Encore merci de suivre cette fic !
Voici la suite !
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CHAPITRE 7
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Dans l'après-midi, Marinette et Adrien s'attelèrent à organiser les affaires d'Adrien dans sa chambre. La pièce n'était pas bien grande, et le jeune homme se demandait s'il n'avait pas pris trop de choses en définitive.
Marinette s'agitait autour de lui, ouvrant placards et tiroirs pour en sortir des habits ou bien en déplacer leur contenu. Lorsqu'Adrien comprit qu'elle était en train de vider l'armoire et la commode pour faire de la place pour ses propres affaires, il l'arrêta.
- Attends, ne retourne pas toute la chambre, où est-ce que tu vas mettre tout ça ? Ce n'est pas la peine de tout sortir, tu peux laisser ces affaires ici. Je vais laisser les miennes dans mes sacs et je piocherai dedans, ça sera bien plus simple, tu ne penses pas ?
- Mais ça ne va pas être du tout pratique pour toi, il te faut quand même un placard et des tiroirs, tu ne vas pas laisser tes affaires dans tes valises, lui répondit-elle les sourcils froncés. C'est ta chambre maintenant, installe-toi comme il faut. Tu seras plus tranquille une fois que tu auras tout rangé. Viens, je vais t'aider, ne t'inquiète pas. A nous deux, on ira plus vite.
A ces mots, une douce chaleur se diffusa sous la poitrine d'Adrien.
« Sa » chambre.
Il aimait de plus en plus cette idée. Il était touché de voir que Marinette et ses parents ne le considéraient pas comme un invité mais véritablement comme un membre de la famille à part entière, et qu'ils étaient prêts à lui faire la place nécessaire pour qu'il se sente bien chez eux.
- Je vais te libérer une étagère dans la salle de bain pour tes affaires de toilette, continua Marinette. Quoi que, se reprit-elle, une lueur espiègle s'allumant dans ses yeux bleus. J'ai vu la taille de ton vanity, je crois qu'il va falloir construire une pièce en plus dans l'appartement dédiée uniquement à tes produits de beauté.
- Je confirme, lança Plagg d'un air blasé. De vous deux, je ne suis pas certain que ce soit Miss Couettes qui prenne le plus de temps pour se préparer le matin. Le gamin passe toujours des heures sous la douche.
- Hey ! s'exclama Adrien d'un air vexé. Je suis mannequin, je suis obligé de prendre soin de moi ! Tu crois que cette peau incroyablement douce, ces cheveux soyeux et ce corps de rêve sont tombés du ciel ? répliqua-t-il en se désignant d'un mouvement de haut en bas de ses deux mains, le torse gonflé de fierté.
- Ton humilité et ta modestie sont vraiment tes plus grandes qualités Chaton, répliqua Marinette en croisant les bras sur sa poitrine d'un air goguenard.
- Je rajouterais également sa simplicité à ta liste, renchérit Plagg.
- Plagg ! Tu es mon kwami, tu es censé être de mon côté ! s'indigna Adrien.
- Que veux-tu, je découvre que Miss Bug ici présente possède un potentiel machiavélique insoupçonné ainsi qu'un certain talent pour te faire tourner en bourrique, et en plus, elle m'offre du camembert. Je sens qu'on va bien s'entendre.
Marinette éclata de rire face à la mine déconfite d'Adrien, et présenta son poing fermé à Plagg qui s'empressa d'y coller sa minuscule patte, le sourire jusqu'aux oreilles.
Encore 24h plus tôt, la jeune fille n'aurait jamais cru être capable de taquiner Adrien aussi ouvertement. Mais de voir le garçon le plus discret et le plus humble qu'elle connaissait agir soudain comme son alter ego masqué l'étonnait et l'amusait, et les deux identités du jeune homme se superposaient devant elle avec de plus en plus de facilité. Marinette était ravie de constater qu'elle était à présent beaucoup plus à l'aise en sa compagnie, et elle espérait de tout cœur ne plus jamais redevenir la Marinette bégayante et fuyante qu'elle avait toujours été en sa présence.
Adrien prit un air boudeur.
- Est-ce que c'est trop tard pour changer de kwami ? demanda-t-il en se tournant vers Tikki qui le regardait d'un air complice. Tikki a l'air tellement plus gentille et agréable à vivre.
Tikki laissa échapper un petit rire et voleta vers lui.
- Désolée Adrien, c'est toi qui a hérité de cette vieille chaussette qui pue, il faut que tu fasses avec, dit-elle d'un ton compatissant, tandis que Plagg poussait un cri outré dans son dos.
Adrien éclata de rire, et Marinette réalisa que c'était la première fois depuis qu'il était arrivé qu'elle l'entendait rire ainsi. Ce rire lui fit chaud au cœur.
- « Vieille chaussette qui pue » ? lança Adrien, amusé. Je ne savais pas que tu avais un petit surnom, je crois que je vais t'appeler comme ça maintenant.
Pour toute réponse, Plagg lui tira la langue en grommelant. Marinette gratouilla le petit kwami entre ses deux oreilles, lui arrachant instantanément un ronronnement.
Adrien et Marinette tendirent soudain l'oreille lorsque des éclats de voix leur parvinrent du couloir : Tom et Sabine étaient en train de remonter de la boulangerie.
- Vite, cachez-vous, souffla Adrien en faisant signe à Plagg et Tikki de se mettre à l'abri dans la grande poche avant de son sweatshirt. Les deux kwamis disparurent en une fraction de seconde, juste à temps.
- Vous vous en sortez les enfants ? appela Sabine en passant sa tête dans l'entrebâillement de la porte. On a fermé la boulangerie une petite demi-heure, vous voulez faire une pause dans votre rangement et prendre un goûter avec nous ?
- On arrive ! répondit aussitôt Adrien d'un air gourmand qui fit sourire Marinette.
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- Il ne nous reste plus grand chose à ranger, on a bien avancé, annonça Marinette en reprenant un cookie dans l'assiette posée devant elle. Il faudra juste te trouver un coin pour tes affaires de cours et c'est bon.
- Vous n'avez pas traîné les enfants, quelle efficacité ! s'exclama Sabine. Au moins, tu seras installé dès ce soir Adrien !
Adrien hocha la tête de haut en bas avec un sourire ravi.
- J'y pense, réfléchissait Tom tout haut. On a certainement de quoi te monter un bureau à la cave, on a encore des tréteaux et un plateau comme le bureau que tu as déjà Marinette... Le seul problème, c'est qu'il n'y aura pas assez de place dans ta chambre Adrien, peut-être qu'on pourrait t'installer dans la chambre de Marinette pour travailler ? Qu'est-ce que tu en dis ma chérie ? A moins que tu n'aies pas envie de partager ton espace vital avec Adrien, ajouta-t-il avec un sourire espiègle.
Marinette rougit légèrement mais ne se démonta pas face aux taquineries de son père.
- Mais non, au contraire, c'est une très bonne idée, qu'est-ce que tu en dis Adrien ? On pourrait même travailler ensemble de temps en temps comme ça. Enfin... si ça te dit, bien sûr.
- Tu es sûre que ça ne te dérange pas que je squatte ta chambre comme ça ? demanda Adrien d'un air embarrassé.
- Absolument pas ! répondit-elle vivement avec un grand sourire.
- Parfait alors ! fit Tom. J'irai chercher le bureau tout à l'heure.
Adrien le remercia profusément et reporta son attention sur la part de cheesecake dans l'assiette devant lui, l'esprit ailleurs. Il ne savait décidément plus quoi dire face à tant de bienveillance.
- Et... Pour le lycée, commença Sabine, choisissant soigneusement ses mots pour aborder un sujet qu'elle sentait sensible. Qu'est-ce que tu vas faire mon grand ? C'est important que tu continues tes études, mais il faut que tu penses à toi aussi. Du coup, est-ce que tu souhaites y retourner lundi ?
Cette idée noua instantanément la gorge d'Adrien et son visage perdit ses couleurs. Le jeune homme dut bien admettre que l'idée de retourner au lycée et d'affronter le regard des autres ne l'enchantait guère.
- On comprend tout à fait que tu n'aies pas forcément envie d'y retourner tout de suite. Tu as le droit de vouloir prendre du temps pour digérer tout ça. Si tu ne te sens pas d'y remettre les pieds pour le moment, tu devrais demander au proviseur de continuer à suivre tes cours à distance, je suis sûre que ça ne devrait pas poser de problème. Tu pourras rester un peu au calme ici en attendant que tout ça se dissipe un peu. Qu'est-ce que tu en penses ?
Adrien resta silencieux, évaluant tous les cas de figure possibles, mais la solution que Sabine lui offrait restait la plus tentante à l'heure actuelle.
Il redressa la tête, semblant avoir soudain pris une décision.
- Merci Sabine, je crois que c'est ce que je vais faire, dit-il avec un sourire reconnaissant. Je ne veux surtout pas arrêter mes études, je veux avoir mon bac à la fin de l'année, donc hors de question d'abandonner le lycée. Mais... oui, je... Il vaudrait mieux que je suive les cours à distance pour le moment. Et puis, j'ai déjà l'habitude après tout, ajouta-t-il d'un air pincé.
Il laissa échapper malgré lui un soupir désabusé : lui qui s'était battu contre son père quatre ans auparavant pour qu'il le laisse aller au collège, voilà qu'il se retrouvait à nouveau coupé du monde, à suivre ses cours à la maison. Encore une fois à cause de lui. Quelle ironie. Il en aurait ri si la situation ne lui avait pas parue aussi amère.
- Est-ce que tu veux qu'on s'en occupe ? demanda Tom. Je peux passer un coup de fil au proviseur et lui expliquer la situation.
- Merci beaucoup Tom, c'est gentil mais... il vaut mieux que ça soit moi qui le fasse. Je ne veux pas que qui que ce soit sache que j'habite chez vous, je ne veux pas vous créer d'ennuis.
- Tu ne nous crées absolument pas d'ennuis Adrien. Mais on comprend, ne t'inquiète pas. On te laisse gérer ça, mais tu n'hésites pas si tu as besoin d'aide, d'accord ?
Adrien les remercia d'un sourire et acquiesça. Cela faisait à peine 24 heures qu'il habitait chez les Dupain-Cheng et il se sentait plus soutenu que durant les quatre dernières années de sa vie. Il comprenait mieux à présent d'où venait tout cet amour et cette bienveillance que Marinette distillait sans retenue à son entourage. Sa propre mère possédait ce don elle aussi. Adrien se surprit à penser qu'elle se serait certainement très bien entendue avec Sabine et Tom si elle avait pu les rencontrer.
La gorge serrée, Adrien secoua la tête de droite à gauche, comme pour se recentrer et chasser la mélancolie qui menaçait de lui étreindre le cœur. Il se redressa et se composa un visage souriant.
- Je vais m'en occuper tout de suite, dit-il en se levant. Comme on dit, il vaut mieux retirer le pansement d'un seul coup, pas vrai ?
Le petit rire qui émana de Tom à sa tentative de plaisanterie le détendit légèrement, et il s'éclipsa dans sa chambre, son nouveau portable à la main. Avant de quitter la table, Marinette le vit discrètement glisser un gros morceau de son cheesecake dans la poche avant de son sweatshirt pour leurs kwamis, et lorsqu'Adrien se rendit compte qu'il avait été pris la main dans le sac par sa coéquipière, ils échangèrent un sourire complice quand leurs regards se croisèrent. Qu'il était agréable de pouvoir partager leur secret !
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Pendant qu'Adrien passait le coup de fil décisif qui allait déterminer son avenir scolaire, Sabine, Marinette et Tom s'étaient activés pour remonter le nécessaire de la cave pour installer un bureau à Adrien.
En peu de temps, ils réussirent à réorganiser la chambre de Marinette et créer des espaces de travail distincts pour les deux adolescents. Marinette débarrassa le coin de bureau à côté de son ordinateur pour laisser la place à Adrien, et elle se créa un espace dédié à ses créations et sa couture du côté de sa chaise longue avec le nouveau bureau.
Lorsqu'ils entendirent des pas gravir l'escalier, ils surent qu'Adrien avait terminé de téléphoner.
- C'est bon, fit-il d'un air soulagé. Le proviseur accepte que je suive les cours à distance pour le moment. Tant que je rattrape tous les cours et que je rends les devoirs écrits en même temps que toute la classe, ça ne lui pose aucun problè...
La fin de sa phrase mourut sur le bout de ses lèvres lorsqu'il pénétra dans la chambre de Marinette.
- Vous... Vous avez eu le temps de faire tout ça pendant que je passais mon coup de téléphone ? demanda-t-il en ouvrant des yeux ronds.
Tom, Sabine et Marinette acquiescèrent vivement d'un air complice. Adrien en resta bouche bée.
- On t'a même trouvé un écran à la cave que tu pourras brancher sur ton ordinateur, lui précisa Tom. Il est un peu vieux mais ça sera plus agréable pour travailler que sur un écran de portable, qu'est-ce que tu en dis ?
- C'est vraiment génial, je n'en demandais pas tant ! Merci merci ! s'exclama Adrien en se jetant spontanément dans les bras de Tom.
Le père de Marinette eut un regard à la fois peiné et bienveillant et lui retourna son étreinte. Pour Tom, tout ce que lui et sa femme faisaient pour Adrien n'était que du bon sens, mais le pauvre garçon semblait à la fois si extatique et embarrassé au moindre petit geste qu'il se demandait vraiment quel soutien il avait bien pu avoir dans sa vie jusque là.
Tom observait Adrien et Marinette interagir, et plus la journée passait, plus il se disait que c'était une bonne chose d'avoir pris le jeune homme chez eux. Il lança à sa femme un regard de connivence et Sabine acquiesça, comme lisant dans ses pensées. Tous deux s'éclipsèrent, laissant Marinette et Adrien terminer leur rangement.
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La nuit tomba bien trop vite au goût d'Adrien qui commençait à angoisser à l'idée de se retrouver seul dans sa chambre, face à ses pensées les plus sombres. Tom et Sabine étaient déjà partis se coucher, et Adrien avait joyeusement suggéré à Marinette de prolonger la soirée par un jeu de société. Tout au fond de lui, ce jeu n'était qu'une excuse pour passer du temps avec Marinette et espérer se changer les idées. La jeune fille voyait bien qu'Adrien était un peu tendu, mais celui-ci préférait plaisanter et se concentrer sur le jeu, aussi n'insista-t-elle pas.
- J'ai gagné ! lança soudain Adrien, l'air fier de lui.
- Tu n'as pas gagné du tout, espèce de tricheur ! lui rétorqua Marinette en croisant ses bras sur sa poitrine avec un air de désapprobation peint sur le visage.
- Moi, tricher ? Jamais enfin ! Pour qui tu me prends, ma Lady ?
- Pour ce que tu es : un vilain tricheur !
- Moi je crois surtout que tu es une mauvaise perdante, lança Adrien d'un air malicieux.
- Ce n'est pas vrai ! Je ne suis absolument pas une mauvaise perdante ! Je suis juste... une très bonne gagnante, c'est tout, asséna-t-elle d'un air si sérieux qu'Adrien se mit à rire.
Marinette tenta de maintenir son expression vexée, mais elle ne put s'empêcher de pouffer rire avec son coéquipier tant son hilarité était communicative. Adrien finit par se calmer et s'essuya les yeux avec le bout de sa manche, mais son sourire s'effaça aussitôt lorsque Marinette étouffa un bâillement.
- Tu... Tu veux aller te coucher ? demanda-t-il, craignant une réponse positive.
Marinette acquiesça en se frottant les yeux.
- Oui, je crois que je vais y aller, je tombe de sommeil. Tu n'as pas envie de dormir toi ?
- Si, si, dit-il, mais son ton n'était pas convaincu.
Marinette se leva de la banquette sur laquelle ils étaient assis et resta maladroitement plantée devant lui le temps qu'il se lève à son tour. Adrien la prit dans ses bras et ferma un instant les yeux, comme pour mieux apprécier ce moment. Marinette lui rendit son étreinte, un doux sourire suspendu à ses lèvres.
- Bonne nuit Chaton, on se voit demain.
Elle s'écarta légèrement, mais ce mouvement de recul noua instantanément l'estomac d'Adrien qui se surprit à la serrer plus fort contre lui. Sa respiration s'affola soudain.
- Adrien ?
Face au regard à la fois interrogateur et étonné de Marinette, il baissa les yeux, les joues légèrement rouges, sans pour autant la lâcher.
- Reste dormir avec moi, s'il te plaît, la supplia-t-il du bout des lèvres, d'une voix quasiment inaudible.
Il se sentait terriblement honteux de réagir ainsi ; en temps normal, jamais il n'aurait osé lui demander une telle chose, mais le besoin de rester avec Marinette était plus fort que tout. Sans elle à ses côtés, il craignait de ne pas réussir à fermer l'œil de la nuit.
Marinette resta un instant interdite face à cette requête et se sentit rougir, mais elle pouvait lire une telle angoisse dans les yeux verts d'Adrien qu'elle prit sa main dans la sienne pour tenter de le rassurer.
- T-Tu veux dormir ici ou bien tu préfères dormir dans ta chambre ? bégaya-t-elle timidement en désignant sa mezzanine du doigt, les joues toujours légèrement rouges.
Adrien sentit ses joues chauffer à son tour.
- Je… j'aime bien ta chambre. Tu es sûre que ça ne te dérange pas ? Parce que je peux dormir sur ta banquette, ça sera très bien. Tant que...
Il fut interrompu par le mouvement de tête négatif de Marinette qui lui tendit son autre main.
- Allez viens Chaton.
Adrien eut l'air soulagé.
- Merci. Je suis désolé, ce n'est pas très gentleman de s'inviter dans le lit d'une lady.
A peine ces mots franchirent ses lèvres que son visage prit une teinte cramoisie en réalisant que sa phrase pouvait avoir un double sens.
- Enfin, ce n'est pas ce que je voulais dire, je... enfin... tu as compris ? paniqua-t-il, les yeux agrandis d'horreur à l'idée que Marinette ait pu mal interpréter sa phrase.
La jeune fille laissa échapper un petit rire étranglé et acquiesça timidement, espérant de tout cœur que ses propres joues ne soient pas aussi rouges que celles d'Adrien. Malgré tout, elle était soulagée de constater qu'elle n'était pas la seule à se sentir nerveuse pour une fois.
Avec un sourire, elle lui fit signe de monter jusqu'à la mezzanine tandis qu'elle descendait rapidement se mettre en pyjama, son cœur battant légèrement plus rapidement que d'ordinaire.
Lorsqu'elle sortit de la salle de bain et monta retrouver Adrien, elle le trouva déjà allongé, blotti sous les couvertures.
Les sourcils froncés, elle s'arrêta au pied du lit.
- Adrien, tu es de mon côté.
- Hein ? fit Adrien sans comprendre.
- C'est mon côté du lit, je dors toujours de ce côté quand Alya dort avec moi, expliqua-t-elle.
Au lieu de se déplacer, Adrien se redressa sur ses coudes, un sourire digne de son alter ego félin suspendu à ses lèvres.
- Moi je l'aime bien ce côté, dit-il d'un air empli de malice.
Sur le point de perdre patience, Marinette leva les yeux au ciel d'un air agacé face aux taquineries de son partenaire, mais la lueur d'amusement dans son regard d'azur n'échappa pas à Adrien dont le sourire s'agrandit.
- Adrien, s'il te plaît, se plaignit-elle. Est-ce que tu peux te mettre de l'autre côté ?
- Et tu vas faire quoi si je ne veux pas ? la provoqua-t-il.
- Tu tiens vraiment à le savoir ? lança-t-elle en croisant les bras sur sa poitrine d'un air de défi.
Adrien ne se dégonfla pas et haussa les sourcils d'un air provocateur.
- Tu l'auras voulu.
Sans crier gare, Marinette se jeta sur lui les mains en avant et commença à le chatouiller. Adrien poussa un glapissement de surprise et ne put s'empêcher de crier en se tortillant dans tous les sens. Marinette stoppa instantanément et plaqua rapidement une main sur sa bouche.
- Tu es fou de crier comme ça ! chuchota-t-elle d'un ton passablement énervé. Tu veux réveiller mes parents ?
Tous ses sens en alerte, Marinette s'était figée sur place ; son regard était fixé sur la trappe de sa chambre, guettant le moindre bruit ou mouvement qui indiquerait que leurs chamailleries avaient réveillé ses parents. Bien qu'Adrien se soit tu et restait parfaitement immobile, allongé sur le dos dans le lit, Marinette n'avait pas retiré sa main qui le bâillonnait. Constatant qu'elle n'y prêtait absolument pas attention, un sourire espiègle se forma sur les lèvres du jeune homme, et il embrassa la paume de la main de Marinette qui était restée plaquée sur sa bouche. Surprise, sa coéquipière retira précipitamment sa main comme si elle s'était brûlée et lui lança un regard à la fois amusé et gêné. Adrien se redressa d'un air penaud.
- Je suis désolé d'avoir crié comme ça, dit-il avec un sourire d'excuse.
Le visage et la nuque cramoisis, Marinette tentait de retrouver son calme.
- Je... Je ne savais pas que tu étais chatouilleux à ce point ! dit-elle pour changer de sujet.
- Et bien, pour tout te dire, moi non plus, fit Adrien en haussant les épaules.
En réalisant ce qu'impliquait la réponse pourtant anodine d'Adrien, elle sentit son cœur se serrer.
Sans un mot de plus, Adrien céda sa place avec un sourire affectueux et s'enfonça sous les couvertures moelleuses de l'autre côté du lit. Marinette se coucha à ses côtés, et les deux adolescents furent soudain saisis par le calme et le silence de la nuit. Le regard de Marinette se posa un instant sur le haut de pyjama d'Adrien, et son cœur manqua un battement lorsqu'elle réalisa qu'il ne portait pas son propre pyjama mais qu'il avait gardé le T-shirt qu'elle lui avait prêté la veille pour dormir. Elle ferma momentanément les yeux, ne sachant que faire de cette information qui lui remplissait le cœur de joie.
Elle les rouvrit lorsqu'elle sentit Adrien poser tendrement sa main sur la sienne. Le jeune homme avait un regard si doux que Marinette se sentit rougir à nouveau. Ils se dévisagèrent longuement, se sentant tous deux un peu maladroits.
- Je suis tellement heureux que ce soit toi ma Ladybug, murmura-t-il dans un souffle.
Face à cette confession inattendue, Marinette resta un instant interdite, mille émotions se bousculant en elle. Le cœur battant, elle se précipita soudain vers lui pour le prendre dans ses bras, enfouissant son visage tout contre son épaule.
- Oh et moi que tu sois mon Chat Noir... Si tu savais... dit-elle avec une émotion à peine contenue.
Surpris et plus que touché par sa réaction spontanée, Adrien la serra tout contre lui avec un soupir de contentement, la poitrine gonflée de joie.
- Ma Lady... murmura-t-il en enfouissant son visage dans le creux de son cou, se blottissant contre elle comme un chat.
Marinette se retrouva à court de mots pour exprimer tout ce qu'elle ressentait pour lui. A défaut de savoir quoi dire, elle resserra son étreinte autour de la taille d'Adrien et enfouit son visage contre lui, le cœur battant à tout rompre. Elle prit une grande inspiration et ferma les yeux pour se focaliser sur le sentiment de bien-être qu'elle ressentait dans les bras de son coéquipier et finit par doucement glisser dans les bras de Morphée, sans s'en rendre compte.
J'espère que ce chapitre vous a plu, il y a encore beaucoup de rebondissements à venir, stay tuned ;)
Encore une fois merci pour vos reviews, j'adore lire vos commentaires ! Vérifiez bien vos inbox, je vous réponds directement ;)
Bug out!
