut que les choses soient claires. On reste sur les mêmes jours ?

- Oui, ça ne servirait à rien de changer de jours parce que ce sont les vacances. En plus, il a besoin de stabilité.

- Tout à fait. Mais comment ça se passera quand on sera au Square ?

- On devra emprunter plusieurs cheminées. Celle de mes appartements est liée à celle de ma maison qui est elle-même liée à celle du Square. Je viendrai chercher Harry par ce biais et on empruntera le même chemin pour aller à mes appartements où se dérouleront les séances.

- D'accord, heureusement que tu as réfléchi à tout ça en amont. Mais ce serait bien que la cheminée du Square soit liée à celle de tes appartements... Et que la cheminée des miens soit liée à celle de ta maison.

- C'est ce qu'on aurait dû faire en prévision dès les vacances de Noël, mais on avait trop de choses à penser. Je profiterai des vacances de Pâques pour faire les démarches pour lier nos cheminées. Il me faudra juste ton accord pour que je puisse faire la demande et ensuite on aura des papiers à remplir.

- Je dois te donner une autorisation écrite, c'est ça ?

- Oui, en deux exemplaires. Une pour la cheminée de tes appartements et une pour la cheminée du Square.

- Je vais te les donner maintenant.

Sirius ouvrit sa mallette et en sortit un rouleau de parchemin. Il écrivit sur deux morceaux différents et les tendit à Severus.

- Ça ne te dérange pas de t'en occuper ?

- Non, j'ai l'habitude des démarches, ça va aller assez vite, c'est juste la procédure qui va prendre du temps. Mais d'ici cet été, nos cheminées devraient être reliées. Mais pour en revenir aux vacances de Pâques, je vais devoir contacter au plus vite le généticomage pour espérer avoir un rendez-vous la semaine prochaine.

- Tu penses que c'est faisable ?

- Si je lui explique bien la situation, il fera de son mieux pour nous trouver une place. Ce n'est pas urgent en soi mais si on n'a pas de rendez-vous pendant ces vacances, il faudra attendre cet été et il comprendra que nous aimerions être rapidement fixés.

- Tu en connais un à Sainte-Mangouste ?

- Oui, mais ce n'est peut-être pas le plus chevronné. Je vais le voir demain et lui demander s'il peut m'orienter vers le plus expérimenté des généticomages. Je te tiendrai au courant.

- D'accord, merci beaucoup. Est-ce qu'il y a autre chose dont nous devons parler ?

- Non, je crois que c'est tout.

- Bien, je vais te laisser, alors. J'ai cours dans une demie-heure et je sais que toi aussi.

- Oui, j'ai l'examen blanc des cinquième année.

Severus vit l'inquiétude dans les yeux de Sirius après avoir prononcé ces mots. Il devina aisément ce qui l'angoissait et tenta de le rassurer :

- Ne t'en fais pas, il va le réussir. Il a énormément progressé. Aussi bien en pratique qu'en théorie. Sans compter les mauvaises notes qu'il a eues en début d'année et qui ne sont pas révélatrices de son niveau, il a 16,4 de moyenne, ce qui lui confère un Effort Exceptionnel en contrôle continu.

- Ah oui, quand-même... Mais il m'a dit qu'il avait eu plein d'Optimal, lâcha Sirius, étonné. Il devrait avoir une moyenne un peu plus haute...

- C'est vrai, il est abonné aux Optimal, mais principalement depuis sa convalescence. Ses énormes progrès que je n'ai pas voulu voir ont été fulgurants dès la rentrée, mais pas au point d'avoir des dix-huit partout. Il oscillait entre quinze et dix-sept pour ses échantillons et ses comptes rendus et entre quatorze et seize à ses devoirs individuels et sur table. Et il tournait autour des dix-sept à ses devoirs en binôme. Désormais, il n'obtient que des dix-sept ou dix-huit en pratique et il oscille entre quinze et dix-sept en théorie.

- Je vois. Je n'étais pas vraiment au courant de tous ces détails. Il a donc de grandes chances d'avoir un Optimal de moyenne à ses examens blancs de potions, même s'il a un seize en théorie.

- C'est ça. Il va se surpasser donc ça ne m'étonnerait pas qu'il ait même un Optimal en théorie.

- C'est la note qu'il espère avoir, avoua Sirius. Il sera tellement déçu s'il a un Effort Exceptionnel... Mais on en a parlé et il n'en fera pas une dépression non plus. Il aimerait juste que ses efforts soient récompensés et qu'il ait une note à la hauteur de son niveau.

- Tout ne tient qu'à lui, il le sait et il fera son maximum pour obtenir la note qu'il désire. Je lui fais entièrement confiance pour ça.

Sirius acquiesça. Cette discussion devait l'avoir apaisé car il semblait un peu plus détendu. Severus remarqua alors qu'il avait l'air fatigué.

- Ouh là, tu as grandement besoin de vacances, toi.

- Ça tombe bien, c'est ce soir... Je ne sais pas comment tu fais pour ne pas être épuisé.

- N'oublie pas que tu es encore un peu fragile. Tu n'es pas totalement remis du transfert. Je t'ai fait reprendre le boulot parce que tu étais en état et parce que Filius avait ses propres cours et ne pouvait donc pas te remplacer trop longtemps mais normalement, j'aurais dû attendre une semaine de plus. Tu n'as pas suivi ta convalescence jusqu'au bout. Il te manque une partie de repos mais les vacances vont te permettre de la récupérer. Ce serait donc bien que tu restes au calme et que tu ne te fatigues pas trop. Dors suffisamment, surtout. C'est la base. Évite les émotions fortes et les contrariétés. Et ne fais pas trop d'exercices physiques. Oublie les courses-poursuites dans le château avec la chatte de Rusard. N'essaie pas de nier, ça ne sert à rien, prévint Severus en voyant Sirius ouvrir la bouche.

- Mais comment tu sais ça, toi ? protesta-t-il.

- J'ai mes sources, répondit simplement Severus.

- Mouais. Mais quand tu dis que je dois éviter les efforts physiques, tu veux parler de toutes sortes d'efforts physiques ?

Severus haussa un sourcil. Il était presque sûr d'avoir saisi la question implicite de Sirius mais il ne put résister à l'envie de l'embarrasser :

- Peux-tu être un peu plus clair ?

- Je crois que tu as compris, s'agaça Sirius.

- Peut-être mais je ne voudrais pas faire de contre-sens. Allez, tu sais bien que je n'ai pas de tabous. Je ne suis pas psychomage pour rien.

Sirius hésita puis soupira.

- Remus et moi avons prévu de consommer le lien au début des vacances. Mais si tu me prescris un repos quasi complet, il va sûrement falloir qu'on s'abstienne...

- Non, au contraire, faites-le si tu te sens prêt et si vous en avez envie. Tant que c'est une seule fois pendant les vacances, tu peux. Et c'est encore mieux si c'est dès les premiers jours des vacances. Tu auras tout le temps de te reposer ensuite. De toute façon, je ne pense pas que tu pourras faire grand-chose durant les jours qui suivront... Tu seras bien obligé de rester tranquille.

Sirius rougit de nouveau.

- Merci, je vais y aller. Bon courage pour l'examen blanc.

Severus n'eut pas le temps de répondre que Sirius était déjà parti. Il sourit, ravi d'avoir embarrassé son collègue au point que celui-ci se soit presque enfui en courant. Même s'ils étaient devenus amis, Severus prenait toujours un malin plaisir à embêter Sirius quand il le pouvait. Mais pas de la même façon qu'avant. Et Sirius le lui rendait bien. Là, c'était bon enfant alors que lorsqu'ils étaient élèves à Poudlard, ils se cherchaient pour se faire du mal. Malgré le comportement taquin de Severus, Sirius savait qu'il pouvait compter sur lui si ça n'allait pas. Severus avait d'ailleurs l'intention de préparer des potions afin d'aider Sirius à affronter le lendemain difficile qui l'attendait. Mais il verrait cela un peu plus tard. Il ne restait plus que vingt minutes avant l'examen blanc des cinquième année et rien n'était prêt. Il devait sortir les sujets, disposer convenablement les tables, vérifier que rien ne traînait sur celles-ci et sur les chaises... Il se mit donc au travail et les vingt minutes furent juste suffisantes pour faire tout ce qu'il fallait. Il fit entrer les élèves peu avant quatorze heures, distribua les sujets lorsqu'ils furent tous assis, il retourna à son bureau tandis que les trente-neuf cornichons prenaient connaissance de ce qui allait les occuper pendant deux heures. Il avait essayé d'arrêter de désigner les élèves par ce mot mais il y était tellement habitué qu'il ne pouvait pas s'en empêcher. Mais il ne le faisait plus par mépris. C'était devenu une sorte de synonyme de «têtes blondes» pour lui. C'était plutôt affectueux, du coup. Alors que ses élèves planchaient sur leur devoir, Severus prit des copies dans sa mallette afin de les corriger. Il releva fréquemment la tête pour voir si tout se passait bien. Sans grande surprise, Draco semblait complètement à l'aise et écrivait sur son parchemin sans avoir besoin de réfléchir. Du moins, c'était l'impression qu'il donnait. Il différait énormément de son petit-ami. Harry, lui, était tendu de tout son être et était plus que concentré. Il était tellement crispé que Severus dut se retenir d'aller le voir pour lui demander de se détendre. Il aurait pourtant grandement eu besoin de ce conseil. Severus regrettait qu'il se mette autant la pression. Il avait appris à aimer les potions et il aurait pu prendre du plaisir à profiter de cet examen pour montrer à quel point il s'était amélioré. Au lieu de ça, ça avait presque l'air d'être une torture pour lui. Severus trouvait ça triste et considérait ça comme du gâchis. Il espérait juste que cela n'allait pas empêcher Harry d'avoir la note qu'il méritait. Il fut donc plutôt rassuré de le voir poser sa plume et relire sa copie un quart d'heure avant la fin de l'examen. Il avait bien géré son temps. Et il avait beaucoup écrit. C'étaient des points positifs. Maintenant, il fallait que le contenu suive. Severus commença à surveiller l'heure et libéra les élèves à seize heures tapantes. Lorsque Draco déposa sa copie sur son bureau, Severus le retint :

- Draco, pourras-tu venir me voir à dix-sept heures ?

- Euh... oui, si tu veux.

- J'ai fini les cours donc viens directement à mes appartements.

- D'accord. Mais... y a rien de grave, j'espère ?

- Non, je veux juste te parler des vacances.

- Oh, fit Draco, l'air soulagé. Je viendrai, alors. À tout à l'heure.

Draco s'en alla, rejoignant Harry et ses amis de Serpentard qui l'attendaient. Devant laisser la salle à Horace, Severus se leva, rangea ses affaires et quitta le cachot. Il rentra à ses appartements et exhala un soupir satisfait en réalisant qu'il était en vacances. Bon, il n'allait pas vraiment pouvoir se reposer puisqu'il allait être très occupé, comme d'habitude, mais cela lui ferait du bien de s'éloigner un peu des cours. Même s'il allait devoir corriger tout un tas de copies. Mais il faisait malheureusement un métier où, même en vacances, il devait continuer à travailler.

En attendant la venue de Draco, il fit un peu de rangement dans ses papiers. Il y en avait besoin. Ce n'était plus un buffet qu'il avait mais un fourre-tout. Il devenait difficile de s'y retrouver. Il triait ses lettres quand il entendit quelqu'un frapper à la porte. Il alla ouvrir et fit entrer Draco qu'il conduisit jusqu'au salon.

- Que veux-tu boire ? Du thé ? Du jus de citrouille ? demanda Severus.

- Je veux bien du jus de citrouille. Ça me coupera moins l'appétit.

- D'accord, je t'amène ça tout de suite.

Severus s'éclipsa et se rendit à la cuisine. Il remplit un verre de jus de citrouille et l'apporta à Draco dans le salon.

- Que voulais-tu me dire ? s'enquit Draco, visiblement impatient de savoir. Tu m'as juste dit que ça concernait les vacances...

- En effet. Je ne vais pas tourner autour du pot. Harry va passer la deuxième semaine des vacances au Square, avec son parrain et son directeur de maison.

Le visage de Draco se décomposa.

- Quoi ? Mais... pourquoi ?

- Ils doivent se retrouver rien que tous les trois.

- Ils peuvent très bien le faire ici, rétorqua Draco. Pas besoin de partir loin de Poudlard pour ça !

- Justement, si. Ils ont besoin de prendre un peu de distance avec le château où il s'est passé trop de choses depuis le début de l'année scolaire. Certes, ils ont passé les vacances de Noël ensemble mais Harry était en pleine convalescence et venait de vivre quelque chose de traumatisant entre les murs de ce même château. Là, Harry va mieux et ils aimeraient en profiter pour avoir une vraie semaine de vacances loin de Poudlard. Et ils doivent aussi s'habituer à leur nouvelle vie de famille. Tu es au courant, je crois.

- Oui, murmura Draco. Mais pourquoi Harry ne m'en a-t-il pas parlé ?

- Parce que ça a été décidé hier soir. Enfin, son parrain et son directeur de maison avaient cette idée depuis un moment mais ce n'est qu'hier après l'examen de sortilèges que Sirius en a parlé à Harry.

- Et il était d'accord ? Ça se trouve, son parrain lui a forcé la main ! Il n'a pas eu son mot à dire !

- Non, il avait parfaitement le choix. Son parrain ne l'aurait jamais obligé à passer une semaine au Square s'il n'en avait pas envie. Harry a accepté de son plein gré. Il était conscient que ça lui ferait du bien de partir un peu loin de Poudlard. L'année n'a vraiment pas été facile pour lui, il a besoin de se changer un peu les idées et d'oublier tout ce qui se rapporte de près ou de loin à Poudlard. La seule chose qui l'a rendu réticent au début, c'était qu'il ne voulait pas être séparé de toi. Et il ne souhaitait pas partir alors que Théo viendrait tout juste de quitter l'infirmerie. C'est entre autres pour ça qu'il a été décidé qu'ils iraient au Square lors de la seconde moitié des vacances. Harry pourra ainsi passer du temps avec Théo. Ainsi qu'avec toi et ses amis, bien sûr. Mais il était tout de même triste à l'idée de passer une semaine sans toi. Et je sais que c'est ce qui t'embête aussi, et c'est bien normal. Mais tu dois te dire que vous serez séparés bien plus longtemps pendant les vacances d'été. Cette semaine que vous allez passer loin l'un de l'autre, ce n'est rien à côté. Mais elle va vous permettre de vous y habituer en douceur. Est-ce que tu comprends ce que je veux dire ?

- Oui, dit Draco à contre-coeur. Mais je vais déprimer sans Harry, moi... J'ai besoin de l'avoir près de moi...

- Tu pourras en profiter pour passer plus de temps avec tes amis, relativisa Severus.

- Théo va devoir rattraper les examens, Blaise sera avec sa copine et Pansy sera avec son copain...

- Théo n'a que six examens à rattraper, en trois jours ce sera bouclé. Et tes deux autres amis ne vont pas passer toutes les vacances avec leur moitié... Et puis je suis là, moi. Tu pourras rendre visite à ton vieux parrain quand tu t'ennuieras.

Draco sourit.

- C'est vrai. Non mais tu as raison, il faut que Harry et moi nous préparions à cet été.

- En fait, il se peut que vous puissiez vous voir plus souvent que vous ne le croyiez. Sirius m'a dit que Remus et lui t'accueilleraient avec plaisir pendant une ou deux semaines au Square. Et comme Harry sera sûrement encore en thérapie, il viendra passer les séances chez nous, il arrivera à treize heures, la séance prendra fin à quinze heures et vous pourrez passer le reste de la journée ensemble. Il s'en ira à l'heure du dîner. Il y aura une séance par semaine, donc vous vous verrez assez souvent, tout compte fait.

Le visage de Draco s'illumina.

- C'est bien plus que ce que j'aurais espéré ! Je m'attendais à passer deux mois entiers sans Harry...

- Nous aurions difficilement pu vous séparer aussi longtemps. Mais passer deux semaines au Square avec Harry, ça signifie aussi passer deux semaines au Square avec Sirius et Remus. Penses-tu que tu seras prêt à passer autant de temps avec eux dans la sphère privée ?

- Ils sont cool, ça devrait donc aller. Et je serai très poli avec eux. Ils n'auront pas à se plaindre de mon comportement. Je serai sage comme une image.

- Ça, je m'en doute bien. Je t'imagine mal faire des bêtises chez les tuteurs de ton petit-ami... Tu n'en fais déjà jamais en temps normal... Mais quand je te demandais si tu te sentirais prêt, je parlais aussi du fait que tu devras sûrement arrêter de t'adresser à tes professeurs en les appelant justement ainsi. Ça n'aurait aucun sens.

- Oh... Je verrai quand ils m'en parleront. Mais je ferai ce qu'ils me diront.

Severus regarda attentivement Draco.

- Tu es prêt à faire tous les efforts possibles et imaginables pour pouvoir passer deux semaines avec Harry pendant l'été, constata-t-il, impressionné.

- Je l'aime, répondit simplement Draco. Et je veux avoir de bonnes relations avec ses tuteurs, même si, officiellement, le professeur Lupin n'a aucun droit sur Harry. Mais ce qui compte, c'est la réalité. Et dans la réalité, le parrain de Harry et son directeur de maison s'occupent de lui comme s'il était leur propre enfant. Je dois donc bien m'entendre avec eux.

- Ce sont des propos très sages que tu tiens là. Et je t'approuve totalement. Je suis touché de voir à quel point tu prends à coeur ta relation avec Harry. Et de voir à quel point tu l'aimes. Pour être honnête, je trouve que tu as l'air bien plus apaisé et bien plus heureux depuis que tu es en couple avec Harry. Tu sembles avoir trouvé ton équilibre.

- C'est tout à fait ça, affirma Draco. Il était la pièce manquante à mon bonheur. Je l'avais déjà en tant que binôme mais ce n'était pas pareil. Ce n'était pas une relation de binôme que je voulais avec lui. J'ai mis du temps à m'en apercevoir mais ça faisait déjà un bon moment que j'étais amoureux de lui. J'étais en couple avec Graham quand j'ai commencé à penser un peu trop souvent à Harry. Et il n'a pas quitté mes pensées depuis. On s'était croisés une fois dans le dortoir de nos petits-amis au petit matin, on était en caleçon et... j'avais plutôt trouvé Harry à mon goût, avoua Draco en rougissant. On était aussi gênés l'un que l'autre. J'avais donc déjà des sentiments pour lui quand il a été agressé par son petit-ami. C'est pour ça que ça m'a autant remué et que j'étais autant concerné par son état. Ce n'était plus seulement mon binôme. C'était le garçon que j'aimais. Quand on y réfléchit bien, j'ai mis du temps à avoir Harry. Il s'est passé énormément de choses depuis le début de mes sentiments envers lui. Mais c'était nécessaire. Et je crois que si je détestais autant Pucey au bout d'un moment, c'était parce que j'étais jaloux sans le savoir. Je voulais être à sa place. Tout ça pour dire que j'aime Harry et que maintenant que je l'ai, je ne compte pas le lâcher. Je l'ai trop attendu pour ça. Je veux rester le plus longtemps possible avec lui. Je suis amoureux et c'est l'un des sentiments les plus forts qui existent au monde.

Draco se tut sur ces mots. Severus demeura silencieux un moment. Il était ému par les confessions de Draco. Il venait de comprendre combien son filleul était amoureux et cela le touchait beaucoup. Il en était sûr, maintenant : Draco et Harry étaient promis à une longue histoire d'amour.

- Tu as raison, l'amour est plus fort que tout, dit-il doucement. Et tu vas être heureux avec Harry. Je le sens.

- Je pense aussi. J'en suis même sûr. J'ai l'impression qu'il n'y a qu'avec lui que je peux être vraiment heureux. C'est pour ça qu'il va tant me manquer quand je serai à Poudlard sans lui. Mais je viens de penser à un truc. J'aimerais faire quelque chose pendant la semaine où il sera au Square.

- Je t'écoute, déclara Severus, intrigué.

Draco sembla soudain gêné.

- Étant donné que je suis sous ta responsabilité aussi bien en tant que filleul qu'en tant qu'élève de ta maison, est-ce que tu as le droit de m'emmener quelque part pendant les vacances même si je suis censé les passer à Poudlard ? Ne serait-ce que deux ou trois heures ?

- En soi, rien ne me l'interdit. Mais il vaut mieux que j'évite d'abuser de ma situation. Il ne faudrait pas que tu aies plus de privilèges que tes camarades. Mais pourquoi me poses-tu cette question ? Où voudrais-tu aller ?

Draco se mordit la lèvre.

- Je ne sais pas si tu vas être d'accord...

- Rien ne coûte d'essayer. Dis-moi.

- Je... j'aimerais profiter des vacances pour... pour... Non, rien, oublie.

- Non, Draco. Dois-je te rappeler ce qu'on s'est promis lors des vacances de Noël quand nous nous sommes réconciliés ? Je t'ai demandé de tout me dire et je t'ai promis d'être toujours disponible pour toi. Et de t'écouter dès que tu en aurais besoin. Alors parle-moi.

Draco céda :

- J'aimerais aller voir ma mère à Sainte-Mangouste.

La requête de Draco figea Severus. Il ne pensait pas à ça. Il aurait pourtant dû se douter que Draco finirait par faire cette demande. Il se retrouvait dans une situation assez délicate. Il comprenait très bien le souhait de Draco, et il voudrait bien l'exaucer, mais il ignorait si c'était une bonne idée.

- Draco, tu sais qu'elle est dans le coma et qu'il est impossible de savoir si elle va en sortir un jour... Elle ne t'entendra peut-être pas et ça pourrait être un choc pour toi de la voir comme ça...

- Je suis conscient de tout ça, affirma Draco. Ça va sûrement être dur mais j'ai besoin de la voir. Je veux le faire tant qu'il est encore temps. Je ne suis pas dupe, Severus. Je sais bien qu'il peut y avoir un revirement de situation à tout instant. Qu'il soit bon ou mauvais. Son coeur peut très bien lâcher tout comme elle peut se réveiller. Je me suis préparé à toutes les éventualités, même si c'est dur. Je ne peux pas prendre le risque de la voir partir sans avoir pu lui dire que je l'aimais.

- Je comprends, dit sincèrement Severus. Je t'emmènerai, alors.

- Merci, Severus, murmura Draco.

- Ça fait longtemps que tu y penses ?

- Quelques semaines, je dirais. Je n'en avais encore parlé à personne. Je le ferai bientôt avec Blaise, Pansy et Théo.

- Il est préférable qu'ils le sachent, en effet. Ils risquent de se demander où tu seras passé quand tu seras à Sainte-Mangouste. Il vaudrait mieux qu'on y aille au début de la deuxième semaine de vacances.

- Ça me va.

- Bien. As-tu autre chose à me dire ?

- Non, je crois que ce sera suffisant pour aujourd'hui, plaisanta Draco.

- Tes amis t'attendent ? Ou bien Harry, peut-être ?

- Je devais passer deux heures avec Harry après les cours, oui, mais comme tu voulais me parler, on a décidé de se voir après le dîner.

- Vas-y, alors. Même s'il est un peu tôt pour aller manger.

- Je vais quand-même y aller maintenant. Comme ça, ce sera fait et je pense que Harry fera la même chose.

Severus hocha la tête.

- Bon appétit, dans ce cas.

Draco le remercia, lui souhaita de même et s'en alla. Severus soupira. C'était officiel : les vacances allaient être encore plus épuisantes que les sept mois de cours passés réunis...

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(samedi 23/03) POV Théo

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Théo attendait avec impatience que son directeur de maison vienne le voir. Il allait enfin lui permettre de quitter l'infirmerie. Lorsqu'il l'avait examiné la veille, il l'avait jugé apte à retourner à son dortoir. Draco était prévenu et devait venir le chercher à quatorze heures. Le professeur Snape avait trouvé que c'était une bonne idée que Théo se fasse accompagner. En attendant la visite de son médicomage, Théo lisait un livre sur les créatures tout en caressant Bianca. C'était Draco qui la lui avait amenée quand il était encore en état de choc. Elle était restée cachée sous la couette, bien sûr, mais cela avait apaisé Théo de la savoir près de lui.

Son médicomage arriva peu après treize heures. Théo rangea aussitôt Bianca et son livre, déjà prêt à partir. Le professeur Snape haussa un sourcil moqueur.

- Bonjour, M. Nott. Vous voilà bien pressé, constata-t-il. Vous allez cependant devoir attendre que je vous examine et que je vous parle des rattrapages avant de vous en aller. De plus, il faut que Draco soit là.

- Est-ce vraiment utile que vous m'examiniez ? Vous l'avez déjà fait hier...

- Je dois m'assurer que tout aille bien. Il ne faut rien négliger.

Théo se retint de soupirer et laissa son médicomage faire son travail. Même s'il en avait assez de se faire ausculter, il n'allait pas se rebeller. Il avait toujours été de nature docile et ce n'était pas près de changer. Il se plia aux exercices de motricité que lui fit faire le professeur Snape qui vérifia ensuite s'il maîtrisait bien sa magie. Tous les tests furent satisfaisants.

- Bien, tout est parfait. On va voir ensemble votre emploi du temps des examens et je vous laisserai tranquille. Lundi, vous aurez Défense Contre les Forces du Mal de neuf heures à onze heures, puis métamorphose de treize heures à quinze heures. Mardi, vous aurez sortilèges de neuf heures à onze heures et botanique de treize heures à quinze heures. Pour terminer, mercredi, vous aurez potions de neuf heures à onze heures et histoire de la magie de quatorze heures à seize heures. Est-ce que tout est clair ?

- Je crois, oui.

- Vous sentez-vous prêt à rattraper ces examens ? Si ce n'est pas le cas, n'hésitez pas à le dire. Nous pouvons vous donner quelques jours de plus.

- Non, ça ira, assura Théo. J'ai bien compris tous les cours qu'on m'a passés et je les ai lus, relus et re-relus plus de fois que nécessaire.

- D'accord, je n'insiste pas. Je vous fais confiance, vous savez ce que vous faites. Bon, je vais vous laisser attendre Draco. Il ne devrait pas tarder à arriver. Passez un bon week-end, prenez vos potions et reposez-vous bien.

Théo acquiesça et regarda son professeur s'en aller. Il jeta un coup d'oeil à l'heure et soupira. Encore quinze longues minutes à patienter... Du moins, c'était ce qu'il croyait. Car Draco arriva plus tôt que prévu. Théo bondit de son lit en voyant son meilleur ami passer à travers ses paravents.

- Te voilà ! Tu es en avance, dis donc ! Allez, on y va !

- Hé, doucement, protesta gentiment Draco. Tu n'es pas à cinq minutes près ! On t'a donné quoi à manger ce midi pour que tu débordes d'énergie comme ça ?

- Rien de spécial, c'est juste que je n'en peux plus de rester ici.

- Ok, laisse-moi prendre ta valise et on y va.

Théo ne chercha pas à contester, préférant s'en aller au plus vite de l'infirmerie plutôt que se battre avec Draco pour porter lui-même sa valise. Ils passèrent les paravents, saluèrent Mme Pomfrey et quittèrent l'infirmerie. Ils descendirent les trois étages et se rendirent aux cachots. Une fois arrivés à leur salle commune, ils montèrent à leur dortoir et s'assirent tous deux sur le lit de Théo qui était un peu fatigué.

- Ça va ? s'inquiéta Draco.

- Oui, je n'ai plus l'habitude, c'est tout. Mais je me sens en pleine forme.

- Tant mieux. Heureux d'être rentré ?

- Oh oui... Ça fait un bien fou. Je vais pouvoir sortir dans le château, me balader, voir tous mes amis en même temps si je le veux, rattraper les examens, manger dans la Grande Salle, dormir dans mon lit, gérer mes journées comme je l'entends... Je vais être un élève comme les autres, quoi. Et je vais être plus libre.

- C'est quelque chose qui te tient à coeur, la liberté, remarqua Draco. Tu as toujours été indépendant mais, avant, tu ne ressentais pas autant ce désir d'être libre.

- C'est une séquelle de l'été dernier, avoua Théo. J'ai vraiment mal vécu le fait d'être enfermé et isolé de tout à cause de la cavale de mon père, en plus de subir ses séances de torture quotidiennes. Je ne veux plus être sous le joug de qui que ce soit. Je peux me prendre en main tout seul et ça tombe bien puisque c'est ce qui m'attend cet été. Et c'est très bien comme ça. Bon, je vais ranger mes affaires. Tu as quelque chose de prévu, cet après-midi ?

- Ça dépend de toi, répondit Draco. Est-ce que tu voudrais voir Harry ?

Théo haussa les sourcils, surpris par cette question.

- Euh... s'il est libre et s'il est d'accord, oui, je voudrais bien...

- Super ! Quinze heures, ça te va ?

- Oui, c'est parfait. Mais... vous avez déjà tout préparé ou quoi ?

- Oui, confessa Draco. Comme on ne savait pas à l'avance si tu accepterais, on a convenu que Harry attendrait jusqu'à quinze heures quinze devant la salle sur demande.

- J'aurais difficilement pu refuser, dit Théo en souriant. Mais il tenait absolument à ce qu'on se voit dès ma sortie de l'infirmerie ou... ?

- Disons qu'à part aujourd'hui et demain, vous n'auriez pas vraiment eu le temps de vous voir, mais il t'expliquera tout ça lui-même.

- Oh, je comprends mieux... Il faut que je le vois aujourd'hui, alors. Mais ça ne te dérange pas ? Tu aurais peut-être voulu passer l'après-midi avec lui... C'est ton petit-ami, après tout...

- Moi, j'ai pu le voir autant que je le voulais au cours de ces deux semaines et demie, alors que toi non, alors tu es prioritaire, décréta Draco. Et ça me fait plaisir de te donner ma place. Je sais à quel point vous êtes proches, tous les deux. Ça me semble donc normal de vous laisser passer du temps ensemble.

- Tu es adorable. Mais tu m'as dit que Harry m'attendrait devant la salle sur demande ?

- Oui, vous serez tranquilles, comme ça. Mais ça fera peut-être trop de marches à monter pour toi, réalisa soudain Draco.

- Je vais m'écrouler au septième étage mais ça ira, plaisanta Théo.

- Severus t'a peut-être demandé de te reposer... Il entendait sûrement par-là «rester le plus possible dans ton dortoir»...

- Il ne se fait pas trop d'illusions, je pense. Il sait que je ne vais pas pouvoir passer tout l'après-midi ici. Même si je n'étais pas attendu par Harry, je serais allé me promener à un moment ou à un autre. Ça aurait été plus fort que moi.

- Mais tu ne serais pas allé jusqu'au septième étage...

- Je sais ce que je fais, Draco, apaisa Théo. J'ai envie de voir Harry et tu avais raison quand tu disais que nous serions plus tranquilles dans la salle sur demande. J'aurai tout le temps de me reposer une fois que j'y serai.

- D'accord, je te fais confiance, dit Draco en souriant.

- Du coup, je défais ma valise et j'y vais.

- Tu veux quand-même que je t'accompagne jusqu'au septième étage ? Promis, après, je vous laisse tout seuls ! s'exclama Draco. Je veux juste éviter que tu tombes de fatigue ou que tu te sentes mal sur le chemin et que personne ne soit là pour t'aider.

Théo sourit à son tour.

- Tu peux venir avec moi, oui, accepta-t-il. Sinon, tu vas angoisser en te demandant si je ne me suis pas écroulé entre le troisième et le quatrième étage...

- Tu es fragile, c'est normal que je m'inquiète pour toi, protesta Draco.

- Mais oui, je sais, et ça me touche beaucoup. Je m'y suis habitué, depuis le temps. Ce sera toujours comme ça, je pense.

- Je me suis senti inutile quand tu étais en état de choc, je ne pouvais rien faire, alors je me rattrape maintenant. Mais sans te couver non plus, je sais que tu n'aimes pas ça. Bon, je vais te laisser ranger tes affaires. À moins que tu veuilles que je t'aide ?

- Non, ça ira, merci. Tu peux jouer avec Bianca pendant que je plie et range tout.

Théo savait que Draco aimait bien faire le zouave avec Bianca, tout en faisant évidemment attention à elle. Il s'amusait à lui faire exécuter toutes sortes d'acrobaties qui ressemblaient bizarrement à des figures de Quidditch. Mais Théo se faisait sûrement des idées. Ce n'était absolument pas le genre de Draco de faire ce type de choses. Théo ne fut donc pas étonné de voir Draco faire voltiger Bianca pendant qu'il pliait son linge et le mettait dans son armoire.

.

Bianca était en train de faire des zigzags dans les airs quand Théo rangea sa dernière paire de chaussettes.

- On peut y aller, déclara-t-il.

- Cool ! se réjouit Draco en sautant sur ses pieds. Tu veux emmener Bianca avec toi ?

- Je n'aime pas trop l'avoir sur moi en-dehors du dortoir, grimaça Théo. J'ai peur de la perdre ou de me la faire voler. La seule fois où je l'ai prise avec moi, c'était pour la présenter à Harry lors de sa convalescence. Sinon, elle reste là.

- Si tu la gardes dans ta poche en taille miniature, elle ne risque rien. Et puis ça fera sûrement plaisir à Harry de la voir.

- C'est vrai. Même si... non, rien. Allez, en route.

Draco acquiesça et tendit Bianca à Théo qui la prit, la miniaturisa et la mit dans la poche de sa robe de sorcier. Ils quittèrent ensuite le dortoir et se dirigèrent vers les escaliers qu'ils montèrent jusqu'au septième étage. En débouchant sur un couloir, ils aperçurent Harry qui semblait attendre. Il les vit et leur fit un signe de la main. Les deux Serpentard le rejoignirent et Draco profita que le couloir soit désert pour embrasser son petit-ami.

- Je t'ai amené quelqu'un, annonça-t-il, amusé.

- Je vois ça, constata Harry en se tournant vers Théo. Alors, tu es de retour parmi les tiens ?

- Oui, je suis enfin rentré dans mon dortoir. Il était temps.

- Bon, je vais vous laisser. Harry, je te confie Théo. Si tu vois qu'il fatigue trop, raccompagne-le tout de suite à son dortoir. S'il se sent mal, emmène-le immédiatement à l'infirmerie.

- Draco, tu en fais un peu trop, là, protesta Théo.

- Je vais bien m'occuper de lui, promit Harry en même temps.

- Merci, je compte sur toi, dit sérieusement Draco.

Théo leva les yeux au ciel alors que Draco embrassait Harry avant de s'en aller.

- Il abuse, maugréa Théo.

- Je trouve aussi, renchérit Harry. Ne t'inquiète pas, je ne vais pas suivre ses recommandations à la lettre. Je te demande juste de me le dire si ça ne va pas.

- Promis, attesta Théo. On y va ?

Harry acquiesça en souriant et fit trois allers-retours devant la tapisserie représentant un sorcier et des trolls. Ils entrèrent ensuite dans la salle sur demande qui était apparue. C'était la deuxième fois que Théo y venait et il remarqua qu'elle ne ressemblait pas du tout à la salle qu'il avait connue lors de la petite fête qui avait eu lieu juste avant le procès. C'était beaucoup plus chaleureux et douillet. Il s'assit sur un coussin à côté de Harry.

- Je suis content que tu sois venu, avoua Harry. Je me disais que tu préférerais peut-être te reposer...

- Non, j'avais besoin de sortir et de me promener. Je ne pouvais pas rester dans mon dortoir. Mais je l'apprécierai beaucoup ce soir quand je serai dans mon lit. Là, pour l'instant, je veux profiter de ma liberté retrouvée. Et puis Draco m'a dit qu'il valait mieux qu'on se voit aujourd'hui ou demain. Il n'a pas voulu m'en dire plus.

- Oui, c'est à moi de t'en parler. Je vais passer la deuxième semaine de vacances dans la maison de mon parrain, avec mon directeur de maison et lui. Ils ont estimé qu'on avait besoin de se retrouver tous les trois loin de Poudlard et je suis d'accord avec eux. Mais ça m'embêtait car je ne voulais pas être séparé de Draco. Et j'étais déçu de devoir m'absenter une semaine alors que tu quittais tout juste l'infirmerie... Mon parrain m'a alors proposé d'aller au Square lors de la deuxième semaine, comme ça, je pouvais passer la première semaine avec toi, même si tu seras occupé avec tes rattrapages...

- Ça ne durera que trois jours et ce ne sera que quatre heures par jour. Et je suis ravi que tu puisses passer du temps avec ton parrain et ton directeur de maison dans un cadre plus familial. On se verra pendant une semaine et ce sera déjà très bien, même si j'aurais préféré qu'on se voit pendant toutes les vacances. Mais ça va te permettre de te rapprocher un peu plus de ta nouvelle famille, et de mon côté, je vais être suffisamment occupé entre Justin, Draco, Blaise, Pansy, Luna, Hermione... Je vais même essayer de rendre visite à Hagrid, Mimi Geignarde, les Sombrals et les licornes !

Harry se mit à rire.

- Je crois que c'est une bonne chose que je ne sois pas là, alors ! Tu as déjà assez de personnes à voir comme ça ! Il faut que je trouve du temps aussi pour aller voir Hagrid.

- On pourra y aller ensemble, si tu veux, proposa timidement Théo.

Harry sembla surpris pendant quelques secondes avant de sourire.

- Ce serait génial, dit-il sincèrement. Je suis sûr que ça lui ferait plaisir de nous voir tous les deux en même temps. Avant, j'y allais avec Ron et Hermione.

- On peut les emmener avec nous, suggéra Théo. Hagrid sera encore plus content !

- Je leur en parlerai, il faudra juste qu'on trouve un moment où on sera tous libres. Comme on a tous eu la bonne idée de se mettre en couple...

Théo rit à son tour.

- C'est vrai que ce n'est pas très pratique pour s'organiser ! Mais ça va se faire. En tout cas, on ne va pas s'ennuyer pendant ces vacances !

- On se reposera davantage durant les grandes vacances, on aura plus de temps.

Théo se sentit soudain mal à l'aise. Il n'eut pas envie de faire comme si de rien n'était face à Harry. Il se souvint alors de ce que lui avait dit le professeur Black deux jours plus tôt. Il lui avait conseillé de dire la vérité à Harry. Théo estima que c'était le bon moment.

- L'été ne sera pas forcément reposant pour moi, objecta-t-il, un peu nerveux.

Harry le regarda d'un air étonné.

- Pourquoi ?

- Je vais travailler, annonça Théo de but en blanc. Au Chaudron Baveur. L'idée m'est venue lorsque je suis venu te voir pour la première fois avec Draco durant ta convalescence. Le professeur Lupin avait déclaré que le Chaudron Baveur recherchait du monde et ça m'avait intéressé. Je vais y loger, ça, c'est certain. J'ai de quoi payer la chambre mais il faut que je gagne de l'argent pour la formation que je ferai après Poudlard... Comme tous les parents d'enfants Sang-Mêlés ou Sang-Pur, mon père a mis ce qu'il fallait sur mon compte pour mes sept années d'études à Poudlard. Comme je fais très attention à mes économies, j'ai bien plus d'argent que nécessaire pour la fin de mes études. C'est ça qui va me permettre de payer ma chambre au Chaudron Baveur. Mais je vais vite me retrouver à sec après Poudlard puisque je devrai subvenir seul à mes besoins. Je ne vais même pas pouvoir faire ma formation tout de suite. Je me doutais déjà avant le procès que mon père m'avait déshérité mais j'en ai eu la confirmation quand il m'a dit que je n'étais pas son fils. Je pense même que ça fait un bon moment qu'il l'a fait mais qu'il me l'avait caché jusque-là. Voilà pourquoi j'ai décidé de travailler au Chaudron Baveur cet été. J'ai déjà envoyé ma lettre de motivation et c'est ton parrain qui m'a aidé à la rédiger. C'est lui aussi qui m'a conseillé avant-hier de t'en parler. Il a dû sentir qu'à un moment, ça allait devenir nécessaire que tu le saches. Et ça n'a pas manqué. Vous êtes les seuls au courant, pour l'instant.

Théo se tut sur ces mots. Il observa Harry qui semblait assimiler ce qu'il venait de dire.

- Je ne m'attendais pas à ça, finit-il par réagir. Mais ça paraît logique, quand on y pense. Tu n'allais pas rester tout un été sans rien faire... Il était évident que tu allais préparer ton avenir en travaillant pour pouvoir t'offrir ta formation. Tu es tellement... mature. Tu vas être obligé de vivre comme un adulte dès cet été et ce ne sera même pas un problème pour toi puisque tu as déjà la mentalité d'un adulte. Mais tu ne devrais pas avoir à faire ça, normalement. Tu ne devrais pas passer tes vacances à travailler. Du moins, pas dans ces conditions. Je trouve ça horrible qu'à seulement seize ans, tu sois déjà obligé de subvenir à tes propres besoins.

Théo fut touché par l'amertume qui s'entendait dans la voix de Harry. Mais il ne voulait pas que le Gryffondor soit triste pour lui.

- Ne t'inquiète pas, je serai bien mieux à faire la plonge dans une auberge plutôt que vivre sous les coups et la tyrannie de mon père. Et l'idée de travailler me plaît beaucoup. Ce n'est pas du tout une contrainte pour moi. Je travaillerai là où je logerai, c'est plutôt pratique. Bon, je dis ça mais ce n'est pas encore fait. Je n'ai pas reçu de réponse pour le moment.

- Eh bien, j'espère que tu vas en avoir une très vite et qu'elle sera positive. Même si j'aurais préféré que tu fasses autre chose de tes vacances. Mais tu n'as pas vraiment le choix. Et si ça te plaît, alors tant mieux. Il n'y a que ton bonheur qui compte pour moi. Et si ça doit passer par des choix qui me crispent un peu, ce n'est pas grave. Tant que tu es heureux, c'est le principal. J'espère juste qu'on va quand-même pouvoir se voir.

- Je te dirai par lettre quand je serai libre, déclara Théo.

- Tu ne m'écriras pas juste pour ça, hein ? Tu me donneras de tes nouvelles ? s'inquiéta Harry.

- Évidemment, répondit Théo d'un ton apaisant. À condition que toi aussi.

- Promis, jura Harry. J'essaierai de venir te voir au moins deux fois pendant l'été. Mais si tu reçois un refus de la part des propriétaires, est-ce que tu as d'autres idées de jobs ?

- Oui, s'ils me refusent, je postulerai pour les autres commerces du Chemin de Traverse. Je ne sais pas s'ils recrutent mais ça ne coûte rien d'essayer.

- Franchement, les propriétaires du Chaudron Baveur seraient bêtes de te refuser. Ils ne trouveront jamais mieux que toi.

- Oh, c'est gentil, ça, s'attendrit Théo. Mais il faut vraiment que je me fasse embaucher car ils vont peut-être me faire payer le double du loyer...

- Pourquoi ? demanda Harry en fronçant les sourcils.

- Parce que j'aurai quelqu'un avec moi.

- Mais qu'est-ce que tu racontes ?!

Théo sourit et sortit Bianca de la poche de sa robe de sorcier. Il lui redonna sa taille initiale sous le regard émerveillé de Harry.

- Elle va sûrement devoir payer sa part de loyer...

Harry éclata de rire.

- T'es nul, je croyais que tu me parlais d'une vraie personne !

- Mais Bianca est une vraie personne ! répliqua Théo, l'air faussement outré. Un peu de respect pour elle, je te prie !

Harry secoua la tête, amusé.

- C'est trop mignon comment tu défends ta peluche. Ça se voit que ça t'a manqué quand tu étais tout petit.

- Toi aussi, ça a dû te manquer, non ?

Harry détourna le regard.

- Ce n'est pas une honte, tu sais, le rassura Théo.

- Je n'ai jamais eu besoin de peluches, répliqua Harry un peu sèchement.

Théo fut surpris par la virulence avec laquelle Harry venait de lui répondre. Mais cela le confortait dans ses doutes. Il y avait un problème entre Harry et les doudous. Il savait que ce n'était pas contre lui si le Gryffondor s'était emporté. D'ailleurs, celui-ci ne tarda pas à s'en vouloir.

- Désolé, je ne voulais pas te parler comme ça, murmura-t-il.

- Je ne t'en veux pas, affirma gentiment Théo.

- Tu devrais. Moi, je m'en veux. Tu es la personne contre qui j'aime le moins crier.

- Mais tu n'as pas crié, tu m'as juste répondu de manière un peu plus vive que d'habitude. Et je sais que ce n'était pas contre moi. J'ai juste abordé un sujet délicat qui t'a fait partir au quart de tour. Et comme je n'ai aucune envie de te fâcher, on va parler d'autre chose.

Harry se mordit la lèvre avant de soupirer.

- Non, je ne veux pas qu'on reste sur des tensions à ce sujet. Je ne veux même aucune tension entre nous.

- Moi non plus, mais tu n'es pas obligé de m'en parler si tu n'en as pas envie ou si tu ne te sens pas prêt, insista doucement Théo.

- C'est ça, le problème, grimaça Harry. J'aimerais me confier auprès de toi mais je ne pense pas être prêt...

- Alors parle-en avec le professeur Snape. Est-ce que vous avez déjà abordé ton enfance ?

- Oui, on est en plein dedans, justement.

- Profite-en, dans ce cas. J'ai bien vu que c'était compliqué pour toi d'en parler mais tu sais bien que tu peux tout lui dire.

Harry acquiesça.

- J'attendrai le bon moment. J'ai plein de choses à lui dire sur mon enfance, ça va nous prendre une bonne partie de la thérapie. Il faut donc que je parle de ça entre deux sujets. Sinon je vais avoir du mal à rebondir sur celui qu'on était en train de traiter.

- Je comprends. Tu sauras quand tu pourras lancer le sujet.

- Tout à fait.

Harry sourit et ajouta :

- Merci, Théo. Je ne sais pas comment tu fais pour me convaincre aussi facilement, sans avoir l'air d'essayer, sans insister, sans me brusquer... Tu sais comment me parler, mais d'une façon différente que le professeur Snape. Le fait que je sois incapable de me brouiller avec toi t'aide peut-être à me faire plier plus vite.

- Tu insinues que j'en profite ? s'amusa Théo.

- Qui sait, rigola Harry. Tu es un Serpentard, après tout.

- C'est vrai. Inconsciemment, je dois effectivement en profiter, songea Théo. Mais c'est vraiment de manière involontaire.

- À croire que nous ne pouvons pas faire les choses volontairement, plaisanta Harry. J'ai renoncé à comprendre ce qu'il y avait entre nous. Trop compliqué.

- Moi aussi, avoua Théo. C'est toi qui avais raison. Un peu de mystère, ça ne fait pas de mal.

- Entièrement d'accord. Bon, à part tout ça, est-ce que tu es prêt pour tes rattrapages ?

- Oui, j'ai passé mon temps à lire et relire les cours qui m'étaient donnés. Je pense les connaître sur le bout des doigts, à force.

- Tu apprends vite, en même temps. Mais tu n'es pas trop stressé ?

- Un peu, mais ça va. Juste ce qu'il faut. Je ne suis pas angoissé de nature. Mais il peut quand-même m'arriver d'être très stressé. C'est surtout le cas quand il y a quelque chose de très important dont je ne suis pas sûr de l'issue. Mais là ce sont des examens, et j'ai beau être trop modeste selon certains, je ne suis pas hypocrite, que ce soit envers les autres ou envers moi-même. Je suis conscient de mon niveau et je sais que je vais forcément réussir les examens, quels qu'ils soient. Et c'est frustrant car il n'y a aucun challenge, aucune pression que tu aimes avoir car ça t'encourage à donner le meilleur de toi-même. Mais bon, c'est comme ça et on ne peut rien y faire. Et toi, alors ? Dans l'ensemble, tu es satisfait de ce que tu as fait ?

- Oui, je n'ai pas à me plaindre. Il y a juste en histoire de la magie où je n'ai pas trop cartonné. Sinon, je suis fier des copies que j'ai rendues. J'ai fait de mon mieux et je pense que ça va payer.

- Je l'espère de tout coeur, dit sincèrement Théo. Tu t'es tellement investi dans tes études depuis ta convalescence... Tu mérites de voir tes efforts récompensés. Tu peux me dire quels sujets vous avez eus ?

Harry et Théo discutèrent pendant une bonne heure des examens blancs des BUSE. Harry fit part de ce qui l'avait un peu bloqué et Théo lui donna des conseils que le Gryffondor écouta attentivement. Ils ne virent pas le temps passer, si bien qu'ils furent surpris lorsqu'ils constatèrent qu'il était l'heure d'aller manger. Ils auraient juré qu'ils n'étaient dans la salle sur demande que depuis une heure alors que cela faisait en réalité quatre heures qu'ils discutaient. Après les BUSE blancs, ils avaient dévié vers d'autres sujets sans jamais laisser de blanc dans leur conversation tellement ils étaient inspirés. Ils durent cependant mettre fin à ce moment un peu hors du temps pour aller dîner. Ils avaient tous deux besoin de prendre du poids, et leur longue discussion leur avait ouvert l'appétit.

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Après avoir bien mangé, Théo décida de rentrer à sa salle commune. Ses amis ayant déjà fini de dîner lorsqu'il était arrivé, il leur avait dit qu'ils n'étaient pas obligés de rester. Il n'était pas sûr de pouvoir participer activement à une quelconque discussion, son esprit étant plongé dans une sorte d'état second très agréable dû au moment de pur bonheur qu'il avait passé avec Harry. Blaise, Draco et Pansy avaient compris et l'avaient laissé redescendre seul doucement. Il quittait donc la Grande Salle quand quelqu'un l'appela derrière lui. Il se retourna et sentit des papillons dans son ventre en voyant Justin. Il s'en voulut de ne pas avoir cherché son petit-ami du regard. Celui-ci le rejoignit, le sourire aux lèvres.

- J'espérais réussir à te voir aujourd'hui, confia-t-il. Je t'ai observé, pendant le dîner, et j'ai remarqué que tu avais l'air ailleurs.

- Oui, j'étais plongé dans mes pensées, expliqua Théo.

- Elles devaient être heureuses car tu semblais rêveur. Ça faisait plaisir à voir. C'est rare que tu sois aussi détendu.

- C'est vrai que je me sens bien, avoua Théo. Et je me sens encore mieux maintenant que tu es là. Tu étais ce qui manquait à ma journée.

- Oh, c'est mignon, ça, s'attendrit Justin. Tu allais quelque part ?

- Oui, je m'apprêtais à regagner mes pénates, dit Théo en souriant. Mais on pourrait peut-être passer le reste de la soirée ensemble ?

- J'adorerais mais tu dois sûrement te reposer...

- Je le ferai demain, promit Théo. Là j'ai besoin de voir ceux que j'aime.

- D'accord, allons à notre repaire secret, alors, proposa Justin.

- Non, j'ai mieux que ça, déclara Théo. Suis-moi.

Justin se laissa facilement convaincre et emboîta le pas à Théo. Ils prirent les escaliers et montèrent au septième étage. Théo emmena Justin jusqu'à la tapisserie de Barnabas le Follet devant laquelle il s'arrêta. Le regard de Justin s'illumina.

- La salle sur demande, devina-t-il. Je n'y avais pas du tout pensé. C'est une super idée. Ce sera bien plus pratique que notre repaire secret... Au moins, là, on est sûrs de ne pas se faire surprendre. Tu te rappelles comment on y accède ?

- Normalement, oui.

Théo passa trois fois devant la tapisserie en pensant fort à un endroit calme et apaisant. La porte de la salle sur demande se matérialisa dans le mur d'en face. Justin et lui l'ouvrirent et entrèrent.

- Ooooh, on se croirait dans un chalet de montagne, s'extasia Justin. Presque tout est en bois, il y a une cheminée, des plaids, des coussins... J'adore !

Justin s'installa par terre sur des coussins et attira un plaid à lui. Théo l'imita et vint se blottir contre son petit-ami. Celui-ci croisa tendrement ses bras autour de sa taille, l'enfermant dans un cocon qui donna à Théo un agréable sentiment de sécurité. Il était ému par cette étreinte remplie d'amour et de douceur. Cela faisait plus de deux semaines qu'ils n'avaient pas été aussi proches et ça lui avait paru horriblement long. Il avait besoin de Justin et de tout ce qu'il lui offrait. Il ignorait comment il avait pu tomber autant amoureux mais ce qu'il savait, c'était qu'il souhaitait que leur relation dure le plus longtemps possible.

- Comment te sens-tu ? finit par demander Justin.

- Bien, répondit Théo.

- Pas trop fatigué ?

- Non, ça va. Mais je sais que la fatigue va me tomber dessus quand je serai dans mon dortoir et que je vais m'endormir comme une souche.

- Ça se trouve, ça va même te tomber dessus ici sans que tu ne t'en rendes compte, s'amusa Justin. Et je ne pense pas que j'aurais le courage de te réveiller.

- Il le faudra bien, tu ne vas pas me laisser dormir ici, plaisanta Théo.

- Parce que tu crois que je te laisserai ici tout seul ? s'indigna Justin.

- Bah, tu ne veux pas me réveiller, et puis tu ne vas pas rester dormir avec moi...

- Tu as raison, admit Justin. Moi, ça ne me gênerait pas du tout, mais je sais que toi, tu serais mal à l'aise au réveil.

Théo baissa les yeux.

- C'est juste que c'est un peu trop tôt. Même si, techniquement, ça fait trois mois qu'on a commencé notre relation.

Théo se troubla juste après avoir prononcé ces mots. Il venait de réaliser que ça faisait quand-même un moment qu'il était avec Justin. Ils n'étaient pas vraiment en couple au début, certes, et il y avait eu des petites périodes de froid mais leur relation avait bel et bien débuté depuis le premier baiser consenti qu'ils avaient eu pendant les vacances de Noël dans la salle des binômes.

- On ira à ton rythme, assura Justin.

- Je sais, tu n'arrêtes pas de me le dire, et je ne te remercierai jamais assez d'être aussi patient, alors que tu aimerais sûrement aller un peu plus vite... Et je m'en veux justement de te freiner autant. On n'avance pas beaucoup à cause de moi...

- Non, ne dis pas ça, intima Justin. Tu as besoin de temps et c'est normal. De plus, ça ne fait qu'un mois qu'on est réellement en couple. Tu es quelqu'un de très romantique qui croit profondément en l'amour, tu ne pouvais donc pas aller plus loin tant que je refusais d'admettre mes sentiments envers toi... Quand on s'est officiellement mis ensemble, il y avait le procès qui approchait et tu n'étais pas vraiment dans les bonnes conditions pour avoir envie d'approfondir notre relation. Tu avais d'autres choses à penser. Ce n'est donc pas de ta faute si on stagne. Il y a une part de toi qui a besoin d'y aller doucement mais il y a aussi et surtout les circonstances qui n'incitaient pas du tout à passer à l'étape supérieure. Et puis, franchement, ça me convient d'y aller lentement. Ça permet de profiter à fond de notre histoire. Et c'est exactement ce que je veux. Je ne vais pas te mentir, je te désire et j'ai très envie de toi. Mais au fond, je suis comme toi. Je ne suis pas prêt à aller trop loin. Tu es le premier garçon avec qui je sors. C'est nouveau pour moi aussi. J'ai déjà eu une vie intime avec une fille mais avec un garçon, ça doit être très différent. Je suis donc tout aussi inexpérimenté que toi à ce niveau-là. C'est pour ça, entre autres, que je ne te presse pas. Car j'ai besoin de temps, comme toi. Mais si je ne te mets pas la pression, c'est avant tout parce que je ne veux pas te brusquer. Je t'aime trop pour ça. On va donc découvrir les choses ensemble. Tout ça pour te dire que tu n'as aucun stress à avoir.

Théo acquiesça sur ces derniers mots de Justin. Ce qu'il venait de lui dire l'avait soulagé d'un gros poids. Il n'avait pas pensé une seule seconde que Justin avait besoin d'y aller en douceur, lui aussi. Cela le rassurait énormément. Ils étaient dans le même état d'esprit et c'était juste génial. Il se sentait beaucoup plus léger, désormais. Il se retourna dans les bras de Justin et posa ses lèvres sur celles de son petit-ami. Il ferma les yeux et soupira lorsque Justin répondit à son baiser. Merlin, ça lui avait tant manqué... Ils s'embrassèrent un long moment, rattrapant ces dix-sept jours pendant lesquels ils n'avaient pas pu le faire. Ils y mirent tout l'amour, toute la douceur, toute la tendresse qu'ils avaient l'un envers l'autre. Théo aurait pu rester des heures ainsi. Mais ils furent raisonnables et finirent par séparer leurs lèvres.

- Je t'aime, murmura Justin.

- Je t'aime aussi, répondit Théo.

Il se lova de nouveau dans les bras de Justin qui lui offrit le même cocon qu'une heure plus tôt.

- Est-ce que tu as ton emploi du temps des rattrapages ? s'enquit-il.

- Oui, il est à peu près comme je l'imaginais. Lundi, j'ai Défense Contre les Forces du Mal de neuf heures à onze heures et l'après-midi, j'ai métamorphose de treize heures à quinze heures. Mardi, j'ai sortilèges de neuf heures à onze heures et botanique de treize heures à quinze heures. Et mercredi, j'ai potions de neuf heures à onze heures et histoire de la magie de quatorze heures à seize heures. Ça va donc être dur de se voir en début de semaine.

- Oui, mais après tu seras en vacances et on aura une semaine et demie devant nous, positiva Justin. Et puis j'aurai de quoi faire quand tu seras en examen.

- Oui, tu vas pouvoir voir tes amis, songea Théo.

- Entre autres, effectivement. Mais il y aussi autre chose dont je n'ai pas pu te parler avant.

Justin raconta alors à Théo sa discussion avec Alex Powell, un jeune Poufsouffle de première année qui lui avait demandé de l'aide. Il lui relata ensuite son entrevue avec le professeur Black qui avait pris cette histoire très au sérieux, qui s'était assuré des aptitudes de Justin à entraîner Alex et qui lui avait donné l'autorisation la veille d'utiliser la salle de sortilèges.

- C'est super sympa de sa part, commenta Théo. Et c'est super gentil à toi d'avoir accepté d'aider cet élève.

- Je ne pouvais pas le laisser tomber, il était tout désespéré... Et il était tout content lorsque je lui ai dit que le professeur Black voulait bien qu'on se serve de sa salle de classe. On a donc convenu de se voir le mardi de quatorze heures à seize heures et le vendredi de treize heures à quinze heures.

- Parfait, approuva Théo. Tu as déjà réfléchi à un programme ?

- J'ai pensé à quelques sorts, oui, en fouillant dans mes souvenirs. Comme le sortilège de lévitation, le maléfice du saucisson, les deux sortilèges de nettoyage, le sortilège de réparation, le maléfice de Jambencoton... En fait, je comptais sur toi pour m'aider un peu, avoua Justin.

Théo sourit.

- Pas de souci. Il faut juste du... Ah, super. Cette salle est vraiment géniale.

Théo se saisit du parchemin et de la plume qui étaient apparus à côté de lui. Il fit la liste de tous les sorts dont il se souvenait et qui étaient au programme de la première année.

- Il y a au moins les trois quarts des sorts qu'on a appris il y a quatre ans et Alex pourra compléter la liste s'il a besoin de réviser les sorts manquants.

- Merci, je ne sais pas comment tu fais pour être aussi efficace...

- J'ai une bonne mémoire et une bonne organisation, dit simplement Théo. Mais j'y pense, le mardi et le vendredi, c'est juste pendant les vacances ?

- Oui, on verra dans deux semaines quels jours on se verra quand les cours reprendront. On choisira aussi la fréquence hebdomadaire de nos séances. J'aurais aimé pouvoir le faire à l'avance mais c'est impossible, car le nombre de séances par semaine dépendra des progrès qu'aura faits Alex pendant les vacances. Je devrai voir ça avec le professeur Black. Il va falloir concilier nos trois emplois du temps car Alex et moi ne pourrons pas utiliser la salle de sortilèges quand le professeur Black aura cours... Ça risque d'être un vrai casse-tête. On va parler d'autre chose, d'ailleurs, sinon ça va me filer la migraine.

Théo acquiesça et orienta la discussion sur le Quidditch. Ils restèrent un moment là-dessus, puis ils parlèrent des couples de la bande. Ils passèrent toute la soirée dans la salle sur demande et ce fut à regret qu'ils la quittèrent peu avant vingt-trois heures. Justin raccompagna Théo à sa salle commune et rejoignit la sienne après l'avoir rapidement embrassé. Théo le regarda partir jusqu'à ce qu'il soit hors de vue et monta ensuite à son dortoir. Comme il l'avait prédit, la fatigue lui tomba vite dessus. À peine fut-il dans son lit qu'il s'endormit, épuisé mais heureux.

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Voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu ! Ce sont les vacances, ça y est, les persos pouvoir souffler … ou pas XD Je vous souhaite un joyeux réveillon du Nouvel An en avance ainsi qu'une bonne année, et je vous dis à dimanche prochain pour le cinquante-sixième chapitre qui s'intitulera «Problème matinal, union et angoisse». Bonne semaine à toutes et à tous et bisous tout le monde !