Un, deux, trois. Un, deux, trois. C'est le nombre de séries de pompes que faisait Yuji au sol à la salle de sport. Une fois finit, il se releva, sautillant sur place, avant de s'attaquer au soulever de terre. Le jeune homme plaça 55 kg de chaque côté, s'allongea et commença à soulever en expirant. Concentré, il ne vit même pas Megumi s'approchait de lui. Ce dernier automatiquement et par sécurité plaça ses mains, en-dessous de l'haltère.
« Hé…, fit Yuji le remarquant, merci…mais...ça devrait…aller… » dit-il en soufflant avec un sourire.
« Tu fais 40 kg de chaque côté d'habitude donc ça peut être dangereux », expliqua-t-il.
Yuji finit sa série avant de reposer la barre. Sa serviette non loin de lui, il essuya la sueur qui perlait de son front. Pour avoir plus d'air, il souleva son tee-shirt pour se ventiler dévoilant son tatouage noir sur sa hanche.
« Y'a une signification à ton tatouage ? » questionna Megumi en détournant le regard.
« Non, pas vraiment » répondit-il en dépassant le brun pour aller aux vestiaires.
Mais Megumi n'était pas dupe. Tout le monde dans son cas aurait senti que Yuji était en train de mentir. Il était évident que ce tatouage avait une signification spéciale mais le brun pressenti que pour une raison ou une autre son ami ne lui dirait rien.
L'eau ruisselait sur les muscles endoloris d'Itadori. La chaleur enivrante de l'eau lui fît soupirer d'aise. Après une bonne session de sport c'est tout ce que son corps réclamait. Il laissa l'eau coulait encore quelques instants sur lui avant de se savonner. Quand sa main passa sur son tatouage…il repensa à la question de Megumi.
Ce dessin à l'encre noire gravé sur sa peau avait bel et bien une signification particulière à ses yeux. Personne n'avait encore vu la vraie forme de ce dernier encré sur ses muscles cisaillés au niveau de sa hanche. Une fleur de lys qui se tenait au milieu de deux traits distincts inspirés de motifs tribales. Yuji se l'était fait tatouer à ses 17 ans avec le peu d'argent qu'il avait réussi à mettre de côté.
Cela représentait une époque de paix pour lui, une époque où les trois personnes les plus chères à son cœur étaient encore présentes. Sa mère adorant les lys, il y avait toujours un bouquet à la maison et Ryomen en ramenait souvent quand il venait leur rendre visite.
Une fois, l'homme avait même juste offert à Yuji une fleur de lys blanc, parce que le petit garçon n'avait pas arrêté de râler que Sukuna n'en offrait qu'à sa mère et pas à lui.
Yuji se souvenait que ce jour-là, il n'avait jamais été aussi heureux de toute sa vie et c'était également la dernière fois qu'il avait vu Ryomen.
Sukuna...Ryomen...Pourquoi fallait-il qu'il le revoie maintenant ? Après toutes ces années alors qu'il avait enfin réussit à passer à autre chose ?
Il arrêta l'eau et passa rageusement une main dans ses cheveux.
« Pourquoi...maintenant ? » murmura-t-il pour lui-même.
Sa main passa sur son visage et s'arrêta sur ses lèvres. Yuji repensa au baiser qu'il avait échangé avec lui des lèvres douces, froides et avec un goût de cigarette. Les lèvres de Sukuna qu'il avait eu l'habitude d'embrasser quand il était enfant. Des lèvres qui commençaient à le hanter maintenant qu'il était adulte.
Une douce chaleur se répandit dans son bassin pendant qu'il repensait à la passion qui avait émané de ce baiser qu'il n'arrivait pas à oublier.
« Merde ! » jura-t-il en se sentant durcir.
Yuji devait se ressaisir. Il ne devait se laisser aller à ses désirs aussi facilement, il ne pouvait pas se le permettre. Après sa petite entrevue avec Ryomen, Yuji était retourné au shooting extrêmement perturbé, mais il sût se remettre de ses émotions, seulement en apparence pour avoir une image « pro ».
D'ailleurs, comme excuse il avait prétexté qu'il s'était senti mal et s'était bien évidemment excusé auprès de tout le personnel. Ses fausses excuses n'avaient pas attiré plus de curiosité et Yuji s'était senti soulagé de ne pas avoir plus de questions.
Le jeune homme sortit de la douche pour s'habiller et fût rejoins quelque minutes après par Megumi.
« Tu veux que je t'accompagne voir le nouveau PDG ? » demanda ce dernier.
« Non, pas le peine. J'y vais pas. »
« Pourquoi… ? »
« J'ai pas le temps, mon grand-père vient de m'appeler, c'est le feu au resto, je dois y aller », expliqua-t-il.
« D'accord, on se voit demain avec Nobara ? »
« Yep, à demain ! » lança-t-il avant de se précipiter hors des vestiaires.
Megumi regarda la silhouette familière de son ami disparaître en une fraction de seconde. Il poussa un soupir et dit « Il ne sait vraiment pas mentir… »
La soirée avait été mouvementé et c'est avec soulagement que Yuji débarrassa les dernières tables du petit restaurant familiale. Il déposa le tout en cuisine et revînt avec de quoi nettoyer les tables. De dos à la porte, il ne vit pas la personne qui venait de franchir celle-ci. Yuji entendit juste une chaise du bar se tirait assez violemment et une personne soupirait d'aise.
Avec tout le self-control dont il était capable, Yuji rassembla ses esprits et fût prêt à refouler le client qu'il devina sans doute saoul à cette heure-ci.
« Bonsoir, désolé mais nous sommes… » s'arrêta-t-il en détaillant la personne qui le sondait avec un petit sourire.
« Vous êtes ? Je n'ai pas entendu la suite. »
Yuji ravala sa fierté et ne se déperdit pas de son sourire destiné aux clients.
« Nous sommes fermés, monsieur », dit-il en s'approchant de Ryomen.
« Tu peux bien faire une exception pour moi, Yuji. »
« Cela ne dépend pas de moi, je suis désolé. »
« Comment je vais faire ? J'ai très faim, moi », annonça-t-il en regardant le jeune homme de la tête aux pieds.
Ce dernier était loin de comprendre le double sens et haussa les épaules. Il commença à se retourner pour continuer ce qu'il avait faire – avec aucune intention de s'attarder plus sur le cas de l'homme – mais c'était mal connaître celui-ci qui l'attrapa par le bras sans ménagement.
« Tu vas venir avec moi », déclara Ryomen en l'emmenant vers la sortie.
« Je ne crois pas, non », répondit-il en s'arrêtant.
« Ne sois pas têtue, gamin. Je t'ai attendu toute la soirée et tu as osé me poser un lapin. »
« J'avais plus important à faire », déclara Yuji en se défaisant de la poigne sur son avant-bras. « Maintenant si vous voulez bien m'excuser je dois finir de nettoyer le restaurant. »
Sukuna leva les mains en l'air et sourit.
« D'accord, très bien. Je vois que ça ne sert à rien de te parler. Ne t'en fais pas, j'ai tout mon temps ce soir », déclara-t-il en s'appuyant de tout son long contre le mur près de la sortie.
« Yuji ? Tout va bien ? » demanda son grand-père dans les cuisines. Ce dernier eut un sursaut et répondit immédiatement :
« Oui, jiji, je finis juste de nettoyer et après j'y vais ! » Yuji jeta un coup d'œil vers Sukuna et lui murmura : « Attend-moi dehors. »
« Ne me pose pas de nouveau un lapin ou tu es mort, gamin. »
Le jeune homme leva les yeux au ciel et fît signe à l'homme de sortir. Ce dernier s'exécuta plutôt amuser de la situation et attendit devant le restaurant contre sa voiture de sport. Il fuma une puis deux cigarettes puis finit son paquet. 20 minutes s'écoulèrent avant que Yuji ne sorte enfin du restaurant. C'était trop long pour l'homme qui s'impatientait et enrageait d'attendre autant sur place.
« Monte », lui lança-t-il.
« On va où ? »
« Chez moi », répondit-il avec un sourire en coin.
Yuji eût un mouvement de recul et secoua la tête.
« Si tu as quelque chose à me dire, pourquoi ne pas le faire plus tard ? »
« Dis donc gamin tu jouerais pas avec mes nerfs par hasard ? »
« Je ne le fais pas. »
« Tu es toujours autant borné à ce que je vois, il va falloir que je corrige ça. »
En un mouvement, Sukuna attrapa Yuji, ouvrit la porte arrière de sa voiture et le balança sur les sièges, avant de refermer la porte derrière lui. Le jeune homme n'avait rien eu le temps de comprendre qu'il se retrouvait piégé sous le corps imposant de Ryomen qui le regardait avec une drôle de lueur dans les yeux.
« Qu'est-ce que tu fais ?! » demanda le jeune homme en se relevant difficilement.
Sukuna ne répondit pas et souleva le bas du tee-shirt de Yuji et passa ses doigts sur le tatouage. Sans ménagement, il descendit le haut du short pour regarder le tatouage.
« Un lys hein…Ta mère les aimait tant et toi aussi d'ailleurs. Tu n'as pas eu trop mal ? » questionna-t-il toujours en caressant le dessin du bout des doigts.
« C'était nécessaire. Maintenant, si tu pourrais bien arrêter de me toucher. »
Sukuna ne semblait pas l'entendre et continua ses caresses qui faisait frissonner sans vouloir le jeune homme.
« Tout est ma faute Yuji… »
« Quoi… ? »
Ryomen planta enfin son regard dans le sien et une profonde tristesse peignait maintenant ses traits. Doucement, il prit le jeune homme dans ses bras et embrassa son front. Complétement dépassé, Yuji se laissa faire et il se surprit à répondre à l'étreinte de l'homme puisque petit à petit ses mains se resserraient autour du dos de Ryomen.
Quelques minutes passèrent sans qu'aucun des deux n'osent briser le silence confortable dans lequel ils étaient. C'est Yuji qui à présent assis à califourchon sur l'homme tatoué, se sentit mal à l'aise d'être dans une telle position. Les mains grandes et fortes de Sukuna au creux de son dos, il sentait que ce dernier le maintenait toujours aussi fermement contre lui.
« Ryomen… ? »
« Hum ? » grogna celui-ci.
« J'aimerai descendre. »
« Je vois que tu n'as toujours pas compris. Tu dois de te faire pardonner pour m'avoir laissé en plan. »
« J'étais occupé, je t'ai dit ! »
« Je suis ton nouveau patron, le minimum aurait été de me prévenir tu ne crois pas ? » demanda-t-il retrouvant son aplomb.
Leurs lèvres à quelques centimètres les unes des autres, Yuji se sentait fébrile. Il sentit le souffle chaud de Ryomen contre lui et le fait de sentir les mains de celui-ci s'accrochaient désespérément à lui, ne lui permettait pas d'avoir le contrôle sur la situation.
Sukuna le savait bien et Sukuna...était quelqu'un de joueur. Très joueur. Il remonta ses mains sous le haut de Yuji, laissant malicieusement ses doigts parcourir le dos musclé. La chaleur de ce corps sous la fraîcheur de ses doigts, le fît sourire davantage. Depuis combien d'années avait-il rêvé de pouvoir reprendre ce gamin dans ses bras ?
Malgré le fait qu'il n'avait pas pu être à ses côtés comme il l'aurait voulu, Ryomen n'avait cessé de le surveiller de loin pour qu'il ne lui arrive rien. Yuji avait mieux grandi que ce qu'il avait prévu et inconsciemment Sukuna était fière de ce qu'il était devenu aujourd'hui.
« Yuji... » souffla-t-il en plongeant dans le regard noisette.
La voix rauque de l'homme tatoué était un appel à la tentation et le souffle du concerné accéléra malgré lui.
C'était maintenant au tour de Yuji, de dessiner sur la surface de la peau les dessins tribales qui ornaient le visage de Ryomen avec délicatesse.
De délicieux frissons parcoururent l'homme tatoué qui maintenait ses yeux mi-clos et malgré la pénombre environnante, la couleur de ses iris étaient plus vifs qu'à l'habitué.
« Ryomen… »
Comme la première fois, le yakuza approcha dangereusement son visage de l'autre. Leurs lèvres se frôlèrent et l'ambiance était électrique au sein de la voiture.
« Sois mien », ordonna de sa voix rauque Sukuna.
Yuji le regarda, hésitant entre savoir quoi répondre mais avant qu'un son ne puisse sortir de ses lèvres entrouvertes, Ryomen sortit un papier de l'intérieur de son veston.
« Sois mon mannequin personnel, Yuji. »
Hey hey ! J'espère que ce chapitre vous a plu ! Déso pour la fin hein mais c'est Sukuna XD
Dire que de base cette fic' devait simplement être un OS...
A dimanche pro'!
TheFara.
