Chapitre 24 : Harry craque

« Bien. » Harry reporta son regard vers son ancien frère. « Affaire réglée. Et franchement, je préfère. Je n'aimerais pas partager une chambre avec un enfant traité comme un roi. »

Severus ricana.

« Je t'ai déjà dit que j'aimais bien ton gamin, Regulus ? » fit-il.

« Non, mais merci, j'apprécie beaucoup, » répliqua l'Assassin tandis que le fils de ce dernier ne faisait qu'un simple hochement de tête en remerciement pour ce ... compliment ?

« Je ne suis pas un roi ! » répliqua Ezéchiel Potter avec colère.

« Non, mais tu es le favorisé sans aucun doute, » rétorqua Harry avec colère.

« Oh oh ! Harry ? Tu veux vraiment aller jusqu'au bout ? »

« Oh que oui ! Je veux aller jusqu'au bout ! » répéta l'adolescent en anglais, ne cherchant nullement à se cacher.

Il était en colère. Cela couvait depuis l'instant où il avait rencontré ses parents. Cela faisait des années que cela couvait. Il avait été jeté chez son oncle et sa tante et avait souffert auprès d'eux parce qu'ils l'avaient abandonné. Il avait certes rencontré son père, Regulus, mais cela n'aurait jamais dû arriver. Pas de cette manière. Et en cette journée, il apprenait que son cousin avait été recueilli par ses géniteurs et élevé auprès de son frère jumeau. Mais si ça, ce n'était pas de l'hypocrisie ... De là à apprendre que Dudley était lui aussi un sorcier ! Non, il craquait ! Il craquait littéralement !

Un comble pour un assassin, certes ! Mais là, ce n'était pas professionnel, c'était personnel. Et justement, c'était ça le problème. Trop personnel. C'était d'ailleurs pour cela, qu'il y avait des règles et que son père les lui rappelait à chaque fois.

« Je me sens d'humeur ... comment tu dis déjà ? Ah oui ! Gryffondor ! » continua-t-il avec hargne. « Un peu normal quand on sait qui sont mes géniteurs ! Alors oui ! J'affirme que tu es et tu as toujours été traité comme un roi pendant que ton frère était traité comme un esclave, entre les mains de ton oncle et ta tante, tes parents, Dudley ! Et en ce qui te concerne, Duddynouchet, le monstre sous l'escalier est vraiment en pétard et a une bonne centaine de Chasses au Harry à te faire payer ! »

« Comment tu ... »

Le blond s'interrompit. Le Survivant était rouge de colère, le rouquin perdu mais Dudley, lui, avait les yeux écarquillés.

« Harry ?! C'est toi ? »

« Harry Potter est mort le 19 février 1988, » réfuta le jeune Assassin d'un geste de la main.

« C'est le jour où ... mes parents sont morts dans l'incendie. »

Le silence se fit dans la pièce, lourd. Il était à couper au couteau.

« Donc, tu es notre fils ? » demanda au bout d'un instant Lily Potter, la main sur le coeur.

« Vous êtes sourde ? » demanda à son tour Harry. « Je viens de dire qu'Harry Potter est mort en 1988. Il ne demeure plus qu'Harry Black, le fils de Regulus. »

« Si tu es notre fils, ta place est avec nous et non avec ce maudit Mangemort ! » fit James Potter avec colère.

« Oh ! Maintenant, vous voulez de votre Cracmol de fils ? » cracha Harry avant d'agiter la main au-dessus d'un plat de pommes de terre.

Ces dernières lévitèrent quelques instants avant de retourner dans le plat, indemnes.

« Vous pouvez constater que vous avez fait une erreur. Maintenant, payez-la ! Et non, je ne suis plus votre fils, James Potter mais celui de Regulus Black. Et vous ne pourrez absolument rien faire contre cela. Et quand bien même vous essayeriez, je vous tuerais avant même que vous arriviez à vos fins ! »

« Harry, qu'est-ce que je t'ai dit sur les crimes passionnels ? » demanda Regulus en soupirant.

« Ils sont contraires aux règles, oui, je sais. Mais pas les crimes par légitime défense ! Et tourner la situation à mon avantage ne serait pas bien difficile. Ce type est fonceur et imbu de lui-même ! Je suis peut-être jeune, mais lui c'est un con et un salopard ! Il vaut à peine mieux qu'Oncle Vernon ! »

« Je t'interdis d'insulter mon père ! » s'exclama Dudley en sortant sa baguette.

Harry sortit la sienne et désarma son cousin d'un simple mouvement vif en informulé, surprenant tous les Anglais par sa vivacité et ses compétences avancées en matière de magie.

« Ton père était un mauvais bougre, Dudley. Non seulement il avait un commerce de drogue en dessous de son entreprise de ... je ne sais même plus ce qu'il était supposé vendre ! ... Mais en plus de cela, il m'a battu, séquestré et violé ! »

« Tu mens ! »

« Il ne ment pas, » dit sombrement Regulus, le regard noir. « Harry est la victime et moi je suis le témoin qui l'a sauvé de cet enfer dans lequel vous l'avez laissé, Potter. En voyant l'horreur qu'il a vécue là-bas, j'ai pris sur moi la responsabilité qui incombait à mon frère puisqu'il était dans l'impossibilité de le faire pour des raisons judiciaires. »

« Désolé. J'ai fait le con avec Pettigrow… »

« J'ai pris Harry, » continua Regulus comme s'il n'avait pas été interrompu. « Je l'ai sauvé et j'ai fait de lui mon fils et un éligible héritier de la famille Black. Il n'est dès lors plus un Potter mais un Black. »

Il posa son regard argent sur le Lord régnant de la famille Potter. Ce dernier avait les poings serrés qui tremblaient légèrement sous sa colère.

« Par le sang, » ajouta-t-il. « Tu comprends donc, Potter, que récupérer ton fils, celui qui tu as honteusement abandonné, là où d'autres familles Sang-Purs, comme la mienne, auraient assumé l'éducation de leur enfant Cracmol jusqu'à la majorité pour leur assurer le meilleur avenir possible, même si cela est à l'abri des regards de la société sorcière. Avoir un Cracmol dans la famille est certes honteux pour des sorciers, mais l'abandonner l'est encore plus. Harry n'était qu'un bébé et vous l'avez envoyé vivre une vie d'elfe de maison chez des Moldus ignobles ! Et si vous ne me croyez pas, j'ai suffisamment de souvenirs pour le prouver, tant les miens que ceux d'Harry, ainsi que le dossier médical d'Harry, attestant des nombreux coups et carences dont il a été victime, incluant son viol le soir du 19 février 1988. Ces Moldus ont mérité leur sort, d'autant plus que Vernon Dursley allait mourir à un moment ou à un autre alors ... »

« C'est toi qui a tué ma soeur ? » demanda dangereusement Lily Potter, le regard flamboyant.

« Dommage collatéral mais pas le moins du monde regretté. Crois-moi, Potter, elle ne manque à personne, sauf peut-être à ton neveu. »

« Je vais vous tuer ! » s'écria Dudley avec colère.

Il avait à peine fait trois pas avant de se figer dans son mouvement.

« Réfléchissez bien, Mr Dursley, » claqua Severus Snape. « Ces deux Black sont des assassins. Ils sont entraînés à tuer. Vous, vous arrivez péniblement à maintenir un effort exceptionnel à vos cours de DCFM et vous n'avez aucun entraînement physique à côté. Maintenant, ce que j'en dis. Ce sera toujours un Gryffondor de moins dans ma classe l'an prochain... »

« Severus ! » s'indigna Lily.

« Moi, ça m'arrange, » coupa Harry. « Pour une fois que c'est moi le chasseur et non la proie, » ajouta-t-il avec un sourire dangereux. « Vas-y, Dudley. Viens donner le premier coup, je t'attends. »

« Harry, là, c'est de la provocation ! » fit sèchement Regulus.

« Moi, j'aurais dit de l'assurance, » rétorqua le fils en se laissant aller sur sa chaise, les mains derrière la tête.

« Avec une touche d'arrogance, » ajouta Severus, le visage impassible.

« Avec les Potter et Dudley, je peux me le permettre. Ce sont des proies faciles. Il n'y a absolument aucun challenge. McNair, c'était une autre histoire. Je n'étais même pas sûr que mon plan initial allait marcher ! »

« Et vous ... Merlin, Regulus, ton fils est cinglé ! »

« Non, il avait encore un plan B. Et peut-être même un plan C. »

Le Maître des Potions regarda les deux Black tour à tour.

« Et tu le savais ? » demanda-t-il à Regulus. « Mais vous n'avez rien échangé. »

« C'est mon fils, Sev. Je l'ai entraîné. Et ce n'est pas la première personne que l'on piège. »

« J'étais peut-être fâché, » continua Harry. « Mais une fois que la chasse commence, les sentiments sont mis de côté pour un maximum d'efficacité. » Il garda quelques secondes le silence, portant son regard émeraude strié d'argent sur ceux avec qui il n'avait plus qu'un infime lien du sang. « Quoi qu'il en soit, je n'ai que faire du sort du Survivant, des Potter ou de Dudley dans cette guerre. Vous pouvez crever la gueule ouverte que cela me serait bien égal. La seule chose qui nous met potentiellement dans le même camp, c'est que le Bourreau était un Mangemort et semblait agir en tant que tel, mettant potentiellement le Seigneur des Ténèbres sur notre terrain de chasse. Reste à déterminer si nous allons vous aider ou non. »

« Il a essayé de me tuer quand j'étais bébé, » fit Ezéchiel Potter d'une voix froide.

« Mouais, il me semblait qu'on était deux dans le berceau ... Enfin ... Je manque de me faire tuer à chaque mission que j'entreprends avec mon père depuis que j'ai l'âge de treize ans. Une fois de plus ou de moins ... Pour cette proie, je n'ai pas le pouvoir décisionnel. Je ne suis qu'un suiveur, chose rare. Vous vous arrangerez donc avec mon père. » Il se leva. « Ceci étant dit, je pense que je ferai bien de changer mon lit de place et de m'installer avant que la réunion ne commence. »

« La réunion de l'Ordre n'est pas faite pour des enfants, » contra James Potter les dents serrés.

« Considérant le fait que j'ai tué pour la première fois à l'âge de treize ans et que j'ai tué une bonne cinquantaine de personnes jusqu'à présent sans compter les dommages collatéraux, on peut dire que je ne suis plus un enfant, Mr Potter. Je suis un assassin, pas un gamin. Ne l'oubliez pas. »