Bonjour à toutes et à tous ! Je vous souhaite une bonne année, du bonheur et de la réussite dans tous les domaines qui comptent pour vous !
Comme chaque dimanche, on se retrouve aujourd'hui pour le cinquante-sixième chapitre de SAMLP =)
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cassandre24 : Coucou =) Merci et bonne année à toi aussi ! Heureuse que le chapitre t'ait plu *-* Il va effectivement se passer beaucoup de choses pendant les vacances d'été, elles vont être très importantes pour certains personnages =) Vu à la vitesse où ça va, il va falloir attendre les vacances d'été réelles pour avoir celles dans la fic XD Mais il va se passer des choses entre-temps ;) J'espère que l'histoire continuera à te plaire =)
Zackos : Le loup de Remus a très envie de Sirius, en effet XD J'aime beaucoup ta scène, elle résume plutôt bien leur état d'esprit XD Bon, ça ne va pas durer toute la nuit, faut pas trop leur en demander XD Pour ce qui est du rendez-vous chez le généticomage, tu vas vite savoir quand il aura lieu XD J'espère qu'il vous plaira à tous, il est important pour la suite de l'histoire :) S'il faut attendre les vacances d'été pour avoir certaines scènes, certaines réponses, ce n'est pas du sadisme, promis XD C'est juste qu'il y a une chronologie et bon sang que c'est dur de s'y tenir XD Il va y avoir d'autres moments avec Harry et Théo, ça aussi c'est promis =) Contente que tu les trouves choupi, ce n'est vraiment que de la tendresse et de la mignonnerie entre eux ! Concernant Justin, il n'y a aucune mauvaise intention de sa part, il aime sincèrement Théo, mais c'est un peu compliqué pour lui car il aimerait bien faire avancer les choses entre eux mais il ne veut surtout pas brusquer Théo :/ Ça va finir par se décanter, il faudra juste qu'il soit patient XD Ravie que cette fic ait un peu égayé ton année, c'est vrai que lire, ça permet de s'échapper un peu du quotidien *-* J'aurais aimé continuer à proposer deux chapitres par semaine mais c'était impossible, mon avance diminuait considérablement, et là, avec les fêtes, je n'ai pas beaucoup écrit XD J'espère aussi que les tiennes se sont bien passées =) J'aurais voulu publier ce chapitre hier, mais vous auriez dû attendre plus longtemps pour le prochain XD Et je n'aurais même pas pu publier car je dois relire avant, et vu les circonstances, ça aurait été très compliqué XD Donc le voici aujourd'hui comme prévu, désolée pour l'attente *-*
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Merci à vous pour ces reviews et merci à tous ceux qui continuent à suivre cette histoire ! Je vous laisse avec le nouveau chapitre et je vous souhaite une agréable lecture =)
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Warning : Ce chapitre contient une scène sexuellement explicite.
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56 – Problème matinal, union et angoisse
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(lundi 25/03) POV Remus
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Remus était en train de lire la Gazette du Sorcier tout en buvant son café quand Sirius entra dans le salon. Il avait l'air préoccupé.
- Quelque chose ne va pas ? s'inquiéta Remus.
- C'est ce que j'aimerais savoir. Il est sept heures et Harry est déjà levé. J'ai voulu aller à la salle de bain et je l'ai entendu prendre sa douche. Je ne trouve pas ça normal qu'il soit levé si tôt.
- Il n'a jamais été un gros dormeur. Mais c'est vrai que se lever à sept heures alors que les vacances viennent tout juste de commencer, c'est assez étonnant. Après, il n'avait peut-être plus sommeil, tout simplement.
- Tu ne penses pas qu'il a voulu s'en aller en douce parce qu'il en a marre d'être ici ? Et qu'il n'osait pas nous le dire ?
- Ça m'étonnerait beaucoup. Il aurait d'abord vérifié si l'un de nous était déjà debout. Et puis le but aurait été de partir au plus vite, il n'aurait donc pas pris la peine de se laver. Il aurait très bien pu le faire une fois dans son dortoir.
- Pas faux, admit Sirius.
- Je crois que tu t'en fais pour rien. Harry est heureux d'être ici. Mais de toute façon, il doit retourner dans son dortoir ce soir. Il ne faut pas qu'il prenne l'habitude de dormir ici. Il ne doit pas s'éloigner de ses camarades. On l'a gardé hier soir car on a discuté jusque tard mais il était censé rentrer à son dortoir à ce moment-là.
- Je sais, grimaça Sirius. On verra ça avec lui quand il viendra prendre son petit-déjeuner.
Remus acquiesça. Sirius s'assit, se servit une tasse de café et se saisit de son propre exemplaire de la Gazette. Comme chaque matin, ils déjeunèrent en commentant ce qu'ils lisaient. Par chance, Remus avait une excellente mémoire car, ayant de l'avance sur Sirius, il devait donc se souvenir de ce qu'il avait déjà lu. Au bout d'une vingtaine de minutes, Sirius leva la tête de son journal et fixa la porte du salon.
- Il en met du temps, dit-il, anxieux.
- Oui, il n'est jamais aussi long, en temps normal.
Remus commençait désormais à s'inquiéter, lui aussi. Ça faisait trop de choses qui n'étaient pas dans les habitudes de Harry.
- J'espère qu'il n'est pas malade, s'angoissa Sirius. Tu crois qu'on devrait aller frapper à la porte pour savoir s'il va bien ?
Remus n'eut pas le temps de répondre car Harry entra dans le salon à ce moment-là. Remus ignorait s'il était malade mais il vit aussitôt qu'il avait les yeux rouges et qu'il tremblait. Il évita le regard des deux adultes et s'assit à table.
- Harry, est-ce que tout va bien ? demanda doucement Remus.
Harry se contenta d'acquiescer.
- Excuse-moi mais tu n'en as pas l'air, insista Remus. Tu trembles et on dirait que tu as pleuré.
- Ça va, Remus. Ne t'en fais pas.
Remus échangea un regard avec Sirius. Ce dernier prit le relais :
- Harry, nous ne voulons pas t'embêter mais nous nous inquiétons pour toi. Tu ne te lèves jamais si tôt le week-end ou pendant les vacances. Et tu ne files jamais aussitôt sous la douche. Sans compter que tu y es resté bien plus longtemps que d'habitude. Si tu ne te sens pas bien, tu dois le dire.
- Je vais très bien. Je n'ai pas de fièvre ou quoi que ce soit. Cessez de vous en faire.
Peu convaincu, Remus décida de vérifier lui-même si Harry avait de la fièvre. Il tendit la main vers son front et écarquilla les yeux en le touchant. Il posa ensuite la main sur le bras de Harry et s'écria :
- Mais tu es glacé !
Sirius fronça les sourcils, vérifia à son tour et eut la même réaction que Remus.
- Tu es complètement gelé ! On croirait que tu as passé la nuit dehors sous moins dix degrés ! Harry, qu'est-ce que tu as fait ?!
Harry garda le silence. Mais Remus n'avait pas besoin qu'il réponde. Il pensait avoir compris ce qui s'était passé. Du moins, en partie.
- Tu t'es lavé à l'eau froide ? supposa-t-il.
Harry hocha la tête.
- Pourquoi ? Tu avais chaud ? Tu as dit que tu n'avais pas de fièvre, mais peut-être en avais-tu et as-tu voulu la faire baisser en prenant une douche froide ?
- J'avais un peu chaud, oui, mais... ce n'était pas de la fièvre. Écoutez, je n'ai vraiment pas envie d'en parler...
Remus tourna de nouveau la tête vers Sirius. Il avait l'air aussi perdu et inquiet que lui.
- Harry, nous ne pouvons pas te laisser tranquille alors que tu refuses de nous expliquer pourquoi tu as pris une douche froide à sept heures du matin et pourquoi tu sembles avoir pleuré... C'est normal qu'on s'inquiète, essaie de te mettre à notre place, plaida Sirius.
- Mais je ne peux pas vous en parler, c'est trop gênant...
Remus retint un «Oh» de justesse. Il venait de saisir. Enfin, il n'avait aucune certitude mais cela lui paraissait évident, à présent. Il se demanda même pourquoi il n'avait pas deviné avant. Et il comprit aussi pourquoi Harry ne souhaitait pas en parler. C'était en effet très gênant. Mais cela le surprenait qu'il se mette dans tous ses états pour une simple gêne matinale. Ce n'était pourtant pas la première fois que ça devait lui arriver... Il y avait anguille sous roche et Remus ne pouvait pas aider Harry s'il n'avait pas tous les éléments. Il regarda Sirius qui semblait tout aussi mal à l'aise que lui. Il n'avait pas l'air davantage au courant que lui. Remus se résigna à prendre les choses en main :
- C'est à cause d'un problème intime que tu t'es précipité sous la douche au réveil ?
Harry rougit et acquiesça.
- C'est pour ça que tu as pleuré ?
Nouveau hochement de tête.
- Mais pourquoi as-tu eu cette réaction ? Ça a déjà dû t'arriver, non ?
- C'est plus compliqué que ça, murmura Harry. Ça faisait... longtemps...
Remus eut envie de se donner des baffes. Mais quel imbécile ! Il aurait dû y penser ! Était-il devenu complètement idiot ou quoi ?! Il croisa une fois de plus le regard de Sirius qui était de plus en plus gêné. La situation devait être autant malaisante pour lui que pour Harry. Mais ni Sirius, ni Remus ne pouvaient aider Harry. À ce stade, seul Severus était en mesure de faire quelque chose. Mais encore fallait-il que Harry accepte de voir son médicomage... Ne voulant pas le braquer, Remus décida d'y aller prudemment :
- Sirius et moi comprenons parfaitement que tu ne veuilles pas te confier à nous à ce sujet. C'est tout à fait normal. Ce serait de toute façon difficile pour nous de trouver les bons mots pour t'aider. Mais tu dois en parler. Est-ce que tu serais d'accord pour que je fasse venir Severus ? Ne t'inquiète pas, je lui expliquerai moi-même la situation. Il pourra aborder directement le sujet avec toi et ce sera peut-être plus facile pour toi de te lancer. En attendant, je veux que tu retournes prendre une douche mais à l'eau chaude, cette fois. Pas trop chaude non plus pour éviter le choc thermique mais suffisamment pour que tu te réchauffes. Et tu peux y rester un quart d'heure si tu le souhaites. Ça nous permettra de discuter avec Severus.
Harry acquiesça une nouvelle fois, se leva et quitta le salon. Remus invoqua son Patronus, lui dicta un message à délivrer à Severus et le fit partir. Sirius et lui restèrent silencieux jusqu'à ce que leur collègue débarque par la cheminée.
- Me voilà, qu'y a-t-il ? demanda-t-il aussitôt, inquiet.
- Harry a besoin d'une séance de toute urgence, déclara Remus de but en blanc.
- Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il a ?
- Un problème typiquement masculin au réveil qui ne lui était vraisemblablement pas arrivé depuis son viol, lâcha Remus. Sirius et moi avons eu beaucoup de mal à le faire parler, nous avons même dû déduire presque tout de nous-mêmes, il était hyper gêné et n'allait pas bien du tout. Il a pris une douche glacée et quand il est arrivé dans le salon, il tremblait et il avait les yeux rouges. Pas besoin de s'appeler Merlin pour deviner qu'il avait pleuré. Ça l'a vraiment mis dans tous ses états. Ça a dû le traumatiser de faire face pour la première fois depuis trois mois et demi à cette gêne matinale...
- Oui, il n'a pas dû savoir quoi faire, le pauvre, murmura Severus. Ce n'est pas étonnant qu'il ait opté pour la douche froide. J'aurais dû anticiper cette situation et lui en parler après avoir fini de traiter toute son histoire avec Pucey.
- Tu ne peux pas penser à tout, Severus, dit doucement Sirius. C'est déjà énorme ce que tu fais avec Harry. Sans toi, il serait sûrement en dépression à Sainte-Mangouste à l'heure qu'il est. Ou il aurait fait une connerie. Tu as été son sauveur. Tu ne peux pas imaginer à quel point il t'est reconnaissant. Tout comme Remus et moi. Tu es le meilleur psychomage et médicomage à ses yeux. Il ne connaît que toi, certes, son jugement est donc un peu biaisé, mais je pense aussi qu'il a eu le droit à la crème de la crème. Et je remercie Dumbledore de t'avoir obligé à enseigner ici. Sinon tu aurais fait carrière à Sainte-Mangouste et tu n'aurais pas été là pour aider Harry. Bien sûr, j'exagère quand je dis que je remercie Dumbledore. Je sais que tu n'as jamais voulu travailler ici, ou, du moins, pas en étant sous la coupe d'un homme, mais je crois que depuis trois mois, tu es plutôt heureux dans ce que tu fais. Tu peux exercer ton métier de médicomage et de psychomage à mi-temps et le métier de professeur n'a plus l'air d'être un fardeau pour toi. Plus personne ne se plaint de toi, sauf en ce qui concerne la difficulté des cours. Je ne pense donc pas me tromper en disant que tu as trouvé ton bonheur.
- C'est vrai, reconnut Severus. Mais je voudrais être le plus parfait des psychomages pour Harry. Je voudrais assainir totalement son esprit et faire en sorte que plus rien de mauvais ne vienne le hanter. Je me mets donc la barre un peu haut et je me fais donc facilement des reproches. Bon, je veux bien l'emmener avec moi mais où est-il ?
- Je l'ai envoyé prendre une vraie douche, expliqua Remus. Il était frigorifié. Il ne pouvait pas rester comme ça. Mais il ne devrait pas tarder à revenir.
- Il est au courant que je suis là ?
- Oui, et il est d'accord. Du moins, il n'a pas émis d'objection. Mais il va peut-être avoir du mal à se confier.
- Ne t'en fais pas, je sais comment le mettre en confiance.
- On ne se fait aucun souci pour ça, affirma Sirius. Mais ce qui vient de se passer m'inquiète pour la deuxième semaine des vacances. À peine ont-elles commencé que Harry a déjà besoin de toi à sept heures du matin... Ce n'est pas un peu risqué de partir une semaine au Square ?
- Non, il n'y a aucune raison pour que vous vous empêchiez de passer une partie des vacances loin d'ici. Tu sais bien qu'il suffit que Remus ou toi m'envoyiez un Patronus pour que je rapplique. C'est ce que j'ai fait à l'instant, d'ailleurs. Ce sera pareil lorsque vous serez au Square. Ce qui s'est passé aurait pu arriver plus tôt comme plus tard. Mais si ça s'est produit maintenant, ce n'est pas pour rien. Le corps de Harry s'est peut-être lâché car ce sont justement les vacances. Il est plus détendu et ça a eu des répercussions qu'on n'aurait pas soupçonnées mais qui sont pourtant logiques. Quoi qu'il en soit, c'est une chance qu'il était ici à ce moment-là.
- Il devait seulement passer la nuit de samedi à dimanche ici, à la base. Il était censé retourner dans son dortoir hier soir mais on a discuté jusque tard et personne n'a vu d'inconvénient à ce qu'il reste ici.
- Évidemment, le contraire m'aurait étonné, ironisa Severus. Vous avez dû avoir le nez creux. Ah, le voilà, je crois.
Harry revint effectivement dans le salon quelques secondes plus tard.
- Bonjour, professeur. Je suis désolé de vous avoir fait venir à une heure aussi matinale... Et je suis aussi désolé de vous avoir fait attendre.
- Ne vous excusez pas, vous avez eu un petit problème et ce n'est pas de votre faute. Je suis là pour vous aider à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit. Et Sirius et Remus m'ont tout expliqué. Ils m'ont dit que vous aviez besoin de vous réchauffer. Vous sentez-vous mieux ?
- Oui, merci.
- Bien, nous pouvons y aller, alors. Passez devant, je vous rejoins.
Harry ne se fit pas prier et se dirigea vers la cheminée. Après l'avoir vu disparaître dans une gerbe de flammes vertes, Severus se tourna vers Sirius et Remus :
- Je vous le renvoie dès qu'on aura fini de discuter. Il ira mieux, donc passez vite à autre chose.
Remus acquiesça, tout comme Sirius. Severus leur fit un signe de tête puis disparut à son tour dans la cheminée. Remus soupira.
- J'ai été nul.
- Quoi ? s'exclama Sirius, surpris.
- Je n'ai pas voulu m'inquiéter quand tu disais qu'il était déjà levé et sous la douche et que ce n'était pas normal. Au final, c'est toi qui avait raison.
- Non, je t'arrête tout de suite. Je me suis inquiété pour de mauvaises raisons. Je croyais qu'il voulait s'en aller d'ici sans nous le dire. J'étais à mille lieues de la réalité.
- Oui mais toi, tu as vu qu'il y avait un problème.
- Il aurait très pu s'être réveillé en sueur et avoir décidé de prendre une douche pour se rafraîchir... Il n'y avait pas forcément de quoi s'inquiéter. Tu n'as pas à t'en vouloir, Remus. Et puis c'est toi qui as été prompt à réagir ensuite. Tu as pris les choses en main alors que moi, je ne savais pas quoi faire.
- Tu es un peu dur envers toi-même. Ce n'est pas comme si tu étais resté passif. J'ai été un peu plus réactif, oui, mais c'est plutôt habituel, ça. Et on s'est bien complétés, je trouve.
- C'est vrai. Et au bout du compte, on a fait ce qui fallait, donc on n'a pas de reproches à se faire. On va attendre sagement que Harry revienne. Il est entre de bonnes mains et c'est le principal. Severus va faire le nécessaire pour le rassurer. Heureusement que ce n'est pas arrivé demain, n'empêche. Tu aurais été seul avec Harry s'il s'était levé un peu plus tard, car je dois être à huit heures et demie dans ma salle de classe pour l'examen de rattrapages de Théo.
- Ah oui, j'avais oublié... Le mien, c'est cet après-midi, donc on a eu de la chance, estima Remus.
- En effet. D'ailleurs, est-ce que tu as l'intention de faire sortir Théo plus tôt s'il a terminé au bout d'une heure, par exemple ?
- Oui, ça ne servira à rien de le retenir plus longtemps.
- C'est ce que je me dis aussi. C'est déjà embêtant pour lui de devoir passer des examens pendant les vacances, alors s'il peut être libéré plus tôt que prévu...
- Je ne pense pas que ça le dérange plus que ça. Mais je suis d'accord, il a bien le droit à des petites attentions après tout ce qu'il a traversé...
- Ça, c'est sûr. Tu vas faire quoi pendant l'examen ? questionna Sirius.
- J'hésite. Soit corriger des copies, soit réfléchir aux potentiels futurs préfets que je vais désigner.
- Tu as des idées ?
- Oui. Enfin je suis comme toi, je sais déjà qui ne fera pas partie de la liste. Du moins, j'ai pu rayer un garçon et une fille. Il faut que j'en élimine un autre de chaque. Et c'est là que ça coince. Et toi ?
- J'en suis au même stade que toi. J'ai choisi deux filles et deux garçons pour l'instant. Après, il y en a autant pour qui j'hésite. Deux garçons et deux filles sont en ballottage.
- Tu peux demander de l'aide à tes collègues si vraiment tu n'arrives pas à te décider.
- Je vais essayer encore un peu mais je pense que je vais finir par faire appel à mes confrères et à mes consœurs, effectivement.
- Pourrai-je avoir droit à un traitement de faveur ? s'enquit Remus d'un ton tout sauf innocent.
- Évidemment, tu seras le premier à qui je demanderai son avis, assura Sirius.
- Et si je réussis à t'aider, aurai-je droit à une récompense ?
- Je vais me donner à toi d'ici peu, ça ne te suffit pas ? s'indigna faussement Sirius.
- Si, mais un extra, c'est toujours bienvenu, songea Remus. Mais tu as raison, nous nous unirons très bientôt, je peux bien te laisser tranquille jusque-là...
- Je m'offusque mais si ça se trouve, c'est moi qui vais quémander un moment intime demain soir si c'est après-demain qu'on s'unira.
- Il vaut mieux éviter. Je préfère que tu te réserves pour le grand jour. Après, ce sera peut-être pour demain...
- Je dirais plutôt après-demain.
- C'est le dernier délai qui nous est autorisé si on ne veut pas le faire durant la semaine précédant la pleine lune.
- Je sais. Mais je pense que je serai davantage prêt après-demain.
- Comme tu veux, dit Remus en souriant. On le fera quand ce sera le bon moment pour toi. Et tant pis si, pour ça, il faudra attendre après la pleine lune.
- Non, il en est hors de question. Je suis prêt depuis un moment mais plus on sera frustrés, plus on en aura envie, et plus ce sera facile pour moi. Le désir, ça doit dilater un minimum...
- C'est sûr que ça glisse un peu mieux. Mais il ne faut pas être contracté pour cela. On prendra notre temps, de toute façon.
Sirius acquiesça.
- Bon, je vais faire la vaisselle, décréta Remus.
Sirius poussa soudain une exclamation.
- Zut, Harry n'a pas eu le temps de manger !
- Il était tôt, il n'avait peut-être pas encore faim. Et puis Severus a sûrement dû lui proposer un thé. Et il le verra si Harry a besoin de manger.
Sirius sembla rassuré. Remus l'embrassa et se rendit à la cuisine. Tout en faisant couler de l'eau, il espéra que les vacances seraient assez calmes malgré ce début mouvementé...
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POV Harry
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Harry était démoralisé. Pendant que le professeur Snape préparait un petit-déjeuner pour eux deux, il repassait en boucle dans sa tête ce qui s'était passé depuis son réveil. Ou, plutôt, depuis le rêve qu'il avait fait avant de se réveiller. Car c'était lui qui avait provoqué cette bosse gênante dans son pantalon de pyjama. Il avait pourtant été très soft... Mais ça avait suffi à le faire réagir. Car cela faisait trois mois qu'il n'avait pas eu ce genre de gêne intime. C'était donc normal qu'il réagisse aussi facilement. Sinon, il n'était pas du genre à avoir une érection juste en embrassant son petit-ami et en se collant légèrement contre lui... Il ne fallait pas exagérer. Les hormones, ça se contrôlait. Mais les choses avaient été un peu plus loin dans son rêve. Elles étaient allées au-delà de ce qu'il faisait avec Draco. Ils s'en étaient arrêtés aux caresses sous la chemise alors que dans son rêve, ils étaient torse nu et s'étaient un peu frottés l'un contre l'autre à travers leurs pantalons. Il ne pouvait pas dire qu'il ignorait pourquoi il avait rêvé de ça. Car il savait très bien pourquoi. Il avait tout simplement envie de faire ça avec Draco. Mais sans se sentir prêt pour autant. Il voulait déjà se réapproprier lui-même son corps avant de partager ce genre de moment intime avec Draco. Mais il ne s'était pas attendu à ce que l'occasion se présente aussi vite... Cette érection matinale l'avait complètement pris de court. En constatant que cette partie de son anatomie s'était réveillée, il n'avait pas su quoi faire. Il avait de suite repensé aux caresses d'Adrian juste avant son viol et ça l'avait totalement tétanisé. Il ne s'était pas vu se caresser après les attouchements forcés dont il avait été victime avant qu'Adrian ne dérape encore plus. Il avait donc filé vers la salle de bain et avait tenté de faire disparaître son érection sous l'eau froide. Heureusement, ça avait eu l'effet escompté. Les nerfs avaient ensuite craqué et il avait pleuré. Ça avait été un moment très dur à encaisser. Il allait devoir expliquer tout cela au professeur Snape et même s'il aurait préféré ne pas avoir à le faire, il savait que c'était nécessaire.
Il sortit de ses pensées lorsque le professeur Snape revint avec des verres, des tasses, du thé, du jus de citrouille, des toasts et des petits pains. Ce ne fut qu'en voyant la nourriture que Harry s'aperçut qu'il avait faim. Il se sentait vide et son ventre devait l'être aussi.
- Mangez, vous en avez besoin, lui dit doucement le professeur Snape. Après avoir eu des émotions pareilles, vous ne tiendrez pas longtemps sans un peu de sucre.
Harry acquiesça, remercia son professeur et prit un petit pain avant de se servir du jus de citrouille. La première gorgée lui fit beaucoup de bien. C'était frais et c'était exactement ce qu'il lui fallait pour se requinquer. Au bout d'une dizaine de minutes, le professeur Snape brisa le silence confortable qui s'était installé :
- Est-ce que vous êtes prêt à me parler de ce qui s'est passé ?
- Oui, je crois. Mais... ce n'est pas facile. Je n'en ai jamais parlé à qui que ce soit, sauf à quelqu'un lorsque ça m'est arrivé pour la toute première fois...
- Je sais que ce n'est pas évident, que c'est gênant, mais vous en avez besoin et vous savez que vous pouvez tout me dire. Ça concerne un aspect très important de votre vie, à savoir votre vie intime. Si vous n'en parlez pas, vous allez garder ce blocage et vous ne pourrez pas avancer. Vous n'allez pas pouvoir faire quelque chose d'aussi basique que vous apporter du plaisir vous-même. C'est quand-même un peu embêtant.
Harry ne put s'empêcher de sourire. Son psychomage avait le don de dire les choses de manière à ce que ça le détende.
- Après, vous avez parfaitement le droit de tirer un trait sur votre sexualité...
- Non, je n'en ai jamais eu l'intention, répondit fermement Harry. Enfin, pour être honnête, depuis mon viol et jusqu'à la semaine dernière, j'avais complètement occulté ce sujet. Ça ne m'a pas une seule fois effleuré l'esprit. J'étais à mille lieues de penser à ça. Sauf quand on en a parlé lors d'une séance. C'était loin d'être ma priorité.
- C'est normal. Il vous fallait du temps pour vous remettre dans le bain. Là, ça s'est un peu imposé à vous sans que vous ne le vouliez vraiment. Du moins, c'est ce que j'ai cru comprendre.
- C'est ça, confirma Harry. Je n'ai pas demandé à avoir ça au réveil.
- Je veux bien vous croire. Que s'est-il donc passé ?
Harry sentit la chaleur envahir ses joues.
- Je... j'ai...
Merlin c'était dur. Comment avouer avoir fait ce genre de rêve à son psychomage qui était le parrain du garçon qui figurait dans ce rêve ? C'était beaucoup trop gênant... Mais il fallait passer par-là alors il se lança :
- J'ai fait un rêve assez explicite, dit-il, les joues rouges. Rien de très poussé, juste des frottements, mais ça a suffi à mon corps pour réagir...
- C'était la première fois que vous faisiez un rêve comme ça depuis votre viol ?
Harry acquiesça.
- Y a-t-il une raison à cela ? Pensez-vous qu'il y a quelque chose qui a provoqué ce rêve ? Un désir, une envie, un moment intime qui s'est passé récemment ? Ou bien ce rêve est-il arrivé tout seul sans raison particulière ? Vous n'êtes pas obligé de répondre, c'est juste pour mieux cerner le contexte.
- C'est une envie, avoua Harry en rougissant de nouveau. Ce qu'il y avait dans mon rêve, c'était plus abouti que ce que j'ai déjà fait avec Draco... C'est-à-dire presque rien.
- Il n'y a pas de honte à avoir pour ça, le rassura le professeur Snape. Il est normal d'avoir des désirs, même après avoir subi une agression sexuelle ou un viol. Vous avez déjà de l'expérience, en plus. Ce n'est pas comme si vous n'aviez jamais fait ce qui s'est produit dans votre rêve. Et c'est une très bonne chose que vous ayez envie d'approfondir votre relation avec votre petit-ami, même si cela ne signifie pas que vous soyez prêt. Votre désir se réveille après une période d'hibernation et dans votre cas, c'est vraiment une bonne nouvelle. Ça veut dire qu'une partie de votre traumatisme est derrière vous. Je dis bien «une partie» car ça ne peut pas se faire d'un coup. Les séances ont déjà fait un gros travail là-dessus. C'est quand vous reprendrez une activité sexuelle que vous pourrez savoir si vous êtes encore marqué par ce que vous avez subi. Ce sera le moyen le plus sûr et le plus efficace. Rien ne vaut la pratique, comme on le dit souvent. Mais ne vous précipitez pas pour autant.
- Je n'y compte pas, assura Harry. Je prends mon temps avec Draco. On y va à mon rythme. Il ne me presse pas, il est très gentil, très patient, très compréhensif, très tendre, très affectueux... Il m'aime, tout simplement, et il sait bien me le montrer. Je me sens totalement en confiance avec lui. Je l'aime tellement...
- Ça ne pourra vous être que bénéfique pour vous reconstruire, déclara le professeur Snape. Je suis ravi d'apprendre que tout va pour le mieux entre Draco et vous. N'hésitez pas à vous confier à lui. Il vous écoutera, même si c'est assez gênant.
- Je lui ai déjà un peu parlé de ce que m'a fait Adrian. Mais je ne lui raconterai pas mon rêve. Enfin, pas tout de suite, en tout cas.
- Bien sûr, je ne vous demande pas de lui en faire part dans la journée. Revenons-en d'ailleurs à ce rêve. Que s'est-il passé lorsque vous vous êtes réveillé ?
- J'ai mis un peu de temps à émerger. J'étais un peu confus, j'ignorais où j'étais, si c'était un rêve ou la réalité... Quand je suis vraiment sorti des limbes du sommeil, j'ai rapidement senti cette présence gênante. Je me suis liquéfié sur place. Je ne savais pas quoi faire. J'ai bien songé à faire ce que tout le monde ferait, mais j'ai aussitôt pensé à ce que m'avait fait Adrian avant de céder à ses pulsions... Il m'avait réveillé alors que j'étais fatigué. Il m'avait caressé et embrassé un peu partout afin de me faire réagir. Sauf que je n'en avais pas du tout envie, que je voulais juste dormir et que ses attentions n'avaient donc aucun effet. Il ne m'avait pas écouté, il avait persisté et il m'avait longuement caressé à cet endroit-là. Je ne pourrais pas dire combien de fois j'ai tenté de repousser sa main. Mais il était imperméable à tout ce que je disais et faisais et il insistait. Encore et encore. Il continuait à toucher cette partie de mon anatomie qui ne voulait pas réagir. J'ai vraiment senti ça comme une agression puisqu'il me caressait là contre mon gré. Ça m'a traumatisé. Alors quand je me suis retrouvé face à cette réaction matinale, je n'ai pas pu me résoudre à me toucher. C'était juste impensable. Il en était hors de question. Cette idée m'angoissait énormément. J'étais tétanisé dans mon lit sans pouvoir rien faire. J'ai fini par reprendre mes esprits au bout d'un moment et j'ai filé sous la douche. J'ai actionné l'eau froide et je me suis mis dessous. J'y suis resté pendant une bonne quinzaine de minutes. L'effet recherché a été un peu long à arriver mais j'ai continué pendant quelques minutes pour éviter que ça revienne. À peine ai-je coupé l'eau que j'ai craqué. Les nerfs ont lâché. J'ai pleuré sans être capable de me retenir. J'ai eu l'impression que ça n'allait jamais s'arrêter tellement j'avais de larmes à verser. Je me suis quand-même calmé, j'ai essayé de cacher un peu les dégâts mais Sirius et Remus ont tout de suite vu que j'avais pleuré. Ils ont évidemment voulu savoir ce que j'avais et je n'ai pas eu besoin de dire grand-chose pour qu'ils comprennent. Même si ça a été laborieux.
- Ils m'en ont parlé, en effet. La façon dont vous avez réagi est tout à fait normale. Vous n'aviez pas vraiment d'autre choix que de prendre une douche froide si vous ne souhaitiez pas vous en occuper manuellement. Vous auriez cependant dû y rester moins longtemps. Mais cela ne serait pas arrivé si nous en avions parlé à temps. J'aurais dû aborder le sujet à un moment bien précis.
- Ce n'est pas de votre faute, professeur. Nous avons tellement de choses à traiter... Vous ne pouvez pas penser à tout. Et puis, le principal, c'est qu'on en parle maintenant. C'est une chance que je sois en face de vous actuellement, vous savez. Si j'avais été dans mon dortoir ce matin, j'aurais été tout seul face à cette épreuve et je ne serais pas venu vous voir. Je me serais renfermé sur moi-même et je n'en aurais parlé à personne.
- Vous avez raison, il y a beaucoup de positif là-dedans. Vous avez aussi et surtout la chance d'avoir des tuteurs qui ont su quoi dire et quoi faire. Mais ce n'est pas tout d'en avoir parlé. Il faut désormais faire en sorte que vous réagissiez mieux la prochaine fois que cela vous arrivera. Vous avez le droit de vous soulager en vous faisant du bien. Votre corps est à vous, s'il y a bien une personne qui a le droit de vous toucher, c'est vous. Il ne faut pas que des souvenirs d'actes perpétrés sur vous par une tierce personne vous empêche de reprendre une activité sexuelle, que ce soit en solo ou en couple, même si c'est normal dans un premier temps. Mais ce n'est pas une obligation non plus. Si vous ne souhaitez pas retrouver une sexualité, là aussi, c'est votre droit. Personne n'a à vous juger pour cela. Ce n'est pas leur avis qui compte. C'est une décision qui vous appartient. Cela ne regarde que vous. Mais si vous désirez vous y remettre, vous devez tout d'abord vous réapproprier votre corps. Enfin, c'est juste un conseil que je vous donne. Dans le cas où vous voudriez reprendre votre sexualité en main, vous pourriez très bien préférer le faire avec votre petit-ami. C'est comme vous voulez. Et comme vous le sentez.
- Je crois que j'ai besoin de le faire seul. C'est surtout pour me prouver que je peux avoir du plaisir parce que je l'ai voulu et décidé, et pas parce qu'on m'y a forcé. Même si, ce jour-là, je n'avais pas pu en ressentir. Je veux redevenir maître de mon corps. C'est juste que ce matin, c'était la première fois depuis le viol, je ne m'y attendais pas, je n'étais pas prêt, j'ignorais ce que je devais faire, j'étais affolé, perdu et ça m'a mis dans tous mes états...
- C'est bien normal. Ça a dû être très déstabilisant pour vous. Mais pensez-vous que lorsque ça vous arrivera de nouveau, vous serez prêt à régler la chose sans avoir recours à la douche froide ?
- Oui, je vais seulement appréhender un peu, je pense. Je vais sûrement longuement hésiter avant de m'y mettre...
- Allez-y à votre rythme. Même si ce n'est pas pour la prochaine fois, même si vous préférerez faire comme aujourd'hui, le plus important, c'est que vous réagissiez mieux et que vous ne vous mettiez pas dans l'état dans lequel vous étiez ce matin. Mais essayez quand-même si vous sentez que vous en êtes capable. Il ne faut pas que ça reste un blocage. Vous n'avez jamais eu de problèmes avec ça, auparavant ? Vous n'avez jamais trouvé cela sale ou honteux ?
- Non, non, pas du tout. Je n'en parlais pas autour de moi mais j'ai vite trouvé ça... normal. En fait, j'en ai parlé avec quelqu'un la première fois et c'est grâce à ça que j'ai su que c'était normal.
- Bien, c'est une bonne chose. Je préférais m'en assurer car s'il y avait déjà un problème avec ça à la base, il valait mieux le traiter... Mais ce ne sera pas nécessaire, visiblement. Bon, je crois que nous avons fait le tour de la question. À part si vous avez des questions ? Ou des craintes, des doutes, des choses à éclaircir ?
- Non, rien du tout.
- Ça vous viendra peut-être plus tard. Ou pas. Mais si c'est le cas, vous pourrez m'en parler lors de la prochaine séance. Une dernière question très importante avant de vous laisser partir : comment vous sentez-vous ?
- Bien, dit sincèrement Harry. Je me sens vide et apaisé. Et fatigué, aussi. Très fatigué.
- Rien d'étonnant, vous avez eu une sorte de crise d'angoisse, vous avez eu de fortes émotions, vous avez pleuré... Comme ce sont les vacances, je vous conseille d'aller vous recoucher. Vous vous êtes levé tôt, c'est peut-être aussi pour ça que vous êtes fatigué. Vous pouvez dormir jusqu'à onze heures, ça vous fera du bien.
- C'est probablement ce que je vais faire. Est-ce que je dois rentrer chez Sirius et Remus ou dois-je plutôt retourner à mon dortoir ?
- Je serais davantage rassuré en vous sachant chez Sirius et Remus. Je leur ai dit qu'ils ne devraient pas s'attarder sur ce qui s'est passé quand vous rentrerez. Je pense qu'ils vous demanderont comment vous allez mais c'est tout. Et puis il vaut mieux que vous retourniez tout de suite chez eux. Sinon il pourrait y avoir un blocage. Et un malaise pourrait s'installer entre vous. Il est préférable de passer très vite à autre chose. Je vous enjoins même à dormir là-bas cette nuit. Pour être sûr que tout aille bien et que vous ne restiez pas bloqué sur ce qui s'est passé ce matin. Vous rejoindrez votre dortoir demain dans la journée. Mais pas plus tard. Vous partez samedi au Square, il faudrait donc que vous passiez un maximum de temps avec vos amis d'ici là.
Harry acquiesça.
- Allez, vous pouvez y aller.
Harry remercia son professeur et s'en alla. Il prit le chemin des appartements de Sirius et de Remus et y arriva quelques minutes plus tard. Il entendit aussitôt des cris qui provenaient du salon. Il leva les yeux au ciel. Ce n'était pas comme ça qu'il allait pouvoir se reposer... Il se rendit au salon et vit les deux adultes en train de se bagarrer pour une feuille de parchemin.
- Mais qu'est-ce qui se passe ici ? demanda-t-il, à la fois consterné et amusé.
- Il veut restreindre ma liberté ! s'écria Sirius.
- Mais ce n'est pas contre toi, je te l'ai déjà dit ! répliqua Remus.
- Peut-être mais je suis inclus dedans !
- Tu ne serais pas inclus si tu restais toute la nuit ici au lieu d'aller te balader dans le château à deux heures du matin !
- Mais je fais ce que je veux !
- Moi aussi ! Et c'est pour le bien des élèves que je fais cette suggestion !
- Est-ce que vous pouvez m'expliquer ? Je ne comprends rien, intervint Harry.
- Remus veut mettre davantage Poudlard sous surveillance la nuit ! Alors que je suis sûr que ça ne servirait à rien !
- Si, au contraire ! Je suis persuadé d'avoir entendu du bruit dans une salle de classe cette nuit lors de ma ronde, s'obstina Remus. Mais au même moment, nous avons dû interpeller deux élèves qui se promenaient. S'il y avait un dealer et un client dans la salle de classe, ils ont dû nous entendre parler aux deux élèves, ils ont su qu'on traînait par-là et ils ont dû quitter la salle par l'issue de secours car quand j'ai ouvert la porte après avoir admonesté les promeneurs, la salle était vide. Si nous avions été quatre au lieu de deux, deux d'entre nous auraient pu vérifier la salle de classe pendant que les deux autres se seraient occupés des promeneurs.
- Mais pourquoi avoir privilégié ces deux élèves plutôt que le potentiel dealer ?
- Parce que mon binôme était sûr qu'il n'y avait personne dans la salle et qu'on ne peut pas coincer un dealer et son client tout seul. J'ai donc été obligé de suivre mon binôme.
- Oh, je vois... Ton binôme aurait dû t'écouter. Il sait que tu es un loup-garou et que tu as donc une ouïe plus fine que les autres... Mais pourquoi ça t'embêterait qu'il y ait plus de professeurs lors des rondes nocturnes, Sirius ? Ça ne t'empêche pas de te promener dans les couloirs la nuit...
- Ça dépend sous quelle forme, nuança Remus. Et c'est justement ça le problème. Sirius a tendance à se transformer en Padfoot et à courser Miss Teigne quand il se balade la nuit dans le château. Et il sait qu'il pourrait avoir des ennuis si ça s'apprenait. Il a beau être professeur, il n'est pas autorisé à abuser de sa forme Animagus.
- Mais il faut bien que je me venge de tous les ennuis qu'elle nous a apportés, à James et à moi, lors de nos années Poudlard !
- Je crois que tu t'es suffisamment vengé comme ça. Et puis pense au trafic de potions. Tu dis que ça ne servirait à rien mais tu n'étais pas là cette nuit pour dire ça.
Sirius soupira.
- D'accord, écris-la, ta lettre. Je trouverai bien un autre moyen d'embêter Miss Teigne.
Remus leva à son tour les yeux au ciel en secouant la tête tandis que Harry souriait. Il reconnaissait bien là Sirius et Remus. Même unis par un lien contre leur gré, ils restaient les mêmes. Ils n'avaient pas changé. Cette stabilité rassurait énormément Harry. Il avait un peu redouté cette semaine qu'ils allaient passer au Square mais il se dit qu'il n'y avait pas de quoi s'en faire. Il y avait juste une chose qui le tarabustait un peu depuis qu'il était au courant du lien. Sirius et Remus ne s'étaient pas encore embrassés en sa présence. Il pensait qu'ils attendaient peut-être d'être au Square, dans un cadre plus familial pour le faire, et il avait peur d'être gêné à ce moment-là et de ne pas savoir où regarder. Ce serait comme voir ses parents s'embrasser, sauf qu'il n'avait jamais connu ça. Pour le coup, il aurait vraiment l'impression d'être dans une vraie famille. C'était ce qu'il avait toujours voulu, mais là qu'il était à deux doigts d'y avoir droit, il angoissait un peu. Il songea à en parler à ses meilleurs amis. Ils avaient toujours connu ça, eux. Ils pourraient sûrement le rassurer...
- Harry ? Tu es avec nous ?
Harry sortit de sa rêverie et releva brusquement la tête. Sirius et Remus le fixaient d'un air inquiet.
- Oui, pardon, j'étais perdu dans mes pensées, s'excusa Harry. Et ça n'a rien à voir avec ce qui s'est passé ce matin. Je vais bien, d'ailleurs. La discussion que j'ai eue avec le professeur Snape m'a fait beaucoup de bien.
- Tant mieux, c'est le principal, dit Sirius, l'air soulagé. Est-ce que tu souhaites rester ici jusqu'à ce soir ?
- Le professeur Snape m'a même conseillé de passer la nuit ici et de retourner à mon dortoir demain dans la journée. Histoire de ne pas partir de vos appartements sur un mauvais souvenir.
- Très bonne idée, approuva Sirius. On fait comme ça, alors. Par contre, tu dis que tu vas bien mais tu sembles fatigué...
- Oui, je comptais aller me recoucher, avoua Harry. C'est une autre recommandation du professeur Snape. Il m'a dit que je pouvais dormir jusqu'à onze heures.
- Vu que nous avons un peu discuté, ça t'a retardé, donc on te laissera jusqu'à onze heures et demie, décida Remus.
- D'accord, ça me va, affirma Harry. Merci à vous deux. Vous avez été géniaux.
Harry sourit à Sirius et Remus et quitta le salon pour rejoindre sa chambre. Il se rallongea dans son lit et soupira de bien-être. Une bonne sieste s'imposait.
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(mardi 26/03) POV Ron
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Ron et Hermione faisaient leurs devoirs dans la salle commune lorsque Harry les rejoignit.
- Oh, un revenant ! s'exclama Hermione. Monsieur daigne enfin remettre les pieds dans l'antre des lions ? ajouta-t-elle d'un ton gentiment moqueur.
- Oui, mais monsieur va vite s'en aller si ses amis l'accueillent ainsi, se vexa faussement Harry.
- Hé, j'ai rien fait, moi, se plaignit Ron. Je suis sage comme une image.
- Je vois ça. Vous m'avez l'air bien studieux, remarqua Harry.
- C'est Hermione qui m'a proposé de faire nos devoirs ensemble. J'avais envie de les boucler au plus vite pour être tranquille, alors j'ai accepté.
- Et moi qui croyais que tu avais dit oui en ayant décidé d'être un peu plus sérieux... C'était intéressé, en fait. Bon, sinon, comment vas-tu, Harry ? On s'inquiétait un peu, tu sais. Ce n'était pas prévu que tu restes aussi longtemps chez Sirius et le professeur Lupin.
- Oui, je devais rentrer à mon dortoir dimanche soir mais on a discuté jusque tard et comme il était plus de vingt-trois heures, on a estimé qu'il était préférable que je reste dormir plutôt que Remus me raccompagne à mon dortoir. Lundi matin, il s'est passé quelque chose qui a nécessité que je reste la journée et la nuit chez Sirius et Remus. Mais tout va pour le mieux, je vais très bien, il n'y a aucune raison de s'en faire.
- D'accord, tant mieux, alors, déclara Hermione. Tu veux faire tes devoirs avec nous ?
- Sans façon, grimaça Harry. Je préfère attendre demain pour m'y mettre. Vous faites quel devoir ?
- Celui de sortilèges, répondit Ron. C'est le devoir individuel à rendre le plus tôt.
- Oh, je pourrai le faire quand je serai au Square, dit innocemment Harry.
Hermione fit les gros yeux.
- Harry ! l'admonesta-t-elle. Ne profite pas d'être au Square pour demander de l'aide à Sirius !
- Comme si j'avais besoin de ça, rétorqua Harry en levant les yeux au ciel. Je plaisantais, Hermione. Je ne soudoierai pas Sirius pour qu'il m'aide pour mon devoir. Mes notes en sortilèges, je les dois à mes efforts.
- Oui, je sais, excuse-moi, Harry. C'est juste que tu pourrais être tenté d'avoir un peu d'aide gratuite.
- Ce n'est pas le cas, rassure-toi, affirma Harry. Bon, je vais chercher un livre et je reviens.
Harry s'en alla, laissant Ron et Hermione seuls.
- Je me demande s'il va réussir à faire ses devoirs quand il sera au Square, songea Hermione.
- C'est sûr qu'il aura plutôt envie de profiter de sa semaine de vacances avec Sirius et le professeur Lupin. Tu ne peux pas lui en vouloir pour ça. De toute façon, le devoir de sortilèges n'est même pas à rendre pour la semaine de la rentrée, mais pour celle d'après. Harry a largement le temps. Surtout que je crois qu'il s'est énormément avancé avec Draco sur les devoirs en binôme. Ils n'ont presque plus rien à faire, il me semble. C'est sûrement pour ça qu'il est aussi cool sur le sujet. Il sait qu'il n'a pas à s'en faire.
- C'est vrai, admit Hermione. Il est encore plus en avance que Terry et moi.
- Je suis bon dernier avec Susan, soupira Ron. Enfin, ça va, on est dans les temps. On a déjà fait le devoir d'histoire de la magie et de Défense Contre les Forces du Mal qui sont à rendre pour le mardi et le mercredi de la rentrée.
- Ah oui, vous avez aussi un peu d'avance.
- C'est grâce à Susan, elle est très organisée et ça aide beaucoup pour les séances de travail.
- C'est sûrement pour ça que vous avez été mis en binôme. Pour que tu apprennes à t'organiser au fil des séances avec Susan.
- Oui, c'est cool pour moi, mais je ne lui apporte rien, à elle... Or, le concept devrait profiter à tout le monde...
- Elle en profite aussi, crois-moi, assura Hermione. Avant, c'était une élève très timide, très réservée, qui n'osait pas trop aller vers les autres. Aujourd'hui, elle est beaucoup plus à l'aise et a pris un peu de confiance en elle. Il reste encore du travail à faire, bien sûr, mais elle a déjà fait de gros progrès. Vous manquez tous les deux de confiance en vous, alors travailler ensemble vous a obligé à prendre des initiatives si vous vouliez avancer dans vos devoirs. Ça vous a poussé à proposer des idées, des pistes, à croire en elles et, par extension, à croire en vous.
- Ce n'est pas faux, reconnut Ron. Bon, par contre, ça ne m'a pas aidé à re...
- Me revoilà ! coupa Harry en revenant.
Il s'installa en face de Ron avec un gros livre sur la médicomagie qui devait avoisiner les cinq cent pages. Il regarda ses amis et eut l'air gêné.
- J'interromps quelque chose ?
- Non, je disais juste que le travail en binôme ne m'avait pas aidé à retrouver le goût pour les cours. Ils m'ennuient même de plus en plus. Franchement, je comprends que Fred et George soient partis en pleine année...
Les jumeaux avaient effectivement quitté Poudlard quatre jours plus tôt, juste après la fin des cours qui signifiait le début des vacances. Leurs voix magiquement amplifiées avaient été entendues dans tout le château alors qu'ils invitaient tout le monde à sortir dans le parc avant de faire de la pub pour leur boutique de farces et attrapes. Ils avaient ébloui toutes les personnes présentes dans le parc en lançant un énorme et spectaculaire feu d'artifice avec leurs Feux Fuseboum. Ils avaient également provoqué un marécage géant dans un couloir du sixième étage afin de laisser un souvenir d'eux aux professeurs mais aussi et surtout à Rusard. Ron avait adoré. Il avait admiré ses frères qui avaient eu le courage de quitter Poudlard sans avoir passé leurs ASPIC, au risque de s'attirer les foudres de leur mère. Il se demandait s'il aurait eu le cran de faire la même chose. Lui était trop jeune pour en faire autant. Il était mineur, il ne pouvait pas s'enfuir de Poudlard comme ça. Pourtant, il ne se voyait pas y rester jusqu'à la fin de sa septième année. Plus de deux ans, c'était trop long. Il n'était pas fait pour les études, il le savait, maintenant. Il avait pourtant bien aimé bon nombre de cours pendant ses trois premières années, mais son intérêt pour les études avait commencé à décliner durant sa quatrième année. Il n'en était pas rendu au point de George non plus, il n'avait pas une petite-amie en-dehors de Poudlard qui l'attendait et qui lui manquait terriblement. Et il n'était pas en pleine déprime. Mais il n'était plus intéressé par les cours. Le fait qu'il n'avait aucune idée du métier qu'il ferait plus tard n'était pas fait pour arranger les choses. Rien ne l'attirait. Il admirait plein de métiers mais sans avoir envie de les exercer. Hermione ne cessait de lui répéter que ce n'était pas grave, qu'il avait encore le temps d'y réfléchir, qu'il pouvait garder toutes les matières principales jusqu'aux ASPIC et réfléchir ensuite... Il avait tenté de lui faire comprendre que ça ne servait à rien, qu'il ne trouverait pas sa voie une fois ses ASPIC en poche, qu'il n'y avait vraiment aucune formation qui l'intéressait... Mais elle s'obstinait à lui dire qu'il y verrait plus clair en sortant de Poudlard. Il avait fini par abandonner. Il se sentait incompris et cela lui minait un peu le moral. Mais pas au point d'en déprimer. Cela expliquait donc pourquoi il était autant admiratif des jumeaux. Eux avaient trouvé ce qu'ils voulaient faire et n'avaient pas besoin de passer leurs ASPIC pour cela. C'était le rêve. Lui, c'était tout le contraire. Il allait devoir passer ses ASPIC mais sans que ça ne lui serve à quelque chose. Tout le monde n'avait pas la même chance... Voilà donc ce qui l'avait amené, à l'instant, à dire à ses amis qu'il comprenait pourquoi les jumeaux avaient quitté Poudlard. Ce qui déplut évidemment à Hermione :
- Je ne suis pas d'accord, c'était une très mauvaise idée. Ils vont regretter plus tard d'être partis sans avoir essayé d'obtenir leurs ASPIC. Imagine qu'ils doivent mettre la clé sous la porte d'ici quelques années, tu peux me dire ce qu'ils vont faire ? Ils vont retourner au Terrier et y rester jusqu'à ce qu'ils trouvent un emploi qui va à peine leur permettre de quoi se payer à manger ?
- Leur boutique ne va pas s'écrouler, au contraire, elle va cartonner, répliqua Ron. Tu as toi-même vu à quel point leurs produits attiraient du monde au sein de Poudlard, vu que tu confisquais toutes les farces que tu voyais !
- Mais Poudlard est une école, Ron ! C'est un public jeune ! Au cas où tu l'aurais oublié, les élèves ne vont pas pouvoir aller sur le Chemin de Traverse quand ils le voudront ! Ils ne pourront le faire que pendant les vacances ! Comment vont se débrouiller Fred et George le reste de l'année ? Même en faisant un super chiffre d'affaires pendant les vacances d'été, les vacances de Noël et les vacances de Pâques, ce n'est pas avec ça qu'ils vont réussir à tenir ! Ils doivent faire du chiffre tout au long de l'année !
- Qui te dit qu'ils n'auront personne en-dehors des vacances ?
- Tous les élèves seront à Poudlard, Ron !
- Et alors ? Tu ne crois pas que les gens qui travaillent dans les bureaux n'ont pas envie de faire des farces à leurs collègues de temps en temps ? Tu ne crois pas qu'un mari peut avoir envie de faire une blague à sa femme en rentrant du boulot ? Et vice-versa ? Ce n'est pas parce que ce sont des adultes qu'ils n'ont plus leur âme d'enfant, Hermione. Eux aussi ont le droit de s'amuser. Et c'est pour ça que la boutique des jumeaux va faire un carton. Mais tu ne pourras pas comprendre ça tant que tu seras incapable de lever le nez de tes bouquins. Je n'ai pas trop envie de me disputer avec toi, alors je vais continuer mes devoirs dans mon dortoir.
Ron se leva, rangea ses affaires et se dirigea vers les escaliers. Il monta à son dortoir et rejoignit son lit. Il s'y installa, ressortit ses affaires et se replongea dans son devoir de sortilèges. À peine eut-il le temps d'écrire quelques lignes qu'il entendit ses rideaux s'ouvrir doucement. Il leva la tête et ne fut pas surpris de voir Harry. Il avait l'air triste.
- Ça vous arrive souvent de vous disputer comme ça ? s'inquiéta-t-il.
- Non, c'est plutôt rare. Je crois même que c'est la première fois depuis le début de l'année qu'on se dispute de façon aussi virulente. Mais c'est parce qu'on évitait de parler des jumeaux car on savait très bien que c'était un sujet de discorde entre nous. On a dû l'oublier cette fois-ci.
- C'était peut-être une bonne chose, songea Harry. Vous aviez visiblement besoin de vous expliquer là-dessus.
- Mais ça n'a servi à rien, se désespéra Ron. Tout ce qu'on a gagné, c'est se prendre la tête.
- Oui, mais c'est important de dire ce qu'on pense de temps à autre. Rester avec des non-dits, ce n'est jamais bon. Le problème, c'est que Hermione est beaucoup trop sérieuse pour cautionner le fait que des élèves puissent s'en aller de Poudlard sans passer leurs ASPIC... Et elle refuse le débat, donc ce n'est pas facile d'exposer ses arguments. Je pensais pourtant qu'à force de travailler avec Terry, elle acceptait mieux la discussion. Mais elle admettra qu'elle s'était trompée quand elle verra que Fred et George font un carton.
- Je l'espère.
Ron offrit un sourire contrit à Harry.
- Je suis désolé, tu viens tout juste de revenir et nous, en guise d'accueil, on se dispute...
- Je préfère ça plutôt que vous fassiez comme si de rien n'était. Au moins, vous êtes nature. Et je ne vais pas vous en vouloir pour ça. Je ne suis pas intervenu, donc c'est normal que vous n'ayez pas fait attention à moi, plaisanta Harry. Mais je vais essayer de parler à Hermione.
- Ne prends pas le risque de te disputer avec elle... Je m'en voudrais que vous soyez en froid à cause de moi...
- Ne t'en fais pas, si je vois qu'il n'y a pas moyen de discuter, je laisserai tomber.
- Ça vaut mieux, en effet. Mais je ne comprends même pas pourquoi on s'est autant pris la tête. Ça ne la regarde pas, après tout, ce que font les jumeaux... Elle n'est ni leur sœur, ni leur mère...
- C'est vrai, concéda Harry. D'ailleurs, puisque tu en parles, les jumeaux n'ont pas eu trop peur de la réaction de votre mère ?
- Il n'y a pas grand-chose qui leur fait peur, tu sais. Les colères de maman, ils en ont l'habitude. Ça les attriste, évidemment, l'idée de se mettre maman encore plus à dos, mais ils pensent qu'elle finira par accepter leur choix et leur activité quand elle verra que leur boutique est un succès. Comme tu disais pour Hermione, en fait. Mais contrairement à ce qu'elle pourra penser, ils n'ont pas pris leur décision à la légère. Ils ont tout préparé en amont. Ils nous ont même donné des conseils, à Ginny et à moi, pour répondre à la lettre que maman nous enverra sûrement. Ils n'ont rien laissé au hasard. Il n'y a rien à leur reprocher sur le plan de l'organisation. J'aimerais bien dire tout ça à maman pour les défendre, mais ça lui ferait comprendre que j'étais au courant avant leur départ... Et il faut justement que Ginny et moi lui cachions que nous savions. Sinon, merci les tensions cet été...
- Oui, déjà que l'été dernier n'était pas très gai, d'après ce que tu me disais dans tes lettres, alors ce serait mieux d'éviter les tensions inutiles pour celui qui vient... Mais pour en revenir à Hermione, je pense que si elle a autant désapprouvé le départ des jumeaux, c'était parce qu'elle avait peur que tu veuilles suivre leur exemple. Et elle n'avait peut-être pas tort...
- Je ne ferai pas comme Fred et George, même si j'en avais envie, rétorqua Ron. Eux, ils pouvaient le faire, ils étaient majeurs. Moi, je suis mineur, je serais recherché dans tout le pays si je m'enfuyais de Poudlard sans rien dire à personne... Et puis je n'aurais nulle part où aller.
- Mais si tu étais en mesure de le faire, tu le ferais ?
- Non. Il y a trop de choses qui me retiennent. Je ne vais pas vous abandonner, Hermione et toi... On a toujours été trois, il n'y a pas de raison que ça change...
- Si c'est pour te voir déprimer petit à petit... Mais ça me touche que tu penses à nous.
- Oui, il y a vous, mais il y a aussi le Quidditch... Et j'ai également Pansy. Mais ce qui me retient le plus, c'est que je ne veux pas me mettre maman à dos. Ça ne fait pas très Gryffondor, hein ?
- Il ne faut pas confondre courage et témérité. Ce sont deux choses différentes. Être courageux, c'est affronter le danger. Être téméraire, c'est oser sans réfléchir et sans prudence. Et c'est déjà une forme de courage de rester ici pour tes amis, pour ton équipe et pour ta petite-amie. Tu te sacrifies pour ne pas abandonner ceux qui t'aiment et qui ont besoin de toi.
- Je ne voyais pas les choses comme ça, murmura Ron. Mais j'ai aussi mes obligations de préfet. Je ne peux pas trahir la confiance qui m'a été donnée en m'attribuant ce privilège...
- Ça me gênerait aussi, à ta place, avoua Harry. Mais du coup, si je comprends bien, tu voudrais t'en aller, comme Fred et George, si tu n'avais pas autant de choses qui te retenaient ?
- Disons que j'amuserais bien plus en étant conducteur ou contrôleur de Magicobus qu'en suivant les cours à Poudlard... Je gagnerais de l'argent, je ferais quelque chose d'utile, qui servirait aux gens. Je serais dans la vie active, quoi. Alors que là, je fais des études qui ne me mèneront à rien puisque je ne suis attiré par aucun métier... Je ne vais pas faire une formation pour exercer un métier qui ne me plaît pas... Les seules choses qui m'intéressent, ce sont les échecs et le Quidditch. Et il n'y a aucune formation pour ça. Encore, pour le Quidditch, il y a plein d'équipes, mais je n'ai pas assez confiance en moi pour jouer dans une équipe nationale... Il faudrait que je joue en club pour pouvoir continuer à faire du Quidditch, mais ce n'est pas ça qui va me permettre de subvenir à mes besoins... Bref, je suis dans l'impasse et personne ne peut m'aider.
- Il faudrait que tu en parles avec notre directeur de maison. Il te comprendra et il t'aidera. Si tu es vraiment sûr que les ASPIC ne te seront d'aucune utilité, il essaiera de te trouver quelque chose qui pourrait te convenir. Par contre, il voudra sûrement que tu ailles jusqu'au bout de la sixième année, histoire que tu sois majeur quand tu quitteras Poudlard. Je ne pense pas que la septième année soit réellement obligatoire, nous sommes majeurs à ce moment-là, nous n'avons plus la Trace sur nous, nous pouvons donc faire ce que nous voulons. C'est pour ça que je suis sûr que le professeur Lupin ne te forcera pas à rester à Poudlard.
- J'irai le voir, décida Ron. Merci pour le conseil.
- De rien. J'ai l'impression que c'est la première fois que je peux t'aider depuis le début de l'année...
- Ce n'est pas comme si tu avais eu mille occasions de le faire, protesta Ron. Il s'est passé beaucoup trop de choses. Il m'arrive encore de me demander par quel miracle tu es devant moi. Avec tout ce qui t'est tombé dessus...
- J'ai la tête dure, rigola Harry. Non mais c'est vrai que je n'ai jamais autant risqué ma vie que cette année, entre mon état mental inquiétant, les cinq potions de sommeil sans rêves et l'explosion, c'est étonnant que je sois encore là...
- C'est exactement ce que je me dis ! Mais tu es là et c'est ça qu'il faut retenir. Bon, je vais laisser de côté le devoir de sortilèges pour l'instant. Je ne suis plus du tout motivé. Je vais faire un tour dans le château. Tu veux venir avec moi ?
- J'aurais bien aimé, mais je préfère essayer de parler à Hermione tout de suite et ensuite j'ai rendez-vous avec Draco.
- Vous allez utiliser la salle sur demande ?
- Oui, pourquoi ?
- Parce que je dois voir Pansy à seize heures. Et on voudrait aussi l'utiliser. Mais ce n'est pas grave, on va aller dans le dortoir. On y sera presque aussi tranquilles.
- Ça ne va pas gêner Pansy ?
- Non, je ne pense pas. Je verrai bien. Et si ça la met mal à l'aise, on ira autre part. Ce ne sont pas les coins secrets qui manquent.
- Ça, c'est sûr. Bon, je vais voir Hermione. À ce soir au dîner.
Harry s'en alla, laissant Ron seul. Il resta peu de temps dans le dortoir et le quitta cinq minutes après Harry.
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Après s'être promené dans le château, Ron décida d'aller dans le parc. Il voulait respirer un peu l'air libre. Il n'était visiblement pas le seul à souhaiter profiter du début des beaux jours car il y avait beaucoup d'élèves assis sur l'herbe. Certains étaient de sa classe, comme Dean, Seamus, Sally Smith, Daphné Greengrass, Stephen Cornfoot, Padma Patil, Megan Jones, Wayne Hopkins, Terry, Michaël, Anthony, Susan... Ce fut cette dernière qui attira son attention. Elle n'avait pas l'air au top de sa forme. Inquiet, il alla la voir. Il s'assit à côté d'elle, la faisant sursauter. Elle tourna la tête vers lui et se détendit en voyant que c'était lui.
- Je ne m'attendais pas à ce que tu viennes me voir.
- J'ai vu que tu ne semblais pas aller très bien, mais si tu préfères être seule, je comprendrais.
- Non, tu peux rester, dit Susan en souriant.
Ron ne se fit pas prier, se rapprocha un peu de Susan et hésita un peu avant de demander :
- Tu veux parler de ce qui ne va pas ?
- Oh, il n'y a pas grand-chose à raconter... Hannah est partie en urgence alors qu'elle devait passer les vacances à Poudlard, et je me retrouve donc avec Justin et Ernie qui sont toujours en froid... Ils s'évitent et passent le plus clair de leur temps chacun de leur côté avec d'autres gens. Ernie est avec des Poufsouffle de sixième année et Justin est avec son binôme de travail et les amis de celui-ci. Je me sens donc un peu seule vu que Hannah n'est pas là. Et puis ça me rend triste, cette situation. Je voudrais tant pouvoir faire quelque chose pour aider Justin et Ernie à se réconcilier... Sans compter le souci que je me fais pour Hannah.
- Elle ne va pas bien ?
- Moralement, non. Je ne peux pas trop en dire pour respecter sa vie privée mais j'ai peur qu'elle soit anéantie quand elle reviendra... Comme je suis nulle pour aider ceux que j'aime...
- Ne dis pas ça, opposa Ron doucement mais fermement. Concernant Ernie et Justin, nous sommes nombreux à avoir envie de les aider, mais nous ne pouvons malheureusement rien faire. C'est à eux d'accepter de se parler. Et ça viendra. Il faut juste leur laisser le temps. Je pense que ça aurait pu se faire plus tôt mais Justin n'était pas vraiment dans les bonnes conditions pour une réconciliation. Il avait d'autres choses à penser. Mais là, ça va mieux, je crois, il va peut-être en profiter pour faire un pas envers Ernie...
- Je l'espère. Ernie a essayé d'arrondir les angles il n'y a pas longtemps mais Justin l'a rejeté.
- Ça ne devait pas encore être le bon moment. Mais je suis sûr que ça va vite s'arranger entre eux. Je suis déjà resté fâché un bon moment avec Harry et c'est moi qui ait fini par l'approcher pour tenter de me réconcilier avec lui. Et ça a marché. Ce n'était pas tout à fait la même situation, mais un peu quand-même. Pour ce qui est de Hannah, tu peux l'aider en étant là pour elle. Tu es très douée pour parler aux gens et pour savoir ce qu'il faut faire avec eux. Si elle n'a pas envie de parler, tu sauras le voir. Si elle a besoin de parler, tu seras là pour l'écouter. Si j'ai bien compris ce qui se passe dans les grandes lignes, tu ne pourras pas l'empêcher de déprimer. Tu ne pourras pas l'aider à oublier. Mais tu pourras être là et ce sera déjà beaucoup.
Susan acquiesça.
- Merci, Ron. Ça me fait du bien, ce que tu me dis. Je vais suivre tes conseils.
- Pour une fois que c'est moi qui t'en donne, s'amusa Ron.
- Tu es très doué pour ça.
Ron se sentit rougir. Susan dut être gênée d'avoir provoqué en lui cette réaction car elle se mordit la lèvre en détournant le regard. Ron ne sut alors pas ce qui lui prit mais il commença à approcher son visage de celui de Susan. Il se rendit heureusement compte à temps de ce qu'il faisait et arrêta son geste avant que Susan n'ait pu s'apercevoir de quoi que ce soit. Il tourna à son tour la tête et fixa le sol comme le faisait son binôme de travail. Ayant rendez-vous avec Pansy à seize heures, il vérifia l'heure et vit qu'il lui restait quinze minutes.
- Je vais devoir y aller, annonça-t-il. Si je traîne trop, Pansy va m'attendre. Mais ça m'ennuie de te laisser toute seule...
- Ne t'inquiète pas, j'avais prévu de bientôt rentrer, de toute façon, affirma Susan. J'ai été contente de te voir en-dehors des séances de travail, en tout cas.
- Moi aussi, répondit sincèrement Ron. On essaiera de se revoir pendant les vacances.
Susan hocha de nouveau la tête. Ron et elle se souhaitèrent une bonne fin de journée puis Ron s'en alla. Une fois avoir rejoint le château, il monta au septième étage. Arrivé dans le couloir de la tapisserie de Barnabas le Follet, il constata que Pansy était déjà là. Elle le vit alors qu'il s'avançait vers elle.
- Tu es un peu en avance, lui fit-elle remarquer.
- Ah, j'avais pourtant peur d'être légèrement en retard.
- Tu as dû te dépêcher, alors, supposa Pansy en souriant.
- Oui, parce que j'avais hâte de te voir, dit Ron d'un ton sérieux.
Pansy sembla touchée. Ron n'y tint plus, combla le peu d'espace qui les séparait et unit doucement leurs lèvres. Pansy répondit à son baiser avec toute la tendresse qui la caractérisait. Ils se séparèrent au bout de quelques minutes et se regardèrent dans les yeux. Ron aurait pu rester des heures ainsi. Il se sentait tellement bien lorsqu'il était avec Pansy... Il avait l'impression d'oublier tous ses soucis car il n'y avait qu'elle qui comptait. Elle était son rayon de soleil dans sa journée. Il se demanda alors un bref instant comment il avait pu songer à embrasser Susan. C'était Pansy qu'il aimait. C'était Pansy qu'il voulait avoir tout contre lui. C'était Pansy qui faisait battre son coeur. Il n'avait aucune envie d'aller voir ailleurs. Mais il chassa bien vite ces pensées de son esprit. Il était justement avec Pansy, il devait donc cesser de penser à ce qui s'était passé avec Susan. Heureusement, Pansy n'eut pas l'air d'avoir remarqué son trouble intérieur. Elle lui sourit et cela lui suffit à se reconnecter à la réalité.
- On y va ? proposa-t-elle.
- Oui, mais il y a un changement de programme.
- Comment ça ?
- La salle est déjà occupée. Harry et Draco ont prévu d'y passer du temps ensemble et ça doit faire environ une heure qu'ils y sont.
- Oh, ils ne sont pas près de sortir, alors... On va où, alors ?
- Si tu veux, on peut aller à mon dortoir. C'est là où sera le plus tranquilles. On aurait pu aller au tien mais vu que les garçons n'ont pas le droit d'accéder aux dortoir des filles...
- Personne de sain d'esprit n'autoriserait les garçons à pénétrer dans les chambres des filles dans un internat, répliqua Pansy.
- Ouais, alors que les filles, elles, peuvent très bien entrer dans les dortoirs des garçons...
- Hé oui, que veux-tu, les garçons n'ont qu'à mieux se tenir en général, se moqua gentiment Pansy. Bon, ne restons pas plantés là. Allons dans ton dortoir, on y sera mieux.
Ron acquiesça et entraîna Pansy vers la tour Gryffondor. Ils ne firent pas attention aux regards qui se posèrent sur eux dans la salle commune et montèrent au dortoir des garçons de cinquième année. Ron avait pensé à faire un peu de rangement, ne voulant pas passer pour quelqu'un de désordonné auprès de Pansy. Ils s'installèrent sur le lit où Pansy se blottit contre Ron qui l'entoura de ses bras et la serra contre lui. Ils restèrent un moment sans parler jusqu'à ce que Ron fasse basculer Pansy sous lui avant de se mettre à l'embrasser. Pansy lui rendit aussitôt son baiser et enfouit ses mains dans ses cheveux. Ron, lui, posa les siennes sur les hanches de Pansy. Il approfondit le baiser en insinuant sa langue dans la bouche de sa petite-amie qui l'accueillit volontiers. Il descendit ses mains le long des cuisses de Pansy avant de les remonter lentement vers ses hanches qu'il aimait tout particulièrement. Il répéta plusieurs fois ce manège tandis que Pansy jouait toujours avec ses cheveux qu'elle semblait affectionner. Elle finit néanmoins par s'en lasser et se mit à caresser le dos de Ron. Celui-ci rompit le baiser au bout de quelques minutes.
- Attends, on ferait mieux d'enlever nos robes de sorcier.
Pansy acquiesça et ils se délestèrent tous deux de leurs robes. Ils reprirent là où ils s'étaient arrêtés mais en étant un peu plus à l'aise. Ils s'embrassèrent pendant un long moment tout en se câlinant à travers leurs vêtements, faisant monter peu à peu la température entre eux. Ron tenta de se contrôler au mieux mais Pansy ne lui rendit pas la tâche facile en glissant ses mains sous son pull pour venir caresser son torse. Il voulut faire de même mais ce qui s'était passé la fois précédente lui revint en mémoire. Il avait été bloqué par le soutien-gorge de Pansy qui était quand-même quelque chose de typiquement féminin. Mais ça n'avait pas eu l'air de la déranger, elle. Ce qui l'avait crispée, c'était la réaction physique qu'avait eue Ron et qu'il s'efforçait justement de ne pas avoir actuellement. Mais cela devenait de plus en plus difficile. Préférant avertir Pansy, il décolla leurs lèvres et se redressa :
- Je ne vais pas pouvoir me retenir longtemps si tu continues comme ça...
- Ça tombe bien, c'était le but. Mais si tu veux qu'on reste sages...
- Je veux surtout qu'on y aille en douceur. J'ai très envie de toi mais j'ai peur qu'on se précipite trop et qu'on regrette ensuite...
- Mais je n'avais pas l'intention de perdre ma virginité aujourd'hui-même, rétorqua Pansy. C'est juste que la dernière fois, on souhaitait tous deux aller un peu plus loin la fois suivante. Après, je t'avoue que je ne sais pas trop jusqu'où je suis prête à aller...
- On pourrait juste utiliser nos doigts, suggéra Ron.
Pansy rougit. Craignant l'avoir brusquée, Ron s'apprêta à revenir sur ce qu'il venait de dire mais elle le devança :
- J'aimerais beaucoup essayer mais ne m'en veux pas si, au dernier moment, je change d'avis...
- Je comprendrais parfaitement, l'apaisa Ron. Tu veux bien que je t'enlève ton haut ?
Pansy acquiesça, bien qu'ayant l'air d'appréhender un peu. Ron la rassura d'un baiser et déboutonna son chemisier avant de le lui retirer. Il put alors admirer le haut du corps de Pansy et fut subjugué par ce qu'il voyait. Il ignorait si c'était parce qu'il était amoureux ou si c'était parce qu'il n'avait pas d'autre titre de comparaison, mais il la trouvait parfaite. Elle était fine sans être maigre, elle donnait l'impression de bien entretenir son corps sans trop le muscler et sa poitrine que beaucoup de garçons jugeraient trop petite ravissait énormément Ron, même si le soutien-gorge en dissimulait une grande partie. Il ne pouvait détacher son regard tant il aimait ce qui s'offrait à sa vue. Il vit cependant que les épaules de Pansy étaient un peu hautes et comprit qu'elle était tendue. Il leva les yeux vers elle et lui sourit.
- Tu es magnifique, dit-il le plus sincèrement du monde.
Les joues de Pansy s'empourprèrent. Elle surmonta néanmoins sa gêne et s'assit pour dévêtir Ron à son tour. Elle ôta sa chemise et, comme lui cinq minutes plus tôt, attarda son regard sur son torse.
- Tu as toujours été assez musclé ?
- Disons que j'ai toujours eu une carrure un peu massive, et faire du Quidditch, ça aide. Mais je suis loin d'être le garçon le plus musclé de l'école...
- Tu l'es quand-même et ça te va très bien, affirma Pansy. Je n'irais pas me battre contre toi, en tout cas. Une pichenette et je suis à terre !
Ron se mit à rire.
- Je ne te ferais jamais le moindre mal, voyons ! J'espère juste que tu n'as pas peur de te faire écraser sous mon poids, maintenant...
- Il n'y a qu'un seul moyen de le savoir, répondit Pansy d'un ton malicieux.
Ron n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit qu'elle l'attira à elle et se rallongea, l'entraînant ainsi dans sa chute. Il se retrouva sur Pansy et en profita aussitôt pour reprendre possession de ses lèvres. Il fit voyager ses mains un peu partout, ne sachant pas trop par où commencer, souhaitant découvrir chaque parcelle de peau qui lui était offerte. Il remarqua que Pansy était très sensible au creux des hanches et se promit de s'en souvenir pour la chatouiller à cet endroit dans certaines situations où ça pourrait lui être utile. Mais, pour l'heure, il voulait lui donner du plaisir. Il délaissa donc les lèvres de Pansy et dévia les siennes vers son cou qu'il mordilla, soutirant à sa petite-amie un cri de surprise suivi d'un gémissement qui lui laissa penser qu'elle appréciait ce qu'il lui faisait. À peine eut-elle le temps de s'en remettre que la voix timide et hésitante de Neville se fit entendre à leur droite :
- Pensez au sort d'insonorisation, s'il vous plaît...
Ron se sentit rougir comme une tomate. Terriblement gêné, il n'osa même pas répondre. Pansy était aussi mal à l'aise que lui. Elle se mordait les lèvres et semblait ne pas savoir où regarder. Ron finit par s'éclaircir la gorge et briser le silence qui s'était installé :
- On ferait mieux d'attendre un autre jour...
- Oui, je crois aussi, renchérit Pansy, visiblement soulagée. Un jour où on pourra utiliser la salle sur demande...
- Je suis désolé, j'aurais dû penser à insonoriser, grimaça Ron.
- Tu n'étais pas seul, j'étais là aussi. Mais c'est peut-être un signe, si on a été coupés.
- Genre, ça voudrait dire qu'on n'était pas prêts ?
- Ou que ce n'était pas le bon moment, qu'il faut prendre davantage notre temps...
- Mouais... C'est quand-même frustrant.
- Mais ça entretient le désir, objecta Pansy. Bon, on va se rhabiller, manquerait plus que quelqu'un vienne te voir sans chercher à savoir si tu es occupé...
Ron acquiesça et ramassa sa chemise ainsi que le chemisier de Pansy qu'ils avaient mis par terre. Il redonna à Pansy son haut et tous deux se rhabillèrent. Une fois décemment vêtus, ils se rallongèrent et Pansy se blottit de nouveau contre Ron. Leur moment intime avorté les avait certes gênés, mais pas au point de mettre un terme à leur rendez-vous. Ils avaient encore envie de se voir. Ils restèrent donc ensemble jusqu'à l'heure du dîner, s'embrassant et se caressant chastement, et Ron trouva que c'était tout aussi bien ainsi.
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(mercredi 27/03) POV Sirius
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Tandis que Remus était allé transmettre sa lettre à Dumbledore, Sirius corrigeait ses copies. Il préférait s'avancer le plus possible afin d'être tranquille lorsqu'il serait au Square avec Remus et Harry. Ils partaient trois jours plus tard et Sirius avait encore environ cent cinquante devoirs à noter. Il venait tout juste de s'y mettre, en fait, et avait déjà traité dix devoirs. Il avait décidé de s'attaquer en premier aux copies des troisième année qui étaient les plus courtes puisqu'il n'avait demandé que trente centimètres de parchemin. Il était en train de lire le devoir d'un élève de Poufsouffle lorsqu'il entendit la porte d'entrée s'ouvrir et se refermer. Quelques secondes plus tard, Remus pénétra dans le salon, l'air satisfait.
- Toi, tu as obtenu gain de cause, devina Sirius.
- Oui, Dumbledore a accepté d'examiner ma demande. Il va réunir tous les professeurs pour qu'on en discute tous ensemble. Il ne peut pas mettre quatre professeurs de garde chaque nuit sans d'abord demander l'avis de tout le monde... J'ai un peu peur que la majorité s'y oppose mais on verra bien. Il va aussi en profiter pour revoir le rôle des préfets-en-chef qu'il veut mettre davantage en avant. Car au fil du temps, il a peu à peu perdu de la valeur. Surtout cette année. À part conseiller les nouveaux préfets en début d'année, accompagner les professeurs lors des rondes de nuit et assister à certaines réunions, ils n'ont pas grand-chose à faire... Avant, ils avaient un rôle de médiateur entre les élèves et les professeurs. Ce n'est plus trop utile, maintenant. Les préfets savent eux-mêmes s'adresser aux professeurs. C'est même plus simple ainsi. Les préfets-en-chef ont aussi été retirés du planning des rondes de dix-sept heures à dix-neuf heures il y a bien longtemps car le pourcentage de réussite des préfets-en-chef aux ASPIC avait baissé. Aucun lien n'avait été établi entre ce faible taux et le temps consacré aux rondes, mais Dumbledore avait préféré les délester un peu de leurs fonctions. Mais il le regrette, à présent, et il aimerait les réintroduire dans les rondes de fin d'après-midi.
- Ce serait une bonne idée, songea Sirius. Mais tu as l'air bien au courant, dis-moi.
- J'ai beaucoup discuté avec Filius et Pomona et un peu avec Septima et Bathsheda il y a deux ans, lors de ma première année d'enseignement. On a parlé entre autres des préfets et des préfets-en-chef et ils m'ont dit pas mal de choses à ce sujet.
- Eh bien j'ai hâte d'être à cette réunion. J'aime bien donner mon avis.
- C'est ce que j'ai cru comprendre. Tu corriges quelles copies ?
- Celles des troisième année. Je préfère commencer doucement en m'occupant d'abord des copies les plus rapides à corriger.
- D'accord, donc si je comprends bien, tu vas noter en dernier celles des cinquième ou des septième année ?
- Je n'ai pas dit ça, se défendit Sirius. Mais c'est fort probable. Sauf si je craque pour les devoirs des BUSE. Vu qu'il y a Harry...
- Tu n'as toujours pas jeté un coup d'oeil à sa copie ?
- Non, je me retiens, avoua Sirius. Mais depuis le début des vacances, je n'ai pas vraiment pensé aux devoirs. Je me suis davantage concentré sur le choix des potentiels préfets.
- Tu as réussi à avancer dessus ?
- Oui, et je crois avoir trouvé ma liste.
- Tu veux bien me la faire partager ?
- Bien sûr. Parmi les garçons, je vais proposer Dimitri Kirby, Chad Baker et Erwin Kircher. Parmi les filles, je vais proposer Andrea Burton, Betty Howell et Gladys Bradford.
- Excellents choix, approuva Remus.
- C'est vrai ? Tu aurais pris les mêmes ?
- Sûrement, oui. J'aurais surtout pensé à Dimitri Kirby, Chad Baker, Andrea Burton et Betty Howell.
- Ah, ce ne sont pas forcément ceux que j'avais retenus d'office. Et toi, alors ? As-tu fait ta liste ?
- Oui, j'ai longuement hésité mais j'ai réussi à la boucler hier. Je vais suggérer Guy Ashford, Darren Carson et Remy Penley pour les garçons, et Angela Kyler, Wendy Sanders et Ginny Weasley pour les filles.
- Ça me paraît très bien aussi. J'aurais probablement établi la même liste. J'aurais davantage songé à Guy, Darren, Angela et, évidemment, Ginny.
- Ça m'aurait étonné, se moqua Remus.
- Ose dire que tu n'as pas tout de suite pensé à elle, le défia Sirius.
- Je ne le cache pas, admit Remus. Et je vais même être totalement honnête. J'ai choisi deux autres filles parce qu'il le fallait car, pour moi, Ginny est la plus méritante d'entre toutes.
- Je suis parfaitement d'accord, confirma Sirius avec force. Elle est brillante, cette petite. J'aurais été ravi de l'avoir comme belle-fille...
- Ça aurait pu se faire en te mariant avec la mère de Blaise Zabini.
- Même si je n'avais pas été lié à toi, jamais je ne me serais marié avec cette femme. Je tiens trop à ma vie pour ça.
- Ça ne t'a pourtant pas empêché de coucher avec elle quand on était élèves à Poudlard...
- Ça avait été très passager, et à l'époque, elle n'avait pas encore l'habitude de zigouiller tous les hommes avec qui elle sortait...
- Il n'a jamais été prouvé que c'était elle qui les tuait, fit remarquer Remus.
- Mmmh, elle reste quand-même la principale suspecte.
- Dit celui qui a été accusé à tort alors que tout laissait à croire qu'il était coupable.
Sirius grimaça.
- Tu marques un point. Mais bon, je suis lié à toi pour la vie, de toute façon. Ornella Zabini pourra donc se marier avec qui elle veut mais ce ne sera pas avec moi. Il n'y a que toi qui compte pour moi et j'ai bien l'intention de te le prouver.
Sirius se leva et rejoignit Remus qui était resté dans l'entrée du salon. Il se pressa contre lui et posa ses lèvres sur celles de son compagnon. Celui-ci répondit aussitôt au baiser et chercha rapidement à l'approfondir en forçant le barrage des lèvres de Sirius qui le laissa faire volontiers. Mais il ne resta pas passif et participa activement au baiser. Cela étonna Remus qui sépara leurs lèvres.
- Tu es bien enthousiaste, dis-moi... Non pas que tu ne l'es pas en temps normal, bien au contraire, mais tu te laisses moins dominer que d'habitude...
- Ne t'en fais pas, je me laisserai entièrement dominer en temps voulu.
Remus fronça les sourcils.
- Comment ça ?
- Aurais-tu oublié que nous devons faire quelque chose, aujourd'hui ?
- Non, mais... il est tôt, je pensais que tu voudrais plutôt le faire avant de se coucher...
- Je te veux maintenant.
Remus sembla surpris et regarda attentivement Sirius.
- Tu es sûr ?
- Oui. Que ce soit maintenant ou ce soir, ça ne changera pas grand-chose. Sauf que là, j'ai très envie qu'on le fasse.
- Profitons-en, alors, dit Remus en souriant.
Il attrapa Sirius par la main et l'entraîna vers la chambre. Une fois arrivés, Remus poussa Sirius et le fit tomber sur le lit. Sirius grogna pour la forme mais ses protestations furent coupées par les lèvres de Remus qui s'emparèrent des siennes tandis que ses mains se glissaient sous sa chemise. Le baiser se fit vite passionné tandis que les mains partaient à l'exploration du corps de l'autre. Remus fut le premier à s'attaquer aux vêtements. Il débarrassa Sirius de sa chemise et en fit autant avec la sienne. Sirius voulut prendre le dessus pour délester Remus de son pantalon mais celui-ci ne fut pas de cet avis et l'en empêcha.
- N'allons pas trop vite, recommanda-t-il. Sinon je vais m'enflammer et je risquerais de te faire mal quand on passera aux choses sérieuses.
Sirius acquiesça et resta sagement allongé. Remus l'embrassa dans le cou tout en faisant voyager ses mains sur son torse. Il joua avec les tétons de Sirius qu'il pinça et fit rouler entre ses doigts avant de remplacer ces derniers par sa bouche, délaissant par la même occasion le cou de Sirius qui gémit de frustration. Mais il cria aussitôt après lorsque Remus mordilla les deux petites pointes de chair à qui il ne laissa aucun répit. Sirius se tortillait sous lui mais appréciait trop ce que lui faisait subir Remus pour l'arrêter. Au bout de plusieurs minutes, Remus laissa ses pauvres tétons tranquilles et remonta sa bouche pour l'embrasser. Le baiser fut beaucoup plus tendre que le précédent, faisant redescendre légèrement l'excitation qui demeura cependant bien présente. Et elle se raviva quand Remus ondula du bassin, créant un mouvement de friction qui les fit gémir à l'unisson. Il le fit plusieurs fois, puis il déplaça de nouveau ses lèvres vers le cou de Sirius qui s'apprêta à râler mais qui ne put que crier en sentant Remus lui faire un suçon dans une zone très sensible de son cou. Il termina le travail en léchant la petite marque et Sirius lui lança un regard noir lorsqu'il leva les yeux vers lui.
- C'est toi qui dis d'y aller doucement et tu fais pourtant tout pour m'exciter, protesta Sirius.
- Oui, mais je fais monter petit à petit le désir, pas comme tout à l'heure où ça allait un peu trop vite.
- Ouais, tu fais ce qui t'arrange, quoi, bouda Sirius.
- Oh non, crois-moi, si c'était le cas, je serais déjà en toi à l'heure qu'il est.
Sirius rougit brusquement, ce qui fit sourire Remus.
- Toujours est-il que je ne vais pas tenir longtemps si tu continues comme ça.
- Mais on peut très bien se soulager une fois avant de s'unir...
- Si tu m'y autorises, alors...
Sirius se redressa et fit basculer Remus en arrière sans lui laisser le temps de faire quoi que ce soit pour l'en empêcher. Mais Remus le stoppa lorsqu'il porta une main à son pantalon.
- Hé, je ne voulais pas dire par-là que je te laissais prendre le dessus !
- Je peux bien te retirer ton pantalon, quand-même ?!
- Je te connais, Sirius, je te tends la main, tu m'arraches le bras...
- Mais non, je veux juste participer un peu.
Remus soupira et céda. Sirius avait beau se soumettre naturellement de par leur lien, il gardait son côté indépendant et bravache qu'il avait toujours eu et que rien ne pourrait le lui enlever. Il profita de la reddition de Remus et lui ôta son pantalon. Il fit ensuite de même avec le sien et se rallongea.
- Je suis tout à toi, déclara-t-il.
Remus leva les yeux au ciel et se réinstalla au-dessus de Sirius qu'il embrassa. Les mains repartirent à la découverte du corps de l'autre et prirent un malin plaisir à éviter la région qui réclamait le plus d'attention. C'était Remus qui avait commencé et Sirius s'était vengé en faisant la même chose. Sauf que le jeu durait, s'éternisait et si Remus semblait pouvoir rester frustré longtemps, ce n'était pas le cas de Sirius. Mais il ne voulait pas abdiquer en premier. Alors il résista. Mais quand les doigts de Remus passèrent tout près de son entrejambe en caressant l'intérieur de sa cuisse, il craqua :
- Remus bon sang, arrête de me faire languir et touche-moi !
- Mais c'est ce que je fais, répondit Remus, amusé.
- Tu sais très bien ce que je veux dire !
Remus émit un petit rire et posa sa main sur le renflement du caleçon de Sirius qui gémit fortement.
- Ce serait mieux si on l'enlevait, non ? suggéra Remus, l'air de rien, tout en malaxant le membre à travers le tissu.
- Tout... à fait... d'accord, haleta Sirius.
Remus fit glisser le caleçon le long des jambes de Sirius, libérant ainsi son érection. Il retira le sien également et vint presser son bassin contre celui de Sirius. Ils gémirent de concert et se mouvèrent l'un contre l'autre, créant d'agréables frictions entre leurs deux membres. Remus posa ses lèvres sur celles de Sirius et les entraîna dans un baiser qui devint vite fougueux. Dans le même temps, leurs mouvements de bassin se firent de plus en plus énergiques et les rapprochèrent dangereusement de l'orgasme. Ils soupiraient et gémissaient dans le baiser qui était aussi chaotique que leur souffle. Les mains de Remus caressaient un peu partout Sirius tandis qu'il appuyait les siennes sur les fesses de Remus pour accompagner ses mouvements. Le plaisir les consuma et ils finirent bientôt par jouir en criant et en se déversant entre leurs deux corps. Ils restèrent immobiles un moment, reprenant peu à peu leur respiration. Sirius n'était pas encore tout à fait remis lorsque Remus l'embrassa dans le cou et fit de nouveau voyager ses mains sur son corps. Il pensait être trop vidé pour ressentir quoi que ce soit mais il gémit pourtant de plaisir quand les dents de son compagnon mordillèrent gentiment une de ses zones érogènes. Les doigts de Remus ne furent pas en reste et quittèrent les hanches de Sirius pour se poser sur l'arrière de ses cuisses qui était un endroit très sensible chez lui, tout comme le pli entre ses cuisses et ses fesses. Les caresses combinées aux baisers dans son cou firent monter petit à petit la température dans son corps jusqu'à ce qu'il obtienne une nouvelle érection. Remus délaissa son cou et ses cuisses et Sirius le vit prendre sa baguette dans la manche de sa chemise. Il lança un sort que Sirius reconnut bien et qui recouvrit les doigts de Remus d'un gel transparent. Sirius écarta les jambes, à la fois anxieux et impatient. Il accueillit volontiers les lèvres de Remus sur les siennes alors qu'un doigt venait caresser son anneau de chair. Il se contracta d'envie et d'appréhension mais se détendit vite pour laisser le doigt entrer en lui. Il soupira de bien-être quand il le pénétra. C'était bon. Il fit plusieurs va-et-vient, frottant agréablement contre ses chairs et lui procurant d'office un certain plaisir. Un autre doigt se présenta contre son intimité et rejoignit lentement le premier. Sirius se crispa brièvement, l'étirement étant toujours un peu douloureux. Mais ce fut passager et le plaisir reprit vite ses droits. Remus attendit qu'il soit bien relaxé pour bouger ses deux doigts. Il les fit aller et venir en Sirius qui se mit à gémir de contentement. Il ne tarda cependant pas à grimacer lorsque Remus étira ses chairs et écartant ses deux doigts l'un de l'autre. Il rompit le baiser et lui murmura à l'oreille :
- Désolé, mais c'est nécessaire... Tu vas vite oublier ce désagrément, crois-moi.
Sirius n'eut pas le temps de répondre que Remus le bâillonna de ses lèvres et retira ses doigts avant de les renfoncer en changeant d'angle de pénétration. Ils percutèrent la prostate de Sirius qui cria de surprise et de plaisir mêlés. Il connaissait cette glande, désormais, mais elle le prenait toujours de court quand Remus la touchait pour la première fois. Ce dernier répéta son geste, soutirant un autre cri à Sirius qui ne put faire que ça durant les quelques minutes où son compagnon s'amusa avec sa prostate. Contrairement aux fois précédentes où Remus l'avait fait jouir avec ses doigts, il s'arrêta avant que Sirius ne soit trop proche de l'orgasme. Et il comprit pourquoi lorsqu'un troisième doigt se pressa contre son anus. Il se crispa, n'étant pas du tout habitué à cela. La seule fois où Remus avait essayé, Sirius était au bord de l'orgasme avec deux doigts enfouis en lui et à peine un troisième avait commencé à entrer en lui qu'il avait joui. Il y avait eu un mélange confus de douleur et de plaisir et cela avait eu raison de lui. Mais là, ce n'était pas pareil. Il n'était pas dans le même état d'excitation. Remus allait pouvoir insérer son doigt en entier. Et cela lui faisait un peu peur. Remus dut le sentir car il sépara leurs lèvres et lui sourit.
- Ça va aller, tu vas sûrement avoir un peu mal mais ça passera rapidement, je te le promets.
Sirius acquiesça et força son corps à se détendre. Remus l'y aida en le mordillant derrière l'oreille, le faisant gémir et frissonner. Le troisième doigt se pressa davantage contre son anneau de chair et le franchit. Sirius se tendit sous l'effet de la douleur mais Remus détourna son attention en caressant son sexe. Cela fonctionna puisque la douleur se dissipa et laissa place à une simple gêne. Une fois le doigt complètement entré, Remus l'immobilisa jusqu'à ce que Sirius se décontracte assez pour qu'il puisse le bouger avec les autres. Il fit de lents va-et-vient qui permirent à Sirius de s'habituer. Puis il les retira et les entra d'un coup, touchant de plein fouet la prostate de Sirius qui cria fort en rejetant la tête en arrière. Remus refit le geste et le répéta un certain nombre de fois. Sirius voyait des étoiles et demanda à Remus d'arrêter quand il fut sur le point de jouir. Les doigts quittèrent son intimité, lui soutirant une petite plainte. Il regarda Remus récupérer sa baguette et lancer le sort de lubrification et de protection sur son membre tendu à l'extrême. Sirius ne s'était pas rendu compte que la longue préparation dont son amant lui avait fait bénéficier l'avait excité. Mais c'était pourtant logique au vu des nombreux gémissements que Sirius avait poussés... Ça avait forcément eu des répercussions sur Remus. Celui-ci s'installa entre les jambes de Sirius et lui écarta délicatement les fesses pour guider son sexe entre elles. Sirius se força à rester détendu quand il le sentit tout contre son anus. Mais son coeur battait la chamade. Le moment à la fois tant attendu et tant redouté était venu. C'était tout ce qu'il était en mesure de se dire. Il bloqua sa respiration quand le gland de Remus appuya contre son intimité. Il pressa mais son anus refusa de s'ouvrir. Il continua à pousser, lentement, et petit à petit, jusqu'à faire céder son anneau de chair malgré lui. Sirius se crispa violemment sous la vive douleur qui le transperça. Remus s'arrêta aussitôt et son visage apparut dans le champ de vision de Sirius. Il avait l'air inquiet.
- Sirius, calme-toi, ça va aller, détends-toi, tu te fais plus de mal qu'autre chose en te crispant ainsi...
- Mais ça fait mal, se plaignit Sirius. Ça ne va jamais entrer...
- Si, il faut juste que tu te relaxes, que tu me fasses confiance et que tu me laisses faire. Je ne te ferai jamais de mal intentionnellement, tu le sais bien. Je veux que tu prennes du plaisir et je te promets de tout faire pour ça. Je t'aime et je ne veux que ton bien.
Ces mots eurent l'effet d'un électrochoc sur Sirius. Il regarda Remus dans les yeux et les mots qu'il venait de prononcer prirent alors soudain pleinement sens dans son esprit. Car ce qu'il voyait, entre autres, dans le regard de Remus, était effectivement ni plus ni moins que de l'amour. Et il sentit, à ce moment-là, que lui aussi aimait Remus. Que c'était pour ça qu'il avait décidé de s'unir à lui ce jour-là. Et que c'était pour ça qu'il allait le laisser lui faire l'amour, car c'était exactement ça qu'ils allaient faire. Il s'aperçut que son corps s'était détendu sans qu'il ne l'ait remarqué. Mais il devait répondre à Remus avant qu'ils ne fassent quoi que ce soit. Il plongea son regard dans celui de son compagnon et murmura :
- Je t'aime aussi, Remus. Je ne veux plus seulement te prouver que je suis tout à toi, comme je te l'ai dit tout à l'heure. Je veux aussi te prouver que je t'aime. Que j'ai envie de toi, que je te désire et que je souhaite m'unir à toi.
L'émotion se lut dans les yeux de Remus. Le sourire tendre qu'il offrit à Sirius fit fondre le coeur de celui-ci.
- Alors je vais te faire l'amour. Et je vais tout faire pour que tu aimes.
Remus accompagna ces paroles d'un baiser que lui rendit Sirius. Il voulait se concentrer sur quelque chose afin de ne pas se focaliser sur ce qui allait se passer à l'intérieur de lui. Il s'efforça de ne pas se crisper lorsque Remus reprit sa progression en lui. La douleur revint alors que le membre épais se frayait un chemin dans son intimité, mais c'était plus supportable que lors de l'intrusion du gland. Là, il avait juste mal car cette barre de fer étirait douloureusement son fondement et ses chairs. Mais c'était normal, il le savait. Et il put compter sur Remus pour le distraire au maximum. Il l'embrassa, lui chuchota des mots rassurants, le caressa un peu partout et stimula son sexe qui avait perdu de la vigueur. Toutes ces attentions combinées suffirent à Sirius pour accepter ce membre qui s'enfonçait en lui. Remus y allait doucement, lentement, faisant tout pour faire le moins mal possible à Sirius qui sentait son coeur déborder d'amour devant tant de prévenance. Une fois complètement enfoui en lui, Remus s'immobilisa. Sirius l'en remercia et en profita pour tenter de s'habituer à cette présence dans son intimité. Grâce aux baisers et aux caresses de Remus, il se détendit et la douleur reflua peu à peu. Ne substituait plus qu'une sensation de gêne bientôt mêlée à une impression agréable d'être rempli. N'ayant plus mal, il se tortilla sous Remus qui comprit le message. Il se retira et se rengaina lentement, sûrement pour ne pas faire mal à Sirius et si c'était le cas, c'était réussi. Il gémit même de plaisir en sentant le membre de Remus frotter contre ses chairs comme l'avaient fait ses doigts une dizaine de minutes plus tôt. Encouragé, Remus recommença mais un peu plus vite cette fois. Sirius gémit plus fort, appréciant de plus en plus la présence de Remus en lui. Les va-et-vient se firent plus rapides jusqu'à ce que Remus se mette à donner des coups de bassin. Ils se firent d'abord doux mais cela frustra vite Sirius :
- Remus, plus fort...
- Je ne veux...
- Je ne suis pas en sucre ! J'ai besoin de plus alors vaAAAAAH !
Remus venait de se retirer et de se rengainer puissamment, percutant directement la glande sensible de Sirius. Il n'eut pas le temps de s'en remettre que Remus enchaîna en lui donnant de forts coups de rein. Sirius ne put que crier sous le plaisir qui déferla en lui. Et il augmenta lorsque Remus posa ses lèvres dans son cou pour le mordiller tendrement. Cela contrastait terriblement avec la rudesse dont il faisait preuve en lui mais Sirius n'en avait cure car, pour lui, cela démontrait l'amour que Remus lui portait. Et la douceur de ses lèvres mêlée à la passion de ses coups de rein lui procurait un plaisir sans nom. Mais il s'intensifia davantage quand Remus se mit à aller et venir avec plus de force en lui, malmenant durement la prostate de Sirius qui se perdait totalement dans le plaisir. La jouissance se rapprochait et son membre pulsait tant il avait besoin de se libérer.
- Remus, je... j'ai...
Il ne termina pas sa phrase mais Remus devina ce qu'il voulait dire et prit son sexe en main pour le masturber énergiquement tout en accélérant encore la cadence de ses coups de rein. Sirius s'égosilla en hurlant son plaisir. Ça devenait un peu trop rapide, un peu trop brusque mais il savait qu'il allait bientôt jouir et le plaisir était trop présent pour que cela le dérange. Et puis, de par sa nature, Remus devait avoir besoin de cette puissance en fin de rapport. Il s'activa de plus en plus vite, aussi bien en Sirius que sur le sexe de celui-ci et ce fut après un coup de rein particulièrement fort que Sirius jouit dans un ultime cri de plaisir. Son orgasme l'emporta très loin et il fut à peine conscient que Remus continuait à se mouvoir en lui jusqu'à ce qu'il s'enfonce profondément et jouisse à son tour dans un long râle d'extase. À moitié remis de son orgasme, Sirius le sentit faire de lents va-et-vient avant de se retirer avec moult précautions. Cela n'empêcha pas Sirius de laisser échapper une plainte. Il avait l'impression que son fondement était en feu. Remus les nettoya d'un coup de baguette, puis il le prit dans ses bras. Sirius s'y lova aussitôt et soupira de bien-être lorsque Remus referma ses bras autour de lui.
- Je t'aime, lui murmura Remus.
- Je t'aime aussi, répondit Sirius en fermant les yeux.
Ses paupières lui semblaient soudain lourdes. Il voulut se coller davantage contre Remus mais il en fut dissuadé par douleur qui lui vrilla le bas du dos.
- Tu veux que j'aille te chercher une potion ?
- Non, ça va aller, ça peut attendre... Je préfère que tu restes avec moi. Si tu pars, je vais avoir froid.
Remus se mit à rire.
- D'accord, je reste. Mais si tu changes d'avis, n'hésite pas à me le dire. Même si c'est en pleine nuit. Je peux bien faire ça...
- Hé, ne te flagelle pas, c'est normal que j'aie mal, rétorqua Sirius. Et puis tu m'as donné beaucoup de plaisir. C'est ça que je retiens, moi.
- Je n'y suis pas allé trop fort ?
- Sur la fin, oui, mais je vais devoir m'y habituer, je pense. Ça vient de ta nature de loup-garou. Et le plaisir m'aidait largement à supporter ta fougue.
- Bon, tant mieux, alors. Je suis soulagé que tu aies aimé ta première fois, même si le début a été un peu dur.
- C'est parce que j'étais trop stressé. C'est quand tu m'as dit «je t'aime» que je me suis détendu sans m'en apercevoir. C'étaient les mots que j'avais besoin d'entendre, je crois. Et je trouve ça beau que tu aies attendu ce moment pour me les dire, même si tu n'en as pas vraiment eu conscience.
- Je trouve aussi, avoua Remus. Et je ne vais plus hésiter à te les dire, désormais.
- J'espère bien. J'adore déjà quand tu prononces ces mots.
- C'est réciproque, dit Remus d'un ton à la fois tendre et amusé. Il était temps, n'empêche.
- Plus c'est long, plus c'est bon.
- Te voilà philosophe, maintenant ?
- Remus, ne m'oblige pas à te dire des choses désagréables...
Remus rit de nouveau.
- Message reçu ! Ça te dit de commencer notre nuit tout de suite ? Il est tôt, mais vu que ce sont les vacances, on peut dormir pendant onze heures si on veut...
- Avec grand plaisir !
Sirius se glissa difficilement sous les draps, très vite imité par Remus contre qui il ne tarda pas à se blottir, retrouvant avec bonheur la chaleur de ses bras. Ce fut ainsi qu'ils s'endormirent rapidement, heureux, apaisés et surtout épuisés par le moment d'amour qu'ils venaient de partager.
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(jeudi 28/03) POV Justin
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- Justin, est-ce que tu aurais vu un badge de préfet, par hasard ?
Justin leva les yeux vers Wayne qui venait d'ouvrir ses rideaux.
- Non, pas à ma connaissance, pourquoi ?
- Pour rien, désolé de t'avoir dérangé.
- Non mais attends, pourquoi m'as-tu demandé ça ?
Wayne hésita avant de répondre :
- Parce qu'Ernie cherche son badge partout. Mais je me doute bien que tu n'as pas envie de l'aider. Je voulais juste savoir si tu l'avais vu. Merci quand-même.
Wayne s'en alla. Justin sentit son coeur se serrer. Deux mois plus tôt, Ernie serait venu lui-même lui demander s'il savait où était son badge et ils auraient remué ciel et terre ensemble pour le retrouver. Aujourd'hui, c'était un de leurs camarades qui était obligé de lui poser la question à la place d'Ernie. C'était quand-même triste, pensait Justin. Il se demandait comment ils avaient pu en arriver là. Sur quoi était donc basée leur amitié si elle avait pu voler aussi facilement en éclats ? Sur des non-dits ? Sur des faux-semblants ? Justin n'en savait rien, mais en tout cas, leur amitié ne devait pas être aussi solide qu'il le croyait... Il pensa soudain à quelque chose. Et si le badge était dans son sac sans qu'il ne le sache ? Et si Josh avait voulu détruire encore plus sa relation avec Ernie qu'elle ne l'était déjà ? Cela ne l'étonnerait pas. Depuis quelques jours, il lui arrivait des choses étranges et désagréables qui semblaient sortir de nulle part. Ses cheveux qui le grattaient sans raison apparente, son pantalon qui se décousait alors qu'il était en train de marcher, son verre de jus de citrouille qui se renversait tout seul en plein petit-déjeuner... Ce dernier exemple avait eu lieu la veille et c'était là que Justin avait commencé à avoir des doutes sur une éventuelle implication de Josh. Il avait tourné son regard vers la table des Serdaigle et il avait vu que Josh le regardait avec un sourire narquois. Et il pensait que Dick y était également mêlé car il souriait, lui aussi. Ce n'était peut-être pas lui qui avait fait le coup mais il était sûrement au moins au courant. Il avait peut-être même aidé Josh en faisant en sorte que personne ne le voit lancer un sort en informulé pour faire tanguer le verre. Quoi qu'il en soit, depuis la veille, Justin ne se sentait plus en sécurité. Il devait l'avouer : il avait peur. Peur que Josh aille de plus en plus loin. Après tout, il l'avait prévenu, trois semaines plus tôt : il n'allait pas le lâcher et les trois mois à venir allaient être longs, très longs pour lui. Les mots de Josh résonnaient encore dans sa tête. Et il savait que ce n'étaient pas des paroles en l'air. Peut-être devrait-il en parler aux préfets, à ses amis, à ses professeurs ou bien à sa directrice de maison... Il se fit cette pensée dans un élan de lucidité qui dura à peine quelques secondes. Car la peur reprit vite le dessus. S'il se confiait à une de ces personnes, que rien n'était fait rapidement et que Josh s'apercevait qu'il avait cafté ? Il n'allait lui laisser aucune chance... Il connaissait trop bien le manque de réactivité des professeurs pour douter de leur efficacité. Non, il ne pouvait compter que sur lui-même. Il devait se défendre et se protéger tout seul. Tout ce qu'il espérait, c'était que les deux Serdaigle ne s'en prendraient pas à Théo. Josh et Dick n'avaient pas le droit de l'approcher, mais Justin craignait qu'ils passent outre cette interdiction en faisant fi de ce qu'ils encourraient. Déjà qu'ils n'étaient pas autorisés à se balader dans le château et que Josh le faisait quand-même et que Dick devait en faire tout autant... Ça en disait long sur la peur que leur inspiraient les sanctions prévues contre eux s'ils ne respectaient pas le comportement qui leur était imposé... Justin soupira et se saisit de son sac afin de vérifier si le badge y était. Il plongea la main dedans et à peine eut-il le temps de fouiller qu'une vive douleur traversa deux de ses doigts. Il ressortit précipitamment sa main et découvrit que ses doigts avaient été méchamment entaillés. Il grimaça et, de sa main valide, prit de nouveau son sac pour vider son contenu sur son lit. Il ne tarda pas à trouver le responsable de sa blessure. Un bout de verre très fin qui devait couper facilement. Il le regarda et sentit la lassitude lui tomber dessus. Il était fatigué. Fatigué de se battre depuis le début de l'année contre tout et n'importe quoi. Que ce soit contre ses idées envers les Sang-Pur, contre ses sentiments envers Théo, contre ses sentiments envers Emily, contre les attaques de Josh... Il en avait marre. Et il n'avait même pas encore fait son coming-out... Là aussi, il allait devoir se battre. Il allait faire face à d'autres attaques, à des insultes, à des moqueries, à des blagues idiotes, à des humiliations... Ça allait être un autre combat. Sans compter celui de l'été à venir. Là, c'était contre les idées de son père qu'il allait devoir se confronter, mais en se gardant bien de les critiquer. Il ne serait donc jamais tranquille. Du moins, jusqu'à l'année suivante. Josh et Dick ne seraient plus là et les élèves seraient peut-être passés à autre chose... En attendant, il devait serrer les dents. Il reporta son attention sur sa main et, en voyant le sang qui continuait à couler, il décida d'aller à l'infirmerie, même s'il n'en avait pas du tout envie. Il prit sa baguette et quitta son dortoir. Une fois arrivé à l'infirmerie, il n'eut pas à attendre bien longtemps pour que Mme Pomfrey vienne le voir.
- Ouh là, que vous est-il arrivé, M. Finch-Fletchley ?
- Je me suis coupé avec du verre.
- Comment vous y êtes-vous pris ?
- J'ai cassé une statuette qui m'appartenait et j'ai voulu ramasser les débris. Je sais pourtant qu'il ne faut surtout pas faire ça mais je n'ai pas réfléchi.
- Eh bien vous vous en souviendrez, la prochaine fois. Allez, venez avec moi.
Justin suivit l'infirmerie jusqu'à des paravents derrière lesquels ils passèrent. Mme Pomfrey soigna les doigts de Justin, lui donna des conseils et le laissa partir. Il la remercia, s'en alla et se rendit à la salle sur demande. Il était treize heures quarante-cinq et il avait rendez-vous avec Théo à quatorze heures. Lorsqu'il déboucha sur le couloir de la tapisserie de Barnabas le Follet, il vit que Théo était déjà là. Il le rejoignit et l'embrassa après s'être assuré que le couloir était désert. Théo passa ensuite trois fois devant la tapisserie, faisant apparaître la salle sur demande dans laquelle ils entrèrent. Ils s'installèrent sur leurs coussins habituels, l'un en face de l'autre.
- Alors, comment se sont passés tes examens ? demanda Justin.
Théo avait passé la veille ses deux derniers examens de rattrapage. Justin et lui n'avaient pas pu se voir, Justin ayant décidé de faire tout ce qu'il avait à faire durant les trois jours d'examens de Théo afin qu'ils aient tout le temps de se voir durant le reste des vacances. Il avait fait quasiment fait tous ses devoirs et avait eu le mardi après-midi sa deuxième séance avec Alex.
- Bien, ils étaient un peu plus durs que ce que je croyais mais tout en restant très faciles.
- Ils ont peut-être profité du fait que tu étais tout seul pour te donner des sujets plus compliqués...
- Franchement, c'est ce que je pense. Ils savent tous que je m'ennuie en cours et que je n'ai besoin de faire aucun effort pour avoir des Optimal à mes examens. Ça a été très agréable d'avoir dû réfléchir un peu. Je n'aurai peut-être pas vingt à toutes les matières et ce sera très bien comme ça.
Justin haussa les sourcils.
- Parce que tu as vingt partout, d'habitude ?
- C'est ce qui s'est passé lors de mes trois premières années, oui. L'année dernière, j'ai eu dix-huit en Défense Contre les Forces du Mal et dix-neuf en divination. Et vingt dans les autres matières.
- Et moi qui rame pour avoir la moyenne en histoire de la magie et en potions... Enfin, cette année, ça va, puisque grâce au travail en binôme, j'ai fait des progrès. Je n'ai plus de notes en-dessous de la moyenne. J'ai entre douze et treize dans ces deux matières aux devoirs individuels et sur table.
- Comme quoi, ce concept était vraiment une bonne idée.
- Ça, c'est sûr, dit Justin en regardant son petit-ami dans les yeux.
Celui-ci comprit le sous-entendu et se mit à rougir.
- Je ne parlais pas de ça mais c'est vrai que ça a aidé pour nous aussi.
- Ça a été le déclencheur de tout, tu veux dire ! Sans cette idée, on ne se serait encore jamais adressé la parole à l'heure qu'il est...
- Je ne veux même pas y songer, grimaça Théo. Je ne m'imagine plus sans toi. Je ne sais même pas si j'aurais pu sortir avec quelqu'un d'autre. Ce n'était tellement pas prévu que je tombe amoureux et que je me mette en couple... Je n'étais pas prêt pour ça.
- Désolé d'avoir bousculé tes plans... C'est un peu à cause de moi, tout ça.
- J'ai mon libre-arbitre, tu sais, rappela gentiment Théo. Et puis je m'y suis fait, maintenant. Et je me sens bien avec toi. Je t'aime, tu m'aimes et c'est tout ce qui compte.
Justin acquiesça, se rapprocha de Théo et l'embrassa tendrement. Il resta à côté de lui et le prit dans ses bras. Théo se lova contre lui en posant sa tête sur son épaule.
- Et toi, avec Alex ? Ça s'est bien passé, avant-hier ?
- Oui, il fait des progrès.
- Mais ?
Justin retint un soupir. Rien qu'à l'intonation de sa voix, Théo avait deviné qu'il y avait un «mais».
- Je crois qu'il y a un problème avec lui.
- Lequel ?
- Justement, je n'en sais rien.
- Qu'est-ce qui te fait penser qu'il y a un problème, alors ?
- Son attitude est bizarre. Déjà, il a toujours l'air triste, même s'il essaie de le cacher. Il a souvent les larmes aux yeux et il y a des fois où j'ai vraiment l'impression qu'il va pleurer. Mais il se reprend et fait comme si de rien n'était. Et puis il ne me regarde jamais dans les yeux. Je sais qu'il est timide, le professeur Black le disait aussi, mais je sens qu'il y a autre chose. C'est comme si... comme s'il avait honte.
- C'est peut-être le cas. Il peut avoir honte de demander de l'aide, de montrer ses faiblesses alors que c'est parfaitement humain... Tu as essayé d'en parler avec lui ?
- Non, je n'ose pas. J'ai peur qu'il se referme comme une huître et qu'il perde tous ses moyens. Je lui ai quand-même demandé à chaque séance si ça allait et il se passe toujours la même chose. Il dit que ça va, je tente d'insister un peu, je lui fais comprendre que je vois bien qu'il ne va pas bien, et là il s'excuse sans me dire pourquoi... Il m'a fait le coup lors des deux séances et ça m'intrigue beaucoup.
Théo fronça les sourcils.
- Tu as raison, c'est étrange, comme comportement. Tu devrais peut-être en référer à ta directrice de maison...
- Je ne peux pas faire ça à Alex. Il ne me fera plus confiance et je ne pourrai plus l'aider. Mais je ne lâche pas l'affaire pour autant. J'en parlerai au professeur Chourave quand Alex n'aura plus besoin de séances. Je l'aiderai de nouveau mais, cette fois, à son insu et contre son gré. Je n'aime pas trop ça mais il ne me laisse pas vraiment le choix.
- Le professeur Chourave ne sera pas obligée de te mentionner quand elle convoquera Alex. Mais je comprends que tu ne veuilles pas perdre sa confiance.
- Si, comme tu le penses, le professeur Chourave ne lui dira pas que c'est moi qui lui ait parlé de lui, ça ira. J'espère juste qu'elle pourra faire quelque chose pour Alex.
- Je l'espère aussi.
Théo voulut prendre la main que Justin cachait dans la manche de sa robe et retroussa celle-ci sans que Justin ne l'en empêche. Il vit le regard de son petit-ami se poser sur le bandage qui entourait ses deux doigts.
- Mais qu'est-ce qui t'est arrivé ? s'étonna Théo.
- Je me suis coupé en ramassant les morceaux d'une statuette que j'ai cassée en la faisant tomber par terre sans le vouloir.
- C'est malin. Tu y tenais beaucoup, à cette statuette ?
- Non, je l'avais dénichée dans un débarras, je l'avais trouvée jolie et je l'avais prise pour servir de déco dans mon dortoir.
- Oh, il va te manquer quelque chose, alors...
- Ce n'est pas grave, j'essaierai d'en trouver une autre durant les vacances d'été. Je me rendrai à une foire à tout. Il y a toujours plein de choses intéressantes à bas prix.
- Tu y vas souvent ?
- Moins que je ne le voudrais. J'y vais en douce, en fait. Mon père n'aime pas ça, il dit que c'est pour les pauvres. Pour lui, c'est dévalorisant d'acheter des choses dans ce genre de foires. Tout ce qui est à bas prix n'a pas de valeur et ça ne sert donc à rien de s'encombrer avec. Voilà son idéologie.
Théo fit une drôle de tête.
- Eh bien, chacun ses opinions. Mais nous n'avons clairement pas les mêmes valeurs.
- Je te rassure, je ne partage pas du tout ses idées.
- Je me doute bien, s'amusa Théo. Tu n'es pas du tout comme ça. Mais je ne pensais pas que tu avais un père comme ça... Je savais qu'il n'aimait pas les personnes gay mais je croyais que c'était la seule limite qu'il avait...
- Non, il est très étroit d'esprit. Il est homophobe, il n'aime pas les pauvres, il n'a aucune tolérance envers les personnes qui n'ont pas la même religion que lui... Je sais qu'il a été élevé avec ces idées mais j'aurais aimé qu'il s'en départisse au fil du temps...
- Je comprends, c'est dur de grandir avec un père dont on ne partage pas l'idéologie...
Les mots de Théo troublèrent Justin. Il n'avait pas encore réalisé qu'ils avaient ce point commun là. Mais c'était sûrement parce qu'ils ne parlaient pas beaucoup de leurs géniteurs. Et aussi parce que ce n'était pas tout à fait la même situation, même si, sur le fond, c'était exactement la même chose. Ils avaient tous deux un père qui discriminait certaines personnes. Nott, c'étaient les nés-moldus, et le père de Justin, c'étaient les personnes homosexuelles, les personnes défavorisées et les personnes étrangères. Peut-être était-ce aussi le cas de Nott... Quoi qu'il en soit, Justin et Théo n'avaient pas eu le meilleur des exemples en terme de paternels... Si l'on pouvait appeler Nott ainsi, puisqu'il n'était même pas le vrai père de Théo... Justin préféra éviter de penser à lui pour ne pas avoir envie d'aller lui rectifier le portrait à Azkaban.
- Heureusement, le tien ne peut plus rien te faire et va passer le restant de ses jours à Azkaban, dit-il afin de positiver. Enfin, ce n'est plus vraiment le tien, mais...
- T'inquiète, moi non plus je ne sais pas trop comment l'appeler, confia Théo. Mais je l'ai considéré comme mon père pendant quinze ans, alors tu peux continuer à le désigner ainsi.
- Tu es sûr ? Ça ne te dérange pas ?
- Non, je suis habitué, et ce sera plus simple comme ça pour tout le monde.
- D'accord, comme tu veux. Mais si, à un moment, ça te gêne, n'hésite pas à me le dire.
- Promis, jura Théo. Mais pour en revenir à cet été, ça ne va pas être trop dur pour toi de faire comme si de rien n'était, face à ton père ?
- Non, j'ai l'habitude de me taire sur ce que je pense et ce que je ressens. Et ce n'est pas à lui que je vais avoir envie de parler de mon couple... Ce serait plutôt à ma mère. Mais elle suit mon père et ses idées, même si elle n'est pas d'accord avec lui, donc bon...
- J'ai quand-même peur que ça finisse par devenir trop dur pour toi...
- Quoi qu'il arrive, je n'aurai pas d'autre choix que d'attendre et serrer les dents. Mais ne t'en fais pas pour moi, ça va aller.
- Si tu le dis, céda Théo en souriant.
Il se cala de nouveau contre Justin alors qu'un silence s'installait entre eux. Justin ne tarda cependant pas à le briser ;
- Tu vas passer l'été au Chaudron Baveur, si je me souviens bien ?
- Oui, c'est ça.
- Je pourrais t'y rejoindre en douce si ça devient vraiment trop insupportable. Mais d'habitude, c'est mon père qui m'emmène sur le Chemin de Traverse en voiture avant de passer du côté sorcier, alors je ne sais pas comment m'y rendre autrement...
- Tu peux emprunter le Magicobus, suggéra Théo.
- Euh... J'en ai déjà entendu parler mais je ne l'ai jamais pris, avoua Justin, gêné.
- C'est tout simple. Tu dois juste te poster sur un trottoir et faire un signe avec ta baguette.
- C'est tout ?
- Oui. Par contre, je te préviens, ce n'est absolument pas confortable. Ça bouge beaucoup, vu que ça va de destination en destination en bondissant. Mais c'est un bon moyen de dépannage quand tu en as besoin. En plus, ça roule de jour comme de nuit.
- Merci pour le conseil, dit Justin, intéressé. C'est toujours bon à savoir.
- En revanche, comme tu seras encore mineur, attends-toi à ce que tes parents te fassent rechercher partout... Ils sauront comment s'adresser au Ministère. Déjà, ils doivent avoir le contact du directeur de Poudlard. En passant par lui, ça devrait être simple pour eux de mettre le Ministère au courant de ta disparition.
- Je n'avais pas pensé à ça, grimaça Justin. Et puis bon, même sans ça, je n'ai pas envie d'avoir mon père sur le dos quand je rentrerai. Il vaut mieux que j'évite de venir te voir sans l'en informer. Mais j'essaierai quand-même de te rendre visite pendant les vacances. Si je dis à mon père que c'est pour me faire aider dans une matière par mon binôme de travail, il me laissera y aller.
Le visage de Théo s'illumina.
- Ce serait super, déclara-t-il, les yeux brillants. Juste, est-ce que ce serait possible que tu viennes le week-end plutôt qu'en semaine ? Je ne peux pas encore te dire pourquoi mais ça m'arrangerait.
- Il faut que je vois ça avec mon père, mais ça devrait le faire. J'ai hâte que tu me dises pourquoi tu préfères que je vienne le week-end alors que ce seront les vacances...
- Je t'expliquerai quand je pourrai, assura Théo.
- D'accord, je te fais confiance, affirma Justin.
Il avança son visage vers Théo et l'embrassa. Ils restèrent ensemble jusqu'au dîner et se séparèrent à regret lorsqu'ils arrivèrent à la Grande Salle. Ils avaient passé cinq heures ensemble mais ce n'était jamais assez. Justin fut seul à la table des Poufsouffle, Susan n'étant pas là et Ernie étant assis avec des sixième année, mais cela ne le dérangea pas vraiment. Une fois avoir fini de manger, il quitta la Grande Salle et se rendit à sa salle commune. Il trouva Susan dans un coin, penchée sur un devoir. Il la rejoignit et s'installa en face d'elle. Elle leva les yeux et sembla surprise de le voir. Justin réalisa qu'il l'avait un peu délaissée depuis le début des vacances et s'en voulut.
- Désolé de ne pas avoir été très présent, j'ai passé du temps avec Théo samedi et depuis dimanche, je faisais tous mes devoirs pour être totalement libre durant le reste des vacances.
- Oh... Je comprends mieux.
- Tu croyais que je t'évitais ? s'exclama Justin.
- Non, non, je pensais juste que tu étais avec ta bande d'amis...
- Non, je ne les ai pas beaucoup vus depuis le début des vacances. J'étais principalement dans mon dortoir. Tu ne t'es pas trop ennuyée, j'espère ?
- Si, un peu, mais j'ai fait mes devoirs aussi, du coup.
- Je suis vraiment désolé, s'excusa Justin, piteux.
- Ça ne fait rien, va, dit Susan en souriant. Je suis contente que ça aille toujours bien avec Théo. Tu l'as vu, aujourd'hui ?
- Oui, j'étais avec lui, cet après-midi.
Justin hésita avant de demander :
- Est-ce que tu as eu des nouvelles de Hannah ?
- Oui, j'ai reçu une lettre ce matin.
- Et alors ? Comment va son père ?
Susan baissa les yeux. Justin comprit ce que ça voulait dire et sentit son coeur se serrer.
- La pauvre, murmura-t-il.
- Elle a pu le voir quelques heures avant mais je n'imagine même pas dans quel état elle doit être... Elle ne me dit pas comment elle va dans sa lettre, mais je n'en ai pas besoin pour savoir qu'elle est dévastée.
- Il va falloir qu'on soit là pour l'entourer. Elle sera revenue pour la rentrée, tu penses ?
- Je ne sais pas, elle sera sûrement apte à reprendre les cours mais tout dépendra de ce qu'elle aura à faire. Sa mère va peut-être avoir besoin d'elle après la rentrée. Je pense que Hannah me tiendra au courant, de toute façon.
Justin acquiesça.
- Et... pour Ernie ? Tu crois qu'il faut le lui dire ?
- Elle m'a dit que je pouvais. Elle n'a cité qu'Ernie et toi, en fait. Je m'en occuperai un peu plus tard.
- D'accord.
Justin regarda un peu plus attentivement Susan et remarqua qu'elle avait l'air un peu triste.
- Est-ce que ça va, sinon, toi ? s'enquit-il doucement.
- Oui, ça va. C'est juste un peu compliqué en ce moment.
- Au niveau scolaire ?
- Non, il n'y a que là où je suis plutôt bien.
- Alors c'est niveau famille ? Amitié ? Amour ?
- Tout ça à la fois, avoua Susan. Ma tante est en train de faire un burn-out, Ernie et toi êtes toujours en froid et... je crois que je suis en train de tomber amoureuse de quelqu'un et il vaudrait mieux que ce ne soit pas le cas.
- Pourquoi ?
- Il est déjà pris.
- Aïe. Je ne suis pas le mieux placé pour te conseiller. Comme ça, je serais tenté de te dire d'essayer de l'oublier mais j'imagine que c'est ce que les amis de Théo ont dû lui dire et je ne peux m'estimer qu'heureux qu'il ne les ait pas écoutés. Sinon on ne serait pas ensemble à l'heure qu'il est. Je serais passé à côté d'une belle histoire d'amour et je me croirais encore hétéro... Alors je préfère m'abstenir de te donner le moindre conseil. Je ne voudrais pas t'induire en erreur.
- Quand bien même je le voudrais, je ne pourrais pas l'oublier. Mais je vais essayer de me raisonner.
- C'est ce qu'il y a de mieux à faire. Bon, je vais te laisser faire ton devoir. Travaille bien.
Justin sourit à Susan, se leva et se dirigea vers les escaliers qui menaient aux dortoirs des garçons. Il monta au sien et s'affala sur son lit. Il avait l'esprit en ébullition. Entre Josh qui le harcelait, Alex qui semblait avoir des problèmes, Théo qui lui cachait quelque chose, Ernie qui lui tournait toujours le dos, Hannah qui venait de perdre son père, Susan qui n'allait pas très bien... Comment était-il censé profiter de ses vacances avec tout ça ? Il n'était pas sûr d'en sortir vraiment reposé. Elles allaient être mouvementées, des choses allaient se passer mais quelque chose lui disait que certaines situations allaient peut-être enfin se décanter... Restait à savoir lesquelles...
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Et voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce premier chapitre de l'année vous a plu *-* On se retrouve dimanche prochain pour le cinquante-septième chapitre intitulé «Molly, généticomage et Square». Je vous souhaite une bonne semaine et bisous tout le monde !
