Et bonjour à ceux qui se baladent sur le Fandom de Haikyu !

C'est mon tout premier OS dans ce fandom, je l'ai écrit suite à un défi d'une amie, qui m'a envoyé un petit FanArt du KageHina.

Alors, pour commencer, je n'ai toujours pas terminé le manga, j'essaye de les acheter petit à petit...Je n'en suis qu'à la fin de la confrontation Nekoma/Karasuno, aux nationales. Donc évidemment, je ne sais pas ce qui se passe ensuite, alors j'ai improvisé. Désolée pour ceux qui sont plus avancés que moi et qui, du coup, vont trouver cet écrit bizarre, parce que pas du tout dans le contexte...Dans cet OS, ils sont donc à moitié de leur dernière année de lycée.

Bonne lecture, peut-être ?

OOoooOOOOoooOOOooOOO

_ Tu sais, parfois, j'ai peur.

Kageyama fronça les sourcils et tourna la tête vers son ami. Sous lui, l'herbe lui caressait la joue. C'était un de ces soirs où Shoyo et lui n'avaient pas résisté à l'envie de jouer encore un peu au volleyball ensemble. Le soleil déclinait et ils s'étaient alors forcés à prendre une pause, malgré cette envie irrépressible de continuer à jouer. Il songea un instant qu'il allait encore se faire rabrouer par ses parents de rentrer si tard, mais ce n'était après tout qu'une question d'habitude. Il ne comptait plus tous ces soirs qu'ils avaient passés ici ensemble, à s'entraîner sans avoir ne serait-ce que l'idée de regarder l'heure qu'il était. C'était devenu un rituel.

_ Peur de quoi ? murmura-t-il, pas certain de saisir le sens des mots du roux à ses côtés.

Pendant un moment, Shoyo ne fit que suivre le ballon qu'il lançait en l'air, comme par automatisme et Kageyama se demanda un instant s'il allait seulement lui répondre. Les secondes s'écoulèrent sans qu'aucun son ne sorte de la bouche de son ami, jusqu'à ce qu'il ne cesse de lancer ce foutu ballon et tourne la tête vers lui. Ils étaient proches, ainsi allongés dans l'herbe humide et Kageyama pu sentir le souffle du roux venir lui effleurer le visage, tandis qu'il lui répondit enfin :

_ Eh bien, tout ça est bientôt terminé, pas vrai ?

Une nouvelle fois, il fronça les sourcils. Il ne comprenait pas bien où il venait en venir et avant qu'il ne puisse lui demander de s'expliquer, Shoyo continua :

_ Je ne me fais pas d'illusion, on ne jouera plus ensemble, Kageyama, souffla t-il, les yeux voilés d'une étrange lueur mélancolique. Je ne suis pas à la hauteur, après tout.

_ Qu'est-ce que tu racontes ? Bien sur que tu-

Le rire de son ami coupa son début de tirade et ses poings se serrèrent.

_ Hinata !

_ Mais quoi ? C'est la réalité. C'est pour ça que j'ai peur, Kageyama. Sans toi, je ne brillerais pas autant. Toi, tu es capable de faire la passe à n'importe qui, tu es un génie. Mais moi ? Sans tes passes, je semblerais fade, juste…Comme un joueur quelconque.

Il avait envie de le contredire. De lui dire que c'était faux, que pour rattraper ces foutus passes, il n'était certainement pas quelconque ! Que sans lui, il n'en serait pas là. Au fond, c'était grâce à lui s'il avait réussi à faire taire tous ces démons, ceux qui lui murmuraient si souvent le soir qu'il ne serait plus jamais capable de faire partie d'une équipe, que c'était fichu. Hinata était apparu au si bon moment, rattrapant pratiquement chacune de ses passes impossibles, sautant si haut et courant si vite à travers le terrain. Faire la passe à n'importe qui ? Oui, il ne pouvait le nier. Mais il y avait des passes qu'il ne voulait faire qu'à lui, c'était ainsi.

Putain.

_ Tu n'es pas quelconque, abruti.

_ Pas avec toi sur le terrain, ça c'est sûr.

Le roux lui sourit et Kageyama détailla ce visage enfantin. Il détestait ce sourire, celui-là même qu'il lui servait quand ils perdaient un match, souvent accompagné de mots vide de sens tel que "ce n'est pas grave, on gagnera la prochaine fois". Et là, que voulait-il dire ? Ce n'est pas grave, on ne jouera plus ensemble ? Est-ce que, bordel, Shoyo imaginait qu'il allait laisser ça se produire ?

Il fut soudainement étonné par ses propres pensées et il tourna le visage vers le ciel, où quelques étoiles venaient en percer la nouvelle noirceur. Pourquoi il n'avait jamais pensé à après ? C'était proche, après tout. Très proche. Trop proche ? Il ne s'était jamais vraiment posé la question du "après". Après quoi, d'ailleurs ? Après Karasuno ou après Hinata ? C'était très flou, tout ça. Il ne savait toujours pas ce qu'il ferait après le lycée, alors c'était quoi cette foutue conversation ? Pourquoi Shoyo se sentait-il obligé de parler de tout ça ? C'était trop difficile à imaginer pour lui.

_ Mais ce n'est pas grave, tu sais, chuchota son ami près de lui et le brun sentait qu'il le détaillait toujours, brûlant sa peau de son regard. Je pense que je le sais depuis le collège, que je ne serais jamais le joueur que je rêve d'être. C'est un sacré deuil à faire, mais je commence à me faire à cette idée.

Il n'en croyait pas ses oreilles. Jamais il n'aurait imaginé que de tels mots puissent sortir de la bouche du roux, c'était inconcevable. Lui et son inépuisable énergie, qui donnait toujours tout pour se surpasser, qui passait son temps à lui hurler dessus quand ils ne réussissait pas une passe, qui n'avait eu de cesse de lui casser les oreilles avec les nationales, lui parlait de deuil à faire ? Le deuil du joueur qu'il rêvait d'être ? Mais merde, il n'avait qu'à faire comme d'habitude ! Tout donner et devenir ce putain de joueur ! Et lui alors, pourquoi n'arrivait t-il pas à lui dire tout ça à haute voix ? Pourquoi, soudainement, tout ce qu'il ressentait restait coincé à l'intérieur de lui, lui comprimant la poitrine ? C'était foutrement douloureux.

_ Bon, on ferait mieux d'y aller, mes parents vont s'inquiéter.

Il observa, absent, son ami se lever et épousseter ses vêtements, rattrapant le ballon qui avait roulé sur l'herbe. Il mit quelques secondes avant de décider de se redresser à son tour. Le reste, il le fit tel un automate. Ils rejoignirent le vélo d'Hinata et celui-ci lui lança un "à demain" qu'il n'entendit pratiquement pas, avant d'enfourcher son deux roues et de le laisser planter là, complètement paumé.

Jouer sans Hinata ? Pourquoi cette possibilité ne lui avait encore jamais effleuré l'esprit ? Et pourquoi ça lui comprimait le cœur de cette façon ?

Les jours, puis les semaines passèrent sans qu'aucun d'eux ne reviennent sur le sujet. Hinata semblait égal à lui-même. Il jouait comme d'habitude, sautait de partout en criant à qui voulait l'entendre qu'ils allaient forcément gagner les prochaines nationales, qu'il avait hâte d'affronter Nekoma de nouveau. Il rattrapait chacune de ses passes, même quand celles-ci étaient si mauvaises qu'il fulminait contre lui-même, il s'amusait toujours à le défier à la course, riant quand kageyama perdait lamentablement. D'un côté, il était heureux et rassuré de voir que son ami restait le même, d'un autre, il lui en voulait de lui avoir balancé tout ça dans la tronche et de faire comme si de rien n'était. Pour Kageyama, il était difficile de faire fit des sentiments qui lui retournaient de plus en plus l'estomac, d'autant plus qu'il n'arrivait toujours pas à mettre des mots dessus.

Était-il en colère que son ami songe un seul instant que ça ne lui faisait rien de ne plus jouer avec lui après le lycée ? Ou déçu qu'il ait décidé que, de toute façon, sans lui il ne valait rien ? Encore que…Mais lui, dans tout ça ? Pourquoi l'idée de ne plus jouer avec Hinata le faisait se sentir si déprimé ? C'était complètement con. Après tout, rien n'empêchait qu'ils se retrouvent le soir, comme ils le faisaient déjà, juste pour s'échanger quelques passes. Rien ne changerait, pas vrai ? Ils continueraient à se voir, non ? Pourquoi avait-il l'impression que Hinata le rejetait ? N'était-il qu'un passeur sur un terrain pour lui ? Rien d'autre, vraiment ?

_ Oï, Kageyama, c'est à toi de servir , tu te souviens ? hurla Tanaka, à bout de patience.

L'interpellé le regarda comme s'il venait d'une autre planète, avant de baisser les yeux sur le ballon qu'il serrait de ses deux mains.

_ Est-ce que tu te sens bien, Kageyama ? S'approcha Daichi, plus prévenant.

_ Oui, tout va bien, je te remercie, grinça t-il entre ses dents.

La réponse presque sèche figea l'ancien capitaine présent avec ces deux acolytes seulement pour le match d'entrainement et, haussant les sourcils, il revint à sa place, lançant :

_ Alors sers-toi de ce fichue ballon.

Et c'est ce que fit Kageyama, ratant lamentablement son tire. Le reste du match ne fit que confirmer ce que tout le monde pensait : il n'allait pas bien. Il faisait n'importe quoi, enchaînant les mauvaises passes et les périodes où il semblait complètement absent du terrain, tant et si bien que Sugawara fut pressé de rejoindre le match à sa place. Kageyama ne le prit pas mal, ce n'était qu'un entrainement et, visiblement, il n'était pas capable d'assurer aujourd'hui. Trop de choses se bousculaient dans sa tête, c'était insupportable. Bordel, d'habitude, il oubliait tout sur le terrain. Pourquoi là, il en était totalement incapable ?

Assis sur le banc, sur le côté, poings serrés sur les cuisses, il releva les yeux vers le match qui se déroulaient. Il observa le roux jouer. Banal, hein ? L'était-il vraiment ? Il analysa chacun de ses mouvements. Ses attaques, le bloc qu'il tentait encore de perfectionner, ses feintes, ses réceptions qu'il commençait tout juste à réussir…Et ses sauts, sa vitesse, sa concentration, son regard fixe et déterminé. C'était sans doute la première fois qu'il avait l'occasion de le regarder jouer, puisqu'ils passaient le plus clair de leur temps ensemble sur le terrain et, nom de Dieu, à ses yeux, Hinata n'avait rien de banal. Ce n'était peut-être pas un génie comme les autres se plaisait à l'appeler lui, mais il avait un tel mérite. Il apprenait vite et bien, il se donnait les moyens de réussir là où d'autres auraient déjà abandonné, il brillait par sa détermination et son entrain. Pour lui, tout cela faisait de lui un putain de bon joueur.

A la fin du match, il se redressa, encore une fois transformé en automate. Tanaka se pressa de venir lui mettre une énorme tape dans le dos qui le déséquilibra un instant et son équipier lui fit les yeux ronds, surpris que celui-ci ne tienne même plus sur ses jambes.

_ Y a pas à dire, t'es bizarre, aujourd'hui.

_ Tu veux dire, plus que toi habituellement ?

_ Enfoiré, souffla le rasé, un léger sourire aux lèvres.

Une fois tous lavés et changés, ils se dirent au revoir devant les portes du gymnase. Seuls restèrent Hinata et lui, comme toujours. Ballon coincés sous le coude, l'invitation fût silencieuse et ils se retrouvèrent bientôt sur le terrain vague, à s'envoyer des passes. Puis, encore ébranlé par les pensées qui ne cessaient de tournoyer dans sa tête, Kageyama intercepta une passe qu'il ne renvoya pas. Il resta ainsi un long moment, si bien que face à lui, le roux pencha la tête sur le côté, interrogateur.

_ Kageyama ?

_ Est-ce que tu songes à arrêter le volley, Hinata ?

Une légère brise vint soulever les mèches rousses, tandis qu'il fronçait les sourcils.

_ Quoi ? Bien sûr que non.

Kageyama pinça les lèvres et ne put retenir sa tirade :

_ Alors quoi, bordel ? C'était quoi cette conversation, l'autre fois ? T'as peur, tu dis ? Peur de quoi, Hinata ? Moi aussi, j'ai peur, figure-toi ! Qui va rattraper mes passes, hein ? Qui va supporter mon caractère de merde ? Sans toi sur le terrain, je suis perdu, moi aussi, qu'est-ce que tu crois !

Essoufflé et soudainement honteux, il lança le ballon sur son ami avec plus de force que nécessaire et alors qu'Hinata tentait maladroitement de le rattraper, il tourna les talons. C'était ridicule, ça ne lui ressemblait pas. Il avait envie de hurler. Il était rare que ses émotions le surprennent à ce point, mais là, dans l'immédiat, il ne savait que faire de tout ça. C'était confus et tout mélangé, ça le submergeait, il avait d'un côté besoin que ça sorte et d'un autre il avait peur de ce que ça donnerait s'il se laissait aller à cette fantaisie.

_ Attends, Kageyama !

Il ne s'arrêta pas et continua de traverser le terrain vague, jusqu'à ce que son ami ne le rejoigne, l'empoignant par le bras. Brutalement, il le rejeta et se tourna vers lui, le regard sûrement glacial.

_ Hé, ne sois pas en colère.

La douceur de son ami le surprit et il sentit une boule se former au fond de son estomac. Il s'en voulut immédiatement de s'être laissé emporté et il murmura :

_ Je ne le suis pas, je suis juste…complètement paumé.

Hinata hocha le menton et, à ce geste, Kageyama sut qu'ils étaient sur la même longueur d'onde.

_ Tu sais, c'est difficile pour moi d'appréhender le futur. Je ne sais plus comment évoluer et imaginer devoir le faire sans toi, sans Karasuno…ça me fait flipper.

Il se passa une main derrière la tête, un vague sourire sur le visage, avant de continuer :

_ Mais je ne compte pas arrêter le volley, après tout, sans ça, je ne suis rien.

Kageyama hocha le menton. Oui, ça aussi, il le comprenait, il en allait de même pour lui. Mais peut-être que quelque chose d'autre s'ajoutait à cela, aujourd'hui. Il avait envie d'ajouter que sans le volleyball et sans Hinata pour y jouer avec lui, il n'était rien. Il se sentait si stupide.

_ Ce que tu as dis la dernière fois, tu le pensais vraiment ?

_ Oui, répondit Hinata sans même réfléchir.

Kageyama serra les poings et pinça les lèvres.

_ Je suis quoi, pour toi ? Juste le passeur de génie ?

Le roux mit du temps à appréhender la question et semblait indécis sur la meilleure façon de lui répondre.

_ On ne jouera plus ensemble, tu as dis. Alors après le lycée, ça s'arrêtera là ? On ne se verra plus, c'est ce que tu essayais de dire ?

_ Quoi ? Non. Enfin, je n'en sais rien, Kageyama.

Encore une fois, il tourna les talons. Cette conversation était trop difficile, après tout il posait des questions dont il n'était même pas certain d'avoir envie de connaître les réponses. C'était si douloureux qu'il se demanda pourquoi exactement il s'était senti obligé de remettre le sujet sur le tapis.

_ Kageyama, attends.

Hinata l'empoigna, encore et, cette fois, malgré que le brun tente de se défaire de sa poigne, il ne se laissa pas faire. De longues secondes passèrent sans qu'aucun mot ne soient prononcé et bientôt, les doigts du roux défirent leurs étreintes, sans pour autant quitter son poignet.

_ Je n'arrive pas à définir ce qu'on est, juste. On ne se voit que pour jouer, après tout, non ?

_ Ça ne te suffit pas, peut-être ? Jouer me prend la quasi totalité de mon temps. On passe nos soirées, nos foutus week-end, à jouer ensemble. Ce n'est pas assez, pour toi ? Tout ça, c'est précieux, non ?

_ Bien sûr, murmura Hinata, l'air confus, avant d'ajouter : je ne pensais pas que c'était aussi important pour toi que ça l'est pour moi, en fait. C'est difficile de te cerner, tu sais.

Kageyama fronça les sourcils. Qu'est-ce qu'il lui chantait ? Est-ce qu'il pensait vraiment qu'il aurait accepté de le voir sur son temps libre si ça n'avait pas une quelconque importance pour lui ? Etait-il stupide à ce point ?

_ Jouer au volley avec toi, c'est ce que je préfère dans la vie, je pense, lui sourit le roux, un air triste peignant ses traits et le cœur du brun fit un saut dans sa poitrine. C'est pour ça que j'ai peur, Kageyama. La fin du lycée est si proche.

_ Ca ne veut pas dire qu'on ne jouera plus ensemble, tu sais.

_ Mh, je sais, mais ce sera différent. J'aimerai revenir en arrière et vivre tout ça de nouveau, juste encore un peu.

Le pouce du roux effleura l'intérieur de son poignet, jusque quelques petites secondes, avant de le relâcher complètement.

_ Merci, Kageyama, souffla le roux, les yeux pleins de sincérité. D'être mon ami.

Pris d'un élan soudain d'affection, le brun vint le serrer dans ses bras et Hinata dû se mettre sur la pointe des pieds pour répondre à son étreinte. Ils profitèrent de ce moment de chaleur, où tout avait finalement été dit puis, tout doucement, Kageyama murmura :

_ Merci de rattraper toutes mes fichues passes, abruti.