Bonjour à tous et à toutes ! On se retrouve aujourd'hui pour le soixante-dix-neuvième chapitre de SAMLP !
.
Sarah MAES : Patience pour Forester, on a tous hâte qu'elle se fasse virer XD Blaise et Ginny, c'est un couple assez explosif, mais ils s'aiment trop pour rester fâchés *-* Et Tonks va apparaître un peu plus souvent durant l'été :) À dans deux semaines et merci pour ta review !
ccassandre24 : Merci, tout s'est bien passé mais ouah, depuis la rentrée, je n'ai plus le temps d'écrire, c'est horrible XD C'est pour ça que je ne t'ai pas encore répondu, et j'en suis désolée, je vais essayer de trouver vingt minutes pour le faire, entre deux cours, deux pages d'un livre ou deux devoirs XD J'espère que ça s'est bien passé pour toi aussi ! Ah bah nos facs se sont mises d'accord pour choisir le même jour pour nos pré-rentrées XD Oui, l'été va être mouvementé pour les Zabini et pour tout le monde en général XD Alors, pour ta question, c'est un mélange de tes deux idées XD Déjà, j'ai une liste de tout ce qu'il me reste à traiter avant la fin de ce tome, et quand je commence un chapitre, je fais une liste de POV et des grandes idées qu'il doit y avoir dans chaque POV :) Ça, c'est défini et préparé en amont. Mais il y a aussi des petites scènes qui me viennent en tête au cours de l'écriture et qui me permettent souvent de faire le lien avec ce qui va se passer ensuite :) Ça me permet aussi de faire apparaître les amis de Justin, Terry et Ginny qui ne sont pas dans la bande, et de diversifier un peu les sujets :) Car il y a des sujets qui ne concernent pas les persos de la bande mais que je tiens à aborder, comme celui dont parlent Terry et Anthony dans le chapitre que je suis en train d'écrire :) Et ce sujet, ça m'est venu en tête quand j'ai écrit l'action vérité, et ce n'était pas du tout prévu à la base XD Il faut savoir que quand j'ai commencé à écrire SAMLP, je n'avais même pas un quart des idées qui ont été développées au fil des chapitres XD Mais j'ai des idées qui verront le jour dans les tomes suivants, et même dans les tomes post-Poudlard XD Donc c'est vraiment un mélange d'idées prévues depuis longtemps et d'improvisation XD T'inquiète, il y a plein de gens qui y vont au feeling car ils sont comme toi incapables de tout organiser à l'avance, et ce n'est pas forcément un défaut XD Au moins, il n'y a pas de pression de «je dois absolument respecter tout ce que j'ai prévu d'aborder» XD À l'inverse de toi, j'admire ceux qui écrivent leurs histoires sans rien avoir noté au «brouillon» XD Mais ça, c'est le propre de l'humain : on admire ce qu'on est incapable de faire XD Ooooh, tu es une passionnée de livres ? Ou c'est juste le fait d'enseigner qui t'attire dans le métier de professeur et autre chose qui t'attire chez Fleury et Bott ? C'est vrai que ce sont deux métiers très intéressants, et aussi indispensables ! Ah, l'art de fabriquer des baguettes… Il y a tellement de bois et de coeurs différents, tellement de significations propres à chacun… C'est hyper passionnant *-* Ça aurait été trop bien d'avoir ce métier dans le monde réel XD Il y aurait eu tant de choses à apprendre… Je te souhaite à toi aussi deux bonnes semaines, et à bientôt pour un nouveau chapitre !
mimibou : Si Harry arrive à se reposer avec tout ce programme, eh bien chapeau à lui XD Pour l'intoxication, tu commences à bien me connaître, on dirait XD Ça va revenir, mais pas tout de suite, effectivement ! Alors la tarte au curry et à l'échalote, à la base, j'avais prévu de la ressortir, mais je n'avais pas encore décidé de quelle façon XD Ça ne devait pas spécialement être sous la forme d'un dessert mystère, mais je me suis dit que ça correspondait bien au caractère de Tonks XD Ça tombe bien que tu parles des jumeaux, car il y a un POV de l'un d'entre eux dans ce chapitre ! Et il va être beaucoup question de la boutique =) C'est sûr qu'il n'y a rien de mieux que d'être professeur à Poudlard pour visiter le château XD Oh là là, les maths… J'admire ceux qui sont forts dans ce domaine ! Bon courage pour devenir professeur, c'est loin d'être un métier facile, en dépit de ce que peuvent penser plein de gens… C'est bien l'un des seuls métiers où quand tu rentres chez toi, tu ne déconnectes pas entièrement du boulot, vu que tu dois préparer les cours du lendemain et corriger les copies, entre autres… Mais quand tu as la vocation, j'imagine que ce n'est pas un souci XD Oui, l'arithmancie, je crois que c'est une forme de la divination, mais basée sur les chiffres :) C'est pour ça que Hermione dit que c'est beaucoup moins nébuleux que la divination de Trelawney XD Mais je dois avouer que je ne comprends pas comment on peut lire l'avenir avec des chiffres XD Il faudra que je me renseigne si je dois traiter plus en détail cette matière XD L'histoire de la magie, ça a quand-même l'air plus passionnant que l'histoire du monde réel XD Même s'il y a des éléments en commun, mais tournés d'une autre façon… Oui, je me suis trompée quand j'ai dit «comme toutes les deux semaines», je voulais effectivement dire «comme tous les deux chapitres» XD L'été 1 996 (celui qui vient) va se trouver au début du second tome :) Je voulais faire une année complète dans chaque tome, et comme le premier tome a commencé avec l'été 1 995, il m'a semblé logique de commencer le deuxième tome avec l'été 1 996, et ce sera pareil avec le troisième tome :) Et je vais créer une nouvelle fic, même si ça restera SAMLP XD Ce tome-là est déjà beaucoup trop long, je savais qu'il ferait plus d'un million de mots, mais je ne pensais pas qu'il en ferait le double XD Et ce ne sera pas le même titre, même s'il n'y aura que le dernier mot qui changera :) Il y aura aussi la catégorie qui changera, ce ne sera plus «Romance/Friendship» mais «Romance/Family» :) Oui, c'était une review un peu plus longue que d'habitude (ce qui ne me dérange pas du tout, au contraire XD) et je réalise que la réponse était tout aussi longue XD En vrai, parmi les 1 700 000 mots, il doit y avoir 200 000 mots de NA et de RAR XD À dans deux semaines et porte-toi bien aussi d'ici là !
.
Merci à vous pour ces reviews, c'est toujours un réel bonheur de vous lire, et même un réconfort ! Et merci à tous ceux qui, dans l'ombre, continuent à suivre cette fic ! Je vous laisse avec ce nouveau chapitre et je vous souhaite une agréable lecture =)
.
Warning : Ce chapitre contient une scène sexuellement explicite.
.
.
79 - Révisions, discorde et préparatifs
.
.
(mercredi 05/06) POV Justin
.
Justin était en train de prendre son petit-déjeuner dans la Grande Salle lorsqu'un hibou vint se poser devant lui. Justin prit la lettre accrochée à sa patte et la déplia. Il découvrit avec surprise et joie l'écriture d'Ernie.
.
«Coucou,
J'espère que tu vas bien. Tu ne vas jamais me croire ! Je t'ai envoyé cette lettre le vingt-huit mai, tu aurais dû la recevoir deux ou trois jours après, mais elle a été interceptée par les Aurors ! Ils sont sur une enquête où ils traquent le courrier entre deux suspects. Et mon hibou ressemble fortement à l'un de ceux que ces suspects utilisent. Les Aurors ont vu mon nom et mon adresse et sont venus me voir pour m'expliquer la situation et s'excuser du dérangement. Ils m'ont dit que les vérifications avaient duré trois jours et qu'aucun mal n'avait été fait à mon hibou. Ils l'avaient avec eux et j'ai préféré le garder pour recommencer ma lettre et te raconter tout ça, plutôt que réexpédier la lettre que j'avais écrite. J'ai dit aux Aurors que j'emprunterai un des hiboux de mes parents afin que le problème ne se reproduise pas et que le hibou puisse arriver rapidement à bon port. Ce n'était pas urgent, à la base, mais avec ce retard, ça l'est un peu devenu car il fallait que tu reçoives assez vite cette lettre… Tu comprendras plus tard dans ta lecture. En tout cas, les Aurors étaient très sympas, surtout la jeune femme qui était très drôle. Et très jolie. Elle doit être métamorphomage car quand elle s'est disputée avec son collègue qui l'a appelée je ne sais plus comment, ses cheveux roses ont viré au rouge. C'était très amusant à voir. Apparemment, quand un Auror doit aller voir un enfant ou un adolescent, c'est elle qui est dépêchée sur place car elle sait mieux leur parler. Oui, car j'ai oublié de le mentionner, mais en plus d'être drôle et jolie, elle est aussi très bavarde ! Ça agaçait son collègue, d'ailleurs. Mais ils s'entendaient très bien, c'étaient juste des chamailleries puériles.
Bon, si je t'écris, c'est pour t'annoncer que je serai bientôt de retour à Poudlard ! Je suis sorti de Sainte-Mangouste le premier juin et je devrais être à Poudlard le seize juin si tout va bien. Tu ne peux pas imaginer comme j'ai hâte de revenir ! Évidemment, je ne pourrai pas passer les examens, puisque j'aurai loupé plus de deux mois de cours, mais ça me permettra au moins de revoir tout le monde. C'est déjà une chance qu'on m'ait permis de retourner à Poudlard avant les vacances. Je ne suis pas totalement remis, j'aurai toujours des exercices à faire pour retrouver toute la motricité de mon côté droit, j'ai des consignes très strictes, comme éviter les endroits trop bruyants, éviter les gestes trop brusques, prendre mes potions, aller voir l'infirmière si j'ai des vertiges… Tout ça est un peu contraignant mais c'est pour mon bien. J'aurai aussi une visite de contrôle à Sainte-Mangouste pendant les BUSE, et une autre au début des vacances. J'en aurai deux par mois jusqu'à la rentrée, puis une par mois jusqu'à la fin de l'année pour s'assurer que tout aille bien. Mais normalement, d'ici septembre, je n'aurai plus rien, ce seront juste des visites à faire par précaution. Par contre, je n'aurai pas le droit de reprendre les rondes avant début décembre, je serai encore trop fragile et un duel trop violent pourrait m'être préjudiciable, et même si ça n'arrive pas souvent lors des rondes, le risque est quand-même là et il faut le prendre en compte. Ça me frustre mais je n'ai pas le choix. Il va aussi falloir que je sois prudent lors des cours pratiques de Défense Contre les Forces du Mal, de métamorphose et de sortilèges. Il y aura peut-être certains sorts qui me seront interdits et que je rattraperai plus tard. C'est barbant, on va se dire honnêtement les choses, mais c'est l'histoire de six mois et ensuite, je serai libre.
Bon et toi, alors ? Comment ça va ? T'as le moral ? La forme ? Tu es à jour dans les révisions ? Les professeurs ne vous mettent pas trop la pression ? Vous terminez bientôt les cours, je crois ? Et avec Théo, ça se passe toujours bien ? Qui a gagné la Coupe de Quidditch, d'ailleurs ? Quand tu es venu me voir, tu m'avais dit que Poufsouffle s'était faite laminer par Serpentard, mais si je ne me trompe pas, la finale avait lieu le lendemain de ta visite… J'ai envie de parier sur Gryffondor mais Serpentard avait quand-même une belle avance, et même si Gryffondor a gagné son match contre Serdaigle, ça n'a peut-être pas été suffisant pour battre Serpentard au nombre total de points… Je vais être joueur et je vais dire que Serpentard a gagné. C'est risqué, mais c'est possible.
Dis, je me souviens que, lors de ta visite, on avait parlé de la fête qui était prévue avec cinq élèves de chaque maison. Tu m'avais dit qu'elle aurait lieu peu avant les BUSE, mais j'ai complètement oublié de te demander qui allait me remplacer, puisque je devais y participer et que je ne pourrai pas être là… Et tu n'avais rien précisé à ce sujet. Peut-être espérait-on que je serais revenu d'ici là, mais même si ça avait été le cas, on ne m'aurait pas autorisé à y assister, étant donné qu'il y aurait eu trop d'agitation. Mais si vous n'avez encore personne pour prendre ma place, ce serait bien que vous demandiez à Wayne s'il serait intéressé, vu que c'est lui qui m'a succédé au poste de préfet… Cela me semble être le meilleur choix. Il faut bien un cinquième Poufsouffle, de toute façon ! Et un garçon, de préférence, pour respecter la parité. Ce serait dommage qu'il n'y ait que quatre élèves de Poufsouffle ! Quoi qu'il en soit, je vous souhaite de bien vous amuser lors de cette fête et de bien en profiter. Ça va vous faire du bien de décompresser juste avant les examens.
J'attends ta réponse avec impatience, mais ne te précipite pas, les révisions passent avant tout ! Si tout se maintient, je t'écrirai peu avant mon retour pour te dire que je serai bel et bien là à la date que je t'avais indiquée.
Je vous embrasse tous très fort,
Ernie.»
.
Justin replia soigneusement la lettre, un large sourire aux lèvres. Il était heureux. Il n'aurait pas pu rêver mieux pour bien commencer la journée. Il avait tellement hâte de revoir son meilleur ami ! Il avait tant de choses à lui raconter… Ils n'avaient pas eu assez de trois heures lorsqu'ils s'étaient vus à Sainte-Mangouste. Mais du coup, il allait devoir encore plus mettre les bouchées doubles dans ses révisions pour être tout à Ernie quand il serait là. Il avait prévu de continuer à réviser le soir, même les jours d'examens, mais avec le retour d'Ernie, cela chamboulait tout… Il était hors de question que Justin soit en permanence dans ses parchemins alors que son meilleur ami serait juste à côté de lui. Mais il n'allait pas en vouloir à Ernie de revenir ! Il était bien trop content pour ça… Il lui avait tant manqué… Non, c'était à lui, Justin, de s'organiser en conséquence. Telle fut la remarque qu'il se fit en reposant le petit pain qu'il avait pris. Il n'avait plus faim, et manger ce troisième petit pain aurait été une perte de temps inutile. «Et puis, un petit régime, ça ne me fera pas de mal, même si ce n'est que jusqu'aux vacances» songea-t-il. Théo avait beau lui dire qu'il était bien comme il était, et qu'il l'aimait ainsi, lui était complexé par ses quelques kilos en trop. Mais s'en délester n'était pas son objectif dans l'immédiat. Sa priorité, c'étaient les BUSE. Il s'apprêtait à se lever quand Susan et Hannah arrivèrent.
- Ah, tu allais partir, constata Hannah.
- Oui, mais vous tombez bien, j'ai reçu une lettre d'Ernie, vous pouvez la lire.
- Oh, chouette ! s'exclama Hannah.
Elle s'empara du parchemin et le lut attentivement, Susan lisant par-dessus son épaule. Susan étant plus lente, Hannah ne fit aucun commentaire.
- C'est super, ce qu'il dit, se réjouit-elle lorsque Susan eut fini de lire. Bon, ça aurait été mieux s'il n'y avait pas toutes ces restrictions, mais comme il dit, c'est pour son bien. C'est fou, l'histoire des Aurors et du hibou ! On ne peut même plus envoyer son courrier tranquillement…
- Les Aurors n'ont fait que leur travail, répliqua Susan. Et la visite de l'une d'entre eux n'a pas l'air d'avoir dérangé Ernie…
- Ça, c'est sûr, pouffa Hannah. Mais elle doit avoir plus de vingt-et-un ans, et lui est encore mineur, donc légalement parlant, ça poserait problème, je pense. Mais c'est trop cool qu'il ne soit pas obligé d'attendre la rentrée pour retourner à Poudlard ! Même si ce ne sera pas pour passer les examens… Comment va-t-il faire pour récupérer les cours, d'ailleurs ?
- Il doit voir ça avec le professeur Chourave, à mon avis, supposa Justin. C'est elle qui va lui fournir les cours.
- Si ce n'est pas déjà fait, elle va probablement emprunter ceux d'un élève pour les dupliquer, ajouta Susan. Ce seront sans doute ceux d'un ou d'une Serdaigle, ou bien de Hermione ou de Théo.
- Moi, ce qui m'a fait rire dans sa lettre, c'est qu'il ait proposé d'inviter Wayne à la fête du huit juin pour le remplacer. Parce que c'est ce qu'on a fait, s'amusa Justin.
- Les grands esprits se rencontrent, plaisanta Hannah. Mais j'ai discuté avec lui et il m'a dit que si Ernie n'était pas apte à reprendre son poste de préfet à la rentrée, il laisserait le poste de remplaçant à quelqu'un d'autre. Il a un peu trop de mal à tout gérer.
- Bon eh bien ce sera Oliver qui lui succédera, dit Justin. Roger et moi n'avions pas été retenus dans la liste des candidats l'année dernière, donc ce n'est pas l'un d'entre nous que choisira le professeur Chourave. Et tant mieux, car je n'ai aucune envie de devenir préfet… Je ne m'imagine pas du tout faire régner l'ordre dans le château…
- Il te faudrait un peu plus d'autorité, en effet, confirma Hannah. C'est ce qui est le plus dur à avoir.
Justin observa son amie.
- Ça ne te manque pas trop, le poste de préfète ?
- Si, un peu, mais je fais avec. Ou plutôt sans. Et puis, avec le sevrage et les nuits difficiles que ça entraîne, je n'aurais pas l'énergie nécessaire pour les rondes et pour la surveillance, le soir, dans la salle commune. Et il en faut, de l'énergie, pour maîtriser les petits… Et il y a également mes deux séances de thérapie hebdomadaires avec le professeur Snape… Je n'ai pas trop le temps et la force de regretter mon poste, en fait.
- Tu n'as pas des potions de sommeil sans rêves pour que tes nuits soient plus calmes ?
- Le professeur Snape préfère m'en donner peu avant les examens, et je suis d'accord. Ces potions sont à prendre avec précaution, elles sont vite addictives et avec le temps, elles font moins effet. Tu ne t'en rends pas compte, car tu continues à dormir toute la nuit, mais la qualité de tes nuits change. Tu es plus fatigué au réveil et tu ignores pourquoi. Mais tu ne t'aperçois de rien car tu es persuadé que tes potions font toujours autant effet. Donc pour l'instant, je dors mal, mais je me dis que ça ira mieux lors des BUSE quand j'aurai les potions de sommeil sans rêves. Et ça pourrait être pire, car le professeur Snape me donne des potions calmantes qui m'évitent de faire trop de cauchemars et qui font en sorte que mes nuits soient moins agitées. Mais elles n'agissent pas comme des somnifères, elles ne t'aident pas à dormir, elles t'aident juste à être plus apaisé.
- Je vois, ça me dit quelque chose, il me semble que Théo en a eu et qu'il en était très satisfait. Bon, je vous abandonne, je vais réviser.
- Quoi ? Mais on a cours dans trois quarts d'heure, protesta Hannah.
- Je serai à l'heure, ne t'inquiète pas, je veux simplement m'avancer au maximum. À tout à l'heure.
Justin se leva, quitta la Grande Salle et se dirigea vers sa salle commune. Une fois arrivé, il monta à son dortoir. Il prit ses cours de sortilèges et se plongea dedans. Malgré les trois séances de révisions par semaine avec la bande et ses révisions personnelles, il avait l'impression d'être en retard et qu'il ne serait jamais prêt pour les examens qui commençaient pile une semaine plus tard. S'il n'avait pas eu autant de mal avec les dernières potions et avec les derniers sorts de métamorphose, il aurait été nettement plus serein. Mais avec les piètres résultats qu'il avait obtenus en pratique lors de ces deux cours, il ne pouvait pas se permettre de faire preuve d'insouciance. Et puisqu'apparemment, il valait mieux pour lui ne pas compter sur la pratique, eh bien il allait tout miser sur la théorie. C'était pour cette raison que depuis plusieurs jours, il s'était mis à réviser autant. Cela intriguait ses amis, mais pour l'instant, ils le laissaient tranquille. Il comprenait leur inquiétude, mais ils n'avaient pas à s'en faire. Il allait très bien et désirait juste réussir ses BUSE.
.
- Est-ce que tu vas demander un stage auprès du professeur Chourave, tout compte fait ?
La question de Théo fit grimacer Justin. Lors du discours qu'avait fait Dumbledore quatre jours plus tôt, Justin avait été tenté par un stage de kinémagie. Mais il n'était pas sûr que cela soit une bonne idée. N'ayant pas vu ses parents depuis l'été précédent et correspondant très rarement avec eux par lettres, il ne leur avait rien dit de son intention de devenir kinémage, et il ignorait quelle serait leur réaction. Et il y avait un autre problème : celui de savoir comment il irait à Sainte-Mangouste.
- J'aimerais bien, mais j'hésite encore, répondit-il. Il y a trop d'incertitudes et ça me bloque.
- Eh bien fais-en part à ta directrice de maison, elle pourra t'aider à y voir plus clair, elle est là pour ça, entre autres, rappela Théo. Ça ne coûte rien d'aller lui en parler, en tout cas.
- C'est vrai, ça, songea Justin à haute voix. Tu as toujours de bons conseils et de bons arguments, tu es vraiment parfait, ajouta-t-il en souriant. Que ferais-je sans toi…
Il posa ses lèvres sur celles de Théo et l'embrassa tendrement. Il serait resté des heures ainsi s'il n'y avait pas eu des sifflets derrière lui. Il avait oublié qu'il était dix-sept heures, qu'ils étaient dans les sous-sols, ayant eu potions comme dernier cours, et qu'il y avait beaucoup de passage à cet endroit et à cette heure-là, les Serpentard allant à leur salle commune et plus particulièrement à leur dortoir afin d'y déposer leurs affaires. Justin et Théo se séparèrent et, sans se concerter, décidèrent de sortir du lieu le plus sombre du château. Justin remarqua l'air renfrogné de Théo.
- Ne fais pas attention à ces gens, lui intima-t-il. Ce ne sont que des idiots.
- Mmmh… Bon, qu'est-ce que tu vas faire, pour le stage ?
- Je vais faire ce que tu m'as dit.
- Quand ça ?
- Maintenant. On se revoit après le dîner, si tu veux ?
Théo hocha la tête, offrit un léger baiser à Justin et s'en alla. Justin le regarda s'éloigner, puis il se dirigea vers les escaliers. Il les monta jusqu'au quatrième étage et se rendit au bureau du professeur Chourave. Il frappa à la porte et l'ouvrit quand il entendit un «Entrez».
- Bonjour, M. Finch-Fletchley. Venez, je vous en prie.
Justin obéit et s'assit en face de sa directrice de maison.
- Qu'est-ce qui vous amène ?
- C'est au sujet des stages. Je voudrais en faire un, mais il y a plusieurs obstacles qui m'empêchent de me lancer…
- Quels sont ces obstacles ?
- Mes parents, pour commencer, déclara Justin. Ce sont des moldus, et quand je suis à Poudlard, je ne corresponds pas souvent avec eux. Nous ne sommes pas spécialement proches, surtout mon père et moi, et ils ne sont pas très familiers avec le système postal sorcier. Je ne leur ai donc pas encore appris que je veux être kinémage plus tard, et je ne sais pas du tout ce qu'ils vont en penser…
- Ça m'étonnerait qu'ils désapprouvent votre choix. Du temps où j'avais des attaches avec le monde moldu, je n'ai pas le souvenir que ce genre de métier était mal vu… Cela aurait-il changé depuis ?
- Non, mais mes parents avaient tout fait pour que j'aille à Eton, pour que je puisse faire de grandes études… Ils espéraient peut-être mieux que des études de kinémagie…
- M. Finch-Fletchley, je comprends que l'avis de vos parents soit important pour vous, mais il s'agit de votre avenir, pas du leur, dit doucement le professeur Chourave. C'est à vous que revient le choix final, pas à eux. Vous pourrez prendre en considération ce qu'ils diront quand vous leur dévoilerez votre projet, mais au bout du compte, vous devrez faire ce qui vous plaira, même si votre décision ira à l'encontre de l'opinion de vos parents. Est-ce que vous voyez ce que je veux dire ?
- Oui, mais il n'y a pas que ça… Si je leur annonce que je veux être kinémage, ils vont me dire que je peux très bien exercer ce métier dans le monde moldu… Mais ce n'est pas du tout pareil, et c'est dans le monde sorcier que je souhaite travailler…
- Dites-leur tout ça, expliquez-leur en quoi ce métier est différent d'un monde à l'autre, et indiquez-leur pourquoi vous préférez exercer dans le monde magique. S'ils refusent de comprendre, faites en sorte de pouvoir me contacter. Vous recevrez des lettres de la part de vos amis durant les vacances, j'imagine ?
- Oui, et de Théo, aussi.
- Alors mettez-les au courant de la situation avec vos parents, l'un d'entre eux m'en informera, j'en référerai au directeur et l'un d'entre nous viendra à votre secours. Est-ce qu'il y avait un autre souci à soulever ?
- Oui, la façon dont je vais aller à Sainte-Mangouste si j'ai un stage là-bas…
- Le plus simple pour vous sera d'utiliser le Magicobus. C'est un mode de transport très turbulent, mais assez rapide et qui peut vous emmener n'importe où.
- Oui, Théo m'en avait déjà parlé… Je m'en contenterai si c'est la seule solution.
- Dans votre cas, c'est le moyen à privilégier. Y avait-il autre chose ?
- Non, c'est tout.
- Bien. Dans l'attente de l'accord de vos parents, et si vous tenez toujours à avoir un stage, j'écrirai à Sainte-Mangouste et je vous convoquerai lorsque j'aurai une réponse.
- Il n'est donc pas trop tard pour espérer obtenir un stage ?
- Ça va être de plus en plus difficile pour bon nombre de requêtes, mais comme je vous le disais lors de votre conseil d'orientation, beaucoup d'élèves veulent devenir médicomages, mais il y en a assez peu qui, en cinquième année, choisissent une branche spécifique. Des stages en kinémagie sont très peu demandés, ce qui signifie que vous avez toutes vos chances de recevoir un retour positif. Avez-vous une préférence pour un moment bien précis durant les vacances pour effectuer votre stage ?
- Pas avant mi-juillet, au moins, histoire que j'aie le temps d'en discuter avec mes parents, surtout si ça s'avère compliqué, mais sinon, à part ça, toute période me va.
- C'est noté. J'enverrai dès ce soir une lettre au service de kinémagie de Sainte-Mangouste afin de leur demander s'ils peuvent vous prendre en stage.
- Merci, professeur, dit sincèrement Justin. Passez une bonne soirée.
Le professeur Chourave souhaita de même à Justin qui s'en alla. Il était satisfait de sa conversation avec sa directrice de maison. Il allait sûrement avoir un stage, et le professeur Chourave était prête à venir en renfort si ses parents s'y opposaient. Il allait pouvoir mettre cette histoire de stage dans un coin de son esprit et se concentrer à cent pour cent sur ses BUSE. Il avisa l'heure et s'aperçut qu'il était plus de dix-huit heures. Il décida d'aller dîner, en espérant que Théo ait eu la même idée que lui. Ainsi, ils pourraient se retrouver plus vite et passer plus de temps ensemble. Même si ce n'était que pour travailler, comme il en avait l'intention. Il se disait que cela ne gênerait pas Théo qui était toujours à fond dans les études… Ce n'était pas lui qui allait dire non à une séance de révisions ! Il chercha donc son petit-ami en entrant dans la Grande Salle et sentit une douce chaleur l'envahir en le voyant assis à sa table. Il s'installa à la sienne et se mit à manger. Il était tout seul mais cela ne le dérangeait pas. Il était tôt, Susan et Hannah viendraient sûrement dîner plus tard. Comme souvent, Théo fut le premier à sortir. Justin ne tarda pas à l'imiter et le rejoignit à l'entrée de la Grande Salle. Justin l'embrassa et Théo accueillit avec joie son baiser.
- Tu veux aller où ? s'enquit Justin.
- Eh bien, j'ai une proposition à te faire…
- Je t'écoute.
- Ça fait quelques jours que j'y pense… Tu m'as fait découvrir ta salle commune il y a un moment déjà, depuis, on y va de temps en temps, quand on ne va pas dans la salle sur demande, mais tu n'as jamais vu ma salle commune… Je comprendrais parfaitement que tu ne veuilles pas, les Serpentard n'étant pas réputés pour être très accueillants, mais ça a un peu changé maintenant qu'il y a moins de tensions entre les maisons… Et j'ai envie que tu t'y sentes comme chez toi et que tout le monde sache que tu y as ta place et qu'ils n'ont rien à en dire. Si ça ne leur plaît pas, c'est pareil. Mais je ne vois pas pourquoi on nous dirait quelque chose. Il y a pas mal de troisième, quatrième et cinquième année qui y emmènent leurs binômes de travail, d'autres qui y emmènent leurs petits-amis, et il y en a même qui y emmènent des amis qui font partie d'autres maisons. Et ça ne se limite plus à ceux qui sont concernés par le concept de travail en binôme. Les sixième et septième année se mettent aussi à inviter des gens dans la salle commune, même si c'est encore très discret chez eux. Tu n'as donc pas à craindre d'être rejeté. Du moins, pas parce que tu es un Poufsouffle. En revanche, je ne peux pas te promettre qu'on échappera aux remarques homophobes…
Justin haussa les épaules.
- On aura juste à se mettre dans un coin et à s'entourer d'une bulle de silence.
- Donc tu veux bien ?
Justin sourit.
- Oui, ne serait-ce que pour essayer.
- Promets-moi de me le dire si tu ne te sens pas bien. On ira dans ta salle commune ou dans la salle sur demande.
- Promis, jura Justin. On y va ?
Théo acquiesça et Justin et lui prirent la direction de la salle commune de Serpentard. Justin fut un peu stressé lorsque Théo prononça le mot de passe. Il redoutait d'être mal à l'aise si tous les élèves le scrutaient comme s'il était une bête de foire. Comment Théo avait-il fait quand il était venu avec lui dans la salle commune de Poufsouffle, lui qui était bien plus timide ? Cela avait dû être très dur pour lui… En pénétrant dans l'antre des Serpentard, Justin s'efforça de ne pas prêter attention à ce qu'il y avait autour de lui. Mais il ne put ignorer les regards qui se posèrent sur lui. Il fut cependant étonné de ne lire que de la surprise dans la plupart d'entre eux. Beaucoup d'élèves ne l'observèrent que quelques secondes avant de retourner à leurs occupations. Parmi les autres, la grande majorité continua à le suivre des yeux avec curiosité, ce qui était surtout le cas des plus jeunes, et seule une infime minorité le fixa avec dédain et mépris. Pour le coup, c'étaient principalement des sixième et septième année, ainsi qu'un élève qui devait être en quatrième année. Il n'y eut aucun commentaire à haute voix, mais Justin vit les plus âgés chuchoter entre eux. C'était très désagréable pour Justin, qui n'était pas idiot et qui se doutait bien qu'ils faisaient des messes basses à son sujet, mais il fit de son mieux pour ne pas y attacher d'importance. Il se rendit dans un coin de la salle commune avec Théo qu'il entraîna vers une table avec des poufs.
- J'aimerais réviser, confia-t-il.
Théo se troubla.
- Encore ? Il faudrait que tu lèves un peu le pied… Et on n'a même pas parlé de ton entrevue avec ta directrice de maison…
- Ah oui, c'est vrai, j'avais oublié, pardon, s'excusa Justin, confus. Eh bien ça a été très concluant, je ne regrette absolument pas d'être allé la voir. Lors de mon conseil d'orientation, elle m'avait déjà dit qu'en cinquième année, très peu d'élèves souhaitaient un stage en kinémagie. Du coup, il n'y a pas beaucoup de demandes de stage dans ce service, ce qui veut dire que je n'aurai aucun mal à en avoir un, puisqu'il n'y a pas de concurrence.
- C'est super ! Tu vas pouvoir sortir de chez tes parents pendant les vacances…
- Oui, mais j'avais justement des craintes à ce propos. Mais le professeur Chourave m'a bien rassuré et m'aidera à convaincre mes parents s'ils se montrent réticents.
- Pourquoi s'opposeraient-ils à ce stage ?
- Parce qu'ils pourraient refuser que je devienne kinémage. C'est un métier qui peut s'exercer aussi dans le monde moldu, ils ne verraient donc pas l'intérêt que je reste dans le monde sorcier après les ASPIC… Ce serait tout à fait le genre de mon père de réagir comme ça. Ma mère, elle, ne dira sans doute rien. Elle comprendra certainement mon choix, mais elle n'osera pas me soutenir face à mon père. Ça a toujours été comme ça. Je ne lui en veux pas, mais ça m'oblige à la mettre dans le même panier que lui. Elle ne partage pas non plus ses idées dégoûtantes, à la fois suprématistes, racistes et homophobes, mais elle lui fait croire le contraire.
- Elle a peur de lui ?
- Non, même pas. C'est assez difficile à expliquer, en fait. C'est un mélange de tout. Elle l'aime, en dépit de son esprit étriqué, elle ne veut pas quitter son confort, elle ne veut pas se retrouver seule… Elle ne m'a pas dit tout ça, mais je l'ai deviné. Si elle divorce, elle perd tout, et c'est ça qui lui fait peur.
- Je vois. J'espère qu'ils seront cool pour ton stage…
- S'ils ne le sont pas, le professeur Chourave viendra à mon secours, donc je ne m'en fais pas trop, dit Justin en souriant. Mais comme je vais avoir besoin de temps pour leur en parler, j'ai demandé à ne pas avoir le stage avant la mi-juillet, car ce n'est pas par lettre que je vais aborder le sujet…
- Oui, tu verras ça quand tu seras rentré.
- Exactement, approuva Justin. Bon, je vais reprendre les révisions.
- Tu es sûr que c'est une bonne idée ? Tu ne fais que ça… Et ce n'est pas bon de trop réviser.
- Il faut bien que je sois prêt pour les examens, rétorqua Justin.
- Oui, mais il faut aussi être raisonnable, riposta Théo. C'est important de décompresser, sinon tu ne vas jamais tenir le rythme… Et réviser autant comme tu le fais, c'est contre-productif. Sois franc : le soir, à partir de quel moment lâches-tu tes parchemins ? Quand tu tombes de fatigue ou quand tu n'arrives plus à retenir quoi que ce soit ?
Justin hésita.
- Les deux, avoua-t-il.
- Eh bien c'est une erreur. C'est bien avant que tu dois arrêter, car en réalité, ça fait déjà un certain temps que tu n'enregistres plus rien. Seulement, tu ne t'en rends pas compte, même si tu vois bien que tu as plus de mal à te concentrer. Et j'imagine que le lendemain, tu reprends tes révisions là où tu les avais abandonnées ?
- Oui, admit Justin.
- Alors c'est comme si tu n'avais rien révisé pour les derniers cours que tu as relus. Car avant que tu n'ailles te coucher, tu n'apprenais plus rien, vu que ton cerveau refusait d'emmagasiner davantage de choses. Il y a donc quelques cours qui sont passés à la trappe. Et ce sont eux que tu devrais relire quand tu t'y remets. Tout ça pour dire que réviser jusqu'à épuisement, ça ne sert à rien.
- Peut-être, mais je préfère en faire trop que pas assez. Et comme tu le dis si bien, quand ce qu'on lit ne rentre plus dans la tête, on ne s'en aperçoit pas, alors comment suis-je censé savoir quand je dois arrêter de réviser ? Si je choisissais l'heure au pif, j'aurais l'impression de ne pas être allé au bout de mes capacités, et d'avoir perdu du temps bêtement. Mais ne t'inquiète pas, je sais ce que je fais.
Théo sembla franchement dubitatif, mais il n'insista pas et se contenta de soupirer.
- Je vais réviser aussi, mais jusqu'à vingt-et-une heures, pas plus. Crois-moi, si tu en fais autant, ce sera largement suffisant.
Justin marmonna un «mmmh» à peine audible, n'écoutant que d'une oreille ce que disait Théo, son esprit étant déjà totalement accaparé par ses cours de potions. Théo et lui étudièrent pendant un peu plus de deux heures, puis, comme il l'avait dit, Théo rangea ses parchemins à vingt-et-une heures et les échangea contre un livre, tandis que Justin continua à réviser. Le silence agréable dans lequel ils étaient plongés fut alors bientôt troublé par les bâillements de Théo qui tenta pourtant d'être discret. Justin finit par lever la tête et vit l'air somnolent de son petit-ami.
- Tu ferais mieux d'aller dormir, dit-il gentiment.
- Je ne veux pas te laisser seul…
- Ne t'en fais pas, j'ai mes cours pour me tenir compagnie.
Le visage de Théo s'assombrit.
- C'est sûr que peu importe que je sois là ou pas, ça ne changera pas grand-chose…
Il se leva, prit son sac, souhaita une bonne nuit à Justin et s'en alla. Justin le regarda s'éloigner, le coeur serré. Là, Théo lui en voulait, cela ne faisait aucun doute. Mais qu'avait-il fait pour le blesser à ce point ? Oh rien, tu ne faisais juste pas du tout attention à lui, tellement tu n'en avais que pour tes cours… Justin sentit la culpabilité l'envahir. Est-ce que sa conscience avait raison ? Était-il trop obnubilé par ses révisions ? «Non, je veux simplement réussir mes BUSE, et pour ça, je dois m'en donner les moyens, quitte à faire quelques sacrifices» pensa Justin. Et Théo ? «Il peut bien accepter le fait que je doive faire passer notre couple au second plan si je veux avoir mes BUSE dans toutes les matières que je dois garder» se persuada Justin. Mais il n'y a pas que ça, il s'inquiète pour toi… «Il n'y a pas de quoi» s'entêta Justin. Il fit taire cette voix qui l'importunait. Elle était comme Théo. Elle ne comprenait rien, elle non plus. Justin se concentra de nouveau sur ses cours mais la fatigue qui lui tomba dessus l'en empêcha. Il lutta, mais il finit par s'assoupir sur ses parchemins. Il ne sut si c'était un rêve ou un délire, mais il fut transporté dans une scène qui le terrifia…
.
Recalé. Il était recalé. Il n'avait réussi qu'à sauver la botanique et les sortilèges. Mais il n'avait eu qu'un Acceptable en Défense Contre les Forces du Mal et en métamorphose et un Piètre en potions. Même les rattrapages n'avaient pas suffi à lui faire avoir un Effort Exceptionnel. Il ne pouvait plus rien faire. Poudlard, c'était fini pour lui. Même s'il parvenait à avoir ses ASPIC en botanique et en sortilèges, cela ne lui ouvrirait aucune perspective d'avenir dans le monde sorcier. Il allait devoir renoncer à la formation de kinémage et rester dans le monde moldu. Mais il n'en avait pas du tout envie. Il n'avait pourtant pas le choix. Il s'apprêtait à quitter le salon pour aller dans sa chambre quand son père le rejoignit.
- Alors, ces résultats ?
- Je… je n'ai pas eu les notes requises.
- Il fallait s'y attendre, avec le retard que tu avais… Ça aurait été un miracle. Mais ne t'en fais pas, va. J'avais prévu le coup. Tu ne vas pas te retrouver sans rien. J'ai pris contact avec quelqu'un qui est prêt à te prendre en stage et à te former.
Loin de le rassurer, ces mots angoissèrent Justin.
- Et… qui est ce quelqu'un ?
- Le père d'Emily. Oh, et j'ai une autre bonne nouvelle pour toi. Les parents d'Emily ont essayé de la raisonner à propos de votre rupture et ils ont pu la convaincre de te donner une seconde chance.
Justin bloqua pendant un instant. Qu'est-ce que son père était en train de lui raconter ? Il y avait trop de choses qui n'allaient pas dans ce qu'il avait dit. Que venaient donc faire Emily et son père dans cette histoire ? Pourquoi irait-il travailler chez M. Parker ? Pourquoi devrait-il renouer avec Emily ? Tout cela n'avait aucun sens !
- Papa, Emily et moi, on ne s'aime plus, on ne peut pas se remettre ensemble…
M. Finch-Fletchley eut un sourire qui fit pâlir Justin.
- Voyons, Justin, tu sais où est ton bonheur… Et il n'est certainement pas avec ce garçon avec qui tu entretiens depuis plusieurs mois une relation contre-nature… Mais ça arrive à tout le monde de faire des erreurs. De plus, là-bas, tu es loin d'ici, tu peux facilement te faire manipuler… C'est une bonne chose que tu ne puisses plus y retourner. Tu seras loin de ce garçon, tu vas l'oublier et tu vas te remettre avec Emily. Si tu ne veux pas te retrouver dans la rue sans un sou, tu as intérêt à faire ce que je te dis.
Justin écarquilla les yeux face à la menace à peine voilée de son père. Était-il sérieux ? Il en avait bien l'air… Justin était pris au piège. Si son père le renvoyait de la maison, il n'aurait nulle part où aller. Il aurait alors tout perdu : sa maison, ses amis… et Théo. Il réalisa alors pleinement qu'il ne reverrait plus jamais le garçon qu'il aimait. Tout ça parce qu'il n'avait pas assez révisé… Il avait pourtant fait de son mieux… Mais il s'était souvent endormi sur ses cours… Peut-être était-ce Théo qui avait raison… Peut-être aurait-il dû davantage se reposer… Non, sinon, il n'aurait pas eu assez le temps de réviser… Mais il en avait perdu, du temps, en piquant du nez sur ses parchemins… Cela revenait donc au même… Il ne savait plus quoi penser… Théo… Si seulement il l'avait écouté… La scène changea alors. Il vit Théo s'éloigner de lui, comme dans un songe… Il courut et essaya de le rattraper, mais sans succès… Il s'entendit crier, et sentit soudain quelqu'un le secouer et le héler…
.
- Justin !
Il se réveilla en sursaut et vit Blaise qui l'observait, l'air inquiet.
- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda Justin.
- Ce serait plutôt à moi de te poser la question, rétorqua Blaise. Tu es quand-même assis tout seul à une table dans la salle commune de Serpentard, à vingt-trois heures…
Comme pour vérifier si Blaise disait vrai, Justin regarda autour de lui et remarqua qu'il était bel et bien dans l'antre des serpents. Il se souvint d'un coup y être allé plus tôt dans la soirée car Théo le lui avait proposé.
- J'avais oublié que j'étais là…
- J'ai vu ça. Mais où est Théo ? Comment ça se fait que tu sois ici tout seul ?
- Il ne m'a pas abandonné, si c'est ce que tu crois. Il était juste fatigué, il est donc allé se coucher, et moi je suis resté pour réviser. Mais c'était une mauvaise idée, je n'aurais jamais dû venir…
- Pourquoi ?
- Ce serait trop long à expliquer.
- Mmmh, fit Blaise, visiblement sceptique. Est-ce que ça va avec Théo, au moins ?
- Oui…
- Tu es sûr ? Pendant que tu rêvais, tu murmurais que tu aurais dû plus réviser, ou plus te reposer, tu n'étais pas très clair, tu te contredisais toi-même, et tu appelais Théo…
- Ce n'était qu'un stupide rêve, prétendit Justin. Il ne s'est rien passé avec Théo. Enfin, on a juste eu un petit malentendu, mais rien de bien méchant.
- Si tu le dis… En tout cas, tu as de la chance de ne pas t'être fait surprendre par le professeur Snape en train de piquer un somme dans une salle commune qui n'est pas la tienne… Depuis le début de la semaine, il vient tous les soirs, une fois entre dix-sept heures et vingt heures, et une autre fois entre vingt heures et vingt-trois heures afin de voir si tout va bien, en raison du stress que peut provoquer l'approche des examens chez certains élèves.
- Il a dû venir quand Théo et moi travaillions…
- Peut-être. Quoi qu'il en soit, tu ferais mieux d'aller te coucher.
- Oui, j'y vais.
Justin se leva, rangea ses affaires et mit son sac sur l'épaule. Alors qu'il s'apprêtait à partir, Blaise le retint :
- Justin ? Attends…
Justin se retourna. Blaise avait un visage étonnamment sérieux.
- Si ça ne va pas, s'il y a un problème, n'hésite pas à demander de l'aide. C'est important.
Justin sentit sa gorge se nouer et les larmes lui monter aux yeux sans savoir pourquoi. Mince, mais qu'est-ce qui lui arrivait ?! «C'est sûrement la fatigue et le petit accrochage qu'il y a eu avec Théo» songea-t-il.
- Je le ferai, mais je vais très bien, tu n'as pas à t'inquiéter, assura Justin. Allez, dors bien, et pardon d'avoir pris ta salle commune pour mon dortoir.
Justin s'en alla et se dirigea vers sa propre salle commune qu'il rejoignit quelques minutes plus tard. Il monta à son dortoir, enfila son pyjama, se mit au lit et exhala un soupir de bien-être. Cela faisait du bien de s'allonger. Il était vraiment épuisé. Mais même s'il était plus de vingt-trois heures, il s'en voulut de se coucher si tôt, lui qui avait tant de cours à relire… Il allait prendre du retard, il n'allait jamais pouvoir le récupérer et à cause de ça, il raterait ses examens… Et il ne fallait surtout pas que cela se produise… Il avait si peur que son rêve devienne réalité… Il tenta de chasser ces craintes de son esprit, et se laissa emporter par le sommeil, espérant ainsi échapper à ses sombres pensées qui le tourmentaient… Mais elles se répercutèrent dans ses rêves qui furent tous aussi troublés les uns que les autres…
.
.
(jeudi 06/06) POV Harry
.
- Tu veux aller où ?
Draco posa cette question à Harry en sortant de la salle de métamorphose.
- Dans ta salle commune ? proposa Harry.
- D'accord, approuva Draco. Dis, est-ce que depuis quelques jours, ton directeur de maison vient lui aussi tous les soirs dans votre salle commune pour voir si tout va bien ?
- Oui, mais ce n'est pas nouveau, il le fait depuis le début de l'année scolaire. Enfin, à la différence qu'avant, il ne venait qu'une fois par soir. Là, il vient deux fois…
- Comme Severus. À mon avis, c'est lui qui a dit aux autres directeurs de maison que ce serait bien d'aller vérifier régulièrement si les élèves vont bien, à dix jours des examens… Car ce n'est pas en venant une seule fois qu'ils peuvent voir tous les élèves…
- C'est vrai. Et ce n'est pas agaçant, loin de là. Je trouve ça plutôt rassurant.
- Moi aussi. Et c'est nécessaire puisque plusieurs élèves ont avoué ne pas se sentir bien.
- Pareil chez les Gryffondor, informa Harry.
- Si seulement tout le monde pouvait en faire autant…
- Tu penses à qui en disant ça ?
- À Pansy. Et à Justin. Mais j'en sais plus à propos de Pansy qu'à propos de Justin. Enfin, non, j'en sais autant sur l'un que sur l'autre, mais je suis davantage un témoin direct au sujet de Pansy qu'au sujet de Justin.
- Qu'est-ce qui se passe avec Pansy ? s'inquiéta Harry.
- Elle saute beaucoup trop de repas pour avoir plus de temps pour réviser. Et elle se couche tard. J'ai essayé de la raisonner mais pour elle, c'est parfaitement normal et c'est moi qui ne prends pas assez au sérieux les BUSE….
- Ah ouais, elle inverse carrément les torts… Il faudrait peut-être en parler à ton parrain…
- J'aimerais bien, mais le truc, c'est que je n'ai aucune preuve qu'elle sacrifie ses repas au profit de ses révisions… C'est juste que, depuis une semaine, le matin, je ne la vois jamais à table. Mais elle déjeune peut-être plus tôt que moi… Et le soir, c'est la même chose. J'ai beau rester une heure dans la Grande Salle, je ne la vois pas entrer. Mais c'est comme le matin, il se peut que je dîne avant ou après elle… J'ai même eu l'idée d'aller manger à dix-huit heures trente et de repartir vers dix-neuf heures trente afin d'avoir plus de chances de la croiser, vu que le service est entre dix-huit heures et vingt heures, mais sans succès. Je ne l'ai pas vue une seule fois. Sur une semaine, quand-même, ne jamais se voir dans la Grande Salle, ne serait-ce que cinq ou dix minutes, c'est assez étrange… Il y a de quoi se poser des questions.
- En effet, reconnut Harry. Et c'est vrai que là, sans preuves, tu ne peux pas faire grand-chose… Tu devrais voir avec Blaise et Théo si vous pourriez vous relayer dans la Grande Salle, comme ça, vous couvririez tout le service. Et si aucun de vous ne voit Pansy, c'est qu'elle saute vraiment des repas.
- Pas bête du tout, songea Draco. Je verrai ça avec eux. Mais je n'ai pas envie d'embêter Théo avec ça, il s'en fait déjà suffisamment pour Justin pour que je lui rajoute un souci de plus…
- Pansy est votre meilleure amie, il ne considérera jamais ça comme un «souci» dont il voudrait bien se passer. Mais si je comprends bien, Justin est toujours autant à fond dans les révisions ?
- Oui, d'après Théo, il ne pense qu'à ça, il n'a que ce mot à la bouche, matin, midi et soir. Quand ils sont ensemble, il y a toujours des parchemins entre eux. Justin ne fait même plus vraiment attention à lui. Théo a fait comme moi avec Pansy, il a tenté de parler à Justin, il lui a expliqué que ce n'était pas bon de réviser autant, mais Justin n'a rien voulu entendre. Ils étaient dans la salle commune de Serpentard, hier soir, et la situation a tellement agacé Théo qu'il est monté se coucher fâché. Justin, lui, est resté pour continuer à réviser. Et ce matin, dans le dortoir, Blaise nous a raconté, à Théo et à moi, qu'en rentrant à vingt-trois heures, il a trouvé Justin assoupi en train de faire un mauvais rêve qui avait trait à Théo et aux révisions. Ça a intrigué Blaise mais Justin a prétendu que ce n'était rien du tout et que tout allait bien avec Théo. Blaise n'est pas dupe, il a bien vu que Justin mentait mais il n'a pas insisté car il était vingt-trois heures et Justin devait vite rejoindre sa salle commune s'il ne voulait pas se faire attraper par un professeur.
- C'est vraiment inquiétant, tout ça, commenta Harry, préoccupé. Mais là encore, pour Justin, on n'a rien de tangible pour alerter le professeur Snape ou sa directrice de maison…
- Comme à chaque fois, il va falloir attendre qu'il y ait un truc grave pour intervenir, soupira Draco. C'est dingue, quand-même. Il y a sans cesse quelqu'un qui ne va pas bien dans la bande…
- C'est rare qu'on aille toujours bien, Draco. On a tous nos problèmes d'adolescents. Moi, c'était les potions droguées, puis le harcèlement. Hermione, c'était sa lubie des dealers causée par un manque de suivi lorsqu'elle en avait besoin. Pansy et Justin, c'est le stress lié aux BUSE. L'année prochaine, ce seront sûrement d'autres membres du groupe. On n'y peut rien, mais il y a une chose qu'on peut faire, et c'est d'être là les uns pour les autres.
Draco acquiesça.
- Tu as raison. Bon, on va dans ma salle commune ?
- Oui, sinon, si on tarde trop, il faudra directement aller dîner, plaisanta Harry.
Draco et lui entrelacèrent leurs doigts et se dirigèrent vers les escaliers qu'ils descendirent jusqu'au rez-de-chaussée. Ils prirent le chemin de la salle commune de Serpentard où ils arrivèrent quelques minutes plus tard. Ils s'installèrent dans un coin tranquille, à l'écart des autres élèves présents dans la salle. Comme à leur habitude, ils s'entourèrent d'une bulle de silence.
- Tu en es où, dans tes révisions ? s'enquit Draco une fois le sort lancé.
- J'ai relu tous mes cours de botanique, de métamorphose, de potions et de sortilèges. J'avance bien en-dehors des séances avec la bande, sans y consacrer non plus toutes mes soirées, mais j'ai du mal à me mettre aux cours d'histoire de la magie… Après, je me dis que ce n'est pas très important, que ça ne me servira à rien, et que peu importe la note qu'on aura aux BUSE, on devra poursuivre cette matière en sixième année… C'est comme la divination. Je compte juste passer en revue mes cours, mais uniquement pour que ça soit frais dans ma mémoire. Je ne vais pas chercher à tout retenir.
- Je vais faire la même chose. Enfin, juste pour la divination, pas pour l'histoire de la magie. Mais je ne sais pas encore ce que je vais faire pour l'astronomie…
Harry et Draco échangèrent un regard qui voulait tout dire. Ils éclatèrent de rire.
- Ouais, elle ne vaut pas plus la peine que la divination, conclut Draco. Surtout que nous allons tous les deux abandonner cette matière… Mieux vaut se concentrer sur les matières qu'on gardera et qui nous seront utiles.
- Exactement. Franchement, c'est une bonne chose qu'il n'y ait plus de Quidditch. Je me demande comment j'aurais fait pour concilier les révisions et les entraînements…
Draco fronça les sourcils.
- Tu sais que tu auras deux fois plus de travail en étant capitaine ?
- Oui, mais je l'ai dit à Remus, si je ne m'en sors pas, je léguerai ma place à quelqu'un d'autre.
Draco sembla perplexe.
- Tu es sûr d'être toujours passionné par le Quidditch ?
Cette question mit Harry mal à l'aise. Mais il décida d'être honnête :
- Plus autant qu'avant, avoua-t-il. C'est pour ça que j'ai accepté d'être capitaine à la rentrée, pour ne pas avoir de regrets. Je veux au moins essayer, même si c'est pour m'apercevoir que ça ne me plaît pas. Ainsi, j'aurais l'impression d'avoir fait le tour, je pourrai rendre mon badge sans amertume.
- Ça va en surprendre plus d'un, tu es considéré comme l'emblème de l'équipe de Gryffondor… Tu es encore plus populaire que le capitaine !
- Ce sont aussi les parents d'élèves qui vont être étonnés… Ils ont pour la plupart connu mon père à Poudlard et ils savent tous qu'il a fait partie de l'équipe de Gryffondor de sa deuxième à sa septième année et qu'il a été un excellent joueur… Il est même passé d'attrapeur à poursuiveur et Sirius m'a dit qu'il était aussi bon dans un poste que dans l'autre… Ceux qui ont fait leurs études à Poudlard en même temps que mon père doivent s'attendre à ce que je suive son exemple, à ce que je continue le Quidditch jusqu'à ma septième année, et tu vois, je suis bien content que ce ne soit pas le cas. Ça va me permettre de me différencier de mon père. Je sais bien que je suis encore souvent comparé à lui, et ça a le don de m'agacer. Je ne renie pas ce que je suis, mais je ne suis pas que le fils de James Potter. Je suis Harry Potter avant tout. Quand j'étais petit, chez les Dursley, je n'avais pas le droit de poser des questions, et ça me frustrait car j'aurais tout fait pour en apprendre plus sur mes parents. Lors de mes quatre premières années à Poudlard, j'étais plus que ravi quand Hagrid, puis Sirius me parlaient de mes parents. Mais depuis un an, ça a changé. Je suis toujours heureux d'écouter toutes sortes d'anecdotes sur eux, mais ça m'intéresse moins qu'avant. Parfois, même, ça m'ennuie, parce que je n'ai pas envie d'en entendre parler. Avant, je n'avais pas de figure maternelle, ni paternelle, alors je me raccrochais à tout ce qu'on pouvait me dire sur mon père. Là, j'ai Sirius. Et Remus. Ce sont eux, ma famille, maintenant. Et depuis que je me dis ça, je ressens moins d'attachement envers mes parents biologiques. J'ai réalisé que je n'avais aucun souvenir d'eux, à part un album photo que m'a offert Hagrid, sans quoi je n'aurais même pas leur visage en tête ; que je n'avais été que quinze mois avec eux, et que je ne les connaissais qu'à travers toutes les histoires qu'on m'avait racontées sur eux… C'est horrible mais à mes yeux, ce sont juste ceux qui m'ont donné naissance. Je sais que j'étais tout pour eux, qu'ils m'aimaient plus que tout au monde et qu'ils se sont sacrifiés pour moi, mais ils ne sont rien de plus que des images… et des étrangers.
- C'est compréhensible, tu n'as pas à t'en vouloir pour ça, assura Draco. Je crois qu'on avait déjà eu une discussion là-dessus, mais est-ce que tu en as parlé à Severus ?
- Non, mais je sais que je dois le faire.
- Ça te ferait du bien, oui. Au moins, toi, tu as conscience de ce que tu as à faire pour aller mieux…
Harry grimaça face au sous-entendu de Draco.
- Peut-être devrions-nous aller voir ton parrain, même sans avoir de preuves ? Il pourrait convoquer Pansy et Justin par précaution…
- C'est une bonne idée. Mais je pense que la soirée de samedi va déjà un peu leur changer les idées. Enfin, encore faut-il qu'ils veuillent toujours y participer…
- Même accros à leurs révisions, ils ne se désisteront pas, affirma Harry, sûr de lui. Ils n'étaient pas les derniers pour te presser de trouver une date pour cette fameuse fête… Elle est autant importante pour eux que pour nous. Mais puisque tu en parles, il va falloir que tout soit prêt avant que tous les invités n'arrivent… Et ça ne se fera pas tout seul. On va avoir besoin de bras pour transporter toute la nourriture, vu que la salle sur demande ne peut pas en fournir… Et il faut tout aménager. On n'a pas encore réfléchi à tout ça…
Draco parut d'un coup gêné.
- J'aurais adoré aider, mais… ça ne va pas être possible.
Harry observa Draco d'un air incrédule.
- Comment ça, «ça ne va pas être possible» ?
- Je serai occupé tout l'après-midi, révéla Draco.
- Occupé à quoi ? Attends, Draco, c'est toi l'instigateur de cette fête, c'est à toi qu'on s'adresse tous quand on veut des infos à ce sujet ! Et tu es en train de me dire que tu ne seras pas là pour organiser cette soirée ? Qu'est-ce qui te retient, au juste ? Et pourquoi tu ne me préviens que maintenant ? Tu aurais pu me le dire plus tôt, et non à deux jours de la fête !
Harry était conscient qu'il s'énervait trop vite, mais il avait l'intime conviction qu'il y avait quelque chose de pas net là-dessous.
- Je n'ai su ça que lundi, et je ne peux pas t'en dire plus pour l'instant, mais je serai de retour pour le dîner, c'est promis. Je pourrai donner un coup de main dès dix-neuf heures au plus tard. Mais je serai sans doute là à dix-huit heures. C'est juste pour être large. Et j'ai toute confiance en vous pour vous débrouiller en mon absence, je ne suis quand-même pas si indispensable que ça… On croirait Blaise et Pansy quand je leur disais que je n'étais pas sûr de succéder à Graham l'année prochaine au poste de capitaine ! Pour eux, sans moi, l'équipe sera perdue, mais laissez-moi respirer, sérieux !
Harry se mit à rire.
- Pardon, mais que veux-tu, nous ne sommes rien, sans toi ! Mais tu ne veux vraiment pas me dire ce qui te tiendra éloigné de nous ?
- Non, c'est un secret.
- Je n'aime pas ça, Draco. Tu me fais peur…
- Tu n'as pas à t'en faire, n'y pense plus, d'accord ?
Harry n'était pas rassuré mais il n'insista pas, voyant bien que Draco ne lui dirait rien de plus.
- Bon, on va profiter que tu sois là pour le moment pour faire la liste de tout ce qu'il faudra amener, déclara Harry.
- Oui, ce sera déjà ça de fait…
Draco prit son sac et fouilla dedans, certainement à la recherche de son rouleau de parchemin.
- Rah mais où est-ce que je l'ai mis ?! Il est toujours sur le devant, normalement…
Draco alla au plus simple et vida son sac sur la table. Un encrier, une plume et plusieurs parchemins tombèrent par terre. Harry les ramassa et parmi les feuilles, il reconnut le cours de métamorphose et le cours de sortilèges de Draco. Il voulut les poser sur la table mais il suspendit soudain son geste en reconnaissant un nom sur le troisième parchemin. Forester. Il y avait également l'adresse de Sainte-Mangouste. C'était vraisemblablement une convocation. Mais pourquoi Draco avait-il cela dans son sac ? À qui cela appartenait-il ? Intrigué, Harry prit la lettre et la déplia. Il se sentit pâlir en lisant ce qui y était marqué.
.
«M. Snape,
J'ai bien pris connaissance de votre courrier. Je vous écris pour vous proposer un rendez-vous pour M. Malfoy le samedi huit juin à quatorze heures. J'attends votre réponse afin de savoir si cela vous convient.
Veuillez agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.
Mme Forester»
.
- Draco, c'est quoi, ça ? demanda Harry d'un ton glacial.
Draco releva la tête de la pile de livres et de parchemins présente sur la table et attrapa la lettre que Harry lui tendait. Il devint à son tour blême en voyant le contenu.
- C'est ça que tu as à faire, samedi, et qui t'empêchera de nous aider ? poursuivit Harry en haussant la voix.
- Attends, je vais tout t'expliquer…
- M'expliquer quoi ?! Que tu as pris rendez-vous avec la folle de psychomage qui m'a mis plus bas que terre lors de ma seule et unique séance avec elle ?! Mais c'est quoi ce délire ? Qu'est-ce que tu vas foutre chez elle ?!
- C'est pour essayer de la coincer… J'ai eu cette idée, j'en ai fait part à Severus qui a d'abord refusé avant de changer d'avis grâce à mes arguments…
- ET VOUS N'AVIEZ PAS ENCORE PLUS DANGEREUX COMME PLAN ? MAIS QU'EST-CE QUI VOUS EST PASSÉ PAR LA TÊTE ? À QUEL MOMENT VOUS VOUS ÊTES DIT QUE CE SERAIT UNE BONNE IDÉE ?!
- Harry, calme-toi…
- Non, je n'ai pas envie de me calmer ! Non mais est-ce que vous vous rendez compte de ce que tu t'apprêtes à faire ?! C'est quoi, le plan, au juste ? Que tu ressortes de cette séance autant traumatisé que je ne l'aie été ?! Tu voulais voir ce que ça faisait, une séance avec cette tarée ?! Mais qu'est-ce que tu n'as pas saisi quand je t'ai raconté ma mésaventure avec elle ?! Je ne t'ai pas assez dit à quel point elle m'avait détruit ?! C'est en partie à cause d'elle que je me suis mis aux potions de sommeil sans rêves et que j'en suis devenu accro, Draco ! Et tu as vu où ça m'a mené ! Tu en as été le témoin direct quand, avec Théo, tu m'as découvert évanoui dans mon dortoir ! Qu'est-ce qu'il faut que je te dise de plus pour que tu prennes entièrement conscience de la gravité de cette histoire ?!
- Mais c'est justement parce que je sais qu'il faut urgemment coincer cette femme que j'ai décidé de faire quelque chose !
- Mais pas en allant la voir, nom d'un chien ! C'était la pire idée que tu pouvais avoir !
- Et donc quoi ? On aurait dû rester les bras croisés sans rien faire, pendant que Forester continuait à terroriser de pauvres enfants et adolescents innocents ?! Il fallait d'autres témoignages, Harry ! Et la solution pour les avoir n'allait pas nous tomber tout cuit dans le bec ! Severus et toi pataugiez, vous n'aviez aucune piste concrète pour dénicher d'autres potentielles victimes de cette folle ! Moi, j'en avais une ! Alors oui, au premier abord, elle paraît risquée, mais Severus n'est pas fou, il ne l'aurait jamais approuvée s'il y avait le moindre danger !
- Mais ça ne change rien au fait que tu vas avoir affaire avec cette demeurée ! Tu crois vraiment que j'ai envie que tu ailles te jeter dans la gueule du loup ?! J'ai peur pour toi, Draco, est-ce que tu peux le comprendre ?! J'ai l'impression que vous voulez tellement coincer Forester que vous n'avez plus de limites ! Encore, toi, tu as une excuse, tu es jeune, mais ton parrain ! C'est un adulte, il est censé être responsable ! Et au lieu de ça, il t'envoie voir une psychopathe qui a déjà sévi avec deux élèves qu'il a eus ou qu'il a actuellement en thérapie ! De nous trois, je suis celui qui est le plus concerné dans cette histoire et pourtant, je semble être le seul à avoir un minimum de lucidité !
Draco ouvrit la bouche et la referma aussitôt, les yeux rivés sur un point derrière Harry. Ce dernier s'aperçut qu'il y avait de nouveau du bruit autour d'eux alors qu'il avait entouré Draco et lui d'une bulle de silence. Il se retourna et vit le professeur Snape qui les fixait, l'air soucieux. Harry devina que c'était lui qui avait annulé le sort d'insonorisation. Il souhaita lui faire remarquer qu'il s'agissait d'une conversation privée, mais Draco le devança :
- Severus, aide-moi, il n'y a que toi qu'il voudra bien écouter…
Harry fit les gros yeux à Draco, n'en revenant pas qu'il ose le refourguer ainsi à son parrain, comme s'il était un enfant particulièrement capricieux. Mais ledit parrain accepta la requête :
- Venez avec moi, Harry. Nous serons mieux ailleurs pour discuter.
Harry n'était pas vraiment d'accord mais il consentit toutefois à suivre le professeur Snape. Celui-ci l'entraîna jusqu'à ses appartements. Il l'emmena dans le salon où il l'enjoignit à s'asseoir. Il fit du thé et en servit dans deux tasses. Harry considéra la sienne avec méfiance.
- Qu'est-ce que vous avez mis dedans ?
Le professeur Snape arqua les sourcils.
- De l'eau et du thé, rien de plus. Pourquoi me posez-vous cette question ? Me soupçonnez-vous de vouloir vous empoisonner ?
- Non, plutôt d'avoir infusé une potion calmante.
- Pourquoi aurais-je fait cela ?
Harry haussa les épaules.
- Je ne sais plus à quoi m'en tenir avec vous.
La colère qui l'avait envahi vingt minutes plus tôt revint peu à peu en lui. Il leva la tête et regarda le professeur Snape droit dans les yeux.
- Comment avez-vous pu dire oui à Draco pour qu'il aille se confronter à Forester ? Avez-vous donc si peu d'autorité sur lui, vous qui êtes son tuteur, pour le laisser faire tout et n'importe quoi, même ce qui peut le mettre en danger ?! Draco est votre filleul, je croyais qu'il était tout ce que vous aviez de plus cher au monde ! Vous savez quel genre de folle est Forester, vous savez ce qu'elle m'a fait, vous savez ce qu'elle a fait à Cho, vous savez ce qu'elle a probablement fait à Adrian et à d'autres enfants et adolescents ! Et malgré tout ça, vous voulez le jeter en pâture à cette folle ?! Mais jamais Draco n'ira là-bas ! Je l'attacherai s'il le faut, mais il n'ira pas ! On mettra bien la main sur d'autres moyens pour avoir suffisamment de témoignages, MAIS DRACO NE SERA PAS UN COBAYE !
Un silence suivit les mots de Harry. Le professeur Snape n'avait pas cillé, même lorsque Harry avait hurlé. Ce fut d'un ton très calme qu'il répondit :
- Harry, calmez-vous, s'il vous plaît. Je ne vais pas vous tenir rigueur de vos reproches à mon égard, car nous sommes dans une sphère privée, mais j'aimerais quand-même que vous arrêtiez de crier et que vous restiez poli et courtois. Je conçois parfaitement que vous soyez en colère, mais vous ne le seriez pas autant si vous aviez écouté Draco. A-t-il pu tout vous expliquer ?
- Non, indiqua Harry du bout des lèvres.
- Alors je vais le faire, et je vous prie de ne pas m'interrompre. Oui, Draco est venu me parler de ce plan, et oui, je lui ai donné mon aval. Mais ça n'a pas été aussi simple que ce que vous avez l'air de croire. Lorsqu'il m'a exposé son idée, tout comme vous, je l'ai d'abord rejetée. Tout comme vous, je suppose, je lui ai dit que cette femme était dangereuse, qu'il n'avait pas dû imaginer pleinement le mal qu'elle vous avait fait à vous ainsi qu'à d'autres patients, qu'elle pourrait réduire à néant tout le travail qu'il avait fait lors de ses séances avec moi, qu'il était encore fragile et qu'il était hors de question qu'il aille voir cette psychomage. Mais il a su trouver les mots pour me convaincre. Il m'a rappelé que contrairement aux autres patients de Forester, lui saurait à quoi s'attendre en allant à sa première séance avec elle, qu'il était déjà suivi par moi, que ce seraient donc de fausses séances et qu'il existait une potion pour se déconnecter de soi-même, ce qui lui permettrait d'aller à ce rendez-vous sans être impacté par tout ce que pourrait bien lui dire Forester, puisqu'il sera imperméable à ses mots. Tout ça m'a fait réfléchir et, croyez-moi, j'ai longuement hésité avant d'accepter son idée. Mais je lui ai imposé des conditions auxquelles il était obligé de se plier, sans quoi je lui interdirais d'aller rencontrer Forester. Déjà, il faudra qu'il teste cette potion en amont, afin de vérifier s'il n'y est pas allergique. Ensuite, il ne devra pas essayer de piéger Forester. Ce ne sera pas le but. Son rôle sera juste de se comporter comme un vrai patient déprimé. Si quelque chose se passe mal durant la séance, si elle a des doutes sur ses intentions, s'il commet une bourde, s'il n'arrive pas à rester dans son rôle, il devra immédiatement mettre fin à la séance. Pour terminer, quand il reviendra, il ira me voir, je récupérerai son souvenir et je l'effacerai de sa mémoire.
Harry écarquilla les yeux.
- Attendez, vous voulez dire que…
- Je vais user de ce sortilège sur lui, oui, confirma le professeur Snape. Je ne vais pas vous le cacher, la légalité de cet acte est assez floue, mais au moins, avec ça, il est purement impossible que Draco ait des séquelles mentales de son entrevue avec Forester, puisqu'il n'en aura plus aucune trace dans son esprit. Vous voyez les risques que je suis prêt à prendre pour que ce plan puisse voir le jour tout en assurant la sécurité de Draco. Jamais je ne l'aurais autorisé à aller affronter Forester si j'avais un doute sur ce plan. Tout a été pensé pour que tout se passe bien. Et une certaine personne que j'ai vue ce week-end m'a apporté des arguments tout à fait valables pour me persuader que j'avais bien fait de mêler Draco à tout ça. Elle m'a dit que c'était important pour lui de participer à ce combat. C'est un moyen pour lui de se venger personnellement du mal qu'elle a fait au garçon qu'il aime. Avoir la satisfaction d'avoir contribué à la coincer lui fera du bien, l'apaisera et le rendra fier de lui-même, ce dont il a cruellement besoin en ce moment. Il fera toujours tout pour vous protéger, Harry. Car il vous aime, et quand on aime, le coeur l'emporte souvent sur la raison. Il n'aurait jamais imaginé un tel plan avant, vous savez. Vous êtes la première personne dont il est tombé amoureux, et à l'heure actuelle, c'est la meilleure chose qui lui soit arrivée. Il a changé, à votre contact, et ce, avant même qu'il n'ait commencé à avoir des sentiments pour vous. Après des débuts difficiles, il vous a accepté comme son binôme de travail, puis vous l'avez en quelque sorte aidé à assumer son homosexualité suite à une dispute que vous avez eue, vous avez ensuite enfin fait la paix, vous êtes devenus amis, et c'est à partir de ce moment-là qu'il s'est métamorphosé. Si Draco est celui qu'il est aujourd'hui, c'est en grande partie grâce à vous. Alors vous méritez largement ce qu'il est prêt à faire pour vous. Dites-vous que c'est la preuve de l'amour qu'il vous porte. Et dites-vous aussi qu'encore une fois, tout est sous contrôle. Il ne risque rien.
Harry acquiesça, incapable de dire quoi que ce soit, la gorge nouée par l'émotion. Il s'en voulait de la scène qu'il avait faite à Draco alors qu'il faisait ça pour lui et pour toutes les victimes de Forester. Il aurait dû le laisser parler, au lieu de s'énerver comme il l'avait fait. Le professeur Snape dut lire dans ses pensées car il s'empressa de le rassurer :
- Ne vous en faites pas, excusez-vous auprès de Draco et tout ira bien. Il ne vous en voudra pas, je vous le promets.
- J'irai le voir lorsque je rentrerai au château.
Le professeur Snape fronça les sourcils.
- Où comptez-vous aller ?
- Je veux aller voir Hagrid.
- Vous êtes au courant que vous devez être de retour à vingt-et-une heures ? Le couvre-feu qui vous permet d'être dans les couloirs jusqu'à vingt-trois heures n'est valable qu'à l'intérieur du château.
- Je sais bien, affirma Harry. Mais si j'y vais maintenant, j'aurai un peu plus de deux heures à passer avec Hagrid, ce sera déjà très bien.
- Et le dîner ? Qu'en faites-vous ?
- Je connais quelqu'un qui sera ravi de m'offrir un bon repas.
Le professeur Snape leva les yeux au ciel.
- Les elfes ne sont pas à votre disposition, Harry.
- Dobby n'est pas n'importe quel elfe, répliqua Harry. Et je ne profite pas de lui. Il est juste heureux de me rendre service de temps en temps. C'en est presque un que je lui rends moi-même en faisant appel à lui. Et c'est vraiment très rare. En accédant à une de mes requêtes, c'est un moyen pour lui de me remercier de l'avoir libéré de son ancienne famille.
- Je vois. J'avais oublié ce détail. Bon, dans ce cas, je ne vais pas vous retenir plus longtemps, vous pouvez y aller.
Harry ne se fit pas prier, souhaita une bonne soirée à son professeur et s'en alla.
.
Alors qu'il se dirigeait vers la sortie du château, Harry croisa Théo sur son chemin.
- Oh, tu tombes bien, dit Théo. En allant déposer mon sac dans mon dortoir juste avant d'aller dîner, j'ai vu que les rideaux de Draco étaient fermés. J'ai trouvé ça bizarre à cette heure-là, j'ai essayé de discuter avec lui mais il n'était pas très bavard et il m'a dit qu'il voulait être seul. Est-ce que tu sais ce qu'il a ?
Harry soupira.
- On s'est disputé. Et c'est de ma faute, je n'ai pas laissé Draco s'expliquer, mais j'irai le voir plus tard dans la soirée et tout va s'arranger.
- Je l'espère pour vous, je n'aime pas le voir comme ça…
- Je suis désolé, dit Harry, penaud.
Théo sourit.
- Ce n'est rien, va. Si tu me dis que ça va s'arranger, alors c'est le principal. Tu allais manger ?
- Non, j'allais rendre visite à Hagrid. Ça te dirait de m'accompagner ? Depuis le temps qu'on doit y aller ensemble…
- C'est vrai, reconnut Théo. Mais ça risque de nous faire rentrer un peu trop tard pour que tu puisses aller dîner…
- J'ai une solution, pour ça.
- Mmmh, elle ne s'appellerait pas Dobby, ta solution ?
- Je me demande comment tu as deviné, plaisanta Harry. Mais c'est bien ça. Bon, allons-y, sinon, à peine serons-nous chez Hagrid qu'il faudra repartir…
- Toujours dans l'exagération…
Harry et Théo rirent et se mirent en route. Ils quittèrent le château et se rendirent chez Hagrid. Harry frappa à la porte qui s'ouvrit au bout de quelques secondes. La tête hirsute de Hagrid apparut dans l'entrebâillement.
- Oh, c'est vous ! Je dois avouer que je ne m'attendais pas à vous voir ensemble !
- Vous ne deviez pas vous attendre à me voir tout court, grimaça Harry. Ça fait longtemps que je ne suis pas venu…
- Tu as eu une année compliquée, Harry. Même si je ne te vois pas en-dehors des cours, il est assez difficile de ne pas être au courant de tout ce qui t'arrive… Sans compter que je parle souvent de toi avec Sirius, Remus et parfois avec le professeur Snape. Mais entrez donc, ne restez pas sur le pas de la porte.
Harry et Théo pénétrèrent à l'intérieur de la cabane et s'installèrent autour de la table. Crockdur vint leur dire bonjour à sa manière, en leur léchant la main et en leur bavant dessus.
- Alors, comment est-ce que vous allez ? Tu as une petite mine, Harry, est-ce que tout va bien ?
- Oui, j'ai juste eu un différend avec quelqu'un. Mais j'irai le voir en partant d'ici, on va s'expliquer et on va se réconcilier.
- Bon, si tu le dis. Et toi, Théo ?
- Ça va, je suis en pleine forme. Même un peu trop au goût de mes amis.
- Oh mais quel genre d'amis as-tu là ? Ils devraient être contents pour toi !
- Non, c'est juste que ça leur semble suspect.
- Ça vient peut-être de tes potions ? suggéra Harry.
- Ça m'étonnerait, je n'ai pas senti de changement dans ma magie, dit Théo, perplexe.
- Va quand-même en aviser le professeur Snape, c'est plus prudent, conseilla Hagrid. Et comment se passent vos révisions ?
- Très bien, on a des séances de révisions en groupe et on les complète par des révisions en solo.
- C'est une très bonne idée d'étudier en groupe, c'est plus motivant.
- C'est ce qu'on se disait, mais le truc, c'est que le taux de motivation n'est pas tout à fait le même chez plusieurs d'entre nous… Ron, par exemple, se désintéresse presque totalement des BUSE. Ce n'est pourtant pas faute d'essayer de le stimuler…
- Si vous voulez mon avis, Ron n'est pas fait pour les études, estima Hagrid. Et il est loin d'être le seul. Sauf que certains s'accrochent, tandis que d'autres lâchent complètement la rampe. Et il n'y a pas à les blâmer. Surtout que ces personnes souffrent de leur situation… Ce n'est pas évident, dans le monde sorcier, d'arrêter ses études avant les ASPIC. Il y a très peu de formations accessibles sans ce diplôme. Et il n'y a pas vraiment moyen de se professionnaliser après les BUSE. Plein de choses sont à revoir dans notre monde… Mais peut-être Ron a-t-il une idée de ce qu'il veut faire plus tard ? Peut-être que ça ne requiert aucun ASPIC…
- En effet, il veut intégrer une équipe nationale de Quidditch, affirma Harry.
- Ah oui, nul besoin d'avoir un quelconque ASPIC pour cela… Est-ce qu'il a une équipe en tête ?
- Pas les Canons de Chudley, si c'est ce que vous pensiez, s'amusa Harry. Il est fan de cette équipe, mais il sait qu'elle n'est pas forcément la meilleure. Je lui avais posé cette question et il m'avait dit qu'il ne savait pas encore dans quelle équipe il postulerait. Et il n'avait pas envie d'y penser pour le moment.
- Il a raison, il a le temps d'y réfléchir. Et vous, alors ? Toi, Théo, je sais que tu t'orientais vers une double formation pour être potionniste et botaniste, est-ce toujours le cas ?
- Oui, et ça restera mon choix, ce sont les métiers de mes rêves.
- Ça, je n'en doute pas ! Déjà, en troisième année, tu étais décidé à faire ces métiers. Et toi, Harry ? As-tu un métier en vue ?
- Non, mais je suis comme Ron avec sa future équipe, je ne me tracasse pas avec ça pour l'instant. Comme je le disais à Remus, ça me tombera dessus quand je m'y attendrai le moins, et je trouverai ça tellement logique que je m'étonnerais de ne pas y avoir songé avant. Par précaution, j'ai décidé de garder la botanique, la Défense Contre les Forces du Mal, la métamorphose ainsi que les potions, en plus de l'histoire de la magie et des sortilèges qui sont obligatoires jusqu'aux ASPIC.
- C'est très sage, comme choix. Tu vas donc abandonner tes options ?
- Oui, elles ne me seront d'aucune utilité. Je suis désolé pour la vôtre, mais…
- Tu n'as pas à t'excuser, voyons ! Je ne forcerai jamais un élève à continuer à suivre mes cours s'ils ne lui seront pas indispensables.
- Il y aura qui, d'ailleurs, l'année prochaine, dans votre cours ? interrogea Théo.
- Ah, attends, j'ai noté ça quelque part…
Hagrid prit son parapluie et fit venir à lui un dossier. Harry et Théo se regardèrent. Peu de personnes savaient que la baguette de Hagrid se cachait dans son parapluie.
- Ce n'est qu'une liste provisoire, ils n'auront peut-être pas tous la note requise pour poursuivre ma matière, même si je n'exige qu'un Acceptable. Mais s'ils réussissent tous leur examen aux BUSE, il y aura Lavande Brown, Michaël Corner, Stephen Cornfoot, Roger Curtis, Wayne Hopkins, Daphné Greengrass, Rionach O'Neal, Pansy Parkinson, Padma Patil, Sally-Anne Perks, Sophie Roper, Dean Thomas et Blaise Zabini. Et toi, bien sûr, Théo. Mais je ne me fais aucun souci, je suis sûr que tous ces élèves auront leur BUSE. Ce ne sont que des élèves qui n'ont eu que des Effort Exceptionnel et des Optimal tout au long de l'année. Ce n'est pas pour rien s'ils veulent conserver cette matière. Ils sont bons et passionnés.
- Et c'est essentiel pour leur future formation, j'imagine ? supposa Harry.
- Eh bien pas forcément, corrigea Hagrid. Ce cas ne concerne que la moitié d'entre eux, à peu près. Pour les autres, c'est juste l'envie d'en apprendre plus sur les créatures magiques.
- Je vois. Ils doivent être vraiment beaucoup intéressés pour se rajouter deux heures de cours dans la semaine alors que ça ne leur servira à rien…
- Le fait que le professeur soit très gentil a dû aussi influencer leur choix, argua Théo en souriant.
- Tu n'as pas besoin de m'amadouer, Théo, je ne pourrai pas te mettre plus qu'Optimal aux BUSE !
Harry et Théo éclatèrent de rire.
- Et les amours ? Ça va aussi, de ce côté-là ?
Harry se renfrogna légèrement alors qu'un silence s'installait. Il fallut quelques secondes à Hagrid pour comprendre l'origine de ce malaise.
- Ah, c'est avec Draco que tu as eu ce différend dont tu parlais tout à l'heure ?
Harry hocha la tête.
- Mais comme je l'ai dit, ça va s'arranger, répéta-t-il. C'est juste qu'il m'a caché quelque chose, que je l'ai mal pris, que je ne voulais pas qu'il fasse ce quelque chose, il a voulu s'expliquer, je n'ai pas voulu l'écouter, on s'est disputé, le professeur Snape est intervenu, il m'a emmené avec lui, on a un peu discuté, il est parvenu à me raisonner, et voilà en gros toute l'histoire.
- D'accord, ça a l'air assez complexe mais le principal, c'est que vous vous rabibochiez. Sinon, mis à part ce petit accrochage, ça se passe bien, entre vous ?
Cette question fit prendre conscience à Harry que c'était la première fois qu'il abordait avec Hagrid sa relation avec Draco. Cela faisait décidément trop longtemps qu'il était allé voir son grand ami.
- Oui, Draco est adorable avec moi, répondit Harry. C'est une vraie crème. Il sait que j'ai souffert de mon ancienne relation et que j'en garde un traumatisme, et il fait attention à chacun de ses mots et à chacun de ses gestes. Il est d'une douceur et d'une patience infinie et il me respecte comme on m'a rarement respecté. Et il me protège énormément, sans en faire trop non plus. Je l'aime pour tout ça et pour bien d'autres choses encore. Il a tellement changé… Mais pas du tout au tout. Il n'est plus le même Draco qu'avant, mais tout en ayant gardé son caractère, sa classe, son côté aristocratique, son humour… Il n'a gardé que ce qu'il y avait déjà de bon en lui, en fait.
- C'est ce que j'ai vu lors de mes cours. Il ne fait plus de remarques désobligeantes, il ne juge plus personne, il se comporte bien envers ses camarades et envers les créatures… Je te crois donc à cent pour cent, je sais que tu n'es pas influencé par ton amour pour lui. En tout cas, je suis heureux pour toi. Tu mérites ce bonheur. Je dois t'avouer que je n'aurais jamais cru que tu le trouverais avec celui avec qui tu as été en guerre pendant quatre ans, mais ça n'a pas d'importance. Mais pour être tout à fait honnête, ton couple avec Draco m'a un peu moins surpris que celui de Théo avec Justin.
- Franchement, à votre place, je serais pareil, confia Harry.
- Déjà, toi, je me doutais bien qu'à un moment, tu sortirais avec quelqu'un. Alors que Théo, que je connais bien depuis presque trois ans, me paraissait bien trop timide et réservé, et peu intéressé par les relations amoureuses, pour se mettre en couple.
- C'est exactement ce que je pensais pour moi-même, renchérit Théo, amusé. J'étais à mille lieues de ce genre de préoccupations… Au tout début de l'année scolaire, jamais je n'aurais imaginé que je tomberais amoureux de qui que ce soit… Et qui plus est, d'un camarade de ma classe qui était à mon exact opposé… C'était un Poufsouffle, né-moldu et en couple avec une fille, tandis que j'étais un Serpentard, Sang-Pur et attiré par les garçons…
- Comme quoi, il ne faut pas se fier aux apparences, commenta Hagrid. C'est vrai qu'à l'époque, il y avait ces fameux clivages entre les maisons. Un Poufsouffle avec un Serpentard, ça aurait été très mal vu. Heureusement, depuis, les choses ont changé. Maintenant, ça ne veut plus rien dire, tout ça. Bon, il y a toujours des élèves de sixième et septième année qui méprisent les autres maisons, et ce sera encore le cas l'année prochaine, mais quand tout le monde aura bénéficié du concept de travail en binôme, ces tensions seront de l'histoire ancienne. Mais dites-moi, vous deux, vu qu'on est sur le sujet des rapprochements, comment en êtes-vous venus à devenir amis ? J'ai suivi ça de loin, mais j'aimerais bien avoir des précisions, si ce n'est pas trop indiscret…
Harry et Théo se jetèrent de nouveau un coup d'oeil.
- Il nous faudrait bien plus de temps qu'on en a pour tout vous raconter, indiqua Théo. Il s'est passé tant de choses… Entre notre rencontre sur le Chemin de Traverse, ma contribution à inciter Draco à ouvrir les yeux sur Harry, la contribution de Harry à faire changer d'avis Justin sur moi, nos rendez-vous avec les Sombrals, l'aide que m'a apportée Harry quand je me suis fait agresser par Milligan et Parker, et d'autres choses que je dois oublier, on n'aura pas assez d'une heure pour tout vous dire… Mais si tu n'as rien à faire dimanche après-midi, Harry, on pourra revenir.
- Avec grand plaisir, déclara Harry. Je suis à jour dans mes révisions, et même un peu en avance, je peux bien me libérer trois ou quatre heures… En plus, Draco ne sera pas libre.
- C'est noté, alors, je vous attendrai, annonça joyeusement Hagrid.
Harry, Théo et leur professeur de soins aux créatures magiques continuèrent à discuter pendant plus d'une heure. Puis les deux adolescents durent s'en aller afin d'être de retour à l'heure au château. Ils finirent leur tasse de thé, saluèrent Hagrid, lui souhaitèrent une bonne soirée, quittèrent sa cabane et rejoignirent le hall. Harry n'ayant pas mangé, ils se rendirent aux cuisines. Dobby fut ravi de servir de la nourriture à Harry, et face à l'insistance de l'elfe, Théo se vit contraint d'accepter une part de tarte à la mélasse. Ils regagnèrent ensuite la salle commune de Serpentard. Harry espérait y trouver Draco et fut déçu de ne pas l'y voir.
- Il doit être dans le dortoir, il y était, avant qu'on n'aille chez Hagrid, rappela Théo.
- Mais il a dû dîner, entre-temps, opposa Harry, perplexe.
La moue que fit Théo suffit à Harry pour deviner ce que pensait son ami.
- Tu crois qu'il aurait sauté le repas ?
- Ça ne m'étonnerait pas, vu comment il était déprimé… Si Draco avait été dans la salle commune, je comptais vous laisser et monter directement au dortoir. Rien ne t'empêche d'y aller avec moi.
Harry fut pris dans un dilemme. C'était tentant, mais… il ignorait s'il se sentait prêt à aller dans le dortoir de Draco. Ayant été abusé par Adrian dans le dortoir de ce dernier, il était resté traumatisé à l'idée d'aller dans celui de Draco depuis qu'il était avec lui. «Mais tu ne crains rien, Draco n'est pas Adrian» lui souffla sa conscience. Pour une fois, Harry décida de l'écouter. Sûrement parce que cela l'arrangeait…
- Allons-y, décréta Harry.
Théo et lui se dirigèrent vers les escaliers et montèrent au dortoir des garçons de cinquième année. Ils y entrèrent et virent que les rideaux de Draco étaient fermés, ce qui signifiait qu'il était derrière. Théo fit un signe de tête à Harry qui lui sourit avant d'aller se poster devant les rideaux de son petit-ami.
- Draco, c'est moi. Théo m'a emmené avec lui. Est-ce que je peux entrer ?
Harry ne reçut pas de réponse. Intrigué, il se tourna vers Théo qui lui intima silencieusement de ne pas attendre la permission de Draco. Harry ouvrit alors les rideaux et poussa un «Oh» en découvrant son petit-ami endormi, un livre sur ses genoux. Il attrapa délicatement l'ouvrage, le mit sur la table de chevet de Draco et se pencha vers lui afin de déposer un léger baiser sur ses lèvres. Cela suffit à réveiller Draco qui se redressa en sursaut. Il cligna plusieurs fois des yeux, autant pour se réhabituer à la lumière que pour vérifier que c'était bien Harry qui était devant lui.
- Qu'est-ce que tu fais là ? s'étonna-t-il.
- Eh bien, je suis venu te voir. Mais je peux repartir, si tu veux…
- NON !
Draco saisit vivement le poignet de Harry qui fut surpris par ce geste brusque et par l'intonation de la voix de son petit-ami. Il l'observa et vit dans ses yeux de la peur et un air suppliant. Il sentit son coeur se serrer en devinant que Draco avait attendu sa visite. Et à présent que Harry était là, il avait peur qu'il ne s'en aille et qu'il ne l'abandonne…
- Je reste là, Draco, dit doucement Harry. Tu me fais un peu de place ?
Draco s'empressa de se décaler. Harry s'allongea à côté de lui et se blottit contre Draco. Celui-ci se crispa un bref instant avant de se détendre d'un coup et d'entourer Harry de ses bras.
- Je suis désolé, pour tout à l'heure, s'excusa Harry. J'aurais dû te laisser parler au lieu de m'énerver comme je l'ai fait…
- Ne t'en veux pas, tu as réagi à chaud et j'en aurais fait autant si c'était moi qui avais ramassé cette lettre qui t'aurait appartenu…
- Oui mais tu as inventé ce plan pour moi et pour toutes les victimes de l'autre folle, et au lieu de te remercier, je te crie dessus…
- Tu dis ça avec le recul, mais tu n'avais pas cette lucidité d'esprit il y a trois heures et demie, c'est normal que tu te sois emporté… Et je ne t'en tiens pas rigueur, alors enlève-toi cette culpabilité de la tête. Le principal, c'est que Severus t'ait tout expliqué et qu'il ait réussi à te raisonner.
- Oui, et je suis d'accord pour que tu mettes ton plan en action. Et je trouve ça très courageux de ta part d'aller affronter Forester. Et j'ai entièrement confiance en toi et en ton parrain. Et votre plan est très bien rôdé. Et tu ne cours aucun risque. Et je suis fier de toi. Et je t'aime. Et… et…
Harry ne put poursuivre sa phrase, des sanglots ayant remplacé ses mots. Draco l'attira davantage à lui et embrassa ses cheveux tout en faisant des cercles dans son dos.
- Je t'aime aussi, Harry, je t'aime tellement… C'est vrai, c'est pour toi, entre autres, que j'ai monté ce plan. On va la coincer, Harry. Elle ne fera plus de mal à personne. Ce plan ne sera pas suffisant, mais ce sera toujours ça de gagné. Severus est sur une autre piste, mais il se peut que ça n'aboutisse pas à grand-chose, même si, statistiquement, il y a plus de chances que ça donne quelque chose que mon rendez-vous avec Forester… C'était très tentant pour Severus de se reposer uniquement sur la nouvelle piste, il aurait ainsi pu annuler le plan, mais on n'est sûr de rien, on ne sait pas quelle piste marchera, alors il vaut mieux n'en négliger aucune, par précaution.
- Je comprends. Mais tu seras remis d'aplomb pour la fête ? Tu ne vas pas avoir un contre-coup ?
- Non, je n'aurai pas la moindre séquelle puisque Severus supprimera le souvenir de cette séance de ma mémoire. C'est justement pour qu'il n'y ait pas de répercussions sur mon mental. Et comme tu me l'as si bien dit, je suis l'instigateur de cette fête, alors il est hors de question que je me désiste !
- Ok, je n'insiste pas, rigola Harry. Oublions tout ça, et concentrons-nous sur nous.
- Ce programme me va très bien ! Mais dis-moi, tu n'étais pas angoissé à l'idée de venir dans mon dortoir ?
- Je n'avais pas d'autre choix si je voulais te voir. Et puis… c'est ton dortoir, pas celui d'Adrian. Et il fallait bien que je passe ce cap un jour pour aller de l'avant… C'est chose faite, désormais, et je ne le regrette absolument pas. Je suis bien, ici, avec toi. Et comme ça, on ne sera plus obligés d'aller dans la salle sur demande quand on souhaitera être seuls. Ce sera bien plus pratique…
- Oh oui, et un de ces jours, on pourra aller dans le tien. Mais avant ça, il faudra qu'on aille dans ta salle commune.
- Tiens, c'est pas bête, ça. On ira quand tu voudras, proposa Harry.
- C'est noté.
Harry sourit et remonta sa tête vers celle de Draco pour l'embrasser. Draco répondit à son baiser en enfouissant ses mains dans ses cheveux. Harry en fit autant mais cela ne fut pas assez pour lui. Il se coucha alors sur Draco afin d'être au plus près de lui.
- Harry, j'aime beaucoup t'avoir sur moi, mais ce n'est pas une bonne idée… Les hormones, ça ne se contrôle pas, je pourrais avoir une réaction indésirable…
- Parce que chez moi non, tu crois ?
- Mais Harry, on ne va pas avoir une relation intime alors que c'est la première fois que tu viens ici et que la dernière fois que tu as été dans le dortoir d'un garçon, tu as été forcé…
- Tu préfères peut-être qu'on aille à la salle sur demande ? Je te préviens, d'ici à ce qu'on y arrive, il y a de fort risques que l'excitation soit retombée…
Draco eut l'air idiot.
- Ouais, non, t'as raison, c'était complètement stupide… Mais c'était pour toi que je disais ça…
- Je sais, et ça me touche énormément que tu sois aussi prévenant avec moi. Mais je me sens tout à fait prêt à ce qu'on ait un moment intime, là, tout de suite, dans ce dortoir. Quitte à être venu, autant effacer tous les traumatismes et remplacer tous les mauvais souvenirs par de bons souvenirs…
- Parfaitement d'accord. Et on va commencer dès maintenant…
Comme pour joindre le geste à la parole, Draco fit basculer Harry sous lui et s'empara de ses lèvres pour l'entraîner dans un langoureux et tendre baiser. Harry le lui rendit et entreprit de défaire la robe de sorcier de Draco. Celui-ci fit de même avec celle de Harry, puis ils en profitèrent pour se délester de leurs chemises. Ils purent ainsi se caresser à volonté le haut du corps, et ils firent monter petit à petit la température entre eux. Draco finit par rompre le baiser pour dévier ses lèvres vers le cou de Harry où il apposa un suçon qui le fit longuement gémir. Harry se vengea en ondulant du bassin, ce qui arracha un petit cri à Draco. Leurs membres n'étaient pas totalement dressés, mais cette friction avait déclenché en eux une onde de plaisir. Harry avait obtenu l'effet escompté, mais il ne s'arrêta pas là et alla maltraiter les tétons de Draco en les faisant rouler sous ses doigts, en les pinçant et en les triturant. Malgré le fait qu'il était sous Draco, le torse de ce dernier était légèrement surélevé, ce qui laissait à Harry un accès confortable aux deux petites pointes de chair qui l'intéressaient. Il les agaça à loisir jusqu'à ce que Draco ne vienne mordiller un endroit très érogène, près de son oreille, pendant que sa main parcourait son torse de haut en bas, puis de bas en haut, puis de haut en bas en se rapprochant dangereusement du pantalon de Harry. Ce manège dura un instant avant que Harry ne perde patience, tout comme son sexe, qui, à présent très éveillé, réclamait de l'attention :
- Draco, tu me frustres, là !
- Oh mais je sais, c'est fait exprès… Tu joues aussi avec moi, je te signale. Tu veux qu'on retire nos jeans ?
- Ce serait bien, oui.
Draco libéra Harry de son poids et tous deux se débarrassèrent de leurs pantalons. Ils reprirent leurs positions et gémirent de concert lorsque leurs érections se rencontrèrent à travers leurs caleçons. Ils se remirent à se caresser tout en remuant des hanches, faisant encore plus grimper l'excitation. Il ne leur fallut que quelques minutes pour céder à la tentation d'enlever également leurs sous-vêtements. Draco se rallongea sur Harry et reprit possession de ses lèvres. Ils entamèrent un long baiser rempli d'amour alors que Draco abaissait son bassin qui vint se poser sur celui de Harry. Un gémissement de plaisir sortit de leurs lèvres scellées quand leurs sexes entrèrent en contact direct. Ils se frottèrent d'abord lascivement l'un contre l'autre, puis avec davantage d'ardeur. Harry fouilla les cheveux de Draco de ses doigts tandis que ceux de Draco voyageaient dans son dos et dérivaient parfois sur ses fesses. Ces écarts se firent plus fréquents au fur et à mesure que leurs mouvements s'intensifiaient et Draco se mit même à malaxer les fesses de Harry qui apprécia beaucoup cette nouvelle initiative. Ce faisant, ses deux lobes de chair s'écartèrent régulièrement et Harry ressentit alors un désir qu'il n'avait jamais éprouvé auparavant : celui d'avoir quelque chose en lui. Draco avait déjà essayé dix jours plus tôt, mais Harry avait été effrayé et l'en avait empêché. Mais là, il était prêt. Et il en avait besoin.
- Draco, attends, je ne veux pas jouir comme ça…
Draco s'immobilisa et fixa Harry avec incompréhension.
- Tu veux que je nous prenne en main ?
Harry secoua la tête. Il prit une profonde inspiration et se lança :
- J'aimerais avoir un de tes doigts en moi.
La surprise se lut sur le visage de Draco.
- Tu… tu es sûr ?
- Oui, j'en ai plus qu'envie. C'est presque viscéral, je ne sais pas comment l'expliquer…
- Ne t'inquiète pas, je vois très bien ce que tu veux dire, assura Draco en souriant. Je vais tout faire pour que tu aimes cette expérience.
- Ça va faire mal ?
- Peut-être un tout petit peu, mais avec une tonne de lubrifiant, tu ne devrais pas avoir trop mal.
- N'en mets pas trop non plus, il faut quand-même que je le sente, ton doigt…
Draco éclata de rire.
- Tu vas le sentir, crois-moi ! Mais le plus important, c'est que tu restes détendu. Sinon, tu vas avoir plus mal si tu te tends.
Harry acquiesça. Draco se saisit d'un petit coussin qu'il plaça sous le bas du dos de Harry. Bien que perplexe, Harry se laissa faire.
- Ça sert à quoi, à part bien exposer mon derrière ?
- Justement, c'est pour faciliter l'accès. Ce sera surtout utile quand on… enfin bref, tu verras ça plus tard.
- Draco, je suis bien conscient qu'à un moment donné, on va finir par le faire, et ce qu'on va faire, là, tout de suite, maintenant, c'est un premier pas vers cet acte qui nous unira.
Harry sut qu'il avait fait mouche en voyant l'émotion dans les yeux de Draco. Celui-ci l'embrassa et Harry perçut dans ce baiser tout l'amour que lui portait Draco. Lorsque leurs lèvres se séparèrent, leurs fronts, eux, demeurèrent collés.
- On va y aller, je vais être le plus doux possible, promit Draco. Si ça ne va pas, dis-le-moi, n'hésite pas à m'interrompre autant de fois qu'il le faudra.
Harry hocha une fois de plus la tête. Draco prit sa baguette et fit apparaître du gel sur ses doigts, que Harry reconnut comme étant du lubrifiant, même si, malheureusement, il n'en avait jamais vu. Mais Draco venait de mentionner ce mot, et Harry en avait déjà entendu parler.
- Ouvre un peu plus les jambes, lui demanda gentiment Draco.
Harry obéit en rougissant légèrement. Merlin que c'était gênant… Mais il fallait bien passer par-là. Il sursauta quand un doigt frais et humide se posa sur son anus. Mais il se relaxa en constatant qu'il n'allait pas plus loin pour l'instant. Il ne fit que masser la zone, sûrement pour habituer Harry à ce contact. Puis le doigt exerça une petite pression, sans pour autant chercher à entrer. Harry comprit que Draco le préparait à recevoir ce doigt. Son coeur se gonfla d'amour à cette pensée. Il avait tant de chance d'avoir un petit-ami aussi attentionné que Draco…
- Je vais l'introduire, prévint-il.
Pour toute réponse, Harry attrapa les doigts de la main libre de Draco. C'était un moyen pour lui de se rassurer. Draco poussa plus franchement son doigt qui commença à pénétrer l'intimité de Harry. Ce dernier se crispa malgré lui et le regretta en sentant son anus protester. Il relâcha ses muscles, ce qui permit à la douleur de refluer aussitôt. Draco, qui avait stoppé son geste, reprit la progression de son doigt. Elle se fit beaucoup plus fluide qu'au début, Harry s'étant relaxé. Il put même apprécier le frottement de l'intrus contre ses chairs. Sans jamais avoir expérimenté cela avant, il eut l'intime conviction que c'était cela qu'il avait voulu. Comme s'il l'avait su au fond de lui. Une fois le doigt entièrement enfoncé, Draco fit une pause.
- Ça va ? s'enquit-il.
- Oui, c'est bon… C'est tellement sensible et agréable…
- Ce sont les terminaisons nerveuses qui font ça. Et tu n'as encore rien vu, même si ça va prendre du temps, je vais mettre le doigt sur ce qui va te faire connaître l'extase, sans mauvais jeu de mots…
Draco retira lentement son doigt, puis le rengaina, faisant geindre Harry de plaisir. Draco refit cela plusieurs fois, et sembla s'amuser de voir Harry se tortiller.
- Reste tranquille, lui intima-t-il.
- Mais c'est trop lent, j'en veux plus !
- Pas tout de suite, c'est moi qui dirige les choses, et ne t'en fais pas, tu ne vas pas le regretter…
Draco replongea son doigt dans l'intimité de Harry qui s'attendit à ce qu'il revienne en arrière, mais ce ne fut pas cela qui se produisit. En fait, Harry eut l'impression que Draco fouillait à l'intérieur de lui avec son doigt, ce qui l'exaspéra plus qu'autre chose.
- Draco, ce n'est pas un tiroir, si tu as perdu un truc, ce n'est sûrement pas là qu'il se trouve ! Donc tu… aaaah !
Harry se tendit de tout son corps alors qu'une vague de plaisir telle qu'il n'en avait jamais connue le traversa de toute part. Draco avait vraisemblablement touché quelque chose en lui qui lui avait fait voir mille étoiles.
- Trouvée, chantonna Draco. Ça, c'était ta prostate. Elle était bien cachée, mais…
- Oh, tais-toi et recommence !
Draco rit et cogna de nouveau la boule de nerfs de Harry avec son doigt. Harry gémit plus fort et se contorsionna pour ressentir davantage le doigt en lui.
- Harry, est-ce que je peux en mettre un autre ? Je n'irai pas plus loin, mais là je vois bien que celui-là ne te suffit pas…
- Oui, tu peux, accepta Harry.
Draco fit sortir son doigt et badigeonna son index et son majeur de lubrifiant. Il enfonça d'abord le bout du premier doigt, puis le bout du second. Harry se contracta et grimaça.
- Ça fait mal, ne put-il s'empêcher de dire.
- C'est normal, tu t'es tendu, mais ça va aller, respire et expire, je ne bougerai pas tant que tu seras serré comme tu l'es actuellement.
Harry suivit les conseils de Draco et parvint à se détendre. Draco put ainsi continuer à faire pénétrer ses deux doigts et même si cela le tiraillait, Harry aima la sensation d'être plus rempli. Lorsque les deux doigts furent totalement en lui, Draco les y laissa quelques secondes avant de les retirer. Il les renfonça ensuite d'un coup et percuta de plein fouet la prostate de Harry qui cria en rejetant la tête en arrière. Il n'eut pas le temps de s'en remettre que Draco réitéra son geste. Il adopta d'office une cadence soutenue, ne donnant pas à Harry l'occasion de souffler ne serait-ce qu'une seule seconde entre deux va-et-vient. Harry ne put qu'exprimer son plaisir de la façon la plus bruyante qui soit, ce dont il se moquait royalement. Il était trop perdu dans son plaisir pour s'en soucier. Et il cria encore plus fort quand Draco joignit leurs sexes ensemble et les masturba de son autre main. C'en était trop pour Harry qui ne retint plus les manifestations de son plaisir. Il allait vite jouir, c'était certain. Il eut juste suffisamment de lucidité pour réclamer les lèvres de Draco qui vinrent se poser sur les siennes. Le baiser étouffa en partie les gémissements de Draco et les cris de Harry, et ce fut dans la bouche l'un de l'autre qu'ils jouirent plusieurs minutes plus tard dans un ultime cri de plaisir. Les parois de Harry se resserrèrent à outrance autour des doigts de Draco, ce qui intensifia l'orgasme de Harry. À tel point qu'il crut que ses chairs n'allaient jamais se relâcher et qu'il n'allait jamais redescendre de son extase, tant il était monté haut dans les sphères de la jouissance. Mais il finit tout de même par rendre leur liberté aux doigts de Draco qu'il put faire glisser doucement hors de l'intimité de Harry. Il tressaillit lorsque son anus se referma. C'était très, très, très sensible. Il mit du temps à récupérer ses esprits et le sort de nettoyage que lança Draco sur eux l'y aida beaucoup. Harry se blottit contre lui et exhala un soupir de bien-être.
- Merci pour cette expérience, Draco, c'était absolument divin… C'est la première fois que j'ai eu autant de plaisir…
- C'est normal, tu as été sollicité à un endroit très réceptif… Mais je suis ravi que tu aies aimé. C'est un grand pas que nous avons franchi là.
- Oh oui… Tu viens de m'effacer un traumatisme et de le remplacer par un excellent souvenir…
- Et il y en aura d'autres, ça, je te le garantis, murmura Draco.
Harry se retourna pour l'embrasser, puis il reprit sa place dans les bras de son petit-ami. Ils restèrent ainsi un long moment avant que Harry ne s'inquiète de l'heure.
- Je n'ai pas dit à Ron et à Hermione que je découchais, il faut que je rentre, annonça-t-il à regret.
- Ce n'est pas plus mal comme ça, estima Draco. Si tu avais passé la nuit dans mon dortoir, ça aurait peut-être fait un peu trop d'un coup pour toi…
- Oui, j'aurais pu avoir une mauvaise réaction au réveil, approuva Harry. Mais ça arrivera très vite, je pense.
Harry se leva, se rhabilla, se coiffa sommairement, offrit un long baiser tendre et amoureux à Draco, prit son sac qui l'avait accompagné partout depuis la fin des cours, le jeta sur son épaule et quitta le dortoir de Draco. Il était un peu plus de vingt-trois heures, mais heureusement, il ne croisa ni préfet-en-chef, ni professeur. Il rejoignit sa salle commune et faillit pousser un petit cri en voyant ses deux meilleurs amis se redresser d'un coup. Il ne faisait aucun doute qu'ils s'étaient fait du souci, ce qui était assez logique. Lorsqu'il était avec Adrian et qu'il était possible qu'il dorme avec lui, il les avait toujours prévenus. Comme tout élève devait signaler une future absence à un préfet, il faisait d'une pierre deux coups en rassurant ses amis, puisqu'ils étaient tous deux préfets. Là, il avait enfreint une règle importante de sécurité. Si, un soir, Remus débarquait et que Harry manquait à l'appel, c'était à Ron et à Hermione qu'il demanderait des comptes. Mais c'était la première fois qu'il omettait de les avertir, il savait que ses amis ne lui en tiendraient pas rigueur.
- Mais où est-ce que tu étais, nom d'un Troll ? s'exclama Hermione. On s'est fait un sang d'encre ! Tu as disparu des radars depuis dix-sept heures, personne ne savait où tu étais !
«Enfin, quand ils seront calmés» songea Harry, en écho à sa pensée précédente.
- J'étais d'abord avec Draco, puis avec le professeur Snape, puis avec Hagrid et Théo, puis je suis retourné voir Draco pour me réconcilier avec lui, car on s'était disputés. Sauf que j'étais si bien en sa compagnie que j'ai oublié l'heure…
Harry vit bien que ses amis avaient deviné ce qui s'était réellement passé, mais ils eurent la décence de ne pas le lui dire.
- Que ça ne se reproduise pas, soupira Hermione.
- En même temps, il n'a que quelques minutes de retard, fit remarquer Ron. Ce n'est pas comme s'il était rentré à minuit…
- Encore heureux, ironisa Hermione. Bon, maintenant que tu es là, je vais pouvoir aller me coucher. Bonne nuit, les garçons.
Harry et Ron souhaitèrent de même à leur amie et montèrent tout comme elle à leur dortoir. Harry se mit directement au lit, épuisé par la soirée qu'il avait eue. Mais ce qu'il retenait, c'était la joie de s'être abandonné à Draco et d'avoir franchi un nouveau pas avec lui. Il ferma les yeux et ce fut avec un sourire aux lèvres qu'il s'endormit, ainsi qu'avec de beaux souvenirs en tête. Il allait en faire, de beaux rêves, avec de telles images…
.
.
(vendredi 07/06) POV George
.
- Bon, on va faire l'inventaire, déclara George.
- Mais on n'a pas encore fini de fabriquer toutes les inventions !
- Justement, ça nous permettra de faire le point et de voir où sont nos priorités. Car on s'éparpille un peu trop, en ce moment. Comme il nous manque des ingrédients pour trois ou quatre inventions, on les met de côté et on se rabat sur d'autres inventions. Et on a tellement d'ingrédients pour certaines d'entre elles qu'on en produit en masse, et qu'on oublie complètement de relancer nos fournisseurs pour les ingrédients manquants…
- Mais le truc, c'est qu'on n'a toujours pas de fournisseurs pour la poudre d'Obscurité Instantanée, la poudre pour la composition des Leurres Explosifs et le gel pour l'Efface-Boutons, rappela Fred.
- J'ai une piste pour la poudre d'Obscurité Instantanée. On en trouve au Pérou, informa George. Il faut juste qu'on cherche un producteur qui voudra bien nous en vendre…
- Ben voyons. Tu parles l'espagnol, toi ? Et t'en connais, des gens, au Pérou ?
- Moi, non, mais il y a peut-être deux personnes qui pourraient nous aider, révéla George.
- Qui ça ?
- Olivier et Charlie. Olivier parce que le Pérou a son équipe de Quidditch nationale, qu'Olivier a dû rencontrer en jouant contre elle, et qu'avec un peu de chance, il peut être en contact avec au moins un joueur de cette équipe, et Charlie parce qu'il y a une race de dragons qui est élevée au Pérou.
- Mais Charlie est basé en Roumanie…
- Oui, mais il peut avoir des collègues dans les autres pays où il y a des dragons… Ça ne coûte rien de leur écrire, plaida George. Enfin, d'écrire à Charlie, car Olivier doit venir nous voir aujourd'hui, on pourra lui demander…
- Ah oui, ça m'était sorti de la tête. Eh bien faisons comme ça, conclut Fred. Et pour la poudre des Leurres Explosifs et le gel de l'Efface-Boutons ?
- Ça, ça va être plus compliqué…
Fred et George étaient effectivement confrontés à plusieurs problèmes depuis qu'ils avaient installé leur boutique. Soit les commandes avaient du retard, soit les ingrédients étaient défectueux, soit les producteurs étaient difficiles à dénicher, soit ils refusaient de s'associer avec eux… Ce dernier cas concernait tout particulièrement les potionnistes qui ne voulaient pas leur vendre la poudre et le gel dont les jumeaux avaient besoin pour les Leurres Explosifs et les Efface-Boutons. Car c'étaient des ingrédients qui avaient essentiellement des vertus médicales, et il fallait donc avoir soit un diplôme de potionniste spécialisé dans les potions médicales, soit un diplôme de médicomage pour réussir à en avoir. Et Fred et George n'avaient ni l'un, ni l'autre. Ils avaient beau dire qu'ils ne se serviraient de ces ingrédients que pour leur boutique de farces et attrapes, ils ne parvenaient pas à faire flancher les potionnistes.
- Il faudrait carrément aller les voir, décréta Fred. On n'a pas assez de poids dans de simples lettres, on ne peut pas y mettre toute notre force de conviction…
- Mais on est déjà trop occupés, Fred… Leur écrire, c'est beaucoup plus rapide que de se déplacer et d'argumenter avec eux…
- Mais ça ne nous avance à rien, il faut bien essayer autre chose ! Si on veut ouvrir la boutique lors des vacances, on n'a pas d'autre choix que de tenter le tout pour le tout.
George soupira.
- D'accord, j'ajoute ça dans la liste des choses qu'on a à faire… Allez, c'est parti pour l'inventaire. Je vais te donner les noms des inventions et tu vas m'indiquer si elles sont prêtes, combien on en a, s'il nous reste des ingrédients pour celles qui en nécessitent, et s'il y a des sorts qu'on doit revoir et sur lesquels on doit s'exercer pour faire fonctionner les inventions. Pour ces deux derniers points, il y a des parchemins dans chaque boîte où on a tout noté au fil des expérimentations. Tout est clair ?
- Oui, affirma Fred.
- Bien. Baguettes farceuses ?
- Prêtes, on en a… quatorze et on maîtrise bien les sorts. Tu fais par ordre alphabétique ?
- Oui, c'est mieux.
- Mais pour la Boîte à Flemme et les équipements boucliers, ça va être galère, il y a plusieurs trucs et ça commence par plein de lettres différentes, fit remarquer Fred.
- On va faire exception pour ces cas-là et on va tout faire d'un coup. On va faire tout de suite ce qui compose les Boîtes à Flemme. Berlingots de fièvre ?
- Prêts, on en a… dix-sept et il nous reste plein d'ingrédients.
- Essence de Murlap ?
- Prêtes, on en a… dix et il nous reste des ingrédients.
- Nougats Néansang ?
- Prêts, on en a… treize et il nous reste des ingrédients.
- Pastilles de Gerbe ?
- Prêtes, on en a… euh… vingt et il n'y a plus d'ingrédients.
- Petits-fours Tourndeloeil ?
- Prêts, on en a… quatorze et il n'y a plus d'ingrédients.
- Venin de Doxy ? Ah, non, il faut que je barre ça, on avait dit qu'on abandonnait car c'était trop dur à obtenir. Tout comme pour les Graines de Tentacula vénéneuse que j'ai déjà supprimées de la liste, signala George.
Fred fit une moue déçue.
- T'es sûr de vouloir laisser tomber ? C'est comme pour les fournisseurs de poudres et de gel, on a du mal mais tu as bien fini par avoir une idée pour la poudre d'Obscurité Instantanée… Et ce n'est pas notre genre de baisser les bras aussi facilement. Tu réagis comme ça car on est débordés et que c'est plus simple de se débarrasser de certaines inventions, mais ce serait dommage de les sacrifier alors qu'elles plairont sûrement à plein de gens…
George sentit sa résistance vaciller. Son frère avait raison. C'était ça, entre autres, qu'il aimait dans leur duo : George était le plus organisé, le plus calme, le plus réfléchi et le plus raisonnable, tandis que Fred était celui qui les reboostait quand ils n'avaient pas le moral, qui était le plus imaginatif, le plus énergique et qui était capable de tout pour le bien de leur boutique. Ils étaient complémentaires et leur projet n'aurait jamais vu le jour sans l'un ou sans l'autre.
- D'accord, on garde le Venin de Doxy et les Graines de Tentacula. Mais je ne vois vraiment pas où on pourrait en trouver…
- Je pense que le mieux, ce serait de s'adresser à un spécialiste des créatures pour le Venin de Doxy et à un ou une botaniste pour les Graines de Tentacula.
- Mmmh, pas bête du tout. On creusera cette piste. Reprenons l'inventaire. On en avait fini avec les Boîtes à Flemme. On va vérifier tout ce qui est équipements boucliers. Capes ?
- Prêtes, on en a sept et on maîtrise bien les sorts.
- Chapeaux ?
- Prêts, on en a huit et on maîtrise bien les sorts.
- Gants ?
- Prêts, on en a huit et on maîtrise bien les sorts.
- Bon, il va falloir racheter une cape, histoire d'avoir huit équipements complets. Ou on en rachètera trois, deux chapeaux et deux gants pour avoir dix équipements. Chapeaux Anti-Gravité ?
- On n'en a pas du tout. Donc pas prêts. Il y avait un problème de compatibilité entre les sorts qu'on doit utiliser.
- Ah oui, c'est vrai. On verra ça en priorité, du coup. Chaudrons Farceurs ?
- Prêts, on en a six et on maîtrise bien les sorts.
- On en refera quelques-uns, car six, ce n'est pas beaucoup. Ah, on en est aux Feuxfous Fuseboum. Déflagration Deluxe ?
- Prêtes, on en a sept, il nous reste des ingrédients et on maîtrise bien les sorts.
- Flambées de base ?
- Prêtes, on en a… seize, il nous reste des ingrédients et on maîtrise bien les sorts.
- Il faudra refaire au moins trois Déflagrations Deluxe, histoire d'en avoir dix, sachant que ça risque d'être très populaire… Marécage Portable ?
- Prêts, on en a… neuf, plus d'ingrédients et on maîtrise bien les sorts.
- Marques des Ténèbres Comestibles ?
- Prêtes, on en a huit, il nous reste des ingrédients et il fallait retravailler le sort pour mieux le doser, car quand on a testé la Marque la première fois, on avait été trop malades, et la deuxième fois, ça ne nous avait rien fait du tout.
George fronça les sourcils.
- J'ai encore des doutes sur ce produit. Je me demande si ce ne serait pas préférable de ne réserver ça qu'à notre entourage. Nous, on trouve ça marrant, mais ce ne sera pas forcément l'avis de tout le monde… Ça pourrait être mal vu. Ça ne fait qu'un an que Tu-Sais-Qui a été défait…
- Justement, c'est l'occasion de faire un pied de nez à ses sbires ! Car sans leur Maître, leur affreuse marque noire sur leurs avant-bras ne sert plus à grand-chose… Alors autant en faire quelque chose de drôle !
- Ce n'est pas faux… Il faut que j'y réfléchisse. Dans tous les cas, que ce soit en public ou en privé, on les commercialisera, donc on ne les aura pas fabriquées pour rien. Oreilles à Rallonge ?
- Prêtes, on en a… vingt et on maîtrise bien les sorts. Ça aussi, ça va être un grand succès.
- Oh oui… Pendus réutilisables ?
- Prêts, on en a sept et il faut vérifier si tout va bien au niveau des sorts. Il y en a tellement… Ça va surtout plaire aux fans de sortilèges…
- Oui, et ça les fera travailler en même temps. Ça joindra l'utile à l'agréable. Ils n'auront jamais pris autant de plaisir à réviser leurs sortilèges ! Les parents vont nous remercier, tu vas voir ! se réjouit George. Philtres d'amour ?
- Prêts, on en a… ouah… euh… vingt-trois et il nous reste plein d'ingrédients.
- Les plumes, maintenant. Autoencreurs ?
- Prêts, on en a… onze et on maîtrise bien le sort.
- Répliques cinglantes ?
- Prêtes, on en a… dix et on maîtrise bien le sort.
- Vérificateurs d'orthographe ?
- Prêts, on en a… dix et on maîtrise bien le sort.
- C'est tout bon pour les plumes. Pousse-rikiki ?
- On n'en a pas du tout. Donc pas prêts. Enfin, ça l'était, mais les ingrédients étaient défectueux et ça a fait capoter l'invention…
- Ok, donc on va devoir s'approvisionner chez un autre fournisseur. Rêves Éveillés ?
- Prêts, on en a onze et on maîtrise super bien le sort.
Il y avait une grande fierté dans la voix de Fred que partageait tout autant George, et pour cause : ils étaient à l'origine de la création de ce sortilège qu'ils avaient fait breveter, ce qui faisaient d'eux des inventeurs d'un sortilège uniques dans leur genre, puisqu'ils étaient les premiers à en avoir inventé un sans avoir aucun ASPIC en poche.
- Télescopes Frappeurs ?
- Prêts, on en a cinq, et on avait arrêté d'en produire car le sort était bien trop puissant.
- Ah oui, ça fera aussi partie de nos priorités. Et enfin, Tours de magie moldus ?
- Prêts, on a… dix lots de cordes et… dix jeux de cartes biseautées.
- Parfait. Ah, et les Boursouflets ? Ce ne sont pas des inventions, mais vu qu'on va en vendre…
- On en a douze, je crois. Sept roses et cinq violets.
- On va s'en procurer d'autres. Les petits enfants vont en raffoler. Bon, je relirai tout ça plus tard, à tête reposée, et je verrai quelles sont les inventions les plus urgentes à fabriquer. Petit aparté, est-ce que tu as envoyé les bouteilles et les lots d'essais à Ron ?
- Oui, j'ai expédié le colis avant-hier, je pense qu'il le recevra à temps pour sa fameuse fête, estima Fred.
Un mois plus tôt, Fred et George avaient reçu une lettre de Ron qui souhaitait savoir s'ils pouvaient lui fournir plusieurs bouteilles d'alcool pour une fête qui aurait lieu quelques jours avant les BUSE. Les jumeaux en avaient discuté entre eux et avaient décidé d'accepter, à condition que Ron fasse de la publicité pour leur boutique durant cette fête avec des produits qu'ils lui auraient fait parvenir en amont. Ils avaient proposé ce compromis à Ron qui leur avait donné facilement son accord. Fred et George avaient pensé qu'il refuserait, arguant que cette mission gâcherait sa soirée, et avaient donc été surpris d'avoir un retour positif. Ils ne s'en plaignaient pas, mais espéraient que leur jeune frère jouerait bien le jeu. Mais ils ne s'en faisaient pas trop pour cela. Ils s'étaient souvenus que sept mois plus tôt, Ron était venu les voir alors qu'ils travaillaient sur leur projet et qu'il leur avait posé tout un tas de questions sur un de leurs camarades de classe. Il s'inquiétait pour Harry et avait l'air triste et anxieux. Afin de lui changer les idées, les jumeaux l'avaient invité à donner son avis sur quelques inventions qui n'en étaient qu'au stade de brevet. Ron n'avait pas osé s'imposer mais avait fini par céder face à l'insistance de ses frères. Et en plus de sembler enjoué et passionné, il s'était avéré être de très bons conseils, commentant chaque invention avec beaucoup d'intérêt. Après réflexion, cela n'étonnait donc pas Fred et George que Ron se soit laissé convaincre aussi aisément.
- Mais il ne nous a pas dit où il comptait la faire, sa soirée, s'interrogea George.
- Oh, ça me paraît évident… Harry nous avait avoué connaître la salle sur demande. Il doit en avoir parlé à ses amis…
- Ah oui, je ne me souvenais pas de ce détail… C'est le meilleur endroit pour faire la fête, en effet, approuva George.
- Ouais, sauf que cette salle ne propose pas de nourriture. Mais ça, on peut en avoir aux cuisines.
- Oui, et ils ont dû faire le plein de friandises lors de la dernière visite à Pré-au-Lard. Et des élèves ont sûrement pu se faire livrer des boissons sucrées.
- Oui, et puis bon, pour être tout à fait honnête, je n'ai pas envoyé à Ron que des bouteilles d'alcool et des produits de la boutique… J'ai aussi mis des pâtés et des gâteaux salés et sucrés dans le colis, entre autres choses.
George regarda son frère d'un air à la fois amusé et un peu moqueur.
- Il te manque tant que ça pour lui avoir offert tout ça ?
Fred leva les yeux au ciel.
- C'est la première fête qu'il organise avec ses amis, on peut bien lui donner un petit coup de main, même à des centaines de kilomètres de lui…
- Tu as raison. Ça fait plaisir de le savoir autant entouré, à Poudlard. Lui qui a toujours tant manqué de confiance en lui… En première année, il n'avait que Harry et Hermione. Aujourd'hui, il a plus de dix amis, il est en couple, il est préfet et il est gardien dans l'équipe de Quidditch de Gryffondor… Il a de quoi être fier.
- Tout à fait. Mais je ne pense pas qu'il réalise pour le moment. Il doit juste savourer. Et j'en ferais autant à sa place. Bon, je vais ranger tous ces cartons. Ils étaient bien là où ils étaient avant qu'on ne fasse l'inventaire…
- C'était nécessaire, et ils ne vont pas rester éternellement dans leurs cartons, répondit George. Dès qu'on aura plusieurs exemplaires de chaque produit, on commencera à les mettre en rayon.
- J'ai hâte d'y être, car ça annoncera l'ouverture imminente de la boutique… Mais je ne comprends pas l'intérêt de diviser la boutique en rayons…
- Si tu tiens vraiment à ce qu'on vende des produits réservés aux couples majeurs quand la boutique sera bien lancée, il faudra bien délimiter cette partie du magasin… Tu imagines la tête des parents si leur enfant de quatre ans tombe sur un objet en forme de…
- Ok, c'est bon, je n'avais pas pensé à ça, coupa Fred. Et oui, j'y tiens. Par contre, ce que j'aimerais bien voir, c'est la tête des couples quand ils entendront des bruits bizarres ou des voix de personnes connues mais légèrement déformées venant des objets qu'ils auront achetés…
- Pas sûr qu'ils fassent grand-chose ensuite mais ils auront bien ri, reconnut George, hilare. Bon, au travail, ces cartons ne vont pas se ranger tout seuls…
George prit sa baguette et fit léviter le carton qui contenait les Télescopes Farceurs. Mais alors qu'il le dirigeait vers la pièce de stockage, il vit un garçon dehors qui attira soudain son attention. Il lâcha le carton sans aucun scrupule et s'élança vers la sortie de la boutique.
- George ! Le carton ! Je veux bien qu'ils soient incassables, mais tu aurais pu…
George ne put entendre la suite de la phrase de son jumeau, s'étant déjà rué à l'extérieur pour foncer vers le garçon qu'il avait vu et qui n'était autre que son petit-ami. Celui-ci eut à peine le temps de se préparer à l'impact que George se jeta à son cou et l'embrassa passionnément. Mais Olivier se remit bien vite du choc et rendit son baiser à George avec tout autant d'ardeur. Ils restèrent ainsi enlacés un long moment, profitant de ces retrouvailles après plusieurs semaines passées loin l'un de l'autre. Ils finirent cependant par se séparer, mais sans rompre le contact visuel.
- Tu m'as manqué, souffla George. J'étais comme un fou quand j'ai su que tu allais venir…
- Et moi donc ! J'ai appris du jour au lendemain par le capitaine qu'on avait une semaine de congés car il y avait trop de joueurs blessés dans l'équipe. Heureusement, notre prochain match n'a lieu que dans trois semaines, mais on n'allait pas poursuivre les entraînements en comité restreint et prendre le risque que d'autres joueurs se blessent… Titulaires et remplaçants confondus, on n'est à présent plus que huit joueurs vaillants et aptes à jouer. Ce n'est pas une situation très confortable…
- Tu m'étonnes, grimaça George. Mais alors tu vas rester plusieurs jours dans le coin ?
- Oui, je t'ai dit que je venais te voir aujourd'hui mais en réalité, on va se voir pendant cinq jours, vu que je repartirai la veille de la reprise des entraînements.
- Mais c'est trop bien ! s'écria George.
Pour un peu, il aurait sauté de joie sur place, tel un enfant. Mais il était trop heureux de pouvoir voir son petit-ami plus longtemps qu'une demie-journée, comme ils l'avaient fait deux fois depuis que Fred et George avaient pris leur envol. C'étaient aussi les deux seules fois où ils s'étaient vus. Mais ils se verraient plus souvent lorsque la boutique aurait ouvert. George aurait tous ses dimanches de libre, tout comme Fred, et se rendrait un dimanche sur deux là où habitait Olivier. S'ils se voyaient très peu actuellement, c'était seulement parce que les jumeaux consacraient la totalité de leur temps à leur magasin afin qu'il puisse être prêt à accueillir les premiers clients pendant l'été.
- Par contre, mardi, je serai occupé une partie de l'après-midi, prévint Olivier. Je dois voir Harry à Pré-au-Lard. Il m'a contacté il y a environ un mois pour me demander si je pouvais lui donner des conseils pour son futur capitanat.
- Attends, tu es en train de m'annoncer le plus naturellement du monde que Harry, le meilleur ami de mon petit frère, celui que nous sommes allés chercher, avec Fred et Ron, chez ses moldus il y a presque quatre ans, celui grâce à qui nous avons pu installer notre boutique, celui qui nous a offert ses mille gallions du Tournoi, va devenir capitaine de l'équipe de Quidditch de Gryffondor ? Qu'il va avoir le rôle qu'a eu mon petit-ami durant trois ans avant de quitter Poudlard ?
Olivier secoua la tête d'un air à la fois dépité et amusé.
- Je viens de te dire que j'ai rendez-vous avec mon ex et toi, tout ce que tu retiens, c'est que Harry va être capitaine…
- Mais je n'y peux rien si je ne suis pas jaloux, bouda George. Comment pourrais-je l'être ? Je sais que tu ne ressens plus rien pour lui, que votre relation était plus physique qu'amoureuse, que tu ne me tromperas jamais, que Harry est en couple et qu'il n'est pas du genre à être infidèle… Et puis ce n'est pas à Pré-au-Lard qu'il risque de se passer quelque chose entre vous…
Olivier éclata de rire.
- Ça, c'est sûr ! Non mais ça me surprendra toujours que tu me fasses autant confiance. J'ai pourtant vite été franc avec toi en te disant que j'avais eu beaucoup d'amants avant de sortir avec Harry…
- Oui mais avant lui, tu n'avais eu que des relations uniquement basées sur le sexe. Harry était trop jeune pour ça et moi, j'ai été la première personne dont tu es tombé amoureux. C'est avec Harry que tu as découvert qu'il était possible d'entretenir une relation avec quelqu'un sans forcément coucher. Mais ne t'en fais pas, j'ai quand-même été jaloux quand Fred a lancé en plein briefing que tu avais des vues sur Harry… C'était une vanne, il ne se doutait pas du tout que vous alliez réellement avoir une histoire, mais je lui avais fait la tête à cause de ça, car j'étais déjà amoureux de toi à l'époque, il s'en était aperçu et il m'avait dit que je ferais mieux de t'oublier car tu étais beaucoup trop volage. À ce moment-là, Fred ne te voulait pas trop comme beau-frère… Il t'adorait en tant que capitaine, mais il n'aurait pas vu d'un très bon œil que tu t'approches trop de moi… Il aurait eu peur que je ne sois qu'une énième conquête pour toi…
- Alors que c'est à partir de là, au tout début de ma septième année, et de la cinquième pour toi, que je me suis assagi, songea Olivier.
- Tu avais peut-être fait le tour de tous les garçons gay et sexuellement majeurs de l'école, plaisanta George.
- Peut-être, oui, renchérit Olivier sur le même ton. Bon, ça ne te gêne pas trop, du coup, que je passe le mardi après-midi à Pré-au-Lard ?
- Non, absolument pas. J'irai aussi avec Fred, de toute façon. On va s'accorder quelques heures de détente, sinon on va devenir fous.
- Oui, et ça vous fera le plus grand bien. Je suis content que vous soyez dans cet état d'esprit. Vous auriez pu vous dire que ces quelques heures seraient des heures en moins pour la boutique et que ce n'était pas une bonne idée de les perdre en allant vous amuser à Pré-au-Lard…
- Je ne te cache pas qu'on a d'abord pensé ça quand on a eu l'idée d'y aller, avoua George. Mais on s'est raisonnés en se rendant compte qu'on sacrifiait trop souvent nos repas et même une partie de nos nuits pour avancer dans la gestion des commandes et dans la fabrication des produits… C'est là qu'on a réalisé qu'on avait besoin de repos.
- Vous aurez les idées plus claires après un bon après-midi à Pré-au-Lard, déclara Olivier.
- Je pense aussi. Dis, c'est une bonne chose que tu sois là, Fred et moi avons une question, ou plutôt une requête à te soumettre…
- Je t'écoute. Mais rejoignons Fred, dans ce cas.
- Oui, le pauvre, je l'ai laissé en plan avec les cartons… J'ai même lâché celui que je faisais léviter, pouffa George.
- J'espère qu'il n'y avait rien de fragile !
- Des Télescopes Farceurs, mais ils sont sous sort anti-casse, donc aucun souci, assura George.
- Ouf, tant mieux. Bon, allons-y.
George et Olivier regagnèrent la boutique où Fred s'évertuait à ranger les cartons.
- Salut, Fred ! lança Olivier.
Fred sursauta et fit tomber le carton qu'il portait.
- Chacun son tour, se moqua George. Mais pourquoi tu fais ça à la main ?
- Parce que c'est beaucoup plus pratique et rapide pour déplacer chaque carton un à un de quelques centimètres ! Ça évite d'utiliser trente-six mille fois le sort de lévitation… Et bien le bonjour à toi, Olivier ! Tu as de la chance que je ne sois pas rancunier, George m'a lâchement abandonné dès qu'il t'a vu pour aller te sauter dessus et te rouler le patin du siècle…
- Hé, toi tu le vois sept jours sur sept et vingt-quatre heures sur vingt-quatre, alors que moi, je ne le vois même pas une fois par mois, c'est normal que je devienne sa priorité dès que je suis là…
- Ouais, mais heureusement que les Télescopes sont incassables, sinon, ils n'auraient pas apprécié la chute de cinq mètres de haut…
- Vous pouvez vous féliciter d'avoir eu l'idée de les protéger avec le sort anti-casse, sourit Olivier. Comme quoi, pas besoin d'avoir les ASPIC pour être doués en sortilèges…
Fred et George rougirent. Olivier était bien l'une des seules personnes à les avoir toujours soutenus dans leur choix de s'en aller de Poudlard sans avoir passé leurs ASPIC, et c'était quelque chose dont les jumeaux lui en seraient infiniment reconnaissants.
- Bon, c'était quoi, la question que vous vouliez me poser ? reprit Olivier.
- C'est à propos d'une de nos inventions, précisa Fred. Est-ce que, par hasard, tu aurais des contacts avec des Péruviens ?
Olivier haussa les sourcils.
- Euh… je connais quelques joueurs de l'équipe péruvienne de Quidditch, oui. Et… oui, je crois que je corresponds avec l'un d'entre eux. J'échange avec pas mal de joueurs d'origines différentes, donc c'est un peu compliqué de s'y retrouver… Mais pourquoi est-ce que ça vous intéresse ?
- Parce qu'il nous faut une poudre qui ne vient que du Pérou.
- D'accord, je vois. Vous aimeriez que je demande à mon ami péruvien s'il connaît des producteurs de cette poudre ?
- C'est ça.
- Je lui en parlerai, promit Olivier.
- Merci, c'est super cool, s'exclama Fred, soulagé. Bon, allez vous promener, ou montez à l'étage si vous en avez envie, je vais finir de m'occuper de ces cartons. Il n'en r…
- Excusez-moi ?
George et Olivier se retournèrent. Une jeune fille blonde, aux yeux très clairs, se tenait dans l'entrée de la boutique. Elle avait aussi un fort accent français.
- Oui ? s'enquit Fred.
- Je suis toute nouvelle par ici et je n'arrive pas trop à me repérer… Des personnes m'ont dit qu'il y avait une papeterie pas très loin, mais on ne m'a pas dit où exactement… Mais… vos cartons vont tomber !
- Quoi ? s'étonnèrent Fred et George.
- L'inclinaison n'est pas bonne… Je ne saurais comment expliquer, mais…
- Attendez, vous vous y connaissez ? Ça fait une demie-heure que j'essaie de les empiler de façon à ce qu'ils ne penchent pas vers l'avant, et à chaque fois, ils se cassent la figure ! se lamenta Fred.
- Je peux vous aider, si vous voulez, proposa la jeune fille.
- Ça ne vous dérange pas ?
- Non, pas du tout, et puis comme ça, vous pourrez tout me dire sur cette boutique en construction et sur le Chemin de Traverse…
À peine la nouvelle arrivante eut-elle fini sa phrase que Fred s'empressa d'accepter. Il la fit entrer et lui exposa le problème qu'il rencontrait. Ce fut comme si George et Olivier étaient soudain devenus invisibles, ce qui les fit sourire. Ils sortirent discrètement du magasin et entreprirent de faire le tour de l'allée commerciale.
- Dis, il n'aurait pas craqué sur la jeune française, ton frère ? s'amusa Olivier.
- Il semblerait bien que oui, confirma George.
- Mais tu ne m'avais pas dit qu'il était en couple avec Angelina ? Qu'ils étaient en froid mais qu'ils s'étaient réconciliés avant que vous ne quittiez Poudlard ?
- Si, et je croyais que Fred avait vraiment développé des sentiments pour Angelina et inversement… Je ne vais pas m'en mêler pour l'instant, il ne va peut-être rien se passer entre eux…
- Et s'il y a un flirt ?
- J'aborderai le sujet avec lui et j'essaierai de voir ce qu'il en est. J'espère juste que notre mère n'a pas été mise au courant d'une manière ou d'une autre que Fred sortait avec une fille de Poudlard… S'il lui présente durant l'été cette fille sur qui il a vraisemblablement flashé, notre mère va sûrement lui faire la leçon sur la fidélité et ce sera la deuxième fois que des présentations officielles vireraient à la dispute…
- On n'y est pas encore, mais c'est sûr que Fred va devoir être clair avec tout le monde…
George acquiesça.
- Bon, est-ce que tu as besoin de quelque chose sur le Chemin de Traverse ?
- Oui, ça peut attendre, mais puisqu'on y est…
Le couple se rendit alors partout où Olivier devait faire des emplettes. Ils passèrent tout le reste de la journée ensemble, à flâner dans les rues, à manger des glaces sur la terrasse de Florian Fortarôme, à se raconter leurs semaines passées, à faire des projets d'avenir, à discuter avec les commerçants… Ils profitèrent tout simplement de leurs retrouvailles et les prolongèrent après avoir prévenu Fred en prenant une chambre au Chaudron Baveur. C'était tout de même bien plus intime que l'étage de la boutique !
.
.
Et voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu ! Ne m'en voulez pas trop pour Justin et Théo, ça va s'arranger entre eux, c'est promis ! Vous me connaissez, maintenant, je suis incapable de laisser en froid trop longtemps un couple phare de la fic… Et puis faut bien que ça se dispute de temps en temps, sinon on s'ennuie XD Et puis Draco et Harry se sont vite réconciliés… Et je vous ai mis un passage tout mignon entre Olivier et George ! Oui, bon, je sais, ce n'est pas un couple principal, mais c'est quand-même une source d'amour XD D'ailleurs, est-ce que vous aimeriez les voir un peu plus souvent ? Ce n'est pas une question comme celles que je vous pose tous les deux CHAPITRES (je ne refais pas la même erreur XD), c'est une information que je voudrais avoir XD Car un de mes buts, c'est de vous satisfaire, donc il faut bien que je sache ce que vous aimeriez voir plus souvent dans les chapitres ! Si vous avez des réclamations, c'est le moment de m'en faire part XD Je verrai si ce sera faisable =) Sur ce, je vous donne rendez-vous le dimanche 2 octobre pour le prochain chapitre intitulé «La fête». Bon, pas de suspense, vous devinez sans doute ce qu'il va y avoir dans ce chapitre XD D'ici là, je vous souhaite de passer deux bonnes semaines, portez-vous bien, je vous embrasse, et plein de bisous tout le monde !
