& me voilà de retour ! (✯◡✯)

l'irl m'a un peu fait la peau ces derniers temps, mais voici le premier chapitre ! ça fait tellement longtemps que je n'ai pas écris de fic à proprement parler ... j'espère que cela vous plaira ! je suis bien évidemment à l'écoute de toute critique concernant ce que je peux écrire, donc n'hésitez pas (´• ω •`)


Elle ne savait pas bien ce qui lui avait pris, de s'enfuir de la sorte sans même dire un mot. Tout ce qu'elle savait avec certitude, c'était qu'elle avait eu un bien mauvais préssentiment … Un préssentiment qu'elle n'avait pu ignorer et qui l'avait poussé à prendre ses jambes à son cou. Et après avoir couru aussi vite que ses jambes le lui avaient permis, la jeune fille avait jeté un rapide coup d'oeil par-dessus son épaule pour s'assurer que l'homme ne s'était pas élancé à sa suite. Fort heureusement pour elle, cela n'avait pas été le cas et elle avait donc jugé qu'elle pouvait ralentir l'allure, n'apercevant pas les drôles de silhouettes blanches qui se précipitaient derrière les arbres. Le coeur battant la chamade contre ses côtes, elle avait continué son chemin en marchant, se repassant en mémoire les dernières minutes. Elle se souvint d'abord du regard doré de l'homme, ce regard qui l'avait cloué sur place. Puis elle se rappela de son long et épais manteau noir. Et pour finir, de sa peau bronzée et de ses longs cheveux gris, de sa voix grave et de ses mots trop lourds. Le tout la mettait assez mal à l'aise, sans qu'elle puisse dire précisément ce qui la faisait réagir de la sorte un frisson lui parcourut l'échine et un petit couinement inquiet lui échappa alors qu'elle se remémorait l'allure stricte et menaçante de l'homme. Et en cet instant précis, alors qu'elle se rappelait de ces évènements pas si distants que cela, elle jugea qu'elle avait pris la bonne décision. Elle ne pouvait pas réellement mettre le doigt dessus, mais il y avait quelque chose qui n'allait pas avec cet homme-là. Elle ne voulait pas non plus vraiment savoir ce qui clochait, non, ce qui l'intéressait c'était de s'assurer qu'elle était bien loin de lui.

Elle passa quelques secondes à s'auto-congratuler d'avoir pris la bonne décision, ne s'arrêtant que lorsqu'elle arriva au pied d'un mur fissuré. Au travers de la fissure – qui était, avouons-le, d'une taille assez imposante – elle pouvait observer des passants aller et venir, vaquant à leurs diverses occupations. Intriguée par un tel changement dans son environnement, elle se pencha vers l'avant pour observer la chose plus en détails. Il n'y avait rien d'inquiétant ou même d'extraordinaire dans ce qu'elle put observer juste des gens – comme elle, comme tout le monde – qui vivaient leur petite vie tranquillement. Rassurée, l'adolescente s'avança alors d'un pas malgré tout un peu hésitant, passant sans grandes difficultés l'arche que formait l'immense fissure dans le mur.

Une chose la heurta lorsqu'elle pénétra enfin dans l'enceinte de la ville les rayons su soleil couchant sur sa peau la surprirent légèrement. Il fallait dire que l'épais feuillage des arbres de la petite forêt l'avait maintenue à l'écart de l'astre céleste, il faisait en effet plus frais dans la forêt. Elle trouva la sensation fort agréable, ne pouvant réprimer un petit sourire satisfait. Elle jeta ensuite un regard vers le ciel teinté de rose et d'orange dans l'espoir d'apercevoir le soleil, mais celui-ci était dissimulé derrière les hauts bâtiments de la cité. Et alors qu'elle s'arrachait à sa contemplation innocente, la jeune fille fut brusquement propulsée vers le côté. Surprise par un tel mouvement, elle ne put rien faire d'autre à part se laisser tomber lourdement sur le pavé. Ses genoux s'écorchèrent contre la pierre, tout comme ses paumes de main. Ce n'était vraiment pas grand-chose, la douleur n'était pas si vive que cela, mais elle ne put s'empêcher de grimacer un petit peu. À peine eut-elle touché le sol, que déjà des voix mécontentes se firent entendre.

« Eh, tu peux pas regarder où tu vas ! »

C'était indéaniablement une voix masculine. Toujours sous l'effet de la surprise, la demoiselle se redressa maladroitement pour observer le drôle de trio qui lui faisait face. Son expression auparavant décontractée laissa place à une mine contrariée et presque vexée. Un doigt autoritaire était brandi dans sa direction, alors que les trois drôles d'adolescents la fixaient sombrement. Elle ouvrit la bouche pour se défendre, pour affirmer que ce n'était pas totalement de sa faute, cependant aucun son ne sortit de ses lèvres entr'ouvertes. Alors gênée, elle sentit ses joues s'empourprer tandis que le plus grand des trois adolescents se mit à rire bruyamment. L'adolescent blond tendait toujours son doigt accusateur dans la direction de la jeune fille silencieuse, alors que son compagnon plus bronzé riait à gorge déployée. L'adolescente qui complétait le trio se contentait de la regarder d'un œil morne et désintéressé. Les éclats de rire finirent – enfin – par se fâner alors que le blondinet la regardait de haut. La jeune fille se renfrogna alors que le groupe prit un pas collectif dans sa direction.

« T'es pas d'ici, hein ? commenca alors le blond en croisant ses bras sur son torse, C'est la première fois que j'te vois. » Il lança ensuite un regard en coin à ses compagnons alors que l'adolescente restait muette. N'obtenant aucune réponse de sa part, celui qui semblait être le meneur du petit groupe s'impatienta. « Eh ! Tu pourrais répondre, dis ! »

Et elle ne savait pas vraiment pourquoi elle ne voulait pas répondre, pourquoi les mots ne lui venaient pas … Elle ne savait pas pourquoi elle se sentait si intimidée face aux trois adolescents ils n'avaient pas l'air particulièrement méchants, même si elle devait bien avouer qu'elle ne les trouvait pas particulièrement agréables. Elle renifla distraitement, croisant ses bras sous sa poitrine et baissant les yeux vers le bout de ses souliers usés. Elle aperçut un trou dans son collant gris, alors qu'elle baissait la tête pour se plonger dans sa contemplation timide, ce qui lui arracha une moue mécontente. Elle ne vit pas la main qui se dirigeait vers son épaule, chose qui n'aurait pas manqué de la mettre un peu plus sur la défensive si elle avait vu le geste de son irrascible interlocuteur. Mais avant que la main offensante ait pu entrer en contact avec l'épaule de l'adolescente, une nouvelle voix se fit entendre.

« Seifer ! Encore en train d'intimider les nouveaux ? »

Il s'agissait d'un autre adolescent, de taille moyenne et aux cheveux châtains. L'adolescente cligna des yeux en relevant la tête, surprise par l'intervention salutaire du jeune inconnu. Une grimace vexée prit possession des traits de celui qui devait être Seifer, alors que le nouvel arrivant se précipitait vers eux. Ce dernier se positionna entre le petit groupe et l'adolescente isolée, semblant déterminé à la défendre. Ses joues s'empourprèrent un peu plus intensément, alors qu'elle se faisait toute petite derrière le nouvel arrivant. Les mots ne mirent pas à longtemps à fuser entre l'adolescent et le trio, mêlant accusations et insultes. La jeune fille resta silencieuse, confuse et intimidée par la scène qui se jouait juste devant elle. La chose prit fin quand deux autres adolescents rejoignirent le dernier arrivant, forçant tout le monde à se calmer en prenant la défense de l'inconnue et de son défenseur. Le premier trio, vexé de rencontrer tant de résistance, finit par s'en aller après avoir balancé une dernière insulte.

Une fois un semblant de calme retrouvé et l'attention des passants concentrée ailleurs que sur le petit groupe, les trois adolescents se tournèrent vers la jeune fille dans un même mouvement. Tous trois affichaient des sourires chaleureux et qui se voulaient rassurants, à n'en pas douter, mais la jeune fille ne put s'empêcher d'esquisser un mouvement de recul. Toute cette attention soudainement portée sur elle la mettait légèrement mal à l'aise, néanmoins le sourire que lui adressait l'adolescente du groupe appaisait les battements frénétiques de son coeur.

« Est-ce que tout va bien ? qu'elle commença par demander doucement en lui adressant un regard un peu inquiet, Seifer et sa clique peuvent être un peu impressionnants, mais ils ne pensent pas vraiment à mal … »

Elle avait cet air un peu désolé de ceux qui avaient l'habitude de s'excuser pour les autres. La jolie brune ne se départit cependant pas de son sourire alors que l'adolescent – celui qui avait volé à son secours – levait les yeux au ciel en soupirant. Il ne semblait pas nécessairement d'accord avec elle, mais ne semblait pas décidé à la contredire ouvertement. Puis, finalement, ce fut l'autre adolescent qui se détacha du petit groupe pour s'avancer vers la jeune inconnue.

« Tu as l'air un peu perdue …, observa-t-il distraitement, est-ce qu'on peut t'aider ? Moi, c'est Pence. Avec moi, il y a Olette et celui qui est un peu nerveux, c'est Hayner ! »

Olette lui adressa alors un petit signe de la main pour la saluer, alors qu'Hayner fusillait Pence du regard tandis que ce dernier riait légèrement. Il n'y avait pas la moindre trace de moquerie dans le ton que le jeune homme avait employé, juste un air un peu taquin. Cela la fit sourire timidement à son tour. Et maintenant que la gêne n'était plus si oppressante, sa langue et ses cordes vocales se délièrent.

« Y-Yoru. » se présenta-t-elle d'une voix rendue rauque par le manque d'usure, sa langue ne trébuchant que très légèrement sur son propre prénom.

Yoru. C'était ainsi qu'elle s'était présentée, car c'était ainsi qu'elle s'appelait. Cela, elle en était absolument certaine. Mais il y avait quelque chose en elle qui la faisait hésiter, quelque chose qui la tracassait sans qu'elle sache véritablement quoi. Elle se mit alors à réfléchir, elle chercha à se souvenir de comment elle était arrivée là, d'où elle provenait et … rien. À la place de ses souvenirs, il n'y avait que ce qui semblait être un énorme trou. C'était bien étrange, mais plus que cela, c'était quelque chose d'assez contrariant … Yoru, pensive, fronça les sourcils. Ce changement d'humeur un peu soudain n'échappa pas à ses sauveurs.

« Tout va bien, Yoru ? demanda Olette, Tu as l'air perturbée …

- Si c'est à cause de Seifer, oublie-le ! s'exclama ensuite Hayner, C'est un imbécile de première, il ne mérite pas que tu t'en fasses à son sujet ! »

Olette, qui semblait définitivement être la plus douce et mesurée des trois, adressa un regard exaspéré à son ami, alors que Pence enfonça sans ménagement son coude dans ses côtes. Yoru ne put réprimer un petit rire amusé alors que le jeune homme se défendait comme il pouvait, ne pouvant ravaler une exclamation douloureuse alors qu'il se tournait vers le plus petit. Yoru secoua doucement la tête, détournant le regard pour observer les passants qui continuaient de circuler derrière eux.

« Je … uh, je crois que je suis un peu perdue, avoua-t-elle d'une petite voix, Enfin … C'est quoi cet endroit ? »

Les trois adolescents fixèrent Yoru avec un air quelque peu intrigué, elle pouvait aisément lire la curiosité qui brillait au fond de leurs yeux. Quant à elle, la jeune fille n'en menait pas bien large intimidée par toute cette attention et cette inquiétude qui lui étaient bien soudainement portées, elle luttait aussi fort qu'elle le pouvait contre son envie de disparaître. À la place, elle croisa les bras sous sa poitrine, comme si ce simple geste suffirait à la protéger des regards un peu trop curieux de ses interlocuteurs. Puis, elle courba l'échine et ravança ses épaules comme une enfant perdue, Yoru cherchait bien malgré elle à fuir cette atmosphère qu'elle trouvait si soudainement étouffante. Elle ne le vit pas se jeter des regards plus qu'inquiets, tout comme elle ne vit pas Olette faire un pas en avant, les deux garçons la laissant volontiers faire. Ni l'un, ni l'autre n'était très à l'aise avec la situation et préféraient donc largement laisser la plus sensible de leur trio s'occuper de la situation.

Olette passa un bras autour des épaules de l'adolescente perdue, espérant que ce simple contact amical et chaleureux suffirait à la mettre un peu plus à l'aise. Elle sentit les muscles de la jeune fille se tendre sous ses doigts, mais Yoru ne chercha pas non plus à fuir le contact, aussi elle se dit que cela ne devait pas être si dérangeant que cela. Doucement, comme si elle craignait de l'effrayer, Olette attira l'adolescente à sa suite l'adolescente l'emmena un peu plus loin et la fit asseoir contre une caisse posée là. Yoru l'observa avec de grands yeux, à la fois curieux et inquiets.

« Hm. Ne bouge pas d'ici, d'accord ? On revient vite ! » lui ordonna gentiment l'adolescente, avant de se tourner vers ses deux amis. D'un mouvement de main, elle les invita à la suivre et les deux garçons s'éxécutèrent, lançant un dernier regard intrigué à la jeune fille qu'ils laissaient derrière eux.

Yoru les regarda s'éloigner, ignorant que les adolescents étaient partis à la recherche de la solution à tous leurs problèmes des glaces à l'eau de mer. Assise sur sa caisse, son collant déchiré et ses doigts jouant nerveusement avec les coutures de sa jolie robe bleue, elle ne pouvait que contempler la silhouette du petit groupe s'éloigner. Et quand elle ne put plus les voir, son regard dériva sur les personnes qui allaient et venaient autour d'elle. Elle ne pouvait s'empêcher de se sentir en dehors de tout ça, pas à sa place, sans toutefois trop savoir pourquoi. Il était vrai que le début de sa journée (si on pouvait considérer la chose ainsi) l'avait quelque peu ébranlée et il n'était donc pas sis surprenant que cela qu'elle se sente si peu à son aise le visage de l'étrange homme lui restait en tête et sa rencontre avec Seifer ne l'avait pas aidée à se détendre … Oui, c'était très probablement cela, elle était encore toute retournée par ces drôles de rencontre et il était donc tout à fait normal que…-

Ses pensées sont abruptement interrompues lorsque un éclair blanc passa devant ses yeux. Un, puis deux, puis trois. Elle papillonna des paupières quelques instants, comme pour s'assurer qu'elle ne rêvait pas lorsque les créatures se mirent à … danser (elle n'avait vraiment pas de meilleurs mots pour décrire l'étrange spectacle que les trois créatures offraient) devant elle. Elle ne savait pas trop pourquoi, mais elle ne se sentait pas très rassurée il y avait quelque chose de menaçant dans la danse des silhouettes blanches, quelque chose qui la mettait terriblement mal à l'aise. Yoru aurait aimé pouvoir prendre la fuite, cependant elle était coincée sur sa caisse, caisse qui était elle-même coincée contre un pan de mur. La seule issue se trouvait droit devant elle et était donc bloquée par les choses. Bien que cela ne serve pas à grand-chose, l'adolescente esquissa malgré tout un mouvement de recul, ramenant ses jambes contre elle et se reculant sur la caisse jusqu'à ce que son dos touche le mur. À peine eut-elle finit de reculer que les créatures décidèrent de passer à l'action, se jetant sur elle sans le moindre scrupule. Yoru ne put que brandir les bras devant elle pour tenter de se défendre. Elle ferma les yeux, l'idée de contempler sa fin ne la réjouissant guère.

Pour autant, elle ne sentit aucune douleur. Aucun contact. Chose qui lui apparut comme bien étrange … Elle ouvrit lentement les yeux, constatant avec soulagement que les créatures n'étaient plus. Les bras toujours maintenus au-dessus de sa tête en une position protectrice, la jeune fille regarda prudemment autour d'elle.

« Yoru ? » fit une voix aigüe, presque couinante. Yoru ne put s'empêcher de sursauter tant la petite voix la surprit. Abaissant ses bras, elle chercha la provenance de celle-ci en regardant tout autour d'elle. Et quand elle ne vit rien, elle s'avança doucement vers le rebord de la caisse. Ce fut là qu'elle aperçut celui qui semblait être le propriétaire de ladite voix.

Étrange. Tout était définitivement étrange, décida-t-elle lorsqu'elle vit les des deux oreilles bien rondes recouvertes par la capuche d'un manteau noir. Une souris vêtue du même manteau noir que l'homme qui l'avait tant inquiétée (pour ne pas dire effrayée) un peu plus tôt. Dans sa main, il y avait une épée en forme de clef, qui lui apparut instantanément comme bizarrement familière. Sourcils froncés, Yoru observa la souris un long moment sans rien dire.

« Yoru … Que fais-tu ici ? Comment es-tu sortie de … -

- Qui êtes-vous ? »

L'échange bref prit rapidement fin alors que la jeune fille interrompait sans ménagement son interlocuteur. Elle aurait très bien pu attendre qu'il finisse de formuler sa question, mais les mots s'étaient précipités hors de sa bouche sans qu'elle ne puisse les retenir. La souris, surprise autant par sa question que son intervention, la fixa quelques instants, la bouche entr'ouverte et les yeux légèrement écarquillés. Son expression d'étonnement se mua en une moue déconfite, presque déçue alors que les mots de l'adolescente résonnait dans son esprit.

« Tu veux dire que … tu ne te souviens pas ? » Se souvenir de quoi exactement ? La mine de Yoru se fit confuse et perplexe alors qu'elle secouait la tête à la négative. La question de la souris ne fit que la rendre un peu plus mal à l'aise Yoru était forcée de constater que ses souvenirs étaient … pas vraiment inexistants, elle en possédait bien quelques uns, cependant tout semblait être caché derrière un épais brouillard, un rideau bien trop lourd qu'elle ne pouvait soulever. Et cela, Yoru préférait ne pas trop y penser, bien que cela représentait un réel problème. Ce serait, décida-t-elle intérieurement, un problème pour le futur-elle. Les événements s'enchainaient à une rapidité déconcertante depuis son début de journée. Pouvait-elle seulement considérer cela comme un début de journée ? La lumière de la ville laissait plutôt penser que c'était la fin de l'après-midi ou quelque chose s'en approchant … Toutefois, elle avait l'impression qu'elle venait à peine d'ouvrir les yeux …

Les tergiversations de l'adolescente furent interrompues par quelques murmures incompréhensible de la souris. Toujours perchée sur sa caisse, Yoru ne put que contempler les émotions défiler sur son visage à moitié caché. Sa capuche sombre ne put dissimuler sa surprise, sa déception (à cela, Yoru se sentit étrangement coupable, sans qu'elle ne puisse se l'expliquer …), mais aussi sa méfiance et son inquiétude.

« Eh bien … je suis Mickey ! commença-t-il à dire en forçant un sourire. Nous nous sommes rencontrés il y a quelques temps de cela … oh, ce serait trop compliqué à expliquer ici. »

Il secoua la tête, apparaissant comme penaud. Et Yoru avait bien envie de le croire, même si la possibilité qu'il mentait éhontément n'était pas totalement écartée. Yoru avait envie de le croire parce que Mickey lui semblait, sans qu'elle sache trop comment ou pourquoi, familier. D'une manière floue et distante, mais familier malgré tout. L'ombre d'un sourire vint fleurir sur ses lèvres, alors qu'elle se détendait peu à peu. Cela fut de courte durée cependant, car l'adolescente aperçut, par-dessus l'épaule de la souris, une silhouette aussi imposante que menaçante. Elle lui rappela instantanément l'homme qui avait tenté de … elle ne savait pas trop quoi, mais l'homme l'avait réellement effrayée. Son sourire se fâna bien vite et une mine soucieuse s'empara alors de ses traits.

Mickey était aux premières loges pour assister à ce changement et virevolta rapidement pour contempler la source du dit changement. L'apparition de l'homme ne sembla pas l'inquiéter outre-mesure, bien au contraire même. Il adressa un signe de main au nouveau venu, chose que Yoru ne vit pas, toute occupée qu'elle était à fixer l'homme.

« Oh Riku ! Tu tombes à point ! » s'exclama joyeusement Mickey en se dirigeant vers lui. Il continua de parler en s'approchant de l'homme, mais Yoru n'y prêta pas attention, toujours perchée sur sa caisse. Elle finit par en descendre, une boule d'angoisse ayant décidé de se loger dans son estomac. Elle ne pouvait s'empêcher de noter les similarités entre le nouvel arrivant et l'homme rencontré plus tôt … Tous deux avaient les mêmes habits, la même carrure … Pourtant, Mickey semblait le connaître. Cela voulait-il dire que Mickey était de mèche avec l'autre ? Cette idée ne lui plaisait vraiment pas, oh ça non ! L'idée de prendre la fuite lui effleura l'esprit, mais pour aller où ? Pour faire quoi ? Elle devait se rendre à l'évidence elle était complètement perdue, complètement seule. Quoiqu'elle fasse, il finirait par la retrouve semblait-il …

Résignée, Yoru l'était certainement. Cependant elle était aussi confuse et cela l'empêchait de prendre une décision concrète. Alors elle resta plantée là, devant sa caisse et en retrait de l'étrange duo qui conversait à quelques mètres d'elle. Ses pensées se tournèrent alors vers le trio qui l'avait aidée, un peu plus tôt … Depuis combien de temps les adolescents étaient-ils partis ? Voleraient-ils à nouveau à son secours ? Elle avait l'impression qu'une petite éternité s'était écoulée depuis leur départ, mais en réalité cela ne devait être qu'une poignée de minutes.

« Yoru ? Est-ce que tout va bien ? » Mickey s'était tourné vers elle, remarquant enfin l'anxiété et la réticence de la jeune fille. Cette dernière haussa nonchalamment des épaules, les lèvres pincées en une moue nerveuse. La souris revint à ses côtés, soucieuse, et c'est d'une voix étranglée qu'elle lui raconta sa mésaventure passée, qu'elle lui parla de l'homme vêtu du même manteau noir et de sa voix grave. Sitôt son récit terminé, Yoru pu noter l'expression terriblement sérieuse qui trônait sur les traits de son interlocuteur. L'homme au visage toujours caché par sa capuche s'était approché lui aussi, mais il restait en retrait par rapport à celui qui semblait être son ami. Mickey lança un regard appuyé par-dessus son épaule à celui-ci, puis entreprit de rassurer Yoru du mieux qu'il le pouvait l'homme qui se tenait non loin de là et celui qu'elle avait rencontré avant étaient bel et bien deux personnes différentes. Encore une fois, Yoru eut très envie de le croire … Elle n'était, cependant, pas très sûre.

L'homme aux cheveux gris et à la peau sombre avait été beaucoup plus déterminé, beaucoup plus insistant que celui qui se contentait d'observer l'échange entre l'adolescente et la souris. Et ça, Yoru nota, était une différence suffisamment importante pour qu'elle soit remarquée. Peut-être était-elle trop naïve, peut-être se jouait-il d'elle, mais en cet instant précis, elle décida d'accorder sa confiance à ce Mickey qui clâmait être son ami. Yoru avait, après tout, bien besoin d'un ami en cet instant précis. Et Mickey semblait être … honnête ? C'était la première impression qu'elle avait eu de lui. Il ne semblait vraiment pas méchant … Alors oui, Yoru pouvait peut-être être fort naïve. Peut-être. Mais quand il lui proposa de l'accompagner voir quelqu'un qui pourrait très certainement l'aider, la jeune fille ne put qu'accepter en hochant lentement de la tête. Parce qu'elle le savait, elle avait terriblement besoin d'un ami et d'aide.


& voilà !

franchement, quel plaisir d'écrire ! ça m'avait bien manqué d'écrire ce que j'avais envie d'écrire (◕‿◕)