Chapitre 59 : Une Petite Livraison

Harry s'assura que les liens des trois prisonniers étaient biens solides et serrés pour la troisième fois avant de venir s'asseoir à côté de son père, Lucius et Voldemort. Sirius se tenait debout un peu plus loin avec Bellatrix et fixait ses anciens meilleurs amis avec un regard sombre. Il se sentait trahi et même si la méthode et les plans de son neveu et filleul ne lui plaisaient pas, il avait compris la vie qu'il avait menée ainsi que les souffrances qu'il avait endurées. Enfin… plus ou moins. Regulus lui avait tout raconté depuis qu'ils s'étaient 'réfugiés' au Manoir Malfoy. Alors il acceptait juste l'idée que les Potter et Remus ne verraient bientôt plus un autre jour se lever.

C'était triste mais… il l'avait accepté. Comme il avait accepté que sa famille resterait dans l'ombre, de l'autre côté de la ligne de la justice, dans la criminalité.

Il soupira alors qu'il écoutait distraitement sa cousine.

« Est-ce qu'on a une seule certitude que le gamin Potter viendra ? » demanda Bellatrix.

« Avec un peu de chance, le dernier Dursley sera là également, » répondit Harry qui l'avait entendue malgré la distance. « Cela me ferait d'ailleurs plaisir, » ajouta-t-il avec un sourire sadique.

« Tu n'es qu'un monstre, » cracha James avec colère. « Détache-moi que je te donne la correction que tu mérites ! »

« Hmmm… plus tard, » ricana l'Assassin.

« Tu prévois de les libérer ? » demanda calmement Voldemort avec curiosité mais sans aucune animosité alors qu'il sirotait son verre de vin.

« On va dire ça. Mais après la livraison… Ainsi ils verront leur fils mourir avant de disparaître à leur tour. »

« Tu es bien plus cruel que moi, Harry Black, » ronronna le mage noir, appréciateur, alors qu'il glissait une jambe le long de la sienne.

Harry pour toute réponse n'eut qu'un rictus narquois alors qu'il sortait son beretta pour le poser à plat sur la table, le canon pointé vers la poitrine du sorcier qui le draguait très peu discrètement. Il eut le plaisir ainsi de sentir la jambe s'éloigner.

Ils attendirent en discutant des dernières victimes qu'Harry avait tuées, toutes des membres de l'Ordre du Poulet Grillé. Il n'en restait presque plus rien, déchiré en mille morceaux et désorganisé depuis la mort d'Albus Dumbledore. Quand bien même les plus hauts membres, comme les Potter, avaient tentés de garder une certaine forme d'unité, tout le groupe avait fini par se disloquer peu à peu, terrifiés voire vaincus par le camp des Ténèbres.

Un elfe de la famille Malfoy vint soudain annoncer l'arrivée de deux jeunes sorciers à la porte de la demeure. Comme Harry s'y attendait, son frère jumeau n'avait pas pu venir sans son cousin mais il avait au moins eu l'intelligence de ne pas amener ses deux autres meilleurs amis dans le nid de serpents.

L'elfe reçut l'ordre de les faire entrer. Zmeya observa de ses yeux verts striés d'argent les deux derniers membres de sa famille avec un rictus narquois. Sournoisement, il attaqua Dudley et le ligota d'un sort informulé avant de le tirer vers lui, ne laissant plus que le précieux fils héroïque de James Potter face au Seigneur des Ténèbres. Il jeta son cousin dans la direction des trois autres prisonniers sans même faire attention. Ce n'était pas comme s'il craignait quelque chose de ces misérables vermines.

« Voilà, » fit le jeune Assassin d'une voix détachée à l'adresse de Voldemort. « Comme promis et comme le stipule le contrat que nous avons passé, voici Ezequiel Potter. »

Le mage noir se leva et fixa sa nemesis officielle de son regard brun-rouge, un sourire satisfait avec une touche de sadisme sur les lèvres.

« Je te remercie pour ton travail, mon cher Harry Black, » susurra-t-il. « Comme toujours, tout est parfait. Ou presque… »

« Comment ça, presque ? » demanda Ezequiel, comprenant seulement à l'instant qu'il était tombé dans le piège pour secourir sa famille.

Il observait d'ailleurs ses parents qui n'avaient que pour lui que des yeux écarquillés d'horreur.

« Ah … ce petit rassemblement de famille, cela ne te rend-il pas un peu plus émotif ? » continua le mage noir à l'adresse d'Harry.

« A peine, » répondit ce dernier. « Je n'ai pas pour habitude de faire du crime passionnel. »

« C'est pourtant si divertissant, » soupira Lucius Malfoy qui humait doucement une rose d'un rouge éclatant. « Tu devrais essayer. »

« Hmmm… Tout ce que je souhaite, c'est qu'ils comprennent l'étendue de leur erreur avant de crever, » répliqua Zmeya en poussant son Ombr'Lune vers les prisonniers. « Et ces monstres mourront de la morsure de Shiskha. »

« Harry, tu es sûr de vouloir aller jusque-là ? » demanda Regulus, les sourcils froncés. « Il n'y aura aucun retour en arrière possible. »

« Ils ont fait leur choix, » rétorqua le jeune Assassin en ne cherchant même pas à se cacher en parlant russe. « Ils ont fait une énorme erreur. Ils savent ce que j'ai payé auprès de ces monstres de Dursley mais ils ignorent tout du point central qui nous rassemble tous dans cette pièce… La prophétie. »

« Qu'est-ce que tu veux dire ? » demanda Ezequiel.

Harry posa son regard sur son frère jumeau et releva ses deux sourcils sous la surprise. Mais ce ne fut que passager.

« Ah … Ils ne te l'ont donc pas dit… »

L'Assassin ricana. Un rire dépourvu de la moindre joie, rapidement suivi par celui du Seigneur des Ténèbres lui-même.

« La vérité, Ezequiel, est que tu n'as jamais été le Survivant, » révéla Zmeya d'une voix calme mais dangereuse. « C'est moi. Et avec tout ce que ta famille m'a fait durant mon enfance et dernièrement ce qu'elle a fait à mon père adoptif, j'ai pris mes dispositions pour sauver mon père tout en vous rayant tous de la surface du globe une bonne fois pour toutes. »