Drago a mal à la cheville. C'est une douleur constante qui l'épuise. Il n'a aucun répit. Et la marche en portant un sac et en tirant une valise ne l'aide pas, même avec la canne pour le soutenir. Il sait ce que ça veut dire, son état va empirer. Il ne laisse pas le temps à sa cheville de se remettre, de se soigner même un minimum. Il regarde la baguette magique de Ron rangée dans sa poche arrière. Il pourrait essayer de l'utiliser pour se soigner mais ils sont si éloignés en termes de magie qu'il n'arriverait qu'à se faire disparaître l'os. L'autre solution serait d'apprendre à Weasley à jeter le sort. Mais il ne l'en pense pas capable.

Il sursaute en entendant une branche craquer derrière eux. Mais ce n'est rien, ce n'est que l'écho de leurs propres pas dans la forêt. Tous les poils de son corps sont constamment dressés et il a des frissons. Évidemment la fièvre due à sa blessure en est la cause mais c'est aussi la peur qui l'empoigne ainsi.

Bien que Ron soit un crétin, il se sent un peu rassuré. Le rouquin a l'air de savoir ce qu'il fait. Sûrement grâce à son travail. Ça lui permet d'avancer en se sentant légèrement moins perdu que la veille. Et même si la marche est de plus en plus difficile au fur et à mesure qu'ils approchent de la montagne, il a la sensation que les choses ne pourront pas être pires que cette nuit.

Ils continuent alors leur ascension silencieuse. Les seuls sons qui sortent de leurs lèvres sont ses gémissements de douleur et les grognements de Ron provoqués par l'effort que la marche lui demande avec leur chargement.

Mais en chemin il se stoppe pour ramasser certaines plantes qui leur seront utiles. La terre est si sauvage que de nombreuses espèces sont présentes sous les arbres. Il cueille même des plantes qui l'aideront à soigner son entorse.

Vers seize heures, n'en pouvant plus tous les deux, ils décident de s'arrêter dans la basse montagne, près d'un talus surmonté d'un rocher.

« je vais monter, lui lance simplement Ron avant de commencer à grimper.

-A... Attends Weasley. Je viens avec toi. Je veux voir aussi. »

Il pose la valise, le sac et la canne avant d'escalader. C'est plus difficile que ce qu'il pensait. Quand il arrive en haut, il tend une main vers Ron pour qu'il l'aide à monter mais ce dernier l'ignore et lui tourne le dos pour regarder le paysage. Il souffle par le nez et parvient enfin à se hisser au sommet du rocher. Une fois debout sur cet énorme caillou, il regarde la forêt qui s'étend et derrière elle la mer. Le vent frais marin fait du bien à son corps brûlant. Il tourne la tête vers la montagne et il aperçoit la forêt d'arbres géants.

« On dirait une forêt tropicale, explique-t-il.

-Ouais. C'est peut être pour ça qu'ils sont si grands. »

Il sent Ron venir à ses côtés pour regarder aussi leur objectif et il l'entend dire avec un peu d'inquiétude dans la voix :

« On est encore loin. On y sera peut être pas pour la nuit. »

Ça lui coupe les jambes et il se laisse tomber au sol. Il est épuisé et cette annonce le démoralise. Il aurait presque envie pour le coup de rester là pour la fin de la journée et de ne repartir que le lendemain matin. Mais un autre cri dans la forêt le sort de cette pensée. Il se penche vers les arbres en contrebas et il regarde, la peur au ventre de voir quelque chose.

Il entend Ron chuchoter :

« Là. »

Il suit son doigt et son corps se tend devant cette vision. Le cerf est là. Il voit mieux son corps que la veille. C'est un animal maigre avec la peau foncée. Il ne sait pas si c'est des poils ou de la peau à vif, mais il sort tout le long de sa colonne vertébrale des excroissances qui ressemblent à des os. Comme si sa peau ne pouvait contenir son squelette. Il voit mieux également ce visage fait de cadavre. Il comprend que tous les bras semblent faibles et presque immobiles, sauf une paire, à l'avant, dont les mains se posent sur les troncs comme pour se frayer un chemin dans la forêt. Et soudain la créature pousse un gémissement qui ressemble à un cri de nourrisson tout en observant autour d'elle.

« Elle nous cherche, parvient à souffler Drago.

-Et elle nous suit, ajoute Ron tout en se levant et en redescendant rapidement. On a pas le temps, on doit y aller. »

La descente est plus rapide que la montée. Il est rapidement en bas. Il récupère le sac à dos et il décide de porter la valise au lieu de la faire traîner, pour ne pas que la créature suive leurs traces. Il décide même de ne pas trop utiliser la canne pour ne pas que le cerf puisse apercevoir les trous dans la terre humide. Il avance derrière Ron, fixant sa nuque et ses cheveux roux. Il ne veut pas regarder derrière eux, de peur de voir le cerf les observer. Il entend les cris de bébé qui lui prennent les tripes. S'ils ne l'avaient pas vu pousser ces cris, ils seraient sûrement aller vers ce son pour essayer d'aider l'enfant. Des larmes de terreur coulent sur ses joues alors qu'il s'imagine avec horreur se retrouver face à face avec cette chose. Il n'ose même pas sangloter et gémir. Ses pleurs sont silencieux. Même respirer lui semble trop bruyant. Il tombe à genoux plusieurs fois pendant leur ascension comme les marches naturelles créées par les rochers sont trop hautes pour lui. Sa cheville ne suit pas le rythme. Et il n'ose pas poser sa canne trop fort sur la pierre pour éviter de faire du bruit dans cette forêt qui résonne. Il a l'horrible sensation que les pleurs de bébés se rapprochent. Puis, soudain, après un long silence, entre les arbres, une voix faible remonte jusqu'à eux. C'est la voix d'une femme qui appelle :

« A l'aide... A l'aide... »

Les mots sortis de la bouche sombre de la créature semblent difficiles à prononcer pour elle. Presque comme si cela venait de quelqu'un enfermé en elle, qu'elle forçait à faire parler. Cela lui provoque un frisson violent et un haut le cœur.

Drago se stoppe alors pour vomir. Il a à peine le temps de s'essuyer les lèvres avec son épaule qu'il reprend rapidement sa marche. Il ne veut surtout pas la laisser les rattraper. Il est d'ailleurs étonné qu'elle ne les ait pas encore trouvés. Il regarde Ron qui ne se laisse pas dominer par la peur, contrairement à lui. Son élan de bravoure l'aide à avancer plus vite. Il ne le quitte pas des yeux. Weasley est sa lueur d'espoir. Il a peut-être peur, sûrement, mais il ne le montre pas. Il reste fixé sur leur objectif.

Il a déjà vécu l'horreur dans le manoir de sa famille, entre les mains de Voldemort et les griffes de Greyback. Mais cette peur là n'est pas la même. Tout comme pour la douleur à sa cheville, ça ne lui laisse pas de répit. Il a l'impression que la créature fait exprès de leur laisser un temps d'avance sans jamais les quitter. Comme si elle jouait avec eux.

Il ne sait pas pendant combien de temps ils ont marché avec cette créature sur leurs talons mais le soleil descend trop vite derrière le sommet. Tous ses muscles sont douloureux. Les affaires sont trop lourdes et heureusement, il n'a pas la valise des bouteilles d'eau. Il regarde les mains blanches de l'aurore et les veines apparentes. Malgré que Ron utilise un sortilège de lévitation pour déplacer l'une des valises, il arrive à bout aussi. Ils devraient faire une pause. Mais même s'ils n'entendent plus le cerf derrière eux, ça ne veut pas dire qu'il ne les suit plus.

Ils ont besoin de trouver une cachette rapidement, avant que la nuit tombe et que le sentier devienne plus dangereux qu'il ne l'est déjà. Il cherche autour d'eux, constamment. Il aperçoit, en flanc de montagne, un creux. Il s'éclaircit la gorge avant de parler, comme le silence le lui a engourdi.

Il chuchote :

« Weasley. Là haut. »

L'aurore ne perd pas de temps. Il hoche la tête et fait l'éviter toutes les affaires. Drago le laisse faire. Il part devant et commence à monter pour ne pas perdre de temps. Et il ne veut surtout pas être le dernier à arriver en haut. La paroi est pleine de branches de petits arbres et de racine qui l'aident à escalader. Sans ça il n'aurait pas pu monter. La roche est trop à pic. Grâce à ça, le cerf ne pourra pas grimper. Une fois en haut, comme il lui semble apercevoir quelque chose en bas, il vient attraper les bras de Ron pour l'aider à être plus vite hors de vue. Ils reculent ensemble dans la crevasse et fixent l'entrée. L'aurore tient sa baguette fermement dans sa main, sans bouger. Leurs souffles sont courts. Ils essaient d'être les plus silencieux possible. Leur cachette est juste assez grande pour enfoncer les valises derrière eux et cacher leur corps repliés sur eux même.

Au bout de longues minutes, alors que le soleil a définitivement disparu de l'autre côté de la montagne et qu'aucun cri n'est arrivé jusqu'à eux, il sent Ron se détendre.

« Ça va ? Lui demande toujours en chuchotant le rouquin. Je t'ai entendu... »

Drago hoche la tête doucement puis, lentement, il regarde Weasley pour lui répondre :

« Sa voix... ça m'a fait un drôle d'effet. C'était terrifiant. »

Il se rend compte que sa propre voix est cassée, comme s'il avait hurlé.

« A moi aussi ça m'a fait bizarre. On aurait dit.. »

Il ne parvient pas à finir sa phrase, mais ils se regardent tous les deux. Ils n'ont pas les mots pour décrire ce qu'ils viennent de vivre. Ils sont d'accord sur ça, mais chacun réagit différemment. Lui, il se remet à pleurer. Il replie un peu plus ses jambes contre lui et il les tient serrées tout en pleurant. Il cache sa tête contre ses genoux.

« Je suis fatigué, sanglote Drago, j'en peux plus... Je veux rentrer chez moi.

-... Dans le manoir des Malfoy ? »

Pour Ron, le manoir doit sembler presque aussi froid et terrifiant que cet endroit.

« Non... Il répond en redressant la tête pour regarder Ron, dans mon appartement, à Londres. Chez moi. Mon canapé me manque, mon lit, mes affaires, mes livres... »

Il essuie ses joues alors que Ron baisse les yeux pour avouer :

« Moi c'est Hermione qui me manque... Je voudrais être avec elle.

-Granger a essayé de te retenir. Pourquoi accepter une mission suicidaire alors que tu as ta copine ? »

Au point où Weasley en est, il lui répond alors qu'il y a encore quelques heures il ne lui aurait sûrement rien dit. Au mieux, il l'aurait envoyé balader.

« On est plus ensemble. »

Drago ne dit rien. Il n'a même pas envie de se moquer. Même s'il n'aime pas Weasley et Granger, il sait ce que c'est de perdre les gens que l'on aime. Il se confie toujours en chuchotant :

« J'ai accepté de venir pour mes parents. Le ministère va raccourcir leur peine si j'aide à attraper des mangemorts et encore plus si j'attrape celui qui est ici. Il continue tout en regardant l'horizon. Mais selon moi, il doit être mort. C'est un miracle que l'on soit encore en vie. Ils doivent juste jouer avec nous.

-Dis pas ça. C'est parce qu'on reste en mouvement qu'on s'en sort. Par contre c'est sûr que si on était resté à l'avion, on serait déjà sur le barbecue. »

Drago a un frisson de dégoût en se rappelant le brasier avec les corps jetés dessus.

« Heureusement que l'on a bougé, effectivement. »

Il se tend soudain en entendant des grognements venant d'en bas, dans la forêt. Mais une main sur son bras le ramène à Ron. Il regarde son ancien ennemi qui le rassure avec quelques mots :

« J'ai ma baguette. Je laisserai personne approcher. Tu peux dormir. »

Il hoche doucement la tête, reconnaissant pour ces paroles rassurantes malgré les cris reconnaissables des cannibales qui hurlent au loin.

« Je ne sais pas si je vais pouvoir dormir. Pourtant je suis épuisé, explique-t-il en tremblant, mais j'ai tellement peur.

-Tu doutes de mes capacités ? »

Il sent que Ron commence à se vexer et il à besoin de sa protection, alors il s'empresse d'ajouter :

« Non, pas du tout Weasley. Je suis pas un aurore, ni un héros de la grande guerre, contrairement à toi et Potter. Mais on est face à des choses que l'on a jamais vu. On ne sait pas de quoi ils sont capables. Je m'en serai souvenu si Hagrid nous avait montré un cerf avec des morceaux de cadavres sur lui. »

Il entend Ron rire doucement. Ce son semble déplacé. Pourtant ça lui fait du bien et il sent son corps se détendre un peu.

« Hagrid lui aurait sûrement donné un nom ridicule, glousse Ron en sortant de son sac l'un des sacs de couchage.

-C'est vrai. C'est tout à fait son genre. »

Drago récupère le couchage que lui tend l'autre homme. Il a froid et en même temps chaud à cause de la fièvre. Ça va lui faire du bien de dormir dedans.

« Merci. »

Ce simple mot les fait se regarder à la lumière de la lune. C'est étonnant comme ils parviennent à discuter « normalement » après toutes ces années de conflit et malgré les conditions actuelles.

« Tu te rends compte qu'on aurait jamais parlé après le lycée si on avait pas accepté cette mission ?

-Oui... Je m'en rends compte. »

Il baisse la tête et remonte bien le sac de couchage jusqu'à son menton. Il murmure une fois de plus, « je m'en rends compte », avant de sombrer doucement dans le sommeil.

Lorsqu'il se réveille quelques heures plus tard, qui lui ont semblé quelques minutes, Weasley est au bord de leur crevasse à observer la forêt en contrebas. Il fronce les sourcils et s'approche. Ron se tourne légèrement vers lui et chuchote :

« Il y en a plusieurs en bas. C'est leurs cris qui t'ont réveillé. »

Drago a un long frisson alors qu'il quitte le sac de couchage pour s'approcher aussi du bord.

« Ne te mets pas si près du bord Weasley, chuchote l'ancien mangemort, s'ils te voient... »

Il est coupé par des cris qui se répondent. Depuis leur cachette, il aperçoit dans la forêt des silhouettes. La forêt est loin en bas alors les cannibales semblent très petits. Il les voit se disputer, se battre puis repartir en courant. L'un d'eux semble porter une lumière avec lui. Il les voit s'éloigner avant de disparaître définitivement dans le noir.

« Mais qu'est ce qu'il font ?

-Qu'est ce que j'en sais Malfoy. Mais ces tarés font ça depuis un bon moment. Ils passent en bas en courant et d'ailleurs dès qu'ils voient le cerf, ils s'enfuient. Je pense qu''il fait pas flipper qu'à nous. »

Sur ces paroles, il revient dans leur crevasse et se remet à sa place avec son sac de couchage.

Il observe le rouquin grimacer et gémir en s'asseyant. Il a l'air d'avoir mal partout. Après tout, c'est vrai qu'il a porté deux fois plus que lui et qu'il ne s'est jamais arrêté lors de leur trajet. Il n'a pas mis une seule fois le genoux à terre.

« Je prends le tour de garde Weasley. Tu peux dormir. »

Ron le regarde et lui tend sa baguette.

« Tiens. Au cas où. »

Il tend doucement ses doigts maigres au dessus de la baguette mais avant de la prendre il regarde le gryffondor.

« Tu es sûr ? On...

-On a pas vraiment le choix en fait. Je le fais pas de gaîté de cœur, lui répond Weasley, crois moi. Alors prends la avant que je change d'avis Malfoy. »

Il récupère alors la baguette de l'aurore en observant son visage crispé. Effectivement il ne le fait pas avec plaisir. Il regarde l'arme lourde et épaisse. Elle est pourtant plus travaillée que ce qu'il s'était imaginé. Il observe les nœuds, les veines de l'écorce. Il se remet sous sa couverture, contre les valises. Il sent et entend son compagnon de mésaventure essayer de trouver une bonne position pour dormir. Le corps contre lui devient de plus en plus lourd au fur et à mesure qu'il s'endort, jusqu'à sentir la tête de Weasley tomber sur son épaule. Il a envie de le sortir. Mais il a peut être lui même agit ainsi en dormant. Il jette un coup d'œil vers Ron puis il détourne le regard et décide de faire, pour cette fois, comme s'il ne voyait rien. Il va lui prêter son épaule, comme il lui a prêté sa baguette. Il reste alors ainsi, à frissonner à chaque cri résonnant entre les bois, la baguette serrée dans sa main droite. Il se prépare à lancer un sort à chaque petit bruit contre la falaise. Les minutes semblent des heures et les heures des jours.

Quand le soleil se lève enfin devant lui, il sourit de soulagement. Ça y est, le soleil est là. En revanche, contrairement à la veille, il décide de laisser Weasley se réveiller de lui même. Il ne veut pas le réveiller trop tôt. Il vaut mieux être sûr qu'il soit assez bien reposé. Il patiente alors pendant un long moment. Il en profite pour manger un plat préparé froid. Ça aurait été sûrement meilleur chaud, mais il se régale tout de même. L'odeur de nourriture doit réveiller Ron parce qu'il le sent bouger un peu, puis il l'entend grogner avant de se redresser. Il se tourne vers lui et leurs regards se croisent. Drago pouf un peu en voyant la joue rouge de Ron et les marques des plis de son haut.

« bien dormi Weasley ? »

Il lui tend la bouteille d'eau qu'il a commencé et il ajoute :

« Tu veux manger ? »

Ron ne répond pas tout de suite. Il prend le temps de remuer sa machoire, de s'étirer comme il peut, puis de faire « miac-miac » avec sa bouche. Quand il répond enfin en se massant la joue, sa voix est enrouée :

« J'ai écrasé. »

Il le voit grimacer en regardant le soleil qui les illumine, puis ses yeux marrons se tournent à nouveau sur lui. Il triture la bouteille qu'il a accepté un peu plus tôt.

« Et j't'ai écrasé non ?

-Oui, lui répond Drago en riant un peu, mais je pouvais bien te prêter mon épaule comme tu m'as prêté ta baguette. »

Tout en lui disant ça, il lui rend sa baguette. Il sort ensuite de son sac une boîte de nourriture.

« Du poisson ça te va Weasley ?

-On peut se permettre d'être difficile ? Il ajoute en riant, je préfère du poulet si possible.

-Tiens, lui tend Drago après avoir changé de paquet. D'ailleurs va falloir lancer un sort de froid dans la valise. Les glaçons ont presque tous fondus.

-Je m'en occupe après avoir mangé. »

c'est sur cet échange léger qu'ils finirent leur repas, préparèrent leurs affaires et décidèrent de redescendre. Une fois en bas, comme rien n'est en vue, ils décident de continuer leur ascension mais en restant discret. Drago se sent prêt pour cette journée. Même s'il aurait bien aimé dormir plus. Le seul souci c'est encore sa cheville. Les médicaments qu'il a pris avant de partir et l'atèle qu'il a trouvé dans la trousse de secours l'aident à soulager la douleur et à avancer, mais ce n'est pas suffisant. Il est impatient d'arriver. Plus vite ils seront à la forêt d'arbre géant, plus vite il pourra faire une vraie pause et dormir.

« Je me sens en forme aujourd'hui, lui lance soudain Ron, à mon avis on va arriver aujourd'hui à l'arbre.

-J'espère. Finalement la forêt est plus loin que prévu. »

Il doit paraître pessimiste ou sarcastique pour l'aurore, parce qu'il lui répond sèchement :

« je te rappelle que c'est ton idée Malfoy. Et on y serait déjà arrivé sans le cerf et ta cheville.

-Ce n'était pas un reproche Weasley. Juste une constatation. Sur le plan ça a l'air plus proche. Comme le chemin entre l'avion et le village. On pensait en être plus prêt. Cette île est plus grande que prévue. »

Un long silence suit sa réplique. Mais le rouquin finit par lui répondre après avoir détendu ses épaules.

« C'est sûr. C'est pour ça qu'il y a une possibilité que le mangemort soit encore sur l'île mais de l'autre côté. On doit se méfier de lui aussi. »

Le silence reprend place pendant les heures qui suivent. Aucun bruit suspect ne semble les accompagner. Seul les sons de leurs propres pas, des animaux et du vent dans les arbres ambiancent leur marche. Ils avancent d'ailleurs de plus en plus rapidement à la vue des arbres géants qui entrent dans leur champ de vision. Ils se rapprochent. Enfin. Vers midi, ils ne se permettent qu'une rapide pause de dix minutes, le temps de manger, de boire et de se soulager derrière un bosquet. C'est une chose que Drago ne pensait jamais faire et qu'il n'aurait jamais voulu faire. Surtout avec Weasley dans les parages. Mais il n'a pas vraiment le choix. Il avait envie d'uriner depuis la veille. Il n'ose pas encore imaginer comment il va faire pour l'autre obligation. Il préfère ne pas y penser pour le moment. L'après-midi, le soleil est haut dans le ciel. Heureusement, le vent frais marin les aide à se rafraîchir. Drago se retrouve même à sortir de leur sac des casquettes pour qu'ils puissent s'abriter des rayons du soleil.