Bonjour à toutes et à tous ! On se retrouve aujourd'hui pour le soixante-treizième chapitre de SAMLP !
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ccassandre24 : Je pense aussi que réviser en groupe, ça peut motiver les plus récalcitrants, même si ce n'est pas vraiment mon cas XD Tiens, ça donne une idée pour la prochaine question XD On est bien d'accord pour le professeur Lupin ! C'est le meilleur de tous *-* Ses cours sont originaux, et comme tu le dis, il est bon pédagogue *-* Il a donné sa chance à Neville, ce que peu de professeurs auraient fait à sa place… Et il n'a pas hésité à prendre de son temps pour aider Harry à combattre les Détraqueurs, au lieu de se reposer comme son état de forme l'exigeait… Et je ne pense pas qu'il ait aidé Harry uniquement parce qu'il était le fils de James, même si ça a dû jouer un peu quand-même. J'aimerais bien avoir l'avis de tout le monde à ce sujet XD Mais ça fait trop de questions à poser XD Le professeur Slughorn est aussi un très bon professeur, en effet ! Et il n'est pas méchant pour un sou. Il a juste donné à un élève une information qu'il n'aurait jamais dû donner, et il s'en voudra sûrement à vie pour cette erreur… Mais bon, si Jedusor n'avait pas eu cette information par Slughorn, il l'aurait eue autrement… Je crois qu'Ombrage est le professeur que tout le monde déteste le plus XD Pourquoi ai-je posé la question, franchement ? XD Alors je ne m'attendais pas du tout à ta question et je l'ai trouvée autant intéressante qu'elle m'a fait beuguer XD Et tu as parfaitement bien cerné la difficulté d'écrire sur certains personnages ! Et pour te répondre, je dirais que les personnages sur lesquels il est plus difficile d'écrire, ce seraient Hermione, Blaise et Ron :) Hermione parce que tout ce qu'on sait d'elle, c'est que c'est une née-moldue et qu'elle est la plus intelligente de sa promo, et qu'il faut donc trouver d'autres angles d'approches pour rendre ce perso intéressant, et ce n'est pas toujours facile XD C'est pour ça qu'il faut sans cesse trouver des intrigues et heureusement, les idées viennent sans avoir à se forcer :) Sinon, il y a Ron qui a un peu le même souci d'être catégorisé comme le dernier fils d'une famille pauvre, comme le meilleur ami du héros et comme quelqu'un de pas très délicat, et il faut donc là aussi trouver de quoi rendre ce perso plus attrayant XD Et pour Blaise, la principale difficulté, c'est qu'il est le seul à ne pas avoir sa petite-amie dans la bande, qu'il ne peut pas la voir très souvent et qu'il faut chercher d'autres sujets pour alimenter ses POV :) Sinon, pour les persos les plus faciles à traiter, ça se jouait entre Harry, Draco, Théo et Severus XD Harry parce qu'il est toujours impliqué dans des intrigues et qu'il est lié à pas mal de personnes, Draco parce qu'il est lui aussi lié à beaucoup de persos, Théo parce que c'est mon personnage préféré, que j'adore écrire sur lui et que ça aide à avoir les idées et l'inspiration, et Severus parce qu'avec toutes ses casquettes, il y a toujours de quoi alimenter ses POV XD Si je devais quand-même choisir, je dirais Severus et Théo :) Mais c'est un plaisir d'écrire sur tous les personnages, ils font tous partie de l'histoire et j'essaie de leur donner à tous un max d'importance dans la mesure du possible *-* Ta question était très intéressante, en tout cas, et elle m'a fait beaucoup réfléchir XD
mimibou : Prends ton temps pour lire les chapitres, mais je comprends que tu veuilles être à jour, c'est frustrant quand on a constamment un ou plusieurs chapitres de retard XD Ne t'en fais pas pour Severus, les choses vont bientôt bouger pour lui =) Totalement d'accord pour Hermione et Ginny, elles sont si différentes qu'il faut bien que ça se dispute à un moment donné … Et Ginny va sûrement être une bonne préfète, effectivement, même si elle va un peu patauger au début, comme tout le monde XD C'est clair que Severus a une grande facilité à s'organiser malgré toutes les responsabilités qui lui incombent, on se demande comment il fait XD… Je comprends ton choix pour le professeur Gordon, c'est vrai qu'on ne le voit pas souvent, mais il aura certainement son importance à un moment ou à un autre, il faut juste trouver la bonne intrigue XD Un grand bravo pour avoir réussi à rattraper ton retard et à avoir reviewé en temps et en heure, tu dois être soulagé XD
blan1268 : Merci, c'est vraiment trop gentil ! Il n'y aura pas 3 000 000 mots dans ce tome, mais il y en aura plus de 2 000 000, ça, c'est sûr XD Ça me fait très plaisir de te voir aussi motivée, j'espère que l'histoire retiendra toujours autant ton attention *-* J'avoue qu'on a souvent tendance à rendre Severus plus humain que dans la saga, alors qu'on sait à la fin du septième volet qu'il n'a jamais été un méchant personnage, en réalité… Et dans cette fic, il a clairement le bon rôle XD C'est sûrement le perso qui dévie le plus de celui qu'il est dans la saga XD Je suis d'accord sur le fait que ce soit un personnage très complexe, mine de rien, il a une grande importance dans la saga, et il n'est pas du tout celui qu'on croit… Tu vas être contente car il a droit à un looong POV dans ce chapitre XD Bon, vous êtes presque tous unanimes pour Ombrage en tant que professeur que vous détestez le plus XD Et ne pas aimer l'intolérance, je ne trouve pas que ce soit un défaut, tant qu'on ne devient pas soi-même intolérant envers les autres XD Par exemple, je ne peux pas être amie avec les personnes étroites d'esprit, qui jugent sans connaître, qui se croient supérieures aux autres, qui se moquent des personnes pauvres, des personnes handicapées, qui rejettent les personnes qui ont des idées et des croyances qui ne leur conviennent pas ou qui sont trop différentes à leur goût… Je peux essayer de discuter avec ces personnes, mais si je vois qu'il n'y a rien à faire, je laisse tomber et je vais voir ailleurs si j'y suis XD Ça fait donc pas mal de personnes avec qui je ne pourrai jamais m'entendre, ça peut passer pour de l'asociabilité, mais c'est comme ça, je ne suis pas hypocrite, je préfère avoir peu d'amis mais de bons amis, plutôt que plein d'amis juste par intérêt ou pour faire genre «je suis populaire»… Vous l'aurez de toute façon compris dans SAMLP, je prône la tolérance et la paix dans le monde XD Bref, tout ça pour dire que tu n'as pas à t'en vouloir de ne pas aimer l'intolérance, ça fait juste de toi quelqu'un d'humain et s'il y avait plus de gens comme toi dans ce monde, ça irait bien mieux XD Désolée pour cette longue réponse, mais il y a des sujets sur lesquels on pourrait débattre des heures XD Après, j'ai peut-être mal compris ce que tu entendais par «c'est mon grand défaut» et dans ce cas, n'hésite pas à me le dire XD
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Merci pour vos reviews, ça fait toujours autant plaisir ! Et vraiment désolée pour la longueur des RAR, dites-le-moi si ça vous saoule de voir 50 lignes de réponses aux reviews, je tâcherai de faire des efforts XD
Sur ce, je vous laisse avec le nouveau chapitre et je vous souhaite une agréable lecture :)
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Warning : présence d'une scène sexuellement explicite vers la fin du chapitre.
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73 – Severus débordé, traque et explications
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(mercredi 15/05) POV Severus
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Severus était débordé. Depuis six heures et demie du matin, il enchaînait les préparations de tous types de potions : potions anti-nausées, potions antipyrétiques, potions d'hydratation, potions antispasmodiques, potions anti-douleurs, potions antibiotiques… Il avait été réveillé par Remus qui était venu le voir à six heures pour lui dire que Sirius était souffrant et qu'il avait besoin de potions spécifiques de toute urgence. Inquiet, Severus était allé voir Sirius et au vu des symptômes, il avait vite pensé à une indigestion ou à une intoxication alimentaire, bien qu'il avait écarté cette seconde piste dans un premier temps. En retournant à ses appartements, il avait reçu un Patronus de Poppy lui disant qu'il y avait un afflux de patients à l'infirmerie. Il s'y était rendu et y avait découvert bon nombre de ses collègues qui semblaient être dans le même état que Sirius. Poppy lui avait décrit ce qu'ils avaient et Severus avait alors éliminé la piste de l'indigestion. Cela ne pouvait pas concerner autant de personnes… Il s'était donc rabattu sur sa deuxième idée qu'il avait pourtant mise de côté au premier abord. Il avait fait le lien avec la fête de la veille et avait interrogé ses collègues sur ce qu'ils avaient mangé. Ils lui avaient tous répondu sensiblement la même chose, ce qui ne l'avait pas aidé à déterminer l'aliment qui était à l'origine de cette intoxication. C'était lui qui avait demandé à ce que toute la nourriture soit jetée et à ce que les cuisines soient nettoyées de fond en comble. Dans le doute, il ne fallait rien négliger et prendre toutes les précautions. Il avait fait la liste avec Poppy de toutes les potions à préparer et s'était dépêché de rejoindre ses appartements afin de s'y mettre au plus vite. Devant prévenir Dumbledore de la situation, il avait abandonné ses chaudrons au bout d'une heure et avait assisté au début du petit-déjeuner dans la Grande Salle. Il en avait profité pour solliciter Horace qui avait accepté de surveiller les Serpentard à sa place. Il était un peu son adjoint en tant que directeur de la maison de Serpentard et il était toujours ravi de seconder Severus dans ce rôle. Remus, lui, avait été remplacé par Minerva auprès des Gryffondor, comme à chaque fois qu'il était dans l'impossibilité d'assumer provisoirement son poste. Severus et lui avaient ainsi pu vaquer à leurs occupations tout en sachant leurs élèves entre de bonnes mains. Severus était retourné à ses appartements à huit heures et s'était aussitôt remis au travail. Cela faisait donc un peu plus de deux heures qu'il brassait potion sur potion. Il était sur plusieurs chaudrons à la fois, ce qui relevait d'un vrai marathon. Une demie-heure plus tôt, il avait déjà apporté à Poppy trente potions anti-douleurs et autant de potions antipyrétiques. Là, il fabriquait des potions d'hydratation et faisait mijoter des potions antispasmodiques et des potions antibiotiques. Poppy avait encore un stock suffisant de ces potions-là mais Severus savait qu'il n'y en aurait plus dans le courant de l'après-midi. Mais grâce au fait qu'il en restait, il n'était pas pressé par le temps et ça, c'était super. Il l'avait été en début de matinée car Poppy n'avait plus de potions anti-douleurs et de potions antipyrétiques mais là, c'était plus calme et c'était très appréciable. Il était en train de hacher des feuilles de sauge pour la potion d'hydratation quand il entendit quelqu'un frapper. Il gela ses potions, quitta son laboratoire et alla ouvrir. Il tomba sur Simon Harper, un élève aussi déroutant qu'assidu dans ses cours. Il ne l'aurait certainement pas défini ainsi au début de l'année mais il avait changé. Depuis que Severus avait eu une conversation avec le père de cet élève, ce dernier avait cessé de faire semblant d'être mauvais en potions. Il avait rendu de meilleurs devoirs et de meilleurs échantillons et s'avérait être très doué. Mais il venait peu voir Severus en-dehors des cours, aussi fut-il surpris de voir son élève sur le pas de sa porte. Il se douta cependant qu'il était là pour une bonne raison.
- Bonjour, M. Harper. Qu'est-ce qui vous amène ?
- Bonjour, professeur, je vous prie de m'excuser pour le dérangement, mais j'ai eu une révélation et je ne peux pas attendre pour vous en parler, sinon ce sera trop tard car j'avais jusqu'à aujourd'hui pour changer d'avis…
Severus regarda M. Harper avec un air profondément perplexe. Il n'avait aucune idée de ce à quoi il faisait référence.
- Entrez, nous discuterons de cela autour d'une table, ce sera plus confortable.
Severus précéda son élève jusqu'au salon. Une fois installés, Severus reprit la parole :
- Bien, qu'est-ce donc que cette révélation que vous avez eue ?
- Je souhaite intégrer la liste des potentiels candidats au poste de préfet.
Severus resta quelques secondes sans réagir, déstabilisé par ce revirement de situation. Lorsqu'il eut retrouvé ses esprits, il s'efforça de faire attention à ses mots et au ton de sa voix, ne voulant pas que M. Harper croit qu'il était agacé alors que ce n'était pas le cas :
- Vous n'avez réalisé que ce matin que vous étiez intéressé par ce poste ?
- C'est plus compliqué que ça… J'ai toujours su, au fond, que j'avais envie de devenir préfet. Mais il y a plein de choses qui font que, lorsque vous me l'avez proposé, j'ai paniqué.
- Qu'est-ce qui a provoqué cette réaction ?
- J'ai eu peur de toutes les responsabilités que cela impliquait, j'ai eu peur de ne pas réussir à gérer mon temps, d'avoir trop de choses à faire, d'être débordé, de prendre du retard dans mes devoirs, de voir mes notes baisser, de voir dégringoler la qualité de mes entraînements, j'ai eu peur aussi de ne pas être fait pour ce poste, d'être nul, j'ai eu peur que mon père me mette la pression pour que je ne néglige pas ma scolarité au profit de mes fonctions de préfet, que ça me fasse paniquer et que je me mette à travailler jusque tard le soir pour continuer à avoir de bonnes notes, que ça me fatigue, que je sois moins concentré en cours et qu'au final, ça fasse chuter mes notes, que ça me pousse à faire encore plus d'efforts et que ça m'embarque dans un cercle vicieux…
- Je vois. Vous considériez que vous aviez un emploi du temps déjà assez rempli comme ça pour y ajouter d'autres occupations ? Et je suppose que vous ne désiriez pas renoncer à votre poste au sein de l'équipe de Quidditch de Serpentard ?
- C'est ça.
- Il fallait me parler de tout cela, dans ce cas. Nous aurions vu ensemble si c'était faisable pour vous d'être préfet en plus de tout ce que vous avez à faire. Vous vous disiez sûrement que les séances de travail en binôme vous prenaient déjà assez de temps, mais vous devez savoir que vous aurez moins de devoirs de ce genre à rendre l'année prochaine, tout comme vos camarades qui sont en troisième et cinquième année actuellement. Vous aurez huit à dix heures de travail en binôme en moins, ce qui ne sera même pas compensé par vos devoirs de préfet.
- Oh… J'ignorais tout cela. Enfin, avec Ginny, on se doutait qu'on aurait moins de devoirs à rendre en commun, mais je n'avais pas fait le lien avec le fait que ça me libérerait du temps et que je n'en perdrai alors pas avec les rondes… Vous avez raison, j'aurais dû vous faire part de mes craintes, au lieu de tout garder pour moi…
- C'est l'erreur que font de nombreux élèves. Soit ils n'osent pas aller voir leur directeur de maison, soit ils pensent que ça ne sert à rien car nous ne pourrons rien faire pour eux, soit ils ne sont pas au courant que nous sommes là pour les aider, les écouter, les guider et les conseiller. Vous, ce n'était aucun de ces trois cas de figure. Vous avez tiré des conclusions trop hâtives de vos craintes et cela vous a poussé à régler le problème avec une décision que vous n'auriez pas prise si nous avions eu une discussion à ce sujet. J'imagine que Miss Weasley était dans le même état d'esprit que vous ?
- Oui, elle était perdue, elle aussi, elle était troublée par cette histoire de candidature pour le poste de préfète. Mais contrairement à moi, elle n'a pas cherché à maîtriser la situation à tout prix. Elle se posait plein de questions et j'avais toujours réponse à tout, persuadé qu'il fallait refuser et trouvant tout un tas d'arguments qui allaient dans ce sens. J'essayais tellement de me convaincre moi-même que je suis allé jusqu'à décrédibiliser la proposition que vous nous avez faite, le professeur Lupin et vous. J'ai entraîné Ginny là-dedans sans m'en apercevoir, mais je n'avais pas conscience d'être en plein déni. Je ne l'ai réalisé qu'aujourd'hui et je m'en veux d'avoir été aussi idiot…
- Ne soyez pas trop dur envers vous-même, recommanda Severus. Quand vous dites que vous avez décrédibilisé la proposition qui vous a été faite de faire partie de la liste des candidats, que voulez-vous dire, au juste ?
- Eh bien, Ginny et moi étions sidérés que vous ayez pu songer à nous mettre dans votre liste, ce qui aurait fait de nous de potentiels futurs préfets, alors que nous sommes déjà assez occupés comme ça entre nos cours, nos devoirs, nos entraînements et nos séances de travail, et que nous devons garder du temps pour nos amis et nos moitiés respectives ! Sans compter qu'entre les entraînements et les rondes, cela nous paraissait tout bonnement impossible de pouvoir conjuguer nos emplois du temps pour organiser nos séances de travail ! Nous avions encore moins de chances d'être disponibles en même temps ! Heureusement que nous ne sortons pas ensemble, sinon notre relation serait devenue très compliquée… Au vu de tout ça, nous nous sommes sérieusement demandé ce qui avait pu vous passer par la tête, sans vouloir vous manquer de respect…
Severus retint un soupir. Il y avait eu un sérieux problème de communication et cela lui ouvrait les yeux sur le fait que le rôle des directeurs de maison n'était pas très clair auprès des élèves…
- M. Harper, dit-il doucement, si nous vous avons proposé, à Miss Weasley et vous, de faire partie de la liste des candidats, c'est que nous savions ce que nous faisions et que nous étions certains que vous pouviez assumer le rôle de préfet sans que cela n'impacte sur le reste, que ce soit vos devoirs, vos prestations lors de vos entraînements ou vos relations amicales et amoureuses. Comme je vous l'ai dit, vous aurez moins de devoirs à faire en binôme. Vos rondes occuperont la moitié du temps que vous aurez à consacrer en moins à vos séances de travail, même si ce n'est pas sur les mêmes heures. Vous devrez également faire respecter l'ordre dans votre salle commune et c'est ce qui vous prendra le plus de temps. Mais vous serez quatre préfets par maison l'année prochaine, vous n'aurez donc pas à surveiller vos camarades tous les soirs, vous vous relaierez. Vous serez bien mieux lotis que les préfets actuels, qui sont deux par maison et qui ont donc plus de travail que vous n'en aurez. Mais nous reparlerons de tout cela plus tard. Ce que je souhaitais vous dire, c'est que vous n'aurez pas plus de difficultés à vous organiser que vous n'en avez présentement. Êtes-vous rassuré sur ce point ?
- Oui, affirma M. Harper.
- Bien, vous avez mentionné le fait que vous aviez peur de ne pas être à la hauteur. Encore une fois, si j'ai pensé à vous, c'est que j'estime que vous avez les qualités nécessaires pour devenir préfet. Je vais même vous avouer une chose : si cela ne tenait qu'à moi, s'il n'y avait pas cette obligation de choisir trois candidats, vous auriez été le seul que j'aurais sélectionné et à qui j'aurais fait passer les tests. Mais je ne veux pas que cela vous fasse stresser davantage. Lorsque vous affronterez une mise en situation, vous ne devrez pas vous dire qu'il faut absolument que vous réussissiez car je compte sur vous. Vous devrez faire comme si vous n'étiez pas en plein test et réagir comme vous le feriez en temps normal. Car quand vous ferez face à deux élèves qui se battent à mains nues ou en duel, à un trafic de potions droguées, ou à un couple qui prend un coin isolé d'un couloir pour leur dortoir, vous ne vous direz pas qu'il va falloir bien gérer la situation parce que c'est ce que votre directeur de maison attend de vous… Aucun préfet ne pense ça quand il est sur le terrain. Donc ne vous faites pas ce genre de réflexion lorsque vous passerez un test.
- D'accord, je serai entièrement focalisé sur le test, et pas sur autre chose.
- Parfait, approuva Severus. Enfin, vous m'avez dit que vous aviez peur de la pression que pourrait vous mettre votre père. Ne vous inquiétez pas pour cela, s'il vous harcèle en vous écrivant tous les deux jours pour vous sommer de faire attention à vos notes, venez m'en toucher un mot et j'irai de nouveau le voir pour le rassurer et lui demander de vous lâcher.
M. Harper acquiesça.
- Merci, professeur. Je crois que je n'ai plus de raisons de m'en faire, maintenant…
- Je crois aussi, répondit Severus en souriant. À présent, j'aimerais connaître ce qui s'est passé pour que vous changiez soudain d'avis. Vous avez parlé de révélation. Comment a-t-elle eu lieu ?
M. Harper se lança alors dans le récit de la scène qui s'était déroulée une demie-heure plus tôt avec la jeune élève de Poufsouffle et les trois Serpentard. Severus fut admiratif de ce qu'avait fait Miss Weasley. Elle ferait clairement une bonne préfète.
- Ginny a presque tout fait mais les quelques mots que j'ai prononcés sont sortis tout seuls et c'est là que j'ai senti que c'était ça que je voulais faire. Venir en aide à ceux qui en ont besoin, faire régner l'ordre et le calme dans les couloirs, lutter contre tout ce qui ne devrait pas exister dans l'école, que ce soit le harcèlement ou les potions droguées… Quand on s'est retrouvés seuls, on s'est dit qu'on n'aurait peut-être pas dû refuser de candidater, qu'on aurait dû réfléchir un peu plus longtemps, et on a espéré qu'il n'était pas trop tard pour revenir sur notre décision… On a eu peur que vous nous ayez remplacés, mais ce n'est visiblement pas le cas, sinon vous me l'auriez dit…
- Cela aurait été sournois de ma part de ne vous dire que maintenant que j'ai déjà trois candidats et que je ne peux donc pas vous accepter. Mais soyez tranquille, je n'ai pris personne pour compléter la liste. La place est toujours vacante.
- Tant mieux, est-ce que c'est pareil pour la liste du professeur Lupin ? Car Ginny aussi veut tenter sa chance, tout compte fait…
- Il reste toujours une place pour elle aussi. De toute façon, si un élève refuse d'être candidat, nous sommes obligés de réserver sa place jusqu'à la date butoir, au cas où il changerait d'avis.
- Ah oui, je n'avais pas songé à ça… Je vais donc pouvoir prétendre au poste, c'est sûr et certain ?
- Oui, promit Severus. Je vous convoquerai bientôt avec les cinq autres candidats pour vous donner la suite du programme. Il y aura le test basé sur le règlement, puis les tests pratiques. J'expliquerai tout cela en détail lors de la réunion. Avez-vous des questions ?
- Non, je crois que nous avons tout traité.
- Bien, alors vous pouvez y aller.
M. Harper remercia Severus qui le raccompagna jusqu'à la porte. Puis il retourna à son laboratoire et se remit à la préparation de ses potions. Il finit de hacher ses feuilles de sauge et s'apprêtait à les mettre dans son chaudron lorsque des coups furent de nouveau frappés à la porte. «Mais ce n'est pas possible, ce n'est pas le moment» se lamenta Severus. Il gela une nouvelle fois ses potions, quitta sa salle de travail et alla ouvrir. Il fut encore plus surpris que trois quarts d'heure auparavant en voyant Théo devant lui.
- Bonjour, M. Nott, que puis-je pour vous ?
- Bonjour, professeur, je souhaiterais vous parler de quelque chose de très important. J'aurais aimé le faire plus tôt mais c'était compliqué de trouver le temps, donc je profite de ces congés soudains pour venir vous voir… Je sais que vous êtes occupé mais ça concerne un sujet assez urgent.
Severus réprima une fois de plus un soupir. Il avait du travail par-dessus la tête mais il connaissait bien Théo, il savait que s'il était là alors qu'il était conscient que son professeur n'était franchement pas disponible, c'était pour une raison très sérieuse. Il le fit donc entrer et le précéda jusqu'au salon.
- Je vous écoute. J'espère qu'il n'y a rien de grave car ce n'est vraiment pas la journée…
- Non, au contraire, ça peut être une très bonne nouvelle, assura Théo. Il y a quelques jours, je suis allé dans la salle commune de Poufsouffle et j'ai entendu Alex Powell discuter avec une fille sur un sujet propre à la psychomagie. Il était question d'absence de figure paternelle qui entraînerait chez la fille une attirance envers les garçons plus âgés qu'elle. C'était ce dont cette fille parlait avec des élèves et Alex a réagi dans son coin en désapprouvant ce qui venait d'être dit. Il a murmuré mais ce n'est pas passé inaperçu auprès de sa camarade et c'est ce qui a provoqué la conversation qu'ils ont eue. Alex a rapporté ce que sa mère disait souvent à ce sujet et il a précisé qu'elle était psychomage et qu'elle s'occupait des enfants et des adolescents. Mais il était gêné d'avoir concentré l'attention sur lui, alors il s'est vite replongé dans son livre. L'information qu'il avait révélée sur sa mère m'a intrigué, j'en ai parlé à Justin qui, malgré mes protestations, a appelé Alex et lui a fait signe de nous rejoindre. Vu qu'il était là, j'aurais été idiot de ne pas sauter sur l'occasion… Je l'ai alors interrogé sur sa mère et j'ai appris qu'elle était indépendante et qu'elle avait quitté Sainte-Mangouste à cause des conditions de travail et des horaires qui n'allaient pas du tout avec sa vie de famille. Je n'ai pas cherché à en savoir plus mais je me suis dit que je ferais peut-être mieux de vous faire part de tout cela. Après, il se peut que le directeur l'ait déjà contactée…
- Non, il préfère d'abord joindre toutes les psychomages qui se sont directement mises en libéral. Ce sont celles qui sont le plus à même d'accepter de venir travailler ici. Mais je crois qu'il a commencé à s'adresser aux psychomages libérales qui ont exercé dans un premier temps à Sainte-Mangouste. Mais il y a moins de chances d'avoir un retour positif, étant donné que si elles ont démissionné de leur emploi à l'hôpital, c'est que travailler avec des horaires et recevoir des patients à la chaîne ne leur convenait plus et qu'elles préféraient devenir indépendantes. Venir prendre en main des élèves dans une école, c'est renoncer à une liberté.
- C'est ce que j'ai dit à Alex à propos de sa mère quand il m'a demandé si j'allais vous parler d'elle. Je craignais justement qu'elle ne veuille pas s'établir ici car elle ne serait plus libre d'organiser son temps comme elle le souhaitait, par exemple... Mais je disais aussi à Alex que Poudlard, ce n'est pas Sainte-Mangouste… Il y aura beaucoup moins de travail et les conditions seront bien meilleures.
- C'est ce qui serait susceptible de faire pencher la balance, effectivement. Puisque les recherches du directeur n'ont rien donné pour le moment, je vais écrire de moi-même à la mère de M. Powell. C'est à moi que vous êtes venu parler d'elle, j'aurai plus de détails que n'en aurait le directeur, car je vais forcément oublier des choses lorsque j'irai lui raconter ce que vous m'avez dit. J'essaierai de faire cela très vite. Merci de m'avoir donné une piste sérieuse, M. Nott. Si Mrs Powell est d'accord pour partager son temps entre son cabinet et Poudlard, ce sera une véritable aubaine. Vous m'aurez permis de trouver la perle rare.
- Je serais ravi de vous avoir aidé, dit timidement Théo. Ce ne serait qu'un juste remerciement pour tout ce que vous avez fait pour moi. Mais êtes-vous sûr que Mrs Powell pourra continuer à exercer dans son cabinet ainsi qu'à domicile tout en travaillant ici ? L'activité libérale et l'activité salariale sont-elles compatibles ?
- Tant que l'activité libérale ne concurrence pas celle de l'employeur, c'est autorisé. Mais vous vous doutez bien qu'il n'y a pas de concurrence dans ce cas précis. Je ne suis pas censé être psychomage ici, normalement. J'ai repris ma casquette de psychomage car les élèves en ont besoin. Ce n'est pas comme si je travaillais à Sainte-Mangouste et que je risquais de me faire voler des patients par Mrs Powell… Ici, je m'occupe de patients qui sont à l'intérieur de Poudlard et qui ne peuvent pas aller consulter ailleurs, tandis que Mrs Powell s'occupe d'enfants et d'adolescents qui sont en-dehors de Poudlard, qui sont trop jeunes pour y étudier ou qui sont dans l'incapacité d'y être instruits. Nous n'avons pas du tout la même patientèle. Il ne peut donc pas y avoir de concurrence et il n'y a donc aucun danger à ce que Mrs Powell exerce à la fois ici et en tant que libérale.
- Je vois. Quand vous parliez d'adolescents qui sont dans l'impossibilité de suivre une scolarité ici, vous faisiez référence aux adolescents qui sont en situation de handicap ?
- Oui, ou qui ont la phobie de la foule ou la phobie scolaire, ou dont les parents préfèrent leur faire recevoir une instruction à la maison… Il y a aussi les enfants qui, comme vous, sont en avance sur leur âge, qui devraient entrer à Poudlard à huit ou neuf ans, et qui sont pourtant obligés d'attendre leurs onze ans, ce que refusent certains parents qui décident de les garder et de leur faire suivre une scolarité adaptée. C'est ce dont vous auriez dû bénéficier. Mais en n'intégrant pas Poudlard, vous n'auriez pas connu des personnes qui sont aujourd'hui très importantes pour vous. Je ne vous aurais jamais soigné. C'est un choix très dur à faire, de ne pas faire aller son enfant à Poudlard.
- Si je l'avais eu, ce choix, j'aurais préféré m'ennuyer en cours plutôt que rester toute l'année chez mon père. Mais il n'y a vraiment pas une solution pour faire entrer des enfants précoces à Poudlard avant l'âge requis ?
- En l'état actuel des choses, non, ce n'est pas faisable, regretta Severus. Mais même si ce n'est pas moi qui fixe les critères d'admission à Poudlard, je me suis déjà penché sur la question des enfants précoces et je pense que le mieux qu'on pourrait faire à l'heure qu'il est, ce serait de faire entrer un adolescent de treize ans en cinquième ou sixième année. Il aurait déjà eu une bonne instruction chez lui, et il pourrait la compléter à Poudlard à un âge où il serait davantage en mesure de s'adapter dans une classe où il n'y aurait que des élèves de deux ou trois ans de plus que lui. À onze ans, ce serait bien plus dur pour lui de s'intégrer parmi des élèves de treize ou quatorze ans, car plus on est jeune, plus la différence d'âge semble importante. Mais il faudrait voir ça avec le directeur et faire ensuite tous les aménagements nécessaires. Ce qui n'est pas à l'ordre du jour avec tout ce qu'i faire.
- Oui, et je suis en train de vous retarder dans la préparation de vos potions que vous devez fournir à Mrs Pomfrey.
- Ne vous en faites pas pour ça, elle a encore assez de potions jusqu'à cet après-midi. Mais je vais devoir vite m'y remettre, en effet.
Severus regarda soudain Théo avec un tout autre intérêt.
- Dites-moi, est-ce que vous êtes libre, là, tout de suite, maintenant ?
- Euh… oui, répondit Théo, perplexe.
- Avez-vous quelque chose de prévu ?
- Non, on n'a plus que deux derniers devoirs en binôme à rendre et Justin et moi les avons déjà faits. Et je suis en avance sur les devoirs individuels.
- Cela ne m'étonne pas de vous. Si vous êtes libre, accepteriez-vous de m'aider à faire ces potions ? Vous avez largement le niveau suffisant, et cela vous exercera pour votre future formation.
- Oh… Je veux bien vous aider mais je n'ai pas envie d'empoisonner les professeurs qui boiront les potions que j'aurais préparées… Je ne me suis jamais attelé aux potions médicales…
- Vous ne vous étiez jamais entraîné sur la potion de sommeil, et vous l'avez pourtant réussie haut la main et du premier coup lorsque vous en avez fait en quatrième année pour en avoir sous le coude, au cas où vous devriez vous échapper en urgence de chez votre père. Vous êtes l'un des élèves les plus doués en potions qu'il m'ait été donné de voir, alors faites-vous confiance. Je vous dis ça mais je ne vous force à rien. Si vous ne voulez pas essayer, je comprendrais.
- Non, mais vous avez raison, ça me fera un bon exercice pour la formation. Et ça me ferait plaisir de vous soulager un peu de votre travail.
Severus fut touché par la volonté de Théo de l'aider par tous les moyens possibles et imaginables. Il savait bien que Théo était infiniment reconnaissant pour tout ce qu'il avait fait pour lui depuis l'été précédent, mais lui trouvait cela parfaitement normal. Il se disait cependant qu'à la place de Théo, il serait exactement pareil. Il était gêné par le fait que Théo eût bien voulu fabriquer les potions avec lui car il se croyait redevable, mais il n'avait pas accepté que pour cette raison, alors Severus laissa couler pour cette fois. Il sortit de ses pensées et reporta son attention sur Théo. Il songea alors que ce n'était pas vraiment l'élève qu'il avait en face de lui, ni le meilleur ami de son filleul, mais que c'était plutôt quelqu'un qu'il connaissait bien et avec qui il s'apprêtait à faire des stocks de potions. Il abandonna donc les usages qui n'avaient pas lieu d'être dans cette situation et sourit à Théo.
- Merci, Théo. Et ne vous inquiétez pas pour la qualité de vos potions, je les vérifierai avant de les apporter à Mrs Pomfrey. Tout bon potionniste doit savoir à l'oeil nu si une potion a été correctement préparée. Cela implique de connaître chaque potion sur le bout des doigts, sous tous les aspects, et dans le moindre détail. Si la potion n'a pas la bonne couleur ou la bonne texture, un bon potionniste doit pouvoir dire quelle étape de la préparation a été ratée. Ce qui signifie qu'il doit avoir appris par coeur toutes les recettes.
- Ça paraît logique. Mais on va y être entraînés, avant de quitter Poudlard ? Je veux dire, pour ceux qui feront une formation qui a trait aux potions, ils se seront exercés à faire une potion sans avoir la recette sous les yeux ? Car pour les BUSE, on y aura droit, mais ce ne sera peut-être pas le cas pour les ASPIC…
- Vous aurez également la recette durant l'épreuve des ASPIC, car parmi ceux qui suivront le cours de potions pour les ASPIC, tous ne se destineront pas à une formation basée sur les potions, cela ne leur sera donc pas utile d'apprendre à préparer une potion sans la recette. Si on leur imposait cette contrainte pour l'examen des ASPIC, ils risqueraient de le rater à cause de quelque chose qui ne les concernera pas forcément. Mais ne vous en faites pas, durant la septième année, je proposerai deux fois par mois deux exercices : réviser une potion de votre choix ou fabriquer une potion sans avoir la recette à disposition. Ce sera uniquement lors des cours de potions approfondis auxquels tous les élèves du cours de potions normal pourront assister, à condition qu'ils soient tous capables de suivre le rythme. Tous les ans, presque tous les élèves viennent à ce cours, et au bout d'un mois, soixante pour cent d'entre eux ont abandonné, tellement c'est dur et intensif. Mais je consacrerai une partie d'un cours à vous expliquer tout cela peu avant les BUSE. Car ces cours approfondis commenceront dès la sixième année, et ce, dans toutes les matières. Mais je laisserai le soin aux autres professeurs de faire le topo pour leurs propres cours. À moins qu'une réunion ait lieu dans la Grande Salle pour vous faire part de tout cela à tous et en même temps.
- D'accord, j'ai hâte d'en savoir plus, ça a l'air très intéressant. J'ai juste une question à propos des recettes…
- Je vous écoute.
- Est-ce que, lors des BUSE, je peux me lancer le défi de faire l'examen pratique de potions sans la recette ? Je pense connaître par coeur la préparation de toutes les potions qu'on a apprises depuis la première année. Je m'occupe souvent le soir en les lisant et relisant jusqu'à pouvoir les écrire sans faire la moindre faute. C'est un amusement, à la base, mais si ça peut me servir à avoir un tant soit peu de difficultés pour l'examen des BUSE… Car c'est vraiment frustrant de n'avoir aucun effort à faire pour réussir un examen, j'aimerais être comme tout le monde et devoir me creuser un peu les méninges…
- Je comprends, et je trouve que ce serait une bonne idée pour les cours, mais pas pour l'examen. Je ne veux pas que vous preniez de risques, quand bien même vous soyez sûr de vous.
- Bien, je m'abstiendrai, alors.
Severus fit un signe de tête appréciateur.
- Allez, plusieurs chaudrons nous attendent. Il est onze heures et demie, si vous allez manger vers midi quinze, vous aurez le temps de faire un stock de potions anti-nausées, ce qui est le plus urgent à l'heure actuelle puisque c'est la seule potion que je n'ai pas encore faite.
Théo acquiesça et tous deux se levèrent et se dirigèrent vers le laboratoire. Poppy allait bientôt avoir besoin de certaines potions, alors il était hors de question de traîner !
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Comme Severus l'avait prédit, Théo avait pu préparer un chaudron de potions anti-nausées avant de partir manger. Il était de retour depuis un quart d'heure et s'était attaqué aux potions anti-douleurs tandis que Severus s'était mis aux potions d'hydratation. Ils étaient tellement concentrés qu'ils auraient pu entendre une mouche voler. Mais le silence fut vite rompu par des coups frappés à la porte. Severus crut un instant avoir rêvé, mais il y eut de nouveaux coups. Non mais ce n'était pas possible, c'était un complot ! Il n'était pas disponible, il croulait sous les potions à fabriquer, alors pourquoi décidaient-ils tous de venir le voir ce jour-là ?! Il laissa Théo seul et alla ouvrir. Il tomba sur M. Boot.
- Bonjour, professeur, je suis désolé de vous déranger mais je dois à tout prix vous parler.
- À quel propos ?
- À propos de Hermione. Je suis très inquiet pour elle, et mes amis le sont aussi.
Severus fut surpris d'apprendre cela. Il lui semblait que Miss Granger se portait plutôt bien. Il ne la surveillait pas en classe, mais il n'avait rien remarqué chez elle. Elle paraissait en bonne santé, elle n'avait pas l'air de déprimer et ses notes n'avaient pas baissé. Mais il avait assez d'expérience pour savoir qu'il ne fallait pas se fier aux apparences. Miss Granger pouvait très bien donner le change en cours et ne pas aller bien du tout une fois sortie de la sphère scolaire. Il ne remettait donc pas en cause ce que disait M. Boot en fonction de ses propres observations.
- Qu'est-ce qui vous préoccupe à ce point ?
- Elle fait une fixette sur les dealers. Il n'y a plus que ça qui compte pour elle. Dès qu'elle aperçoit quelqu'un qui a une attitude légèrement étrange, elle le soupçonne et elle le traque. Elle en oublie la première des règles : ne jamais agir seul.
- Elle est déjà intervenue seule auprès d'un élève qu'elle a suivi ?
- Non, mais rien que pister un élève sans personne avec elle, c'est dangereux…
- Lors des vacances, nous vous avions autorisés à faire des rondes non officielles si vous en aviez le temps et l'occasion. Nous ne vous avions pas dit que vous deviez obligatoirement être en binôme.
- Oui mais là, Hermione cherche presque les problèmes, insista M. Boot. Elle ne prend pas assez de précautions, et peut se mettre à pister un élève n'importe où ! Ron m'a raconté qu'une fois, il devait passer l'après-midi dans le parc avec Harry et Hermione et qu'elle avait été rapidement distraite par un garçon et une fille qui discutaient près d'un arbre. Ils ont réussi à détourner son attention mais au bout d'un moment, les deux élèves sont partis et elle les a aussitôt suivis. Et elle fait ça très souvent. Quand on est ensemble, une fois sur trois, elle me lâche pour aller courir après ce qu'elle pense être un dealer. Pareil quand on est avec notre bande d'amis, ou quand elle est avec Harry et Ron. C'est vraiment une obsession. Et ça commence à avoir un impact sur son travail scolaire. Hier, on était à la bibliothèque pour faire notre devoir de sortilèges, et ça faisait à peine trois quarts d'heures qu'on était là quand elle a soudain rangé ses affaires pour aller courser un élève qu'elle a repéré. On s'est disputés à ce sujet, on s'est heureusement calmés mais je n'ai pas pu lui faire entendre raison. Et je regrette de ne pas avoir su la retenir car j'ai l'impression que cette traque s'est très mal passée. J'ai vu Hermione ce matin et elle était très tendue. Elle l'a été encore plus lorsque je l'ai embrassée. Je suis sûr que si je m'étais montré un peu plus tactile, elle m'aurait repoussé. Elle n'était pas du tout à l'aise et elle est vite partie pour aller se reposer. À mon avis, elle a eu des problèmes avec le garçon qu'elle a pisté. C'est ça, entre autres, qui m'a poussé à venir vous voir. Ça va beaucoup trop loin. Ça ne peut plus continuer comme ça. Elle s'éloigne de ses amis, de moi, elle délaisse ses devoirs, elle se met en danger… Ce n'est pas seulement une préfète qui prend très à coeur la lutte contre le trafic de potions droguées, non, c'est une élève qui est réellement obsédée par la chasse aux dealers. Je ne suis pas du genre à m'angoisser facilement, je suis quelqu'un de calme et de réfléchi, donc si je suis là, c'est que c'est vraiment sérieux.
M. Boot se tut sur ces mots. Severus était un peu secoué par ce que le préfet de Serdaigle venait de lui révéler. Il comprenait mieux pourquoi il n'avait rien vu. C'était dans la sphère privée que Miss Granger avait changé. Lui ne la voyait qu'en cours. Ainsi que dans la Grande Salle, lors des repas, mais il surveillait les Serpentard, pas les Gryffondor. Quoi qu'il en soit, il devait bien admettre que la situation était plutôt préoccupante. Il connaissait suffisamment M. Boot pour savoir que, comme il l'affirmait, il ne serait jamais venu le voir s'il n'avait pas de réelles raisons de s'inquiéter. Même s'il s'agissait de sa petite-amie, ce qui pourrait le pousser à s'en faire plus rapidement, compte tenu de l'affect. Il y avait donc un sérieux problème avec Miss Granger et il fallait y remédier le plus vite possible. Et comme le disait M. Boot, il n'y avait que lui, Severus, qui était en mesure d'aider cette élève. Et il allait le faire. Il fallait juste qu'il réfléchisse à la façon dont il allait s'y prendre.
- Vous avez bien fait de vous être adressé à moi, dit-il à M. Boot. Je vais voir ce que je peux faire. Je ne sais pas encore comment je vais procéder, car c'est assez délicat, mais je vais y songer et essayer de trouver le meilleur moyen d'aborder le sujet avec Miss Granger.
- Vous allez la convoquer ?
- Justement, c'est la question que je me pose. Si je la convoque et que j'aborde directement le sujet, elle va se braquer. Il faudrait que j'arrive à en savoir plus sur son état d'esprit et que je la pousse à me parler d'elle-même de sa lubie, mais sans lui faire comprendre que je suis au courant. C'est pour ça que je disais que c'était délicat. Elle ne doit pas se sentir prise au piège.
- Je vois. Pour qu'elle ne se doute de rien, vous pouvez peut-être la convoquer pour une autre raison et dévier petit à petit la discussion vers les dealers et ses devoirs de préfète…
Severus considéra l'idée de son élève.
- C'est une proposition très intéressante. Il faut juste que j'ai une réelle raison de m'entretenir avec elle. Il est hors de question d'utiliser un faux prétexte, ce serait malhonnête et cela ne m'aiderait pas du tout à obtenir sa confiance.
- Bien sûr… J'espère que vous allez réussir à faire en sorte qu'elle se confie à vous.
- Je vais tout faire pour.
- Merci, professeur. Je ne vais pas vous déranger plus longtemps, je sais que vous avez beaucoup de travail avec tous les professeurs à soigner.
Severus acquiesça, se leva en même temps que M. Boot et le raccompagna jusqu'à la porte. Puis il retourna à son laboratoire. Il retrouva Théo qui finissait de préparer les potions anti-douleurs.
- Vous vous en sortez ?
- Oui, avec les consignes, ça va tout seul. Quelles potions voulez-vous que je fasse, à présent ?
- Je pense que le plus urgent va être les potions antibiotiques. Je termine les potions d'hydratation et je ferai un nouveau chaudron de potions antipyrétiques. Ensuite, l'un d'entre nous se remettra aux potions antispasmodiques. Je vais vous donner la recette des potions antibiotiques.
Severus prit le parchemin sur lequel était notée ladite recette et la tendit à Théo.
- Vous ne la connaissez pas de tête ? s'étonna celui-ci.
- Si, mais c'est toujours utile d'avoir les instructions près de soi. Si j'ai quelque chose à faire et que je dois geler la potion et la reprendre plus tard, je n'ai qu'à cocher l'étape à laquelle j'en étais. Là, c'est vous qui allez vous en servir.
- Oui, mais je dois d'abord remplir les fioles de potions anti-douleurs.
Aussitôt dit, aussitôt fait. Sous les yeux de Severus, Théo s'empara d'une louche, la plongea dans le chaudron et la vida dans une fiole en faisant bien attention à ce que le contenu aille dans la fiole et ne coule pas à côté. En le voyant faire, Severus sut que le métier de potionniste était fait pour lui. Il avait tout ce qu'il fallait et il ne serait sûrement pas obligé de suivre la première année de formation. Mais ils verraient cela plus tard. Il laissa Théo remplir les fioles et dégela son chaudron. Il termina de préparer ses potions d'hydratation et il commençait à en verser dans les fioles lorsqu'il entendit une nouvelle fois des coups frappés à sa porte. Il faillit pousser un gémissement désespéré.
- Mais qu'est-ce que je leur ai fait…
- Ils doivent probablement tous vous parler depuis un moment sans en avoir le temps et ils profitent de ces congés inattendus pour le faire… C'est ce que j'ai fait, personnellement, et j'imagine que je ne suis pas le seul à avoir eu cette idée… S'il avaient pu venir vous voir avant, ils l'auraient fait. Ce n'est pas un hasard s'ils débarquent tous le jour où tous les cours sont annulés…
Severus dut se rendre aux arguments de Théo. Il ne pouvait pas en vouloir à ses élèves d'avoir des choses à lui dire et de ne lui en faire part que lorsqu'ils en avaient enfin l'occasion…
- Heureusement pour eux qu'il y a eu cette intoxication, alors… Bon, je vous abandonne une fois de plus. Ça ne vous dérange pas ? Car ça fait deux fois que je vous lâche…
- Ce n'est pas de votre faute, ce sont les élèves qui ont besoin de vous. Et ça ne me gêne pas du tout de rester seul.
- D'accord, mais si vous avez le moindre problème, n'hésitez pas à venir au salon.
- Promis.
Severus fit un signe de tête, quitta le laboratoire et alla ouvrir à son visiteur. Il tomba sur Harry.
- Bonjour professeur, je suis désolé de vous déranger, je dois vous parler mais si vous êtes occupé, je peux repasser plus tard…
- J'ai effectivement tout un tas de potions à préparer mais si ce que vous avez à me dire est urgent, je peux tout de même vous accueillir.
- C'est assez urgent, oui.
- Bien, venez.
Severus fit entrer Harry et l'emmena au salon.
- Souhaitez-vous boire du thé ? C'est tout ce que j'ai pour le moment.
- C'est parfait, assura Harry.
Severus acquiesça, se rendit à la cuisine, fit du thé et l'apporta au salon avec des petits gâteaux. Le matin-même, il avait préféré ne pas en proposer à M. Harper ainsi qu'à Théo étant donné que c'était presque l'heure du déjeuner lorsqu'ils étaient venus le voir. Quant à M. Boot, il venait tout juste de manger et il valait mieux attendre au moins une heure après le repas pour consommer du thé. Cela permettait une meilleure digestion.
- Alors, dites-moi tout. Qu'aviez-vous de si important à me dire ?
- C'est à propos d'Adrian.
Severus haussa un sourcil.
- Je préfère vous prévenir tout de suite, si vous voulez le voir, cela ne va pas être possible.
- Non, ce n'est pas du tout ça, je n'en ai pas vraiment envie et je ne suis pas prêt. Mais je ne lui en veux plus. J'ai eu le temps de réfléchir à tout ce qui s'est passé et je sais qu'il souffrait de son côté et que c'est pour ça qu'il se droguait. Il ne le faisait pas pour le plaisir mais parce que c'était le seul moyen qu'il avait trouvé pour lutter contre ses problèmes sur lesquels il n'a pas pu se confier car il n'a pas su à qui s'adresser. Cela n'excuse rien, bien sûr, mais ça explique pourquoi il a agi ainsi. Je ne suis cependant pas apte à le voir mais en attendant, si je peux faire quelque chose pour lui, je le fais volontiers et c'est la raison pour laquelle je suis là actuellement. Il y a environ une semaine, je me baladais dans le parc avec Draco quand il a vu Graham près du lac. Il était seul et il n'avait pas l'air d'avoir le moral. On l'a rejoint, Draco a tenté de lui tirer les vers du nez mais Graham n'a rien voulu dire car j'étais là. J'ai compris que c'était au sujet d'Adrian et au même moment, Draco a été appelé par Hermione qui est venue le chercher car il y avait une urgence. Il m'a laissé en plan avec Graham et même si j'étais un peu mal à l'aise car c'était la première fois que j'étais seul avec lui, je me suis dit que c'était mieux ainsi car j'allais plus facilement pouvoir le faire parler. Si Draco était resté, il n'aurait pas accepté d'entendre quoi que ce soit concernant Adrian. Si moi, je n'ai plus de rancœur envers Adrian, ce n'est pas le cas de Draco. C'est lui qui a le plus de mal à tourner la page. J'ai donc poussé Graham à se confier et il m'a raconté tout ce qu'il savait sur Adrian et son séjour à Sainte-Mangouste. Il lui a rendu visite deux fois pendant les vacances de Pâques et ça l'a beaucoup marqué car Adrian n'allait pas bien du tout. Je vous épargne les détails mais Graham m'a dit que la première fois où il est allé le voir, Adrian a fondu en larmes et qu'il n'a fait que pleurer durant tout le temps que Graham était avec lui. La deuxième fois, il est parvenu à le faire sortir de son mutisme et Adrian lui a dit tout ce qu'il gardait en lui et qu'il ne voulait dire à personne. Graham a bien vu qu'après, il allait un peu mieux, il lui a dit que ça lui ferait sûrement du bien de voir un psychomage et au lieu de s'énerver comme il s'y attendait, Adrian a affirmé qu'il était conscient d'avoir besoin d'être suivi mais qu'il refusait catégoriquement de consulter quelqu'un. Il avait déjà essayé, il avait vu une psychomage mais ça n'avait servi à rien et suite à cela, il avait développé une phobie à l'idée de se confier sans savoir ce qui avait provoqué cela. Pour lui, les psychomages ne servaient à rien et il était profondément convaincu qu'aucun d'entre eux ne pourrait l'aider. Ça m'a frappé d'entendre Graham me rapporter ça car c'était exactement ce que j'avais pensé après ma séance avec Forester. Et je n'en démordais pas jusqu'à ce que vous vous occupiez de moi et que vous me fassiez changer d'avis. Pour en revenir à Adrian, il refuse donc formellement de voir un autre psychomage mais les médicomages savent que c'est pourtant ce qu'il lui faut. Ils ont contacté une ancienne psychomage de Sainte-Mangouste spécialisée auprès des adolescents et des jeunes adultes qui avait démissionné car elle ne supportait plus les conditions de travail, et elle a bien voulu revenir uniquement si Adrian était son seul patient. Mais pour ça, il faut qu'Adrian soit d'accord et c'est loin d'être le cas. Il est vraiment prostré et je n'ai pas trouvé ça normal quand Graham m'a décrit son attitude. Même si le courant n'était pas bien passé avec la psychomage qu'il a vue, il ne devrait pas être autant refermé sur lui-même. Son état m'a rappelé le mien après mon entretien désastreux avec Forester. J'ai alors eu un gros doute et même si je ne voulais pas y croire, il fallait que je tire ça au clair. J'ai posé des questions à Graham et ses réponses ont confirmé ce que je craignais. Pour moi, la psychomage qu'a consultée Adrian, c'est la même qui m'a traumatisé et qui en a fait autant avec Cho Chang. Si c'est bien ça, il faudrait dire à Adrian qu'il ne doit surtout pas rester sur cet échec avec Forester et qu'il ne doit pas mettre tous les psychomages dans le même panier car Forester est odieuse avec tous ses patients. S'il comprend que Forester est un cas isolé parmi tous les autres psychomages, il acceptera peut-être de retenter le coup avec quelqu'un d'autre… Et s'il avoue que c'est bien à Forester à qui il a eu à faire, cela fera une victime de plus de cette psychomage. Vu qu'on sera désormais trois, cela va peut-être vous permettre de relancer le dossier Forester…
Harry se tut sur ces mots. Severus demeura un moment silencieux, ébranlé par le récit de Harry. Si ses soupçons s'avéraient exacts, il ne pouvait pas laisser les choses continuer ainsi ! Il avait déjà dû réparer le mal qu'avait fait cette psychomage à Harry et à Miss Chang, et voilà qu'il allait devoir en faire de même avec un autre élève de Poudlard ! Sauf que là, il était dans l'impossibilité de prendre M. Pucey en thérapie. Mais il allait quand-même l'aider en lui rendant visite et en tâchant de le faire parler sur la psychomage qu'il l'avait reçu. Il essaierait ensuite de le convaincre d'en consulter une autre avec qui cela se passerait certainement mieux. C'était tout ce qu'il serait en mesure de faire et il espérait au moins arriver à faire cela. Concernant Forester, il avait bien peur de décevoir Harry. Il n'aurait pas assez de trois personnes pour monter un dossier contre elle…
- Je ferai de mon mieux pour faire entendre raison à M. Pucey, déclara-t-il. En revanche, pour ce qui est de la psychomage Forester, je crains que l'ajout du nom de M. Pucey sur la liste des victimes ne soit suffisant pour la poursuivre…
- Je sais, il faudrait au minimum deux personnes de plus… Mais on ne les trouvera jamais…
- Ce qui nous aiderait, c'est avoir la liste des anciens patients de cette psychomage. Mais à moins de la voler, il n'y a pas vraiment d'autres moyens de se la procurer… Et il est hors de question de faire quelque chose d'aussi illégal.
- Oui, évidemment… Mais il y a peut-être une association qui pourrait nous aider ?
- Comment cela ? Quel genre d'association ?
- Eh bien, une association qui travaille avec les enfants, par exemple. Et plus particulièrement avec des enfants qui ne vont pas très bien. Il y en a probablement qui se font suivre par un psychomage…
Severus considéra l'idée de Harry.
- C'est une piste intéressante. Il faut juste trouver l'association en question.
- Je proposais ça comme ça mais ça existe vraiment, dans le monde sorcier ?
- Oui, mais je dois avouer que je ne m'y connais pas trop. Il va falloir faire des recherches.
- Il y a des livres sur les métiers à la bibliothèque afin d'orienter les élèves de cinquième, sixième et septième année, mais il se peut qu'il y ait aussi des livres sur toutes sortes d'activités bénévoles…
- Sûrement, mais dans ce cas, j'irai car ces livres doivent être dans la réserve. Ces livres ne sont pas prioritaires, alors on ne les met pas en évidence. Je m'en occuperai dès que j'aurai une seconde pour souffler. Même si je sais que vous n'auriez aucun mal à accéder à la réserve…
Severus accompagna ces mots d'un regard appuyé qui fit rougir Harry.
- Je suis sûr que Mrs Pince accepterait de me prêter la clé si je lui exposais pourquoi j'avais besoin d'aller dans la réserve, dit-il innocemment.
- Vous vous embêteriez à demander l'autorisation alors que vous avez le nécessaire pour y aller en catimini ? répliqua Severus d'un ton moqueur.
Harry soupira.
- J'étais en première année, professeur. J'étais un peu insouciant, j'agissais sans réfléchir. Et puis je voulais découvrir la vérité sur ce Nicolas Flamel, sur la pierre philosophale, tout ça tout ça. Si je ne m'étais pas un minimum instruit à ce sujet, je n'aurais pas eu assez conscience de l'importance de protéger cette pierre et je l'aurais donnée trop facilement à Voldemort une fois face à lui.
Les arguments de Harry troublèrent Severus. Il n'avait pas vu les choses sous cet angle-là. De toute façon, c'était de l'histoire ancienne, cela ne servait à rien de revenir là-dessus.
- Quoi qu'il en soit, je préfère investiguer de moi-même dans la réserve, insista-t-il. Je vous tiendrai au courant, cela va de soi. Mais il vaut mieux que vous vous concentriez sur vos cours, vos devoirs et vos révisions des BUSE. Loin de moi l'idée de vous mettre la pression, je sais combien cela peut être désagréable…
- Ne vous en faites pas, j'ai déjà commencé à réviser et à partir de dimanche, on travaillera trois fois par semaine ensemble avec toute la bande. Ça nous motivera davantage, même si on ne révisera pas forcément la même chose.
- Tout à fait, approuva Severus. Je ne me faisais pas trop de soucis quant à l'attention et au sérieux que vous apportiez à vos études mais je suis tout de même heureux de vous voir aussi impliqué. Je ne suis pas votre directeur de maison, certes, mais…
- C'est normal que vous vous préoccupiez de ce genre de choses, compléta Harry. Et ça ne me gêne pas du tout. Bon, je vais vous laisser retourner à vos potions, j'ai déjà pris assez de votre temps…
- Ce que vous aviez à me dire était relativement important. Et j'ai quelqu'un qui m'aide, ce qui m'a permis de vous accueillir sans prendre trop de retard. Mais de toute manière, vous n'avez pas à vous en vouloir, vous n'êtes pas le seul à être venu me voir. Avant vous, j'ai eu trois visites, dont celle de l'élève qui m'aide actuellement.
Harry écarquilla les yeux.
- Mais comment avez-vous fait pour jongler entre les potions et ces visites ? Ce n'est pas gérable du tout, une telle situation…
- C'est bien pour ça que j'ai honteusement privé un élève de sa journée de congés. Bon, je ne vais pas vous le cacher plus longtemps, c'est Théo. Comme il se destine à une formation de botaniste et de potionniste, cela constituait un bon exercice pour lui. Surtout qu'il y a beaucoup de plantes dans les potions curatives.
- Je vois. Il doit être ravi de vous aider, c'est presque un cadeau, que vous lui faites…
- Je ne vous le fais pas dire. Mais ce serait encore mieux si j'avais deux personnes pour m'aider.
- Je vous aurais bien offert mon aide mais même si j'ai bien progressé en potions, je doute avoir le niveau suffisant…
- Ces potions ne sont pas si compliquées que cela à préparer, c'est surtout qu'il faut aller vite tout en étant très concentré.
- Tout ce qui me pose problème, quoi, rigola Harry. Je vous ralentirais plus qu'autre chose.
- Ce serait pourtant un bon exercice pour vous aussi mais ce n'est pas le bon moment, en effet.
- Je peux peut-être vous aider en trouvant un élève qui pourrait vous seconder ?
- Je doute que vous connaissiez les élèves de Serdaigle et de Serpentard de sixième année, ainsi que les Serdaigle de septième année.
Harry grimaça.
- Pas trop, je l'avoue. Par contre, les garçons de Serpentard de septième année…
- Ils ont poursuivi les potions mais ce ne sont pas les plus doués de leur promotion.
- Et en cinquième année ?
Severus réfléchit un instant avant de répondre :
- J'aurais pu demander à M. Boot. M. Goldstein ferait aussi l'affaire, tout comme Miss Turpin, Miss Granger, M. Thomas, Draco, Miss Greengrass, Miss Perks et Miss Smith.
- Eh bien si je croise l'un d'entre eux, je lui proposerai de venir à votre secours. Ce sera sûrement Hermione ou Dean Thomas. Bon, je vais y aller, sinon je vais encore vous retenir.
Harry se leva, Severus l'imita et l'escorta jusqu'à la porte. Puis il rejoignit son laboratoire où il vit Théo en train d'écraser un œil de triton.
- Tout va bien ?
- Oui, j'en ai presque terminé avec les potions antibiotiques. Je passerai aux antispasmodiques, du coup.
- Oui, car je n'ai même pas encore commencé les antipyrétiques. Heureusement que vous êtes là, je ne m'en sortirais pas tout seul, sinon.
- Vous pourriez vous en sortir si vous n'étiez pas réquisitionné toutes les heures… Vous êtes un peu trop demandé. Mais cela prouve que les élèves ont confiance en vous. Allez, plus que deux étapes et j'en aurai fini avec ces potions.
Severus fut quelque peu décontenancé par les mots de Théo et par sa faculté à glisser un constat très touchant et à rebondir ensuite sur tout autre chose sans en avoir vraiment l'air. Mais il avait raison concernant la confiance que les élèves plaçaient en lui. Severus espérait que ceux qui avaient besoin d'une oreille attentive suivraient l'exemple de M. Harper, de M. Boot, de Théo et de Harry. Surtout ceux qui avaient des problèmes au sein de Poudlard. Il y avait forcément des élèves qui se faisaient harceler et qui n'osaient pas en parler. Il fallait que cela change. C'était l'un des combats de Severus et il comptait bien le gagner. Mais là, le plus urgent, c'étaient les potions qu'il devait fournir à ses collègues. Il se mit donc à remplir ses fioles de potions d'hydratation et une fois le chaudron vide, il s'attaqua aux potions antipyrétiques. À son grand soulagement, il put les préparer et les mettre dans des fioles sans que quiconque ne vienne l'interrompre. Mais le répit fut de courte durée car à peine venait-il de disposer les ingrédients pour la potion anti-nausées qu'il eut un nouveau visiteur. Il gela son chaudron, quitta le laboratoire et alla ouvrir. Il eut la surprise de voir M. Thomas sur le pas de sa porte.
- Bonjour, professeur, Harry m'a dit que vous aviez besoin d'aide, alors me voilà. Je n'avais rien de spécial à faire, donc ça tombe plutôt bien. Enfin, j'aurais pu être occupé mais il faut d'abord que je vous parle de quelque chose avant de me lancer dans cette activité... Mais j'attendrai une autre fois pour vous en faire part.
- Non mais puisque vous êtes là… Vous avez la bonté de bien vouloir sacrifier votre après-midi afin de préparer des potions pour vos professeurs, alors je peux bien vous écouter. Surtout que c'est mon rôle.
- En fait, ce n'est pas vraiment au psychomage que je m'adresserais, mais au potionniste, précisa M. Thomas.
- Venez, vous allez m'expliquer tout cela.
Severus mena le Gryffondor jusqu'au salon et réchauffa la théière qui était encore posée sur la table.
- Allez-y, dites-moi tout.
- Je ne sais pas si le professeur Lupin vous l'a dit, mais je souhaite devenir médicomage.
- J'étais au courant, en effet. C'est pour cela que je m'intéresse tout particulièrement à vos résultats en potions qui, soit dit en passant, sont excellents.
- Je m'investis beaucoup dans cette matière car en parallèle, je voudrais aussi fabriquer des potions médicales.
- Donc vous vous orienteriez vers le double métier de médicomage et de potionniste spécialisé dans les potions de médicomagie ?
- C'est cela. Et j'aimerais commencer dès maintenant à soulager des personnes, sans pour autant les soigner car ce n'est pas encore dans mes cordes. Et je sais quel cas je vais traiter. À Poudlard, il y a de nombreux élèves qui sont constamment fatigués alors qu'ils sont en parfaite santé et que sans cet épuisement permanent, ils seraient en pleine forme. C'est souvent le manque de sommeil qui est en cause et on ne peut pas toujours y remédier à la source. J'ai alors eu l'idée de trouver une potion qui pourrait requinquer ces élèves. Je la commercialiserai dans les couloirs, à un moindre coût afin de la rendre accessible, mais ce que je gagnerai me suffira pour financer ma future formation, ma famille n'ayant pas les moyens pour me la payer entièrement. Surtout si je compte faire deux formations… Mais pour en revenir à la potion, elle ne traiterait pas le problème à la base, mais elle redonnerait de l'énergie. J'ai fait plein de recherches, j'ai pensé à tous les inconvénients que peuvent avoir ce type de potions, j'ai déniché des ingrédients pour les contrer, j'ai fait les expériences nécessaires durant les vacances de Pâques et je suis parvenu à un résultat plus que satisfaisant. Je le répète, ça n'a rien de révolutionnaire car ça ne soigne pas le problème en lui-même, mais cette potion aiderait à avoir plus de vitalité. Elle n'est pas dangereuse, elle est sans dépendance et sans accoutumance si on n'en prend qu'une par jour. Mais afin d'éviter tout abus, je n'en vendrai que deux maximum par semaine à chaque client. Car un élève pourrait très bien vouloir jouer au plus malin et demander à un ami de m'acheter deux potions pour en avoir davantage. Mais ce que ne saurait pas cet élève, c'est qu'avec deux potions de plus, il n'atteindrait même pas le quota autorisé. Idem s'il envoie deux amis m'en acheter. Il pensera me piéger, alors que ce sera l'inverse. Mais prendre deux potions par semaine est largement suffisant pour récupérer du tonus. Il ne faut juste pas en abuser. Et si un élève envoie trois amis le ravitailler et qu'il dépasse alors le quota, cela se verra en cours et ça alertera obligatoirement les professeurs. Il sera beaucoup trop speed et aura du mal à se concentrer. Ce ne sera pas méchant, mais ce sera facile de deviner que l'élève aura abusé de cette potion. Afin de contrôler le nombre de potions par client et par semaine, je noterai le nom de chacun d'entre eux ainsi que la date à laquelle ils m'auront acheté une ou deux potions. Tout est fait pour qu'il y ait le moins de risques possibles d'abus et que ces potions fassent leur travail, à savoir lutter contre la fatigue des élèves.
M. Thomas acheva sa tirade sur ces mots. Severus resta un moment sans réagir, déstabilisé par tout ce que venait de dire l'élève de Gryffondor. L'idée en soi était excellente, Severus ne voyait rien à en redire et ce qui le frappait le plus, c'était que M. Thomas ne cherchait pas uniquement à gagner de l'argent mais avait une réelle et profonde envie d'aider ses camarades. Draco lui avait quelques fois parlé de cet élève, principalement en début d'année, et ne lui en avait dit que du bien. Severus savait qu'il ne s'était rien passé entre eux lorsque Draco était monté dans le dortoir du Gryffondor lors de la fête du Nouvel An, mais il avait un doute sur le fait que leurs relations soient demeurées amicales par la suite. Mais cela ne le regardait pas, il n'avait pas à se mêler de ce que Draco faisait dans l'intimité, tant qu'il ne couchait pas avec un professeur et que ses partenaires étaient majeurs sexuellement parlant. Et il n'était pas question de cela actuellement. Severus se recentra sur l'idée de M. Thomas et ne vit que deux objections à émettre :
- Tout cela me paraît réfléchi, sûr et sans grands risques. Je suis apte à vous autoriser à vendre vos potions mais à deux conditions. Je souhaite tout d'abord analyser une d'entre elles afin de m'assurer que tout est bon.
- Je n'en ai pas de prête en ce moment-même, indiqua M. Thomas. Les seules que j'ai faites, c'était pendant les vacances de Pâques que j'ai passées chez mon meilleur ami. Ici, j'ai besoin d'un cachot pour les préparer. Et c'était cela que je voulais vous demander…
- Vous désirez avoir l'accès à un des cachots ?
- Oui, le samedi après-midi, si possible…
- Je vous ferai un mot pour que vous puissiez l'utiliser.
- Merci, dit M. Thomas, l'air sincèrement reconnaissant. Je ferai un stock de potions ce samedi et je vous en apporterai une fiole.
- Bien, je l'analyserai au plus vite et je vous convoquerai pour vous dire si elle est apte ou non à être commercialisée. La deuxième condition est là aussi basée sur la sécurité. Je voudrais que vous me procuriez la liste de tous les élèves qui vous achèteront ces potions afin que je les voie une fois par mois pour vérifier si tout va bien avec la prise de ces potions.
- D'accord, ça me rassurerait, à vrai dire. Car je n'aurai aucun moyen de savoir s'ils les supportent bien, d'autant plus qu'ils peuvent très bien me mentir… Je vous fournirai tous les dimanches la liste de mes clients de la semaine, au cas où il y en aurait des nouveaux.
- Parfait. Je tiens juste à vous signaler que vous risquez d'être fouillé lors des rondes des préfets.
- Je m'y attends, dit M. Thomas en souriant. Je n'aurai pas le choix, donc je me suis résigné. Et je n'ai rien à craindre, mes potions ne sont pas droguées. C'est juste un peu embêtant pour les préfets car ils vont perdre du temps pour rien en me fouillant…
- Oh, ils sont rodés, ça se fait vite, à présent. Bon, je crois que nous avons fait le tour du sujet. Est-ce que vous souhaitez toujours m'aider à préparer les potions pour vos professeurs intoxiqués ?
- Bien sûr, répondit M. Thomas sur le ton de l'évidence.
- Suivez-moi, alors. J'espère que vous vous entendez bien avec M. Nott car il est également là.
- Je n'ai jamais vraiment eu de contacts avec lui mais je sais qu'il est très sympa, ce sera une bonne occasion d'engager le dialogue.
Severus acquiesça et se rendit au laboratoire avec M. Thomas. Ils retrouvèrent Théo qui finissait de préparer les potions antispasmodiques. Severus donna les instructions de la potion anti-nausées à M. Thomas puis il alla apporter à Poppy toutes les potions que Théo et lui avaient faites depuis le midi. Il retourna ensuite à ses appartements et à son laboratoire et se mit à la fabrication de potions anti-douleurs qui commençaient à manquer à l'infirmerie. Tout en s'affairant sur son propre chaudron, il supervisa le travail de M. Thomas et vit qu'il se débrouillait tout aussi bien que Théo. Il ne regretta pas du tout d'avoir pris ses deux apprentis lorsque, deux heures plus tard, il constata qu'ils avaient fait six stocks supplémentaires de potions. Peu après dix-sept heures, il s'autorisa même à sortir afin d'aller s'enquérir de l'état de santé de ses collègues intoxiqués. Cela lui permit de leur prescrire un traitement adéquat en fonction de leurs symptômes au lieu de les laisser continuer à prendre toutes les potions alors qu'ils n'avaient pas besoin de certaines d'entre elles. Il mit plus d'une heure à faire le tour de ses patients et lorsqu'il revint chez lui, il dut repartir aussitôt pour acheminer les potions à l'infirmerie, ses deux élèves ayant bien avancé durant son absence. Il les libéra à dix-neuf heures et put lui-même s'accorder une grande pause pour manger, Poppy l'ayant assuré qu'elle avait de quoi tenir jusqu'au lendemain matin avec tout ce qu'il lui avait amené. Il profita alors d'une soirée calme et apprécia un repos bien mérité après la journée très mouvementée qu'il avait eue…
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(vendredi 17/05) POV Terry
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Terry était soulagé que les cours aient repris ce vendredi matin, comme c'était prévu. Grâce aux bons soins du professeur Snape, les professeurs victimes de l'intoxication alimentaire s'étaient rétablis rapidement. C'était une bonne chose pour tout le monde, et plus particulièrement pour Terry et Pansy qui allaient pouvoir mener plus facilement leur traque. S'ils n'avaient pas eu cours, cela se serait avéré plus compliqué car ils n'auraient pas su où était Hannah et ils n'auraient alors pas pu la suivre lorsqu'elle aurait rejoint son dealer.
Ils étaient actuellement en cours de métamorphose, le dernier cours de la matinée, et il semblait plus long que d'habitude pour Terry. Cela s'expliquait par le fait qu'il avait hâte de lancer la traque. Plus vite ce serait réglé, mieux ce serait, aussi bien pour Pansy et lui que pour Hannah et tous les élèves qui pourraient se faire approcher par le dealer. Il fut donc soulagé lorsque le professeur Lupin libéra sa classe. Il rangea aussitôt ses affaires et s'adressa rapidement à Hermione :
- J'ai quelque chose à faire, je risque d'être en retard au cours de Défense Contre les Forces du Mal, voire de ne pas venir du tout, mais je t'expliquerai plus tard.
Il ne laissa pas l'occasion à Hermione de répondre et sortit de la salle en même temps que Pansy. Ils n'eurent pas à attendre bien longtemps avant que Hannah ne quitte à son tour la salle. Ils la suivirent aussitôt tout en tâchant de se faire les plus discrets possibles. Elle les mena vers les escaliers qu'elle descendit jusqu'au quatrième étage. À n'en pas douter, le rendez-vous avait lieu au même endroit que la semaine précédente. Ils en eurent la confirmation quelques minutes plus tard lorsqu'elle entra dans les toilettes des garçons. Ils s'y rendirent également sans faire le moindre bruit et se cachèrent à côté de la seule cabine dont la porte était fermée. Terry désactiva le sort d'insonorisation qui avait dû être posé et permit ainsi à la voix du dealer de leur parvenir.
- … serais priée de te dépêcher, la prochaine fois, je n'ai pas que ça à faire, râlait-il.
- Excuse-moi d'avoir cours au sixième étage, répliqua Hannah. Je ne peux pas sortir en avance sous prétexte que je dois retrouver mon dealer !
- Hé, tu me parles autrement, je te fournis alors tu me dois le respect !
- Parce que tu ne m'en dois pas, toi, pour toutes les informations que je te donne ?!
- Je te fais un cadeau sur le prix en échange de ça, ça devrait largement te suffire ! Allez, dis-moi ce que tu veux, je n'ai pas de temps à perdre, contrairement à d'autres.
- Comme la semaine dernière, cinq coupe-faim et dix combos planants.
- Bien, ça te fera quatorze gallions et sept mornilles.
Terry sentit l'adrénaline monter en lui. Ils allaient bientôt pouvoir intervenir. C'est-à-dire lorsque la transaction aurait eu lieu. Ils tendirent davantage l'oreille et perçurent le bruit de tintement de pièces de gallions. Ils se regardèrent et hochèrent la tête d'un même geste.
- Tu as le matériel ? chuchota Terry.
- Bien sûr, je l'ai toujours sur moi, même quand je ne suis pas de ronde.
- Pareil, on peut en avoir besoin de façon inopinée…
En parlant de matériel, Terry faisait référence à la potion et à la fiole dont ils devaient se servir pour vérifier si une potion était droguée ou non.
- Allons-y, murmura Pansy.
Ils quittèrent leur cabine, dégainèrent leurs baguettes et déverrouillèrent la porte derrière laquelle se tenaient Hannah et son dealer. Ils poussèrent tous deux un cri en se retrouvant face aux deux préfets.
- Mais qu'est-ce que vous faites là ? s'écria le dealer.
- Ce serait plutôt à nous de vous poser la question, répliqua Pansy. Vous n'avez rien à faire à deux dans une cabine de toilettes.
- Parce que tu n'as jamais essayé, se moqua le dealer. Tu sais, les hormones, ça ne prévient pas, ça donne envie de s'envoyer en l'air n'importe où et dans n'importe quelle…
- Arrête de te payer notre tête, coupa sèchement Terry. Nous savons très bien ce que vous faisiez là et ça n'a rien à voir avec ce que tu tentes de nous faire croire. Videz vos poches.
- Terry, ce n'est pas du tout…
- Nous avons tout entendu, Hannah, nous étions cachés juste à côté. Je suis navré mais Pansy et moi ne faisons que notre travail. Nous faisons cela pour le bien de tout le monde, y compris du tien.
- En me faisant renvoyer ?! ironisa Hannah, les larmes aux yeux. Mais comment pouvez-vous oser me faire ça ?! Nous sommes dans la même classe depuis cinq ans, nous sommes collègues préfets, j'ai fait plusieurs rondes avec toi, Terry, et j'ai été ton binôme de travail pendant plusieurs semaines au début de l'année, Pansy ! Et c'est comme ça que vous me traitez ? Comme si vous n'aviez aucun lien avec moi ? Comme si on n'avait jamais rien partagé ensemble ?
- Que tu sois quelqu'un qu'on connaît ou non, tu restes une élève qui se fournit de la drogue auprès d'un dealer et nous ne devons faire aucune différence, dit tristement Pansy.
- Mais vous auriez pu me prendre à part et m'en parler, au lieu de me piéger honteusement comme vous l'avez fait !
- Est-ce que tu nous aurais dit la vérité ? Est-ce que tu aurais avoué que tu te droguais ? Est-ce que tu nous aurais donné le nom de ton dealer ? C'est tout ce que nous avons recherché en te traquant et nous n'aurions pas eu tout cela si nous avions gentiment discuté avec toi. Et comme Terry te l'a dit, nous faisons ça pour ton bien. TU RESTES LÀ, TOI !
Profitant du fait que Terry et Pansy argumentaient avec Hannah, le dealer avait tenté de s'échapper discrètement mais les deux préfets l'avaient vu et avaient très vite réagi. Pansy lui avait hurlé dessus tandis que Terry avait pointé sa baguette sur lui. Terry fit signe à son amie qu'il gérait la situation, ce à quoi Pansy lui répondit par un sourire avant de reporter son attention sur Hannah :
- Notre but, c'était de coincer ton dealer mais aussi de te faire sortir de cet engrenage dans lequel tu t'es plongée.
- Mais je ne vous ai rien demandé, asséna Hannah. Vous n'aviez pas à vous en mêler !
- À partir du moment où une préfète contribue à un trafic alors que son rôle est de les démanteler, et qu'en plus elle fournit des informations à son dealer afin d'empêcher les autres préfets de l'attraper, il est de notre devoir d'intervenir, rappela calmement Pansy. Et même si tu ne veux pas être aidée, nous ne pouvons laisser quelqu'un continuer à se droguer. Notre rôle, c'est de mettre fin aux trafics de potions droguées, mais aussi d'amener les clients à leurs directeurs de maison afin qu'ils puissent bénéficier d'un sevrage et d'un suivi psychologique. Nous n'allons pas te laisser le choix, de toute façon. Alors vide tes poches, et toi aussi, ajouta Pansy à l'adresse du dealer.
Celui-ci esquissa un sourire goguenard qui ne dit rien de bon à Terry. La scène qui suivit se passa si vite que ni lui, ni Pansy n'eurent le temps de réfléchir. Le dealer tira d'un coup sa baguette hors de sa manche mais Pansy fut la plus rapide et le désarma aussitôt. Il voulut se jeter sur elle en guise de représailles mais Terry l'en empêcha et le plaqua violemment contre la paroi de la cabine. Puis il le maintint fermement tout en pressant sa baguette contre sa tempe. Dans le même temps, Hannah se précipita vers la porte et parvint à s'enfuir.
- HANNAH, REVIENS ! cria Pansy.
- Va la rattraper, intima Terry. Course-la, lance-lui un sort s'il le faut mais ne la laisse pas nous filer entre les doigts !
Il ignora si Pansy avait compris un traître mot de ce qu'il venait de dire tellement il avait parlé vite, mais elle ne perdit pas une seconde et s'élança à la poursuite de Hannah. Terry se retrouva alors seul avec le dealer. Et ce n'était pas vraiment une bonne nouvelle. Car en le prenant par surprise, il avait réussi à le coller au mur mais le dealer faisait une tête de plus que lui et devait être plus lourd d'une quinzaine de kilos. Et il ne tarda pas à s'en servir pour essayer de repousser Terry. Mais celui-ci tint bon en le menaçant toujours de sa baguette et se demanda d'où il tenait ce muscle qui lui permettait d'avoir le dessus.
- Lâche-moi, Boot, gronda le dealer. Ne m'oblige pas à y mettre toute ma force, sinon ça va être très douloureux pour toi.
- Tu crois vraiment que je vais te donner l'occasion de t'enfuir ? Tes menaces ne me font pas peur. Je sais me défendre.
- Bien, tu l'auras voulu.
Terry se prépara à être éjecté mais ce fut un coup de genou qu'il reçut dans l'entre-jambe. Il recula et se plia en deux en gémissant mais il passa outre la douleur afin de retenir le dealer qui s'apprêtait à s'en aller. Il le ceintura et le ramena brusquement en arrière. Ils tombèrent tous deux par terre mais Terry se redressa vite pour bloquer le dealer au sol. Il lui attrapa les poignets et les lia d'une corde qu'il fit apparaître à l'aide d'un sort qu'il connaissait bien. Il fit de même avec les chevilles malgré l'agitation du dealer qui tentait de se dégager. Il se prit plusieurs coups de pied, dont un au visage, mais il parvint à maîtriser le dealer et à lui attacher les chevilles. Il fut ainsi hors d'état de nuire, au plus grand soulagement de Terry qui attendit le retour de Pansy et de Hannah. Il devina que Pansy ne s'était pas seulement contentée de neutraliser leur collègue mais qu'elle était également en train de la rassurer et de la raisonner. Elles revinrent une quinzaine de minutes plus tard et Terry sut qu'il avait vu juste en voyant arriver une Hannah beaucoup plus calme qu'elle ne l'était une demie-heure plus tôt. Il défit la corde qui entravait les pieds du dealer et l'aida à se remettre debout. Il ne libéra cependant pas ses mains.
- On va pouvoir procéder aux analyses, déclara Pansy.
Terry acquiesça et prit le sac du dealer dont il vida le contenu par terre.
- T'as pas le droit de faire ça ! beugla le malfrat.
- Si tu t'étais montré un peu plus coopératif, je n'aurais pas eu à le faire moi-même, rétorqua Terry d'une voix calme. Oh mais nous avons du beau monde, là-dedans…
Une quarantaine de fioles miniaturisées gisaient effectivement par terre. Terry leur fit retrouver leur taille initiale et chercha dans son propre sac une fiole vide et une potion transparente qu'il sortit. Il déboucha la potion et versa une goutte dans la fiole. Puis il fit la même chose avec l'une des potions du dealer. Il répéta l'opération avec chaque sorte de potions qu'il détenait et il ne fut pas étonné de constater qu'elles étaient toutes droguées. Pansy, de son côté, analysait les potions que Hannah avait payées. Terry, qui la regardait faire entre deux vérifications, vit qu'elle obtenait les mêmes résultats que lui.
- Eh bien vous êtes bons pour nous accompagner chez vos directeurs de maison, annonça Terry.
Tout en prononçant ces mots, il s'aperçut qu'il ne savait toujours pas à quelle maison appartenait le dealer. Il jeta un rapide coup d'oeil à sa cravate et les tons rouge et or lui indiquèrent qu'il s'agissait d'un Gryffondor.
- Non mais il est hors de question que je te suive, refusa celui-ci. Ça ne marche pas comme ça ! Tu dois juste faire un rapport aux directeurs de maison concernés, mais tu n'as pas à nous emmener les voir !
- Lors des rondes habituelles, ça fonctionne ainsi, en effet, mais là ce n'est pas une ronde normale. Ce n'est même pas une ronde tout court. C'était une traque. Lorsqu'on est en ronde, on ne peut pas passer notre temps à conduire chaque dealer et chaque client à son directeur de maison, on prend les informations nécessaires, on fait un rapport et le responsable de chaque élève le convoque plus tard. Là, c'était juste une filature. On n'a personne d'autre à pister, donc on peut largement vous amener au professeur Lupin et au professeur Chourave.
- Vous allez nous traîner jusqu'à la Grande Salle et nous foutre la honte devant tout le monde pour montrer que vous êtes de bons petits préfets et que vous êtes capables d'arrêter les méchants dealers qui forcent leurs pauvres victimes à acheter leurs potions ?
- Les professeurs Lupin et Chourave ne seront pas dans la Grande Salle, objecta sereinement Pansy. Comme nous ignorions dans quelle maison tu étais, tous les directeurs de maison s'attendent à nous voir débarquer avec un dealer, et ils ont tous par conséquent écourté leur pause déjeuner. Ils doivent déjà être dans leur bureau à l'heure qu'il est. Ne perdons d'ailleurs pas de temps et allons-y.
- Attends, on va quand-même prendre leur identité…
- Ah oui, oups, c'est vrai.
- Épargnez-vous cette peine avec moi, vous savez très bien qui je suis, soupira Hannah.
Terry tourna la tête vers Pansy. Elle haussa les épaules, signifiant par-là qu'il valait mieux la laisser tranquille. Terry acquiesça et se concentra sur le Gryffondor.
- Quel est ton nom ?
- Pourquoi ? Tu veux un rencard ? Ça t'excite d'avoir attrapé un dealer ?
Terry se retint de lever les yeux au ciel. Ce garçon était tellement pathétique…
- Par contre, je te préviens, il va vite falloir passer aux choses sérieuses. Car si je me fais renvoyer, on ne pourra pas faire grand-chose… Mais tu m'écriras, hein ? Tu ne m'abandonneras pas ? Je peux compter sur toi ? Tu m'aideras à supporter cette longue période loin de toi ?
- Ferme-la, s'agaça Terry. Et donne-moi ton nom.
- Tu viens de me dire de la fermer…
- Bon, tu nous donnes ton identité ou je dis à Ron que tu m'as draguée et il va très mal le prendre ! Et comme il fait partie de ta maison, ça va être un jeu d'enfant pour lui de te trouver !
Le Gryffondor écarquilla les yeux.
- Non mais c'est quoi ce chantage que tu me fais ?! Et en plus c'est faux, je ne t'ai jamais draguée ! C'est ton collègue que j'ai embêté !
- Ron n'est pas obligé de le savoir.
Terry faillit éclater de rire en voyant l'air estomaqué du dealer. Merlin qu'il adorait Pansy… Il n'y en avait pas deux comme elle.
- Allez, dis-nous qui tu es et je ne raconterai pas des balivernes à mon petit-ami.
Le Gryffondor darda un regard noir sur Pansy mais consentit enfin à décliner son identité.
- Je m'appelle Adam Hayes.
- Tu es en quelle année ?
- En sixième année.
- Merci, on peut y aller. Tu vas pouvoir te débrouiller avec lui, Terry ?
- Oui, il ne peut pas utiliser ses mains donc ça devrait aller. Et s'il me fausse compagnie, je n'aurai aucun mal à l'immobiliser.
- D'accord, en route, alors.
Terry, Pansy, Hannah et Hayes se mirent en marche et les deux préfets se séparèrent une fois arrivés aux escaliers. Pansy les descendit avec Hannah tandis que Terry les monta jusqu'au cinquième étage avec Hayes. Ils se rendirent au bureau du professeur Lupin, Terry frappa quelques coups à la porte et celle-ci s'ouvrit vite sur leur professeur de métamorphose. Il ne parut pas surpris de les voir, mais Terry se douta qu'il aurait préféré ne pas recevoir cette visite, car cela signifiait que le dealer était un élève de sa maison et ce n'était jamais une bonne nouvelle pour un directeur de maison.
- Bonjour, Terry, bonjour, Adam. Entrez, je vous prie.
Terry pénétra dans le bureau avec Hayes et tous deux s'installèrent sur les chaises que le professeur Lupin leur désigna.
- Qu'est-ce qui vous amène ?
- Eh bien, comme convenu, j'ai pisté Hannah avec Pansy et nous avons réussi à la coincer avec son dealer.
- Ça va, ce n'était pas bien compliqué, surtout quand on utilise des méthodes de lâches… Nous ne pouvions pas deviner qu'il y avait des préfets dans la cabine d'à côté…
- Nous devions nous montrer discrets, répliqua Terry. C'est le principe d'une traque.
- Mais c'était vraiment légal, honnêtement ? Car désolé mais ça ressemblait quand-même fortement à de l'espionnage…
- M. Boot était parfaitement dans son droit, assura le professeur Lupin. Il avait mon autorisation et il a fait ce qu'il devait faire. Ce qu'il a fait, ce n'était pas de l'espionnage, mais une filature. Avant d'interpeller le suspect, il convient d'abord de chercher à avoir le plus d'informations possibles. Et c'est ce qu'ont fait M. Boot et Miss Parkinson en se cachant à côté de votre cabine. Bien, continuez, Terry. Que s'est-il passé ?
- Pansy et moi nous sommes cachés dans un premier temps, puis nous sommes intervenus une fois la transaction effectuée. Les deux suspects ne se sont pas montrés très coopératifs, ils ont refusé de vider leurs poches, Hannah n'a pas voulu comprendre que nous ne faisions que notre travail et que nous agissions, entre autres, pour son bien, et quand nous leur avons demandé une nouvelle fois de vider leurs poches, Hayes a dégainé sa baguette. Pansy a été prompte à réagir et l'a désarmé dans la foulée. Ça n'a pas plu à Hayes, évidemment, il a tenté de se jeter sur elle mais je l'en ai empêché et je l'ai plaqué contre la paroi de la cabine. Hannah a profité de cette confusion pour s'enfuir et Pansy s'est lancée à sa poursuite. Pendant ce temps, j'ai essayé de maîtriser Hayes mais il s'est débattu, il m'a donné un coup, il a failli s'échapper lui aussi mais je l'ai retenu, je l'ai collé au sol et j'ai pu lui entraver les poignets et les chevilles malgré son agitation. Pansy est revenue peu après avec Hannah qui était beaucoup plus calme, nous avons procédé aux analyses, et nous avons constaté que toutes les potions que Hayes avait en sa possession étaient droguées. Idem pour Hannah. Nous n'avons pas jugé nécessaire de faire décliner à Hannah son identité mais Hayes, lui, s'est montré réticent à nous donner la sienne. Il a tout fait pour me déstabiliser mais Pansy lui a dit ce qu'il fallait pour qu'il me lâche et pour qu'il nous dévoile son identité. Il s'agit donc d'Adam Hayes, élève de Gryffondor en sixième année. Pansy s'est occupée de Hannah en l'emmenant au professeur Chourave. Nous avons tous deux gardé les potions que nous avons analysées, du coup…
- Je verrai cela avec le professeur Chourave, compléta le professeur Lupin en souriant. Merci, Terry, Pansy et vous avez fait du bon travail. Il va falloir que vous me fassiez tout de même un rapport, le simple récit oral ne suffira pas, mais vous avez le week-end pour le rédiger.
- Très bien, ce sera fait.
- Parfait. Avant que vous ne partiez, j'aimerais que vous ne disiez rien à vos camarades, pas même à vos collègues préfets ou à vos amis, au sujet de Hannah. Tous les préfets seront convoqués demain matin afin que nous en parlions à ceux qui ne sont pas encore au courant, à savoir Ron, Hermione, Draco, Padma et Wayne.
- D'accord, je ne dirai rien, promit Terry. Je n'y avais pas pensé sur le moment mais Hannah devra être remplacée…
- Le professeur Chourave choisira quelqu'un pour la remplacer, ne vous en faites pas pour cela, dit le professeur Lupin d'un ton apaisant. Adam, j'exige de vous également la plus grande discrétion.
- Ça ne m'avancera à rien de crier dans les couloirs que j'ai eu une cliente préfète maintenant que je me suis fait attraper, donc bon…
- Je tenais quand-même à ce que cela soit clair. Bon, je crois que j'ai fait le tour du sujet avec vous, Terry. Vous pouvez aller déjeuner. Je vais juste vous faire un mot pour justifier votre retard en cours de Défense Contre les Forces du Mal. Il est midi cinquante, donc à moins d'emporter votre assiette avec vous en cours, vous allez forcément manquer le début du cours. Et il est hors de question que vous sautiez ce repas. Allez, tenez.
Terry prit le mot que venait de rédiger le professeur Lupin tout en parlant, le remercia, lui souhaita une bonne journée et s'en alla. Il se rendit à la Grande Salle et fut un peu troublé de la voir presque vide. Elle était méconnaissable par rapport à ce qu'elle était lorsqu'elle était pleine. Le silence était inhabituel, lui aussi. Mais cela ne dérangeait nullement Terry. Il aimait le calme. Il s'assit à sa table et se servit. Il appréciait cette tranquillité mais il fut toutefois bien content de voir Pansy arriver. Il vit dans son regard le même désarroi qu'il avait ressenti. Il l'appela et lui fit signe de le rejoindre, ce qu'elle fit.
- Ça s'est bien passé avec le professeur Chourave ? s'enquit Terry.
- Oui, j'ai raconté les choses telles qu'elles étaient en essayant de ne pas trop blâmer Hannah mais sans donner l'impression de l'excuser pour autant. J'aurais bien aimé dire que tout était de la faute du dealer mais ce serait mentir… Hannah a agi de son plein gré et ça m'embête car j'aurais préféré pouvoir minimiser ses torts en accusant Hayes…
- C'est la proximité qu'on a avec elle qui fait ça. C'est notre collègue – enfin, c'était – et en plus tu as été son binôme de travail, tu as donc eu plus de contacts avec elle que la plupart des personnes… On la connaît bien, et c'est une fille adorable. Mais elle souffrait depuis qu'elle a perdu son père et elle a fait le mauvais choix en se réfugiant dans les potions droguées… Nous avons beau être censés lutter contre ce trafic, nous, préfets, sommes plus à même que n'importe qui d'autre à être tentés de se plonger là-dedans…
- Oui, nous sommes régulièrement en contact avec la drogue, elle peut nous faire de l'oeil dans des moments où ça ne va pas du tout… Et c'est ce qui s'est produit avec Hannah.
- Elle aurait dû être suivie à la rentrée, estima Terry. Mais ça ne se fait peut-être pas comme ça… Je ne sais pas si c'est à elle de faire le premier pas ou si c'est à sa directrice de maison, par précaution, de lui proposer de consulter un psychomage…
- Je pense que c'était au professeur Chourave de prendre les devants. Son rôle est de surveiller ses élèves et de gérer ce genre de situation. Mais depuis la rentrée, justement, elle n'a pas l'air d'avoir le moral, elle non plus.
- Oui, on en avait parlé avec Harry et il nous avait dit qu'elle était en froid avec le professeur Black et le professeur Lupin suite à l'officialisation de leur couple…
- Qui a eu lieu la veille de la rentrée, termina Pansy. Tout s'explique. Mais ses problèmes personnels n'ont pas à impacter la qualité de son travail de directrice de maison. Comme tout professeur, elle doit savoir séparer la sphère privée et la sphère professionnelle. Si elle n'est pas apte à assumer son poste, elle n'a qu'à le déléguer provisoirement à un de ses collègues. De préférence, un professeur qui est allé à Poufsouffle.
- En espérant qu'il y en ait un, mais j'imagine que oui, songea Terry. À part le professeur Vector qui est allé à Gryffondor, le professeur Babbling à Serdaigle et le professeur Sinistra à Serpentard, je ne sais pas où ont été répartis les autres professeurs.
- Moi non plus, mais comme ça, je dirais que le professeur Burbage est une ancienne Poufsouffle.
- Mmmh, pas bête du tout, médita Terry.
- Ça collerait bien avec son tempérament. Bon, on ferait mieux de se dépêcher de manger, sinon ce ne sera même pas la peine d'aller en cours de Défense.
Terry acquiesça et se mit à manger avec appétit. La traque lui avait donné faim et il devait reprendre des forces pour le reste des cours de l'après-midi.
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(samedi 18/05) POV Justin
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- Justin, je peux te parler ?
Justin leva les yeux et vit l'air triste et préoccupé de Susan.
- Oui, bien sûr, dit-il, à la fois perplexe et anxieux. Qu'est-ce qu'il y a ?
- C'est à propos de Hannah, révéla Susan en s'asseyant. Je sais pourquoi elle était absente en cours hier après-midi. Elle me l'a dit et elle m'a demandé de ne mettre que toi dans la confidence.
- Je t'écoute, lâcha Justin, de plus en plus stressé.
Susan sembla vouloir se lancer, mais sans y parvenir.
- Je ne sais pas comment t'annoncer ça, soupira-t-elle. C'est tellement difficile…
- Attends, tu me fais peur, là, s'angoissa Justin. Qu'est-ce qui se passe ? Réponds-moi, Susan, ne me laisse pas comme ça…
Susan se mordit les lèvres.
- Hannah est tombée dans les potions droguées.
Justin écarquilla les yeux.
- Quoi ? Non mais arrête, ce n'est pas possible…
- Tu crois vraiment que je plaisanterais sur un sujet aussi grave ?
Justin fit une moue contrite.
- Non, bien sûr… Excuse-moi. Mais comment a-t-elle pu toucher à ça ? Elle est préfète, son rôle est de lutter contre le trafic de potions droguées, pas de l'encourager et d'y participer !
- Elle était dévastée depuis la mort de son père. Elle n'avait plus goût à rien, elle se levait le matin sans savoir pourquoi, elle avait l'impression que plus rien n'avait de sens… Elle voyait bien qu'on s'inquiétait pour elle et elle déteste ça, alors elle a cherché un moyen d'aller mieux. Quelques jours après la rentrée, elle s'est promenée dans le château peu avant le couvre-feu et elle a vu un élève qui était adossé contre un mur, l'air nonchalant, et ça l'a interpellée. C'était typiquement l'attitude d'un dealer lorsqu'il essaie de trouver de potentiels clients dans les couloirs. Quand il en voit un, il attire son attention, il engage le dialogue et il tente de sentir s'il pourrait être intéressé. Sauf que là, c'est Hannah qui est venue vers le dealer. Sur le moment, elle a complètement oublié qu'elle était préfète. Elle ne pensait qu'à trouver une solution pour se changer les idées et donner l'illusion de remonter la pente auprès de ses amis. Et elle a pensé que les potions du dealer étaient peut-être la solution en question. Elle s'est donc adressée au dealer qui, contrairement à elle, s'est vite souvenu qu'elle était préfète. Il a évidemment cru à un piège quand elle lui a demandé s'il vendait des potions. Elle a dû le convaincre qu'elle en avait vraiment besoin pour sa consommation perso. Elle devait sembler au bout du rouleau, ce qui était réellement le cas, car il l'a vite cru. Elle lui a acheté quelques potions, ça lui a fait du bien et elle est devenue une cliente régulière malgré le fait qu'elle soit une préfète. Ça ne rassurait d'ailleurs toujours pas le dealer et elle a dû prouver qu'elle n'avait pas l'intention de le faire tomber dans un traquenard en lui donnant des informations sur les rondes des préfets, ce qui a permis au dealer d'éviter tel étage quand c'était tel préfet qui était de ronde. Elle jouait un double jeu, en fait. Ça la pesait mais elle n'avait pas le choix. D'autant plus que, grâce aux renseignements qu'elle fournissait à son dealer, celui-ci lui faisait un prix sur les potions. Elle payait quatre gallions de moins pour des infos qu'elle avait facilement. Elle était plus que gagnante dans l'histoire. Mais il y a une semaine, elle s'est faite démasquer par quelqu'un qui a vu son dealer avoir une attitude très étrange avant d'entrer dans les toilettes où Hannah l'attendait. Ce quelqu'un a suivi le dealer, s'est planqué, a reconnu la voix de Hannah et est allé en parler au professeur Lupin. Bon, en réalité, c'est plus compliqué que ça mais Hannah m'a raconté ce que lui a dit le professeur Chourave qui tenait ce récit du professeur Lupin, donc je n'ai pas tous les détails. Je ne sais même pas qui est l'élève qui a démasqué Hannah. Toujours est-il que le professeur Lupin a décidé de traquer Hannah et qu'il a demandé à cette personne de donner cette mission à deux préfets. Là aussi, je n'ai pas leurs noms. La traque a eu lieu hier midi, Hannah et son dealer se sont fait coincer et ils ont été emmenés à leur directeur et directrice de maison. Hannah va être déchue de ses fonctions de préfète, elle va devoir subir un sevrage et elle va se faire suivre par le professeur Snape. Voilà tout ce qu'elle m'a dit.
Justin poussa un long soupir en se prenant la tête entre les mains. Il était complètement dévasté par ce qu'il venait d'apprendre. Il s'en voulait de ne rien avoir vu. Ou, plutôt, de ne rien avoir compris. Car Susan et lui avaient bien remarqué qu'elle avait parfois un comportement étrange… Ils s'étaient inquiétés, ils s'étaient posé des questions… Mais jamais ils n'auraient pensé à ça… Alors que si ça avait été n'importe qui d'autre, il y aurait sûrement songé ! Mais personne ne voulait croire que son meilleur ami ou sa meilleure amie se droguait… C'était beaucoup plus rassurant de se dire que cela n'arrivait qu'aux autres… Mais ce qui l'affligeait le plus, c'était que Hannah avait vraiment dû se trouver au fond du gouffre pour en venir à de telles extrémités. Il n'osait même pas imaginer à quel point elle devait souffrir pour s'être rabattue sur la drogue… Il culpabilisa encore plus de ne s'être douté de rien et de ne pas lui avoir conseillé de consulter le professeur Snape. Voir un psychomage, c'était pourtant ce que quiconque recommanderait à une adolescente qui avait récemment perdu son père…
- Je m'en veux tellement, se désola Justin.
- Moi aussi, mais ça ne sert à rien d'avoir des remords, ça ne changera rien et ça ne fera pas avancer les choses. Et puis, il ne faut pas être trop dur avec soi-même. C'est bien connu que les proches ne se rendent jamais compte de rien. En plus, Hannah est préfète. On ne s'est pas dit qu'elle était peut-être tombée dans la drogue car pour nous, un préfet, ça ne pouvait pas se droguer. L'idée ne nous est même pas venue à l'esprit.
- C'est vrai, admit Justin. Mais j'ai quand-même l'impression d'avoir été en-dessous de tout, de ne pas avoir fait mon devoir d'ami…
- On va avoir l'occasion de se racheter en la soutenant pendant son sevrage. Ça va être dur pour elle mais on sera là pour l'aider.
- Oui, on ne la lâchera pas, approuva Justin avec force. Même quand elle sera imbuvable, on restera là, à ses côtés. Mais il y a autre chose qui me chafouine…
- Quoi donc ?
- Eh bien, tu as dit que la traque s'était déroulée hier midi, qu'elle avait été menée par deux préfets et que c'était pour ça que Hannah était absente hier après-midi… Et comme par hasard, deux élèves sont arrivés très en retard en Défense Contre les Forces du Mal, et ces deux élèves, c'étaient Terry et Pansy, qui sont tous deux préfets… Est-ce que, pour toi, il y a des chances pour que ce soient eux qui aient traqué Hannah ?
La moue désolée que fit Susan tint lieu de réponse pour Justin.
- Mais ils ne m'ont rien dit, protesta-il faiblement, avec du chagrin dans la voix. Ils font partie de la bande, nous sommes amis, nous sommes censés n'avoir aucun secret les uns pour les autres !
- Ils ne pouvaient pas t'en parler, Justin, il fallait que personne ne soit au courant, ils devaient être le plus discrets possibles… Crois-moi, s'ils avaient pu te mettre dans la confidence, ils l'auraient fait, plaida Susan. Ça a dû être très difficile pour eux de te cacher ça. Mais il y avait trop de risques. Tu aurais très bien pu ne pas les croire et prévenir Hannah qu'elle allait être visée par une filature… Le plan serait alors tombé à l'eau, tout ça parce que Terry et Pansy auraient cafté auprès de quelqu'un.
Justin grimaça. Encore une fois, Susan avait raison. Ses deux amis n'avaient fait que leur travail. Ils auraient commis une grave faute en lui dévoilant leur mission… Il ne savait même pas s'il les aurait cru s'ils lui avaient dit que Hannah était suspectée de se droguer… Terry et Pansy avaient donc bien fait de ne rien lui dire, même si, sur le moment, il s'était senti trahi et mis de côté.
- J'en discuterai plus tard avec eux, décréta-t-il. Cet après-midi, je dois voir Ernie et…
Justin s'interrompit soudain. Une question venait de lui traverser l'esprit. Devait-il faire part de tout cela à son meilleur ami ? Il décida d'avoir l'avis de Susan :
- Est-ce que je dois en parler à Ernie ?
Susan sembla hésiter.
- Franchement, je n'en sais rien. Mais je serais tentée de dire oui. Il a le droit de savoir. Hannah est aussi sa meilleure amie. Et c'est également sa collègue préfète. Ils ont toujours été très proches l'un de l'autre.
- D'accord, j'aborderai le sujet quand on se sera expliqués sur tout ce qui s'est passé.
Justin soupira de nouveau.
- Tu peux me dire pourquoi tout part en vrille comme ça ? D'abord Ernie, puis Hannah… Qu'est-ce qu'on a fait pour que le sort s'acharne sur nous ?
- Rien, répondit tristement Susan. Mais il ne faut pas chercher à comprendre. Il y a des périodes où tout va mal, et il y a des périodes où tout va bien. C'est la vie, tout simplement. Mais la roue va finir par tourner, il faut juste être patient.
Justin acquiesça distraitement.
- On va attendre, alors. Et on va se serrer les coudes, comme on l'a toujours fait. Mais je repense à quelque chose, là… Tu m'as bien dit que Hannah va être déchue de ses fonctions ? Ce qui signifie qu'elle va devoir être remplacée ? Est-ce que le professeur Chourave a déjà une petite idée de qui va lui succéder ?
- Peut-être, mais si c'est le cas, Hannah ne m'a rien dit. Mais ce sera certainement soit Sophie, soit Sally, soit Sally-Anne.
- Oui, tout le monde sauf toi, quoi, se moqua gentiment Justin. Pourtant, l'année dernière, tu faisais partie de la liste des trois candidates au poste de préfète…
- Au tout début, oui, parce que le professeur Chourave m'avait choisie, mais je lui avais dit que ça ne m'intéressait pas et après le délai de réflexion obligatoire, elle m'avait rayée et avait pris Sally-Anne à la place.
- Ouais, uniquement parce qu'il fallait trois élèves par liste... Mais à la base, il y avait Hannah, toi, et… ?
- Sophie.
- Donc c'est elle qui va remplacer Hannah. Le professeur Chourave ne va pas désigner Sally-Anne alors qu'elle n'aurait jamais dû être candidate…
- Non, c'est sûr… Et puis je vois bien Sophie préfète, personnellement.
- Moi aussi. Elle est juste un peu trop timide, par contre…
- Comme Sally-Anne et moi, fit remarquer Susan. Et ne parlons même pas de Sally…
- Vous n'êtes pas à Poufsouffle pour rien, s'amusa Justin. Nous sommes connus pour être de grands timides… À part quelques exceptions.
- Oui, on ne peut pas vraiment dire que Zacharias Smith soit très réservé…
- Oh non, je me demande même ce qu'il fait à Poufsouffle… Bon, je dois y aller, Théo et moi avons prévu de nous retrouver à dix heures pour passer le reste de la matinée ensemble.
- D'accord, on se verra à midi.
Justin acquiesça, sourit à Susan et s'en alla. Il quitta la salle commune, prit le chemin des escaliers et les monta jusqu'au septième étage. Il se rendit au couloir de la tapisserie de Barnabas le Follet et vit que Théo était déjà là. Il le rejoignit et l'embrassa tendrement en guise de bonjour. Rien que voir son petit-ami l'apaisait. Il ne se priva pas pour l'enlacer et le serrer contre lui, comme s'il souhaitait s'assurer qu'il était bien là, avec lui, en chair et en os, et qu'il n'était pas qu'un mirage… Il l'aimait tellement… Et il avait besoin de lui, de sa présence, de sa chaleur, de son soutien, de sa douceur, de son réconfort… Il était sa bouée, et il savait que sans lui, il se noierait. Aussi grogna-t-il quand Théo défit délicatement leur étreinte. Il leva les yeux et lut de l'inquiétude dans ceux de son chéri.
- Toi, ça ne va pas, devina celui-ci.
- On ne peut rien te cacher, avoua Justin.
- Qu'est-ce qu'il y a ? s'angoissa Théo.
Justin regarda autour de lui.
- Il vaut mieux qu'on soit à l'intérieur pour que je te le dise.
Théo hocha la tête et ce fut lui qui fit apparaître la salle sur demande. Ils y entrèrent et s'assirent sur des coussins et des couvertures très confortables que Théo avait dû matérialiser par la pensée. Justin se rapprocha de lui et nicha son visage dans son cou. Théo l'attira vers lui en passant un bras autour de sa taille et Justin se blottit aussitôt contre lui. Théo se mit à lui caresser le bras tout en déposant des baisers dans ses cheveux, ce que Justin apprécia beaucoup.
- Dis-moi ce qui t'a mis dans cet état, murmura Théo.
- C'est Hannah, bredouilla Justin. Je ne peux pas tout te dire mais elle ne va pas bien du tout, elle a fait n'importe quoi et… elle…
Justin se tut, incapable d'en dire davantage. Il avait senti Théo se tendre mais sans cesser ses petites attentions.
- Justin, je ne veux pas te mentir…
Justin redressa la tête et tomba sur le regard tourmenté de Théo.
- Je pense qu'on parle de la même chose mais… est-ce que tu aurais eu connaissance d'une traque ?
Justin écarquilla les yeux, choqué.
- Tu étais au courant ?!
- Oui, mais… je ne pouvais rien dire à personne, se justifia Théo. Laisse-moi t'expliquer…
- Je t'écoute, dit Justin, un peu amer.
Théo lui raconta alors tout ce qu'il savait à propos de la traque de Hannah, à commencer par Ginny qui avait surpris Hannah et un dealer dans les toilettes des garçons du quatrième étage, qui avait cru à un piège orchestré par le professeur Lupin, avant d'apprendre que ce n'était pas du tout le cas, qui s'était vue attribuer la mission de demander à deux préfets de pister Hannah et qui s'était adressée à Théo afin de l'aider à faire ce choix. Justin enfouit ses mains dans ses cheveux, dépassé par tout ce qu'il entendait depuis le début de la matinée.
- Bon sang mais quel bordel… J'ai l'impression que tout le monde est impliqué de près ou de loin dans cette histoire… Surtout Ginny, quoi… Franchement je la plains. Avoir dû tout garder pour elle depuis qu'elle a grillé ce deal dans les toilettes alors qu'elle sait très bien que Hannah est l'une des meilleures amies d'un des membres de la bande… Et avoir dû organiser cette filature en devant se tourner vers les bonnes personnes et ce, dans le plus grand des secrets… Heureusement que tu as été là pour la conseiller… Elle était presque toute seule pour gérer tout ça, à son âge, peu de personnes auraient réussi à supporter la pression et à maîtriser une telle situation…
- Oui, elle est vraiment incroyable, renchérit Théo. Ça n'a vraiment pas été facile pour elle, car elle n'a même pas pu compter sur le soutien de Hermione qui a refusé de la croire quand elle lui a confié ses doutes au sujet de Hannah…
- Ce qui l'a éliminée de la liste des préfets qui pouvaient potentiellement s'occuper de la traque… Mais pour toi aussi, ça n'a pas été simple. À partir du moment où Ginny t'a mis dans la confidence, tu as dû te taire également. Y compris auprès de moi…
- Je suis désolé, s'excusa Théo, l'air penaud. Si j'avais pu t'en parler, je l'aurais fait… Mais je n'en avais pas le droit. Ça aurait pu faire tomber le plan à l'eau et…
- Je sais tout ça, coupa Justin d'une voix douce. Je ne t'en veux pas du tout. Je l'ai un peu mal pris sur le moment mais parce que j'ignorais pourquoi tu avais été mis au courant alors que tu sembles n'avoir rien à voir avec ça… Tu as bien fait d'avoir gardé le secret, c'était ce que tu devais faire. Et puis, c'était sûr que j'aurais été l'un des premiers à savoir une fois la traque effectuée… Et c'est ce qui s'est passé. Hannah a tout raconté à Susan qui a fait de même avec moi quand je suis revenu à ma salle commune après être allé prendre mon petit-déjeuner. Je ne sais pas si Hannah avait le droit de nous en parler mais j'imagine que oui…
- Vous deviez être les seules exceptions, à mon avis, estima Théo.
- Je pense aussi. Mais la question se posait pour Ernie, du coup… Il est le meilleur ami de Hannah, au même titre que Susan et moi, donc il n'y a pas de raison pour qu'il soit mis à l'écart, mais le fait qu'il soit à Sainte-Mangouste me fait hésiter… Susan et moi jugeons que ça ne change rien mais il n'y a rien de clair à ce sujet… Tu en dis quoi, toi ?
- Que tu devrais demander ça à un médicomage en arrivant là-bas. Je t'aurais bien dit de t'adresser au professeur Chourave mais elle n'est pas médicomage, elle n'est pas la plus à même de te dire si Ernie est apte à apprendre ce genre de nouvelle…
- C'est vrai, seul un médicomage peut en attester. Je savais que tu aurais la réponse ou la solution. Tu es toujours de bon conseil, flatta Justin. C'est pour ça que Ginny s'est tournée vers toi…
Théo se mit à rougir comme une pivoine, comme à chaque fois qu'il se faisait complimenter. Cela ne manquait jamais de faire craquer Justin. Il trouvait Théo tellement mignon lorsqu'il était gêné… Il ne put s'empêcher de l'embrasser et de se presser le plus possible contre lui. Il voulait sentir Théo au plus près de lui. Son petit-ami devait avoir les mêmes envies car il lui rendit aussitôt son baiser et colla davantage leurs corps ensemble. Justin quémanda l'accès à la bouche de Théo qui le lui donna volontiers. Il glissa sa langue entre les lèvres de son Serpentard adoré et partit à la recherche de sa jumelle qu'il trouva et avec laquelle il joua. Ses mains ne restèrent pas inactives et voyagèrent dans le dos de Théo. Il sentit vite son petit-ami enfouir les siennes dans ses cheveux, ce qu'il appréciait tout particulièrement. Ce qui devait être, à la base, un simple baiser, se transforma en quelque chose de beaucoup plus profond et sensuel. Le baiser s'intensifia, les mains de Justin s'aventurèrent vers les hanches de Théo et leurs corps s'efforcèrent de combler le moindre millimètre qui existait entre eux. Craignant d'avoir une réaction qui pourrait heurter Théo, Justin s'obligea à séparer leurs lèvres et à rompre leur étreinte. Théo le regarda avec un air perdu mais ce qui frappa Justin, ce fut le désir qu'il vit dans ses magnifiques yeux noisette.
- Pourquoi tu as tout arrêté d'un coup ? protesta Théo.
- Parce que j'avais peur que ça me fasse un peu trop de bien et que ça te crispe si tu n'étais pas dans les mêmes dispositions, répondit honnêtement Justin.
- J'aurais été bien mal placé pour te le reprocher…
Justin haussa les sourcils avant de baisser les yeux vers l'entrejambe de Théo qui rougit et resserra les jambes.
- C'est plat pour l'instant, mais c'était sur le point de réagir quand tu t'es éloigné…
- Et ça ne t'aurait pas dérangé ? Je veux dire… tu aurais voulu qu'on s'en occupe ?
- Oui, dit Théo sans hésiter. Écoute, je sais que je suis hyper timide, hyper coincé, que je ne suis pas autant porté là-dessus que la plupart des garçons, mais maintenant que j'ai goûté au plaisir charnel avec toi, je ne suis plus aussi gêné à l'idée qu'on ait un moment intime. Alors quand tu en as envie, j'aimerais que tu me le fasses comprendre et que tu ne prennes pas des pincettes à chaque fois. Si je ne veux pas, je te le dirai. Par contre, si tu veux faire quelque chose de nouveau, là, il faut que tu me préviennes…
- D'accord, j'ai saisi, affirma Justin. C'est juste que ce n'est que la deuxième fois et que, comme tu l'as dit, ta libido est assez discrète, sans compter que tu m'as avoué récemment avoir peur que venir ici signifiait forcément que je voulais avoir une relation sexuelle avec toi…
- Oui, mais tu m'as rassuré à ce sujet, argumenta Théo. Et on y est allés deux fois cette semaine sans rien faire d'intime. Et je suis bien conscient que ce n'était pas juste pour me prouver qu'on pouvait passer du temps ici sans que tu ne me sautes dessus. Je veux que tu sois naturel avec moi, Justin. Si tu as envie de plus que des bisous et des caresses, fais-le-moi sentir. N'essaie pas de me ménager.
- Très bien, message reçu, s'amusa Justin. Du coup, tu as toujours envie ou… ?
- Si on ne reprend pas là où on s'est arrêtés, je vais être frustré jusqu'à ce que j'aille me coucher. Et je crois que toi aussi, supposa Théo, taquin.
- En effet, reconnut Justin. Mais avant qu'on ne fasse quoi que ce soit, je voudrais préciser quelque chose… Si j'ai coupé court à ce qu'on faisait, c'est aussi parce qu'il faut que je mange tôt, puisque j'ai rendez-vous avec le professeur Chourave à treize heures pour qu'on aille à Sainte-Mangouste… Il faut donc qu'on aille assez vite, on ne pourra pas faire durer le plaisir…
- Ce n'est pas grave, on se rattrapera une prochaine fois, assura Théo.
Justin ne trouva rien d'autre à opposer à Théo. Peut-être fallait-il qu'il cesse de se prendre la tête, de se poser trop de questions et de chercher des problèmes là où il n'y en avait pas… Ils avaient autant envie l'un que l'autre d'avoir un moment intime et cela ne gênait pas Théo s'ils faisaient un peu ça à la va-vite, alors que c'était ce qu'avait craint Justin… Son coeur se gonfla d'amour à cette pensée. Il savait que Théo préférait profiter de chaque seconde et y aller tout en douceur, mais il était prêt à avoir un autre genre de relation afin qu'ils puissent se soulager ensemble malgré le fait qu'ils étaient pressés par le temps. Justin se demandait souvent s'il mesurait la chance qu'il avait d'avoir un petit-ami comme Théo. Il l'aimait tellement… Il n'attendit pas pour s'emparer des lèvres de Théo et faire de nouveau voyager ses mains dans son dos. Théo fit de même, abandonnant les cheveux de Justin pour se concentrer sur son dos. Ils s'embrassèrent et se câlinèrent ainsi pendant plusieurs minutes, puis Justin poussa doucement Théo à s'allonger sous lui. Théo se laissa faire, en confiance, et cela fit redoubler l'amour que Justin avait envers lui. Il eut envie d'aller beaucoup plus loin avec lui, de lui montrer tout l'amour qu'il ressentait pour lui, mais ce n'était pas du tout le bon moment et Théo n'était pas encore prêt à faire plus que ce qu'ils avaient déjà fait. Ils allaient devoir se contenter de se frotter l'un contre l'autre à travers leurs pantalons mais Justin s'en moquait car cela lui suffisait largement. Il délaissa les lèvres de Théo, s'attirant un grognement de mécontentement, et dévia les siennes vers le cou hâlé qui l'attirait énormément. Il se souvint des zones érogènes de son petit-ami et les mordilla les unes après les autres, récoltant cette fois de nombreux gémissements de plaisir. Il voulut faire un suçon à Théo mais il songea qu'il valait mieux attendre qu'ils avancent un peu dans leur relation pour lui faire connaître ce plaisir. Il continua à embrasser le cou de Théo et fut bientôt frustré par sa chemise qui l'empêchait d'accéder directement à son dos et à son torse. Il lui ôta donc le vêtement encombrant et Théo en fit autant avec le sien. Ils purent ainsi se caresser plus librement et la sensation des doigts de Théo sur sa peau fit frémir Justin de bonheur. Ses mouvements étaient si doux et délicats… Après avoir parcouru un instant son dos, les mains de Théo migrèrent vers le torse de Justin et taquinèrent les deux tétons qui se dressèrent vite sous les assauts des doigts qui les tourmentaient. Ces attentions firent gémir à son tour Justin qui ne tarda pas à réagir, partagé entre la plénitude de sentir la peau douce de Théo sous ses doigts, le bonheur d'entendre ses gémissements de plaisir et le bien qu'il lui faisait en maltraitant ainsi ses tétons. Il plaqua son bassin contre celui de Théo et sourit en percevant la bosse dans le pantalon de son Serpentard chéri. Il n'était peut-être pas le garçon le plus porté sur le sexe, mais il n'avait aucun problème de désir et aucune difficulté à avoir une érection. Tout allait bien de ce côté-là. Justin profita de l'état d'excitation de Théo pour se mettre à onduler contre lui. Il lui arracha un long gémissement qui le fit durcir davantage. Il regarda Théo et fut frappé par la sensualité qui se dégageait de lui. Il était tellement beau, avec ses cheveux décoiffés, ses joues roses, ses yeux légèrement assombris par le désir, ses lèvres un peu rouges… Il était un appel à la luxure et le fait qu'il n'en ait pas conscience ne le rendait que plus attirant encore. Mais ce qu'éprouvait Justin en ce moment-même, c'était aussi et surtout un amour débordant envers ce garçon qu'il aimait tant. Sans cesser de se mouvoir contre lui, il ravit ses lèvres et l'embrassa en tâchant de faire passer dans ce baiser tout l'amour qu'il avait pour lui. Théo y répondit avec toute la douceur qui le caractérisait et accompagna ses coups de hanches en envoyant son bassin vers le sien. Ils bougèrent alors ensemble tout en partageant un long et tendre baiser et ils augmentèrent petit à petit la cadence de leurs mouvements sans qu'ils ne deviennent brusques pour autant. Leurs mains repartirent à l'exploration du corps de l'autre, intensifiant le plaisir qu'il avaient déjà, le baiser se fit un peu plus passionné et leurs bassins se mouvèrent avec de plus en plus d'ardeur. La température monta entre eux, leurs souffles se saccadèrent mais leurs lèvres demeurèrent étroitement liées, unies dans ce moment intime et amoureux qui n'appartenait qu'à eux. Ils auraient souhaité que cet instant ne s'arrête jamais, mais l'extase se rapprocha, les obligeant à accélérer le rythme de leurs frictions. Le plaisir grimpa en flèche, leur soutirant des gémissements bien plus puissants, ils se murmurèrent un «Je t'aime», donnèrent un ultime coup de bassin et jouirent ensemble dans un cri qui fut si fort qu'il fut à peine étouffé par leur baiser. Justin s'affala sur Théo sans pouvoir se retenir, terrassé par le plaisir qu'il venait d'avoir. Jamais il n'avait autant aimé le sexe. Car jamais il n'avait autant aimé quelqu'un. Il prit Théo dans ses bras et sentit son coeur fondre quand il se blottit tout contre lui. Ils restèrent ainsi enlacés durant tout le temps qu'ils mirent à reprendre leur respiration et leurs esprits. Au bout d'un moment, Justin rompit leur étreinte à regret afin de les nettoyer d'un sort et d'un coup de baguette. Ils se rhabillèrent et, avisant l'heure, décidèrent d'aller manger. Justin avait beaucoup plus le moral que deux heures plus tôt. Et pas seulement parce qu'il avait eu une relation avec Théo. Le simple fait d'être avec lui suffisait à lui changer les idées et à lui faire retrouver le sourire. Il était donc bien plus apaisé à une heure de ses retrouvailles avec Ernie et il avait l'intime conviction que tout allait bien se passer…
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POV Ernie
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Ernie regarda l'heure pour ce qui devait être la deux cent quatre-vingt-douzième fois. Il était midi cinq, soit cinq minutes de plus que la dernière fois qu'il avait jeté un coup d'oeil à sa montre. Dans moins d'une heure, il allait revoir Justin. Un tas de sentiments contradictoires l'envahissaient à cette pensée. Il était heureux, il avait hâte, mais il avait aussi peur. Une multitude de questions se bousculaient dans son esprit. Et s'ils n'arrivaient pas à se parler ? S'ils restaient là, à se fixer dans le blanc des yeux, sans savoir quoi se dire ? Si plus rien n'était comme avant ? Si quelque chose s'était définitivement cassé entre eux ? Ernie ne le supporterait pas. Et ce serait pourtant de sa faute. Car à la base, c'était à cause de lui s'ils étaient en froid. Il n'avait pas su réagir de la bonne manière quand son meilleur ami lui avait annoncé son homosexualité. Il l'avait rejeté alors qu'il aurait dû accepter Justin tel qu'il était. C'était vraiment stupide car il n'avait jamais eu de problèmes avec ça, que ce soit l'homosexualité chez les filles ou l'homosexualité chez les garçons. Mais un certain nombre de choses – tout aussi stupides – l'avaient conduit à avoir cette réaction. Et c'était cela qu'il allait enfin expliquer à Justin. Il aurait voulu le faire plus tôt mais Justin l'avait repoussé la seule fois où il avait tenté d'engager la discussion avec lui. Mais ce qu'Ernie ignorait à ce moment-là, c'était que Justin venait de se faire agresser, il n'avait donc pas eu la tête à écouter les explications de celui qui était censé être son meilleur ami et qui avait pourtant coupé les ponts avec lui à cause de son orientation sexuelle… Depuis, Ernie n'avait pas réessayé de renouer les liens avec Justin, pensant que celui-ci ne voulait plus jamais lui adresser la parole.
Ce n'était que plusieurs semaines plus tard, le jour du guet-apens, qu'il avait appris la vérité grâce au petit-ami de Justin. C'était lui qui avait tout deviné et qui lui avait dit que si Justin l'avait envoyé balader lorsqu'il avait souhaité lui parler, c'était probablement parce qu'il s'était fait agresser juste avant. Ernie et Théo n'avaient pas pu s'éterniser sur le sujet car Mrs Pince les avait renvoyés de la bibliothèque, ils étaient allés dans la salle commune de Poufsouffle, ils avaient cherché à savoir qui avait bien pu s'en prendre à Justin et ils avaient vite été interrompus par Alex qui était venu les voir. Puis ils avaient volé au secours de Justin. Ernie avait été provoqué en duel par un des agresseurs et la dernière chose dont il se souvenait, c'était d'un sort qui l'avait projeté en arrière. Ensuite, c'était le trou noir jusqu'à son réveil à Sainte-Mangouste. Il était resté trois jours dans le coma et il n'avait pas eu conscience d'avoir été sur le fil durant tout ce temps où il avait été inconscient. Cela lui avait fait bizarre d'apprendre que son sort s'était joué à quelques heures près et qu'il avait été sauvé par la réactivité de Mrs Pomfrey qui l'avait transféré à temps à Sainte-Mangouste où il avait été opéré en urgence. Il se rappellerait toujours les larmes de sa mère lorsqu'elle l'avait serré dans ses bras et le visage blême de son père qui l'avait presque étouffé lorsqu'il l'avait étreint à son tour. Jamais ses parents n'avaient été très démonstratifs, étant un peu dans les traditions des Sang-Pur, mais là, ils lui avaient bien fait sentir à quel point ils avaient eu peur et, surtout, à quel point ils l'aimaient. Ernie avait alors pleinement réalisé qu'il avait failli ne pas s'en sortir, qu'il avait eu une chance inouïe, et cela lui avait fait un choc. Lorsqu'il était parti secourir Justin, jamais il n'aurait imaginé qu'il allait manquer de se faire tuer en se fracassant contre un mur suite à un sort lancé par Milligan… Il avait juste voulu venir en aide à son meilleur ami, il n'avait rien à voir avec Milligan et Parker, à la base, et c'était pourtant lui qui s'était retrouvé à Sainte-Mangouste… Il avait été une victime collatérale dans toute cette histoire. Mais il ne regrettait rien. Même s'il avait su les risques qu'il allait prendre, il y serait quand-même allé. Car Justin était son meilleur ami, peu importe ce qui s'était passé entre eux, et jamais il ne l'aurait laissé tomber.
Ernie regarda de nouveau l'heure. Voyant qu'il n'était que midi dix, il se demanda s'il n'y avait pas un problème avec sa montre et si elle n'avançait pas trop lentement. Bien qu'il fût stressé à l'idée de voir Justin, il avait hâte qu'il arrive. Il était tellement focalisé sur cette visite qu'il avait oublié que c'était l'heure de manger. Aussi fut-il surpris lorsqu'il reçut son repas. Il remarqua cependant qu'il avait faim et se mit alors à manger avec appétit.
Il avait tout juste fini son dessert quand des coups se firent entendre à sa porte.
- Entrez, dit-il.
La porte s'ouvrit et Justin apparut, accompagné par le professeur Chourave.
- Bonjour, M. MacMillan, salua celle-ci. Comment allez-vous ?
- Plutôt bien, répondit Ernie. Je me remets doucement.
- Vous nous avez fait une belle frayeur, vous savez. Je suis vraiment soulagée de vous voir éveillé et en forme.
- Merci, professeur. Je sais que j'ai pris des risques inconsidérés, mais j'en ai pas eu conscience sur le moment et…
- Calmez-vous, M. MacMillan, intima le professeur Chourave. Je ne vous reproche absolument rien. Vous avez fait ce qu'il fallait. La situation était urgente, vous deviez agir vite et vous n'aviez pas le temps de prévenir qui que ce soit. D'autres personnes s'en sont occupées à votre place, car ni vous, ni M. Nott n'aviez pensé à insonoriser votre espace, ce qui a permis à tous les élèves présents dans la salle commune de Poufsouffle d'écouter votre conversation. Si M. Nott et vous étiez allés vous-mêmes chercher un professeur, M. Milligan et M. Parker auraient eu le temps de faire bien plus de mal à M. Finch-Fletchley. Votre intervention a sérieusement limité les dégâts. Je regrette juste que vous ayez été gravement blessé alors que vous avez seulement voulu porter secours à votre ami. Je n'ai pas les mots pour décrire une telle injustice. Mais ce que vous avez fait est noble. Personne ne vous blâmera pour votre courage, votre loyauté et votre sens indéfectible de l'amitié. Vous pouvez être fier de vous. Sur ce, je vous laisse avec M. Finch-Fletchley. Prenez bien soin de vous.
Le professeur Chourave partit et referma la porte derrière elle. Ernie et Justin se regardèrent.
- Tu vas vraiment bien ? s'enquit Justin.
- Oui, mais j'ai encore des symptômes de mon traumatisme crânien. Notamment des vertiges, des maux de tête, des absences, des troubles de l'attention, des difficultés de concentration… Ça va être un moment comme ça, mais je n'ai pas de grosses séquelles, donc je n'ai pas trop à me plaindre. Je dois juste faire un peu de rééducation avec le côté droit, car il a été un peu touché, et c'est pour ça, entre autres, que je suis encore ici. Je passe beaucoup d'examens pour voir si tout se remet bien et s'il y a des choses dont il faut s'inquiéter. Mais pour l'instant, je suis sur la bonne voie. D'ici deux semaines, normalement, je pourrai sortir. J'aurai toujours des visites de contrôle, je devrai continuer la rééducation mais au moins, je serai à la maison. Si on avait été en avril, j'aurais pu reprendre les cours en juin mais là, je vais devoir attendre septembre pour retourner à Poudlard. Enfin, je pourrais être de retour mi-juin mais ça tomberait pile au début des examens et ça ne servirait à rien puisque j'aurais raté un mois et demi de cours… Mais j'ai quand-même bien envie de revenir sans passer les examens, juste pour retrouver une vie à peu près normale et revoir tout le monde.
- Je pense que ça peut se faire, comme ça, tu rattraperas les cours pendant que nous, nous passerons les BUSE… Tu seras dans de meilleures conditions pour étudier. Car chez toi, tu n'auras peut-être pas la même motivation, tu seras facilement distrait par tout un tas de choses… Surtout si tu as des problèmes de concentration…
- C'est quelque chose qui s'arrangera avec le temps. En septembre, ce sera de l'histoire ancienne.
- Tant mieux. Mais j'en veux un peu à Mrs Pomfrey de m'avoir menti, du coup, car pour moi, elle a clairement minimisé les choses en me disant que tu n'aurais pas de graves séquelles… Je pensais que tu allais bien mieux que ça, que tu n'avais pas tous ces désagréments, à part peut-être des maux de tête et des vertiges…
- Elle n'a rien minimisé, je peux te l'assurer, promit Ernie. C'est vrai que ça peut paraître beaucoup, tout ce que j'ai, mais ce n'est rien comparé à toutes les séquelles que j'aurais pu avoir… J'aurais pu être paralysé, avoir des troubles de l'élocution, ne plus me souvenir de rien, ne plus avoir toutes mes facultés… Une partie de mon cerveau aurait pu être sévèrement endommagée par le choc que j'ai eu et c'est ça qui aurait défini l'importance de mes séquelles, mais j'ai été opéré à temps et c'est grâce à ça que mes séquelles sont aussi légères.
- Je vois. Je suis content que tu ailles bien, en tout cas. J'ai eu très peur quand tu étais dans le coma, tu sais. Je ne savais pas du tout si tu allais t'en sortir et ça me terrifiait. Parce qu'on n'aurait pas eu l'occasion de s'expliquer, mais aussi et surtout parce que j'aurais perdu mon meilleur ami, et ça, je ne l'aurais pas supporté.
Ernie fut profondément touché par les mots de Justin.
- Je n'ai pourtant pas agi comme un meilleur ami quand je t'ai rejeté… Et tu ne peux pas imaginer à quel point je le regrette… Je m'en veux tellement… C'était déjà compliqué pour toi de nous avouer ton homosexualité et moi, j'ai fait exactement ce que tu devais craindre… Je t'ai repoussé, alors que j'aurais dû te soutenir…
- C'est vrai que je me suis senti trahi, sur le moment. J'étais choqué, je ne m'étais pas préparé à ce que tu réagisses comme ça. J'étais aussi déçu et en colère. Puis le temps a passé et la tristesse a pris le dessus. J'avais toujours l'espoir que tu reviennes vers moi, tu l'as fait, une fois, mais là, c'est moi qui t'ai rejeté car je n'avais pas du tout la tête à parler à qui que ce soit. Je t'expliquerai ça un peu plus tard. Là, je veux savoir pourquoi tu as autant mal pris le fait que je sois gay.
- Je comptais te le dire, justement, révéla Ernie. C'est un mélange de plein de choses, en fait. Déjà, il y a eu l'effet de surprise. C'est assez bête mais quand on ne s'y attend pas, ça fait un choc, on ne réfléchit pas et on dit n'importe quoi. Ensuite, j'ai eu l'impression d'être pris de court et je n'ai pas du tout aimé ça. C'était comme si tu m'avais menti depuis le début, comme si tu m'avais toujours caché que tu étais gay, comme si ce n'était qu'au bout de cinq ans d'amitié que je découvrais enfin qui était réellement mon meilleur ami, comme si, d'un coup, j'avais un inconnu en face de moi. Je me suis senti floué. Et puis il y a eu des réactions un peu plus typiques. J'ai cru que, puisque tu étais gay, tu avais forcément eu des vues sur moi à un moment donné, que tu avais porté un autre regard sur moi que celui d'un ami, que tu nous avais tous matés en douce dans le dortoir… Je me suis aussi demandé avec qui j'allais pouvoir parler de filles, à présent que j'étais au courant que tu n'étais pas intéressé par elles… Tout ça m'a traversé l'esprit en quelques secondes seulement et m'a fait réagir bêtement. Je suis vraiment désolé. Ça me paraît stupide, maintenant. J'ai bien conscience de m'être trompé sur toute la ligne et que ce que j'ai pu penser était faux…
- En effet, affirma Justin. On va revenir sur tous ces points dans un instant, mais je voudrais juste te poser une question…
- Je t'écoute.
- Parmi tous les éléments qui t'ont poussé à avoir cette réaction, il n'y a pas le simple fait que je sois gay ? Je veux dire, il n'y a pas le dégoût que ça peut inspirer pour certaines personnes ?
- Non, et c'est ça le plus aberrant, soupira Ernie. J'aurais pu te rejeter uniquement parce que je ne voulais pas d'un ami gay, comme c'est le cas pour bon nombre de personnes qui réagissent comme je l'ai fait, mais ce n'était pas du tout ça. C'est vraiment tout un tas de trucs absurdes qui m'ont fait partir en vrille. Mais ça ne me gêne absolument pas que tu sois gay. Bien sûr, ça fait bizarre, parce que je t'ai connu avec Emily, et que du coup, je ne me suis jamais dit que tu pouvais être gay, mais ce qui compte pour moi, c'est que tu sois heureux avec la personne avec qui tu sors. Et il me semble que c'est le cas.
- Oui, je file le parfait amour avec Théo.
- C'est le principal. Je suis sincèrement content pour vous, je te l'ai déjà dit plusieurs fois mais je ne pourrais jamais le répéter assez pour te dire combien je suis désolé de t'avoir rejeté et d'avoir mis à mal notre amitié…
- Je sais, et je ne t'en veux plus, dit Justin en souriant. J'ai bien compris que tu avais réagi à chaud et que ce n'était pas représentatif de ton réel état d'esprit. Mais il y a quelque chose qui m'interroge. Tu as dû vite regretter ce que tu m'avais dit ?
- Oui, dès le soir-même, je m'en suis voulu.
- Pourquoi ne pas être venu t'excuser plus tôt, alors ?
- Parce que j'avais honte, avoua Ernie. Je pensais ne plus mériter ton amitié après ce que j'avais fait et que tu n'avais pas besoin d'un ami qui te laissait tomber quand il devait au contraire te soutenir… Je n'ai pourtant pas pu m'empêcher de venir vers toi lorsque je t'ai vu l'air mal en point à quelques mètres de l'infirmerie…
- Et la façon dont je t'ai accueilli t'a conforté dans ce que tu croyais, à savoir que je ne voulais plus te parler… Alors que ce n'était juste pas le bon moment, car je venais de me faire agresser par mes harceleurs et je n'avais pas envie que tu me voies ainsi… Il était hors de question que je me montre faible devant toi… Et le plus ironique dans tout ça, c'est que quelques semaines plus tard, tu as failli te faire tuer en venant me sauver de ces mêmes harceleurs… Malgré le fait que nous étions en froid, tu n'as pas hésité une seule seconde à voler à mon secours… Tu n'avais rien à avoir avec tout ça, tu étais innocent et c'est pourtant toi qui es sorti gravement blessé de ce guet-apens… Tu ne peux pas savoir à quel point je m'en suis voulu… Tu étais juste venu m'aider avec Théo et tu t'es pris un sort qui t'a envoyé te fracasser contre un mur… Alors que tu n'y étais pour rien… Il n'avait pas le droit de s'en prendre à toi comme ça, c'était moi, son ennemi, pas toi…
- Tu n'as pas à t'en vouloir, c'est moi qui ai décidé de mon plein gré de venir te libérer des griffes de Milligan et Parker, tu ne m'as jamais demandé de le faire… Et tu n'aurais pas pu m'empêcher de secourir mon meilleur ami. Si j'avais l'occasion de revenir en arrière, je ne changerais rien du tout, je referais exactement la même chose, et sans hésiter. Alors ne t'en veux pas, d'accord ? Tu es une victime, dans tout ça, et tu n'es en rien responsable de mes actes.
Justin acquiesça.
- Alors… on oublie tout ? demanda-t-il timidement.
- Ce serait plutôt à moi de te poser la question, s'amusa Ernie. Mais si on oublie tout, est-ce que ça signifie que tout redeviendra comme avant ?
- Pour moi, oui. J'ai envie de laisser tout ça derrière moi et de passer à autre chose.
- C'est ce que je souhaite aussi. Ça veut donc dire que tu me pardonnes ?
- Évidemment, répondit Justin. Tu t'es plus que rattrapé en venant me sauver et en te battant contre un de mes agresseurs pour me libérer… Mais tu n'étais pas obligé d'en arriver là, c'était beaucoup trop, de simples excuses m'auraient suffi…
- J'ai voulu mettre toutes les chances de mon côté, rigola Ernie. Et puis, les Poufsouffle ne sont pas aussi courageux que les Gryffondor, mais face à l'adversité pour sauver un ami, ça ne recule devant rien ! Car l'amitié et la loyauté sont nos plus grandes valeurs.
- Tout à fait, approuva Justin.
- Bon, maintenant qu'on a tout mis à plat, raconte-moi tout ce que j'ai raté depuis que je suis ici !
- Ouh là, on n'aura jamais assez d'un après-midi pour que je te dise tout, rit Justin. Il s'est passé un peu trop de choses… Bon, déjà, j'ai officialisé mon couple avec Théo. Quand j'ai su que tu étais tiré d'affaire, je me suis rué dans la Grande Salle, je l'ai crié à Hannah et Susan, je suis ensuite allé vers Théo, je lui ai dit quelques mots et on s'est embrassés. Le lendemain, ça a été au tour de Harry et de Draco d'afficher leur relation. Le professeur Black était au courant qu'ils étaient en couple, mais il ne savait pas qu'ils allaient le révéler au grand jour et il s'est étouffé avec un bout de viande en les voyant entrer dans la Grande Salle, main dans la main. Le professeur Snape et le professeur Lupin se sont précipités en même temps pour l'aider, ils se sont disputés car chacun pensait être celui qui devait sauver leur collègue et là, le professeur Lupin a hurlé devant tout le monde que c'était à lui de sauver l'homme qu'il aimait… Tu l'auras donc compris : notre professeur de sortilèges et notre professeur de métamorphose sont en couple. Normalement, c'est interdit, mais Harry nous a révélé qu'ils étaient unis par un lien qu'ils étaient obligés d'accepter et qu'ils avaient découvert sur le tard car jusqu'à l'été dernier, les conditions n'étaient pas requises pour qu'ils prennent connaissance de ce lien. Enfin c'est assez compliqué, il faudrait que Harry te l'explique lui-même. Tout ce qu'i retenir, c'est qu'il y a trois nouveaux couples officiels à Poudlard.
- Eh bien ça fait plaisir de voir que c'est toujours aussi animé… Mais je suis stupéfait. Je me doutais bien que Harry et Draco étaient ensemble, mais jamais je n'aurais imaginé que le professeur Lupin et le professeur Black étaient en couple… Et ça me fait trop bizarre de me dire que Théo et toi, vous vous embrassez maintenant devant tous les autres… Car c'est bien ce que vous faites ?
- Oui, dit Justin en rougissant.
- Ça ne met pas trop Théo mal à l'aise ? Il est tellement timide, tellement réservé…
- Son combat contre Milligan qu'il a remporté lui a un peu redonné confiance en lui. Il reste timide, mais légèrement moins qu'avant. Et puis tout comme moi, il en avait marre de se cacher quand on voulait s'embrasser. Et on ne passe pas notre temps à se bécoter. Ce sont juste des bisous par-ci par-là.
- Je vois. Ça doit être trop mignon à voir. Pour que Théo se soit battu contre Milligan pour te sauver, c'est qu'il doit vraiment t'aimer… Et je sais combien c'est réciproque…
- J'aime Théo comme je n'ai jamais aimé personne avant, et c'est pareil pour lui.
- Profitez-en, alors, même si je pense que ça durera entre vous. Sinon, à part ces couples, qu'est-ce qui s'est passé d'autre ?
- Il y a eu le match de Poufsouffle contre Serpentard. Inutile de dire qu'on a perdu, mais Serpentard nous a bien laminés. On a quand-même réussi à marquer neuf buts mais eux en ont marqué dix-sept et Draco a évidemment attrapé le vif d'or. Mais franchement je m'en fiche un peu, j'ai plus envie de soutenir les équipes de mes amis que celle de ma maison.
- Je comprends, surtout que Serpentard nous en met plein les yeux à chaque match... Leurs balais ne font pas tout, il y a aussi et surtout d'excellents éléments dans cette équipe. Il est loin le temps où on pouvait dire que leur seuls atouts, c'étaient leurs moyens matériels… Mais ça va peut-être changer l'année prochaine, car sans Montague, ça va être un peu plus compliqué pour eux.
- On verra bien, mais Draco constituera sûrement une bonne équipe. Bon, en-dehors de ça, il y a eu les BUSE blancs, qui se sont plutôt bien passés, et j'ai appris qu'à la rentrée, il n'y aurait plus huit mais seize préfets afin de mieux lutter contre le trafic de potions droguées. C'est encore censé être un secret, ça n'a pas été annoncé par le directeur, mais je l'ai su ce matin après avoir appris quelque chose dont je dois te parler.
Ernie fronça les sourcils.
- Ouh là, tu me fais peur. Tu as l'air bien sérieux, tout à coup…
- Parce que c'est sérieux, grimaça Justin. C'est à propos de Hannah. Comme tu le sais, elle a perdu son père pendant les vacances et ça l'a complètement détruite. Elle allait mal, on se faisait du souci pour elle, Susan et moi, elle ne voulait pas qu'on s'inquiète alors elle a cherché un moyen pour aller mieux. Et ce moyen, elle l'a trouvé en se plongeant dans ce contre quoi elle devait lutter.
Ernie blêmit.
- Attends, qu'est-ce que tu veux dire, là ?
- Je crois que tu as compris.
- Non mais ce n'est pas possible, elle n'a pas pu tomber là-dedans !
- Elle a beau être préfète, elle reste une personne normale, avec ses sentiments, ses émotions et ses faiblesses. Elle traversait une période difficile, elle ne savait pas quoi faire pour arrêter de déprimer, elle est tombée sur un dealer en se promenant dans les couloirs peu avant le couvre-feu, il était là, à quelques mètres d'elle, et elle n'a pas pu se retenir. Elle a complètement oublié qu'elle était préfète, que son rôle était de démanteler les trafics de potions droguées, elle n'a pensé qu'aux effets de ces potions et elle s'est laissée tenter. Elle est devenue une cliente régulière, elle renseignait son dealer sur le planning des rondes et sur les habitudes de chaque préfet pour lui prouver qu'elle n'allait pas le piéger et aussi pour avoir un prix sur les potions, et elle s'est ainsi droguée sans que quiconque ne se doute de rien, à part une élève qui l'a coincée sans que Hannah ne le sache. Cette élève est allée voir son directeur de maison, et après un quiproquo, celui-ci l'a sollicitée afin qu'elle missionne un ou une préfète de traquer Hannah et de choisir un binôme pour l'accompagner. Tout ça s'est fait, la traque a eu lieu hier et Hannah et son dealer ont été appréhendés. Elle va être déchue de son poste, elle va se faire sevrer et elle va se faire suivre psychologiquement parlant par le professeur Snape. Je t'ai fait un résumé très condensé mais voilà en gros toute l'histoire. En arrivant ici, j'ai demandé à un médicomage si je pouvais te faire part de tout ça et il m'a dit oui. Ça m'aurait gêné de te cacher ça, mais s'il avait fallu le faire parce que tu étais encore trop fragile, je ne t'aurais rien dit.
- Alors rassure-toi, je suis tout à fait apte à entendre ce que tu viens de m'apprendre. Mais je ne m'y attendais pas du tout et je suis hyper triste pour Hannah… Ça fait un choc d'entendre qu'une de ses meilleures amies a plongé dans la drogue... Elle devait vraiment aller mal pour en être arrivée là…
- Elle dissimulait sûrement le plus gros de son mal-être mais ça se voyait malgré tout qu'elle n'allait pas bien. Quand elle a commencé à aller mieux, on s'est dit avec Susan que la période la plus dure était passée, qu'elle allait doucement reprendre du poil de la bête, mais elle s'est vite mise à avoir un comportement étrange qui nous a intrigués. Elle était d'excellente humeur au petit-déjeuner dix minutes seulement après s'être levée, elle débordait d'énergie, encore plus qu'avant, et elle prenait les BUSE blancs à la légère alors que ses notes ne lui permettaient pas d'être aussi insouciante… Si on laissait de côté son attitude vis-à-vis des BUSE, Susan et moi aurions dû être soulagés de la voir aussi active, mais ça nous a au contraire inquiétés. Elle n'était pas du tout naturelle. On aurait peut-être dû se poser des questions à ce moment-là, mais on a cru qu'elle faisait un déni, qu'elle essayait de se convaincre elle-même que ça allait bien et que c'était pour ça qu'elle était aussi exubérante.
- Je me serais dit la même chose à votre place, affirma Ernie. Vous n'avez pas à vous en vouloir de ne pas vous être doutés qu'elle se droguait. Ce n'est pas la première chose à laquelle on a envie de penser tout de suite quand on voit qu'un de nos proches ne va pas bien. Inconsciemment, ça ne nous vient même pas à l'esprit. En plus, avec le statut de préfète de Hannah, vous aviez encore moins de raisons d'envisager cette possibilité…
- C'est vrai, admit Justin. Ça a d'ailleurs de nouveau perturbé l'équipe des préfets…
- Ah bah oui, du coup… Tiens, d'ailleurs, qui m'a remplacé ? Et est-ce que tu sais qui va prendre la place de Hannah ?
- Alors, c'est Wayne qui t'a remplacé et pour Hannah, on ne sait pas encore, mais ce sera sûrement Sophie.
- Susan n'est toujours pas intéressée ?
- Non, ce n'est pas fait pour elle. Et puis ce serait trop galère avec Ron.
- Ah oui, vu qu'ils sont binômes de travail…
- Oui, entre autres.
Ernie fronça les sourcils.
- Entre autres ? Attends, j'ai raté un épisode ou… ?
- Non, non, ce n'est pas ce que je voulais dire, s'empressa Justin de rectifier. Mais comme ils sont déjà binômes de travail, s'ils devaient également se voir lors des rondes, ça leur fait passer trop de temps ensemble et ça pourrait impacter le couple de Ron avec Pansy… Il verrait plus son binôme de travail que sa petite-amie, ça craindrait un peu…
- Vu comme ça… C'est une bonne chose qu'elle ne veuille pas devenir préfète, alors. Et toi, on ne t'a pas proposé de me succéder ?
- Non, mais comme l'année dernière, Wayne était arrivé deuxième au classement final des candidats au poste de préfet, le professeur Chourave n'a pas dû hésiter longtemps pour le choisir. Et c'est très bien comme ça. Je n'avais pas très envie non plus d'endosser le rôle de préfet.
- Eh bien tout va pour le mieux, alors, conclut Ernie. Enfin, façon de parler… J'espère que tout ira bien aussi pour Hannah. Tu me tiendras au courant ? Maintenant qu'on s'est réconciliés, on pourra s'envoyer des lettres…
- Compte sur moi, promit Justin. Je te raconterai tout ce qui se passe à Poudlard. De ton côté, parle-moi de ta rééducation, des progrès que tu fais, de l'avancée de tes études quand tu auras commencé à rattraper les cours… Tu as déjà une idée de quand tu vas pouvoir t'y mettre ?
Ernie acquiesça et relata à Justin ce que lui avaient dit les médicomages à ce sujet. Ils continuèrent à discuter pendant plus de deux heures de tout ce qui leur venait par la tête et ils furent déçus lorsque le professeur Chourave vint chercher Justin sur les coups de seize heures. Ils se jurèrent de s'écrire très vite et ce fut avec cette certitude réconfortante qu'Ernie vit partir Justin avec leur directrice de maison. Une fois la porte refermée, il se laissa tomber sur ses oreillers et exhala un long soupir de bien-être. Il s'était rarement senti aussi apaisé. Il s'était expliqué avec Justin, ils étaient de nouveau amis, tout était redevenu comme avant et c'était tout ce qui comptait pour lui. Il regrettait juste de ne pas pouvoir être auprès de Hannah alors qu'elle avait plus que jamais besoin de soutien. Mais il savait qu'elle était bien entourée, que ce soit par le professeur Snape, par Justin, par Susan, ou par le professeur Chourave, et qu'en plus de cet accompagnement, seul le temps l'aiderait à aller mieux…
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Voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu =) Certains éléments qui apparaissent furtivement dans la fic, comme l'intoxication alimentaire ou les potions de Dean peuvent paraître insignifiants, mais ça reviendra plus tard et ça prendra bien plus d'importance, donc retenez bien ça : quasiment aucun passage n'est là pour rien XD Sur ce, je vous donne rendez-vous le dimanche 10 juillet pour le prochain chapitre intitulé «Match, fête et dispute». D'ici là, passez deux bonnes semaines, si vous êtes en vacances, profitez-en, si vous travaillez, bon courage, je vous embrasse tous et plein de bisous tout le monde !
