Mes chers petits chats,

Aujourd'hui, la troisième partie de Une fête pour être avec celui qu'on aime, dans laquelle Steve et Tony goûtent enfin les premiers bonheurs de couple sans enfants (même s'ils pensent très forts à eux) :)

Très bonne lecture (j'espère que cela vous plaira) et à très bientôt pour la suite.

Bien à vous,

ChatonLakmé


Une fête pour être avec celui qu'on aimerais

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Troisième partie

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Tony éprouve une vague impression d'un déjà-vu quand il entend une nouvelle fois une porte claquer dans le lointain, le bruit un peu indiscret résonnant entre les murs du couloir.

Un peu hébété, il papillonne des paupières avant de les frotter doucement du bout des doigts et de s'étirer langoureusement dans le lit. Le jeune homme tâtonne un instant autour de lui avant d'ouvrir lentement les yeux en sentant le matelas vide et froid à ses côtés et il se redresse mollement sur un coude.

La lumière entre à flots dans la chambre par la grande baie vitrée aux rideaux ouverts, signe d'une journée déjà bien avancée et dans un geste paresseux, Tony tend un bras pour récupérer sa montre. En lisant l'heure sur l'écran, il écarquille les yeux de surprise et contemple le lit à moitié vide avec une pointe de honte, un peu perdu et décontenancé.

Le jeune homme cherche avidement Steve du regard tout en se frottant vivement le visage afin de se réveiller avant qu'un petit sourire ne vienne ourler ses lèvres fines.

Un peu plus loin sur la gauche, son compagnon est assis dans un des fauteuils du salon qu'il a tiré en direction de la fenêtre afin de profiter de la lumière du jour. Un livre ouvert sur ses genoux, il boit lentement le contenu d'une tasse qu'il dépose avec soin sur un guéridon à proximité, mettant un soin particulier à ne pas faire tinter la porcelaine pour ne pas le réveiller.

Tony se redresse mollement contre ses oreillers.

Le froissement des draps attire l'attention de Steve qui tourne lentement la tête vers lui et le brun se mordille légèrement les lèvres de gêne, lui adressant un petit geste un peu timide de la main en guise de salut.

– « Hey… », dit-il avant de nouer ses mains sur ses cuisses.

Le brun observe son compagnon se lever lentement, déposant son livre sur l'assise de son fauteuil avant de le rejoindre d'un pas lent et calme. Tony remarque que Steve est habillé et quand le jeune homme s'assoit à ses côtés sur le matelas, il inspire discrètement une odeur inconnue qu'il devine être celle du gel douche de l'hôtel. Le brun est vaguement déçu de ne pas avoir pu profiter de ce moment avec lui et Steve lui adresse un petit sourire taquin qui le fait rougir.

– « Bonjour Tony », le salue-t-il avant de se pencher sur lui pour l'embrasser du bout des lèvres.

Le jeune homme soupire doucement de bien-être et effleure la mâchoire de Steve d'un geste tendre. Sous sa main, il sent le léger relief de sa barbe qui fait picoter la pulpe de ses doigts et il frissonne légèrement.

– « Tu es très sexy avec de la barbe », lui souffle-t-il doucement avant de plonger son nez dans son cou. « Est-ce que je te l'ai déjà dit ? »

Son compagnon rit avant de frotter sa mâchoire contre sa paume d'un air câlin, provoquant une légère sensation de frottement et un petit bruit de crissement qui fait picoter l'aine de Tony d'une pointe de désir un peu sourd.

– « Je ne pense pas », lui répond-il tout en haussant légèrement les épaules. « Je n'ai pas le souvenir de ne m'être jamais rasé en ta présence. Je ne trouve pas que cela m'aille très bien. »

Tony ricane et pince taquinement les reins de Steve, le faisant gigoter sur le matelas.

– « Tu te souviens du fait que tu ne me contraries jamais et que tu écoutes toujours ce que je te dis ? », lui dit-il avec malice. « Si je te dis que tu es sexy avec un peu de barbe, tu dois me croire Steve. Autant que quand je te parle de ta chemise gris perle… »

Son compagnon roule brièvement les yeux avant de pouffer et, caressant doucement le poignet de Tony, il l'invite à se décaler sur le matelas. Le brun obtempère sans un mot avant de s'appuyer contre Steve qui vient de le rejoindre et de s'adosser à la tête de lit.

– « Pour quelqu'un qui était très réveillé, tu as remarquablement bien dormi », reprend distraitement le blond. « Il est plus de onze heures. »

– « Je sais, j'ai vu », lui répond le brun dans un grommellement gêné. « Tu aurais dû me réveiller, je t'ai montré la meilleure méthode pour le faire. »

Steve éclate de rire et embrasse sa tempe d'un air câlin.

– « Ne pense pas que je t'attends depuis des heures Tony. Je ne suis pas levé depuis très longtemps, je t'attendais en buvant un café », lui répond le blond.

Le jeune homme désigne le petit salon qu'il s'est aménagé d'un geste de la main et le brun roule sa tête contre lui tout en opinant vaguement.

– « Tu as déjà mangé quelque chose ? », reprend-il après un court silence.

– « Bien sûr que non », lui rétorque Steve tout en s'éloignant de lui pour le regarder. « Le service du petit déjeuner est fini mais le temps que tu te lèves et que tu prépares, nous pourrons aller bruncher. J'ai cherché un restaurant à Ithaca et je me suis dit que nous pourrions aller marcher autour du lac. Le temps est magnifique. »

– « Merveilleux programme », acquiesce Tony tout en hochant la tête. « Décale-toi un peu que je sorte du lit pour aller prendre une douche. »

Le brun repousse doucement son compagnon d'une main pour l'inviter à se lever tout en rejetant les couvertures de ses cuisses afin de sortir du lit. Le jeune homme s'étire dans un petit soupir languide, levant les bras au-dessus de lui et faisant remonter la veste de son haut de pyjama sur ses reins. Il frissonne en sentant les doigts de Steve venir effleurer sa peau nue encore chaude de sommeil et le brun se cambre légèrement de plaisir sous la caresse.

– « Je pourrais te rejoindre et me raser en même temps… Juste pour me rendre présentable », lui souffle le blond avec envie.

– « Tu me plais comme ça. Tu es parfait », lui répond Tony avec assurance malgré le fait que son compagnon hausse légèrement les épaules.

Il se mord les joues tandis que la main du blond passe sur son ventre pour flatter sa peau, remontant un peu plus le tissu de son pyjama.

– « Mon dieu, j'adore ces petits boutons », poursuit Steve à son oreille tout en embrassant sa nuque. « Tu sais que mon rêve serait de parvenir à les défaire d'une seule main ? »

Le brun halète discrètement et lui jette un petit regard noir avant de gagner le dressing pour ouvrir sa valise. Tony plonge à moitié dans son bagage pour occuper ses mains un peu fébriles et tenter d'apaiser la flamme qui commence à chauffer agréablement son aine.

Dans son dos, il sent le corps de Steve comme vibrer de chaleur. Il semble irradier d'un désir couvant comme des braises mais qui ne demandent qu'à s'enflammer, si identique au sien et à un des buts informulés de leur séjour dans cet hôtel de luxe.

Il serait si facile de céder maintenant, le corps incroyablement sensible et les sens encore alourdis par le sommeil.

Soigneusement protégés par la porte close de leur chambre, sans avoir à se soucier de petits déjeuners ou de petits garçons à distraire mais, tandis qu'il empile des vêtements sur une étagère, Tony décide de faire durer le plaisir.

Steve est incroyablement taquin et sensuel mais jouer l'un avec l'autre, parce qu'ils peuvent se le permettre et parce qu'ils en ont le temps, lui semble de meilleur augure.

Tout autant que la perspective très prochaine de leur collation qui fait légèrement gronder son ventre d'enthousiasme.

– « Cesse de me distraire », lui répond-il tout en serrant adorablement ses affaires contre sa poitrine. « Et interdiction de venir dans la salle de bain ou nous ne pourrons pas aller manger ni être à l'heure pour notre rendez-vous au spa. »

– « Le spa ? »

Steve lui adresse un sourire rayonnant avant de s'éloigner, levant les mains devant lui en signe de reddition. Tony en profite pour gagner la salle de bain, poursuivi par le rire de son compagnon et il dépose ses vêtements sur le meuble à vasques avant de commencer à se déshabiller.

Alors qu'il entre sous l'eau chaude avec plaisir, la voix malicieuse du blond lui parvient depuis la chambre.

– « Tony ? Est-ce que tu te souviens que le mur de la salle de bain est ajouré ? », lui dit-il dans un rire. « Ton effeuillage était très beau. »

Le brun pousse un cri outré tandis que Steve éclate d'un rire joyeux et enfantin.

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Quand Steve ouvre enfin la porte de leur chambre, Tony le bouscule presque pour rentrer dans la pièce en premier, le blond pouffant doucement derrière lui.

Le jeune homme marche rapidement jusqu'au salon avant de coller ses mains contre le radiateur design accroché au mur, soupirant doucement de bien-être tandis que la chaleur pénètre lentement le cuir de ses gants et réchauffe progressivement ses extrémités glacées.

Il jette un petit regard noir à Steve qui, à côté de lui, retire son manteau dans un geste tranquille avant de le déposer sur le dossier d'un fauteuil.

– « Tu exagères, il ne fait pas si froid que cela », lui dit-il tout en venant l'enlacer.

Tony tente de s'échapper, craignant le contact de son corps contre le sien, encore frais de l'humidité glacée qui règne dehors malgré le soleil clément, mais Steve est chaud et confortable alors le brun s'appuie contre lui dans un petit soupir de plaisir.

– « J'ai l'impression de ne plus sentir mes mains et mes pieds », lui rétorque le jeune homme tout en lui jetant un regard noir. « Je suis glacé. »

Son compagnon glousse doucement contre lui et pose ses mains sur les siennes pour les retirer du radiateur. Tony lutte brièvement mais il se laisse conduire jusqu'au salon pour s'asseoir sur le canapé après que Steve lui ait retiré son manteau.

Le brun se pelotonne frileusement sur lui-même, faisant glousser tendrement son compagnon et le jeune homme écarquille légèrement les yeux en le voyant s'accroupir devant lui. Il sent ses doigts s'enrouler autour de sa cheville pour l'inviter à poser son pied sur son genou malgré sa chaussure et, la gorge légèrement serrée, Tony l'observer dénouer ses lacets.

– « Qu'est-ce que tu fais ? », lui demande-t-il d'un ton vaguement interdit tandis que le blond roule ensuite sa chaussette sur elle-même avant de la lui retirer.

– « Je te réchauffe », lui répond Steve avec malice tout en commençant à frictionner son pied avant de hausser un sourcil. « … Tu as vraiment les pieds glacés… »

Tony ricane légèrement et s'affale confortablement contre le dossier du canapé. Il s'abandonne aux mains habiles de Steve qui repose son pied avant de faire de même avec l'autre et il appuie sa nuque sur le sofa.

– « Tu as quand même apprécié notre balade, j'espère », reprend doucement son compagnon.

– « Bien sûr Steve. » Tony rouvre paresseusement les yeux avant de tendre la main pour caresser sa mâchoire. « Le lac Caguya est magnifique sous la neige. Et le brunch était délicieux. J'essayerai bien cette recette de brioche feuilletée quand nous serons rentrés à Philadelphie. »

– « J'approuve ton initiative », renchérit Steve dans un petit rire avant de couler un regard câlin dans sa direction. « Puisque nous sommes rentrés, est-ce que tu veux bien me dire ce que tu as réservé au spa ? »

– « Quelle impatience… »

Tony roule légèrement les yeux en voyant son compagnon tourner la tête pour embrasser son poignet d'un air câlin et il croise lentement ses mains sur son ventre de contentement.

– « J'ai pris deux entrées pour le complexe thermal », lui répond-il avant de se mordiller les lèvres. « … Et un massage en duo d'une heure et demie. Je me suis dit que tu apprécierais. »

Il jette un petit regard un peu incertain à Steve en voyant le jeune homme se redresser d'un souple coup de reins mais c'est pour mieux se pencher sur lui et l'embrasser chaudement. Tony soupire doucement de bien-être et enroule ses doigts dans sa nuque pour l'attirer plus près.

– « Tu es merveilleux… », souffle-t-il contre sa bouche tout en butinant celle du brun. « Allons nous préparer, j'ai vraiment hâte de descendre. »

Le jeune homme se redresse lentement, un sourire aux lèvres en voyant Steve déjà gagner la salle de bain pour accrocher les épais peignoirs et les chaussons brodés au logo de l'hôtel à côté du meuble à vasques.

Tony a à peine le temps de gagner la chambre pour retirer sa montre qu'il voit déjà son compagnon s'empresser de retirer ses vêtements dans un grand froissement d'étoffes. Le brun fait de même d'une main un peu plus paresseuse avant de frissonner violemment tandis qu'il retire sa chemise et son maillot de corps, se retrouvant torse-nu dans la pièce pourtant agréablement chauffée.

Le jeune homme ouvre une porte du dressing et en sort un autre peignoir qu'il ceint rapidement, heureux se sentir l'étoffe cotonneuse et épaisse l'envelopper entièrement, avant d'enfiler les chaussons.

Il est en train d'ajuster la ceinture autour de sa taille quand il entend Steve le rejoindre, trépignant légèrement d'impatience tandis qu'il serre le nœud de sa propre ceinture.

– « Tu es prêt ? Il est presque quinze heures », lui indique gentiment le blond tout en haussant un sourcil appréciateur tandis qu'il le regarde.

Tony roule des yeux et passe à côté de lui en le bousculant légèrement et, chahutant comme des adolescents, les deux hommes quittent leur chambre pour gagner le hall dans le frottement discret de leurs chaussons sur le parquet.

Tandis qu'ils descendent le grand escalier, le brun resserre légèrement les pans de son peignoir autour de son torse et adresse un petit sourire un peu crispé à une dame montant en sens inverse, drapée dans un élégant manteau à col de fourrure.

Il grimace discrètement en rejoignant Steve en bas des marches, s'attirant un regard interrogateur de la part de son compagnon.

– « Je dois me faire bien plus vieux que je ne pensais si me promener en peignoir de bain dans un lieu public me paraît aussi déplacé », grommelle-t-il légèrement tout en jetant des coups d'œil aux clients qui arpentent le hall d'entrée. « J'ai l'impression d'être complètement nu et que tout le monde le sait. »

Le blond rit joliment à ses côtés avant de se diriger vers la galerie à droite du hall vers laquelle pointe un discret panneau d'indication en direction du complexe thermal.

– « C'est plus ou moins le cas », lui répond-il tout en haussant légèrement les épaules. « Mais tu n'as aucune raison de raser les murs comme un criminel en fuit Tony, je peux te l'assurer. »

Stupéfait, le jeune homme s'arrête soudain dans le hall, écarquillant les yeux de surprise tandis que Steve se retourne vers lui.

– « Tu – Tu es vraiment nu sous ton peignoir ? », lui demande-t-il d'un ton incrédule avant de rougir en voyant le blond hausser un sourcil suggestif. « Seigneur Steve, je t'ai dit que nous allions également au parc thermal. Et nous allons nous faire masser. Tu – Tu ne peux pas – »

Son compagnon pouffe doucement d'un air malicieux et vient prendre sa main dans la sienne pour le tirer lentement en avant tandis que le brun reste immobile dans le hall.

Le jeune homme se laisse docilement entraîner mais il continue à regarder le blond d'un air vaguement interdit. Tony se colle un peu plus contre Steve tandis qu'ils croisent un autre couple de clients et il sent son compagnon enlacer leurs doigts avec tendresse tout en lui souriant.

– « Tu te moques de moi, n'est-ce pas ? Je n'ai pas privatisé le parc thermal, il va y avoir d'autres clients avec nous », se sent obligé de préciser le brun dans un souffle tout en se penchant légèrement vers lui. « Steve, tu ne peux pas être nu… Tu dois porter un boxer. Ou un vêtement de bain. Surtout un vêtement de bain. »

Le jeune homme coule un regard en coin au grand corps musclé de son compagnon avant de descendre jusqu'au nœud de son peignoir. Il fouille distraitement les plis épais de son vêtement, tentant de trouver la réponse à sa question dans l'ombre mutine qui se dessine en dessous des pans qui s'entrouvrent mutinement à chaque pas de Steve.

– « Tu n'as rien voulu me dire sur notre destination », lui rétorque doucement le blond, lui faisant brusquement relever les yeux sur lui.

– « Mais – Mais, tu ne peux pas », répète Tony tout en rougissant légèrement. « Ce n'est pas – Je ne veux pas… »

Steve éclate d'un beau rire charmant et attrape doucement son menton entre deux doigts, son pouce effleurant tendrement sa lèvre inférieure avant que le blond ne vienne l'embrasser.

Tony sent la paume chaude glisser sur sa nuque pour l'attirer plus près tandis leurs doigts s'enlacent plus fort, et il frémit doucement quand le blond vient butiner ses lèvres avant de les lécher taquinement.

Le jeune homme papillonne un instant des yeux, ses mains se serrant sur les hanches de son compagnon et il fronce imperceptiblement les sourcils, persuadé de ne sentir aucune couture de sous-vêtement sous ses doigts.

Le jeune homme respire doucement contre la bouche de Steve avant de lui jeter un regard noir.

– « Tu triches… Tu cherches à me distraire », lui dit-il avec une pointe de reproche tandis que son compagnon vient caresser de ses lèvres la peau fine et sensible derrière son oreille. « Tu n'as sans doute aucune raison d'être pudique avec un corps comme le tien mais je pense quand même être en droit d'être un peu jaloux et de vouloir te garder pour moi. Mon dieu, je déteste l'homme que tu as fait de moi… »

Steve pouffe devant son regard réprobateur avant de les entraîner à nouveau sous la galerie.

– « Tu as de la chance que je sois un homme très prévoyant », lui répond-il avec malice. « Tranquillise-toi, je porte bien un vêtement de bain sous mon peignoir. Je n'ai effectivement pas honte de mon corps mais je n'ai plaisir à le montrer qu'à une personne. Et si possible le plus dénudé possible… »

Le brun rougit légèrement et tente sans succès de lui pincer les côtes à travers l'épaisse étoffe de son peignoir.

– « Et c'est contre le tien… », achève Steve à son oreille dans un souffle chaud. « Le spa est par ici. »

Tony regarde rapidement autour de lui, un peu dérouté par les paroles mutines et sensuelles de son compagnon qui viennent caresser sa peau, avant de remarquer un nouveau panneau indicatif, discret et élégant, mentionnant la présence du complexe thermal sur leur droite.

Les deux hommes s'écartent poliment du passage devant un couple sortant du couloir en face d'eux, si pressés l'un contre l'autre que le brun sourit légèrement avec une petite pointe d'envie.

– « Cela a l'air très prometteur », note doucement Steve tout en les suivant un instant du regard. « Il semble rendre les gens encore plus amoureux et leur donner envie de le montrer au monde entier. »

Le blond montre le couple d'un petit signe de la tête à Tony qui grimace légèrement en le voyant s'offrir un baiser particulièrement langoureux au centre du hall, parfaitement indifférent aux va-et-viens des autres clients autour d'eux.

Le jeune homme gigote légèrement sur place tout en serrant légèrement ses doigts sur ceux de Steve.

– « Je ne pense pas pouvoir t'aimer plus que je ne le fais déjà », lui dit-il distraitement tout en détournant le regard du couple. « Je sais que je ne te le montre pas toujours avec autant d'emphase en public mais tu le sais, n'est-ce pas ? Que je suis tellement amoureux de toi que le fait qu'on se mette enfin en couple a été la meilleure chose qui me soit arrivé avec la naissance de Loki ? »

Le brun se mordille nerveusement les joues, fuyant légèrement le regard de son compagnon d'un air gêné.

Il se fige en sentant Steve dénouer leurs mains pour venir enlacer son visage, ses paumes chaudes reposant contre ses joues. Tony sent ses pouces effleurer tendrement sa mâchoire et sa barbe tandis que le blond lui sourit.

– « Je sais tout ça. Je le sais même si tu ne me le dis pas tout le temps. Tu es pudique en public et cela ne me dérange pas », lui répond doucement Steve. « Et même si tu ne me le disais pas du tout, je le saurais quand tu m'embrasses ou quand tu me touches. Comme tu l'as fait ce matin… »

Tony rougit légèrement, le bout de ses doigts le picotant légèrement en se souvenant du grain parfait de la peau de son compagnon, de sa chaleur et de sa finesse sous la pulpe de ses doigts, à peine agitée d'un frisson voluptueux. Il se lèche distraitement les lèvres en songeant que si Steve ne s'était pas réveillé sous ses caresses, il aurait pu continuer à faire l'amour à son corps de sa bouche et savourer le dessin de ses muscles et le parfum de sa peau sur sa langue.

– « Si tu m'y autorises, je pense être bien assez audacieux pour le montrer à tous pour nous deux pendant que nous sommes ici jusqu'à ce que cette idée te mette suffisamment à l'aise », lui souffle enfin le blond.

– « Tu es particulièrement courageux depuis que nous sommes arrivés », lui répond le jeune homme dans un petit sourire tendre. « J'ai l'impression de toujours sentir tes mains sur moi. »

– « Peut-être que tu m'as aussi rendu un peu jaloux », lui répond le blond tout en haussant légèrement les épaules. « Peut-être que je veux juste m'assurer que les gens sachent que nous nous appartenons l'un à l'autre. »

– « Je t'en prie… », souffle doucement Tony contre ses lèvres.

Steve glousse légèrement et, frottant doucement leurs nez l'un contre l'autre, fait ensuite glisser sa bouche sur celle du brun.

Ce dernier sent immédiatement que ce baiser est différent, plus profond et plus passionné tandis qu'il lui susurre à l'oreille des mots d'amour.

Quand les mains du blond continuent à caresser sa mâchoire tout en s'égarant sur la peau sensible de son cou et derrière ses oreilles, il se cambre légèrement contre lui tandis que ses doigts s'enroulent autour des poignets de son compagnon.

Steve lui dit tout dans l'enlacement de leurs langues et les caresses de leurs lèvres l'une contre l'autre.

Qu'il l'aime, qu'il le désire, qu'il est important pour lui et qu'il le rend heureux.

Tony, agréablement frissonnant, oublie tout ce qui n'est pas la chaleur du jeune homme contre lui, l'étoffe épaisse et luxueuse du peignoir qu'il sent distraitement sous ses doigts et les regards qui se posent peut-être sur eux à cet instant.

En l'absence de Thor et de Loki, il n'a pas à être prudent et à se contenir, l'estomac tordu à l'idée que des inconnus posent sur leurs petits garçons des regards torves ou méfiants.

Le brun gémit doucement quand il sent Steve se presser plus fort contre lui tandis qu'ils s'embrassent passionnément, si près de ce hall arpenté par les clients du Finger Lakes Hostel.

Tony connaît ces regards qu'il craint tant.

Il se souvient encore de la nausée qui avait serré sa gorge quand, lors d'une sortie en commun des familles Rogers et Stark, sa main avait naturellement trouvé celle de Steve. Si son cœur s'était gonflé de joie à ce modeste plaisir, il s'était surtout douloureusement serré quand il avait croisé le regard profondément dégoûté d'une femme. Le brun avait relâché si brusquement les doigts de son compagnon que ce dernier lui avait jeté un regard interrogateur avant de comprendre tandis qu'elle les regardait avec une évidente animosité.

Tony avait entraîné Thor et Loki un peu plus loin, son compagnon sur ses talons, mais le mal était déjà fait.

Mal à l'aise sans avoir pourtant rien à se reprocher, les deux hommes avaient été maladroits l'un envers l'autre pendant le reste de la journée et s'étaient étreints avec une passion fougueuse une fois soigneusement enfermés dans la chambre du brun, comme pour se rassurer et apaiser leur émotion.

Ils n'étaient pas de mauvais parents, ni de mauvais exemples pour leurs fils, ni des hommes aux instincts dénaturés.

Juste deux amoureux et deux amants.

Le regard de cette femme avait été bref mais il avait fissuré quelque chose dans le cœur de Tony tandis que Loki tenait sa main dans la sienne avec câlinerie.

Ce regard avait parfois été suivi d'autres, rares mais toujours aussi douloureux et qui lui faisait développer plus que jamais un instinct de mère louve envers Loki et Thor.

Steve rendait sa vie plus belle et plus facile mais Tony avait dû le dissimuler à regret, notamment devant la Laura Carnell H. School et les autres parents d'élève.

Il avait promis à son petit garçon à leur emménagement à Philadelphie.

Il avait promis à Loki d'être moins étrange, de travailler à se fondre plus facilement dans la masse et ce projet n'incluait sans doute pas de tomber amoureux du père le plus beau et attentionné de cette partie de la ville. Moins encore de s'en faire aimer aussi passionnément.

Steve et lui avaient les épaules suffisamment solides pour tout supporter s'ils n'avaient eu à vivre et à se nourrir que d'eux-mêmes. Mais la présence de leurs enfants avait tout changé et ils avaient passé de longs moments à étouffer leurs incertitudes dans leurs bouches scellées et leurs caresses discrètes.

Loki était si fort pourtant, si mature et attentif. Quand Tony avait la gorge serrée par les regards intolérants, jetés pour un rire tendre ou un baiser déposé sur une tempe, son petit garçon fusillait les opportuns du regard. Il glissait sa petite main dans celle de son père et de Steve pour marcher avec eux d'un même pas tandis que Thor irradiait de bonne humeur à leurs côtés.

Son petit garçon si brillant et si sensible.

Mais le jeune homme le pense encore un peu jeune pour prendre ainsi sa défense et se heurter à la bêtise humaine.

C'est son rôle de le protéger et de veiller sur lui et Steve et lui s'acquittent de cette mission avec attention et dévouement en s'oubliant un peu en chemin.

Ne pas avoir à se surveiller allège considérablement ses épaules à cet instant et Tony se rapproche de Steve avec délice, avide de plus de chaleur et de goût.

De plus d'amour.

C'est bien suffisant pour le faire se moquer du monde et des petits esprits dans un grand rire parce qu'il n'a pas à se cacher ni à avoir honte.

Le brun soupire doucement de contentement en sentant Steve s'éloigner lentement de lui, caressant une dernière fois son visage avant d'arranger le col de son peignoir avec tendresse.

– « Tu m'aimes, je t'aime, c'est – c'est bien », balbutie Tony tout en papillonnant légèrement les yeux.

Le blond pouffe tendrement et l'invite à avancer en direction du spa en glissant une main dans le bas de son dos.

– « C'est le plus important », lui répond Steve. « Tant pis pour les mauvais esprits, nous avons tout autant le droit qu'eux d'être ici et de montrer que nous nous aimons. Nous avons été suffisamment prudents jusqu'à présent pour cela et c'est la raison pour laquelle je ne pourrai jamais t'en vouloir d'être pudique. Dieu sait que j'ai dû me contrôler en public pour ne pas t'embrasser à t'en rendre les jambes tremblantes pour tous les faire taire mais nous sommes à plus de quatre heures de Philadelphie. Nous ne connaissons personne ici et même s'ils me manquent, les enfants ne sont pas avec nous. Il n'y a que toi et moi et ce week-end qui ressemble à une lune de miel… », achève-t-il avec malice.

Le brun opine doucement, son ventre se tordant sous l'effet d'une douce et agréable chaleur à l'image délicieuse. Tony ne l'aurait sans doute pas osé mais il doit reconnaître que le panier gourmand qui les attend dans leur chambre pourrait tout aussi bien être la corbeille de bienvenue d'un couple de jeunes mariés.

Le jeune homme lisse distraitement le revers du peignoir épais de Steve dans l'échancrure duquel il devine une petite parcelle de peau dorée, invitante et sensuelle, qui appelle ses doigts et ses lèvres.

– « … Alors allons le montrer au monde entier en nous embrassant dans le jacuzzi », lui répond-il avec une pointe de malice tout en tirant doucement son compagnon derrière lui. « Et dépêchons-nous, je sens un vent froid sur mes jambes dès que les portes du hall s'ouvrent. »

Tony frissonne légèrement d'un air douillet et Steve rit joyeusement avant de porter sa main à ses lèvres pour l'embrasser brièvement.

D'un même pas, les deux hommes pénètrent dans le couloir éclairé d'une lumière de plus en plus tamisée tandis qu'ils s'éloignent du hall d'entrée de l'hôtel.

Au fur et à mesure de leur avancée, les bruits se font plus étouffés jusqu'à disparaître totalement tandis qu'un parfum délicat les entoure, agréable et légèrement floral.

Derrière des claustras en bois ajourés semblables à ceux qui décorent leur chambre, le brun discerne le bruissement délicat d'une eau qui coule et il frissonne doucement de plaisir. L'atmosphère est moite et tiède, le décor luxueux malgré son apparente modestie et Tony se serre un peu plus contre Steve avec ravissement.

Il sourit avec enthousiasme à la jeune femme qui vient les chercher d'un pas feutré avant de les saluer d'une voix basse et douce. Le brun se laisse guider jusqu'à l'accès au complexe thermal, hochant distraitement la tête aux explications de leur hôtesse qui leur montre les lieux et leur donne quelques indications.

Il entend Steve la remercier avec politesse avant que le blond ne l'entraîne vers l'espace des douches. Tony tire mollement sur la ceinture de son peignoir avant de le retirer et de l'accrocher à une patère en cuivre.

Dans son dos, il entend son compagnon faire de même, l'étoffe glissant sur ses larges épaules dans un frôlement doux et sensuel.

Le brun se mord les lèvres avant de couler un regard en coin à Steve.

Dans la semi-obscurité des lieux, le corps du blond est magnifié par des ombres qui soulignent les pleins et les creux fascinants de ses muscles, sa peau nue agitée d'un imperceptible frémissement. Il est si beau que Tony en est un peu absurdement ému et il s'empresse de plonger sous le jet d'eau très chaud pour cacher la rougeur de ses joues.

Un peu égoïstement, il a hâte de se plonger avec lui dans le jacuzzi et de l'embrasser pour montrer qu'ils s'appartiennent.

Pour le montrer aux autres clients du Finger Lakes Hostel.

Pour le montrer au monde entier.

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Un sourire de profonde béatitude aux lèvres, Tony laisse mollement flotter ses bras et ses jambes autour de lui, portés par les puissants jets d'eau qu'il sent sous son corps et qui le font doucement dériver dans le bassin.

Le brun glousse légèrement en sentant soudain des bulles venir chatouiller ses flancs et, se laissant emporter un instant d'un air enfantin, il retourne ensuite s'installer confortablement sur le banc de balnéothérapie.

Le jeune homme incline légèrement la tête en arrière, reposant sa nuque sur l'appuie-tête avant de pousser un petit soupir de si profonde satisfaction sensuelle qu'il en est brièvement honteux.

L'eau est délicieusement chaude, elle l'enveloppe et le caresse doucement tandis qu'il sent les jets masser son corps alangui avec délice. Tony perçoit avec une sensibilité accrue les bulles qui flattent ses reins s'arrêter un instant avant de reprendre avec plus de force, entourant une nouvelle fois ses hanches et ses flancs.

Dans un nouveau gloussement, le brun se laisse à nouveau dériver dans l'eau tout en immergeant à moitié sa tête, ses yeux à demi-clos contemplant le ciel parfaitement pur et clair.

– « Tu dérives un peu trop loin de moi Tony… Reviens par ici. »

Le brun rit en sentant une main chaude s'enrouler autour de son biceps pour le tirer lentement en arrière. Le jeune homme se laisse docilement faire, un sourire malicieux aux lèvres et les yeux fermés tandis qu'on le ramène doucement en direction sur le banc de balnéothérapie.

Il fronce toutefois légèrement les sourcils en ne retrouvant pas sous lui la surface lisse et ses jets massants. Porté par l'eau, le jeune homme vient doucement se caler contre un torse chaud et musclé au relief familier et sous la surprise, Tony gigote légèrement.

Dans un désordre de gestes, il manque de boire la tasse et se redresse maladroitement tout en toussant légèrement, s'attirant un rire vaguement moqueur.

– « Steve », proteste-t-il tout en jetant un regard faussement noir à son compagnon.

Le jeune homme passe une main dans ses cheveux sombres afin de les rejeter en arrière et de dégager son front tandis que le blond l'observe en silence, un petit sourire tendre aux lèvres.

Tony l'observe un instant avant de se glisser souplement à ses côtés et d'emmêler légèrement leurs jambes, leurs corps comme irrémédiablement portés l'un à l'autre par les jets d'eau qui les entourent.

Il soupire de contentement en sentant le blond enrouler un bras autour de sa taille pour le maintenir contre lui et le jeune homme passe distraitement une main sur une buse qui, proche de sa cuisse droite, crache de petites bulles qui pétillent agréablement sur sa peau.

– « Ça a un goût de paradis », souffle-t-il tout en inclinant à nouveau son visage vers le ciel.

Une légère brise passe soudain sur le bain nordique et Tony se serre un peu plus contre Steve d'un air frileux.

Le blond enfouit son visage dans son cou avant d'embrasser sa gorge et sa mâchoire d'un air câlin, frottant le bout de son nez contre sa peau sensible et moite tout en le tirant un peu plus contre lui.

Tony sent son compagnon opiner lentement, ses lèvres continuant à caresser la ligne de sa mâchoire avec tendresse et il s'abandonne un peu plus contre Steve dont le grand corps irradie d'une chaleur agréable. Il la sent pénétrer doucement en lui, alourdissant confortablement ses membres tout en le plongeant dans une douce torpeur.

Le brun appuie sa tête contre l'épaule solide de son compagnon, un petit sourire aux lèvres.

Les deux hommes sont entourés par la vapeur d'eau du grand bassin situé à l'extérieur de l'hôtel, aménagé sur une terrasse panoramique qui offre une vue imprenable sur les sapins enneigés et les eaux claires du lac Caguya. Le soleil est presque doux et la lumière fait luire la neige comme une nacre précieuse dans le paysage semblable à un écrin à bijoux aux teintes de saphir et d'émeraude.

Un peu plus loin sur sa gauche, Tony distingue vaguement le ronronnement du jacuzzi dans lequel Steve et lui se sont embrassés à perdre haleine tandis qu'ils étaient seuls, un rire de garnement aux lèvres à l'idée de faire quelque chose d'incroyablement audacieux.

Le jeune homme se cale un peu plus contre son compagnon tandis qu'il laisse son regard errer mollement sur le complexe thermal, ses paupières à demi-closes par le plaisir alors que Steve continuer à butiner sa gorge.

Il gigote imperceptiblement contre le blond, agréablement chatouillé et à la fois heureux de se laisser dévorer par la bouche avide et chaude du jeune homme.

Derrière la grande baie vitrée qui ouvre sur la piscine extérieure chauffée, il devine au-delà des claustras ajourés les pièces successives entièrement dédiées au bien-être et à la volupté.

Il y a le sauna dans lequel Tony avait cru sentir ses muscles fondre tandis que toutes les tensions quittaient son corps puis le premier bain froid dans lequel il avait mis si longtemps à entrer que Steve avait éclaté d'un rire magnifique, incroyablement jeune et malicieux.

À ce souvenir, le brun se serre à nouveau un peu plus contre son compagnon, sa peau agitée d'un léger frisson.

Ils se sont fait un devoir de tout essayer, d'entrer dans tous les bassins, de tester le moindre des équipements, allant de l'un à l'autre en se tenant la main, se tirant l'un l'autre dans des rires qui mettaient une touche un peu impertinente dans l'atmosphère luxueuse et recueillie du complexe thermal.

Les deux hommes se sont comportés comme deux adolescents amoureux.

C'était piquant et doux, tendre et définitivement libérateur pour eux.

Tony exhale un petit soupir tremblant avant de frotter sa joue contre l'épaule solide de Steve d'un air câlin, fermant les yeux de plaisir tandis que son compagnon vient embrasser sa tempe.

– « Ça a définitivement un goût de paradis », répète doucement le blond à son oreille. « Et nous allons très probablement frôler le Nirvana pendant notre massage. »

Le brun glousse légèrement et se déplace doucement dans l'eau, montant inconsciemment sur les genoux de Steve avec la souplesse d'un chat avide de caresses.

Tony commence à butiner les lèvres de son compagnon avant de hausser un sourcil surpris en sentant le jeune homme poser ses mains sur ses hanches afin de l'éloigner légèrement de sa bouche.

– « Et nous y sommes attendus », lui souffle-t-il d'une haleine chaude. « Il est presque l'heure Tony. »

Le jeune homme tourne mollement la tête en direction de la grande horloge accrochée de l'autre côté du bassin, si design qu'elle se confond avec l'environnement et la décoration des lieux, avant de hausser un sourcil vaguement déçu.

– « Tu as raison. Mais cela signifie qu'il va falloir sortir de ce bassin brûlant… », proteste-t-il légèrement tout en faisant une petite moue.

– « Nos peignoirs sont à peine à deux mètres dans l'entrée chauffée et je te sais bien assez courageux », lui rétorque Steve avec malice. « Tu m'as donné le baiser le plus sexy du monde quand nous étions dans le jacuzzi et que tu étais à califourchon sur mes cuisses… »

– « Bon sang Steve ! »

Tony rougit légèrement, son ventre se tordant agréablement en se souvenant des doigts malicieux que son compagnon avaient glissé un instant à la lisière de son short de bain, le faisant se cambrer contre lui dans un soupir voluptueux.

Le brun veut lui jeter un regard noir mais il bascule soudain quand Steve s'éloigne souplement de lui, le déséquilibrant et lui faisant boire brièvement la tasse.

Le jeune homme sort brusquement la tête de l'eau, les yeux brouillés, et il cherche rapidement la silhouette solide et musclée de son compagnon qui s'est déjà déplacé jusqu'aux marches du bassin.

Le blond ricane d'un air de gamin tandis que Tony l'asperge copieusement en représailles. Steve ramène ses cheveux humides en arrière d'un geste nonchalant que vient picoter quelque chose d'absurde dans le ventre du jeune homme.

– « Je retourne dans le bain froid avant de rentrer, tu m'accompagnes ? », lui demande Steve avec un sourire charmant et invitant.

Le brun se mordille légèrement les lèvres avant de secouer la tête.

– « Cesse d'essayer de me charmer », lui répond-il tout en haussant un sourcil. « Il est hors de question que je mette un seul pied dans l'eau froide alors qu'il fait si bon ici. Tu ne préfères pas venir me rejoindre encore un instant ? »

Tony lui jette une œillade malicieuse tout en s'étendant voluptueusement sur le banc de balnéothérapie mais il se sent légèrement rougir quand Steve lui jette un regard brûlant sous ses longs cils blonds.

– « C'est bien essayé mais je vais devoir refuser sinon ni toi ni moi ne parviendrons à sortir d'ici. Et je veux vraiment me faire masser avec toi. »

Le blond lui adresse un petit signe de la main avant de monter les quelques marches du bassin.

Allongé sur le banc et des jets d'eau lui massant les reins, Tony se fige avant de se mordiller les joues.

Il observe dans un silence presque recueilli le grand corps de Steve qui, vêtu d'un short de bain bleu et blanc, lui semble à cet instant plus érotique encore que s'il était entièrement dénudé. Le tissu colle à ses cuisses puissantes et à ses fesses galbées tandis que les muscles de son dos se contractent, le blond roulant légèrement des épaules.

Tony immerge à moitié son visage dans l'eau chaude en sentant son aine pulser doucement son propre short de bain.

Il suit avec une attention parfaitement déplacée une goutte qui, accrochant un timide rayon de soleil, descend le long de son dos sculptural, cavalant mutinement sur les arêtes de ses vertèbres avant d'aller mourir dans l'ourlet de son vêtement.

Dans un petit gémissement un peu ridicule, le brun se laisse glisser le long du banc de balnéothérapie et sombre dans le bassin tout en se mordant les lèvres.

Il tente d'apaiser la brûlure de son sang qu'il sent battre à ses tempes et dans ses reins, secouant vivement la tête sous l'eau tandis que la vision attirante du corps de son compagnon continue de danser derrière ses paupières closes.

Si beau, si sensuel et qui sait si bien l'enlacer.

Tony s'enroule doucement sur lui-même, enserrant un peu puérilement ses genoux de ses bras pour se laisser flotter un instant dans le bassin tout en bloquant sa respiration.

Il se concentre sur les bruits étouffés qui lui parviennent sous l'eau, l'onde qui vient effleurer son corps aux mouvements des autres clients autour de lui et le ronronnement discret des buses des équipements de balnéothérapie qui parsèment les parois couvertes d'une élégante faïence verte et blanche.

Tony se redresse brusquement dans une gerbe d'éclaboussures en sentant ses poumons commencer à le picoter légèrement et, rejetant ses mèches brunes sur son crâne, il jette un regard mauvais à son peignoir accroché trop loin de lui.

Prenant son courage à deux mains, le jeune homme inspire profondément avant de jaillir du bassin avec empressement et de se draper dans l'étoffe agréablement tiède grâce aux énormes lampes UV qui inondent également de confortables bains de soleil en bois. Le brun resserre soigneusement les pans sur son torse avant de serrer sa ceinture et, prenant le peignoir de Steve, il gagne le bain froid dans lequel il voit son compagnon barboter seul d'un air tranquille.

– « Steve ? », l'interpelle-t-il doucement tout en lui montrant son vêtement.

Le blond se redresse rapidement et, se saisissant de la rampe à deux mains, il se hisse hors du bassin d'un puissant coup de reins.

Tony se sent déglutir difficilement en voyant le jeune homme le rejoindre, un beau sourire aux lèvres qu'il lui rend d'une manière un peu distraite.

La peau dorée de Steve est couverte de frissons qui hérissent légèrement les fins poils blonds de ses avant-bras et de ses cuisses.

Quand il voit les tétons sombres du jeune homme pointer légèrement, le brun retient un grognement de désir et il s'empresse d'enrouler son compagnon dans son peignoir d'un air jaloux, serrant la ceinture avec un soin tout particulier qui le fait rire doucement.

– « Merci Tony », le remercie-t-il tout en embrassant ses lèvres d'un baiser léger.

Le jeune homme élude d'un petit geste nonchalant de la tête.

Enlaçant étroitement leurs doigts, le brun les entraîne d'un pas pressé en direction de l'espace soin de l'hôtel, son regard perçant tentant de surprendre autour d'eux des yeux indiscrets qui se seraient posés comme les siens sur la plastique parfaite et érotique de Steve.

Une fois dans le couloir menant au spa, Tony ralentit imperceptiblement le pas, sa main toujours soigneusement serrée autour de celle de son compagnon qui le suit docilement.

Les deux hommes sont seuls, uniquement entourés par de superbes orchidées blanches qui fleurissent dans des pots en porcelaine posés sur des consoles en bois et exhalent un parfum discret. L'atmosphère est plus intime que les espaces ouverts du complexe thermal, elle invite aux chuchotements et Tony se presse légèrement contre l'épaule de Steve qui enlace plus fort leurs doigts.

– « … Il me semblait que l'espace soin était par ici mais je ne vois personne », dit-il doucement tout en regardant autour d'eux.

– « C'est ici », acquiesce le blond tout en faisant un petit geste de la tête devant lui. « Il y a un comptoir juste devant nous. »

Tony opine et avant même qu'il n'ait le temps de s'appuyer dessus, il voit une jeune femme sortir d'une cabine proche avant de les rejoindre, ses chaussures frôlant discrètement le parquet.

– « Monsieur Stark ? », lui demande-t-elle doucement avant de leur sourire tandis que le brun hoche la tête. « J'espère que votre passage au complexe thermal s'est bien passé. »

– « C'était merveilleux », soupire-t-il de bien-être tandis que Steve pouffe doucement à ses côtés. « Je suis navré, nous sommes un peu en retard… »

– « C'est le signe d'une relaxation réussie », lui répond-elle dans un rire discret. « Je m'appelle Johanna et ma collègue Line se joindra à moi pour réaliser votre massage à quatre mains. Si vous voulez bien me suivre. »

La jeune femme les invite à la suivre d'un geste gracieux de la main et les deux hommes pénètrent à sa suite dans une pièce agréablement chauffée et dans laquelle un discret diffuseur d'huiles essentielles exhale un léger parfum d'orange et de santal.

– « Je vous invite à retirer vos peignoirs et à mettre les sous-vêtements jetables qui sont posés sur les tables de massage. Vous pourrez ensuite vous installer confortablement sur le ventre », leur indique-t-elle tout en allumant une bougie. « Je reviens dans quelques instants. »

– « Merci. »

Tony regarde distraitement le décor autour de lui tout en desserrant la ceinture de son peignoir. Un léger froissement de tissu à côté de lui attire son attention et il tourne machinalement la tête sur sa gauche.

Les yeux légèrement plissés en direction d'une fontaine zen que le brun n'avait pas remarqué, Steve est en train de faire glisser son peignoir de ses épaules avant de le suspendre à un cintre et de l'accrocher au paravent en bois sculpté déplié non loin de sa table de massage. Inconscient de son regard, il sort déjà le petit slip en tissu fin de son emballage plastique avant de l'enfiler rapidement.

Tony exhale un petit souffle tremblant tandis qu'il ouvre les pans de son propre vêtement d'une main déjà paresseuse, son regard se rivant malgré lui sur le dessin superbe des cuisses et des fesses nues de son compagnon qui lui tourne le dos.

Steve peut-il cesser d'être aussi beau et attirant à ses yeux ? De fouetter sa tendresse et son désir dans une étreinte toujours étroitement mêlée ?

Quand il voit son compagnon tendre la main devant lui, paume ouverte et un petit sourire invitant aux lèvres, le brun y dépose doucement la sienne.

– « J'aime beaucoup te tenir la main mais je pensais plutôt prendre ton peignoir pour l'accrocher », lui répond Steve avec malice.

Tony se sent rougir et il s'empresse d'achever de se défaire de son vêtement avant de le jeter à moitié au blond qui continue de pouffer d'amusement.

Steve le suspend avec soin à côté du sien et, avant que le brun ne puisse s'emparer du sous-vêtement jetable, il le retient d'une main enroulée autour de sa taille pour l'attirer à lui et l'embrasser tendrement.

– « Tu es tellement charmant quand tu es gêné », rit-il doucement contre sa bouche.

Tony se dégage rapidement afin de se dénuder à son tour et de revêtir le slip qui le fait rougir légèrement devant la finesse du tissu et sa relative transparence. Il a l'impression d'être complètement nu et les doigts taquins et chauds de Steve qui viennent caresser sa peau le font frémir lourdement de désir.

Le jeune homme veut protester mais le blond l'embrasse d'une manière plus appuyée et délicieuse, le faisant se courber imperceptiblement en arrière tandis qu'il se penche sur lui pour mieux le goûter.

Tony halète discrètement tout en crispant ses mains sur les biceps contractés de son compagnon.

– « Elles – Elles vont revenir », chuchote-t-il dans un souffle un peu tremblant. « Steve, elles – »

– « Encore un Tony… », gronde doucement le blond contre sa bouche. « Juste un… »

Le jeune homme glousse joyeusement au ton quémandeur de son compagnon qui se presse toujours plus contre lui, cassant légèrement ses reins en deux mais Tony ne bronche pas, trop heureux de sentir la chaleur familière de Steve l'envahir sa poitrine. Il sent leurs sexes au repos s'effleurer dans leurs fins sous-vêtements et les deux hommes exhalent un souffle chaud et désireux au même moment, leurs peaux soudain plus sensibles et avides.

Le brun sursaute brusquement en entendant quelques coups discrets frapper à la porte avant que cette dernière ne s'ouvre dans son dos et il rougit violemment en entendant une de leurs masseuses rire malicieusement.

Tony repousse Steve avec empressement avant de monter sur sa table de massage dans un grand désordre de gestes tandis que son compagnon s'exécute plus calmement, un petit sourire aux lèvres.

Il enfouit à moitié son visage dans le trou pratiqué dans le matelas pour cacher ses joues brûlantes et croise ses bras devant lui, gigotant légèrement pour s'installer plus confortablement.

Les deux jeunes femmes déposent sur leurs corps une serviette agréablement tiède et il les entend se déplacer autour d'eux dans un bruissement discret, une odeur douce envahissant soudain la pièce tandis qu'elles viennent d'oindre leurs mains d'une huile parfumée.

– « Nous devrons parfois remonter un peu le bas du sous-vêtement pour faciliter nos mouvements », leur indique doucement Johanna que Tony sent se placer juste à ses côtés. « Est-ce que cela vous convient ? »

– « … Oui », acquiesce-t-il mollement tandis qu'il sent la main de la masseuse effleurer son mollet.

– « Je vous remercie. Maintenant, détendez-vous », les invite-t-elle du même ton bas et discret.

Le brun opine légèrement.

Il perçoit vaguement les mouvements de la jeune femme qui est en train de replier la moitié de la serviette sur son corps, un peu gêné de se sentir soudain aussi exposé, avant d'exhaler un soupir de bien-être quand elle pose enfin ses mains sur son dos.

Ses paumes, fines et petites, sont incroyablement chaudes et douces tandis qu'elles commencent à masser ses muscles en des effleurements précis.

Perdant la notion du temps, il s'abandonne bien volontiers à son toucher expert en la sentant descendre lentement sur sa cuisse avant d'aller courir le long de son tibia jusqu'à son pied un peu sensible, ce qui le fait gigoter.

Tournant paresseusement la tête en direction de Steve qu'il entend bouger, sa table de massage grinçant imperceptiblement sous son poids, le jeune homme sent soudain une désagréable tension remonter dans son dos tandis qu'il est rappelé un peu brusquement à la réalité.

Son compagnon a le visage enfoui entre ses bras croisés devant lui, faisant saillir légèrement les muscles de son dos et de ses épaules, tandis que sa masseuse s'occupe à présent de sa jambe, dans des gestes identiques à ceux de Johanna.

Sous la lumière tamisée de la pièce et la flamme tremblotante de plusieurs bougies, la peau lisse et douce de Steve prend des teintes d'or bruni absolument fascinantes qui appellent ses doigts et le brun ne semble pas le seul à y être sensible.

Tony se mord les joues, étrangement persuadé que les mains de la jeune femme montent un peu plus haut que celles de sa propre masseuse sur ses cuisses, effleurant le bas de ses muscles fessiers.

Il a l'impression que ses yeux sombres dévorent l'anatomie du blond et le galbe sculptural de ses fesses et il sent quelque chose se tordre dans son estomac, d'un peu laid et désagréable.

De la jalousie mêlée d'une pointe de peine et d'incertitude.

Ne se font-ils pas masser en duo ? Ne les a-t-elle pas surpris enlacés l'un à l'autre à son arrivée dans la pièce, en train de s'embrasser chaudement ?

Il serre les dents en voyant la jeune femme remonter sur les reins de Steve pour s'y attarder avec un soin qui lui paraît tout à fait particulier, ignorant que Johanna fait de même sur son propre corps.

Leur couple paraît-il donc si improbable ? Si mal assorti pour qu'elle fasse ainsi glisser ses doigts sur les muscles de son compagnon ?

Tony sent sa gorge se serrer quand il la voit repousser un peu plus la serviette sur les fesses de Steve pour lui donner accès à plus de peau nue sous le fin slip hygiénique.

Il est à deux doigts de lui en faire la remarque d'un ton acerbe et jaloux quand le brun aperçoit Steve bouger lentement sur le matelas, dans une friction qu'il aurait sans doute trouvée très sensuelle dans une autre situation, avant que son compagnon ne se redresse lentement.

Le jeune homme ne peut s'empêcher de sourire avec tendresse en le voyant regarder brièvement devant lui d'un air un peu interdit et ensommeillé, ses cheveux adorablement ébouriffés sur son front tandis qu'il discerne sur sa joue la marque discrète de ses jointures.

Il rougit légèrement de gêne quand Steve tourne ensuite la tête dans sa direction tout en appuyant sa joue sur sa main, un air si abandonné et languide ornant ses beaux traits qu'il ne peut s'empêcher de s'installer de la même manière, ses épaules un peu moins crispées.

– « Ça va ? », lui demande-t-il dans un murmure à peine audible, Tony lisant plus sur ses lèvres qu'il ne l'entend.

Il opine un peu timidement avant de froncer à nouveau les sourcils en voyant soudain un long frisson agiter le grand corps musclé de Steve. Le brun jette un regard noir à sa masseuse qui est en train de s'attarder sur son flanc en de grands gestes presque voluptueux.

La gorge un peu désagréablement serrée, il voit son compagnon se tordre un peu le cou pour regarder derrière lui et tenter de croiser les yeux de la jeune femme.

– « Je suis sûr que vous savez parfaitement ce que vous faites et pour le moment, c'est merveilleux », dit-il doucement et Tony grince des dents en l'entendant glousser doucement. « Toutefois, j'apprécierais sans doute encore plus votre massage délicieux si je ne craignais pas de perdre ma serviette et mon sous-vêtement. Et je suis un peu chatouilleux sur les côtes. »

Tony étouffe discrètement son ricanement moqueur dans le creux de ses propres bras, savourant un peu mesquinement le violent rougissement de la jeune femme qui se fige à côté de Steve.

Les paroles de son compagnon ont été parfaites et polies mais la critique résonne peut-être encore plus fort dans le silence de la pièce et il ne retient pas le petit sourire satisfait qu'il sent venir ourler ses lèvres.

– « Est-ce que tout va bien monsieur Stark ? », entend-il soudain à côté de lui.

Le brun se redresse mollement sur sa table de massage avant d'adresser un petit sourire rassurant à sa masseuse qui le regarde avec attention.

– « C'est parfait, merci », lui répond-il avant de se réinstaller confortablement. « Je risque de m'endormir… »

Tony tourne à nouveau la tête en direction de Steve qui l'observe avec tendresse et il lui adresse un petit sourire un peu timide, parfaitement certain que son compagnon a compris son agacement et sa jalousie.

Sa joue appuyée contre le dos de sa main, il voit le blond tendre lentement une main dans sa direction, lui faisant hausser un sourcil vaguement moqueur. Steve roule légèrement des yeux tout en pouffant discrètement et il plie et déplie légèrement ses doigts pour appeler sa main à lui.

– « Aller Tony, tu sais ce que je veux cette fois », lui murmure-t-il avec un sourire charmant.

Le brun rougit légèrement tout en obtempérant.

En silence, il glisse lentement ses doigts sur le bout des doigts de Steve, remontant ensuite jusqu'à sa paume avant que le jeune homme ne les enlace tendrement.

Tony sait qu'ils ne garderont pas leurs mains étendues de la sorte entre eux très longtemps car il sent les muscles de son bras tirer un peu désagréablement mais cela n'a pas d'importance, il peut le supporter.

Il sourit doucement en voyant Steve articuler un silencieux « C'est mieux ? » qui noie sa poitrine de chaleur.

Bien sûr que le blond a compris.

Le jeune homme opine lentement avant de fermer à nouveau les yeux, appuyant sa joue contre le matelas de sa table de massage.

Il sent distraitement Johanna masser sa jambe, s'attardant sur son mollet mais il ne perçoit que la caresse tendre du pouce de Steve sur le dos de sa main et tous les muscles de son dos semblent soudain se détendre, le plongeant dans une agréable torpeur un peu langoureuse.

Tony ferme lentement les yeux, un petit sourire de bien-être aux lèvres tandis que sa respiration se fait progressivement un peu plus lente et profonde.

Quand Johanna lui murmure de se retourner sur le dos, il roule un peu maladroitement sur sa table de massage, le corps lourd et paresseux.

À travers ses sens un peu émoussés, le brun entend vaguement son compagnon pouffer doucement à ses côtés et il dodeline distraitement de la tête, conscient de partir lentement.

Il ne cherche pas à lutter.

Tony sait que Steve est toujours à côté de lui et qu'il le ramènera.