« Ryomen ! Joue avec moi ! » lança un petit garçon aux cheveux noirs.
Le Ryomen en question se retourna et l'attrapa dans ses bras pour le faire tournoyer dans les airs.
« Je dois y aller Yuji, je ne peux pas rester aussi longtemps que d'habitude. »
« Mais..., pleurnicha le jeune garçon qui gesticulait ses petits bras, je veux être avec Ryomen... »
« La prochaine fois s'est promis » sourit l'adulte aux cheveux roses.
« Promis, promis ? » demanda-t-il en tendant son petit doigt.
« Promis », répondit Ryomen en enlaçant son petit doigt avec celui tendu.
« Tu as intérêt à tenir ta promesse ! » le prévînt l'enfant en claquant ses joues avec ses petites mains.
Du haut de ses 7 ans, Ryomen Sukuna trouva que Yuji avait déjà beaucoup de force pour un garçon de son âge. De ce fait en voyant la mine sérieuse du garçon, il éclata d'un rire sincère avant de lui asséner plusieurs bisous sur la joue.
« Tu es déjà trop exigeant pour ton âge, gamin. »
« Pas vrai ! » bouda Yuji le rouge aux joues.
« Sukuna tu manges avec nous ce soir ? » demanda la mère de Yuji, une élégante femme aux cheveux noirs qui arriva dans le jardin.
« Non, c'est gentil Yoko mais je dois y aller. »
« Tu es sûr ? Le repas est déjà prêt et Hiro ne devrais pas tarder à rentrer. »
« La prochaine fois avec plaisir mais je suis déjà attendu quelque part », s'excusa-t-il.
Yoko et Ryomen discutèrent encore un peu avant que ce dernier ne passe le portail de la maison familiale pour faire des aurevoirs de la main au petit garçon qui était à présent dans les bras de sa mère.
« Reviens vite Ryoomen ! » s'écria le petit garçon avec un grand sourire.
Celui-ci lui rendit son sourire avant d'enfiler son casque et de s'asseoir sur sa moto.
Dans un vrombissement caractéristique, Ryomen partit. Pour une raison qui lui était inconnue le petit Yuji eût le cœur qui se serra violemment. Son instinct de jeune enfant, lui souffla que ce serait la dernière fois qu'il voyait Ryomen Sukuna de sa vie et il eût raison.
13 ans plus tard, Tokyo, Studio photo d'Akihabara.
Une coiffeuse professionnelle ébouriffa des cheveux roses, d'un geste précis et sûr avant de remettre de la laque dedans.
« Tes cheveux sont rebelles, ce matin » se plaignit-elle.
« Comme d'hab' ! » lui répondit, enjouée, la personne qu'elle coiffait.
Ils échangèrent un sourire dans le miroir de la loge et elle repassa sa main énergiquement dans les cheveux du jeune homme pour leur donner une forme caractéristique.
Une fois coiffé, il quitta la pièce et se dirigea vers le studio où l'attendait le photographe.
Yuji Itadori à bientôt 20 ans était modèle photo sur son temps libre en plus de travailler dans le restaurant de son grand-père. Sa passion pour le sport l'avait amené à avoir un corps des plus sculptés et il fût vite repéré lors de ces 18 ans alors qu'il accompagnait sa meilleure amie Nobara lors d'une session shopping.
Malgré sa popularité naissante dans le milieu du mannequinat – et les supplications de sa meilleure amie pour qu'il se professionnalise dedans - le jeune homme ne se prenait pas au sérieux. Certes être modèle lui permettait de mettre de l'argent de côté et d'être ainsi indépendant mais il ne voulait pas quitter le restaurant familiale pour autant trop attaché aux derniers souvenirs de ses parents.
Ces derniers étaient décédés à la suite d'un tragique accident de voiture à ses 7 ans et il s'était retrouvé avec son grand-père, sa seule famille encore vivante à l'heure actuelle. Il n'avait donc aucune intention de quitter le restaurant familiale même si on lui proposait de plus gros contrats Yuji les refusait tous, automatiquement.
Bureau du PDG de BRT
La lumière du soleil sur son visage, café à la main, l'homme tatoué regardait la couverture d'un magazine et un sourire se dessina sur ses lèvres.
« Yuji Itadori… » laissa-t-il échapper.
L'homme se frotta le menton et bût une gorgée de son café noir. L'amertume du breuvage lui fît un bien fou. Il avait horreur de tout ce qui était sucré, pourtant le jeune homme sur la couverture qu'il détaillait donner à son café un arrière-goût sucré plutôt agréable. Il feuilleta le magazine jusqu'à tomber sur de nouveaux clichés du jeune homme qui l'avait intrigué son grand sourire, son dynamisme traversait le papier glacé pour venir réchauffer le cœur des lecteurs.
Un autre cliché plus audacieux, où Yuji était torse nu attira l'œil vif et rouge de l'homme. Il observa chacun des détails du corps figé sur ce papier qu'il caressa du bout des doigts inconsciemment. Un tatouage tribale était présent au niveau de la hanche du jeune homme et remontait au-dessus de sa ceinture.
L'homme a la carrure imposante eût son regard qui brilla d'une lueur intense.
« Il a bien grandi », pensa-t-il.
Il bût le reste de son café d'une traite et appela sa secrétaire dans son bureau. Cette dernière n'eut pas le temps de le saluer qu'il lui posa la question qui lui brûlait les lèvres.
« Où se situent nos studios photos ? »
**•**
Le bruit unique de l'appareil photo qui immortalisait ses expressions retentit. Une musique électro en fond sonore mettait dans l'ambiance du shooting photo de ce matin. Yuji posait pour une célèbre marque Italienne et représentait avec un autre modèle, Megumi, leur nouvelle collection. Les deux hommes se tenaient côte à côte. Les poses attendues d'eux étaient certes jeune et dynamique mais ils devaient dégager une certaine sensualité. Naturellement, Megumi posa son coude sur l'épaule de Yuji et pencha la tête contre lui. Ce dernier le regarda la bouche légèrement entrouverte avec un regard sérieux tandis que le brun à ses côtés fixait l'objectif avec une drôle de lueur dans ses yeux.
« Parfait les gars ça ! Au tour de Yuji de me donner un tel regard ! » lança le photographe.
Le concerné ferma les yeux pour se concentrer. Avant d'ouvrir à nouveau les yeux, il se mordit la lèvre inférieure avant de glisser rapidement sa langue sur ses dents. Ses yeux noisette s'ouvrirent lentement et il donna son meilleur regard à la caméra. Mais un élément perturbateur vînt lui faire perdre l'équilibre. Un homme en costume blanc dans la pénombre du studio était appuyé contre un mur, mains dans les poches et le fixait d'un regard rouge sang. Ce regard unique que Yuji n'avait pas revu depuis des années et qu'il aurait tout donné pour revoir.
Ainsi, le cœur de Yuji rata un battement. Un homme qui avait la même chevelure singulière que lui, il n'y en avait pas 40 sur cette Terre.
« Ryomen... » laissa-t-il échapper pendant que ses prunelles restaient hypnotisés par celles sanguinaires.
La boule de stress qu'il ressentait remonta dans sa gorge et sa vision commença peu à peu à devenir flou.
Sans crier garde avant que qui ce soit ne puisse le rattraper, il partit du décor dans lequel il était en train de poser pour emprunter la porte de secours située à côté.
Il monta quatre à quatre les escaliers en ne faisant pas attention au personnel qui criait son nom dans la cage d'escaliers sans pour autant le rattraper.
Yuji avait besoin d'air et au plus vite. Jamais de sa simple vie, il n'aurait imaginé revoir Ryomen Sukuna. Même lorsque ses parents étaient morts, alors qu'ils étaient de proches amis tous les trois, Ryomen n'était pas venu à leurs enterrements, ce qui avait encore plus déchiré le cœur du petit Yuji à cette époque.
Des sentiments confus refaisaient surface dans son cœur alors qu'il ouvrit d'un coup de pied la porte du toit et le choc fût assez violent pour faire trembler son corps de part et d'autre.
Yuji avait rêvé des centaines de fois encore et encore de revoir Ryomen. Il s'était même convaincu après toutes ses années que ce dernier était mort. Sukuna avait tout simplement disparu de la circulation sans laisser de traces et malgré les quelques recherches qu'avaient pu faire le jeune homme rien n'était ressorti.
Son cœur battait comme un fou dans sa poitrine, Yuji avait mal, très mal. Il essayait d'arrêter ses tremblements et s'avança vers la rambarde du toit. Non, il n'allait pas sauter mais le vertige qu'il ressentait en regardant le sol n'était même pas aussi fort que celui qu'il ressentait dans sa tête. Lui-même n'arrivait pas à comprendre pourquoi il avait réagi aussi brusquement comme s'il avait vu le démon en face de lui.
Mais juste un regard avait suffi pour qu'il sache qui était la personne qui le sondait dans la pénombre du studio. Parce que ce regard-là était la seule chose qui l'accompagnait la plupart du temps quand il fermait les yeux avant de s'endormir.
Ce regard, cette posture, Yuji depuis toutes ses années n'avait rien oublié. Il n'avait jamais pu. Après tout c'était tout ce qui lui restait de son premier amour.
Pendant ce temps au studio, Sukuna était aussi perdu que le reste de l'équipe présente mais avant que qui ce soit ne puisse suivre Yuji par la porte de secours, Ryomen avait demandé :
« Cela lui arrive souvent à votre mannequin ? »
« Non, c'est la première fois ! s'exclama le photographe qui regardait toujours la sortie qu'avait emprunté Yuji. Son regard a changé du tout au tout d'un seul coup ! »
« Comme s'il avait vu quelqu'un dont il avait peur », argua Megumi.
« Je vais aller le voir, déclara Ryomen. Il ne doit pas être bien loin. »
« Non, je vais y aller », argumenta Megumi.
« Reprenez le shooting, ne perdez pas plus de temps. »
« C'est plutôt à vous qui faudrait dire ça. »
De l'électricité dans l'air était présente entre les deux hommes. Sukuna eût un petit sourire en coin et s'approcha de la porte. Il entendit un énorme bruit qui provenait d'en haut et sourit davantage.
« Un employé doit toujours écouter les ordres de son PDG, n'est-ce pas ? demanda-t-il au brun. Alors concentre-toi sur ton travail, Megumi. »
Pendant que Sukuna s'enfonçait dans la cage d'escaliers il entendit :
« Quoi- Attendez ne me dîtes pas que ce type louche est notre nouveau…il a dit quoi PDG ?! » demandait Megumi, alarmé.
Ryomen venait d'acquérir cette nouvelle entreprise présente dans le secteur du divertissement. Elle venait s'ajouter à l'empire qu'il était en train de construire en achetant tout un tas d'entreprises sur le déclin et qu'il remettait sur pieds grâce à l'argent du clan de Yakuzas qu'il dirigeait à présent.
Il arriva devant la porte qui menait au toit et constata les dégâts.
« Il a décidément toujours autant de force, ce petit », déclara-t-il, amusé.
Yuji toujours de dos et perdu dans ses pensées n'avait pas entendu les pas de Sukuna qui s'approchaient de lui comme un prédateur. Par mimétisme, l'homme tatoué reproduit la même pose qu'avait Megumi il y a quelques instants plus tôt contre lui.
Le jeune homme sursauta et tourna la tête pour voir une paire de yeux carmin qui le regardait.
« Je m'attendais à un peu moins de brutalité de ta part, petit…En dirait que tu as vu un fantôme », sourit-il.
C'était le cas de le dire, Yuji venait de voir le fantôme de Sukuna devant lui, il n'y avait pas d'autres moyens.
Le jeune homme détailla le visage moqueur qui lui faisait face. En réalité ses yeux s'attardaient sur les tatouages présent sur le visage de l'homme. Il se souvenait que Ryomen avait des tatouages sur ses bras et son torse mais en avoir sur le visage lui faisait ressembler à un…Yakuza. Définitivement.
L'homme tatoué sortit une cigarette attendant toujours que Yuji lui dise quelque chose.
« Tu…te souviens de moi ? » demanda ce dernier en revenant à lui.
« Je n'aurai pas pu oublier un gamin aussi têtue (il caressa l'oreille du jeune homme avant de toucher son crâne rasé) et je vois que tu n'as pu m'oublier non plus, on demande avant de voler ma couleur de cheveux », sourit-il plus tendrement cette fois-ci.
Le jeune homme honteux baissa le regard et il trouva soudainement le sol très intéressant à regarder. Encore plus amusé, Sukuna expira la fumée de sa cigarette, releva le menton de Yuji et approcha son visage du sien.
« Pourquoi tu ne m'embrasses pas comme tu avais l'habitude de le faire quand tu me voyais, gamin ? »
Les joues du jeune homme se colorèrent du même rouge que les yeux de l'homme tatoué en face de lui.
« J'étais petit… » souffla-t-il, obligé de soutenir le regard de Ryomen.
« Tu es toujours aussi petit. »
Sukuna se pencha contre le visage du jeune homme, resserra sa prise au niveau de son menton pour y planter légèrement ses ongles vernis de noirs et embrassa Yuji. Ses yeux restèrent légèrement ouverts pour voir que Yuji avait automatiquement fermé les siens à son contact.
Si le jeune homme pensait que son supplice allait s'arrêter là, Ryomen lui avait d'autres plans en tête. Il embrassait Yuji avec une passion dévorante et ce dernier se laissait guider n'ayant pas le choix que de suivre la cadence. Pour finir, le yakuza passa sa langue sur les précieuses lèvres de Yuji et déclara :
« C'est ce regard là que tu dois donner à la caméra. »
Hey ! Premier chapitre sur du SukuIta et j'espère qu'il vous a plu !
Les publications se feront tous les dimanches et je vous avoue que de base j'avais la flemme de publier ici (parce qu'elle est déjà posté sur wattpad), mais je sais que certains sont toujours présents ici donc !
A dimanche pro' !
TheFara.
