Bonjour à toutes et à tous ! On se retrouve aujourd'hui pour le cinquante-huitième chapitre de SAMLP !
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lyraserah : Ravie que cette histoire te plaise toujours autant ! =)
ccassandre24 : Coucou ! En effet, on va réentendre parler de ce troisième allèle XD Mais il va falloir attendre, comme l'a dit le généticomage XD Contente que tu apprécies cette intrigue ! N'étant pas une spécialiste de la génétique, j'ai dû faire des recherches pour m'assurer que c'était cohérent, donc ça me rassure que ça soit apprécié XD *-* Ah mais Poudlard est clairement à ras du sol niveau sécurité XD Molly n'a pas le bon rôle dans cette histoire mais elle dit quand-même des choses vraies x) Heureuse que les séances de thérapie de Harry te plaisent ! C'est vrai que ça traînait en longueur, cette histoire de doudou XD Les POV Tonks sont rares, j'aimerais en mettre plus mais il y a trop de personnages XD J'espère que le chapitre te plaira ! =) Bonne semaine à toi également *-*
mimibou : J'essaierai de faire apparaître Tonks plus souvent, mais comme elle n'est pas à Poudlard, c'est compliqué XD Je trouve aussi que Severus et Tonks forment un beau couple, et je suis sûre que ça aurait pu se faire dans la saga si Remus et Tonks n'étaient pas tombés amoureux l'un de l'autre XD Severus n'aura pas connu l'amour dans la saga, hanté par le souvenir de Lily… C'est fou comme Harry et Théo sont catalogués comme «aimants à problèmes» XD XD Bon, je ne peux rien dire, sinon, plus de suspense XD J'avoue que c'est appréciable de pouvoir souffler dans un chapitre … Ce qui n'est jamais vraiment le cas dans SAMLP, je crois, mais c'est pour ça qu'il y a des moments avec la bande, ça apporte du calme et de la légèreté, ce sont des sortes de pause :) Bon, ce n'est pas dans ce chapitre qu'il y aura du calme, en tout cas XD
Zackos : Alors ça c'est marrant XD Les deux phrases que tu as citées, elles ont été ajoutées très récemment, alors que ça faisait des semaines et des semaines que le chapitre avait été écrit XD Elles ne devaient pas exister, à la base XD Je suis désolée pour ton kinder choco, paix à son âme, je ne relirai plus ce passage sans penser à lui XD Ah oui c'est vrai, Sirius aurait pu en profiter pour aller voir sa psychomage XD Mais je ne peux pas faire autrement pour la vérité sur le troisième allèle XD Mais il va se passer tellement de choses jusqu'à l'été que tu n'y penseras même plus, tu auras complètement oublié l'existence de cette intrigue XD Concernant ta supposition sur le père de Harry, j'ai envie de dire que, peu importe son identité, la question sera de savoir comment ça s'est passé XD Mais ton idée pour la marraine XD XD J'adore XD James en aurait été parfaitement capable, effectivement ! J'imagine trop bien la scène XD Sirius est naïf, il veut croire que ça va se calmer pour Théo, que le reste de l'année sera paisible XD Mais j'avoue qu'il devrait être blasé, c'est devenu tellement habituel que quelque chose arrive à Théo … XD Mais oui, Severus est le meilleur médicomage qui soit ! Il est tellement présent pour Harry… C'est sûr que dans le monde réel, aucun médecin ne doit être aussi dévoué, mais Severus n'a pas qu'une relation de médicomage/patient avec Harry, il a appris à le connaître, à l'apprécier, il l'a accueilli chez lui pendant sa convalescence, et c'est le petit-ami de son filleul… Il s'est beaucoup attaché à lui, alors il est là pour Harry dès qu'il a besoin de lui, et il est là aussi pour les tuteurs de son élève/patient/petit-ami de son filleul… Il ne peut pas vraiment faire autrement XD Il va y en avoir, des moments avec Sirius, Remus, Severus et Tonks XD Et on est clairement partis sur une amitié choupinette entre Sirius et Severus XD Bon, ils gardent quand-même leur fierté x) Alors en fait, si Ron est réveillé par le bruit que fait Harry, c'est parce que leur dortoir, je l'imagine ainsi : d'un côté, le lit de Ron et de Harry, et en face, le lit de Dean, Seamus et Neville. Donc c'est normal que Ron entende Harry et pas les autres XD Mais j'adore l'humour dans ta mini-scène XD C'est tout choupinou *-* Oui, Harry ne doit pas être très alerte au réveil, trébucher un peu partout, ça doit bien être son genre XD Ça va venir, les confidences de Harry à Théo :) En fait, Harry, outre la famine et les quelques coups de casserole de sa tante, c'est surtout de la violence morale qu'il a subie de la part de son oncle et de sa tante :/ C'est surtout son cousin qui l'a frappé :/ Théo, ça a été les deux à la fois, mais surtout de la violence physique :/ Et je suis bien d'accord avec le fait que des mots peuvent faire aussi mal que des coups :/ Car les mots, tu les retiens, ils sont gravés dans ta mémoire, ils te poussent à te dévaloriser, ils peuvent faire beaucoup de mal psychologiquement parlant… On sous-estime trop souvent l'impact que peuvent avoir les mots :/ Contente que cette fic te serve de thérapie, même si ça me paraît étrange vu le côté démoralisant qu'elle peut avoir parfois XD Ouh là non, je ne connais pas Naheulbeuk XD Alors pour être honnête, je suis comme toi, je lis surtout des fics avec des couples gay, mais je ne voulais pas que des couples gay dans cette fic, alors j'y ai inclus des couples hétéros de base, à savoir Ron/Pansy et Blaise/Ginny, mais aussi des couples qu'on voit beaucoup moins souvent, comme Terry/Hermione ou Severus/Tonks :) Je trouve qu'il y a du potentiel avec ces quatre couples *-* Donc je suis contente que tu aimes le couple Severus/Tonks =) On est bien d'accord, le Refuge, quelle merveilleuse histoire ! Maintenant on attend la suite de PAF XD Mais luxcie est très occupée, et il faut trouver le temps d'écrire 20 000 mots XD Oui, Ornella Zabini, ça semble naturel XD Mais elle a sûrement d'autres noms dans d'autres fics qui lui vont tout aussi bien =) Merci et bonne semaine à toi aussi =D Mais quelle imagination pour le titre du chapitre XD Il y aura en effet plusieurs POV sur la même situation :) Bon, tu as visé juste parmi une de tes suppositions XD Ça ne t'avance pas à grand-chose, mais ça élimine tout ce à quoi tu n'as pas pensé (je brode, je brode…) XD Tu dois avoir accès à mes écrits, comme tous ceux qui reviewent, car vous visez souvent juste XD Le «teste» m'a beaucoup intriguée XD
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Merci à vous tous pour vos retours, c'est toujours un plaisir d'avoir vos avis, vos impressions, vos suppositions … *-* Et merci à tous ceux qui continuent à suivre l'histoire ! Je vous laisse avec ce nouveau chapitre et je vous souhaite une agréable lecture ! =)
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58 – Fugue
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(mardi 01/04) POV Hermione
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Lorsque Hermione remonta à sa salle commune après avoir pris son petit-déjeuner, elle vit Ginny assise dans un coin, entourée de livres et de parchemins, ce qui étonna beaucoup Hermione. Rares étaient celles et ceux qui se mettaient à leurs devoirs dès neuf heures du matin… De plus, elle n'avait pas vu Ginny dans la Grande Salle. Avait-elle déjà mangé ? Si oui, à quelle heure s'était-elle donc levée ?! Intriguée, Hermione rejoignit son amie et s'assit en face d'elle.
- Coucou, déjà au travail ?
Ginny leva la tête et cligna des yeux, l'air surprise de voir Hermione.
- Ah euh oui, j'ai plein de devoirs à rendre pour la semaine de la rentrée, alors il ne faut pas trop que je traîne…
- Oui mais là il n'est que neuf heures, tu es bien matinale… Tu as dû te lever super tôt, je ne t'ai pas vue dans la Grande Salle.
- Je ne suis pas allée déjeuner, répondit Ginny évasivement.
- Tu ferais bien d'y aller rapidement, alors.
- Ce ne sera pas nécessaire, je n'ai pas faim.
- Ginny, ce n'est pas parce que ce sont les vacances qu'il faut sauter des repas…
- Je sais, je me rattraperai ce midi, voilà tout.
Hermione observa attentivement son amie. Elle voyait bien depuis quelques jours que Ginny n'avait pas le moral. Et cela coïncidait bizarrement avec le jour de la venue de sa mère à Poudlard.
- Ginny, si tu ne vas pas bien, tu peux m'en parler, dit doucement Hermione. Et ne me dis pas que ça va, car ça se voit que tu es légèrement déprimée. C'est ton entrevue avec ta mère et le professeur Lupin qui t'a démoralisée ?
Ginny soupira et posa sa plume.
- J'ai dû mentir à ma mère et ça ne m'a pas plu. Je lui ai dit que je ne savais pas que Fred et George avaient l'intention de partir alors que j'étais parfaitement au courant. Mais je ne pouvais pas lui dire la vérité… Ron non plus, d'ailleurs. Mais c'est surtout la réaction de ma mère au sujet de l'avenir des jumeaux qui m'a déprimée. Elle était inquiète à cause du fait qu'ils n'auront pas leurs ASPIC. Elle disait qu'ils ne pourront accéder à aucun métier si leur boutique était un échec. Pour elle, il faut obligatoirement obtenir ses ASPIC et intégrer une formation en sortant de Poudlard. C'est comme ça que ça doit se passer et pas autrement. Il faut entrer dans le moule. Ouvrir une boutique de farces et attrapes ou devenir joueur professionnel de Quidditch, ce n'est pas envisageable. Ce ne sont pas des métiers. Ce sont juste des activités qui n'ont aucune utilité. Quand je la vois réagir ainsi, ça me fait peur. Car je n'en ai pas encore vraiment parlé mais après Poudlard, j'aimerais faire carrière dans le Quidditch. Mais pas trop longtemps. Je veux juste profiter à fond de ma passion avant que l'envie me prenne de fonder une famille. À partir de là, je sais que je ne pourrai plus jouer. Je ne vais pas me contenter d'un seul enfant, sauf si la vie en décide autrement. Lorsque j'attendrai mon premier enfant, je m'orienterai vers une formation que je suivrai peut-être pendant ma grossesse. Comme ça, je pourrai vite rebondir. J'ai déjà réfléchi à tout. Mais ma mère n'acceptera jamais que je devienne joueuse professionnelle de Quidditch. Avec les notes que j'ai, je pourrais tenter presque n'importe quelle formation. Ce serait du pur gâchis pour elle de me tourner vers le Quidditch. Mais je compte bien suivre mes envies. C'est mon rêve de jouer dans une équipe de la Ligue et d'affronter d'autres équipes du même niveau. Et je le réaliserai, peu importe ce que ma mère en pensera. Mais je sais que ça va créer des tensions entre nous et c'est ça qui me mine le moral…
Ginny se tut sur ces mots. Hermione demeura silencieuse un moment avant de demander :
- C'est pour ça que tu es autant en colère contre ta mère ? À cause de ce qu'elle a dit à Olivier ? Tu as eu l'impression que c'était à toi aussi qu'elle parlait, même si elle n'est pas du tout au courant de tes projets ?
- C'est ça, murmura Ginny. Les mots qu'elle lui a balancés, je les ai pris pour moi aussi. Même si je n'avais pas envie de devenir joueuse professionnelle, je lui en aurais voulu pour ce qu'elle lui a dit. Mais là, j'ai vraiment compris ce qu'a ressenti Olivier et ça a alimenté ma colère, tout comme l'air détruit de George. Elle ne s'est pas rendue compte du mal qu'elle a pu faire. Olivier se donne corps et âme pour son équipe en étant presque devenu titulaire tellement il a joué son rôle de remplaçant, il a permis à son équipe de gagner la quasi-totalité de ses matchs, il est payé pour ça, il divertit tout comme ses coéquipiers les personnes qui viennent assister aux matchs et tout ça pour quoi ? Pour se faire dénigrer sous prétexte qu'il ne fait même pas un vrai métier ? Quand bien même ce serait vrai, où est le mal à gagner sa vie en faisant du sport et en divertissant les fans de Quidditch ? Tant qu'il ne fait de mal à personne, il n'a pas à être rabaissé pour son activité. Et c'est malheureusement ça qui m'attend de la part de ma propre famille. Je n'étais donc pas ravie du tout de voir débarquer ma mère à Poudlard suite au départ des jumeaux. Après ce qu'elle a fait, je n'ai pas hésité un instant à prendre le parti de Fred et de George quand j'ai su qu'ils allaient quitter Poudlard. C'est même moi qui ait poussé Fred à parler à George quand j'ai deviné que ce dernier voulait s'en aller. En plus, je comprenais très bien pourquoi ils souhaitaient partir sans passer leurs ASPIC. Je sais ce que c'est d'avoir un projet. Et ils savaient ce qu'ils faisaient. J'ai donc soutenu les jumeaux tout en le cachant à ma mère. Et ce n'est pas facile, comme situation.
- Ça te travaille ? s'inquiéta Hermione.
- J'essaie surtout de ne pas y penser.
- D'où ton intérêt soudain pour les devoirs à neuf heures du matin ?
- C'est le seul moyen que j'ai trouvé pour m'occuper l'esprit.
- Tu ne penses pas que ça te ferait du bien de parler à quelqu'un ?
- Non, je n'en ai pas envie. Je me suis relevée toute seule de ce qui s'est passé durant ma première année, et ça a été beaucoup plus traumatisant. Ce n'est pas pour quelques paroles blessantes que je vais aller consulter un psychomage… Je sais qu'il y en a un ici mais il est déjà bien assez débordé comme ça. Il y en a qui ont bien plus besoin de lui que moi. Il faut juste que je me remette de cette entrevue avec ma mère et le professeur Lupin. C'était la première fois que je la revoyais depuis la fin de l'été, c'est normal que ça m'ait un peu remuée. Mais ça ira vite mieux.
- Si tu le dis, concéda Hermione. Mais ne saute pas trop de repas. Tu n'as pas besoin de maigrir, au contraire. Surtout que tu fais du Quidditch…
- Ne t'en fais pas, je n'ai pas l'intention de faire une grève de la faim, assura Ginny. C'est juste que je n'ai pas faim et que ça ne sert à rien que je me force.
- D'accord, je n'insiste pas. Bon, je vais faire un tour dans le château.
Ginny haussa un sourcil.
- Toi, te balader dans le château ? Ça ne te ressemble pas.
- Je n'ai que ça à faire. Je n'ai presque plus de devoirs à faire et je préfère en garder pour la fin des vacances. Et je n'ai pas spécialement envie de lire un livre ou de rester dans mon dortoir à ne rien faire. De plus, pendant les vacances, les préfets sont encouragés à se promener dans les couloirs en-dehors de leurs rondes pour faire de la surveillance, tant qu'ils n'en profitent pas pour abuser de leur statut. Les règles sont un peu souples que durant la période scolaire, les élèves ont un peu plus de liberté et il faut en tenir compte. En fait, ce qu'on doit traquer en priorité, c'est le trafic de potions. Mais ces rondes non-officielles, c'est vraiment quand on a le temps. Ça n'a rien d'obligatoire.
- Je vois. Et vous ne pouvez emmener personne avec vous ? Vous ne pouvez pas vous faire aider ?
- Non, il faut savoir quoi faire et être rodés. Il faut donc avoir suivi une petite formation. Et ce n'est pas aux cinquième année de former leurs camarades. J'aimerais bien emmener quelqu'un avec moi, pourtant, mais ce serait contre-productif.
- Je comprends. Mais ce n'est pas trop dangereux de faire une pseudo ronde toute seule ?
- Je n'interviendrai pas si j'estime que c'est risqué. Ce sera davantage du repérage. Ça peut être très utile pour les rondes à venir. Notamment pour savoir quand et où le dealer et le client se rejoignent. Il faut juste que je sois discrète pour ne pas me faire voir et entendre. Sinon, s'ils savent que je les ai vus ou s'ils se sentent épiés, ils vont changer de jour, d'heure et de lieu de rendez-vous. C'est tout un savoir-faire, la traque des potions droguées.
- Je vois ça. Ça donne envie, avoua Ginny. Ça a l'air passionnant. Bien sûr, ce serait mieux s'il n'y avait pas besoin de faire cette traque… Les rondes seraient peut-être moins palpitantes mais rien ne vaut la santé des élèves.
- Parfaitement d'accord. Bon, je vais te laisser travailler. À plus tard.
Hermione se leva et quitta la salle commune. Contrairement aux rondes traditionnelles, elle décida de commencer son tour par le septième étage. Elle arpenta les couloirs qui s'avérèrent relativement calmes. Elle vérifia toutes les salles, tous les recoins et toutes les cachettes qu'elle connaissait mais ne vit personne. Ce fut assez décevant car c'était souvent dans les étages les plus hauts qu'il y avait des trafics. Elle aurait aimé en repérer un et aller en parler à un directeur de maison. Elle descendit au sixième étage et répéta les mêmes actions qu'à l'étage précédent. Elle se dirigeait vers un recoin très utilisé par les couples lorsqu'elle perçut des voix qui en provenaient. Elles étaient basses, ce qui laissait penser que les personnes à qui elles appartenaient ne voulaient pas se faire remarquer. Mais dans un couloir désert, même le plus discret des chuchotements pouvait se faire aisément entendre. Hermione s'approcha davantage mais en faisant le moins de bruit possible. Il ne fallait surtout pas qu'elle se fasse repérer. Et elle voulait distinguer ce que ces personnes disaient. Si elle n'avait pas le droit d'intervenir seule, elle pouvait au moins essayer de récolter des informations. Avec un peu de chance, elle pouvait même avoir le nom du dealer ou du client, voire les deux, si elle avait vraiment beaucoup de chance. Si c'était le cas, elle allait peut-être devoir surveiller son petit-ami, songea-t-elle avec humour. Elle continua donc à avancer vers le recoin et lorsqu'elle fut suffisamment proche, elle se plaqua contre le mur et tendit l'oreille :
- Je peux t'en donner vingt pour vingt-cinq gallions. Tu serais gagnante, vu que normalement, c'est un gallion et sept mornilles la fiole. Ça te ferait donc trente-quatre gallions pour vingt fioles. Là, ce serait plutôt un gallion et trois mornilles la fiole. Tu gagnes neuf gallions. Après, c'est toi qui voit.
- Je n'ai pas assez sur moi. Je préfère t'en prendre dix aujourd'hui et dix autres quand on se reverra.
- Bien, ça te fera dix-sept gallions, alors.
Hermione eut une envie folle de sortir de sa cachette et interrompre la transaction. C'était très dur pour un préfet ou une préfète de laisser une vente de potions droguées se faire. C'était de l'argent en plus pour le dealer et une élève de plus qui allait se pourrir la santé avec ces satanées potions… Ce n'était pas acceptable pour Hermione mais elle se mettrait en danger si elle s'interposait seule. Face à deux élèves qui avaient peut-être l'habitude des duels, elle ne ferait pas le poids, aussi douée soit-elle. Elle se ferait laminer et aurait de grandes chances de se retrouver à l'infirmerie. Elle ne serait pas opérationnelle pendant plusieurs jours et elle ne pourrait donc pas effectuer une de ses rondes. Alors oui, peut-être sortirait-elle vainqueur du duel si elle était dans un bon jour, mais il y avait trop de conséquences négatives si elle échouait pour prendre le risque.
- Tiens, dit la cliente.
- Merci. C'est dommage que tu n'aies pas voulu des vingt fioles.
- Ce n'est pas que je ne veux pas, c'est que je n'ai pas assez d'argent pour les payer.
- Il y a d'autres moyens de s'arranger, si tu as vraiment des difficultés.
- Ah oui ? Lesquelles ? demanda la cliente d'un ton méfiant.
- Eh bien, soit tu t'associes avec moi, soit tu m'aides à avoir un peu plus de temps libre.
- Je ne veux pas vendre ces machins, je n'ai pas envie de me faire virer si je me fais attraper. Je suis une Serdaigle, pas une Gryffondor téméraire ou une Serpentard rusée qui a toujours de bons plans pour passer entre les mailles du filet.
- D'accord, j'ai compris, ne t'énerve pas. C'était juste une proposition. J'imagine que tu ne veux pas non plus faire le guet ?
- Non, trop risqué aussi.
- Je me doutais bien que tu refuserais. En revanche, tu accepterais peut-être de m'aider à avoir plus de liberté. Ce serait dans tes cordes, en plus, vu que tu es une Serdaigle et que nous sommes de la même année. Vois-tu, j'ai toujours eu du mal à m'organiser. Quand on est dealer, ça pose problème. Je me laisse souvent déborder par les devoirs et je ne peux pas traîner autant dans les couloirs que je le voudrais. Si j'avais moins de devoirs à faire, je pourrais me balader davantage dans le château et me faire plus d'argent puisque j'aurai plus de temps pour me trouver de nouveaux clients. C'est tout un business, le trafic de potions. Ton rôle serait donc de faire mes devoirs et en échange, je te ferais une réduction sur le prix des potions. Ou je t'en donnerai plusieurs gratuites, appelle ça comme tu voudras. Qu'en dis-tu ?
Bien qu'écœurée par cet arrangement, Hermione attendit la réponse de la cliente. Elle avait déjà eu bon nombre d'informations et elle sentait qu'elle pouvait en avoir d'autres. Mais alors que la cliente semblait réfléchir, une voix s'éleva derrière Hermione :
- Eh bien Granger, on traque ses camarades en-dehors des horaires de ronde, maintenant ?
Hermione se retourna brusquement et reconnut Cormac McLaggen, un élève de sixième année qui évoluait au poste de gardien remplaçant dans l'équipe de Gryffondor. Hermione ne l'aimait déjà pas beaucoup mais là, en ce moment-même, elle le haïssait de tout son être. Il venait de la faire repérer en sous-entendant fortement qu'elle effectuait une ronde illégale alors que c'était une demande des professeurs ! Et n'importe quelle personne dotée d'un minimum de neurones aurait compris qu'elle faisait son travail de préfète, même si ce n'était pas l'heure habituelle des rondes, et qu'il ne fallait donc pas la déranger en s'adressant à elle au risque de la démasquer auprès des élèves qu'elle était en train d'écouter ! Elle ne percevait plus les voix dans le recoin, le dealer et la cliente ayant deviné qu'ils se faisaient traquer. Et ils savaient par qui à cause de ce crétin de McLaggen. Étant donné que cela ne servait plus à rien de rester là, Hermione revint sur ses pas et passa devant McLaggen sans lui prêter la moindre attention. Hors de question qu'elle lui accorde de l'importance après ce qu'il avait fait. Se faire ignorer, c'était ce qui pouvait l'énerver le plus, lui qui aimait tant être au centre de l'attention. Évidemment, cela ne lui plut pas et Hermione ne fut pas surprise d'entendre ses pas derrière elle, même si elle aurait préféré qu'il ne la suive pas.
- Granger, attends !
Hermione continua à marcher comme si de rien n'était. Mais McLaggen ne se laissa pas démonter et vint se poster devant elle.
- Tu me fuis ? Qu'est-ce que je t'ai fait ?
- À ton avis ?! éructa Hermione. J'étais en train d'amasser un maximum d'informations sur un trafic en cours que je ne pouvais pas interrompre seule et toi, tout ce que tu trouves à faire, c'est me faire remarquer alors que je devais être la plus discrète possible ! Et pour ta gouverne, je ne faisais rien d'illégal ! Si ça t'amuse de perdre ton temps, tu peux aller me dénoncer auprès des professeurs, ils vont te rire au nez ! Tu vas passer pour un idiot et ce ne sera pas la première fois puisque tu ne sais faire que ça !
Hermione cracha presque ces mots. Elle était vraiment en colère. Loin de paraître vexé, McLaggen la regardait avec un air amusé.
- Tu es encore plus jolie quand tu t'énerves. Tu ressembles à une vraie lionne. Mais ça me peine que tu me considères comme un idiot. Parce que je n'en suis pas un. J'ai compris chaque mot que tu as prononcé. Je suis sincèrement désolé d'avoir fait tomber ta traque à l'eau. J'ignorais que tu avais le droit d'épier la conversation de deux élèves ainsi qu'une vente de potions sans avoir la preuve qu'il s'agit de potions droguées… Les préfets ont plus d'avantages que je ne le croyais. Mais cela ne fait pas de moi un idiot. Tu me juges un peu vite, Granger. Mais on va faire un deal. Tu m'embrasses et je te pardonne.
Hermione écarquilla les yeux.
- Non mais tu rêves, là ! Je n'ai rien à me faire pardonner ! J'ai le droit de penser que tu es un idiot ! Et je n'ai aucune envie de t'embrasser ! J'ai déjà quelqu'un et tu ne m'intéresses pas !
- Décidément, tu as choisi de te montrer blessante, aujourd'hui. Mais ça, c'est parce que tu refuses d'assumer ce que tu ressens. Moi, je suis sûr que je te plais au moins un peu. Sinon je ne réussirais pas à te mettre dans tous tes états.
Hermione ne sut quoi répondre tant elle était sidérée.
- Si ça t'amuse de te faire des idées, finit-elle par lâcher. Tu peux toujours espérer mais tu perds ton temps.
- Tu ne veux même pas me donner une chance ?
- Tu es bouché ou quoi ? Je t'ai dit que tu ne m'intéressais pas et que j'étais déjà en couple !
- Mais je ne te demande pas en mariage, je veux juste qu'on passe un peu de bon temps ensemble. Ce n'est pas avec ton Serdaigle que tu dois être satisfaite, ça ne doit pas être un bon coup, il a l'air trop mou pour ça…
L'esprit déjà bien échauffé, Hermione vit rouge et gifla McLaggen.
- Je ne sais pas à quoi tu joues, je ne sais pas si tu es réellement intéressé ou si tu cherches juste à m'embêter, mais tu as intérêt à me laisser tranquille !
Hermione planta McLaggen sur ces mots et se dirigea vers les escaliers. Elle devait aller voir un des directeurs de maison pour l'informer de ce qu'elle avait entendu. Étant donné qu'il y avait une élève de Serdaigle qui était impliquée, son choix s'orienta vers le professeur Flitwick. Heureusement que les Serdaigle avaient deux directeurs de maison… C'était bien pratique, parfois. Ainsi, le professeur Flitwick pouvait assurer l'intérim en l'absence du professeur Black. Il était habitué puisqu'il avait longtemps été le seul responsable des Serdaigle. Quant au professeur Lupin, il était remplacé par le professeur McGonagall.
Sachant que le professeur Flitwick était souvent dans sa salle de classe, Hermione préféra d'abord vérifier s'il y était. Alors qu'elle descendait au quatrième étage, elle tomba sur Terry et Pansy qui, eux, montaient. Ne regardant pas devant elle et marchant relativement vite sous l'effet de la colère, elle faillit leur rentrer dedans. Par chance, elle les vit à la dernière seconde et pila.
- Pardon, je ne vous avais pas vus…
- Tu as réagi à temps, c'est le principal, dit Pansy. Et heureusement car on n'aurait pas pu t'éviter.
- Mais qu'est-ce que vous faites ensemble ? demanda Hermione.
- Une ronde qu'on a improvisée, répondit Terry. On s'est croisés, on n'avait rien à faire alors on a décidé de faire un tour dans les couloirs, comme les professeurs nous l'ont conseillé si on avait du temps libre. Je suis désolé, si j'avais su que tu te promenais aussi, je t'aurais rejointe quelque part…
- Ce n'est pas grave, tu ne pouvais pas savoir. On a eu la même idée en même temps, en tout cas.
- Tu as commencé par le septième étage ? devina Terry.
- Oui, vu que je sortais de ma salle commune. J'allais voir le professeur Flitwick car j'ai surpris un trafic au sixième étage.
- Je vais vous laisser y aller ensemble, alors, proposa Pansy.
- Je ne veux pas te laisser seule, protesta Terry.
- Et moi je ne veux pas empêcher un couple de passer du temps ensemble, répliqua Pansy.
- Si tu veux, Ron devrait bientôt sortir de la Grande Salle, c'est souvent vers cette heure-là qu'il se lève et qu'il va prendre son petit-déjeuner, indiqua Hermione.
- Oh, super ! Je vais aller l'attendre, alors. Merci ! Bonne promenade !
Pansy s'en alla, laissant Terry et Hermione seuls.
- Tu paries combien qu'on va croiser d'autres préfets ? plaisanta Terry.
- Inutile de parier là-dessus, c'est sûr qu'on va en croiser, pouffa Hermione.
L'humour de Terry était exactement ce dont elle avait besoin en ce moment-même. Mais elle était encore tendue et son petit-ami le vit bien :
- Quelque chose ne va pas ? s'inquiéta-t-il.
- Non, tout va bien, pourquoi ? mentit Hermione.
- Tu as l'air crispée. Tu n'as pas essayé d'intervenir dans le trafic que tu as repéré, j'espère ?!
- Bien sûr que non, rétorqua Hermione.
- Alors qu'est-ce qui s'est passé ?
Hermione soupira.
- Je me suis faite repérer à cause d'un élève qui m'a interpellée alors que j'étais en train d'écouter la discussion entre un dealer et sa cliente. Comme cet imbécile m'a appelée par mon nom de famille et m'a fait une remarque sur ce que je faisais, les deux élèves ont su que je les épiais. Je me suis pris la tête avec cet idiot et c'est pour ça que je suis légèrement furax.
- Oh, je comprends mieux. Qu'est-ce qu'il te voulait, cet idiot, pour t'avoir énervée comme ça ?
- Il m'a asticotée. Il faisait celui qui ne voyait pas ce qu'il avait fait de mal, je l'ai traité d'idiot, ça ne lui a pas plu, il a voulu que je m'excuse, je n'ai pas voulu, il a joué avec mes nerfs et j'ai fini par le gifler. J'allais voir le professeur Flitwick quand je vous ai croisés.
Terry parut surpris par le court récit de Hermione.
- Il a dû aller assez loin pour que tu l'aies giflé.
- Disons que j'étais déjà bien énervée à cause du fait qu'il m'avait fait repérer. J'ai pu recueillir des informations mais je suis sûre que j'aurais pu en avoir plus sans l'intervention de cet imbécile… Je n'ai donc pas eu beaucoup de patience face à lui. De toute façon, il ne faut pas me chercher. Sinon je deviens sanguine. Draco peut en témoigner.
- Je vais éviter de te chercher des noises, alors, s'amusa Terry.
- Comme si c'était ton genre, répondit Hermione sur le même ton.
- Je ne vais jamais au conflit, mais si ce garçon vient t'embêter de nouveau, il va savoir comment je m'appelle ! Je sais que tu es capable de te défendre seule, tu l'as prouvé à l'instant, mais s'il revient t'ennuyer, c'est qu'il n'a pas été convaincu par la gifle que tu lui as donnée…
- Je préfère que tu restes en-dehors de ça aussi longtemps que possible, déclara Hermione.
- Ce n'est pas comme si j'avais le choix, puisque tu n'as pas l'air de connaître son nom de famille... Bon, allons voir le professeur Flitwick.
- J'avais prévu d'aller vérifier d'abord s'il était dans sa salle de classe, précisa Hermione.
- Il n'y est plus tellement depuis quelques temps, je le trouve plus souvent dans son bureau.
- D'accord, allons-y, alors.
Hermione remonta les escaliers avec Terry, le bureau du professeur Flitwick se situant au septième étage. Ils y arrivèrent quelques minutes plus tard. Ce fut Hermione qui frappa et entra en premier. Terry la suivit et ils s'installèrent en face du professeur Flitwick à la demande de celui-ci.
- Miss Granger, M. Boot, que puis-je pour vous ?
- C'est surtout moi qui viens vous voir, Terry ne fait que m'accompagner, annonça Hermione.
- Je vous écoute, dans ce cas.
- Comme je n'avais rien à faire ce matin, j'ai décidé de faire un tour dans le château, un peu comme pour faire une ronde, comme nous l'ont conseillés les professeurs. Je suis tombée sur un trafic au sixième étage, j'ai pu avoir des informations en épiant leur conversation mais un élève m'a appelée et j'ai donc été démasquée. Vu qu'ils savent qu'ils avaient été découverts, ils vont sûrement changer de lieu de rendez-vous, alors je ne sais pas s'il faut s'attendre à ce qu'ils reviennent quand-même au sixième étage…
- Ce sera toujours une éventualité, mais il ne faudra pas trop y compter, je pense. Ils se doutent bien que ce sera le premier endroit que les préfets vérifieront. Avez-vous pu avoir leurs noms ?
- Non, mais je sais que le dealer est un garçon et que la cliente est une élève de Serdaigle. Et qu'ils sont de la même année. Comme ça, je dirais qu'ils sont soit en sixième, soit en septième année. Ils avaient l'air assez âgés au son de leur voix et je n'ai pas reconnu celle d'un des élèves de ma classe.
- Bien, merci pour toutes ces informations. Je vais surveiller de près les sixième et septième année de ma maison.
- Le dealer n'était sûrement pas un Serdaigle, souligna Hermione. Il a fait une remarque à sa cliente comme quoi elle en était une et ça se sentait qu'il ne faisait pas partie de la même maison qu'elle. Je pense que c'est un Poufsouffle ou un Serpentard. Mais ce n'est qu'une interprétation personnelle.
- J'en tiens tout de même compte. Avez-vous d'autres éléments à me soumettre ?
- Oui, il se peut que la cliente fasse bientôt les devoirs de son dealer. Elle semble manquer d'argent pour payer les potions, alors son dealer lui a proposé cet arrangement. Elle était en train de réfléchir quand cet élève m'a interpellée. Je n'ai donc pas pu en savoir plus.
- C'est déjà très bien. Ce que vous m'avez dit va me permettre de mener une petite enquête de mon côté. Je parlerai avec le professeur Black lorsqu'il sera revenu. Comptez-vous continuer cette ronde ensemble ?
Terry et Hermione se regardèrent. Terry haussa les épaules, l'air de dire «Moi je veux bien». Il n'en fallut pas plus à Hermione pour répondre au professeur Flitwick :
- Nous allons poursuivre cette ronde, oui.
- D'accord, je souhaitais juste savoir si je devais m'attendre à ce que vous reveniez. Si vous n'avez rien d'autre à me dire, vous pouvez y aller.
Terry et Hermione remercièrent leur ancien professeur et quittèrent son bureau. Ils reprirent la ronde de Hermione là où elle s'était arrêtée, c'est-à-dire au sixième étage. Mais elle l'avait bien entamé, aussi descendirent-ils vite au cinquième étage qui s'avéra désert, tout comme les quatre étages qui suivirent. Ils bouclèrent donc rapidement leur ronde. Avisant l'heure, ils décidèrent d'aller manger et de se retrouver ensuite. Hermione avait réussi à se détendre durant la ronde, même si elle n'avait pas oublié ce qui s'était passé avec McLaggen. Mais elle ne voulait pas qu'il gâche sa journée, alors elle s'efforça de penser à autre chose. De plus, si elle restait bloquée là-dessus, Terry allait se rendre compte qu'elle était préoccupée et elle préférait le tenir éloigné de tout cela. Elle avait délibérément omis de lui dire que c'était McLaggen qui l'avait embêtée et qu'il lui avait fait des avances. C'était typiquement le genre de choses qu'on ne souhaitait pas dire à son petit-ami. Elle ne tenait pas à ce que des tensions apparaissent entre Terry et McLaggen. De toute façon, elle était persuadée que le Gryffondor avait juste voulu l'importuner. Il n'avait jamais semblé s'intéresser à elle, elle ne voyait donc pas pourquoi il le ferait du jour au lendemain… Et puis, elle avait trop de choses auxquelles penser pour y ajouter McLaggen. Elle avait Terry, elle avait ses rondes, elle avait ses amis, elle avait les BUSE qui approchaient… Mais l'une de ses priorités, c'était faire cesser les trafics de potions. Elle y était très sensible depuis l'affaire d'Adrian Pucey qui avait mis en danger son meilleur ami. Elle ne voulait pas qu'il y ait d'autres Adrian et d'autres Harry, ce qui expliquait le fait qu'elle soit très active dans la lutte contre les potions droguées. Elle était donc dégoûtée d'avoir été interrompue lorsqu'elle épiait la discussion entre un dealer et sa cliente. Mais elle ferait tout pour les retrouver. Elle s'en faisait la promesse.
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Au même moment, POV Draco
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Draco eut l'esprit confus lorsqu'il se réveilla ce matin-là. Il tâta la place à côté de lui et fut déçu de la découvrir vide et de réaliser qu'il n'avait fait qu'un rêve. La déception fit cependant vite place à la honte, comme à chaque fois qu'il rêvait de Harry ainsi. Ça ne lui arrivait pas souvent mais cela s'était produit deux fois depuis le début des vacances. Et cela le mettait mal à l'aise car il savait que Harry n'était pas prêt à aller plus loin que de simples caresses et bisous. De toute façon, ils ne pouvaient pas faire grand-chose actuellement puisque Harry était au Square. Draco avait eu peur de souffrir de son absence mais il s'y faisait plutôt bien. Il fallait dire qu'il était bien entouré. Il était souvent avec ses meilleurs amis et il se remettait à passer du temps avec Daphné. La veille, il avait participé à la fête d'anniversaire de Cassius dans la salle commune des Serpentard. Il avait d'abord été réticent, mais Graham lui avait dit que cela lui ferait du bien, Cassius et Miles s'en étaient mêlés et Draco avait fini par accepter. Les trois garçons savaient y faire pour le convaincre. Ils avaient eu le temps de bien apprendre à le connaître depuis que Draco était entré dans l'équipe de Quidditch de leur maison. Il n'avait jamais été aussi proche de Cassius et de Miles que de Graham mais il s'était toujours bien entendu avec eux, tout comme avec Pucey, d'ailleurs, avant que sa relation avec Harry ne commence à déplaire à Draco. Il était tout de même devenu davantage ami avec Cassius et Miles lorsqu'il sortait avec Graham, les deux garçons ayant été au courant de cette relation. Il n'avait donc pas pu leur résister bien longtemps. Et Graham avait eu raison : cette fête lui avait fait du bien. Elle lui avait changé les idées. Il s'était couché à quatre heures du matin et n'avait bu qu'un seul verre. Il ne fut donc pas surpris de se réveiller à un peu plus de midi. Il n'était pas spécialement fatigué mais il serait bien resté au lit. Il estima néanmoins qu'il était déjà assez tard comme ça et se fit violence pour se lever. Comme il avait une présence gênante dans son pantalon de pyjama due au rêve qu'il avait fait, il décida d'aller prendre une douche, même s'il s'était lavé la veille avant de se rendre à la fête de Cassius. Il préférait se soulager sous l'eau plutôt que dans son lit. Question de propreté.
Vingt minutes plus tard, habillé et bien réveillé malgré un léger mal de crâne, il sortit de son dortoir, puis de sa salle commune et prit le chemin de la Grande Salle. Il y trouva Blaise et Théo à la table des Serpentard et s'installa à côté du premier et en face du second.
- Te voilà enfin levé, fit remarquer Blaise. Théo et moi t'avons entendu rentrer tard, on savait que tu te lèverais vers ces heures-là mais on est quand-même venus vérifier plusieurs fois si ça allait, sans te réveiller pour autant. C'était la première fois que tu te couchais aussi tard après une fête. Comme on ignorait si tu avais bu, on a préféré s'assurer que tu ne faisais pas un coma éthylique ou quelque chose dans le genre.
- Après, je me doutais que tu étais sobre, car tu n'as pas débarqué dans le dortoir en hurlant et tu ne t'es pas cogné partout en rejoignant ton lit, poursuivit Théo. D'habitude, c'est ce qui arrive. Mais tu pouvais très bien être ivre sans le montrer de façon ostentatoire, pour une fois… Dans le doute, Blaise et moi sommes restés vigilants.
- Vous avez bien fait, mais je n'ai bu qu'un verre. Je me suis vite rabattu sur le jus de citrouille. Et ça ne m'a pas empêché de profiter de la soirée.
- Eh bien tant mieux. Ça t'a fait du bien ?
- Oui, je me suis bien amusé. C'était top. Il y avait de l'ambiance mais sans que ce soit trop bruyant. Cassius est quelqu'un de calme, en même temps. Il n'aurait pas aimé une fête trop extravagante.
- C'est vrai. Mais dis-moi, il y a quelque chose qui m'échappe, dit Blaise. Comment ça se fait que Graham soit là ? Depuis quand est-il revenu ?
- Depuis hier.
- Mais il n'était pas censé passer les vacances chez lui ?
- Si, mais il a décidé de rentrer plus tôt que prévu. Comme ils sont majeurs, les septième année ont le droit de passer une partie des vacances chez eux et l'autre à Poudlard s'ils le veulent. Ils doivent juste venir par leurs propres moyens. Comme ils ont le permis de transplanage, la question est vite réglée. Ils ont juste à prévenir qu'ils seront là, tel jour, telle heure devant les grilles de Poudlard et Rusard viendra leur ouvrir. Ils ont juste le chemin à faire jusqu'aux portes du château.
- Oh, je ne savais pas tout ça. Mais tu sais ce qui a motivé le retour surprise de Graham ?
- Non, il n'a pas voulu me le dire. Ça a l'air d'être un sujet sensible car il s'est crispé quand je lui ai posé la question. Je n'ai donc pas insisté. En tout cas, vous auriez dû venir hier soir. Ça vous aurait beaucoup plu.
- Tu nous as prévenus au dernier moment, et tu sais qu'on n'aime pas les imprévus comme ça. Et je n'ai pas l'habitude des fêtes. Théo, lui, a déjà assisté à deux soirées. Moi aussi, à vrai dire, mais à chaque fois, je suis vite parti parce que c'était super bruyant… Surtout celle du Nouvel An, quoi…
- Justement, celle d'hier aurait été super pour t'initier. C'était calme et Cassius avait insisté pour que tout le monde reste raisonnable. Et il a été écouté. Personne n'a fini bourré au point de brailler dans la salle commune. Après, il y a l'anniversaire de Miles dans deux semaines, ce sera tout aussi calme que la fête d'hier. On pourra y aller tous ensemble, si vous voulez. De toute façon, vous devez vous y habituer pour la grande fête qui est prévue avec les quatre maisons… Presque tous ceux qui sont invités ont dit qu'ils viendraient. Il nous manque juste la réponse de deux ou trois personnes.
- Je veux bien aller à la fête de Miles, accepta Théo. J'aurais bien aimé participer à celle de Cassius mais comme a dit Blaise, nous avons été avertis trop tard, j'avais déjà prévu de passer la soirée avec Justin….
- Ah, c'est pour ça qu'on t'a vu traverser la salle commune vers vingt-trois heures… Je me doutais bien que tu étais avec ton chéri mais ça m'étonne toujours de te voir rentrer pile avant le couvre-feu. Avant cette histoire de travail en binôme, lorsque le couvre-feu était à vingt-et-une heures pour tous les élèves, tu te promenais rarement dans le château après vingt heures.
- Les choses ont changé. Je suis en couple, maintenant. Et c'est bien plus agréable de se voir le soir qu'en pleine journée.
- Oui, c'est sûr, il y a des choses qu'on fait plus souvent le soir qu'à deux heures de l'après-midi…
Draco entendit Blaise pouffer à côté de lui tandis que Théo fronçait les sourcils. Voyant que celui-ci n'avait pas compris, Draco décida d'en rajouter une couche :
- Oui, tu sais, généralement, le soir, on est dans un lit… Et il y a des choses qui sont plus pratiques à faire dans un lit que…
- Mais on n'en est pas du tout là ! s'écria Théo.
Il avait visiblement saisi ce que voulait dire Draco puisque son visage avait pris une jolie couleur écrevisse. Cela suffit à faire rire Draco qui s'attira un regard noir de la part de Théo.
- Je me doute bien que vous n'en êtes pas là, s'amusa Draco. Je crois que nous avons actuellement tous trois une vie sexuelle relativement plate.
- Je confirme, mais moi c'est normal, Ginny est un peu trop jeune, signala Blaise. Et je ne me sens pas prêt, donc la question ne se pose pas.
- Et moi, ça ne fait qu'un mois et demi que je sors avec Harry. Bon, j'avais couché avec Graham au bout de trois semaines seulement, mais là ce n'est pas pareil. J'ai envie de prendre mon temps avec Harry. Parce que je l'aime. Et je sais qu'il a besoin de temps. Ça se trouve, tu feras ta première fois avec Ginny avant moi avec Harry…
- Non, il y a peu de chances.
- Hé, tout est possible. Théo peut même nous prendre de court, suffit qu'il soit bourré, Justin aussi, et hop, le tour est joué…
- Non mais tu me prends pour qui ? s'offusqua Théo. Si je dois faire quelque chose avec Justin, ce sera de manière parfaitement consciente ! Et ce n'est pas pour tout de suite car je ne suis pas prêt, je n'en ai pas envie et surtout, je n'y connais strictement rien !
- Hé, calmos, je te taquinais, c'est tout, apaisa Draco. Je sais bien que tu n'es absolument pas prêt à faire quoi que ce soit d'intime avec Justin. Mais je constate que tu ne fuis plus la discussion comme tu le faisais avant, même si tu es toujours très gêné. Et ça fait plutôt plaisir. Y a-t-il une raison à ce net progrès ?
- J'en ai un peu parlé avec Justin, avoua Théo. Il m'a beaucoup rassuré. Mais on a juste survolé le sujet. On n'est pas entrés dans les détails. On n'a pas parlé de la chose en elle-même. Je ne suis pas encore prêt pour ça non plus. Je préfère rester dans le flou pour le moment.
Draco acquiesça et voulut répondre mais une pensée lui traversa soudain l'esprit. Il regarda autour de lui et remarqua que personne ne semblait entendre ce qu'ils disaient.
- L'un de vous a lancé le sort d'insonorisation ? demanda Draco à ses amis.
- Oui, moi, indiqua Théo. Blaise avait le hoquet au début du repas, alors je nous ai entourés d'une bulle de silence pour éviter que tout le monde ne l'observe comme une bête curieuse. J'ai annulé le sort quand tu es arrivé et je l'ai relancé quand tu t'es installé. Parce que c'était cool de pouvoir dire ce qu'on voulait sans être entendu de qui que ce soit.
Draco fixa Théo pendant quelques secondes.
- Tu m'étonneras toujours. J'imagine que tu as fait tout ça en informulé ?
- Ai-je vraiment besoin de répondre à cette question ?
Draco secoua la tête, à la fois amusé et dépité.
- Pansy a déjà mangé ? s'enquit-il en se servant du jus de citrouille.
- Oui, elle n'avait pas très faim, alors elle est vite partie. Enfin, c'est ce qu'elle a dit, mais je pense qu'elle est plutôt allée rejoindre un certain rouquin, supposa Blaise.
- Oui, le frère d'une certaine rouquine, railla gentiment Draco. Franchement, niveau originalité, on repassera. Vous êtes meilleurs amis, vous êtes hétéros, il y a plein de garçons et plein de filles dans le château et vous, tout ce que vous trouvez de mieux à faire, c'est sortir avec un garçon et une fille de la même famille…
- Bah et toi, alors ? Tu sors avec ton binôme de travail, comme à peu près dix pour cent des élèves dans cette école, rétorqua Blaise. Je ne dis pas ça pour toi, Théo…
- Oh, ne t'en fais pas, j'assume complètement, affirma Théo en souriant. Mais Draco et moi avons quand-même la particularité de sortir avec quelqu'un qui nous détestait au début de l'année.
- C'est clair, je sors même carrément a…
Draco fut interrompu par un bout de parchemin qui se posa sur la table devant lui. Intrigué, il le prit et le déplia. Il reconnut aussitôt l'écriture de Severus.
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Viens me voir à treize heures dans mes appartements, s'il te plaît. Severus.
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Draco soupira et replia le mot.
- Qu'est-ce que j'ai encore fait…
- C'est ton parrain ? Il veut te voir ? devina Blaise.
- Oui, mais je ne sais pas pourquoi. Je n'ai rien fait qui justifie une convocation.
- Il veut peut-être tout simplement savoir comment tu vas.
- Peut-être, répéta Draco, peu convaincu. Bon, en vrai, ça m'arrange. Je n'ai plus de potions pour mes crises d'angoisse, je devais donc aller le voir aujourd'hui.
Draco avait effectivement des potions à prendre durant toutes les vacances en prévision des BUSE blancs qui se poursuivaient sur la semaine de la rentrée avec les examens pratiques en sortilèges, en métamorphose, en botanique, en Défense Contre les Forces du Mal et en potions. Elles l'aidaient à se détendre et permettaient de réduire les risques de crises d'angoisse liées au stress des examens. Seulement, comme ces potions requéraient un suivi strict, Severus ne lui en avait pas donné assez pour que cela lui fasse jusqu'à la rentrée. Draco devait aller le voir tous les cinq jours pour en avoir d'autres. Et il se trouvait qu'il n'en avait plus. Il allait donc profiter de la convocation que Severus venait de lui envoyer pour lui demander de renouveler son traitement. Peut-être était-ce pour ça que son parrain voulait le voir, après tout… Il avisa l'heure et vit qu'il lui restait quinze minutes avant son rendez-vous. Il termina de manger, prit congé de ses amis et se rendit aux appartements de son parrain. Il apprécia de se retrouver dans l'obscurité des cachots. Il avait toujours un peu mal à la tête à cause de la soirée de la veille. Il n'avait bu qu'un verre mais il y avait quand-même eu beaucoup d'agitation, il n'était pas habitué à se coucher aussi tard, il y avait un certain manque de sommeil et tout cela n'était pas compatible avec les potions qu'il prenait. Une fois devant les appartements de Severus, il frappa à la porte qui s'ouvrit rapidement sur son parrain.
- Bonjour, Draco. Je suis heureux que tu sois venu.
Draco vit Severus l'observer un peu plus attentivement.
- Tu sembles un peu fatigué.
- J'ai participé à une fête, hier soir, dit franchement Draco. Je suis resté raisonnable mais il y a un mélange de tout qui me donne un peu mal au crâne.
- Je vais te chercher ce qu'il faut. Attends-moi dans le salon.
Draco acquiesça et suivit Severus jusqu'au salon. Il s'assit à table tandis que son parrain se dirigeait vers son laboratoire. Il rejoignit Draco quelques minutes plus tard avec une potion qu'il lui donna. Draco la prit et la but d'une traite. Il se sentit tout de suite mieux.
- Merci, c'était exactement ce dont j'avais besoin, déclara Draco en souriant. J'aurais dû te le dire en même temps mais il me faudrait aussi cinq autres potions…
- Ah, oui, je savais que tu devais passer aujourd'hui pour ça. Je te les fournirai juste avant que tu ne partes.
- D'accord, merci. J'ai été assez surpris par le mot que tu m'as envoyé durant le déjeuner. J'imagine que c'est urgent, ce que tu as à me dire ?
- Je ne dirais pas vraiment urgent mais je dois te parler et il vaut mieux que ce soit fait le plus vite possible. Sinon je vais retarder et arrivé à cet été, je ne t'aurai toujours rien dit.
- Ouh là, tu me fais peur… Tu as quelque chose de grave à m'annoncer ?
- Non, plutôt quelque chose d'important. Je ne vais pas y aller par quatre chemins. Je suis en couple.
Draco regarda Severus avec surprise. Il ne s'attendait pas à ça.
- Oh… Eh bien, je suis content pour toi… Je t'ai tellement tanné l'été dernier pour que tu te trouves quelqu'un…
- C'est vrai, j'y ai pensé et j'avais bon espoir que tu prennes plutôt bien la nouvelle.
- Pourquoi je l'aurais mal prise ? Tu as le droit d'avoir une vie amoureuse, comme tout le monde. Ce qui me fait juste un peu peur, c'est que tu quittes Poudlard pour t'installer avec cette personne…
- Non, ça n'arrivera pas tant que tu seras ici, assura Severus. Elle le sait et ce n'est pas un problème pour elle. Tu es ma priorité et je ne peux pas te laisser tout seul ici.
Draco fut ému par les mots de Severus.
- Ça me rassure et ça me touche, ce que tu me dis là. Mais c'est juste pour m'apprendre ça que tu m'as fait venir ?
- Non, je voulais aussi te dire de qui il s'agit.
Severus prononça ces mots sur un ton tendu qui inquiéta Draco. Qui pouvait bien être cette femme pour que Severus ait peur de lui dire son nom ? Une idée lui vint à l'esprit.
- C'est une professeur ?!
- Non, si j'entretenais une relation interdite, je ne te le dirais certainement pas…
- Tu as l'art de dire les choses, toi… Mais je comprends. Dans ce cas, si ta relation est légale, c'est que ce n'est pas une élève non plus ?
Severus fit les gros yeux. Draco leva les siens au ciel.
- C'était juste pour m'en assurer. Bon, alors qui c'est, alors ?
Severus fixa Draco un bref instant avant de lâcher :
- Nymphadora Tonks, l'Auror qui est venue m'interroger cet été.
Draco fut tellement choqué qu'il se figea et demeura un moment sans réagir.
- Tu veux parler de la fille qui a été reniée de la famille Black car sa mère s'est mariée avec un né-moldu ? finit-il par demander lentement.
- Oui.
- Mais tu sais que sa mère, c'est la sœur de la mienne ? Que cette fille est donc ma cousine ? Qu'on doit avoir six ou sept ans d'écart ? Tu n'as pas l'impression qu'elle est un peu trop jeune ?
- C'est ça qui te dérange ?
- Non, ça, à la rigueur, je m'en fiche ! Mais c'est ma cousine, bon sang ! Ma cousine qui a été reniée et dont ma mère s'est toujours efforcée d'ignorer l'existence de la sienne ! Elle n'a jamais pardonné à sa sœur d'avoir trahi son sang ! Elle ne voulait jamais parler d'elle ! Si bien que je l'ai moi-même oubliée et que jusqu'à l'été dernier, je pensais n'avoir qu'une tante ! J'étais à peine au courant que j'avais une cousine ! Et c'était très bien ainsi ! Quand on a une famille, on la respecte ! Moi je n'en ai plus, j'essaie tant bien que mal de me faire à l'absence de mes parents, d'oublier que ma mère est à Sainte-Mangouste et que mon père est à Azkaban, et toi, tout ce que tu trouves à faire, c'est sortir avec la fille de ma tante qui me fera aussitôt penser à ma mère dès que je la verrai ! Une fille dont la mère a trahi sa famille ! Ma famille ! Il y a des millions de femmes sur Terre et il a fallu que tu jettes ton dévolu sur celle-là ! Qu'est-ce qui t'attire tant chez elle ? Ses cheveux roses ? Sa jeunesse ? Son extravagance ? Ses prouesses au lit ? Ça se trouve, c'était juste une nuit à la base et tu as tellement aimé te taper une Auror que tu t'es dit que ça pourrait t'être utile un de ces jours ? Non, en fait, ne réponds pas, je n'ai pas envie de savoir. Ça me dégoûte déjà de t'imaginer avec elle, quelle que soit la raison.
Draco cracha ces mots avec toute la hargne dont il était capable. Severus semblait choqué et blessé mais Draco n'était pas en mesure d'éprouver le moindre remords. Il était trop en colère pour ça. Il se sentait trahi.
- Draco, je suis désolé que tu le prennes ainsi, mais ma relation avec Tonks est bien plus sincère que ce que tu as l'air de croire… Il n'y a rien d'intéressé. Et je ne pensais pas que tu ferais le lien avec ta mère…
- Tu savais très bien que ta copine était sa nièce ! C'est toi-même qui me l'a dit l'été dernier après son interrogatoire ! Je t'avais d'ailleurs bien fait comprendre que je ne l'avais pas du tout appréciée avec ses cheveux rose bonbon et son côté sans-gêne ! Mais ça ne t'a pas empêché de te mettre en couple avec elle ! Après, je sais que tu n'as pas à tenir compte de mon avis, que c'est ta vie et que je n'ai pas à m'en mêler, mais ne compte pas sur moi pour accepter ta relation ! Je passerai volontiers les vacances chez Blaise si tu décides d'installer ta copine chez toi cet été !
Draco soutint le regard de Severus qui le fixa de nouveau quelques instants avant de soupirer :
- On va arrêter d'en parler pour aujourd'hui. Tu es trop agité pour qu'on puisse avoir une discussion calme à ce sujet. Je vais te chercher tes potions et tu pourras y aller.
Severus se leva et s'éclipsa. Les méninges de Draco se mirent à tourner à toute vitesse. Il ne pouvait pas rester là. Il devait s'enfuir avant que Severus ne revienne. Mais il ne voulait pas qu'il puisse le retrouver quelque part dans le château. Il ne voulait pas le voir jusqu'à la fin des vacances. Il voulait mettre un max de distance entre eux. Il ne voyait donc qu'une solution : quitter Poudlard. Mais pour aller où ? La réponse lui vint aussitôt : au Square. Là où était son petit-ami. Mais comment y aller ? La cheminée des appartements de Severus n'était peut-être pas reliée à celle du Square… «Mais elle est sûrement reliée à celle de sa maison» songea Draco. Il se souvint que le parrain de Harry avait utilisé sa cheminée pour parler à Severus durant l'été. Ce qui signifiait que la cheminée du Square et celle de la maison de Severus étaient forcément reliées… Draco ne perdit pas une seconde et se rua vers la cheminée. Il prit une pincée de poudre, prononça l'adresse de la maison de l'Impasse du Tisseur et jeta la poudre dans l'âtre. Il fut aspiré dans un tourbillon et vit défiler un tas de cheminées avant d'arriver à destination. Il se déplaça légèrement afin d'être au centre de la cheminée, reprit de la poudre… et bloqua un instant, ne se souvenant plus de l'adresse exacte du Square. Il y avait un chiffre et un autre mot. Il revoyait encore Harry les évoquer. Ils étaient dans la salle sur demande, à ce moment-là. Il devait s'en souvenir, et vite ! Severus avait sûrement déjà remarqué son absence et il allait peut-être deviner où il était allé… Et Draco ne voulait surtout pas le voir. L'angoisse monta en lui à cette idée. Il essaya alors de forcer sa mémoire. En entendant le mot qui suivait «Square», il se rappelait avoir pensé que ça ressemblait beaucoup à «grimoire». Il avait fait la remarque à Harry qui avait rebondi en disant pour rire qu'il y avait douze grimoires au Square et qu'il fallait donc en lire un par mois… Mais oui, c'était ça ! Douze était le chiffre ! Et il venait avant Square… Donc ça faisait 12, Square grimoires… Enfin, quelque chose qui y ressem… 12, Square Grimmaurd ! Ça y était, il s'en souvenait ! Il se hâta de prononcer ces trois mots et de lancer la poudre devant lui. Il fut de nouveau pris dans un tourbillon dans lequel il vit plein d'autres cheminées. Il atterrit dans celle du Square quelques secondes plus tard. Il entendit une exclamation de surprise et tourna la tête vers le seul occupant du salon, à savoir le professeur Lupin. Celui-ci se leva et se précipita vers lui.
- Draco, mais que fais-tu ici ?!
Malgré son état d'agitation, Draco fut étonné de la manière dont le professeur Lupin s'adressa à lui. Mais c'était probablement dû au fait qu'il n'était pas vraiment son élève à l'heure actuelle… Il était plutôt le petit-ami du filleul de son compagnon qui débarquait à l'improviste chez eux… Il se rendit alors pleinement compte de ce qu'il venait de faire. Il avait quitté Poudlard. Sans prévenir qui que ce soit. Il avait fugué. Il s'était disputé avec Severus. Il avait profité de son absence pour s'enfuir. Il s'était disputé avec Severus. Il devait sûrement s'inquiéter pour lui. Il s'était disputé avec Severus. Il s'était disputé avec Severus. Sa vision devint floue alors que l'air commençait à lui manquer. Il sentit des mains se poser sur ses épaules. Une voix douce lui parvint.
- Draco, ça va aller, respire, calme-toi. On va s'occuper de toi. Une fois que tu seras détendu, on va discuter autour d'une tasse de thé et tu nous diras ce que tu voudras. On te gardera jusqu'à ce soir si nécessaire.
- Je ne veux pas retourner à Poudlard, dit faiblement Draco.
Il s'attendait à ce que le professeur Lupin tente de le raisonner mais il n'en fit rien. Il conserva son calme et lui sourit d'un air apaisant :
- D'accord, j'informerai simplement Severus que tu es ici et que tu es en sécurité avec nous.
- Veux pas qu'il vienne…
- Je le lui dirai.
Le professeur Lupin prononça ces mots comme si Draco lui avait dit qu'il voulait un verre de jus de citrouille. L'attitude calme de son professeur suffit déjà à le tranquilliser un peu. Les battements de son coeur s'apaisèrent et sa respiration devint moins laborieuse.
- Viens t'asseoir, lui proposa gentiment le professeur Lupin.
Draco obtempéra et s'installa sur une des chaises.
- J'ai fait du thé il n'y a pas longtemps, je vais en chercher.
Le directeur des Gryffondor s'en alla, laissant Draco tout seul. Il était un peu perdu et ne savait plus vraiment ce qu'il faisait là. Mais il n'avait pas envie de partir. Son professeur revint au bout de deux minutes avec deux tasses dans lesquelles il versa du thé. Puis il s'assit en face de Draco. Ils burent leur thé en silence jusqu'à ce que le professeur Lupin reprenne la parole :
- Alors, qu'est-ce qui t'amène ici ? Comment es-tu arrivé là ?
- Je suis venu via la cheminée de la maison de Severus.
- Oh, je vois. Il n'est pas au courant, j'imagine ?
Draco secoua la tête.
- Tu t'es disputé avec lui ?
Draco acquiesça.
- Tu veux en parler ?
- Non, même si je suis en colère contre lui, je ne peux pas dévoiler ce qu'il m'a dit… J'ignore s'il vous en a parlé et si ce n'est pas le cas, ce n'est pas à moi de le faire…
- D'accord, c'est gentil de ta part de ne pas vouloir le trahir malgré le fait que tu lui en veuilles. Il va de toute façon falloir que Sirius ou moi allions le voir. Nous devons savoir ce qui se passe et décider avec lui si on peut te garder quelques jours ou s'il vaut mieux que tu rentres à Poudlard dès que tu seras un peu plus calme.
- Pas aujourd'hui, dit fermement Draco. C'est trop tôt, je ne peux pas, j'ai besoin de temps…
- Très bien, ne panique pas, j'en aviserai Severus.
Draco regarda son professeur avec perplexité.
- Ça a l'air de vous sembler tout à fait naturel que je débarque ici en pleine journée alors que je ne suis pas vraiment censé pouvoir venir jusqu'ici… Et vous semblez prêt à me garder alors que je n'ai normalement pas le droit de quitter Poudlard…
- La situation est un peu particulière. Tu es le filleul de ce qui est maintenant un ami pour Sirius et moi, et tu es aussi le petit-ami de Harry dont nous nous occupons. Tu n'es pas n'importe quel élève. Et puis, si tu es venu au Square, c'est que tu as une certaine confiance envers toutes les personnes qui résident ici.
- C'est vrai, admit Draco. Mais je n'avais rien prémédité, vous savez… J'avais besoin d'un endroit où me réfugier et j'ai aussitôt pensé à celui-là… Je n'ai jamais songé à venir ici, même si Harry me manquait… J'étais prêt à attendre son retour.
- Je te crois, assura doucement le professeur Lupin. Et tu as bien fait de suivre ton instinct. Tu es le bienvenu ici.
Touché, Draco réussit à sourire à son professeur. Il se sentit soudain fatigué et vidé de ses forces, ce qui dut se voir car le professeur Lupin s'inquiéta :
- Ça va, Draco ? Tu es tout pâle. Plus que d'habitude, je veux dire.
- Je crois qu'il me faut un peu de repos, avoua Draco. Je suis en période de stress, en ce moment, et j'ai un traitement pour ça. Sauf qu'hier soir, j'ai fait la fête, je me suis couché hyper tard, je n'ai pas beaucoup dormi et tout ça n'est pas très indiqué avec les potions que je dois prendre… Et tout ça ne fait pas bon ménage avec les émotions que je viens d'avoir…
- D'accord, il vaut mieux que tu te reposes, en effet. Penses-tu avoir besoin d'une potion calmante ? Est-ce compatible avec ton traitement ?
- Je prends une potion de ce genre le soir avant de dormir, donc si je vais faire une sieste, je peux en prendre une, oui.
- Bien, j'en ai plein en plus de celles qui me sont propres, je vais t'en donner une et je te conduirai ensuite à une chambre. Suis-moi.
Draco se leva en même temps que le professeur Lupin et le suivit partout où il l'emmena. Cela lui permit de visiter un peu la maison qu'il trouva immense mais qui lui plut beaucoup. Ils s'arrêtèrent dans une chambre du deuxième étage qui fut décrétée comme celle de Draco. Il but la potion que lui donna le professeur Lupin et se coucha. Il était vraiment épuisé, si bien qu'il s'endormit comme une masse avant même d'avoir entendu la porte se refermer derrière son hôte.
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POV Sirius
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- Je hais la pluie !
- Sirius, ce n'est pas grave, on ira un autre jour…
- Mais on a plein d'autres choses de prévues ! Il va falloir qu'on décale un truc alors que je voulais qu'on fasse tout pendant les vacances !
Sirius était déçu. Il avait souhaité faire découvrir à Harry le parc où ses parents avaient l'habitude de se promener pendant la grossesse de Lily. Sirius les avait accompagnés quelques fois et il était tombé sous le charme de cet endroit. C'était un très beau parc, très grand, très calme, très fleuri… Il faisait vraiment bon d'y passer un après-midi. Quand il faisait beau. Ce qui n'était clairement pas le cas en ce moment-même. Pourtant, il y avait un beau ciel bleu avec quelques nuages blancs lorsque Sirius et Harry avaient quitté le Square. Comme ils avaient tout l'après-midi devant eux, ils avaient décidé de se promener dans Londres avant d'aller au parc. Ils avaient eu ce beau temps pendant les deux heures qu'avait duré leur balade. Mais à peine avaient-ils fait quelques pas dans le parc qu'il s'était mis à pleuvoir à verse. Comme c'était un parc moldu, ils devaient trouver un endroit à l'abri des regards où ils pourraient transplaner en toute discrétion. Ils avaient déjà l'endroit puisqu'après leur promenade, c'était là où ils avaient atterri pour prendre le chemin du parc, mais ce chemin était assez long. Ils marchaient donc sous la pluie et cela faisait râler Sirius.
- Je hais la pluie, répéta-t-il.
- Tu n'as qu'à te transformer en chien, Padfoot doit davantage aimer la pluie…
- Trop risqué. Encore plus que transplaner devant les yeux des moldus. Mais c'est vrai que Padfoot aime bien la pluie. Moi aussi, d'ailleurs, en temps normal… Mais pas quand ça perturbe mes plans et le programme des vacances que j'avais prévu avec mon filleul !
- Mais ce sera peut-être encore mieux cet été, relativisa Harry. On pourra y aller quand il fera hyper chaud. Ça doit être très agréable de se promener dans ce parc en période de canicule.
- Je n'avais pas pensé à ça, reconnut Sirius.
- En tout cas, on aurait mieux fait d'écouter Remus. Lui sentait qu'il allait pleuvoir. C'est pour ça qu'il n'a pas voulu nous accompagner. Et aussi parce qu'il devait se reposer pour après-demain.
- Il a eu le nez creux… Tu t'inclus dans le «on» mais c'est surtout moi qui ait insisté… Quel parrain indigne je suis… Faire courir le risque à son filleul d'attraper un vilain rhume malgré les mises en garde de son compagnon…
- Je ne t'en veux pas, tu t'en veux déjà suffisamment toi-même pour que j'en rajoute, dit gentiment Harry. Et puis j'aime bien la pluie, moi.
- Oui bah tu fileras quand-même sous la douche en rentrant. Comme tu es fragile, tu peux attraper tout et n'importe quoi. Hors de question que tu sois malade à l'approche de la rentrée. Tu dois profiter de tes vacances. Ah, nous y voilà.
Sirius et Harry étaient effectivement arrivés à l'endroit où Sirius les avait fait atterrir vingt minutes plus tôt. Ils s'engouffrèrent dans la petite ruelle sombre que Sirius connaissait bien, puis celui-ci les fit transplaner. Ils se retrouvèrent devant le Square. Ils entrèrent et furent accueillis par Remus qui vint à leur rencontre. Sirius s'apprêta à pester contre le mauvais temps mais Remus l'en empêcha :
- Ne parle pas trop fort, j'ai un peu mal à la tête. Oh là là, vous êtes tout mouillés… Harry, va vite prendre une douche et n'hésite pas à te mettre au lit ensuite avec un bon livre, même s'il n'est que seize heures. Je t'apporterai un chocolat chaud d'ici une demie-heure, si tu veux.
- Je devrais rentrer sous la pluie plus souvent, plaisanta Harry.
Il prit congé de Sirius et Remus et s'éloigna dans le couloir. Lorsqu'il fut suffisamment loin, Sirius se tourna vers son compagnon :
- C'est toi qui ferais mieux de te mettre au lit et de te reposer si tu as la migraine, s'inquiéta-t-il.
Remus secoua la tête.
- Non, ce n'était qu'une excuse. Pour la première fois depuis que je prends la potion Tue-Loup, je ne ressens presque rien à l'approche de la pleine lune.
- Oh, mais c'est super, ça, s'enthousiasma Sirius. Je pensais seulement que tu étais moins agité, comme je te l'ai dit avant ton rendez-vous avec Molly, mais c'est encore mieux si tu ne sens aucun effet habituel de la pleine lune… Mais pourquoi tu n'as pas voulu que je parle trop fort, alors ?
- Parce qu'on a un invité qui est en train de dormir car il était épuisé.
Sirius haussa les sourcils.
- Mais… qu'est-ce que c'est que cette histoire ?!
- Viens, je vais t'expliquer.
Sirius suivit Remus jusqu'au salon où ils s'installèrent.
- Il était une heure et demie quand Draco a débarqué ici par la cheminée.
Sirius écarquilla les yeux.
- Draco ?! Attends, tu veux dire… qu'il est ici ?!
- Oui. Il était très agité. Je lui ai demandé ce qu'il faisait là mais il ne m'a pas répondu. Il s'est mis à faire une crise d'angoisse mais j'ai réussi à le calmer assez facilement. Je suis allé chercher du thé pendant qu'il s'asseyait, je nous ai servis et je lui ai posé des questions afin de savoir ce qui s'était passé. J'ai vite compris qu'il s'était disputé avec Severus et il me l'a confirmé. Mais il n'a pas voulu me dire sur quoi avait porté la dispute. Il a juste insisté sur le fait qu'il ne voulait pas voir Severus et qu'il ne voulait pas retourner à Poudlard. Vu son état d'agitation, j'ai préféré tout faire pour ne pas le contrarier. Je n'ai donc pas essayé de le raisonner et je lui ai juste dit que toi ou moi allions devoir prévenir Severus qu'il était ici. On a discuté, il s'est peu à peu détendu et il est devenu pâle lorsque toute la tension est retombée. Il m'a dit qu'il prenait des potions contre le stress, en ce moment, et qu'il avait fait la fête hier soir. Il était donc déjà un peu éprouvé et sa dispute avec Severus n'a rien arrangé, au contraire. Il avait besoin de repos et je l'ai naturellement installé dans une chambre au deuxième étage. Je crois qu'il s'est endormi avant même que je sois sorti. Il était vraiment fatigué. Ça fait deux heures qu'il dort et je compte le réveiller vers dix-sept heures. C'est pour ça que je t'ai demandé de ne pas parler trop fort.
- Je comprends mieux, murmura Sirius.
Il était un peu déstabilisé par ce que venait de lui dire Remus. Il était aussi un peu dépassé. C'était assez déroutant d'apprendre, à son retour d'une sortie avec son filleul, que le petit-ami de celui-ci avait débarqué pendant son absence alors que ce n'était pas du tout prévu… Du moins, pas pendant ces vacances-là.
- Mais qu'est-ce qui a bien pu provoquer une dispute entre Severus et lui au point que Draco vienne se réfugier ici ?
- Je ne sais pas, mais ce n'était pas une dispute sans importance. Des tas d'ados fuguent parce qu'ils se sont pris la tête avec leurs parents pour quelque chose de très superficiel ou parce qu'ils se sont vus privés de sortie et que ça ne leur plaît pas, et dans ce cas, ce sont des fugues immatures. Mais je suis sûr que ce n'est pas le cas de celle de Draco. Ce n'est pas un adolescent qui fugue parce qu'il ne va pas pouvoir assister à un match de la Ligue alors qu'il voulait à tout prix y aller… La raison de sa dispute avec Severus doit être assez sérieuse.
- Il faut aller voir Severus.
- Ça me paraît obligé, oui. Et je pense que c'est à toi d'y aller. Tu es parrain, comme lui, tu seras le plus à même de comprendre la situation.
- Tu as raison. Je vais y aller. Heureusement que tu es resté là. Sinon il n'y aurait eu personne pour accueillir Draco…
- J'ai eu du flair, s'amusa Remus. Oh, avant que tu partes, pense à dire à Severus que Draco ne m'a pas dit pourquoi ils s'étaient disputés car il ne voulait pas le trahir s'il n'avait pas envie que nous le sachions. Ça lui fera comprendre que Draco l'aime toujours malgré ce qui s'est passé.
- D'accord, je lui dirai.
À peine Sirius eut-il prononcé ces mots qu'une pensée lui traversa l'esprit :
- Mais qu'est-ce qu'on va dire à Harry ? Il va être surpris de découvrir son petit-ami ici…
- Je m'en occupe, assura Remus.
- Oui, ça vaut mieux comme ça. Chacun son domaine, plaisanta Sirius. Toi, tu es doué pour parler aux ados, moi, je suis doué pour parler aux parrains. J'y vais tout de suite, d'ailleurs. Bon courage avec les deux ados.
Sirius embrassa Remus et s'en alla. Il sortit de la maison, transplana et atterrit devant les grilles de Poudlard. Étant professeur, il pouvait entrer dans le domaine sans avoir besoin de Rusard. Il marcha jusqu'au château et une fois à l'intérieur, il se dirigea vers les appartements de Severus. Il y arriva quelques minutes plus tard et frappa à la porte. Severus mit un peu de temps à lui ouvrir. Il sembla surpris de voir l'identité de son visiteur.
- Sirius ? Mais qu'est-ce que tu fais là ? Tu n'es pas censé être au Square ? Il y a un problème ? Tu t'es disputé avec Remus ? Avec Harry ?
- Non, non, rassure-toi, de notre côté, tout va bien.
Sirius vit Severus se détendre un peu.
- Bon, ne reste pas sur le pas de la porte. Viens.
Sirius ne se fit pas prier et emboîta le pas à Severus qui le conduisit jusqu'au salon. Il sentit aussitôt une odeur qui lui fit froncer le nez. Il n'y avait rien sur la table mais en observant plus attentivement Severus, Sirius sut qu'il avait deviné juste. Et cela l'inquiéta. Severus devait vraiment aller mal pour s'être mis à boire. Sirius allait devoir être très prudent pour ne pas le braquer.
- Tu ne crois pas qu'il est un peu tôt pour commencer l'apéro ? demanda-t-il d'un ton détaché.
- Où est-ce que tu vois une bouteille ? répliqua Severus.
- Dans ton placard, peut-être ? Si je l'ouvre, peut-être tomberai-je même sur un verre que tu n'auras pas eu le temps de vider avant de venir m'ouvrir ?
Sirius s'approcha de Severus et recula très vite.
- Super haleine. Je suis sûr que Trelawney a à peu près la même quand elle vient de s'enfiler un litre de Xérès.
- Si tu es venu me faire la morale…
- Non, je suis venu pour essayer d'arranger une situation, rectifia Sirius. Mais je ne pensais pas que c'était à ce point…
- Mais de quoi parles-tu ?
- De ce qui s'est passé avec Draco.
Severus écarquilla les yeux.
- Mais comment…
Une lueur de compréhension traversa soudain son regard.
- Non, ce n'est pas possible… Il n'a pas pu se rendre au Square…
- Si, avoua Sirius. Ce n'est pas moi qui l'ait accueilli mais Remus. J'étais dans Londres avec Harry quand Draco a débarqué au Square. Remus a envoyé Harry à la douche quand nous sommes rentrés car nous étions trempés et il m'a tout expliqué. Sauf qu'il n'avait pas beaucoup d'informations car Draco lui a juste dit qu'il s'était disputé avec toi, qu'il ne voulait pas te voir et qu'il ne voulait pas rentrer à Poudlard. Il n'a pas voulu entrer dans les détails de votre dispute car ça concerne quelque chose que toi seul dois nous dire. Il est en colère contre toi mais il t'aime toujours autant et il ne te trahira pas pour se venger.
Le visage de Severus se décomposa.
- Mais alors pourquoi…
- Il a réagi à chaud, coupa Sirius, devinant la question de Severus. Je le sais même si j'ignore ce qui a provoqué votre dispute. Et c'est ce que j'aimerais te demander. C'est difficile pour Remus et moi d'avoir Draco avec nous et de le garder sans savoir ce qui s'est passé. Il faut qu'on sache pour tenter d'arranger les choses entre vous. Alors pourquoi vous êtes-vous disputés ?
Severus soupira.
- Tu vas peut-être donner raison à Draco quand je vais te le dire…
- Ce n'est pas à nous de juger qui a raison, qui a tort. Ce qu'on veut, nous, c'est comprendre quel est le problème afin d'essayer de le traiter. Alors dis-moi tout.
Severus céda :
- J'ai annoncé à Draco que j'étais en couple. Il a bien pris la nouvelle mais tout a basculé quand je lui ai révélé l'identité de la personne avec qui je sors.
- D'accord, je commence à comprendre. Qui est donc cette personne ?
Severus soutint sans ciller le regard de Sirius et répondit :
- Tonks.
Sirius ouvrit des yeux ronds comme des gallions.
- Pardon ? Tu peux répéter ?
- Je crois que tu as très bien entendu.
- Mais… Vous n'avez rien en commun… Je sais qu'on dit que les contraires s'attirent mais là, c'est presque de l'incompatibilité… Tonks est tellement insouciante, tellement vive, tellement énergique, tellement maladroite, alors que toi, tu es si sérieux, si calme, si réfléchi, si habile… Tu ne peux pas supporter quelqu'un comme Tonks…
- Il faut croire que si. C'est justement tout ce que tu as cité qui m'a attiré chez elle.
- Mais tu ne sors quasiment jamais d'ici ! Comment avez-vous pu vous rapprocher ?
- Elle est venue m'interroger cet été au sujet de Théo que j'avais sauvé et qui résidait illégalement chez les Zabini. J'ai déjà été troublé à ce moment-là, mais j'ai refusé de l'admettre. C'était pareil de son côté, apparemment. J'ai fait de l'humour et c'est ça qui l'a séduite. Elle a découvert un autre Severus Snape que celui qu'elle connaissait. On s'est revus plusieurs fois ensuite, principalement au Ministère où j'ai dû aller à différentes reprises. Je suis devenu de plus en plus troublé et charmé par cette Auror aux cheveux roses qui resplendissait de par sa bonne humeur et son énergie. Mais je n'ai pas voulu m'engager tout de suite avec elle. Je pensais ne pas avoir le droit au bonheur après avoir indirectement tué la femme que j'aimais. Mais tu connais ta cousine, elle est têtue… Et elle sait très bien obtenir ce qu'elle veut. Elle a réussi à me persuader de m'accorder à moi-même une seconde chance. On s'est mis ensemble en tout début d'année. On ne peut pas se voir souvent à cause de nos boulots respectifs et surtout à cause du fait que je doive être en permanence à Poudlard mais on s'y fait. On a trouvé un moyen d'être régulièrement en contact et ça nous suffit pour l'instant. Voilà, tu sais le principal, maintenant. Je tiens juste à t'assurer que je suis sincèrement amoureux de Tonks et que ce n'est pas une histoire sans importance pour moi. Elle sera sûrement mon épouse et la mère de mes futurs enfants. Je ne m'étais jamais vraiment imaginé en avoir mais depuis que je suis avec elle, c'est devenu une possibilité très sérieuse. Mais plus tard, quand notre situation sera davantage stable. Tout ça pour te dire que je suis sincère et que je ne joue pas avec elle et que je ne la quitterai pas du jour au lendemain comme tu pourrais peut-être le croire.
Sirius secoua légèrement la tête.
- Non, je sais que tu n'es pas comme ça. Avant, je l'aurais pensé mais aujourd'hui, je te connais et je ne t'imagine pas jouer avec une femme. Mais je suis un peu choqué d'apprendre que tu as jeté ton dévolu sur Tonks… Et réciproquement.
- Tu la trouves trop jeune pour moi ?
Sirius haussa les épaules.
- Ça m'a surpris au début, parce que tu as l'âge d'avoir un enfant à Poudlard alors que Tonks, elle, a tout le temps d'en avoir, mais je me dis que treize ans d'écart, ce n'est pas grand-chose. Surtout que vous êtes tous les deux adultes. Mais elle a été ton élève et ça, pour le coup, ça fait un peu bizarre. Mais ce qui m'étonne le plus, c'est que vous êtes vraiment très différents. Elle doit bien se ficher de ton passé pour sortir avec toi…
- Tu dis ça parce que je suis un ex Mangemort et elle une Auror ?
- Oui, avoua franchement Sirius. Elle a vraiment dû voir en toi le vrai Severus Snape. Elle ne serait jamais sortie avec quelqu'un si elle le pensait capable de faire des choses monstrueuses.
- Donc ça ne te dérange pas que je sois avec elle ?
- Non, vous faites ce que vous voulez. Le principal, c'est que vous soyez heureux. Il va juste falloir que je m'y fasse. Car vous êtes quand-même deux personnes de mon entourage… Si je veux inviter Tonks dîner à la maison, tu seras de la partie. Tu nous imagines, dîner ensemble ? Avec nos moitiés et les enfants ?
- Je n'avais pas pensé à ça, avoua Severus. Ça va être étrange. Mais on s'y fera. Heureusement que nos rapports se sont améliorés…
- Oui, ce sera peut-être assez simple de s'y habituer, tout compte fait. Ça pourrait même être cool. Mais Draco n'est pas du même avis, apparemment…
Le visage de Severus se referma.
- Il faut bien qu'on en parle, le raisonna Sirius. C'est pour ça que je suis là. Pourquoi a-t-il mal pris ta relation avec Tonks ?
- Parce que c'est sa cousine.
La réponse de Severus rendit Sirius perplexe.
- C'est quoi exactement qui le dérange là-dedans ? Qu'elle n'ait que sept ans de plus que lui ?
- Non, ça, à la rigueur, il s'en fiche. C'est surtout le fait qu'elle soit la nièce de sa mère. Voir Tonks lui fera inévitablement penser à sa famille, et donc à sa mère. Et elle lui manque beaucoup. Il tente de l'oublier et il a l'impression que je lui mets des bâtons dans les roues en sortant avec Tonks… Il n'accepte pas non plus le fait que la mère de Tonks ait trahi sa famille en épousant un né-moldu. Lui qui a quasiment perdu son père et sa mère, considère que la famille, c'est important et qu'il faut la respecter. Il se mettait de plus en plus en colère au fur et à mesure qu'il parlait. Il m'a demandé ce qui m'attirait chez Tonks et je ne veux même pas répéter ce qu'il m'a dit tellement ça m'a choqué venant de lui. Il n'était plus lui-même. J'ai essayé de me justifier, de m'excuser, mais ça n'a servi à rien. J'ai compris qu'il était inutile d'en parler davantage pour aujourd'hui et je suis allé chercher les potions dont il avait besoin. Quand je suis revenu, il n'était plus là. Je ne m'attendais pas à ce qu'il profite que je me sois absenté pour s'enfuir, même si c'était assez prévisible, mais je ne me suis pas inquiété outre-mesure. J'aurais dû. Mais je pensais qu'il était simplement rentré à sa salle commune ou à son dortoir, ou qu'il s'était réfugié n'importe où ailleurs dans le château… Je ne m'imaginais pas qu'il avait emprunté ma cheminée pour se rendre au Square… Enfin, indirectement, puisqu'elle n'est pas reliée à celle du Square…
- Il est passé par la cheminée de ta maison. Il l'a dit à Remus. De toute évidence, il savait comment faire pour aller au Square.
- Il doit se souvenir de cet été. Tu avais utilisé ta cheminée pour venir me parler après avoir reçu la visite de Dumbledore. Merlin, il doit vraiment m'en vouloir pour s'être enfui de Poudlard…
Sirius sentit son coeur se serrer en voyant l'air bouleversé de Severus. Il voulut alors le rassurer :
- Ça va lui passer, il faut juste lui laisser un peu de temps…
- Mais il ne peut pas rester au Square ! Il est censé être à Poudlard ! Il pourrait avoir de gros ennuis si quelqu'un apprenait qu'il a fugué…
- Ne t'en fais pas, on va faire en sorte que la situation soit légale. Tu vas juste aller voir Dumbledore et lui dire que tu as autorisé Draco à passer quelques jours au Square pour qu'il puisse découvrir un peu l'endroit avant d'y passer une partie des vacances d'été. Comme je suis son grand-cousin et que la décision vient de toi, son parrain, je pense que Dumbledore n'y verra aucun inconvénient. Il doit savoir que la situation est quelque peu particulière entre Remus, toi, moi, Harry et Draco… Après, il faut que tu nous fasses assez confiance, à Remus et à moi, pour nous confier Draco jusqu'à ce qu'on revienne à Poudlard.
- La question ne se pose même pas, répondit Severus. Bien sûr, je suis un peu inquiet, car en-dehors de Harry, Draco se retrouve avec des personnes qu'il ne connaît pas beaucoup, mais je sais que vous vous occuperez bien de lui.
- Nous saurons le mettre à l'aise, assura Sirius. D'après ce que m'a dit Remus, ça s'est déjà très bien passé entre Draco et lui. Je lui parlerai vendredi ou samedi de votre dispute, il sera moins énervé et il acceptera de m'écouter. J'essaierai de lui faire comprendre que tu n'as rien fait de mal et qu'il n'a donc aucune raison de t'en vouloir. Mais sans lui faire la morale pour autant. Je ne veux pas qu'il se sente jugé ou grondé.
Severus acquiesça. Il avait l'air un peu plus apaisé.
- Merci. Je serais dans une vraie impasse si Remus et toi n'étiez pas là. Je n'aurais personne pour tenter de raisonner Draco et le pousser à revenir vers moi… Je ne sais même pas où il serait allé.
- Il serait resté à Poudlard, je pense. Il n'aurait pas eu le choix.
Severus hocha distraitement la tête.
- Cette situation me paraît tellement invraisemblable… Il y a six mois, jamais je n'aurais cru que je serais en couple avec Tonks, que ça provoquerait une dispute entre Draco et moi, qu'il s'enfuirait de Poudlard et que je serais rassuré de le savoir en sécurité chez Remus et toi avec son petit-ami… Les choses ont tellement changé que c'en est presque vertigineux. En tout cas, mille mercis à Remus et toi d'accueillir Draco.
- C'est normal, voyons. J'avoue qu'il nous a un peu pris de court mais ce n'est pas plus mal comme ça. Ça va nous permettre, à Remus et à moi, de connaître un peu mieux Draco. Ce sera plus facile ainsi quand il viendra au Square pendant les grandes vacances. Et puis, nous sommes parfaitement capables de nous occuper de deux ados en même temps.
- Oui, surtout s'ils sont toujours fourrés ensemble, ironisa Severus. D'ailleurs, à ce propos, hors de question qu'ils dorment dans le même lit.
- Évidemment, répliqua Sirius en levant les yeux au ciel. De toute façon, Harry n'est pas prêt pour ça.
- Le fait de se retrouver sous le même toit dans un cadre privé pourrait les rapprocher intimement. Ce n'est pas la même chose qu'être ensemble à Poudlard. Les hormones pourraient se réveiller.
- On fera attention, promit Sirius. S'ils ont envie de faire quoi que ce soit, ils devront attendre d'être à Poudlard. Et ce sera chacun dans sa chambre à partir de vingt-deux heures. Mais on ne pourra pas leur interdire d'être dans la même chambre pendant la journée... Ils peuvent très bien en profiter à ce moment-là et insonoriser pour que ça passe inaperçu…
Severus soupira.
- En soi, ce n'est pas un problème s'ils commencent leur activité sexuelle durant ces quelques jours passés au Square, mais je veux juste éviter qu'ils aillent trop vite, qu'ils se rendent compte qu'ils ne sont pas prêts, qu'ils arrêtent tout et qu'ils restent bloqués là-dessus ensuite… Ils ont tous deux eu une relation compliquée avec leur ex et ils ne doivent pas minimiser les répercussions que ça a pu avoir.
- Je pense qu'ils savent ce qu'ils font. Ils n'ont pas besoin de nous pour décider quand ils pourront approfondir leur relation.
- Tu as raison. Dans ce cas, laissons-les faire ce qu'ils veulent durant la journée.
- Ça me va, approuva Sirius. Bien, on a défini les limites pour les ados, on va à présent définir les tiennes.
Severus fronça les sourcils.
- Comment ça ?
- Quatre heures de l'après-midi, c'est beaucoup trop tôt pour commencer l'apéro. Surtout tout seul. Tu es médicomage, tu devrais être raisonnable à ce sujet. Si tu n'étais pas aussi inquiet lorsque tu as constaté que Draco était parti, pourquoi t'es-tu mis à boire ?
- Le fait que je ne me sois pas inquiété ne signifie pas que cette dispute ne m'a rien fait. C'est même tout le contraire. J'étais complètement dévasté. Et c'est peut-être pour ça que je n'ai pas pensé à me faire du souci. J'étais trop effondré pour ça. Car je venais de me disputer avec Draco, une nouvelle fois. Alors qu'on avait retrouvé une super relation.
- Mais ça n'a rien à voir, dit doucement Sirius. Que vous vous entendiez bien ou non, cette dispute, vous l'auriez eue. En plus, là, tu n'as rien à te reprocher. Tu es juste en couple avec une femme que tu aimes et Draco n'accepte pas ta relation car il ne veut pas de cette femme dans votre famille. Tu découvres simplement les joies de l'adolescence. Car même si c'est un certain traumatisme qui est en partie responsable de son comportement, Draco a aussi et surtout réagi comme un adolescent. Il pense que, juste parce qu'il n'est pas d'accord, tu dois renoncer à ta relation avec Tonks. Tu ne dois pas oublier qu'il a toujours eu ce qu'il voulait. Mais quand je lui parlerai, il suffira que j'évoque ton bonheur pour qu'il s'en veuille d'avoir réagi ainsi. Il t'aime et il refusera que tu t'empêches d'être heureux à cause de lui. Tout ira mieux quand il comprendra qu'il ne doit pas rejeter Tonks pour de mauvaises raisons. Car c'est ça, la base du conflit. Il te reproche de sortir avec Tonks car il a peur qu'elle lui fasse penser à sa mère quand il la verra. Mais il a réagi à chaud et il y a plein de choses qu'il n'a pas prises en compte sous l'effet de la colère. Et ce sont ces choses que je vais lui exposer. Je vais tout faire pour le raisonner.
- Je te fais confiance pour ça, déclara Severus. Mais ce que je te demande en priorité, c'est de bien t'occuper de lui.
- Promis, jura Sirius. Et moi, je te demande de te tenir loin de toute bouteille d'alcool et de rester à l'eau et au jus de citrouille.
- Ne t'en fais pas, je n'avais pas l'intention de m'y remettre, sourit Severus. Je vais cependant être honnête : si tu n'étais pas venu, j'aurais enchaîné les verres jusqu'à ce soir. Mais cette discussion m'a fait du bien et je me sens bien mieux que lorsque j'étais seul avec ma bouteille et mon verre qui n'avaient pas beaucoup de conversation.
- Ça t'arrive souvent de te laisser aller comme ça ?
- Non, mais d'habitude c'est différent, quand j'ai un coup de blues, je sors et je vais me changer les idées dans des bars que je connais bien. Mais je reste raisonnable car il faut bien que je rentre. Et je n'ai pas très envie de me désartibuler en transplanant… Là, c'est juste que j'étais déjà à bout et que la dispute avec Draco a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. J'ai trop tiré sur la corde et il a suffi d'un coup de massue pour que je craque.
- Tu reconnais enfin que tu as trop de travail ? Que tu n'arrives plus à t'en sortir ?
- Oui, admit Severus. Je m'investis trop, en fait. Surtout auprès de mes patients. Et dire que je dois prendre Théo en thérapie…
- Non, ça ne va pas être possible, tu es déjà en train de faire un burn-out !
- Mais je n'ai pas encore de consœur et Théo a besoin d'une thérapie en urgence ! De toute façon, même si j'avais une collègue, je ne lui aurais pas laissé Théo. Il a besoin de quelqu'un qui connaisse toute son histoire. Il partirait de zéro avec une autre psychomage et ça ferait perdre du temps. Avec moi, on attaquerait directement le problème, ce qu'il ne pourrait pas faire avec quelqu'un d'autre puisqu'il devrait tout lui raconter…
- Dans ce cas, il faut que tu arrêtes les cours jusqu'à ce que Dumbledore te trouve une collègue.
- Je ne veux pas abandonner les cinquième année, protesta Severus.
- Bon, si tu veux, concéda Sirius. Mais tu ne gardes que cette classe-là, alors.
- Il faut que j'en parle à Dumbledore. Mais c'est sûr qu'avec dix heures de cours en moins, je serais déjà un peu plus libre… Je pense aussi réduire la fréquence des séances de Miss Chang et de Miss Johnson à une par semaine. La thérapie touche à sa fin pour elles.
- Super, ça prouve que ça a fait effet. Et ça te libérera environ trois heures. C'est toujours ça de pris. Je compte sur toi pour faire tous ces aménagements. Parle-en vite à Dumbledore pour les cours. Et il faudra peut-être aussi prévenir les amis de Draco pour qu'ils ne s'inquiètent pas de son absence…
- Je ferai tout ça demain, mais je ne convoquerai que Théo. Je l'inciterai à commencer la thérapie au plus vite et je l'informerai que Draco est au Square et qu'il reviendra en même temps que Harry. Je lui demanderai de passer le message à ses amis.
- D'accord, je te laisse t'organiser comme tu sais si bien le faire. Bon, je vais rentrer, je ne veux pas que Remus soit seul trop longtemps avec Harry et Draco. À deux jours de la pleine lune, il pourrait vite se fatiguer. Mais ça va aller, toi ?
- Oui, ne t'inquiète pas pour moi, tout ira bien. Va retrouver ta petite famille et mon filleul. Oh, j'y pense, il ne doit avoir rien emporté avec lui en partant d'ici… Je demanderai à Théo de préparer un sac d'affaires pour Draco et un elfe viendra les apporter au Square.
- Bien, je le lui dirai.
- Merci. Prends bien soin de lui.
Sirius acquiesça et s'en alla à contrecoeur après avoir souhaité une bonne fin de journée à Severus et lui avoir fait promettre d'être sage. Il quitta Poudlard, se rendit aux grilles et transplana.
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Pendant ce temps, POV Harry
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Après avoir pris une bonne douche, Harry se rendit au salon. Remus lui avait conseillé de se mettre au lit avec un bon livre mais il n'en avait pas envie. Il s'était déjà bien réchauffé. Il espérait tout de même avoir le chocolat chaud que lui avait promis Remus. Il adorait ceux de Sirius mais il adorait aussi ceux de Remus. Lorsqu'il arriva dans le salon, il vit ce dernier assis à table en train de lire la Gazette. Il entendit Harry et leva la tête vers lui.
- La douche t'a fait du bien ?
- Oui, c'était exactement ce qu'il me fallait. Ça a suffi à me réchauffer. Pas besoin de me mettre au lit, du coup. Par contre, je veux bien un chocolat chaud.
- Je te l'apporte tout de suite, dit Remus en souriant.
Il se leva et quitta le salon. Il revint une minute plus tard avec un pichet et une tasse. Il servit Harry et se rassit à sa place. Harry commença à boire et fut vite intrigué par l'absence de son parrain.
- Où est Sirius ?
- Je l'ai mis à la porte pour t'avoir emmené dehors malgré mes recommandations.
Harry pouffa dans sa tasse.
- Viré de sa propre maison… Il a dû apprécier !
- Ne jamais se lier à un loup-garou, ils se croient tout permis, s'amusa Remus. Non, en vrai, il s'est rendu à Poudlard.
- À Poudlard ? Mais… pourquoi ? Il y a eu une urgence avec un élève de Serdaigle ?
- Non, plutôt avec un élève de Serpentard.
Harry fronça les sourcils.
- Je ne comprends pas.
- Je vais t'expliquer. Pendant que Sirius et toi étiez dans Londres, Draco a débarqué ici par voie de cheminée. Il s'est disputé avec Severus et il s'est instinctivement réfugié ici. Il ne m'a pas dit ce qui avait provoqué ce conflit mais ça a l'air assez sérieux. Comme il n'allait pas très bien, je l'ai mis au lit dans une chambre du deuxième étage. Il se repose et je compte le réveiller vers dix-sept heures. C'est pour ça que j'ai demandé à Sirius de ne pas parler trop fort quand vous êtes rentrés. Et je t'ai aussitôt envoyé à la douche pour pouvoir discuter avec Sirius. Je ne savais pas si ce serait suffisant alors je t'ai fortement recommandé d'aller dans ta chambre après la douche mais je n'ai pas voulu te l'ordonner, alors je me doutais bien que tu reviendrais au salon. Heureusement, Sirius est parti il y a quelques minutes. Ne m'en veux pas de t'avoir tenu à l'écart au début, mais je souhaitais vraiment en parler d'abord avec Sirius.
- Je comprends, assura Harry. Mais quand tu dis que Draco ne va pas bien, tu voulais dire quoi par-là ? Il s'est gavé de potions ? Il a bu ? Il a fait un malaise à cause des émotions qu'il a eues ?
- Non, rassure-toi, il n'a pas bu et il n'a pas pris de potions. C'est juste qu'il prend un traitement en ce moment, qu'il a fait la fête hier soir, qu'il a eu de fortes émotions comme tu l'as suggéré et tout ça ne fait pas bon ménage. Mais ça ira beaucoup mieux quand il se lèvera.
Harry acquiesça, soulagé. Il était cependant envahi par un tas de sentiments. La joie de savoir Draco au Square, l'inquiétude concernant sa dispute avec son parrain, la frustration de devoir attendre pour le voir… Il était seize heures trente et Remus voulait réveiller Draco à dix-sept heures. Plus qu'une demie-heure à patienter. Il repensa à Sirius et demanda :
- Et qu'est-ce que Sirius est allé faire à Poudlard ?
- Discuter avec Severus.
Harry se tendit, ce que remarqua Remus qui s'empressa de l'apaiser :
- Non, pas «discuter» dans le sens où il veut régler ses comptes avec Severus, ils n'en sont plus là... Sirius veut juste comprendre ce qui s'est passé afin d'essayer d'arranger la situation entre Severus et Draco. Il fallait de toute façon que Sirius ou moi allions voir Severus pour lui dire que Draco est au Square. Mais la question, c'est surtout de savoir si on peut et si on doit le garder ici jusqu'à ce que nous rentrions à Poudlard. Car il n'a pas vraiment le droit d'être ici. Il faut donc régulariser ça et il faut aussi qu'on sache s'il vaut mieux que Draco reste ici ou s'il doit retourner à Poudlard. Ça dépend de la situation entre Severus et lui. C'est pour tout ça que Sirius est allé le voir.
- D'accord, je comprends mieux. J'espère qu'il n'y a rien de trop grave entre Draco et son parrain…
- On en saura plus quand Sirius sera de retour. Enfin, je pense qu'il nous en parlera plutôt demain, car Draco sera sûrement levé quand Sirius reviendra. Mais Draco se confiera peut-être à toi d'ici là. En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'on sera dans le flou tant que Sirius ne sera pas là. Mais quelque chose me dit qu'il va rester un moment avec Severus.
- Tu sens un retour vers quelle heure ? Sous quel temps ? Sous quelles températures ? Est-ce que le vent sera orienté au nord ? Au sud ?
Remus adressa un regard faussement courroucé à Harry.
- Dis donc, jeune homme, ce n'est pas parce que ton parrain n'est pas là que tu peux te permettre de te moquer de moi ! Qu'est-ce donc que ces manières ? Ah les jeunes, j'vous jure, aucun respect…
Harry sourit et termina de boire son chocolat chaud. Au bout de vingt minutes, Remus décida d'aller réveiller Draco. Harry se retourna sur sa chaise afin de guetter l'entrée du salon. Il voulait voir son petit-ami arriver. Son coeur battait un peu plus vite à l'idée d'être face à lui. Ils étaient censés ne pas se voir avant le retour de Harry à Poudlard et voilà que Draco se trouvait au Square… Harry avait hâte de croiser son regard, de se précipiter vers lui et de le serrer dans ses bras… Il tendit l'oreille et perçut bientôt les voix de Remus et de Draco. Quelques secondes plus tard, ils pénétrèrent dans le salon. Le regard de Draco se posa presque aussitôt sur Harry et celui-ci se sentit fondre lorsque son petit-ami lui sourit. Il n'y tint plus, se leva et alla se jeter dans les bras du blond. Ils s'embrassèrent et s'étreignirent longuement, faisant passer tout l'amour qu'ils éprouvaient l'un envers l'autre. Ils finirent par se séparer lorsqu'ils se souvinrent qu'ils n'étaient pas seuls. Ils adressèrent un sourire d'excuse à Remus qui les regardait d'un air indulgent et amusé. Harry rougit et reporta son attention sur Draco.
- Je suis content de te voir, dit-il, ému. Tu te sens mieux ? Tu t'es bien reposé ?
- Oui, je me suis endormi dès que ma tête a touché l'oreiller et j'ai bien récupéré. J'ai dormi d'une traite. J'étais juste un peu désorienté au réveil. Je ne savais plus où j'étais. Mais le professeur Lupin est entré peu de temps après et je me suis souvenu de tout.
- Oh, tu t'es réveillé tout seul, alors.
- Bien sûr, qu'est-ce que tu crois ? Je ne suis plus un enfant, se vanta faussement Draco. Non mais c'est une bonne chose que le professeur Lupin soit venu, sinon je me serais rendormi alors que j'ai déjà assez dormi comme ça. Et ça m'a fait du bien. Mais je me sens encore mieux depuis que je te vois.
Harry rougit de nouveau mais ne put détacher son regard de celui de Draco qui l'observait avec une telle intensité et avec tant d'amour qu'il en fut bouleversé. Merlin qu'il aimait ce garçon…
- Bon, il reste deux heures avant le dîner, vous avez quartiers libres. Tu peux faire visiter le Square à Draco, Harry.
- Oh oui, bonne idée ! Viens, Draco.
Harry attrapa la main de son petit-ami et l'entraîna avec lui hors du salon. Il l'emmena tout d'abord à la cuisine qui était la pièce la plus proche du salon.
- Ouah, c'est plutôt spacieux, commenta Draco. En même temps, le Square a l'air d'être une grande maison…
- Oui, il y a cinq étages et un grenier.
- Ta chambre est située où ?
- Au premier étage.
- Oh, un étage nous sépare…
- C'est sûrement voulu. Je te ferai visiter ma chambre, si tu veux. Mais je te préviens : c'est le bazar.
- Je pense pouvoir le supporter, plaisanta Draco.
- Tu es sûr, toi qui es si ordonné ?
- Mais oui, et puis j'adore ton côté fouillis. Ça te rend encore plus mignon.
Les joues de Harry s'empourprèrent une fois de plus. Il marmonna quelque chose qui ressemblait à «mignonetpuisquoiencore» et sortit de la cuisine avec Draco. Il lui montra toutes les pièces du rez-de-chaussée, puis ils montèrent au premier étage. Ils arrivèrent vite à la chambre de Harry qui fut un peu nerveux. Il n'avait encore jamais emmené un petit-ami dans sa chambre. À Poudlard, lorsqu'il était avec Adrian, ils n'allaient que dans le dortoir de celui-ci. Et il n'avait jamais fait entrer Olivier ou Cédric dans le sien. Draco et Théo y avaient déjà pénétré une fois mais Harry ne s'en souvenait pas puisqu'il était inconscient à ce moment-là. Il se dit néanmoins que c'était normal de montrer sa chambre à son petit-ami. Ils allaient bien finir par se retrouver dans le dortoir de l'un ou de l'autre à Poudlard, de toute façon… Mais Harry n'était pas prêt pour l'instant. Cela l'intimidait de créer une certaine intimité avec Draco. Il en avait pourtant envie mais ils revenaient de tellement loin que cela lui faisait bizarre de se dire qu'il allait être de plus en plus intime avec Draco. Il voulait cependant aller un peu plus loin avec lui, il se sentait prêt pour ça, mais pas dans un dortoir. C'était sûrement la chose qui le bloquait le plus à l'heure actuelle.
- Harry ? Ça va ?
Harry sortit brusquement de sa rêverie et se rendit compte qu'il était devant la porte de sa chambre et que cela devait faire plusieurs minutes qu'il était là avec Draco. Il se tourna vers son petit-ami et lui sourit.
- Oui, excuse-moi, j'étais perdu dans mes pensées…
Afin d'éviter toute question gênante, Harry s'empressa d'ouvrir sa porte. Il entra dans sa chambre et invita Draco à faire de même. Il grimaça en voyant le désordre qui y régnait tandis que Draco, lui, parut charmé.
- C'est trop chou de voir à quel point tu te sens à l'aise ici… Je suis sûr que même à Poudlard, ton dortoir est un peu mieux rangé.
- C'est possible, admit Harry.
Il était soulagé de constater que Draco n'était pas incommodé par le véritable capharnaüm qu'était sa chambre. Alors qu'il s'assurait qu'il n'y avait pas un caleçon ou des chaussettes qui traînaient par terre, il sentit un corps se presser contre son dos et des bras entourer sa taille. Il ferma les yeux de bonheur. Ses muscles se détendirent d'un coup tandis qu'il se laissait aller contre le torse de Draco. Il n'avait pas conscience qu'il avait désespérément besoin de ça. À savoir la présence de Draco, la tendresse de Draco, l'odeur de Draco, le souffle de Draco, la voix de Draco, l'amour de Draco… Il avait besoin de Draco et il était là. Son coeur déborda de joie à cette pensée. Ils allaient passer trois jours ensemble au Square. C'était juste… incroyable. Il n'avait pas les mots pour dire à quel point il était heureux. À peine venait-il de songer cela que les lèvres de Draco se posèrent dans son cou. Il frissonna et ne put retenir un soupir tremblotant. Bon sang, il ne s'en était pas aperçu mais il devait vraiment être en manque de gestes amoureux pour être aussi réceptif…
- On continue ? murmura Draco.
Cette question fit naître en Harry une douce chaleur qui s'insinua en lui et s'accumula dans son bas-ventre ainsi que sur ses joues. Il ne savait pas quoi répondre. Draco était-il sérieux ? Que souhaitait-il faire exactement ?
- Enfin, c'est comme tu veux. On peut rester ici et reprendre la visite plus tard.
Harry se sentit soudain idiot en comprenant que Draco parlait de la visite du Square et non d'autre chose. Il eut même honte d'avoir cru que Draco voulait passer un moment intime avec lui. Il venait tout juste d'arriver, par Merlin ! Et ce n'était pas parce qu'ils étaient seuls dans une chambre qu'ils devaient forcément se sauter dessus ! Maudites hormones… Mieux valait sortir de cette chambre et vite. Il se retourna dans les bras de Draco et déposa un baiser sur ses lèvres.
- Non, je préfère te faire visiter toute la maison aujourd'hui. Ce serait bête que tu te perdes en pleine nuit en voulant aller aux toilettes…
- Un Malfoy ne va jamais aux toilettes en pleine nuit, répliqua Draco avec hauteur.
- Ben voyons, ironisa Harry. Tu n'y vas jamais, même après avoir fait la fête ? Tu ne t'es pas levé, cette nuit, peut-être ?
Draco regarda Harry avec un air choqué. Il avait apparemment compris que Remus lui avait dit qu'il avait participé à une fête la veille au soir. Harry s'empressa alors de prendre la défense de Remus :
- Il a bien fallu que Remus m'explique pourquoi tu te reposais à quatre heures de l'après-midi. Mais ne t'en fais pas, il ne l'aurait pas dit à n'importe qui. Juste à Sirius et à moi. C'était nécessaire. S'il y a trois personnes qui ne te jugeront pas, c'est bien nous.
C'étaient visiblement les mots que Draco avait besoin d'entendre car il se détendit aussitôt.
- C'est vrai, le professeur Lupin ne m'a pas du tout jugé. Il n'a pas essayé de me forcer à dire ce que je ne voulais pas dire. Il se contentait de m'écouter et de me rassurer sans jamais me contredire ou s'opposer à ce que je disais. Quand j'ai dit que je ne voulais pas retourner à Poudlard aujourd'hui, il a dit ok. Quand j'ai dit que je ne voulais pas que Severus vienne, il a dit ok. Quand j'ai dit que je ne voulais pas dévoiler la raison de ma dispute avec Severus, il a dit ok. Il m'a accueilli, il m'a servi un thé et il m'a installé dans une chambre. Comme si tout était parfaitement normal. J'ignore ce à quoi je m'attendais en venant ici puisque je n'ai pas réfléchi, mais j'ai été surpris.
- Tu devais savoir au fond de toi que tu serais bien accueilli ici, supposa doucement Harry. On fera tout pour rendre ton séjour agréable.
- Je ne veux pas m'incruster… J'ai vraiment débarqué ici sur un coup de tête, je n'ai rien préparé, et maintenant que j'ai les idées un peu plus claires, je me sens gêné…
- Je comprends, j'ai déjà vécu ta situation mais crois-moi, tu n'as pas à t'en faire. Tu es le bienvenu. Sirius et Remus t'aiment beaucoup. Ils n'oublieront jamais tout ce que tu as fait pour moi, ils savent qu'on s'aime et ils sont bien conscients que ça va durer entre nous. Tu fais déjà partie de la famille.
L'émotion se lut dans les yeux de Draco. Il hocha la tête et posa tendrement ses lèvres sur celles de Harry. Ils échangèrent un baiser assez bref, puis ils se sourirent et quittèrent la chambre, main dans la main. Ils visitèrent le reste du premier étage et montèrent ensuite à l'étage suivant. Harry montra les toilettes à Draco ainsi que la salle de bain.
- Il y en a à chaque étage ? s'étonna-t-il.
- Oui, il y en a partout sauf au rez-de-chaussée. C'est pratique quand il y a plein de monde ici. Tu as dû remarquer qu'il y avait trois à quatre chambres par étage.
- Oui, on pourrait presque inviter toute la promo…
Harry éclata de rire.
- Eh bah voilà, on n'a qu'à organiser notre fête ici ! Bon, le seul inconvénient, c'est qu'on ne pourra pas faire apparaître tout ce qu'on voudra. Mais il y aura des lits pour tout le monde et on aura de la nourriture à disposition. Ce sera beaucoup mieux que dans la salle sur demande. Je plaisante, bien sûr. Mais ça aurait été bien.
- Ouais, sauf qu'il aurait fallu trouver un moyen de transport… C'est très pénible que la cheminée du Square ne soit reliée à aucune autre cheminée de Poudlard !
Harry rit de nouveau.
- Tu dis ça parce que tu as dû emprunter deux cheminées pour venir ici ! Et ce n'est pas Remus qui me l'a dit. Je me souviens juste de l'été dernier où Sirius s'est servi de la cheminée du Square pour aller voir ton parrain. Mais rassure-toi, les démarches vont être lancées pour que la cheminée d'ici soit reliée à plusieurs cheminées de Poudlard.
- Tant mieux. On va voir ma chambre ?
Harry acquiesça et les deux amoureux sortirent de la salle de bain. Cette fois, ce fut Draco qui mena Harry à sa chambre.
- Elles sont toutes pareilles, je crois, songea Draco.
- Il y en a qui sont plus grandes ou plus petites que d'autres mais sinon, l'agencement est le même, oui. Il y a une armoire, un bureau, un lit, une commode, une table de nuit, une poubelle, un pouf… Il y a tout pour se sentir à l'aise. Je ne pense pas que c'était comme ça, avant. Remus s'est installé au Square il y a un peu plus de quinze mois et Sirius et lui ont changé plein de choses jusqu'à mon arrivée. Ils ont remis la maison en état et ils ont sûrement rendu les chambres plus accueillantes.
- C'est réussi, alors. J'ai de suite adoré cette chambre.
- Content que tu te sentes bien ici, dit sincèrement Harry. Bon, c'est juste un peu vide, par contre.
- Je n'ai rien pris avec moi en m'enfuyant de Poudlard. Je n'en ai pas vraiment eu le temps.
- J'en parlerai à Sirius, si tu veux. Ou si tu préfères le faire…
- Oui, ce serait mieux que ce soit moi qui le fasse.
- D'accord, je te laisse faire. Allez, poursuivons la visite.
Harry et Draco sortirent de la chambre et firent le tour des pièces du deuxième étage. Ils montèrent ensuite aux étages suivants qu'ils visitèrent entièrement puis ils redescendirent au rez-de-chaussée. Ils avaient toujours leurs doigts entremêlés et ce fut ainsi qu'ils arrivèrent au salon. Ils s'aperçurent que Sirius était rentré et il n'en fallut pas plus à Draco pour lâcher la main de Harry. Ce dernier leva les yeux au ciel. Mais il ne put s'empêcher de trouver cela drôle et mignon.
- Bonjour, Draco ! lança joyeusement Sirius. J'ai une bonne nouvelle pour toi : tu ne seras pas à la rue ce soir. Tu as le droit de rester ici. Tout est arrangé. Ton parrain a donné son accord pour que tu passes quelques jours ici, sous la responsabilité de ton grand-cousin afin que tu t'habitues un peu au Square avant d'y passer une ou deux semaines durant les grandes vacances. Dumbledore n'est pas encore au courant mais présenté comme ça, il n'aura rien à en redire. Est-ce que ça te va ?
- Euh… oui, merci, répondit timidement Draco. Mais je ne voudrais pas vous…
- Ah non, si je t'entends t'excuser ou dire que tu ne veux pas déranger, tu feras trois fois le tour du Square à cloche-pied.
Draco devint rouge comme une pivoine. Sirius avait trouvé les bons mots pour lui faire comprendre qu'il était chez lui. Harry tourna la tête vers son parrain qui lui fit un clin d'œil. Harry le lui rendit et tous deux se sourirent d'un air complice.
- Bon, à table tout le monde ! s'exclama Remus.
Sirius, Harry et Draco ne se firent pas prier et tous s'assirent à table. Remus s'éclipsa et revint peu de temps après avec le plat. Il servit tout le monde puis ils commencèrent à manger. Sirius ne tarda pas à briser le silence qui s'était brièvement installé :
- Tu vas voir, Draco, en passant quelques jours ici, tu vas découvrir ce que c'est de bien manger ! Je ne dis pas que tu n'as eu que de mauvais exemples depuis ta naissance, mais tu dois être habitué à la nourriture de Poudlard et il faut dire qu'elle n'est pas très équilibrée…
- Ça, c'est sûr, grimaça Draco. Quand j'étais au Manoir chez mes parents, c'était un elfe qui faisait la cuisine et… Ouais, non, mieux vaut ne pas aller sur ce terrain-là.
- Pourquoi ? s'étonna Sirius.
Harry et Draco se regardèrent.
- Dobby, dit simplement Harry.
- Ah, oui… Harry nous en a un peu parlé, apprit Sirius à Draco. Mais tu n'y es pour rien, tu sais. Et puis, le principal, c'est qu'il soit heureux dans les cuisines de Poudlard, maintenant.
- C'est vrai. Toujours est-il qu'il préparait des repas plus équilibrés au Manoir qu'à Poudlard. Chez Sev… Non, mieux vaut éviter ce sujet aussi.
Un silence beaucoup plus gênant que le précédent suivit les mots de Draco. Ce fut une nouvelle fois Sirius qui le brisa en s'adressant à Draco :
- Personne ne te parlera ni aujourd'hui, ni demain de ce qui s'est passé entre Severus et toi. Je suis allé le voir, on a discuté, je sais ce qui a provoqué votre dispute mais je préfère attendre avant d'en parler avec toi. Tu peux te confier à l'un d'entre nous si tu le désires mais personne ne t'y forcera. Jusqu'à samedi, oublie tout et essaie de profiter au maximum des quelques jours que tu vas passer ici.
Draco acquiesça, l'air beaucoup plus détendu, et offrit un petit sourire à Sirius.
- Et pendant qu'on y est, en ce qui nous concerne, Remus et moi, évite de nous appeler «professeur» ici. Ça n'aurait aucun sens. Et je serais toi, je me plierais vite à cette demande. Je pense que Harry sera d'accord avec moi.
Harry se tourna vers Draco :
- Oui, n'essaie pas de leur tenir tête là-dessus. Ça ne sert à rien, tu ne gagneras pas avec eux. L'été dernier, je m'obstinais à appeler Remus «professeur» alors qu'ils m'exhortaient à l'appeler par son prénom. Un beau jour, je suis allé voir Sirius dans le salon et je lui ai demandé s'il savait où était le professeur Lupin. Sirius m'a dit qu'il n'était pas au Square. Remus est pourtant entré dans le salon quelques minutes plus tard. Ça tombait bien car j'avais besoin de lui. Il est allé chercher un truc sur le buffet et je l'ai rejoint. Je l'ai appelé une fois, deux fois, trois fois, mais il ne m'a pas répondu. Il a fini par se retourner et il a paru surpris de me voir, comme si ça ne faisait pas cinq minutes que je tentais d'attirer son attention. J'étais interloqué et j'ai vraiment commencé à m'inquiéter quand il a fait mine de ne pas comprendre que je m'adressais à lui alors que je l'appelais «professeur» comme je l'avais toujours fait. J'ai regardé Sirius et en le voyant se retenir de rire, j'ai compris que c'était une mascarade qu'ils avaient préparée comme les deux gamins qu'ils étaient. Après ça, je n'ai plus jamais appelé Remus «professeur» durant le reste des vacances. Ouais, c'est ça, fends-toi la poire, tu verras quand ils te feront la même chose !
La menace de Harry ne fit qu'accentuer l'hilarité de Draco.
- Aucune chance, je ne ferai pas la même erreur que toi ! rit-il. Je n'ai pas du tout envie de me faire piéger comme ça et d'être le dindon de la farce.
- Ça te ferait pourtant les pieds, bougonna Harry.
- Roh, c'est bon, avoue qu'elle est drôle, ton anecdote... Tu ne vas pas m'en vouloir d'avoir rigolé ? Tu ne vas pas me faire la tête alors que j'ai besoin de joie et de bonne humeur ?
Harry ne put rien contre cet argument. Il grogna pour la forme et déposa un baiser sur les lèvres de Draco en guise de paix.
- T'es bien un Serpentard, grommela-t-il.
- Il va falloir t'y faire, Harry, s'amusa Remus. Bon, je vais chercher le dessert.
Remus se leva et quitta de nouveau le salon. Il revint vite avec le dessert. Le repas se termina dans une ambiance bon enfant et ce fut avec le sourire aux lèvres que les deux adolescents montèrent à la chambre de Harry.
- J'ai le droit de rester ici jusqu'à vingt-deux heures, rappela Draco.
Lors du dessert, Sirius et Remus avaient effectivement instauré quelques règles qui convenaient tout à fait à Harry.
- Oui, ça nous fait un peu plus de deux heures à passer ensemble.
Draco acquiesça et attira doucement Harry à lui. Leurs lèvres s'unirent et ils s'embrassèrent un long moment avec beaucoup d'amour et de tendresse. Ce fut Draco qui finit par rompre le baiser.
- Je t'aime, murmura-t-il.
- Je t'aime aussi, répondit Harry. Je suis content que tu sois là. On s'assoit ?
- Je vais prendre le pouf, si tu veux bien. Si je viens sur ton lit, je vais m'endormir.
- Tu es fatigué ?
- Un peu, oui. J'ai un traitement contre le stress, en ce moment, qui me fait somnoler. La fête d'hier soir et les fortes émotions d'aujourd'hui n'ont rien arrangé.
- Oh, je vois. Mais j'ai envie d'être dans tes bras…
Draco sourit.
- Bon, d'accord, mais je compte sur toi pour me tenir éveillé.
- Promis !
Draco se déchaussa, s'installa sur le lit et ouvrit ses bras dans lesquels Harry vint se loger. Un même soupir de bien-être leur échappa.
- C'est bien mieux que le sol de la salle sur demande, plaisanta Draco.
- Parfaitement d'accord, renchérit Harry sur le même ton. En vrai, c'est de ma faute s'il n'y a jamais de lit dans la salle sur demande. Ça me ferait trop penser à ce qui s'est passé avec Adrian, même si c'était dans son dortoir et pas dans la salle sur demande. Ça reste malgré tout un lit. Ici, ce n'est pas pareil. Je suis au Square, pas à Poudlard. Il n'y a pas le souvenir d'Adrian. Mais je ne suis pas prêt pour autant à faire quoi que ce soit sur ce lit. Ni même à dormir avec toi si on avait le droit.
- Je comprends, dit doucement Draco. On ne fera rien ici et pour ce qui est de la salle sur demande, on se contentera d'un canapé aussi longtemps qu'il le faudra.
Harry acquiesça, rassuré par ces mots. Draco lui demanda ce qu'il avait fait depuis son arrivée au Square et cela les amena à se raconter leurs quatre jours de vacances passés loin l'un de l'autre. Ils enchaînèrent ensuite sur leurs meilleurs souvenirs de vacances et ils parlèrent ainsi pendant près de deux heures.
- Même si ça ne fait que quatre jours que je suis ici, mes meilleures vacances, ça reste celles-là. Je ne m'étais jamais senti aussi bien. Ça n'a rien à voir avec l'été que j'ai passé au Square. Je suis bien mieux dans mon corps et dans ma tête.
- Ça se voit, affirma Draco. Quand je t'ai vu en entrant dans le salon, j'ai tout de suite remarqué que tu avais l'air heureux et reposé. Tu n'avais pas cette tension que tu as en permanence à Poudlard. Et ça fait plaisir à voir. Mais c'est normal que tu te sentes bien ici. Tu es avec deux super adultes.
La voix de Draco se cassa légèrement sur ces mots. Le coeur de Harry se serra. Il ne voulait pas voir son petit-ami triste. Il ne saurait pas quoi faire pour le consoler. Il cherchait un moyen de remonter le moral de Draco quand celui-ci se redressa brusquement.
- Il est bientôt vingt-deux heures, il faut que j'y aille.
Harry fronça les sourcils. Ils avaient encore vingt minutes devant eux. Et Draco avait juste un étage à monter. Harry comprit vite que Draco était sur le point de craquer et qu'il souhaitait le faire seul, dans son lit, avec juste son oreiller comme doudou et comme témoin. Harry refusa cette idée. Même s'il ignorait comment réconforter son petit-ami, il ne le laisserait pas pleurer seul dans son coin. Il allait le soutenir et lui offrir son écoute, ses caresses et ses mots rassurants. Mais, pour cela, il devait le retenir. Il l'attrapa donc doucement par le poignet.
- Non, attends, tu peux encore rester un peu… Il est vingt-et-une heures quarante, ce serait bête de passer à côté de vingt minutes…
- Ça vaut pourtant mieux comme ça, dit Draco en se libérant de la prise de Harry. Non pas que j'en aie envie, je voudrais au contraire profiter de ces vingt minutes avec toi, mais… c'est mieux ainsi.
Draco tourna le dos à Harry et se pencha pour récupérer ses baskets.
- Donc je dois me résigner à te laisser aller pleurer toutes les larmes de ton corps dans ta chambre à l'étage d'au-dessus ? lâcha Harry.
Draco, qui s'activait à mettre ses chaussures, s'immobilisa. Harry sut qu'il avait eu raison d'y aller franco. Il se rapprocha de Draco et se glissa dans son dos.
- Draco, je ne veux pas que tu t'isoles pour craquer, même si je comprends que tu veuilles me tenir à l'écart de tes problèmes. Mais à quoi je sers si je ne peux pas être à tes côtés quand tu ne vas pas bien ? Je ne suis pas là uniquement pour les bons moments. Je suis là aussi pour les mauvais, sinon je ne mériterais pas d'être ton petit-ami. Nous sommes un couple, Draco. Et un couple, c'est censé être soudé. Je ne te demande pas de tout me raconter, tu peux juste pleurer dans mes bras. Mais si tu as besoin de parler, je suis là pour t'écouter. Je n'attends que ça.
Les épaules de Draco s'affaissèrent. Harry entendit une de ses chaussures tomber par terre. L'instant d'après, sans qu'il n'ait eu le temps de comprendre ce qu'il se passait, il se retrouva avec un Draco en pleurs contre lui. Il réagit cependant vite et se mit à faire des cercles dans son dos.
- Je n'ai plus personne, sanglota Draco. Mon père est à Azkaban, ma mère est à Sainte-Mangouste, je suis en froid avec Severus… J'ai l'impression d'être de nouveau orphelin… Qui va s'occuper de moi ?
- Calme-toi, chuchota Harry. Je comprends que tu te sentes seul et perdu, mais il ne faut pas que tu te mettes dans des états pareils… Ça va s'arranger, entre ton parrain et toi. Ce n'est pas la première fois que vous traversez une période difficile…
- Oui mais là c'est différent… La dernière fois, il n'appartenait qu'à Severus de m'accorder plus de temps, là, c'est beaucoup plus profond…
- Tu veux m'expliquer ce qui s'est passé ?
Draco acquiesça et se détacha de Harry. Il essuya ses yeux et se lança. Harry l'écouta attentivement sans jamais l'interrompre. Draco lui raconta absolument tout, dans les moindres détails. Du moins, ce fut ce que pensa Harry tant Draco sembla lui relater chaque seconde du conflit. Il saisit mieux la situation et dut admettre qu'elle était plutôt délicate. Si Draco rejetait la compagne de son parrain, l'été promettait d'être compliqué… Mais Harry ne pouvait pas se ranger du côté de son petit-ami. Il comprenait parfaitement la réaction qu'il avait eue mais il n'était pas du tout d'accord avec ce qu'il reprochait à Tonks et à son parrain. Ne voulant pas se fâcher avec lui, il essaya de trouver les bons mots :
- C'est normal que tu aies été choqué d'apprendre cette relation entre ton parrain et ta cousine, mais je crois que tu as réagi un peu trop à chaud. Ce n'est pas contre toi si ton parrain s'est mis en couple avec Tonks. Il ne pensait pas que tu verrais tout de suite en Tonks la nièce de ta mère, étant donné que tu ne l'as presque jamais vue et que tu n'en as presque jamais entendu parler… Pour lui, c'est comme si tu partais de zéro avec elle. Je suis presque sûr que lorsqu'il a commencé à éprouver des sentiments envers elle, il haïssait encore Sirius de tout son être. Est-ce qu'il aurait dû renoncer à son amour pour Tonks en raison de ses liens de parenté avec Sirius ?
- Non, murmura Draco. Il n'allait pas s'empêcher de sortir avec la femme qu'il aimait parce qu'elle était la cousine de son ennemi juré… Ça lui aurait donné trop d'importance…
- Exactement. Si tu es d'accord avec ça, alors pourquoi devrait-il ne pas sortir avec Tonks à cause du fait qu'elle est la nièce de ta mère ? Pourquoi tu attaches autant d'importance à cela ? Je conçois que tu aies peur de penser à ta mère en voyant Tonks, mais ce sont deux personnes différentes qui n'ont rien à voir l'une avec l'autre. Elles non plus ne se sont presque jamais vues. Tu rejettes Tonks pour ce qu'elle est mais elle n'a rien choisi. Après, je ne te juge pas, j'aurais peut-être eu la même réaction à ta place, mais j'essaie juste de te faire comprendre qu'il y a plusieurs façons de voir les choses.
Draco hocha distraitement la tête, les yeux rivés vers ses mains, les sourcils légèrement froncés. Un combat intérieur semblait faire rage en lui. Il finit par soupirer.
- Je ne sais plus quoi penser… Je suis totalement paumé… Je ne veux pas perdre Severus mais, en même temps, je ne suis pas prêt à accepter sa relation avec cette femme… Et je lui en veux malgré moi de l'avoir choisie, elle, alors qu'il y a des millions d'autres femmes sur Terre…
- Oublie ça pour le moment, conseilla Harry d'une voix douce. Tout est trop confus dans ton esprit, tu ne réussiras pas à y voir clair aujourd'hui.
Draco acquiesça de nouveau et se pelotonna contre Harry. C'était lui, d'habitude, qui se blottissait contre Draco mais cela ne le dérangeait pas du tout d'inverser les rôles. Draco avait besoin de lui et c'était tout ce qui comptait en ce moment-même. Harry se mit à caresser les cheveux blonds de son amour, comme Draco savait si bien le faire avec lui et il sourit en entendant son petit-ami soupirer de bien-être. Il le sentit se détendre progressivement jusqu'à ce que sa respiration devienne lente et régulière. «Euh… ce n'était pas prévu, ça» songea Harry, embarrassé. Il ne s'attendait pas à ce que Draco s'endorme sur ses genoux et comme il était maintenant plus de vingt-deux heures, il était un peu embêté... Il se demandait ce qu'il devait faire quand des coups furent frappés à sa porte. Harry aurait presque aimé que ça réveille Draco mais il ne bougea pas d'un cheveu. La porte s'ouvrit sur Remus et Harry mit aussitôt un doigt devant ses lèvres pour lui signifier qu'il ne devait faire aucun bruit. Remus sourit, s'approcha discrètement, s'assit à côté de Harry et les engloba tous deux dans une bulle de silence.
- Je ne sais pas quoi faire, dit Harry, gêné. Draco ne peut pas dormir là mais je n'ai pas le coeur à le réveiller…
- Ne t'inquiète pas, je vais l'emmener dans sa chambre. Je sais comment m'y prendre pour porter une personne sans la réveiller.
- Oh, tant mieux… Je suis désolé, ce n'était absolument pas prévu que Draco commence sa nuit ici, mais il n'allait pas bien, je savais qu'il était à deux doigts de craquer, je ne voulais pas qu'il le fasse seul dans sa chambre, je l'ai incité à rester et à craquer devant moi, il s'est laissé convaincre, il s'est confié, on a discuté, on s'est retrouvé comme ça, je lui ai caressé les cheveux, ça l'a apaisé et il s'est endormi sans que je m'y attende…
- Ce n'est pas grave, va. C'est une bonne chose qu'il se soit confié à toi.
- Sirius t'a raconté, lui aussi ?
- Oui, il parlera à Draco samedi matin, un peu avant qu'on ne retourne à Poudlard.
- D'accord. J'ai essayé de déminer un peu le terrain mais il en veut vraiment à son parrain. Je n'ai pas trop insisté, ne voulant pas faire pire que mieux.
- Tu as eu raison. Bon, je vais l'emmener, qu'il puisse dormir dans un vrai lit et sur un vrai oreiller. Et que tu puisses te coucher, toi aussi.
Remus passa un bras sous la nuque de Draco et un autre sous le pli de ses genoux et le souleva avec douceur, libérant ainsi Harry de son poids. Remus lui souhaita une bonne nuit puis il s'en alla avec Draco qu'il portait comme s'il ne pesait rien. Ce qui était sûrement le cas pour lui. Une fois la porte refermée, Harry se glissa sous les draps et prit son livre sur la médicomagie. Il se plongea dedans et le lut jusqu'à ce que ses yeux commencent à se fermer tout seuls. Il sut que c'était l'heure de dormir mais comme chaque soir avant de se coucher, il descendit à la cuisine afin de boire un bon verre de jus de citrouille frais. D'habitude, Sirius et Remus étaient soit dans le salon, soit dans leur chambre à ce moment-là. Aussi Harry ne s'attendait-il pas à tomber sur eux dans la cuisine lorsqu'il y entra. Et il s'attendait encore moins à les voir en train de s'embrasser. Ils étaient au Square depuis quatre jours mais c'était pourtant la première fois que Harry les voyait échanger un baiser. Contrairement à tout ce qu'il avait pu penser, il n'en fut nullement gêné. Enfin, pas dans le sens qu'il croyait. Il était gêné, oui, mais pas pour lui. Il l'était pour Sirius et Remus car ils pensaient sûrement que personne ne les surprendrait. Il hésita donc sur la conduite à adopter. Mais il n'eut pas l'occasion de se poser longtemps la question car Sirius et Remus, qui avaient dû sentir sa présence, rompirent le baiser et se tournèrent vers lui.
- Harry, que fais-tu là ? Il y a un problème ? s'inquiéta Remus.
- Non, je voulais juste boire du jus de citrouille, comme chaque soir…
- Oh… Excuse-nous, nous ne savions pas que tu avais cette habitude…
- Ce n'est pas grave, vous avez le droit d'être là, dit Harry en souriant. Et ça ne me dérange pas du tout de vous voir vous embrasser. Sinon, je pense que je serais parti avant que vous n'ayez eu le temps de remarquer ma présence. Vous pourrez le faire devant moi, maintenant. Il n'y a aucun souci. Bon, je me rafraîchis et je monte me coucher.
Harry prit le pichet de jus de citrouille dans le placard placé sous sort de réfrigération, se servit un verre, le but et souhaita une bonne nuit à Sirius et Remus avant de quitter la cuisine. Il remonta à sa chambre et se mit au lit. Juste avant de fermer les yeux, il sourit en se disant qu'à l'étage d'en haut se trouvait son petit-ami. Ils étaient ensemble. Sous le même toit. Il le verrait le lendemain au petit-déjeuner. Un bonheur sans nom l'envahit à toutes ces pensées. Il savait que Draco avait le moral en berne à cause de sa dispute avec son parrain et il se promit de tout faire pour lui changer les idées et rendre son séjour au Square le plus agréable possible.
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Voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu !
Étant très curieuse, j'ai eu une idée, que j'ai soufflée à ma sœur, et qu'on retrouve parfois dans les fics. Toutes les deux semaines, je vous poserai une question, toute simple, sur vos préférences, vos avis sur l'univers Harry Potter, les fics que vous lisez, tout ça tout ça :) Il était question de couples dans les reviews, alors la question du jour, c'est : Quels couples préférez-vous dans la saga, dans les fics que vous connaissez ou quels sont les couples que vous aimeriez lire ? Ou les trois à la fois ? C'est hyper intéressant d'avoir les avis des uns et des autres, et qui sait, ça permettra peut-être de découvrir des couples auxquels on n'aurait pas pensé ! =)
Je vous dis à dimanche prochain pour le cinquante-neuvième chapitre qui s'intitulera «Guet-apens». Je vous souhaite une bonne semaine, prenez soin de vous, et bisous tout le monde !
