Bonjour à toutes et à tous ! On se retrouve aujourd'hui pour le soixante-septième chapitre de SAMLP !

lyraserah : Merci pour ta réponse ! La Coupe de Feu, c'est le film que j'aime le moins XD Mais je reconnais qu'il est très bien, même s'il manque plein de choses par rapport au livre XD Et le tout premier livre a quelque chose de spécial car c'est justement le premier livre de la saga *-*

LovA Drarry : Désolée pour la longueur des chapitres XD J'essaie de me maintenir entre 22 000 et 23 500 mots mais autant dire que je ne respecte pas toujours cette limite XD Bravo à toi de l'avoir lu d'une traite, ça demande du temps, mine de rien XD Le troisième film est aussi mon préféré *-* Mais le 6 est relativement drôle compte tenu du contexte et de l'ambiance sombre qui y règne XD Aucun livre préféré ? Je comprends XD En fait c'est plus facile d'avoir un film préféré qu'un livre préféré XD Je dirais quand-même que mon préféré est le troisième livre, en grande partie car on a plus de détails sur Sirius, James, Remus et Peter ainsi que sur le rôle de Pattenrond que dans le film :) A la prochaine et merci pour ta review =)

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Merci à vous deux pour vos retours et merci à tous ceux qui sont toujours là pour lire les aventures de nos ados et de leurs professeurs ! Je vous laisse avec le nouveau chapitre et je vous souhaite une agréable lecture =)

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Warning : Ce chapitre contient deux scènes sexuellement explicites.

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67 – Déception, accord et intimités

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(lundi 29/04) POV Remus

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Alors que Remus venait de libérer les quatrième année, Ginny vint se poster devant lui.

- Vous souhaitez me parler, Ginny ? demanda-t-il gentiment.

- Oui, mais vous avez sûrement cours…

- En effet, mais si ça peut attendre, vous pouvez venir me voir à la fin de vos cours. Je termine les miens à seize heures mais je reste ici jusqu'à dix-sept heures. Après, si ce que vous avez à me dire est urgent, les septième année peuvent bien patienter quelques minutes.

- Non, c'est bon, ce n'est pas si pressé que ça, affirma Ginny. Je viendrai à dix-sept heures, dans ce cas. Merci, professeur.

Ginny tourna les talons et quitta la salle de classe. Les septième année y entrèrent et s'installèrent en discutant. Ils se turent cependant bien vite et Remus commença sans tarder le cours. Ce n'était que de la théorie, ce jour-là, comme chaque premier cours de la semaine, et sans être en retard dans son programme, Remus avait tout de même encore beaucoup de choses à apprendre à ses élèves, aussi bien en pratique qu'en théorie. Il parla donc pendant toute l'heure de la métamorphose illusionnaire, une branche très difficile à maîtriser mais qui pouvait s'avérer grandement utile. Il retint ses élèves jusqu'à la toute dernière minute du cours et vit le soulagement sur leurs visages lorsqu'il les libéra. Ce cours était très pointu et assez compliqué à comprendre mais ils avaient tous tenu bon. Ce n'était pas pour rien s'ils étaient encore là. Tous les ans, plusieurs élèves abandonnaient la métamorphose en cours d'année alors qu'ils voulaient passer cet examen aux ASPIC. Mais le niveau était tel qu'ils n'arrivaient plus à suivre et préféraient se concentrer sur les autres matières. Remus avait fait face à trois départs et il savait que, normalement, il n'y en aurait pas d'autres. Il était rare que des élèves laissent tomber à l'approche des ASPIC. C'était au contraire le moment où ils se donnaient à fond et travaillaient d'arrache-pied pour maîtriser les sorts et les notions qui leur posaient problème. Remus surveillait néanmoins chacun de ses élèves, qu'ils soient Gryffondor ou non. Et ce fut justement un Gryffondor qui vint le voir alors que tous ses camarades sortaient de la salle. Il s'agissait de Gary Carson, un élève très dynamique, motivé et déterminé.

- Excusez-moi de vous déranger, professeur, mais je souhaiterais vous parler…

«Décidément, c'est le jour» songea Remus.

- Je vous écoute.

- Je rencontre un problème avec la formation que je souhaite intégrer. J'ai candidaté et j'ai reçu une réponse au début du mois dans laquelle on me donnait une liste de tout ce que je devais mettre dans mon dossier. J'ai tout fait correctement mais il y a une chose que je n'ai pas pu leur fournir, à savoir une copie de mon permis de transplanage. Je ne l'ai pas encore car j'ai raté de peu l'examen l'année dernière et je n'ai pas pu me présenter à la session de rattrapage durant l'été car j'étais hospitalisé à Sainte-Mangouste. J'avais donc l'intention de le repasser cette année, avec les sixième année. Sauf que l'examen n'aura lieu que début juin et c'est avant le vingt mai que je dois fournir la preuve que j'ai mon permis de transplanage. Le directeur de la formation déteste avoir des dossiers en attente car il a plein de demandes à traiter, donc dès lors qu'il répond à une candidature et qu'il envoie la liste des pièces à fournir, il veut que tout soit réglé et que le dossier soit finalisé au plus vite. Je lui ai expliqué mon cas mais il n'a pas l'air de vouloir comprendre. Je ne sais pas quoi faire. Si j'avais su, j'aurais candidaté plus tard, j'ignorais que ça irait si vite et qu'il y avait un délai aussi court pour apporter toutes les pièces nécessaires au dossier… Je n'avais pas trop idée de la personne à qui je devais m'adresser mais je me suis dit que vous pourriez peut-être m'aider…

- Et vous avez eu entièrement raison. C'est exactement le devoir d'un directeur de maison de guider et aider ses élèves quand ils en ont besoin. Je ne vois pas vraiment pour l'instant ce qu'il convient de faire car je suis un peu pris au dépourvu mais je vais y réfléchir calmement et je vais trouver une solution. Mais je pense que le plus simple, ce sera que je contacte directement le responsable de la formation pour laquelle vous avez postulé. Pouvez-vous me donner le nom de votre formation et de la personne à qui vous avez eu à faire ?

Gary acquiesça et dévoila les informations que lui demandait Remus. Celui-ci les nota sur un bout de parchemin.

- Merci, je vais m'en occuper, promit-il à Gary.

- Vous pensez pouvoir faire quelque chose ?

- Par hibou, je n'en suis pas sûr. Je vais commencer par ça mais rien ne vaudra le contact direct, à mon avis. Mais ça devrait être possible de lui faire entendre raison. Je ne lâcherai pas, en tout cas. Il est hors de question que vous ne puissiez pas intégrer cette formation à cause d'une pièce que vous n'avez pas pu fournir à temps alors que ce n'est pas de votre faute si vous n'avez pas encore votre permis de transplanage…

- Si je l'avais réussi dès le premier coup…

- Non, vous ne devez pas vous en vouloir pour ça. Les conditions d'obtention sont très strictes. Une simple mèche de cheveux qui reste sur place suffit à l'examinateur pour vous recaler.

- C'est un bouton de ma veste qui n'a pas suivi le mouvement.

- Alors vous avez encore moins de raisons de vous flageller. Ça s'est vraiment joué à peu de choses près. Pour moi, c'est exagéré de recaler quelqu'un pour un détail aussi insignifiant qu'un bouton qui se décroche lors du transplanage… Mais je parlerai de tout cela avec le directeur de votre formation et je ne le lâcherai pas tant qu'il refusera de vous accorder un délai adéquat.

- Merci, professeur. Passez une bonne journée.

Gary sourit à Remus et s'en alla. Remus termina de ranger ses affaires et quitta à son tour sa salle de classe. Alors qu'il se dirigeait vers les escaliers, il vit arriver en face de lui le Patronus de Sirius. Il s'arrêta à son niveau et se mit à parler avec la voix de Sirius :

- Je ne serai pas là ce midi, j'ai un souci avec un élève, il est à l'infirmerie et il faut faire venir ses parents au plus vite. Rien de grave cependant, on a juste besoin d'une information qu'il n'est pas en mesure de nous donner. Je t'en dirai plus ce soir. Je t'aime.

Le Patronus se volatilisa. Remus soupira, invoqua le sien et lui fit délivrer à Sirius un message dans lequel il lui dit qu'il avait bien reçu le sien, qu'il lui souhaitait bon courage et qu'il l'aimait aussi. Il continua ensuite son chemin et se rendit à la Grande Salle. Il s'assit comme à son habitude à côté de Severus qui remarqua vite son air préoccupé :

- Ouh là, ce n'est que le début de la semaine et tu as déjà l'air au bout du rouleau…

- Oui, et j'ai comme l'impression que ça ne va pas s'arranger cet après-midi…

Remus raconta sa matinée à Severus. Ils parlèrent pendant toute l'heure du déjeuner du cas de Gary Carson et ils auraient pu en discuter encore plus longtemps si Remus n'avait pas repris les cours à treize heures. Il retourna à sa salle de classe et fit entrer les cinquième année qui étaient déjà là. Une fois tout le monde installé, il sortit un tas de copies de sa mallette.

- J'ai corrigé les devoirs individuels que vous m'avez rendus vendredi, indiqua-t-il. Je voulais que vous les ayez assez vite car les annotations et les conseils que j'ai mis sur vos copies pourront vous être utiles pour le devoir en binôme que vous avez peut-être déjà commencé à étudier. C'est comme le devoir sur table qui pouvait vous aider pour ce devoir individuel, en fait. Et ce sera comme ça de devoir en devoir jusqu'aux BUSE. Faites donc bien attention à ce que j'écris entre les lignes.

Remus accompagna ces paroles d'un regard entendu et rendit les premiers devoirs. Il y eut un peu de tout sur les visages des élèves. Joie, surprise, déception, lassitude, résignation… Il y avait aussi une certaine nonchalance chez les élèves qui n'avaient pas l'intention de poursuivre cette matière pour les ASPIC. Si Sirius et Severus ne lui avaient pas donné les noms de leurs élèves qui avaient décidé d'abandonner la métamorphose, Remus en aurait deviné quelques-uns car il avait remarqué un relâchement chez plusieurs élèves de Serdaigle et de Serpentard depuis les conseils d'orientation. C'était aussi le cas chez deux ou trois élèves de Gryffondor ainsi que chez la moitié des élèves de Poufsouffle. Pour ces derniers, Remus ne savait pas si c'était dû au fait qu'ils souhaitaient arrêter la métamorphose car il n'avait eu aucune information de la part de Pomona à leur sujet, étant toujours en froid avec elle. Il se promit d'aller la voir rapidement, car c'était tout de même de l'avenir de ses élèves dont il était question. S'ils avaient des difficultés en métamorphose alors qu'ils avaient prévu de continuer cette matière l'année suivante, il devait le savoir le plus tôt possible afin de convoquer les élèves concernés et leur venir en aide. Il rejoignit son bureau après avoir rendu tous les devoirs. Il s'apprêtait à commencer le cours lorsqu'il vit la main levée de Harry.

- Oui, Harry ?

- Je crois qu'il y a un problème avec ma copie. Comment ai-je pu avoir un treize alors que j'ai passé cinq heures sur ce devoir ?!

Remus haussa les sourcils. Il ne s'attendait pas à ce que Harry conteste sa note, d'autant plus qu'elle était justifiée. Mais il devait admettre qu'il avait été étonné de devoir lui mettre un treize alors qu'il était abonné aux quinze et aux seize et qu'il avait même eu son premier Optimal de l'année lors du devoir précédent. Encore, si le devoir avait été compliqué, Remus aurait compris, mais là, ce n'était pas du tout le cas. Remus leur avait donné un devoir assez facile. Et ça ne ressemblait pas à Harry de se plaindre de sa note devant tous ses camarades. Remus se demandait s'il n'avait pas fait un pari stupide ou quelque chose dans le genre. Il préféra lui laisser le bénéfice du doute et ne rien relever pour le moment, espérant que sa réponse suffirait à Harry :

- Passer beaucoup de temps sur un devoir ne garantit pas d'avoir une excellente note. La preuve.

- Oui mais de là à avoir un Acceptable élevé… Draco et moi avons à peu près le même niveau et lui a eu un Effort Exceptionnel moyen. Je me sens floué.

- C'était un devoir individuel, Harry, pas un devoir en binôme.

- Mais nous avons toujours eu quasiment la même note, à un niveau près !

- Eh bien il faut croire que votre camarade a eu plus de facilités que vous sur ce devoir.

- Non, j'étais persuadé de l'avoir mieux réussi que ça.

- Dans ce cas, venez me voir à la fin de l'heure pour qu'on en discute et je vous expliquerai en quoi votre devoir méritait cette note. Et ce n'est pas une proposition, c'est un ordre. Bien, aujourd'hui, je vais vous parler d'un type de métamorphose qui va nous occuper jusqu'aux BUSE…

Remus se mit ainsi à faire son cours, mettant provisoirement de côté ses questions quant à l'attitude étrange de Harry. Celui-ci fut très attentif et ne se fit pas remarquer jusqu'à la fin de l'heure, au plus grand soulagement de Remus. Lorsqu'il libéra la classe, il demanda au dernier élève qui sortit de la salle de fermer la porte derrière lui. Puis il s'adressa à Harry qui l'avait rejoint :

- Je peux savoir à quoi tu joues ?!

- Pardon ? fit innocemment Harry.

- Ah non, ne fais pas celui qui ne comprend rien, tu vois très bien de quoi je veux parler ! C'est moi qui ne te comprends pas. La semaine dernière, tu me faisais tout un cirque parce que je t'avais mis un Optimal et là tu protestes parce que je t'ai mis un Acceptable ! Qu'est-ce qui t'a pris de me tenir tête comme ça devant toute la classe ? Toi qui as pourtant horreur d'être au centre de l'attention ?

- Tu crois que j'ai fait ça pour attirer l'attention sur moi ?! s'indigna Harry.

- Ce n'est pas ce que j'ai dit. Je trouve juste ça bizarre que tu te donnes en spectacle ainsi alors que tu détestes avoir tous les regards sur toi.

- Je n'étais pas d'accord avec ma note et je voulais le faire savoir, c'est tout, répliqua Harry.

- Je crois plutôt qu'il y a quelque chose que tu me caches et que ça a un lien avec le comportement que tu as eu au début du cours ainsi qu'avec la chute soudaine de tes notes.

- De mes notes ?! Non mais à t'entendre, ça fait plusieurs devoirs où tu me mets un Acceptable alors que ce n'est que le premier depuis le début de l'année !

- Excuse-moi mais voir un élève passer d'Optimal à Acceptable en un seul devoir, ça a largement de quoi inquiéter ! Ce que tu m'as rendu était loin de ton niveau habituel ! Le devoir n'avait pourtant rien de compliqué, il était même un peu plus facile que le précédent ! En fait, j'ai l'impression que tu en as fait exprès de rater ton devoir, et ce, pour une raison obscure que j'ignore et qui me dépasse complètement !

- Ben voyons, comme si je n'avais que ça à faire ! Ça te semble donc impensable que j'aie pu juste avoir une baisse de régime ?!

- Oui, affirma fermement Remus. Je te connais, Harry, et tu n'as rien de quelqu'un qui a été victime d'une baisse de régime, comme tu le dis si bien. Tu as sciemment rendu un devoir moyen et ça ne me plaît pas du tout. Je ne te laisserai pas gâcher ton année, pas après tous les efforts que tu as fait.

- C'est fou comme on croirait entendre le professeur Snape ! Il m'a dit exactement la même chose quand je lui ai remis un échantillon qui valait un Effort Exceptionnel alors qu'il avait l'habitude de me mettre des Optimal !

- Eh bien il est peut-être temps de te poser les bonnes questions, lâcha Remus. Ce ne sont pas nous qui te persécutons, c'est toi qui nous donnes des raisons de nous inquiéter.

- Mais je ne vous ai rien demandé ! Merde à la fin, je suis comme tout le monde, j'ai mes faiblesses, ça peut arriver à n'importe qui de voir ses notes baisser légèrement !

- Tu me parles sur un autre ton, s'il te plaît, ordonna Remus.

- Non, je te parle comme je veux ! Vous me faites chier, tous autant que vous êtes ! Si vous voulez vraiment m'aider, alors fichez-moi la paix, arrête de me prendre la tête avec ce devoir, roule-le en boule et mets-le-toi là où je pense !

Le silence retomba dans la salle de classe après ces mots hurlés par Harry. Le choc, la déception et la colère se mélangeaient en Remus. Le remords ne tarda pas à se lire sur les traits de Harry.

- Pardon, je ne voulais pas m'emporter ainsi… Je ne pensais pas tout ce que j'ai dit…

- C'est la moindre des choses de t'excuser, en effet, dit froidement Remus. J'ai cours, donc tu peux y aller, mais ne crois pas que je vais fermer les yeux sur ce qui vient de se passer. Je t'attends ce soir ici-même à vingt heures pour une retenue pendant laquelle tu referas ce devoir.

Harry écarquilla les yeux.

- Quoi ?! Mais… tu plaisantes ?!

- Est-ce que j'en ai l'air ?

- Mais j'avais prévu de retrouver Draco après le dîner !

- Ça, je n'en ai strictement rien à faire. Tu as assez contesté mes décisions pour aujourd'hui, alors je serais toi, je ferais profil bas et je me plierais aux ordres.

Harry lança un regard noir à Remus, attrapa brusquement son sac et quitta la salle d'un pas rageur en claquant la porte derrière lui. Remus soupira. Il ne regrettait rien, il savait qu'il avait fait ce qu'il devait faire mais il détestait avoir dû en arriver là avec Harry. Il n'aurait jamais cru devoir un jour le coller. Il se demandait même s'il avait agi en tant que professeur, en tant que directeur de maison ou en tant que tuteur. Peut-être étaient-ce les trois à la fois. Oui, c'était sûrement ça. Car ce n'était pas uniquement l'élève à qui il s'était adressé lors de ce court entretien. Il avait considéré Harry comme le garçon dont il était responsable à tous les points de vue. Et il allait devoir en parler au parrain qui ne s'attendait certainement pas à apprendre en rentrant que son filleul avait été réprimandé et collé par nul autre que son compagnon… La soirée promettait d'être joyeuse. Remus secoua la tête afin de se remettre les idées en place et alla ouvrir aux troisième année qui attendaient derrière la porte. C'était un double cours et son dernier cours de la journée. Il se passa plutôt bien, mais Remus était tellement tendu qu'il aurait facilement pu rappeler à l'ordre n'importe quel élève qui discutait. Sans compter que c'était bientôt la pleine lune et que durant la semaine qui la précédait, il était toujours un peu plus susceptible qu'en temps normal. Heureusement, les troisième année avaient dû deviner qu'il s'était disputé avec le filleul de son compagnon car ils furent très sages et très sérieux. Mais ils ne furent pas assez concentrés lors de la seconde partie du cours qui était consacrée à la pratique et Remus dut élever un peu la voix pour avoir leur attention. Il fut soulagé lorsque vint le moment de les libérer. Il allait pouvoir souffler un peu. Mais il n'allait pas rester là sans rien faire pour autant. En attendant Ginny, il décida de corriger les devoirs sur table des sixième année. Cela le détendrait et ce serait toujours ça de moins à faire le soir dans ses appartements.

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Ginny arriva peu après dix-sept heures. Ayant laissé la porte grande ouverte, Remus la vit se tenir dans l'encadrement de celle-ci. Il l'invita à entrer, ce qu'elle fit.

- Alors, vous vouliez me parler, je crois.

- Oui. C'est à propos du poste de préfète à pourvoir. Je sais que vous devez convoquer cette semaine tous ceux qui sont concernés mais je préférais venir vous voir avant afin de vous éviter de réserver un créneau pour rien. J'ai pris ma décision et je n'ai pas besoin d'y réfléchir davantage. J'ai été très touchée par le fait que vous ayez pensé à moi, je ne pensais pas mériter autant de confiance, mais je ne suis pas intéressée. Il vaut mieux que le poste revienne à quelqu'un que ça motive vraiment.

Remus fut tellement surpris qu'il mit plusieurs secondes à réagir :

- Je suis tout à fait apte à accepter votre décision, quelle qu'elle soit, mais êtes-vous sûre de l'avoir prise en toute connaissance de cause ? Êtes-vous sûre que cela ne vous plairait pas, d'être préfète ? Ou bien avez-vous des idées reçues sur les préfets ancrées dans votre esprit et qui vous freinent ?

- Non, pas du tout, l'une de mes meilleures amies est préfète, son petit-ami est préfet, mon frère est préfet, sa petite-amie est préfète, donc à force d'en parler avec tout ce beau monde, je connais plutôt bien le rôle de préfet. Je sais ce qui relève d'idées reçues et ce qui relève de la réalité.

- Dans ce cas, il y a peut-être des choses vraies qui vous inspirent de la crainte ?

- Non, c'est juste que ça ne m'intéresse vraiment pas. Je préfère me concentrer sur mes études. Sans oublier que je fais du Quidditch. Je suis consciente que cette année, plusieurs préfets font partie de l'équipe de Quidditch de leur maison et qu'ils s'en sortent très bien, mais moi, je n'ai pas envie de jongler entre trente-six mille choses à la fois.

- Je vois. Je pensais pourtant que vous aimeriez le fait d'être très occupée. Vous êtes toujours pleine d'énergie et vous avez le sens des responsabilités. Vous êtes, à mes yeux, l'élève la plus mature de votre promotion.

Ginny se mit à rougir.

- Merci, ça me touche beaucoup, dit-elle, un peu timide. Mais même si je semble avoir bon nombre de qualités requises pour être préfète, je ne tiens pas à me lancer là-dedans.

- Vous en êtes vraiment certaine ?

- Oui.

Remus sentait bien qu'il y avait un loup quelque part, mais ne voulant pas braquer Ginny, il préféra ne pas insister. Il était cependant extrêmement déçu qu'elle ne veuille pas devenir préfète. Déçu, et un peu embêté, il fallait le dire. Car comme un idiot, il s'était persuadé qu'elle serait partante pour le poste de préfète, sans penser une seule seconde qu'elle ne serait peut-être pas intéressée. Et elle était la seule élève de Gryffondor qui, pour lui, avait l'âme d'une préfète. Elle était parfaite pour ce rôle. Il n'avait songé qu'à elle, se disant qu'une fois qu'il lui en aurait parlé, il suffirait qu'elle passe le test du règlement ainsi que les tests pratiques et le tour serait joué, elle serait la nouvelle préfète de Gryffondor. Et voilà qu'elle lui annonçait qu'elle n'en avait pas du tout envie et qu'elle voulait laisser la place à quelqu'un d'autre. Comment avait-il pu ne pas se préparer à une telle éventualité ? Il avait été trop négligent. Il avait tout pris pour acquis et il regrettait d'avoir été aussi insouciant. Il aurait aimé dire à Ginny qu'elle était l'unique candidate pour lui mais il avait peur de l'influencer et qu'elle se sente obligée de revenir sur sa décision. Alors il garda pour lui ce qu'il pensait et choisit de lui poser une question qui lui trottait dans la tête :

- Bien, je ne vais pas essayer de vous faire changer d'avis. Jamais je ne forcerai quelqu'un à devenir préfet s'il n'en a pas le désir. Mais je souhaiterais savoir pourquoi vous teniez tant à venir me dire aujourd'hui que vous n'êtes pas intéressée par le poste alors que j'allais très bientôt vous convoquer.

- Je vous l'ai dit, je ne voulais pas que vous perdiez du temps pour rien en me convoquant alors que c'est inutile.

- Je vous remercie de cette attention, mais nous prenons actuellement autant de temps que nous n'en aurions pris lors de cette convocation. Cela revient donc au même. Loin de moi l'idée de remettre votre parole en doute, mais je pense plutôt que vous vous êtes empressée de venir me voir car vous aviez peur de changer vous-même d'avis.

- Non, je suis parfaitement sûre de ce que je veux, prétendit Ginny.

Sa voix était pourtant un peu tremblante et manquait d'assurance. Remus était convaincu que Ginny n'avait juste pas assez confiance en elle malgré l'image qu'elle donnait, et il aurait voulu creuser ce sujet mais il savait que s'il le faisait, il allait davantage la cabrer qu'autre chose. Il décida donc de la laisser tranquille.

- Je ne vais pas vous retenir plus longtemps, dans ce cas. Mais si vous revenez sur votre choix avant le quinze mai, n'hésitez pas à me le dire. Vous avez encore une période de réflexion.

- Merci, professeur, mais ce ne sera pas nécessaire.

- Comme vous voulez, dit Remus en souriant. Vous pouvez y aller.

Ginny se leva, salua son professeur et s'en alla. Remus poussa un profond soupir. Il se demanda ce qu'il avait fait pour passer une journée aussi pourrie. Et elle était loin de se terminer puisqu'il avait encore la retenue de Harry à assumer. Il avait cependant trois heures à attendre. Et d'ici là, il devait parler à Sirius. Il rangea donc ses affaires et quitta à son tour sa salle de classe. Il descendit au rez-de-chaussée et se rendit à ses appartements. En entrant dans le salon, il vit Sirius en train de corriger des copies.

- Déjà au travail ? s'étonna-t-il.

- Oui, j'ai une tonne de devoirs dans mon sac et je dois vite m'occuper de ceux des cinquième et des septième année pour qu'ils les récupèrent rapidement afin de préparer leurs BUSE et leurs ASPIC.

- Tu as raison, c'est ce que je fais aussi.

Remus tira une chaise de sous la table et se laissa lourdement asseoir dessus.

- Ouh là, tu as l'air au bout du rouleau. Tu as eu une dure journée ?

- Tu ne peux pas imaginer…

- Tes élèves ont été infernaux ?

- C'est plus compliqué que ça.

- Tu me raconteras tout ça quand on rentrera après le dîner pendant que je te ferai un bon massage, même si je ne m'y connais pas trop, proposa gentiment Sirius.

- C'est adorable mais je ne serai pas là ce soir.

Sirius fronça les sourcils.

- Tu seras où ?

- Dans ma salle de classe, avec un élève à qui j'ai donné une retenue.

- Oh, ça ne te ressemble pas d'en arriver jusque-là… Qui est cet élève ?

- Harry.

Sirius écarquilla les yeux pendant quelques secondes avant d'éclater de rire.

- Oh t'es bête, j'ai failli me faire avoir !

- Ce n'est pas une blague, s'agaça Remus. J'ai vraiment collé Harry.

Sirius le regarda avec surprise.

- Tu es sérieux ? Mais… pourquoi tu as fait ça ? Enfin, non, pardon, je voulais dire... Qu'est-ce qu'il a fait pour mériter une retenue ?

- Il a été très insolent.

- Harry, insolent ? Ça ne lui ressemble pas du tout, lâcha Sirius, perplexe. Tu es sûr que tu n'as pas un peu... surréagi ? La pleine lune est dans moins d'une semaine, tu es toujours plus susceptible que d'habitude durant cette période-là, et en plus j'ai cru comprendre que tu n'avais pas eu une journée très facile…

- L'approche de la pleine lune n'a jamais eu la moindre incidence sur ma façon de gérer les élèves, répliqua sèchement Remus. J'ai même tendance à être légèrement plus laxiste justement pour éviter de m'énerver trop facilement, sans pour autant tout laisser passer. Tu me connais, Sirius, je sais me contrôler, même quelques jours avant la pleine lune. Je prends toujours les décisions qui s'imposent pour éviter tout débordement. Rappelle-toi notre histoire, avec l'activation inconsciente du lien.

Sirius prit un air piteux.

- Oui, c'est vrai, excuse-moi… J'aurais dû m'en souvenir. Et ne pas douter de toi. Mais…

- Harry est ton filleul, tu le considères comme ton fils et tu as la réaction typique d'un parent qui ne veut pas croire que son enfant ait pu se montrer insolent en cours, compléta doucement Remus. Je comprends tout ça. Et je ne t'en veux pas. Je me doute bien que ça doit te paraître insensé que Harry ait pu être effronté au point de se prendre une retenue…

- Surtout avec toi, grimaça Sirius. Mais qu'est-ce qui s'est passé, au juste ?

Remus raconta alors à Sirius la réaction de Harry en découvrant sa note et l'attitude qu'il avait eue lorsque Remus l'avait retenu après le cours. Sirius sembla sidéré.

- Merlin mais quel Doxy l'a piqué ? souffla-t-il.

- Aucune idée. J'essaierai de lui parler à la fin de sa retenue.

Sirius acquiesça distraitement.

- Je me demande ce qui a bien pu le pousser à avoir un tel comportement… À part Severus, jamais un professeur n'a eu à se plaindre de lui… Et quand Harry se montrait insolent en cours de potions, c'était parce que Severus le cherchait. Mais ce que je sais, en revanche, c'est que ça n'a rien à voir avec toi. Ce n'est pas contre toi s'il a été aussi incorrect.

- Je sais, je n'ai pas pris ça pour moi, assura Remus. Je l'ai puni uniquement parce que je ne pouvais pas laisser passer son attitude, par souci de neutralité. Mais j'ai l'impression que tout ça, c'était de la comédie. Que ce n'était pas vrai. Il surjouait, ce n'était pas naturel du tout.

- Mais pourquoi aurait-il fait ça ?

- Je n'en sais rien, c'est la question que je me pose aussi. Ça devrait me soulager, d'un sens, car ça voudrait dire qu'il n'est pas du tout devenu rebelle, qu'il n'a pas changé de comportement du jour au lendemain, qu'il jouait juste un rôle, mais ce n'est pas le cas. Je sens qu'il y a quelque chose de sérieux derrière tout ça. Il me paraît bizarre, en ce moment. Il n'est plus aussi joyeux qu'avant. Il a l'air sans cesse préoccupé. Mais c'est pourtant assez léger. Ce n'est pas comme s'il était en pleine dépression. C'est difficile d'analyser son attitude, en fait.

- J'ai le même sentiment, avoua Sirius. Mais ça n'a rien à voir avec la période du début d'année. Il n'est pas aussi renfermé.

- Oui, il a clairement des soucis, mais pas au point de l'affecter plus que ça. C'est très étrange. Et nous ne sommes pas les seuls à nous inquiéter. Il m'a fait comprendre sans le vouloir qu'il n'y a pas que Severus et moi qui avons remarqué tout ça. Je pense que ses amis doivent s'en faire, eux aussi.

- Je pense aussi. Bon, essaie d'avoir une discussion calme avec lui après sa retenue et on verra bien ce qu'il en ressortira.

Remus hocha la tête et prit sa mallette. Tout comme Sirius, il avait un certain nombre de devoirs à noter. Il restait un peu moins d'une heure avant le repas et il voulait en profiter pour s'avancer dans ses corrections.

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Après le dîner, Remus se rendit à sa salle de classe. À peine eut-il sorti les copies qu'il allait corriger durant la retenue que Harry arriva.

- Entre et assis-toi à une table. Je vais te donner le sujet du devoir. Tu auras droit à tes cours puisque c'était un devoir individuel.

Harry obéit et s'installa à une table. Remus posa le sujet devant lui et lui demanda d'être sérieux et honnête dans son devoir avant de lui presser doucement l'épaule et de retourner à son bureau. Alors qu'il se plongeait dans ses copies, il sentit le regard de Harry sur lui. Il leva les yeux et aperçut de la surprise dans ceux de Harry. Il devina que le geste qu'il avait eu après lui avoir distribué le sujet y était pour quelque chose. Sûrement Harry ne s'attendait-il pas à quelque chose d'aussi affectueux de sa part… Sans doute pensait-il que Remus était très en colère contre lui et qu'il se montrerait froid envers lui jusqu'à la fin de l'année scolaire… Bon, c'était peut-être exagéré mais avec Harry, plus rien n'étonnerait Remus. Il n'hésita pas une seule seconde et sourit à Harry afin de lui prouver que tout allait bien entre eux. Il vit aussitôt les épaules de Harry se relâcher d'un coup. Il parut bien plus serein et porta toute son attention sur le devoir. Remus l'observa un moment, heureux que Harry ait compris que rien n'avait changé entre eux malgré cette retenue et se concentra à son tour sur son tas de copies. Il se passa deux heures durant lesquelles Harry travailla presque sans relâche, s'autorisant juste quelques petites pauses par-ci par-là. Ce fut vers vingt-deux heures quinze qu'il vint déposer son devoir sur le bureau de Remus. Celui-ci le lut vite fait et déclara :

- Eh bien voilà qui est mieux. Et plus honnête. Tu peux me dire maintenant pourquoi je t'ai rendu cet après-midi un devoir qui était bien en-dessous de ton niveau habituel ?

Harry se retint visiblement de lever les yeux au ciel.

- Ne m'oblige pas à répéter tout ce que je t'ai dit quand tu m'as retenu à la fin du cours…

- Je ne risque pas de te le demander puisque je suis sûr que ce n'était pas la vérité.

- Est-ce que je dois me préparer à ce que tu me colles parce que tu penses que je t'ai menti ?

Remus soupira.

- Harry, ça n'a pas été simple pour moi de te coller. Mais je n'avais pas le choix. Sinon, tu aurais cru que tu pouvais me parler comme tu le voulais à chaque fois que ça te chantait sans risquer la même sanction que tes camarades. Je ne peux pas faire de favoritisme.

- Je sais, dit Harry en se radoucissant. Et tu as eu raison. Je ne t'en veux pas pour ça. Ni pour quoi que ce soit d'autre. Au moins, ça prouve que tu me considères comme un élève comme les autres.

Remus fronça légèrement les sourcils.

- En cours, oui. Mais à l'extérieur, même dans les couloirs, tu es à la fois un élève de la maison dont je suis le directeur et le filleul de mon compagnon. Ce n'est pas parce que je t'ai collé que je t'aime moins ou que je ne veux plus rien avoir à faire avec toi…

- Évidemment, assura Harry en souriant. Je n'ai jamais pensé ça. Si j'ai claqué la porte en quittant la salle tout à l'heure, c'est parce que j'ai très mal pris le fait de me faire coller par un professeur qui est aussi un peu mon tuteur et qui a donc déjà une autorité sur moi en-dehors des cours. C'était une réaction complètement immature, je l'assume et je le regrette, mais en même temps, ça m'a fait du bien, en quelque sorte. Car pour une fois, j'ai réagi comme un adolescent complètement normal. Ça ne m'est pas arrivé souvent, jusqu'à présent. De par le traumatisme de mon enfance et ma célébrité qui faisait que j'avais toute l'attention sur moi alors que je voulais au contraire passer incognito et me fondre dans la masse, je faisais tout pour ne pas me faire remarquer. Je me faisais discret, je ne disais rien. Je n'étais jamais moi-même. Là, j'ai réagi vraiment instinctivement, sans réfléchir, sans me retenir. Et ça a été libérateur. Mais je sais que je n'aurais pas dû m'emporter et te parler comme je l'ai fait. Je le regrette vraiment, car je ne voulais pas te décevoir et être aussi désagréable envers toi alors que tu m'as toujours soutenu, aidé et protégé…

- Le principal, c'est que tu reconnaisses tes torts, que tu les assumes et que tu t'excuses, dit Remus avec douceur. Et tu n'as pas à t'en faire quant au fait que tu ne souhaitais pas me décevoir. Comme tu l'as dit toi-même, tu as eu une réaction typique d'un adolescent qui est furieux de s'être fait punir par un parent. C'est l'âge bête qui fait ça et c'est très, très, très, très agaçant pour les parents. Mais ce n'est pas pour autant qu'ils vont moins aimer leurs enfants parce qu'ils se comportent comme des teignes avec eux. Aimer son enfant, ça passe par l'éducation. Rappelle-toi ce que je t'ai dit quand je suis venu te chercher dans la salle des binômes pour te dire que Sirius était sauvé et hors de danger. Je t'avais dit que quoi que tu fasses, Sirius et moi t'aimerions toujours autant. Eh bien ce n'est pas l'attitude de crotte que tu as eue aujourd'hui qui va faire que je ne peux plus te supporter.

- Je sais, dit Harry, l'air ému. Et je te remercie d'être toujours aussi super avec moi. Tu ferais un très bon père si tu avais un enfant avec Sirius.

- Ça me touche beaucoup, ce que tu dis là, confia Remus. Mais ce n'est pas à l'ordre du jour, nous sommes bien trop occupés pour songer à faire un enfant. Tu es notre priorité et tu le resteras jusqu'à ce que tu prennes ton envol. Mais tu pourras toujours compter sur nous, cela va de soi. Comme c'est le cas, là, tout de suite, maintenant. Nous ne te le dirons jamais assez mais si tu as des problèmes, tu dois nous en parler. Sirius et moi avons bien vu que tu étais bizarre, en ce moment. Tu as souvent la tête ailleurs et tu n'as plus trop le sourire. Je pense ne pas me tromper en affirmant que ton attitude d'aujourd'hui est liée à ces ennuis que tu sembles avoir. Et si c'est le cas, c'est que ça doit être assez grave. Alors parle-moi, s'il te plaît.

Harry parut faire un effort surhumain pour soutenir le regard de Remus.

- Il n'y a rien, Remus, tout va très bien, Sirius et toi n'avez pas à vous en faire. Je n'ai pas plus de problèmes que Draco, Théo ou Justin. Je reçois des remarques dans les couloirs, comme eux, mais c'est tout. C'est juste que je suis un peu fatigué, un peu las, alors je les supporte un peu moins bien qu'eux. Mais tout est sous contrôle. Ne vous inquiétez pas pour moi, je vais parfaitement bien. Est-ce que je peux y aller ?

Remus fixa Harry pendant une bonne vingtaine de secondes avant de soupirer. Vu comment c'était parti, il n'allait rien obtenir de lui.

- Oui, vas-y.

Harry remercia Remus et rejoignit sa table afin de ranger ses affaires. Une fois ceci fait, il se dirigea vers la porte. Mais juste avant de la franchir, il se retourna.

- Remus, je… je te demande encore pardon pour mon comportement. Ce n'était pas contre toi, je ne veux pas que tu crois que je voulais me rebeller contre ton autorité…

- Ce n'est pas du tout ce que je pense, je sais que tu n'es pas comme ça, affirma Remus.

Harry sourit, l'air soulagé.

- Sirius et toi, vous ne pouvez pas imaginer à quel point vous comptez pour moi. Vous ne le voyez pas, mais je vous le prouve chaque jour. Merci encore pour tout ce que vous faites pour moi. Passez une bonne soirée.

Harry tourna les talons et s'en alla. Remus resta un moment perplexe, ne sachant pas ce que Harry avait voulu dire quant au fait qu'il leur prouvait quotidiennement son attachement, à Sirius et lui. Il songea que c'était peut-être ça, le but : que cela reste secret. Fatigué par l'approche de la pleine lune et par la journée qu'il venait de passer, il ne se posa pas plus de questions et rangea à son tour son matériel dans sa mallette. Puis il quitta sa salle de classe et rentra à ses appartements. Il se délesta de sa robe, de ses chaussures et de sa mallette et se rendit aussitôt à la chambre. Il y trouva Sirius en train de lire, attendant sûrement son retour. Remus en eut la confirmation quand il leva les yeux vers lui.

- Oh, te voilà, je pensais que ça allait durer un peu plus longtemps avec Harry… Ça a été ?

Remus acquiesça et relata la retenue à Sirius.

- Ouais, donc on n'est pas plus avancés qu'avant, conclut celui-ci lorsque Remus termina son court récit. Mais au moins, tout va pour le mieux entre Harry et toi.

- Oui, et ça me rassure beaucoup. Il a compris que j'étais son professeur et son tuteur, bien que ce point ne soit pas encore officiel, et que ce qui se passe en cours n'affecte en rien notre relation dans le privé. Il le savait déjà mais là, il en a eu la preuve. Mais j'aurais bien aimé lui tirer les vers du nez à propos de ce qui le tracasse actuellement.

- Il n'était pas dans les bonnes conditions, apparemment. Et ce n'était peut-être pas le bon moment. Mieux vaut laisser passer quelques jours avant de lui en parler de nouveau. Entre-temps, on peut essayer d'en savoir plus auprès de ses amis.

- Comme on l'avait fait lorsqu'il se droguait avec ses potions de sommeil sans rêve et qu'il avait des ennuis avec son petit-ami ?

- Oui, sauf que là, ce n'est pas du tout la même situation. On agit beaucoup plus tôt et on a plein de personnes qui pourraient nous renseigner.

- C'est vrai. Et quelque chose me dit que ses amis sont déjà en train d'enquêter de leur côté. Harry a bien laissé entendre que Severus et moi n'étions pas les seuls à avoir tenté de le faire parler, comme je te l'ai dit tout à l'heure. On a vraiment les moyens de découvrir ce que nous cache Harry. Mais on n'aurait pas à faire tout ça, normalement. Il devrait savoir qu'il doit venir se confier de lui-même.

- Je pense qu'il voudra toujours essayer de régler les choses d'abord par lui-même. Ça ne vient pas d'un manque de confiance en nous de sa part ou du fait qu'il croit qu'il est seul et que personne ne peut l'aider. C'est juste qu'il a été trop habitué à se débrouiller tout seul et qu'il ne veut pas embêter ses amis ou les adultes avec ses soucis s'il peut s'en occuper sans notre aide. Mais quand il sentira que ça deviendra trop dur et qu'il ne pourra pas s'en sortir seul, il viendra vers nous. Il a appris de ses erreurs, et il sait qu'à un moment, il doit en référer aux adultes. Mais avant d'en arriver là, il fera toujours son maximum pour se dépêtrer seul de son bourbier. C'est un réflexe qu'il a et que rien ne pourra y changer quoi que ce soit. Tout ça pour dire qu'il faut lui faire confiance. Il n'est pas aussi borné qu'on peut le croire. Il viendra chercher notre aide quand il ne pourra plus faire autrement.

Remus hocha la tête, se laissant imprégner par les paroles de son compagnon.

- Tu as raison. J'espère qu'il réalisera vite qu'il a besoin de nous. Bon, il est un peu tôt mais je vais me coucher, je suis épuisé.

- Tu ne veux pas que je te masse, comme je te l'ai proposé quand tu es rentré ?

- C'est gentil mais je risque de vite m'endormir et de ne pas en profiter…

- Oui bah au moins tu seras apaisé. On dort mieux quand on est détendu. Allez, je veux faire ça pour toi…

Remus ne put résister face au regard suppliant que lui adressa Sirius.

- D'accord, céda-t-il.

Il se mit sur le ventre et laissa Sirius s'occuper de lui. Il était loin d'être un expert dans le domaine du massage mais il fit beaucoup de bien à Remus qui était encore plus tendu qu'il ne le pensait. Et il avait pourtant déjà bien conscience d'être très crispé. Et comme il l'avait prédit, il tomba vite dans les bras de Morphée, relaxé par les bons soins de son compagnon adoré…

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(mardi 30/04) POV Théo

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- Tu es sûr de vouloir lui en parler aujourd'hui ?

Théo retint une grimace. Il comprenait pourquoi Justin lui demandait cela mais c'était typiquement le genre de question qui pouvait lui donner envie de revenir sur sa décision. Car il s'apprêtait à aller voir son directeur de maison pour lui annoncer qu'il avait été embauché au Chaudron Baveur pour l'été. Il devait le lui dire assez vite, ayant besoin que son professeur de potions fasse le nécessaire pour qu'il ait le droit d'utiliser la maie durant ces vacances.

- Oui. Il faut que ce soit fait le plus vite possible pour qu'il puisse lancer à temps les démarches. Et puis, c'est bien connu que plus on attend, plus c'est dur de s'y mettre.

- Mais il y a des jours où tu as plus de temps pour aller le voir…

- Oui, mais il n'est pas forcément libre quand je le suis. Je pourrais lui en parler demain ou samedi, lors de ma séance de thérapie, mais je ne veux pas tout mélanger. D'autant plus que la discussion va sûrement durer un bon moment et que mes séances se terminent juste à l'heure du repas. Je ne peux donc pas rester trop longtemps si je ne veux pas sauter le repas. Après, le mercredi, on commence à dix heures mais il faut que j'aille le voir à un moment où je ne suis pas pressé par le temps, car je ne sais pas si ça va demander trente minutes, une heure, deux heures… Jeudi, on commence plus tard, à onze heures, mais il a une séance de thérapie avec Draco de neuf heures à onze heures. Vendredi, on a cours toute la journée et tu as ta séance avec lui de dix-sept heures à dix-neuf heures. Et je ne veux pas le déranger un dimanche, ça doit être le seul jour où il peut se reposer. Donc aujourd'hui, après les cours, c'est le meilleur moment pour aller lui parler. Normalement, j'ai un entraînement de dix-sept heures à dix-huit heures trente mais comme on a eu un match avant-hier et qu'on n'a que deux jours pour s'en remettre avant le prochain entraînement, celui d'aujourd'hui a été annulé pour qu'on puisse récupérer. Avant, on pouvait assumer l'entraînement grâce aux potions que Graham se faisait livrer mais depuis qu'on a eu une intoxication avec ces potions, il ne veut plus s'en servir et risquer de nous mettre en danger. Donc exceptionnellement, aujourd'hui, je n'ai pas d'entraînement.

- Tu aurais pu en profiter pour te reposer, sachant qu'après le dîner, tu vas m'aider en potions dans un des cachots… Tu ne vas pas avoir une seule seconde à toi, aujourd'hui. Mais je comprends que tu aies voulu sauter sur l'occasion pour parler à ton directeur de maison. Ça devient assez urgent, il est temps de lui parler.

Théo acquiesça alors que Justin et lui arrivaient aux cachots. Ils étaient sortis en avance du cours de Défense Contre les Forces du Mal et avaient donc pris leur temps pour se rendre aux cachots. Cela leur avait permis de discuter sans se faire entendre de leurs camarades qui étaient partis devant eux. Ils entrèrent quelques minutes plus tard dans le cachot où ils avaient cours le mardi et s'installèrent à leur table habituelle. Théo aimait beaucoup le cours théorique de potions car c'était le seul cours de la semaine où il pouvait être assis à côté de Justin. Il passa relativement vite, comme d'habitude, ce qui n'arrangeait pas vraiment Théo qui stressait à l'idée d'aller voir son professeur. Il avait peur que ce dernier s'oppose à son projet de travailler au Chaudron Baveur et qu'il refuse par conséquent de faire les démarches adéquates pour que Théo puisse utiliser la magie. Il savait pourtant au fond de lui qu'il parviendrait à convaincre son directeur de maison, mais c'était plus fort que lui, la peur était bien là. Il avait donc les mains un peu tremblantes lorsqu'il rangea ses affaires dans son sac.

- Hé, relax, ça va bien se passer, lui dit doucement Justin. Tu as les arguments nécessaires pour lui faire comprendre que tu as besoin de travailler, il a confiance en toi, il sait très bien que tu es mature et responsable, il va t'aider, il va te soutenir et il va les lancer, ces démarches administratives.

Théo sourit.

- Tu as raison, je ne devrais pas stresser comme ça. Mais si je lui en parle, ce n'est pas uniquement pour qu'il fasse ces démarches, c'est pour qu'il soit avec moi, pour que je puisse compter sur lui… Et parce que je ne peux pas le lui cacher, aussi. Je veux être honnête avec lui, maintenant que je suis sûr d'être embauché.

- Et c'est très bien de ta part. Mais tu vas quand-même être pressé par le temps puisque tu n'auras que deux heures, sans quoi tu louperas le dîner…

- Je peux pousser jusqu'à dix-neuf heures trente, ça me laissera deux heures et demie pour discuter avec le professeur Snape et ça me laissera une demie-heure pour manger. Ce sera bien suffisant.

- D'accord, je te fais confiance. Bon, je vais y aller, il n'aime pas quand on traînasse dans le cachot à la fin du cours. Bon courage, et ne stresse pas, tout ira bien.

Justin déposa un baiser sur les lèvres de Théo qui rougit. Il regarda son petit-ami partir, puis il prit son courage à deux mains et alla voir son directeur de maison.

- Professeur, puis-je vous parler ?

Le professeur Snape leva les yeux vers lui.

- Oui, bien sûr. C'est si urgent que cela pour que vous désiriez me parler maintenant alors que nous avons une séance demain soir, après vos cours ?

- Cela n'a rien à voir avec la thérapie et je préfère ne pas tout mélanger.

- Je vois. De plus, avec les horaires de vos séances, il est difficile de les prolonger, ne serait-ce que de vingt minutes.

- C'est ce que je me suis dit aussi. Et c'est tout de même un peu urgent.

- Bien, je vous écoute, dans ce cas.

Théo se sentit nerveux. Il ne savait pas trop par où commencer, alors il décida d'aller droit au but :

- Je souhaite travailler cet été. Ça fait plusieurs mois que j'y pense et c'est en début d'année, lors de la convalescence de Harry, que j'ai eu une idée de job. Draco et moi rendions visite à Harry lorsque le professeur Lupin a dit que le Chaudron Baveur changeait de propriétaires et qu'ils cherchaient du personnel. J'ai été aussitôt intéressé mais je n'osais pas me lancer. J'ai mis du temps à me décider et à essayer d'écrire une lettre de motivation. Je dis bien «essayer» car j'ai eu du mal à la rédiger. Je ne savais pas quoi y mettre, alors je me suis adressé à quelqu'un qui m'a gentiment aidé. J'ai envoyé la lettre fin février et j'ai reçu la réponse début avril, soit près d'un mois et demi plus tard. Les gérants du Chaudron Baveur ont beaucoup de travail, je me doutais bien que je n'aurais pas un retour tout de suite. Mais ils m'ont finalement répondu, alors que je ne m'y attendais plus trop, et ils m'ont dit que ma candidature les intéressait. Ils m'ont proposé un entretien lors de la prochaine sortie à Pré-au-Lard, j'ai accepté, on s'est vus à l'occasion de la dernière sortie et après avoir discuté pendant près d'une heure, ils m'ont annoncé que j'étais embauché pour l'été. Ils m'ont fortement conseillé de vous en parler rapidement car il faut faire des démarches auprès du Ministère afin que je puisse utiliser la magie durant les vacances, et seul vous pouvez vous en occuper. Mais même sans ça, je vous aurais fait part de tout cela. Voilà, c'est un résumé très bref, je vous ai passé les détails, mais vous savez le principal, maintenant.

Théo se tut sur ces mots et observa la réaction de son professeur. Celui-ci le regarda un instant avant de réagir :

- Je dois avouer que je suis assez surpris, mais cela répond à certaines questions que je me posais. J'aurais dû me douter de tout cela, mais il y avait peut-être une partie de moi qui ne voulait pas vous imaginer travailler pendant tout l'été. C'est pour payer votre double formation, c'est cela ?

- Oui. J'économise depuis ma première année sur ce que j'ai dans mon coffre en ne m'achetant que le strict nécessaire, je ne fais des petites folies qu'à Noël pour offrir des cadeaux à mes amis, sinon, je ne touche jamais à mon argent. J'ai toujours été du genre prévoyant, et ça me sauve aujourd'hui car mes économies vont me permettre de payer un peu plus de la moitié de la formation. Je paierai le reste avec ce que je gagnerai en travaillant lors des trois prochains étés. À la sortie de Poudlard, j'aurai assez pour me loger et me nourrir et si je parviens à avoir le boulot au sein de la formation, ça m'aidera à payer le loyer et à subvenir à mes besoins.

- Vous avez déjà réfléchi à tout, murmura le professeur Snape. Et vous vous êtes débrouillé tout seul depuis votre décision jusqu'à l'entretien avec les gérants du Chaudron Baveur. Vous avez tout fait en catimini, sans éveiller les soupçons, sans avoir l'air de celui qui luttait pour trouver une solution afin de payer sa future formation. C'en est presque effrayant. Vous pouvez préparer quelque chose dans le plus grand des secrets sans que quiconque ne s'aperçoive de quoi que ce soit. À moins que vous n'en ayez parlé à quelqu'un ?

- Justin et Harry étaient au courant et j'en ai aussi fait part à un adulte, le même qui m'a aidé à faire ma lettre.

- Et pourquoi me mettre dans la confidence seulement maintenant ?

- Parce que j'avais peur que vous essayiez de me faire changer d'avis. Et je ne tenais pas à vous en parler avant d'être sûr d'être embauché.

- Il est de mon devoir de vous dissuader de vous faire renoncer à un projet s'il met en danger votre santé ou s'il n'est pas compatible avec votre état de forme. Et je crains que ce ne soit le cas avec ce job que vous souhaitez exercer cet été.

- Je n'aurais pas pris cette décision si je n'étais pas sûr de ne courir aucun risque, se défendit Théo. Vous me connaissez, professeur, je ne fais jamais rien de manière irréfléchie. Sauf quand il faut agir dans l'urgence. Et encore, même dans ces moments-là, je garde mon sang-froid. Après, vous allez me dire que j'ai souvent tendance à me mettre en danger, mais je ne le fais que pour aider quelqu'un ou me sortir d'une situation périlleuse dans l'immédiat. Là, ce n'est ni l'un, ni l'autre. Si je souhaite trouver de l'argent pour financer ma formation, je n'ai pas besoin de me mettre en danger pour ça. Je n'aurais pas décidé de trouver un job pareil si je ne me sentais pas prêt à assumer tout ce que cela impliquait. J'ai fait mon choix en toute connaissance de cause.

- Mais vous avez une santé fragile, M. Nott. C'était déjà le cas depuis votre toute petite enfance, à cause des mauvais traitements que vous infligeait votre père, et ça ne s'est pas arrangé avec l'année compliquée que vous avez passée. Bien au contraire. Entre les différentes agressions que vous avez subies, l'explosion, le choc anaphylactique, le choc émotionnel dû au procès… C'est un miracle que vous soyez toujours debout à l'heure qu'il est. Vous n'êtes d'ailleurs pas totalement remis, même si vous avez déjà bien repris du poil de la bête.

- Si j'étais si fragile que ça, je ne serais pas capable de supporter les séances de duel du dimanche avec le professeur Black et le professeur Flitwick, rétorqua Théo. Elles me font beaucoup de bien, elles me vident de toute énergie sur le moment, oui, mais je me sens ensuite animé d'une nouvelle énergie que je n'avais pas avant.

- Justement, c'est ça, le problème. Si vous aviez pu poursuivre ces séances pendant l'été, je n'aurais vu aucun inconvénient à ce que vous travailliez au Chaudron Baveur, car ces séances vous auraient permis de garder la forme, combinées à des potions qui vous auraient apporté forces et vitamines. Mais sans ces séances et sans ces potions, vous ne tiendrez jamais le coup. Ou alors si, en tirant sur la corde, mais vous allez être complètement épuisé à la rentrée. Il vous faudrait plusieurs semaines de repos pour récupérer.

- Je suis d'accord, je n'ai jamais dit que j'allais travailler tout l'été sans rien prendre pour rester en forme. J'avais pensé à ces potions dont vous m'avez parlé, ça sera suffisant pour m'aider à garder le rythme…

- Non, il faut une certaine dose d'activité physique pour qu'elles soient efficaces. Si vous les prenez sans faire de sport, vous allez accumuler de l'énergie en vous sans la dépenser et vous allez devenir une véritable boule de nerfs.

- Mais je vais en faire, de l'exercice, avec mon travail…

- Oui, mais il faudra une vraie séance de sport au moins une fois par semaine. Maintenir la séance de duel aurait donc été réellement intéressant.

- Mais j'ai besoin de ce travail, professeur, dit Théo, désespéré. Personne ne pourra m'aider à payer ma double formation. Il n'y a pas d'aides, dans le monde sorcier. Et il me faut de quoi me nourrir et me loger quand je partirai de Poudlard. Je n'ai pas d'autre choix que de travailler et ce, dès cet été.

Théo sut qu'il avait trouvé le bon ton en voyant la tristesse envahir le regard de son professeur.

- Je sais combien votre situation est difficile. Pour moi, il était impossible que vous entamiez votre formation dès votre sortie de Poudlard. Je ne voyais qu'une solution pour vous : habiter chez un ami et travailler jusqu'à avoir l'argent nécessaire pour votre formation. Mais j'aurais dû me douter que vous voudriez vous débrouiller tout seul, sans l'aide de vos amis. J'étais cependant loin d'imaginer que vous comptiez travailler cet été. Et je ne savais pas que vous aviez économisé assez pour payer une partie de la formation. Tout me paraît réalisable, à présent. Je vous fais entièrement confiance, je vous crois quand vous dites que vous vous sentez apte à supporter ce job. Mais il y a ce problème de potions et de maintien en forme. Il n'y a que ça qui bloque. Sinon, vous m'avez convaincu et je suis apte à vous donner mon assentiment. Et à lancer les démarches pour que vous puissiez utiliser la magie dans le cadre de votre travail.

- Merci beaucoup, professeur, répondit Théo, soulagé. Mais tout cela ne mènera à rien si je ne peux pas bénéficier de ces potions…

Le professeur Snape sembla réfléchir un instant, les sourcils légèrement froncés.

- Il faut que je voie ça avec le professeur Black. Je suis presque sûr qu'il accepterait sans hésiter de continuer les séances de duel hebdomadaires cet été avec vous. Il faudra juste qu'il soit libre lors de vos jours de repos.

- Je ne veux pas l'embêter plus que je ne l'ai déjà fait, protesta Théo. Il n'a plus à se soucier de moi en-dehors de Poudlard, il a le droit à de vraies vacances, et elles seront gâchées s'il doit me voir une fois par semaine pour ces séances ! Je m'en voudrais de l'empêcher de profiter de ses vacances avec ceux qu'il aime.

- Et moi je pense qu'il serait extrêmement déçu d'apprendre que vous n'aurez pas pu travailler cet été parce que vous ne vouliez pas le déranger. Surtout que c'est grâce à lui si vous avez pu écrire et envoyer votre lettre de motivation.

Théo écarquilla les yeux de stupeur et ouvrit la bouche avant de la refermer sans avoir prononcé le moindre son.

- Oui, j'ai aussitôt deviné qui était cet adulte qui vous avait aidé. J'avais eu une discussion avec lui à votre sujet le surlendemain du procès et il m'avait laissé entendre qu'il était au courant de ce que vous alliez faire pour subvenir à vos besoins. Il avait refusé de m'en dire plus mais il m'avait assuré que vous m'en parleriez en temps voulu. Et il avait eu raison. Cela ne m'étonne pas du tout que ce soit à lui que vous ayez demandé de l'aide.

- Je l'ai décidé un peu par hasard. Durant le cours, il avait fait une réflexion sur les choses que nous n'apprenions pas à l'école et qui nous seraient pourtant indispensables après Poudlard et je m'étais dit que les lettres de motivation en faisaient partie… J'ai donc pris mon courage à deux mains et je suis allé le voir. Il a tout de suite accepté de m'aider et on s'y est mis sur-le-champ.

- Et malgré le fait qu'il vous ait soutenu, qu'il vous ait aidé, qu'il ait gardé le secret et qu'il n'ait pas hésité une seule seconde à sacrifier une heure de ses dimanches deux fois par mois, vous croyez tout de même que ça va le déranger de poursuivre ces séances pendant les vacances ? Alors que ça vous permettrait de passer du temps avec Harry qui sera plus qu'heureux de pouvoir vous voir huit fois pendant l'été ? Ce dont son parrain est parfaitement conscient ? Vous ne pensez pas que rien que le désir de vouloir rendre son filleul heureux va le pousser à accepter de continuer ces séances ? Même s'il n'aura pas besoin de ça pour être d'accord ?

Théo grimaça. Il ne pouvait pas nier tout cela et il n'avait aucun argument à opposer. Il n'avait plus aucune raison de refuser de maintenir ces séances durant l'été. Une douce chaleur l'envahit à l'idée qu'il aurait la possibilité de voir Harry régulièrement alors qu'il s'était résigné à ne pouvoir passer qu'une ou deux journées avec lui jusqu'à la rentrée. Et puis, il devait l'avouer : il aimait beaucoup ces séances avec le professeur Black. Il les aimait aussi avec le professeur Flitwick, mais il y avait une énergie et une jeunesse qui émanaient du professeur Black et qui lui plaisaient énormément. Et il y avait aussi une certaine complicité. Mais ça, c'était parce que Théo était ami avec Harry et qu'il était venu plusieurs fois dans les appartements du professeur Black et du professeur Lupin pendant la convalescence du Gryffondor. Il laissa donc tomber toute forme de résistance et céda face à son directeur de maison :

- D'accord, vous pouvez demander au professeur Black s'il accepterait de poursuivre ces séances.

- Bien, déclara le professeur Snape d'un air satisfait. Je lui en parlerai dès que j'en aurai l'occasion et je pense qu'il serait intéressant que nous nous réunissions pour discuter de tous les petits détails. Comme l'endroit où vous allez vous retrouver, la façon dont vous allez vous organiser en fonction de vos jours de repos, la durée des séances qui seront peut-être un peu plus longues que celles que vous avez actuellement… Et nous verrons si je pourrai venir vous voir au moins deux fois par mois pour vérifier si tout va bien, si les potions vous conviennent, si vous tenez le coup… Évidemment, je ne vous forcerai pas à accepter ces petites visites.

- Non, non, je veux bien, affirma Théo. Ça me rassurerait, je crois. Car passer tout l'été sans aucun suivi, ça m'angoisserait sûrement…

- Il y a des chances, oui. Et je serais moi-même rassuré. Comme je suis sûr que le professeur Black acceptera le maintien des séances, je m'occuperai rapidement des démarches à faire pour que vous puissiez vous servir de la magie. Il vaut mieux s'y mettre tôt, étant donné que ça peut s'avérer assez long.

- C'est ce que m'ont dit les gérants du Chaudron Baveur.

- J'aimerais bien que vous me racontiez en détail cette entrevue.

Théo sourit.

- Ça pourra faire l'objet d'une prochaine séance de thérapie.

Le professeur Snape acquiesça.

- Nous verrons cela quand nous aurons terminé de traiter un aspect de votre enfance. Bien, je vais vous laisser y aller, j'ai plein de questions à vous poser mais j'attendrai la séance pendant laquelle vous me relaterez l'entretien. Vous pouvez disposer.

Théo remercia son professeur, se leva et quitta le cachot. Il était heureux. La discussion s'était très bien passée. Et il en ressortait avec plus de bonnes nouvelles qu'il ne l'espérait. Mais il était surtout soulagé que son directeur de maison ait accepté son désir de travailler et qu'il veuille bien lancer les démarches nécessaires. Ce fut donc avec le sourire qu'il se rendit à la Grande Salle, sa conversation avec son professeur l'ayant mené jusqu'à l'heure du dîner.

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Après avoir mangé, Théo attendit Justin près de l'entrée de la Grande Salle. Son petit-ami ne tarda pas à le rejoindre et sourit en le voyant. Il déposa un tendre baiser sur les lèvres de Théo qui se sentit fondre sous la douceur du geste.

- On va au cachot ? suggéra Justin.

Théo hocha la tête et tous deux prirent le chemin des cachots. Une fois arrivés, ils pénétrèrent dans celui que le professeur Snape leur avait attribué.

- On fait quelle potion, aujourd'hui ? demanda Justin.

- La potion de regermination. Tu avais eu du mal, avec celle-là.

- Oui, je m'en souviens. Il faut dire qu'elle était longue et compliquée…

- Il y avait beaucoup de chiffres et le plus dur était de ne pas les mélanger. Mais tu vas y arriver. On va y aller étape par étape et je serai là pour te guider. Quels sont les ingrédients nécessaires ?

- Alors… Il faut trois grammes de menthe poivrée, sept baies de gui, huit grammes de polygonum, sept centilitres de jus de figue, cinq grammes d'ailes de billywig et trois grammes d'épines de rose.

- C'est ce que dit la liste, oui. Mais il y a une petite subtilité qui se retrouve dans la grande majorité des recettes, sauf que dans celle-ci, ça concerne trois ingrédients. Lis la recette.

Justin fronça les sourcils et parcourut les détails de la préparation.

- Ah oui, dans la liste, ce sont les quantités totales mais tout n'est pas forcément versé en une seule fois…

- C'est ça, approuva Théo. C'est important de bien en avoir conscience avant de s'y mettre. Prends minutieusement connaissance de la recette, maintenant.

Justin s'exécuta et lut scrupuleusement toutes les étapes, tout comme Théo qui était à côté de lui.

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1) Faire chauffer l'eau à 60°

2) Incorporer 3 grammes de menthe poivrée

3) Tourner 5 fois dans le sens des aiguilles d'une montre (vert foncé)

4) Faire chauffer pendant 4 minutes à 65°

5) Ajouter 4 baies de gui

6) Tourner 6 fois dans le sens des aiguilles d'une montre (vert pâle)

7) Ajouter 4 grammes de polygonum

8) Tourner 4 fois dans le sens inverse des aiguilles d'une montre (vert clair)

9) Faire chauffer pendant 3 minutes à 70°

10) Verser 3 cl de jus de figue

11) Ajouter 5 grammes d'ailes de billywig

12) Tourner 5 fois dans le sens des aiguilles d'une montre (turquoise)

13) Verser 4 cl de jus de figue

14) Ajouter 3 baies de gui

15) Tourner 4 fois dans le sens inverse des aiguilles d'une montre (violet)

16) Faire chauffer pendant 3 minutes à 70°

17) Ajouter 3 grammes d'épines de rose

18) Tourner 3 fois dans le sens des aiguilles d'une montre (violet clair)

19) Ajouter 4 grammes de polygonum

20) Tourner 6 fois dans le sens des aiguilles d'une montre (magenta)

21) Faire chauffer pendant 7 minutes à 75°

.

- Je ne vais jamais pouvoir aller au bout de la recette sans faire la moindre erreur, gémit Justin.

- Mais si, tu en es tout à fait capable, apaisa Théo. Déjà, tu vas disposer tes ingrédients en petits tas bien séparés.

Justin fit ce que lui disait Théo et forma des petits tas. Puis il commença la préparation de la potion. Il chauffa l'eau à soixante degrés, mit la menthe poivrée dans le chaudron et tourna cinq fois dans le sens indiqué. La potion prit une couleur violette. Justin augmenta de cinq degrés la température de l'eau et la fit chauffer pendant quatre minutes. Il ajouta ensuite quatre baies de gui et tourna dans le même sens que précédemment. Théo put deviner à son air concentré qu'il comptait les tours. C'était le seul moyen pour ne pas en rater un ou en faire un de trop. Il en fit juste assez car la potion devint vert pâle, comme elle devait l'être à l'issue de la sixième étape. Jusque-là, Théo n'était pas encore intervenu car Justin se débrouillait très bien tout seul. Il observa son petit-ami mettre du polygonum dans le chaudron et mélanger en faisant quatre tours dans le sens inverse des aiguilles d'une montre avant de monter de nouveau la température et laisser reposer pendant trois minutes. La potion avait viré au vert clair, ce qui était parfait. Une fois les trois minutes passées, Justin versa le jus de figue dans un bol posé sur une balance magique. Théo le regarda faire et lui fit relever la fiole à temps en voyant la balance afficher trois grammes.

- Zut, j'ai cru que c'était cinq grammes ! s'exclama Justin. J'ai confondu avec la onzième étape où il faut ajouter cinq grammes d'ailes de billywig…

- C'est toute la difficulté de la potion. Rester attentif pour ne pas s'emmêler les pinceaux. Mais on va travailler là-dessus, je vais te faire faire des potions d'entraînement qui nécessitent beaucoup de concentration. Allez, on s'y remet.

Justin acquiesça et se recentra sur sa potion. Il ajouta les ailes de billywig et tourna cinq fois dans le sens des aiguilles d'une montre. La potion devint turquoise. Justin versa quatre centilitres de jus de figue et incorpora trois baies de gui. Il mélangea pendant quatre tours dans l'autre sens par rapport à la douzième étape, faisant prendre à la potion une couleur violette. Il augmenta une nouvelle fois de cinq degrés la température de la mixture et la fit chauffer pendant trois minutes durant lesquelles il écrasa ses épines de rose. Alors qu'il s'apprêtait à les mettre dans le chaudron, Théo suspendit son geste.

- Attends, c'est trop gros, même à soixante-dix degrés, ça ne se dissoudra pas, ça doit vraiment être de la poudre pour que ça se désagrège correctement.

- Oh… Je n'ai jamais fait plus fin que ça…

- Et c'est sûrement pour ça que tes potions n'ont pas la bonne couleur quand il y a des ingrédients à réduire en poudre dans la préparation. Ce sont eux qui déterminent la couleur de la potion une fois mélangés au reste, alors si la poudre n'est pas assez fine, elle ne peut pas bien s'incorporer dans la potion et elle ne peut pas lui donner la couleur souhaitée. La précision est primordiale dans l'art des potions.

- C'est vrai, c'est que le professeur Snape répète à chaque cours… Je comprends mieux pourquoi il insiste autant à ce sujet, désormais. Mais comment on fait pour faire de la fine poudre ?

- Il faut écraser avec le plat de la lame du couteau, d'abord avec la pointe, puis en abaissant petit à petit le reste de la lame en appuyant fermement. C'est un coup à prendre, quand tu seras habitué, tu le feras sans réfléchir. J'essaierai de trouver des potions où il y a pas mal d'ingrédients à réduire en poudre, comme ça, tu pourras t'exercer là-dessus.

- Il va falloir plus qu'une séance par semaine pour que je puisse m'entraîner sur tout ce qui me pose problème, grimaça Justin.

- Je verrai ça avec le professeur Snape, promit Théo. Avec notre organisation, on peut se permettre d'avoir deux séances par semaine, on aura toujours du temps libre.

Justin hocha la tête et reporta son attention sur ses épines de rose. Théo le vit se saisir du couteau et suivre les conseils qu'il lui avait donnés. Avec beaucoup de concentration, Justin posa la pointe du couteau en haut des épines et fit descendre lentement la lame en exerçant une forte pression. Théo entendit les épines craquer, signe que l'exercice avait été réussi. Il se sentit extrêmement fier de son petit-ami. Il réalisait de gros progrès lorsqu'il était à fond dans ce qu'il faisait. Il avait juste besoin d'être guidé. Il répéta l'opération avec les autres épines jusqu'à avoir trois grammes de poudre, puis il les mit dans le chaudron. Il tourna trois fois dans le sens des aiguilles d'une montre et obtint une couleur violet clair. Il ajouta quatre grammes de polygonum et fit six tours dans le même sens qu'à la dix-huitième étape. Il monta la température à soixante-quinze degrés et fit chauffer pendant sept minutes la potion qui devint magenta. Un sourire ému se dessina sur le visage de Justin alors que la fierté envahissait Théo à l'égard de son chéri.

- Tu vois, tu as réussi, lui chuchota-t-il à l'oreille.

- Parce que tu étais là, précisa Justin. Si tu ne m'avais pas aidé pour le jus de figue et les épines de rose, ma potion aurait été totalement ratée.

- Le jus de figue, c'était une erreur d'inattention et les épines de rose, c'était juste une technique que tu n'avais pas. L'inattention, ça se travaille en se forçant à rester concentré et maintenant que tu as la solution pour réduire efficacement en poudre, tu n'auras plus de soucis avec ça. Les progrès que tu as fait durant cette séance se ressentiront lors des prochaines potions que tu prépareras en cours. Bon, il est un peu tard pour qu'on fasse une autre potion, on va donc y aller.

- Il va vraiment falloir deux séances hebdomadaires, signala Justin.

- J'en parlerai au professeur Snape après la séance de thérapie. Je verrai avec lui si on peut avoir un cachot le dimanche de treize heures à quinze heures, si ça te convient.

- C'est parfait, affirma Justin.

- Super, conclut Théo. Allez, on range et on y va.

Justin et lui nettoyèrent la table et le chaudron, remirent tout en place et quittèrent le cachot après s'être assurés qu'ils n'avaient rien oublié.

- Tu veux aller à la salle sur demande ou dans ma salle commune ? demanda Justin.

- Je veux bien qu'on aille à ta salle commune, j'aime beaucoup l'ambiance qui y règne, avoua Théo.

- Oh, je suis trop content que tu t'y sentes bien, s'attendrit Justin. Allons-y, dans ce cas.

Les deux amoureux n'eurent pas à marcher bien longtemps puisqu'ils n'étaient pas loin de la salle commune des Poufsouffle. Comme il était plus de vingt-et-une heures, elle était relativement pleine. Mais elle n'était pas bruyante pour autant. Le monde qu'il y avait ne gêna donc pas Théo qui n'était pourtant pas très à l'aise dans les lieux trop bondés. Il s'assit dans un large fauteuil avec Justin et se blottit contre son petit-ami qui l'entoura de ses bras, lui offrant un agréable cocon. Théo soupira de bien-être et promena son regard dans la salle commune. Il vit Susan et Hannah discuter avec Roger Curtis et Wayne Hopkins, Alex travailler sur un devoir, Sophie Roper et Sally-Anne Perks jouer aux échecs, Flynn et Fawkes, les batteurs de l'équipe, lire un livre et Emily, faire ce qui semblait être du tricot. Théo voulut tourner la tête pour ne pas qu'elle croit qu'il la narguait en la fixant alors qu'il était dans les bras de Justin mais elle leva les yeux au même moment et croisa son regard. Gêné, il baissa aussitôt le sien et essaya de se dégager des bras de Justin. Cela intrigua évidemment son petit-ami.

- Qu'est-ce qu'il y a ? interrogea-t-il.

- Emily nous a vus.

- Et alors ? Ce n'est pas parce qu'elle est là qu'on doit s'empêcher de se comporter en amoureux. Si elle en faisait autant avec son futur petit-ami, je ne lui en tiendrais pas rigueur.

- Oui, mais votre rupture a été plus difficile pour elle que pour toi. Elle était vraiment amoureuse. Ça doit donc être plus dur pour elle de te voir avec moi que ça ne le serait pour toi de la voir avec son nouveau copain.

- Je conçois tout ça mais si on raisonne comme ça, ça veut dire qu'on doit se conduire comme deux simples amis à chaque fois que nous sommes tous les trois dans la salle commune ou ailleurs. Elle est où, notre liberté, là-dedans ?

Théo fit la moue.

- Tu as raison. Mais ça me met mal à l'aise vis-à-vis d'elle. Je ne veux pas qu'elle se sente humiliée ou blessée…

- Tu penses trop aux autres, Théo, et pas assez à toi. C'est gentil de ta part de t'inquiéter pour elle, mais tu as le droit d'être heureux et de t'afficher avec le garçon que tu aimes. C'est à elle de tourner la page et de m'oublier. Bien sûr, on peut éviter de se montrer trop démonstratifs par respect mais on ne doit pas se cacher non plus… Après, je ne vais pas t'obliger à rester dans mes bras si tu n'en as pas envie…

Théo sourit.

- Je n'ai pas dit ça. J'adore être tout contre toi.

Comme pour le lui prouver, Théo retrouva sa place dans les bras de Justin qui referma de nouveau ses bras autour de lui. Théo poussa un autre soupir de bien-être et continua à regarder les personnes présentes dans la salle commune. Il observait avec amusement deux jeunes élèves essayer de faire voler un avion en papier avant de se résigner à utiliser un bon vieux sortilège de lévitation lorsqu'un bruit de casse attira son attention. Il dirigea son regard vers l'origine du bruit et vit un pot brisé sur le sol. De la terre s'était répandue tout autour au milieu de laquelle gisait une pauvre fleur. Alex, qui passait visiblement par-là, posa un livre qu'il avait dû emprunter à un camarade et sortit sa baguette pour nettoyer le sol et lancer un sort de réparation qui reconstitua le pot. Il rempota la fleur et usa du sort de lévitation pour remettre le pot à sa place, sur une sorte de muret qui était trop haut pour lui. Puis il reprit son livre et retourna s'asseoir sous le regard ébahi de quelques élèves qui devaient être dans sa classe. Théo pensa deviner d'où venait cet étonnement et il en eut la confirmation quelques secondes plus tard, lorsqu'Alex s'aperçut que ses camarades le fixaient.

- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il d'une voix mal assurée.

- Comment as-tu fait tout ça ? s'étonna une fillette blonde.

- Ben… avec de la magie, répondit Alex, perplexe.

- Non, je veux dire… comment ça se fait que tu aies fait ça aussi facilement alors que tu as toujours eu du mal en cours de sortilèges ?

- Oh… Quelqu'un m'a aidé à maîtriser les sorts qui me posaient problème et… euh… le sortilège de nettoyage, de réparation et de lévitation en faisaient partie.

Théo tourna la tête vers Justin et fut touché par l'émotion qui se lisait dans son regard. Elle fut vite mêlée à de la fierté, cette même fierté que lui ressentait lorsque son petit-ami réussissait une potion lors de leurs cours particuliers. Il sut alors exactement ce qu'éprouvait Justin en ce moment-même. Une joie sans nom de voir des heures de travail récompensées, d'être parvenu à apprendre quelque chose à quelqu'un, d'être parvenu à le faire progresser, d'être parvenu à lui donner confiance en lui. Les séances que Justin et Alex avaient eues étaient certes liées à un piège qui avait mal tourné, mais Alex, qui était une victime dans tout ça, avait réellement besoin de ces séances et elles avaient porté leurs fruits. Elles n'avaient pas été vaines. Tout n'était pas à jeter dans cette période qui rappelait de mauvais souvenirs.

- Tu peux être fier de toi, autant que tu l'es d'Alex, murmura Théo à Justin. Ce sera en partie grâce à toi qu'il réussira son examen de sortilèges.

- C'est lui qui a fait le plus gros du travail. Il est bon, il n'a juste pas assez confiance en lui.

- Oui et cette confiance, c'est toi qui la lui as donnée. Tu as su quoi lui dire.

- C'est vrai, admit Justin. Je suis heureux d'avoir contribué à ses progrès, alors. C'est quelqu'un de tellement gentil et attachant… Il me fait un peu penser à toi. C'est peut-être ton petit frère caché.

- Qui sait, vu que je ne connais pas mon père, j'ai peut-être des frères et des sœurs disséminés dans l'école, plaisanta Théo. Non, franchement, je ne l'espère pas. Car il m'a dit que le karma s'était déjà occupé de mon vrai père. Donc si j'ai des frères ou des sœurs quelque part dans l'école, ça voudrait dire qu'ils sont orphelins de père. Je ne le leur souhaite absolument pas, je préfère penser que j'étais enfant unique et que je n'ai pas de demi-frère ou de demi-sœur.

- Je comprends. Quoi qu'il en soit, je suis content que les cours particuliers que j'ai donnés à Alex lui aient été bénéfiques. Sauf que maintenant, il se fait harceler, le pauvre, ajouta Justin en riant.

Théo reporta son attention sur Alex et vit en effet qu'une dizaine d'élèves s'étaient ameutés autour de lui.

- À mon avis, ils veulent savoir qui l'a aidé, s'amusa-t-il.

- Sûrement. Bon, je vais essayer de lui venir en aide… Je vais lui envoyer un bout de papier disant qu'il peut dire mon nom mais qu'il doit préciser que je ne peux plus donner de cours particuliers à cause des BUSE qui approchent.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Théo sortit du parchemin de son sac tandis que Justin prenait sa plume et son encrier. Il écrivit un mot qu'il fit ensuite léviter jusqu'à Alex qui s'en saisit. Deux minutes plus tard, ses camarades s'éloignèrent, l'air un peu déçus, et regagnèrent leurs tables, leurs fauteuils ou leurs canapés. Alex sembla chercher Justin du regard et le trouva rapidement. Il lui sourit, ainsi qu'à Théo qui en fit autant. Alex se remit ensuite à son devoir. Théo se blottit de nouveau contre Justin qui l'embrassa dans les cheveux, puis dans le cou, le faisant rire et se tortiller afin d'échapper à ces lèvres qui le chatouillaient. Mais Justin ne paraissait pas décidé à le laisser tranquille et continua à le tourmenter. Théo employa alors les grands moyens et se retourna dans les bras de Justin pour lui faire face et capturer ses lèvres entre les siennes. Justin dut trouver qu'il ne perdait rien au change car il répondit très vite à son baiser. Celui-ci fut d'abord doux avant qu'il ne s'approfondisse et que les mains ne se mettent à voyager dans le dos et dans les cheveux. Théo adorait sentir la langue de Justin explorer sa bouche et ses mains caresser son dos. Il en faisait autant mais dans les cheveux de son chéri qu'il ne se lassait pas de toucher. Il était tellement pris dans les sensations qu'il en oublia presque où ils étaient. Mais il s'en souvint lorsque les mains de Justin dégrafèrent sa robe de sorcier. Il les attrapa, les empêchant ainsi de poursuivre ce qu'elles faisaient.

- Attends, ça me gêne qu'on fasse tout ça ici, avoua-t-il.

- Oh… Pardon, je ne m'en rendais pas compte. Veux-tu qu'on aille dans la salle sur demande ?

Théo acquiesça. Justin et lui se levèrent, quittèrent la salle commune de Poufsouffle et se dirigèrent vers les escaliers. Ils montèrent au septième étage et longèrent les couloirs jusqu'à celui où se situait la tapisserie de Barnabas le Follet. Une fois arrivés, Justin passa trois fois devant et fit apparaître la salle sur demande. Ils y entrèrent et s'installèrent sur leurs couvertures habituelles. Théo n'eut pas le temps de profiter un peu de l'endroit que Justin s'empara de ses lèvres pour l'entraîner dans un baiser langoureux et passionné. Théo le lui rendit du mieux qu'il put, un peu surpris par la fougue dont faisait preuve son petit-ami. Sa robe de sorcier lui fut vite enlevé mais il ne s'en plaignit pas et fit de même avec celle de Justin. Ils reprirent leur baiser qu'ils avaient dû rompre et firent voyager leurs mains dans le dos de l'autre, d'abord par-dessus la chemise, puis en-dessous, déboutonnant un ou deux boutons au passage. Théo était à présent familier à sentir les doigts de Justin sur sa peau et à se montrer torse nu devant lui. Aussi ne broncha-t-il pas quand son Poufsouffle adoré lui retira sa chemise. Étant assis sur les jambes de Justin, il dut reculer un peu pour que celui-ci puisse lui ôter ce haut gênant. Théo en profita pour en faire autant. Ils purent ainsi se caresser plus librement. Théo était habitué à promener ses doigts sur le long du dos de Justin, plus rarement sur le torse mais là, ce fut sur le devant du corps qu'il décida de concentrer ses caresses. Il fit donc courir ses doigts sur le ventre de Justin, avant de les remonter vers le torse et les pectoraux. Son petit-ami était clairement plus remplumé que lui, il disait d'ailleurs qu'il avait quelques kilos en trop mais Théo l'adorait tel qu'il était. Il aimait le fait de ne pas sentir les côtes sous ses doigts. Justin était peut-être légèrement enrobé mais il était grand, donc ce n'était pas choquant. De toute façon, il était très bien comme ça pour Théo qui se fichait des détails physiques. Il fit aller et venir ses mains sur le torse offert tandis que celles de son chéri redécouvraient son dos, sa taille et ses hanches. À un moment, Théo cessa ses caresses pour s'attarder sur les tétons de Justin qui l'intriguaient. Il avait remarqué que ces deux bouts de chair durcissaient lorsqu'il passait ses mains dessus de façon répétée. Évidemment, il avait déjà connu ça mais uniquement quand il faisait froid. Il voulait donc savoir si cela plaisait à Justin quand il les touchait. Il joua alors avec eux en faisant des mouvements circulaires avec ses doigts et au vu des frissons qui parcoururent Justin et des légers soupirs qu'il poussa, il appréciait cela. Ravi de lui faire du bien, il poursuivit ses gestes mais Justin ne tarda pas à rompre le baiser et à attraper ses poignets.

- Théo, arrête…

- Pourquoi ? demanda Théo, déçu. J'ai fait quelque chose de mal ?

- Non, au contraire, j'adorais ce que tu faisais… Mais je risque de trop aimer, justement.

- Oh… Tu veux dire…

- Que je peux réagir, oui.

Théo se mordit la lèvre. Il comprenait pourquoi Justin l'empêchait de lui donner du plaisir, et il était touché car c'était pour ne pas le gêner que Justin le repoussait à chaque fois, mais là, il était frustré car il avait vraiment envie de lui apporter du plaisir. Il eut alors une idée.

- Ce n'est pas un problème si tu réagis, déclara-t-il. Je peux continuer ce que je faisais et si jamais tu réagis, on se quittera là-dessus pour que tu puisses aller t'en occuper. Il ne reste qu'une heure avant le couvre-feu, de toute manière.

- Tu es sûr que ça ne te dérange pas ?

- Non, affirma Théo.

- Bon, comme tu veux. En fait, si je dois être honnête, ça m'arrange, car tes attentions me plaisaient beaucoup, avoua Justin. Tu es très doué.

Théo rougit, ce qui fit sourire Justin qui reprit possession de ses lèvres. Théo se réattaqua aux tétons de son petit-ami et leur fit subir toutes sortes d'outrages qui soutirèrent des soupirs à Justin. Il était tellement concentré sur sa tâche qu'il ne protesta pas lorsque Justin mit fin au baiser. Il ne prêta pas d'attention à ce brusque abandon jusqu'à ce que les lèvres de Justin ne viennent s'échouer dans son cou. Il poussa un petit cri de surprise et frissonna en sentant la bouche de son petit-ami effleurer sa gorge et y déposer de légers baisers. La chaleur monta en lui et elle s'accentua quand le souffle de son chéri se dirigea vers son oreille. Il n'aurait jamais pensé que cette zone-là était si sensible. Peut-être l'était-elle chez lui mais pas chez les autres… Cette question fut vite balayée de son esprit car les lèvres de Justin vinrent mordiller son lobe, lui provoquant un gémissement qu'il ne put retenir. Les mains de Justin n'étaient pas en reste et se mirent à triturer elles aussi les tétons de Théo qui ne sut alors plus où donner de la tête. Il avait de plus en plus chaud, sa respiration devenait haletante et la bouche et les mains de son petit-ami lui procuraient trop de plaisir pour son propre bien. Jamais Justin ne lui avait fait tout cela. Il l'avait déjà embrassé dans le cou, oui, mais sans trop s'y attarder, Théo étant très réactif, ce qui aurait pu engendrer une réaction qu'il voulait éviter. Mais là, Justin ne semblait pas s'en préoccuper, contrairement à Théo qui n'était pas sûr d'être prêt à faire face à cela. Les mains de Justin étant sur son torse et non dans son dos, il profita de n'avoir aucune entrave pour reculer sur les genoux de Justin qui eut l'air par sa réaction.

- Désolé, mais… c'est moi qui vais réagir si tu continues comme ça…

Justin le regarda fixement.

- Ce serait peut-être une bonne idée de laisser une telle chose arriver, suggéra-t-il doucement. Je ne veux pas te forcer, mais si tu te dérobes à chaque fois qu'on franchit un cap, on n'avancera jamais dans notre relation. Si tu n'es pas prêt, je le comprendrais parfaitement, je ne te brusquerai pas, on ira à ton rythme, mais si c'est juste une question de peur, il vaut mieux tenter de passer outre. Est-ce que tu vois ce que je veux dire ?

- Oui, dit sincèrement Théo. Et tu as raison. J'ignore si je suis prêt, mais j'ai très envie d'aller plus loin et de passer des caps avec toi. Mais c'est bel et bien la peur qui me freine.

- C'est normal, c'est tout nouveau pour toi et tu as un rapport particulier à ton corps, tu as dû te faire à l'idée qu'il pouvait servir à autre chose qu'à se faire malmener. Mais tu as le droit de ressentir du plaisir, même à cet endroit-là, et je te promets que c'est quelque chose de très agréable.

- Je te crois, assura Théo. Mais je ne pense pas être prêt à y toucher, ou à te laisser me toucher là…

- Ne t'inquiète pas, on ne va rien faire de tout ça aujourd'hui, apaisa Justin. Mais je te propose tout de même qu'on se soulage ensemble. Mais pas avec les mains. On va même garder nos pantalons. En fait, on va juste se frotter l'un contre l'autre.

Théo haussa les sourcils. Justin sourit, à la fois gêné et amusé.

- Je donne peut-être l'impression d'être sûr de moi, en te faisant cette proposition, mais comme tu le sais, tu es ma première relation homosexuelle, je n'ai donc jamais fait ça avec qui que ce soit… En revanche, je me suis déjà soulagé avec ma main à travers le pantalon et ça avait été efficace. Alors je me dis qu'en se frottant avec nos parties intimes, ça devrait le faire aussi… Et on se ferait du bien mutuellement.

Théo acquiesça.

- Je vois. Et cette idée me va très bien. Tant qu'on reste habillés et qu'on ne se touche pas de façon directe…

- Non, promis, jura Justin. Il va juste falloir que je m'allonge sur toi.

La peur dut se lire dans les yeux de Théo car Justin s'empressa de le rassurer :

- Je ne tenterai rien, tu n'as rien à craindre, c'est juste pour que ce soit plus pratique.

Théo se détendit. Justin le fixa attentivement.

- Est-ce que tu es sûr d'en avoir envie ?

- Oui, dit fermement Théo. Je t'aime et je veux tout découvrir avec toi.

L'émotion envahit le regard de Justin.

- Je t'aime aussi, tu ne peux pas savoir à quel point… Et ça me touche énormément que tu acceptes d'aller plus loin. Je sais que ce n'est pas évident pour toi…

- J'ai toute confiance en toi, et j'en ai autant envie que toi.

Justin hocha la tête et s'empara des lèvres de Théo qui répondit aussitôt à son baiser. Il s'efforça de rester détendu lorsque Justin le fit doucement basculer sous lui. Mais il ne put s'empêcher de rougir à l'idée d'être allongé sous Justin. Merlin que c'était gênant. Et intimidant. Il était sans défense et vulnérable, là, sous le corps de son petit-ami… Mais il savait qu'il ne lui ferait pas de mal et qu'il ne le forcerait jamais à rien. Alors il le laissa se coucher sur lui mais sans peser de tout son poids. Il apprécia vite cette nouvelle intimité. La gêne fit place à un sentiment de confort et de sécurité, loin de ce qu'il avait pensé cinq minutes plus tôt. Justin replongea la tête dans son cou qu'il embrassa et mordilla, lui soutirant des soupirs et des gémissements et faisant renaître l'excitation en lui. Il reprit lui aussi ses attentions sur le torse de Justin et plus précisément sur ses tétons qu'il tritura de toutes les manières possibles et imaginables. Il fit également voyager ses mains un peu partout, découvrant des zones qui étaient sensibles au toucher chez son petit-ami. Il ne put ignorer la bosse qui se forma dans le pantalon de Justin tandis que c'était encore plat chez lui. Mais plus pour très longtemps car il avait de nouveau chaud et, effectivement, il perçut bientôt une tension dans son bas-ventre et dans son membre. Ce fut très déroutant pour lui car jusque-là, c'était toujours à son réveil qu'il avait ce genre de réaction. Il ne l'avait jamais sentie apparaître. Mais là, ce n'était pas pareil, ce n'était pas qu'une réaction mécanique comme celles qu'il avait au réveil. C'était une érection due au plaisir et au désir. Ça ne lui était jamais arrivé avant. Il n'avait pas l'habitude d'avoir cette présence dans son pantalon, d'avoir son membre au garde-à-vous, et plus il se dressait, plus ça devenait inconfortable. Il ressentit alors l'envie de se soulager alors qu'il n'avait jamais voulu le faire avant, par honte, par pudeur et parce que ça ne l'intéressait pas. Mais là, encore une fois, c'était différent. C'était même plus qu'une envie, c'était un besoin. Il essaya cependant de rester calme et immobile, sachant que bouger ne le ferait que réagir davantage, mais Justin mit sa volonté à rude épreuve en embrassant et mordillant des zones très érogènes dans son cou. Il vint aussi titiller ses tétons alors que lui-même avait abandonné ceux de Justin, trop occupé à se raccrocher à tout et n'importe quoi pour penser à autre chose que son membre qui pulsait dans son pantalon. Et les attentions de Justin dans son cou le firent durcir encore plus, si bien que Théo n'y tint plus et commença à se tortiller sous Justin dans l'espoir d'apaiser un peu la tension qui habitait son sexe. Justin cessa soudain ce qu'il faisait, sans doute intrigué par son agitation.

- Un problème ? se moqua-t-il.

Ah non, il voulait juste se payer sa tête. Théo lui aurait bien envoyé un regard noir mais il était trop frustré pour perdre son temps à lui faire ravaler son sarcasme.

- Je n'en peux plus, j'ai besoin de me soulager, fais quelque chose, s'il te plaît, supplia-t-il.

Justin sourit.

- Il suffit de le demander, dit-il doucement.

Puis, d'un ton plus sérieux, il ajouta :

- On va connaître le plaisir pour la première fois ensemble, ça va être un moment inoubliable, notre premier moment intime, notre première expérience sexuelle, celle qui marquera le début de notre vie intime, celle qui restera gravée à jamais dans notre mémoire… C'est un moment important et je vais tout faire pour que tu l'aimes.

Théo sentit son coeur déborder d'émotion face à ces mots remplis d'amour et de tendresse.

- Je l'aime déjà, et je veux aller jusqu'au bout et connaître le plaisir ultime avec toi, murmura-t-il.

Justin fondit sur les lèvres de Théo qui perçut dans ce baiser tout l'amour que son chéri lui portait. Justin se mit à onduler sur lui, créant le premier mouvement de friction entre leurs deux membres. Théo se tendit à l'extrême, ne s'étant pas attendu au plaisir intense que ce frottement lui procura. Il avait l'impression que son sexe allait exploser. Justin réitéra son geste et les fit gémir à l'unisson. Il recommença, cette fois un peu plus vite, et adopta un rythme régulier et soutenu qui leur provoqua des soupirs et des gémissements de plus en plus sonores. Leur baiser devint plus anarchique, rendu instable par les poussées de hanches de Justin qui le projetaient en avant au-dessus de Théo. Celui-ci ne désira pas rester inactif et accompagna du mieux qu'il put les mouvements de bassin de Justin. L'intensité de leurs frictions s'en retrouva aussitôt décuplée et Théo crut qu'il allait défaillir tant le plaisir fut intense.

- Justin, haleta-t-il.

- C'est si bon, gémit Justin. Je t'aime, Théo, je t'aime…

Théo voulut répondre mais un coup de hanches de Justin l'en empêcha et le fit crier à la place. Bon sang, il n'allait jamais pouvoir tenir, c'était beaucoup trop bon… Il sentait que ça montait, montait, montait… Justin devait en être au même point car il attrapa ses hanches et redoubla d'ardeur dans ses mouvements. Théo se cambra en criant, il tint encore trois coups de bassin et sans comprendre ce qui se passa, le plaisir explosa dans son corps, court-circuita son cerveau et inonda son caleçon. Il entendit vaguement Justin crier quelques secondes plus tard avant qu'il ne s'effondre sur lui. Ils restèrent un moment sans bouger, se remettant difficilement de ce qui venait de leur arriver. Ce fut Justin qui récupéra ses esprits en premier alors que Théo revenait peu à peu à lui. Il ouvrit les yeux qu'il avait apparemment fermés et tomba sur le regard plein d'amour de Justin. Il se sentit fondre et sourit avec émotion.

- Je t'aime, murmura-t-il.

- Je t'aime aussi, dit affectueusement Justin.

Il se pencha vers Théo et lui donna un tendre et doux baiser.

- Comment tu te sens ? chuchota-t-il.

- Merveilleusement bien, déclara Théo. Je n'avais jamais ressenti ça, c'était… indescriptible. J'ai du mal à croire que j'aie pu faire… ça. Que j'aie soupiré, gémi, crié…

- Et il n'y a rien de plus normal à ça, assura Justin. Ça veut dire que tu as aimé et c'est le principal. Il n'y a aucune raison d'avoir honte. Tu es quelqu'un de normal, Théo.

Ces mots eurent un profond impact sur Théo. Lui qui avait toujours été tellement différent, venait de se prouver qu'il pouvait aussi être un adolescent comme les autres. Et cela lui fit un bien fou. Il se redressa et embrassa Justin avec tout l'amour qu'il éprouvait pour lui. Justin lui rendit son baiser et y mit également tout son amour. Ce fut Théo qui finit par le rompre au bout d'un moment, gêné par la substance collante qui se trouvait dans son sous-vêtement.

- Je crois qu'on va devoir se changer, grimaça-t-il.

Justin sembla comprendre aussitôt ce qu'il voulait dire et sourit.

- Non, pas besoin, le sort de nettoyage est très efficace pour ça.

Il sortit sa baguette et lança un «Recurvite» sur eux. Théo sentit un vent de fraîcheur très agréable dans son caleçon. Il récupéra sa chemise et celle de Justin et tous deux se rhabillèrent. Ils laissèrent cependant de côté leur robe de sorcier, préférant la remettre quand ils s'en iraient. Ils se rallongèrent et Théo posa sa tête sur le coeur de son petit-ami. Bercé par les battements de cet organe palpitant, il se détendit complètement, si bien que son esprit dériva sans qu'il ne s'en aperçoive. Il repensa à ce qui venait de se passer et la réalité le frappa de plein fouet. Il avait eu sa première relation sexuelle. Rien de très poussé, il n'avait rien vu, rien touché, et Justin non plus, mais il avait eu une érection, avec son petit-ami, et il s'était soulagé, avec lui. Alors qu'il n'avait jamais connu ça tout seul. Et il avait aimé. Il avait pris du plaisir. Et il avait eu cette explosion, en lui et en-dehors de lui, cet instant où le plaisir avait été si fort que tout semblait s'être déconnecté… Et ça avait été pareil pour Justin. Ils avaient vécu ça, ensemble. Ils avaient fait ça parce qu'ils s'aimaient et parce qu'ils se désiraient. Ils avaient fait ce que la majorité des couples faisaient à un moment donné de leur relation, quand ils se sentaient prêts et en confiance. Ils étaient un couple normal, tout simplement. Et cela comblait Théo de joie. Il était plus qu'heureux d'avoir franchi ce cap avec Justin. Mais l'inquiétude le gagna lorsqu'il songea aux prochaines fois où ils se retrouveraient dans la salle sur demande. Maintenant qu'ils avaient eu leur première relation intime, devraient-ils systématiquement en avoir dès qu'ils se verraient dans leur repaire secret ? Théo n'était pas sûr d'en avoir envie à chaque fois. Il n'était pas porté là-dessus. Mais que se passerait-il si Justin en avait envie et pas lui ? Il ne voulait surtout pas le frustrer… Justin ne comprendrait peut-être qu'il ne veuille pas d'un moment intime alors qu'ils en avaient eu un et qu'il avait aimé… Il décida de ne pas y penser tout de suite. Il était bien, là, dans les bras de son chéri, et il voulait en profiter le plus possible. Au vu de la respiration lente de Justin, il sut que lui aussi se sentait bien. Ils étaient même tellement bien qu'ils finirent par s'assoupir sans s'en rendre compte. Théo pensait avoir juste fermé les yeux pendant quelques minutes mais il dut se rendre à l'évidence lorsque Justin le réveilla en sursaut.

- Théo, il faut y aller, vite ! Il est quasiment minuit, on a largement passé le couvre-feu !

Théo se redressa brusquement et attrapa sa robe de sorcier qu'il enfila à la hâte. Justin en fit autant, puis ils sortirent de la salle sur demande en vérifiant qu'il n'y avait personne dans le couloir. Ils se dirigèrent vers les escaliers et les descendirent en tâchant de ne pas faire de bruit. Ils entendirent des voix qui provenaient d'un couloir alors qu'ils étaient entre le quatrième et le troisième étage, Justin voulut se dépêcher mais Théo lui fit remarquer que ces voix étaient assez lointaines et qu'ils étaient trop silencieux pour se faire remarquer. Il précisa que c'était en se précipitant qu'ils allaient se faire repérer. Ils continuèrent donc sans se presser, mais sans traîner non plus. Ils eurent de la chance et ne croisèrent aucun professeur, que ce soit dans les escaliers ou sur le chemin menant aux sous-sols. Ce fut à ce niveau-là que Théo s'arrêta, incitant Justin à faire de même.

- On ferait mieux de se séparer ici. Si tu me raccompagnes, tu vas prendre plus de risques de te faire attraper, même si nos salles communes ne sont pas très loin l'une de l'autre.

Justin acquiesça.

- Tu as raison, mieux vaut être prudent. J'ai été ravi de passer cette merveilleuse soirée avec toi.

- Moi aussi, dit sincèrement Théo. Je ne l'oublierai jamais. Je voulais d'ailleurs te remercier, encore une fois. C'était… incroyable. Je n'ai pas les mots pour décrire ce que j'ai ressenti…

- Tu n'es pas le seul, avoua Justin. C'était génial pour moi également, je n'avais jamais connu un tel plaisir…

- Tu es pourtant allé plus loin avec Emily…

- Oui, mais c'était une fille, et je n'ai jamais été attiré par les filles, même si j'ai voulu me persuader du contraire. Et puis, surtout, elle n'était pas toi. Je ne l'aimais pas comme je t'aime toi. Avec toi, c'est mille fois plus fort. Ça n'a même rien à voir. Je n'ai jamais été aussi heureux que depuis qu'on sort ensemble. Et ce qui s'est passé ce soir… c'était magique.

Théo sourit, touché. Même dans le monde sorcier, cette expression avait un sens. À savoir le même que dans le monde moldu. Car il y avait la magie qui existait, qui était bien réelle, et il y avait celle qui n'existait pas, qui était imaginaire.

- J'aurais aimé qu'on puisse se voir plus longtemps, regretta Justin. Mais je dois y aller si je ne veux pas me faire prendre. On s'attend demain devant la Grande Salle, après le petit-déjeuner ?

- Avec grand plaisir, approuva Théo.

- Super, se réjouit Justin. Je t'aime.

- Je t'aime aussi.

Justin sourit, déposa un baiser sur les lèvres de Théo et s'en alla. Théo le regarda partir, puis il reprit sa route et se rendit à sa salle commune. Une fois arrivé, il monta aussitôt à son dortoir. Il rejoignit son lit sans un bruit, mais alors qu'il y était presque, ceux de Draco s'ouvrirent d'un coup, le faisant sursauter. Il se retourna et tomba sur un Draco inquiet qui les éclairait à l'aide d'un faible Lumos.

- C'est à cette heure-ci que tu rentres ? siffla-t-il. Je peux savoir où tu étais passé ?!

Théo dévisagea Draco, perplexe.

- Et moi, je peux savoir pourquoi tu m'agresses comme ça ?

- Pourquoi ? POURQUOI ? Mais il est plus de minuit, Théo ! Jamais tu n'avais raté le couvre-feu, à part une fois mais c'était lors de la fête du Nouvel An chez les Gryffondor, c'était exceptionnel ! Je me faisais un sang d'encre, j'ignorais où tu étais ! Il aurait pu t'arriver n'importe quoi !

Théo se sentit soudain coupable. Il n'avait pas songé à ça. Il s'en voulait d'avoir inquiété Draco.

- Désolé, je ne pensais pas que tu t'apercevrais de mon absence… Je n'ai pas pensé à grand-chose, en fait. J'étais dans la salle sur demande avec Justin, on a passé un super moment, on s'est assoupi et quand Justin s'est réveillé, il était près de minuit. Ce n'était pas du tout prévu, jamais on n'aurait décidé délibérément de rentrer après le couvre-feu.

Draco se radoucit.

- D'accord, je comprends mieux. Excuse-moi, je ne voulais pas être aussi agressif… Mais c'était la première fois que tu ne respectais pas le couvre-feu, et comme tu as le don de t'attirer des ennuis, je me suis imaginé plein de choses…

- C'est normal, j'aurais été pareil, à ta place.

- Mais tu m'aurais accueilli différemment. Tu serais resté calme. Mais promets-moi de ne plus me faire une peur comme celle-là.

- J'essaierai, assura Théo. Mais c'était vraiment imprévisible, ce n'est pas comme si j'en avais fait exprès…

- Eh bien mettez-vous un réveil, la prochaine fois que vous vous retrouverez là-bas. Je compte sur toi pour que ça ne se reproduise plus. Sinon je devrai sévir. N'oublie pas que je suis préfet.

Théo écarquilla les yeux.

- Attends, qu'est-ce que ça veut dire, ça ?!

- Ça veut dire que je pourrais très bien en toucher deux mots à Severus, comme ça, entre deux sujets de discussion.

- Tu ne ferais pas ça ?!

- Justin et toi êtes des cibles. Je ne veux pas qu'il vous arrive des bricoles. Je t'ai toujours protégé et je continuerai aussi longtemps que je le pourrai. Quitte à devoir passer par Severus pour cela.

Théo fut profondément touché par les paroles de Draco. Il savait qu'il ne plaisantait pas et qu'il irait vraiment en parler à son parrain s'il l'estimait nécessaire.

- Tu n'auras pas à faire ça, promit Théo. Je ferai attention, et Justin aussi. On ferait mieux d'aller se coucher, maintenant.

Draco acquiesça, ils se souhaitèrent une bonne nuit, puis ils rejoignirent leurs lits respectifs. Théo se déshabilla, se mit en pyjama et se glissa sous les draps. Il ferma les yeux et sentit vite le sommeil le gagner. Après une soirée aussi riche en émotions, une bonne nuit de repos s'imposait.

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(mercredi 01/05) POV Pansy

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- Au fait, ça a donné quoi, ta filature d'hier ?

Pansy posa cette question à Ron alors qu'ils étaient en train de faire un devoir d'histoire de la magie dans la salle des binômes. Ils n'étaient pas binômes de travail mais il avaient voulu faire leur devoir individuel ensemble, sans pour autant s'aider. Ils savaient qu'ils n'étaient pas les seuls à utiliser de temps en temps la salle pour étudier avec quelqu'un d'autre que leur binôme. Tant que ce n'était pas régulier, c'était toléré. La veille, ils n'avaient pas pu se voir après la filature de Ron car ils avaient été trop occupés chacun de leur côté.

- Pas grand-chose, grimaça Ron. Il y avait beaucoup trop de monde. C'était compliqué de distinguer quoi que ce soit. J'ai entendu des remarques sur le passage de Harry au quatrième et sixième étage, certaines étaient blessantes, d'autres étaient davantage des blagues de mauvais goût, mais Harry a eu beau les ignorer, ça se voyait que ça l'affectait. J'ai pu voir un bref instant son visage, il était très tendu. À mon avis, ce ne sont pas tant les paroles qui le blessent, mais le fait que ça se répète tous les jours et qu'il ne puisse pas y échapper.

- Sûrement, oui, approuva tristement Pansy. Tu as reconnu quelqu'un parmi ceux qui lui ont fait des remarques ?

- Non, les couloirs étaient vraiment trop bondés. À un moment, j'ai cru apercevoir deux Serpentard, j'ai essayé de les prendre en photo mais c'est très flou, on ne voit rien du tout. Je ne suis pas du tout familier avec les objets moldus, et je n'ai pas eu le temps de bien cadrer, il fallait que je fasse vite, alors j'ai fait ça dans la précipitation.

- Montre-moi quand-même, je vais peut-être réussir à voir de qui il s'agit…

Ron sortit de son sac l'appareil moldu de Colin Crivey et le donna à Pansy. Celle-ci se souvint de ce que lui avait dit Ginny pour retrouver les photos stockées et tomba vite sur celles prises par Ron.

- Ah oui, c'est complètement brouillé… Je ne sais pas si je vais parvenir à faire mieux…

- Tu as l'air un peu plus à l'aise que moi avec les inventions moldues. Mais tu n'auras pas besoin de faire de photos, normalement.

- Il se peut que les visages des deux Serpentard ne me disent rien sur le moment. Surtout s'ils sont de loin. Je serai bien contente d'avoir les photos pour les regarder plus tard et les montrer à Draco, Blaise et Théo.

- C'est vrai. J'espère qu'ils seront là quand tu fileras Harry.

- Vous sortez à quelle heure de votre entraînement, d'ailleurs ?

- À dix-huit heures trente, mais on rentre souvent vers dix-huit heures cinquante, le temps de nous laver et de nous changer. Enfin, lui sort un peu plus tôt des vestiaires, il met moins de temps que moi sous la douche.

- D'accord, je l'attendrai près de l'entrée dès dix-huit heures trente, alors. Je serai sûre de ne pas le louper, comme ça. J'essaierai de me faire la plus discrète possible.

- Il y aura toujours un risque qu'il te voie, estima Ron. Et à partir de là, ce sera dur de le pister sans qu'il ne se doute de quoi que ce soit. Il va sentir que tu le suis, car il t'aura vue, il saura que tu ne seras pas loin.

- Mais je ne peux pas le guetter ailleurs, il faut que je sache où il ira dès qu'il sera rentré…

Ron sembla hésiter.

- J'ai bien une idée mais ça va être difficile de faire en sorte qu'il ne se rende compte de rien…

- Dis quand-même.

- Lors de la réunion durant laquelle on a décidé de pister Harry, Ginny a fait référence à une cape et une carte que Harry a en sa possession. Est-ce que tu t'en souviens ?

- Ça me dit vaguement quelque chose, oui.

- Eh bien tu pourras t'en servir. Il faudrait que j'aille les chercher maintenant, en espérant que Harry ne soit pas dans le dortoir…

- Attends, c'est quoi ces objets, au juste ?

- La cape, c'est une cape d'invisibilité. Personne ne peut te voir avec ça, mais on peut t'entendre, en revanche. La carte, c'est la carte du Maraudeur. Elle permet de savoir où se trouve chaque personne dans le château, à n'importe quelle heure du jour et de la nuit. C'est un plan très détaillé de l'école. Il y a juste la Chambre des Secrets qui n'y figure pas, mais ce n'est pas plus mal comme ça. Mais je vais peut-être juste te donner la cape d'invisibilité. Quand on n'a pas l'habitude, ce n'est pas évident d'utiliser la carte, ça pourrait être contre-productif pendant la filature. Et puis, je pense qu'il y a plus de chances que Harry veuille utiliser la carte que sa cape. Et je crois qu'il ne les met pas à la même place. Donc s'il veut prendre la carte, il ne verra pas que la cape a disparu. Mais il ne se sert pas très souvent de la cape et de la carte, désormais. Même pour la carte, ce serait un gros hasard s'il voulait la consulter avant le cours de métamorphose. Ou quand il déposera ses affaires dans le dortoir après l'entraînement… Ce qu'il fera sûrement.

- Je sais, je me suis préparée à devoir monter les sept étages, l'attendre devant votre salle commune et le pister jusqu'à ce qu'il aille dîner.

- Ça m'étonnerait qu'il se promène avant d'aller manger. Il se rendra aussitôt à la Grande Salle.

- Je pense aussi. J'espère qu'il croisera les deux Serpentard qui l'embêtent. Il faut absolument qu'on ait leurs noms.

- Je suis presque sûr qu'ils doivent le guetter après notre entraînement. Ils savent quand c'est, et ils doivent se douter qu'il passe par son dortoir avant d'aller manger. C'est dommage que je ne rentre jamais en même temps que Harry depuis la rentrée. Je les aurais peut-être vus, ces Serpentard.

- Ils ne s'en seraient pas pris à Harry en ta présence. D'une, parce que tu es son meilleur ami, et de deux, parce que tu es préfet. Ils ne se seraient pas manifestés et tu n'aurais donc pas fait attention à eux.

- Pas faux, admit Ron. Bon, revenons-en à notre devoir.

Pansy acquiesça et se replongea dans ses cours d'histoire de la magie. Ils avaient profité d'avoir un creux de treize heures à quinze heures pendant que leurs camarades avaient arithmancie pour faire ce devoir qu'ils avaient tous deux repoussé à maintes reprises. Ils n'étaient pas en couple pour rien. Ils avaient le même désintérêt pour cette matière. Ils avaient donc décidé de le faire ensemble pour se motiver mutuellement. Mais comme ils n'étaient pas binômes de travail et que c'était un devoir individuel, ils s'étaient promis de ne pas s'aider. Les BUSE approchaient et ils devaient s'y préparer en s'efforçant de se débrouiller seuls. Lorsque vint l'heure d'aller à leur cours de métamorphose, ils avaient plutôt bien avancé sur leur devoir. Ils rangèrent leurs affaires, quittèrent la salle des binômes et se rendirent à la salle de métamorphose. Ils arrivèrent pile au moment où la porte s'ouvrait. Les septième année sortirent, puis les cinquième année entrèrent. Le cours commença très vite et après quelques minutes durant lesquelles le professeur Lupin rappela ce qu'il fallait retenir pour réussir le sort, Ron, Pansy et leurs camarades purent s'exercer. Pansy fut plutôt satisfaite des résultats qu'elle obtint lors de ce cours. Comme elle souhaitait poursuivre la métamorphose jusqu'aux ASPIC et que son niveau était tout juste suffisant pour avoir la note requise aux BUSE, elle s'efforçait de faire de son mieux pour s'améliorer. Ron fit lui aussi des progrès par rapport au dernier cours pratique. Ils étaient donc de bonne humeur en sortant de la salle de métamorphose. Alors qu'ils descendaient les escaliers pour aller aux cachots, ils croisèrent les sixième année qui avaient cours de potions juste avant eux. Sachant que Draco et Harry étaient derrière Ron et elle, Pansy s'arrêta et se retourna en plein milieu des escaliers afin de voir s'il y avait un Serpentard qui regardait Harry en passant à côté de lui. Mais il y avait trop d'élèves, ce qui l'empêcha de voir quoi que ce soit. Elle renonça et reprit son chemin. Ils furent bientôt devant le cachot, ils y pénétrèrent et s'assirent à leur table respective. Comme tous les mercredis, c'était un cours théorique. Comme d'habitude, Pansy fut très attentive, désirant avoir la meilleure note possible aux BUSE. Elle avait besoin d'un Effort Exceptionnel pour pouvoir continuer cette matière en sixième année et elle avait seize de moyenne, ce qui équivalait à un Effort Exceptionnel élevé. Mais elle pensait qu'il valait mieux viser encore plus haut. Occupée à écouter et à prendre un maximum de notes, elle ne voyait jamais le temps passer. Elle était toujours surprise lorsque le professeur Snape libérait la classe, mais elle le fut encore plus ce jour-là quand il lui demanda de rester. Avant de quitter le cachot, Ron vint la voir.

- Qu'est-ce qu'il te veut ? s'étonna-t-il.

- Aucune idée, avoua Pansy. Mais je n'ai rien fait de mal et mes notes se portent bien, donc je ne me fais pas trop de soucis. Ce qu'il a à me dire ne devrait pas être trop grave.

- Je l'espère. On se voit toujours après le dîner ?

- Oui, toujours.

- Bon alors tu me raconteras avant de me dire comment se sera passée la filature. Enfin, si tu veux bien…

- Évidemment, affirma Pansy. Allez, vas-y ou tu vas être en retard à ton entraînement.

Ron acquiesça, déposa un léger baiser sur les lèvres de Pansy et s'en alla sous les yeux de celle-ci qui le regarda partir. Puis elle rejoignit son professeur.

- Vous vouliez me parler, professeur ?

- Oui, c'est à propos de votre future formation. Lors de votre conseil d'orientation, vous m'aviez dit que vous souhaitiez travailler avec les enfants et je vous avais émis l'idée de devenir éducatrice de jeunes enfants. Comme vous ne connaissiez pas trop ce métier mais qu'il semblait vous plaire, j'ai songé que cela pourrait être intéressant pour vous de faire une immersion afin de voir de quoi il en retourne.

- Oh… Ce serait génial, en effet, ça me permettrait d'avoir une meilleure approche et de savoir plus précisément en quoi consiste ce métier… Mais comment pourrais-je la faire, cette immersion ?

- Il y a des crèches et des centres qui proposent des stages de découverte pendant les vacances d'été. Ils ont besoin de recruter, alors ils comptent sur ces stages pour faire naître des vocations. Ils durent le plus souvent deux semaines, parfois un peu plus, mais vous pouvez en faire plusieurs, cela vous fera de l'expérience. Si cela vous dit, je peux vous aider à faire les démarches pour vous trouver un stage. Est-ce que vous seriez partante ?

- Oui, cette idée me tente beaucoup.

- Bien, auriez-vous une préférence pour les crèches ou pour les centres spécialisés ?

- Ce sont deux endroits que j'aimerais bien découvrir, ils m'attirent autant l'un que l'autre. Ce serait difficile de vous donner une réponse maintenant, il faut que j'y réfléchisse.

- Bien sûr, je vous laisserai le temps nécessaire. Après, si vous n'arrivez pas à vous décider, je peux très bien écrire à la fois à des crèches et à des centres spécialisés.

- Cette solution me va très bien, approuva Pansy. Merci beaucoup, professeur. Je n'aurais jamais eu l'idée de faire des stages de découverte… Et ça me plairait pourtant énormément.

- Je m'en occuperai dès que possible, alors. Je contacterai d'abord vos parents, bien entendu, car il me faudra leur accord. Nous verrons ensemble, avec eux, vous et moi, quelle période des vacances vous conviendrait le mieux.

- Seuls mes parents pourront vous le dire, en effet. Car comme ma mère doit accoucher mi-juillet, je ne sais pas si ça les arrangerait que je sois à la maison en permanence jusqu'à l'accouchement pour aider à tout préparer ou s'ils préféreraient que je sois occupée ailleurs.

- Je m'entretiendrai avec eux et je vous dirai ce qu'ils auront décidé. J'attendrai un peu pour vous convoquer à nouveau afin que vous ayez le temps de réfléchir à tout cela.

- Je pense que mon choix est déjà fait mais j'y songerai quand-même à tête reposée.

- C'est la meilleure des choses à faire, approuva le professeur Snape. Bien, je crois vous avoir tout dit, alors vous pouvez y aller.

Pansy remercia de nouveau son directeur de maison, le salua et quitta le cachot. Il lui restait un peu plus d'une heure avant de guetter le retour de Harry. Elle décida donc de monter à son dortoir afin de s'avancer dans ses devoirs. Ses camarades et elle en avaient désormais plein à faire, alors autant s'y mettre rapidement si elle voulait éviter de prendre du retard…

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Une heure plus tard, Pansy se rendit dans le hall du château. Elle était recouverte de la cape d'invisibilité que Ron était allé chercher durant leur séance de travail. Elle était douce, légère et très soyeuse. Elle avait un peu honte de s'en servir pour espionner son propriétaire mais c'était pour le bien de celui-ci. Elle n'eut pas à poireauter bien longtemps puisque ledit propriétaire rentra vite au château. Elle s'était mise dans un coin afin de ne pas se faire bousculer par des personnes qui ne la verraient pas et qui se poseraient des questions en se cognant contre quelqu'un d'invisible. Elle dut donc attendre que la voie soit assez libre pour s'élancer à la poursuite de Harry. Heureusement pour elle, il monta les escaliers d'une traite et n'alla pas se promener dans les couloirs entre deux étages. Cela aurait été assez compliqué pour Pansy. Elle fut cependant bien obligée d'affronter les couloirs bondés lorsque Harry rejoignit sa salle commune. Comme lui, Pansy dut traverser plusieurs couloirs et comme elle l'avait pensé, ce fut très dur de faire en sorte de ne se faire toucher par personne. Elle rasa les murs et parvint sans savoir comment à ne pas perdre la trace de Harry. Cela relevait presque de l'exploit. Tout en le suivant, elle entendit des élèves faire des remarques à Harry qui les ignora. Il y eut aussi des plaisanteries gênantes et des propos condescendants. En tout, six ou sept personnes, de tout âge et appartenant principalement aux maisons de Serpentard et de Serdaigle, s'en prirent à lui. Mais il n'y avait pas de sixième année de Serpentard parmi ces personnes.

Lorsque Harry pénétra dans sa salle commune, Pansy se cacha de nouveau dans un coin. Elle allait devoir patienter, le temps qu'il dépose ses affaires et qu'il sorte. Alors qu'elle fixait le portrait de la Grosse Dame tout en tapant distraitement du pied par terre, elle capta des voix d'élèves qui venaient vers elle en chuchotant. Le bruit de leurs pas s'arrêtèrent non loin d'elle, mais ils poursuivirent leur discussion. Elle ne les voyait pas mais elle put percevoir ce qu'ils disaient :

- Franchement, il est sympa de nous laisser continuer. Il pourrait nous dénoncer, mais non, à croire que ça lui plaît…

- Que veux-tu, c'est un moyen d'avoir l'attention sur lui… Qu'il en profite, car quand on aura autre chose à se mettre sous la dent, on se désintéressera de lui… Mais il n'y a rien en ce moment, dans l'école. Ce n'est pas marrant.

- Je ne sais pas si je me lasserai aussi facilement de Potter. Il faut dire qu'il y a de la matière, avec lui… Il est gay, son parrain aussi, son directeur de maison aussi, ces deux-là sortent ensemble… Il y a de quoi le charrier ! On ne pourra jamais trouver mieux.

- Oh, attends de voir une fille faire son coming-out, ça va jaser sévère… Ce n'est plus arrivé depuis notre troisième année. Alors qu'il y a pas mal de garçons qui ont fait le leur. Et à part ceux de cette année, ils étaient tous plus vieux que nous, alors pour les embêter…

Pansy serra les dents. Ces deux Serpentard étaient d'une lâcheté sans nom. Ils n'avaient pas attaqué Graham et Adrian qui étaient plus âgés qu'eux mais en revanche, ils n'avaient eu aucun scrupule à s'en prendre à Harry et à Justin qui étaient plus jeunes qu'eux… Elle était écœurée.

- Bon, qu'est-ce qu'il fout ?

- Aucune idée. On s'approche ?

Pansy n'entendit pas de réponse mais la seconde d'après, deux garçons entrèrent dans son champ de vision. De là où elle était, elle ne les reconnaissait pas trop mais elle s'empressa de sortir l'appareil photo de la poche de sa robe. Elle le braqua sur son nez et régla l'objet pour avoir une image nette. Elle mit un temps fou car elle essaya tous les boutons, ne se rappelant pas celui qu'il fallait utiliser. Elle parvint enfin à le trouver mais à peine eut-elle appuyé sur le bouton pour prendre la photo que l'un des deux garçons se retourna brusquement, surpris par le flash qui émana de l'appareil et qui précédait la capture. Pansy étouffa un juron. Non seulement elle n'avait pas la photo, mais en plus elle s'était faite repérer.

- Luke, y a quelqu'un dans les parages, dit le garçon blond qui avait vu le flash.

L'autre garçon, un brun, fit volte-face et fronça les sourcils.

- Qu'est-ce que tu racontes ? Il n'y a personne, tu le vois bien…

- Il y a eu un flash.

- Où ça ?

- Je ne sais pas. Ça semblait venir de nulle part…

Le brun regarda son ami avec un air perplexe qui aurait fait rire Pansy si elle ne s'était pas retenue. Il prenait clairement son acolyte pour un demeuré.

- Tu as pris quelque chose ? se méfia-t-il.

- Quoi ? Mais… non ! Je n'ai pas halluciné ! Il y a vraiment eu un flash !

- C'est bizarre, j'ai rien vu, perso. Ah, voilà Potter.

Pansy tourna la tête et vit en effet Harry sortir de sa salle commune. Il se tendit aussitôt en voyant les deux Serpentard. Si Pansy n'avait pas surpris leur conversation, elle aurait deviné à la réaction de Harry qu'il s'agissait des deux garçons qui avaient embêté Justin et que ce dernier soupçonnait d'embêter aussi Harry. Ils étaient de sa maison mais elle n'arrivait pas à leur mettre un nom dessus. Il fallait à tout prix qu'elle réussisse à les prendre en photo. Draco, Théo ou Blaise pourraient peut-être l'aider à retrouver leurs noms. Tant pis pour le flash, elle n'avait pas le temps de chercher à le désactiver. Les deux garçons commençaient déjà à s'en aller en suivant Harry. Elle mit de nouveau l'appareil devant ses yeux et cette fois, elle prit rapidement la photo. Personne ne vit le flash. Elle entendit les deux Serpentard harceler Harry et elle regretta de ne rien pouvoir faire. Harry ne devait en aucun cas savoir qu'elle l'espionnait. Il allait être sur ses gardes et continuer à le filer s'avérerait compliqué. Elle le regarda donc partir à regret en priant pour que les deux imbéciles le laissent vite tranquille. Elle avait la photo, ses amis allaient sûrement pouvoir identifier les deux Serpentard, ce qui leur serait très utile lorsqu'ils iraient voir le professeur Lupin avec toute la bande pour lui faire part du harcèlement que subissait Harry. Il serait ainsi en mesure de convoquer les deux intéressés avec le professeur Snape. Elle n'aimait pas le fait de faire tout cela derrière le dos de Harry mais ils n'avaient pas le choix. Harry avait besoin d'aide, il refusait la leur, alors ils devaient agir à son insu. Ils savaient qu'avec les preuves nécessaires, le professeur Lupin parviendrait à faire parler Harry. Il fallait juste réunir les bonnes conditions. Elle avait fait ce qu'elle pouvait, à présent, c'était à Ginny de poursuivre la filature. Ce fut sur cette pensée qu'elle enleva la cape d'invisibilité. Elle la roula en boule et la mit dans sa poche, avec l'appareil photo. Elle descendit ensuite au rez-de-chaussée pour aller manger.

Durant le dîner, elle raconta sa filature à Draco, Théo et Blaise. Ils furent écœurés, tout comme elle, du comportement des deux Serpentard. Elle voulut leur montrer la photo mais elle craignit d'attirer les regards, alors elle se ravisa et décida de la leur faire voir quand ils seraient à peu près seuls dans leur salle commune. Elle fut la première à quitter la table, n'ayant pas très faim et désirant attendre Ron à la sortie de la Grande Salle. Elle réfléchissait à la proposition que lui avait faite son directeur de maison lorsque Ron la rejoignit. Il l'embrassa et remarqua son air soucieux :

- Tu sembles bien préoccupée. Ça va ?

Pansy sourit.

- Oui, c'est juste qu'il s'est passé beaucoup de choses aujourd'hui.

- Tu me raconteras tout ça dans la salle sur demande, suggéra gentiment Ron.

Pansy acquiesça et tous deux prirent la direction des escaliers. Ils montèrent au septième étage et se rendirent à la salle sur demande. Pansy la fit apparaître, ils y pénétrèrent et ils s'assirent par terre sur des coussins. Pansy les trouva très confortables. Les fois précédentes, ils étaient sur un canapé. Là, il y avait des plaids et des coussins et c'était tout aussi bien. Mais elle préféra s'allonger et poser sa tête sur les jambes de Ron qui se mit aussitôt à lui caresser les cheveux.

- Alors, dis-moi tout, l'encouragea-t-il. Qu'est-ce que te voulait le professeur Snape ?

- Il souhaitait me proposer quelque chose que je pourrais faire pendant les vacances d'été, à savoir un ou plusieurs stages dans des structures accueillant des enfants, comme des crèches ou des centres spécialisés. Ça me permettrait d'avoir une idée plus précise de ce qu'on y fait et de me lancer dans la formation d'éducatrice de jeunes enfants en toute connaissance de cause. Ou de changer de voie s'il s'avère qu'en fait, je ne suis pas faite pour ça.

- C'est une très bonne idée. Ça t'occuperait aussi et ça fera du bien à ta mère qui pourra se reposer.

- Ça, c'est sûr. Après, il faut que mes parents soient d'accord, bien sûr, mais ça ne devrait pas poser de problèmes à ce niveau-là. Il faudra juste voir quelle période des vacances nous arrangerait tous pour le stage. Du coup, il faudra s'organiser pour se voir cet été. J'aimerais inviter Daphné à passer une partie des vacances chez moi, donc ça ne devra pas tomber en même temps…

- Oh là là, tu as prévu beaucoup trop de choses, pouffa Ron.

- Oui, je crois que je me suis un peu trop emballée, rigola Pansy. Mais je tiens à faire tout ça. Sans compter que je voudrais aussi voir Draco, Blaise et Théo… Bon, du coup, on va plutôt partir sur un seul stage. Je réfléchirai à tout ça à tête reposée.

- Ça me semble plus raisonnable, en effet. Et pour la filature ? Qu'est-ce que ça a donné ?

- J'ai réussi à prendre une photo. J'ai failli me faire attraper mais heureusement, j'avais la cape sur moi. L'un des deux Serpentard a vu le flash de la première photo que j'ai voulu faire et il est passé pour un demeuré auprès de l'autre qui, lui, n'a rien vu et qui ne voulait pas croire son acolyte. Ça m'a bien fait rire. Mais ces deux mecs sont vraiment dérangés. Ils prennent plaisir à embêter leurs victimes. C'est un passe-temps, pour eux. Quand ils auront trouvé une nouvelle proie, ils laisseront tomber Harry. Et ils croient que le manque de réaction de Harry est une incitation à continuer.

- Ah oui, ils sont vraiment atteints.

- Trop. Mais ils ne sont pas comme Milligan et Parker, tu vois. Ils ne sont pas dans la violence. Ils sont dans le verbal. Et ils doivent penser que c'est moins grave. Mais psychologiquement parlant, c'est tout aussi destructeur.

- C'est clair… Tu as pu les reconnaître ?

- Oui et non, je vois très bien qui ils sont mais impossible de me rappeler comment ils s'appellent. Je montrerai la photo à Draco, Blaise et Théo quand on sera au calme dans notre salle commune. Je ne voulais pas le faire lors du dîner car il y avait trop de monde autour de nous.

- Oui, voir quatre Serpentard avec un objet moldu, ça aurait paru suspect…

- Et ça aurait pu faire tilt dans l'esprit de celui qui a vu le flash.

- J'espère que l'un de tes trois meilleurs amis auront les noms. Et sinon, à part ces deux imbéciles ? Est-ce que Harry a été embêté par quelqu'un d'autre ?

- Il a reçu des remarques, oui, comme celles que peuvent avoir Draco, Théo ou Justin lorsqu'ils se promènent dans le château, je pense. Mais elles ne concernent pas que son couple avec Draco. Il y a aussi des références à Adrian et au couple que forment le professeur Black et le professeur Lupin. Il est harcelé de toute part, en fait. S'il n'avait pas eu cette histoire désastreuse avec Adrian et s'il n'y avait pas eu l'officialisation de la relation entre parrain et son directeur de maison, il serait bien plus tranquille.

Ron soupira.

- Tout est arrivé en même temps et c'est lui qui en paie les conséquences… Alors qu'il n'a rien fait de mal. C'est injuste.

- Je suis bien d'accord. Mais on ne le lâchera pas et on l'aidera à se sortir de cette situation.

Ron regarda Pansy avec un air touché.

- C'est adorable de ta part de t'engager autant là-dedans.

- Il fait partie de la bande, c'est le meilleur ami de mon petit-ami, c'est le petit-ami de l'un de mes meilleurs amis… Il est tout pour Draco, et Draco est hyper important pour moi. Blaise, Théo et lui, ce sont un peu comme des frères. On passait littéralement nos journées ensemble avant ce concept de travail en binôme. On connaît tout les uns des autres. Alors oui, je me suis attachée au garçon qui fait battre le coeur d'un de ceux que je considère comme mes frères. Et j'en ferai autant pour toutes les autres personnes de la bande. Je suis sûrement celle qui s'entend le mieux avec tout le monde, même si on s'entend tous hyper bien. Avec Terry, par exemple, ça coule tout seul. Nos humours sont très compatibles. Ginny, tu l'auras remarqué, c'est vite devenue une amie pour moi. Hermione, ça a été un peu plus long, mais depuis qu'on a mis les choses au clair, ça va beaucoup mieux. Et Justin, c'est un peu comme Terry, mais en plus réservé. Rien que pour ça, il va super bien avec Théo. Donc je suis comme un poisson dans l'eau dans ce groupe.

- Ça ne m'étonne pas. Tu mets n'importe qui à l'aise. Tu es toujours positive et pleine d'énergie. Tu es loyale, franche, déterminée, drôle, généreuse… Tu n'es jamais la dernière pour rigoler et faire la fête mais tu sais être sérieuse quand il le faut. On dit que la personne parfaite n'existe pas mais pour moi, tu te rapproches de la perfection. Car tu as tes défauts, mais tu sais les maîtriser et c'est à peine si on les voit. Et ça, ce n'est pas donné à tout le monde. En tout cas, perfection ou pas, j'ai beaucoup de chance de t'avoir.

Les mots de Ron laissèrent Pansy sans voix. Elle était très émue. Sachant qu'aucun mot ne pourrait exprimer ce qu'elle ressentait, elle se jeta sur Ron et plaqua ses lèvres sur les siennes. Elle l'entraîna dans un baiser dans lequel elle fit passer tout l'amour qu'elle avait envers lui. Prise dans la passion, elle le poussa à s'allonger et se retrouva ainsi au-dessus de lui. Il sembla beaucoup apprécier cela et mit une main dans ses cheveux et l'autre dans son dos. Pansy, elle, se concentra sur le torse de Ron. Le baiser devint plus doux tandis que leurs mains se mouvaient lentement. Ils profitaient pleinement de ce moment, sans se presser, sans se précipiter. Pansy était tellement détendue que lorsque la main qui était dans son dos descendit et s'arrêta sur ses fesses, elle ne se crispa pas du tout. Cela lui parut normal. Ils étaient devenus assez intimes pour qu'elle ne soit pas gênée par ce genre de geste. Elle avait elle-même envie d'aller plus loin que ça. Elle était en confiance totale avec Ron, elle l'aimait, il éveillait le désir en elle et elle voulait avancer dans leur relation. Il devait être dans le même état d'esprit car jusque-là, il n'avait jamais laissé ses mains s'aventurer sur ses fesses. Elle adorait le fait qu'il prenne des initiatives, tout en lui faisant sentir qu'il pouvait cesser ce qu'il faisait si elle n'était pas d'accord. C'était bien plus naturel que de demander la permission à chaque fois ! Bien entendu, la communication restait importante pour eux, mais parfois, il valait mieux se passer de mots. Ce fut donc au feeling qu'ils s'enlevèrent mutuellement leurs robes de sorcier. C'était mieux ainsi mais ce ne fut pas suffisant pour Pansy qui déboutonna la chemise de Ron et écarta les pans afin de pouvoir caresser son torse à volonté. Ron, lui, passa ses mains sous le chemisier de Pansy sans le défaire et partit à la redécouverte de son dos, de son ventre, de ses hanches… Tout cela fit monter la chaleur en eux, si bien qu'après avoir été longuement tendre et langoureux, leur baiser se fit plus ardent et passionné. Pansy lâcha son premier gémissement lorsque les mains de Ron empoignèrent ses seins à travers son soutien-gorge, et cela dut avoir le même effet sur Ron car elle sentit bientôt une bosse se former sous ses fesses. Si, avant, cela la gênait, elle en était maintenant fière. Lorsque c'était arrivé les premières fois, cela l'avait intimidée car c'était quelque chose d'inconnu pour elle. Mais depuis, Ron l'avait touchée à l'endroit le plus intime de son corps, elle avait beaucoup aimé, elle avait eu du plaisir et elle avait été déçue de ne pas avoir pu rendre la pareille à son petit-ami. Elle avait été prête à le faire et elle l'était toujours. Et, surtout, elle en avait très envie. Une de ses mains délaissa donc le torse de Ron et se glissa vers le bas. Ron comprit aussitôt ce qu'elle avait en tête et lui attrapa le poignet, l'empêchant d'aller au bout de son geste.

- Attends, tu es sûre de ce que tu fais ? s'inquiéta-t-il.

- Oui, répondit Pansy sans hésiter. Je le veux et je sais que toi aussi. Tu me connais, je ne suis pas du genre à me forcer.

Ces mots détendirent Ron. Il desserra sa prise autour du poignet de Pansy qui put le récupérer. Elle unit de nouveau leurs lèvres et défit le pantalon de Ron. Elle était un peu stressée mais elle voulait vraiment le faire. Elle glissa alors sa main dans le pantalon et fut surprise par la dureté de la bosse que rencontrèrent ses doigts. Elle la caressa à travers le tissu qui l'emprisonnait et fit pousser à Ron un gémissement qu'il ne put retenir.

- Pansy, tu vas me faire venir rien qu'en faisant ça…

- Oh, ce serait très vilain de ma part… Mais tellement tentant…

- Tu ne ferais pas ça ? s'horrifia Ron.

Pansy émit un léger rire.

- Non, rassure-toi. Je veux faire les choses bien. Et j'ai envie de te toucher directement, comme tu l'as fait pour moi. Ce ne sera peut-être pas aussi bon que quand c'est toi qui le fais, mais…

- Ce sera forcément bon, la coupa Ron. Parce que c'est toi et que ton simple toucher me fait du bien.

Pansy sourit, touchée, et posa une fois de plus ses lèvres sur celles de Ron. Elle prodigua plusieurs caresses aériennes sur le caleçon tendu avant de se décider à faufiler sa main à l'intérieur. Le bout de ses doigts touchèrent le membre dur qui semblait prêt à exploser tellement il était tendu. Elle ne fit pas attendre Ron plus longtemps et prit son sexe en main. Elle fut étonnée de sentir à quel point c'était dur et chaud. Et gros. Comme elle n'avait aucun titre de comparaison, elle ignorait si le sexe qu'elle avait en main était de taille normale ou s'il était plus gros que la moyenne. Elle préféra se dire qu'il était dans la norme. C'était moins effrayant. Elle commença à faire aller et venir sa main autour du membre et récolta des soupirs appréciateurs qui étaient à moitié étouffés par le baiser que Ron et elle partageaient. Elle s'enhardit et accéléra les mouvements de sa main. Elle se prit à aimer ce qu'elle faisait. Elle donnait du plaisir à son petit-ami et c'était tout ce qui comptait pour elle. Les gémissements de Ron devinrent de plus en plus forts au fur et à mesure qu'elle intensifiait le rythme des va-et-vient de sa main.

- Oh Pansy… continue, parvint-il à dire dans le baiser.

Pansy sourit contre les lèvres de Ron et alla plus vite en passant parfois son pouce sur l'extrémité du membre qu'elle avait découverte sensible. De son autre main, elle malaxa les sacs sans savoir si ça servait à quelque chose et elle fut donc ravie d'entendre Ron gémir plus fortement. Il accompagna ses mouvements en donnant des coups de hanche et en sentant la hampe grossir, elle sut qu'il allait bientôt jouir. Elle augmenta encore le rythme de ses va-et-vient et il ne fallut que quelques minutes de plus pour que Ron se libère entre ses doigts dans un râle de plaisir qu'elle recueillit dans le baiser qui unissait toujours leurs lèvres. Elle les sépara cependant pour laisser Ron reprendre son souffle. Elle l'observa et le trouva incroyablement beau dans la jouissance. Il avait les joues rouges, les yeux fermés et la respiration haletante. Pansy profita de son état post-orgasmique pour les nettoyer tous deux d'un coup de baguette. Lorsque Ron reprit ses esprits, il rouvrit les yeux et son regard croisa aussitôt celui de Pansy. Le sourire qu'il lui offrit la bouleversa tant il était tendre et amoureux.

- Merci, c'était… merveilleux, dit-il sincèrement.

- Je suis super contente que ça t'ait plu, murmura Pansy. Je t'aime.

- Je t'aime aussi. Je t'aime d'une force inimaginable. Tu es mon rayon de soleil et je ferai tout pour te rendre heureuse.

Ces mots firent fondre le coeur de Pansy. Elle s'allongea à côté de lui et posa sa tête sur son torse en exhalant un soupir de bien-être. Ron l'entoura de ses bras et l'attira au plus près de lui. Ils restèrent longtemps ainsi, sans parler, sans bouger, profitant simplement de ce moment qui n'appartenait qu'à eux. Le couvre-feu était encore loin et cela tombait bien car ils avaient bien l'intention de passer le reste de la soirée ensemble.

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Voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu ! Je vous donne rendez-vous le dimanche dix-sept avril pour la première partie du prochain chapitre intitulé «Sauver Harry». Prenez bien soin de vous, portez-vous bien, et bisous tout le monde !