Bonjour à toutes et à tous ! On se retrouve aujourd'hui pour le soixante-troisième chapitre de SAMLP !

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ccassandre24 : Je suis super contente que le déroulement des BUSE blancs t'ait plu ! Et soulagée, aussi XD Comme tu dis, on a très peu de détails, c'est donc compliqué de partir de rien … Mais ça donne aussi plus de libertés ! Mais c'est vrai que ça aurait été mieux de voir ce sujet être traité plus en profondeur, afin de savoir comment ça se passe *-* Ce que propose Lucius est effectivement ce qu'il y a de mieux, même si c'est dur pour lui :/ Oui, il y a peu de doutes sur la décision finale de Draco XD Ravie d'avoir ton avis sur la question posée en fin de chapitre ! Il y a teeeeellement de choses à débattre sur l'univers de la saga ! C'est vrai que tous les personnages ont un petit quelque chose qui les rend uniques =) J'aimais beaucoup Hermione aussi dans la saga mais elle a tendance à m'énerver dans les fics XD Mais dans la saga, c'est clairement un personnage intéressant ! Elle a su trouver sa place dans le trio et elle est indispensable à Harry et Ron qui n'auraient pas pu aller bien loin sans elle XD Elle est traitée de Miss-Je-Sais-Tout mais elle n'est pas parfaite, car elle a des défauts, et c'est ce qui la rend attachante *-* Severus … C'est lui qui nous montre ce que c'est, l'amour, en réalité … JKR a été cruelle avec lui, mais il faut se dire qu'il n'était certainement pas heureux, qu'il ne l'a jamais vraiment été, sauf quand il était avec Lily … Mais tout est tellement clair quand on sait la vérité, on repense à toutes les scènes avec Severus et on comprend tout XD La scène avec ses souvenirs dans la pensine c'est l'une des scènes les plus émouvantes :'( Aaaaaaah Théo ! Il y en a qui font de lui un méchant, d'autres qui en font un taciturne avec un bon fond, d'autres qui en font un gentil… On ne voit son nom que deux ou trois fois dans la saga (et jamais dans les films, je crois) mais on le voit pourtant de plus en plus souvent dans les fics ! Ah toi aussi tu as vu cette info concernant la scène coupée avec Draco et Théo ! Quand j'ai appris ça, j'avais déjà développé un intérêt accru pour le personnage de Théo et j'ai été tellement dégoûtée XD On veut cette scène ! XD Draco et Théo qui parlent d'égal à égal de Poudlard, d'Ombrage, du régime instauré … Mais on la veut, on la veut ! XD Peut-être qu'un jour, JKR sortira un mini livre avec toutes les scènes qu'elle n'a pas pu mettre … Oui, l'espoir fait vivre, je sais XD Merci pour ce top trois des personnages que tu préfères =)

Mel : Heureuse que le chapitre t'ait autant plu ! Oui, Sirius stressait mais tout (ou presque) s'est bien passé ! Mais oui, on les voit un peu dans les livres, mais pas assez, et ne parlons même pas des films XD J'ai un peu hésité à mettre ce passage avec les BUSE blancs mais je suis vraiment trop contente que ça ait plu ! Vous êtes tellement adorables *-* Oui, la discussion Severus/Lucius elle sort un peu de nulle part XD Mais elle était importante XD Lucius est un personnage méprisable dans la saga, mais pourtant j'ai toujours aimé la façon dont il est incarné dans les films ! Sauf quand il maltraite Dobby, ça non, ça ne passe pas du tout ! Mais c'est bien joué, on voit vraiment la froideur du personnage … Ça me fait super plaisir ce que tu dis, c'était le but de donner l'impression d'un Lucius humain en dépit de tout ce qu'il a pu faire *-* Il mérite sa place à Azkaban mais il aime profondément Draco et il veut ce qu'il y a de mieux pour lui *-* Désolée pour le message du suicide, c'est un passage vraiment triste mais ça correspond au personnage de Lucius qu'on a dans la saga, un Lucius lâche qui n'assume rien, qui préfère la facilité … Et on se doute bien que même à Azkaban, il peut obtenir ce qu'il veut :/ Mais avant d'en arriver là, il se conduit en un homme humain, qui veut voir le bien de son fils et qui veut voir ses futurs petits-enfants grandir *-* Mais oui, Hermione est une vraie tête brûlée, elle est tellement têtue XD Elle est toujours persuadée d'avoir raison et il faut la patience de Terry pour sortir avec elle, à mon avis XD Désolée une nouvelle fois de t'avoir fait pleurer, ce n'était pas voulu XD Ravie que tu aies aimé cette scène ! Draco a besoin de temps pour réfléchir, en effet, ça lui tombe un peu dessus d'un coup XD Et je ne sais pas encore s'il gardera son nom, j'hésite, je crois que je vais demander l'avis de tout le monde XD Ça c'est sûr, qu'il y ait adoption ou non, rien ne changera entre Severus et Draco ! On veut tous un Théo près de soi XD Mais un Théo avec moins de problèmes, si possible XD Parce que le pauvre, quand-même… XD Heureuse que tu aimes toujours autant le couple Harry/Draco *-* Il va y en avoir des scènes avec eux, tu peux être rassurée là-dessus *-* Aaaah d'accord, je comprends mieux pour ton stage ! C'est une bonne chose d'en faire un maintenant, pour ton alternance, tu pourras peut-être la faire là où tu fais ton stage :) Je crois qu'une de mes voisines a trouvé un stage, mais mon autre voisine galère toujours :/ La crise sanitaire, ça a clairement rendu encore plus difficile la recherche d'un stage qui était déjà bien dur à trouver :/ Il n'y a pas de place pour tout le monde et les refus s'enchaînent :/ J'espère que ça va bien se passer pour ton stage =) Hermione est agaçante, parfois, c'est vrai XD Mais oui, Harry et Ron auraient vite été perdus sans elle XD On le voit dans les premiers films, mais aussi et surtout dans le 7 quand ils s'échappent de la fête de mariage XD Elle avait pensé à tout, elle avait tout mis dans son sac et heureusement pour Harry et Ron XD C'est clair que Ron n'avait pas le rôle le plus facile ! Dans l'ombre de ses frères, dont trois qui ont réussi haut la main leurs études, dans l'ombre de son meilleur ami connu de tous … Il devait souvent avoir l'impression d'être la cinquième roue du carrosse :/ Mais à part dans le 4 où il était clairement dans sa cirse d'ado et dans le 7 (oui, on n'en parle pas, mais quand-même XD) où il était sous l'emprise des effets néfastes de l'horcruxe, il a su prouver qu'il était un fidèle ami … Ceux qui te disent que tu aimais Harry car il était le héros n'ont pas dû lire les livres et voir les films avec profondeur XD Ce n'est pas le héros qu'on aime, c'est le personnage ! On est bien d'accord pour les pétages de câble de Harry ! Il n'a pas une vie facile, que ce soit chez les Dursley ou à Poudlard ! Franchement, il a du cran d'avoir tenu bon ! Il est sans cesse accusé à tort, il a un tueur en série sur le dos, il perd tous les gens qu'il aime, il a des ennuis par-dessus la tête et avec tout ça il doit sauver le monde ! Laissez-le tranquille, quoi XD «Coiffure balai chiotte» maiiiiiis XD XD Bon, c'est pas faux XD De toute façon, niveau coiffure, tous les garçons de la saga ont eu une période compliquée XD Dans le 4, j'ai horreur de la coiffure de Harry et de Ron XD Quand Draco pleure dans le 6 c'est juste trop triste :'( Et ça prouve qu'il est humain … Il ne veut pas la faire, cette mission, et il y est obligé :/ Il y a trop à débattre sur cette question XD On est beaucoup, beaucoup, beaucoup à avoir aimé Severus quand on a su qui il était réellement XD On s'en est tous voulu mais c'est normal qu'on le détestait, il faisait tout pour XD Et on ne savait pas tout ce qu'on apprend à la fin de la saga XD J'adore les pavés, t'inquiète pas pour ça XD Et puis bon, je le cherche en posant des questions comme ça XD J'espère que la suite te plaira *-*

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Merci à vous pour vos retours, que ce soit sur le chapitre ou sur la question que je vous ai posés ! Et merci à ceux qui suivent toujours assidûment cette histoire ! Je vous laisse avec ce nouveau chapitre et je vous souhaite une agréable lecture =)

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63 – Harcèlement, réunions et laisser-aller

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(vendredi 12/04) POV Harry

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Harry était en train de déjeuner avec Ron et Hermione lorsqu'un bout de parchemin se posa devant lui. S'il l'ignora, ce ne fut pas le cas de ses amis.

- Quand est-ce que tu vas te décider à en parler ? s'agaça Hermione.

- On a déjà eu cette discussion plusieurs fois, Hermione, soupira Harry. Et je n'ai pas changé d'avis. Ça ne vaut pas le coup d'en parler à un professeur. Ces idiots finiront bien par se lasser.

- Je n'en suis pas si sûre. Moi je crois plutôt qu'ils voient que tu ne fais rien, alors ça les encourage à continuer.

- Ils vont bien voir que je n'y fais pas attention, je ne lis plus les mots que je reçois et je ne cherche pas à savoir qui me les envoie… Et je n'ai vraiment pas envie d'embêter Remus avec ça.

- C'est ton directeur de maison, c'est à lui de s'occuper de ce genre de choses.

- Mais il va vouloir savoir ce qu'il y a dans ces mots et je ne veux pas qu'il sache.

- Il en a vu d'autres, Harry. Ça ne va pas le choquer.

- Peut-être, mais il vaut mieux qu'il reste en-dehors de tout ça.

Hermione fronça les sourcils.

- Attends, ces petits messages, ça concerne qui, exactement ? demanda-t-elle, l'air soupçonneuse.

- Ça dépend, éluda Harry.

- Non, je veux une réponse claire. Si tu te fais embêter à cause de la relation qu'entretiennent Sirius et le professeur Lupin, tu dois en parler aux principaux concernés !

- Parle moins fort, siffla Harry.

- Donc j'ai raison. Tu reçois des messages qui visent ton parrain et notre directeur de maison.

- Hermione, lâche-moi avec ça, s'il te plaît…

- Non, Harry, c'est important ! Tu ne peux pas leur cacher ça !

- Mais ils vont s'en vouloir ! Et c'est tout ce que je veux éviter ! Car ce qu'ils craignent par-dessus tout, c'est justement ça, que je me fasse embêter à cause de leur relation !

- Eh bien justement, s'ils s'y attendent, tu ne vas pas les surprendre ! Alors va leur parler !

- Non ! Je n'irai pas ! C'est exactement ce que cherchent ces abrutis ! J'ai ma dignité, Hermione ! Si je vais voir Sirius et Remus, ces idiots le sauront ! Pour qui je vais passer, hein ? Pour quelqu'un qui va se plaindre auprès des personnes qui sont responsables de lui dès qu'on le titille un petit peu ? Tu peux me dire quelle crédibilité j'aurais si je faisais ça ?!

Ces mots furent suivis d'un silence pendant lequel Harry et Hermione s'affrontèrent du regard sans ciller. Hermione finit par détourner le sien et soupira.

- Fais comme tu veux. Mais ne compte pas sur moi pour rester sans rien faire si ça va trop loin. J'ai déjà fait l'erreur de me taire une fois et je ne la répéterai pas. Alors j'espère pour toi que tu dis vrai et qu'ils se lasseront avant toi.

Hermione se leva sur ces mots et s'en alla. Harry la regarda partir, la mine sombre. Il n'aimait pas se prendre la tête avec sa meilleure amie.

- Ça va lui passer, va, lui dit Ron. Elle n'est même pas fâchée. Elle n'accepte juste pas que tu sois en désaccord avec elle. Mais elle va se calmer. En tout cas, vous n'avez pas à vous en faire, personne ne vous a entendus. J'ai lancé le sort d'insonorisation mais vous ne vous en êtes pas rendus compte.

- Oh, merci d'y avoir pensé, j'ai bien demandé à Hermione de parler moins fort au début mais je n'y ai plus fait attention ensuite tellement j'étais pris dans notre dispute… J'aurais été dans le pétrin si tout le monde avait su que je me faisais embêter à cause de la relation entre Sirius et Remus…

- C'est sûr qu'ils auraient été vite mis au courant. Sinon, à part ça, tu sais ce qu'on va faire demain durant l'entraînement ?

Harry fut surpris par ce changement de sujet.

- Pourquoi tu me parles de Quidditch ? s'étonna-t-il.

- Parce que je ne veux pas prendre parti entre Hermione et toi. Et c'est ce que j'aurais été obligé de faire si on avait continué à parler des idiots qui t'envoient des messages tout aussi idiots. Je préfère rester neutre. D'un côté, je comprends que tu ne veuilles pas dire ce qui se passe à Sirius et à notre directeur de maison, et d'un autre côté, je suis d'accord avec Hermione sur le fait que tu devrais leur en parler… Mais à ta place, je m'y refuserais aussi. Alors je ne peux pas vraiment choisir de camp et je n'en ai pas envie, de toute façon.

Harry ne s'attendait pas à des paroles aussi sages de la part de Ron. Mais il appréciait beaucoup sa délicatesse.

- Je pense que tu as raison. Mieux vaut que tu restes en-dehors de tout ça, ce conflit ne concerne que Hermione et moi, je ne voudrais pas que tu t'y retrouves mêlé en prenant la défense de l'un ou de l'autre… Du coup, pour répondre à ta question, Alicia nous a donné le programme provisoire de ce qu'on va faire lors des cinq prochains entraînements, j'avais noté tout ça quelque part, je dois avoir le parchemin dans mon sac, normalement…

Harry prit son sac et se mit à fouiller dedans. Alors qu'il cherchait le parchemin où il avait écrit le programme, il se rendit compte qu'il lui manquait un livre. Et plus précisément le livre de Défense Contre les Forces du Mal, à savoir le cours qu'ils avaient juste après le déjeuner.

- Zut, j'ai oublié mon livre de Défense ! Ah, par contre j'ai mon parchemin, tiens, prends-le, je vais aller récupérer mon livre dans le dortoir.

Harry fourra son parchemin dans les mains de Ron, se leva et quitta la Grande Salle sans attendre de réponse. Il ne lui restait que quinze minutes avant son cours, il devait faire vite. Il courut donc vers les escaliers et les monta le plus rapidement possible. Mais comme si c'était le moment de lui faire perdre du temps, les escaliers se déplacèrent et le firent changer totalement de direction. Il pesta et dut se résoudre à traverser le troisième étage pour prendre les escaliers qui le mèneraient à l'étage suivant. Pressé et ayant l'habitude de regarder par terre quand il marchait, il ne fit pas attention à ce qu'il y avait devant lui et se heurta violemment contre quelqu'un en plein milieu d'un couloir. Il fut légèrement déstabilisé par le choc mais resta stable sur ses appuis. Il releva la tête et vit deux élèves de Serpentard qu'il reconnut facilement comme étant des sixième année.

- Tiens donc, mais qui voilà, fit l'un d'eux.

- On croirait bien que c'est Potter, renchérit l'autre.

- Tu prends des risques en te promenant tout seul dans le château.

- C'est vrai, tu es toujours fourré soit avec ton mec, soit avec tes meilleurs amis…

- On se demande bien pourquoi. Avant, il t'arrivait de te balader seul. Bizarrement, depuis le début de la semaine, tu es toujours accompagné…

- Et pas par n'importe qui. Que ce soit avec Malfoy, Weasley ou Granger, tu es avec un ou plusieurs préfets.

- C'est pratique pour éviter d'avoir toutes sortes de remarques sur ton passage, hein ?

- Bah oui, en te voyant avec un préfet, personne ne va oser te dire quoi que ce soit…

- Mais tu es seul, maintenant. Alors on va bien en profiter. Avec tout ce qui s'est passé récemment, on a pas mal de questions à te poser, vois-tu…

- Eh bien vous allez vous les garder pour vous car je n'y répondrai pas, dit froidement Harry.

- Tu te crois vraiment en mesure de nous tenir tête ? Nous sommes deux et tu es tout seul. Je ne la ramènerais pas trop, à ta place.

- Vous n'avez pas l'air de m'apprécier, alors pourquoi vous tenez absolument à me parler ? Le plus logique serait de m'ignorer, non ?

- Il faut croire que nous ne sommes pas des gens logiques. Mais ne restons pas là, nous serons plus à l'aise en étant assis…

Harry eut à peine le temps de dire un mot que les deux Serpentard l'attrapèrent chacun par un bras et le firent entrer de force dans une salle de classe. L'un lui prit sa baguette dans la poche de sa robe de sorcier tandis que l'autre le fit s'asseoir sur une chaise. Harry se retrouva ainsi sans défense et à la merci de deux Serpentard qui ne semblaient pas lui vouloir que du bien. Comment diable allait-il se sortir de là ?

- Bien, alors comme ça tu sors avec Malfoy ?

- Ouah, quelle clairvoyance… Je suis impressionné. Ce n'est pas comme si cela faisait cinq jours que je me promenais avec lui main dans la main dans les couloirs du château…

- Ne te fous pas de nous, menaça l'un des Serpentard. Réponds, c'est tout ce qu'on te demande.

- Oui, je sors avec Draco Malfoy, et alors ? En quoi ça vous regarde ?

- Il n'y a rien qui te choque ? Je ne sais pas mais moi je trouve que tu n'as pas perdu de temps pour quelqu'un qui est supposé s'être fait violer par son ex petit-ami…

Harry sentit la Pimentine lui monter aux oreilles. Qui était ce crétin de Serpentard pour se permettre de l'attaquer sur ce sujet ?

- Ça fait quatre mois et j'ai été suivi pour ça, répliqua-t-il sèchement. Draco a été près de moi durant toute ma convalescence, on s'est beaucoup rapprochés, et tomber amoureux de lui m'a aidé à tourner la page plus vite et à passer à autre chose. Et pour votre gouverne, sortir avec quelqu'un ne signifie pas forcément coucher avec. Vous ne connaissez rien de ma relation avec Draco, alors vous n'avez pas le droit de la juger.

- Non, mais ce qu'on sait, c'est que tu vis tranquillement ta petite histoire d'amour avec ton blond peroxydé tandis qu'Adrian, lui, est toujours en train de se faire sevrer à Sainte-Mangouste. Tu n'as donc aucun respect pour lui ? Ça ne te fait rien de sortir avec un autre mec si peu de temps après ta rupture avec Adrian ? En réalité tu attendais d'être débarrassé de lui pour t'acoquiner avec Malfoy ? Ça se trouve, Adrian ne t'a jamais rien fait et tu l'as juste envoyé à Sainte-Mangouste pour pouvoir te rapprocher pépère de ton binôme ?

Harry resta ahuri face à de telles accusations. Il fut tellement choqué qu'il mit un moment avant de réagir :

- Ce n'est pas du tout ça, je… vous… vous délirez complètement, balbutia-t-il.

- Arrête, Potter, tu n'es pas du tout crédible. Tu n'es qu'une allumeuse. Il faut dire que tu n'as pas eu un très bon exemple… Avec un parrain qui se tape un loup-garou…

- Retire tout de suite ce que tu viens de dire, ordonna Harry, les poings serrés.

Le Serpentard haussa un sourcil.

- Quoi, ce n'est pas vrai, peut-être ?

- Ce n'est pas la question. Je t'interdis de parler comme ça d'eux !

- Mais tu n'as rien à m'interdire, je dis ce que je veux. Et je ne fais que dire la vérité. Ton parrain se tape un loup-garou. Alors que c'est son collègue et que les professeurs n'ont pas le droit d'avoir des relations entre eux. Apparemment, ils ont eu une dérogation mais ça n'enlève rien au fait que c'était interdit et que tout cela n'était pas très moral. Mais est-ce qu'il a été moral un jour, ton parrain ? On pourrait se le demander. Ce n'est peut-être pas le premier acte immoral qu'il a commis. Ça pourrait très bien être à cause de lui si tu es gay…

- Comment ça ? Qu'est-ce que tu veux dire par-là ? riposta Harry d'un ton agressif.

- Eh bien, douze ans à Azkaban, ça a dû le frustrer. Alors quand il a eu ta garde…

Les yeux de Harry s'exorbitèrent tant il fut choqué par ce que sous-entendait le Serpentard. Il reprit cependant vite ses esprits et n'eut qu'une seule envie : frapper le Serpentard qui avait osé insinuer de telles choses sur son parrain. Il s'en ficha alors d'être seul face à deux élèves plus vieux que lui. Il voulut seulement leur faire payer tout ce qu'ils avaient pu dire. Il ne réfléchit donc pas, bondit de sa chaise et s'élança vers celui qui avait été le dernier à parler. Il le plaqua avec force contre le mur mais à peine leva-t-il le bras pour lui administrer un coup de poing qu'une main saisit son poignet, suspendant ainsi son geste. La main appartenait à l'autre Serpentard qui avait volé au secours de son camarade. Il avait peut-être une carrure plus imposante mais Harry avait de bons réflexes et il lâcha le col du premier Serpentard pour frapper au visage l'autre qui tenait son bras. Sous la violence du coup, le Serpentard lâcha la baguette de Harry qu'il avait à la main. Harry s'en saisit aussitôt et en profita pour désarmer dans la foulée ses deux adversaires. Plus tard, il pourrait se féliciter d'avoir repris aussi facilement le contrôle de la situation sans avoir suivi aucun cours de duel. Bon, il fallait dire que les deux Serpentard n'avaient pas l'air très intelligents… Cela lui avait grandement facilité la tâche. Quoi qu'il en soit, il tenait en joue les deux élèves et il devait à présent leur redonner leurs baguettes sans risquer de se faire attaquer par derrière.

- Je vais vous rendre vos baguettes mais vous n'avez pas intérêt à me provoquer en duel. Je pense que vous avez compris de quoi j'étais capable. Alors récupérez vos biens et déguerpissez.

Harry jeta les baguettes à leurs pieds et continua à les pointer avec la sienne jusqu'à ce qu'ils aient quitté la salle de classe. Harry abaissa lentement sa baguette, sonné et choqué par ce qui venait de se passer. Il avait du mal à réaliser. La tension redescendit d'un coup, les vannes cédèrent, il s'écroula sur le sol, se recroquevilla en position fœtale et se mit à pleurer toutes les larmes de son corps sans pouvoir se retenir. Il était traumatisé et détruit psychologiquement parlant par tout ce que lui avaient dit les deux Serpentard. Il resta un long moment ainsi et il crut qu'il n'allait jamais pouvoir s'arrêter de pleurer tant il était ravagé par le chagrin. Il aurait voulu hurler sa souffrance afin de l'extérioriser mais il ne put que pleurer, encore et encore. Il avait dû s'écouler près d'une demie-heure lorsque ses larmes finirent par se tarir. Il avait manqué la moitié du cours de Défense Contre les Forces du Mal. Et il ne pouvait pas y aller dans cet état. Il devait faire en sorte d'être plus présentable. Il ne pourrait rien faire contre ses yeux rouges sans l'aide de la magie. Cela n'allait pas disparaître d'ici le cours de potions. Il se rendit donc aux toilettes les plus proches, se regarda dans le miroir et se lança des sorts d'esthétisme qu'il avait appris en autodidacte. Il n'existait pas de sort pour cacher d'un coup toutes les imperfections, il fallait passer par plusieurs charmes pour traiter un à un tous les défauts. Il passa donc quinze minutes à rendre ses yeux normaux et à camoufler la rougeur sur ses joues. Le résultat fut satisfaisant mais il garda un air tourmenté qu'aucun sort ne pouvait enlever. C'était tout de même mieux qu'avant et ce fut sur cette pensée qu'il sortit des toilettes. Il descendit au rez-de-chaussée et se dirigea vers les cachots. Ses camarades étaient déjà là lorsqu'il arriva. Il rejoignit son groupe d'amis qui attendaient près de la porte. Ce fut Hermione qui le vit en premier.

- Harry ! s'exclama-t-elle. Mais où étais-tu passé ?! Pourquoi n'es-tu pas venu en cours de Défense Contre les Forces du Mal ?

- J'avais oublié mon livre et en allant le chercher dans mon dortoir, je ne me suis pas senti très bien. Mais ça va mieux, maintenant.

- Tu es allé à l'infirmerie ?

- Non, ça n'aurait servi à rien, j'aurais davantage perdu mon temps qu'autre chose. Je savais que ça allait passer. La preuve, vu que je suis là.

- Mais tu n'as rien pour justifier ton absence…

- C'est la première fois que ça m'arrive de sécher un cours, je n'aurai pas d'ennuis si j'explique que je n'allais pas bien et si je promets de rattraper le cours et d'aller à l'infirmerie la prochaine fois que je n'irai pas bien afin d'avoir un mot d'excuse.

- Bon, si tu le dis…

Hermione n'eut pas l'occasion d'argumenter plus longtemps car le professeur Snape vint vers eux. Il ouvrit la porte et fit entrer la classe. Harry s'installa derrière sa table habituelle et guetta l'arrivée de Draco qui ne tarda pas à montrer le bout de son nez. Comme lors de chaque cours pratique, il se mit à la table située derrière celle de Harry. Celui-ci devina facilement la raison de son léger retard.

- Tu t'es fait retenir par le professeur Gordon ?

- Oui, il voulait savoir pourquoi tu n'étais pas venu en cours. Je n'en avais aucune idée alors j'étais un peu gêné. Je t'ai vu quitter précipitamment la Grande Salle, mais c'est tout. J'ai essayé de ne pas trop m'inquiéter, me disant que tu étais peut-être légèrement malade mais je me demandais quand-même ce que tu avais.

- À la base, quand je suis sorti de la Grande Salle, j'allais bien, mais c'est une fois dans mon dortoir pour récupérer mon livre de Défense Contre les Forces du Mal que j'ai eu un coup de moins bien. Mais comme je le disais à Hermione, ça va beaucoup mieux.

- Ça a l'air, en effet. Tu sembles juste un peu fatigué.

- Oui, mais ça ne m'empêchera pas d'aller en cours de sortilèges.

«Et pourtant Merlin seul sait que je voudrais le sécher» ajouta Harry pour lui-même. Il n'allait pas pouvoir regarder Sirius dans les yeux, pas après tout ce que lui avaient dit les deux Serpentard… Il repenserait malgré lui à leurs remarques et il serait beaucoup trop mal à l'aise… Comment avaient-ils pu dire des choses pareilles ? Tout cela était tellement faux… Il n'avait pas eu besoin de Sirius pour réaliser qu'il était gay… À l'époque où il était sorti avec son tout premier petit-ami, il pensait que son parrain voulait le tuer puisque c'était ce que tout le monde disait ! Il ne le connaissait même pas, il était persuadé qu'il lui voulait du mal et qu'il était à l'origine du meurtre de ses parents et il n'avait aucune envie de se retrouver nez à nez avec lui ! Ce n'était pas Sirius, à ce moment-là, qui aurait pu l'aider à découvrir son orientation sexuelle… Mais si Harry avait dû défendre ce point, il aurait dû révéler être sorti avec Olivier Dubois en troisième année et il n'était pas certain que cela aurait joué en sa faveur… Il serait encore plus passé pour un dépravé… Mais ce qui l'avait le plus traumatisé, c'étaient les insinuations sur ce qu'aurait pu lui faire Sirius. Il fallait être complètement dérangé pour oser croire de telles choses… Mais il ne devait pas penser à ça maintenant. Il était en cours de potions et ce n'était pas trop le moment de…

- Harry, ta potion ne va pas se faire toute seule. Concentre-toi un peu.

Qu'est-ce qu'il disait…

- Désolé, j'étais un peu ailleurs, mais c'est bon, je vais m'y mettre.

Il prit sa baguette et alluma le feu sous son chaudron. Il alla chercher les ingrédients qui lui seraient nécessaires et revint à sa table. Alors qu'il était en train de réduire en poudre la coquille d'un œuf de Runespoor, il sentit un regard posé sur lui. Il leva les yeux vers le professeur Snape et vit que celui-ci le fixait. Apparemment, ses quelques minutes d'inattention n'étaient pas passées inaperçues… Il tenta de faire comprendre à son professeur par un signe de tête que tout allait bien mais il ne fut pas certain de l'avoir convaincu. Il se recentra sur sa potion et se remit à piler sa coquille d'œuf. Il fit de son mieux pour rester focalisé sur sa préparation mais au bout de la douzième étape, il dut se rendre à l'évidence : sa potion ne serait pas aussi réussie qu'habituellement. Et son verdict fut confirmé par le professeur Snape lorsque Harry déposa son échantillon sur son bureau. Il voulut s'en aller mais ce ne fut pas au goût du directeur de la maison de Serpentard.

- Pas si vite. J'aimerais vous parler.

- J'ai cours, professeur, dit calmement Harry.

Le professeur Snape haussa un sourcil. Harry comprit sa réaction : il venait presque de lui dire que leur discussion pouvait attendre… C'était à la limite de l'insolence et cela ne lui ressemblait pas. Ce n'était pas étonnant que son professeur soit surpris. Surtout qu'il le connaissait bien, désormais.

- Je souhaite juste savoir pourquoi vous étiez aussi distrait durant ce cours. D'autant plus que votre potion s'en est ressentie… Je ne vais pas pouvoir vous mettre plus qu'Effort Exceptionnel alors que vous étiez habitué depuis plusieurs mois à avoir des Optimal.

- J'ai juste eu une petite baisse de régime, ça peut arriver à tout le monde. Et puis je crois qu'il suffit d'avoir un Effort Exceptionnel aux BUSE pour pouvoir continuer les potions ?

- Effectivement, mais j'ose espérer que vous n'avez pas décidé de relâcher vos efforts parce ce que vous savez qu'en faisant le minimum, vous aurez la note requise pour être autorisé à poursuivre les potions…

- Je n'ai jamais dit ça, s'agaça Harry.

- Qu'il en soit ainsi, car je vous préviens, si vous persistez à me rendre des échantillons qui sont en-dessous de votre niveau habituel, je n'hésiterai pas à vous obliger à suivre des cours particuliers de vingt-heures à vingt-trois heures jusqu'à ce que vous ayez retrouvé votre niveau d'antan. Je ne vous laisserai pas gâcher tous les efforts que vous avez pu faire pour en arriver là. Je serai derrière vous et je ne vous lâcherai pas, vous pouvez me croire.

- Vous dites ça à tous les élèves qui, le temps d'un cours, vous rendent une potion moins bonne qu'à l'accoutumée ? demanda Harry avec sarcasme.

- Arrêtez tout de suite avec ce petit air insolent, siffla le professeur Snape. Je ne sais pas ce que vous avez aujourd'hui mais vous avez intérêt à vite vous calmer. Pour répondre à votre question, je n'ai pas la même relation avec vous que celle que j'ai avec les autres élèves. Vous êtes mon élève mais aussi mon patient, et d'un côté plus personnel, le filleul d'un collègue et ami, et le petit-ami de mon propre filleul. Je peux difficilement vous ignorer avec tout ça quand je vois que vous n'êtes pas au top de votre forme durant mon cours.

La culpabilité envahit Harry à l'entente de ces mots. Il était sur la défensive depuis le début de cette discussion alors que tout ce que voulait le professeur Snape, c'était l'aider. Il se radoucit et tâcha de rassurer son professeur :

- Vous n'avez pas à vous en faire, je vais bien. Je me suis juste pris la tête avec Hermione ce midi, je me suis ensuite aperçu que j'avais oublié un livre dans mon dortoir, je suis allé le chercher et quand je suis arrivé, j'ai eu un malaise qui m'a empêché de me rendre au cours que j'avais à treize heures. Mais là ça va parfaitement bien, la preuve, je suis allé à votre cours.

- Bien, je vous crois. Mais si vous avez des soucis, quels qu'ils soient, n'hésitez surtout pas à venir m'en parler. Ne gardez pas ça pour vous.

Harry hocha la tête et ignora la petite voix dans sa tête qui lui criait «Vas-y ! Profite-en !».

- Je vous fais un mot pour expliquer votre retard et vous pourrez y aller.

Le professeur Snape écrivit quelque chose sur un bout de parchemin et le tendit à Harry qui le prit. Il remercia son professeur, le salua, quitta le cachot et se dirigea vers les escaliers. Il monta jusqu'au troisième étage et se rendit à la salle de sortilèges. Il entra après avoir frappé à la porte, donna son mot d'excuse à Sirius et s'assit à côté de Draco. Il n'avait pas osé regarder son parrain dans les yeux et avait juste murmuré qu'il était désolé et qu'il avait été retenu par le professeur Snape, comme le disait son mot de justification. Il avait hâte que cette journée se termine, car c'était un vrai calvaire depuis sa dispute avec Hermione. Il garda résolument les yeux rivés sur son parchemin et évita de croiser le regard de Sirius. Il ne cessait de penser à ce qu'avait sous-entendu l'un des Serpentard. Il savait pertinemment qu'ils disaient n'importe quoi mais des doutes et des questions commençaient malgré tout à émerger dans son esprit. Il se doutait bien que c'était une réaction normale mais il ne devait pas se laisser influencer. Le fait qu'il était fatigué et à bout de nerfs n'arrangeait certainement pas les choses et encourageait sûrement son esprit à divaguer. Il avait besoin de se reposer et d'être dans le calme et dans le silence le plus complet. C'était tout ce dont il rêvait en ce moment-même. Mais il avait encore quelques heures à tenir avant de retrouver la sérénité de son dortoir…

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(samedi 13/04) POV Sirius

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- On y croit, cette fois ?

- J'ai arrêté d'espérer.

Sirius et Remus pouffèrent alors qu'ils se préparaient pour aller à la réunion sur le choix des préfets. Severus avait parlé quelques jours plus tôt à tous leurs collègues et il avait dû être très convaincant car Sirius et Remus avaient vu les autres professeurs redevenir normaux avec eux. Certains s'étaient même montrés curieux en leur posant des questions qui étaient restées tout à fait correctes. Celle qui revenait le plus souvent, c'était «Comment gérez-vous le fait d'être liés ?» suivie de «Ce n'est pas trop dur ? Ça doit faire bizarre, non ? Vous n'aviez jamais rien senti avant ?» et la question qui avait beaucoup plu à Sirius, c'était «Est-ce que vous pouvez communiquer par la pensée ?». Il n'y avait pas du tout songé jusque-là et ne connaissait pas vraiment la réponse. Remus non plus, d'ailleurs. Il s'était promis d'en parler à Severus après la réunion. Peut-être pouvaient-ils développer ce moyen de communication et qu'ils ne le savaient pas encore… C'était très intéressant, comme hypothèse. Mais ils verraient cela plus tard. Pour l'instant, ils avaient une réunion qui les attendait. Ils sortirent donc de leurs appartements et se rendirent à la salle des professeurs. Lorsqu'ils arrivèrent, l'équipe était presque au complet. Il manquait juste Ernest et Pomona. La tristesse gagna Sirius en pensant à sa collègue herboriste. Si tous les autres avaient accepté sa relation avec Remus, s'étaient excusés pour les uns et les avaient félicités et leur avaient souhaité que du bonheur pour les autres, Pomona était la seule à être restée en retrait. Elle semblait rancunière et cela peinait beaucoup Sirius. Remus et lui n'y pouvaient rien si un lien les avait unis… Il hésitait à parler aussi avec Pomona à la fin de la réunion. Après quelques secondes de réflexion, il décida de le faire. Il voulait savoir pourquoi elle était aussi distante avec Remus et lui et il voulait également essayer d'arranger les choses avec elle. Qui ne tentait rien n'avait rien… Il se faisait tout juste cette pensée lorsque Pomona arriva, bientôt suivie d'Ernest.

- Bonjour à tous et merci d'être venus, commença Dumbledore. La semaine dernière, nous avions déjà eu les propositions de Severus et Pomona. Pouvez-vous nous les répéter, s'il vous plaît ?

Severus hocha la tête.

- Bonjour, j'avais suggéré Warren Brett, Harold Fawkes et Simon Harper pour le poste de préfet, et Polly Chowdhury, Lauren Keegan et Martha Staley pour le poste de préfète.

- Merci. Avez-vous changé d'avis ou conservez-vous ces choix ?

- Je les maintiens.

- Bien. Pomona, à vous.

- En dépit des critiques qui m'avaient été adressées, je garde ma liste telle que je l'avais proposée la semaine dernière et qui contenait Jason Allister, Shane Barton et Noah Cadbury pour les garçons et Fiona Bowden, Elsa Fleming et Kristen Orton pour les filles.

- Merci, Pomona. Remus ?

- J'ai choisi Guy Ashford, Darren Carson et Remy Penley pour les garçons, et Angela Kyler, Wendy Sanders et Ginny Weasley pour les filles.

- Oh non, dis-moi que c'est une blague…

Tous les regards se tournèrent vers Severus.

- Avez-vous un problème avec la liste de Remus, Severus ?

- Oui, et un problème de taille. Si je propose M. Harper et que Remus propose Miss Weasley, ça ne va jamais le faire. Ils ne peuvent pas être tous les deux préfets. Ils sont binômes de travail et ils sont tous deux membres de l'équipe de Quidditch de leur maison.

- C'est déjà le cas de plusieurs préfets cette année, fit remarquer Pomona. Certains d'entre eux font du Quidditch et il me semble qu'ils n'ont aucun souci pour s'organiser.

- Oui, mais ils ne sont pas binômes de travail. Parmi les préfets actuels, on n'en a aucun qui fait du Quidditch et qui est en binôme avec un autre préfet. On a ces deux cas, certes, mais pas combinés. Par exemple, nous avons Miss Granger et M. Boot qui sont préfets et binômes de travail mais qui ne font pas de Quidditch. Parmi les autres préfets, il y a M. Malfoy, Miss Parkinson et M. Weasley qui font du Quidditch mais qui ne sont pas en binôme de travail avec un autre préfet. M. Malfoy est en binôme avec M. Potter qui fait du Quidditch mais qui n'est pas préfet, Miss Parkinson est avec Miss Patil de Serdaigle qui est préfète mais qui ne fait pas de Quidditch, et quant à M. Weasley, il est en binôme avec Miss Bones qui n'est pas préfète et qui ne fait pas de Quidditch. Le cas de figure que nous aurons avec M. Harper et Miss Weasley sera donc complètement inédit. Ils devront concilier leurs séances de travail en binôme, leurs rondes et leurs entraînements de Quidditch. Je veux bien qu'ils soient très organisés mais là, ça va faire un peu trop…

- Je ne pense pas que ce sera si difficile que ça à gérer, estima Ernest. Les quatrième et cinquième année de l'année prochaine auront sûrement un peu moins de devoirs en binôme à rendre que cette année, étant donné que ce concept visait à rapprocher les maisons et que ça a largement eu les effets escomptés. Ils n'auront donc plus vraiment besoin de ces séances de travail mais j'imagine qu'ils en auront tout de même encore afin de stabiliser la situation. Ils auront donc moins de séances à caser dans leur emploi du temps et la difficulté de s'organiser reviendra à peu près au même à celle qu'ils ont aujourd'hui.

- Je n'avais pas vu les choses sous cet angle, admit Severus. Monsieur le directeur, vous confirmez que les futurs quatrième et cinquième année auront moins de séances de travail en binôme ?

- C'est ce qui est prévu, oui.

- Et pour les futurs sixième année ?

- Comme l'a dit Ernest, il faut stabiliser la situation, alors ils en auront toujours également. Mais là aussi, moins qu'actuellement. Ce seront les futurs troisième année qui en auront le plus puisqu'ils partiront de zéro au niveau des tensions entre les maisons. Mais pour ce qui est de M. Harper et de Miss Weasley, cela devrait être relativement faisable. Je compte de toute façon sur vous, Severus et Remus, pour les garder à l'oeil et les aider si besoin.

- Évidemment, approuva Severus.

- Nous ferons notre travail, assura Remus.

- Bien. Sirius, pouvez-vous nous faire part de votre liste ?

Sirius sursauta légèrement en entendant Dumbledore s'adresser à lui. Il était tellement plongé dans la discussion sans pour autant y participer qu'il avait oublié qu'il avait lui aussi une liste à présenter.

- Oui, euh… j'ai sélectionné Chad Baker, Dimitri Kirby et Erwin Kircher pour le poste de préfet et Gladys Bradford, Andrea Burton et Betty Howell pour le poste de préfète.

- Merci, Sirius. Est-ce que les choix des uns conviennent aux autres ? Quelqu'un a-t-il une réserve sur certains choix ? Oui, Filius ?

- Je n'ai plus ces élèves en cours puisqu'ils ne suivent pas l'option de duel mais pour le peu que je me souvienne d'eux, je ne vois pas vraiment M. Warren, M. Ashford, Miss Bradford et Miss Kyler comme potentiels futurs préfets. M. Brett est trop réservé, Miss Bradford et Miss Kyler sont un peu trop indisciplinées et M. Ashford n'est pas assez rigoureux.

- Je me suis dit la même chose pour M. Ashford et Miss Kyler, avoua Remus. Je ne les vois pas non plus comme préfets mais ceux que je n'ai pas choisis étaient encore moins éligibles. J'ai vraiment dû en sauver quelques-uns pour compléter ma liste. Mais il est clair qu'ils ne seront pas retenus. Si je dois être tout à fait honnête, je sais déjà qui seront les futurs préfets de Gryffondor et il y a peu de chances pour que je change d'avis.

- Je pense savoir qui vous avez d'ores et déjà choisi et je suis d'accord avec cette décision. Mais il faut tout de même faire passer les tests.

- Cela va de soi, affirma Remus.

- En ce qui concerne M. Brett, j'ai eu le même souci que Remus, déclara Severus. Je manquais de candidats crédibles. Je ne le nommerais certainement pas préfet mais c'était le choix le moins risible parmi les trois garçons qui restaient.

- C'est pareil pour moi, conclut Sirius. Je n'aurais pas nommé Miss Bradford s'il n'avait pas fallu constituer une liste de trois élèves par sexe. En revanche, je vais avoir du mal à départager les deux autres filles…

- Ne t'inquiète pas, j'ai une solution à proposer pour ça, révéla Severus. Il faudra toujours faire un choix, mais il sera moins… cruel, si je puis dire. À vrai dire, j'avais plusieurs points à soulever lors de cette réunion et je ne suis pas le seul.

- En effet, j'ai une requête à faire, confirma Pomona.

Dumbledore sembla un peu dépassé par toutes ces annonces.

- Eh bien, il était temps que cette réunion se tienne, visiblement, constata-t-il. Terminons d'abord de présenter les listes et nous passerons ensuite aux requêtes. Severus, pourquoi avez-vous choisi ces six élèves ?

Severus se mit alors à exposer les principaux atouts des six Serpentard qu'il avait nommés et Sirius l'écouta attentivement, profitant de l'expérience de son collègue qui n'en était pas à ses premières sélections de préfets. Puis ce fut au tour de Pomona qui, elle aussi, était une habituée. Remus, pour qui c'était également une première, prit la parole après Pomona et se débrouilla très bien aux yeux de Sirius. Il fut le dernier à passer. Il avait bien préparé son texte mais c'était un exercice inédit pour lui et il était un peu stressé. Mais tout se passa très bien. Comme ses collègues, il expliqua en quoi les six Serdaigle qu'il avait choisis feraient de bons préfets – même s'il avait du mal à voir Gladys Bradford en tant que tel – et il ne fit aucune confusion entre les noms, ce qu'il avait pourtant craint.

- Merci, Sirius. M. Warrington, Miss Jenner, avez-vous quelque chose à ajouter ? Un avis à donner ? En tant que préfets-en-chef, vous avez votre mot à dire sur le choix des futurs préfets. Vous avez un œil partout, peut-être avez-vous déjà repéré certains de ces candidats…

- Je voyais déjà Dimitri Kirby comme un potentiel futur préfet, en effet, attesta Tess Jenner. Ceux qui le connaissent ne tarissent que des éloges à son sujet. Il est à l'écoute, il aide dès qu'il le peut, il respecte tout le monde… Il a vraiment tout ce qu'il faut pour devenir préfet. Andrea Burton et Betty Howell méritent elles aussi ce poste. Je les connais assez bien et comme le professeur Black, je ne saurais les départager.

- Je rejoins l'avis de Tess sur Betty Howell, renchérit Cassius Warrington. Je ne suis pas de la même maison mais je connais Betty par le biais de sa sœur et elle serait vraiment parfaite dans le rôle de préfète.

Sirius fut surpris d'entendre un Serpentard de septième année chanter les louanges d'une élève de Serdaigle de quatrième année. Mais en voyant le sourire que tentait de dissimuler Tess, il comprit que Cassius connaissait vraiment bien la sœur de Betty Howell. Il ne remit cependant pas en cause l'objectivité de Cassius. Il savait qu'il disait ce qu'il pensait sans se laisser influencer par certains sentiments qui pourraient biaiser son jugement.

- Merci à vous deux, votre avis sera pris en compte. Nous allons parler de la suite du programme et ensuite nous nous intéresserons aux requêtes. Comme je vous l'avais expliqué lors d'une précédente réunion, les directeurs de maison vont devoir convoquer leurs six élèves les uns après les autres afin de leur annoncer qu'ils ont été retenus pour potentiellement devenir préfets. Ce sera l'occasion de voir s'il y en a qui sont partants ou s'il y en a qui, au contraire, n'ont pas envie de candidater pour ce poste. Dans ce cas-là, il faudra discuter avec l'élève pour savoir s'il n'en a vraiment pas envie ou s'il y a une autre raison qui le pousse à refuser. Vous aurez deux semaines pour voir tous vos élèves.

Quelle que soit leur réponse, ils auront jusqu'au quinze mai pour changer d'avis. Ça peut arriver. Ceux qui auront accepté de tenter l'expérience devront passer un test écrit basé sur le règlement. Un élève ne peut pas être nommé préfet s'il n'est pas au point sur le règlement alors qu'il sera censé le faire respecter dans le château. Les candidats seront ensuite soumis à cinq tests pratiques. Ils seront confrontés à toutes sortes de situations qu'ils pourraient rencontrer en tant que préfets. Puis il y aura un entretien entre chaque élève et son directeur de maison. À l'issue de ces entretiens, nous aurons une réunion durant laquelle vous exposerez vos choix. J'avais déjà mentionné tout cela, ceci n'est qu'un rappel. Bien, je vous écoute, à présent. Severus, il me semble que vous aviez plusieurs idées à proposer.

- Oui, j'en ai quatre, pour être exact.

Sirius fut amusé de voir un effroi passager se dessiner sur les traits du directeur. Il devinait très bien ce qu'il devait penser en apprenant que Severus avait quatre requêtes : «il veut réformer toute mon école ou quoi ?!».

- Nous sommes toute ouïe, Severus. Quelles sont vos idées ?

- Tout d'abord, je souhaiterais que chaque préfet ait un suppléant. Ce serait beaucoup plus pratique lorsque l'un d'entre eux ne peut pas assumer sa ronde. Au lieu de demander à un autre préfet de le remplacer au pied levé, ce sera le suppléant qui prendra automatiquement la place du préfet. Ainsi, si un directeur de maison hésitait entre deux élèves pour le poste de préfet, celui qui n'aura pas été choisi pourra faire ses preuves en cas de remplacement. Nous devrons donc nommer deux préfets et deux remplaçants chacun. Et il faudrait aussi choisir un remplaçant pour chaque préfet actuel. Il n'y a plus de préfet masculin à Poufsouffle et c'est cela qui m'a fait prendre conscience qu'il fallait des suppléants. Une maison ne peut pas rester sans préfet jusqu'à la fin de l'année, c'est inconcevable. Pour Poufsouffle, il faudrait même choisir un nouveau préfet titulaire, ainsi que deux remplaçants comme pour chaque maison. Voilà pour ce qui est des préfets. Je voudrais maintenant traiter le sujet des préfets-en-chef. Je pense que M. Warrington et Miss Jenner s'accorderont pour dire qu'ils n'ont pas eu grand-chose à faire cette année et que les week-end de garde ont occupé la majorité de leurs activités alors qu'ils n'étaient pas censés s'en occuper à la base. S'ils ont dû le faire, c'est parce que les préfets ne pouvaient pas assumer cette fonction tant ils étaient débordés. Avant, c'étaient eux qui assuraient ces gardes nocturnes mais avec les séances de travail en binôme, leurs autres fonctions de préfets et pour certains, leurs entraînements de Quidditch, ces gardes les auraient trop épuisés. Les préfets-en-chef ont donc hérité de ce devoir. Mais je pense que l'année prochaine, il faudrait faire un roulement. Les quatrième et cinquième année auront un peu moins de travail que cette année, et ça vaudra aussi pour les préfets, alors ils pourront de nouveau assurer ces gardes. Mais comme ils seront seize préfets et deux préfets-en-chef, soit dix-huit personnes en tout, ils en auront assez peu à effectuer. Pour en revenir aux préfets-en-chef, j'avais pensé à rehausser leur rôle. Pour l'instant, ils ne font qu'accompagner les professeurs durant les rondes de nuit une fois par semaine, être de garde le week-end et assister à certaines réunions, comme celle-là. Ils pourraient avoir d'autres fonctions. Par exemple, ce serait bien qu'ils fassent certaines annonces dans la Grande Salle. Ils seraient plus écoutés par les élèves car ils sauraient davantage attirer leur attention. Ils sont plus proches d'eux, ils savent comment leur parler, ils feront donc mieux passer certains messages. Ils pourraient aussi faire de la prévention dans leurs salles communes sur des sujets qu'à leur âge, ils sont en mesure de maîtriser. Ils feraient ainsi de la prévention contre la drogue, sur la sexualité, contre le harcèlement, sur les violences familiales… Ce sont des thèmes importants qu'on ne peut plus ignorer aujourd'hui et sur lesquels les élèves doivent absolument être sensibilisés. Je sais que ce genre de préventions ne peut pas être fait en cours car les enseignants ne veulent pas sacrifier une ou deux heures précieuses de leur programme, c'est pourquoi il serait intéressant que cela se passe dans les salles communes et que ce soient les préfets-en-chef qui s'en occupent. J'aurais encore plein de choses à ajouter mais ce sera tout pour le sujet des préfets-en-chef. Ma troisième idée porte sur les capitaines de Quidditch. C'est à peu près la même idée que pour les préfets. J'estime que ce serait une bonne chose qu'il y ait des co-capitaines. Si le capitaine se retrouve dans l'incapacité provisoire de gérer son équipe, il faudrait qu'il puisse se reposer sur quelqu'un qui aura été désigné pour cela. Ce serait au capitaine et au directeur de choisir ensemble le co-capitaine. Cela se ferait donc plusieurs semaines après la rentrée, le temps que le capitaine fasse bien connaissance avec son équipe. Il faudrait aussi revoir la façon de prévenir les capitaines qu'ils ont été nommés à la tête de leur équipe. Mais je crois qu'un des capitaines actuels a eu la même idée et qu'il est en train de faire une vraie campagne à ce sujet. Il faudra organiser une réunion avec les directeurs de maison et lui pour en parler. Je ne m'attarderai donc pas davantage là-dessus pour l'instant. J'en viens alors à la quatrième chose que je souhaitais aborder. Sirius et Remus m'ont dit que M. Boot et Miss Granger étaient venus les voir afin de leur parler de quelque chose. Ils regrettaient de ne pas avoir pris l'option de duel car cela leur aurait été bien utile lors de leurs rondes. Ils se sont bien rendus compte qu'ils ne faisaient pas le poids quand ils se retrouvaient pris en duel. Ils estiment que l'option devrait être obligatoire pour tous les préfets et je suis d'accord avec eux. C'est indispensable pour qu'ils puissent venir à bout de leur adversaire lorsqu'ils sont provoqués en duel durant leurs rondes. Surtout quand leur adversaire s'avère être un dealer. Voilà, j'ai fait le tour de tout ce que j'avais à dire.

La longue tirade de Severus fut suivie d'un silence qui sembla être nécessaire à Dumbledore pour encaisser tout ce qu'il venait d'entendre. Sirius pouvait le comprendre : cela faisait un peu trop de choses à emmagasiner d'un coup. Mais il était d'accord avec tout ce qu'avait dit Severus. Ses idées étaient toutes géniales. Il avait été fasciné par la façon dont Severus les avait développées. Il était un excellent orateur, nul ne pouvait le nier. Il était un homme de conférence, même s'il était rare qu'il en fasse. Sirius se faisait cette pensée lorsque Dumbledore reprit la parole :

- Eh bien, je dois dire que je suis surpris, je ne m'attendais pas à ce que vous voudriez réformer le système de préfet, de préfet-en-chef et de capitanat de Quidditch… Mais vos idées sont très justes. Je vais devoir y réfléchir mais je vous recontacterai très vite pour que nous puissions en discuter de manière plus approfondie. Il y a cependant un sujet que je souhaiterais traiter tout de suite : le poste de préfet de Poufsouffle. Actuellement, les trois autres préfets se relaient mais ça ne va pas pouvoir continuer comme ça. Il faut un remplaçant à M. MacMillan et vite. Pomona, avez-vous une idée de la personne qui pourrait prendre sa place ?

- Je me souviens que M. Wayne avait retenu mon attention et que j'avais hésité entre M. MacMillan et lui. Il semblait intéressé par ce poste quand je lui avais dit qu'il faisait partie des potentiels futurs préfets. Il devrait donc toujours être partant. Je lui en parlerai et je vous tiendrai au courant.

- Bien, s'il accepte, briefez-le rapidement et faites en sorte qu'il prenne vite ses fonctions. Pour ce qui est des autres requêtes, nous en reparlerons un peu plus tard, le temps que j'y réfléchisse. Il me semble que quelqu'un d'autre en avait également une à faire ?

- Oui, c'est moi, déclara Pomona. Cela concerne nos bureaux et nos appartements. Je comprends la raison pour laquelle vous avez voulu les séparer et je soutenais vos arguments, mais j'ai beau avoir essayé, je n'arrive pas à m'y faire. J'ai tendance à passer plus de temps dans mes appartements que dans mon bureau car c'est beaucoup plus pratique ainsi, mais du coup, les élèves viennent souvent me voir à la fin des cours pour me parler car quand ils vont à mon bureau, je ne suis jamais là… Je n'avais pas ce problème avant, quand les bureaux et les appartements étaient reliés. Grâce à un sort adéquat, nous pouvions parfaitement entendre quelqu'un frapper à la porte de notre bureau même si nous étions dans nos appartements. Certes, la question de la séparation de la sphère professionnelle et de la sphère privée se posait, mais il n'y avait jamais eu de soucis à ce niveau-là jusqu'à l'année dernière et il y en a depuis qu'il y a cette séparation. Plusieurs de mes collègues sont d'accord avec moi. Je souhaiterais donc que nous retournions à l'ancien système. Ce sera mieux ainsi pour tout le monde. Mais je comprendrais que vous refusiez.

Dumbledore resta silencieux pendant quelques secondes avant de répondre :

- Je vais y réfléchir également. J'ignorais que la situation était aussi compliquée. J'avais simplement voulu prendre des précautions en séparant les appartements de tous les professeurs de leurs bureaux, mais il est vrai qu'il n'y avait jamais eu de problèmes auparavant. Nous allons faire un vote à main levée afin de voir si c'est une gêne commune ou non. Sirius, Ernest et Brian, étant donné que c'est votre première année ici, vous ne pourrez pas participer. Hagrid non plus, vu que vous habitez dans votre cabane.

Sirius et ses trois collègues acquiescèrent. Ernest, Brian et lui n'avaient pas connu l'époque où les appartements et les bureaux étaient reliés, ils ne pouvaient donc pas donner leur avis.

- Bien, qui préférait le système d'avant ?

Severus, Filius, Pomona et Aurora levèrent la main.

- Qui préfère le système actuel ?

Sybille, Charity, Septima et Bathsheda se manifestèrent. Sirius ne fut pas surpris. Elles enseignaient toutes des options, elles avaient donc moins de travail, moins de copies à corriger et par conséquent, elles devaient passer moins de temps dans leur bureau. Et elles avaient moins d'élèves qui venaient les voir. Avoir leurs bureaux à proximité de leurs appartements ne leur serait donc pas d'une grande utilité.

- Remus, vous n'avez aucun avis ? s'étonna Dumbledore.

- Ce n'est que ma deuxième année à Poudlard en tant que professeur, je n'ai pas autant d'expérience que mes autres collègues…

- Je comprends, mais votre vote serait crucial car nous sommes à égalité, là.

Sirius vit le regard de Pomona s'assombrir. Sans doute pensait-elle que Remus allait voter pour le système actuel afin de se venger d'elle… Mais elle oubliait que parmi ceux qui étaient pour l'ancien système se trouvaient deux professeurs dont il était très proche. S'il avait pu participer, Sirius aurait voté pour l'ancien système afin de soutenir Filius et Severus. Il reporta son attention sur Remus qui semblait hésiter. Il finit cependant par faire son choix :

- Je vote pour revenir à l'ancien système.

Plusieurs soupirs de soulagement se firent entendre. Ernest et Brian avaient l'air ravis du choix de Remus. Pomona était visiblement surprise tandis que Sybille, Charity, Septima et Bathsheda étaient un peu déçues mais sans paraître en vouloir à leurs collègues.

- Merci Remus. Je ferai donc en sorte que les appartements et les bureaux soient de nouveau reliés d'ici la rentrée. Y avait-il d'autres requêtes ? Non ? Bien, vous pouvez vaquer à vos occupations. Je vous souhaite à tous une agréable fin de journée.

Les professeurs se levèrent et commencèrent à quitter la salle. Sirius se déplaça vers Severus qui ne paraissait pas pressé de rejoindre ses appartements.

- Severus, est-ce que je pourrai te parler après être allé voir Pomona ?

- Oui, ça tombe bien, je souhaitais te parler aussi.

- Super, je fais vite. À tout à l'heure.

Sirius alla retrouver Remus qui rangeait son parchemin dans sa mallette.

- Moony, est-ce que tu voudrais venir avec moi pour aller discuter avec Pomona ?

Remus regarda Sirius, l'air perplexe.

- Tu veux te prendre son venin en pleine figure ?

- Non, au contraire, je veux essayer d'arranger les choses. Et savoir pourquoi elle nous en veut. Ça m'étonne que tu sois remonté à ce point contre elle…

- Je sais, ça ne me ressemble pas. Mais son attitude envers nous m'a vraiment blessé. Je croyais que nous étions amis. Elle a toujours été gentille avec moi. On s'entendait super bien. Elle m'a accueilli chaleureusement il y a deux ans et demi lorsque j'ai intégré l'équipe professorale. Et elle a fait de même avec toi à la rentrée.

- Justement, je ne pense pas que ce soit nous, le problème. Ce n'est pas son genre d'en vouloir à ses collègues parce qu'ils ont un traitement de faveur ou parce qu'ils ont transgressé le règlement. Elle est plutôt du genre à soutenir ses collègues, quoiqu'il arrive.

- C'est vrai, admit Remus. Bon, allons la voir, dans ce cas.

Il ferma sa mallette et suivit Sirius qui l'emmena voir Pomona qui s'entretenait avec Filius. Celui-ci s'en alla très vite, ayant sûrement deviné les intentions de ses deux collègues.

- Bonjour, Pomona, pouvons-nous discuter un moment ? demanda poliment Remus.

- Je suis assez pressée, prétendit-elle.

- Ah, c'est pour ça que Filius est parti ? s'enquit innocemment Sirius.

- Tout à fait, confirma Pomona, l'air mal à l'aise. Je vais y aller, d'ailleurs.

- Non mais attends, on ne va pas rester éternellement comme ça, protesta Sirius. Qu'est-ce qu'on t'a fait, au juste ? Pourquoi tu es aussi distante avec nous ?

- Cela ne regarde que moi.

- Donc tu reconnais qu'il y a un problème ? C'est quoi ? Tu nous en veux à cause de notre relation ? Severus vous a pourtant expliqué à tous ce qu'il en est…

- Oui, vous n'avez rien voulu, rien cherché, rien décidé, j'ai bien saisi, merci.

- Alors tu comprends pourquoi Dumbledore nous autorise à rester travailler ici tout en poursuivant notre relation ?

- Oui, mais je n'ai pas envie de me justifier.

- Ah d'accord. Donc on n'a pas le droit de savoir pourquoi tu ne veux plus nous adresser la parole ? Tu sais que ça nous blesse, que tu nous rejettes comme ça ? Nous avons toujours été en d'excellents termes, tu nous as tous les deux accueillis, soutenus, accompagnés, aidés, conseillés… Il n'y a pas eu le moindre conflit entre nous depuis que j'ai rejoint le corps enseignant et je pense que tu n'en as jamais eu non plus avec Remus, alors pourquoi tu fais soudain fi de notre amitié ? Si ce n'est pas à cause de notre relation, c'est à cause de quoi ?

- Je ne veux pas en parler. Laissez-moi tranquille, s'il vous plaît.

Sirius voulut insister mais Remus le devança :

- Bien, comme tu veux. Nous n'avons donc plus rien à attendre de toi et tu n'as plus rien à attendre de nous. Sache juste que nous sommes déçus. Pas seulement à cause du fait que tu veuilles tirer une croix sur notre amitié, mais aussi et surtout parce que nous espérions mieux de la part de la directrice des Poufsouffle. Une maison qui se dit tolérante, juste, loyale et sincère. On se demande où ont bien pu passer ces valeurs.

Sur ces mots, Remus tourna les talons et entraîna Sirius à sa suite.

- Attends, je dois parler avec Severus… Ça nous concerne, alors tu peux venir avec moi.

Remus se tourna vers Sirius, l'air intrigué.

- Qu'est-ce que tu veux lui dire ?

- C'est plutôt une question que je veux lui poser. Quand Bathsheda est venue me féliciter pour notre relation, elle m'a demandé si nous pouvions communiquer par la pensée. Je n'ai pas trop su quoi lui répondre car on n'a jamais essayé mais on ne sait pas si c'est possible…

- Je pense que Severus nous en aurait parlé, si c'était le cas. Mais c'est intéressant à savoir, en effet. Et ça ne nous coûte rien de le lui demander, affirma Remus.

Sirius acquiesça et tous deux allèrent voir Severus qui était le seul à être resté assis. Il était penché sur un parchemin mais il leva les yeux vers eux lorsqu'il les entendit arriver.

- Vous vouliez me parler ?

- Oui, dit Sirius en s'installant. Depuis que tu as expliqué aux collègues le lien qui nous unit, Remus et moi, nous sommes bombardés de questions lorsqu'ils viennent s'excuser ou nous féliciter ou les deux à la fois. Et une de nos collègues m'a posé une colle. Remus n'en sait pas plus que moi. Nous souhaiterions donc que tu éclaires notre lanterne.

- Je vous écoute.

- Est-ce que Remus et moi pouvons communiquer par la pensée ?

- Oh. Bonne question. Je n'ai jamais entendu parler de ça mais c'est peut-être possible. Il reste des études à mener sur le lien qui vous unit. Nous ne savons pas tout. Mais vous pouvez toujours tenter l'expérience. Quoi qu'il en soit, si vous n'arrivez pas à faire de la télépathie, vous pouvez au moins sentir les choses entre vous. Il y a une grande part d'instinct qui peut jouer dans votre relation. Vous devez juste le laisser s'exprimer.

- D'accord, on retient l'information. Ça peut toujours être utile. Merci pour ces renseignements. Tu avais quelque chose à me dire aussi, je crois ?

- Oui, enfin, à vous dire. Ça tombe bien que tu sois là, Remus.

- Ouh là, je n'aime pas ça du tout, se méfia Sirius. Si tu veux nous parler à tous les deux, c'est que ça doit concerner Harry…

- On ne peut rien te cacher, avoua Severus.

- Qu'est-ce qui se passe ? Il y a un problème avec lui ? s'inquiéta Remus.

- Il ne semblait pas au top de sa forme, hier. Il m'a rendu un échantillon qui était bien en-dessous de son niveau habituel. Ça ne m'a pas vraiment surpris puisqu'à chaque fois que je le regardais, il avait la tête ailleurs. Je l'ai retenu à la fin du cours, j'ai essayé de savoir pourquoi il était aussi distrait et il s'est montré très insolent dans sa façon de me parler. Ça, en revanche, ça m'a étonné. Depuis que nos relations se sont apaisés, il a toujours été respectueux avec moi. Là, j'ai eu l'impression d'avoir à faire à un ado en pleine crise d'adolescence. Je sais que Harry n'est pas comme ça, c'est pour ça que j'ai jugé bon de vous en parler. Il a fini par se calmer et redevenir lui-même quand je lui ai dit qu'il n'était pas seulement mon élève mais aussi mon patient et le petit-ami de mon filleul. Il m'a alors dit qu'il s'était disputé avec Miss Granger et qu'en se rendant à son dortoir après le déjeuner, il avait fait un malaise qui l'avait empêché de se rendre à son cours de Défense Contre les Forces du Mal, ce que m'a confirmé Brian quand je lui en ai parlé.

- Oui, il m'en a informé aussi, vu que je suis le directeur de maison de Harry, et je l'ai dit à Sirius qui a eu Harry en cours en fin de journée, donc on ne s'est pas vraiment inquiétés…

- Maintenant que j'y pense, il avait une attitude un peu bizarre, se rappela Sirius. Je n'ai pas croisé une seule fois son regard puisqu'il a gardé la tête baissée vers son parchemin durant toute l'heure… Et il a été l'un des premiers à sortir. J'ai pensé qu'il était juste de mauvaise humeur, je ne me suis pas posé plus de questions… J'aurais peut-être dû.

- Tu ne savais pas encore qu'il avait séché un cours à ce moment-là…

- Non, j'ai simplement su que tu l'avais retenu et que c'est pour ça qu'il était arrivé en retard à mon cours. Je comprends mieux, maintenant. Mais je ne pense pas que le terme «sécher un cours» soit le plus approprié. S'il a fait un malaise, il pouvait difficilement aller en cours…

- Encore faut-il qu'il ait vraiment fait un malaise.

Sirius écarquilla les yeux.

- Attends, tu insinues quoi, là ? Qu'il aurait menti ?

- Je me le demande, oui. Du moins, je suis sûr qu'il me cachait quelque chose quand je l'ai retenu après le cours. Il s'est passé un truc et il n'a pas voulu m'en parler.

- Qu'est-ce qu'on fait, alors ? Est-ce que Remus doit le convoquer ? Ou est-ce que je dois l'inviter à boire un thé dans nos appartements ?

- Ni l'un, ni l'autre. Pour l'instant, je suis d'avis à ce qu'on ne fasse rien. Il va se braquer si on tente de le faire parler maintenant. Il vaut mieux laisser la tension redescendre un peu. Mais on va quand-même le surveiller. Histoire de voir s'il est attentif, s'il a le moral, s'il semble préoccupé…

- D'accord, on fait comme ça. J'espère qu'on s'inquiète pour rien et que tout va bien, en réalité…

- Je l'espère aussi. N'hésitez surtout pas à venir me voir si vous remarquez quelque chose qui n'est pas normal dans son comportement.

- Nous n'y manquerons pas, assura Remus. Merci, Severus. Nous allons te laisser. Passe une bonne soirée.

Severus souhaita de même à Sirius et Remus puis le couple s'en alla.

- Sacrée réunion, commenta Sirius.

- Oui, je plains un peu Dumbledore… Il va avoir du pain sur la planche avec toutes les requêtes qui lui ont été faites…

- S'il avait mieux géré son école par le passé, il n'en serait pas là à l'heure qu'il est.

- C'est vrai. Il a de la chance que Severus soit là pour pointer tout ce qui ne va pas et proposer des solutions…

Sirius acquiesça alors que Remus et lui arrivaient à leurs appartements. Ils entrèrent et se rendirent au salon. Ils décidèrent de travailler jusqu'au dîner, ayant des tas de copies à corriger. Sirius était un peu ailleurs à cause de ce que lui avait dit Severus sur Harry mais il essaya de ne pas y penser et de se concentrer sur les devoirs de ses élèves. Il ne pouvait rien faire pour le moment mais il comptait bien garder Harry à l'oeil. Au moindre détail suspect, il en référerait à Remus et à Severus. Ils se faisaient peut-être des idées mais ils ne voulaient rien négliger. Ils avaient appris de leurs erreurs et si Harry avait des problèmes, ils allaient le forcer à en parler. Il devait avoir confiance en eux et ils allaient bien s'appliquer à le lui faire comprendre.

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(dimanche 14/04) POV Théo

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- Bon, je vais y aller, sinon je vais être en retard.

- En retard ? Il est dix heures quarante et tu as rendez-vous à onze heures…

- On ne sait jamais ce qui peut se passer dans les couloirs ou dans les escaliers.

- Ah oui, comme un Quintaped qui pourrait te courser partout dans le château ou un méchant Nundu qui voudrait te bouffer tout cru… Ou bien un Troll des montagnes qui souhaiterait te demander si tu serais d'accord pour lui apprendre à lire…

- Tu ne serais pas en train de te moquer de moi, par hasard ?

- Nooooon, penses-tu…

Théo leva les yeux au ciel et attrapa ses chaussures qu'il enfila en pestant contre son meilleur ami. Il était seul avec Draco dans leur dortoir, Blaise passant la matinée avec sa petite-amie.

- Non mais sérieux, il ne te faut pas vingt minutes pour monter au troisième étage…

- Je préfère être en avance, c'est tout. Je ne veux pas faire attendre le professeur Black.

- Tu ne le feras pas attendre si votre rendez-vous est fixé à onze heures… Il ne pensera pas te voir avant.

- Laisse tomber, Draco.

Alors que Théo prenait sa baguette qu'il avait posée sur sa table de chevet, ses rideaux s'ouvrirent sur Draco qui le rejoignit.

- Hé, tu as encore vingt minutes devant toi, alors explique-moi. Pourquoi c'est si important pour toi d'être en avance à ton cours particulier avec le professeur Black ?

Théo soupira.

- Je me sens redevable envers lui. Non mais c'est vrai quoi, c'est le monde à l'envers ! Il y a deux mois, je manque de blesser gravement son filleul à cause d'une explosion provoquée par ma magie instable et aujourd'hui, malgré ça, il veut m'aider à la calmer ! Comme si rien ne s'était passé !

- Mais ce n'était pas de ta faute, Théo. La magie de Harry aussi était instable, à ce moment-là. Tu es conscient que tu n'y es pour rien, rassure-moi ?

- Oui, bien sûr… Mais je me sens quand-même responsable, par moment. Mais ça passe assez vite.

- Tu en as parlé avec Severus ?

- Un peu, oui. Mais là, c'est surtout le fait que le professeur Black veuille bien m'aider alors que j'ai mis son filleul en danger qui me perturbe…

- Mais tu ne l'as pas fait volontairement, c'est ça qu'il voit, lui ! Et il a raison ! Tu n'as jamais voulu que cette explosion se produise, c'est ça qu'il retient et tu ferais mieux d'en faire autant.

Théo acquiesça.

- Oui, tu as raison. Il faut que j'arrête de me prendre la tête avec ça. Je n'y suis pour rien. C'est ma magie qui n'en a fait qu'à sa tête.

- Voilà, répète-toi ça en boucle et ça va finir par entrer. Allez, file, tu vas être en retard si tu arrives avec seulement cinq minutes d'avance… En plus tu as rendez-vous avec le professeur le plus sévère de tou…

Draco n'eut pas le temps de terminer sa phrase car il dut esquiver un oreiller que Théo lui lança en pleine figure. Il éclata de rire et renvoya l'oreiller à son propriétaire avant de reculer afin d'éviter de se faire attaquer une seconde fois. Ce faisant, il heurta la table de chevet et fit tomber une lettre qui était posée dessus. Théo vit la scène et s'empressa de ramasser la missive.

- T'inquiète, je n'allais pas la lire, s'amusa Draco.

- Je sais, c'est juste que je n'aime pas que les choses traînent par terre.

- Ah oui, c'est vrai. On est un peu pareils, toi et moi, à ce sujet. J'espère que ton chéri n'est pas trop bordélique… C'est bizarre mais je les vois bien comme ça, les Poufsouffle. T'en penses quoi, toi ?

- J'en pense que je dois vraiment y aller et qu'on discutera plus tard de mon chéri et de sa capacité à garder un endroit net et bien rangé. Allez, à tout à l'heure.

Théo remit son oreiller sur son lit, quitta son espace et sortit du dortoir. Alors qu'il se dirigeait vers les escaliers, il songea à la lettre que Draco avait fait tomber par terre. C'était la réponse des gérants du Chaudron Baveur qu'il avait reçue quelques jours plus tôt. Il avait eu peur de l'ouvrir, craignant d'apprendre que sa candidature avait été rejetée, mais il l'avait finalement fait et il avait découvert avec joie que M. et Mrs Dawnson étaient d'accord pour le rencontrer. Ils lui avaient proposé de se voir lors de la prochaine sortie à Pré-au-Lard et Théo leur avait communiqué la date à laquelle elle aurait lieu. Il s'était senti soulagé d'un très gros poids. Il n'en avait encore cependant pas parlé à ses amis et à son directeur de maison, préférant attendre d'être sûr d'être embauché. C'était pour cette raison qu'il s'était rapidement emparé de sa lettre, ne voulant pas qu'elle se retrouve entre les mains de Draco. Il allait devoir faire plus attention. Ce fut sur cette pensée qu'il monta les escaliers et qu'il se rendit à la salle de sortilèges. Le professeur Black était déjà là lorsqu'il arriva. Il leva la tête et lui sourit.

- Ah, bonjour Théo, te voilà ! Je me doutais que tu serais un peu en avance. Entre, ne reste pas sur le pas de la porte.

Théo obéit et pénétra dans la salle de classe.

- Le professeur Flitwick m'a parlé de votre première séance. Il regrette de ne pas t'avoir dans ses cours de duel. Il a besoin de quelqu'un comme toi pour montrer l'exemple à ses élèves. Il pourrait se livrer à un mini duel avec toi avant chaque exercice pour que les élèves voient ce qu'il faut faire. Mais il comprend qu'avec onze cours, tu n'aies pas voulu prendre l'option.

- Ça m'aurait pourtant beaucoup plu. Mais je réfléchis à abandonner une matière pour les ASPIC. Si j'arrête la divination, je pourrais m'inscrire au cours de duel… Ça ne me prendrait que deux heures par semaine, comme toutes les options, et au moins, il n'y aura pas de devoirs à faire.

- C'est vrai. Il faudrait que tu en discutes avec ton directeur de maison lors du conseil d'orientation. Bon, puisque tu es là, autant passer à ce qu'on va faire durant cette heure. On va se concentrer sur sept sorts : le maléfice d'entrave, le maléfice du saucisson, le sortilège de désarmement, le sortilège de blocage, le maléfice de danse endiablée, le sortilège de chatouillis et le sortilège de stupéfixion. On n'a pas encore vu ce dernier sort en cours mais je sais que tu le maîtrises. Et il faut une certaine puissance pour le lancer. C'est pour ça qu'on ne vous l'apprend qu'en fin de cinquième année. Mais tu connais déjà ce sort, donc on va en profiter. Car il est très utile en duel. Tu vas d'abord lancer ces sorts un à un pour t'échauffer. Tu sais comment ranimer une personne stupéfixée ?

- Oui, avec la formule Enervatum.

- C'est ça. Le reste des sorts sont annulables avec le sort de neutralisation. Bien, on va commencer avec le maléfice d'entrave. Je vais marcher vers toi et tu vas devoir me ralentir.

Théo alla se positionner à l'autre bout de la pièce et sortit sa baguette. Lorsque le professeur Black se mit à marcher, il lui lança le maléfice d'entrave qui l'empêcha presque d'avancer. Il le libéra très vite du sort avec un Finite. Il s'exerça ensuite avec les six autres sorts, les annulant rapidement avec l'anti-sort qui convenait.

- Parfait. On va pouvoir passer aux choses sérieuses. On va désormais se battre en duel en utilisant ces sept sorts. On pourra également se défendre avec le charme du bouclier, mais c'est à toi de voir s'il vaut mieux te défendre ou attaquer. On va aller doucement, au début, puis de plus en plus vite et sans faire de pauses. Le but est d'aller au bout de tes forces, ce qui va considérablement calmer ta magie. Mais ça va rester très gentil pour aujourd'hui. Car tu vas voir qu'au fil des séances, ça va être de plus en plus intense. Les sorts vont s'enchaîner à toute vitesse, tu n'auras pas le temps de souffler une seconde, si bien que tu vas sûrement vouloir abandonner mais tu devras tenir bon. Bien sûr, si ça devient vraiment trop difficile, il faudra le dire. Le but n'est pas que tu t'évanouisses. Je compte sur toi pour être raisonnable là-dessus. D'accord ?

Théo acquiesça.

- Bien. Tu es prêt ?

- Oui.

- En position, alors !

Théo et le professeur Black se mirent face à face, à quelques mètres l'un de l'autre. Ils se jaugèrent du regard et Théo attendit que son professeur attaque pour riposter. Il pourrait très bien attaquer en premier mais ce n'était pas la stratégie qu'il avait choisie. Le professeur Black dut le deviner car il fit exprès de prendre tout son temps afin de faire mariner Théo. Celui-ci se força à rester calme mais l'attente le rendait fébrile, à tel point qu'il put sentir sa magie s'agiter et s'impatienter jusqu'au bout de ses doigts. Lorsque son adversaire lui décocha enfin un maléfice du saucisson, Théo répliqua à la seconde avec un sortilège de blocage qui fut aisément paré d'un Protego informulé. Le professeur Black attaqua de nouveau avec un maléfice de danse endiablée que Théo esquiva avant de tenter de désarmer son adversaire. Son sort fut une nouvelle fois paré et il fut visé par un sortilège de blocage qu'il évita habilement. Il essaya de stupéfixer son professeur mais il se retenait tellement de peur de blesser son adversaire que ce dernier n'eut aucun mal à repousser son sort.

- Ne te bride pas, Théo ! Ce n'est pas le but, au contraire ! Petrificus Totalus !

- Rictusempra !

Aucun des deux sorts n'atteignit sa cible, chacun se protégeant efficacement.

- Stupefix !

Théo para le sort de son professeur d'un informulé et répondit par un maléfice du saucisson que son adversaire esquiva. Il contre-attaqua si vite avec un sortilège de blocage que Théo fut obligé de se baisser pour y échapper.

- Voilà, c'est bien ! Tarentallegra !

Théo bloqua le sort et essaya de désarmer de nouveau son rival sans y parvenir. Le professeur Black enchaîna aussitôt avec un maléfice de danse endiablée que Théo évita en se baissant une nouvelle fois. Il riposta sans attendre avec un sortilège de blocage qui fut paré par sa cible qui lui lança à son tour un sortilège de désarmement. Le rythme avait considérablement augmenté et ça ravissait Théo qui sentait que c'était ce dont il avait besoin. Il mit davantage de force dans ses sorts et oublia que c'était son professeur qui se tenait face à lui. Plus ça allait, plus il se libérait. Il ne faisait pas que se défendre et attaquer, il se déplaçait également et se baissait régulièrement pour éviter les sorts qu'il n'avait pas le temps de parer. Et le professeur Black en faisait autant. Ils ne se laissaient aucun répit et ne se faisaient aucun cadeau. Ils esquivaient tous les sorts, le but étant de ne faire aucune pause et de faire durer le duel le plus longtemps possible. Au bout de trois quarts d'heure, Théo commença à être sérieusement hors d'haleine mais il avait l'impression qu'il pouvait continuer des heures ainsi. Il ne percevait pas la fatigue mais sa magie, elle, faiblissait légèrement. Pas autant qu'espéré mais c'était déjà une preuve que la séance faisait effet. Ils se battirent pendant encore cinq minutes puis le professeur Black mit fin au duel. Théo baissa sa baguette et put reprendre son souffle tandis que son professeur remettait un peu d'ordre dans la salle de classe.

- C'était une très belle séance, dit-il en revenant près de Théo. On est encore loin de pouvoir calmer suffisamment ta magie mais c'est normal puisque ce n'était que ta deuxième séance. Tes sortilèges de stupéfixion étaient déjà bien plus puissants qu'au début, même si là aussi, tu es loin de ce que tu es capable de faire. Tu te restreins parce que tu as peur de ta magie mais il faut au contraire que tu la laisses s'exprimer. Tu ne pourras pas apaiser ta magie tant que tu n'y mettras pas toute ta force. Tu dois te faire confiance. Après, c'est logique que tu aies peur, étant donné que ta magie a déjà fait des dégâts, mais on est là justement pour la canaliser et pour ça, tu dois absolument l'extérioriser et ne pas la brider.

- Je comprends. Mais quand vous dites que je suis capable de mieux faire…

- Non, ça ne veut pas dire que tu es nul, coupa le professeur Black en souriant. Quand je te dis que tu te restreins, je ne veux pas dire par-là que lorsque tu arrêteras de te brider, tu deviendras un élève encore plus fort, que si tu avais des Acceptable jusque-là, tu aurais des Optimal et que tu pourrais carrément passer tes ASPIC dans la foulée, non, ce n'est pas ça du tout. Ça n'a rien à voir avec tes compétences, ni avec ton niveau. Tu ne deviendras pas plus fort, tu n'auras pas de meilleures notes, ce qui serait déjà compliqué pour toi vu que tu as des Optimal partout, apparemment. Mais même si tu avais des Acceptable ou des Effort Exceptionnel, tu ne serais pas passé à Optimal en arrêtant de te restreindre, car ça n'a vraiment aucun lien avec ton niveau. C'est juste de ta puissance magique dont il est question. Tu as un trop-plein de ta magie en toi et il faut l'évacuer. C'est tout. C'est pour ça que tu dois y aller à fond. Mais ça ira mieux quand tu cesseras de craindre ta magie. Je sais que tu as été traumatisé par ce que ta magie a pu faire, mais tu n'as rien à craindre durant ces séances. Il ne faut pas seulement que tu te fasses confiance à toi mais aussi au professeur Flitwick et moi. Nous savons ce que nous faisons en t'encourageant à expulser ta magie hors de ton être. Tu comprends ?

- Oui, dit sincèrement Théo. Je vais faire de mon mieux pour ne plus avoir peur de ma magie.

- Ça viendra avec le temps. Tu vas avoir environ dix séances jusqu'à la fin de l'année, il en faudrait le double pour canaliser entièrement ta magie mais ce sera déjà suffisant pour qu'il ne se passe rien de grave durant l'été. En fait, ce qui serait bien, c'est de poursuivre les séances pendant les vacances mais ça risquerait d'être compliqué.

- Surtout si je travaille…

- Ah oui, c'est vrai, il y a ça, aussi. Mais tu vas bien avoir droit à un jour de repos par semaine, nous ne sommes plus au temps de l'esclavagisme… Tu as eu des nouvelles, au fait ?

- Oui, j'ai reçu une réponse il y a quelques jours et ils veulent bien me rencontrer. Ils aimeraient me voir lors de la prochaine sortie à Pré-au-Lard.

- C'est une excellente nouvelle, se réjouit le professeur Black. Je suis certain qu'ils accepteront de te prendre en essai. Et si c'est le cas, ce sera le moment d'en parler à ton directeur de maison.

Théo ne put retenir une moue qui trahit sa réticence.

- Théo, ne songe surtout pas à te défiler. Tu dois lui en parler et tu le sais. Il ne cherchera pas à t'en empêcher, tant que tu lui promets de ne pas trop tirer sur la corde. Mais vu que tu es fragile, il doit te donner les potions adéquates pour que tu puisses travailler tout en restant en pleine forme. Avec ça, tu n'auras aucune contre-indication. Ce sera la seule condition qu'il t'imposera. Dis-moi que tu lui en parleras si les gérants du Chaudron Baveur te prennent à l'essai.

Théo retint un soupir et céda.

- J'irai le voir, c'est promis.

- Bien. Je vais te laisser aller manger, je t'ai déjà fait perdre assez de temps comme ça.

Théo remercia le professeur Black, le salua et s'en alla. Se battre en duel lui avait l'ouvert l'appétit, c'était assez rare pour être souligné et ce fut donc d'un pas plus pressé que d'habitude qu'il se rendit à la Grande Salle.

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Trois quarts d'heure plus tard, en sortant de la Grande Salle, Théo tomba sur Justin qui avait l'air de l'attendre.

- Désolé si j'ai été un peu long, je ne savais pas que tu serais là, s'excusa Théo.

- C'est normal, puisque c'était une surprise, dit Justin en souriant.

Il s'avança vers Théo et l'embrassa tendrement. Théo se sentit fondre sous la douceur de ce baiser et y répondit avec la même tendresse. Justin lui apportait exactement ce dont il avait besoin en ce moment-même. De la sérénité, de l'attention, de la douceur, de l'amour… Et tout cela en quelques minutes seulement. Justin était vraiment le garçon fait pour lui. Et Théo l'aimait bien plus qu'il ne pourrait jamais le dire tant son amour était fort et puissant. Ils rompirent assez vite le baiser, chacun devant se souvenir de l'endroit où ils étaient.

- Ça te dirait qu'on aille à ma salle commune ? suggéra Justin. Tu y es déjà allé une fois, le jour où tu m'as sauvé avec Ernie, mais j'imagine que tu n'as pas eu le temps de bien la découvrir…

- En effet, j'ai à peine regardé autour de moi, avoua Théo.

- Tu veux bien qu'on y aille, alors ? Ça changera de la salle sur demande… Même si je pense qu'on finira quand-même par y aller quand on voudra être seuls. Mais si tu préfères qu'on y aille tout de suite, il n'y a pas de problème.

- Non, ta salle commune me va très bien. Je n'ai pas pu en profiter la première fois, donc je compte bien y remédier.

- Super, allons-y, dans ce cas !

Justin et Théo entrelacèrent leurs doigts et prirent le chemin de la salle commune de Poufsouffle qui était située à côté des cuisines et qui n'était pas très loin de la Grande Salle. Lorsqu'ils y arrivèrent, ils constatèrent qu'elle était assez remplie. Ce n'était pas très étonnant : c'était dimanche et le temps était maussade dehors. Théo apprécia d'emblée l'endroit. Il avait l'impression d'être dans les serres, sauf qu'il faisait bien plus chaud et qu'il n'y avait pas de terre sous ses pieds. Justin et lui allèrent s'installer dans un coin de la pièce où il y avait un grand fauteuil. Théo fut agréablement surpris de ne croiser aucun regard courroucé ou méfiant, comme si c'était tout à fait naturel qu'un Serpentard vienne dans la salle commune des Poufsouffle. Les élèves lui souriaient comme pour lui souhaiter la bienvenue, puis se replongeaient dans leur discussion. Théo remarqua par ailleurs que personne ne semblait insonoriser son espace. Les conversations se mêlaient entre elles, si bien qu'il était difficile de comprendre quelque chose mais les Poufsouffle n'avaient pas l'air dérangés par le fait que qui que ce soit pouvait les entendre. Théo n'était pas sûr de trouver ça dans une autre salle commune. Il ne devait y avoir que quelques personnes qui s'étaient enfermées dans une bulle de silence. Mais le bruit des discussions n'était pas désagréable pour autant. Au contraire, cela ne faisait que renforcer le côté chaleureux de l'endroit. Ce n'était pas du tout fort et c'était ça qui faisait que ce bruit n'était pas gênant. Théo se souvint qu'Ernie lui-même ne les avait pas entourés d'un charme de silence et qu'il ne l'avait pas fait non plus quand Alex était venu les rejoindre. La confiance régnait dans cette salle commune et c'était en grande partie ça qui rendait cette maison aussi accueillante.

Le fauteuil étant assez large pour deux personnes, Théo s'assit à côté de Justin et se lova contre lui.

- Dis donc, c'est très convivial, ici. Il n'y a pas l'air d'y avoir de sorts d'insonorisation, ou alors très peu, et tout le monde est à moitié mélangé, il n'y a pas de groupes distincts. Les fauteuils et canapés sont très proches les uns des autres, même si ceux qui les occupent ne se parlent pas entre eux. Pour moi qui suis pudique, timide et réservé, cette proximité devrait m'angoisser mais pourtant, j'adore cette ambiance.

- C'est la magie des Poufsouffle, s'amusa Justin. Non, plus sérieusement, ici, on s'en fiche que les autres puissent savoir de quoi on parle. Exception faite des discussions qui doivent rester secrètes. Là, on insonorise notre espace. Bon, les première et deuxième année ne connaissent pas encore le sort, donc tu entendras toujours ce qu'ils disent. Comme dans toutes les autres salles communes.

- C'est vrai. Chez les Serpentard, il n'y a qu'eux qu'on entend. Mais nous sommes tous séparés les uns des autres. On ne se mêle pas entre nous. Ça a toujours été comme ça, d'aussi loin que je m'en souvienne. Je ne serais peut-être pas aussi réservé s'il y avait eu plus de convivialité dans ma salle commune… Enfin, disons que ça n'a pas aidé, quoi.

- C'est sûr… Si tu veux, tu peux venir ici aussi souvent que tu le voudras pour y remédier.

- Ce n'est pas du tout une proposition intéressée ? ironisa gentiment Théo.

- Absolument pas, prétendit Justin. Mais bon, si ça peut nous permettre de nous voir…

- Je le savais, s'esclaffa Théo. Mais je retiens ta proposition. Et je serais ravi de revenir ici tant que c'est avec toi.

Justin lui sourit tendrement et s'empara doucement de ses lèvres. Théo passa ses bras autour de son cou et lui rendit son baiser en essayant d'y mettre tout l'amour qu'il avait à son égard. Justin le serra contre lui et approfondit légèrement le baiser tout en caressant son dos d'une main et ses cheveux de l'autre. Théo savoura ces attentions qu'il aimait tant. Il craignit cependant que Justin aille un peu trop loin et rompit donc le baiser.

- On peut aller dans la salle sur demande ? J'y serai plus à l'aise pour ce genre de choses…

- Oui, bien sûr.

- Ça ne te dérange pas ? On n'est pas restés très longtemps ici…

- C'est de ma faute, je n'aurais pas dû céder comme ça à mes pulsions. Mais ça ne me gêne pas du tout d'y aller maintenant. Allez, on se bouge et on y va !

Théo et Justin se levèrent et quittèrent la salle commune de Poufsouffle. Ils montèrent au septième étage et se rendirent à la salle sur demande. Une fois arrivés, ils s'installèrent sur les couvertures qui étaient disposées par terre. Théo se blottit contre Justin qui l'entoura de ses bras. Avant, Théo aimait déjà le fait que le torse de Justin soit moelleux et confortable, mais là c'était d'autant plus agréable que Théo était courbaturé de partout. Il n'aurait pas apprécié devoir s'appuyer contre un gros tas de muscles… Évidemment, il aurait aimé Justin de la même manière s'il avait été plus musclé mais ce n'était pas ce qu'il recherchait. Il aimait Justin tel qu'il était et c'était le principal. Il se lova un peu plus contre son petit-ami et exhala un soupir de bien-être.

- Ça s'est bien passé, ta séance ? finit par demander Justin.

- Oh oui, c'était super. Mais bon sang, sous ses airs de gentil professeur, c'est un homme sans pitié, le professeur Black ! Il m'a épuisé... Mais j'ai adoré. C'est ça dont j'avais besoin. Qu'on me force à donner le meilleur de moi-même. Qu'on ne cherche pas à me ménager. Qu'on me pousse à toujours faire mieux. Qu'on me dise les choses franchement. C'est ce qu'a fait le professeur Black et ça m'a fait beaucoup de bien.

- Tant mieux. Je suis content que ces séances te plaisent. Toi qui n'a jamais aimé te battre en duel… Mais bon, là c'est pour calmer ta magie, ce n'est pas pareil.

- Tout à fait. Entre ça et mes deux séances de thérapie hebdomadaires, si je ne vais pas mieux, je ne sais pas ce qu'il me faudrait…

- Ça, c'est sûr ! Tiens, en parlant de séances de thérapie, je crois que le professeur Snape va avoir un nouveau patient.

Théo se détacha de Justin et le regarda d'un air intrigué.

- Un nouveau patient ? Qui ça ?

- Alex. Hier soir, vers vingt-trois heures, j'étais encore dans la salle commune avec Susan et Hannah quand on a entendu un jeune élève se mettre à hurler. Ça venait du dortoir des première année. On y est allés, on s'est dirigés vers les rideaux d'où venaient les cris et on a découvert Alex en train de se battre contre un ennemi invisible. On a fait partir ses compagnons de dortoir qui s'étaient agglutinés autour de lui et on a essayé de le réveiller en douceur. On a mis plusieurs minutes avant d'y arriver. Mais ça ne l'a pas vraiment sorti de son cauchemar car il était persuadé que Milligan et Parker s'en prenaient encore à sa sœur. Il ne voulait pas en démordre. Hannah et moi l'avons alors emmené voir le professeur Snape qui a vite compris ce qui se passait. Il n'avait pas vraiment l'air surpris. C'est comme s'il s'y attendait un peu. Ce qui est sûrement le cas. Il l'a gardé avec lui, nous a remerciés et nous a dit qu'on n'avait pas à s'en faire et qu'il allait s'occuper de lui. Je n'ai pas revu Alex depuis mais je suis sûr que le professeur Snape a su quoi faire pour le calmer. Et je pense qu'il ne lui a pas trop laissé le choix de commencer très vite une thérapie. Il en a besoin, il ne peut pas garder pour lui tous les souvenirs du harcèlement, des intimidations et des menaces que lui ont fait subir Milligan et Parker… Il faut que ça sorte. Il ne peut pas rester avec ce traumatisme. Il doit en parler. Sinon ça va le pourrir de l'intérieur.

- Je suis tout à fait d'accord. Mais il n'y a peut-être pas que lui qui a besoin de parler…

- Comment ça ?

- Toi aussi, tu as été traumatisé. Je ne pense pas me tromper en disant que tes nuits ne sont pas très calmes et que si personne n'en sait rien, c'est parce que tu insonorises ton espace…

- Je n'ai pas envie de me confier là-dessus, Théo.

- Moi non plus je n'ai pas envie de parler du procès. Et pourtant je me force à le faire car je sais que je ne pourrai pas aller mieux sans cette thérapie. C'est pareil pour toi. Ce qu'il faut que tu te dises, c'est que ce n'est pas une question d'envie mais de nécessité. Tu es le premier à dire qu'Alex doit parler de son traumatisme mais toi aussi tu en as un et tu refuses de suivre ton propre conseil. Vous êtes pourtant dans la même situation. Si Alex savait lancer le sort d'insonorisation, jamais Hannah et toi n'auriez su qu'il passait des nuits compliquées. Elle est juste là, la différence. Sinon c'est du pareil au même entre lui et toi.

Justin sembla accuser le coup de ce que venait de dire Théo. Celui-ci sut qu'il avait fait mouche. Il avait besoin de quelque chose de concret pour faire réagir Justin et ce quelque chose, ou plutôt ce quelqu'un, c'était Alex. Justin resta silencieux un moment avant de soupirer.

- D'accord, j'irai voir le professeur Snape. Mais je ne suis pas sûr que ça vaille le coup. Je ne vais pas savoir quoi dire. Et puis je risque de me bloquer…

- Ne t'en fais pas pour ça, il sait quoi faire pour te mettre en confiance. Il ne te presse pas, il te laisse y aller à ton rythme, il t'aiguille en te posant des questions quand tu as du mal à parler… C'est un super psychomage, il est complètement différent de celui qu'il est en cours. C'est l'un des hommes les plus humains qui puissent exister. Crois-moi, ça va bien se passer, même si tu ne dis pas grand-chose lors de la première séance. C'est normal et ça ira mieux au fil des séances.

Justin acquiesça.

- Je te crois, je te fais confiance. Je te promets d'essayer.

- Ça va te faire du bien, assura Théo. Après, si tu veux l'avis de quelqu'un de plus neutre, même si je le suis malgré le fait que le professeur Snape soit mon directeur de maison, tu pourras demander à Alex comment se sera passée sa première séance. Car je pense qu'il l'aura avant toi. Vous vous êtes parlé depuis le guet-apens ? Je veux dire, à part hier à vingt-trois heures ?

- Non, justement, grimaça Justin. Quelques jours après le guet-apens, il m'a fait parvenir une lettre dans laquelle il s'excusait pour tout ce qu'il avait fait, il prenait tous les torts sur lui en disant qu'il aurait dû résister à Milligan et Parker et que tout était de sa faute et il m'a dit que même si on était dans la même salle commune, il ferait tout pour que je ne le remarque pas et pour que je n'entende plus parler de lui. Et il a tenu parole. Mais il n'a pas à s'en vouloir comme ça. Il n'y est pour rien. Il se croit responsable alors qu'il est une victime, lui aussi. Ça m'a fait de la peine de sentir autant de culpabilité dans sa lettre…

- Tu m'étonnes, murmura Théo. Mais ça prouve à quel point il a besoin de se faire suivre... Je pense que le professeur Snape va le pousser à venir te voir et te parler. Ça fera partie de sa thérapie. Il ne pourra pas passer complètement à autre chose tant qu'il ne se sera pas pardonné à lui-même et tant qu'il n'aura pas discuté avec toi.

- C'est clair… À mon avis, sa thérapie sera plus longue que la mienne.

- Oh, je n'en suis pas si sûr. Tu vas devoir parler de beaucoup de choses. Notamment de ton histoire avec Emily, puisque c'est à cause de ça, à la base, que tes ennuis ont commencé avec Parker. Tu vas devoir raconter tout ce qui s'est passé depuis le début de l'année, en fait.

- Oh là là, je retire ce que j'ai dit, alors… Je ne suis pas sorti de l'auberge. Mais bizarrement, ça me tente bien d'en parler. Je crois que j'ai besoin de déballer tout ça. Il s'est passé trop de choses dont je n'ai pas pu parler à coeur ouvert et c'est ça qu'il me faut. Je ne le réalise que maintenant. Je vais avoir de la matière à creuser durant les séances, tout compte fait !

- Ravi que tu te sois enfin décidé, se réjouit Théo.

- C'est grâce à toi, ça. Tu as su trouver les mots pour me convaincre. Heureusement que je t'ai. Je t'aime tellement…

Ces quelques mots que Théo avait l'habitude d'entendre le touchèrent pourtant au plus profond de son être tant ils étaient sincères. Il ne s'en lasserait jamais.

- Je t'aime aussi, répondit-il, ému.

Un baiser initié par Justin suivit cette déclaration. D'abord chaste et doux, il devint rapidement plus passionné que celui qu'ils avaient échangé dans la salle commune de Poufsouffle juste avant de s'en aller. Les mains n'étaient pas en reste et caressaient dos, nuque et cheveux. Théo laissa faire Justin quand celui-ci lui enleva sa robe de sorcier et il fit de même avec celle de son petit-ami. Ils durent séparer leurs lèvres durant ce laps de temps mais ils les unirent bien vite de nouveau une fois leurs robes retirées. Alors que Théo fourrageait dans les cheveux de Justin et essayait de se rapprocher de lui, il sentit son petit-ami le pousser en arrière. Devinant ses intentions et effrayé à l'idée d'avoir un corps allongé sur le sien, il se déroba et s'éloigna légèrement. Justin dut comprendre son erreur car la culpabilité se lut dans son regard.

- Excuse-moi, je… je ne voulais pas te faire peur… J'ai juste pensé que ce serait plus pratique ainsi pour être plus proches l'un de l'autre… Je ne t'aurais rien fait sans ton accord…

Théo se détendit.

- Je sais, pardon d'avoir réagi comme ça… J'avais la même envie que toi, en plus, à savoir être un peu plus proches… Mais je ne suis pas prêt à… à t'avoir sur moi…

- Je comprends, dit doucement Justin. On va faire autrement, dans ce cas. Tu vas t'asseoir sur mes genoux et croiser tes jambes derrière mon dos.

- Ce n'est pas indécent, comme position ? s'inquiéta Théo.

- Dans notre situation, non, le rassura Justin. Après, c'est comme tu veux. Je ne te force à rien.

- Non, je veux bien essayer, affirma Théo.

Ni une, ni deux, il vint s'installer sur les jambes de son chéri et fit ce qu'il lui avait dit. Il eut alors exactement ce qu'il voulait. Il se retrouva tout près de Justin, avec son torse collé contre le sien.

- C'est mieux comme ça, approuva Théo.

- Parfaitement d'accord, murmura Justin.

Il s'empara des lèvres de Théo qui répondit aussitôt à son baiser. Ses doigts reprirent leur place dans les cheveux de Justin qui, lui, se remit à caresser le dos de Théo. Ils restèrent un long moment ainsi, à s'embrasser et se câliner avec tendresse et amour. Les mains de Justin durent cependant finir par s'ennuyer car elles tentèrent de s'infiltrer sous la chemise de Théo. Jusque-là, toutes leurs tentatives avaient été repoussées par Théo mais là, il en avait très envie et il se sentait enfin prêt à franchir ce petit pas dans sa relation avec Justin. Il se força donc à rester détendu et il frissonna lorsqu'il sentit sur sa peau les doigts de Justin. Merlin que c'était bon… Ça n'avait rien à voir avec des caresses à travers une chemise ou une robe de sorcier ! Il voulut lui aussi découvrir la peau de Justin mais pour y avoir accès, il dut relever sa chemise dont le bas était coincé dans son pantalon. Une fois ceci fait, il glissa ses mains dessous et apprécia de sentir le dos de son petit-ami sous ses doigts. Il décrivit de larges cercles tandis que Justin allait de bas en haut dans son dos. Théo souhaita remonter ses mains vers le haut du dos de son chéri mais la chemise de celui-ci l'en empêchait. Frustré, il grogna dans le baiser qui fut alors rompu par Justin.

- Un problème ? s'enquit-il.

- Ta chemise m'ennuie prodigieusement.

Justin regarda Théo d'un air surpris avant d'éclater de rire. Il fit reculer Théo et se leva.

- On va y remédier, alors ! Je vais l'enlever, comme ça tu seras plus libre de tes mouvements. Mais du coup, est-ce que je peux aussi enlever la tienne ? Ou tu préfères la garder ? Je ne vais pas te le cacher, j'aimerais beaucoup te voir torse nu. Mais si c'est trop tôt, je comprendrais.

Théo se mordit la lèvre.

- Ce n'est pas que je ne veux pas, mais… tu sais combien je suis pudique…

- Oui, mais tu n'as pas à avoir peur, je ne te jugerai pas, c'est promis. C'est juste pour qu'on puisse se découvrir un peu plus et se caresser plus librement.

Théo hésita. Il était tout de même question de se déshabiller, même si ce n'était que le haut… Mais il se dit que dans son dortoir, Draco et Blaise le faisaient bien à la vue de tous. Il ne devait donc rien y avoir de gênant là-dedans… Cette pensée l'aida à se décider. Il hocha simplement la tête, faisant comprendre à Justin qu'il était d'accord. Son petit-ami sourit et se débarrassa de sa chemise. Puis il fit de même avec celle de Théo qui rougit lorsque Justin déboutonna sa chemise. Merlin, pourquoi avait-il chaud, tout à coup ?! Cela ne lui faisait jamais ça quand il enlevait lui-même sa chemise… Mais là, Justin était tout près de lui et il le déshabillait. Ce n'était pas un petit pas que Théo faisait en le laissant faire ça, mais un énorme pas ! Mais il dut avouer qu'il aimait ça. Les gestes de Justin étaient très doux et il sentait son souffle chaud dans son cou. Au bout d'une minute, sa chemise lui fut retirée. Il vit alors Justin contempler son torse. Ce qu'il voyait eut l'air de beaucoup lui plaire car il sembla ne pas pouvoir détacher son regard de ce qu'il observait.

- Théo, tu es magnifique, souffla-t-il.

Théo rougit de nouveau et ne put s'empêcher d'être flatté par les mots de son petit-ami. Il se permit alors de regarder à son tour le torse de Justin et il se surprit à penser qu'il était tel qu'il l'imaginait. Depuis quand imaginait-il Justin torse nu ?! Cela avait dû être inconscient car il n'en avait pas le moindre souvenir. Quoi qu'il en soit, lui aussi apprécia ce qui s'offrait à sa vue. Il leva les yeux vers Justin.

- Toi aussi, tu es beau, chuchota-t-il.

Justin sourit et reprit sa place par terre. Théo se réinstalla sur ses jambes et unit leurs lèvres dans un doux et tendre baiser. Leurs mains se remirent très vite en action et profitèrent de pouvoir caresser à souhait le dos qui leur était offert. Tout n'était qu'amour et tendresse et Théo ne s'était jamais senti aussi bien. Il venait de comprendre que se montrer plus intime n'était pas juste une question de désir et d'hormones. C'était aussi une autre façon pour deux amoureux de se prouver l'amour qu'ils se portaient. C'était quelque chose de complètement naturel qui survenait dans un couple quand il se faisait mutuellement confiance. Et c'était le cas entre Justin et lui. Il profita donc pleinement de ce premier moment intime avec le garçon qu'il aimait. Car oui, à ses yeux, même s'ils ne faisaient pas grand-chose, ça restait un moment intime. Ils demeurèrent cependant sages dans leurs caresses, se limitant au dos, Théo n'étant pas prêt à ce que les mains divaguent ailleurs. Ce fut Justin qui rompit leur étreinte et leur baiser au bout d'un moment.

- Est-ce que tu voudrais en profiter pour que je te masse ? Même si tu es relaxé, je te sens tendu par endroits.

- J'ai des courbatures partout, avoua Théo. Je n'ai pas seulement dû lancer des sorts mais aussi me baisser et me déplacer à gauche et à droite pour échapper à certains sorts… Et tout ça pendant une heure, sans aucune pause. Il n'y a pas que ma magie qui va s'en ressentir, à force. Mon corps aussi. Je vais me muscler et gagner en agilité et en souplesse.

- Et c'est très bien comme ça. Ton faible poids rend ton corps fragile, il faudrait que tu prennes des kilos mais vu que ça semble compliqué pour toi, il faut se résigner et transformer ton corps maigre en un corps fin et musclé. Ça te fera prendre quelques kilos qui ne seront que du muscle. Le mieux serait que tu prennes de la graisse aussi mais le muscle te rendra moins fragile. À mon avis, calmer ta magie n'est pas le seul but de ces séances. Le professeur Snape reste un médicomage, il a donc voulu faire en sorte que ces séances profitent également à ton corps. Pas qu'à ta magie.

- Je n'avais pas vu les choses comme ça, murmura Théo. Mais tu as sûrement raison. Quoi qu'il en soit, j'ai mal partout et ça, il s'était bien gardé de m'en avertir !

Justin se mit à rire.

- Un peu de suspense, que diable ! Ça n'aurait pas été drôle s'il t'avait tout dit à l'avance… Bon, tu veux bien que je te masse ou tu préfères rester avec tes courbatures ?

- Ai-je vraiment besoin de répondre à cette question ? Par contre, est-ce que tu peux juste t'en tenir au dos ?

- Bien sûr. Allez, mets-toi sur le ventre.

Théo s'exécuta et s'allongea sur le ventre. Justin commença à le masser et lui fit pousser un soupir de bien-être. Que c'était bon… Justin était vraiment doué et les épaules sensibles de Théo avaient grandement besoin de ses talents. Et c'était bien meilleur sans chemise ou sans robe de sorcier. La différence était flagrante. Il se détendit complètement sous les doigts de Justin et faillit s'endormir plusieurs fois tant c'était agréable. Justin arrêta le massage quand Théo sentit sa peau chauffer. Il se retourna et sourit à Justin.

- Merci, ça m'a fait beaucoup de bien. Tu as un vrai don pour ça.

- Je ne sais pas d'où je le sors mais je suis ravi que ça te plaise. Je pourrai t'en faire bénéficier après chacune de tes séances, si tu veux.

- Là non plus, ce n'est pas du tout intéressé comme proposition ?

- Tu vois le mal partout, Théo, bougonna Justin.

- Ben voyons. Ce n'était pas une technique pour me voir tous les dimanches sans robe ni chemise ?

- Non, c'est uniquement pour te soulager de tes vilaines courbatures, prétendit Justin. Mais c'est sûr que je ne me priverai pas pour te regarder.

Théo secoua la tête, amusé.

- Irrécupérable. Je suis tombé sur un prédateur.

- Tu sais ce qu'il te dit, le prédateur ? s'indigna Justin.

Théo eut à peine le temps d'anticiper ce qu'allait faire Justin que celui-ci se jeta sur lui et se mit à lui chatouiller les côtes, le faisant crier, rigoler et se tortiller pour échapper aux doigts tourmenteurs. Entre deux rires, il hurlait à son petit-ami d'arrêter mais Justin semblait bien décidé à faire durer sa vengeance. Il finit néanmoins par avoir pitié de lui et le laissa tranquille, mais dans un état que Théo ne préférait même pas imaginer. Il devait être décoiffé, rouge et débraillé. Mais il s'en fichait car il n'avait jamais autant ri. Tout en reprenant son souffle, il vit que Justin l'observait d'un air moqueur.

- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? s'intrigua-t-il.

- Rien. C'est juste que tout à l'heure, tu disais que tu n'étais pas prêt à être allongé sous moi et tout compte fait…

Théo se sentit rougir comme une pivoine en réalisant que Justin avait raison.

- Ça n'a rien à voir, tu me chatouillais, je n'étais pas en état de penser, se défendit-il.

- C'est vrai. Mais ce n'était pas si désagréable que ça ?

- Non, reconnut Théo. J'ai même beaucoup aimé. Merlin mais qu'est-ce qui m'arrive aujourd'hui ?!

- Tu es heureux et tu te sens bien, tout simplement, dit doucement Justin. Ça te libère et te pousse à aller de l'avant. Toutes les conditions sont requises pour que tu te sentes prêt à aller plus loin dans notre relation. Et puis, mine de rien, ça fait quatre mois et demi qu'on est ensemble, ou du moins, qu'on s'est embrassés pour la première fois. Et vu qu'on ne s'est pas vraiment séparés depuis…

- Oui, j'estime aussi que ça fait quatre mois et demi qu'on sort ensemble. Même si, au début, notre relation était assez ambiguë.

- Voilà. Tout ça pour dire qu'après tout ce temps, et après tout ce qu'on a vécu et toutes les épreuves que nous avons surmontées ensemble, c'est normal que tu sois plus en confiance et que tu veuilles connaître de nouvelles choses. Sans compter qu'on s'aime et qu'il y a quand-même nos hormones qui nous travaillent un peu, bien qu'elles ne fassent pas tout.

- Tout à fait d'accord. On va donc laisser les choses et venir et voir au fil du temps ce qu'on est prêt à faire. Bon, je vais remettre un peu d'ordre dans ma tenue et me recoiffer car tu m'as défroqué et décoiffé avec tes bêtises…

- Oui, et tu es méga désirable ainsi. Mais je comprends que tu veuilles être un peu plus présentable.

Les joues rouges, Théo remit sa chemise dans son pantalon, se recoiffa avec une brosse que la salle sur demande lui fournit et enfila sa robe de sorcier sous le regard tendre et amoureux de son chéri. Il retrouva sa place dans ses bras et soupira, apaisé et heureux. Ils passèrent le reste de la journée dans leur repaire secret, à s'embrasser, se câliner et parler de ce qui les attendait, à savoir les BUSE, les conseils d'orientation, le prochain match auquel l'un assisterait, l'autre participerait… Ils seraient restés des heures et des heures ensemble mais ils furent bien obligés d'aller manger sur les coups de dix-neuf heures. Ils étaient déçus mais ce fut avec le souvenir de son bel après-midi passé avec son petit-ami que Théo rejoignit la table des Serpentard, ainsi qu'avec un doux sourire aux lèvres.

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(lundi 15/04) POV Pansy

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- Ah, ils arrivent !

- Enfin, ils en ont mis du temps !

- Ils avaient runes, Ron. Il faut leur laisser le temps de venir du quatrième étage…

Ron marmonna dans sa barbe, ce qui fit sourire Pansy. Ils se trouvaient actuellement tous deux dans la salle sur demande avec Draco, Blaise, Harry, Ginny et Justin. Ils attendaient Terry, Hermione et Théo qui avaient leur cours de runes. La veille, la bande avait décidé de se réunir jusqu'au dîner. Le lundi était le seul jour où ils pouvaient se voir pendant au moins deux heures. Le week-end, c'était trop compliqué. Entre les entraînements, les rondes, les séances de thérapie et la séance de duel de Théo, il était impossible de se trouver un moment où ils étaient tous libres. Normalement, Ginny finissait à dix-sept heures le lundi mais ce jour-là, le professeur Chourave avait une conférence et avait donc annulé son cours. Ils en avaient donc profité pour se retrouver à seize heures dans la salle sur demande. Ginny avait terminé les cours à quinze heures mais Terry, Hermione et Théo avaient cours jusqu'à seize heures. Pansy était contente de passer trois heures avec tous ses amis mais elle était gênée par des douleurs qui l'indisposaient fortement. Elle espérait que ça allait passer mais vu comment c'était parti, elle n'y croyait pas trop. Elle était résolue à attendre. Elle prenait des potions pour ça mais depuis plusieurs mois, elles ne faisaient plus vraiment effet. Elle songeait à aller voir Mme Pomfrey dans la soirée quand Terry, Hermione et Théo rejoignirent la bande. Pansy sourit en voyant Théo s'asseoir à côté de Justin et se blottir dans ses bras. Ils étaient juste trop mignons. Elle n'avait jamais vu son ami aussi tactile, et elle était pourtant celle qui avait eu la chance de lui faire le plus de câlins avant qu'un certain Poufsouffle ne la coiffe au poteau. Elle était heureuse que Théo ait trouvé quelqu'un comme Justin. C'était exactement le garçon qui lui fallait. Tout comme Harry était fait pour Draco et Ginny était faite pour Blaise. Terry et Hermione, eux aussi, étaient faits l'un pour l'autre. Pansy ne les connaissait pas autant qu'elle connaissait ses meilleurs amis mais cela se voyait. Alors que Ron, Harry et Ginny discutaient Quidditch, Théo et Hermione des BUSE et Justin et Blaise des conseils d'orientation, Terry s'adressa à Pansy :

- Dis, tu n'étais pas censée être de ronde, aujourd'hui ?

- Si, mais j'ai demandé à Padma si elle pouvait me remplacer. Je ne suis pas au top de ma forme et ça m'aurait empêchée d'être efficace lors de la ronde. J'ai hésité à venir mais je n'aurais pas pu me concentrer sur mes devoirs, alors bon… Je suis un peu déçue car ça devait être ma première ronde avec Wayne… C'est sa première ronde tout court pour lui, d'ailleurs. J'espère qu'il va vite prendre ses marques. Ça doit être stressant de débarquer dans un groupe qui se connaît depuis sept mois, qui a ses habitudes, ses réflexes, ses automatismes…

- Padma va bien s'occuper de lui. Il a l'air d'être assez intrépide, voire peut-être un peu casse-cou, elle saura le canaliser avec sa patience et son calme.

- Oui, alors que moi je l'aurais encouragé à foncer dans le tas, plaisanta Pansy. Je ne suis pas la plus raisonnable de l'équipe.

- Ça, c'est sûr, se moqua gentiment Terry.

- Non, Terry, il fallait dire «Mais c'est ce qui fait ton charme» ou «On t'aime comme tu es, alors ne change rien», c'est comme ça qu'on parle aux filles ! Merlin mais comment as-tu fait pour séduire Hermione ?!

- En la sauvant d'une explosion de chaudron, répondit Terry, mi-sérieux, mi-amusé.

- Ah oui, on est d'un autre niveau, là… Non mais je te taquinais, tu n'as pas besoin de conseils, tu es un vrai gentleman en temps normal.

- Dites, ça va, je ne vous dérange pas trop ?

Pansy leva les yeux au ciel et se tourna vers Ron.

- Si, j'allais conclure avec Terry et te tromper sans vergogne, tu vois.

- Ah bah j'arrive au bon moment, alors, blagua Ron.

- Pour participer ? demanda Pansy d'un ton détaché.

Ron la regarda avec de gros yeux ronds, ce qui la fit rire.

- C'était une vanne, relax ! Bon, elle était un peu osée, j'avoue. Mais c'est juste que ce que tu as dit pouvait avoir plusieurs interprétations possibles…

- Je vais faire attention à ce que je dis maintenant, alors, grommela Ron. Non mais un plan à trois, et puis quoi encore… C'est qui qui disait à Blaise qu'il fallait faire attention aux oreilles prudes, ici ?

- Les oreilles prudes ne nous écoutent pas actuellement.

- Oui mais tu as dû gêner Terry.

- Je suis habitué avec Michaël, contesta Terry. Il n'y a pas que chez les Gryffondor et les Serpentard que les garçons sont travaillés par les hormones. Mais le truc, c'est qu'il n'y a que Michaël qui en parle. Du coup, il fait la discussion tout seul. Il se répond à lui-même et il se donne souvent raison. Au moins, il est sûr de ne jamais se faire contredire !

Pansy et Ron éclatèrent de rire en imaginant la scène. Pansy grimaça en sentant la douleur revenir. Elle tenta d'en faire abstraction et se pencha vers Ron pour lui voler un baiser.

- Tu as laissé Harry et Ginny tout seuls ?

- Oui, je sais que je ne coure aucun risque à les laisser seuls, eux.

- C'est sûr que ce n'est pas Harry qui va aller piquer Ginny à Blaise…

- Aucune personne de la bande n'ira voler le copain ou la copine d'une autre personne de la bande, de toute façon. Nous sommes trop fidèles en amour et en amitié pour ça.

- Oh, c'est joliment dit, approuva Terry. Et c'est entièrement vrai.

- Mais je me pose une question, du coup, songea Pansy. Hé, les gars ! Qu'est-ce qui se passe si un couple de la bande se sépare ? Il est viré du groupe ?

- Ce serait marrant, dit Blaise. Non, sérieusement, tant que la rupture se fait dans le calme et que les deux personnes restent en de bons termes, ça n'aura pas d'influence sur l'ambiance dans le groupe. Mais j'espère que personne ne se séparera…

- Moi non plus, c'était juste une question comme ça. Bon, sinon, qui est convoqué demain pour son conseil d'orientation ?

Harry, Ron et Hermione levèrent la main.

- Ah bah oui, je suis bête, le professeur Lupin a dit qu'il avait choisi de faire ses conseils un jour où il ne nous a pas en cours… Tu l'as d'habitude, toi, Ginny ?

- Oui, de seize heures à dix-sept heures, du coup je finis de nouveau plus tôt que prévu !

- Ah bah ça va, la semaine va être cool pour toi, fit remarquer Blaise, moqueur.

- Tu ne crois pas si bien dire ! Les quatre directeurs de maison ont choisi de faire leurs conseils pile les jours où ça nous arrange ! Mercredi, c'est le professeur Black que j'ai normalement de quinze à seize heures et qui est mon dernier cours de la journée, et comme je n'ai pas runes de treize heures à quinze heures, je finis à midi ! Jeudi, c'est le professeur Snape que j'ai en toute fin de journée donc je finis une heure plus tôt, et vendredi, c'est le professeur Chourave que j'ai de onze heures à midi et comme je finis à midi habituellement, eh bien cette semaine je finirai à onze heures.

- Non mais je suis choqué, là, ça devrait être interdit d'avoir autant de chance ! s'exclama Ron. Les directeurs de maison ont tous fait exprès de placer leurs conseils les jours où ils ne nous avaient pas, sauf le professeur Chourave, et les quatrième année, eux, touchent le jackpot !

- Ne t'en fais pas, l'année prochaine, c'est elle qui sera dans notre situation, relativisa Draco. Elle fera moins la maline, tout à coup.

- Oui mais moi je préparerai mes BUSE, pas mes ASPIC. J'aurai moins de pression que vous.

Pansy vit Draco regarder Ron.

- Mais comment tu fais pour la supporter ?

- L'habitude, s'amusa Ron. C'est presque impossible de lui clouer le bec.

- Mais c'est ce qui fait son charme, intervint Terry.

Tout le monde tourna la tête vers lui en écarquillant les yeux, sauf Pansy.

- Quoi ? s'étonna Terry. Hé, je n'y suis pour rien, c'est Pansy qui m'a dit de dire ça aux filles !

Pansy explosa littéralement de rire, s'attirant un regard noir de Blaise.

- Non mais tu n'avais pas d'autres conneries à lui dire, franchement ?!

- Désolée, mais vous auriez vu vos têtes ! C'était trop drôle. Comme si Terry allait draguer Ginny devant son petit-ami…

- Non mais tu es complètement survoltée, aujourd'hui, constata Ron.

- Je crois que j'ai un peu trop bu de potions…

Pansy ne plaisantait pas vraiment. Voyant que la potion anti-douleurs qu'elle avait prise le midi ne faisait pas du tout effet, elle en avait repris à quatorze heures, puis à seize heures alors qu'il fallait attendre quatre heures entre chaque prise. Et elle commençait à ressentir les effets indésirables de ces prises trop rapprochées. À force de rire, elle avait chaud, elle avait la nausée et elle avait la tête qui tournait. Ses potions avaient aussi pour effet secondaire d'entraîner un état d'euphorie. C'était un peu le cas depuis qu'elle était dans la salle sur demande, où elle s'était rendue juste après avoir bu sa troisième potion. Elle entendit quelqu'un se précipiter vers elle et poser une main chaude sur son front.

- Tu n'as pas l'air bien du tout, lui dit Blaise. Qu'as-tu pris comme potions ?

- Des potions anti-douleurs spécifiques à mon cas. Ça ne me faisait rien alors j'en ai repris au bout de deux heures à deux reprises…

- Mais il ne faut jamais faire ça, Pansy… Bon, il faut que tu ailles à l'infirmerie.

- Non mais ce n'est pas la peine, je vais aller me reposer dans mon dortoir et ça ira mieux ensuite. Mme Pomfrey ne pourra rien faire, il faut juste attendre que ça passe.

Blaise sembla hésiter avant de céder.

- Bon, d'accord, mais je veux que tu sois accompagnée.

- Je peux y aller avec elle, se proposa Ginny. Il lui faut une fille pour aller jusqu'à son dortoir et je suis plus habituée à la salle commune des Serpentard que Hermione.

- C'est vrai, reconnut Blaise. Allez-y, alors.

Ginny ne laissa pas le temps à Pansy de protester et l'aida à se relever. Elles quittèrent la salle sur demande et se dirigèrent vers les escaliers qu'elles descendirent jusqu'au rez-de-chaussée. Elles se rendirent à la salle commune de Serpentard et montèrent au dortoir de Pansy. Celle-ci s'allongea sur son lit en grimaçant.

- Ça va ? s'inquiéta Ginny.

- Oui, ce n'est rien. C'est juste la période pénible du mois. J'ai de la chance car ça ne dure que trois ou quatre jours mais le deuxième jour est toujours compliqué.

- Oh… Ça te fait toujours ça ?

- Oui mais d'habitude, ça se calme avec des potions. Sauf qu'elles font de moins en moins effet.

- Si tu prends les mêmes que moi, il faut les coupler avec des potions anti-douleurs classiques. Ça te met un peu à plat mais si tu respectes les délais entre chaque prise, il n'y a pas de danger.

- Oh, je ne savais pas… Ça fait longtemps que tu fais ça ?

- Depuis deux ans, environ, et ça marche super bien. Mais discute-en avec Mme Pomfrey avant de t'y mettre. Elle pourra peut-être te conseiller autre chose. Perso, j'étais trop jeune quand j'étais allée la voir pour ça, mais à toi, elle pourra te proposer une potion contraceptive.

Pansy fit les gros yeux.

- Mais je n'en ai pas besoin ! Du moins, pour l'instant…

- Tu n'es pas obligée d'avoir des rapports avec ton petit-ami pour prendre cette potion. Elle ne sert pas qu'à empêcher de tomber enceinte. Elle diminue considérablement la douleur lors des règles et elle rend tes cycles réguliers. Après, je ne m'y connais pas trop, je sais juste que plusieurs filles de ma classe sont sous potion contraceptive sans pour autant avoir de copain. Et elles n'en disent que du bien. Il faudrait que tu en discutes avec l'infirmière. Selon ton cas, elle saura déterminer ce qui te conviendrait le mieux.

Pansy acquiesça.

- J'irai la voir. Merci pour le conseil et pour ces infos, j'avais tendance à croire que cette potion ne servait qu'à se protéger…

- C'est à cause de son nom, mais elle a d'autres utilités.

- Mais ce n'est pas dangereux de commencer à la prendre aussi jeune ? Je veux dire… il n'y a aucun risque pour la fertilité ? Non pas que je veuille un enfant maintenant, mais je sais que je n'attendrai pas trop longtemps après Poudlard et je n'ai pas envie de galérer pour tomber enceinte…

- Je comprends, c'est ce qui me freinerait aussi si je voulais la prendre, mais je ne sais rien à ce sujet. J'imagine que ça n'altère pas la fertilité mais je ne peux pas te le garantir. Tout ce que je te dis, c'est ce que j'ai entendu par-ci par-là. Je ne me suis pas renseignée.

- Tu entends plus de choses que moi, alors. Mais il faut dire que traîner avec des garçons à longueur de temps n'aide pas à choper ce genre de discussion…

- Il était donc vraiment temps que tu aies des filles dans ton entourage, s'amusa Ginny. Bon, pour le coup, je ne peux pas trop t'aider, mais je crois me souvenir que tu m'avais dit que tu étais devenue amie avec une fille de ton dortoir ?

- Daphné ? Oui, en effet.

- Tu peux en parler avec elle. Ça se trouve, elle prend cette potion ou elle sait davantage de choses là-dessus…

- Ça se pourrait, oui. Tu es pleine de bons conseils, toi, décidément…

- J'ai l'habitude avec Harry, rit Ginny. Je suis sa confidente, même si on n'a pas trop le temps de se voir, en ce moment. On discute un peu après les entraînements mais on a toujours quelque chose à faire. On peut à peine souffler, cette année, c'est fou.

- Ça ira mieux l'année prochaine, toi comme moi, on aura moins de devoirs en binôme à rendre et donc moins de séances de travail. Enfin, c'est ce que tout le monde dit et les professeurs n'ont pas l'air de démentir cette information. Ce serait logique, en tout cas. Ce concept a été mis en place afin d'apaiser les tensions entre les maisons, et ça a porté ses fruits. On n'en a donc plus autant besoin. Mais je pense qu'on en aura toujours afin de maintenir cette bonne ambiance. C'est ce qui a été dit avant-hier lors de la réunion entre professeurs, apparemment. Du moins, c'est ce que j'ai compris en interceptant une discussion où Cassius en parlait. Il n'avait pas le droit de trop en dire, donc il a été assez vague.

- Eh bien j'espère qu'on sera toujours concernés par ce concept. Je m'y suis habituée. Bon, je vais te laisser te reposer, mais repense à ce que je t'ai dit et n'hésite pas à aller voir l'infirmière.

- Promis. Allez, va rejoindre les autres.

Ginny hocha la tête, sourit et s'en alla. Pansy resta allongée sur son lit jusqu'à ce qu'elle entende la porte du dortoir s'ouvrir et se refermer. Au bruit des pas, elle devina que c'était Daphné. Ne voulant pas lui sauter dessus alors qu'elle venait d'arriver, Pansy attendit un peu avant d'aller la voir. Elle se dirigea vers les rideaux de Daphné, les ouvrit et fut surprise de n'y voir personne. Était-ce une autre fille qui était entrée dans le dortoir ? Elle se retourna et essaya de percevoir des bruits provenant des autres rideaux. Mais rien ne lui parvint. Elle s'apprêtait à vérifier si Bulstrode ou Jones se trouvaient dans leur espace quand un cri la fit sursauter. Elle fit volte-face et laissa échapper elle-même un cri en voyant Daphné devant elle.

- Merlin tu m'as fait peur ! dirent-elles en même temps.

- Qu'est-ce que tu fais là ? ajouta Daphné.

- Bah et toi ? Il y a deux minutes, tu n'étais pas là, et je n'ai pas bougé d'ici !

- J'étais derrière la porte de mon armoire, c'est pour ça que tu ne m'as pas vue.

- Oh… Je comprends mieux. Tu me rassures, j'ai eu peur que ce soit un autre effet secondaire de ma surdose de potions !

Daphné écarquilla les yeux.

- Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?! Tu t'es droguée ?!

Pansy se mit à rire.

- Non, j'ai juste pris trois fioles de potion anti-douleurs en seulement quatre heures et comme c'est le délai qu'il faut respecter entre chaque prise, eh bien ça m'a provoqué des effets indésirables pas agréables du tout. J'ai donc eu peur d'être devenue folle en te voyant alors que je ne t'avais pas vue quelques minutes plus tôt…

- Désolée, mais tu m'as fait peur aussi, je ne t'avais pas entendue entrer, je ne m'attendais pas à te voir… Mais pourquoi as-tu fait cette bêtise de prendre autant de potions ? Un de tes meilleurs amis souhaite devenir médicomage, il a dû répéter un nombre incalculable de fois qu'il faut respecter les délais !

- Oui, je sais, mais j'avais mal et ça ne voulait pas passer. Et comme ma potion ne faisait pas effet, je me suis dit que ça ne ferait rien si j'en reprenais une deux heures après la précédente prise… J'ai été bête et je ne referai plus cette erreur. Surtout que ça n'a servi à rien du tout. Car non seulement ça n'a pas atténué la douleur, mais en plus je me suis tapée les effets indésirables… J'ai tout gagné, quoi.

- Tu ferais peut-être mieux d'aller voir Mme Pomfrey, elle pourra sûrement te donner une potion qui te soulagera…

- À vrai dire, je pense savoir ce qu'il me faut grâce à une amie mais elle ne s'y connaissait pas trop, alors j'aurais besoin d'un autre avis…

- Oh… C'est pour ça que tu es là, alors ? devina Daphné.

- C'est ça. Mais je te dérange peut-être…

- Non, pas du tout, assura Daphné en souriant. Je ne suis pas sûre de pouvoir t'aider, je n'y connais pas grand-chose en médicomagie mais vas-y, installe-toi et dis-moi tout.

Pansy s'assit sur le lit de Daphné et se lança :

- En fait, les potions que je prends, c'est censé calmer les douleurs menstruelles, et c'était le cas au début mais plus ça va, moins ça fait effet. Une amie m'a donc conseillé la potion contraceptive. Je n'en ai pas besoin pour l'instant pour sa fonction première mais ça pourrait soulager ces douleurs, d'après ce qu'elle m'a dit.

- Effectivement, il y a plein de filles qui la prennent pour ça avant même de commencer à avoir des rapports. Si tu t'y mets dès maintenant, au moins, tu n'auras pas à aller demander cette potion quand tu voudras passer aux choses sérieuses avec ton petit-ami. Personnellement, je n'ai jamais été gênée par ces désagréments qui touchent beaucoup de filles, ça me lançait juste un peu, mais depuis que je prends la potion de contraception, je n'ai plus rien du tout. Donc ça fait vraiment effet à ce niveau-là.

Pansy regarda Daphné, surprise.

- Mais… pourquoi tu prends cette potion si tu n'en as pas besoin ?

- Ce n'est pas moi qui l'ai voulu, ce sont mes parents, grinça Daphné. Je n'ai pas eu mon mot à dire. Tu comprends, s'il me prenait l'envie d'aller batifoler avec un autre garçon que mon cher fiancé, il ne faudrait surtout pas que je tombe enceinte… Déjà, l'idéal serait que je sois pure avant le mariage, mais si je dois avoir des rapports avant, ça ne doit être qu'avec mon fiancé. Ils ne peuvent pas avoir la preuve que je lui serai restée fidèle jusqu'au mariage, alors ils veulent au moins s'assurer que je ne porterai pas l'enfant d'un autre.

- Mais c'est vachement dégradant, cette image qu'ils ont de toi, s'indigna Pansy. Ils ne te font pas du tout confiance et en plus ils te forcent à prendre une potion qui ne te serait même pas utile si tu voulais tromper ton fiancé puisque si tu devais le faire, ce serait avec une fille ! Ce n'est pas comme ça que tu vas tomber enceinte…

- Je suis bien d'accord, mais ça, ils ne le savent pas. Pour eux, c'est inimaginable que je sois attirée par les filles. Je dois me marier à un Sang-Pur et avoir des enfants, c'est tout.

- Mais tu ne vas pas aller au bout de ce mariage ? Tu comptes toujours fuir et t'exiler dans un autre pays ?

- S'il le faut, c'est ce que je ferai, oui. Mais je dois attendre d'avoir fini mes études à Poudlard pour cela.

- Tu penses pouvoir tenir jusque-là ? Par exemple, cet été, tu n'as pas peur que tes parents reçoivent ceux de ton fiancé et que tu doives rester seule avec lui à un moment donné ?

- Il n'osera rien me faire, je pense.

- Mmmh… Franchement, je ne suis pas rassurée de te savoir chez tes parents cet été.

- Mais je n'ai nulle part d'autre où aller, et je ne suis pas sûre qu'ils me laisseraient aller où que ce soit. Et puis je dois rester à la maison pour veiller sur ma petite sœur Astoria. Je dois l'empêcher de se rebeller et si je ne suis pas là, je sais très bien que c'est ce qu'elle va faire. Elle n'est pas comme moi. Elle dit ce qu'elle pense à nos parents. Quand elle n'est pas d'accord avec quelque chose, elle le fait clairement comprendre. Et ce n'est pas du tout l'attitude qu'on doit adopter quand on est une fille issue d'une famille ancrée dans les traditions de Sang-Pur. Il faut respecter ses parents. Astoria le sait mais elle n'est pas de nature à se laisser faire. Elle commence déjà à avoir des petits-amis et elle se fiche complètement du fait qu'elle va bientôt être fiancée, elle aussi. Elle m'a dit que ça ne l'empêchera pas de continuer à sortir avec qui elle voudra. En vrai, je sais qu'elle s'affiche avec des garçons uniquement pour que tout le monde en parle et que ça remonte aux oreilles de nos parents. Elle veut les rendre fous. J'essaie désespérément de la raisonner mais rien n'y fait. Elle ne m'écoute pas. Elle a toujours été fière et indépendante et plus ça va, plus elle rejette l'autorité. Je ne sais pas ce que mes parents vont faire d'elle. Ils ne pourront pas la forcer à se marier. Elle va tout faire pour y échapper. Elle va chercher à annuler ce mariage par tous les moyens. Elle provoquera toutes sortes de scandales et si mes parents voudront avoir la paix, il seront obligés de renoncer au contrat qu'ils auront signé avec la famille du fiancé d'Astoria. Je connais ma sœur, je sais de quoi elle est capable. Et je l'admire au fond de moi pour ça. Enfin bref, je divague…

- Non mais tu as raison d'en parler, tu en avais besoin, visiblement… Mais il y a quelque chose qui m'interroge. Tu dis que tu dois rester chez toi pour empêcher ta sœur de se rebeller, mais vu qu'elle ne veut pas t'écouter, à quoi ça servirait ? Elle se rebellerait quand-même… Tu dis toi-même que tu n'arrives pas à la raisonner à Poudlard, je ne pense pas que tu réussiras davantage quand vous serez chez vous…

- Mais je ne peux pas la laisser seule avec nos parents… Ils pourraient décider de l'envoyer quelque part jusqu'à la rentrée pour la calmer… Et ça n'aura aucun effet…

- Ça n'aura pas grande utilité, certes, mais peu importe où ils l'enverront, elle y sera sûrement plus heureuse que chez vos parents… Ils penseront que ce sera une punition pour elle alors qu'en fait, ça lui fera le plus grand bien.

- Je n'avais pas vu les choses comme ça. Mais je te l'ai dit : je n'ai nulle part où aller. La question ne se pose donc pas.

- Je suis sûre que mes parents accepteraient de t'accueillir. Ils sont hyper cool.

- C'est gentil mais je ne me sentirais pas à ma place et j'aurais l'impression de déranger. En plus, ta mère doit accoucher durant l'été, elle aura besoin de calme…

- Ce n'est pas toi qui causera le plus d'agitation dans la maison, se moqua gentiment Pansy. Bon, si tu veux, on attendra le mois d'août, le temps que ma mère se remette de l'accouchement. Je vais lui en parler et on verra, d'accord ?

Daphné sembla hésiter avant de céder :

- D'accord, on fait comme ça. C'est vraiment adorable de ta part. Ça ne fait pas si longtemps qu'on a enterré la hache de guerre…

- Non, mais je veux te prouver que je suis ton amie. Bon, je vais me reposer un peu et ensuite j'irai voir Mme Pomfrey.

Daphné acquiesça, Pansy lui sourit et quitta son espace pour rejoindre le sien. Elle s'affala sur son lit et ferma les yeux. Elle repensa vite à sa discussion avec Daphné. Elle était bien décidée à la faire venir chez elle pendant les vacances. Mais elle ferait tout pour préserver la tranquillité de sa mère. Daphné et elle pourraient passer leurs journées à l'extérieur, ce qui permettrait à sa mère d'être au calme… Et Daphné était une fille très posée, très discrète, ce n'était pas elle qui allait fatiguer qui que ce soit. De plus, Pansy savait que sa mère serait ravie à ce qu'elle demande d'avoir une amie à la maison. Le plus dur allait sûrement être de convaincre les Greengrass de laisser leur fille passer une partie des vacances chez des inconnus. Mais c'était loin d'être un problème pour Pansy. Toute Serpentard qu'elle était, elle avait plus d'un tour dans son sac. Les Greengrass n'avaient donc qu'à bien se tenir…

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Voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu ! Normalement, il ne devait pas y avoir de question cette semaine mais j'ai besoin de votre avis sur quelque chose qui a été évoqué dans le chapitre précédent XD Ce n'est donc pas une question comme celles que je pose toutes les deux semaines, c'est plutôt un sondage :) La voici : est-ce que vous préférez que Draco garde son nom ou préférez-vous qu'il prenne celui de Severus ? Rien n'est encore décidé à ce sujet, c'est pour ça que je souhaiterais avoir votre avis :) Sur ce, je vous dis à dimanche prochain avec le soixante-quatrième chapitre intitulé «Conseils d'orientation». Je vous souhaite une agréable semaine, prenez soin de vous et bisous tout le monde !