« RETROUVEZ-LE-MOI ! »
Hurla un Sukuna enragé en balançant tous les documents de son bureau.
Itadori Yuji venait une nouvelle fois de s'enfuir et la patience, le calme dont avait fait preuve son nouveau patron à son égard avait été de trop. Cela faisait deux fois en l'espace d'une semaine que le jeune homme arrivait à s'enfuir de son radar et à le rendre plus fou qu'il ne l'était déjà.
Face à Yuji, il n'était qu'une chiffe molle, incapable de lui dire non et cela se retournait contre lui, systématiquement.
Il serra son poing en l'abattant sur son bureau de verre qui se fissura sous la pression du coup. Sa mâchoire se contracta avec violence faisant grincer ses dents et une canine mordit sa lèvre inférieure le rendant plus animal qu'il ne l'était déjà. Avec une maîtrise hors du commun, il calma – en apparence seulement - ses envies de destructions imminentes de ne pas s'abattre sur tout ce qu'il voyait dans la pièce. Il n'avait aucune envie de refaire le mobilier et même si l'argent n'était pas un problème, il n'avait pas fait construire sa salle de défouloir dans le bâtiment pour rien.
Avec le peu de patience qui lui restait encore, il attrapa sa veste de costume et sortit de son bureau sans même jeter un coup d'œil à l'heure pourtant bien avancé, et partit d'un pas décidé dans sa salle de sport personnel au dernier étage et de s'y enfermer le temps nécessaire de se calmer.
S'il arrivait à se calmer de cet affront…un jour.
Pendant qu'une pluie diluvienne s'abattait sur la ville de Tokyo, Yuji se cacha entre l'espace de deux bâtiments. La pluie n'avait pas fait partie de son plan et rendait les choses bien plus compliquées que prévues. Il était trempé jusqu'aux os et se maudissait de ne pas avoir vérifié la météo avant de mettre son plan à exécution.
Jamais il ne s'était mis dans une telle situation et il aurait presque était amusé, s'il n'était pas recherché partout. Une douleur lui comprima la poitrine, rendant pour quelques secondes l'air plus difficile à respirer alors que la culpabilité d'avoir poignardé Sukuna dans le dos lui faisait face.
Rien que de repenser à ce contrat « sexuel », la chair de poule lui fît hérisser ses poils tout le long de ses bras.
Non pas que passer une nuit avec lui le rebutait, mais avec son innocence qui lui était propre, il voulait garder une image intacte dans sa mémoire de l'homme qu'il avait connu étant enfant.
Et les méthodes de son nouveau patron le gonflaient autant se le dire.
Il n'était pas un jouet, ni un objet qu'on reliait avec un contrat et qu'on utilisait en tant que passe-temps. Qui plus est Sukuna ne semblait pas du même avis à ses yeux et il avait envisagé sa seconde « évasion » après son échec de la première.
Il chassa ses pensées qui l'avait amené à élaborer un tel plan et prit une profonde inspiration il ne devait pas laisser la peur l'envahir mais il ne pouvait empêcher sa main de trembler pendant qu'il composait le numéro sur la carte de visite qu'il avait reçu.
En sentant les gouttes qui ruisselaient sur son visage, il se demanda encore une fois si c'était vraiment une bonne idée.
Une semaine était passée depuis la disparition du jeune homme et l'humeur exécrable de l'homme tatoué n'avait fait que grimper en flèche tout au long de le semaine.
« Mahito », appela-t-il dans le couloir qu'il traversait du bâtiment. « Oui, monsieur ? »
« A quelle heure est ce putain de rendez-vous ? »
« A 19h. »
« Tu peux y aller, toi et le secrétaire Taido. »
« Il a insisté spécialement pour que vous veniez, monsieur. »
« J'ai mal au crâne, tu comprends ? Voir sa tête va me donner envie de commettre un meurtre. »
« Il ne cédera rien si vous ne venez pas… »
Sukuna s'arrêta et fronça les sourcils. Pourquoi cet enflure de Gojo refuser de lui donner les droits du terrain il y a une semaine et maintenant, il était presque urgent pour lui de s'en débarrasser ? Un éclair de lucidité vînt le frapper dans son crâne déjà emplit de douleur et il espérait au fond de lui que ce n'était pas ce qu'il était en train d'imaginer.
« Jusqu'au bout, il me fera chier, concéda l'oyabun en se massant la tempe. Allons-y. »
Le domaine familiale des Gojo était de nature typique Japonaise, situé en haut d'une colline en retrait de Tokyo et s'étendait sur environ cent hectares. Malgré l'impressionnante demeure, Sukuna y entra en donnant un coup de pied dans la porte principale avant même que les gardes ne puissent l'arrêter.
« Où est votre maître ? » tonna-t-il au personnel effrayé face à l'aura menaçante qui se dégageait de lui.
A grande enjambée, il se dirigea vers un des salons de thé qu'on lui avait montré et rentra de la même manière. Gojo ne leva même pas la tête vers lui, habitué à la violence dont faisait preuve Ryomen partout où il mettait les pieds.
« Ce n'est pas comme ça que tu le récupèreras », annonça-t-il en exhalant la fumée de sa pipe.
« Si tu as osé toucher à la moindre mèche de - »
« Tutut. Je t'arrête. Il est venu à moi, comme un grand. »
« Quoi ?! »
« Et qui aurait pensé que ta propre faiblesse se retournerait contre toi ? »
« Tu te fous de moi ! »
Satoru enleva ses binocles noirs et regarda de son regard quasi-transparent Sukuna avec un sourire étrange. Voir l'invincible fléau vaciller était un spectacle d'une qualité rare et il comptait bien en profiter.
« Je crois savoir qu'il est vital pour ta société d'avoir l'acquisition de ce terrain de construction. C'est lui contre le terrain, Ryomen. C'est ma seul offre. »
Si la colère pouvait être humanisé, ce serait en cet instant Ryomen Sukuna dont une aura meurtrière émanait de son imposante carrure.
« Où-est-il ? »
« Tu as déjà fait ton choix ? Rapide. »
« … »
« Tu es sûr que tu ne veux pas y réfléchir un peu plus ? »
Sukuna serra des poings et en balança un dans le mur, faisant un trou sur son passage. Pourquoi n'avait-il pas pensé un peu plus tôt à cet enfoiré de Gojo ? Il n'y avait que lui pour faire une chose pareil et son revirement d'accord pour la vente du terrain était maintenant élucidé.
« Yuji ! appela Gojo. Ne sois pas timide, sors. »
Lentement le regard de Sukuna suivit la porte coulissante qui était en train de s'ouvrir. Yuji vêtu d'un kimono bleu foncé aux motifs floral se tenait là. De long cheveux rosés encadrait son visage ce qui avait pour effet de rendre ses traits féminins. Un simple rouge à lèvre, deux traits d'eyeliner apportait une sensualité qu'il n'avait jusqu'à lors jamais expérimenté. Yuji leva un regard timide vers Ryomen et courba la tête.
Malgré sa colère, Sukuna devait admettre que voir son protégé habillé de cette manière faisait de lui une créature ensorcelante, mais il se reprit dans sa contemplation quand il entendit sa petite voix.
« Vous m'avez demandé, Gojo-sensei ? »
Sukuna eût presque envie de rire en entendant une telle appellation à son ennemi de toujours, mais se retînt. Gojo avait des extravagances que seul lui-même pouvait à priori comprendre et se faire appeler « sensei » devait le faire jubiler intérieurement.
« Cet homme te veut. Veux tu retourner avec lui ? » Yuji fît un non discret de la tête avant de river les yeux sur son sensei.
« Non, je ne veux pas. »
« Tu l'as entendu de toi-même », s'enquit Gojo à l'intention du rosé.
« Tu as un contrat, gamin. Si tu veux le briser, tu dois appliquer la dernière clause », se reprit Sukuna le regard toujours haineux.
« Je l'ai fait. »
« Tu l'as fait ? gloussa le Yakuza. La prochaine fois tu serreras mieux les liens, histoire que j'y crois deux minutes. »
La chair de poule traversa Yuji. Son plan n'avait pas entièrement fonctionné mais pour rien au monde, il ne retournerait avec un tel homme lié par un contrat, un souvenir ou autre. Voyant l'hésitation qui se jouait sur les traits du jeune homme, Ryomen dit :
« Ce n'est qu'une nuit. Tu pourras toujours t'imaginer que c'est ton sensei. Ce qui est sûr c'est que je ne partirai pas sans mon dû. »
« Tu auras le terrain uniquement si vous passez cette nuit dans un de mes hôtels. »
« Avec joie, « Sensei » », railla le yakuza.
« Cela te convient, Yuji ? »
« Après je ne te verrai plus, nous sommes d'accord ? », demanda-t-il à l'homme tatoué.
« Tu as ma parole, gamin. »
Le susnommé lui jeta un bref coup d'œil avant de se courber par politesse devant son sensei et passa à côté de Ryomen sans un regard de plus.
Mains dans les poches, le tatoué le regarda le dépasser et lorgna sur sa courbe dorsale échouant son regard sur son cul. Même dans un habit ample, il semblerait que l'homme arrivait à y voir à travers et cela l'excitait malgré lui.
« Besoin d'aide ? »
Il tourna sa tête vers cette voix qui l'irritait au plus haut point en sentant sa tête pulsait dans tous les sens. Il était quel genre d'enfoiré pour avoir une migraine à ce moment précis ?
Gojo portait toujours un regard satisfait, bienheureux des dégâts qu'il avait réussi à effectuer en aussi peu de temps. Il avait eu besoin de se prouver à lui-même ses hypothèses les plus vicieuses concernant la nature de la relation entre Yuji et son ami et il avait réussi.
Sans répondre à sa question qui n'avait pas lieu d'être aux yeux de Sukuna, celui-ci lui fît un doigt d'honneur en quittant la pièce et claqua de toutes ses forces chaque porte qu'il traversait pour rejoindre sa berline.
Hey hey !
Bon le fait que Yuji se retrouve chez Gojo s'était pas foncièrement prévu mais je me suis dit que pour bien énerver notre ami Sukuku (oui je l'appelle comme ça XD) bah, fallait sortir les grands moyens et développer la relation Gojo-Sukuna, histoire qu'on comprenne leur lien dans l'histoire qui prend quand même beaucoup de place.
En ce moment, je "comble" les chapitres de l'histoire. Je m'explique ; je rajoute pas mal de détails, histoire de rendre les scènes plus réalistes et moins dialoguées. Par exemple, les deux derniers paragraphes n'existaient pas avant-hier et j'avais vraiment envie de montrer l'agacement de Sukuku face à la situation au vu de comment le chapitre a commencé.
J'essaierai de republier avant dimanche, si j'avance bien sur mon "comblage" ! En vrai j'ai l'impression de mettre du ciment sur les fondations de ma maison mdrrr.
Mirza Luna Dark : Eh bien merci à toi de ton soutien ! Hé oui mon petit Yuji a pas fini d'en faire voir de toutes les couleurs au grand Sukuna pour notre plus grand plaisir ! J'avoue que je m'amuse beaucoup à écrire l'histoire et ravie que mon passage humour ait été compris ! C'est la première fois que j'en faisais donc j'avais un peu peur !
Bisous et portez-vous bien !
TheFara.
