Une fois les vêtements lavés, Ron les étend. Il entend derrière lui Drago se laver dans la rivière en râlant parce que l'eau est froide. Il est vraiment rassuré de l'entendre. Il a eu tellement peur qu'il ne se réveille jamais. Nuit et jour, il a veillé sur lui. Il a épongé son front, lavé son corps, tenu sa main. Il a soigné sa cheville avec inquiétude et désespoir. Les journées lui ont paru longues et les nuits interminables.
Mais c'est fini. Drago a l'air de s'être remis. Même s'ils vont devoir faire attention. Il ne faudrait pas que son état s'aggrave à nouveau. Il l'entend se sécher et s'habiller alors il vient vers lui.
Drago le regarde et lui dit avec un sourire :
« Tu as fait une corde à linges ? Et j'ai vu la déco intérieure. C'est style chalet de montagne, mais c'est vraiment bien.
-Merci. J'ai essayé de faire en sorte que ça soit vivable. Même si on ne doit y rester que quelques jours encore. »
Il récupère sa « panière » et retourne vers l'arbre.
« Mais tu dois avoir faim, viens manger, propose Ron. En plus j'ai des choses à te raconter. »
Une fois dedans, le pont relevé et Drago assis sur un des coussins, Ron met un des plats de poissons au curry dans la cheminée qu'il a fait. Il montre son œuvre.
« C'est un four. J'ai fait une ouverture sur le côté avec un système de cheminée. T'as peut être vu depuis l'extérieur. J'ai essayé d'éloigner le plus possible la fumée. »
Il tapote l'intérieur.
« Et j'ai trouvé un sort pour rendre le bois résistant comme de la pierre. »
Il lance un sort de flamme et fait réchauffer le plat.
« Tu ne mange pas, demande Drago.
-J'ai déjà mangé. Mais je vais manger un biscuit. »
Le médecin masse sa cheville puis regarde vers le four comme une bonne odeur commence à sortir. Il pose une main sur son ventre comme il gargouille.
« C'est presque fini, rit Ron.
-J'ai vraiment très faim. Mais j'aurais bien bu un thé aussi. C'est dommage qu'on ait rien pour faire chauffer de l'eau.
-J'y pensais justement. Je devrais retourner à l'avion et essayer de fouiller les alentours. On est peut être pas les seuls à avoir échoué sur cette île. On pourrait peut être trouvé d'autres épaves.
-Tu... Tu voudrais retourner dans la forêt, demande sous le choc et horrifié le serpentard, avec ce cerf ? »
Un long silence suit cette question. Ron sort la nourriture du feu et l'éteint. Une fois le plat devant Drago, il lui répond :
« Il est venu jusqu'ici, hier. Dans la journée. »
Sa voix tremble légèrement malgré lui. Mais il continue. Drago doit savoir.
« Il a prononcé nos noms. Avec la voix de Antony.
-Antony ? Drago pose une main sur sa bouche en se souvenant, notre guide !
-Il était avec nous dans l'avion. »
Il observe Malfoy fixer son assiette. Il voit bien qu'il est dans un état second. Lui même a été sous le choc. Il lui a fallu de longues heures pour s'en remettre et l'aspect de la créature est encore dans sa tête. Quand il ferme les yeux, il voit ses bras noirs se mouvoir, le corps maigre qui semble se disloquer à chaque pas, les yeux creux et la bouche noire dont de la salive s'échappait.
Il pousse le plat vers Drago pour le pousser à manger.
« Il était au niveau de l'eau, ajoute l'aurore. Il est resté une demie heure, au moins. C'est comme s'il savait qu'on était pas loin. Puis il est parti. En tout cas, ne t'en fais pas, je ne l'ai pas vu se tourner vers notre arbre... Mange Malfoy.
-Ça m'a coupé l'appétit.
-Tu dois manger. Sois pas bête. C'est toi le médecin. Tu sais très bien qu'il faut que tu reprennes des forces. T'as rien avalé depuis trois jours. »
Il observe le serpentard soupirer puis commencer à manger. Il ne dit rien de plus, il attend qu'il finisse son repas. Il regarde par leur unique fenêtre. On entend des cris mais ils viennent d'en bas, de très loin. Il n'a pas à s'inquiéter pour le moment. Même s'il a remarqué que le cerf est silencieux quand il le veut. Il s'est approché de leur campement sans un bruit. Il ne l'a vu que parce qu'il était en train de tenir la compresse sur le front de Drago et qu'il fixait pour le coup leur fenêtre. Il est sorti de ses pensées par Malfoy qui lui parle.
« Tu vas partir explorer ? »
Il y a de l'inquiétude dans sa voix. Mais Ron répond sans détour et sèchement :
« Oui.
-Ne me laisse pas seul, s'empresse de demander Drago. Si tu t'en vas et qu'ils viennent ! Comment je vais faire sans baguette ?
-tu restera dans la maison. Ne sors pas. Et de toutes façons, tu dois encore te reposer. »
Il se met debout.
« Je ne vais pas partir demain, ni après demain. Je resterai ici tant que la semaine est pas finie.
-Tu penses qu'ils viendront nous sauver bientôt ?
-J'en sais rien. Mais je sais qu'Hermione et Harry ne resteront pas sans rien faire. Si j'ai disparu, ils feront tout pour me récupérer.
-...J'imagine... C'est bien leur genre. »
Il se retourne pour regarder Drago. Il allait descendre. Il remarque ses yeux brillant et baissés. Il se doute à quoi il pense. Il doit se dire que personne ne viendra le chercher à lui. Personne ne s'inquiétera de son absence. Il détourne le regard. Il a déjà vu Malfoy affaibli par la fièvre, il ne veut pas en plus le voir en train de pleurer. Le serpentard a déjà assez brisé l'image qu'il avait de lui. Il ne veut pas éprouver de la sympathie pour lui. Ça le dégoutte presque. Il préfère alors le laisser seul et partir. Il descend rapidement les marches et baisse le pont.
Une fois sur la falaise, il prend une grande inspiration. Il doit se focaliser sur leur survie, pas sur Drago. Il va alors vérifier les alarmes qu'il a placé un peu partout : des clochettes accrochées à une corde tendue, qui tinte si l'on se prend dedans. Il regarde ensuite la mer entre les troncs, mais là où ils sont, il ne peut observer l'horizon que du sud. Selon la carte, si un bateau doit arriver de la côte, il devrait venir de l'ouest. Il lève les yeux vers le haut. Il pourrait monter et fabriquer un flambeau ou quelque chose pour pouvoir attirer l'attention de loin. Mais il faut que ça soit assez loin de leur campement pour ne pas attirer les monstres. Il regarde vers l'arbre, il voit la fenêtre mais il est incapable d'apercevoir Drago de là où il est. Il serre les poings en se rendant compte qu'il pense encore à lui. Il prend une longue inspiration et il vérifie que sa baguette soit dans sa poche avant de commencer son ascension. Il va essayer de trouver un bon endroit pour établir son signal.
Il escalade et gravit petit à petit la montagne. Ce n'est pas trop à pique comparé à ce qu'ils ont monté pour arriver à la forêt d'arbre géant. Il avance prudemment pour être sûr de ne pas croiser malencontreusement un monstre. Au bout d'une longue heure, il fait une pause. Il s'assit sur un tronc couché en observant l'horizon. Il a tout juste dépassé les sommets des arbres. Il est encore loin, très loin du point culminant de la montagne mais de là où il est, il a une meilleure vue de la mer. Tout semble plus calme vue d'en haut. Il entend les oiseaux chanter et il peut voir d'ici un bouquetin sur une falaise en face. Il appuie ses coudes sur ses genoux et met sa tête dans ses mains. Il se demande s'il y a des ours. Ou des gros félins dans ces montagnes. C'est sûr qu'il vaut mieux pas parler de ça à Malfoy sinon il ne sortira vraiment jamais de l'arbre. Il sourit en repensant à ce crétin qui lui a demandé de rester pour pas le laisser seul. Mais il cesse rapidement quand il prend conscience de ses pensées. Il doit arrêter d'avoir tout le temps Drago en tête...
Il se retourne soudain. Il y a eu un bruit derrière lui. Il cherche. Il y a quelque chose avec lui, ou quelqu'un. Il entend encore le bruit. Il sort sa baguette. C'est un des « hommes » désarticulés. Il est à quatre mètres de lui. Maintenant qu'il en voit un de jour et si près, il se rend compte de l'horreur face à lui. Le corps de cette chose est grise. Ses membres semblent avoir été brisés et s'être ressoudés de travers. Ses bras pendant le long de son corps sont maigres. La peau au coin de ses lèvres a été coupée grossièrement ou déchirée comme pour l'agrandir. Il n'entend qu'un gémissement sortir de ces lèvres. Ses yeux sont blancs, vides. Il le fixe pourtant. Aucun d'eux ne bouge.
Il ne doit pas lui laisser le temps de crier. S'il en appelle d'autres, il n'a aucune chance.
Son cœur tape dans ses oreilles. Il réfléchit à toute allure. Il faut l'immobiliser immédiatement et viser la mâchoire. Il serre doucement plus fort sa baguette. Mais ce simple geste discret réveille la créature qui se met à courir vers lui. Il lève sa baguette et lance petrificus mais la chose évite son sort en roulant sur le côté. Il recule d'un pas pour remettre de la distance entre eux tout en lançant un sort. Celui-ci aussi est évité par la créature. Comment il fait ? Elle n'est plus qu'à un mètre de lui. Elle ne peut pas éviter. Ses tripes se serrent à cause de l'odeur que ça dégage. La pourriture. Il a un haut le cœur mais ce n'est pas le moment. Les yeux blancs l'observe et il a l'impression de voir un sourire vainqueur sur ses lèvres déchirées. La peur monte mais elle apporte avec elle l'adrénaline. Il doit stopper à tout pris son avancée. Il lance rapidement un sort de repousse qui touche enfin son adversaire comme il était proche.
« N'avance pas ! »
La chose vient s'écraser contre un rocher dans un gémissement aiguë. Quand elle se relève, son corps se tend et sa tête se lève. Ça va hurler pour appeler les autres.
« Silencio ! »
Il le rend muet. La créature ouvre la bouche mais aucun son ne sort. Quand elle s'en rend compte, ses yeux se pose à nouveau sur lui et une expression pleine de haine déforme son visage.
« Incarcerem ! S'empresse de lancer Ron. »
Les cordes viennent entourer, tels des serpents, les jambes et les bras du monstre. Il se dépêche ensuite de venir vers lui comme il le voit essayer de se défaire des liens. Il annonce rapidement un sort pour l'assommer :
« Pulso ! »
Il a à peine le temps de se remettre de ce qu'il vient de vivre qu'il entend un cri venant d'en bas. Il reconnaît la voix. Ce n'est pas un monstre ou un animal, c'est Malfoy.
« DRAGO ! »
Il ne perd pas de temps. Il descend aussi vite qu'il peut. Son cœur se serre au fur et à mesure qu'il approche de leur cachette. Il dérape plusieurs fois et s'écorche les genoux et les mains. Mais il ne pense à rien d'autres qu'au serpentard.
C'est pas possible ! Il ne peut pas être attaqué ! Il est dans l'arbre, en sécurité.
Il écarquille les yeux en se rendant compte de quelque chose. Il n'a pas fermé l'arbre en partant. Il a laissé le pont baissé. Sa gorge se serre. S'il arrive quelque chose à Drago, ça sera de sa faute.
« Drago j'arrive ! »
La descente lui semble interminable. Les cris du serpentard qui ne cessent pas le rassure. Tant qu'il hurle, ça veut dire qu'il est vivant. Il se rapproche de leur provenance. Il est tout près de lui. Mais alors qu'il se rend compte que les cris ne viennent pas directement de l'arbre, c'est trop tard.
Les cris cessent.
« Weasley. ...W... Weas... »
Il se retourne pour tomber à moins d'un mètre face au cerf. Un hurlement sort malgré lui de ses lèvres et il se recule d'un coup en lançant un petrificus. Mais la bouche du cerf est ouverte, et dans sa gueule l'obscurité règne.
C'était lui.
Il va mourir.
Les mains se tendent vers lui.
« Weas...
-RON ! »
Une pierre est lancée sur la tête du cerf. C'est Malfoy qui est derrière le Gryffondor.
« COURS ! lui hurle le blond. »
Il obéit mais il n'est pas le seul. Il entend derrière lui les sabots du cerf. Il lance sans regarder un sort et il vient prendre le poignet de Malfoy pour l'entraîner avec lui dans sa course.
« On doit pas le ramener à notre cachette, lui cri Drago avec panique, sinon on pourra jamais plus en sortir ! »
Il a raison. Il lance un autre sort. Mais ça ne va pas suffire. Ils doivent se cacher. Il aperçoit devant eux un des arbres géants. Les branches sont assez proches pour être atteintes.
« Devant ! L'arbre ! »
Mais avant qu'il ait le temps de sauter, une main l'attrape par derrière et il est jeté sur le dos. Sous le choc, sa respiration est coupée. Le temps de reprendre ses esprits, c'est trop tard, la gueule du cerf est au dessus de son visage et ses doigts maigres s'enfoncent dans ses épaules pour le maintenir immobile.
« NON ! »
Il entend la voix de Drago lancer un sort :
« INCENDIO ! »
Puis suivent les hurlements du cerf qui s'écarte de Ron en poussant des cris. Plusieurs voix sortent de son corps qui se tord sous les flammes. Des voix d'hommes, de femmes, d'enfants. Des appels à l'aide et des mots de haine.
« Vous... tuer... aidez moi ! »
Il sent cette fois les mains tremblantes mais chaudes de Drago sur lui qui l'aide à se relever. Il profite de l'état de panique du cerfs pour partir. Ils ne l'ont pas tué mais ils l'ont assez blessé et surpris. Il entend les sabots s'éloigner alors qu'ils retournent rapidement vers leur arbre. Le chemin semble à la fois long et rapide. Il a peur d'être suivi mais il est rassuré d'être vivant, de pouvoir retourner « chez eux ».
Une fois dans leur abris, il entend le pont être remonté puis il sent des bras venir entourer sa nuque.
Il se détend, c'est Drago. Il va bien. Il a été bête. Il s'est fait avoir. Ce n'était pas la voix du blond qui sortait du cerf. Ils sont en vie tous les deux.
Il entoure sa taille de ses bras pour le serrer contre lui, malgré les blessures à ses épaules.
« Drago... merci. »
Il garde son visage enfouie dans l'épaule de son ancien ennemi. Il s'est vu mourir. C'était la fin pour lui. Mais Malfoy l'a sauvé. Il n'a pas eu peur de faire face au cerf, pour lui. C'est bien plus que trois nuits de veille à son lit. Il ne lui sera jamais assez reconnaissant.
« Et merci d'être en vie. »
La prise autour de sa nuque se fait plus forte. La voix de Drago est tremblantes. Il pleure.
« C'est plutôt à moi de dire ça. J'ai vraiment cru... J'ai eu peur. »
Ron relâche la taille de son sauveur et il vient lui prendre les poignets pour pouvoir le regarder. Malfoy tremble. Son corps fin, presque maigre, frémit sous ses doigts. Il l'observe expliquer ce qui s'est passé :
« Je t'ai vu partir et un peu après, un des hommes bizarres est monté aussi, derrière toi. Je ne savais pas quoi faire. J'avais trop peur de sortir mais quand je t'ai entendu m'appeler.. quand je t'ai entendu hurler mon nom, j'ai compris qu'il y avait un problème. Le temps que j'arrive, c'était trop tard, il... Il était... »
Il ne parvient pas à finir. Son visage devient encore plus pâle mais rapidement ses yeux reprennent leur vivacité pour regarder la blessure de Ron.
« Mais tu es blessé. Viens, je vais te soigner. »
L'aurore le suit sans rien dire. Le cerf savait qu'il était dans les parages. Il ne connaît pas leur cachette mais il sait qu'ils ne sont pas loin. Il a dû attendre. Il a envoyé un des « hommes » l'attaquer pour le déstabiliser. Il savait qu'avec la panique il confondrait la voix de Drago. Il savait qu'il se ferait avoir. Il est intelligent.
Heureusement que le serpentard était là.
Il se laisse installé sur l'un des coussins alors qu'il retire son haut. Malfoy se penche vers lui après s'être désinfecté les mains. Il vient toucher du bout des doigts les plaies, le faisant grimacer.
« Il va falloir désinfecter et faire un bandage mais ce n'est pas profond, lui annonce avec un air sérieux Drago. Tant mieux. Par contre, ça ne doit surtout pas s'infecter. Alors tu vas devoir serrer les dents. »
Tout en disant ça, il lui montre un tube d'alcool désinfectant.
« Ça va piquer.
-C'est pas grave, lui répond Ron. Je préfère ça plutôt que chopper un truc dégueux refilé par ce truc.
-Tu m'étonne, lui sourit un peu Drago. Je te comprends. Mais ne t'en fais pas. Je vais tout faire pour que ça n'arrive pas. »
Il serre alors les dents, comme il lui a conseillé, et il laisse son compagnon appliquer ce qu'il faut sur ses plaies. Il le regarde installé méticuleusement et avec adresse le pansement sur ses épaules. Une fois ça fait, ils se regardent tous les deux, assis en seiza à quelques centimètres l'un de l'autre. Ils se tiennent les poignets, n'y croyant pas qu'ils soient tous les deux encore vivant.
« Tu as pu utiliser ma baguette, commence presque en chuchotant Ron, tu as lancé un sort à la perfection.
-Je n'ai pas réfléchit. Je l'ai vu sur le sol et je me suis jeté dessus, répond avec la voix aussi basse Drago. Je n'ai pas pensé à ce qui pouvait arriver si le sort ratait.
-Tu as très bien fait de la prendre.
-Mais mon sort aurait été plus fort avec ma baguette, lui explique le médecin.
-Je ne sais pas Drago. Je ne t'ai pas dit, mais la magie est plus faible ici. Il y a plusieurs sorts que je ne peux pas faire. Et d'autres sont très faibles. A mon avis, tu ne pouvais pas faire mieux. »
Tout en disant ça, il se retourne vers la fenê se demande si on les a suivi. Il décide d'aller fermer le volet. Une fois bien isolé de l'extérieur, il se lève pour aller chercher un haut. Quand il est debout il ne peut pas lever les bras au ciel comme le plafond est trop bas. Il est juste au dessus de sa tête. Alors il s'assit sur le lit pour enfiler le haut à manche longue.
« Il va falloir trouver un moyen de protéger le campement extérieur aussi, annonce Drago en venant prendre une bouteille d'eau, si les secours n'arrivent pas tout de suite.
-Ouais. Je vais faire une muraille. Mais faut que j'arrive à faire quelque chose d'assez solide pour pas qu'ils puissent le franchir ou d'assez naturel pour pas qu'on soit repéré. »
Il prend la bouteille que Malfoy lui propose et il boit une gorgée avant de reprendre :
« Et pour les secours, je pensais faire un feu d'alarme. Quelque chose pour qu'ils puissent nous repérer de loin. »
Il rend à Drago la bouteille après avoir bu à nouveau dedans. Il l'observe boire dedans aussi en réfléchissant.
« C'est une bonne idée, finit-il par dire en s'asseyant à ses côtés sur le lit. Mais plus d'excursion pour la journée. »
Il lui montre sa baguette qu'il a sorti de sa poche arrière avant de s'asseoir.
« Tiens. Mais c'est pas une raison pour repartir. D'accord ? Je sais que les gryffondors sont d'humeur suicidaire, mais s'il te plaît, fais moi une faveur. Reste avec moi pour aujourd'hui. On verra demain pour l'extérieur. »
Ron prend sa baguette et il la pose à côté de son coussin.
« Promis, répond l'aurore avec un sourire. Je vais me la jouer serpentard.
-C'est à dire, demande Drago en plissant un peu les yeux.
-C'est à dire que je vais réfléchir avant d'agir et j'vais pas foncer tête baissée. Je vais me la jouer un peu plus frileux. »
Il se reçoit un petit coup de coude.
Ils s'allongent tous les deux sur le dos, à leur place. Il regarde le plafond. Ils ont survécu. Ils sont vivants et en sécurité.
Il sent les doigts fins de Drago prendre délicatement son poignet et il entend sa voix faible lui supplier :
« Ne pars plus sans moi. Ne me laisse pas tout seul ici. »
Son cœur bat vite. Il tourne la tête et sa main remonte un peu, doucement, pour prendre celle de Drago.
« Promis. »
