Heylo ! Ce texte est tiré de mon recueil Trust Me and Come to My Ark sur AO3 et Wattpad, qui se concentre sur un esprit de Noël/de fin d'années revisité, parfois éloigné — ici, on ne parle des fêtes qu'à la fin, mais toujours un peu angsty et glauque. Comme pour un autre recueil que j'ai posté, faire une publication "cross fandoms" est très compliqué sur FFnet donc je fais autrement mdr. Voici donc un petit OS tout angsty.

Fandom : My Hero Academia

Pairing : + ou - KatsuDeku

Trigger Warning : Possible référence à de la dépression, abandon parental et mention de violence (comme dans le canon, quoi, mais bon, si vous êtes dans un mauvais mood, évitez peut-être de lire ça) !

Il s'agit d'une fic se passant dans l'univers du manga, mais qui dérive sur du aged-up characters !

Bonne lecture :) !


Un matin de janvier, Katsuki et Izuku ont sept ans. C'est l'âge de raison.

Ils sont dans un parc, il y fait plutôt bon pour cette époque de l'année. Ils décident de faire des châteaux de sables avec de la terre. Des châteaux de terres, proclame Izuku. Donc ils creusent, creusent. Ce sont des enfants, du temps, ils n'ont que ça à revendre. Ils y passent la journée. Ils font de plus en plus de trous, avec l'envie de construire le plus gros château possible.

Même que c'est un défi. C'est Katsuki qui l'a dit.

Au fil du moment, la pelle d'Izuku bute sur quelque chose. Ça fait un 'toc' sourd qui étonne les deux enfants. Katsuki le presse "Deku, regarde ce que c'est !" Izuku est piqué au vif par le surnom, il ne rétorque cependant pas. Kacchan est Kacchan. Il ne fait pas le poids. Il dégage son outil, humble jouet, et aperçoit le couvercle métallique d'une sorte d'écrin, ses petits yeux verts intrigués. Katsuki le pousse, il veut passer devant lui pour voir ce que c'est. Izuku soupire, il l'aide à déterrer.

Ils prennent leur petites pelles, et au bout de quelques efforts, ils libèrent l'objet.

C'est effectivement en métal, avec des imprimés bohèmes et des couleurs d'automne. Izuku trouve que ça ressemble aux boîtes à biscuits de sa maman. Katsuki lui pointe du doigt une inscription : "c'est de la boîte à Pandore !" En effet, il y a écrit Pandore. Izuku secoue la tête. "On dit 'c'est la boîte de Pandore', Kacchan. —Vas-y t'es chiant Deku, je dis ce que je veux d'abord. —T'es méchant, Kacchan ! —Je m'appelle pas Kacchan. —Ben moi je m'appelle pas Deku !" Katsuki lui demande bien vite s'il veut se battre, avec des petites flammes dans la main. Izuku baisse les bras. Les deux enfants arrêtent de se disputer.

Katsuki va pour s'emparer de leur trouvaille, Izuku l'arrête.

"Tu connais pas la légende, Kacchan ? Faut pas y toucher. Elle apporte que du malheur.

—N'importe quoi, Deku ! Tu vas voir si je vais pas l'ouvrir !"

En effet, il l'ouvre. Ses petits doigts ont du mal avec le couvercle, c'est bien enfoncé par le temps, il y a de la terre. Il est hors de question que Deku le fasse à sa place, donc il jette des coups d'oeil anxieux vers l'autre garçon tout en coinçant le cul de la boîte contre son ventre en forçant pour que ça cède. Éventuellement, la boîte s'ouvre en un 'pop'. Katsuki pousse une exclamation ravie, il voulait vraiment voir à l'intérieur. Izuku aussi est curieux.

Alors ils regardent. Il n'y a rien. À leur grande surprise. Izuku fronce les sourcils. C'est bizarre. Katsuki, lui, balance tout contre un poteau dans le parc, énervé.

"C'est nul, pourquoi y a rien dedans ! On a creusé pour rien !"

Izuku veut le consoler.

"Je sais, Kacchan. On rentre ? Ma maman a dit qu'on aurait droit à des gâteaux si on a été sage."

Katsuki observe leurs vêtements. Ils sont plein de terres. Peut-on dire qu'ils ont été sage ? Sa maman à lui dirait non, il aurait même peut-être une fessée. La maman à Izuku, elle est moins sévère. Donc elle sera peut-être sympa, elle les réprimandera pas. Il espère. Voulant cacher qu'il est anxieux, il marmonne un 'ok' sec et Izuku avance le premier, en prenant les pelles, les sceaux, abandonnant leurs châteaux.

La boîte, elle aussi, git-là, dans le parc.


Un soir d'été, Izuku et Katsuki ont 13 ans. C'est l'âge bête. Du moins, c'est les adultes qui le disent. Izuku, lui ne se sent pas particulièrement plus idiot qu'avant, ni même plus intelligent. Katsuki... Katsuki a changé. Ils sont plus amis. De toute façon, Izuku, il lui arrive tout le temps des trucs pas cool.

Papa a quitté maman, sans donner de nouvelles. C'est triste. Elle est malheureuse. Pour lui, c'est sa faute. Parce qu'il a pas d'alter, parce qu'il est pas normal, son père les a laissé. Sa mère lui dit que non. Au fond, Izuku sait qu'elle ignore pourquoi. Donc ça peut très bien être sa faute.

Katsuki a toujours eu mauvais caractère, et il l'a pris pour cible à l'école. Il a pas trop d'amis, les gens l'aiment pas, parce qu'il a pas d'alter. Il devrait être malheureux, mais il abandonne pas. Au fond de lui, il sait qu'un jour il y arriverait. Il veut dépasser ça, coûte que coûte. Et il fera tout pour prouver aux autres qu'ils ont tort.


Un autre matin, cette fois d'automne, Katsuki a 17 ans, Izuku a eu 18 avant lui. C'est bientôt l'âge adulte.

Il réfléchit à sa vie. Il a foiré beaucoup de choses. Ses parents se disputent tout le temps à la maison, il a été con, et il est amoureux d'un type à qui il a pourri la vie pendant des années. Dans les journaux, il est dit de lui qu'il a un caractère de vilain, qu'il pourrait passer du mauvais côté à tout moment. On l'attend au tournant, il est un mauvais garçon.

Il a beau s'être réconcilié avec Izuku, qu'il fait l'effort de plus appeler Deku, avoir fait un semblant de travail sur lui, son passé le rattrape. Il sait pas exprimer ses émotions, il est paumé, et il est pas aussi sûr de lui qu'il fait genre de l'être.

Il fait ses stages de héros, la dernière année, c'est dur, mais il aura son putain de diplôme. Il aimerait bien aussi devenir quelqu'un de bien.


Quelques années plus tard, Katsuki et Izuku ont 25 ans. Un quart de siècle, c'est presque le début de la vieillesse. Enfin, ça, c'est ce qu'on dit.

Ils sont colocs, parce qu'ils bossent à la même agence. Ils vivent un peu comme des grands, grands ados, pour l'instant. Certains de leur potes commencent à se mettre en couple, à avoir des gosses. Eux, non. Izuku sort avec personne, mais Hitoshi Shinsou lui tourne souvent autour, et Katsuki croit qu'il est son plan cul. Il pourrait mal le lui reprocher, il a plus ou moins la même relation avec Kirishima. Sauf que Kiri est loin d'être prêt à reconnaître une éventuelle homosexualité, même s'il adore le baiser, et ils se servent d'exutoire.

Contrairement aux apparences, c'est très sain. Ils communiquent avant de niquer, ils communiquent après et reniquent, il n'y a rien de mal à ça. Mais même Kirishima lui sort parfois "pourquoi tu te mets pas avec Izuku, vous vivez ensemble — c'est compliqué entre nous, je te dis". Et c'est vrai.

Ils sont rivaux. Ils s'engueulent assez souvent, quand même bien ils sont bons copains. Izuku a, malgré son air sage, un putain de caractère et quand il a une idée en tête, il l'a pas ailleurs. Katsuki est pareil. Bien sûr, ça fait des étincelles.

Katsuki a quand même l'impression qu'ils sont pas si proches que ça. Qu'avec ce qui s'est passé entre eux, ça a peut-être fait une tâche indélébile sur leur passé. Puis, ses problèmes d'émotions ont pas vraiment changé. Il sait pas s'exprimer. Donc les sujets importants, les mises au point, il arrive pas à les faire.

Il pourrait. Mais il en a pas la force.

Donc il voit une relation lui passer devant le nez parce qu'il peut pas avoir les couilles de regarder là où ça fait mal. Ça le fait se sentir comme un lâche, il s'en veut.

En attendant, le temps continue de passer.

Lors d'une soirée de nouvel-an avec quelques pro-héros, quelques-uns de leur potes de lycée, Izuku et Katsuki s'isolent.

Izuku est beau, il a une putain de belle gueule, et Katsuki aimerait l'embrasser. Il ose pas.

"Tu te rappelles quand on a ouvert la boîte de Pandore, Kacchan ?"

Il l'appelle toujours Kacchan. Fut un temps Katsuki trouvait ça chiant. Maintenant, ça lui fait battre le kokoro x100. C'est un peu idiot, mais c'est vrai.

"Ouais, je m'en souviens.

—Ça m'a attiré beaucoup de malheur, à moi. Je me demandais si toi aussi c'était pareil."

Katsuki est alors frappé par un sentiment très diffus. D'un, c'est en partie sa faute, s'il a eu du malheur... Pas que, après tout, il s'est pas intéressé des masses à son vécu à l'époque mais il a cru comprendre que tout n'était pas rose, et de deux, lui, sa boîte de Pandore, c'est lui-même.

Il déglutit, avant de secouer la tête, d'avaler une gorgée de bière.

"Tu sais, c'est la vie qui nous fait du mal. Pas une foutue boîte. En plus y avait rien dedans.

—Justement, c'est peut-être nous qui l'avons remplie, avec nos peines, nos souffrances. Et nos espoirs, aussi."

C'est vrai. Dans le mythe de Pandore, il y a l'espoir. C'est tout ce qui nous reste devant le malheur, et devant nos peines.

Peut-être qu'un jour, Katsuki arrivera à ouvrir sa boîte. Et à crever l'abcès sur plein de trucs.

En attendant, il acquiesce. Simplement.

Et le temps continue de passer. Les espoirs avec.


J'avais prévu, c'est un petit peu badant. Ça reste ouvert à interprétation, après.

Avis ? N'hésitez pas !

Merci d'avoir lu !