*Tousse* Bonjour... ?

Alors oui, certes, j'ai mis du temps. Mais cette fiction n'est pas en abandon. J'ai juste pas trop de temps en ce moment. Heureusement que j'ai déjà la trame (à peu près) de mon histoire sinon je crois que je ne m'en sortirais pas !

Bref, place au chapitre !


Chapitre 3 :

- Tu n'es rien.

Combien de fois l'avait-elle entendu de sa bouche ? Ces mots si cruels -tu n'es qu'un misérable déchet- perçants sa peau de mille aiguilles, lui lacérant le cœur. Combien de fois avait-elle versé des larmes en vain ? Espérant qu'on la tire de ce cauchemar, du malheur dans lequel elle s'enlisait un peu plus chaque jour.

- Tu n'es qu'une vermine.

Pourquoi, pourquoi suis-je comme ça ? Qu'ai-je donc fait pour mériter un tel châtiment ?

- Les gens comme toi ne méritent pas de vivre !

Combien de questions sans réponses s'amassaient dans son cœur -Pourquoipourquoipourquoipourquoipourquoi-, pesant un peu plus à chaque fois et rendant la douleur encore plus insupportable ? "Pourquoi", encore et toujours la même chose. Pourquoi. Le répit ne viendrait-il donc jamais avec le temps ? Est-ce que ce droit-là aussi lui serai retiré ?

- Ce n'est qu'une ordure.

- Elle aurait dû crever avec son père dans cet incident.

- Et dire que Mme Carmen a eu la gentillesse de l'accueillir... pauvre femme.

Pourquoi les revoyait-elle ? Pourquoi la hantaient-ils ? Pourquoipourquoipourquoipourquoi !

Quelles sont ces voix dans ma tête ? -Misérable déchet/tu n'es qu'une pourriture/ordure/catastrophe/fléau/elle porte malheur- La douleur est insoutenable, elle me brûle de l'intérieur -crève immonde créature/tu ne mérites pas de vivre- Oh ! Je vous en supplie ! Délivraient moi de ce supplice ! Aidez-moi ! Par pitié...

Dehors le ciel est bleu. Alors, d'où vient l'eau qui inonde mes joues ?

- Tu resteras ici le temps de ta punition. Réfléchis bien à tes actes où je me devrais d'être plus sévère encore.

On referma une porte, le parquet grinça.

- Comprends-le, c'est pour ton bien...

Pour mon bien ? Est-ce que tout cela est vraiment juste pour mon bien ?

Dans la bâtisse, un cri étranglé résonna dans le silence absolu.

Ne me laissez pas seule ici, pas encore.

Puis le noir.


Ann ne savait plus vraiment comment ils en étaient arrivés là. Et entre le soleil qui tapait comme un sourd sur son crâne endolori, et les ronflements sonores du gros balourd assoupis à ses côtés, cela ne l'aidaient pas vraiment à réfléchir correctement. Qui plus est le réveil avait était rude. Mais le plus important résidait dans le fait qu'ils allaient bien tous les deux, le reste était facultatif

À ce constat, et pour la première fois depuis bien longtemps, les larmes lui montèrent aux yeux.

Elle n'était plus seule. S'en suivit un profond sentiment de plénitude qui l'étreignit intérieurement, son cœur s'allégea considérablement et Ann ne retint plus ni les larmes ni le sourire qui naquit sur ses lèvres.

Faible, lui murmura la voix au creux de son oreille. Mais pour une fois il n'en tint pas compte, bien trop heureuse.

- Merci... chuchota t-elle dans un souffle presque inaudible.

- ROOON PSCHIIIII.

Elle en aurait presque rit. Presque.

- Ho, la ferma Jack ! Dit-elle en lui assénant un puissant coup sur le ventre. Tu me coupes dans mon élan émotionnel !

Jack recracha ses tripes sous la force du coup alors que ses yeux ressortaient de leur orbite d'une manière comique. Son âme s'apprêta à quitter son corps et à fuir ce monde mais Ann l'en empêcha un sourire de canaille aux lèvres.

- Reste ici abrutis ! Je ne t'ai pas sauvé d'Impel Down pour que tu crèves maintenant !

- Gnée !? Fit ce dernier intelligemment.

Ann, en voyant la tête de son ami, ne put retenir la crise de fous rire qui la prit sous le regard ébahit de Jack. Il semblait ne plus rien comprendre à la situation, ce qui ne fit qu'intensifier les rires de la jeune femme. Bientôt, elle fut rejointe par son acolyte qui décidément préféré largement la voir ainsi qu'avec son air habituel quelque peu renfermé. Et comme deux gamins, ils commencèrent une bagarre en se roulant dans le sable, tout en se tapant gentiment.

Ça avait du bon d'être en vie...


Après avoir dormi comme deux loirs sur la plage, fatigués de leur escapade ainsi que leurs chahuteries, les deux comparses s'étaient obligés à se lever pour trouver un endroit plus approprié pour dormir, et aussi pour se cacher de la marine. Ils avaient moyennement envie de se retrouver à nouveau enchaîner.

Avec une habilité déconcertante qui montrait bien tout le savoir faire de Jack, ce dernier dépouilla quelques passants de leur bourse, un sourire enjôleur aux coins des lèvres. Ann le regardait faire avec un amusement non feint, comme le ferait une enfant dans un parc d'attraction -Et non Jack pour la millième fois je ne SUIS plus une enfant ! Pouvait-on entendre entre deux éclats de rire tonitruants.

- Dis Jack, maintenant qu'on est sorti d'Impel Down, il y a quelque chose que tu aimerais faire ? Tu as de la famille quelque part ?

Le susnommé soupira.

- J'ai une femme et une fille. Ma femme m'a foutu dehors, c'est d'ailleurs comme ça que j'ai terminé pirate. Et ma fille, ça fait bien des années que je ne l'ai plus vus. J'ai perdu contact avec elle. Je sais juste qu'elle allait se marier et avoir un enfant... Mélissa qu'elle s'appelle.

Se sentant désolée pour lui, Ann lui sourit et lui agrippa le bras dans un geste de réconfort.

- Boarf, c'est derrière moi maintenant... et toi ? Tu as de la famille ?

- Moi ? S'étonna la demoiselle. Pas vraiment... je suis... orpheline de naissance.

Jack à son tour lui témoigna de la compassion en lui ébouriffant les cheveux, ce qui fit râler Ann, encore une fois.

- Au fait... t'es pas obligée de répondre mais je me posais la question, commença Jack, tu possèdes un Akuma No Mi ?

La question ne l'étonna guère, bien que la demoiselle aurait aimé ne pas en parler. Quoiqu'elle n'était pas obligée de tout lui dire. Elle n'aurait qu'à être évasive sur le sujet.

- Oui... fit-elle après un temps. Ce n'est pas le miens, on me la donné.

-Donné ?

- Ouais... disons que c'est compliqué. Elle souffla, cherchant ses mots. Je n'ai pas eu le choix, il s'est imposé à moi. Au départ, je n'aimais pas cette nouvelle situation. Je ne maîtrisais rien et je me sentais faible. Et puis j'ai peu à peu surmonter ma peur. Aujourd'hui, ça va à peu près. Même si des fois...

Elle ne termina pas sa phrase, et Jack se doutait que le sujet dût être difficile à aborder au vu du combat interne qui se jouer chez sa comparse. Quelque part, il s'en voulait d'avoir abordé le sujet, bien qu'il ne pouvait s'empêcher de penser que parler avait fait du bien à la petite. Garder toutes ses émotions en soit n'était jamais très bon.

Ils n'en reparlèrent pas et continuèrent à flâner dans les rues, parlant de tout et de rien dans une ambiance paisible. Aussi, ils ne virent pas vraiment le temps passer. La fin de l'après-midi approchait et avec les berries collectés ils louèrent deux chambres d'hôtel puis s'installèrent tranquillement pour passer la nuit. Demain, ils aviseraient pour quitter l'île au plus vite. Pour l'instant Ann et Jack voulaient profiter pleinement de leur liberté.

Qui sait ce que l'avenir leur réserverait.


À suivre...