Bonsoir !
Me voilà avec le chapitre quatre, en espérant qu'il sera tout aussi bien que les précédents. Mon rythme de parution est toujours aléatoire d'ailleurs, mais la suite ne devrait probablement pas tarder à arriver. Surtout que j'aime beaucoup cette histoire, il me faut juste trouver la motivation nécessaire pour la terminer. Mais je sais que lorsque se sera fait je me sentirai fière de moi.
Allons bon , je vous ennuis pas plus, voici la suite ! Bonne lecture !
Depuis la récente découverte de Sengoku au sujet de Cassandre de Trois, ce dernier avait été particulièrement de mauvaise humeur. Et ni les pitreries de Garp, qui parfois pouvaient grandement l'amuser, ni les arrestations de nombreux pirates et autres hors-la-loi ne l'aidèrent à se calmer.
Parfois, Sengoku se surprenait à laisser son esprit divaguer au loin, s'évadant au-delà de son bureau et des murs du QG de la Marine. Dans ces moments-là, il lui arrivait de se demander ce qu'aurait été sa vie s'il n'avait pas fait le choix de rejoindre les rangs pour devenir un soldat, que serait-il advenu de lui ? De ses collègues ? De toutes ses rencontres et aussi des amis que le Bouddha s'était fait au cours de sa carrière ?
D'ailleurs, qui lui en voudrait, de vouloir s'évader quelques instants ? Après tout, il restait un être humain. Un père dépouillé et un homme éreinté par le chemin qu'il avait dû mener jusqu'à présent. Mais le devoir et les obligations étant plus forts que tout le ramenaient toujours entre ces quatre murs, face à son bureau chargé de dossiers et de rapports.
Et la routine reprenait bien malgré lui. Il se devait d'être fort et de montrer l'exemple, il était le représentant de la Marine, un homme de justice. Bien qu'il sache pertinemment que ces choix n'étaient pas toujours les bons, et même s'il se devait de revêtir l'habit du méchant aux yeux de certaines personnes, Sengoku n'avait pas le choix.
Le monde souffrait des attaques de pirates, de pillages, de viols et de meurtres, son rôle consistait simplement à mettre un terme à tout ça en rassurant la population en désignant un coupable. Qui de mieux que les pirates et autres bandits pour endosser cette responsabilité ?
La vie était cruelle et injuste, et elle lui avait pris son fils adoptif ainsi que bien des amis. Appliquer la loi, c'est tout ce qu'il se devait de faire. Pas plus, pas moins. Les antécédents des criminelles ne l'intéressaient pas. La Calamité, peu importe son passif, devrait payer de sa vie pour les malheurs et les désastres causés.
Réveillée à l'aube, Ann n'avait pu se rendormir.
Les cauchemars de sa vie hantaient bien trop ses nuits pour qu'elle puisse trouver le repos, et les ronflements de Jack n'aidaient pas vraiment. Elle s'était donc résolue à se lever, et n'ayant rien de mieux à faire qu'explorer l'île sur laquelle ils avaient atterri, ce qui lui semblait être une bonne idée, elle se mit en tête de glaner des informations de la bouche des quelques passants présents dans les rues. Ainsi, Ann serait en mesure de prévoir leur prochain déplacement en conséquence.
Perdus dans le tumulte de ses pensées, ses pas la menèrent devant un parc, et attirée par le grand chêne qui s'y trouvait en son centre, la demoiselle se dirigea devant ce dernier, admirant les jeux de couleurs dans les branches de l'arbre.
- Onee-san ! Une voix enfantine l'a tira soudainement de son moment de calme et tournant la tête dans la direction d'où provenait le son, elle tomba sur un petit garçon qui la dévisageait de ses grands yeux bleus. Tu peux m'aider à récupérer mon ballon ? Il tira sur le bout de sa chemise, pointant du doigt le chêne.
- Bien sûr bonhomme. Bouge pas, je m'en occupe.
Accompagnant ses dires, Ann ébouriffa les cheveux bruns de l'enfant avant de se hisser sur la première branche avec une facilité déconcertante. Rapidement, elle atteignit l'endroit où une balle en mousse se trouvait coincée.
- Attrape ! Cria-t-elle.
Une fois redescendu, le garçon lui offrit un immense sourire resplendissant avant de se précipiter vers sa mère qui remercia la demoiselle d'un geste de la tête. Cette dernière souffla, heureuse et reprit son chemin lorsqu'une poigne forte attrapa le col de son haut pour la tirer brusquement dans une ruelle.
Son corps s'écrasa avec force contre le mur derrière elle alors qu'une main la saisit à la gorge. Ann cracha du sang sous la violence du coup et darda ses yeux noirs charbon dans ceux bleus cobalts de son attaquant.
- Cassandre de Troie.
- Ravie de te revoir mon Phénix, je te manquais tant que ça ?
Il fronça les sourcils et resserra sa prise sur le cou de sa victime. Ann n'en menait pas large malgré son air revêche.
- Tu t'es enfin décidée à sortir de ton trou... qu'est-ce que tu manigances cette fois-ci ?
- La grande méchante que je suis avais juste l'intention d'immoler des nourrissons et de voler la sucette à quelques gamins dans la rue. Ho, et mon péché mignon, j'adore insulter les handicapés.
- Ne te fous pas de moi yoï !
Il l'aurait probablement tué si elle avait été la vraie Cassandre. Malheureusement ou heureusement, tout dépendait du point de vu, il n'avait pas affaire à la calamité. Et pourtant, ces yeux, cette bouche et ce visage ne pouvait qu'appartenir à cette femme qu'il détestait plus que tout. Elle lui avait tout pris. Absolument tout.
Alors, pourquoi hésitait-il ? Elle le cherchait et se moquait de lui. Mais dans ses yeux, non, ces yeux n'étaient définitivement pas les siens. L'aura même qu'il percevait ne correspondait pas. Alors, pourquoi... ?
Comme si le contact le brûlait, le commandant recula et la regarda s'écrouler sur le sol. Ann toussa bruyamment. Lorsqu'elle releva la tête, le Phénix était déjà partis. Quelle sacré idée de merde. La prochaine fois, elle vérifierais à deux fois l'île sur laquelle ils se poserai, pour ne plus jamais avoir à le croiser !
Elle avait mal, mais plus que la douleur physique, c'était ce regard remplis de haine qui lui avait fait mal.
Comment en était-elle arrivée là ?
À suivre...
