Hey \o/ Je m'impressionne moi-même, le chapitre suivant n'a pas mis si longtemps à arriver xD Merci beaucoup pour vos reviews \o/ Hésitez pas à en laisser pour me motiver :D J'espère que vous aimerez la suite !

Bonne Lecture \o/


CHAPITRE III : TOC TOC

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Vendredi 26 Mars, 18h30, Quartier Modeste de Piltover :

Non. Non ce n'est plus la peine, soupira Caitlyn au téléphone. Par contre je veux bien que tu passes toujours, continua-t-elle avant de presque jeter la poche de glace sur la table basse face elle, qu'elle avait maintenu sur certains de ses bleus nouvellement acquis suite à sa "petite balade" sur les toits. Non… C'est pour moi. Non, non, rien de grave. Juste….

Elle soupira de nouveau, un brin exaspéré par elle-même et toute cette situation stupide.

Je t'en parlerais en face et s'il te plaît… Ne dit rien à Jayce. Il n'a pas besoin de savoir ça. Oui je sais. Merci Viktor, je te revaudrais ça, termina-t-elle.

La conversation finit, elle posa son portable sur l'une des places vides du canapé qu'elle occupait et laissa tomber sa tête en arrière, fermant les yeux quand son crâne se reposa finalement sur le dessus du dossier du sofa.

Elle était lessivée. Rien ne s'était passé comme prévu. Elle n'avait rien fait de ce qu'elle voulait, elle n'avait pas eu les réponses qu'elle espérait, elle était courbaturée de partout, la connasse s'était faite la malle, on voulait sa peau et son enquête piétinait de plus en plus… Vraiment une journée au top ! Enfin… dans tout ça, elle pouvait tout de même s'estimer heureuse d'une chose… Elle était encore en vie et avec toutes les mauvaises décisions qu'elle avait prises aujourd'hui, c'était en fait un miracle qu'elle le soit.

Des coups à la porte se fit bientôt entendre et la Kiramman se redressa sans grande motivation. Elle n'était clairement pas du genre à se prélasser et passer des heures sans rien faire, mais là, elle avouait que juste se détendre était assez plaisant à penser.

Arrivé à mis parcours, Caitlyn se stoppa finalement, les muscles soudainement extrêmement tendus, alors qu'elle fixait son entrée, avec une certaine angoisse naissante. Elle n'attendait personne, du moins, pas maintenant. Viktor ne devrait pas arriver avant au moins 2 bonnes heures, alors qui pouvait-ce bien être ? On avait tenté de la tuer aujourd'hui. Quelqu'un voulait sa mort ! Et si la personne dans le couloir en voulait encore à sa vie ?

De nouveaux coups furent donnés, faisant presque sursauter la flic. Ok, on se calme. Elle n'allait quand même pas tourner parano aussi vite… Elle inspira un bon coup et s'approcha prudemment de son entrée, en faisant bien attention de saisir son arme à feu au passage et de vérifier que tout était fonctionnel. On l'avait eu par surprise la première fois, ceci ne se reproduira plus.

La tension monta à mesure qu'elle franchissait la distance qui la séparait de son visiteur surprise. Son cœur s'emballait de plus en plus et elle s'exaspérait au plus haut point pour ça. Ne pouvait-elle pas garder son sang froid comme elle le faisait habituellement ? Elle-

Kiramman ? Êtes-vous là ? intervint finalement une voix bien connue derrière la porte et les épaules de Caitlyn s'affaissèrent immédiatement.

"Idiote", s'insulta-t-elle mentalement pour avoir été si prompt à imaginer le pire scénario possible. Elle secoua la tête de sa propre bêtise et reposa son arme avant d'aller ouvrir la porte, plus aucune appréhension ne la suivant.

Ah, je commençais à m'inquiéter de ne pas avoir de réponse, salua sa visiteur une fois qu'elle eut ouvert l'entrée, son regard teinté d'inquiétude s'effaçant immédiatement pour laisser place à un sourire amical, quoi qu'un peu tendu.

Commissaire Grayson, salua respectueusement la Kiramman.

Elle s'apprêtait à continuer quand son regard dériva sur les deux flics qui flanquaient chaque côté de son supérieur, son regard devenant tout de suite suspicieux. Que se passait-il exactement ? Cela ne ressemblait aucunement à une simple visite de courtoisie…

Le commissaire sembla détecter ses pensées et c'est avec peu de joie qu'elle reprit la première, afin d'expliquer son arrivée ici.

J'ai eu une conversation… intéressante avec Monsieur Tallis aujourd'hui, déclara-t-elle.

Le sang de Caitlyn sembla se figer à cette information. Attendez quoi ? Il n'avait quand même pas osé faire ce qu'elle pensait, si ?

Il a beaucoup hésité à parler, mais votre sécurité à primer pour lui et il a eu bien raison, ajouta Grayson. On a tenté de vous tuer aujourd'hui Caitlyn. Comment avez-vous pu penser que garder cela pour vous serait une bonne idée ?

Sa cheffe était visiblement contrariée, tendue, mais comme à son habitude, elle restait toujours posée, empreinte d'une certaine douceur avec elle, comme si elle comprenait, sans même d'explication de sa part, pourquoi elle avait prise une telle décision, aussi stupide soit-elle.

Je….

La main de Caitlyn se crispa sur la poignée de la porte qu'elle maintenait toujours. Putain, il l'avait vendu quoi… Elle lui avait expressément demandé de ne pas le faire et il ne lui avait pas fallu quelques heures avant qu'il en parle directement à sa supérieure… L'une des personnes qu'elle voulait justement éviter de mettre au courant.

Bien, soupira la plus âgée, quand elle se rendit compte que son agente n'ajouterait rien, se murant dans un silence tendu. Comme vous vous en doutez probablement, nos collègues vont emmener immédiatement votre agresseur au poste, quant à moi… elle fit une pause, mettant les mains dans son dos, visiblement pas plus heureuse de dire ses prochains mots que Caitlyn serait en les entendant. Je vais récupérer tous vos dossiers sur votre enquête en cours. Vous avez été découvert et je ne peux risquer votre vie ainsi.

Non, non, non, non, non. Ce n'était pas réellement en train de se passer. Elle s'était en réalité endormie sur son canapé, épuisée de sa journée et elle rêvait toute cette scène. Son meilleur ami ne l'avait pas vendu. Sa supérieure n'était pas devant sa porte, à la destituer de son affaire sur laquelle elle avait travaillé avec tellement d'acharnement et sur laquelle elle l'avait elle-même mise. Oui c'était un rêve. Tout ceci n'était qu'un putain de rêve. Cela DEVAIT être un rêve !

Vous… Vous ne pouvez pas faire ça madame, finit par déclarer Caitlyn, devant user de tout son self contrôle pour ne pas trop bégayer, ses yeux bleus fixant la commissaire sans vraiment la voir.

Les épaules de Grayson semblèrent s'affaisser imperceptiblement et son regard devint immédiatement plus compatissant.

Si, je le peux et je vais le faire. Votre sécurité passe avant tout Kiramman, expliqua-t-elle avec une certaine douceur, avant de faire un signe de tête aux deux policiers derrière elle, qui se mirent immédiatement en mouvement et s'avancèrent vers la jeune femme pour pénétrer chez-elle.

Celle-ci continua de leur barrer la route un moment, puis après un dernier échange de regard avec sa supérieure, elle se décala de l'entrée, les laissant ainsi passer. Ses épaules s'affaissèrent au maximum, son air devenant quelque peu impuissant alors que son contrôle sur sa vie glissait entre ses doigts sans qu'elle ne puisse faire quoi que ce soit…

Grayson s'avança à son tour afin de pouvoir discuter avec la jeune femme à l'abris des oreilles indiscrète du couloir et du voisinage. Une fois la porte fermée, les deux agents des forces de l'ordre restèrent silencieusement dans l'entrée, les deux autres flics recherchant l'agresseur, sans savoir encore qu'elle n'était en réalité plus là.

Je suis désolé de devoir en arriver là Caitlyn. Ce n'est pas pour vous punir, finit par reprendre la commissaire, n'appréciant clairement pas la situation elle aussi.

Son interlocutrice croisa les bras, gardant une expression aussi neutre que possible..

Je le sais. Mais… C'est difficile de ne pas le prendre comme telle, répondit Kiramman, la gorge quelque peu nouée.

Deux ans. Elle avait passé près de deux ans sur cette enquête et au final… Tout ceci serait pour rien. On lui retirait… Elle serait donnée à quelqu'un d'autre et elle ne pouvait rien ni faire… Jayce allait l'entendre…

Grayson se tourna complètement dans sa direction, la fixant avec attention, se qui mit la brune aux reflets bleus, quelque peu mal à l'aise. Il y avait des personnes comme ça, qui possédaient une telle prestance, un regard si intense, qu'il était difficile de rester de marbre lorsque l'on se tenait à leurs côtés. La commissaire faisait clairement partie de ce genre d'individus. Elle inspirait le respect sans même avoir à dire quoi que ce soit. Caitlyn avait toujours trouvé ça fascinant et le plus incroyable selon elle, était que Grayson n'avait jamais utilisé cette faculté à mauvais escient, contrairement à tant d'autres gens.

Cette femme était l'incarnation même de la droiture et du modèle de la Justice que ce faisait la Kiramman. Elle connaissait la cinquantenaire depuis qu'elle était enfant, celle-ci ayant toujours eu des liens avec ses parents et aussi loin qu'elle s'en souvenait, elle avait toujours tenté de suivre le modèle de cette personne incroyable, combien même sa mère s'en retrouvait exaspérée de ce fait. Elle était un peu comme… Son héros d'enfance et contrairement à ce que l'on disait : Non, on ne se trouvait pas toujours déçu de rencontrer ses héros. Elle, elle l'avait fait et elle n'était clairement pas déçue d'avoir la chance de travailler sous ses ordres depuis maintenant plusieurs années.

Cependant, si elle n'était pas déçue, elle se sentait aujourd'hui honteuse. Elle avait échoué à résoudre l'enquête que la commissaire lui avait elle-même confiée avec une confiance qui semblait si dure pour elle à acquérir au commissariat. Elle se sentait maintenant indigne de cette confiance. Ses autres collègues avaient finalement peut-être raison. Elle n'avait rien à faire en tant que flic, elle-

Vous recommencez, intervint Grayson, coupant subitement le fil de penser de Caitlyn, qui l'avait laissé quelque peu coupé de ce qui l'entourait.

Je- Pardon ? reprit-elle en se reconnectant subitement à la réalité, ne comprenant pas ce que sa supérieure voulait dire.

Un léger sourire amusé étira les lèvres de la cinquantenaire, celui-ci devenant petit à petit affectueux lorsqu'elle reprit :

Caitlyn, je vous connais depuis que vous êtes haute comme trois pommes. Ce qui n'est de toute évidence plus le cas, s'amusa-t-elle de nouveau en observant bien que malgré sa propre grande taille, la jeune policière la dépassait de quelques centimètres. Je suis prête à parier ma place de commissaire que vous êtes actuellement en train de vous fustiger et de remettre en cause votre intégration au sein de la police.

Caitlyn ouvrit la bouche et la referma plusieurs fois.

Euh… Euh… Je.. N- non.

Comment faisait-elle pour toujours savoir ce genre de chose ! Lisait-elle dans les pensées ou quoi ?! Ou alors était-elle un tel livre ouvert ? Non, non elle ne le pensait pas. Elle ne l'était pas n'est-ce pas ? Elle commençait sérieusement à se poser la question à force de cotoyer cette femme. Le sourire de Grayson s'élargit.

Bien. Eh bien si jamais ceci était le cas, sachez que cette voix dans votre tête vous ment, reprit-elle, avant de redevenir plus sérieuse, parlant toujours avec cette honnêteté que Caitlyn aimait tant. Si vous êtes actuellement dans cette situation aujourd'hui, c'est justement parce que vous avez fait du très bon travail et je ne regrette pas un seul instant de vous avoir confié cette mission, si ce n'est pour vous avoir mise en danger. Vous êtes talentueuse Caitlyn, ne doutait jamais de ça. Je ne le fait pas pour ma part.

Ok, la jeune femme se retrouva encore une fois sans mots, ne sachant que dire devant cette confiance et ce respect en ses capacités dont elle peinait à ne pas douter elle-même dans certains cas. C'était une chose qu'une personne apprécie et valorise votre travail, s'en était une autre lorsque c'était une personne dont vous vouliez précisément attirer le respect et la fierté.

Elle se redressa légèrement fasse à ce petit discours d'encouragement, retrouvant tout son aplomb et le sang froid qui la caractérisait la plupart du temps. Cependant, ceux-ci ne durèrent pas longtemps, la réalité de la situation se rappelant vite à elle…

Commissaire, il n'y a personne d'autre dans cet appartement, signala l'un des deux policiers, qui étaient maintenant de retour dans l'entrée.

Le regard intense de Grayson passa des deux hommes en uniforme, puis de nouveau sur Caitlyn, de toute évidence en attente d'explication.

Monsieur Tallis m'a bien mentionné que vous gardiez votre agresseur captif le temps de lui poser des questions. Alors dites-moi. Où se trouve-t-il maintenant ?

Ok, comment ne pouvait-elle pas juste mourir de honte maintenant ? Grayson venait de la féliciter pour son travail, venait de lui montrer une confiance et un respect qu'elle avait rêvé de gagner et maintenant, elle devait avouer avoir merdé du début à la fin ? Elle devait la regarder droit dans les yeux, lui dire clairement qu'elle avait voulu mentir pour garder le droit d'enquêter, qu'elle avait abusé de son pouvoir de flic pour garder son agresseur et l'interroger sans aucun protocole et qu'en plus de ça, elle avait réussi à lui filer entre les doigts ?

…. Elle se dégoûtait… Aujourd'hui, elle ne valait pas mieux que les flics véreux contre lesquels elle se battait…

Devant le silence de Caitlyn et son regard fuyant, la femme à la peau foncée finit par faire un signe de tête à ses deux acolytes, leur demandant silencieusement de laisser les deux filles seules à seules. Ceux-ci s'éxécutèrent sans mot dire, laissant l'appartement toujours aussi silencieux.

Caitlyn…. Où est-il ? finit par reprendre Grayson, la voix assez ferme.

Minable, minable, MINABLE….

Elle… C'est enfui.

La commissaire la regarda un instant, attendant que la brune fasse de même, mais elle ne le fit jamais. Elle secoua alors la tête et lâcha un soupir.

Donnez-moi sa description, nous la ferons rechercher activement pour être sûre que vous n'aurez plus rien à craindre de son côté.

Quoi, c'est tout ? lâcha Caitlyn, perplexe, regardant enfin de nouveau la cinquantenaire.

Que voulez-vous dire ?

J'ai, j'ai merdé du début à la fin et vous n'allez même pas dire quelque chose à ce sujet ? s'exaspéra presque la Kiramman, pour qui cela semblait inconcevable.

Grayson la fixa encore un instant en silence, le corps toujours bien droit, son maintien presque militaire.

Vous le faites parfaitement bien toute seule, je me trompe ?

L'interrogée ouvrit la bouche et encore une fois en moins de quelques minutes, elle ne sut quoi répondre.

Je vais tout de même ajouter quelque chose. J'espère réellement que cette expérience vous servira de leçon agent Kiramman et que vous ne commettrez plus d'actes aussi inconsidérés.

Elle était bien trop gentille avec elle. Elle méritait clairement plus de reproches… Caitlyn hocha cependant la tête pour faire comprendre à son interlocutrice qu'en effet, elle avait retenu la leçon et qu'elle ne recommencerait plus à jouer avec ses propres règles à l'avenir. Du moins… Aussi longtemps jusqu'à la prochaine fois….. Parce que pour être honnête envers elle-même… Caitlyn savait pertinemment que suivre les règles et le protocole à la lettre n'avait jamais été vraiment son fort… Particulièrement quand celui-ci entravait ses convictions et quelque part, elle était sûre que Grayson le savait parfaitement aussi.

Bien. Sa description ?

La jeune femme épuisée de sa journée interminable lâcha un petit soupir et entreprit de se souvenir de son agresseuse et de ce ui pourrait-être utile pour la retrouver.

C'est une femme, d'environ mon âge je dirais. Entre 1m65 et 1m70. Silhouette sportive. Les cheveux roses/rouges coupés court sur le côté gauche. Plusieurs cicatrices sur le visage, en particulier à la lèvre et l'arcade. Un tatouage aussi. En forme de 6 en chiffre romain placé sur la pommette gauche.

Les sourcils de Caitlyn commencèrent à se froncer à mesure que ceux de son interlocutrice le faisaient au fil de sa description.

Autre chose ? demanda Grayson, le regard concentré, perdu dans le vague, se frottant le menton entre ses doigts.

Hum, non, je ne crois pas, déclara Caitlyn en observant sa supérieure. Je pense que c'est assez non ? Elle est dû genre assez reconnaissable.

Pas de réponse, le regard de la commissaire toujours fixé sur un point invisible.

Est-ce que… Vous la connaissez ?

Où sont les dossiers de votre enquête ? J'aimerais les récupérer maintenant.

Caitlyn fronça encore davantage les sourcils devant cette esquive, ne réagissant même pas à la demande qui signait réellement la fin de l'enquête pour elle. Elle l'avait parfaitement entendu, elle le savait, Grayson avait donc consciemment éviter de répondre. Pourquoi ? Qui était cette fille ? D'où la connaissait-elle ? Parce qu'elle la connaissait, elle en était sûre, son absence de réponse étant une réponse en soi.

Holala, elle n'aimait pas du tout le mystère qui commençait à s'installer… Cette histoire semblait bien plus grosse qu'il n'y paraissait et elle se connaissait… Elle n'était clairement pas sûre de réussir à se retenir de chercher les réponses à ses questions qui devenaient de plus en plus nombreuses avec le temps.

Pitié, que sa conscience écoute la voie de la raison et évite de l'emmener de nouveau dans des situations ingérables comme elle l'avait fait aujourd'hui…. Sinon elle ne donnait pas cher de sa peau.

•••

Mardi 30 Mars, 15h25, Appartement délabré, Bas-Quartier de Piltover :

Fait chier…..

Avachie dans son vieux canapé miteux, Vi grimaça de douleur, tandis qu'elle avait malencontreusement osé bouger un muscle. Cela faisait un peu plus de trois jours maintenant depuis sa course poursuite sur les toits et le moins que l'on pouvait dire, c'était que son cas ne s'était pas arrangé…

Un bruit étrange se fit entendre non loin d'elle et elle sursauta, ses muscles se crispant immédiatement avec anticipation, comme si elle s'attendait à se faire attaquer d'une seconde à l'autre. Bien évidemment, ses traits crispés ne firent que s'accentuer davantage devant le mouvement et elle lâcha finalement un soupir de lassitude, puis un ricanement moqueur. Elle n'était pas subitement prise en embuscade par elle ne savait quel crétin sur la très longue liste de personne qui voulait sa peau, elle était simplement toujours envahi par sa coloc de fortune, qui se montrait de plus en plus envahissante depuis qu'elle passait le plus clair de son temps à somnoler sur le canapé.

Elle était tellement risible… Elle était loin la guerrière à la constitution d'acier… Elle sursautait au moindre bruit suspect qui pouvait signaler sa mort imminente ou l'arrivée de putains de flics pour la ramener en enfer. Elle n'avait plus un rond pour payer quoi que ce soit, se ferait bientôt expulser de ce taudis et mourrait probablement de faim en pourrissant dans une ruelle quelconque. Enfin ça, c'était si ses blessures non soignées par faute de moyen, ne la tuaient pas avant…

Elle avait survécu six ans en enfer, mais passer quelques semaines dehors se montrait plus mortel… Quelle ironie….

On se met à l'aise à ce que je vois, commenta Vi en observant d'un air fatiguée la petite souris qui se tenait non loin de ses pieds, mangeant quelques miettes de chips qui traînaient par là.

Vu d'ici, l'animal n'avait pas vraiment l'air plus en forme qu'elle-même, de toute évidence, elle était en assez sérieuse sous-nutrition.

T'inquiète, d'ici deux trois jours t'auras un cadavre entier à manger, ricana sans joie la femme aux cheveux rouges.

Les minutes passèrent, peut-être même les heures, elle ne savait pas trop. Son esprit semblait la plupart du temps dans un brouillard épais et le simple fait de devoir se lever la rendait nauséeuse.

Hey, j'ai dis dans deux, trois jours, grogna légèrement Vi, en apercevant la souris grimper simplement sur ses jambes, afin de monter sur le canapé et chercher d'autres miettes à grignoter.

C'était dingue… Elle était tellement dans un état pitoyable actuellement, qu'elle ne faisait même pas peur à une bestiole minuscule… Elle était persuadée que même son propriétaire rachitique pourrait la mettre KO sans mal à l'heure actuelle.

Putain…

TOC TOC —

Ok, cette fois-ci elle sursauta réellement, son cœur s'emballant immédiatement au bruit qui résonnait sur sa porte d'entrée. Une dose de panique et d'adrénaline fulgurante glissèrent dans ses veines, lui faisant complètement oublier la douleur le temps d'un instant.

Qui que soit la personne qui avait frappé à sa porte, cela ne pouvait être que mauvais… Des crétins venus se venger ? les clébards stupides de Sévika ? son propriétaire à la tête de sale fouine venue la mettre à la rue ? La police qui avait retrouvé ses traces ?

TOC TOC —

Elle ferma les yeux, une main sur ses côtes de plus en plus endommagées, sa mâchoire se crispant au maximum. Qu'est-ce qu'elle pouvait faire au juste ? Elle se savait incapable de recommencer ses petits exploits sur les toits pour fuir. Elle ne pourrait probablement pas se battre contre qui que ce soit… Elle ne pouvait juste… Rien faire.

Peut-être que si elle ne faisait aucun bruit, son visiteur penserait qu'elle n'était pas là et partirait simplement. Oui, oui, ça pouvait marcher non ? Elle se moqua encore d'elle-même. C'était quoi cette tactique de faible pétochard au juste ? Cela dit, actuellement, elle ne se sentait pas vraiment dans l'état de faire autre chose. Elle resta donc immobile, le cœur toujours battant à une vitesse anormal, le temps semblant étrangement figé tout à coup, alors qu'elle espérait enfin avoir un peu de chance sur ce coup-là.

Tss… Chance ? Quel était ce mot ? De toute évidence, il était inconnu de sa vie, parce que là, la personne sur le palier ne semblait nullement partir devant son absence de réponse… Non au contraire… Elle était blessée, mais pas sourde et elle comprenait parfaitement au petit bruit à sa porte, que son visiteur surprise tentait tout simplement de crocheter sa serrure…

Vi serra la mâchoire, une certaine rage montant en elle devant cet acharnement avec laquelle la vie semblait vouloir la faire chier. Bien… Le destin voulait lui faire comprendre que c'était la fin pour elle ? Parfait ! Eh bien au risque de le décevoir, si elle devait mourir aujourd'hui, elle ne le ferait pas sans se battre !

Déterminé et de nouveau envahi par sa plus fidèle amie l'adrénaline, Vi finit par se lever de son canapé et saisit une batte de baseball, avant de se cacher dans un angle mort de la porte d'entrée. Qui que soit l'individu de l'autre côté du mur, il avait intérêt à être solidement accompagné !

Vi fixa la poignée de la porte, essayant de garder son souffle le plus régulier et silencieux possible. Toute son attention était focalisée sur ce qui allait venir, l'empêchant de penser à la douleur. Elle était actuellement en mode survie comme elle avait tant dû l'être au cours de sa courte vie.

La poignée bougeait légèrement, ce n'était plus qu'une question de seconde avant que la serrure ne cède. Ses mains devinrent de plus en plus moites, son souffle, court, puis… La porte s'entrouvrit et son "visiteur" eux à peine le temps de mettre un pied dans son appartement, que la femme aux cheveux rouges abattit son arme sur lui.

Cependant, celui-ci semblait avoir de meilleurs réflexes que prévus et esquiva au dernier moment l'attaque surprise, avant de contre-attaquer pour désarmer son adversaire. Une petite bataille s'ensuivit rapidement, mettant à mal le corps blessé de la Zaunienne et c'est finalement à bout de souffle qu'elle se retrouva subitement poussée dans le canapé, un révolver pointé sur la tête.

Ce n'est pas très agréable comme sensation n'est-ce pas ?

Le regard gris/bleu de Vi fixa le canon sans rien voir d'autre, avant que finalement son attention soit portée sur cette voix qui avait prononcé ces mots. Attendez… Ce n'était quand même pas….

Toi ? lâcha-t-elle entre consternation et exaspération, alors qu'elle tombait sur le regard bleu et sérieux de son ancienne "cible".

Caitlyn ne répondit pas, gardant un air fermé et son arme à feu braquée sur la Zaunienne, avec une certaine distance de sécurité pour éviter qu'elle contre-attaque par surprise, ou pour qu'elle tente de fuir à nouveau.

Non mais c'était une blague ! Qu'est-ce que cette putain de flic faisait ici ?! Comment l'avait-elle retrouvé en premier lieu et POURQUOI ?! Elle n'en avait pas assez eu la première fois ? Elle qui pensait être inconsciente tant elle était impulsive… Mais cette fille n'était-elle pas pire ?! Parce que contrairement à elle, elle semblait agir après réflexion ! Et quel genre de personne censée pouvait se pointer seule dans un quartier peu fréquentable quand on était flic de Piltover et partir à la recherche de la personne qui avait tenté de la tuer quelques jours plus tôt ?

Franchement, de toutes les personnes qu'elle avait imaginé franchir cette porte… La Piltovienne n'était même pas dans cette liste…

Le silence s'éternisa et Vi finit par avoir un rictus moqueur :

Bon, t'es là juste pour admirer la vue et montrer ton gros canon, ou il y a une réelle raison pour ta petite visite surprise ?

La Kiramman ne répondit pas immédiatement, observant d'abord l'ex détenue avec une attention assez particulière, concentrée, puis finalement elle répondit avec toujours autant de sérieux :

Admirer quoi ? Vous êtes une vraie loque, indiqua-t-elle en mentionnant bien évidemment l'état assez pitoyable dans lequel se trouvait Vi, avec une véracité assez tranchante.

Celle-ci eut un autre rictus.

Y'a pas à dire, tu sais parler aux femmes.

Assez de plaisanterie, reprit Caitlyn, toujours aussi renfermée. On va pouvoir reprendre où l'on s'est arrêtée.

La boxeuse rit de nouveau avec une moquerie évidente.

Regardez-là la petite princesse qui ne supporte pas qu'on lui dise non et qu'on ne fasse pas ce qu'elle demande. Alors quoi ? Tu l'avais si mauvaise d'avoir perdu, que tu ma stalker jusqu'ici ?

Je n'ai pas perdu.

Alors si ça c'est pas de la mauvaise foi ! Haha. Tiens regarde, tu la vois la souris là ? reprit Vi, toujours un rictus aux lèvres, en désignant d'un signe de tête sa colocataire plus loin.

Vous croyez vraiment que je suis si stupide pour tomber dans ce genre de piège et vous quitter des yeux ?

Oh oui, je sais que je suis magnifique et très intéressante à regarder, mais y'a vraiment une souris.

Caitlyn ne tourna toujours pas son attention sur autre chose que cette femme qui l'exaspérait déjà au plus haut point en moins de 5 minutes. Le sourire narquois et nonchalant de celle-ci, alors même qu'une arme était pointée sur sa tête, lui donnait follement l'envie de lui arracher du visage.

Cela dit, un léger mouvement dans sa vision périphérique attira sans le vouloir son attention et elle tomba en effet sur une petite souris qui déambulait dans le salon. Sans vraiment s'en rendre compte, son regard observa finalement rapidement la pièce et une légère grimace de dégoût se dessina sur ses traits, en se rendant compte de l'état déplorable de cet appartement. Qui pouvait vivre dans un truc pareil sérieusement ?

Oui, désolé princesse si cette demeure ne sied point à vos normes de conforts et d'esthétisme, continua de se moquer la Zaunienne. Mais revenons-en à nos souris. Tu vois, je l'ai baptisée Kiramman en ton honneur. Elle aussi à la fâcheuse tendance à se prendre pour un chat et à sauter de hauteur où elle ne devrait pas le faire.

Caitlyn tourna de nouveau son attention vers son ancienne agresseuse, un air légèrement contrarié sur le visage.

Et vous vous trouvez drôle ?

Absolument ! Je me fais rire tous les jours. Tu devrais d'ailleurs penser à le faire de temps en temps, parce que sinon je pense que cette ride entre tes sourcils va bientôt se trouver incrustée dans ta peau.

Un léger rictus finit par apparaître sur les lèvres de la flic :

Allez-y, continuez votre sarcasme pour cacher votre impuissance et votre inquiétude si ça vous chante, vous n'avez ici que de la gueule.

Bien, quelque part, elle marquait un point… Elle n'était vraiment pas en état de reprendre le contrôle de la situation… Pas pour le moment en tout cas, mais si elle pensait l'avoir aussi facilement, elle se trompait. Il n'y avait pas qu'avec les poings où elle savait frapper…

Dixit la petite princesse perdue dans la basse ville, qui se prend pour une guerrière et qui se sent obligée de maintenir une arme sur la tête d'une fille désarmée et blessée pour se sentir au contrôle d'une situation qui de toute évidence lui échappe complètement.

Caitlyn serra imperceptiblement la mâchoire, essayant de garder un contrôle parfait, malgré le fait que les mots balancés par la Zaunienne n'étaient peut-être pas totalement faux… Elle ne contrôlait probablement rien du tout…

On avait tenté de la tué, elle avait failli mourir deux fois en une journée, on lui avait retiré son affaire, elle s'était disputée avec son meilleur ami, elle était resté impuissante à tourner en rond dans son appartement tout le week-end, à ne pouvoir rien faire d'autre que constater que sa vie glissait doucement entre ses doigts, puis elle en avait eu assez et elle avait finit par faire ce qu'elle avait promis à Grayson de ne pas faire…

Elle était partie pour continuer d'enquêter de son côté, parce qu'il était impossible pour elle de reprendre un tant soit peu une vie normale, quand elle savait tout ce qui pouvait se passer dans l'ombre des forces de l'ordre…

Cela dit, cette connasse pouvait ravaler son petit sourire fier, parce que si elle croyait vraiment l'avoir cernée et avoir gagné aussi facilement, alors elle se trompait lourdement.

Vous-

Tir.

La Kiramman fronça les sourcils.

Pardon ?

Eh bah tir, ricana Vi en se redressant légèrement du canapé, rapprochant sa tête du canon tout en se maintenant les côtes. Tu me menaces depuis tout à l'heure avec ton arme là. C'est que t'es prête à t'en servir non ? Alors vas-y tire, parce que je ne te dirais rien de plus que je t'ai déjà dit la dernière fois que tu m'as posé tes questions.

Il y eut un silence, les deux femmes se défiant simplement du regard. Vi sentait parfaitement que la fille devant serait incapable de tirer et elle savourait déjà sa victoire de voir la Piltovienne confirmer ses dires. Ce qu'elle fit quelque secondes plus tard, abaissant son arme, Vi gagnant immédiatement un sourire victorieux et arrogant.

Je ne vais pas vous menacer.

Encore heureux ! Parce que t'es vraiment très mauvaise pou-

Je suis là pour vous proposer un marché, coupa la flic, l'air de plus en plus sérieuse.

Vi entrouvrit la bouche, aucun mot ne réussissant à sortir. Elle était surprise, elle devait l'avouer. Alors maintenant, cette fille voulait passer un marché avec la fille qui avait tenté de la tuer ? Non mais il y avait vraiment quelque chose qui ne tournait pas rond dans la tête de ces Piltoviens… Elle lui avait semblé plus intelligente que ça au lycée…

Finalement, un rictus se dessina sur ses lèvres, puis bientôt, un rire retentit dans l'appartement, Caitlyn fronçant les sourcils à cette réaction.

Un marché ? Tu veux me proposer un marché ? Toi ? se moqua Vi, se levant du canapé aussi dignement que possible, Caitlyn se mettant immédiatement sur ses gardes. Dis-moi la petite princesse, qu'est-ce que toi, la petite flicaille de Piltover pourrait bien m'offrir d'intéressant ?

Elle fixa la policière, attendant une réponse qui tardait à venir. Alors quoi ? Elle venait avec aucune carte en main en plus ? Non mais… Ok, elle savait que la police n'était qu'un ramassis de bon à rien, mais elle avait tout de même espéré avoir un meilleur niveau avec elle… Sérieusement, mais qu'est-ce qui avait bien pu l'attirer chez cette fille lorsqu'elles étaient au lycée…

Je ne sais pas, reprit Caitlyn avec un sang froid total, qui fit légèrement tilter l'ex prisonnière. Je ne sais pas si vous êtes au courant, vous qui dénigrez tant la police, mais retrouver des gens fait partie de nos attributions. Comment croyez-vous que je vous ai retrouvé ? D'ailleurs en vous cherchant… J'ai cru comprendre que vous cherchiez vous-même quelqu'un, continua-t-elle, laissant quelque peu traîner son discours, comme pour laisser un certain suspense.

Le cœur de Vi s'arrêta subitement quelques secondes à ces mots, comprenant parfaitement où voulait en venir son interlocutrice…

Un lourd silence s'installa alors, le sourire de Vi, peu importe sa forme, ayant totalement disparu, son regard fixant juste intensément la femme devant elle, qui en réalité… Semblait avoir bien plus de cartes en main qu'il n'y paraissait…

Alors la chose est simple. Répondez à mes questions et de mon côté, je vous aiderai à retrouver cette fameuse Powder.

Ok… Elle avait même totalement les cartes en main.


Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui \o/ Hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé.

Prenez soin de vous et à bientôt !