Bonjour à tous et à toutes ! On se retrouve aujourd'hui pour le soixante-dix-huitième chapitre de SAMLP !
J'espère que votre rentrée s'est bien passée, et si vous ne l'avez pas encore eue, j'espère qu'elle se passera bien pour vous ! Je fais partie du second cas, j'ai ma pré-rentrée demain et je commence les cours le 12, vu que je suis à la fac. D'un côté, j'ai hâte, et d'un autre côté, j'aimerais repousser la reprise des cours car je n'ai clairement pas pu me reposer pendant les vacances qui n'en étaient pas du tout XD J'espère que vous avez pu vous reposer, vous XD
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mimibou : Lavande a en effet le mauvais rôle, dans cette histoire, et ça va lui jouer des tours par la suite XD Tandis que McLaggen, lui, est davantage une victime… Mais il a quand-même ce côté sans-gêne et insolent qu'on a bien envie de lui faire ravaler XD Il a fait profil bas lorsqu'il s'est expliqué avec Terry et Hermione, mais il va garder un peu de son caractère qui nous insupporte tant, même s'il va se radoucir XD C'est vrai que les personnages de cette fic changent par rapport à la saga XD Mais j'essaie tout de même de leur laisser certains traits qu'on trouve dans la saga :) Tu as été lucide sur le rat, enfin la gerbille, je ne sais pas si c'était flagrant mais en tout cas, bravo à toi ! XD Je me demandais si certains avaient deviné que le rat était Daphné, mais visiblement, ce n'est pas le cas, et ce n'est pas étonnant, car les indices étaient trop légers XD Et il fallait que ce soit une surprise, pour une fois XD Car vous êtes tous très malins, c'est difficile de vous surprendre XD Et effectivement, Daphné ne va vraiment pas bien, l'été s'annonce compliqué pour elle :/ Alors j'ignore ce qui a pu se passer pour que le style de ce chapitre te semble différent, mais ça vient peut-être du fait que j'ai énormément eu de mal à le corriger, ayant été partout à la fois lors de la correction, et c'est peut-être un chapitre que j'ai aussi eu du mal à écrire, car ça doit être un chapitre que j'ai écrit juste avant les rattrapages, et j'avais eu à peine le temps de réviser tellement j'étais occupée, donc l'écriture du chapitre s'en est sûrement ressentie :/ Mais tant mieux si tu as pu le lire quand-même :) J'espère que tu retrouveras dans les chapitres suivants mon style d'avant !
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Merci à toi, mimibou, pour cette review, et merci à tous ceux qui continuent à suivre cette fic et à s'ajouter aux favoris et aux follows ! J'ignore si vous êtes des lecteurs qui sont là depuis le début et qui ont décidé sur un coup de tête de cliquer sur «follow/fav», ou si vous êtes de tout nouveaux lecteurs, et si c'est le cas, vous avez toute mon admiration pour vous lancer dans la lecture de ces longs pavés XD Bref, je ne vous remercierai jamais assez d'être toujours présents et toujours plus nombreux à suivre cette fic, ça suffit à me remonter le moral, et j'espère que la fic continuera à vous plaire ! Trêve de blabla, je vous laisse avec le nouveau chapitre et je vous souhaite à tous une agréable lecture !
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78 – Projets d'été et nouveaux préfets
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(samedi 01/06) POV Severus
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Après avoir quitté l'enceinte de Poudlard, Severus transplana et atterrit devant la maison de Tonks. Il frappa et ne dut attendre que quelques secondes avant que la porte ne s'ouvre sur sa bien-aimée. Il ne put s'empêcher de sourire bêtement à la vue de celle qui était autrefois son élève. Il ne se reconnaissait plus lorsqu'il était avec elle. Mais il s'en fichait bien. Car elle était là, devant lui, et cela suffisait à remplir son coeur de joie. Il franchit l'espace qui les séparait, la prit dans ses bras et posa ses lèvres sur les siennes. Tonks répondit aussitôt à son baiser qui devint très vite fougueux et passionné. Ils ne se détachèrent l'un de l'autre que de longues minutes plus tard, au bout desquelles Tonks invita Severus à entrer. Ils se rendirent au salon et Severus s'installa à table à la demande de Tonks tandis que celle-ci disposait assiettes, verres et couverts.
- Tu n'as pas mangé ? s'enquit-elle.
- Non, et pourtant mon ventre criait famine, avoua Severus. Mais on avait prévu de dîner ensemble, alors je me suis retenu. Pour une fois qu'on peut partager un repas…
- Si tu avais faim, tu aurais pu manger un morceau…
- Non, ça m'aurait coupé l'appétit pour le reste de la soirée, sinon, et je voulais faire honneur à ce que tu allais nous préparer.
- Tu es mignon, s'attendrit Tonks. Mais c'est bizarre, la dernière fois qu'on s'est vus, tu avais un bel appétit…
- Je crois que je me suis habitué à manger peu, grimaça Severus. Je mange souvent sur le pouce, en ce moment, je n'ai pas le temps de prendre de vrais repas…
- Et c'est toi qui fais la guerre à deux de tes élèves parce qu'ils ne mangent pas assez…
- Ce n'est pas pareil, se défendit Severus. Je suis hyper débordé, je n'ai pas une minute à moi, mais ça va bientôt aller mieux. Quand j'aurai un peu moins de choses à faire, je m'accorderai de nouveau du temps pour manger et je retrouverai l'appétit que j'avais.
- Il y a intérêt, prévint Tonks. Je le saurai si tu ne tiens pas parole.
- Comment ça ? s'étonna Severus.
- Eh bien, j'ai des contacts, à Poudlard.
Severus écarquilla les yeux.
- Tu ne ferais pas ça, quand-même ?! s'indigna-t-il. Tu n'irais pas missionner ton cousin de garder un œil sur moi ?!
- Je ne le ferai que pour ton bien, assura Tonks.
- Très bien, si tu veux jouer à ça… À quand remontent tes derniers congés ?
Tonks se mit à rougir.
- Il y avait beaucoup de travail, au Ministère, se justifia-t-elle.
- Tout comme j'en avais à Poudlard, répliqua Severus.
Tonks leva les yeux au ciel.
- Ok, c'est bon, je vais te laisser tranquille… Tu serais bien capable d'aller savoir auprès de Bart ou de Kingsley si je prends bien mes congés… Mais je ne voulais pas t'embêter, je m'inquiétais juste pour toi, parce que je t'aime…
Severus sourit tendrement.
- J'en suis bien conscient, mais tu n'as pas à t'en faire, je connais mes limites. Si je saute des repas, c'est parce que je sais que mon corps peut le supporter.
Tonks acquiesça et offrit un doux baiser à Severus.
- Je t'aime aussi, murmura-t-il. Et je n'irai pas te surveiller par le biais d'un de tes collègues.
Tonks émit un petit rire.
- Je l'espère bien ! Je travaille trop selon eux, et ça les excède que je retarde sans arrêt le moment de prendre mes congés, alors ils n'hésiteraient pas à me balancer si tu allais les voir…
- Ils tiennent simplement à toi, commenta Severus.
- Mmmh, ils sont surtout un peu trop protecteurs… Bon, je vais aller faire réchauffer le plat.
Tonks s'éclipsa et mit plusieurs minutes à revenir, un plat dans les mains.
- Pot-au-feu à base d'agneau, agrémenté de carottes, de panais et de navets.
Severus demeura bouche bée.
- Mais… comment as-tu eu le temps de préparer ça ? Je croyais que tu finissais à dix-neuf heures…
- Oui, mais j'avais ma matinée de libre, et j'en ai profité pour cuisiner. Je me suis levée un peu tôt, mais ça en valait la peine. J'ai tout mis sous sort conservateur et réfrigérant en attendant ce soir.
- Tu te donnes beaucoup trop de mal, un simple plat aurait suffi, tu as déjà tellement de travail…
- Cuisiner me détend, affirma Tonks. J'étais de bonne humeur, cet après-midi, quand je suis arrivée au Ministère. Tu pourras demander à Bart.
- Ah bah tiens, là, j'ai la permission, se moqua gentiment Severus. C'est quand ça t'arrange, en fait.
- Tout à fait, pouffa Tonks.
- Tu es un peu trop rusée et malicieuse pour être une Poufsouffle à part entière. Mais c'est vrai que tu as un peu de Serpentard en toi qui te vient de ta mère…
- Exactement. Au moins, tu n'es pas dépaysé.
Severus secoua la tête alors que Tonks servait les assiettes. Elle s'assit ensuite en face de Severus et ils commencèrent à manger après s'être souhaité un bon appétit. Près de trois mois plus tôt, Severus avait beaucoup aimé la tourte à la viande de Tonks, mais là, elle s'était surpassée. Elle avait un réel don pour la cuisine. Il en était à la moitié de son assiette lorsque Tonks déclara :
- Il y a une petite surprise pour le dessert. En fait, il y a deux desserts, mais tu comprendras quand tu verras.
- Oh, te voilà bien mystérieuse… J'ai hâte de voir ce que tu as mijoté.
- Et moi, j'ai hâte de voir ta réaction.
Severus, qui était en train de couper sa viande, suspendit son geste et leva lentement les yeux vers sa compagne.
- Ça veut dire quoi, ça ? se méfia-t-il.
- Mais rien, fit Tonks avec un air innocent. Si ça peut te rassurer, si le premier dessert ne te plaît pas, tu pourras te rattraper avec le deuxième qui devrait te plaire. Je n'allais pas risquer de finir ce repas sur une mauvaise note…
- Pas faux, approuva Severus.
Sur ces mots, il repartit à l'assaut de sa viande. Entre deux bouchées, il demanda à Tonks comment ça se passait au Ministère, ce à quoi elle répondit par un haussement d'épaules.
- Oh, la routine… Enfin non, pas tant que ça. Disons qu'il y a sans cesse de nouvelles affaires et que nos journées se résument à aller sur le terrain et à étudier en détail chaque dossier afin de chercher des pistes pour les élucider. Par exemple, là, depuis plusieurs semaines, on enquête sur la disparition d'un chirurgimage de Sainte-Mangouste qui serait retenu par un malfrat bien connu de nos services qui l'obligerait à soigner ses sbires qui ont été probablement blessés lors d'une récente intervention. Nous sommes également sur trois cas d'intoxications alimentaires, un à Poudlard et les deux autres dans des restaurants sorciers très réputés, qui sont tous fournis par la même usine. Nous y avons fait des vérifications mais il n'y avait absolument rien à reprocher à cette usine. Ça ne m'étonne pas du tout, je ne vois pas le gérant de cette usine vendre sciemment de la nourriture avariée ou contaminée dans l'unique but d'éviter de perdre du bénéfice… Je sais qu'il ne faut pas se fier aux apparences, mais cet homme est connu pour être quelqu'un de bien.
- J'imagine que tu ne peux pas me dire qui c'est ?
Tonks fit une moue contrite.
- Si Poudlard n'avait pas été concernée par cette affaire, j'aurais pu, mais l'identité de toute usine en partenariat avec Poudlard doit rester strictement confidentielle. Une enseigne qui fournit une école sorcière aussi célèbre que Poudlard ferait très vite des envieux si son nom venait à être dévoilé. Et je crois bien qu'il y a justement une histoire de jalousie derrière ces intoxications alimentaires.
- Tu veux dire qu'un concurrent de cette usine aurait fait en sorte qu'elle importe à ses clients de la nourriture avariée ?
- C'est ce que je pense, oui. Et je ne suis pas la seule. Mais nous n'avons aucune preuve, et aucune piste qui n'aille dans ce sens… On patauge et je crains que cette affaire ne fasse partie de celles qui mettront des années à être élucidées… Mais parlons d'autre chose, si tu veux bien. Cette histoire me met un peu trop mal à l'aise.
Severus acquiesça et orienta la discussion vers un tout autre sujet qui les emmena jusqu'au dessert. Bien que peu confiant, Severus était curieux de découvrir la surprise que lui avait faite Tonks. Elle l'avait fait tellement douter qu'il s'apprêtait à voir tout sauf un truc qui s'apparentait de près ou de loin à un dessert. Aussi fut-il décontenancé lorsque Tonks revint avec quelque chose qui ressemblait fortement à une tarte à la framboise qui avait l'air totalement inoffensive.
- Tu dois te dire que c'est un dessert on ne peut plus normal…
- En effet, confirma Severus.
- Eh bien c'est faux. Sens-le et tu verras que c'est plus qu'un simple dessert.
Severus n'avait aucune envie de sentir, tant il était méfiant, mais il le fit quand-même. Il le regretta légèrement lorsqu'il reconnut une odeur d'échalote. Un souvenir de sa première soirée passée chez Tonks lui revint alors en mémoire…
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Près de trois mois plus tôt
- J'ai fait une tourte à la viande et aux légumes, annonça Tonks en arrivant avec le plat. C'est rare que j'en fasse, donc j'espère que je n'ai pas trop perdu la main.
- Tu es du genre à cuisiner ? s'enquit Severus alors qu'ils commençaient à manger.
- Quand j'ai le temps, oui. Ce qui est assez rare.
- C'est ta mère qui t'a initiée ?
- Il y a un peu de ça, oui. Mais j'ai surtout appris en autodidacte.
- En tout cas, c'est très bon. Je ne m'attendais pas à ce qu'il y ait des épices mais c'est logique et ça va super bien avec tout ce que tu as mis dedans.
- Je mets des épices un peu partout, avoua Tonks. Sauf dans les desserts, évidemment. Je n'ose pas imaginer le goût qu'aurait une tarte à la framboise au curry, au cumin ou à l'échalote.
- Ça se tente, songea Severus.
- Tu n'es pas sérieux j'espère ?!
- Bien sûr que si, rétorqua Severus, comme si c'était évident. Prends ça comme un défi à relever. Tu n'es pas obligée d'en mettre beaucoup pour commencer. Il faut juste que ça ait un peu le goût. Tu en rajoutes au fur et à mesure et tu vois ce que ça donne.
Tonks considéra la proposition de Severus avant de répondre :
- D'accord, mais je veux que tu goûtes avec moi.
- Comme tu veux, accepta Severus. Du coup, il va falloir que je revienne souvent ici, ajouta-t-il avec malice.
- Comme si ça me dérangeait, répliqua Tonks. Tu viendras autant de fois que ce sera nécessaire. Il va juste falloir que tu réussisses à te libérer.
- Ça ne devrait pas poser de problèmes, assura Severus.»
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C'était donc cela, le «dessert surprise» que Tonks avait réservé à Severus. Il n'aurait jamais pensé qu'elle prendrait autant au sérieux le défi qu'il lui avait lancé… Elle avait été joueuse et avait bien voulu relever ce défi, mais en imposant une condition à Severus, à savoir qu'il devrait tester la tarte avec elle. Severus avait dit qu'il le ferait, et il s'y tiendrait. Il ne pouvait décemment pas se défiler. Il n'avait rien promis, mais c'était tout comme. Et puis, au fond, il trouvait cela drôle. Cela restait un petit délire qu'ils avaient eu entre eux et c'était plutôt bon enfant. Et ça n'allait peut-être pas être aussi dégoûtant qu'il ne le croyait… Il avait bien envie d'essayer, à présent.
- Il faut vraiment que je sois un homme de parole pour manger une chose pareille, soupira Severus.
- Ne t'inquiète pas, l'autre dessert sera bien meilleur, rassura Tonks. Allez, je nous sers.
Tonks découpa deux parts de tarte et en déposa une dans chaque soucoupe. Severus prit son courage à deux mains et goûta un morceau. Ce fut moins terrible que ce qu'il s'était imaginé. Ce n'était pas spécialement bon, mais ce n'était pas mauvais non plus. C'était assez particulier.
- En vrai, s'il n'y avait que de la framboise et du curry, ça aurait pu être bon, mais avec l'échalote, ça devient très bizarre, commenta Severus.
- Je suis du même avis, mais c'était inclus dans la recette, rappela Tonks. Bon, à l'avenir, j'éviterai d'avoir des idées comme celle-ci, ajouta-t-elle, amusée.
- Ce serait bien, oui, renchérit Severus. Nos papilles en seraient ravies. Après, sur une autre surface qu'une soucoupe, cette tarte pourrait avoir un tout autre goût…
Tonks saisit vite le sous-entendu de Severus et fit mine d'être choquée :
- Jamais tu n'étaleras ça sur n'importe quelle partie de mon corps que ce soit ! De quoi j'aurais l'air en sentant l'échalote, franchement ?! Même toi, tu ne voudras plus t'approcher de moi…
Severus se mit à rire :
- Il y a de fortes chances, en effet ! Mais je plaisantais en insinuant ça. Bon, je vais terminer ma part et si ça ne te dérange pas, je rapporterai le reste de la tarte. J'ai un collègue qui raffole des mélanges insolites et qui aimera beaucoup ça.
- Oh, je t'en prie, j'avais prévu de me forcer à la finir, mais si quelqu'un d'autre peut s'en occuper, je ne dis pas non, bien au contraire… Tu remercieras ton collègue pour moi. D'ailleurs, comment ça va, à Poudlard ?
- Toujours aussi mouvementé, comme tu dois t'en douter, confia Severus. Entre mes patients qui se font de plus en plus nombreux, les examens à préparer, les quelques cours que je donne, les potions que je fais pour Sainte-Mangouste, les réunions de fin d'année, les stages que je dois dénicher pour les élèves de cinquième et de sixième année, les choix des préfets à finaliser, et les recherches que je fais pour évincer à tout prix une psychomage de son poste, je n'ai pas le temps de m'ennuyer…
- Mais comment tu fais pour gérer tout ça ? souffla Tonks.
- Honnêtement ? Je n'en sais rien, avoua Severus. Mais c'est pour ça qu'en ce moment je saute pas mal de repas.
- Je comprends mieux… Depuis qu'on est ensemble, et même avant, je t'ai toujours connu débordé, mais tu ne l'as jamais autant été que maintenant…
- Ça ira mieux quand j'aurai moins de patients en thérapie, affirma Severus.
- Tu n'as toujours personne en vue pour te seconder ?
- Si, mais il faut que je la contacte.
- Et qui est cette personne ?
- Mrs Powell, la mère d'un élève de Poufsouffle de première année qui se faisait harceler par deux élèves de septième année que tu dois connaître de nom puisqu'ils ont eu un conseil disciplinaire au mois d'octobre qui a abouti à une exclusion temporaire.
- Oui, je m'en souviens. Ils avaient agressé un élève, je crois ?
- Oui, Théo. Ils s'en étaient également pris plus tard à M. Finch-Fletchley et l'avaient entraîné dans un piège avec l'aide de M. Powell qui, intimidé, menacé et apeuré, n'avait pas eu d'autre choix que de leur obéir. Il avait cependant trouvé le courage d'aller alerter Théo et M. MacMillan, le préfet de Poufsouffle et l'un des plus proches amis de M. Finch-Fletchley, qui avaient couru au secours de ce dernier sans hésiter. Au terme d'un combat acharné avec l'un des deux malfrats, Théo avait réussi à les terrasser, mais l'un d'entre eux avait eu le temps de lancer un sort à M. MacMillan qui avait été violemment projeté contre un mur. Heureusement, il est aujourd'hui hors de danger, mais il ne sera de retour à Poudlard qu'à la rentrée. Évidemment, M. Powell a été traumatisé par tout ce qu'il avait subi et il avait eu besoin d'être suivi. Par la suite, il a sympathisé avec Théo et M. Finch-Fletchley et c'est Théo qui m'a appris que la mère de M. Powell était psychomage libérale. Elle a d'abord été psychomage à Sainte-Mangouste avant de démissionner à cause des conditions de travail qui étaient beaucoup trop dures, mais j'espère que ça ne l'empêchera pas de venir travailler à Poudlard où elle aura moins de libertés qu'elle n'en a actuellement… Pour le savoir, il faudrait que je lui écrive…
- Fais-le vite, alors. Attendre les vacances serait une mauvaise idée. Car elle aura toujours autant de travail et en plus, elle aura son fils à la maison. Elle sera moins disponible et ne pourra plus rentrer aussi tard que lorsque son fils était à Poudlard. Sauf si le père peut s'en occuper… Il y a un père, au moins ? Ou un beau-père ?
- Oui, un père, je crois. Enfin il y a quelqu'un, ça, c'est sûr.
- Ah, c'est pour ça que tu tardes à la rencontrer, car tu sais que tu n'as aucune chance avec elle.
- Exactement, prétendit Severus, jouant le jeu. Et c'est pour ça aussi que j'ai voulu que tu sentes la tarte à l'échalote, pour avoir une raison de te tromper.
- Eh bien ce ne sera pas avec elle.
- Ni avec personne d'autre, car il n'y a que toi que j'aime et que je désire, dit tendrement Severus.
- Oh, c'est mignon…
Tonks se pencha par-dessus la table et embrassa Severus qui répondit amoureusement à son baiser. Il se fit bien plus doux que celui qu'ils avaient partagé devant la porte de Tonks. Ce fut elle qui finit par rompre le baiser. Leurs fronts demeurèrent cependant collés et Tonks en profita pour chuchoter :
- Je t'aime aussi, tellement… J'ai toute confiance en toi, je sais que tu es un homme fidèle. Il suffit de voir le temps que tu as mis à t'autoriser de te remettre en couple sans avoir l'impression de trahir la femme que tu as longtemps aimée… Pour moi, ça, c'est une preuve d'amour, même si tu n'aurais pas dû t'interdire de sortir de nouveau avec une femme. Mais je comprends pourquoi tu l'as fait, et c'est vraiment très beau.
Les mots de Tonks touchèrent profondément Severus. C'était ça, parmi plein d'autres choses, qu'il aimait avec Tonks : elle ne le jugeait pas et elle se mettait facilement à sa place. Il réalisa la chance qu'il avait d'être avec une femme comme Tonks.
- C'est vrai que j'ai beaucoup attendu, mais je ne regrette pas du tout d'être sorti de mon célibat. Je suis bien trop heureux avec toi pour ça.
Tonks sourit.
- Et tu seras encore plus heureux quand tu auras moins de travail. On aura plus le temps de se voir.
- Oui, et je ne serai pas libéré tant que je n'aurais pas contacté Mrs Powell… Tu as raison, je dois le faire au plus vite, conclut Severus. Je le ferai dès que j'aurais cinq ou dix minutes à m'accorder. Je les ai bien eues pour écrire à une autre psychomage avec qui j'aurais préféré ne pas m'entretenir, je vais bien les avoir aussi pour écrire à Mrs Powell…
- Cette autre psychomage, c'est celle que tu souhaites déchoir de son poste ?
- C'est ça.
- Je ne sais plus si tu m'en avais parlé…
- Il me semble que non. Je vais essayer de t'expliquer sans y passer des heures, car c'est assez long, comme histoire…
Severus raconta alors à Tonks tout ce qui l'avait conduit à entamer une guerre contre Forester : son comportement envers Harry et Miss Chang, celui qu'elle avait probablement eu envers M. Pucey si elle l'avait bien eu comme patient, les conséquences que cela avait eu sur ces trois adolescents, tout le travail qu'il avait dû faire avec Harry et Miss Chang pour réparer le mal qui avait été fait… Il ne cacha rien, sauf tout ce qui était trop personnel. Tonks eut l'air choquée, elle qui, de par son métier, avait pourtant dû entendre tout un tas de choses horribles dans toutes les affaires sur lesquelles elle avait travaillé.
- Mais elle est complètement dingue, cette femme ! s'exclama-t-elle. Elle fait tout le contraire de ce qu'elle devrait faire ! Elle est censée aider des ados et au lieu de ça, elle les traumatise ! Elle ne peut pas continuer à exercer, c'est un danger public, il faut qu'elle soit radiée le plus rapidement possible de ses fonctions ! C'est donc à ça, entre autres, que tu consacres ton temps ? C'est super cool de ta part, mais comment tu comptes t'y prendre, au juste ?
- J'ai déjà deux témoignages d'élèves qui l'ont eue comme psychomage, même si ce n'était qu'une séance, et je vais peut-être en avoir un troisième si elle a bel et bien suivi M. Pucey. Je dois aller le voir et j'ignore quand je vais avoir le temps de le faire. Ça va être très compliqué avec tout ce que j'ai à faire. Mais ces trois témoignages ne seront pas suffisants, il faudrait que j'en ai au moins deux ou trois de plus. Et c'est là que ça coince. Harry a bien eu l'idée de faire appel à une association qui est en lien avec des enfants, mais je n'en connais aucune et je ne sais pas où chercher.
Tonks se prit la tête entre les mains en gémissant.
- Pourquoi est-ce que je ne t'en ai pas parlé plus tôt…
Severus se redressa d'un coup, comme s'il s'était assis sur un Noueux. Son coeur battait si vite qu'il pouvait l'entendre jusque dans ses oreilles.
- Attends, qu'est-ce que tu veux dire par-là ? Tu connais quelqu'un qui travaille avec les enfants ?!
- Oh oui, et pas qu'un peu… Ma mère est l'une des dirigeantes d'une association qui vient en aide à des enfants et à des adolescents qui, pour diverses raisons, ne peuvent pas et ne pourront pas aller à Poudlard. Il peut s'agir d'enfants ou d'adolescents qui sont en situation d'handicap, qui ont peur de la foule ou qui ont la phobie scolaire, qui reçoivent une instruction à la maison car leurs parents en ont décidé ainsi… Peu importe la raison, ils sont souvent enfermés chez eux et n'ont donc que très peu d'interactions sociales. Cette association leur permet alors de sortir, de faire connaissance avec des enfants de leur âge, de jouer et de discuter avec eux, de se changer les idées, de s'amuser, de se divertir… Et il y a des personnes spécialisées pour s'occuper de ceux qui sont handicapés et de ceux qui sont agoraphobes. C'est presque tout le temps lié à un traumatisme qu'ils ont eu par le passé et il se peut qu'ils aient consulté une psychomage tournée vers les enfants. J'aurais dû te le dire lors de la première soirée qu'on a passée ensemble… Tu es resté bloqué pendant tout ce temps alors que tu aurais pu avancer si tu avais su l'activité professionnelle de ma mère, quelle perte de temps, je suis vraiment désolée…
- Non, tu n'as pas à t'en vouloir, dit doucement Severus. C'était justement notre première soirée, on n'avait pas forcément envie de parler de nos parents… J'ai peu de choses à dire sur les miens et ce n'est pas l'un des premiers sujets qu'on souhaite aborder quand on se connaît à peine…
- C'est vrai, admit Tonks.
- Et puis, ce n'est pas trop tard, même si ça intervient après plusieurs mois de recherches, ça pourra toujours m'aider. Par contre, je ne suis pas sûr que ta mère voudra me recevoir. Tu m'avais dit que tu avais annoncé à tes parents qu'on était ensemble, et que ta mère ne l'avait pas très bien pris…
- Oui, mais elle serait prête à te rencontrer. Il va juste lui falloir un peu de temps pour t'accorder sa confiance. Mais tu vas marquer des points auprès d'elle si tu vas la voir dans le but d'avoir de quoi renvoyer une psychomage de son poste et ainsi l'empêcher de faire plus de mal que de bien à plein d'autres enfants… Elle va être émue de ta démarche, elle ne refusera jamais d'aider quelqu'un qui ne veut que le bonheur et le bien-être de bambins sans défense. Elle mettra de côté ses idées sur toi et ça va même la pousser à être moins méfiante envers toi. En fait, c'est plutôt une bonne chose que vous vous rencontriez une première fois dans un but professionnel avant le premier dîner que nous passerons ensemble.
- Tu n'as pas tort, reconnut Severus.
- Je vais quand-même lui toucher un ou deux mots de tout ça avant que tu ne lui écrives, afin qu'elle ne soit pas surprise de recevoir une lettre de toi et qu'elle n'apprenne pas dedans que je t'aie parlé de son association.
- Oui, ça vaut mieux, approuva Severus.
Une idée lui vint soudain en tête. «Non, ça va faire de trop» songea-t-il. C'était pourtant l'occasion rêvée… Et cela faisait partie de son devoir de directeur de maison. Il n'hésita donc pas davantage et se lança :
- J'abuse peut-être mais j'aurais une autre requête à faire à ta mère…
- Je t'écoute, dit Tonks d'un air curieux.
- En fait, j'ai une élève de cinquième année qui voudrait exercer plus tard un métier en rapport avec les enfants et elle n'a toujours pas de stage. Elle a encore le temps pour en trouver un mais ça aurait été bien qu'elle en ait un pour les vacances d'été. Est-ce que tu penses que ta mère serait d'accord pour la prendre en stage ?
- C'est fort possible, oui. Elle l'a déjà fait deux ou trois fois, l'association ayant sans cesse besoin de bénévoles pour gérer la totalité des enfants. Avec ses collègues, elle est parfois obligée de limiter les places pour qu'il y ait assez de monde pour s'occuper de tous les enfants. Elles préfèrent assurer leur sécurité plutôt qu'accepter tout le monde et ne pas être suffisamment nombreuses pour tous les surveiller.
- Et elles ont raison. Je lui demanderai donc si elle veut bien de mon élève pour les vacances d'été.
- Elle dira oui, j'en suis sûre. Qui est cette élève ?
- Miss Parkinson.
- Oh, je vois. Ses parents ont toujours refusé de rejoindre les rangs de Tu-Sais-Qui, je crois même qu'ils sont considérés comme des traîtres à leur sang. Ma mère s'entendrait très bien avec eux, elle qui a été reniée par sa famille parce qu'elle ne partageait pas leur idéologie… Ça ne lui posera alors pas de problèmes de prendre leur fille en stage.
- Je lui écrirai dès que tu auras un peu déblayé le terrain, dans ce cas.
- Je leur en parlerai la prochaine fois que je les verrai, promit Tonks.
Severus s'apprêtait à la remercier quand un bruit venant de la fenêtre attira son attention ainsi que celle de Tonks. Ils tournèrent d'un même mouvement la tête vers la fenêtre et virent un hibou posé derrière. Tonks alla ouvrir et prit la lettre qui était accrochée à sa patte.
- Ah, c'est pour toi, indiqua-t-elle à Severus.
- Pour moi ? s'étonna-t-il.
Tout aussi perplexe que lui, Tonks lui tendit la lettre. Severus la saisit et la déplia. C'était la réponse de la psychomage Forester à qui il avait écrit quelques jours plus tôt.
- Rien de grave, j'espère ? s'inquiéta Tonks.
- Non, c'est même plutôt une bonne nouvelle, répondit Severus. C'est à propos de Forester et ça me fait prendre conscience de ce que je suis prêt à faire pour la coincer…
- Comment ça ?
- Harry a raconté à Draco sa déconvenue avec Forester et notre combat qu'on a engagé contre elle. Draco a été évidemment choqué par son récit et il est entré dans une rage folle contre Forester. Il ne supporte pas l'idée qu'elle ait pu faire autant de mal à Harry, le garçon qu'il aime par-dessus tout. Il est venu me voir et il m'a proposé un plan pour avoir un témoignage de plus. Il souhaitait servir de cobaye en devenant un patient de Forester. J'ai d'abord refusé, car il était hors de question pour moi de l'embarquer là-dedans, mais il a réussi à me convaincre et je lui ai permis de mettre son plan en action en lui imposant plusieurs conditions. Tout a été pensé pour garantir sa sécurité. Je vais même faire quelque chose que je n'ai pas vraiment le droit de faire afin d'être certain qu'il n'aura aucune séquelle mentale de sa séance avec Forester. Mais je me demande si tout cela est encore nécessaire maintenant que je vais avoir une vingtaine d'enfants et d'adolescents à interroger…
- On n'est pas sûrs qu'il n'y en ait ne serait-ce qu'un seul qui se soit fait suivre par Forester, rappela Tonks. Ton entrevue avec les enfants de l'association ne servira peut-être à rien. Il vaut mieux qu'il y ait un plan de secours. Bien sûr, j'aimerais que Draco n'ait pas à être mêlé à cette histoire, mais tu lui as donné ton accord, ça reste un plan très intéressant et je te crois quand tu dis qu'il n'y a aucun danger pour lui. Il serait déçu si tu annulais tout. C'est important pour lui de participer à ce combat. Cette folle de psychomage a brisé le garçon qui fait battre son coeur, et contribuer à la destituer de ses fonctions, c'est un moyen pour lui de se venger d'elle.
Severus acquiesça.
- Tu as raison. Je vais laisser Draco aller à cette séance.
- Quand doit-elle avoir lieu ?
- Samedi prochain, à quatorze heures, informa Severus. C'est un créneau idéal pour Draco. Il aura la matinée pour réviser et il ne rentrera pas trop tard. Mais je crois qu'il a une séance de révisions avec ses amis à cette heure-là. Tant pis, une fois n'est pas coutume, il n'y assistera pas. C'est pour Harry, ça ne devrait donc pas le déranger de manquer cette séance. Mais ça m'étonne d'avoir eu un retour aussi vite, je pensais qu'elle mettrait plus de temps à me répondre…
- Elle ne doit pas avoir énormément de patients s'ils interrompent tous leur thérapie au bout de leur première séance, ironisa Tonks.
- Pas faux, grimaça Severus. C'est une bonne chose, remarque. Ça signifie que son agenda n'est pas plein et qu'elle ne terrorise pas autant d'enfants qu'on pourrait le craindre… Mais oublions tout ça pour l'instant et parlons d'autre chose. Tiens, j'avais eu l'idée d'un déjeuner avec Draco, toi et moi avant les vacances, afin que vous puissiez vous rencontrer avant que tu ne viennes passer quelques jours à la maison pendant l'été. Est-ce que ça te plairait ?
- Oui, avec grand plaisir, mais déjà que Draco va sacrifier un après-midi de révisions pour aller voir Forester, je ne voudrais pas qu'il sacrifie deux ou trois heures de plus pour un déjeuner qui peut se tenir plus tard…
- Justement, je me dis que ça pourrait lui permettre de se détendre avant les BUSE. Un midi loin de Poudlard, ça lui fera le plus grand bien.
- C'est vrai. Le dimanche neuf juin, ça t'irait ?
- C'est parfait, assura Severus. Je demanderai à Draco si ça lui va, mais ça devrait aller.
Severus et Tonks discutèrent ainsi le reste de la soirée de ce déjeuner avant de dévier vers d'autres sujets tout aussi légers. Puis ils allèrent dans la chambre qui connut des ébats tendres et passionnés, avant de s'endormir, épuisés, dans les bras l'un de l'autre et de plonger dans un sommeil peuplé de beaux rêves…
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(dimanche 02/06) POV Hermione
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- Pattenrond, reviens ici !
Hermione voulut rattraper son chat mais celui-ci se faufila derrière un des canapés.
- Oh ce chat, quelle tête de mule !
- Tu lui fais peur, avec ton truc…
- Mais c'est pour son bien, ses griffes deviennent beaucoup trop longues ! Il ne se gratte pas souvent mais quand il le fait, il se blesse et il saigne, je ne vais pas le laisser s'arracher la peau à chaque fois qu'il se gratte alors que je peux lui éviter ça !
- Je sais bien, mais c'est à lui qu'il faut expliquer ça…
- Tu ne veux pas t'en occuper ? Il est plus docile avec toi, tu as un don avec lui…
- Il vaut mieux ne plus rien tenter pour aujourd'hui, il sera trop sur la défensive, même si c'est moi qui l'approche. Et puis tu devrais plutôt te tourner vers Théo, c'est surtout lui qui a un don avec les animaux.
- Encore faut-il que j'arrive à le ramener ici… Il est toujours gêné de pénétrer dans une autre salle commune que la sienne…
- Oh, si tu lui dis que c'est pour sauver un pauvre chat en détresse, il voudra bien mettre sa timidité de côté… Par contre, il faudra juste faire en sorte que Harry ne soit pas là à ce moment-là, sinon ils vont discuter pendant des heures et le pauvre Pattenrond va complètement passer à la trappe…
- Vu que Harry a une séance de thérapie à dix-sept heures avec le professeur Snape, j'inviterai Théo à venir ici mardi prochain après les cours. Bon, vu que monsieur Pattenrond a décidé de bouder, je vais attendre Terry plus tôt que prévu devant sa salle commune.
- Ça va toujours, entre vous ?
- Oui, même mieux que jamais, avoua rêveusement Hermione. On a eu quelques petits soucis dans notre couple récemment, mais on les a surmontés sans se disputer alors qu'on aurait pu, tout va pour le mieux depuis et on est encore plus amoureux qu'avant. J'ai même l'impression que ça a donné un nouvel élan à notre relation, ajouta Hermione en rougissant.
- Comment ça ? fit Ginny, curieuse.
- Non, oublie, je n'aurais pas dû te dire ça…
- Ah non, tu m'en as soit trop dit, soit pas assez ! s'écria Ginny. Et ce n'est pas parce que j'ai deux ans de moins que toi que je ne peux pas entendre certaines choses…
Hermione dut reconnaître que Ginny avait raison. De plus, elle était bien la seule personne à qui elle pouvait parler de ce type de choses… Dans la bande, à part elles, il n'y avait qu'une fille, à savoir Pansy, et Hermione n'était pas suffisamment proche d'elle pour avoir ce genre de conversation. Et elle ne se voyait pas discuter de ça avec Harry, Ron ou Théo… Ce fut pourquoi elle se résigna à se confier à celle qui avait toujours été sa meilleure amie :
- Ça ne fait que trois jours que ces tensions ont eu lieu dans notre couple, mais depuis, on s'est vus avant-hier et hier et c'était différent par rapport à d'habitude. Nos baisers étaient plus intenses, plus poussés, on se pressait davantage l'un contre l'autre et nos mains étaient un peu plus aventureuses qu'elles ne l'étaient avant les troubles qu'il y a eu entre nous… Je crois que…
Hermione s'interrompit, affreusement gênée.
- Oui ? l'encouragea Ginny.
Hermione hésita avant de reprendre :
- Je crois que j'avais même envie de plus.
- Mais il n'y a aucune honte à ça, dit gentiment Ginny. C'est de ton âge, les hormones te travaillent et ça fait déjà un moment que tu es avec Terry… Il y a des tas de couples qui n'attendent pas aussi longtemps avant d'aller plus loin… Chacun va à son rythme, et tu n'as pas à t'en vouloir parce que tu commences à être attirée plus intimement par Terry.
Hermione se sentit soudain bête tant les mots de Ginny lui parurent évidents.
- Laisse ton désir s'exprimer, pousse Terry à en faire autant, et si vous devez franchir des étapes, ça se fera quand vous en aurez envie et quand vous serez prêts. Ce sont les seules questions que vous devez vous poser. S'il y a un «non» à l'une d'entre elles, c'est que ce n'est pas le bon moment, c'est aussi simple que ça.
Hermione acquiesça.
- Merci, ça semble tellement logique, dit comme ça…
- Parce que ça l'est, répondit Ginny en souriant. Après, le mieux, c'est que tu en parles avec Terry. Ce sujet ne doit pas être tabou entre vous.
- Je verrai ça quand l'occasion s'y prêtera, déclara Hermione. Merci encore, tu avais raison, il n'y avait pas de raison d'être gênée pour ça… Bon, il faut que j'y aille, sinon je vais être en retard.
Hermione se leva, quitta la salle commune et prit la direction de celle de Terry qui était située assez loin de la sienne. Elle n'y arriva que dix minutes plus tard, ayant dû faire son devoir de préfète sur le chemin. À peine s'arrêta-t-elle devant l'antre des Serdaigle que Terry en sortit.
- Oh, tu es déjà là, je ne t'ai pas trop fait patienter ?
- Non, je suis là depuis tout juste une minute, affirma Hermione.
- Tant mieux, dit Terry en souriant. On va à la salle sur demande ou tu veux aller dans le parc ?
- Non, je préfère aller à la salle sur demande.
- Dans ce cas, c'est moi qui aurais dû t'attendre devant ta salle commune, vu qu'elle est au septième étage. Ça t'aurait évité de descendre et de remonter toutes ces marches…
- Ce n'est pas grave, ça me fait faire du sport, plaisanta Hermione. Et puis ça change. On y va ?
Terry acquiesça et tous deux se dirigèrent vers les escaliers. Entre deux étages, ils durent calmer des élèves turbulents qui couraient un peu partout. Le septième étage fut moins bruyant que les autres et les deux tourtereaux furent bien contents lorsqu'ils furent enfin devant la tapisserie de Barnabas le Follet. Ils firent apparaître la salle sur demande, y pénétrèrent et s'installèrent sur leurs couvertures favorites.
- Ils sont agités, aujourd'hui, commenta Terry.
- Oui, c'est sûrement le beau temps qui les rend comme ça…
- Qu'ils aillent se dépenser dehors, alors, railla Terry. J'adore les petits, mais là, ils m'ont épuisé… C'est une bonne chose que je n'aie jamais eu de petit frère ou de petite sœur. Leur énergie m'aurait rendu fou.
- Tu as toujours été un enfant calme ?
- D'aussi loin que je m'en souvienne, oui. Ce n'est pas moi qui faisait courir mes parents à gauche et à droite, en tout cas, s'amusa Terry.
- J'aimerais beaucoup voir à quoi ressemblait le Terry de sept ou huit ans, fit Hermione, rêveuse.
Terry sembla soudain gêné.
- Eh bien… tu pourras en avoir l'occasion. Tout dépend de toi, en fait.
Hermione fronça les sourcils.
- Comment ça ?
- Ça fait plusieurs jours que je dois t'en parler, mais il y a eu l'histoire avec McLaggen, du coup j'ai préféré repousser… Bon alors voilà : ma mère m'a récemment envoyé une lettre dans laquelle elle me disait qu'elle souhaiterait t'inviter pendant les vacances. Je me doute bien que tu devras voir ça avec tes parents, mais est-ce que toi, tu serais intéressée ?
Hermione fut un peu prise au dépourvu.
- Euh… C'est assez inattendu, comme proposition… Ça me touche beaucoup que ta mère ait envie de me rencontrer, mais ce serait la première fois que j'irais chez un garçon avec qui je sors et…
- Ne t'inquiète pas, c'est pareil pour moi, assura Terry. Mes parents avaient simplement vu Lisa sur le Chemin de Traverse, mais elle n'était jamais venue chez moi et je n'étais jamais allé chez elle. Ce sera nouveau pour tous les deux, et je suis autant stressé que toi. Mais je t'avoue que ça me plairait beaucoup qu'on passe une ou deux semaines ensemble durant l'été.
- Moi aussi, affirma Hermione sans hésiter. Deux mois sans se voir, ça aurait été très long… Même si on se serait organisé une journée avec toute la bande… Je crois que ça me tenterait bien, en fait, de venir chez toi, confia Hermione. Mais je risque d'être très gênée au début, il ne faudra pas m'en vouloir si je suis assez timide…
- On ne t'en tiendra pas rigueur, c'est juré. Mes parents comprendront parfaitement que tu sois un peu réservée, et puis ils sauront te mettre à l'aise. Ils feront tout pour que tu sois bien. Je peux donc dire à ma mère que c'est ok pour toi ?
- Oui, et je pense que mes parents seront sûrement d'accord aussi. Ils sont plutôt cool.
- Tu penses leur demander quand tu seras rentrée chez toi ?
- Oui, je me vois mal leur faire cette requête par écrit… Surtout qu'ils ne sont pas encore familiers avec l'envoi de lettres par hibou…
- Oui, il vaut mieux que tu leur en parles de vive voix.
- Je te tiendrai au courant dès que j'aurai leur réponse, promit Hermione. Mais est-ce que ça va bien se passer, d'après toi ?
- Oui, j'en suis sûr. Il y a de fortes chances que ma sœur vienne quand tu seras là et tu devrais bien t'entendre avec elle aussi. Tout comme avec son copain. Et puis tu pourras voir Amy, comme ça. Ça se trouve, je la verrai pour la première fois en même temps que toi, s'ils ne viennent pas nous voir avant ton séjour…
- Ah oui, c'est vrai, j'avais oublié que tu ne l'avais toujours pas vue… Tu dois avoir tellement hâte de découvrir son visage…
- Oh oui, soupira Terry. Ça a été mon choix de rester ici pendant les vacances de Pâques, parce que c'était mieux ainsi. Mais c'est vrai que j'aurais aimé pouvoir rentrer pour voir ma famille et faire la connaissance de ma nièce… En vrai, ma sœur va probablement nous rendre visite au tout début des vacances. Elle aussi doit être pressée de faire les présentations, s'amusa Terry.
- Tu m'étonnes… C'est important que la petite sache qui est son tonton ! Mais dis-moi, comment ça se passe, dans le monde sorcier, après la naissance d'un enfant ? Est-ce que les mamans reprennent rapidement le travail ?
- Ça dépend du temps qu'elles souhaitent passer avec leur nouveau-né, mais elles attendent deux ou trois mois en général avant de retourner au travail.
- Elles font comment pour faire garder le bébé ?
- Soit les parents le confient à quelqu'un de leur famille, soit ils embauchent une nounou.
- Oh, donc ça existe aussi dans le monde sorcier ?
- Oui, c'est même l'un des moyens le plus courant pour les jeunes personnes de gagner de l'argent pendant les vacances. Certaines en font aussi leur métier, comme dans le monde moldu. Ma sœur et son compagnon ont décidé de faire appel à une nounou, pour leur part, étant donné que mes parents travaillent et que ceux de Miguel vivent en Italie. Je sais que Miguel a repris le boulot, mais j'ignore si Judith a repris elle aussi. Mais si ce n'est pas encore le cas, elle va bientôt le faire, car il n'y a pas d'allocations pour les parents. Ce n'est pas vraiment un problème pour Judith et Miguel qui gagnent plutôt bien leur vie, mais c'est embêtant pour ceux qui n'ont pas un très gros salaire. Heureusement, Judith et Miguel ont des métiers qui sont bien payés. Judith est vétérimage, comme je te l'avais dit, et Miguel est avocamage.
- Tous les métiers sorciers finissent par «mage» ou il y a des exceptions ?
- Ceux qui ont recours à la magie finissent obligatoirement par «mage». En revanche, on a le choix pour ceux qui se pratiquent sans magie, comme c'est le cas pour le métier d'avocamage. Pour celui-là, on peut dire «avocat» ou «avocamage».
- Je vois. C'est logique, quand on y pense. Du coup, toi qui veux être avocat plus tard, tu te diras «avocat» ou «avocamage» ?
- Peut-être ni l'un, ni l'autre, avoua Terry. Je ne suis plus très sûr de vouloir faire ce métier. On me dit souvent que je devrais faire Auror, et si j'ai longtemps refusé cette idée, j'y réfléchis de plus en plus en ce moment et ce serait finalement un métier qui me plairait bien. Mais ce changement d'avis doit être motivé par le fait que je ne sois plus très intéressé par le métier d'avocamage. En fait, j'ai commencé à douter lors d'une discussion qu'on a eue avec Ron, Pansy et Justin dans les tribunes, le jour du match entre Poufsouffle et Serpentard. Pansy m'avait dit que je ferais un bon Auror et je lui avais répondu ce que je dis à tout le monde quand on me fait cette réflexion, c'est-à-dire que je me destinais plutôt à devenir avocat. Elle avait alors lancé que ce n'était pas un métier fait pour elle car ça allait à l'encontre de ses convictions, ou un truc du genre. J'avais bien conscience depuis le début qu'en exerçant ce métier, je ne défendrais pas que les gentils, mais l'espace de quelques secondes, je me suis imaginé avoir un client qui aurait fait des choses horribles et ça a tout remis en question. Chacun a le droit d'être défendu, mais je crois que je serais comme Pansy et que je serais incapable de représenter quelqu'un qui a tué, violé, violenté ou torturé quelqu'un. Je préfère laisser ça à ceux qui ont vraiment le métier d'avocat dans le sang, qui ne font pas de différences et qui acceptent de défendre n'importe qui, peu importe ce que le client a fait. Tout ça pour dire que je serais plutôt fait pour le métier d'Auror.
- Ça te correspondrait mieux, en effet, approuva Hermione. Mais il t'arrivera sûrement la situation inverse de celle qui t'est venue en tête, à savoir d'arrêter et de croire en la culpabilité de quelqu'un alors qu'il est innocent. Là aussi, ça pourrait être difficile pour toi.
- Oui mais là au moins, j'agirai pour le bien de la population. Même si je me trompe, mon but sera d'emprisonner les méchants, pas de les défendre. J'en relâcherai certains en liberté par manque de preuves, ça, c'est sûr, mais ce sera contre mon gré.
- Je comprends ce que tu veux dire. Tu as raison, alors : abandonne le métier d'avocamage qui n'est clairement pas en adéquation avec tes valeurs, et tourne-toi vers le métier d'Auror qui a l'air de bien mieux te convenir. Tu en as discuté avec le professeur Black ?
- Non, avant cette discussion avec Pansy, je ne m'étais jamais posé de questions sur le métier que je voulais faire. Ce n'est que lorsqu'elle a fait sa remarque que je me suis rendu compte que ce métier n'était peut-être pas fait pour moi. Et les conseils d'orientation étaient déjà passés depuis une bonne semaine quand le match a eu lieu. Mais heureusement, j'avais décidé de garder toutes mes matières. Même l'astronomie. Je te l'avais dit, d'ailleurs. Ça m'embêterait de laisser tomber une matière que j'aurais étudiée pendant cinq ans, j'aurais l'impression d'un gros gâchis.
- Oui, ça me dit quelque chose. Mais tu sais, ce n'est pas trop tard pour en parler avec ton directeur de maison. Tu peux toujours demander à avoir un rendez-vous avec lui.
- Mais il doit être très occupé avec les examens à préparer…
- Ça ne l'empêchera jamais de recevoir un élève qui a besoin d'aide ou de conseils, et puis ça ne lui prendra qu'une heure à tout casser. N'hésite pas à aller le voir et n'aie pas peur de le déranger. C'est ce qu'on dit aux jeunes élèves quand on s'aperçoit qu'ils n'osent pas venir vers nous quand ils ont un problème, alors applique à toi-même tes propres paroles.
- C'est vrai, admit Terry. J'irai voir le professeur Black dans le courant de la semaine si je trouve le temps entre la fin des cours et le dîner.
- Bien. Après-demain, on a une ronde ensemble, et si mes souvenirs sont bons, samedi, tu en as une avec Sophie. Sinon, le reste de la semaine, tu es libre.
- C'est ça. Je vais l'attendre demain à dix-sept heures devant sa salle de classe.
- Bonne idée.
Hermione eut soudain un flash dans sa mémoire.
- Oh non, quelle idiote, j'avais oublié ça…
- Quoi ?
- Mardi, après les cours, j'avais prévu d'emmener Théo dans ma salle commune s'il était d'accord pour qu'il s'occupe des griffes de Pattenrond. Mais j'avais totalement zappé qu'on avait une ronde, ça m'était complètement sorti de la tête.
- Mais pourquoi mardi et pas demain ou mercredi, par exemple ? s'intrigua Terry.
- C'est Ginny qui m'a conseillée de choisir un jour où on serait sûres que Harry ne serait pas dans la salle commune à dix-sept heures. Car si je ramène Théo, Harry et lui vont forcément se lancer dans une grande conversation et à l'heure du dîner, Pattenrond aura toujours ses griffes de trois mètres de long…
Terry éclata de rire.
- Je vois ! Vous abusez, quand-même. Ils savent quand-même un minimum se tenir. Faites ça plutôt demain, après le cours de runes. Harry sera sûrement avec Draco quelque part dans le château.
- Pas bête, songea Hermione.
- Ça me fait penser que je ne l'ai jamais vu, ton Pattenrond. Vu qu'il reste souvent dans ton dortoir ou dans ta salle commune et que je n'y suis jamais allé…
- C'est vrai, ça. Il va falloir que je te le présente. On va passer par ma salle commune avant d'aller dîner, si tu veux bien. Pattenrond devrait avoir fini de bouder.
- Il m'a l'air d'avoir une forte personnalité, ton chat.
- Oh, il a son petit caractère, mais il est sociable et câlin, en temps normal. Tout à l'heure, c'est juste que je l'ai braqué en voulant lui couper les griffes alors qu'il n'en avait pas envie.
- Mais c'est pour son bien…
- C'est ce que je lui ai dit, mais il n'a pas voulu comprendre.
Terry rit de nouveau.
- On croirait t'entendre parler d'un enfant ! Mais les chats sont un peu comme des enfants.
- Oh oui, je ne te le fais pas dire… Enfin bon, un enfant n'aide pas un supposé criminel à retrouver un rat qui se cache dans une école…
Terry écarquilla les yeux.
- Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?!
Hermione réalisa qu'elle n'avait jamais fait part de cela à Terry.
- Tu sais que le professeur Black a été injustement enfermé à Azkaban pendant douze ans alors qu'il n'avait rien fait et que tout était de l'œuvre d'un certain Peter Pettigrew ?
- Oui, il y a eu le procès l'année dernière et ça a fait la une de quasiment tous les journaux. Mais je me doute bien qu'ils n'ont pas tout dit et tu sembles en savoir bien plus que les journalistes qui ont couvert l'affaire…
- Oui, je peux te le dire maintenant car ça n'a plus lieu d'être secret, même si je n'irais pas le crier sur tous les toits, mais avec Harry, j'ai aidé le professeur Black à s'évader avec Buck, l'hippogriffe qui devait être abattu après avoir blessé Draco. Je t'expliquerai tout ce qui s'est passé en détail une prochaine fois, mais en gros, ce Peter Pettigrew, c'était le rat de Ron. Pour faire croire que le parrain de Harry l'avait tué, lui, ainsi que les douze moldus dont il était en réalité l'assassin, Pettigrew s'est coupé un doigt et s'est transformé en rat. Il a ensuite fait en sorte de se faire adopter par une famille et il est tombé dans celle de Ron. Peu avant son évasion, le professeur Black a appris que Pettigrew se cachait à Poudlard sous sa forme de rat. Il a alors décidé de s'enfuir d'Azkaban grâce à sa propre forme Animagus afin d'aller chercher Pettigrew et de prouver qu'il était bien vivant et que c'est lui qui avait trahi les Potter et tué les douze moldus. Il s'est donc évadé et il s'est rendu à Poudlard sans se faire repérer. C'est là qu'intervient Pattenrond. Il a tout de suite compris que le rat de Ron n'était pas un vrai rat, tout comme il a vite compris que le professeur Black n'était pas un vrai chien dès la première fois qu'ils se sont vus. Le professeur Black a mis un peu de temps à obtenir la confiance de Pattenrond qui, une fois s'être assuré que cet homme n'était pas le sorcier fou dangereux qui était dépeint dans les journaux, a bien voulu l'aider. C'est lui qui a fourni la liste des mots de passe de la salle commune de Gryffondor au parrain de Harry. Mais le plan est tombé à l'eau, Pettigrew s'étant enfui après avoir deviné ce qui se tramait contre lui. Pattenrond a toutefois fini par trouver un autre moyen d'attirer Pettigrew dans les filets du professeur Black, ce qui a cette fois réussi. Mais ça fait partie de ce que je t'expliquerai une autre fois. Là, je voulais juste te raconter le rôle que Pattenrond a eu dans cette histoire.
- C'est incroyable, souffla Terry. Je n'aurais jamais cru qu'un chat puisse être aussi intelligent…
- C'est parce que Pattenrond n'est pas qu'un simple chat, il est mi-Fléreur, mi-chat. C'est de là que lui vient son intelligence nettement supérieure à la moyenne des autres chats.
- Et ça ne te fait pas bizarre de te dire que ton chat est doué de pensée et qu'il est capable d'inventer des stratagèmes très poussés pour rendre justice à un humain ? Tu n'as pas l'impression d'avoir une vraie personne en guise de compagnon ?
- Non, car Pattenrond a tout d'un vrai chat. Il a juste cette intelligence en plus. Évidemment, j'ai été surprise d'apprendre tout ce qu'il avait fait, mais ça ne m'a pas gênée.
- C'est le principal, alors, estima Terry. J'ai hâte de le rencontrer, du coup. Mais alors c'est pour ça que tu as l'air assez proche du professeur Black ? Pas seulement parce qu'il est le parrain de Harry, mais aussi parce que tu l'as aidé à s'évader une seconde fois ?
- Oui, et c'est pareil pour le professeur Lupin. Il était avec le professeur Black quand Harry, Ron et moi avons appris toute la vérité. C'est aussi pour ça que j'ai tendance à appeler le professeur Black par son prénom. Pendant toute la quatrième année, Ron et moi avons régulièrement demandé de ses nouvelles auprès de Harry. On lui a également parlé dans la cheminée de la salle commune. Ginny n'a pas assisté directement à tout ça mais elle est la confidente de Harry qui lui a tout raconté et elle était donc souvent avec nous quand le parrain de Harry venait nous parler via la cheminée. Et Sirius et le professeur Lupin savent à quel point Ginny a toujours été présente pour Harry.
- C'est ça qui m'intrigue, dit Terry. Comme tu le dis, elle est la confidente de Harry, et ce, depuis un bon moment, apparemment, mais je croyais qu'elle avait d'abord été amoureuse de lui ?
- Oui, si l'on peut dire… Si elle l'a été, ce n'était qu'au début de sa première année, en tout cas. Ce qu'elle a vécu et subi tout au long de cette année l'a fait mûrir et grandir d'un coup. Dès la rentrée de sa deuxième année, elle n'était plus la petite fille intimidée et impressionnée par le célèbre Harry Potter comme elle l'était quand elle est arrivée à Poudlard. Harry s'en est rendu compte et c'est ce qui l'a poussé, entre autres, à commencer à se confier à elle. C'était plus facile de lui dire certaines choses qu'à Ron ou moi. Parce qu'elle avait une façon différente de l'écouter, qu'il n'y avait aucun tabou avec elle, qu'elle pouvait tout entendre et qu'elle savait toujours lui dire les mots et lui donner les conseils qu'il fallait, ce qui n'était pas forcément notre cas à Ron et à moi. Nous n'avons jamais mal pris le fait qu'il préférait lui parler à elle, nous étions au contraire soulagés qu'il ait une oreille attentive près de lui. Ginny, c'est vraiment la personne avec qui on peut discuter de tout. Elle n'est pas ma meilleure amie pour rien. Harry et Ron aussi sont mes meilleurs amis, mais il y a des sujets que je vais pouvoir aborder avec Ginny et pas avec eux. Mais Harry et Ron, ce sont ceux avec qui j'ai vécu toutes sortes d'aventures depuis notre première année à Poudlard. Il y a eu des brouilles, notamment entre Ron et moi en troisième année, et entre Ron et Harry en quatrième année, mais à part ces deux courtes périodes de froid, nous avons toujours été là les uns pour les autres. Et c'est ça que je retiens de notre amitié.
- Et c'est beau à voir, cette amitié qui vous lie, commenta Terry. Vous êtes le trio le plus célèbre de Poudlard, après tout.
- Si Harry n'était pas aussi connu et s'il n'avait pas une fâcheuse tendance à s'attirer sans cesse des ennuis dans lesquels Ron et moi le suivons partout, notre trio ne serait sans doute pas aussi célèbre, plaisanta Hermione. Bon, ça te dirait d'aller voir Pattenrond maintenant ? Si on attend trop, j'ai un peu peur qu'il soit allé se réfugier dans mon dortoir quand on arrivera à la salle commune…
- D'accord, allons-y.
Terry et Hermione quittèrent la salle sur demande et se rendirent à la salle commune de Gryffondor. Lorsqu'ils y entrèrent, les regards convergèrent aussitôt vers eux. Hermione les ignora et vit Terry tenter d'en faire autant. En fait, Hermione fut plus occupée à chercher son chat qu'à faire attention aux élèves de sa maison. Après quelques minutes de recherches, Hermione trouva Pattenrond caché derrière un fauteuil. Elle le prit dans ses bras et rejoignit Terry.
- Voilà Pattenrond, déclara-t-elle. Pattenrond, voici Terry. C'est mon petit-ami. Il est très gentil, tu vas voir. Il va falloir que tu t'entendes bien avec lui car vous allez devoir cohabiter quand Terry et moi emménagerons ensemble.
- J'espère qu'il aime les enfants aussi, alors, ajouta Terry, mi-sérieux, mi-blagueur.
- Et les chiens, pendant qu'on y est ? rit Hermione.
- Ah mais moi je suis tout à fait pour ! Par contre, on prendra un vrai chien, si tu vois ce que je veux dire…
Hermione pouffa de rire.
- On a le temps d'y réfléchir, ce n'est pas comme si c'était pour tout de suite, il faut d'abord qu'on termine nos études à Poudlard…
- Oui, et dans l'immédiat, il faut qu'on réussisse nos BUSE…
- Et pour ça, on doit les réviser, compléta Hermione. Tu vas réviser quoi, toi, ce soir ?
- La métamorphose, je pense.
- Comme Harry, s'il n'a pas changé d'avis depuis.
- Et toi ? s'enquit Terry.
- Les potions ou les runes.
- Je serais toi, je relirais d'abord mes cours de potions, vu que cet examen aura lieu avant celui des runes.
- Ah oui, pas faux. Je verrai ça en temps voulu, décida Hermione. Là, ce dont j'ai envie, c'est de lire un bon livre. Tu veux que je t'en prenne un, vu que je vais en chercher un pour moi ?
- Je veux bien celui que tu as sur l'histoire des runes, oui.
- D'accord, tiens, prends Pattenrond, je reviens dans cinq minutes.
Hermione fourra Pattenrond dans les bras de Terry et se dirigea vers les escaliers. Elle monta à son dortoir où elle attrapa le livre que lui avait demandé Terry et celui qu'elle avait emprunté la veille à la bibliothèque, à savoir un ouvrage sur tous les métiers du monde sorcier. Elle redescendit à la salle commune et vit que Terry s'était installé à une table sur laquelle Pattenrond s'était étalé de tout son long. Dès qu'elle s'assit à son tour, Pattenrond vint se coucher sur ses genoux. Elle n'aurait pas pu rêver mieux. Elle était dans sa salle commune, avec son petit-ami, son chat et un bon livre entre les mains. Et elle fut encore plus heureuse lorsque Pattenrond délaissa ses jambes pour aller privatiser celles de Terry. En voyant le sourire de son chéri et en comprenant que Pattenrond voulait signifier par-là qu'il avait accepté Terry comme un second maître, Hermione se dit qu'elle avait le meilleur chat et le meilleur petit-ami de tout l'univers.
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(lundi 03/06) POV Sirius
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- Elle va encore être longue, cette réunion, soupira Sirius.
- Oui, mais elle est importante. Comme toutes celles qu'on a en ce moment, rappela Remus.
- Justement, j'ai l'impression qu'on ne fait que ça. Mais comme tu dis, c'est important. Il s'agit tout de même de choisir les nouveaux préfets, leurs suppléants, ceux des préfets actuels, les préfets-en-chef, les capitaines de Quidditch… C'est tout, je crois ?
- Oui, et c'est déjà pas mal, répondit Remus. C'est toi qui as raison, en fait. Ça va être long. Enfin non, pas tant que ça, si personne ne s'embrouille dans ses choix…
- Oui, dans ce cas, en une heure, ça peut être bouclé, positiva Sirius. Bon, allons-y, plus tôt on sera au complet, plus vite la réunion commencera et plus vite on sera sortis.
Sirius râlait beaucoup, mais il adorait son travail de professeur et de directeur de maison. C'était un métier éprouvant et à plein temps, mais pour rien au monde il n'échangerait sa place. Deux ans plus tôt, il n'aurait jamais pensé devenir professeur, et pourtant, à présent, il ne s'imaginait plus faire un autre métier. Ce fut sur cette pensée qu'il entra dans la salle des professeurs avec Remus. Ils avaient été surpris, tout comme certains de leurs collègues, d'apprendre que la réunion se tiendrait ce jour-là, étant donné qu'elles avaient rarement lieu en semaine, mais Dumbledore leur avait expliqué qu'il n'avait pas pu la placer durant le week-end, puisque Severus et Pomona ne seraient pas libres. Si la botaniste avait justifié sa future absence par une conférence à laquelle elle avait prévu de participer, Severus, lui, était resté évasif sur ses occupations qui le rendraient indisponible. Cela avait intrigué Sirius et Remus, mais ils n'avaient pas insisté.
Lorsque tout le monde fut arrivé, Dumbledore prit la parole :
- Bonjour à tous, nous sommes réunis aujourd'hui afin de désigner les nouveaux préfets-en-chef et les nouveaux préfets de l'année prochaine, les suppléants de tous les préfets ainsi que les capitaines de Quidditch qui dirigeront leur équipe à la rentrée. Si ces derniers ont déjà leur co-capitaine, merci de le préciser lorsque nous aborderons ce sujet. Nous allons commencer par les préfets-en-chef. Je vous avais demandé de me remettre vos idées et vous m'avez tous soumis le nom des deux élèves de la maison dont vous êtes responsables qui, selon vous, mériteraient le poste de préfet-en-chef et de préfète-en-chef. Remus, vous avez proposé Miss Audrey Clowes et M. Edwin Cowl. J'aimerais l'avis de vos collègues.
Sirius se retrouva face à un dilemme. Il ne voulait pas contredire son cher et tendre, mais l'une de ses suggestions ne lui convenait pas du tout. Severus, lui, semblait indécis, tandis que Pomona, elle, avait l'air séduite.
- Sirius, qu'en pensez-vous ?
Bon, si Dumbledore ne lui laissait pas le choix…
- Je suis d'accord pour M. Cowl mais pas pour Miss Clowes.
- Pourquoi ?
- Elle n'a absolument pas l'âme d'une préfète, et encore moins l'âme d'une préfète-en-chef. Elle est beaucoup trop intransigeante et elle manquerait cruellement de pédagogie.
- Je l'avais choisie pour son sérieux, car elle était la seule fille de Gryffondor à l'être suffisamment pour devenir préfète-en-chef, expliqua Remus. Mais je savais d'office qu'elle ne serait pas élue.
Ces mots soulagèrent Sirius. Il n'avait pas vexé Remus.
- Bien, continuons. Pomona, vous avez proposé M. Remy Adelson et Miss Maxine O'Flaherty. Là aussi, j'aimerais l'opinion de vos collègues.
Sirius n'avait rien à dire sur ces deux élèves, et il n'était visiblement pas le seul puisque personne ne se manifesta.
- N'oubliez pas que sur les huit noms, seuls deux seront retenus, rappela Dumbledore. Sirius, vous avez proposé M. Alexis Conley et Miss Karen Herd. Un avis sur ces élèves ? Oui, Severus ?
- Miss Herd n'a pas l'assurance nécessaire pour être préfète-en-chef. Elle aurait du mal à gérer bon nombre de situations et se ferait trop facilement marcher sur les pieds.
- Merci, Severus. Vous avez vous-même proposé M. Ivan Cogan et Miss Jasmine Norell. Est-ce… Oui, Remus ?
- J'ai collé M. Cogan, une fois. Il s'en était pris à un de ses camarades et avait refusé de s'excuser. Et son attitude a été très limite durant sa retenue. J'ai failli lui en donner d'autres, mais il a fini par se calmer.
- Tu ne m'avais rien dit de tout ça, s'étonna Severus.
- C'était la veille de l'explosion, grimaça Remus. Je comptais t'en parler le soir-même, mais avec ce qui s'est passé…
- D'accord, je comprends mieux.
- Il avait aussi été un peu agressif à une ou deux reprises avec moi, indiqua Sirius. Mais ça avait été très léger. Ça n'avait pas mérité de retenue, je l'avais juste averti. Mais si j'avais su qu'il s'était fait coller une fois, je t'en aurait fait part, Severus…
- Tu le feras la prochaine fois qu'il te manquera de respect, même si ce n'est pas grand-chose.
Sirius hocha la tête.
- Personne n'a rien d'autre à ajouter ? Non ? Bien, nous allons donc procéder aux votes. Pour éviter que chacun ne choisisse uniquement l'élève de sa maison, vous allez écrire sur vos parchemins deux noms pour le poste de préfet-en-chef et deux noms pour le poste de préfète-en-chef.
Sirius, Remus, Severus et Pomona s'exécutèrent et inscrivirent quatre noms sur leurs parchemins. À l'issue du dépouillement, Alexis Conley et Jasmine Norell furent élus préfet-en-chef et préfète-en-chef avec trois voix chacun.
- Merci à tous pour votre contribution. Vous allez désormais annoncer chacun à votre tour les noms des préfets que vous avez choisis, ainsi que leurs suppléants. Remus, nous vous écoutons.
- Les nouveaux préfets de Gryffondor seront Darren Carson et Ginny Weasley. Le suppléant de M. Carson sera Guy Ashford et la suppléante de Miss Weasley sera Wendy Sanders.
- Merci, Remus. À vous, Pomona.
- Le choix n'a pas été facile, mais les nouveaux préfets de Poufsouffle seront Shane Barton et Fiona Bowden. Le suppléant de M. Barton sera Noah Cadbury et la suppléante de Miss Bowden sera Elsa Fleming.
- Merci, Pomona. À vous, Sirius.
- J'ai beaucoup hésité également, mais à la rentrée, en plus de M. Boot et de Miss Patil, la maison de Serdaigle comptera parmi ses préfets Dimitri Kirby et Betty Howell. M. Kirby aura Chad Baker comme suppléant et Miss Howell aura Andrea Burton comme suppléante.
- Merci, Sirius. À vous, Severus.
- Pour ma part, ça été plutôt simple. Cela n'étonnera personne, mais Simon Harper sera le nouveau préfet de Serpentard. Quant à Lauren Keegan, elle sera la nouvelle préfète de Serpentard. M. Harper a choisi Warren Brett comme suppléant et Miss Keegan a choisi Martha Staley comme suppléante.
- Merci, Severus. Passons maintenant au choix des suppléants des préfets actuels. Remus, qu'en est-il pour votre maison ?
- M. Weasley n'a pas eu à réfléchir longtemps et a nommé Dean Thomas comme suppléant. Cela a été en revanche plus compliqué pour Miss Granger, qui n'a pas beaucoup d'affinités avec les filles de son dortoir, mais elle a fini par trouver une suppléante en la personne de Rionach O'Neal.
- Bien. Et vous, Pomona ?
- La situation des préfets de Poufsouffle est assez particulière, compte tenu des changements qu'il y a eu. M. Wayne est préfet jusqu'au retour de M. MacMillan et ce sera à lui de choisir son suppléant lorsqu'il reprendra ses fonctions.
- Dans ce cas, nous verrons cela à la rentrée pour M. MacMillan, conclut Dumbledore. Et pour ce qui est de la préfète de Poufsouffle ?
- J'ai nommé Miss Sophie Roper pour succéder à Miss Abbot, et Miss Bones sera sa suppléante.
- Parfait. Et vous, Sirius ?
- M. Boot a désigné M. Goldstein pour être son suppléant et Miss Patil a choisi Miss Turpin.
- Voilà qui est clair et concis. Et vous, Severus ?
- M. Malfoy n'a pas encore choisi son suppléant, il avait une idée mais il fallait qu'il voie cela avec la personne concernée. Miss Parkinson, elle, a désigné Miss Greengrass.
- Très bien. Dites à M. Malfoy de vite régler cette affaire, dans ce cas. Sinon, si j'ai bonne mémoire, les suppléants des préfets actuels figuraient tous sur la liste des potentiels préfets l'année dernière et par conséquent, ils ont donc tous passé les tests, qu'ils avaient plutôt bien réussis. Est-ce exact ?
Remus, Pomona, Severus et Sirius acquiescèrent. Heureusement, Sirius et Remus, qui n'étaient pas là l'année précédente, avaient pris connaissance des listes de Filius et de Minerva.
- Bien, nous allons à présent traiter le sujet du Quidditch. Remus, qui sera le capitaine de l'équipe de Gryffondor pour l'année scolaire suivante ?
- Ce sera M. Potter. Et il pense prendre Miss Weasley comme co-capitaine.
Dumbledore parut légèrement soucieux.
- Combien d'options Miss Weasley suit-elle ?
- Deux, répondit Remus.
- Cela devrait rester gérable pour elle, alors. Sans compter qu'il y aura moins d'heures de travail en binôme.
- C'est pour cela que je n'ai pas vu d'inconvénient à ce qu'elle soit co-capitaine en plus de son rôle de préfète. Je la surveillerai de près, de toute façon.
Dumbledore hocha la tête.
- Pomona, qu'en est-il pour l'équipe de Poufsouffle ?
- M. Smith demeurera capitaine, et il pense choisir M. Adelson comme co-capitaine.
- Bien. Et pour ce qui est de l'équipe de Serdaigle, Sirius ?
- Elle gardera le même capitaine, à savoir M. Conley. Il souhaitait avoir M. Kirby à ses côtés mais ce dernier ne s'est pas senti capable d'assumer ce poste s'il venait à être nommé préfet. Et il a bien fait d'anticiper puisque c'est effectivement le cas. M. Conley s'est donc rabattu sur M. Aberline.
- C'est un bon choix. Et pour l'équipe de Serpentard, Severus ?
- M. Malfoy sera le capitaine et il songe à prendre M. Nott comme co-capitaine. Il doit y réfléchir.
- Il a le temps pour se décider, relativisa Dumbledore. Ceci est juste un tour d'horizon, pour prendre la température, comme disent nos chers amis moldus. Les capitaines auront jusqu'à mi-octobre pour donner leur choix définitif, le temps qu'ils connaissent un peu mieux leur équipe. Ils pourront même changer d'avis en cours d'année s'ils estiment s'être trompés. C'est la première fois qu'ils doivent s'entourer d'un co-capitaine, ce n'est pas un exercice évident, il serait donc normal qu'ils fassent le mauvais choix. Certains capitaines auraient tendance à prendre leur meilleur ami, mais ce n'est pas forcément ce qu'il y a de mieux pour l'équipe. Leur lien amical peut être contre-productif. Et leur bonne entente dans la vie de tous les jours peut ne pas être la même lorsqu'il s'agit de travailler sur une stratégie. Les capitaines doivent penser à tout cela. N'hésitez pas à leur apporter ces précisions. Cela peut remettre en cause leur choix. Bien, nous allons désormais attribuer les créneaux du week-end à chaque équipe. Cette année, le créneau du samedi matin était réservé aux Gryffondor, celui du samedi après-midi aux Serpentard, celui du dimanche matin aux Poufsouffle et celui du dimanche après-midi aux Serdaigle. Que proposez-vous ? Oui, Severus ?
- Je pense que le créneau du samedi matin devrait être pour les Serdaigle, celui de l'après-midi pour les Poufsouffle, celui du dimanche matin pour les Serpentard et celui du dimanche après-midi pour les Gryffondor.
- Est-ce que cela va à tout le monde ? Oui ? Bien, c'est noté. Merci, Severus. Il nous reste une chose à voir, c'est-à-dire les difficultés liées aux horaires des rondes qui se superposeront aux horaires des autres entraînements de Quidditch. Nul ne sait la future composition des équipes, mais si les joueurs actuels restent dans leur équipe l'année prochaine, cela va poser des problèmes dans l'organisation des rondes. Avec seize préfets au lieu de huit, le but est d'avoir deux paires de préfets par jour, avec deux filles et deux garçons et un préfet par maison. Or, si M. Malfoy, Miss Parkinson et M. Harper conservent leur poste dans leur équipe, il n'y aura que Miss Keegan qui sera disponible le jour où il y aura le premier entraînement de la semaine des Serpentard. Cela signifie qu'elle devra être placée systématiquement chaque semaine sur la ronde de ce jour-là afin que le quota soit respecté. Il faudra donc que vous en parliez avec elle, Severus. Après, elle pourra très bien alterner avec la suppléante de Miss Parkinson ou avec sa propre suppléante.
- J'en discuterai avec elle, déclara Severus.
- Le plus tôt sera le mieux, pour qu'elle puisse y réfléchir. Je tenais aussi à prévenir que durant les deux premiers mois, chaque binôme devra être toujours composé d'au moins un préfet de sixième année, étant donné que les préfets de cinquième année seront encore inexpérimentés malgré les tests qu'ils auront passés. Début novembre, il sera possible de songer à mettre deux préfets de cinquième année ensemble. Car il ne pourra pas tout le temps y avoir des binômes avec un préfet de cinquième année et un préfet de sixième année. Mais nous verrons tout cela lorsque les capitaines auront choisi leur jour et leur créneau pour leur premier entraînement de la semaine, ce qui devra être fait dans les jours qui suivront les sélections. Lorsque ce sera fait, nous pourrons faire le planning des rondes. Y a-t-il des questions, que ce soit à propos des rondes ou des équipes de Quidditch ? Non ? Personne?Bien, la réunion est donc terminée, vous pouvez y aller.
Sirius, Remus, Severus et Pomona se levèrent. Dumbledore et Pomona furent les premiers à quitter la salle, ayant sûrement des choses à faire.
- Je me demande comment font les couples de préfets ou de joueurs de Quidditch et de préfets pour conserver leur relation, s'interrogea Sirius. Ils doivent tellement galérer pour se voir…
- Quand on s'aime, on peut surmonter n'importe quel obstacle, commenta Severus. Je sais de quoi je parle, puisque je vis une relation à distance…
- Oui mais toi, tu as trente-six ans, pour des ados de quatorze ou quinze ans, c'est différent, ils n'ont pas la même mentalité…
- Eh bien si leur couple ne tient pas à cause de l'éloignement, c'est qu'ils n'étaient pas prêts à faire face à ce genre de difficultés. Ils apprendront de leurs erreurs.
- Te voilà bien philosophe… De toute façon, depuis que tu es rentré dimanche matin, tu vois tout en rose, tu es sur ton petit nuage… Si ça rend heureux comme ça de se voir tous les trente-six du mois, je vais démissionner et on se verra pendant les vacances, Remus.
- Mais bien sûr, et notre lien, tu en fais quoi ? répliqua Remus.
- Ah oui, oups…
- Il l'a oublié, je n'y crois pas, lâcha Remus en levant les yeux au ciel.
- C'est parce qu'il est tant ancré en moi que je ne le remarque même plus, minauda Sirius en battant des cils.
- Mmmh, tu te rattrapes bien. Bon, on va y aller, je dois écrire à plusieurs personnes pour trouver un stage pour ceux qui n'en ont pas encore et Si…
- Zut, tu as raison, il faut qu'on y aille ! s'exclama Sirius. J'ai dit à un élève que je le recevrai après la réunion !
- Tu oublies tout, aujourd'hui, c'est dingue, lança Remus.
- Ce sont les examens qui me stressent, prétendit Sirius.
- Ouais, c'est ça, ils ont bon dos…
- Tu es méchant, Remus. Pas sûr qu'on fasse quoi que ce soit ce soir comme on l'avait prévu…
- Sirius ! siffla Remus, gêné. On n'est pas tout seuls ! Bon, allons-y, tu as déjà assez fait attendre ton élève comme ça…
Sirius et Remus partirent sur ces mots, sous le regard blasé de Severus que Sirius eut juste le temps de croiser avant de sortir de la salle. Remus rentra à leurs appartements tandis que Sirius se rendit à son bureau. En arrivant, il ne fut pas surpris de trouver Terry Boot devant sa porte. Son élève avait souhaité lui parler à dix-sept heures mais Sirius avait dû repousser à contrecoeur, devant aller à cette réunion. Mais là, il était libre, et tout disposé à faire son devoir de directeur de maison. Il ouvrit la porte et invita Terry à s'installer.
- Alors, qu'est-ce qui t'amène ? s'enquit Sirius.
- C'est à propos de ce que je veux faire plus tard. J'ai changé d'avis, mais c'est un peu confus et…
- Tu as besoin d'y voir plus clair ?
- C'est ça.
- Tu voulais être avocamage, si je ne me trompe pas ?
- Oui, confirma Terry.
- Et tu as abandonné cette voie pour quel autre métier ?
- Celui d'Auror.
- Comment en es-tu venu à cette décision ?
- Je me suis aperçu que je n'étais pas fait pour le métier d'avocamage. Je ne me voyais pas défendre quelqu'un qui aurait commis des crimes horribles, cette simple idée me glace le sang. Et je sais que je devrais le faire un jour ou l'autre si je veux avancer dans ma carrière. Je suis d'accord avec le fait que chacun a le droit d'être défendu, mais je serais incapable de mettre ma conscience de côté pour représenter des personnes qui mériteraient juste de croupir à jamais à Azkaban…
- Effectivement, avec un tel état d'esprit que je comprends parfaitement, ce serait difficile pour toi d'exercer ce métier.
- Surtout qu'au début, il me sera impossible de choisir mes propres clients… Je devrai accepter ce qu'on me proposera.
- Oui, mais on ne te demandera pas tout de suite d'étudier des dossiers aussi sensibles que ceux dont tu refuses de t'occuper. Je ne veux pas que tu renonces à ce métier parce que tu as de faux à priori à ce sujet. Et puis, le métier d'Auror pourra aussi te paraître injuste.
- Oui, c'est ce que m'a dit Hermione, avec qui j'ai parlé de tout ça. Mais au moins, les Aurors, leur but, c'est d'enfermer ceux qui nuisent à la population, alors que les avocamages, eux, peuvent leur rendre leur liberté…
- Même en tant qu'Auror, tu seras peut-être contraint de le faire.
- Oui, par manque de preuves, comme me l'a précisé Hermione, mais les preuves, ça peut finir par se trouver, et là, on aura de quoi interpeller et coffrer le suspect. Je préfère vraiment être du côté des Aurors que des avocamages. Mais j'ai peur que ça fasse comme avec le métier d'avocamage et que je me rende compte que je n'avais pas vu tous les vices de ce métier…
- Je crois que je t'ai cité tout ce qui pourrait te faire douter, et tu as toujours autant envie de faire ce métier. Je suppose qu'avoir énormément de travail n'est pas un motif qui pourrait faire basculer la balance ?
- Non, ça ne me dérange pas du tout.
- Ni de faire beaucoup de paperasse, de passer des heures et des heures à éplucher des dossiers et à rédiger des comptes rendus ?
Terry secoua la tête.
- Ni d'affronter tout ce qui peut se passer sur le terrain ?
Terry réitéra son geste.
- Alors je pense que tu es prêt pour ce métier. Mais je vais quand-même demander à ma cousine, qui est Auror, si elle peut m'envoyer des brochures fiables qui t'informeront davantage sur ce métier. Tu as probablement dû en lire à la bibliothèque, mais ce n'est pas forcément ce qu'il y a de plus sûr. Et ce n'est souvent pas assez détaillé. Mais c'est une bonne chose que tu aies décidé de garder toutes tes matières, du coup. Pour pouvoir accéder à la formation d'Auror, il te faudra aux Aspic un Effort Exceptionnel en botanique, Défense Contre les Forces du Mal, métamorphose, potions et sortilèges. C'est une formation très rude, mais si tu t'en donnes les moyens, tu peux réussir.
- J'y mettrai toute mon âme. Merci, professeur, je suis désormais sûr de mon choix.
- Ravi d'avoir pu t'aider. Allez, va manger, avec tout ça, il se fait tard.
Terry acquiesça, se leva, remercia Sirius, lui souhaita une bonne soirée et s'en alla. Sirius poussa un long soupir. Il était épuisé. Et sa journée était loin d'être finie, car il devait encore se replonger dans la préparation de ses examens, écrire et envoyer une lettre à quelqu'un, lire celles qu'il avait reçues suite aux demandes de stage qu'il avait faites pour ses élèves qui n'en avaient pas encore, manger, se reposer… Il n'allait clairement pas avoir le temps de tout faire ce soir-là. Sauf s'il sacrifiait une partie de son sommeil ou le dîner. Ou bien les deux, songea-t-il. Severus lui pincerait les oreilles s'il l'entendait, mais il n'allait pas avoir le choix. Il n'allait pas dormir et manger alors que les examens commençaient dans dix jours, que rien n'était prêt, que les vacances approchaient à grands pas, que trois de ses élèves n'avaient toujours pas de stage, que l'anniversaire de Harry avait lieu dans deux mois, et qu'il devait s'y prendre tôt s'il voulait avoir le cadeau qu'il comptait lui offrir ! Surtout en plusieurs exemplaires… Il n'était même pas sûr d'avoir un retour positif. Il lui fallait un plan B au cas où, et Sirius n'avait aucune idée de ce qui pourrait plaire à Harry. Enfin, si, mais tout ce qui lui venait en tête était trop basique selon lui. Il avait envie de marquer le coup, car l'année précédente, c'était le premier été qu'il passait avec Harry, et pour son anniversaire, il avait préféré faire quelque chose de simple afin de ne pas le brusquer. De plus, Harry n'allait pas bien, même si Sirius n'avait pas conscience à l'époque d'à quel point Harry souffrait dans son coin. Là, il allait mieux, et c'était le moment d'en profiter pour mettre les petits plats dans les grands. Déjà, Sirius allait tout faire pour que toute la bande d'amis de Harry puisse venir à son anniversaire, même si pour cela, Sirius allait devoir rendre visite à tous les parents. Mais il ne se faisait pas trop de souci. Le plus compliqué, ça allait être de faire en sorte que Théo puisse se libérer. Mais Sirius avait plus d'un tour dans son sac. Et qui sait, peut-être qu'avec un peu de chance, l'anniversaire de Harry allait tomber sur le jour de repos de Théo… Ce serait vraiment super. Mais si tout le monde pouvait venir, cela signifierait que les amis de Harry viendraient deux fois au Square puisqu'il était prévu d'y organiser l'anniversaire de Ginny… Merlin que c'était difficile d'être responsable d'un enfant ! Tout ça était nouveau pour Sirius, mais il adorait son rôle de parrain. Mais il réalisa soudain que les vacances allaient être très mouvementées pour lui. Car entre les deux anniversaires à préparer, le probable rendez-vous chez le généticomage, Harry qui allait passer deux semaines chez Draco, qui souhaitait voir tous ses amis pendant les vacances, et les séances du dimanche avec Théo, il n'allait pas s'ennuyer ! Finalement, avec du recul, être à la fois professeur et directeur de maison à Poudlard n'était pas si fatigant que ça… Peut-être même qu'en réalité, Sirius était actuellement en vacances à Poudlard, comparé à ce qui l'attendait durant l'été !
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(mardi 04/06) POV Ginny
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- Alors, qu'est-ce qu'il t'a dit ?
Telle fut la façon dont Ginny accueillit Simon lorsque celui-ci sortit du cachot, le professeur Snape l'ayant retenu à la fin du cours.
- Il m'a juste demandé si ça allait, car il a vu que je somnolais pendant le cours.
- Tu lui as répondu quoi ?
- La vérité, que je révisais jusque tard le soir, et il m'a conseillé de privilégier mon sommeil plutôt que les révisions si je voulais être en mesure de passer les examens.
- Il n'a pas tort. Bon, allons rejoindre les autres, ils nous attendent dans le parc.
Ceux que Ginny appelait «les autres» étaient Colin, Fiona – la petite-amie de Simon – Luna, ainsi que leurs binômes respectifs, à savoir Basil Kearney, Dimitri Kirby et Lauren Keegan. Ginny avait halluciné en apprenant que Dimitri et Lauren avaient été élus préfets, eux aussi. Elle ne s'attendait pas à ce que cinq membres du groupe deviennent préfets ! Mais c'était amplement mérité.
Ginny, Simon, Colin, Luna et Fiona s'étaient vite mis à être souvent ensemble seulement quelques semaines après la rentrée, mais cela ne faisait que deux mois que les trois autres les avaient rejoints. Faisant partie de deux équipes de Quidditch différentes, Basil et Dimitri n'avaient pas vraiment osé se mêler au petit groupe. Mais ils avaient finalement compris qu'il n'y avait pas de concurrence en-dehors des matchs, ni de tensions, et ils avaient dès lors commencé à passer du temps avec les cinq amis. Après un petit temps d'adaptation, ils s'étaient bien intégrés, si bien que la bande avait fini par décider de s'organiser deux fois par semaine des séances de révisions pour les examens, s'accordant à dire que c'était plus agréable que de travailler seul. C'était pour cela que Ginny avait dû refuser de participer à celles de son autre groupe d'amis. Cela lui avait coûté, car elle aurait pu ainsi voir plus souvent ses amis de cinquième année. Mais c'était plus pratique pour elle de réviser avec des gens de sa classe. Ils avaient les mêmes horaires et relisaient les mêmes cours. Ses aînés ne lui en avaient pas tenu rigueur, comprenant parfaitement son choix.
Ginny et Simon se rendirent donc dans le parc où ils retrouvèrent leurs six camarades.
- C'est moi ou il y a un peu trop de préfets, par ici ? se moqua Basil.
- Il va falloir vous y habituer, répliqua Ginny.
- Et il va falloir filer droit, surtout, renchérit Colin. Avec cinq préfets dans le groupe…
- Mais pour qui vous nous prenez ? s'insurgea Ginny. Nous ne sommes pas des monstres…
Tout en disant cela, des questions envahirent l'esprit de Ginny. Ainsi que des craintes. Son nouveau statut allait-il changer la relation qu'elle avait avec ses amis de sa classe ? Allait-elle savoir trouver le juste milieu, en n'étant ni trop souple, ni trop stricte, avec les élèves qu'elle connaissait ? Allait-elle perdre l'estime de ses camarades si elle les sanctionnait ? Le regard des autres sur elle resterait-il le même ? Serait-elle toujours Ginny Weasley à leurs yeux, ou deviendrait-elle uniquement Ginny la préfète ? Toutes ces interrogations lui donnèrent le tournis.
- Ginny, ça va ?
Ginny leva les yeux et vit l'air inquiet de ses amis.
- Oui, oui, j'étais juste perdue dans mes pensées, répondit-elle en s'efforçant de sourire.
- On a vu ça, commenta Fiona.
- Tu sais, on plaisantait, à l'instant, précisa Colin. On est bien conscients que tu ne vas pas profiter de ton statut de préfète pour nous punir à tort et à travers…
Les lèvres de Ginny s'étirèrent en un sourire plus sincère que le précédent.
- Tu n'avais pas besoin de le préciser, il n'y a aucun malaise à ce sujet, assura-t-elle.
- Tant mieux, fit Colin, soulagé.
- Bon, dit soudain Basil en claquant dans ses mains, il va falloir qu'on fête vos nominations lors de la prochaine sortie à Pré-au-Lard ! Elle a lieu mardi prochain, en plus, ça tombe bien, et juste avant le début des examens… À moins qu'il n'y en ait parmi vous qui aient décidé d'y aller avec d'autres personnes ?
- Je pense que mes amis de cinquième année voudront que j'y aille avec eux, mais dans ce cas, je pourrai être avec eux de treize heures à quinze heures et vous rejoindre ensuite, suggéra Ginny.
- Super idée ! On ira aux Trois Balais, ce sera mieux que la Tête de Sanglier, décida Simon. Et puis comme ça, ceux qui le souhaitent pourront être avec leurs moitiés jusqu'à quinze heures…
- Oui, encore faut-il en avoir une, maugréa Basil.
Tous acquiescèrent, sauf Simon, Ginny et Fiona qui étaient les seuls à être en couple.
- Vous la rencontrerez peut-être lors de cette sortie, justement, supposa gentiment Ginny.
- Il n'y a aucune fille de troisième ou de quatrième année qui me plaît, se désola Dimitri.
- Pourquoi te limiter à celles-là ? Il y en a d'autres, répliqua Ginny. Bon, je ne vais pas non plus te conseiller d'aller draguer des filles de première ou deuxième année, mais tu peux viser plus haut…
- Mais les filles ne regardent pas les garçons plus jeunes qu'elles, lâcha Dimitri, perplexe.
- C'est quoi ce préjugé débile ? s'indigna Lauren. Si un troisième année plutôt mignon venait faire la causette avec moi, je ne le repousserai pas, bien au contraire !
- En plus, l'année prochaine, tu auras la chance d'effectuer des rondes avec trois préfètes de sixième année, voire plus avec les suppléantes, peut-être va-t-il y avoir une alchimie entre l'une d'entre elles et toi, positiva Fiona.
- Il y en a deux qui ont déjà un petit-ami, déclara Ginny. Sinon, il reste Padma Patil qui, je crois, n'a personne, et la nouvelle préfète de Poufsouffle que je connais juste de nom et que je n'ai jamais vue avec qui que ce soit.
- Je ne suis pas sûre que Padma serait intéressée, intervint Luna.
Sept paires d'yeux convergèrent vers elle.
- Pourquoi ? demanda Simon.
Luna parut gênée. Ginny se rappela alors soudainement l'avoir surprise en pleine conversation avec Padma ainsi qu'avec Sue Li et Lisa Turpin lors de la fête qui avait été organisée deux semaines plus tôt. Ginny était d'ailleurs allée les voir, et plus tard dans la soirée, elle s'était aperçue que Sue Li et Lisa Turpin n'étaient plus avec Luna et Padma, qui, elles, étaient toujours ensemble. Y avait-il eu un rapprochement ? Ce fut ce que Ginny tenta de savoir :
- Est-ce qu'il y a un truc entre elle et toi ?
Tous étaient au courant dans le groupe que Luna aimait les filles. Si ça n'avait pas été le cas, Ginny ne lui aurait pas posé cette question devant tout le monde.
- Non, mais ça aurait pu, avoua Luna. Tu te souviens du jour où je n'arrivais pas à faire mon devoir de runes ? Tu m'avais soumis l'idée d'aller demander de l'aide à Padma.
- Oui, ça me dit quelque chose.
- Eh bien, elle m'a effectivement expliqué ce que je ne comprenais pas et on s'est mises à discuter de choses et d'autres. Par la suite, on a commencé à se parler à chaque fois qu'on se voyait, et on est rapidement devenues très amies. Sauf que ça allait au-delà de la simple amitié pour moi, ce dont je me suis vite rendue compte. Lors de la fête après le match de Gryffondor et de Serdaigle, je me suis lancée et je lui ai fait part de mes sentiments. Elle m'a dit que c'était réciproque mais qu'elle n'était pas prête à sortir avec une fille. Ça ne fait pas longtemps qu'elle a réalisé son orientation sexuelle et elle a un peu de mal avec ça. Du coup, on est restées amies, mais elle reviendra vers moi quand elle sera apte à assumer. Je sais que vous ne direz rien, et il fallait bien que je vous le dise pour que Basil et Dimitri comprennent que ça ne sert à rien d'essayer quoi que ce soit avec elle…
- Ah bah ça, qu'elle soit tranquille, je ne tenterai rien du tout, affirma Dimitri. C'est normal qu'elle freine des quatre fers, mais j'espère que ça se fera quand-même vite avec elle, ajouta-t-il à l'adresse de Luna. Bon, à part Luna, est-ce qu'il y en a d'autres qui ont des vues sur quelqu'un ? Moi, non.
Basil et Lauren répondirent la même chose. Seul Colin demeura silencieux.
- Ah, Colin, nous cacherais-tu quelque chose ? soupçonna Simon, curieux.
- Ben… Vous parliez de la nouvelle préfète de Poufsouffle, tout à l'heure…
- Tu en pinces pour elle ?! s'exclama Basil.
- Oui, confia Colin en rougissant.
- Mais comment es-tu tombé amoureux d'elle ?
- C'est tout bête. Peu après les vacances de Noël, je suis allé voir le professeur Chourave aux serres car j'avais un souci avec mon devoir. Sophie Roper y était et discutait avec sa directrice de maison. Et j'ignore ce qui s'est passé, mais je l'ai regardée et je n'ai pas pu détacher mes yeux d'elle. Tout me plaisait chez elle. Son physique, sa voix, son sourire, sa façon d'être… J'en ai même oublié ce pourquoi j'étais là…
- Oui, tu as eu le coup de foudre, quoi, résuma Simon.
- C'est ça. Mais ce ne sera jamais réciproque, regretta Colin. Elle ne sait même pas qui je suis. Et je n'ai aucune idée pour attirer son attention…
- J'essaierai de faire en sorte que vous vous parliez, promit Ginny. Mais pas avant la rentrée. Je ne serai pas encore préfète et je n'aurai pas vraiment de raison d'engager le dialogue avec elle.
- Ce n'est pas grave, assura Colin. Merci beaucoup, Ginny. Quoi que tu fasses, ce sera déjà super.
Ginny sourit et se tourna vers Dimitri :
- Tu vois ? Ça ne le dérange pas, lui, d'être avec une fille plus âgée que lui.
- Je n'ai jamais dit que ça me dérangeait, se défendit Dimitri. C'est juste que pour moi, les filles ne s'intéressent qu'aux garçons de leur âge ou plus vieux qu'elles. Et je le maintiens toujours.
- J'ai hâte que Colin sorte avec Sophie pour te prouver le contraire, rétorqua Ginny. On a réussi à se débarrasser des préjugés sur les maisons, ce serait bien qu'on en fasse autant en matière d'amour !
- Va le dire à Dumbledore, il aura sûrement une idée, plaisanta Fiona. Surtout que pour lui, l'amour est une chose trèèèèèès importante…
- Non, il y aurait trop de boulot à faire, pouffa Ginny. C'était plus simple de faire cesser les tensions entre les maisons… On va devoir se débrouiller tout seuls pour lui faire comprendre, à cette tête de mule, qu'un garçon a ses chances avec une fille plus vieille que lui…
- À vous entendre, on croirait que je suis un cas désespéré…
- Nooooon, si peu, se moqua Ginny.
- Pfff… J'ai bien choisi mes amis, ça fait peur… Bon, changeons de sujet. Qu'est-ce que vous allez faire pendant les vacances ?
Chacun se mit à raconter le programme de leur été. Ginny, qui n'avait rien de prévu, dit simplement qu'elle essaierait de voir la plupart de ses amis. Elle était alors loin de s'imaginer que ses vacances allaient être bien plus mouvementées que ce qu'elle croyait…
.
Ginny rentra au château vers dix-huit heures trente, désirant réviser une heure avant d'aller dîner. Au septième étage, elle croisa Terry et Hermione qui s'arrêtèrent en la voyant.
- Vous êtes de ronde, aujourd'hui ? devina Ginny.
- Oui, mais on vient tout juste de finir, indiqua Hermione.
Ginny hocha distraitement la tête. Les questions qu'elles s'étaient posées près d'une heure plus tôt lui revinrent en mémoire. Elle n'avait pas l'impression que Harry regardait différemment ses deux meilleurs amis depuis qu'ils étaient préfets… Pourquoi avait-elle donc peur que ce soit le cas avec ses propres amis ?
- Ginny ? Tu vas bien ?
La voix de Hermione sortit brusquement Ginny de ses pensées. Pour la deuxième fois en une heure, elle vit ses amis l'observer avec inquiétude.
- Excusez-moi, j'étais ailleurs…
- C'est ce qu'on a remarqué. Mais est-ce que ça va ? insista Terry.
- Oui, oui…
Terry et Hermione la fixèrent avec un air franchement sceptique. Ginny soupira.
- J'ai les méninges qui travaillent beaucoup trop.
- À propos de quoi ?
- De mon futur rôle de préfète. J'ai appris hier que j'avais été choisie, et même s'il n'y avait aucun suspense, je suis hyper heureuse, mais je stresse aussi énormément.
- Il est trop tard pour revenir en arrière, prévint Terry.
- Ce n'était pas mon intention, signala Ginny. C'est juste qu'en discutant avec des camarades, tout un tas de questions se sont bousculées dans ma tête… Notamment au sujet de ma relation avec mes amis et les gens que je connais. J'ai peur qu'ils ne me voient plus comme Ginny mais comme Ginny la préfète… Et que plus rien ne soit pareil entre eux et moi si je venais à faire mon devoir de préfète auprès d'eux…
- Si ça a un impact sur votre amitié, c'est que ce n'étaient pas de bons amis, dit sagement Hermione. Et puis, si ça te gêne d'avertir ou de sanctionner un de tes amis, tu peux demander à un autre préfet de le faire. Ce n'est pas lâche, et c'est même recommandé. Quand il y a trop d'affect, il vaut mieux que ce soit quelqu'un d'autre qui s'en occupe. Enfin, ça dépend des cas…
- Oui, parfois, c'est préférable que ce soit l'inverse, car le préfet connaît mieux la personne, ajouta Terry.
- C'est comme dans les enquêtes judiciaires, continua Hermione. Quand un Auror est trop proche du suspect, il est dessaisi du dossier. Là, c'est pareil. Mais de toute façon, quand on est préfet, il y a des moments où il faut faire un choix.
- Je vais te donner un exemple qui va t'être très familier, tu vas voir, enchaîna Terry. Quand il a fallu traquer Hannah, ça n'a pas été facile pour Pansy et moi. Car en plus d'être notre camarade, c'était une collègue préfète et l'ancien binôme de travail de Pansy. Mais on l'a quand-même fait, car nous étions les plus habilités à mener cette traque et parce que nous n'avions pas vraiment le choix. Bon, là, c'était un cas particulier, qui n'arrive heureusement que très rarement. Mais c'est le même genre de situation que tu redoutes, même si c'est un peu différent.
Ginny acquiesça.
- Je vois. Il y a des choses que je ne savais pas, comme le fait de pouvoir se reposer sur un collègue dans certains cas…
- Ça doit demeurer exceptionnel, bien sûr, précisa Hermione. Et ça doit se faire uniquement lorsque la situation l'exige.
- Oui, évidemment… Si on se met à refourguer tout et n'importe quoi aux autres préfets, c'est qu'il faut s'interroger sur notre envie de rester préfet…
- Tout à fait. Bon, te voilà rassurée ?
- Oui, merci, je suis un peu plus sereine, maintenant.
- C'est normal d'avoir des craintes, on en a presque tous, au début, avoua Terry. Et si tu te retrouves dans une situation où tu ne sais pas quoi faire, tu peux toujours en parler à ton directeur de maison, il est là pour ça.
- J'y penserai, promit Ginny. Merci encore, ça m'a beaucoup aidée, ce que vous m'avez dit. Je vais y aller, j'aimerais réviser un peu avant d'aller dîner.
- D'accord, mais ne te fais pas surprendre par l'heure, comme ça t'est arrivé la semaine dernière, dit Hermione.
- J'étais fatiguée et je m'étais assoupie, se justifia Ginny. Je ferai plus attention, cette fois-ci. Allez, passez une bonne soirée.
Terry et Hermione souhaitèrent de même à Ginny et s'en allèrent. Ginny poursuivit son chemin et rejoignit la Tour Gryffondor. Une fois dans sa salle commune, elle monta à son dortoir. Elle y posa son sac dont elle extirpa ses cours de sortilèges. Elle les relut pendant une heure, puis elle alla dîner dans la Grande Salle. Blaise et elle devaient se voir à vingt heures, aussi avait-elle décidé de manger le plus tard possible afin de retrouver juste après son petit-ami. Lorsqu'elle sortit, celui-ci l'attendait près de l'entrée. Il lui offrit un tendre baiser auquel elle répondit avec tout autant de douceur. Blaise finit par séparer leurs lèvres et l'observa avec un air soucieux.
- Tu as l'air épuisée, remarqua-t-il.
- Je réfléchis trop, rigola Ginny. Non, plus sérieusement, ça va, je suis juste stressée par tout un tas de choses, ça influe sur mon sommeil et sur mon appétit, je mange peu, je ne dors pas beaucoup et je manque donc d'un peu de forces. Mais ça va aller. On va à la salle sur demande ?
Blaise hocha la tête et entremêla ses doigts à ceux de Ginny. Ils se dirigèrent vers les escaliers, les prirent jusqu'au septième étage et se rendirent à la salle sur demande. La porte se matérialisa après les trois allers-retours nécessaires devant la tapisserie et ils entrèrent dans la pièce. Blaise s'assit sur les coussins et Ginny se cala tout contre lui. Elle exhala un soupir de bien-être. Elle se sentait bien. Elle était dans les bras de son petit-ami, dans une salle aménagée rien que pour eux, et cela suffisait amplement à son bonheur. Mais elle allait malheureusement devoir gâcher ce moment de quiétude. Elle avait quelque chose à annoncer à Blaise et elle souhaitait le faire le plus vite possible, de peur qu'il ne l'apprenne d'une autre façon.
- Blaise ?
- Oui ?
- J'ai un truc à te dire.
- Je t'écoute.
- J'ai appris hier après-midi que j'avais été élue préfète. C'est le professeur Lupin qui me l'a dit. Il y avait une réunion à dix-sept heures avec tous les directeurs de maison, et je l'ai su quelques heures avant, comme les autres nouveaux préfets, car nous devions confirmer le nom de nos suppléants.
- C'est une super nouvelle pour toi, se réjouit Blaise.
- Oh oui, confessa Ginny. Mais j'avais un peu peur de te l'avouer.
- Pourquoi ?
- À cause de ce qui s'est passé quand je t'ai dit que j'étais candidate…
Blaise soupira.
- J'ai été bête, ce jour-là, je n'ai pas voulu écouter tes arguments alors que j'aurais dû, ça a créé un conflit et je m'en veux encore d'avoir été aussi idiot. Mais depuis, je t'ai vue à l'œuvre, j'ai réalisé à quel point c'était important pour toi de devenir préfète, et je te fais confiance quand tu me dis que tu arriveras à tout gérer et que notre couple ne pâtira pas de tes nombreuses responsabilités.
Ginny fut touchée par les mots de Blaise.
- Merci, c'est adorable, ce que tu dis là… Si vraiment je ne m'en sors pas, j'abandonnerai mon rôle de co-capitaine. J'y tiens moins qu'à mon poste de préfète.
- Tant que ce n'est pas moi que tu laisses tomber, j'approuve tous tes choix, s'amusa Blaise.
- Il y a intérêt, car c'est moi qui décide, renchérit Ginny sur le même ton.
- Ça y est, ça fait vingt-quatre heures qu'elle est officiellement préfète et elle me prend déjà de haut, s'indigna faussement Blaise.
- Je ne suis pas encore vraiment préfète, rectifia Ginny. Je ne le serai qu'à la rentrée.
- Ah oui, c'est vrai. Mais tu es sûre que ça ne va pas faire de trop ? Entre tes cours, tes devoirs, les heures de travail en binôme, les rondes, les entraînements de Quidditch, les réunions avec Harry, tes autres fonctions de préfète, la préparation des BUSE… Comment tu vas réussir à trouver du temps pour notre couple et pour voir tes amis, au juste ?
- Je me débrouillerai, assura Ginny. Je ne sais pas encore comment, vu que je n'aurai mon emploi du temps qu'à la rentrée, comme tout le monde, mais je suis quelqu'un de très organisé, donc ça ne devrait pas être trop compliqué.
- Bon courage, alors. Dis, j'ai quelque chose à te dire, moi aussi…
- Oui ?
- C'est plutôt une proposition, en fait. Est-ce que ça te plairait de venir chez moi, cet été ?
Ginny se redressa et tourna la tête vers Blaise, surprise.
- Tu veux dire… passer plusieurs jours chez toi ?
- Oui, une semaine, environ, si tes parents sont d'accord. Et toi aussi, bien entendu.
- J'en serais ravie, mais… tu seras tout seul, chez toi ?
- Non, il y aura ma mère.
- Oh… tu voudrais me présenter à elle, si j'ai bien compris ? Je serais ravie de la rencontrer, mais… je n'aurais pas envie de précipiter les choses…
- C'est ce que j'ai pensé aussi. Je me suis demandé si je ne brûlais pas un peu trop les étapes…
- Après, ça repousserait jusqu'à l'été prochain et ça ferait peut-être un peu long, pour le coup… Tu lui auras presque tout raconté sur moi et je n'aurais plus rien à dire face à elle…
Blaise éclata de rire.
- Ma mère est très bavarde, elle aura toujours des questions à te poser ! Bon, qu'est-ce qu'on fait ?
- Pour moi, c'est ok, mais il faut que ça le soit également pour mes parents…
- Ça ne te ferait pas peur, alors ?
Ginny fronça les sourcils.
- Peur ? Pourquoi ?
- Ben… à cause de la réputation de ma mère… Ça pourrait te mettre mal à l'aise d'habiter chez elle pendant une semaine, même si je serai là…
- Je ne crois pas aux rumeurs, dit simplement Ginny. Je trouve ça trop gros. Et ça ne colle pas avec l'image que tu me donnes d'elle, même si je sais qu'il ne faut pas se fier aux apparences. Après, tu me caches peut-être ce que tu penses réellement d'elle…
Blaise fit une moue.
- Je plaisante beaucoup à ce sujet, surtout dans les lettres que j'envoie à Draco et Pansy pendant les vacances d'été… Je leur dis que ma mère est une psychopathe, mais c'est faux. En revanche, je suis vraiment gêné par le fait de vivre avec l'argent de ses anciens maris. J'ignore ce qui leur est arrivé, et je ne veux pas le savoir pour l'instant, mais pour moi, profiter de cette richesse, c'est malsain.
- Mais tu ne crois pas non plus à ce qui se dit sur elle ?
- Non, même si je blague en disant le contraire. C'est un moyen pour moi de prendre du recul avec tout ça, de ne pas laisser toutes ces histoires m'affecter. Mais je suis intimement persuadé que ce ne sont que des bêtises et ça m'atteint plus que ce que je veux bien montrer. Je ne sais pas qui a tué les maris de ma mère, je ne sais pas pourquoi elle s'obstinait à n'épouser que des hommes riches alors que ça se finissait toujours de la même façon, je ne sais pas pourquoi elle n'a jamais été poursuivie par le Ministère alors que tout porte à croire qu'elle est coupable, mais je sais qu'elle est innocente, et ça me suffit largement. Et puis tout ça, c'est du gâchis, car elle n'a même pas l'air heureuse avec tout cet argent. Elle essaie de m'en faire bénéficier au maximum en m'achetant plein de trucs, mais je n'en veux pas, j'ai l'impression d'être sali en ayant tous ces cadeaux payés par ces héritages…
Ginny resta quelques secondes pensive.
- Tu dis que tu ne souhaites pas en savoir plus, mais ça se trouve, inconsciemment, tu en as besoin, au fond de toi… Être fixé là-dessus pourrait te permettre de te sentir mieux par rapport à tout ça… Après, je ne suis pas psychomage, il se peut que je me trompe…
Blaise sembla étudier l'hypothèse de Ginny.
- Non, tu as peut-être raison. Mais… oh, c'est compliqué.
Ginny fixa attentivement Blaise.
- Tu n'aurais pas tout simplement peur de la vérité ?
Blaise détourna le regard.
- Non, pas du tout…
- Ce n'est pas une honte, tu sais. C'est même plutôt normal. Tu devrais en discuter avec elle. Je suis bien consciente que dans bon nombre de familles Sang-Pur, le dialogue, c'est pas trop ça, mais c'est important de se confier et de se dire les choses.
- Le truc, c'est qu'avec ma mère, je ne sais jamais trop sur quel pied danser, dit Blaise. La limite est assez floue, avec elle. Par exemple, on va souvent à des soirées mondaines réservées aux Sang-Pur, où il peut y avoir des Mangemorts, ça n'a pas l'air de déranger ma mère, et pourtant, elle a toujours refusé de faire partie des rangs de Tu-Sais-Qui. Elle est fière d'être Sang-Pur, mais elle s'en fiche un peu de la supériorité du sang. En société, elle est très digne, avec les manières d'une vraie Sang-Pur, avec le vocabulaire qui s'impose, alors que dans le privé, elle est complètement différente, elle peut parler de tout et de n'importe quoi, elle est hyper curieuse, elle ne fait pas forcément attention à ce qu'elle dit, et surtout, elle a cent vingt boursouflets chez elle…
Ginny dut se mordre la lèvre pour s'empêcher de rire. Elle devait reconnaître que le contraste était plutôt frappant. À la place de Blaise, elle aussi serait désarçonnée.
- Justement, si elle peut aborder n'importe quel sujet, tu peux lui dire sans crainte ce que tu ressens.
- Sauf que chez les Sang-Pur, on n'étale pas aussi facilement ses émotions et ses sentiments…
- Franchement, d'après ce que tu me dis sur elle, ça m'étonnerait qu'elle ait cette façon de penser. C'est juste que vous n'avez pas l'habitude.
- Bon, je verrai ça pendant les vacances, alors. Mais si jamais ça te stresse trop de venir chez moi, je pourrai peut-être venir chez toi ?
- Pour être tout à fait honnête, j'y songe depuis tout à l'heure, avoua Ginny. Mais je ne crois pas que ce soit une bonne idée.
- Pourquoi ?
- La dernière fois qu'il y a eu des présentations officielles dans ma famille, ça ne s'est pas très bien passé…
- Ah oui, tu m'avais raconté… C'était à cause de l'activité professionnelle du petit-ami de ton frère, c'est ça ?
- Oui, et de celle de mon frère. Enfin, de mes frères. Elle avait espéré pouvoir compter sur le soutien d'Olivier, le copain de George, pour le faire renoncer à ouvrir sa boutique de farces et attrapes avec Fred, mais Olivier a défendu George. Ça n'a pas du tout plu à ma mère qui a attaqué Olivier sur son métier qui n'en était pas un d'après elle, George a vu rouge et ça a éclaté entre eux. Olivier a préféré écourter son séjour, et depuis, George n'a toujours pas pardonné à ma mère le comportement qu'elle a eu durant ce dîner. Autant te dire que ça ne donne pas très envie de présenter à son tour son petit-ami…
- Je comprends. À ton avis, est-ce qu'elle aurait des choses à me reprocher ?
- Je n'y ai pas vraiment réfléchi, mais je crois qu'à un moment dans les vacances, c'est surtout moi qu'elle va invectiver pour certaines choses…
- Pourquoi ?
- Son plus grand regret, c'est que Fred et George ne soient pas devenus préfets. Avant eux, nos trois grands frères, Bill, Charlie et Percy, l'avaient été. Tu peux alors imaginer sa joie quand elle a su que Ron avait le badge… Elle ne devait pas trop s'y attendre, en plus, car Ron n'avait pas eu jusque-là une scolarité exemplaire, comparée à celle de Bill, Charlie et Percy… Elle va donc être fière quand je vais lui annoncer que j'ai été nommée préfète. Mais elle va être beaucoup moins contente quand je vais lui dire que je serai sûrement la co-capitaine de Harry à la rentrée… Elle n'avait déjà pas vu d'un très bon œil que Charlie soit capitaine de l'équipe de Gryffondor en sixième année en plus de ses fonctions de préfet et des dix matières qu'il avait gardées, mais heureusement pour lui, il avait réussi à tout gérer sans qu'il n'y ait de baisse dans ses résultats. Mais là, ça va être encore plus dur à accepter pour ma mère que je sois préfète et co-capitaine car contrairement à Charlie, je vais avoir les séances de travail en binôme, et en plus, ce sera l'année des BUSE… Elle va sûrement vouloir que j'abandonne mon poste de co-capitaine, mais ça, il en est hors de question. Du moins, pas sans avoir tenté l'expérience. Je suis tout à fait disposée à déléguer ce poste à quelqu'un d'autre si je vois que je n'arrive pas à jongler entre toutes mes responsabilités, mais je veux au moins essayer. C'est vraiment important pour moi. Et ça, je voudrais qu'elle le comprenne.
- Si tu lui promets de ne pas forcer et de te délester d'un de tes rôles si ça ne va pas, je pense qu'elle acceptera de te donner une chance. Tu as bien su me convaincre, moi, et ce n'était pas gagné, alors tu vas bien savoir la convaincre elle aussi…
Les mots de Blaise touchèrent Ginny.
- Tu es adorable de croire en moi comme ça… Je ferai de mon mieux pour lui faire entendre raison. Et je vais prévenir Harry que je risque de me désister, histoire qu'il se prépare à trouver un ou une autre co-capitaine…
- Tu as une idée de qui pourrait te succéder ?
- Oui et non. Actuellement, il n'y a que Ron et Katie qui seraient aptes à seconder Harry. Mais ce ne seraient pas forcément les meilleurs à ce poste. Ils n'ont pas tout ce qu'il faut pour que Harry puisse s'appuyer sur eux. Je ne dis pas que moi, j'ai tous les critères réunis, mais si Harry m'a choisie sans hésiter, c'est qu'il estime que j'en ai suffisamment pour être une bonne co-capitaine. C'est pour ça aussi que ça m'embêterait de devoir le laisser tomber. Il me fait tellement confiance… J'ai envie de l'honorer et de lui prouver qu'il a bien fait de me prendre… Et je suis sûre qu'à nous deux, on ferait une bonne équipe… Mais il faut savoir où sont nos priorités, et les miennes, c'est avoir mes BUSE.
- Dis tout ça à ta mère et là, c'est certain qu'elle va t'autoriser à être à la fois préfète et co-capitaine.
- J'aimerais avoir le même optimisme que toi… Mais oublions ça pour l'instant. Je ne vais pas me torturer l'esprit avec ça maintenant, il faut que je me concentre sur les examens.
- Exactement, approuva Blaise. Enfin là, c'est surtout sur nous deux qu'on va se concentrer…
Ginny sourit et embrassa Blaise avant de se blottir de nouveau contre lui. Ils restèrent ainsi à parler de choses beaucoup plus légères, et profitèrent agréablement de cette soirée en amoureux.
.
Lorsque Ginny entra dans la salle commune de Gryffondor, elle aperçut Harry assis tout seul à une table. Elle le rejoignit et s'installa en face de lui.
- Encore debout ?
- Oui, je voulais réviser le plus possible avant d'aller me coucher.
- Ne force pas trop, il faut dormir pour être en forme.
- Je commence les cours à dix heures, je peux me permettre d'aller au lit un peu tard… Et puis c'est toi qui dis ça alors que tu restes souvent là jusqu'à minuit, voire une heure du matin…
- Ce n'est pas pareil, répliqua Ginny. J'ai moins besoin de faire attention à moi que toi.
Harry leva les yeux au ciel.
- J'ai l'impression d'être une pauvre petite chose fragile quand tu dis ça…
- Mais non, c'est juste que tu dois être plus vigilant que moi. Mais je ne suis pas ta grande sœur ou un de tes tuteurs, alors tu fais ce que tu veux, je n'ai pas à m'en mêler.
- Non mais ne t'inquiète pas, je suis raisonnable, assura Harry.
Ginny acquiesça.
- Bon, si tu es là, ce n'était pas uniquement pour me faire la leçon, je me trompe ? s'amusa Harry.
- Non, admit Ginny. Je voulais te parler de mon futur rôle auprès de toi…
- Je t'écoute.
- Je ne te remercierai jamais assez de croire en moi au point de me confier un rôle aussi important, et j'espère ne pas te décevoir. Mais il se peut que je doive renoncer à ce poste. Car je vais avoir pas mal de choses à gérer, entre les cours, les devoirs, les séances de travail en binôme, les rondes, mes fonctions de préfète le soir, les entraînements de Quidditch, les réunions qu'on va avoir toi et moi, la préparation des BUSE… Et au beau milieu de tout ça, il faut que je garde du temps pour voir tout le monde, aussi bien Blaise que la bande ou mes amis de ma classe… Je n'arrête pas de dire que ça va le faire, que ce soit au professeur Lupin, à Blaise, à mes camarades de classe, mais j'en viens à en douter. Ça va peut-être faire trop. Mais je veux tenter le coup. Après, si tu préfères t'appuyer sur une personne qui, elle, est sûre de conserver son poste, je le comprendrais parfaitement…
- Même si ce n'est que provisoire, je tiens à ce qu'on dirige l'équipe ensemble, déclara fermement Harry. Je ne t'en voudrai pas si, au bout de quelques semaines, tu abandonnais le poste. La scolarité passe avant tout. Et je ne t'en voudrai pas non plus de privilégier ton poste de préfète à ton poste de co-capitaine. Je sais combien tu rêvais d'être préfète. Et je te félicite d'ailleurs pour ta nomination. Car d'après ce que tu me dis, tu as été élue…
- Oui, confirma Ginny, les yeux brillants. Je l'ai su hier. Et merci pour tes félicitations, ça me touche beaucoup, ajouta-t-elle en souriant.
- Tu peux être fière de toi, dit sérieusement Harry. Même si l'effectif a été doublé, c'est toujours un privilège. Et ce qui t'arrive est énorme. À quinze ans, être préfète et co-capitaine, ce n'est pas donné à n'importe qui… Tu es en train de te faire un nom.
- Je ne suis pas encore sûre de réaliser vraiment, confia Ginny. Mais je me rends bien compte de la chance que j'ai.
- La seule chance que tu as, c'est d'être née avec le talent en toi, car tout ce que tu as, c'est mérité.
Ginny se sentit rougir.
- Je vais finir par croire que tu me dragues, Harry…
Celui-ci éclata de rire.
- Pas moyen, je suis trop gay pour ça ! Non, tout ce que je te dis, c'est sincère.
- C'est bête mais je ne suis pas habituée à tant de compliments, mais ça me fait super plaisir. Et je vais tout faire pour pouvoir garder mon rôle près de toi. Mais si jamais je ne peux pas, est-ce que tu as une idée de qui pourrait me remplacer ?
- S'il fallait choisir quelqu'un dans l'immédiat, ce serait Ron ou Katie, mais ça n'irait pas. Katie n'a pas assez d'autorité et Ron n'a aucune confiance en lui. Quant à Andrew et Kirke, je ne les connais pas suffisamment. Ils n'ont été titularisés qu'après le départ de Fred et George, avant cela je ne les voyais qu'à l'entraînement, et j'étais plus occupé à observer le jeu des jumeaux que le leur, vu que c'étaient Fred et George qui devaient jouer les matchs… Et j'avais aussi le vif d'or à surveiller et à attraper. Bref, pour l'instant, je n'ai donc personne d'autre que toi pour me seconder. Si tu ne peux plus assumer ton poste, ce sera sûrement quelqu'un de nouveau qui prendra ta place. C'est pour ça que ce serait bien si des élèves assez proches de moi se présentaient aux sélections…
- Et qu'ils soient bons en Quidditch, pour qu'ils puissent être pris.
- Évidemment, renchérit Harry. Je vais essayer de voir qui pourrait être intéressé.
- Je peux en faire autant dans ma classe, si tu veux, proposa Ginny.
- Si ça ne te dérange pas, ça m'aiderait beaucoup, oui, accepta Harry. Tiens, est-ce qu'il y aurait une chance avec le nouveau préfet de Gryffondor ?
- Darren ? Ça m'étonnerait, mais je vais quand-même lui demander.
- Et ta suppléante ?
- Non, elle aime bien le Quidditch, mais sans plus, quoi.
- Ça va être compliqué… Tout compte fait, ce sera peut-être mieux de choisir Ron ou Katie… Bon, on verra ça en temps voulu, mais ça se trouve, il n'y aura pas besoin de te remplacer…
- Si je parviens à tout gérer, ce ne sera pas nécessaire, en effet.
- Tu vas me dire qu'il ne faut pas penser des trucs pareils, mais je sens que l'année prochaine, ça va être le grand n'importe quoi dans l'équipe… Que ça va être très instable, qu'il va y avoir beaucoup de remplacements et que l'équipe ne sera jamais la même d'un match à l'autre…
- Ouah, c'est hyper pointu, comme prévision, commenta Ginny. J'espère que tu te trompes, sinon ça va être mignon, pour l'organisation…
- Je suis nul en divination, rappelle-toi, pouffa Harry.
- Tu dois avoir hâte d'arrêter cette matière…
- Oh oui… Bon, heureusement, Trelawney s'est calmée, mais j'ai horreur de cette matière. J'aurais dû prendre les runes ou l'arithmancie… Rien de tout ça ne m'aurait été utile pour plus tard mais au moins, on ne m'aurait pas prédit des catastrophes à chaque cours…
- Comment tu sais que les runes ou l'arithmancie ne t'auraient pas été utiles ? Tu as enfin une idée de ce que tu voudrais faire comme métier ?
- Non, mais c'est sûr que ça n'aura aucun lien avec ces deux options. Après, je serais bien tenté par la médicomagie, mais je ne suis pas certain que ce soit fait pour moi. Ou alors il faudrait que ce soit une branche très spécifique… Car le métier de médicomage, c'est trop général, je ne pense pas être capable de retenir tout ce qu'il faut apprendre…
- Il n'y a pas une branche qui t'attire particulièrement ? Par exemple, la psychomagie ?
Harry secoua la tête.
- La gynécomagie ? La chirurmagie ? La nutrimagie ? La dermatomagie ?
- Non, rien de tout ça.
- Mmmh… Dans ce cas, c'est peut-être aider les autres, que tu aimerais faire ? Pour ça, il y a plein d'autres métiers que ceux liés à la médicomagie…
- Peut-être, éluda Harry. Mais c'est ce que je disais à Remus, ça me viendra quand je m'y attendrai le moins et je me dirai «Ah mais oui, bien sûr, pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt…».
- C'est possible, oui. Tu as raison, ne te prends pas trop la tête avec ça, tu as jusqu'aux ASPIC pour te décider. Bon, sinon, comment ça va, avec Draco ?
- On file toujours le parfait amour, c'est un vrai bonheur, notre relation, je n'aurais jamais été aussi heureux avec un autre garçon… Je peux tout lui dire, je sais qu'il ne me jugera pas, et qu'il est apte à tout entendre. Et il fait tout pour que je sois bien. Et pour ne pas faire d'erreurs. C'est loin d'être facile, pour lui. Il doit faire attention à tout, tout le temps. Même s'il me dit et me répète que ça ne le gêne pas, ça n'en reste pas moins délicat… Ça doit être compliqué de sortir avec quelqu'un qui a été profondément marqué par sa précédente relation amoureuse…
- Quand on aime, on est prêt à surmonter toutes les difficultés, et Draco t'aime beaucoup, alors les obstacles, ce n'est pas un problème pour lui.
Harry sourit.
- C'est vrai. Et toi, avec Blaise ?
- Il y a eu des tensions récemment, on s'est même disputés, mais depuis, on s'est réconciliés et tout va pour le mieux. Il m'a même invitée tout à l'heure à venir passer quelques jours chez lui pendant les vacances…
- Oh mais c'est super ! Enfin, je dis ça, mais tu n'en as peut-être pas envie…
- Ce n'est pas vraiment ça, la question. J'en ai envie, ça, j'en suis persuadée, je n'ai pas besoin d'y réfléchir. Ce qui m'a surtout interrogée, sur le moment, c'était de savoir si c'était trop tôt, si j'étais prête à rencontrer sa mère, s'il ne valait pas mieux faire les présentations l'été suivant… Bon, on a vite répondu à tout ça. Je me sens prête, et on veut que ça se fasse cet été. Mais je préfère attendre qu'il ait discuté de certaines choses avec sa mère avant qu'on n'en reparle. J'espère qu'il le fera dès le début de l'été, du coup.
- Bon, c'est ok pour vous, apparemment. Mais est-ce que tes parents voudront bien, eux aussi ?
- Mon père, oui. Ma mère, je ne sais pas trop. J'ai plein de trucs à voir avec elle, les vacances vont être tendues…
- Comme l'été dernier, quoi, grimaça Harry.
- C'est ça. Mais ça devrait aller, il faut juste que j'aie les bons mots. J'imagine que toi aussi, tu vas aller chez Draco ? Ou l'inverse ?
- Pour l'instant, c'est prévu que j'aille chez Draco, enfin, chez son parrain, et ce serait plutôt vers la fin des vacances. Oh, tiens, vu que tu es là… Ça te dirait de fêter ton anniversaire au Square ? Avec toute la bande ? Ce serait l'occasion de tous se voir…
Les yeux de Ginny s'agrandirent de surprise.
- Tu es sérieux ?
- Mais oui, et Sirius est d'accord. Tout est déjà organisé dans sa tête. Pas d'alcool, bien sûr, Remus et lui seront dehors et ils raccompagneront le lendemain matin ceux dont les parents ne pourront pas venir les chercher. Il faut juste que les parents en question donnent leur aval.
- Oh, je pense que ce sera bon pour mes parents. Ils ont confiance en Sirius, depuis qu'ils savent la vérité. Hermione ne devrait pas avoir trop de mal à convaincre les siens, Draco encore moins avec son parrain, la mère de Blaise a l'air plutôt cool là-dessus, pour Théo, il faut prier pour qu'il soit de repos ce jour-là, et pour Terry, Justin et Pansy, ça reste à voir. Quoi qu'il en soit, c'est hyper gentil de la part de Sirius de bien vouloir que je fête mon anniversaire au Square… Mais il aurait dû avoir cette idée pour le tien, à moins que vous ayez prévu autre chose…
- Non, mais comme ça tombe un jeudi, il y avait moins de chances que Théo soit libre. Le tien, c'est un dimanche, donc c'est plus probable qu'il soit dispo. Et puis j'ai l'impression que Sirius prépare quelque chose en catimini pour mon anniversaire, il ne m'en a pas trop parlé jusque-là, mais comme je sais qu'il était un peu déçu de n'avoir rien fait de spécial l'été dernier, il va sûrement souhaiter se rattraper… C'était pourtant un choix partagé, mais je peux comprendre que ça l'ait frustré.
- Oui, un parent, ça veut toujours bien faire les choses… Bon, pour mon anniversaire, j'en parlerai à mes parents dès que je serai rentrée au Terrier. Je vais voir avec Blaise si, selon lui, il pourra venir, et je te tiendrai au courant.
- Super, on fait comme ça. Je transmettrai les infos à Sirius.
Ginny acquiesça et demanda à Harry où il en était dans ses révisions pour les BUSE. Ils oublièrent complètement l'heure et furent surpris de voir à un moment donné qu'il était plus de deux heures du matin. Ils décidèrent d'aller se coucher afin de ne pas être trop fatigué lors de leur premier cours de la journée. À peine se fut-elle glissée dans son lit que Ginny s'endormit, épuisée par les sept heures de cours qu'elle avait eues, ainsi que par sa soirée riche en discussions. Une bonne nuit de sommeil allait lui faire le plus grand bien. Elle trouvait parfois que le rythme à Poudlard était éreintant, mais son été n'allait guère être plus reposant ! Avec tout ce qui venait d'être programmé, elle pouvait être sûre que les vacances allaient être tout sauf ennuyantes pour elle !
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Et voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu ! Vous le sentez venir, l'été intense qui s'annonce pour tous les personnages et qui va tenir sur 553288976 chapitres lors du deuxième tome ? XD Non, je plaisante, je vais faire en sorte que l'été n'excède pas les 25 chapitres XD Ce qui sera déjà beaucoup XD Avant de se quitter, comme toutes les deux semaines, j'ai une question pour vous : si vous étiez dans l'univers de Harry Potter, quel métier souhaiteriez-vous exercer ? Pour ma part, le métier de botaniste me plairait plutôt bien ! Sur ce, je vous laisse et je vous donne rendez-vous le dimanche 18 septembre pour le prochain chapitre intitulé «Révisions, discordes et préparatifs». D'ici là, passez deux bonnes semaines, je vous embrasse, et plein de bisous tout le monde !
