Mes petits chats,

Je vous propose aujourd'hui la deuxième partie de mon histoire de Saint-Valentin 2022. Steve et Tony ont quitté Philadelphie et s'approchent donc de leur destination et de leur week-end en couple (en vous emportant dans leurs bagages bien entendu) :)

Je vous laisse les retrouver et découvrir avec eux leur point de chute, si minutieusement choisi par Tony.

Pour les volontaires et les curieux, rendez-vous en bas pour quelques notes complémentaires et anecdotes.

Je vous souhaite une bonne lecture (et une bonne arrivée à Ithaca),

ChatonLakmé


Une fête pour être avec celui qu'on aime

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Deuxième partie

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Tony fronce légèrement le nez en sentant un doux effleurement dans son cou et il enfonce sa tête entre ses épaules dans un soupir. Se pelotonnant paresseusement contre la portière, le brun frissonne au contact qui se fait un peu plus appuyé, allant et venant sur sa gorge avec tendresse tandis que des mèches soyeuses caressent sa mâchoire.

Dans son demi-sommeil, le jeune homme sourit doucement de plaisir.

– « Tony ? Tony, réveille-toi… »

Le brun se redresse mollement contre son siège tout en papillonnant légèrement des yeux et son sourire grandit quand il sent Steve embrasser doucement sa mâchoire. Il se frotte les paupières du bout des doigts avant de tourner la tête vers son compagnon, légèrement penché vers lui.

– « Bon retour parmi nous », le taquine gentiment le blond avant de lui offrir un petit baiser et de se redresser sur son siège.

Tony baille discrètement derrière sa main et fait rouler un instant ses épaules, étendant ses jambes légèrement engourdies devant lui.

– « J'ai dormi longtemps ? », lui demande-t-il d'un ton un peu contrit et honteux.

– « Un petit peu », lui répond Steve dans un rire. « Nous serons à Ithaca dans une petite trentaine de minutes. »

Le brun écarquille brusquement les yeux et remarque seulement à cet instant que leur voiture est arrêtée sur le parking d'une station service. Tony se redresse vivement sur son siège.

– « Il y a presque quatre heures de route entre Philadelphie et notre destination, tu aurais dû me réveiller plus tôt pour que je te remplace », lui reproche-t-il doucement tout en portant rapidement la main à l'attache de sa ceinture de sécurité.

Steve lève les yeux au ciel et l'arrête en attrapant sa main avant de la porter à sa bouche pour embrasser délicatement ses jointures. Le brun tente de récupérer ses doigts mais le blond lui sourit avec malice tout en resserrant légèrement sa prise sur sa peau.

– « J'aime conduire et tu avais l'air d'en avoir besoin », lui répond le blond tout en haussant les épaules. « Je t'ai réveillé pour que tu puisses me guider jusqu'à notre hôtel – si c'est bien un hôtel – puisque tu es le seul à savoir où nous allons… »

Tony abandonne et il glousse légèrement, se calant plus confortablement dans son siège tout en sortant son portable de la poche de son pantalon. Il sent son cœur se pincer imperceptiblement en remarquant qu'aucun message non lu ne l'attend dans sa messagerie et ouvre son navigateur tandis que Steve remet le contact avant d'engager à nouveau leur voiture sur la route 79.

Le brun passe une main paresseuse dans sa nuque, y pressant légèrement ses doigts à intervalle régulier pour achever de se réveiller et il jette un petit regard en coin à son compagnon.

Steve a reposé son coude contre le montant de la portière avec la même nonchalance parfaitement séduisante et Tony sourit doucement tout en appuyant son crâne contre l'appui-tête de son siège.

Voir son compagnon conduire est toujours un plaisir.

Les mouvements de la voiture sont souples mais puissants, le véhicule semblant accepter le mors comme un pur-sang nerveux tenu par une main ferme et douce. Il retrouve dans ses gestes, dans la manière dont il passe les vitesses et dont il appuie sur la pédale d'accélération la même précision et la même assurance que celle qui guide leurs étreintes et leurs baisers, teintées d'une forme de nervosité racée.

La conduite de Tony est bien différente, plus prudente et douce alors qu'il garde toujours un œil rivé dans le rétroviseur intérieur pour observer Loki car son petit garçon est souvent un peu nauséeux en voiture. Steve a facilement adapté sa manière pour lui mais à cet instant, le brun retrouve dans son grand corps musclé la force tranquille, les muscles puissants encore au repos mais si prompts à se contracter pour le serrer puissamment contre lui.

Le brun soupire doucement d'un air languide qui attire brièvement sur lui le regard interrogateur de Steve et il le rassure d'un petit sourire avant de programmer le GPS de son smartphone et de le poser sur ses genoux.

Alors qu'il active la recherche d'itinéraire quand Steve et lui passent le grand panneau de bienvenue d'Ithaca, le brun hausse un sourcil. Ils remontent lentement Slaterville Road et la route se peuple progressivement de jardins couverts de neige et de belles maisons bien entretenues dans un paysage hivernal charmant.

Tony jette un petit regard en coin à Steve qui conduit toujours avec la même aisance assurée.

– « … Tu as l'air bien certain de l'endroit où nous allons… », lui dit-il d'un ton légèrement suspicieux. « Tu m'avais promis de ne pas te renseigner sur notre hôtel et de me laisser te le faire découvrir à notre arrivée… »

– « Et je ne l'ai pas fait Tony, je te le promets », lui répond Steve dans un rire. « La route mène au centre-ville et au lac, l'autre côté de la ville. Je ne fais que supposer le lieu où tu veux m'emmener. »

Tony lui jette un regard soupçonneux et le blond lui pince taquinement le genou en représailles.

– « Je t'assure que je n'ai pas regardé », renchérit le jeune homme tout en levant les yeux au ciel. « Je t'écoute toujours quand tu me dis quelque chose. »

Le brun baisse les yeux sur son portable avant de pointer un doigt sur la route, entourée de monticules de neige desquels émanent une douce lueur nacrée et apaisante.

– « Continue à remonter East State Street jusqu'au prochain embranchement », lui indique-t-il tandis que Steve ricane. « Et tu ne m'écoutes pas toujours. Tu as refusé de me croire quand je t'ai dit que cette chemise gris perle t'allait merveilleusement bien pendant que nous faisions les magasins avec les enfants. »

– « Je l'ai pourtant acheté », lui fait remarquer le blond tout en lui jetant un petit regard en coin.

– « Tu l'as fait pour me faire plaisir et tu ne la portes pas », lui rétorque Tony d'un ton un peu boudeur. « Prends sur West Seneca Street maintenant. »

– « Je trouve que c'est une couleur un peu fade. Elle est trop foncée pour être blanche et pas assez pour être une véritable teinte de gris », lui répond Steve tout en obtempérant docilement.

– « Une chose sur laquelle nous ne serons jamais d'accord. Je te trouve incroyablement beau avec. »

Un petit sourire aux lèvres, le brun roule un instant des yeux, fouillant les eaux de Cayuga Inlet du regard tandis qu'ils traversent ce bras du lac Caguya. La nuit tombante dissimule à leurs regards curieux les détails du paysage lacustre tandis qu'ils laissent progressivement Ithaca derrière eux.

Tony voit son compagnon plisser légèrement les yeux à son tour pour tenter d'apercevoir le lac à travers le rideau de sapins qui les entoure et il sourit tendrement à l'intérêt égal de son compagnon.

Dans la lumière claire des feux de la voiture, le jeune homme distingue après quelques minutes un grand panneau indicateur posé sur le bord de la route. De bon goût et à la police de caractère sobre et élégante, il montre la photographie d'une chambre luxueuse habilement prise et à la très belle vue sur l'eau et les conifères du lac Caguya.

Le brun sent Steve ralentir légèrement sur la route avant qu'il ne se penche en avant pour contempler à son tour le panneau à travers le pare-brise. Tony se mordille légèrement les joues en voyant son compagnon froncer imperceptiblement les sourcils tandis qu'il lit le nom du Finger Lakes Hostel – Spa Resorts et contemple la photographie avec attention.

– « … C'est un hôtel Luxury Tony… Et un complexe thermal », murmure le jeune homme tout en lui jetant un petit regard en coin. « Nous n'avions pas parler de quelque chose d'aussi… fastueux. »

Le brun hausse les épaules d'un geste faussement nonchalant pour mieux cacher sa gêne à l'idée d'en avoir peut-être un peu trop fait et d'avoir dépassé les modestes espérances de son compagnon. Steve lui a laissé toute liberté pour organiser leur séjour et le jeune homme a immédiatement fantasmé un week-end passer dans une chambre haut de gamme aux baies vitrées donnant sur un paysage de rêve.

Un moment uniquement dédié au luxe, au calme et à la volupté.

– « Il est trop tard pour faire marche arrière, nous y sommes attendus », lui répond-il tout en enfonçant légèrement sa tête entre ses épaules. « Prends la prochaine à droite, l'hôtel est à quelques kilomètres. »

Steve pouffe doucement et se pencha rapidement vers lui pour embrasser sa mâchoire.

– « Tu es extraordinaire… », lui souffle-t-il avant d'appuyer sur la pédale d'accélération. « Ce week-end va être merveilleux. »

Tony opine vigoureusement de la tête et observe avec prudence la route sombre, un coude appuyé sur le montant de la portière.

Au détour d'un bois de sapins couverts de cristaux de glace qui luisent comme des diamants dans les feux de la voiture, la silhouette du Finger Lakes Hostel se découpe enfin.

Le brun se redresse légèrement contre son siège, ses doigts se crispant sur sa mâchoire d'un air vaguement incrédule.

Il a soigneusement choisi le lieu de leur week-end, passant des soirées entières à compulser des quantités astronomiques de sites internet listant des prestations haut de gamme et à contempler des photographies de qualité. Tony connaît donc presque par cœur la façade et les chambres du luxueux établissement d'Ithaca, pourtant son éblouissement est au moins aussi grand que celui de Steve qui sourit d'un air adorable de joie à ses côtés.

Le blond conduit lentement sur la route déserte, comme pour leur laisser le temps d'admirer l'hôtel, un grand bâtiment aux allures de chalet de montagne couvert de lambris et d'ardoise. Brillamment éclairé, il luit comme un phare dans la nuit et montre le détail de ses innombrables balcons en bois sculpté et de ses gigantesques baies vitrées.

Steve gare souplement leur voiture sur le parking attenant avant de couper le contact et de sortir de l'habitacle, se cambrant légèrement pour détendre ses reins et son dos.

– « C'est magnifique. Les chambres ont une vue sur le lac ? », demande-t-il à Tony tout en se tournant légèrement vers lui.

– « Le fait que tu puisses en douter est blessant », lui répond le brun d'un air faussement boudeur tout en posant une main sur le toit de la berline. « Je cherchais quelque chose de dépaysant et de reposant. Après tout, c'est notre premier rendez-vous en tête-à-tête depuis… toujours. Je voulais vraiment faire quelque chose de spécial. »

– « Tu me gâtes beaucoup trop », glousse doucement Steve tout en coulant un regard malicieux dans sa direction.

Tony récupère son manteau sur la banquette arrière avant de contourner la voiture pour aller ouvrir le coffre, son compagnon le rejoignant en quelques pas.

– « Est-ce que cela te plaît ? », lui demande-t-il avec une pointe d'incertitude malgré le sourire rayonnant du blond. « J'avoue qu'en faisant mes recherches, je me suis un peu laissé emporter… »

– « C'est parfait. » Le brun frémit légèrement tandis que le jeune homme vient déposer un petit baiser sur ses lèvres. « Et j'espère que tu sais que je ne faisais que te taquiner quand je te parlais de la vue sur le lac… »

– « Bien entendu », pouffe doucement Tony tout en opinant. « Mais il était de toute manière hors de question de faire autrement. J'ai vu des photos magnifiques du lac Caguya et de ses berges sous la neige. C'était ça ou un hôtel sur le Susquehanna. »

Dans un ricanement, Steve roule des yeux tout en tirant d'un geste habile leurs valises du coffre. Le brun récupère à son tour les housses à vêtements soigneusement posées sur la plage arrière de la voiture et, d'un regard de connivence, les deux hommes se dirigent vers l'entrée de l'hôtel.

Tony admire silencieusement l'impressionnant porche supporté par d'énormes troncs, entièrement ouvert par une gigantesque baie vitrée au-dessus de la porte, et il adresse un petit sourire de remerciements au portier qui leur ouvre obligeamment.

Quand il entre dans le hall, Steve sur ses talons, le brun a soudain l'impression de pénétrer dans une cathédrale.

La hauteur sous plafond est considérable, entièrement lambrissée tandis qu'une galerie se développe sur trois côtés, supportée par d'énormes troncs taillés et accessible par un impressionnant escalier à double volée. Les yeux levés afin d'observer le hall, le brun se dirige lentement vers l'accueil au large comptoir lustré, remarquant distraitement les fauteuils Chesterfield en cuir et les canapés aux lignes épurées et contemporaines qui meublent les lieux tandis que des peintures abstraites sont accrochées aux lambris.

Tony cherche Steve du regard et remarque que son compagnon est resté en arrière, un air adorablement stupéfait ornant ses beaux traits tandis qu'il tourne légèrement sur lui-même pour apprécier les volumes du hall. Le brun pouffe doucement, attirant son attention, et le jeune homme le rejoint en quelques pas avant de tendre une main pour récupérer obligeamment les housses à vêtements et le décharger. Tony le remercie d'un sourire et s'empresse de gagner l'accueil, satisfait de pouvoir encore cacher pendant quelques minutes à Steve les détails de leur séjour et de le voir continuer à s'émerveiller.

En le voyant se diriger vers elle, une jeune femme habillée d'un uniforme noir et blanc lui sourit d'un air avenant avant de se lever de son siège pour l'accueillir.

– « Bonsoir monsieur, bienvenue au Finger Lakes Hostel. Puis-je vous aider ? », lui demande-t-elle.

– « Bonsoir. J'ai réservé une chambre premium pour le week-end au nom de Tony Stark. Avec vue sur le lac », lui répond le jeune homme tout en pianotant légèrement du bout des doigts sur le comptoir.

L'hôtesse d'accueil se rassoit et le brun la voit vérifier en quelques gestes précis son logiciel de réservation. Il éprouve une légère anxiété en la voyant froncer les sourcils avant que la jeune femme ne relève les yeux sur lui tout en souriant.

– « Je vous ai trouvé », lui dit-elle et le jeune homme exhale un petit soupir de soulagement. « Vous avez la chambre numéro vingt-cinq, au deuxième étage. Avec une très belle vue sur le lac », ajoute l'hôtesse dans un petit rire malicieux.

Tony la voit se tourner brièvement pour récupérer un jeu de clés sur le grand tableau accroché derrière elle avant qu'elle ne lui tende sur le comptoir.

– « Vous pouvez accéder à votre chambre par l'escalier principal ou par les ascenseurs. Elle se trouve dans l'aile sud de l'hôtel, dans le couloir derrière nous », poursuit-elle doucement. « Je vais demander à un groom de porter vos bagages. »

Le jeune homme se saisit du porte-clés en cuir estampé du numéro de leur chambre avant de caresser le métal lisse et doux de la clé. Il remarque sans peine qu'il n'y a pas de double et Tony sourit doucement.

Une seule clé pour une seule chambre, leur chez-eux pendant les trois jours et les deux nuits à venir.

Tandis que l'hôtesse d'accueil lui explique quelques aspects logistiques de leur séjour, le brun reconnaît sans peine le pas de Steve qui se rapproche dans son dos et il se décale spontanément sur le comptoir afin de lui laisser la place de le rejoindre. Il fronce toutefois légèrement les sourcils en voyant une autre hôtesse d'accueil revenir rapidement à son siège, un large sourire aux lèvres tandis qu'elle arrange distraitement une mèche de son chignon.

– « Bonsoir monsieur, bienvenue au Finger Lakes Hostel. Puis-je vous aider ? », l'entend-il répéter avant un enthousiasme un peu bruyant pour un lieu aussi luxueux.

Tony sent Steve s'appuyer à son tour sur le comptoir dans le bruissement de leurs housses à vêtements, leurs coudes s'effleurant légèrement. Il frémit légèrement quand le blond appuie doucement son épaule contre la sienne, sa chaleur pénétrant lentement en lui, familière et réconfortante.

– « Je vous remercie mais je ne fais qu'accompagner. Votre collègue s'occupe déjà de nous », lui répond-il avant de se détourner d'elle.

Du coin de l'œil, le brun voit la jeune femme écarquiller légèrement les yeux avant de s'empresser d'accueillir un nouveau couple de clients et de dissimuler sa gêne dans un sourire un peu outré. Tony ricane silencieusement de satisfaction et joue distraitement avec le jeu de clés du bout des doigts, Steve se pressant un peu plus délicieusement contre lui tandis qu'il opine avec attention de la tête aux paroles de l'hôtesse.

– « Avez-vous des questions ? », leur demande-t-elle après quelques minutes.

Tony écarquille légèrement les yeux, un peu gêné d'avoir perdu le fil pour savourer le corps de son compagnon contre le sien et il secoue mollement la tête tandis que Steve rit doucement contre lui.

Après quelques mots polis, les deux hommes traversent le hall pour gagner l'escalier central, refusant d'un sourire l'aide d'un groom, et montent les marches d'un même pas.

Arrivés au premier étage, ils s'accordent un instant pour longer la galerie et regarder le hall en contre-bas avant de lever les yeux vers le plafond, orné de suspensions contemporaines en verre. Les volumes sont remarquables vus en hauteur et Tony a du mal à s'arracher à la contemplation de la gigantesque baie vitrée donnant sur la forêt et par laquelle il voit des voitures continuer à arriver dans un ballet continu.

Le brun sent Steve glisser doucement une main sur sa taille pour l'arracher à contemplation et l'entraîner vers l'escalier secondaire qui s'ouvre devant eux et donne accès à un entresol.

– « Allons découvrir notre chambre Tony », lui murmure-t-il à l'oreille tandis que le jeune homme se laisse docilement entraîner. « J'ai vraiment hâte de la voir avec toi. »

Le brun opine lentement et observe avec attention les numéros en cuivre qui ornent les massives portes en bois.

Arrivés devant la leur, Tony sort lentement les clés de la poche de son manteau avant de l'introduire dans la serrure, une main posée sur la poignée. La chaleur du corps de Steve semble irradier dans son dos et il a l'impression de faire quelque chose d'oser, d'audacieux et d'impertinent tandis que la porte se déverrouille dans un petit déclic discret.

Le brun l'ouvre, tâtonnant doucement sur le mur afin de trouver l'interrupteur et l'allume.

Une lumière douce et tamisée illumine alors leur chambre, soulignant subtilement le mobilier et la décoration. Il frissonne un peu absurdement en entendant Steve refermer la porte derrière lui dans le même petit bruit léger avant de l'inviter à avancer dans la pièce d'une main posée dans le creux de ses reins.

Tony se mordille légèrement les lèvres.

Il a fait une folie en réservant cette chambre.

Devant eux se déploie une suite gigantesque, illuminée par une très grande baie vitrée et agrémentée à droite d'un petit salon confortable au mobilier en bois couvert d'étoffes claires dans un esprit scandinave vintage. Dans le prolongement du salon et dissimulé derrière un claustra en bois finement sculpté, le jeune homme devine la salle de bain qui le fait rêver depuis qu'il en a vu les photographies sur le site internet de l'hôtel, sa grande baignoire placée face à la baie vitrée qui courre sur l'ensemble de la suite.

Tony fait quelques pas supplémentaires, quittant l'entrée de la pièce délimitée par une cloison ajourée identique dont il fait le tour avant d'inspirer doucement. Dans la chambre à proprement parler, un lit gigantesque se déploie, magistral dans la largeur de son matelas, l'amas voluptueux de ses coussins et son linge immaculé, interrompu par un couvre-lit aux teintes claires.

Leur chambre est somptueuse, luxueuse et Tony pense distraitement que même la moquette claire qu'il devine épaisse et douce appelle à l'amour et à l'abandon.

Le brun marche jusqu'à la baie vitrée avant d'écarter doucement un rideau du dos de la main tout en fouillant les ténèbres du regard.

Par-dessus la cime sombre des sapins, nimbée par la vive lumière de l'hôtel, il discerne les discrètes lueurs des feux de voiture sur la route 34 et au-delà sur la double voies 13, de l'autre côté du lac Caguya.

Tony soupire doucement tout en serrant ses doigts sur l'étoffe douce et fine.

Si le ciel est clément pendant leur week-end, ils auront une vue grandiose sur le paysage depuis leur lit, depuis cet autel qui fait naître un léger frémissement voluptueux le long de son dos. Celui-ci est si large que Steve et lui pourraient s'y aimer avec passion sans risque de tomber, dérangeant les draps et les coussins sous l'effet de leur plaisir.

Le jeune homme se cambre imperceptiblement en sentant son compagnon poser une main sur sa taille pour l'attirer doucement à lui, ses lèvres venant caresser sa tempe avec tendresse.

– « Ce week-end va être un vrai bonheur », souffle-t-il doucement contre sa peau, Tony inclinant la tête pour accentuer la caresse. « J'ai vraiment hâte de me coucher dans ce lit ce soir et d'y paresser avec toi. »

– « Et de ne pas avoir à le partager avec deux petits garçons tôt le matin », souligne le brun tout en haussant un sourcil malicieux.

– « Que Dieu me pardonne mais c'est vrai », pouffe Steve.

Tony sourit doucement et se cale un peu plus confortablement contre le torse de son compagnon, soupirant de contentement quand il sent le blond enrouler ses bras autour de sa taille avant de poser ses mains croisées sur son ventre. Pressés l'un contre l'autre, les deux hommes gardent un silence confortable et doux.

– « J'ai regardé brièvement la brochure du spa qui est sur la console dans l'entrée », dit-il doucement à son oreille. « Je me demande s'il serait possible d'y prendre un rendez-vous pendant notre week-end… Ils ont un bain nordique en extérieur… »

Le brun sourit tendrement en entendant le ton un peu gourmand de son compagnon et ferme doucement les yeux de plaisir tandis que ce dernier caresse doucement son ventre de ses pouces.

– « Tu n'as pas à le faire, j'ai déjà réservé pour demain après-midi », lui dit-il du bout des lèvres dans un petit souffle. « Je l'ai fait dès que j'ai pris notre chambre pour éviter une déconvenue. Le complexe thermal est pris d'assaut pour le week-end. »

Steve vient butiner tendrement sa gorge et Tony incline légèrement la tête en arrière, lui offrant volontiers un peu plus de peau à embrasser.

– « … Est-ce que tu vas m'en dire plus ? », lui demande-t-il doucement, son souffle effleurant sa peau.

Tony secoue mollement de la tête, un petit soupir de plaisir aux lèvres tandis que le blond frotte doucement la peau sensible derrière son oreille du bout de son nez.

– « Non, tu vas devoir être patient », lui répond-il dans un chuchotement. « Laisse-nous le temps de découvrir ensemble ce que j'ai prévu pour notre week-end. C'est mon cadeau pour notre première Saint-Valentin ensemble. »

– « Notre deuxième Saint-Valentin », le corrige Steve avec malice. « La première est celle où nous avons enfin réussi à nous trouver. »

Le brun tourne légèrement la tête pour lui jeter un regard noir tandis qu'il pince le dessus de sa main en représailles. Son compagnon glousse doucement avant de lui voler un baiser tendre et sensuel, sa langue venant mutinement lécher la commissure de ses lèvres.

Dans le silence doux et confortable de leur chambre, le bruit discret d'une sonnerie retentit soudain et Tony sent Steve se détacher de lui pour aller jusqu'au petit salon et récupérer son manteau, drapé sur le dossier d'un fauteuil.

Le jeune homme fouille un instant dans ses poches avant de sortir son portable et de rejoindre le brun qui l'a observé faire, impatient de le sentir à nouveau contre lui. Un petit sourire aux lèvres, son compagnon l'enlace à nouveau d'un bras et déverrouille son smartphone d'une main habile, Tony remarquant distraitement l'enveloppe d'un message non lu s'afficher sur l'écran.

– « J'ai envoyé un message à Peter pour l'informer de notre arrivée quand tu étais à l'accueil », lui explique-t-il tout en cliquant sur la petite icône.

– « Il ne te répond que maintenant ? », lui rétorque le brun tout en fronçant légèrement les sourcils d'inquiétude.

Steve lève légèrement les yeux au ciel dans un petit ricanement.

– « Tony… Il doit gérer la soirée et la nuit de deux petits garçons, tu devrais être le mieux placé pour savoir que c'est une activité plutôt chronophage. Sans compter le chagrin qu'a provoqué notre départ. »

Le jeune homme se mord vivement les joues tandis que les prunelles humides de Loki, à l'éclat émeraude éteint et brouillé, viennent brièvement danser devant ses paupières. Contre lui, il sent le grand corps musclé de Steve s'agiter légèrement tandis que le blond pouffe et, relevant mollement les yeux sur lui, il voit son compagnon lui tendre son téléphone.

De Peter. Reçu à 19h55.

Nous sommes tous très contents de savoir que votre voyage s'est bien passé. Les garçons ont pris leur bain et nous achevons de dîner. Ils n'ont pas voulu commencer avant de savoir que vous étiez arrivés à Ithaca. Mignon, non ?

Tony sourit tendrement en lisant les mots de l'étudiant et il s'appuie un peu plus confortablement contre le large torse de Steve qui le serre doucement contre lui, sa main caressant tendrement son ventre par-dessus son vêtement.

– « Cela a l'air de bien se passer », dit-il prudemment et il sent son compagnon opiner lentement.

– « Thor et Loki adorent Peter, je n'ai jamais douté qu'il parvienne à leur changer les idées », lui répond doucement Steve à l'oreille.

Le portable de Steve sonne une nouvelle fois et le jeune homme le tend entre eux afin qu'ils puissent lire le nouveau message de leur baby-sitter.

De Peter. Reçu à 19h56.

Thor insiste pour vous montrer qu'il a mangé tous ses légumes (que j'ai cuisiné parce qu'ils ne mangent pas que des cochonneries sucrées avec moi Mr. Stark). Il dit qu'il est un gentil garçon.

Tony se mord les joues tandis qu'il regarde la photographie que Peter a jointe à son message. Dans son pyjama bleu aux motifs de fusées rouges et or, Thor sourit de toutes ses dents à l'objectif du portable de leur baby-sitter. Le petit garçon a les mains tendues devant lui pour leur présenter son assiette vide dans laquelle quelques vestiges verts montrent assez combien il a fait des efforts.

C'est adorable d'attention mais le brun n'a aucune difficulté à lire entre les lignes et à comprendre ce que les yeux pétillants de Thor disent.

Je suis un gentil garçon alors revenez vite.

Revenez tout court.

Vous me manquez.

Vous nous manquez.

À moitié hors champ, il devine le coude pointu de Loki, habillé de son pyjama à carreaux verts qu'il aime tant.

Il n'a aucune difficulté à l'imaginer fermer soigneusement les petits boutons un à un dans un rythme régulier et concentré quand Thor enfile toujours son vêtement dans un grand désordre de membres. Leurs petits garçons aiment ensuite à venir se rouler entre eux sur le canapé, quémandant des caresses et des baisers avant que Steve et lui ne les mettent au lit en les portant dans leurs bras.

Ce soir, pour la première fois depuis un temps si long qu'il a oublié la dernière fois que cela a pu arriver, il ne lira pas une page du dictionnaire que Loki lui aura tendu avec envie, répétant consciencieusement chaque nouveau mot dans un murmure discret.

Il n'y aura pas de baiser tandis que son petit garçon le tient serré contre son cœur, ses bras enroulés autour de son cou.

Le brun frissonne légèrement en sentant soudain la main de Steve se faire plus présente sur lui, remontant lentement le long de sa poitrine avant d'enlacer ses épaules pour l'attirer plus fort à lui.

– « Je sais à quoi tu penses », lui murmure-t-il après avoir rangé son portable dans la poche de son pantalon.

– « J'oubliais que je suis un livre ouvert pour toi », lui répond Tony tout en crochetant ses mains sur l'avant-bras de Steve.

Il sent le blond embrasser tendrement son cou, des caresses à intervalles réguliers qui semblent répondre aux battements de son cœur et le jeune homme sent le sang battant dans ses veines s'apaiser lentement sous la caresse.

– « Nous avons le droit de nous aimer Tony, cela ne fait pas de nous des parents indignes ou des hommes égoïstes », poursuit doucement son compagnon. « Juste deux hommes qui ont besoin de temps pour eux. Cela fait un an que nous sommes ensemble et nous avons longtemps préservé Thor et Loki au début de notre histoire. Est-ce que tu te souviens ? Nous nous voyions une semaine sur deux, nous nous saluions à peine devant l'école alors que j'avais tellement envie de t'embrasser que c'était presque douloureux. »

Le brun opine lentement tout en fermant les yeux.

Ils ont été tellement prudents au début. Si maladroits l'un avec l'autre pour laisser le temps à leurs petits garçons de s'habituer à la présence respective de l'autre tandis que Tony était dévoré par la crainte de voir Loki se rebiffer devant l'arrivée de Steve et de Thor dans leur monde un peu solitaire.

Le jeune homme et son compagnon n'avaient pas eu besoin de parler longuement pour s'entendre raisonnablement sur ce sujet mais cela avait été tellement douloureux. Si frustrant également de devoir se contenter de baisers volés, de mains effleurées, de sourires et de regards tendres saisis par-dessus la foule des parents patientant devant la Laura Carnell H. School.

Il y avait eu leur première fois, silencieuse et discrète, l'oreille tendue avec appréhension pour guetter le moindre bruit provenant du couloir. Tous leurs gestes avaient été si contrôlés, si réfrénés que même si la jouissance les avait laissés pantelant l'un contre l'autre, l'un dans l'autre, elle avait eu un goût un peu amer de pas assez.

Quand Tony fantasmait dans son lit, il se tordait en imaginant des gémissements lourds, des mains puissantes pressées contre sa peau, des coups de reins qui lui faisaient bruyamment perdre la tête. Ses visions n'avaient eu qu'une timide familiarité avec cette nuit où, enlacés dans son lit, ils avaient étouffé leurs cris et leurs halètements d'amour dans la bouche de l'autre. Et au matin, quand Steve avait dû regagner la chambre d'amis afin que ni Loki ni Thor n'apprennent ce qu'il s'était passé pendant la nuit, le brun en avait eu le cœur brisé.

Le jeune homme était son compagnon, celui qu'il aimait et qui avait réveillé son corps et ses sens un peu endormis.

Steve avait le goût du bonheur mais d'un bonheur caché.

Cela avait été insupportable jusqu'à ce que Loki ne les surprenne en train de s'embrasser dans la cuisine, au lieu même du premier baiser qui avait tout fait changer entre eux.

La vérité n'avait toutefois pas fait cesser leur prudence et il avait encore fallu de longs mois avant que les familles Stark et Rogers ne se mélangent finalement. Qu'elles ne partagent des week-ends entiers quand les deux hommes hésitaient encore à se prendre la main dans les rues de Philadelphie et que Tony ne rougisse plus du fait de partager son lit avec le blond sous le regard curieux de leurs petits garçons posés sur la porte de la chambre se refermant sur eux.

– « Nous avons pris le temps nécessaire pour les protéger et veiller à ce que tout se passe bien », poursuit doucement Steve contre lui. « Nous avons mis une année avant de nous embrasser pour la première fois et depuis nous n'avons pas cessé de penser à Thor et à Loki. Vouloir nous accorder un répit, juste un week-end dans l'année, ne me paraît pas scandaleux tu sais. »

– « À moi non plus, sinon je ne te l'aurais pas proposé », lui répond le brun dans un souffle un peu étranglé. « Je ne sais pas pourquoi cela me rend aussi – »

Le jeune homme referme presque douloureusement ses doigts sur l'avant-bras de Steve mais son compagnon ne cille pas et frotte doucement son nez contre ses cheveux dans un geste câlin.

– « C'est parce que tu es un excellent père et que tu t'inquiètes pour ton fils. Parce que tu penses à lui avant de penser à toi et cela, personne ne peut te le reprocher. C'est aussi ce que j'admire chez toi tu sais. »

Le blond pouffe doucement tandis que le jeune homme hausse les épaules d'un geste faussement nonchalant. Il a la gorge un peu trop serrée pour parvenir à dire à Steve combien les paroles qu'il prononce sont exactement celles qu'il a besoin d'entendre mais son compagnon le connaît bien, suffisamment pour le savoir parfaitement.

– « Tu peux te laisser du temps pour toi maintenant », achève Steve tout en l'invitant à tourner la tête vers lui d'un doigt effleurant la ligne de sa mâchoire. « J'ai besoin de toi, de t'avoir pour moi seul Tony… Juste un petit peu. »

Le jeune homme opine lentement et lui offre ses lèvres avec bonheur, son corps agréablement réchauffé tandis que son sang bat à nouveau fortement dans ses veines. Le blond butine sa bouche avec légèreté, faisant se rencontrer leurs souffles et Tony se retourne dans ses bras pour les refermer autour du cou de Steve et l'attirer plus près de lui.

Leurs bassins entrent en contact et le jeune homme exhale un petit soupir de plaisir, Steve en profitant pour envahir tendrement sa bouche de sa langue si chaude et habile.

Leur baiser devient plus langoureux tandis que les grandes mains du blond cajolent ses hanches avec tendresse et Tony s'abandonne à son toucher précis et délicat. Comme s'il était précieux – parce qu'il est précieux – aux yeux d'azur de son compagnon qui l'aime et qui le lui confesse une nouvelle fois dans le moindre de ses gestes, dans la caresse de ses doigts et la chaleur de ses lèvres.

Le brun se sent un peu absurdement ému.

Oui, il a le droit.

En sentant Steve s'éloigner de lui, Tony appuie son front contre son torse tandis que son compagnon masse délicieusement sa nuque afin d'achever de le détendre.

– « Est-ce que ça va mieux ? », lui demande-t-il doucement à l'oreille.

Le brun glousse légèrement tout en frottant son visage contre le pull de Steve dans un geste câlin.

– « Mieux. Merci… », lui dit-il d'un ton un peu contrit.

– « Alors installons-nous dans notre nouveau chez nous puisque nous sommes certains que nous n'allons pas repartir », le taquine-t-il gentiment.

Tony lui donne une bourrade dans les côtes avant de récupérer leurs valises que Steve a laissé à côté du petit salon, les housses de leurs vêtements soigneusement étalées sur la large assise du canapé.

Dans un ricanement, son compagnon lui emboîte le pas et le suit dans la chambre pour gagner le gigantesque dressing qui occupe le pan de mur opposé à la baie vitrée. Tandis qu'il contourne le claustra, Steve est attiré par l'élégante console disposée juste à côté, orné d'un grand vase design et d'une belle lampe sur pied dont la lumière éclaire un tableau contemporain accroché au-dessus.

Ce qui attire son regard, plus que les volutes bleues, blanches et ocres qui ornent la toile, est l'élégant panier d'accueil qui orne le plateau marqueté du meuble.

Tony rougit violemment et s'empresse de se diriger vers le dressing, ouvrant la penderie pour y pendre la housse dans le cliquetis métallique des cintres. Le jeune homme enfonce légèrement sa tête entre ses épaules tandis qu'il lisse frénétiquement le revêtement épais.

Steve est intelligent, il va immédiatement comprendre.

Dans son dos, il entend les pas de son compagnon ralentir imperceptiblement avant qu'il ne vienne le rejoindre, accrochant également la housse de son vêtement à côté de la sienne tout en faisant se frôler leurs épaules.

₋ « J'ai cru voir un panier composé d'un ballotin de chocolats et d'une bouteille de champagne… », lui dit-il tout en rangeant sa valise sur une étagère basse du dressing. « Est-ce que tu as pris un séjour all inclusive spécial Saint-Valentin ? »

Tony sent ses joues flamber tandis qu'il se mordille les lèvres.

Quand l'hôtesse d'accueil lui avait proposé cette attention lors de sa réservation, il avait été un peu excité à l'idée de sacraliser ainsi leur court week-end tandis qu'il n'osait pas réellement lui demander quelles prestations proposaient le Finger Lakes Hostel dans ce contexte. Il s'était empressé d'acquiescer en la remerciant chaudement, s'imaginant déjà mangé des chocolats haut de gamme avec Steve et boire une coupe de champagne dans leur lit avant de retourner s'étreindre avec fougue, leurs lèvres légèrement pétillantes et parfumées du goût du sucre.

Dans sa joie, il avait un peu oublié que son compagnon ne mangeait jamais au lit et n'appréciait que modérément le chocolat et Tony crispa légèrement ses doigts sur la poignée de sa valise tandis qu'il la rangeait à son tour dans le dressing.

Il se raidit imperceptiblement en sentant le blond passer derrière lui et s'arrêter dans son dos.

– « Je t'aime… », lui murmure-t-il tendrement tout en embrassant sa nuque.

Le brun se retourne vivement mais Steve est déjà en train de lire avec intérêt le petit mot d'accueil, imprimé sur un luxueux papier. Tony jette un regard gourmand au ballotin de chocolats avant de le rejoindre un peu timidement.

– « Le Finger Lakes Hostel nous souhaite un excellent séjour entre ses murs et se tient à notre disposition pour satisfaire le moindre de nos désirs », lui résume le blond tout en lui montrant le carton imprimé d'une élégante police de caractère. « Souhaites-tu leur commander de la chantilly et du chocolat fondu ? Nous ne ferons jamais ça dans le lit mais cette chambre est gigantesque… »

Tony jette un regard vaguement interdit à son compagnon avant de rougir en croisant ses yeux malicieux et son sourire sensuel.

Le brun le bouscule fortement de l'épaule, faisant à peine ciller Steve qui ricane et replace sagement le mot sur la corbeille d'accueil. Du coin de l'œil, le jeune homme le voit rouler un instant des épaules avant de le regarder.

– « J'ai discuté avec un des grooms dans le hall pendant que tu récupérais nos clés. Il m'a dit qu'un petit marché local se tenait dans le centre-ville d'Ithaca pour le week-end. Nous pourrions aller dîner en ville et aller y faire un tour avant de rentrer à l'hôtel », lui propose-t-il gentiment. « À moins que tu n'aies déjà prévu une surprise pour notre arrivée. Autre que cette chambre incroyablement luxueuse et cette corbeille de bienvenue bien entendu… »

Le brun glousse légèrement avant de secouer la tête et de tendre la main vers son manteau, posé dans le salon.

– « Il n'y a pas de plan pour ce soir. Je me suis dit que nous serions un peu fatigués et plus encore parce que je pensais que nous nous partagerions la route pour venir jusqu'ici », lui répondit-il dans un sourire tendre malgré son regard un peu désapprobateur. « Ton idée me paraît excellente pour commencer notre séjour. »

Steve le remercie d'un sourire et remet rapidement son manteau avant de tenir celui de Tony ouvert pour l'aider galamment à l'enfiler. Une main posée sur l'interrupteur de l'entrée, le brun éteint la lumière avant de refermer la porte de leur chambre dans le léger tintement métallique du porte-clés.

Tandis qu'ils regagnent la galerie ouverte sur le hall et descendent le grand escalier à double volée, le jeune homme frissonne légèrement en sentant la main de Steve effleurer la sienne avant d'emmêler leurs doigts dans un geste tendre. Tony lui jette un petit regard en coin avant de refermer doucement sa main sur la sienne, les joues roses et le blond porte lentement leurs doigts enlacés à sa bouche afin d'embrasser ses jointures, lui faisant légèrement écarquiller les yeux de surprise.

Steve est un amant attentionné et tendre dans l'intimité mais tous deux s'offrent si peu ce genre de marque d'affection en public que Tony se sent presque gêné de se montrer ainsi aux autres clients de l'hôtel, trop habitué à veiller à leurs gestes quand ils se promènent en public avec Thor et Loki.

Pourtant, les gestes du blond envers lui disent assez sa frustration passée, si identique à la sienne devant la prudence nécessaire au début de leur histoire.

Depuis leur départ de Philadelphie, Steve semble incapable de ne pas le toucher du bout des doigts, de ne pas embrasser sa peau ou caresser ses lèvres devant les clients de cet hôtel de luxe.

Les barrières de sa prudence semblent avoir cédé sans pitié sous ses envies de tendresse et d'amour, sous ses attentions dont Tony pensait connaître les subtilités pour en faire l'objet dans leur vie de couple. Il a pourtant l'impression d'être loin du compte à cet instant et d'avoir sous-estimé l'insatisfaction de son compagnon et son désagrément à l'idée de devoir se contrôler en sa présence.

Dans les yeux céruléens de Steve, le brun distingue une flamme parfaitement semblable à la sienne, brillante, brûlante et sensuelle. Une flamme qui peut enfin grandir, se nourrir avec avidité de son amour pour brûler plus haut et fort.

Celle de l'aimer sans contrainte, entièrement et devant le monde entier.

Tony sourit légèrement dans le col de son manteau.

Il est vraiment bon d'être aimé de la sorte.

Quand les deux hommes rentrent à l'hôtel près de trois heures plus tard, celui-ci semble s'être lentement assoupi.

L'éclairage du hall est délicatement tamisé et le moindre son semble feutré, comme pour respecter le sommeil des clients qui se sont retirés dans leurs chambres. Tony sourit légèrement et se gratte distraitement le ventre d'un doigt tout en poussant un petit soupir de plaisir.

Steve et lui reviennent d'Ithaca après un excellent repas et une longue balade dans le centre-ville. Ils se sont attablés dans un petit restaurant italien, leurs pieds s'emmêlant sous la table éclairée d'une bougie tandis qu'ils achevaient de partager un tiramisu, leurs doigts emmêlés sur la nappe et son compagnon caressant sa peau de son pouce. Tony avait cru se consumer de gêne avant de réaliser que personne ne prêtait attention à eux et que, sans le regard perçant de leurs petits garçons, ils n'avaient pas besoin d'être prudent. Tout son corps s'était soudain relaxé, le regard bleu de Steve venant effleurer tendrement son visage.

Ils avaient arpenté les allées du petit marché, joliment illuminé par des guirlandes accrochées dans les arbres nus et sur les devantures des chalets en bois, avant que plusieurs bâillements du blond, discrètement cachés dans le col de son manteau ne signe leur retour à l'hôte.

Le brun sourit doucement et se presse un peu plus contre le jeune homme, leurs mains toujours enlacées entre eux malgré l'encombrement de paquets qu'ils tiennent chacun de leurs côtés. Dans des sacs en papier s'entassent pêle-mêle des présents pour leurs petits garçons et leur baby-sitter après que les deux hommes se soient entraînés l'un l'autre de chalet en chalet, leurs mains toujours enlacées.

Tony tient d'une main un casse-tête en bois fait à la main et un livre d'histoire et de légendes amérindiennes sur la région pour Loki tandis que Steve veille précieusement sur une paire d'épaisses chaussettes en laine tricotées par une adorable grand-mère et un pyjama orné de sapins pour Thor. Dans un autre sac, un épais sweat orné d'un paysage stylisé des Finger Lakes attend Peter afin de compléter sa collection. Le brun jette un petit regard gourmand à la main gauche de son compagnon qui garde avec soin deux bouteilles de vin des vignobles de la région et deux énormes cakes aux raisins secs.

Dans un petit gloussement, il se colle un peu plus contre Steve et, tandis qu'il attire le regard de son compagnon sur lui, Tony lui vole un petit baiser malicieux, heureux de sentir sur ses lèvres la saveur sucrée du vin de Toscane et des biscuits qu'ils ont dégustés dans les allées du marché.

– « Je pense qu'il est grand temps que nous allions nous coucher », lui répond Steve dans un souffle chaud contre sa bouche. « Tu as l'air avide de retirer tes vêtements. »

Tony glousse légèrement avant de hoqueter en sentant Steve enrouler un bras autour de sa taille pour le presser contre lui, le faisant se cambrer avec délice contre lui.

– « Pour – Pour aller dormir sans doute », souffle Tony dans un petit rire tout en posant ses mains sur les bras de son compagnon. « J'ai un peu honte de l'admettre mais je suis franchement épuisé Steve. La semaine a été rude pour pouvoir quitter le bureau aussi tôt aujourd'hui. »

– « Pour moi aussi. » Le jeune homme fait une petite moue déçue avant d'embrasser sa tempe et de le relâcher. « Je voulais aller prendre des prospectus avant d'oublier, tu peux monter si tu veux. Je te rejoins dans quelques minutes. »

Le brun opine lentement mais, tandis que son compagnon se dirige vers le grand présentoir en bois couvert de brochures colorées sur la région, il gagne l'accueil avant de saluer l'hôtesse de nuit d'un sourire un peu languide. Il se sent si bien.

– « Bonsoir. Je suis arrivé aujourd'hui avec mon compagnon, nous occupons la chambre vint-cinq au nom de Tony Stark », la salue-t-il, un frisson de plaisir remontant dans son dos. « Pouvez-vous me confirmer notre rendez-vous au spa de demain après-midi et la réservation de notre dîner s'il vous plaît ? J'ai oublié de m'en assurer avec votre collègue et s'il devait y avoir contretemps, je pense que nous serions les hommes les plus malheureux de la Terre. »

La jeune femme rit discrètement avant de s'exécuter de bonne grâce, le brun pianotant du bout des doigts sur le comptoir avec une pointe d'anxiété. Il soupire discrètement de soulagement en la voyant enfin relever les yeux sur lui, un petit sourire aux lèvres.

– « Vos deux réservations ont bien été prises », lui indique-t-elle gentiment. « Vous êtes attendus au spa à partir de quinze heures et dans la salle de restaurant pour vingt heures trente. J'espère que vous en serez satisfait. »

– « J'en suis sûr. Merci et bonne soirée. »

Tony s'éloigne après un petit signe de la tête et rejoint Steve qui l'attend dans le hall, les sourcils légèrement froncés tandis qu'il regarde avec attention les prospectus qu'il tient devant lui. Il sourit tendrement en le voyant porter une main à sa bouche pour dissimuler un nouveau bâillement et le jeune homme revient emmêler ses doigts aux siens avant de le tirer légèrement en direction du grand escalier.

– « Allons-y Steve », lui dit-il avec tendresse.

Il pouffe doucement en voyant son compagnon opiner docilement et, une fois dans leur chambre, Tony prend leurs sacs afin de les déposer soigneusement sur la table basse du petit salon. Du coin de l'œil, il voit le blond gagner le dressing, retirant son écharpe d'un geste un peu las avant de déboutonner son manteau.

– « Laisse-moi faire », lui chuchote-t-il tout en posant ses mains sur ses épaules pour l'aider.

Le brun embrasse doucement sa nuque découverte par le col de son pull, faisant pousser un petit soupir de bien-être à Steve, avant de ranger leurs manteaux dans la penderie. Il sent son compagnon le remercier d'une caresse dans les reins avant que les deux hommes n'ouvrent leurs valises pour en retirer leurs trousses de toilette et leurs tenues de nuit.

Serrant ses affaires contre son torse, Tony hésite un bref instant à suivre Steve, un peu intimidé.

La salle de bain de sa propre chambre est de belle taille mais pas assez pour que deux hommes de leur carrure puissent s'y préparer en même temps sans se gêner un peu. Ils ont donc pris l'habitude de s'y attarder l'un après l'autre, discutant à travers la porte ouverte dans une familiarité agréable avant que de se rejoindre au lit.

Il entend soudain le portable du blond sonner doucement depuis le dressing et voit son compagnon froncer légèrement les sourcils tandis qu'il lit son écran.

– « Excuse-moi, un mail du boulot auquel je dois répondre », lui indique-t-il tout en l'embrassant du bout des lèvres. « Vas-y, je te rejoins tout de suite. »

Tony opine lentement et traverse la chambre pour gagner la salle de bain.

Après quelques ablutions, il s'empresse de se déshabiller et de plier soigneusement ses affaires avant d'enfiler son pyjama, un frisson douillet courant sur sa peau tandis que la flanelle vient couvrir sa peau.

Il est en train de ranger sa brosse à dents quand il distingue à travers le claustra ajouré Steve en train de le rejoindre.

– « Rien de grave ?, lui demande-t-il doucement tout en lissant sa barbe du bout des doigts tandis qu'il se regarde dans le miroir.

– « Je peux t'assurer qu'absolument rien, exception faite de quelque chose en rapport avec notre famille, ne pourra me faire quitter cet endroit », lui répond le blond dans un rire.

Ses pieds nus frottent discrètement sur le carrelage et Tony lui jette un petit regard intrigué avant de déglutir doucement.

Steve s'est déjà changé dans leur chambre et, uniquement vêtu d'un pantalon tombant bas sur ses hanches, offre sans pudeur à ses yeux aimants la splendeur musclée et lisse de son torse. Le brun se mordille légèrement les joues, quelque chose de chaud venant aiguillonner ses reins malgré la fatigue qui engourdit un peu son corps.

Steve est si beau, si nonchalamment sensuel dans sa soudaine demi-nudité, qu'il sent le bout de ses doigts le picoter légèrement à l'idée de toucher sa peau au grain fin.

– « Je sens ton regard sur moi tu sais », lui dit le jeune homme avec tendresse tout en se glissant à ses côtés pour ouvrir sa trousse de toilettes.

Tony rougit légèrement et lui donne un petit coup de coude vengeur dans les côtes.

– « Tu sais ménager tes effets… », lui rétorque le brun tout en coulant un petit regard en coin dans sa direction tandis qu'il se lave les mains. « Je n'étais juste pas… préparé. Il y a encore une minute tu étais couvert de plusieurs couches de vêtements. »

Le jeune homme glousse doucement avant de caler ses reins contre le meuble à vasques, sa brosse à dents couverte de dentifrice dans une main.

– « Je te trouve aussi très sexy dans tes pyjamas boutonnés Tony », lui répond Steve avec tendresse tout en caressant sa joue avant de glisser sa main jusqu'à sa mâchoire. « J'ai l'impression de me consumer quand je te déshabille. Notamment quand je défais ces petits boutons que tu attaches toujours si soigneusement. »

Tony déglutit légèrement en sentant les doigts de son compagnon descendre mutinement le long de la boutonnière et il se mord les joues tout en plongeant dans les prunelles céruléennes du blond, malicieuses mais dans lesquelles couve une flamme douce et chaude.

– « Je – Je croyais que tu étais fatigué… », lui dit-il dans un croassement tandis qu'il sent son corps se pencher vers celui de Steve, irrémédiablement attiré.

– « Je le suis, vraiment, mais ça ne m'empêche pas de vouloir de toucher et plus encore quand je n'ai pas à surveiller derrière les portes », lui souffle Steve. « Si je le pouvais, je crois que je te tiendrai contre moi pendant tout ce week-end, juste peau contre peau, pendant que je t'embrasserai. »

Le brun roule un instant des yeux tandis que, dans un rire, son compagnon commence à se brosser les dents.

Tony passe derrière lui et grignote taquinement ses vertèbres des dents, le faisant se cambrer imperceptiblement contre lui dans un gémissement, et il se faufile dans la chambre dans un petit rire.

Avisant le gigantesque lit au linge immaculé et la montagne de coussins, le jeune homme se mordille les joues.

Ce dernier ressemble tellement à un autel dédié à l'amour qu'il hésite brièvement à le déranger mais le bruit discret de Steve terminant de se préparer dans son dos le fait sourire tendrement et, prenant son courage à deux mains, Tony vient ouvrir le lit avant d'empiler les coussins hors du matelas. Il se glisse dans les draps, les lissant distraitement du bout des doigts, avant de poser sa tête contre les oreillers dans un soupir de plaisir.

Glissant un bras sous sa nuque pour se soutenir, il contemple en silence l'ombre du corps de Steve qu'il devine derrière le claustra ajouré, ses gestes lents ponctués par le bruit de l'eau qui coule et un discret froissement d'étoffes.

Tony jette un regard en coin à la place vide à côté de lui sur le matelas, soudain avide de voir le blond le rejoindre et s'allonger contre lui. Voir sa silhouette à quelques mètres de lui et l'entendre semble fouetter son sang comme un spectacle étrangement érotique et il rougit légèrement en voyant la large carrure de Steve se découper enfin dans l'embrasure de la porte avant que le jeune homme n'éteigne la lumière dans son dos.

Le brun gigote légèrement sur le matelas, les prunelles du jeune homme caressant son visage tandis que son compagnon le rejoint enfin. Tony soupire étrangement quand il sent enfin le matelas s'affaisser sous le poids du corps musclé de Steve et, se tournant sur le flanc, il se laisse enlacer en même temps que lui-même referme ses bras sur le blond, les yeux à demi-fermés.

Plongés dans l'obscurité, les deux hommes se cajolent tendrement en silence, leurs mains effleurant doucement leurs corps et Tony glousse légèrement en sentant le blond passer ses doigts sous son haut de pyjama pour toucher ses reins.

– « J'avais peut-être bien un plan finalement », chuchote-t-il contre la bouche de Steve qui frotte son nez dans ses cheveux. « Celui de finir la journée exactement comme ça… »

Le blond glousse tendrement tout en opinant, ses lèvres effleurant la tempe de Tony.

– « Excellent plan, vraiment excellent… », lui répond le jeune homme dans un murmure un peu fatigué. « J'aimerais faire ça pour le reste de ma vie. Dans le silence le plus complet. »

Tony pouffe mais il se mord les joues pour contenir l'émotion qu'il sent enfler en lui et il enfonce un peu plus son visage dans le torse de Steve, savourant les battements de son cœur sous ses lèvres.

– « … Tony ? », l'appelle doucement son compagnon.

– « Je t'aime », lui répond-il d'un ton un peu éperdu tout en embrassant sa gorge.

Il baisse légèrement la tête en sentant son compagnon tenter de lui faire relever le menton du bout des doigts afin de le faire le regarder mais Tony lutte un instant avant de céder.

Steve le dévisage avec une telle intensité qu'il sent sa gorge se serrer un peu plus et il se rapproche doucement de son compagnon pour coller leurs torses et emmêler leurs jambes dans une étreinte aussi étroite que possible. Le brun a un peu chaud dans son pyjama en flanelle et pressé contre le corps de Steve semble littéralement irradier contre le sien mais pour rien au monde il ne se détacherait de lui à cet instant.

Tony a l'impression que son monde entier se limite au matelas de deux cents par deux cent vingt centimètres de leur lit et il ne pensait pas cela possible.

– « Moi aussi, j'aimerai vraiment ça. Laisse-toi aller pour le moment et endors-toi. Tu sens mes mains sur toi ? Je suis avec toi et je ne te lâcherai pas », reprend tendrement Steve avant de chercher sa bouche pour l'embrasser.

Le brun hoche un peu timidement la tête et ferme lentement les yeux.

Il entend son compagnon lui murmurer des paroles d'amour à l'oreille, des mots rassurants tandis que sa respiration se fait plus lente.

Tony reconnaît l'engourdissement familier, la torpeur qui saisit lentement les membres tandis que le sommeil arrive et l'entraîne mais Steve est toujours chaud contre lui, solide et présent. Il frémit légèrement de plaisir en sentant son compagnon remonter distraitement une de ses jambes entre les siennes, faisant se caresser leurs cuisses, et un léger bourdonnement vient envahir son aine. C'est chaud, doux, intime et presque un peu sensuel dans la pression de leurs corps sur le matelas moelleux.

Tony sourit tendrement en sentant la main du jeune homme ralentir lentement ses caresses sur ses reins dénudés tandis que le blond s'endort.

Ils sont trop fatigués pour faire l'amour ce soir mais le brun rougit légèrement en songeant qu'ils leur restent une nuit encore à passer dans cette chambre qui invite à l'abandon et à la volupté.

Le jeune homme ferme à son tour les yeux, accueillant le sommeil avec bonheur.

Sentir le corps de Steve emmêlé au sien suffit à son plaisir. Il leur reste encore du temps pour s'aimer.

o0O0o

Le claquement d'une porte dans le couloir achève de troubler le sommeil de Tony qui papillonne déjà des yeux.

Le brun frotte doucement ses paupières de ses doigts dans un geste lourd et un peu maladroit avant de tendre le bras pour tenter d'attraper sa montre qu'il a déposé sur la table de chevet quand il s'est couché. Le jeune homme écarquille légèrement les yeux en voyant l'heure s'afficher sur l'écran rétro-éclairé et il enfonce sa tête dans son oreille tout en grognant légèrement.

Tony se frotte le visage et quand il constate par les rideaux entrouverts que le jour commence à peine à se lever sur Ithaca, il étouffe son gémissement de dépit entre ses dents serrées.

Le début de son parfait week-end en amoureux commence résolument trop tôt à son goût et il abandonne un instant son bras sur son visage.

Agréablement engourdi, le brun se laisse un instant bercer par les bruits étouffés provenant des chambres alentour, des craquements discrets du parquet dans le couloir et ce qui ressemble au bruissement d'une conversation. Il laisse lentement son corps se réveiller et il apprécie le moelleux du matelas sous lui tandis qu'il a roulé sur le dos pendant la nuit.

À côté de lui, il sent la chaleur de Steve et le jeune homme se rapproche imperceptiblement de lui, regrettant un peu l'étreinte si serrée qu'ils partageaient quand ils se sont endormis.

Tony fait glisser son avant-bras de ses yeux avant de tourner légèrement la tête pour regarder son compagnon.

Le blond dort sur le ventre, le visage tourné vers lui, les bras ramenés sous l'oreiller et son dos dénudé offert à ses yeux admiratifs.

Steve a probablement rejeté la couette pendant la nuit et le brun glousse tendrement. Son corps est toujours si chaud, sa peau comme vibrant d'une puissante énergie intérieure, que le jeune homme supporte peu le contact d'un drap ou d'une couverture sur lui. Seuls les bras de Tony qui l'enveloppent confortablement, la flanelle de son pyjama ou le coton de son tee-shirt aux beaux jours semblent être une exception à son inconfort.

Le brun se mord les lèvres et roule lentement sur le flanc, soutenant sa tête d'une main pour mieux observer le sommeil de son compagnon.

Dans la lumière douce du lever du jour, le dos de Steve semble presque s'animer, ses muscles bouger tandis que des ombres en soulignent les reliefs, les pleins et les creux. Sa peau est délicieusement dorée, fine et douce, parfaitement lisse et dépourvue du moindre défaut. Elle est à peine agitée d'un frisson alors que la température de la chambre a chuté pendant la nuit, les deux hommes s'étant peu préoccupés du chauffage à leur coucher.

Tony hésite un instant avant de tendre une main prudente entre eux, fasciné par le corps à demi-nu de Steve.

Il n'a pas froid, il est bien, enroulé dans le duvet épais et luxueux, mais la chaleur de son compagnon lui manque.

Tout en se mordillant les joues, le brun avance un peu timidement les doigts avant d'effleurer dans un geste délicat l'arrondi puissant de l'épaule.

Tony se rapproche un peu plus de Steve tandis qu'il fait glisser ses doigts le long du biceps en une caresse aérienne, savourant la courbe gonflée du muscle légèrement contracté avant de remonter et de longer le haut de son dos.

Son compagnon n'est pas contre lui et pourtant, le brun se sent déjà frissonner légèrement de désir en le touchant à peine. Il connaît par cœur la texture, le goût et le parfum du corps de Steve. Il en sait le dessin, les pleins et les creux, le jeu subtil des muscles quand il se contracte dans le plaisir ou qu'il met du coeur à l'ouvrage pour lui en donner. Tony sent la chaleur du blond faire picoter le bout de ses doigts, remonter le long de son avant-bras et il exhale un petit soupir un peu tremblant et désireux, laissant tomber sa tête sur son bras replié sur l'oreiller.

Il pouffe tendrement en voyant Steve froncer légèrement les nez à ses caresses et il reprend doucement ses caresses languides sur le haut du dos de son compagnon. Ce dernier frotte son visage dans son oreille, un frisson agitant ses reins tandis qu'il soupire dans un son si languide, dans un abandon si voluptueux que Tony ferme brusquement les paupières tout en se mordillant les lèvres.

Steve respirait un peu de la même manière lors de leur première fois, le moindre de ses souffles exhalant des paroles d'amour tandis qu'il le regardait avec admiration tout en ondulant contre lui, ses yeux plongés dans les siens.

La main levée en l'air, le brun surveille attentivement le sommeil de son compagnon mais ce dernier est retombé dans une parfaite immobilité, lourde et bienheureuse.

Tony se mordille légèrement les joues et rampe un peu plus sur le matelas pour se rapprocher de lui. Du plat de la main, il vient caresser la nuque et les vertèbres cervicales, ses doigts venant se perdre brièvement dans ses mèches dorées avant de glisser le long de sa colonne vertébrale et d'aller flatter ses reins.

Ses reins si puissants qui savent le faire gémir de manière gênante et indécente quand ils s'animent contre son bas-ventre.

Tony fait aller et venir le bout de ses doigts sur le fin duvet qui couvre sa peau, si doux et presque imperceptible, passant sur les petites fossettes qui s'y creusent.

Steve frémit une nouvelle fois et gémit imperceptiblement de plaisir.

Flattant le bas de son dos musclé, le jeune homme finit par glisser audacieusement ses doigts sous l'ourlet de son pantalon et il se mord les joues en sentant sous leur pulpe la naissance de ses fesses au galbe parfait.

Tony a l'impression de faire l'amour à Steve du bout de ses doigts et il trouve cela incroyablement érotique et bon.

Tout en continuant à caresser le bas du dos de son compagnon, le brun observe son visage avec attention. Il admire son front pur, la ligne droite de son nez et la marque de ses pommettes, l'ourlet sensuel de sa bouche et la ligne volontaire et carrée de sa mâchoire.

Malgré l'intensité de sa contemplation, Steve ne bronche toujours pas alors le brun continue à lui faire silencieusement l'amour de sa main.

Une pointe de frustration vient aiguillonner son ventre à l'idée de ne pas voir son compagnon se retourner sur le dos afin de lui permettre de savourer la vue de son torse magnifique aux abdominaux saillants et aux tétons bruns.

Pourtant, le matelas bouge soudain imperceptiblement et Tony sent sa bouche s'assécher légèrement en voyant Steve s'exécuter en silence. D'un coup de reins languide, le jeune homme roule sur le dos, un bras passé sous l'oreiller pour soutenir sa tête tandis qu'il continue à sommeiller.

Dans le même silence respectueux, le brun poursuit sa contemplation.

Il commence par déposer sa main sur le pectoral gauche du blond, heureux de sentir les battements de son cœur sous ses doigts avant d'aller flatter ses abdominaux délicieusement saillants. Quand ses doigts viennent se perdre légèrement dans les poils fins et doux qui tapissent son bas-ventre en un chemin qui plonge mutinement sous l'ourlet de son pantalon de nuit Tony rougit légèrement.

Il ne parvient toutefois pas à détourner le regard de sa main proche, si proche du sexe de Steve encore au repos.

Le jeune homme se mord les joues et soupire doucement de plaisir avant de se figer brusquement dans ses caresses.

Le corps de son compagnon est agité d'un nouveau frisson, plus puissant, et le brun voit Steve lever une main lourde et paresseuse pour venir chercher maladroitement son poignet et sa main. Le blond enlace mollement leurs doigts, faisant cesser ses caresses mutines, avant de les remonter un peu plus haut pour les poser sur son torse.

– « J'adore ce que tu fais mais je suis un peu chatouilleux sur le ventre Tony… », murmure-t-il d'une voix lourde et rauque de sommeil dont la modulation fait vibrer quelque chose dans l'aine du brun.

Tony glousse légèrement et se rapproche de lui, posant sa tête sur son épaule dans un geste câlin. Il dégage sa main d'un petit geste avant de la remonter jusqu'à sa nuque de Steve pour y crocheter ses doigts, son pouce caressant tendrement sa gorge.

– « Tu es réveillé depuis longtemps ? », lui demande-t-il dans un chuchotement discret.

– « Depuis assez longtemps pour avoir conscience que tu m'as fait l'amour du bout de ses doigts… », lui répond Steve avant de soupirer doucement de plaisir à sa caresse. « C'était vraiment bon. Je crois que tu me fais découvrir un nouveau pan de ma sexualité Tony. »

Le brun roule légèrement des yeux avant d'embrasser la peau fine et chaude de son cou du bout des lèvres.

– « Je suis désolé de t'avoir réveillé », lui dit-il d'un ton un peu contrit.

Il sourit en voyant son compagnon tourner la tête pour embrasser maladroitement son poignet tandis qu'il continue de caresser sa gorge.

– « Je somnolais plus que je ne dormais », souffle Steve tout en se calant un peu plus confortablement contre les oreillers. « Quelle heure est-il ? »

– « Il doit être environ huit heures maintenant. J'ai regardé ma montre à sept heures trente », glousse tendrement Tony tout en roulant des yeux devant l'emploi du synonyme.

– « Tu m'as regardé dormir et caressé pendant une demi-heure ? », lui demande son compagnon avec malice tout en ouvrant lentement les yeux. « Tu dois vraiment m'aimer… »

– « Prétentieux… »

Tony tire légèrement sur les petits cheveux dansant sur sa nuque en représailles, agitant le grand corps musclé de Steve contre lui tandis qu'il ricane. Le brun frémit en sentant son compagnon venir enlacer habilement sa taille tout en posant sa main sur sa hanche pour le tirer plus près de lui.

– « C'est un peu tôt pour un week-end en amoureux. Tu es tombé du lit ? », poursuit le jeune homme d'une voix lourde.

Tony frotte légèrement sa joue contre l'épaule de Steve, un sourire de plaisir aux lèvres tandis que les mots du blond résonnent délicieusement en lui, et il hoche la tête, un peu honteux.

– « Loki est un lève-tôt, j'ai pris l'habitude de me réveiller en même temps que lui », avoue-t-il doucement. « Et à l'idée de ne pas avoir de petit déjeuner à préparer ou de vêtements à sortir de sa penderie, je me sens un peu… désœuvré. »

Son compagnon rit joliment et, d'un coup de reins, il les fait rouler sur le matelas, le mettant face à face sur le flanc. Le brun frissonne tandis que le jeune homme les enlace plus fort l'un à l'autre.

– « J'ai une excellente idée pour t'occuper encore un peu », souffle tendrement Steve tout en embrassant son front. « Il est encore un peu trop tôt pour nous lever, sommeille encore un peu avec moi… »

– « Je suis vraiment bien réveillé tu sais », lui rétorque Tony d'un ton taquin. « Je te regarde depuis assez longtemps pour cela. »

Le brun fait courir sa main le long de son dos avant d'aller se perdre à la lisière du bas de pyjama, faisant délicieusement gronder Steve contre lui.

– « Et c'était délicieux mais je pense avoir besoin d'encore un peu de sommeil. Juste un peu », lui répond le blond. « Reviens contre moi. »

Tony sent son compagnon lui pincer taquinement la hanche, le faisant couiner discrètement, mais il se laisse pourtant attirer contre Steve qui cajole ses reins.

Il ferme lentement les yeux, respirant doucement contre la peau chaude du blond, sentant bon le sommeil, la paresse et la chaleur d'un lit partagé.

Le brun calque sa respiration sur celle de Steve qui caresse ses reins et il frotte distraitement son nez contre son torse.

Bercé par la chaleur et le corps du jeune homme, Tony s'endort à nouveau avant même de le réaliser.


Un grand merci d'avoir lu cette deuxième partie de Une fête pour être avec celui qu'on aime. J'espère sincèrement que vous l'avez trouvé à votre goût.

Comme promis plus haut, voici quelques notes indicatives concernant les lieux et contextes de cette histoire.

Ithaca est une ville d'environ trente mille habitants située dans l'État de New York, comté de Tompinks. Réputée pour sa prestigieuse université, elle est très marquée par sa population étudiante qui fait considérablement fluctuer le nombre de ses habitants sur l'année. Ithaca est installée sur la berge sud du lac Cayuga et ses paysages sont magnifiques. Elle se trouve effectivement à environ quatre heures de route de Philadelphie.

Le Susquehanna est le plus long fleuve de la côte Est des États-Unis. Si ses paysages sont très beaux, ses berges sont aussi extrêmement urbanisées sur certaines parties de son tracé, notamment entre Philadelphie et Ithaca. Il pourrait donc être moins agréable d'y séjourner que sur le lac Caguya, d'où la remarque un peu moqueuse de Tony.

Les Finger Lakes sont un ensemble de lacs du nord de l'État de New York. Ils tirent leur nom de leur forme très allongée évoquant des doigts. Situés historiquement sur le territoire des nations iroquoises, une légende amérindienne raconte que le Grand Esprit les aurait créés en apposant ses mains sur ces terres pour les bénir. Les lacs perpétuent cet héritage en prenant le nom des principales tribus les ayant occupés, tel le lac Caguya. De climat continental modéré, la région fait également l'objet d'un microclimat lié à la présence des lacs et est particulièrement favorable à une activité viticole. Les Finger Lakes sont très réputés pour la qualité de leurs vins, produits sur place depuis les années 1860. Aujourd'hui, plus d'une centaine de maisons se partagent les quatre mille cinq cents hectares de vignobles de la région.

Le Finger Lakes Hostel est une invention de ma part. Je l'ai imaginé dans un esprit chalet très luxueux comme on peut en trouver beaucoup au Canada (si vous souhaitez faire une recherche d'images pour vous aider à planter un petit peu le décor) :)

En faisant des recherches, j'ai découvert que les hôtels aux États-Unis se classent selon des critères qualitatifs particuliers. Vous pouvez trouver les établissements étoilés comme en France par exemple mais dont les décorations sont auto-attribuées sans décision d'une instance générale telle que la Classification des hôtels de tourisme qui est la seule habilitée à pouvoir distinguer les hôtels sur le territoire français. J'ai cru comprendre qu'aux États-Unis, les établissements se classent en réalité eux-mêmes mais plusieurs catégories peuvent toutefois être distinguées en fonction des prestations proposées. Dans les établissements à petit et moyen budget, vous pouvez dormir dans un motel ou un hôtel « Inn » (hôtel de taille modeste en demi-pension). Vous trouvez ensuite les hôtels Suite (hôtel de chaîne avec différentes catégories de chambres), les hôtels Boutique (hôtel de charme ou atypique) puis les hôtels Luxury (très haut gamme avec restaurant gastronomique souvent) et enfin les Resorts and Spa Resorts (hôtels de gamme Luxury avec prestations bien-être). Pour leur Saint-Valentin, Tony et Steve dorment bien entendu dans un hôtel de luxe (ils ont le droit de se faire plaisir).

Je vous souhaite une bonne fin de semaine et vous retrouve très bientôt pour la suite de cette histoire.

Bien à vous,

ChatonLakmé