Bonjour à toutes et à tous ! On se retrouve aujourd'hui pour le soixante-seizième chapitre de SAMLP !
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ccassandre24 : Et ça va continuer avec la chaleur, apparemment XD Oui, Severus commence même à avoir trop de patients ! Faut que ça se calme XD Contente que la scène avec les licornes t'ait plu *-* Ça faisait un bon bout de temps que je voulais l'inclure, mais il fallait trouver le bon moment et le bon POV XD Alors je m'y connais en créatures équines, oui, mais pas autant qu'un cavalier ou qu'une cavalière confirmé(e) XD J'ai fait très peu d'équitation, je n'ai fait que quelques séances à huit ans, mais j'ai lu énormément de livres sur les chevaux et l'équitation, et j'ai fait énormément de recherches en tout genre, que ce soit sur l'anatomie des chevaux, leur comportement, l'équitation (saut, dressage, cross, complet, voltige, attelage …), je suis carrément fan de ces braves bêtes et de ce sport et je ne désespère pas un jour de refaire de l'équitation XD Et toi, depuis combien de temps es-tu cavalière ? J'aurais tellement de questions à te poser XD Oui, pour moi aussi, les licornes peuvent être considérées comme des chevaux, sauf qu'elles ont une corne en plus XD Et qu'elles vivent dans le monde magique XD Merci, passe deux bonnes semaines aussi *-*
manue27.90 : Heureuse que l'histoire te plaise toujours autant *-* Désolée pour la frustration que je te cause, c'est pas voulu XD C'est juste que c'est encore trop tôt pour que la vérité éclate XD Patience, patience, tout s'éclaircira au début du deuxième tome XD Enfin, au début, c'est vite dit, car ce ne sera qu'à la rentrée et avant ça, il y aura les vacances d'été XD Mais il y aura de quoi vous faire patienter avec tout ce qui se passera durant l'été XD
mimibou : Ce n'est rien, voyons ! Je comprends qu'une autre fic ait entièrement absorbé ton attention XD Il y en a plusieurs, en ce moment, qui valent le détour *-* Ah oui, fanfiction qui envoie des mails à chaque publication de chapitres de fics qu'on suit, si bien que quand on en suit plein, on se retrouve avec des centaines de mails XD Bon, j'en suis très peu, mais j'imagine ce que c'est, et je te souhaite bon courage pour réduire de nombre de mails XD Nous sommes bien d'accord pour le choix de l'animal de compagnie ! Bon, c'est quand-même utile d'avoir son propre hibou, mais c'est vrai qu'il y en a plein à Poudlard XD Et les crapauds, c'est pas très attirant, et comme tu dis, à part leur faire peur, ça ne sert pas à grand-chose XD Ah si, ils servent parfois de cobayes pour certains sortilèges XD Alors qu'un chat, c'est tout autre chose *-* Oui, les grandes chaleurs ont envahi plein de pays, même Londres a dépassé la barre des 40 degrés, ce qui n'était jamais arrivé, je crois, c'est hallucinant… Au Québec, est-ce que ça devient courant, ces épisodes de chaleur ? Ou est-ce que vous y êtes habitués, même s'il fait de plus en plus chaud ? Je sais juste que le climat du Québec est assez différent de celui en France XD Oui, tout ne va pas aussi bien qu'on pourrait le croire, chez certains élèves :/ Il y a beaucoup de personnes qui font semblant d'aller bien alors que ce n'est pas vraiment le cas :/ Mais heureusement, Severus est là XD Bon, encore faut-il aller le voir XD Merci pour le soutien à Severus XD Il est sur une bonne piste pour trouver une collègue, il faut juste qu'il la contacte XD Tu m'as fait éclater de rire avec l'allusion à DRAP XD Non là c'est sûr, il ferait très vite un malaise et il serait obligé de prendre du repos XD Porte-toi bien aussi, et bon courage si les grandes chaleurs reviennent XD
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Merci à vous pour vos retours, c'est toujours un plaisir de vous lire et de vous répondre =) Et merci à tous ceux qui suivent l'histoire, même de loin ! Je vous laisse avec le nouveau chapitre et je vous souhaite une agréable lecture !
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Warning : Ce chapitre contient une scène sexuellement explicite.
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76 - Explications, doutes et plan anti-Forester
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(samedi 25/05) POV Sirius
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- On est obligés de parler à Pomona aujourd'hui ?
La question de Sirius fit lever les yeux de Remus de son journal.
- Plus vite ce sera fait, mieux ce sera. La situation a déjà trop duré, et personne n'est heureux dans cette histoire. D'ailleurs, on ferait mieux d'y aller maintenant.
- On ne peut pas aller la voir cet après-midi ?
- Non, elle doit partir à quatorze heures pour une convention, et elle ne rentrera que tard ce soir.
- Mais comment tu sais ça, toi ?! s'exclama Sirius.
- À ton avis ?
Sirius comprit et grogna :
- J'aurais dû m'en douter… Mais pourquoi Severus te dit tout ça à toi et pas à moi ?
- Parce que j'en parle avec lui, tout simplement, alors que toi, tu esquives le sujet dès qu'il tente de l'aborder avec toi.
- Et en plus il te balance des trucs sur moi dans mon dos !
- Ne le prends pas comme ça, il essaie juste de nous aider, comme le ferait n'importe quel bon ami, rétorqua Remus.
Sirius soupira.
- Désolé, je m'emporte un peu trop vite, en ce moment.
- Oui, tu as été comme ça toute la semaine, constata Remus.
- J'ai été trop infect ? grimaça Sirius.
- Non, juste un peu trop sur les nerfs, dit Remus en souriant. Mais ne laisse pas traîner ça non plus, ça ne va pas s'arranger tout seul, ce ne sont pas des potions calmantes qui vont t'apaiser.
- Qu'est-ce que tu veux dire par-là ? se méfia Sirius.
- Que ça fait un peu trop longtemps que tu n'es pas allé consulter Christina. Il y a eu beaucoup trop de choses cette année qui auraient nécessité un certain nombre de séances avec elle. Tu as eu de la chance d'avoir Severus qui a, en quelque sorte, remplacé Christina auprès de toi. Mais ce n'est pas lui, ton psychomage. Et ça ne peut pas être lui. Car il est devenu un ami proche et ce n'est pas bon de mélanger sphère privée et sphère professionnelle. Et puis, c'est Christina qui t'a suivi quand tu as eu besoin de parler d'Azkaban. Elle sait bien plus de choses à ce sujet que Severus. C'est à elle que tu t'es ouvert sur tes traumatismes, c'est elle qui t'a aidé et qui t'a permis de refaire confiance aux humains, tu as fait un énorme boulot avec elle et il faut que tu le continues. Si tu es à cran depuis le début de la semaine, c'est à cause de tout ce qui s'est passé récemment avec Harry. Même si tout ça a été réglé, tu es encore sous le coup de tout ce que tu as appris. Et comme je te l'ai dit, il y a aussi tous les ennuis qu'il y a eu cette année, entre ceux de Harry, notre lien, nos soucis avec Pomona… Tout ça, c'est que tu aurais dû traiter avec Christina. Et c'est ce que tu vas faire.
Sirius ouvrit de grands yeux.
- Comment ça ?
- Eh bien tu vas la recontacter et tu vas prendre rendez-vous le plus tôt possible avec elle. Et tu vas lui raconter tout ce qui s'est passé depuis la dernière fois que vous vous êtes vus. Si tu ne le fais pas, je n'hésiterai pas à demander à Severus de s'en occuper. Il saura te convaincre, lui.
- Non mais c'est bon, on ne va pas en arriver là non plus, grommela Sirius. Je veux bien lui écrire, mais avec tout ce que j'aurai à lui dire, il faudrait au moins trois séances par semaine, or, avec les examens à préparer, je ne pourrai pas assurer un tel rythme…
- Ce n'est pas un problème, là, le principal, c'est que tu reprennes contact avec elle. Pour les deux ou trois séances par semaine, vous verrez ça cet été. Pour l'instant, une séance par semaine, ce sera déjà bien.
- D'accord, je lui enverrai une lettre ce soir. Bon, allons voir Pomona, que cette histoire soit réglée une bonne fois pour toutes.
Remus acquiesça vivement et se leva en même temps que Sirius. Ils quittèrent leurs appartements et se rendirent à ceux de leur collègue de botanique. Ce fut Remus qui frappa à la porte. Pomona vint vite leur ouvrir. Elle parut d'abord surprise en découvrant l'identité de ses visiteurs, puis son visage se referma. Ainsi que la porte. Mais Remus la retint avant qu'elle ne claque en plaçant son pied au bon endroit.
- Pomona, nous ne sommes pas là pour t'embêter, nous désirons juste avoir une discussion calme et civilisée avec toi.
- Je n'ai rien à vous dire, lâcha Pomona.
- Si, au contraire, répliqua Sirius. Écoute, je sais ce que je t'ai dit quand nous sommes venus te voir dans les serres, mais j'ai dit ça sur le coup de la colère, tu venais de m'apprendre que tu t'étais mal conduite envers Harry et je l'ai très mal pris. Je t'en veux moins à présent car Harry lui-même m'a fait relativiser à ce sujet. Il m'a fait comprendre que tu as eu le même comportement que j'aurais pu avoir avec un certain élève au début de l'année. Mais ce n'est pas de ça dont nous voulons te parler. Nous souhaitons savoir pourquoi tu nous en veux autant depuis que nous sommes en couple. Nous ne t'avons rien fait de mal, et Severus t'a expliqué, comme à nos autres collègues, que nous n'avons pas eu d'autre choix que de sortir ensemble…
- Oui, j'ai bien saisi tout ça, répondit Pomona.
- Alors pourquoi tu nous fais la tête ? Nous ne cherchons pas les ennuis, Pomona, bien au contraire. Ce qu'on veut, c'est retrouver notre complicité d'antan. Nous sommes prêts à oublier l'attitude que tu as envers nous depuis plusieurs semaines mais pour ça, tu dois nous dire ce que tu nous reproches exactement.
Un blanc suivit les paroles de Sirius. Face à l'air hésitant de Pomona, il crut qu'elle allait se défiler une fois de plus, mais elle le détrompa :
- Bien, entrez.
Sirius tourna la tête vers Remus et vit qu'il était autant soulagé que lui. Ils suivirent Pomona qui les conduisit jusqu'au salon. Ils s'installèrent, puis Pomona prit la parole :
- Avant toute chose, je vous prie de me pardonner pour les tensions que j'ai provoquées entre nous. Je souffre tout comme vous de cette situation, et je suis bien consciente qu'il n'appartenait qu'à moi d'y mettre un terme, mais j'avais trop honte pour me justifier auprès de vous. Et je veux que vous sachiez que je n'ai rien contre votre couple, je suis même ravie que vous vous soyez trouvés et que vous ayez ce lien qui vous unit à vie, car après tout ce que vous avez traversé, vous méritez plus que n'importe qui d'être heureux. Maintenant, je vais vous dire pourquoi j'étais aussi distante avec vous depuis l'annonce involontaire de votre couple. J'ignore si vous le savez mais il n'y a pas toujours eu cette interdiction pour les professeurs d'entretenir une relation amoureuse avec un ou une de leurs collègues. C'est quelque chose d'assez récent. Cette règle a été instaurée lorsque vous étiez encore élèves. Et j'en suis grandement responsable. Il y a vingt ans, alors que j'étais toute jeune professeur ici, je suis tombée amoureuse de quelqu'un qui faisait également partie de l'équipe enseignante. Je n'avais aucun espoir que mes sentiments soient partagés, et c'était pourtant le cas. Quand je l'ai su, je me suis dévoilée à cette personne et nous avons entamé une relation. Nous étions d'accord pour garder notre histoire secrète, jusqu'à ce que ma moitié en ait assez de se cacher. Elle voulait rendre notre relation publique, mais je freinais des quatre fers à cette idée. Je refusais de mélanger sphère privée et sphère professionnelle, par peur de ce que cela pouvait engendrer, à la fois dans nos cours et dans notre couple. Cette discorde a amené des tensions entre nous et des disputes ont commencé à éclater. On se réconciliait à chaque fois en se disant qu'on en reparlerait plus tard, mais dès qu'on abordait le sujet, ça se finissait toujours de la même façon. Et ce que j'ai cherché à éviter à tout prix s'est produit : nos problèmes de couple ont eu des répercussions en-dehors de la sphère privée. Lors des repas dans la Grande Salle ou lors des réunions avec les autres professeurs, nous nous lancions des piques avec des sous-entendus que personne d'autre que nous n'était en mesure de comprendre. On faisait par exemple référence à notre incapacité à faire des concessions ou à se remettre en cause et on se rejetait mutuellement la faute là-dessus. Quand on s'invectivait ainsi pendant une réunion, ça allait encore, mais quand ça se passait dans la Grande Salle, c'était beaucoup plus gênant… Les élèves assistaient à nos prises de bec, ce qui n'était pas normal, et notre attitude était donc tout sauf professionnelle… La première fois où un incident de ce genre a eu lieu en plein dîner, Dumbledore était là et il nous a aussitôt dit de faire attention car il y avait déjà eu une réunion où on avait eu des mots. La deuxième fois, il n'était pas là, mais peu avant la troisième fois où, cette fois, il était là, il a eu des échos de la fois précédente et ça en a été trop pour lui. Vous le connaissez, il est quelqu'un de très cool, mais quand l'ordre est menacé dans le château, il n'hésite pas à sévir. On a dû s'expliquer dans son bureau et on n'a eu d'autre choix que de lui avouer que nous étions ensemble. Au vu des conséquences désastreuses que notre couple a eu partout dans l'école, il ne pouvait clairement pas nous permettre de poursuivre notre relation. Il nous a alors demandé de faire un choix. Soit nous nous séparions, soit nous démissionnions et continuions notre histoire ailleurs. Nous en avons parlé en sortant de cette convocation et nous avons été unanimes pour la première fois depuis longtemps : il valait mieux rompre. Il y avait eu trop de disputes, trop de désaccords, trop de mots échangés… Il était impossible pour nous de rester ensemble après tout ça. Et nous avons vite réalisé que même se voir tous les jours, ça allait être compliqué. N'ayant de toute façon plus la même passion qu'avant pour son métier de professeur, mon ex a décidé de quitter Poudlard et de se lancer dans autre chose. Ça a été un coup dur pour Dumbledore qui pensait que nous allions seulement rompre et qu'il allait garder ses deux professeurs. Il se retrouvait avec un professeur en moins, en plein milieu d'année, et c'était une situation très inconfortable pour lui mais aussi pour les élèves. Ne désirant pas que cela se reproduise de nouveau, il a pris une décision radicale : interdire aux professeurs d'entretenir des relations amoureuses entre eux. Quand j'ai appris cela, je me suis sentie affreusement coupable. À cause de moi, Dumbledore avait dû trouver un nouveau professeur quatre mois avant les examens et les professeurs n'avaient plus le droit de sortir avec un ou une collègue. Et j'étais bien placée pour savoir que les sentiments, ça ne se contrôlait pas. J'allais donc potentiellement être responsable du malheur de plusieurs collègues qui allaient devoir renoncer à une histoire d'amour avec la personne qu'ils aimaient. Et c'était juste horrible pour moi, j'ai mis du temps à passer outre cette culpabilité qui hantait mon esprit. Et j'ai mis encore plus de temps à me remettre de ma rupture avec mon ex, car même si la fin de notre histoire avait été très houleuse, je l'aimais, c'était la première fois que je ressentais quelque chose d'aussi fort pour quelqu'un, et je n'ai jamais vraiment réussi à l'oublier. Et je ne l'oublierai sans doute jamais. Alors quand j'ai su que vous aviez été autorisés à entretenir une relation amoureuse, j'ai eu un sentiment de jalousie et d'injustice. Je me suis dit «Pourquoi eux et pas moi ?» et je vous en ai autant voulu à vous qu'à Dumbledore. Puis Severus nous a donné plus de contexte en nous révélant votre lien et là, ma rancoeur s'est atténuée. J'ai alors eu honte d'avoir réagi comme je l'ai fait et de vous avoir jalousés au lieu d'être heureuse pour vous. J'ai eu envie de m'excuser et de venir vous féliciter, mais j'avais trop honte pour ça. J'avais non seulement honte de mon attitude à votre égard, mais aussi de nouveau honte d'avoir été à l'origine de cette interdiction qui vous a, dans un premier temps, empêchés d'assumer pleinement vos sentiments. J'étais tiraillée par la culpabilité et je me suis en quelque sorte punie en coupant tout contact avec vous. Comme ça, vous me détestiez, j'en souffrais et c'était très bien ainsi. Mais je n'ai pas réalisé que vous souffriez, vous aussi, et je vous demande pardon pour cela, mais aussi pour mon comportement passé. Voilà, je crois vous avoir tout dit.
Un silence suivit la longue tirade de Pomona. Sirius était soufflé par tout ce qu'il venait d'entendre. En venant chez Pomona, il ne s'attendait pas du tout à de telles explications. Pourtant, il aurait dû se douter qu'il y avait une histoire comme celle-là derrière tout cela. Il fallait au moins ça pour qu'une personne aussi gentille, amicale et ouverte d'esprit que Pomona leur en veuille à ce point, à Remus et à lui… Et il comprenait désormais mieux la réaction de sa collègue. Il aurait sûrement éprouvé la même chose à sa place en voyant deux de ses collègues sortir ensemble alors qu'elle-même n'avait pas eu le droit d'en faire autant avec un autre professeur… Et il aurait sûrement eu tout aussi honte d'avoir provoqué l'instauration d'une règle liberticide à l'encontre du corps enseignant… À présent qu'il savait tout cela, il n'en voulait plus du tout à Pomona. Et un coup d'oeil jeté à Remus lui suffit pour deviner qu'il en était de même pour son compagnon. Ce fut lui qui brisa le silence qui s'était installé :
- Merci de t'être confiée à nous, Pomona. Tu n'avais pas besoin de nous demander de te pardonner, c'était déjà fait de mon côté au cours de ton récit. Et je pense que c'est pareil pour Sirius.
Ledit Sirius approuva en souriant.
- Merci, dit Pomona, visiblement touchée. Je regrette d'avoir tant repoussé cette confrontation, car je me sens bien mieux maintenant que je vous ai tout raconté…
- Tu l'as dit toi-même, tu avais trop honte, et c'est parfaitement normal. Le principal, c'est que cette confrontation ait eu lieu et qu'on ait pu s'expliquer. On va pouvoir oublier tout ça et repartir sur de bonnes bases, et c'est ça qui compte.
Pomona acquiesça.
- Vous avez raison. En tout cas, je ne vous souhaite que du bonheur et j'espère que tout va aller pour le mieux pour vous. Si ça ne vous dérange pas, quand nous aurons davantage de temps, j'aimerais bien que vous m'en disiez plus sur cette histoire de lien…
- On se calera une soirée pour ça et on te dira tout ce qu'i savoir, promit Sirius. Dès que tu es libre, fais-nous signe, et si nous le sommes aussi, on t'invitera.
- D'accord, on fait comme ça, conclut Pomona. Où mangez-vous, ce midi ?
- Dans la Grande Salle, répondit Remus.
- Moi aussi, on peut y aller ensemble, si vous voulez. Car avec tout ça, il est déjà plus de midi…
- C'est pour ça que j'ai faim, alors, plaisanta Sirius. Allons-y, dans ce cas !
Les trois collègues sortirent du salon, puis des appartements de Pomona et ce fut en discutant des ASPIC et de la promotion des septième année qu'ils se rendirent à la Grande Salle. La conversation se poursuivit tout au long du déjeuner, et fut agrémentée des avis de Severus, Filius et Horace qui vinrent s'en mêler. Personne ne fit de commentaire sur la réconciliation entre le couple et Pomona, mais Sirius croisa le regard de Severus qui lui sourit, lui faisant comprendre par-là qu'il était ravi de les voir, Remus et lui, de nouveau en bons termes avec leur collègue de botanique. Plus tard dans le repas, Sirius se sentit observé et en tournant la tête vers la table des Gryffondor, il vit que c'était son filleul adoré qui le fixait. Il saisit très vite que Harry l'avait vu parler comme avant avec Pomona en voyant la joie qui se lisait sur son visage. Sirius lui adressa un sourire que Harry lui rendit, puis ils retournèrent tous deux à leurs propres discussions. Sirius se remit à manger et tout en dévorant son dessert, il s'aperçut que cela faisait longtemps qu'il n'avait pas autant apprécié son repas. Il fallait dire que c'était beaucoup plus agréable de se remplir l'estomac en ayant l'esprit léger ! Bon, le sien n'était pas tout à fait léger, mais il avait promis à Remus d'y remédier. Et il avait bien l'intention de tenir sa parole.
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(dimanche 26/05) POV Draco
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- Dites, il y a bien une séance de révisions ce soir à vingt heures ?
La question de Blaise troubla le silence qui régnait dans la partie de la salle commune où Draco et ses amis s'étaient installés.
- Oui, comme hier soir, confirma Pansy sans lever les yeux de ses parchemins. Pourquoi ? Tu avais quelque chose de prévu ?
- Non, mais je viens de relire mon devoir de sortilèges et je crois que j'ai fait un hors-sujet…
- Ce n'est que maintenant que tu t'en aperçois ? Il est à rendre pour demain, protesta Draco.
- Je sais, c'est bien pour ça que je suis ennuyé pour la séance de révisions…
- Si tu t'y mets maintenant, tu l'auras largement fini avant le dîner, assura Théo.
- Bon bah je m'y colle, alors, décréta Blaise.
- Bon courage, moi j'y vais, déclara Draco.
- Tu vas voir ton bien-aimé ? devina Pansy.
- Exactement, comme nous sommes tous les deux libres et à jour dans nos devoirs, on a décidé de passer l'après-midi ensemble.
- Ne faites pas trop de bêtises, hein, il faut que vous soyez en forme pour ce soir, railla Blaise.
Draco leva les yeux au ciel et s'en alla sans répondre à son meilleur ami. Il quitta sa salle commune et se dirigea vers les escaliers qu'il monta jusqu'au septième étage. Il y rejoignit Harry qui était déjà devant la tapisserie de Barnabas le Follet. Il l'embrassa tendrement, puis Harry fit apparaître la salle sur demande en faisant les trois allers-retours nécessaires. Ils entrèrent et s'assirent directement sur leur canapé habituel.
- Ah, ça fait du bien de se poser, soupira Harry.
- Dure matinée ? supposa Draco.
- On peut dire ça, oui. J'ai couru un peu partout. J'ai rendu visite à Sirius et Remus tôt ce matin car j'avais un truc à leur demander, puis j'ai fait le tour du château pour chercher Ginny qui était en fait dans le parc, puis je suis allé manger, et avant de venir ici, j'ai dû passer par la bibliothèque pour y récupérer un livre que j'avais oublié.
- Ah ouais, tu dois être rincé… Tu es au courant que le week-end, c'est fait pour se reposer ?
- Ouais, entre vingt-trois heures et neuf heures du matin, ironisa Harry. Entre ma séance du samedi avec ton parrain, les devoirs, les révisions en groupe à vingt heures et les révisions en solo le reste du temps, c'est assez compliqué de se reposer…
- C'est vrai, admit Draco. Je vais éviter de te sauter dessus, alors. Il ne faudrait pas que je t'épuise davantage…
- Je n'ai jamais dit que j'étais fatigué, répliqua Harry. Au contraire, je suis en pleine forme. Il m'en faut plus pour m'exténuer… Et je n'ai pas l'intention de rester chaste aujourd'hui, si tu vois ce que je veux dire…
Comme pour appuyer ses paroles, Harry posa sa main sur la jambe de Draco et la déplaça lentement vers son entrejambe. Draco se mordit la lèvre tout en s'efforçant de rester impassible. Mais lorsque Harry retira sa main, Draco ne put s'empêcher de le regarder avec un air choqué.
- Tu es sérieux, là ?!
- Quoi ? Qu'est-ce que j'ai fait ? fit Harry, feignant l'innocence.
- C'est ça, fous-toi de moi, grogna Draco. Moi je te ménage en te croyant fatigué, et toi, tout ce que tu trouves de mieux à faire pour me remercier, c'est me frustrer !
- Oh tu es vexé, c'est mignon… Mais il fallait me le faire savoir si tu appréciais ce que je te faisais, au lieu de rester de marbre comme ça… Toi et ta fierté, j'te jure…
- Tu sais ce qu'elle te dit, ma fierté ?
Draco ne laissa pas le temps à Harry de répondre et se jeta sur lui pour le chatouiller. Harry se mit à rire, gesticuler et supplier Draco d'arrêter, requête qui lui fut accordée quelques minutes plus tard. Draco ne fut pas peu fier de voir son petit-ami à bout de souffle.
- Tu disais quoi, tout à l'heure ? Qu'il t'en fallait plus pour t'exténuer ? se moqua-t-il.
- J'ai encore de la ressource, rétorqua Harry. Et je vais te le prouver.
Ni une, ni deux, Draco se retrouva avec un corps plaqué sur le sien, des lèvres posées sur les siennes et des mains qui dégrafaient sa robe de sorcier. Draco se redressa pour l'enlever plus facilement et en profita pour ôter celle de Harry. Il en profita également pour échanger leurs positions, ce qui lui valut une exclamation indignée de la part de Harry qui se transforma en une plainte étouffée par le baiser dans lequel Draco l'entraîna. Il glissa ses mains sous la chemise de son Gryffondor adoré et ferma les yeux de bonheur en sentant la peau douce sous ses doigts. C'était un réel délice dont il ne se lasserait jamais. Désirant visiblement ne pas demeurer inactif, Harry faufila lui aussi ses mains sous le haut de Draco. Le baiser s'intensifia tandis que les deux tourtereaux exploraient le torse qui leur était offert. Les chemises devinrent bien vite gênantes et furent jetées sans cérémonie par terre. Draco abandonna les lèvres de Harry pour dévier les siennes vers le cou qui le tentait et où il déposa une myriade de baisers. Il descendit ensuite plus bas et s'intéressa aux deux petites pointes de chair qu'il suçota entre ses lèvres avant de les titiller avec ses dents, faisant gémir Harry qui enfouit ses doigts dans les cheveux de Draco. Celui-ci ne tarda pas à sentir une bosse se former contre son bas-ventre, ce qui fit considérablement monter sa propre excitation. Il délaissa les tétons de Harry et lui donna un tendre baiser.
- On serait plus à l'aise sans nos pantalons, tu ne trouves pas ?
- Oh si, je commence à être sérieusement à l'étroit…
- On va y remédier, alors, dit Draco en souriant.
Il déboutonna le jean de Harry et le fit glisser le long de ses jambes. Il l'envoya rejoindre les autres vêtements qui gisaient par terre et se débarrassa à son tour du sien. Il se rallongea sur Harry et tous deux poussèrent un gémissement lorsque leurs sexes se rencontrèrent à travers leurs caleçons.
- Oh c'est si bon, soupira Harry. J'en veux plus, Draco…
Ce dernier comprit très bien ce que voulait dire Harry par-là, mais il décida de le frustrer un peu. Il repartit à l'exploration de son cou qui subit les mêmes outrages que les tétons de Harry. Après avoir léché et mordillé chaque millimètre de peau qui était à sa portée, Draco fit un suçon dans une zone érogène du cou de Harry. Celui-ci gémit longuement et se cambra, créant une friction involontaire entre leurs deux érections. Pris par surprise, Draco faillit lâcher le bout de peau qu'il avait entre les dents. Il termina son œuvre et fut satisfait de la marque qu'il avait faite dans le cou de son petit-ami. Il ne pouvait pas en dire autant de son plan qui consistait, à la base, à frustrer son chéri. Au final, lui aussi l'était suite au contact imprévu entre leurs deux sexes.
- Draco, je t'en supplie, occupe-toi de nous… Tu m'as assez fait languir, là…
- Plus c'est long, plus c'est bon, s'amusa Draco. Mais je suis d'accord, il est temps de faire quelque chose.
- Oui, et cette fois, c'est moi qui fais tout.
À peine eut-il prononcé ces mots que Harry fit basculer Draco sous lui. Draco le laissa faire mais il le regretta bien vite. Il avait deviné que Harry souhaitait finir de les déshabiller, mais il n'avait pas prévu qu'il le fasse avec une extrême lenteur… Il ne faisait aucun doute qu'il désirait se venger, et il le faisait plus que bien. Alors que son caleçon était arrivé à mi-cuisse, Draco n'y tint plus :
- Par pitié Harry dépêche-toi…
- Excuse-toi d'avoir joué avec mes nerfs et ensuite, je te délivrerai.
En temps normal, Draco aurait rechigné face à une telle demande, mais là, il n'hésita pas une seule seconde, son érection se faisant douloureuse, ainsi comprimée dans son caleçon.
- Je suis désolé de t'avoir frustré, abdiqua-t-il.
Cela parut suffire à Harry puisqu'il enleva complètement le sous-vêtement de Draco. Il fit de même avec le sien et le balança derrière son épaule. Il n'y avait définitivement plus de respect pour leurs affaires. Bien loin de s'en soucier, Harry vint surplomber Draco mais celui-ci ne vit pas les choses de la même manière. Il roula sur le côté et parvint à se retrouver au-dessus de Harry.
- Je reprends les rênes, dit-il, fier de lui.
- Sans blague ? Je ne l'aurais pas deviné, rétorqua Harry. Mais ça ne me dérange pas, tu sais, sinon j'aurais…
Draco ne sut jamais ce qu'aurait fait Harry car il le bâillonna avec ses lèvres sans qu'il n'ait pu finir sa phrase. Harry ne s'en plaignit pas et lui rendit volontiers son baiser. Draco se mit à onduler et fut satisfait du gémissement qui s'échappa des lèvres de Harry. Lui-même avait retenu le sien, voulant entendre le plaisir qu'il procurait à son petit-ami. Mais les frictions lui en apportaient également, si bien qu'il ne put réprimer bien longtemps ses propres gémissements. Il fut d'abord le seul à bouger, pesant trop de son poids sur Harry pour que celui-ci en fasse autant, puis il libéra un peu son chéri qui en profita aussitôt pour accompagner ses mouvements. Le plaisir fut de suite bien plus puissant, aussi bien pour l'un que pour l'autre, les frictions se faisant plus franches et plus prononcées. Mais ce ne fut pas assez pour Draco qui voulait faire connaître l'extase au garçon qu'il aimait. Pour cela, il rompit le baiser et se réattaqua au cou qu'il avait martyrisé vingt minutes plus tôt. Il embrassa et mordilla la zone la plus érogène tout en continuant de bouger en rythme avec Harry. Il devait faire un effort surhumain pour ne pas aller trop vite et ignorer la tension dans son bas-ventre qui se faisait de plus en plus forte, et il voyait que c'était pire pour Harry qui semblait ne plus savoir où donner de la tête entre les attentions de Draco et les frictions entre leurs deux membres. Il fut encore plus perdu dans le plaisir lorsque Draco lui fit un suçon dans un endroit très sensible de son cou. Il tenta de parler mais fut incapable d'aligner plus de deux mots. Draco était content : c'était exactement le résultat qu'il escomptait. Mais les gémissements de Harry ainsi que ses yeux assombris par le désir, ses joues rendues rouges par l'effort et ses lèvres gonflées par leurs baisers, offrirent un tel spectacle à Draco que tout cela eut raison de lui. Il avait besoin de jouir et sachant que c'était pareil pour son chéri, il prit leurs deux sexes en main et exerça de vigoureux mouvements de va-et-vient. Le plaisir fut si soudain et si fort tout à coup qu'il dut mordre l'épaule de Harry pour ne pas jouir. Au vu du cri qu'il poussa, lui aussi dut se contenir à son tour. Mais cette morsure lui donna visiblement envie de plus d'intensité car il écarta davantage les jambes, invitant clairement Draco à se rapprocher de lui. Ce qui se passa ensuite fut si rapide et simultané que Draco ne comprit pas tout sur le moment. Ce fut pourtant lui qui fut à l'origine de cet enchaînement. Sentir Harry s'ouvrir à lui de la sorte l'incita à explorer un endroit qu'il n'avait pas encore touché, sans pour autant aller trop loin. Sans cesser de se mouvoir, il dirigea les doigts de sa main libre vers le postérieur ferme et rebondi de son petit-ami et insinua l'un d'entre eux entre les deux globes de chair. Tout à son plaisir, Harry ne remarqua rien jusqu'à ce que Draco ne pose la pulpe de son doigt contre son entrée la plus intime. Il eut alors une double réaction qui déstabilisa complètement Draco : il attrapa son poignet dans un réflexe de peur et jouit brusquement en même temps. Totalement dépassé, Draco resta coi, ne sachant que faire. Son poignet était toujours entre les doigts de Harry qui se remettait difficilement de son orgasme. Ce ne fut qu'au bout de longues minutes que la prise se desserra. Draco l'observa et vit deux yeux verts et un air contrit sur le visage de son chéri.
- Pardon, je suis venu sans toi…
- Non, ne t'excuse pas, c'est plutôt à moi d'être désolé… J'aurais dû te demander ton avis avant de faire ça… Mais je ne comptais pas aller bien loin, je voulais juste tâter le terrain, je n'aurais rien fait de plus…
- Je sais, et tu n'as rien fait de mal, ne t'inquiète pas, apaisa Harry. Tu as dû voir que ça ne m'avait pas tant déplu que ça… Ce serait même le contraire. Enfin, c'est compliqué… Je ne m'attendais pas à sentir ton doigt là, j'ai paniqué, même si je te fais confiance, même si je sais que tu n'aurais rien fait sans mon accord, mais paradoxalement, j'ai aimé ce contact, et c'est ça qui m'a fait jouir… Ça n'a rien de cohérent, j'en suis bien conscient, mais c'est comme ça que j'ai perçu les choses…
Draco, qui avait écouté attentivement Harry, s'empressa de le rassurer :
- C'est beaucoup plus significatif que tu ne le penses. Ce n'est pas parce que ça t'a fait peur que ça devait forcément te déplaire. Ça veut juste dire qu'aujourd'hui, tu n'étais pas prêt à tenter quoi que ce soit de ce côté-là. Mais ça ne t'a pas empêché d'avoir apprécié sentir quelque chose au niveau de cette zone. Ça prouve que même si tu n'es pas apte à aller plus loin pour l'instant, tu n'es pas fermé à l'idée d'expérimenter cette facette du sexe. Pas tout de suite, c'est tout.
Harry acquiesça distraitement. Draco constata qu'il semblait contrarié, et s'apprêta à lui demander pourquoi, mais ses mots se perdirent quelque part dans son esprit en voyant le regard émeraude de son petit-ami se poser sur son entrejambe. Il réalisa qu'il était toujours en érection, même si celle-ci s'était un peu amoindrie depuis l'orgasme de Harry. Il n'avait pas réfléchi à la façon dont il allait se soulager, mais Harry le fit pour lui :
- On parle, on parle, mais toi, tu n'as pas joui…
- Je peux faire en sorte que ça retombe, je n'ai pas vraiment envie de finir à la main…
- Tant mieux, parce que ce n'est pas ça que j'avais en tête. Je ne suis peut-être pas prêt à accueillir un simple doigt en moi, mais en revanche, je suis bien tenté par autre chose…
Sans laisser le temps à Draco de saisir où il voulait en venir, Harry se redressa et recula jusqu'à ce que son visage se trouve au-dessus du sexe à demi érigé. Devinant ce qu'il souhaitait faire, Draco s'apprêta à l'en dissuader mais il ne put que pousser un cri de surprise et de plaisir mêlés en sentant la langue de Harry titiller son gland. Elle glissa ensuite le long de son sexe qui reprit bien vite de la vigueur sous ces divines sensations. Une fois arrivé à la base, le muscle buccal remonta et joua de nouveau avec le gland. Puis, d'un coup, il cessa ses attentions, mais Draco ne put s'en plaindre car une bouche chaude ne tarda pas à englober son érection. Elle commença à effectuer des va-et-vient qui soutirèrent de longs gémissements à Draco. Il oublia absolument tout, sauf cette bouche exquise qui faisait monts et merveilles autour de son membre. Il avait déjà reçu des fellations, il avait même été entièrement pris en bouche, et même si ce n'était pas le cas actuellement, Harry complétant avec sa main ce qu'il ne pouvait pas prendre avec sa bouche, ses précédentes expériences n'avaient rien à voir avec ce que lui faisait Harry. C'était mille fois plus bon. Ce n'était sûrement pas parfait, mais c'était fait par la personne qu'il aimait, et rien ne pouvait rivaliser avec ça. Lui qui avait toujours été plus discret que Harry lors de leurs moments intimes, ne put cette fois retenir ses gémissements. Il lâcha complètement prise et s'autorisa juste à enfouir ses mains dans les cheveux de Harry. Non pas pour lui imposer un rythme, mais parce qu'il avait besoin de s'agripper à quelque chose pour garder un tant soit peu pied avec la réalité. Mais il se rendit vite compte que cela n'allait pas être suffisant, tant le plaisir augmenta au fur et à mesure que Harry intensifiait la cadence. Son sexe s'enfonçait de plus en plus loin dans la bouche de Harry, sans que celui-ci ne le prenne en entier, et sa main libre qui malaxait ses bourses participait à l'extase dans laquelle était plongé Draco. Il sentait l'orgasme monter en lui et il allait probablement être l'un des plus puissants que Draco ait connus jusque-là. Il ne parvenait plus à penser clairement et il avait l'impression que son cerveau se déconnectait alors qu'il était sur le point de jouir. Harry accéléra encore le rythme et n'eut à faire qu'une dizaine de va-et-vient supplémentaires pour que la jouissance ne pointe le bout de son nez. Ne voulant se déverser dans la bouche de son petit-ami, Draco le repoussa :
- Harry, retire-toi, s'il te plaît…
Harry obéit et lâcha à temps le sexe de Draco qui jouit dans la foulée dans un long gémissement de plaisir. L'orgasme le laissa pantelant et amorphe pendant un long moment durant lequel il reprit son souffle. Lorsqu'il jugea avoir suffisamment récupéré, il ouvrit les yeux qu'il avait fermés sans s'en apercevoir et tomba sur le regard tendre et amoureux de son Gryffondor adoré. Il fondit d'amour et posa ses lèvres sur celles de Harry pour l'entraîner dans un long et doux baiser. Il le rompit au bout de plusieurs minutes, s'allongea et attira doucement à lui Harry qui vint aussitôt se blottir dans ses bras. Ils demeurèrent ainsi sans parler, profitant juste de la présence de l'autre, et c'était sans doute ce que Draco aimait le plus. Il était cependant tiraillé par des pensées qui envahissaient son esprit. Il se posait des questions suite à ce que venait de lui faire Harry. Il n'aurait jamais cru qu'il lui ferait cela de sa propre initiative. Ça avait été très bon, là n'était pas le problème. Bien au contraire. Mais ça avait justement été trop bon. Ce n'était pas la première fellation de Harry, c'était impossible. Et Draco ne s'attendait pas à cela non plus. Il n'avait aucune idée de ce que Harry avait bien pu faire avec Pucey, l'un comme l'autre n'ayant jamais abordé ce qu'ils avaient fait avec leurs ex respectifs. Mais inconsciemment, il s'était dit qu'ils n'avaient pas dû aller bien loin, tout cela parce que Harry et lui avaient tout repris à zéro au début de leur activité sexuelle. Il avait alors cru que Harry n'avait pas beaucoup d'expérience, alors qu'il savait très bien qu'il était juste traumatisé par ce qu'il avait subi de la part de Pucey, ce qui expliquait qu'il avait besoin de prendre son temps. Cela ne voulait pas dire qu'il n'avait pas fait grand-chose avec Pucey…
- Draco ? Ça va ?
La voix de Harry sortit brusquement Draco de sa rêverie. Il baissa les yeux et sourit à Harry qui le regardait avec un air inquiet.
- Oui, oui, j'étais juste perdu dans mes pensées.
- C'est à propos de ce qu'on a fait ? Ou plutôt… de ce que je t'ai fait ?
Craignant ce qu'allait s'imaginer Harry, Draco s'empressa de le rassurer :
- Oui, mais ce n'est pas ce que tu crois, j'ai adoré, je n'avais jamais eu autant de plaisir en recevant ce genre d'attentions… Et c'est bien ce qui m'interpelle, pour être honnête. Je comprendrais que tu ne veuilles pas me répondre, mais… ce n'était pas la première fois que tu faisais ça, n'est-ce pas ?
- Non, avoua franchement Harry. Ça te choque ? ajouta-t-il d'une petite voix.
- Non, non, pas du tout, assura Draco. Tu as eu d'autres petits-copains avant moi, j'en ai eu aussi, et on a tous deux connu nos premières expériences avec eux ou avec l'un d'entre eux…
- J'ai presque tout appris avec Adrian, précisa Harry. Mais tu n'as peut-être pas envie qu'on parle de ça…
- Si, je pense que c'est nécessaire, affirma Draco. Severus t'a même sûrement dit que ce serait bien qu'on ait cette discussion…
- Oui, admit Harry. Enfin, ce n'est pas vraiment ça. Il m'a surtout conseillé de dire à mon prochain petit-ami ce qui s'est passé avec Adrian, pour qu'il sache comment s'y prendre avec moi. On n'était pas encore ensemble, toi et moi, à l'époque. Je n'étais même pas encore amoureux de toi. Ou alors si, mais je n'en étais pas conscient. Mais je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée d'avoir cette conversation, je sais que tu n'aimes pas trop parler d'Adrian…
- Je peux passer outre mon aversion envers lui si c'est pour le bien de notre couple. Et là, ça l'est. Alors dis-moi tout.
- Bien, que veux-tu savoir ?
- Ta relation en général avec Pucey, son attitude à ton égard, ce que tu as fait avec lui… Ce genre de choses, quoi. Bon, quand je dis «ce que tu as fait avec lui», pas dans les détails, hein, je veux juste savoir si, dans l'ensemble, il était respectueux envers toi, s'il faisait des choses que tu ne veux pas que je te fasse, s'il manquait quelque chose dans votre relation que tu aimerais bien retrouver dans la nôtre… Tout ce qui est essentiel que je sache pour que je ne commette pas d'impair, en somme.
- Je vois. Comme je te l'ai dit, c'est Adrian qui m'a presque tout fait découvrir. Presque, car j'avais déjà un peu expérimenté avec mon précédent petit-ami. Je n'ai jamais évoqué cette relation avec toi, et c'est pourtant important que je t'en parle. Tu sais qu'au tout début de ma thérapie, ton parrain et moi avons longuement discuté du tournoi des trois sorciers, et plus particulièrement de la troisième tâche qui m'avait profondément traumatisé, car j'avais vu Cédric se faire tuer sous mes yeux alors qu'il était innocent, qu'il n'avait rien fait… Et je n'avais rien pu faire pour éviter ça. Bon nombre de personnes auraient été choquées à ma place. Mais sûrement pas autant que moi. Car Cédric n'était pas seulement un camarade. C'était aussi mon petit-ami. Enfin, ex petit-ami, car je n'étais plus avec lui. Mais je l'aimais toujours. On avait caché notre relation, d'une parce qu'on n'avait pas fait notre coming-out, et de deux parce que Cédric ne voulait pas que son père sache qu'il était gay. Et c'est en partie à cause du côté clandestin de notre relation qu'on a rompu plusieurs fois, jusqu'au jour où on a décidé de se séparer pour de bon. Mais on avait prévu de se remettre ensemble lorsque j'aurais quitté Poudlard. À ce moment-là, Cédric serait devenu indépendant financièrement parlant et aurait été prêt à assumer notre relation, même devant son père. Il n'aurait plus eu peur de se retrouver à la rue puisqu'il aurait son propre appartement. On s'était donc promis de s'attendre. On se serait remis en couple après mes ASPIC et on se serait installés ensemble. Tout ça était clair dans nos têtes. Mais tous nos plans ont volé en éclats. Ça a été très dur à accepter pour moi. À tel point que j'avais fait un blocage, voire un déni au sujet de Cédric. Il avait été le premier garçon que j'avais autant aimé, et on me l'a cruellement enlevé. Cédric avait été aussi important pour moi dans le sens où c'est avec lui que j'ai eu ma première expérience intime, même si on n'était pas allés trop loin. On s'était juste frottés l'un à l'autre. Pour ces deux raisons, avoir perdu Cédric a été extrêmement douloureux pour moi, même si on n'était plus ensemble. J'en faisais des cauchemars la nuit, pendant les vacances, et c'est à cause de ça que je me suis mis aux potions de sommeil sans rêves, à l'insu de tout le monde.
Harry fit une pause, ce qui était autant nécessaire pour lui que pour Draco. Il en avait appris plus sur Harry en dix minutes que sur les cinq ans et demi qu'ils avaient passés à Poudlard. Il n'aurait jamais pensé que Harry était sorti avec Cédric Diggory, et, d'un sens, il aurait préféré ne pas le savoir. Non pas par jalousie, mais parce que Harry avait souffert de cette histoire, et surtout de la fin de celle-ci, et imaginer la douleur qu'avait ressentie le garçon qu'il aimait était très dur à supporter pour Draco. Harry n'avait rien fait pour mériter cela, et Draco avait pourtant l'impression que le sort s'acharnait sur lui. Il avait perdu ses parents lorsqu'il n'était qu'un bébé, il avait été élevé dans une famille qui le détestait, il n'avait guère été mieux loti à Poudlard où il avait été accusé deux fois à tort, il avait affronté sous trois formes différentes l'assassin de ses parents depuis sa première année à Poudlard, et comme si ce n'était pas suffisant, il avait fallu qu'il voie son ex petit-ami qu'il aimait toujours se faire tuer et qu'il se fasse abuser par son prochain petit-ami… Cela faisait un peu trop pour Draco. Et la mention des potions de sommeil sans rêves avait fait remonter en lui des souvenirs qu'il aurait aimé oublier. Revoir Harry, pâle et inconscient, avec les cinq fioles vides sur la table de chevet, lui provoquait de violents frissons qui n'avaient rien à voir avec la chaleur qui régnait dans la salle sur demande. Il chassa ces images de son esprit et se concentra de nouveau sur Harry qui ne tarda pas à reprendre :
- J'ai vu une psychomage mais ça n'a servi à rien. Elle m'a carrément plus enfoncé qu'autre chose. Je faisais déjà un déni sur ce qui s'était passé lors de la troisième tâche, mais ce que la psychomage m'a dit m'a encore plus poussé à faire comme si rien de tout ça n'avait existé. Je ne souffrais donc plus vraiment, même si, en réalité, j'allais très mal psychologiquement parlant. Je ne pensais plus à Cédric – du moins, pas consciemment – et j'ai pu passer à autre chose, en quelque sorte. Je n'aurais jamais fait le premier pas envers Adrian, je ne l'aurais même pas remarqué s'il n'était pas venu me draguer, mais je n'ai pas hésité longtemps avant de me lancer dans une relation avec lui. Il était là, il s'intéressait à moi, il était gentil, attentionné, il me faisait comprendre qu'il voulait sortir avec moi, mais sans me brusquer… Bref, c'était tout ce dont j'avais besoin à cette époque. Je suis vite tombé amoureux d'Adrian et il m'est rapidement devenu indispensable. Je l'aimais, alors j'avais tendance à fermer les yeux sur certaines choses qui me tendaient un peu, comme sa possessivité… Tu dois te souvenir de la crise qu'il m'avait faite dans la salle des binômes…
«Oh ça oui» songea Draco. Il aurait bien du mal à l'oublier…
- Eh bien, ce n'est pas la seule fois où il a eu ce genre de comportement.
Draco se crispa. Il redoutait la suite du récit, si bien qu'il avait presque envie de dire à Harry qu'il pouvait s'arrêter là et lancer la discussion sur autre chose. Mais il ne le ferait pas, car ce n'était pas une solution. Il devait prendre sur lui et se montrer fort. Il se recentra sur Harry pile quand celui-ci poursuivit son récit :
- Tu te rappelles le jour où j'ai eu un fou rire en plein cours de sortilèges ? Sirius m'avait retenu à la fin de l'heure, Théo m'avait défendu en se déclarant responsable de mon fou rire, ce qui était un peu vrai, et quand nous sommes sortis de la salle, il m'avait conseillé à l'oreille ce que je devais te dire car j'étais en retard à notre séance de travail et il savait que tu allais être grognon. C'était purement innocent mais Adrian était arrivé à ce moment-là et il s'était imaginé des choses. J'avais réussi à le rassurer mais un autre sujet est venu semer la discorde entre nous. Sirius m'avait ordonné de limiter les nuits que je passais avec Adrian, car lorsque je dormais avec lui, j'arrivais systématiquement en retard à mon premier cours de la journée, et ça avait commencé à inquiéter les professeurs. Ce jour-là, devant la salle de sortilèges, Adrian m'a proposé de dormir ensemble, ce que j'ai accepté tout en précisant que ça n'allait plus être possible en semaine, désormais, comme Sirius me l'avait imposé. Ça n'a pas du tout plu à Adrian qui s'est remis à se faire des films et qui est devenu agressif envers moi. Il a fallu que Sirius intervienne pour qu'il lâche mon poignet qu'il serrait très fort. J'ai eu très peur sur le moment mais Adrian s'est excusé le soir-même et on s'est réconciliés. Un autre jour, peu avant celui où il a franchi la ligne rouge, ton parrain a demandé à me voir après le cours de potions, ce qui ne m'arrangeait pas trop vu que je devais rejoindre Adrian. Ton parrain souhaitait me parler de l'incident qui s'était produit quelques jours plus tôt lors du petit-déjeuner. Je m'étais disputé avec Adrian dans la Grande Salle et il avait essayé de me retenir en m'attrapant violemment par le bras. J'ai eu de la chance qu'il ne m'ait pas déboîté quelque chose… Ton parrain avait vu ça mais n'avait pas pu intervenir, ayant eu une urgence je ne sais où. Il tenait cependant à avoir une discussion avec moi à ce sujet. Il a tenté de me faire comprendre que ce n'était pas normal, que même si Adrian ne m'avait jamais frappé, ça pouvait venir, que je ne devais pas attendre que ça arrive pour réagir, mais je n'ai rien voulu entendre. J'ai pourtant eu la preuve qu'il avait raison quand j'ai retrouvé Adrian. Il était déjà sur les nerfs, il m'a limite agressé en guise d'accueil, il m'a reproché d'être en retard, et j'ai eu beau lui dire que c'était à cause du professeur Snape, il trouvait toujours le moyen de rejeter la faute sur moi… Heureusement, il a fini par se calmer et on est allés dans son dortoir. Du moins, il paraissait s'être calmé. En réalité, ce n'était que passager. En lui ôtant sa robe de sorcier, j'ai vu une lettre tomber d'une de ses poches, je l'ai ramassée et je la lui ai donnée. Si j'avais su ce que ça allait engendrer, je l'aurais posée quelque part sans qu'il ne s'en aperçoive. Cette lettre lui annonçait qu'il avait été refusé par l'équipe de Quidditch qu'il rêvait d'intégrer depuis qu'il était tout petit. Il ne l'a pas bien pris du tout, j'ai essayé de le faire relativiser, il m'a envoyé sur les roses et il m'a très mal parlé. J'ai voulu m'en aller, blessé par son ton et par ses paroles, il m'a fait culpabiliser de le laisser seul alors qu'il n'était pas bien, je me suis défendu, je lui ai fait reconnaître ses torts, il s'est excusé et on a décidé de passer à autre chose. Tu voulais savoir s'il y avait des choses qu'il faisait et que je ne veux pas que tu fasses, eh bien me crier dessus, être possessif et me brutaliser en font partie. Tu as déjà dû le remarquer, mais tu comprends mieux à présent pourquoi. Tu as également deviné tout à l'heure que ce que je t'ai fait, ce n'était pas la première fois que je le faisais. Tu dois te demander si Adrian m'a forcé à faire ça au cours de notre relation. En fait, c'est un peu plus compliqué que ça. La toute première fois, ça s'est produit juste après l'épisode de la lettre. J'ai voulu me rapprocher de lui mais il m'a repoussé, ce que je n'ai pas compris. Il m'a expliqué qu'il était encore sous tension, qu'il pouvait très vite réagir et que ce qu'on avait l'habitude de faire ne serait pas suffisant pour le soulager. J'ai voulu savoir ce qu'il faudrait que je fasse et il m'a dit… mince, c'est quoi, déjà, qu'il a dit ? Ah oui, il m'a dit qu'il aimerait que je m'occupe de lui autrement qu'avec mes mains, ou un truc comme ça. J'ai saisi ce qu'il sous-entendait par-là et ça m'a mis mal à l'aise. Je n'avais jamais fait ça et je n'étais pas sûr d'être prêt à essayer. Mais je sentais qu'Adrian pouvait encore s'énerver à tout moment et c'était tout ce que je voulais éviter. Son accès de rage qu'il avait eu quand il avait lu la lettre m'avait effrayé et j'avais peur de ce qu'il était capable de faire sous le coup de la colère. De plus, si je refusais de le soulager de la façon dont il le souhaitait, il allait être frustré et ça n'allait pas arranger les choses, bien au contraire. Je ne voyais donc qu'une solution : accepter de lui faire ce petit plaisir. Il ne m'a donc pas forcé à le faire, mais c'est moi qui me suis senti obligé de le faire. C'était soit ça, soit je prenais le risque de me faire de nouveau crier dessus, voire plus, car je pense qu'il aurait pu me frapper, même si je l'avais nié devant ton parrain. Pour conclure, on ne peut pas dire que j'aie été totalement consentant, mais il n'y a pas eu de forcing de la part d'Adrian. Tout ça n'en reste pas moins malsain, car je n'aurais pas dû faire ça par peur de ce qui pourrait se passer si je ne le faisais pas. Même les fois d'après, je ne l'ai pas fait de mon plein gré. J'avais le souvenir de cette première fois et ça me crispait, ça me bloquait, ça m'empêchait d'y prendre du plaisir. Ce qui fait que je n'ai jamais aimé faire ça avec lui. Tu dois te dire «Mais pourquoi tu me l'as fait, alors ?». Eh bien c'est simple : ça m'a attiré, alléché, je voulais en profiter, je voulais remplacer ces mauvais souvenirs par un bon souvenir et je voulais savoir ce que ça faisait de faire ça par pure envie. Et je n'ai pas été déçu. J'ai adoré ça. Parce que c'était pleinement consenti, parce que tu m'as laissé aller à mon rythme, et parce que je donnais du plaisir au garçon que j'aimais, qui m'aimait en retour, qui me respectait, qui me rendait léger et heureux et qui me faisait redécouvrir l'amour sous sa forme la plus pure. Voilà, tu sais tout, maintenant. Enfin, presque tout.
Harry se tut sur ces mots. Draco était un peu sonné par tout ce qu'il venait d'apprendre. Comment Harry avait-il pu se remettre d'une telle relation ? Il avait dû être vraiment amoureux, perdu, ou en manque d'amour pour être resté avec Pucey malgré tout ce qu'il lui faisait subir. Il n'y avait pas eu de violences physiques très poussées, telles que des gifles ou des coups, certes, mais il n'y avait pas que ce critère-là qui entrait en compte pour définir une relation comme étant abusive. La violence morale était tout aussi destructrice. Mais, heureusement, Harry avait pu se sortir de tout cela, même s'il avait fallu que les choses aillent trop loin pour qu'il soit protégé de Pucey, et Draco avait été très ému par ce qu'avait dit Harry à son sujet, à la fin de sa tirade. Rien ne lui faisait plus plaisir que de savoir Harry épanoui avec lui. Et il avait bien l'intention de continuer à tout faire pour contribuer à son bonheur.
- Merci de m'avoir fait part de tout ça, dit-il, touché. Je me doute que ça n'a pas dû être facile… Je ne sais pas comment tu as fait pour rebondir après tout ça. Même avec tout le soutien que tu as eu de la part de tes tuteurs et de tes amis, ainsi que les séances de thérapie avec Severus, tu aurais très bien pu rester traumatisé par cette histoire…
- Il n'y a pas eu que des mauvais moments dans notre relation, nuança Harry. Là, je t'ai raconté tout ce qu'il m'a fait de mal, mais la grande majorité du temps, il était adorable avec moi, et il ne faisait pas semblant. Il m'aimait sincèrement, autant que moi je l'aimais, sinon plus. S'il n'y avait pas eu la drogue et son côté possessif, tout se serait bien passé entre nous. On serait peut-être même encore ensemble, à l'heure qu'il est. Mais aujourd'hui, c'est avec toi que je suis, c'est toi que j'aime, c'est toi qui me rends heureux, personne ne l'aurait cru il y a un an, et pourtant, tomber amoureux de toi est sûrement l'une des meilleures choses qui me soient arrivées.
Les mots de Harry firent venir les larmes aux yeux de Draco. Incapable de répondre, il s'empara des lèvres de son petit-ami et l'entraîna dans un baiser rempli d'amour et de douceur. Ce ne fut qu'après ce baiser qu'il put réagir à la déclaration de Harry :
- Moi aussi je t'aime, si tu savais à quel point…
Harry sourit et embrassa à son tour Draco.
- Je ne t'ai pas dit le plus dur, mais…
- Tu m'en parleras quand tu en auras envie, et quand tu te sentiras prêt, coupa Draco d'un ton doux. Ne te mets pas la pression pour ça. On a tout notre temps, il n'y a pas le feu au lac.
Harry arqua un sourcil.
- Cette expression existe également dans le monde sorcier ?
- Ben… oui. On sait faire du feu, on a des lacs un peu partout dans le pays, donc oui, on utilise aussi cette expression. Ça se trouve, c'est un sorcier qui l'a inventée ! Et comme les sorciers et les moldus vivaient ensemble dans l'ancien temps, l'expression a dû devenir usuelle aussi bien chez les uns que chez les autres.
- Ça se tient, approuva Harry. J'aimerais quand-même savoir qui en est à l'origine.
- Je demanderai à Graham ou à Théo, ils s'y connaissent bien, en expressions.
À peine Draco eut-il terminé sa phrase que la mention de son capitaine de Quidditch lui fit rappeler quelque chose.
- En parlant de Graham… Ça fait plusieurs fois que je veux te poser la question mais à chaque fois, on part sur un sujet et je finis toujours par oublier.
- Eh bien vas-y, je t'écoute.
- Tu te souviens de la fois où on est allés dans le parc et que je t'ai laissé seul avec Graham à cause d'une urgence ?
- Oui, je m'en souviens très bien. Pourquoi ?
- Graham n'allait pas bien, à ce moment-là. Est-ce que tu sais ce qu'il avait ?
Harry eut l'air gêné.
- Oui, mais je ne suis pas sûr que ça t'intéresse.
- Tout m'intéresse à partir du moment où un de mes amis a un problème.
- Même si ça concerne Adrian ? Dont on vient de parler pendant environ une heure alors que tu fuis le sujet, à la base ?
Draco soupira.
- Je ne suis plus vraiment dans le même état d'esprit. La haine que j'avais envers lui m'empêchait d'avoir du recul, mais depuis peu, je repense à une conversation que j'avais eu avec Graham, et je me dis qu'il avait raison et que Pucey a dû avoir de gros soucis pour s'être plongé dans les potions droguées. Je repense aussi à la fois où je me suis moi-même drogué et si Severus n'avait pas été là, j'aurais recommencé et je serais sûrement devenu aussi accro que Pucey. La différence entre lui et moi, c'est que lui n'a eu personne pour l'aider, alors que moi, j'ai eu Severus. J'étais certes en froid avec lui, mais ma bêtise nous a permis de parler et de s'expliquer sur les tensions qu'il y avait entre nous. Il m'a ensuite aidé et je n'ai plus jamais eu envie de reprendre ce genre de potions. J'ai eu de la chance, contrairement à Pucey qui n'a pas su vers qui se tourner.
- Un peu comme moi avec mon mal-être et mes potions de sommeil sans rêves, murmura Harry. Et on voit où ça m'a mené…
- Mais tu m'as bien dit que tu avais vu une psychomage, pendant l'été ?
- Oui, et ça a un rapport direct avec ce dont on a discuté avec Graham ce jour-là, dans le parc. Mais je vais d'abord te raconter ce qui s'est passé l'été dernier et ce qui m'a conduit à aller consulter une psychomage.
Draco écouta alors Harry lui faire le récit de ses vacances et plus particulièrement de sa séance avec la psychomage Forester. Draco crut halluciner plusieurs fois en apprenant ce qu'elle avait osé dire à Harry. Si sa haine envers Pucey avait en quelque sorte disparu, il savait où elle s'était réincarnée : en Forester. C'était à présent elle qu'il détestait au plus haut point.
- Mais elle est complètement barge ! s'écria-t-il dès que Harry eut fini de parler. Ce ne sont pas ses patients qu'il faut interner, mais elle ! Comment ça se fait qu'elle puisse continuer à exercer ? Elle aurait dû être radiée depuis longtemps !
- Personne n'engage de poursuites contre elle, grimaça Harry. Mais ton parrain est sur le coup. Il est évidemment au courant de tout ça et il a découvert un peu par hasard qu'une autre élève avait eu les mêmes déconvenues avec cette psychomage. Il est en train de monter un dossier, mais le problème, c'est qu'il faudrait une liste d'au moins six ou sept personnes qui ont été traumatisées par Forester. Et ce n'est guère facile. Le moyen le plus simple serait d'obtenir le registre de ses patients, actuels comme anciens, mais à part le voler, on ne voit pas bien comment on pourrait s'en emparer…
Draco réfléchit quelques secondes avant qu'une idée ne lui vienne soudain en tête.
- On n'aurait qu'à créer une diversion pour qu'elle quitte son bureau, fouiller, et prendre une photo dès qu'on a le registre entre les mains. Comme ça, pas besoin de le voler.
Harry sembla considérer cette proposition.
- Pas bête du tout, finit-il par dire. Mais ton parrain n'acceptera jamais une telle idée. Il trouverait ça trop risqué.
- T'inquiète, je sais comment lui faire entendre raison.
Harry acquiesça et ne chercha pas à en savoir davantage, ce qui soulagea Draco. Il s'était bien gardé de préciser à Harry qu'en réalité, il n'allait pas exposer son idée à Severus, mais qu'il allait quérir son aide pour rencontrer Forester afin de mettre son plan à exécution, tout en cachant à son parrain ses véritables intentions. S'il disait à Harry ce qu'il comptait demander à Severus, il savait qu'il ne serait pas d'accord et qu'il tenterait de l'en dissuader par tous les moyens. Et il savait qu'il en serait de même pour Severus et qu'il allait galérer pour le convaincre. Mais il persévérerait et il réussirait, il en était persuadé. En attendant, il voulait savoir le lien entre Forester et Graham :
- Et donc, quel est le rapport entre la séance avec cette psychomage et ta discussion avec Graham ?
- Je vais t'expliquer. Pendant les vacances, il est allé voir Adrian à Sainte-Mangouste. Sa première visite l'a beaucoup choqué. Il m'a dit qu'il avait vu quelqu'un de détruit. Adrian n'allait pas bien du tout et a fondu en larmes dans ses bras. Ils ne se sont pas beaucoup parlés ce jour-là, Adrian n'ayant fait que pleurer. Graham est revenu quelques jours plus tard et là, Adrian s'est livré à lui. Il a avoué avoir fait cinq tentatives de suicide en peu de temps et avoir vu une psychomage mais sans que ça ne l'ait aidé. Graham ne sait pas précisément ce qui s'est passé durant cette séance mais suite à cela, Adrian a développé une phobie à l'idée de consulter quelqu'un d'autre et il a l'impression qu'aucun psychomage ne peut rien pour lui. Ces mots m'ont troublé car c'est exactement ce que j'ai ressenti après ma séance avec Forester. Sauf que pour Adrian, le traumatisme a été plus violent que le mien. Graham m'avait raconté un peu plus tôt qu'Adrian avait asséné que les psychomages ne servaient à rien et que ce métier ne devrait même pas exister. Je me souviens mot pour mot de ça car ça m'avait marqué. J'avais été moi-même choqué par mon entrevue avec Forester, mais pas au point de penser des choses pareilles… Quand Graham m'avait relaté ça, j'avais déjà commencé à avoir des doutes. Mais je ne voulais pas y croire. Je ne voulais pas qu'une autre personne ait été victime de la même psychomage. Mais quand Graham m'a dit qu'Adrian refusait catégoriquement de se faire aider par quelqu'un d'autre, même par une psychomage spécialisée auprès des jeunes adultes qui était prête à revenir travailler à Sainte-Mangouste juste pour lui, j'ai compris qu'il était prostré comme je l'avais été et mes doutes sont devenus une certitude. Il n'y avait qu'une seule psychomage qui avait pu le mettre dans un état pareil. Mais j'avais besoin de m'en assurer, d'en avoir le coeur net, d'avoir une preuve plus concrète qu'une simple intime conviction. J'ai posé des questions à Graham et ce qu'il m'a répondu m'a conforté dans mes soupçons. Il n'y avait plus de doutes possibles. Adrian avait bel et bien eu à faire à Forester. J'en ai parlé à ton parrain qui va tout faire pour rendre visite à Adrian, afin de le faire parler sur la psychomage qu'il a vue et pour le convaincre d'en voir une autre. Mais pour ce qui est de Forester, il m'a dit que trois patients victimes de son incompétence, ce n'était pas assez pour monter un dossier satisfaisant. Voilà, maintenant tu sais tout.
Draco se prit la tête entre les mains. Il comprenait mieux à présent pourquoi Graham lui avait paru aussi triste dans le parc. Il s'inquiétait pour son meilleur ami, et à raison. Draco avait beau en avoir énormément voulu à Pucey pour ce qu'il avait fait à Harry, jamais il ne lui aurait souhaité de subir le même choc que Harry avec cette folle de Forester… Il fallait vraiment faire quelque chose pour qu'elle soit renvoyée de son poste. Et Draco était encore plus décidé qu'avant à mettre son plan en marche. Il allait s'en mêler et Forester avait intérêt à réfléchir sérieusement à une reconversion car elle pouvait en être sûre : elle allait très bientôt être radiée de ses fonctions. Il mit cette pensée dans un coin de sa tête et reporta son attention sur Harry :
- C'est gentil de ta part d'avoir écouté Graham, en tout cas. Tu lui as dit pour Forester ?
- Oui, et il sait que ton parrain est sur le coup, mais qu'on n'a pas assez de matière pour incriminer Forester.
- On va la trouver, cette matière, déclara Draco. Cette psychopathe ne peut pas continuer à exercer, il faut la faire virer, ce n'est pas possible autrement…
- Je suis bien d'accord, soupira Harry. Elle a déjà fait assez de mal comme ça… Bon, avec tout ça, il est déjà dix-neuf heures, on ferait mieux d'aller dîner.
Draco acquiesça et prit les affaires que Harry et lui avaient jetées n'importe où. Ils se rhabillèrent, se recoiffèrent rapidement et quittèrent la salle sur demande. Alors qu'ils descendaient au quatrième étage, le regard de Draco fut attiré par une masse en bas des escaliers. Il tourna la tête pour voir ce que c'était et poussa un cri strident en voyant que c'était un rongeur. Il s'arrêta net, en plein milieu de l'escalier, n'ayant pas du tout envie de s'approcher de la bête. Harry, qui n'avait visiblement rien vu, se retourna et fixa Draco, l'air interloqué et inquiet.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Tu t'es fait mal ?
Draco secoua la tête et pointa du doigt le rongeur. Harry suivit des yeux la trajectoire de son index et haussa les sourcils en remarquant à son tour la présence de la bête.
- C'est ça qui t'a fait peur ? Mais ce n'est rien, voyons…
- Ce n'est rien ?! Mais c'est un rat, Harry, un rat ! Tu ne peux pas dire que ce n'est rien ! Il est fou, lui…
- Désolé mais j'ai cohabité pendant près de quatre ans avec un rat dans mon dortoir, et même si ce n'était pas un rat en réalité, mais un Animagus, je m'y suis habitué et c'est désormais pour moi une bestiole comme une autre. Mais je peux comprendre que certaines personnes en aient la phobie, ce qui est apparemment ton cas. Mais je ne suis pas sûr que ce soit vraiment un rat. Ça a l'air plus petit et plus mignon que ça. Ça a plus les traits d'un hamster, ou un truc comme ça.
- On ne doit pas parler de la même chose, rétorqua Draco. Mignon, et puis quoi encore… Mais si tu le trouves si attachant, tu peux aller le voir et lui dire de dégager d'ici, histoire qu'on puisse passer ?
- Je vais essayer de le faire fuir, mais en douceur, contrairement à ce que tu sembles me demander…
Harry rejoignit le rongeur qui ne bougea pas, à la grande surprise de Draco. Il s'attendait à ce que la bête détale, mais non, elle restait immobile, dans son coin. Harry s'accroupit, prit sa baguette et la dirigea vers l'animal. À peine l'eut-il effleuré que le rat sursauta et piétina avant de s'enfuir à toute vitesse. Rassuré, Draco descendit le reste des marches.
- Bizarre qu'il ne t'ait pas entendu, commenta-t-il.
- Oui, il a carrément fallu que je touche ses poils pour qu'il se rende compte que j'étais là…
- Il est peut-être sourd, ou alors il pensait bêtement que tu allais juste le contempler et t'en aller sans rien lui faire… On s'en fout, en vrai. Le principal, c'est qu'il ne soit plus là. Bon, dépêchons-nous si on veut avoir le temps de manger.
Harry acquiesça et emboîta le pas à Draco. Ils se pressèrent et parvinrent quelques minutes plus tard au rez-de-chaussée. Ils étaient à deux couloirs de la Grande Salle lorsque Harry interpella Draco :
- Au fait, comment ça se fait que tu aies peur des rats mais pas des scarabées ?
- Si tu pouvais éviter de me rappeler ça… Je savais que ce n'était pas un vrai scarabée, et qu'il ne me ferait donc pas de mal. C'était comme si je parlais à Skeeter, sauf que je la tenais dans ma main. D'ailleurs, tu sais ce qu'elle est devenue ?
- Non, et franchement je m'en moque. Tant qu'elle ne dit plus de bêtises dans la Gazette…
Draco approuva les mots de Harry. Ils arrivèrent à la Grande Salle, échangèrent un léger baiser et se séparèrent pour aller s'installer à leurs tables respectives. Blaise, Pansy et Théo étaient encore là et discutaient de Quidditch, et plus précisément de la Coupe de la Ligue.
- Ah, te voilà, s'exclama Pansy. Ouh là, tu as l'air un peu crispé…
- Je viens de faire la rencontre d'une immonde bestiole, marmonna Draco.
- Une immonde bestiole ? Dans ce château ? Comme ce serait étonnant, se moqua Blaise. Après un chien à trois têtes, un Basilic et un Troll, plus rien ne saurait nous surprendre…
- Ouais non mais là, c'était beaucoup plus petit.
- Un ver de terre géant ?
- Il a dit «plus petit», Pansy…
- Oui bah même géant, un ver, ça reste plus petit qu'un basilic ou un Troll…
- Non, ce n'était pas un ver de terre, indiqua Draco.
- C'était quoi, alors ?
Draco hésita puis avoua :
- Un rat. Enfin non, Harry a dit que ce n'était pas ça, mais pour moi, c'était tout comme.
- Non mais tu es sérieux ? Et c'est toi qui te fiches de moi quand je hurle dans la salle commune dès que je vois une souris ou un rat ?! s'indigna Pansy.
- Je n'ai jamais dit que je portais ces bêtes dans mon coeur et que je n'en avais pas peur, se défendit Draco. C'est juste que contrairement à toi, je n'en suis pas au point de grimper sur la première table que je vois en criant… Mais même si je ne fais pas trop la différence entre un rat, une souris et les autres rongeurs, je dois reconnaître que celui-là n'était pas comme ceux qu'on a l'habitude de voir dans la salle commune… C'était à peine plus grand qu'une souris. D'après Harry, ça avait les traits d'un hamster. Moi, j'ai vu cette bestiole de loin, donc je ne pourrais pas dire à quoi ça ressemblait exactement. Il était tout contre le coin d'escalier, il ne bougeait pas d'un poil, ce n'était pas évident de distinguer quoi que ce soit.
- Attends, ça me fait penser à quelque chose, dit Pansy, les sourcils froncés. Moi aussi, j'ai croisé un rat qui n'en était pas un, en réalité… C'était quand, et avec qui ? J'ai un blanc… Ah, non, ça y est, ça me revient ! C'était peu après les vacances de Noël, lors d'une ronde avec Ron. Ah mais tu dois t'en souvenir, Théo ! Je t'avais raconté ça et tu m'avais donné quatre ou cinq noms de rongeurs que ça pouvait être.
Théo, qui était demeuré silencieux jusque-là, eut l'air gêné.
- Oui, et après mon rendez-vous avec le professeur Snape, j'étais censé aller voir si le rongeur était toujours au même endroit… Et je n'y suis jamais allé. En sortant de la convocation, j'avais surpris Milligan et Parker en train d'intimider Justin. On était en froid, à ce moment-là, mais on avait pu se réconcilier à cette occasion, il m'avait même implicitement dit pour la première fois qu'il m'aimait et j'étais tellement heureux que j'en avais oublié le rongeur dont tu m'avais parlé et dont je devais vérifier la présence à l'étage que tu m'avais indiqué.
- Tu es tout excusé, dit Pansy d'un ton amusé. Du coup, selon toi, est-ce que le rongeur que Draco et moi avons vu serait le même ? Tu t'y connais, en matière de comportement de ces bêtes-là ? Ça leur arrive souvent de se réfugier au bas des escaliers et de rester prostrés ?
- S'ils sont blessés ou s'il y a des prédateurs dans les parages, oui, c'est une manière pour eux de se protéger. Sinon, ils ont plutôt tendance à fuir.
- Celui que j'ai vu était peut-être blessé, dans ce cas, songea Draco. Harry s'est approché très près de lui et il n'a pas du tout bougé. Il a fallu que Harry l'effleure avec sa baguette pour qu'il réagisse. J'ai pensé qu'il devait être sourd, ce qui expliquerait pourquoi il n'avait pas l'air de s'être aperçu de notre présence alors que j'avais crié…
- Vous n'avez pas remarqué du sang ou une position bizarre d'une de ses pattes ? interrogea Théo.
- Non, même si c'était une bête plutôt mignonne, je ne l'ai pas inspectée dans les moindres détails, railla Pansy. Mais il y avait une tâche, au niveau de son dos. Je me demande si ça ne vient pas d'un sort qu'on lui aurait lancé… Un élève aurait pu être tellement effrayé qu'il aurait attaqué la bête…
- C'est peut-être l'animal de quelqu'un, supposa Blaise.
- Si c'est le cas, il faudrait retrouver le ou la propriétaire au plus vite avant que cette pauvre bête ne se fasse tuer par une baguette ou par Miss Teigne…
- Je déposerai une note sur le tableau de la salle commune, déclara Draco.
- Et on demandera aux autres préfets d'en faire autant, ajouta Pansy. Ça peut sembler dérisoire mais si c'est un jeune élève qui a perdu son animal de compagnie, il faut se mettre à sa place… Et c'est notre devoir de préfet de veiller à ce genre de choses.
- Oh là là, je n'aurais jamais pu être préfet, soupira Blaise. Il y a trop de choses à gérer…
- Ça devient assez naturel au bout d'un moment, dit Pansy en souriant. Bon, on en était où lorsque Draco a débarqué ? Ah oui, les Faucons de Falmouth…
La discussion se réorienta ainsi vers la Coupe de la Ligue. Draco y participa quelques minutes mais il décrocha bien vite, laissant son esprit divaguer et se focaliser sur un tout autre sujet. Il repensa à tout ce que Harry lui avait raconté, et plus particulièrement à la psychomage Forester. Elle avait fait trop de dégâts, il ne supportait pas l'idée qu'elle puisse continuer à traumatiser des adolescents. Le fait qu'elle ait enfoncé Harry au lieu de l'aider comme elle aurait dû le faire le mettait hors de lui. Il vengerait son petit-ami et ferait radier cette folle de l'ordre des psychomages. Même si pour cela, il devait mentir à Severus. Parfois, il fallait oser prendre des risques et Draco était prêt à s'y résoudre. Il avait un plan en tête et il le suivrait, il s'en faisait la promesse.
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(lundi 27/05) POV Terry
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- Zut, je crois que j'ai oublié mes traductions dans le dortoir… Et je n'aurai pas le temps d'aller le récupérer après le cours de métamorphose… Reste là, je vais aller le chercher.
Michaël partit sans laisser le temps à Terry de répondre. Il se retrouva seul, Anthony étant soigné à l'infirmerie pour plusieurs côtes fêlées. Le matin-même, comme la plupart du temps, il s'était levé plus tôt que Terry et Michaël et avait surpris dans la salle commune un élève de septième année en train d'intimider et de brutaliser un jeune élève. Anthony était intervenu et avait tenté de raisonner le plus âgé mais celui-ci s'en était pris à lui à son tour. Le jeune élève, bien que choqué, avait trouvé la force et le courage de monter au dortoir des garçons de cinquième année afin d'aller quérir l'aide de Terry. Celui-ci était aussitôt descendu et avait rapidement neutralisé l'élève de septième année. Il lui avait demandé son nom et après avoir accompagné Anthony à l'infirmerie, il avait fait un rapport qu'il irait donner au professeur Black à dix-sept heures. Il avait été rassuré de savoir qu'Anthony ne souffrait «que» de trois côtes fêlées et qu'il serait vite remis sur pied. Pour l'heure, il s'abreuvait de potions et se reposait à l'infirmerie. Pour ce qui était de Terry, jamais il n'avait eu à faire son devoir de préfet aussi tôt dans la journée. Du moins, pas pour quelque chose d'aussi sérieux. Mais c'était ça, d'être préfet. Il fallait être prompt à réagir, à n'importe quelle heure du jour et de la nuit, et peu importe la situation.
Tandis qu'il attendait le retour de Michaël, Terry fut hélé par une voix féminine :
- Terry ? Qu'est-ce que tu fais ici tout seul ?
Terry se retourna et vit Lavande s'avancer vers lui. «Oh non, pas elle» songea-t-il. Lavande ne lui avait rien fait, en soi, mais il avait des raisons de vouloir l'éviter. L'année précédente, peu après sa rupture avec Lisa, il avait été approché par Lavande qui lui avait clairement fait comprendre qu'elle était intéressée par lui. Sauf que ce n'était pas du tout réciproque. Terry le lui avait dit et elle l'avait très mal pris, même si elle avait fait mine devant lui de ne pas être vexée. Elle n'avait plus rien tenté depuis, mais Terry savait qu'elle n'avait jamais oublié son faible pour lui. Lorsque leurs regards se croisaient, elle ne se privait pas pour lui faire des œillades très significatives et lui sourire d'un air charmeur. Et récemment, il avait l'impression qu'elle l'observait plus souvent qu'à l'accoutumée. Il en était gêné, ayant surtout peur que Hermione s'aperçoive de quelque chose. Pour l'instant, elle ne se rendait compte de rien, et Terry espérait que Lavande se lasserait avant que Hermione ne voit son petit jeu. Malgré son agacement, il répondit à Lavande :
- J'attends Michaël, il est parti chercher quelque chose.
- Tu n'es pas avec Hermione ?
- Non, comme tu vois.
- Ça tombe bien, je voulais te parler d'elle. Je veux le faire depuis un moment mais c'était dur de te trouver sans Hermione ou sans tes amis.
- Je n'ai pas trop le temps, Lavande, Michaël va bientôt revenir…
- J'irai droit au but, ne t'inquiète pas. Voilà, peu après les vacances de Pâques, à plusieurs reprises, j'ai vu Hermione suivre de près un garçon de sixième ou septième année, toujours au même endroit. Je veux bien qu'elle soit préfète, mais elle n'était pas de ronde et ce garçon n'avait rien d'un dealer. Je le sais puisqu'une fois, à ce même endroit, je l'ai vu rejoindre et embrasser une fille qu'il voyait certainement en cachette. Je ne suivais pas du tout ce garçon, pour ma part, j'avais juste des rendez-vous réguliers avec quelqu'un dans les mêmes environs, à la même heure. Je pensais que tu avais le droit de savoir ça. Hermione semblait vraiment à fond sur ce garçon.
«Bien joué, Lavande, mais tu n'as pas les bonnes informations» se moqua intérieurement Terry.
- Merci, mais tu arrives longtemps après la bataille. Je suis déjà au courant de tout ça, et ce n'est pas du tout ce que tu crois. Je ne peux pas te dire la vérité à ce sujet, car ça ne concerne que Hermione, mais elle n'a jamais eu le béguin pour ce garçon. Je te dirai seulement qu'elle croyait vraiment que c'était un dealer, qu'elle en était persuadée et qu'elle voulait à tout prix le coincer.
- C'est ce qu'elle t'a raconté ? Et tu l'as crue ? Mon pauvre Terry, tu es bien trop naïf… À part toi, tout le monde sait qu'elle n'est pas la préfète aussi sage qu'elle n'en a l'air, et qu'elle ne s'intéresse jamais qu'à un seul garçon… L'année dernière, elle roucoulait en même temps avec Harry et Viktor Krum !
- Ça, c'est ce que l'autre cruche de Rita Skeeter a bien voulu faire croire dans la Gazette ! Mais tout ça, ce n'étaient que des bêtises ! Hermione ne sortait ni avec Harry, ni avec Viktor Krum ! Et encore moins avec les deux à la fois !
- Mais qu'est-ce que tu en sais ?! Tu ne la calculais même pas, à l'époque !
- Je la connais, et je sais qu'elle n'est pas comme ça !
- Ce n'est pas ce qui était dit dans la Gazette.
- Mais il faut arrêter de faire confiance à tout ce qui est écrit dans ce torchon ! Tu me traites de naïf, mais là, c'est toi qui es trop crédule !
- Je reste convaincue qu'elle n'était pas aussi blanche que ça dans cette histoire, s'entêta Lavande. Mais quand bien même tu aurais raison, qu'elle n'ait jamais été intéressée ni par le pseudo dealer, ni par Harry, ni par Krum, il y a en revanche bien un garçon qui ne l'a pas laissée indifférente. Elle ne t'a jamais parlé de McLaggen, pas vrai ?
- Non, pourquoi ? se méfia Terry.
- Je m'en doutais. Et c'est compréhensible. Il doit bien être l'un des seuls garçons à avoir réussi à la mettre hors de ses gonds… Il n'avait pas fait grand-chose, pourtant. Il l'avait juste un peu draguée. Mais ça a suffi à Hermione pour le gifler.
- Il a dû aller un peu plus loin qu'une simple drague pour l'avoir poussée à bout comme ça, répliqua Terry. Ou alors elle était déjà sur les nerfs et il n'a rien arrangé, ce qui est tout à fait plausible.
- Tu essaies de lui chercher des excuses, là. Mais tu ne trouves pas ça bizarre, toi, qu'elle ne t'en ait pas parlé ? Qu'est-ce qu'elle risquait à le faire, si elle n'avait rien à se reprocher ?
- Elle avait sans doute peur que j'aille mettre mon poing dans la figure de McLaggen.
- C'est ce que tu aurais fait ?
- Bien sûr que non, s'agaça Terry. Je ne suis pas du genre violent, même sous la pression.
- Ce n'est pas ce que Hermione pense, alors. Si elle croit que tu es capable d'aller frapper un garçon qui aurait osé la draguer, c'est qu'elle te connaît mal et qu'elle ne te fait pas assez confiance. Dans tous les cas, il y a anguille sous roche. Tu ferais mieux d'en discuter avec elle.
- Je sais ce que j'ai à faire, merci, rétorqua sèchement Terry. Et ne te fais pas d'illusions. Je vois très bien ce que tu essaies de faire. Tu veux que ça casse, entre Hermione et moi, et tu fais tout pour que ça arrive. Mais même si Hermione et moi venions à rompre, ce n'est pas dans tes bras que j'irais me réconforter. Je n'aurais pas envie de me remettre en couple de sitôt, et surtout pas avec toi. Tu perds ton temps à vouloir m'attirer dans tes filets, trouve-toi quelqu'un d'autre et fiche-moi la paix. À bon entendeur.
Terry s'en alla sur ces mots et prit la direction de la Tour de Serdaigle, désirant voir ce qui retardait Michaël qui n'était toujours pas revenu. Ils étaient relativement en avance lorsqu'ils étaient sortis de la Grande Salle mais là, il était à présent midi quarante-cinq et ils avaient cours de métamorphose à treize heures. Et monter au sixième étage, cela prenait du temps. Heureusement, il n'eut pas besoin d'aller jusqu'à la Tour puisqu'il croisa Michaël à mi-chemin.
- Ah, te voilà, tu en as mis du temps à chercher ton devoir…
- Je ne savais plus où je l'avais mis et j'ai dû tout fouiller de fond en comble pour le retrouver…
- Si ton espace était mieux rangé, aussi…
Michaël haussa les sourcils. Réalisant ce qu'il venait de dire, Terry se sentit rougir de gêne. Cela ne lui ressemblait pas de faire ce genre de remarque à un de ses amis. Les seules fois où il lançait des piques de ce genre, c'était quand il n'allait pas bien. Et ça, Anthony et Michaël le savaient très bien. Ce fut pourquoi ce dernier, bien loin de se vexer, s'inquiéta :
- Il s'est passé quelque chose pendant que je n'étais pas là ?
- Non, mentit Terry.
- Mmmh, et je dois te croire ? lâcha Michaël, sceptique. Tu étais plutôt de bonne humeur avant que je ne m'en aille, et là, je reviens, tu m'attaques sans raison…
Terry retint un soupir. Michaël allait le harceler jusqu'à ce qu'il crache le morceau. Ne voulant pas tout lui révéler, il opta pour une semi-vérité :
- Une fille vient d'essayer de discréditer Hermione dans le but de me faire rompre avec elle et ça a le don de m'énerver.
Michaël écarquilla les yeux.
- T'es sérieux ?! Mais qui est cette fille ?
- Aucune idée, je ne la connais pas, prétendit Terry. Mais elle a dû être missionnée par quelqu'un de plus proche qui ne veut pas que je sache que ça vient de lui ou d'elle et qui a donc préféré envoyer cette personne pour me parler…
- C'est tordu, mais c'est possible, admit Michaël. Mais tu ne devrais pas faire attention à ce qu'elle a dit, quoi que ça puisse être, tu sais que c'est faux, ça ne vaut pas le coup de se prendre la tête pour ça…
Terry fit une moue.
- Justement, je ne suis pas sûr que tout soit faux… Enfin je ne sais pas. Cette personne semblait bien renseignée et si ce qu'elle dit est vrai, Hermione m'aurait délibérément caché quelque chose… Et si c'est le cas, j'ignore comment l'interpréter.
- Je vois. Écoute, le mieux, c'est que tu en discutes avec Hermione. Et si elle t'a vraiment caché un truc, mets-toi à sa place et demande-toi comment tu aurais réagi si tu avais été elle.
- Tu as sûrement raison, mais… ça ne m'arrange pas trop de devoir avoir cette conversation pesante avec elle maintenant, en fait. J'avais prévu d'aborder un tout autre sujet et je m'imagine mal le faire après lui avoir demandé des explications sur quelque chose d'aussi délicat…
- C'est quoi, ce sujet que tu voulais aborder ?
- Je vous dirai ça dans le dortoir, quand Anthony sera sorti de l'infirmerie.
Michaël acquiesça alors que Terry et lui arrivaient au quatrième étage. Ils en montèrent encore deux et se rendirent à la salle de métamorphose. Ils y entrèrent et s'assirent chacun à côté de leur binôme. Terry s'efforça de faire comme si de rien n'était avec Hermione, mais le souvenir de sa discussion avec Lavande le hanta durant tout le cours. Et sa concentration ne fut guère plus présente en runes, où il était pourtant avec Michaël, Hermione partageant la table de Théo. Terry fit de son mieux pour écouter ce que disait le professeur Babbling, mais son esprit ne lui facilita pas la tâche et ne cessa de divaguer ailleurs. Il avait bien choisi son moment pour avoir des problèmes dans son couple… Car à deux semaines et demie des BUSE, il avait espéré de bien meilleures conditions pour préparer ces examens ô combien importants…
.
- En fait, Anthony t'a un peu sauvé la mise en se battant avec un imbécile ce matin… Comme ça, tu as une bonne excuse pour ne pas passer le reste de la journée avec Hermione, vu qu'Anthony peut sûrement déjà sortir…
- C'est vrai, admit Terry. Mais j'aurais préféré que cette bagarre n'ait pas eu lieu. En parlant de ça, il ne faut pas que j'oublie d'aller donner mon rapport au professeur Black à dix-sept heures…
- T'inquiète, je t'y ferai repenser.
- Oh oui, je n'ai aucun doute là-dessus… Ce n'est pas comme si, pas plus tard que ce matin, tu avais laissé tes traductions de runes dans le dortoir alors qu'elles étaient à rendre pour cet après-midi…
Michaël tira la langue à Terry qui ne put s'empêcher de sourire. Ils arrivèrent bientôt à l'infirmerie où ils furent vite accueillis par Mrs Pomfrey.
- Vous venez voir M. Goldstein ? devina-t-elle.
- Oui, confirma Terry.
- Vous pouvez y aller, il est apte à s'en aller. Il se trouve tout au fond à droite.
- Merci, dirent Terry et Michaël en choeur.
Ils se dirigèrent vers les paravents indiqués et y virent effectivement leur meilleur ami prêt à quitter les lieux. Ils saluèrent l'infirmière et partirent, croisant au passage deux élèves qui en soutenaient un autre. Au vu des pustules sur le visage de ce dernier, il avait été victime soit d'une plante, soit d'une explosion de chaudron. Une fois sortis de l'infirmerie, les trois amis prirent le chemin des escaliers qu'ils descendirent jusqu'au rez-de-chaussée, souhaitant se rendre à leur Tour qui se situait du côté ouest du château. La salle commune était bondée, aussi décidèrent-ils d'aller dans leur dortoir. Ils y montèrent et s'installèrent sur le lit de Terry.
- Comment ça va ? s'enquit Terry.
- Eh bien, ça pourrait aller mieux, mais avec les potions, c'est supportable, répondit Anthony. Et je me dis que je m'en sors plutôt bien. J'aurais pu avoir les côtes cassées. Le truc le plus embêtant là-dedans, c'est d'avoir loupé une journée de cours.
- Terry te passera ceux du matin, et moi ceux de l'après-midi.
Anthony fronça les sourcils.
- Pourquoi cette répartition ?
Terry vit Michaël lui jeter un coup d'oeil.
- Ben, disons que Terry n'était pas très concentré en runes, et je ne pense pas qu'il l'était davantage en métamorphose…
- Pourquoi ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
Terry raconta à Anthony sa discussion du midi avec Lavande, sans la mentionner et en omettant les mêmes détails qu'il n'avait pas précisés à Michaël.
- Je lui ai dit de voir ça avec Hermione, mais il n'était pas très emballé, ajouta celui-ci.
- C'est pourtant le mieux à faire, estima Anthony. Il faut que tu sois fixé.
- Mais je devais lui parler d'autre chose, se lamenta Terry. Seulement, on ne sera plus dans le bon mood une fois qu'on se sera expliqués sur ce qu'elle m'a prétendument caché… Car ce n'est même pas sûr qu'elle m'ait caché quoi que ce soit… Mais j'espère que c'est le cas, en fait, car au moins, je ne lui en voudrais pas pour ça. Alors que si, en réalité, elle ne m'a rien caché du tout, elle risque de mal prendre le fait que j'aie pu douter d'elle… Dans tous les cas, ce ne sera pas le bon moment pour que je lui fasse part de ce dont je voulais lui parler.
- Maintenant qu'Anthony est là, tu peux nous dire ce que c'est ?
Terry insonorisa l'espace, chose qu'il n'avait pas faite avant, et se lança :
- Dans la dernière lettre qu'elle m'a envoyée, ma mère m'a fait savoir qu'elle aimerait bien faire la connaissance de Hermione pendant l'été. Elle souhaiterait donc l'inviter une semaine ou deux à la maison, si nous sommes d'accord ainsi que les parents de Hermione.
- Ah ouais, carrément… Mais tu lui as dit que tu envisageais de te marier avec Hermione et d'avoir des enfants avec elle, pour que ta mère veuille déjà la rencontrer ? s'étonna Michaël.
- Bien sûr que non, je ne suis pas du genre à me projeter aussi vite, répliqua Terry. Mais tu as mis le doigt sur ce qui me pose problème. Je me demande si ce n'est pas un peu trop tôt, si on ne brûle pas un peu les étapes en allant l'un chez l'autre pendant les prochaines vacances… Ça me ferait plaisir, évidemment, mais… je ne sais pas quoi en penser. Après, début juillet, ça fera six mois qu'on sera ensemble, c'est peut-être une durée de couple raisonnable pour des présentations officielles…
- Ne te base pas sur ce que feraient les autres, base-toi sur ce que toi, tu ressens, conseilla Anthony. Il n'y a pas de loi ni de convention à ce sujet. Certaines personnes peuvent attendre deux semaines et d'autres deux ans pour présenter leur moitié à leur famille… Le choix de ce moment est propre à chacun. Il viendra quand vous serez prêts, et c'est cette question que tu dois te poser. C'est quelque chose qui se décide à deux, donc si tu es paumé, évite de trop y penser, tu y verras sans doute plus clair quand tu en parleras avec Hermione.
Terry acquiesça distraitement.
- Tu as raison, admit-il. Je verrai ça quand ce sera redevenu normal entre nous, au cas où il y aurait des tensions suite à notre discussion. Mais pour en revenir à la proposition de ma mère, il n'y a pas que le fait de présenter Hermione à mes parents qui m'inquiète. Pendant l'été, il y aura sûrement ma sœur qui viendra. S'il n'y avait qu'elle, ça irait, mais il y aura aussi son petit-ami et leur bébé… Et j'ai peur que ça fasse de trop. Hermione ne sera peut-être pas à l'aise…
- Il faut aussi que tu parles de ça avec elle. Tout ce qui te hante l'esprit, tu dois le partager avec elle. Surtout que ça la concerne à cent pour cent, donc tu ne peux pas garder ça pour toi.
- C'est vrai, ça me paraît logique, maintenant… Quel piètre Serdaigle je fais. Même pas capable de réfléchir correctement et de voir ce qui est évident…
- On a moins de discernement quand il s'agit de traiter ses propres problèmes, déclara Anthony. On est tous comme ça, qu'on vienne de Serdaigle, Poufsouffle, Gryffondor, Serpentard, Beauxbâtons, Durmstrang… Ou bien même du monde moldu. Il y avait autre chose qui te tracassait ?
- Oui. Mais c'est plus… délicat, je ne sais pas comment m'exprimer là-dessus…
- Tu peux tout nous dire, tu le sais, l'encouragea Michaël. Si tu nous annonces au beau milieu d'un repas que tu as tué quelqu'un, eh bien on fera notre devoir d'ami, c'est-à-dire qu'on te dénoncera et qu'on viendra te rendre visite à Azkaban.
Terry leva les yeux au ciel.
- J'ai cru un instant que tu allais rester sérieux, pour une fois, ironisa-t-il.
- Ça ne me ressemblerait pas, voyons. Mais c'est beau d'espérer. Non mais en vrai, si ça arrivait, on te couvrirait sans hésiter et on essaierait de trouver un endroit cool où tu pourrais te cacher, le temps que tu changes de visage et d'identité. Comme ça, ni vu, ni connu, personne ne serait en mesure de te reconnaître et le tour serait joué.
- Ce plan t'est venu beaucoup trop vite, on se poserait presque des questions si ça ne faisait pas six ans que tu étais notre ami…
- Oui, mais comme ça fait six ans qu'on est amis, vous savez que j'ai une imagination débordante. Bon, dis-nous tout, Terry. Qu'est-ce qu'il y a d'autre qui te chafouine ?
- Eh bien… Je suis angoissé à l'idée que mes parents puissent croire que j'aie déjà sauté le pas avec Hermione alors que pas du tout. Quand je leur ai appris que je sortais avec Lisa lors des vacances de Noël, ils m'ont fait la prévention en long, en large et en travers parce que j'allais avoir quinze ans et que c'est l'âge de la maturité sexuelle, et comme ça fait un moment que je suis avec Hermione, ils peuvent très bien penser qu'à l'heure qu'il est, notre relation ne soit plus vraiment chaste… Et s'ils font une remarque à ce sujet quand Hermione sera là, ça va créer un énorme malaise car on n'en a même pas encore parlé, elle et moi, et qu'elle ne s'attendra pas à ce que le sujet soit abordé…
- Je vois, du genre «Désolé, les enfants, mais ici, ce ne sera pas comme à Poudlard, ce sera chambre à part», supposa Michaël.
- Exactement, approuva Terry. C'est typiquement le genre de phrase que mon père pourrait sortir en plein repas, juste pour plaisanter ou pour nous prévenir gentiment, sans vouloir nous embarrasser, et ça aura tout l'effet inverse…
- Dans ce cas, si ce sera décidé que Hermione viendra chez toi durant l'été, il faudra qu'en amont, tu mettes les choses au clair avec tes parents. Ça va être gênant pour toi, mais ça devra être fait. Et ne retarde pas trop ce moment, sinon tu vas te retrouver à avoir cette discussion la veille de l'arrivée de Hermione et ce ne sera pas trop l'idéal.
Terry écouta attentivement les conseils d'Anthony.
- Je ferai tout ça. Merci pour votre aide, je sais ce que j'ai à faire, maintenant, même si ça ne va pas être facile, que ce soit pour demander à Hermione des explications ou pour dire à mes parents que je n'ai rien fait avec Hermione et qu'il faudra donc éviter de faire la moindre remarque à ce sujet en sa présence…
- Je suis bien content d'être célibataire quand je vois les galères que ça peut causer d'être en couple, grimaça Michaël.
- Quand tu es heureux avec la personne que tu aimes, le bonheur que ça t'apporte vaut bien tous les soucis qu'une relation de couple peut comporter, assura Terry. Vu la tête que tu fais, tu ne dois pas y croire mais tu comprendras mieux quand tu seras réellement amoureux et que tu trouveras la bonne personne. Bon, je dois y aller, j'ai quelque chose à faire.
- Quoi donc ? s'enquit Michaël.
Terry le regarda en se demandant s'il était sérieux ou s'il se moquait de lui. Il espérait que ce soit la seconde option mais il dut se rendre à l'évidence en voyant l'air vraiment curieux et intrigué de son ami : celui-ci ne se souvenait plus de ce qu'il aurait normalement dû lui rappeler.
- Le rapport que je dois transmettre au professeur Black, concernant la bagarre de ce matin, répondit Terry. Tu étais censé m'y faire repenser. Mais je ne comptais pas trop là-dessus, tu avais beaucoup plus de risques que moi d'oublier.
- Ce n'est pas très gentil, ça, bouda Michaël.
- C'est seulement la vérité, s'amusa Terry. Allez, j'y vais, à tout à l'heure.
Terry se leva de son lit et prit son sac. Il quitta le dortoir, puis la salle commune et se dirigea ensuite vers les escaliers. Sur le chemin, il songea à la chance qu'il avait d'être aussi bien entouré. Avant de sortir avec Hermione et de faire la connaissance de Harry, Ron, Draco, Blaise, Pansy, Théo, Justin et Ginny, il n'avait qu'Anthony et Michaël et cela lui avait toujours suffi. Ses deux meilleurs amis se complétaient très bien, le calme et la sagesse d'Anthony tempérant le côté fonceur et insouciant de Michaël, et le fait qu'ils soient très différents des membres de la bande était une très bonne chose selon Terry. Il ne voulait pas faire de comparaisons ou de rapprochements entre ceux de la bande et ses meilleurs amis. Il remerciait infiniment ces deux derniers d'accepter de le partager avec ses neuf autres amis, car il ne s'imaginait plus à présent sans eux. Il espérait juste que ses explications avec Hermione allaient bien se passer. Il avait un peu peur, mais il savait au fond de lui qu'en s'y prenant bien, il n'y aurait pas d'accrocs entre eux. Après tout, Hermione et lui étaient des personnes posées et réfléchies, ils s'aimaient, ils se faisaient confiance, ils étaient habituellement dans le dialogue, et c'était sûrement le mélange de tout cela qui allait les sauver de toutes sortes de situations auxquelles ils seraient tôt ou tard confrontés…
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(mardi 28/05) POV Severus
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En revenant des cachots où il avait donné cours aux élèves de cinquième année, Severus fut à peine surpris de voir Poppy devant ses appartements. Cela arrivait si souvent depuis une dizaine de jours que Poppy n'avait même plus besoin d'expliquer pourquoi elle était là. C'était tous les ans pareil. Plus les examens approchaient, plus les élèves étaient stressés, si bien que certains faisaient des crises d'angoisse n'importe quand dans la journée, aussi bien le matin au petit-déjeuner, qu'en plein cours l'après-midi, ou bien le soir dans leur salle commune ou dans leur dortoir. Et cette année ne faisait pas exception. Comme d'habitude, c'étaient en grande partie des première, cinquième et septième année qui étaient concernés. Pour les plus jeunes, c'était la première fois qu'ils préparaient des examens, ils avaient donc plus de mal à gérer le stress que cela occasionnait. Pour les cinquième et septième année, c'était l'importance des examens qu'ils allaient passer qui les rendait anxieux. Il y avait tout de même un peu plus de cas chez les cinquième année, qui se retrouvaient tout à coup à avoir la pression de devoir réussir leurs examens pour pouvoir faire ce qu'ils voulaient ensuite, alors que cela faisait deux ans pour les septième année qu'ils avaient cette pression. Ils avaient alors eu le temps d'apprendre à la contrôler, contrairement à leurs cadets pour qui ce trac supplémentaire était tout nouveau.
En réalité, c'était dès le mois de mars que des élèves de cinquième année se mettaient à craquer, à cause de la fatigue due à la masse de travail et à la perspective des BUSE qui étaient leurs premiers gros examens, mais c'était surtout au mois de mai que la panique se faisait clairement ressentir. Car il y avait toujours des élèves qui, à un mois des examens, réalisaient soudain que les BUSE étaient bientôt là, et cela provoquait un gros stress qui était encore plus intense lorsqu'ils estimaient ne pas être prêts. Mais que ce soient des élèves de première, cinquième ou septième année qui allaient voir l'infirmière pour soulager leur angoisse, le traitement était le même : des potions calmantes, plus ou moins dosées, à prendre une à deux fois par jour en fonction du niveau du stress, ainsi que, parfois, des potions de sommeil sans rêves lorsque les élèves faisaient des cauchemars, et ce, jusqu'à la fin des examens. Et c'était précisément à cause de cela que Poppy faisait régulièrement appel à Severus en fin de journée. Car à force de prescrire ces potions à tout le monde, le stock diminuait et Severus devait en fabriquer environ tous les deux jours afin qu'il n'y ait pas de pénurie. Il était habitué, mais cette année, les visites de Poppy se faisaient bien plus fréquentes, étant donné qu'avec ses nouvelles fonctions de psychomage, Severus n'avait pas pu prévoir en amont la fondue annuelle du stock de potions calmantes. Les autres années, il faisait à l'avance plusieurs chaudrons de potions pour que Poppy puisse tenir au moins une semaine lors du début de cette période où la réserve de ces potions commençait à se réduire. Là, cela avait été purement impossible. Résultat, un jour sur deux, Severus consacrait sa soirée à préparer ces potions. Cela l'obligeait à se coucher plus tard, car il n'avait pas que ces breuvages à fabriquer. Il y avait d'autres potions dont Poppy avait besoin pour l'infirmerie, il y avait les commandes de Sainte-Mangouste, il y avait les potions spéciales de Draco que celui-ci devait prendre durant les examens, il y avait les derniers tests à faire passer aux candidats au poste de préfet et de préfète, il y avait son devoir de directeur de maison, il y avait les séances de thérapie avec ses patients, il y avait les sujets des examens dont ses collègues et lui devaient s'occuper pour leurs matières respectives… Oui, car deux jours plus tôt, les professeurs avaient été convoqués par Dumbledore qui leur avait annoncé que les examinateurs ne seraient pas disponibles pour la session des examens à Poudlard, étant pris par d'autres obligations. Cela n'avait guère étonné Severus.
En quatorze ans de métier, il n'y avait eu que cinq ou six fois où il avait été exempté de faire passer les examens de potions. Cela était dû au fait que les examinateurs n'étaient pas assez nombreux en Grande-Bretagne pour qu'ils soient en mesure d'assurer chaque année les examens à Poudlard. Car il n'y avait pas que dans cette école où ils étaient réquisitionnés. Ils devaient également s'occuper de toutes les formations et ils étaient tellement débordés que, tous les ans, il y avait certaines écoles supérieures où, comme à Poudlard, les professeurs devaient préparer leurs propres examens. Cette année, Poudlard était dans ce cas de figure et cela n'arrangeait pas Severus qui avait trois fois plus de travail que ses autres collègues. Alors qu'il aurait eu toutes les raisons du monde d'exprimer son mécontentement, ce n'était pas lui qui avait râlé. Il aurait pu le faire, mais ce n'était pas son genre et de toute façon, Sirius et Ernest l'avaient fait à sa place. C'était leur première année d'enseignement, tout comme pour Remus et Brian, mais ils avaient davantage mal pris le fait de se retrouver tout à coup avec une telle pression sur les épaules. Dumbledore avait cependant réussi à les apaiser en leur disant que leurs collègues seraient là pour les aider. Il avait ensuite parlé d'une réunion annuelle qui aurait lieu le samedi suivant avec tout le monde dans la Grande Salle. Elle porterait sur trois grands thèmes, à savoir la particularité des cours approfondis en sixième année, la session de rattrapages et les stages qu'il pouvait y avoir durant l'été. Cela allait être assez long, mais c'était très important.
Ce fut donc d'un geste machinal que Severus sortit de son sac un parchemin, une plume ainsi qu'un encrier afin de noter ce qu'allait lui dire Poppy. Dès qu'elle avait besoin de potions, elle pourrait lui envoyer un simple Patronus, mais il y avait trop de détails à apporter pour que cela soit judicieux de transmettre ces informations par ce moyen. De plus, il était impossible de faire répéter un Patronus puisque celui-ci s'évaporait juste après avoir fini de délivrer son message. Si Severus ne comprenait pas quelque chose, il était donc obligé d'aller voir Poppy, et le Patronus ne servirait alors à rien.
- Bonjour, Poppy, je vous écoute, déclara-t-il.
- Bonjour, Severus, il me faudrait au plus vite des potions moyennement dosées à prendre le matin et le soir, des potions faiblement dosées à prendre le soir et des potions fortement dosées à prendre également le soir. De façon un peu moins urgente, il va bientôt me falloir quand-même des potions faiblement dosées à prendre le matin et des potions fortement dosées à prendre le soir.
- Bien, et en ce qui concerne les potions de sommeil sans rêves ?
- J'ai eu depuis avant-hier des élèves qui sont trop stressés pour dormir et j'ai eu des élèves qui font des cauchemars assez souvent et même s'ils ne sont pas trop violents, cela les angoisse encore plus, ce qui perturbe davantage leur sommeil et cela devient un cercle vicieux qui les pousse à venir me voir.
- Je vois. Pour ceux qui n'arrivent pas à dormir, je vais vous préparer des potions relaxantes et pour ceux qui font des cauchemars, je vais vous préparer des potions de sommeil ordinaires mais dosées à différents niveaux en fonction de l'âge des élèves. Pouvez-vous me dire en quelle année sont ceux qui ont besoin de ces potions ?
- Principalement des élèves de cinquième et septième année, quelques élèves de première année et des élèves de quatrième et sixième année qui sont anxieux de nature.
- C'est noté. Vous aurez d'ici demain matin à neuf heures les potions les plus urgentes.
- Merci, Severus. Je dois y aller, car en plus des élèves stressés par les examens, j'en ai d'autres qui sont à l'infirmerie pour d'autres raisons et ils sont assez nombreux.
Severus acquiesça et après s'être souhaités une bonne soirée, Poppy s'en alla. Severus rentra dans ses appartements et se rendit aussitôt à son laboratoire. Au vu de tout le travail qu'il avait, il n'avait pas le temps d'aller manger dans la Grande Salle et avait donc délégué à Horace la surveillance des Serpentard lors des repas. Il lui arrivait même de sauter le dîner et de prendre un en-cas juste avant de se coucher. Ce n'était pas bien, il n'appliquait pas lui-même les conseils qu'il donnait à certains de ses patients qui ne se nourrissaient pas suffisamment, mais lui n'avait pas le choix. Ce soir-là, il travailla non-stop jusqu'à vingt-et-une heures et ce ne furent que quelques coups frappés à la porte qui lui firent quitter son laboratoire. Il alla ouvrir et tomba sur Draco.
- Salut, je ne te dérange pas ?
- Jamais, voyons. Qu'est-ce qui t'amène ?
- J'ai eu une discussion avec Harry avant-hier et il m'a appris des choses dont je voudrais te parler. Mais je sais que tu es très occupé en ce moment, donc si tu préfères que je revienne ce week-end, je comprendrais.
- Non, je dois éviter de trop procrastiner car sinon, quand j'aurai moins de travail, je vais avoir trop de choses reportées à faire et ce sera tout aussi pénible à gérer. Alors viens et oublie tout ce que j'ai à faire.
Severus fit entrer Draco et le précéda jusqu'au salon où ils s'installèrent.
- Dis-moi tout, intima Severus.
- C'est à propos du traumatisme qu'avait Harry l'été dernier, il m'a tout expliqué et il m'a dit entre autres qu'il avait vu une psychomage.
- C'est bien qu'il t'ait fait part de tout cela. Ça a dû te remuer un peu. Est-ce pour ça que tu es là ?
- Non, enfin je veux dire, oui, ça m'a remué, ça m'a même choqué, mais ce n'est pas pour ça que je suis venu. Plus que choqué, en fait, ça m'a scandalisé, à tel point que je ne peux pas supporter l'idée que cette tarée de Forester puisse continuer à exercer. Il faut faire quelque chose, on ne peut pas la laisser traumatiser d'autres enfants et adolescents…
- Si Harry t'a vraiment tout raconté, il a dû te préciser aussi que je suis sur le coup et que je n'ai pas assez d'éléments pour monter un dossier contre Forester…
- Oui, c'est ce qu'il m'a dit, et c'est là où je veux en venir. Il y a combien de personnes qui ont été suivies par Forester et que tu connais ?
- Deux, plus une qui doit être confirmée, même si j'ai peu de doutes, et il en faudrait trois ou quatre de plus pour que le dossier devienne solide.
- Eh bien il ne resterait que deux ou trois personnes à dénicher si tu acceptais que je me fasse passer pour un patient auprès de Forester.
Severus écarquilla les yeux. Heureusement qu'il n'était pas en train de boire ou de manger, sinon il se serait à tout coup sûr étouffé avec sa boisson ou avec sa nourriture…
- Pardon ?! Peux-tu me répéter ce que tu viens de dire ?
- Je crois que tu as bien compris…
- Non mais tu as perdu la tête, ma parole ! Tu as vraiment cru que j'allais te dire oui comme si tu me demandais si tu pouvais aller voir tes amis cet été ?!
- Je savais que tu réagirais comme ça, soupira Draco.
- Mais il y a de quoi, Draco ! Est-ce que tu réalises pleinement ce que tu prévoyais de faire ou est-ce que tu es juste complètement inconscient ?!
- Je sais très bien dans quoi je me serais engagé, répliqua Draco.
- Je ne crois pas, non. Tu n'as pas dû bien saisir le mal qu'elle a pu faire à Harry ainsi qu'à d'autres enfants et à d'autres adolescents pour que tu puisses envisager aussi sereinement le fait de servir de cobaye. Cette femme est dangereuse, Draco. Elle ne doit pas en avoir conscience elle-même et c'est ce qui rend la situation encore plus alarmante. Je comprends que tu veuilles aider pour venger Harry mais je ne peux pas te laisser te jeter dans la gueule du loup comme ça.
- Mais je ne serais pas un vrai patient, plaida Draco. Je suis déjà suivi par toi, avec elle, ce serait de fausses séances…
- Ça n'en demeure pas moins risqué, Draco. Même si tu vas un peu mieux depuis qu'on a repris les séances, tu restes fragile et Forester pourrait réduire à néant en une heure tous les progrès que tu as faits avec moi en dix séances.
- Je peux me blinder, Severus. Et j'aurai un avantage que ses victimes n'ont pas lors de la première séance : je saurai à quoi m'attendre avec elle. Je saurai que je devrai ignorer tout ce qu'elle me dira. Et je pourrai y arriver facilement car je sais qu'il existe une potion qui a pour effet d'être en quelque sorte déconnecté de la réalité, tout en restant maître de son esprit. C'est Théo qui m'en avait parlé, une fois. Il avait fait la remarque qu'il aurait bien aimé avoir cette potion sous la main à chaque fois que son père lui balançait des horreurs. Je n'aurai qu'à prendre cette potion avant d'aller à la séance avec Forester et même si elle me trouvera bizarre, elle croira que c'est à cause de mon état dépressif que je serai comme ça, et elle ne se posera pas plus de questions. Alors, qu'est-ce que tu en dis ?
Un dilemme fit rage dans l'esprit de Severus. Sa raison lui criait de rejeter en bloc l'idée de Draco et de refuser net de l'envoyer affronter cette folle de Forester, tandis que d'un autre côté, son désir de la mettre hors d'état de nuire le poussait à considérer le plan de Draco. Ce dernier était cependant trop risqué, mais Severus savait ce qu'il devait y ajouter pour le rendre le moins périlleux possible. Car s'il devait inclure Draco dans la lutte contre Forester, il était hors de question de lui faire courir le moindre danger. Tout en se faisant cette réflexion, il se rendit compte que, malgré lui, il avait déjà fait son choix. Et cette prise de conscience lui fit retrouver sa lucidité. Non, il ne pouvait pas faire ça. Draco était trop jeune, il devait rester en-dehors de tout ça. Il ne se le pardonnerait jamais si son filleul revenait traumatisé de sa «fausse séance» avec Forester. Même si, avec la version améliorée de son plan que Severus avait en tête, il n'y avait aucune chance que Draco garde des séquelles de cette entrevue. Mais pour cela, il fallait que Severus fasse quelque chose qui n'était pas très légal et c'était bien cela qui l'embêtait dans ce plan. En soi, il ne voyait rien de bien grave là-dedans, étant donné que ce serait exceptionnel, que c'était pour protéger la santé mentale de Draco et que cela ne lui ferait aucun tort, mais cet aspect du plan le rebutait quand-même un peu. «Puisque ça te rebute, oublie ce plan et dis non à Draco» siffla une voix dans sa tête. Severus l'ignora. Il venait de prendre sa décision. Il allait laisser Draco piéger Forester. Avec le plan qu'il avait peaufiné, il n'y avait plus aucun risque. À part peut-être que Forester découvre la supercherie, mais si c'était le cas, Severus prendrait toutes les responsabilités pour lui. S'il n'avait ne serait-ce qu'un doute sur le plan, il dirait non à Draco. Mais là, il était sûr que tout irait bien. Et puis, cela pouvait paraître paradoxal, mais en donnant son aval à Draco, il assurait sa sécurité. Car il n'était pas dupe. Il connaissait son filleul, s'il lui interdisait de se mêler de cette affaire, il allait quand-même trouver un moyen de le faire, et ce, à l'insu de Severus. Dans tous les cas, Draco irait au bout de son idée, même sans la permission de Severus. Alors autant que Severus l'y autorise et qu'il fasse en sorte que tout se déroule au mieux. Il y avait une autre raison qui incitait Severus à accepter : il devait avouer que, jusqu'à présent, c'était le meilleur plan qu'ils avaient. Et cette affaire commençait à traîner en longueur, plus vite Forester serait renvoyée de son poste, mieux ce serait pour tout le monde. Et plus particulièrement pour ses patients. Bien sûr, il aurait préféré garder Draco loin de tout ça, mais à un moment donné, il fallait faire des concessions. Résigné, Severus soupira et céda à Draco :
- Bon, c'est d'accord, tu pourras être la quatrième victime reconnue de ma part de Forester, même si tu n'en seras pas vraiment une puisque tu seras un faux patient… Mais il y a des conditions. Le plan que tu m'as proposé était très bien pensé, mais pas assez prudent. Je vais donc y ajouter des règles pour le rendre complètement sûr et tu n'auras pas d'autre choix que de t'y plier. Déjà, pour éviter de mauvaises surprises, tu testeras la potion en amont. Ce n'est pas une potion quelconque, elle est très peu utilisée, on sait qu'elle n'est pas nocive, mais n'importe qui peut y être allergique. Si tu l'es, il vaut mieux le savoir avant, même s'il faudra du coup tout annuler. Ensuite, tu ne devras rien laisser paraître de tes véritables intentions. N'essaie pas de la piéger de quelque façon que ce soit, même si c'est trop tentant. Le but n'est pas de lui faire avouer qu'elle en a marre de son métier, qu'elle a des patients compliqués qui lui tapent sur les nerfs, qu'elle aimerait changer de profession ou que sais-je encore. Le but, c'est d'avoir un quatrième patient victime de l'incompétence de cette psychomage afin d'appuyer le dossier. Comporte-toi juste comme quelqu'un de tourmenté ou de déprimé. Si tu vois, au cours de la séance, que ça ne va pas, qu'elle se doute de quelque chose, que tu n'arrives pas à faire semblant, que tu fais des bourdes ou que tu ne supportes tout simplement pas d'être en face d'elle, même si la potion devrait te rendre insensible, mets tout de suite fin à la séance et va-t'en, ne te force surtout pas, ça serait plus contre-productif qu'autre chose. Quand tu reviendras, je prendrai ton souvenir de cette séance et je l'effacerai de ta mémoire.
Draco regarda Severus d'un air choqué.
- Co… comment ça, tu vas me l'effacer ? Tu ne vas quand-même pas…
- Si, c'est bien ce que je compte faire.
- Mais…
- C'est à prendre ou à laisser, Draco, coupa Severus. C'est soit ça, soit tu restes là.
- Mais c'est interdit, protesta Draco.
- Parce que tu crois que ça ne l'est pas, ce que je vais t'autoriser à faire ?
- Mais tu pourrais avoir des ennuis !
- Personne n'en saura rien, Draco. À part si tu vends la mèche, mais j'ose espérer que tu ne le feras pas.
- Bien sûr que non, s'agaça Draco. Mais pourquoi veux-tu m'enlever ce souvenir ?
- Pour être sûr et certain qu'il ne te hantera pas, répondit Severus. Tu te rappelleras avoir eu cette séance avec Forester, mais tu n'en garderas aucune trace. Ce sera comme si tu avais trop bu et que tu avais oublié ce que tu avais fait la veille, ou comme si tu avais eu un choc crânien et que tu avais une légère amnésie. Ça n'aura aucune incidence sur ton état mental, tu ne t'en porteras au contraire que mieux.
Le soulagement se lut sur les traits de Draco.
- D'accord, j'accepte cette condition. Mais ça me fait quand-même un peu peur.
- Au point de renoncer au plan ?
Un voile de doute traversa brièvement les prunelles grises de Draco.
- Non, dit-il fermement. Ça ne nous permettra peut-être pas de virer Forester, mais ce sera toujours un pas de plus vers la victoire. Ne restera plus qu'à trouver deux ou trois autres personnes qui ont eu à faire à elle.
- Je suis sur une piste à ce sujet, mais j'ignore où chercher.
- Tu peux m'en dire plus ?
- Harry m'a soufflé l'idée de contacter une association qui s'occupe d'enfants en difficulté. Il y en a dans le monde sorcier, ça, je le sais, mais je n'y connais rien du tout et je n'ai donc aucun exemple d'association qui me vienne en tête.
Draco fronça légèrement les sourcils.
- Il me semble avoir déjà entendu parler de ça. Enfin non, j'en suis même sûr. C'était quand j'étais enfant, ma mère avait évoqué une fois ce type d'association, il y a certains détails assez précis dont je me rappelle, mais le reste est très flou et je ne suis pas sûr que ces détails soient très pertinents…
- Dis quand-même, tout peut être bon à savoir, insista Severus.
Draco parut sceptique mais il obtempéra :
- Je me souviens juste que ma mère était très critique envers ces associations. Elle affirmait que ce n'était qu'un moyen de se faire bien voir et qu'il n'y avait rien de sincère là-dedans. Elle ne ciblait personne en particulier, elle avait même cité un exemple qui sortait du lot, mais je ne pourrais pas te dire lequel. Elle n'avait pas voulu s'étendre sur le sujet, et c'est peut-être pour ça qu'il y a des zones d'ombre dans ma mémoire…
- Sûrement, oui, fit Severus, pensif. Je connais bien ta mère, comme tu le sais, et c'est vrai qu'elle fait partie des personnes qui sont très méfiantes à l'égard des organisations prônant la charité. Ça ne fait pas d'elle pour autant quelqu'un d'égoïste, mais elle a du mal à faire confiance aux gens. Cela lui vient de sa famille.
- Ça ne l'a pas empêchée d'avoir des contacts avec ce genre d'association, même si elle ne désirait pas en parler…
- Elle n'avait peut-être pas forcément de contacts, mais l'une d'entre elles ne lui était pas inconnue, ça, c'est sûr.
- Elle devait être en froid avec une des personnes qui y travaillaient pour que ce soit devenu un sujet tabou… Mais c'est frustrant, j'aimerais pouvoir me souvenir davantage de cette discussion… C'est comme si mon cerveau refusait de coopérer.
- Ça doit venir de ton inconscient. Il sait que c'était tabou, alors il a refoulé tout ce que tu savais à ce sujet. Mais ne te triture pas l'esprit avec ça. Je trouverai bien un moyen d'entrer en contact avec une association… Mais encore faut-il y dénicher des enfants qui auraient été suivis par Forester…
Severus grimaça.
- C'est horrible de dire ça. C'est juste pour avoir plus d'éléments contre Forester, car sinon, jamais je ne souhaiterais à un enfant de l'avoir eue comme psychomage…
- C'est pour tous ceux qui l'ont eue qu'on fait ça, ajouta Draco.
- Oui, et je me demande si je ne suis pas fou de t'embarquer là-dedans…
- Tu ne le ferais pas si ce n'était pas nécessaire, mais là, tu sais que c'est la meilleure solution qu'on ait. Et il y a quelqu'un que j'aime qui est concerné. Tu ne peux pas me laisser en-dehors de tout ça, même si tu as peur parce qu'on ignore ce qui va se passer.
- J'espère juste ne pas le regretter, murmura Severus. Tu devras me promettre de faire attention, de ne prendre aucune initiative non prévue et de t'en tenir au plan.
- Je ne tenterai rien de risqué, assura Draco. Du coup, quand comptes-tu écrire à Forester ?
- Ce soir, si j'aurai bien avancé dans le brassage de mes potions.
- Tu as combien de sortes de potions à préparer ?
- Trois, dont deux sont déjà prêtes.
- Mais pourquoi faut-il autant de types de dosage ? Les élèves ne peuvent-ils pas tout simplement en boire plus ou moins en fonction de leur état de stress ?
- Non, ça ne marche pas comme ça. Mais je t'expliquerai ça un peu plus tard, si tu veux bien. Même si c'est quelque chose que tu apprendras lors de ta formation, je doute que tu veuilles attendre aussi longtemps pour avoir la réponse à tes questions…
- Effectivement, surtout que j'ai un parrain potionniste qui peut tout me dire… Ce serait dommage de ne pas en profiter. Mais pour en revenir à Forester, si tu lui écris et envoies la lettre ce soir, il est possible que j'ai rapidement rendez-vous avec elle ?
- Si elle a de la place, oui. J'aurais préféré faire ça après les BUSE, étant donné que tu es en pleines révisions et que ce n'est donc pas trop le moment de te déconcentrer, mais je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée.
- Je n'aurais que ça en tête, donc niveau concentration, on repassera, ironisa Draco.
- C'est bien ce que je me disais. Mais si elle nous propose une date qui tombera pendant les BUSE, je refuserai et on reportera ça aux vacances. Il va falloir que tu fasses un effort pour ne pas y penser et rester focalisé sur tes révisions.
- Tant qu'il y a une date, ça me suffira, je pourrai mettre ça dans un coin de ma tête, décréta Draco. C'est être dans l'attente et l'incertitude qui me stresserait.
- Je vois. Avant de te laisser y aller, j'ai une question à te poser.
- Je t'écoute.
- Est-ce que Harry est au courant de ta démarche ?
Draco fit une moue significative.
- Non, avoua-t-il.
- Tu dois lui en parler, alors. Je ne serais pas à l'aise à l'idée de faire ça dans son dos. Et c'est à toi de le lui dire. Il le prendra très mal s'il finit par le savoir d'une autre façon. Il t'en voudra de l'avoir tenu à l'écart de tout ça.
- Mais il n'acceptera jamais que je fasse ça, se désespéra Draco.
- Donc tu avais vraiment l'intention de ne rien lui dire ?
Le silence de Draco tint lieu de réponse. Severus soupira.
- Ce n'est pas un bon calcul du tout, Draco. Tu cours au-devant de graves ennuis dans ton couple si tu caches des choses pareilles à ton petit-ami. Surtout si ça le concerne pleinement… Je comprends parfaitement que tu aies peur de sa réaction, mais si tu as réussi à me convaincre, moi, alors que ce n'était absolument pas gagné, alors tu réussiras à le convaincre, lui. Et si jamais tu n'y arrives pas, là, je pourrai intervenir. C'est à toi de lui en parler en premier, mais si tu as besoin d'aide, je m'en mêlerai. Car il n'y a pas que toi qui es impliqué, dans ce plan. J'ai dû te donner mon accord. Il serait donc injuste que je te laisse te débrouiller seul si tu galères… Alors ne crains rien et va l'informer de tout ça.
Draco hocha la tête.
- Je le ferai. Merci pour tout. Je vais y aller, j'ai mes révisions qui m'attendent, et si je traîne trop, je ne vais pas avoir le courage de m'y remettre.
- Ne te couche pas trop tard, dormir suffisamment, c'est essentiel pour être en forme et optimiser ta concentration, prévint Severus.
- Oui, je sais, ne t'inquiète pas, je ne fais pas d'excès là-dessus.
- C'était important que je m'en assure. Bon nombre d'élèves sont obligés de sacrifier leur sommeil pour venir à bout de leurs révisions. Visiblement, ça n'a pas l'air d'être ton cas. Mais est-ce que tu parviens quand-même à tenir le rythme ? Est-ce que tu avances bien dans tes révisions, même sans devoir travailler jusque tard le soir ? Tu n'es pas trop stressé ?
- Severus, si tu continues à m'assommer de questions, là, je vais être stressé…
- Pardon, s'excusa Severus. Mais comme tu es devenu anxieux à cause de la pression que te mettait ton père, tu pourrais être plus sujet que les autres au stress…
- Ce n'est pas le cas, pour l'instant, affirma Draco. Je vais très bien, tu n'as pas à t'en faire. J'ai un peu le trac quand je pense aux BUSE, évidemment, mais pas au point de me mettre à paniquer. Ça, c'est plutôt Pansy. Depuis quelques jours, elle est persuadée qu'elle va rater son examen de Défense Contre les Forces du Mal, tout ça parce qu'elle a eu treize au dernier devoir en binôme… Du coup, elle se donne à fond sur le devoir individuel qui est à rendre pour après-demain, elle y est depuis le jour où on a reçu la note de notre dernier devoir en binôme, elle a recommencé au moins quatre fois son devoir individuel et elle n'est toujours pas satisfaite de celui qu'elle est en train d'écrire. C'est le dernier devoir de cette matière de l'année, tous types confondus, alors elle veut à tout prix avoir un Effort Exceptionnel. Mais elle révise aussi à côté, on a les autres ultimes devoirs individuels en botanique, potions et métamorphose, on a également les cours, et tout ça fait que Pansy n'a plus une seule seconde à elle. On ne la voit quasiment plus, ou alors il faut aller à la bibliothèque vu qu'elle y passe tout son temps… Mais ça ne servirait à rien, elle nous calculerait à peine tellement elle aurait le nez plongé dans ses parchemins… Elle n'avait jamais été comme ça, même si elle a toujours été sérieuse. Ça lui a pris d'un coup. Elle ne pense plus qu'à sa BUSE en Défense Contre les Forces du Mal. Et on ne sait pas quoi faire.
- Certaines personnes ont besoin de travailler le plus possible lors des quatre semaines précédant les examens. Ça les rassure. Pour l'heure, il n'y a pas matière à s'inquiéter pour ton amie. Tant qu'elle n'adopte pas de comportement à risque, comme enchaîner les nuits blanches, sauter des repas, ou de façon plus grave, consommer des substances illicites, il faut la laisser faire, même si vous aimeriez qu'elle soit davantage avec vous. Si tu vois qu'elle commence à avoir une attitude dangereuse pour sa santé, là, il faudra venir m'en parler. Si ce n'est pas le cas, il faut prendre votre mal en patience. Tout s'arrangera après les BUSE. Vu que le dernier examen aura lieu le vingt-sept juin, voire avant si vous avez votre dernier oral plus tôt, et que vous repartez le samedi suivant, vous aurez au moins deux jours pour profiter les uns des autres. Tu verras que ton amie sera beaucoup plus disponible.
- D'accord, c'est noté. Merci, ce n'était pas prévu que je te parle de Pansy, mais…
- Tu as bien fait, dit Severus en souriant. Bon, je ne vais pas te retenir plus longtemps, il se fait tard et je m'en voudrais de te mettre en retard dans tes révisions.
Draco acquiesça, se leva, salua Severus et s'en alla. Severus quitta à son tour le salon pour retourner à son laboratoire. Il n'avait pas de temps à perdre, il avait des potions à préparer et il pouvait à tout moment être réquisitionné par Poppy. Car en plus de tout ce qu'il avait à faire, Poppy était tellement débordée que Severus devait souvent aider à l'infirmerie. Cela l'éloignait donc de ses chaudrons un certain temps et l'obligeait à s'y remettre dès qu'il revenait chez lui afin de pouvoir fournir à Poppy les potions en temps et en heure. Il tenait bon jusque-là mais il savait qu'il allait finir par être obligé de faire une pause s'il ne voulait pas faire un burn-out. Il comptait tout faire pour avoir sa soirée de vendredi libre, ce qui lui permettrait d'aller voir sa dulcinée et de se changer les idées. Cela faisait trop longtemps qu'ils ne s'étaient pas vus et Tonks lui manquait énormément. Pour la première fois depuis qu'il enseignait, il avait hâte d'être aux grandes vacances. Il aurait toujours des séances avec plusieurs de ses patients, il travaillerait toujours pour Sainte-Mangouste, mais il aurait quand-même plus de temps pour lui. Et pour Draco. Et pour Tonks. Il réservait d'ailleurs une surprise à Draco et même si cela allait demander de l'organisation, il allait tout faire pour la réaliser. Mais il n'y aurait pas que ça. Il allait aussi inviter Tonks quelques jours afin que Draco et elle se rencontrent et qu'ils puissent apprendre à se connaître. Et il y aurait également le dîner chez les parents de Tonks durant lequel les présentations officielles allaient être faites. Il y avait plein de choses prévues pendant l'été et il espérait que tout se passerait bien.
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Voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu ! On approche des BUSE et de la fin de ce premier tome… Avant de se quitter, j'ai une question pour vous : si vous aviez la possibilité d'aller à Pré-au-Lard, quel(s) serai(en)t votre/vos magasin(s) préféré(s) ? Il y en a plein XD Sur ce, je vous donne rendez-vous le dimanche 21 août pour le prochain chapitre intitulé «Vérités, stress et discours» ! Je vous souhaite de passer deux bonnes semaines d'ici là, portez-vous bien, je vous embrasse, et plein de bisous tout le monde !
