Disclaimer : Magnificent Century Kösem est l'oeuvre de Yılmaz Şahin .

Résumé : Osman grandit. Ca ne veut pas dire qu'il n'a plus besoin de sa mère pour autant. [Magnificent Century : Kösem]

Liste des dettes du Discord « Défis Galactiques » : 50 nuances de personnages historiques (01/50) + 15 mai - Journée internationale des familles + Osman et Kösem : K réconforte O suite à un cauchemar + Osman II + Scorpion : Osman II + ACTION 155 : Faire un cauchemar

Je suis là

La chambre a l'odeur du fer tant les draps sont imprégnés du sang de la favorite du sultan. Autour d'elle, ses servantes pleurent, Ahmed hurle de douleur en enlaçant ce corps dans lequel habitait une âme encore quelques instants plus tôt. Entre les draps, un petit être qui commençait à prendre la forme d'un bébé, rouge, minuscule mais dont le visage est déjà marqué par la souffrance qu'il a endurée avant de s'en aller...

Et lui, il est là, incapable de bouger, de réagir, de faire la moindre chose alors qu'entre ses bras, Murad mouille son kaftan...

Puis son père tourne la tête et dans son regard, il n'y a que fureur et haine.

-C'est de ta faute !

La gifle qui menace de rougir sa joue n'arrive jamais. A la place, des ténèbres soudaine, la sensation d'être tiré en arrière avant de rouvrir les yeux brusquement, le souffle court, le front perlé de sueur. Dehors, les insectes nocturnes continuent leur berceuse pour les habitants de Topkapi. Osman se redresse, le cœur battant si fort qu'il a l'impression qu'il va sortir de sa poitrine. Ce n'était qu'un rêve, un horrible rêve... et la traduction de son angoisse.

Sa mère adoptive est enceinte.

Ce n'est pas la première grossesse qu'elle mène, toutes ont été sans nuage... mais celle-ci, peut-être gémellaire selon les médecins tant le ventre est déjà rond alors qu'elle n'est encore qu'au début de la gestation, est difficile. D'ailleurs, ce matin, alors qu'elle se promenait avec lui dans les jardins, elle s'était sentie mal et s'était écroulée d'un coup, pliée par la douleur, et sur ses souliers, un filet de sang qui provenait de plus haut. Par bonheur, cela n'avait été qu'une fausse alerte, même si on lui a bien évidemment indiqué le repos. Il se lève, se dit qu'un peu d'air frais lui fera du bien, et surtout, lui fera oublier cet songe affreux qui n'a pas lieu d'être.


-Ma sultane, vous devriez aller vous reposer. Dit Cennet

-Je le sais, Cennet. Sourit Kösem. J'y vais de ce pas. J'avais simplement des questions relatives au harem à régler.

Les deux femmes continuent à discuter tout en marchant dans le couloir, avant de s'arrêter, saisies par l'apparition. De l'autre côté, Osman arrive, le regard plus fixé vers ses chaussures que droit devant lui. Aussitôt, la favorite s'inquiète : vu l'heure, il devrait déjà dormir, ou à défaut être dans sa chambre, sans doute à lire jusqu'à ce qu'il s'endorme sur sa page. D'ailleurs, elle remarque très vite son air. Quelque chose le tourmente. Elle s'avance aussitôt.

-Osman ? Mon prince ?

L'adolescent relève la tête.

-Bonsoir, Mère.

-Tu n'es pas au lit ? Quelque chose ne va pas ?

Il essaye tant bien que mal de lui sourire.

-Juste un mauvais rêve que je tente de faire passer. Ne vous en faites pas.

La jeune femme se tourne vers la kalfa, la remercie et lui souhaite une bonne nuit avant de prendre son fils par le bras. Ensemble, ils s'installent dans les appartements de celle qui est la sultane validé en tout sauf en nom. Ils s'assoient sur le balcon, profitant de l'air doux du soir.

-Raconte-moi ce rêve.

-Je ne veux pas vous embêter avec ça, Mère...

-Osman. Tu es mon fils. C'est ton devoir de « m'embêter ». Plaisante-t-elle

Peu à peu, il s'ouvre. Il lui raconte, avec une pudeur étonnante pour un garçon de treize ans, qu'il l'a vue morte, qu'il a vu son frère ou sa sœur mort avant d'avoir pu vivre et surtout la colère de son père, le blâme, le coup qui ne vient jamais. Et elle comprend. Elle s'en veut même. Dans le feu de l'action, sa préoccupation a été son enfant à naître. Par la suite, si elle a bien évidemment embrassé son fils, elle ne l'a pas rassuré comme elle aurait dû, ce qui est d'autant plus criminel qu'il a perdu sa mère. Certes, il était trop jeune à l'époque pour en garder des souvenirs... tout comme il n'en a aucun de Mahfiruze. Mais il sait qu'elle est morte. Il sait qu'un enfant peut perdre son parent à tout moment. Alors, la voir elle, sa figure maternelle, la seule qu'il connaît puisqu'elle l'a adopté du jour où sa génitrice est décédée, plier sous le poids de la douleur, en sachant que la grossesse est une affaire dangereuse pour toute femme...

-Ton père ne te blâmerait jamais pour cela.

-Je n'ai pas su réellement vous aider pour autant...

-Tu étais là. J'avais moins peur grâce à toi.

Kösem l'enlace contre elle, instinctivement il passe les bras autour d'elle. Elle lui caresse les cheveux, comme elle a l'habitude de le faire.

-Je vais bien, mon lionceau. Ton frère ou ta sœur va bien. Tout le monde se porte bien et tout le monde continuera à bien se porter.

Ahmed rentre, les aperçoit, ne fait aucun bruit, conscient qu'il briserait là un moment nécessaire et important. Son cœur se gonfle d'amour et de fierté : les années passent mais son âme-soeur reste fidèle à sa parole.

Osman est bel et bien son fils en tout sauf par le sang.

L'ange de Topkapi, la faiseuse de miracle : elle a rendu à un orphelin la présence si importante d'une maman.

FIN